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Les Unzième et douzième livres de l'Iliade d'Homère traduictz de grec en françois, par feu

Les Unzième et douzième livres de l'Iliade d'Homère traduictz de grec en françois, par feu Hugues Salel, abbé de [

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Homère, Olivier de. Les Unzième et douzième livres de l'Iliade d'Homère traduictz de grec en

Homère, Olivier de. Les Unzième et douzième livres de l'Iliade d'Homère traduictz de grec en françois, par feu Hugues Salel, abbé de Sainct-Cheron, avec le commencement du treziesme,

1554.

l'Umbre dudict Salel, faicte par Olivier de Maigny, et adre

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LES

Vnzieme,

& douzie-

ME LIVRES DE

L'ILIADE

d'Homerc traduiétz de Grec en Fra-

çois,

feu Hugues Salel, Abbé de

par

faindt

Il

,

-

J.

Çheron.

AVEC LE COMMENCEMENT

du treztejme^timbre dudiél SaleUfaiBepar

oliuicr de Mdig,n)',& adrefiéeàMonjïcur

d'Auanfori)Maiftre des requeflesordinaire

de la maifun du T^oy^ûr Prejidet enfin grad

ConfeilJduec quelques autres "Vers misfurfin

tombeau par diuers poètes de ce tems.

Auec priuilege du Roy.

A PARIS,

Pour Vincent Sertenas, Libraire^tenant fit

1

Palais^enlagalleriepar ou on ya

,en

la

Ileri

g,

boutique

au

àla Chancellerie.

M54*

0).

Oliuier de Magni.

A Monfeigneur d'Auanfon.

traduction de l'vnzs c,,- douziefme de tIliade

qu'ilà

redus en

FraçoisMaisplusgradefaueur

illuy pleut les rne bailler en mou-

encor quant

rilnt,& me commander de eboifir quelqueper-

fonnage

de

marque5 quiprefentaft de recbef au

deux

hures en tefmoignage de l'o-

KOr [es

beifiace qu'illuy auoitportée.Lejè¡uelzie meJliis

dduise TOUSprefenter3afin de faire deux l'ha-

ferJ la fois

bles.L\ne

qui me fervnt grandement honora-

d-autant queïobéisaucommande*

met de celluy auquelpourlès infinizjmeritesi&

l'amytié qu'il me portoit non vulgaire, ie

pour

m'eflotsredu obeijjantferuiteur. L'autre par ce

quecefl

eslant

vozmdins,ftrd tant

mettre

mieulx.

entre

bienqu'ilneferoitpofibledela

œuure

Car d'vne

part

pourrais

toublier combien lediH

SeigneurSaIRIm'a traiïléfauorablemît^&ajfe

Bionnéemcntchery ? cobien departlauois en fa

bonP.egrice,É-,, qu'elle légitiméilvouloit qi'ejjre

rajfedefon bïeîou cobten il eflirnoitmapeu defça

uoir9et queltefmoignage il en portoit atoutesper

JonnesfCertesMofeigneur t'ay ces chofes tellemet

imprimées

ejftrit,

qu'encor

t'aye enfe

que tôtente de rnon

en mon

uelydansvngmefmetombeau bieauecfoncorps trefyafléjfi eji

ie ne Jçau-

ce que

roisperdre la memoire deJe's obligations,qu'au

parauant ie n'euffeperdule cours de cellemiene

proprevie

Et d'autrepart ie confefferay touf.

ie doy honneur à l'antiquitédevoslre

t-

tours que

noblejjemporte reutrence al'efiat auquelvous

fles,& veulxfaireferuiceà l'auHoritéde voftre

chargecontemplant l'excellance devoïlre

(fyntja bontéde nature3 la cognoijfance des let-

tresfexperiece des chofes,& la

courtoifie de vo-

nofeulement

ftre bonnegrâce,celafaictcrotttre,

cemien honneur)reuerence,&

cor efl caufe

que

[errÛce,m(,tÍs en-

tout au-

comme

de tou-

ve

te vous adfmire,É"-que

tantqu'ilm'eft permisse

tel vous aychoifidigne

"Vousadore.Et

detelprifent

tes autres bones chofes quipourroiet

nirdema petitepuijfance.Dont

à iamais

raffemblantla

grandeur de cefl œuure^auec laportée de

leursje

vozjvu

recognoy quedebrioirfeflheuretife-

mentacquite des deux chofesque tauoisentre-

prinfes.Et

bien que iefoyecertain

que vous n'i-

a ceft Ho-

gnorezpas les carejfes qui font deues

mere Fraçois,e>

tie'neajfeuréqu'ilUsaura

tepas

au

vous reprefenter

les vous prefen-

me

devoustoutestellesquïlmentejinefçay

siferait

à ma

puiflançe

de

"vifyle

dejir

te

:

dffefttonnéduquelie

que

la

àautant

fouuenance du Seigneur me

ne mefiepas de pouuoir de.

mes

coceptions

&pensées.

trouble deforte,qte

clairer la moindre de

Toutesfoisien dirai ce mot.Q-fie ie vousfaiz^cep-

fint qui efl tout le bieque îJedoyi atedre idmdi.f;

O* toute la recompece de mon long çy loyalfer-

uice:ji ce n'efl que ie referue quelques lettres

que

t'ay appnfes auec luy, lefquelles i'd) rouées auec

trio corpsprefl afefacrifierpour voflre obeiffin-

ce & Ièruite.Or me fouuïet aprefint

mier tour

le

pre-

que

ie vous feizja reueréce,-vousrnefi-

que

tes tant d'honneur, & depuis vous à toufiours

pleu me fàuorir, deforte

ie ne doy craindre

tant

que

devousfaireycomme iefaizydeux requesies

ne

fe

ra

q,,,i-a

que

C~ fi treshumblement qu'ilm'efîpofible.Uv-

neferaqu'après

vous aurez^prefenteau 10y

croy que

vous ferez de

cefie traduElion,cÕrne ie

dire le contetement

prinsy afin

que

que

bie bon cueur, que vous mefaifles ce bien de me

lediEl Seigneur en aura

moame defoléeferefiouyjfe de la

Mœcene

triflefife in-

faueur qu'ilporte aux cendres de mon

rejeté,

& qu'ellefe rebource de la

coparable qu'elle en porte. L'autreftrd qvo9fat

fies tant pourcetrejj?afie\defouflenirfon par-

ty contre ceulx qui difent que cefie traduHwn d

eftéfaitlefur le latin,& non furlapremiere &

traduifant^di

originaire langueGretque:car

[Oubzluy,&puis ve-

ores que

Baty ïay toufiours efcrtpt

ritablementtefrnoiçmerducotraire. Et

lors qu'illespresetapremieremet au rRoyitleusl

usédeplufieurs rnotzlatiru corne lVleneLuts)&

Euripdus

ne futpas efcript le Grec naturel

E' upt/7nÀo$,ilfatfoit celapefant

propres

efiantre-

&

comeMgyc'Aaosxj

fairemieulx

enfédre les noms

duzjenlatint&langaigefamilieràplufieurs,que

lilles euHLtiflé purement

peu

rir

deperfonnes. Et

Grecs & cogneuzà

defaiclpeuauât que mou-

f

i?îairi,& tous

il auoitcorrigécejîefaulte de

cesmotzfatinsauoitrendus François,approu-

uant l'oppinion

ddrniroit

Monfieur de R'ortftrd qu'il

es* m'exortant tle me

grandement:

de

contregxrder de tomber

erreur femblable.

en

Vay telleface en yoftre IJÕ'nefteté,qudmefl ad-

uizque ces deux rnit/nes requefles font défia ac-

cordées. Parquoy reuenant en rnoymefines)

O* quelquepeu récréé ie^changeray mort pille

timbre dudia Sei-

que

lus que

te falfant entendre ALE

prieur S

par

L,le[urplus

,

p

ie n'eujfe peu dire de

moy mtfmes.

1

L'VmbredeSaleU

Iehan d'Auanfon.

yStm les bois vmbrdgellx ou les amoureux '/Ji

uent, ht ou tant de beaux vers doElemet ilZ. efcriuet

qu'en ces beaux champs cbaron lesA

.Apres

,~~

fay ces vers,Dan-aniron,i'ay ces

ma

Corinnebelle

cÕptt.f!èZ,

-

-

vers

Vtendant l'arriuer de

Qui trop cr trop long temps mefaiftlanguir Jans elle.

La doncques,'vatMnftn,la

Et ne

EtJi

feslaispointji ie m'adrejfe a

donc

ejcoute moy;,

(oy,

14

Magiiimanotiri-ititre cherr,

des

vers

démon

par mon

le te ¡:ÚZ

De Jes

vn prejent

Homere,

doux,nonplus en Grecainçois langaige François.

en

versgraues

Tonrne^fdclement

Tes vertus^ton Jçauçir,cj tagrandeurencore

QueJidtuinement mon cher Magni décore

Chantant pour fin Pafcbaltc rendmtfùfJiftne

Pour obtenir le don

d'vnJi

richeprejènf.

EtlesPieux &-' leciel,quifurtoi vouitefèmhle

Prenant plaijir de voir tous fès trefors enremble,

De longue

longue

l'auoient destiné,

çy

main te

fiuorfcrî les neufdoBes Vucelles

heureujemcntné,

Te voyant,DauanJon,tant

Et tant

Et/aus ceulx quifçauansfont[dUo,'i¡èZ,d'e!lu.

Et bien

ces vers tu ne trouues cachet

qu'entre

Millepompeux

trefors des Indes arraciiez,

«

cent

fois

fetoient

des

Ke laijjèpourcelaDauanfondeles prendre,

Car l'honneur de ce don peult

Vorgueil de ton renom que ne

D'vn Crefè3ou les

icy

tu pourrai

Qui s'arme

sesfluaars

Comm,

monceaux

mieulxejïendrc

les biens

trejors Mtdiens.

Atride

voirlegoutïerneur

bralternent,cr qui Iraucmentguide à la

pourrM

voir eueor'

guerre,cr

la bataille Heaor,

IrHftÎr firtir de

ily reuientaufi tofi qu'il

dire

Et

oyt

comme

^fgamenon blefie s'en fuit enfanauirc.

voirFlyJfc,enuiroimé

islpres tu

pourras

Troyen,voirefi

D'vn efjuadron

mal mene

Q*ïilvoyaitiadéfiafa

desfaifteprocheine

du

mary

Patrocle

Sanslefecours^d'^€tax3cr

Puis tu

verr:.fichifJon

d'Heleïne.

mander

Vers le diuin Neïlor afin de demander

Quel Grec il raenenoitn'iguitre de laprejjè,

Etla

tu le verras

qui lefils de Menece

Exorted'enhorter leplusfortdes Gregeois

De fecourir leur cdmp,ouprendre fin hetrnois,

Et luy mefmey venir employerfa vaillance.

d'Eutipilepanfè

pui6tu verrasVatrocF

qui

Laplaye de la cuijjè.er

comme ce pendant

Le magnanime Htttor

Entre au fofiédes

defan char

descendant

Grecsfmuydefis cohortes,

Et comme d'vnepierre il enfonce les portes

Du fort hay dee

Dieuxapres que Sarpedon

tempsfis

reng'Z

Eujt laijse pour vn

doneques

à l'abandon.

tes

Dauanfon [ai"{rern,l"

oreilles

Du neflar«ydu miel de ces doulces merheilles,

ou toymefmealon^(jraiB'XjepaUen ttseTpritQ

Carce nefont des feux du brandon de Cypris,

nefint des veufjjWvne ame énamourée

Car ce

./Cppena deuotement àfà Dame adorer.

Mais bien mille beaux vers quigrojiijfent le cueur

Et roidiffint le bras d'vn bratte belliqueux

Tel

Dauanfony

le ciel affemble

fçauoirenjèmble.

que toy,

en qui

çr

le

La vaillance,l'honneur

Car oufoit

Oufoit que

En tout

D'eflrcfaige au

J'fu deuant de

que ton%oyteconduyféauxcombat^

des

procès

tu tranches les deb"tZJ

temps,Dauanîfn,tupcttlx l'honneuraquerre

confeil£r

vaillant à la

guerre.

qui donc au deuant de 'luelZleux

ofriroy-ieces vers quiles merÎtdp mieux\

Si n'eïfoit

Ddlldnfin,fin>tjloit à ce Prince

chefla

Soub^juicourbe le

Françoijèprotùnce, le refte desroys

soub'Z'lui veult le dcffin

AUdnt

Et

Et

Ce

qu'il

monte au

que

cielacouïiumentfisloixt

fotîb%quii'aygoujîélafaneur quefouhaite

peult meriter vn immortel

que

Ouuredoneques ta

que

poëte,

m.Ûn,V.1H4nfôn,& reçoy

pour moyy

mon cher Magni te prefènte

Bienueignant Dauanfîn d'vne doulcecarejpi

Celluy

De

que te ienunye,Cr ce

tu tromperas

que je t'adrejfe:

que

tuprens

lvn

la peine

Sans cejfe,vigilant,auxafairespludgrandz

Etpar

l'autretu

peulx(s'tlle

veultentreprendre)

Faire

lAiifsi ie te les donne à celfin quetufois La dejfencet<zrl'appuy de mon liurefrançoif,

pdr l'vmuerstesmérités entendre.

Et quya mon cber Magni mon atente non vaine, Tufirues,Dauanfin,déformais de Mœcene,

-

-

Comme le luyfiruois ains que

charmant mieux

que

fès

defcendre

içy,

vers,Corgueil de

fin foHCj.

T'adiurant,Dauanfin,parlesfècret.Zvmbrages,

Etparledoalx Z!phir quifouffle

Çhfa tel port

jQue

le choc

crpar

riuages,

en ces

Voire parlerepos

Des Mânesfiigieuxqui t'atendent

lesdoulxesbat^

ça

bas,

de bon heur tu le vueilles conduire

nuyre.

des malheurs ne luypuijfeplus

M414 quoyln'ai tugoutte',O.tllanfin,decefruttt

iardin des neuf Sœurs il cultiue Cl"

Qtfau

N'astudéfia cogneufisputjfancesencore

produit

Tourgarder que le

Et,tegrauant

au

temps ton renom ne deuore,

cielempercher

que

ton hruiflr

Nefipuijfenoircirdans l'eternelknuiéH

mejfùjfira

il

donc de ce

que

Sans cequeplus auant ie

ie t'en mande,

te le recommande.

plaijtaDauanfin,de te dire

l'oy

Bien

me

que

Quei'oyfiub^jcescyprès

grand

De mon

De

vofirefiul

roy

FRANCOYS,la

auxpiedrj(jle

mon grand %oy

harperefonante

fionfard quifur elle

me vante.

jBienmeplaiftilencor

te dire leplaifir

Zeplaifirquinousvient,qui

Quand nom oyons

les

Mifmementce

vientcyfitifir9

diuinpoete:

cbant'^jl'vnfi

nom

bonKoy,cebon %oy,quiregrete

Dr: n'eftre

encore en vie,àcetfin de pouuoir

main vnfi

brauefiauoir.

aufii,commeie

Couronner defit

le te

Le

veulx dire

vien d'entmare

L'iceron pafibal,'fui daignefur ma cendre,

vertu^rejfandredefa main;'

Tefinoigndnt mes

Des trefors fins

Qufainjicroijjè

Comme il

diuins de fon parler Romain.

ton

heur efloignt de l'enuie,

peult,Dauanfin,te donner vue vi^e,

celle-la des C ieux

Reffemblantedu tout a

Et t'ajfèoir auec

poy encore

De voïire

l'oy

Qui defis

Et comme

l'oy

eulx

au plta beau de leurs cieulx:

les Jons de la lyre immortelle

Delien,vofErtdiuin lodelle.

la voix dePanias de cejteautre^Apollon,

vers

illuftreCTredore mon nom.

Poj le doBe Nauiere £r

de leurs

vers

l'vn

Charbonier encore, O* l'autre m'honnore.

Tahureau

encerdauanron,legentil

Quifa Sarte abandonnerez vientJur mon tombea»

De fisfredons mignard^ammer ma memoiret

.Et

le 19t redoubler de

ma

durablegloire.

donc,

Dauatifin^ceulxquijontcurieux

des Dieux,

leurs dextres

maigres.

Heureux

l'amytiédesprophetes

D'aquerir

Des

Poëtes facre^ui

peuuentpar

du tempsfaire

leur amys

De la mort C7"

l'oy encore

Qui refpand

Durban,Umignon des

doulccment despins

neuf Sœurs

doulces doulceurs>

finfucreRomainJur

tombepompeuje.

De Poy encor' de Maumont

l'oy Mdgni

d'autre

Dequoy

M\tfitoïtfait

lel'oyfurmoncercueilqui

Du Neftar

roy mille

ma la complaintepiteuft.

partqui s'adolore, en vaint

repafe,

verfeapleinetajje

la,ifere mort defin dard inhumain

Pdffer les

eaux

qu'on ne

Quercinooo-dulaiéic,dumiel.

cr millecri\ dont il remploieciel,

J{effèmllantlepoufiinenfittriffemîfire

piti de

Et

Lling aperçoitfiacloclocante mire,

voit captif de Coifeau rauijfant

quifi

Quil'emporte par

Poy

encor,

lesfiuFpirs

J'oyfis

D'âuoirfi

l'air ta défiapérimant.

Dauanfôn,la dolentequerelle fltnglotZdemtl Corinnebelle,

cr

Nymphesaufiiblafinans les mefinesDieux

tofE permis m'dbjènfer defisyeux.

i/Cinjipleuroit Tethys

(7

mainteNéréide

mort,

vour le compagnon mort du vaillantpeleide

Qnand ltjil"{ae Neftor euff

annoncéfit

Et fju\Achil'forcenés'entottrmentoitfifort.

roila

ienten,Dalidnfonfur ces riues

que lesperfinnes viues

auant

de mourir

ce que

Chdtoilléd'vn

que S'efforcer,Dananfin,s'efforcer d'aquerir.

plaifir

JDeuroientfoigneufiment

Carfi

L'bomme treffaffe cr defienden cespleines

Hity

des

nourrijfons des fittrs Permefiiennes

iln'a pafyDauanfinjiln'apas mérité

D'auoir

aprèsfit

mortcettefélicité,

Mais

Tu la

fiuftien elles

voulu prendre

toy quepour

ont

doii^Dauanfinjtulapeulx bien atendre.

FIN-

François CharbonierAnge-

uin, à Monfeigneur d'Auanfon

fur les vers de PVmbre de

SALEL.

'Ou vient cela, mon Dduanfin; Que l'oi cefie Fmbre qui te vante9

Et qui par

Son

bralle

Magnt

prefente

te

liure,&>fa

cbanfon*

Jfuroù-tu legrandvmuers

9

bien detagloire,

PItrftmeft

Qu'en aef/Jlt de la

El* pénétré

ou

parque noire

enfers

Delien

iufju'aux

roy

l'ardeur du

Me renflamme en vain la poiEirint,

Ou bien Dauanjon

L' beureujè caufè

¡'im,tgint

d'vntel

bien.

Cen'efl ta

grandeurfollement,

Cen'eft feullement ta vaillanct,

Ny ta droiBuriere ballance

Jl.!!i croiffèntton bruit tellement,

gaigner cebruit1

diuine,

doftrine

nuitt.

Tu ne pouuotf

Farta vertu,bien que

N) ne pouuois

Vtincre

par ta

Pobfcurtedela

Ceft

certesplttjïoff ceïl honeur

g-1e tufait

aux neufchanterejfes,

Sjtht'embrajfant de leurs carefes,

T'ont Irafe ce Iraue bon heur.

Cejlplustiflle bienueigncment.

Et

cettefaneur

vulgaire

non

rueictevisdauanjânfaire

sAtonMdgnipremièrement.

jgui te celebre dvn tel vers

Dans le

temple de la Memoire,

iCuil remplift le ciel de ta gloire,

Voirelaterre,C" les enfers.

Et quifiitl aprefent chanter

cejeYmbre d'vne telle audace,

Qiril domte lafiere menace

Du

Temps qui te cuidoit domter.

encor

Ceïl

legrand yandomois

Quifa

lirediurneencorde,

accorde

isfjinquedeffutil

Ta vertu mignonnedes %oys.

ry doneques heureux & content

des Dieux les interpretes,

lesplut heureuxPoëtes

Puis que

Tais

que

T'aiment et fauorifènttanti

Et mefayfizne,Diuanfôn,

Queparmj ce que

Queparmj<te

Magni chante,

qu'ilteprejènte

Tute{laisfortdemachanfoa»

L'vnzieme liure de l'Ilia-

DE D'HOMERE,

de Grec en

TRADVIT

François,parmon-

'-

fieur Salel,Abbé de faindt

Cheron.

l'Aube

la couche Liftée

Près que

eut

P~T/f//T/3~fi fut nuancée

Pour apporter aux gransDieux la lu-

miere

Et aux humains comme elle efl couflumiere5 lupiterfit defcendre la Déiffe Contention,deddns les nefs de Grece

Entre fis mainstenant la

horrible

guerre

MonIlre cruel dangereux &

terrible.

Augrand vaiffeau dqieie defcendit

A cellefin que mieulx on l'entendit

De toutesparts.

Droiél

au

Enl'vn

Carfa nefeftoit mife

celle d"Aiax aflife

mdieu:

des coings: & Achile le fort

(Pour rejijler encontre tout effort

Uvnztemeliurc

S'ilfuruenoit quelquenecefiité)

S'efloitlogéau

Lors la

contraire coflé.

Déeffe afiife furlapcupe

Criafi haultpourefmouuoir la

troupe

QuelesGregeoisfentirentleursej^ritz^

tardant defirde batailler epris:

Aimans trop mieulx encor'

faire laguerre,

Que retourner en leur aimée terre.

Surquoy leurchefdefureur enflammé

Soubdain cria

chacunfuft armé.

que

Etpourmonftrer

Incontinant

lavoye afes iêfdarmes

s'acouttradefes armes.

Premièrementprintfesgreuesforgées

D'ardin luyfant "Vnies & rengées

A clouxd'argentypuis la cuyraffe belle

Dure a merueille & de façonnouuelle

QueCyniris

de Chipre tranfmit

roy

Au noble Grecjors quyen la mer fe mit

fon armée

Pour

nauiguer

auecques

ContrePriam.Orcefie

renommée

Volafi loing qu'en Chiprefutouye

Del'IliadedHomere.

Dequoy Cynire eut

Et pourguigner

Luyfitprefent

l'ame

rejiouye)

dagamenonlagracé

belle cuyrajfe:

defi

Dejfmlaquelle esioient dix lamesgrades

De noir metilldouze

cercles ou bandes

yn

autre renc

Fdiaesd'orfin,& en

Apparoijfoientvingt lignes d'efldin blanc. Puis trois dragons naifuement taillez[y

Bleuzjen couleur É5- tous entortillez.

Droit "Vers le coldu Gregeoisselfadoient,

Fatfanstrebler ceulx qui les regardoienti

Car chacun d'eulxduoit le taintfemblablc

A tare en cielquepar chofe admirable

Le Dieu des dieux en la nue fait yoir

Pour demofirer aux humainsfonpouoirm-

Apresceignitfon

efféepoifante,

Ayantlagueineargentine O* luyfante>

Pendanta

clouxd'orfin

en fa crinélure

De riche eftojfe & grand manifaclure.•

Encores'plùs,deffiusl'effaule charge

Son belefeu de rondeur qrande & larvé

L'vnzieme liure Autour duqueltouurier tresfouuerain

Auoitportraiel dixgr-ins cercles d'arainy

Vingt

Vingt

d'l?fl.lÍn

d'efi.iln

blanc,£>

bi

inc, c,-

quelquequantité

*

De metailnoirpargrandfubtdité.

Sur le milieu voyait on la Gorgone

Auxyeulxardans

portant llne lOtiront,

Ayantterreural'vn

desflans emprainBe,

En l'autreflanc l'cflouentable crainBe.

Sur la

attachée

boucler

courroye

au

(LctqutUefutd'argentpory &(ln)

Enoit tiré vn dragon degrand taille

Peina de couleurs diuerfesfurl'efcadlet

Lequelportoittrois tefies couronnées

Sur mefrne corps(iïgrand merueiUe)nées.

Apres cela ilmit l'armet en tefie

Et le pannacbe ayant quadruple creffe

Ttffit dupoil qu'on void pendre a

D'vn beau courfierfihorrible

Quaufli fouuent

que

a

la

la queue

"Veue

fonchefilhauffoit

On euftiugéque cela menaffoit.

Finablement ilfaiftt deux longs dards

De l'Iliade d*Homere,

Tresbienfèrrez:puisJernonflre aux fouldars

l\tj}lendiffJrtt comme

efloille clere

yne

Qui du hault chi en ces bas lieux efclere.

Le defmarcher de ce 7{ny yenerable

Futa Junon & Pallas agreable

Si trefauant quelles firent des cieulx

Ouyr en bas

fon dtlicieux

yn

Pour conforteraugmenter le cueur

Au noble Grec & le rendre vainqueur.

Adonc chacun desplusgrans demanda

Son chariotjçy*foudain commanda

A t Efcuyer que

En ordonnance,

le tout fuit dreflé

& rnis hors lefoflé.

Ce qui futfaiftjes charsfurent menez.

Hors le

la bien ordonnez

rampart,&

vaillans Gregeolsfortent

Apreslefquels les

Faifansgrand bruit, &tottss'entreconfortent

Afe montrer valeureuxau befoing

Contre Troyens qui n'eftoientguiereloing.

Lors lupiter

mieulx leur faire entedre

pour

Legrandhaz^trdquilsalloient entreprendre

Fit pleuuoirfang en lieu de la rofle

Dont en la terre au matinarrouféey Signecertain quen ceiour lagrandnombre Des plus hardis auroient mortel encombre.

D'autre cafléles Troyens dejlogerent

Hors de leurs c,tmps,& bien toflfe

PreflzL

a

combatre

en

rengerent

bataille ordonnée

Suyuans HectorJ?olydamejy* Enée,

Et les troisfils du yiedlard Anthenor,

C'eft ajfauoir,Polybe & Agenor

Accame aufli de yertueux couraige

MatS qui ïamais nentra

Qui eut lors yeu

lnarzage.

en

lepreuxHeBorpaffer

Entre lesfiens quelquefois s'adrejjer

Auxpremiers rencs foudatn comparoiflre

Auxplusderniers pour tout voir, tout conoiflre,

Qui l'eufllors yeu

T^eJJjlendtffant

auecfingrand boucler

comme lefoudre cler,

Compareteuft a la Chienne celefte

Pernicieufe aux humains molefte,

Quibienfouuentfe cacheJoubs la nue

Et tout fioudain efi au cler cielconue.

Oront GregeolsTroyens tant marché

Que l'yn des camps s'en de l'autreapproché.

Lors tout ainji qu'aduenant la fiaifim

0rd'on doit coupper& cueillir Lt moyffion

Le laboureurplufieursfaucheurs afJemble,

en finchamp tous enjemble,

Et

les

Lefcjuelsfi

enuoye

bien s'employent a faucher

Qu'on -voit le bléamonceaux tresbuclJer.

Neplus ne moins tomboient homes par terre

De coups de tyaiél,de lance ou cimeterre,

Wuld'culx efloitdelàcrainiïerecords,

Chacun rouloit mettre en dagerfioncorps

Tous acharnezL comme loupsrauiffians

Pour fie meurtrir Pvn l'autre lhoijifJtns.

De ce conflit horrible & perdieux

PrenoitDtficordevnplaifir merueilleux.

Elle afiifloitpour lors aux batailleurs:

Les autres Dieuxferepofoient ailleurs

En leurs maifonsrichesdeifiées

De[fusle mont Olympeédifiées>

Tous acufans legrand dieu lupiter

Qui les Troyens vouloittant exalter

Contre les Greczj mais legrand Dieu des dieux

Wefitiflit cas de leurs diélzodieux,

S'ejiouyjjant de voir

Les

bas conduire

ça bdtaillons,les beaux harnois

reluyre

Lancer^choquerfaillir & deffendrey

Lesvnsvainqueurs autres a la mort tendre:

Car des lepoinél

l'aube

que

Afemonflrerje

combatJe

lornmença

drefJa

Si Violant3 mortel & hasardeux

Qu'onnefçauroitiugerlequeldes deux

Greczou Troyens

De la -viéloire,ou

deuoient

l'honneurauoir

lamort receuoir.

Mais (tduenant

l'heure qu'vn charpentier

couper bois meftier.

arbres maintz

Ou cil quifkiÏÏ de

Apres auoir abatu

Sur la montaigne Lafdin leprend &

ey* UjléesJes mains

pour

lors

ne