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Les Annales de la recherche

urbaine

Génie urbain, territoires et information


Gabriel Dupuy, Philippe Menerault, P. Besson, K. Chatzis, Jean Laterrasse, Christian
Lefevre, F. Lozada, Georges Ribeill, Franck Scherrer, Veltz

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Dupuy Gabriel, Menerault Philippe, Besson P., Chatzis K., Laterrasse Jean, Lefevre Christian, Lozada F., Ribeill Georges,
Scherrer Franck, Veltz. Génie urbain, territoires et information. In: Les Annales de la recherche urbaine, N°44-45, 1989.
Pratiques et professions. pp. 213-223;

doi : https://doi.org/10.3406/aru.1989.1496

https://www.persee.fr/doc/aru_0180-930x_1989_num_44_1_1496

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Résumé
Synthétiser les travaux de recherche sur le génie urbain, conduit à désigner l'articulation entre territoire
et société par les techniques comme l'objet du génie urbain. Territorialité administrative et territorialité
technique de réseau diffèrent, comme diffèrent les territoires de l'industrie et de l'urbain. Mais le génie
urbain condense en un noyau dur et stable un modèle de rapport entre territoire et pouvoir.

Abstract
Gabriel Dupuy and Philippe Ménerault, Urban engineering, territories and information
To synthesize research work on urban engineering leads to the articulation between territory and
society, using such techniques as the objectif of urban engineering. Administrative and technical
territoriality of the network differ, in the same way as industrial and urban territories. But urban
engineering has condensed to a hard and stable core a model of relationship between power and
territory.

Resumen
Gabriel Dupuy y Philippe Ménerault, Ingeniería urbana, territorios y formation
Según aparece al tratar de sintetizar los trabajos de investigación sobre la ingenieria urbana, el objeto
de ésta es la de asegurar la articulación entre territorio y sociedad por medio de las técnicas.
Territorialidad administrativa y territorialidad técnica de red difieren, como difieren los territorios de la
industria y de lo urbano. Pero la ingenieria urbana condensa en un núcleo firme y estable un modelo
de relación entre territorio y poder.

Zusammenfassung
Gabriel Dupuy und Philippe Ménerault, Städtische Versorgungseinrichtungen, Regionen und
Information
Eine Zusammenfassung der Untersuchungen über die städtischen Versorgungseinrichtungen läßt als
Gegenstand der Stadtversorgung die technische Verknüpfung zwischen Region und Unternehmen
erscheinen. Die geographische Verwaltungseinheit deckt sich nicht mit dem Versorgungsnetz, wie
auch Industrierevier und Stadtregion sich nicht decken. Aber die Stadtversorgung kondensiert
modellhaft eine mögliche Beziehung zwischen Region und Macht.
LE GÉNIE URBAIN

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214 pratiques et professions
très difficilement isolable comme processus situé dans diquement morte, le Comté métropolitain, que l'on se
le temps et dépendant d'un acteur déterminé. Le réseau raccroche pour assurer la gestion des réseaux de trans¬
technique se fait, se construit, se gère mais il est port public urbain.
rarement conçu ex nihilo et une fois pour toutes par Dans le système français, on peut avoir l'impression
un « concepteur » 8. D'où l'accent placé de plus en d'une unité territoriale à la fois pour le fonctionnement
plus sur une vision large de la gestion, incluant plusieurs (ou la fonctionnalité) des réseaux, pour leur gestion
fonctions ou niveaux correspondant à des transfor¬ et pour leur planification. Les autorités organisatrices
mations plus ou moins profondes du réseau, et articulés mettent en œuvre directement ou par délégation l'ex¬
entre eux. Enfin, certains équipements ponctuels, ploitation des réseaux, leur équilibre financier, les
conçus selon des principes architectoniques et archi¬ redéfinitions des lignes ou de dessertes. Dans les autres
tecturaux mettant en œuvre des techniques particulières pays étudiés, rien de tel. En Italie par exemple, la
(matériaux, procédés de construction nouveaux, ...), fonctionnalité des réseaux devrait se situer au niveau
relèvent de rapports de pouvoirs à l'espace urbain, de de bassins de trafic. Mais ce n'est pas là le niveau
territorialité, et peuvent participer au champ du génie territorial de gestion, ni d'ailleurs de planification. Aux
urbain. De tels équipements ne sauraient pourtant être Pays-Bas, si le fonctionnement est local, la gestion est
englobés dans la terminologie « réseaux techniques ». étroitement déterminée par le niveau central et la
planification ne dispose pas d'institution territoriale
évidente. Enfin, en Grande-Bretagne, du fait de l'abo¬
RÉSEAUX DE TRANSPORTS lition des Comtés métropolitains en 1985 et de la
EN COMMUN ET politique de déréglementation, les réseaux se sont
recomposés selon une très forte logique gestionnaire
TERRITORIALITÉ URBAINE qui semble pouvoir redéfinir les territoires d'exploitation
originaux.
Au vu de ces exemples étrangers, on comprend l'ex¬
trême particularité du cas français. On voit du même
coup qu'il n'existe pas, de façon générale, une terri¬
torialité forte induite par les réseaux de transports en
commun. A quoi tient donc cette particularité fran¬
çaise ? Pour faire bref, on peut évoquer la conjonction
de deux facteurs essentiels le financement par le
:

versement-transport d'une part, le processus de décen¬


tralisation d'autre part. Le « versement-transport » a
entraîné presque automatiquement des regroupements
communaux et la constitution de périmètres de transport
urbain que l'on pourrait qualifier de « périmètres fis¬
caux ».
Mais parallèlement, l'Etat, dans un vaste mouvement
de décentralisation, laissait aux collectivités locales
l'essentiel des pouvoirs qu'il exerçait sur le transport
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se caractérise par des traits bien particuliers. Le trans¬
port public apparaît comme le moteur d'une territo-
rialisation supra-communale claire, grâce aux autorités
organisatrices, cas bien différent de celui des autres
pays européens.
Pourtant, rien ne dit que cette situation soit stable.
La constitution des autorités organisatrices en France

8. ACf.T de
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9. Dans certains cas, c'est à la province que revient la compétence


planificatrice.
génie urbain, territoires et information 215
s'est accompagnée d'un fort appel à des entreprises support territorial le plus solide des réseaux de transport
privées qui font valoir des logiques économiques fortes. urbain.
Le problème du financement des réseaux de transports D'autre part, on aura compris que tout ce qui précède
en commun continue de se poser avec les risques de concerne principalement les réseaux de transports en
diminution de l'assiette du versement-transport. Les commun par autobus. Notre recherche n'a pu appro¬
relations entre transport urbain et transport départe¬ fondir les cas des réseaux de transports en commun
mental risquent d'amener des interférences dans le dits « lourds » : métro, tramway... Il est presque certain
schéma simple actuel. que les résultats devraient être modifiés dans de tels
Dans ces conditions, il est possible que la situation cas. Tout d'abord ces réseaux sont constitués selon des
française ressemble bientôt à celle d'autres pays euro¬ « modèles » technico-économiques qui définissent les
péens, montrant que « l'évidence » d'une territoriali- conditions de possibilité de tels investissements. Or les
sation suburbaine liée aux réseaux de transports en modèles dominants sont tels que ces réseaux ne peuvent
commun n'existe pas. être construits que là où existent des flux (au moins
Cela ne signifie pas que les réseaux de transports en potentiels) considérables. De plus, la réalisation de
commun ne sont pas facteurs de territorialité. En telles infrastructures n'a lieu que s'il existe des instances
France, on pourrait imaginer l'émergence prochaine de capables d'assurer la planification, la gestion, l'exploi¬
territorialités nouvelles avec la création de syndicats tation dans un cadre territorial sinon unique, du moins
stable.
mixtes associant départements et groupements de

£■ ■. -:1

communes, selon d'autres logiques que le simple rapport Les notions de durée, de long terme, et dans une large
Ville-Centre/banlieues. Plus généralement, on observe mesure, d'«irréversibilité » inhérentes à ce type de
dans divers pays européens que l'exploitation des réseaux sont suffisantes pour expliquer la nécessité d'un
réseaux de transport collectif, malgré les vicissitudes territoire de planification et « d'opération » cohérent.
institutionnelles, finit le plus souvent par se rattacher Enfin, les réseaux d'infrastructure lourde, quand ils se
à une territorialité urbaine simple, que l'on pourrait créent, jouent un rôle essentiel de réorganisation de
qualifier d'urbanistique. Urbanisations denses, connur- tous les réseaux de transports en commun sur un même
bations, villes-centres, là où il en existe c'est sur de territoire et peuvent, par là-même, imposer une ter¬
ritorialité d'ensemble 11 .
:

telles bases territoriales, confortées par les usagers du


transport, créant les conditions d'une gestion rigoureuse, Cela nous amène à aborder le dernier point qui concerne
disposant des possibilités d'une intervention planifica¬ la territorialité des réseaux d'autobus. Il semble bien
trice, que peut se fonder une nouvelle territorialité des
réseaux 10. Lorsque ces bases n'existent pas, la flexibilité
des réseaux d'autobus est telle que toute politique 10. D'ailleurs perçue et vécue par les usagers comme le souligne
concernant un réseau est susceptible de « retours en Sansot P., Transports publics, transports de la ville, Transport public,
arrière », évolution contraire à la création d'une nou¬ juin 1989.
velle territorialité. Finalement, la densité, les modes 11. On pourrait citer en France, outre la Région parisienne, les cas
de Lyon (métro), Nantes et Grenoble (tramway). En Italie, la réor¬
d'utilisation du sol, semblent, à terme, constituer le ganisation se fait autour des lignes de chemins de fer régionales.
216 pratiques et professions

A/##

que dans de nombreux cas, au contraire des réseaux flux de circulation) 14. Enfin, et c'est peut-être l'essen¬
« lourds », ces lignes ne font pas l'objet d'une véritable tiel, malgré l'importance que l'on est accoutumé de
organisation en réseau l2. Peu ou pas planifiés en leur attribuer ici ou là, les transports en commun par
fonction d'une vision globale de la desserte d'un ter¬ autobus urbains sont à peu près partout en déclin,
ritoire ; gérés plutôt en fonction de l'équilibre des sinon absolu, du moins relatif. Les fréquentations dimi¬
différentes lignes que par la recherche d'effets de nuent en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Seules des
réseau 13 ; exploités très généralement par lignes et non améliorations considérables de l'offre et des politiques
comme des réseaux, il serait étonnant que ces systèmes
de transports en commun puissent engendrer une véri¬
table territorialité distincte du « noyau urbain » lié à
l'occupation du sol. Leurs qualités bien connues de
souplesse, de flexibilité, la multiplicité des lignes qui
les composent, vont certainement dans le sens d'une Pilote
13.
d'autobus
14.
moyennes
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différents...
12. En
Le decontre-exemple
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jouent que dans des zones déjà « urbaines », au sens
urbanistique du terme (densité d'occupation du sol et
génie urbain, territoires et information 217
tarifaires hardies (mais de plus en plus discutées) sont matière de réseaux techniques urbains, il n'est pas aisé
capables d'enrayer — pour combien de temps — cette d'étudier l'effet qu'a eu cette nouvelle institution en
tendance. Dans ce contexte, il est certain que les tant que gestionnaire des réseaux sur le territoire.
réseaux de transports en commun apparaissent aux La question semble particulièrement délicate pour la
yeux des responsables politiques territoriaux et d'une voirie urbaine. Certaines communautés ont pris en
bonne partie de leurs mandants comme relativement charge la réalisation de plans routiers urbains de grande
marginaux. Sauf lorsque des conditions particulières envergure, à l'échelle communautaire. D'autres ont
conduisent à franchir le pas et à envisager la réalisation préféré rester plus près des demandes des municipalités.
de « réseaux lourds », on comprend que de nouvelles Dans tous les cas, le pouvoir de police (avec toutes
réseaux
territorialités
d'autobus
puissent
urbains.
difficilement être fondées sur des ses incidences sur la circulation) est resté aux maires,
ce quile limitait
sur réseau deles pouvoirs
voirie. de gestion de la communauté
Ces résultats ne signifient pas que les réseaux de
transports en commun n'ont aucune incidence sur la Dans des agglomérations telles que Le Mans et Lyon
constitution de nouvelles territorialités. Au contraire, et pour les réseaux vitaux — transport, eau, assainis¬
on l'a dit, il est vraisemblable que les réseaux « lourds » sement — se développent sur la longue période des
qui se mettent en place dans nombre de villes françaises stratégies d'extension et de rationalisation. L'institution
sont porteurs de redéfinitions territoriales (on peut communautaire, bien que relativement récente (par
penser aux cas du réseau de métro et du réseau régional rapport à la période considérée) vient en même temps
lyonnais ou du réseau de tramway grenoblois). De conforter ces stratégies en fournissant un échelon ins¬
même des expériences de véritable exploitation en titutionnel unique de planification, de gestion et d'ex¬
réseau d'un ensemble de lignes d'autobus, comme dans ploitation des réseaux, et les amender dans le sens
le cas des secteurs de la banlieue parisienne pour la d'une plus grande égalité territoriale. Mais pour autant,
R A T P, devraient témoigner à terme de la possibilité le territoire communautaire ne semble pas devoir consti¬
de changements territoriaux dûs au transport en tuer une frontière définitive au développement ou à
commun. l'évolution des réseaux.
Mais en ce qui concerne les réseaux d'autobus « ordi¬ Une étude historique longue montre bien ce processus
naires », une territorialité nouvelle des réseaux est loin sur le cas de Lyon. Le réseau d'eau potable s'implante
de s'imposer de façon générale, contrairement à l'image sur l'agglomération depuis le siècle dernier selon une
que pourrait en donner l'histoire française récente. durable logique de centralisation et de hiérarchisation.
L'autobus reste trop marginal dans son usage ; il n'est L'étude diachronique fait apparaître la persistance de
pas perçu comme un enjeu suffisant pour que, dans ces critères d'organisation du réseau malgré un contexte
la durée, des pouvoirs stables se portent sur la consti¬ décisionnel changeant (rôle du pouvoir parisien, inter¬
tution de réseaux territoriaux au sens propre du terme. vention des communes, tendances politiques opposées).
Tout se passe comme si une nécessité profonde existait,
au niveau d'une agglomération en développement, de
TERRITOIRES structurer le réseau d'eau en assurant à la fois la
ADMINISTRATIFS sécurité de l'approvisionnement de la ville-centre et
une desserte convenable aux banlieues proches. Au-
TERRITOIRES DE RÉSEAUX delà de toutes les tempêtes sur les documents de
planification, de toutes les controverses intercommu¬
nales que l'on peut imaginer, le cap est maintenu. On
conçoit que l'institution communautaire surimposée à
une telle logique sera utilisée pour centraliser les
décisions, assurer plus de cohérence, plus d'efficacité
à la réalisation et à la gestion des réseaux. Au fond,
le réseau d'eau cherchait depuis près d'un siècle, malgré
toutes les vicissitudes, à épouser ce qu'on pouvait
leC'est
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urbaines
etla
d'autres
secteurs
lacommunales
deplanification
des
répartition
lesecteurs
M.selon
urbaine
rapport
de
constitue
pouvoirs
que
des
Sorbets
cas,
budgétaires
répartition
ouréseaux.
ne pourrait
les
peut
às'étant
comme
simple ensela appeler le territoire de l'agglomération lyonnaise. La
réelle
entre
Lyon
varie
etcas,
une
sur
communauté urbaine de Lyon recevra, bien qu'un peu
tardivement, les pouvoirs nécessaires pour assurer au
bon niveau territorial cette adéquation et unité réseau/
territoire, conforme aux principes d'organisation anté¬
rieurs.
Mais ce serait réduire la portée de l'institution commu¬
nautaire que de la limiter à une simple récupération
de la logique des principaux réseaux. A Lyon comme
218 pratiques et professions
au Mans et vraisemblablement à Bordeaux et Lille, auteurs 16. Il apparaît nettement que les syndicats inter¬
les communautés urbaines influent sur le développement communaux et même les districts ne permettent pas
de ces réseaux, et notamment leurs ramifications secon¬ vraiment d'éviter ce type de pratiques dont ils peuvent
daires, dans le sens d'une certaine équité, rééquilibrant même être l'instrument juridictionnel. On peut d'ailleurs
les tendances irrégulières dues aux poids démogra¬ déceler actuellement dans le domaine du transport
phiques et économiques des différentes communes. A public urbain, à l'instar des processus anglais ou amé¬
une certaine implacabilité des critères technico-éco- ricains, des tendances
tonomisation ou le retrait
inégalitaires,
de certaines
révéléesunités
par l'au-
des
nomiques en matière de réseaux urbains, la commu¬
nauté oppose des critères plus politiques de desserte districts ou syndicats intercommunaux. La communauté
pour toutes les communes, critères que l'on qualifiera urbaine semble au contraire donner aux communes
ici et là de « saupoudrage », mais qui, à terme, recon¬ membres, sous condition du respect des intérêts de la
figureront le réseau en équité. commune-centre, des garanties réelles à cet égard. Sur
On ne peut véritablement comprendre l'importance de les cas observés, la communauté, sans s'opposer au
ce rôle des communautés urbaines françaises qu'en se développement logique des grands réseaux et souvent
référant à des cas étrangers où la conception de réseaux en facilitant leur développement, opère un lissage
urbains essentiels paraît devoir relever de logiques politique des
traitement des décisions
communesdansmembres.
le sens de l'équité du
économiques fortes, à l'exclusion de critères de péré¬
quation territoriale systématique. Nous pensons par Mais il semble bien aussi que les communautés urbaines

Hiti

* jr s \ ! | \ i
'
:

exemple aux cas de déréglementation et/ou de finan¬ ne peuvent constituer à terme un territoire limitatif
cements exclusifs sur capitaux privés 15 . pour l'organisation des réseaux urbains. Tout se passe
Mais, pour rester dans le cadre français, on peut avoir comme si les réseaux d'eau, d'assainissement, de trans¬
une idée des rapports de pouvoir entre communes port, de collecte et de traitement des déchets solides
« fortes » et communes « faibles » que peut mettre en se développaient, s'organisaient, se rationalisaient en
jeu la constitution des réseaux en l'absence de pouvoirs référence à des modèles technico-économiques, non
institutionnels pluri-communaux. Le principe n'est pas
neuf. Il consiste pour une commune urbaine puissante
à la fois économiquement et démographiquement à
étendre un réseau hors de son territoire, de manière
à bénéficier soit de ressources rares (ressources en eau
additionnelles, points de rejet d'effluents liquides, lieux
d'implantation pour une décharge de déchets solides etWhitt
15. domination
en
sement,
16.
contre
La
Universitaires
Triantafillou
Grande-Bretagne
Par
banlieue
Cf.J.A.,
l'indépendance
Pinson
inexemple
G.op.Oasis
deDupuy
D.,
foncière,
C.,
cit.Vincennes,
pour
: LaNantes,
Henri
pour
communale,
etlecrise
lesEtudes
cas
Groupe
lesSellier
USA,
Chantenay
des
Udesfoncières,
1982,
Sinfrastructures
etRéseaux,
Aréseaux
etinlire
lesetBurlen
Premel
lacités-jardins
Anderson,
l'installation
Grande-Bretagne,
n°d'eau
op.35,
K.G.,urbaines
cit.
(sous
potable
juin
Maîtrise
op.
1900-1940,
du1987.
la cit.,
aux
direction
et des
service
Beyeler
d'Uainsi
assainis¬
réseaux
Presses
S d'eau
Ade),
que
C.et
ou une usine d'incinération), soit d'économies d'échelle
;:

(population supplémentaire « rentabilisant » tel ou tel


équipement nécessaire au réseau, etc.). Des exemples
français, anciens ou récents, ont été cités par divers
219
locaux mais généraux, susceptibles de transgresser des RÉSEAUX,
limites institutionnelles telles que celles des communes
ou des communautés urbaines. Dès lors que la logique INFORMATION ET
d'évolution d'un grand réseau requiert de sortir du ORGANISATION
territoire communautaire, il est douteux que l'institution
« communauté urbaine » puisse longtemps s'y opposer. titre
Les -recherches
d'automatisation
sur le faitsuretque,
led'informatisation
génie
dans industriel
l'industrie,
sont
insistent
lesindissoluble¬
processus
à juste
Nous avons repéré quelques cas de ce genre (recherche
de nouvelles ressources pour l'eau potable, de sites ment liés à un changement radical dans l'organisation
pour les décharges contrôlées, interconnexions, rac¬
cordement de communes hors-communauté, syndicats «delocaux
la production.
» de l'automatisation
Mais ce neetsont
de l'informatisation
pas les aspects
mixtes associant les départements). Il est vraisemblable qui sont essentiels pour la réorganisation. Dans l'in¬
que le phénomène va s'amplifier. Il ne pourrait en dustrie, c'est le passage à la forme réseau elle-même
être autrement que si les modèles technico-économiques qui réorganise. La mise en réseau industrielle implique
évoqués ci-dessus et qui servent de guides aux décisions à l'évidence des changements dans les lieux de pouvoirs,
dans chaque secteur (normes techniques, conditions de une redistribution des rôles entre fournisseurs, clients
rentabilité, seuils de fonctionnement, etc.), se confor¬ et industriels, entre fonction « méthodes » et fonction
maient à priori à une territorialité définie par les « production », etc. Bref, la codification et la circulation
frontières communautaires. Dans quelle mesure les de l'information, la définition de normes et de langages
modèles de référence pour le développement et la qui accompagne la constitution des réseaux, vont de
gestion des réseaux techniques intègrent-ils des limites pair avec un changement fondamental de l'organisation
territoriales telles que la commune ou des ensembles industrielle
décennies 18 .« classique » que l'on a connue depuis des
pluri-communaux, telles que les communautés
urbaines ? Cette question importante n'a pas été étudiée La situation dans les réseaux du génie urbain est bien
àdansd'autres
notre recherche
méthodes
car elleet aurait
à d'autres
supposé le terrains
recours différente. D'abord, parce que dans ce domaine et
depuis longtemps l'organisation de la production des
d'investigation 17 services est largement déterminée par la forme
.

Quoiqu'il en soit, il paraît peu probable que les commu¬ « réseau ». Informatique et automatique n'apportent
nautés urbaines françaises aient aujourd'hui la légimité donc par la possibilité d'une mise en réseau (celle-ci
suffisante pour s'imposer face aux tendances « trans¬ est en quelque sorte un « acquis ») mais permettent
gressées » des grands réseaux. Il y a là, en puissance, plutôt un processus « d'information » nouveau d'un
un risque sérieux d'affaiblissement de la territorialité réseau pré-existant 19.
des communautés pour ce qui est de la gestion des
réseaux. Nos recherches
matisation ou d'automatisation
montrent plutôt des
des réseaux
processusà structure
d'infor¬
organisationnelle constante. Cela ne signifie pas qu'à
terme les transformations informationnelles ne vont pas
GÉNIE URBAIN s'accompagner de nécessaires redéfinitions organisa-
ET GÉNIE tionnelles. Mais le fait est que, pour les transformations
des réseaux techniques urbains effectivement en cours
INDUSTRIEL de réalisation,
lement l'utilisation
les responsables
de réseauxnedeconçoivent
télécommunication
pas actuel¬
Les analyses effectuées sur des réseaux de plusieurs
types, relevant à l'évidence du génie urbain, ont montré ni de procédés de traitement de l'information dans une
la généralité de la recherche d'informatisation et d'au¬ optique de profonde transformation organisationnelle.
tomatisation de ces réseaux. De façon générale, on Les transformations qui impliqueraient de profondes
cherche à assurer en différents points nodaux (éven¬ réorganisations structurelles restent encore à l'état de
tuellement en un seul poste central), une convergence projetsmieux
faire 20. Pour
et/oules moins
réalisations
cher dans
présentes,
le cadre
il s'agit
de l'or-
de
rapide d'information sur le fonctionnement dudit réseau.
Les informations traitées permettent d'effectuer des
contrôles et d'adresser des commandes propres à « opti¬
miser » le fonctionnement du réseau. Cette tendance
est tout à fait générale et constitue un mouvement de présenté
17. Toutefois,
au Séminaire
le travail dedesM.chercheurs
Barthélémy,de del'appel
la Fondation
d'offresdes« Génie
villes,
fond pour l'ensemble des réseaux techniques urbains Urbain » en avril 1988, aborde le problème et formule en réponse à
(transport, fluides, énergie, communications). La même cette question
niveau communal.une hypothèse plutôt positive pour ce qui concerne le
tendance se manifeste déjà dans l'industrie sous la
18. Voir par exemple Bressand A., Distler C., Nicolaïdis K., Vers une
dénomination de génie industriel depuis une dizaine
d'années. économie de réseaux, Politique industrielle, n° 14, hiver 1989.
19. On parlera souvent de « gestion dynamique » du réseau.
220 pratiques et professions
ganisation donnée, plutôt que de faire autrement, autre — Monopole et concurrence
chose, avec d'autres partenaires. Le contexte du génie industriel est celui d'une concur¬
rence intense sur les prix, sur la qualité des produits,
FABRICATION sur les délais de livraison etc. La mise en réseaux,
l'informatisation, l'automatisation doivent être replacées
ET PRODUCTION et expliquées dans ce contexte. Une pression écono¬
DANS L'INDUSTRIE mique trèsautomobile.
l'industrie forte s'exerce
Face sur
à des
desconcurrents
industries àcomme
coûts
En valeur relative, les coûts de main-d'œuvre directs de main-d'œuvre plus faible, il faut non seulement se
de fabrication tournent aujourd'hui autour du 1/3 des doter d'équipements modernes, mais en assurer, comme
coûts de production, les 2/3 restant étant des coûts de par exemple au Japon, la fiabilité et la disponibilité
conception, distribution et interfaces, etc. C'est notam¬ la plus totale. Le génie urbain a une tradition différente.
ment pour cette raison que l'industrie ressent la néces¬
sité d'une mise en réseau informationnelle qui est en Pour de enmultiples
urbains réseaux raisons,
se réfèrelaà fourniture
une forme des
de «services
mono¬
même temps une réorganisation du processus de pro¬ pole ». L'analyse de la littérature disponible sur l'his¬
duction pour supprimer les temps morts, les stocks, toire des réseaux de génie urbain montre bien comment
etc. le monopole, lorsqu'il n'était pas le fait même des
Dans le domaine du génie urbain la situation est pouvoirs publics fournissant le service, s'est imposé
différente. Pour la plupart des réseaux techniques pour des raisons économiques, par définition de ter¬
urbains, le coût majeur est celui de l'infrastructure. ritoires à desservir, par l'argument dit du « monopole
Les coûts d'informatisation et d'automatisation ne naturel » etc., y compris dans des contextes idéologiques
pèsent guère 21 par rapport à ceux des équipements libéraux. L'exploitant de génie urbain doit, d'abord,
d'infrastructure. Pour des raisons historiques de créer les conditions de son monopole et le réseau
contraintes de service public, de desserte territoriale, « support » contribue souvent à favoriser ce

'
les processus de production de biens et services (qu'il monopole 24.
s'agisse de l'eau, de l'énergie, de l'information, du En fait, l'existence du monopole est généralement
transport) ont toujours mis l'accent sur la distribution, associée de façon très étroite à une desserte territoriale.
les interfaces, l'administration, le contrôle, plus que Le territoire du réseau est celui de la concession et
sur la fabrication elle-même 22. Dans le cas du transport, du monopole. Il y a donc toujours eu une relation
cela est particulièrement évident, mais c'est vrai aussi très forte entre les conditions de production d'un service
pour l'eau, le gaz, l'électricité, l'éclairage, etc. de génie urbain, la constitution du réseau apte à fournir
le service et la définition du territoire de desserte. Les
La question de la gestion spatio-temporelle, celle des règles pouvaient d'ailleurs différer :
stocks, celle des services en temps réel ou différé, celle — continuum spatial, borné et aggloméré dans lequel
de la régulation du couple production/consommation à l'usage du service est rendu obligatoire ;
tarif fixé, se sont posées depuis le siècle dernier et — usage collectif facultatif ;
ont conduit à mettre en place, dans chaque secteur, — dessertes à domicile progressives ;
une organisation adaptée avec des processus d'auto- — desserte localisée avec faculté de branchements.
mation et d'information relativement sophistiqués,
compte-tenu de l'état de la technique 23. Aujourd'hui
les moyens informatiques disponibles conduisent natu¬
rellement les responsables à essayer d'améliorer la 20. On peut penser à l'automatisation intégrale du mouvement des
gestion de leurs services, mais, à tort ou à raison, sans trains à la R A T P, aux projets d'information routière embarquée.
remise en cause fondamentale ni préalable des rapports On rapprochera ces cas qui touchent à des réseaux urbains de projets
analogues concernant des réseaux nationaux :EDFetSNCF (projet
entretousgrandes
en cas sans
fonctions
remise internes
en causeà des
la production,
relations avec
et A S Pour
21. T R ElesE)réseaux
qui ne d'assainissement
sont pas encore etendecours
métro,de lesréalisation.
investissements
l'environnement, notamment avec les usagers ou abon¬ en informatique et en automatique ne représentent que quelques pour
cent des investissements d'infrastructure qui auraient été nécessaires
nés. pour accroître d'autant la performance du système (en capacité par
exemple)
22. Comme le souligne Calatayud J.B., art. cit.
.

Dans une certaine mesure, on pourrait considérer que 23. Cf. la thèse de doctorat (en cours) de K. Chatzis sur la régulation
le génie industriel se rapproche du génie urbain, en dans les réseaux techniques urbains (L A T T S, sous la direction de
tant que fournisseur de services, prenant en compte J. Laterrasse).
24. Cf. Armstrong C., NellesH.V., op. cit., ainsi que CurienN.,
de plus en plus les contraintes d'un environnement GensollenM., L'ouverture des réseaux planification ou concurrence
dans les télécommunications et d'autres services, France Télécoms,
:

changeant auquel des données exogènes (le service oct. 1988, et Allen D., New Telecommunications Services, Network
public pour le génie urbain, le commerce pour le génie externalities and critical mass, Telecommunications policy, September
1988.
industriel) obligent d'accorder une grande importance.
génie urbain, territoires et information 221
Mais dans le principe s'impose toujours pour « l'opé¬ et plus ou moins hiérarchisés, selon des principes de
rateur » un territoire qui est à la fois celui du réseau régulation systémique 27 Le génie urbain rejoindrait

.
et du monopole. On peut dire qu'aujourd'hui cette aainsi
misunenschéma
évidence
de génie
sous industriel
les termesque« économie
notre recherche
de la
vision subsiste dans les opérations d'informatisation du
génie urbain.
motive les transformations
Elle est loin d'une d'être industrie
identique ouverte à celle sur qui règle ». Il s'agirait en fait d'un schéma définissant les
règles d'adaptation du réseau par rapport à des types
la compétition internationale, la conquête de nouveaux d'ajustement à opérer en fonction d'informations reçues
marchés, etc. sur le système et son environnement. En d'autres termes
Bien qu'il soit trop tôt pour observer les résultats des une « économie de la règle » devrait permettre dans
processus d'informatisation et d'automatisation en cours le génie urbain comme dans le génie industriel de
dans l'industrie et dans le génie urbain, on peut donc construire les différentes « couches de gestion » ou
imaginer, au-delà des similitudes technologiques (fibre « niveaux de régulation » du système.
optique, etc.) 25 , des différences profondes dans la mise Ce schéma prospectif devrait conduire à insister sur
en œuvre et les performances recherchées pour les les circuits d'information, en particulier entre ce que
systèmes informationnels 26 A titre d'exemple, on pour¬ le génie industriel désigne par « système opérateur »
.

rait considérer que le génie urbain met en place des et « système opéré ». Il conviendrait alors de bien
systèmes informationnels propres à mieux assurer la distinguer les liaisons servant à l'information montante,
qualité et l'homogénéité de la desserte territoriale de celles qui permettent une lecture, un diagnostic de
son monopole, alors que la production industrielle se l'état du système, et celles qui servent à l'information
focaliserait sur des systèmes informationnels propres à descendante, à l'action sur le système proprement dite.
assurer une stricte réduction des coûts par réduction En effet, le paradigme « automatique » masque quelque
des temps morts ou masqués de la production. peu ces différences et par là-même la différence entre
données et information. Or à notre avis, une réflexion
sur ces problèmes ne pourra faire longtemps l'économie
RÉSEAUX ET d'une recherche approfondie sur la signification de
l'information (pourvue de sens) par rapport aux simples
données.
NOUVELLES TECHNIQUES
D'INFORMATION
Il faudrait également dans ce schéma donner toute son
importance à une analyse des échelles de temps. Il
apparaît aujourd'hui empiriquement sur divers réseaux
que différentes échelles de temps constituent, pour
différentes fonctions, des normes de gestion et de
contrôle de la prévision annuelle, au temps réel, en
:

passant par la programmation quotidienne, la réaction


après un temps de calcul de quelques minutes, etc.
L'articulation de ces échelles de temps est actuellement
très structurante dans la gestion des réseaux. Dans un
schéma de régulation intégral, elle deviendrait abso¬
lument essentielle. Il est même vraisemblable qu'une
analyse du schéma intégral de régulation des flux, à
défaut de s'appuyer sur une nouvelle vision organi-
pourrait
pointes,
prises
vait
locaux
par
taines
comportant
d'informatique
àdans
séparées
nance,
commune
vient
de
fiques
du
transférables
continue
l'exploitation,
une
Les
réseaux
schéma
ment
d'organisation
une
ces
service,
des
possibilités
régulation
résulter
entreprises
les
duet
reliées
intégration
:industrielles
industries
différentes
hiérarchique
voire
n'ont
l'organisation
fonctions
leréseaux
:visant
liées
ainsi
fait
auproduction,
maintien
plusieurs
separ
etque
de
génie
àpourrait
jamais
marketing.
s'acheminer
lades
etàce
trouvent,
utilisables
offertes
que
la
fournissant
des
modernes,
croissante
partielles
lesde
travers
gestion
fonctions,
segment
flux.
combinaison
urbain
ordinaires,
dans
nous
de
circuits
niveaux
données
été
dominante
télécommunications
secirculation,
lapar
organisées
du
la
lequel
avons
pour
substituer
Cette
des
etcomplémentaires
vers
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du
de
prévision
d'information.
une
fait
les
aunécessaires
données
(ou
fonctions
processus
plusieurs
stocks,
une
l'optimum
analysés
c'est-à-dire
ordonnée
était
génie
nouvelles
tendance,
services
destockage,
régulation
boucles)
sorte
comme
l'informatisation,
plutôt
de
autrefois
industriel,
ledufonctions.
une
autrefois
de
laàde
provoquent
urbains
global
des
différenciés
lissage
système,
Atechniques
constituée
lales
fourniture
demande,
d'ailleurs
selon
et
dans
des
tendance
fonction
mainte¬
ce
gestion
optima
faible¬
entre¬
spéci¬
pou¬
flux,
pro¬
type
plus
cer¬
On
des
un
enà

25. F.génie
du
maîtrise
et26.
transmissions
EtRowe
Nousdulogique
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faitaux
urbain
d'informations
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nombreux
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journées
génieconcernent
communication
événements
de
industriel
donnera
l'I D l'ensemble
A une
dans
T». d'A.
E.nouvelle
lesLesFrérer,
domaines
desbesoins
réseaux
«J.capacité
Laterrasse
différents
deurbains
télé¬
de

(eau, assainissement, circulation, chauffage urbain, etc.) relèvent de


contrôles locaux de la qualité des services fournis par les réseaux
existant, plutôt que d'une nouvelle organisation, fondamentalement
différente, desdits réseaux. Les différences entre génie urbain et génie
industriel supposent toutefois qu'il n'y a pas remise en cause profonde
des principes de service public. A vrai dire une telle remise en cause
ne semble guère plausible en France dans les domaines de base du
génie urbain.
27. AmarG., Essai de modélisation conceptuelle d'un réseau de
circulation, in Réseaux territoriaux, op. cit.
222 pratiques et professions
sationnelle, actuellement exclue, devrait s'appuyer sur intègrent comme donnée forte l'existence d'un espace
ces échelles temporelles. urbain dense ou au moins de pôles urbains denses31.
La tendance qui pour chaque réseau rapprocherait Le territoire ainsi défini peut, le cas échéant, coïncider
différentes fonctions dans un schéma plus intégrateur avec une circonscription territoriale d'administration
de régulation des flux 28 va certainement dans le sens générale (commune, institution pluri-communale) mais
d'un rapprochement entre réseaux et vraisemblablement cette coïncidence n'est pas absolument nécessaire et il
vers la mise en commun de systèmes d'information n'est même pas certain qu'elle puisse être durable 32.
(sur « l'environnement », sur le partage possible de Le rôle des nouvelles techniques d'informatisation, assez
ressources, etc.). Il est d'ailleurs significatif que des similaires à celles qui sont mises en œuvre dans l'in¬
organismes de services informatiques travaillent déjà à dustrie, semble être pour l'instant plutôt de renforcer
élaborer des logiciels généraux, utilisables pour l'ex¬ que de transformer le schéma ci-dessus. Il n'y a pas
ploitation de plusieurs types de réseaux. On peut penser (ou pas encore) remise en cause des structures issues
que les coûts liés à la circulation et au traitement de des modèles technico-économiques ci-dessus mais seu¬
l'information inciteront à de tels regroupements. En lement tendance à l'intégration de fonctions vers une
effet, la plupart des réseaux cherchent à connaître de régulation plus globale des flux.
façon plus précise dans le temps et dans l'espace les Par suite, si les nouvelles techniques d'informatisation
caractéristiques de la demande et celles de l'offre (c'est- ne modifient pas directement dans un premier temps
la territorialité des réseaux, on peut s'attendre à ce
besoins
à-dire duconsidérables
système opéré).
en matière
Ceci de
peuttraitement
aboutir àet des
de qu'elles rendent le territoire de gestion du réseau plus
transmission de l'information par rapport à la situation indépendant des caractéristiques de l'espace physique,
actuelle. ceci n'impliquant pas pour autant une modification
Mais il s'avère que ces tendances intégratrices trans¬ rapide de l'espace urbain de référence (en particulier
versales risquent d'achopper sur l'absence d'opérateurs les paramètres de densité).
capables de réaliser des systèmes communs sauf excep¬ On voit donc se dessiner une sorte de « noyau »
fondamental du génie urbain, autour des modèles tech¬
:

tion, les gestionnaires de réseaux urbains, pour des


raisons liées aux monopoles territoriaux vus plus haut, nico-économiques de référence, modèles susceptibles
ne cherchent pas à partager les systèmes d'information d'évoluer à long terme sous les effets de changements
qu'ils mettent en place. Il faudrait donc penser à des techniques tels que l'information et l'automatisation.
opérateurs extérieurs 29 , vraisemblablement privés. Cela Ce noyau constitue vraisemblablement la base terri¬
suppose que la rentabilité, au moins à terme, des toriale des réseaux techniques en question. Une meil¬
systèmes en question soit établie, ce qui est loin d'être leure connaissance des fondements du génie urbain
évident. Néanmoins, quelques exemples très récents, passe par l'analyse précise de ce « noyau », la recon¬
sur des applications limites, montrent que cette voie naissance des similitudes qu'il présente dans différents
mérite d'être explorée 30. secteurs (eau, transport, énergie).
L'analyse de longue période des modèles de gestion
de réseau mis en œuvre par les opérateurs permettrait
TECHNIQUE, TERRITOIRE de mieux comprendre les systèmes organisationnels, les
ET POUVOIR professionnalités, les normes et critères techniques et
économiques pour l'investissement, la gestion, la ratio¬
nalisation en utilisant autant que possible une grille
Malgré
ressant
de notreson
lesrecherche
fondements
caractère quelques
limité,
du génie
onrésultats
pourra
urbain.essayer
générauxde inté¬
tirer

Certains réseaux techniques urbains de base (eau,


assainissement, transport, énergie) sont susceptibles de
créer une véritable territorialité, c'est-à-dire de faire
valoir des pouvoirs généraux de gestion d'un service
sur un territoire qu'ils définissent. Quelle est l'origine
de cette territorialité, et donc de ces pouvoirs ? On
peut faire l'hypothèse qu'elle s'appuie sur des modèles modèle
28. cadre
29.
Calatayud
30.
du
31.
loppement
culièrement
rete
1910),
Architectura,
zioni,
32.
unentreprises
Cf.
Germany,
possible
CIlL'analyse
Voir
Les
En e I faudrait
Messager
1979.
laGmatière
Estratto
allemand.
dans
notamment,
questione
Rconditions
adéquat
J.B.,
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programma,
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Municipalities
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cit.
G.lal'étude
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réseaux
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P., J.,asdegroupée
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Ed.,
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lesXIX
Calabi
op.
demande
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Lelacit.
D.secolo
divers
D.,
sont
Société
machine
fournir
italiennes
Calabi
citta
Heat
Mais
Fédérale
deIdeservizi
»,suggérées
services
«italiana
lailSrevisiter
Officina
Networks
sur
durablement
Sn'a
imperfette
T etAestEtecnici
lepasGRde(1880-
locaux.
déve¬
parti¬
E»Edi-
I par
été
A,P.leina
ses
technico-économiques de gestion (règles de centrali¬
:

sation, de hiérarchisation, de dimensionnement, de


tarification, etc.) qui servent de référence dans les
décisions de réalisation, de transformation ou d'ex¬
ploitation courante du réseau. Ces modèles abstraits
découlent d'une combinaison de la tendance au mono¬
pole territorial et des principes de service public. Ils
génie urbain, territoires et information 223
d'analyse homogène (par exemple les principes de On pourrait également s'intéresser de près aux projets
tarification de la consommation dans les réseaux d'eau, d'informatisation, de télétransmission et d'automatisa¬

:
d'électricité, de transport en commun, de chauffage tion en génie urbain impliquant, comme dans l'industrie,
urbain, etc.) 33 . L'analyse de longue période devrait une redéfinition organisationnelle (automatisation inté¬
permettre d'observer la sensibilité de ces modèles à grale des métros, infrastructures industrialisées à dia¬
des variations profondes des conditions économiques, gnostic automatique, information routière embarquée
de l'état de la technique, des modes de vie,... Enfin, en milieu urbain...). L'intérêt serait alors d'analyser
il conviendrait d'étudier comment l'application de ces de tels projets selon les schémas du génie industriel
modèles traduit une plus ou moins grande capacité de façon à isoler, le cas échéant, d'éventuelles spéci¬
d'adaptation à des institutions territoriales telles que ficités urbaines.
les collectivités locales françaises.
L'analyse des changements induits par l'informatisation P. Besson, G. Chatzis, G. Dupuy,
et l'automatisation des réseaux techniques urbains J. Laterrasse, C. Lefèvre,
conduiraient en particulier à observer si, à terme, des
changements organisationnels du même type que ceux F. Lozada, P. Ménérault, G. Ribeill,
observés dans l'industrie se produisent, ceci malgré des F. Scherrer, P. Veltz
différences fondamentales de contexte. En particulier,
la question du passage à une gestion plus systémique
se référant
d'une reconnaissance
à une « économie
de la diversité
de la règle
des» échelles
(en partant
de
temps déjà à l'œuvre), gestion rendue possible dans services
33.
en
celles
1989.partie
Lesdetravaux
enN.surréseaux
Curien
cesduquestions.
G(télécommunications,
à Dl'ER N903OnS ARéseaux
notera
E séminaire
l'duintérêt
énergie,
CNRSsur
d'initiatives
transport),
l'économie
doivent comme
porter
1988-
des

:
le génie urbain par la tendance à la régulation des
flux, devrait être approfondie.

Cet article constitue le premier chapitre d'un rapport de recherche rédigé par le Laboratoire Techniques Territoires et
Sociétés de l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées pour le Plan Urbain.
Le rapport synthétise quatre recherches portant respectivement sur la territorialité des réseaux de transports en commun,
la capacité de territorialisation des réseaux techniques comparée à celle des institutions municipales et supramunicipales, les
approches
Le rapportthéoriques
de recherche
comparées
s'intituledu Génie
génie urbain
urbain, etterritoires
du génieetindustriel,
information.
l'intégration des fonctions liée à l'informatisation.
: