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Université Mohammed premier

Faculté des Sciences


Juridiques Economiques
Et Sociales
-Oujda-

Master droit et contentieux des affaires

Exposé sur le thème :

Le contentieux lié au formalisme de


l’effet de commerce sur le plan
national et international

Sous la Direction de : Dr. Mme Zineb Taghia

Préparé par Les étudiants :


-Nissrine Idrisse Abou Mohamed
-Ouarda Settouti
-Mohammed Habib Mouhtadi

Annéé universitaire:2017-2018
SOMMAIRE :

CHAPITRE1 : LE CONTENTIEUX IIE AU FORMALISME DE LA LETTRE


DE CHANGE

SECTION1 : DEFAUT D UNE MENTION OBLIGATOIRE SUR LA LETTRE DE CHANGE :

SECTION2 :DEFAUT DE GARANTIE DE PAIEMENT DE LA ETTRE DE CHANGE A L’ INSTAR DE


L’AVAL ET DE L’ACCEPTATION :

CHAPITRE 2 : LE CONTENTIEUX LIE AU FORMALISME DU BILLET A


ORDRE ET DU CHEQUE

SECTION1 :LE CONTENTIEUX LIE AU FORMALIME DU BILLET A ORDRE :

SECTION 2 : LE CONTENTIEUX LIE AU FORMALISME DU CHEQUE :

1
Introduction
Avec le développement des instruments de paiement, l'effet de commerce paraît appartenir à
une ère révolue. Son usage remonte au moyen Âge où les changeurs remettaient ce type de
document à leurs clients commerçants pour éviter le transport de fonds à une époque dangereuse.
Le change consistait à changer la monnaie d'un pays à un autre. Ce service a été mis au point par
les templiers (XIIe et XIIIe siècles) dans le cadre de leur mission de protection et d'accompagnement
des pèlerins chrétiens pour jérusalem . Au Maroc L’apparition de l'effet du commerce est liée
principalement à l’émergence d’un ensemble d’événements au niveau mondial (révolution
industriel, production de masse… vers les années 1850 ) ainsi que les différentes fluctuations
économiques et sociales qu’a connues l’environnement marocain.

En premier lieu , la matière des effets de commerce doit être rattachée au droit cambiaire.
Cette matière combine le droit civil et le droit des affaires. Cette technicité de régime s’est rajouté
un certain nombre de solutions. Le droit cambiaire est le droit qui régit les effets de commerce.
Ceux-ci peuvent être définis comme des titres négociables qui constatent, au profit du porteur, une
créance de somme d’argent et qui servent à son paiement, mais ils constatent toujours une
créance à court terme. Les relations juridiques issues de l’émission de l’effet de commerce sont dès
lors qualifiées de relations cambiaires. On parle ainsi d’obligations cambiaires et de recours
cambiaires. L’obligation cambiaire qui résulte de la signature du titre, n’obéit pas au droit commun
des obligations. Instruments de paiement et de crédit, la lettre de change, le chèque ou autre font
partie des effets de commerce. Quant au chèque, son appartenance à la catégorie des effets de
commerce a été contestée . Le chèque est en effet essentiellement un instrument de paiement.
Mais du point de vue de son régime juridique, il se rapproche des effets de commerce. Les règles
applicables au billet à ordre et au chèque ont été essentiellement inspirées par la législation sur la
lettre de change. Cela dit, l’étude du droit cambiaire renvoie à celle de : la lettre de change, du
billet à ordre, et du chèque . Les effets de commerce constituent une sous catégorie des visions de
ce que sont les instruments de crédits. Ces instruments de crédits permettent aux entreprises de
se financer. Pour obtenir des disponibilités immédiates, les entreprises recourent à la mobilisation
de créances à coût ou moyen terme, représentant une valeur économique. Ces instruments de
crédit se caractérisent par leur formalisme. Ce formalisme à un but est de protection et de
simplification .

Le législateur n'a pas définit la notion de l'effet de commerce mais c'est la doctrine qui s'est en
chargé en apportant une définition à cet élément . La loi a juste consacré toute une procédure
ainsi que des explications concernant la gestion des moyens de paiement . Qui est considéré
comme l’une des fonctions essentielles dévolues aux établissements de crédit. Le traitement
juridique des moyens de paiement est un aspect essentiel de l’activité des établissements de
crédits. C’est le service le plus utilisé par les particuliers et les entreprises. Donc la gestion de
moyens de paiement sera examinée sous deux angles : les instruments de paiement nationaux et
les moyens de paiement internationaux. Ils comportent deux types : instruments de paiement
traditionnel et instruments de paiement électronique.

Par ailleurs l'effet de commerce est l'une des matérialisations d'une créance liant deux parties
dans le cadre d'une activité professionnelle . Il constitue une preuve de paiement que fournit le
client à l'entreprise . Ce qui lui procure l’avantage de l’escompter auprès de sa banque pour
soulager sa trésorerie, ou encore de l’endosser auprès de son fournisseur pour payer une
créance». Effectivement, l’effet de commerce est une formule intéressante lors des transactions

2
commerciales, mais qui reste cependant assujetti à des risques. Parce que en cas d’insolvabilité,
c’est-à-dire en cas de non-paiement du débiteur, la banque n’assume aucune responsabilité, c’est
au porteur de l’effet d’en assumer les conséquences. Reste que le débiteur sera toujours protégé
par la loi et sera en mesure de poursuivre le tiré (le client) en justice. Aussi, un effet de commerce
doit-il être absolument comporter toutes les mentions obligatoires qui s’imposent. Assurez-vous
de la solvabilité du tiré afin que l’effet ne soit pas impayé à l’échéance. Pour ne pas tomber dans ce
piège, il est possible de s’informer de la sincérité de son client en consultant son dossier au niveau
du site du tribunal de commerce en inscrivant le numéro du registre de commerce souvent
mentionné au niveau du bon de commande. À prendre en considération, la date de la création de
l’entreprise (son ancienneté), la vérification du nom du gérant ainsi que les différents
nantissements réalisés. Si une entreprise a deux ans d’ancienneté et qu’elle a été nantie par les
banques à deux reprises, il y de quoi être réticent. Dans ce cas, mieux vaut exiger d’être payé cash,
par chèque ou, à défaut, revoir le montant de la traite à payer par le client et exiger une avance.
Pourtant, l’effet de commerce reste un bon instrument de crédit, parce qu’il représente une
créance sur le débiteur en vue d’un encaissement à une échéance donnée (90 jours en général).
Parmi les principaux effets de commerce, la lettre de change, le billet à ordre et aussi le chèque,
lequel englobe les mêmes caractéristiques des deux effets sus-cités. Sauf qu’un chèque est payable
à vue et que le porteur est en mesure de l’encaisser tout de suite. La seule particularité réside donc
au niveau des modalités de paiement.
Ensuite devant la diversité des moyens de paiement dont dispose l’entreprise, l’on s’interroge
naturellement sur leur efficacité, ce qui permet de fixer son choix en connaissance de cause. En
effet, la détermination des avantages et inconvénients de chacun des moyens de paiement les plus
utilisés permettra de connaître, en amont, les conséquences (bonnes ou moins bonnes) de
recourir à tel ou tel moyen de paiement et servira de base pour privilégier l’utilisation d’un moyen
de paiement plutôt qu’un autre. À cet effet, il conviendrait de traiter un à un chaque type de
paiement en précisant, à la fois, ses avantages et ses inconvénients:

-Les espèces : ce n’est pas un hasard si le paiement en espèces est le moyen le plus usité. Ses
principaux atouts sont sa simplicité d’utilisation et son acceptation facile par les différentes parties,
qu’il s’agisse de professionnels ou de particuliers (prestataires, commerçants, fournisseurs,
clients…). En plus, sa gratuité d’obtention et d’utilisation sont d’autant plus appréciables qu’il
permet de se libérer immédiatement de l’obligation de paiement. D’aucuns ajouteront à cette liste
déjà conséquente le fait que le paiement en espèce permette également, de ne pas laisser de
traces. Pas de traces dans le système bancaire, certes, mais il faut toujours exiger un reçu qui
prouve le paiement et protège ainsi le payeur de toute fraude ou escroquerie.

- Malgré ces nombreux avantages, le paiement en espèces a ses limites qui consistent, notamment,
dans la difficulté de conservation des espèces, hors du cadre bancaire. Cela est d’autant plus vrai
que garantir leur sécurisation devient encore plus difficile à mesure que le montant des espèces
conservées est élevé. Cette difficulté est aggravée par l’absence de tout recours en cas de perte.

Enfin ce qui nous amène à s'interroger ainsi : Est ce le formalisme cambiaire suffit -il pour
la stabilité de l'effet de commerce? Pour pouvoir répondre à cette question et donner plus
d'éclaircissement à ce sujet et surtout pour ne pas se perdre puisque on remarque bien qu'on est
devant un sujet très vague qui touche presque tous les effets de commerce mais on doit
reconnaître qu'on ne peut pas parler de tous ces concepts donc on s'est contenté à limiter notre
travail de la sorte : - dans un premier lieu on va essayer d'aborder le contentieux lié formalisme de
3
la lettre de change , et dans un deuxième lieu le contentieux lié au formalisme du billet à ordre et
du chèque .

CHAPITRE 1 :Le contentieux lié au formalisme de la lettre de change

Comme nous venons de le souligner, l'apparition de l'effet de commerce est une conséquence de
l'incommodité des monnaies métalliques et des papiers monnaies pour le commerce en général .
De la même manière, l'invention de l'effet de commerce répond a un certain besoin exprimé par
les commerçants pour compléter le mécanisme des effets de commerce.
L'objectif de ce paragraphe est de discuter tout de suite des irrégularités du formalisme de la
lettre de change liés au défaut des mentions obligatoires de cette dernière ainsi que la question de
garantie de paiement de la lettre de change concernant l'aval et l'acceptation mais aussi la
question de l'allonge sur la lettre de change .

elle permet de matérialiser l’existence de la créance et de fixer l’échéance du paiement .La lettre
de change est un acte de commerce par la forme, ainsi la preuve et la forme sont essentiellement
commerciale, droit civil ne régit pas validité de la lettre de change, cependant il est interdit au
mineur et au majeur incapable de signer une lettre de change. On ne peut signer une lettre de
change pour rembourser un crédit immobilier : article 164 de la loi 15-95 formant le code de
commerce(promulguée par Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii 1417 (1 août 1996) en contravention de
ces interdictions la lettre de change serait nul vis-à-vis de l’incapable ou du mineur mais valable au
regard du bénéficiaire en vertu du principe de l’indépendance des signatures cambiaires.
Le formalisme sert d’assise à la lettre de change. Elle est formée uniquement par les formalités
légales qui consistent en des mentions exigées par la loi. Le but est d’assurer la sécurité juridique
du titre. Le formalisme permet d’autre part la circulation rapide de la lettre de change. Grâce aux
seules formalités du titre, la circulation de la lettre de change doit se faire de porteur en porteur
sans entrave: c’est un titre de crédit circulaire.

Section 1 :Défaut d'une mention obligatoire :

Il est également important de noter que la lettre de change n'a pas une vrai valeur contraignante
au Maroc . Elle est comparable à une reconnaissance de dettes , elle n'a pas un effet obligatoire au
Maroc .

Les mentions obligatoirement contenues dans la lettre de change sont reprises à la loi 15-95
formant le code de commerce ainsi que l'article L. 511-1 du code de commerce .

Lorsqu’une irrégularité affecte une mention obligatoire, c’est donc l’existence même du titre qui en
subit les conséquences, en principe le titre dans lequel une mention obligatoire fait défaut est nul.
Ce pendant le droit cambiaire prévoit mécanisme de sauvetage d’un titre vicié à travers un
formalisme par équivalence d’origine légale mais très largement étendu par la jurisprudence qui a
créé un système dit de régularisation.

4
La question qui se pose est de savoir si cette régularisation concerne toutes les mentions ou
certaines seulement. La question est controversée en doctrine. On s’accorde seulement sur le fait
qu’un papier vierge avec une signature ne constitue pas une lettre de change sujette à
régularisation.

Sur ceux , un arrêt rendu par la cour de cassation française du 16 juin 2009 a soulevé la nullité
d'une lettre de change pour faute d'indication du nom du bénéficiaire .

D’une manière générale quelles sont les condition de régularisation? La jurisprudence pose assez
nettement les conditions de régularisations, elles sont au nombre de trois :

-Elle suppose l’accord de ceux qui ont déjà signé la lettre de change irrégulière et d’eux seuls, cour
de cassation chambre commerciale 7 février 1983. Ces signataires peuvent être le tireur, le tiré, un
avaliste mais aussi un endosseur. Pour certains signataires l’accord peut n’être que tacite selon la
jurisprudence, il en va ainsi du tiré qui en acceptant la lettre de change ne comportant pas le nom
du bénéficiaire a entendu tacitement autorisé d’avance une régularisation, cour de cassation 25
mai 1988. La même solution vaudrait pour un tireur qui aurait remis un titre sans nom de
bénéficiaire, un banquier qui rajoute ensuite son propre nom comme bénéficiaire. La
jurisprudence exige à l’occasion un accord exprès dans les hypothèses de régularisation de la date
de création ou du lieu d’émission, il faut une régularisation effective, ce qui consiste à inscrire sur
le titre la mention omise ou mal rédigé.

-Celui qui se prévaut de la traite initialement irrégulière doit avoir corriger cette irrégularité après
avoir obtenu l’accord des gens ayant déjà signé le titre, à défaut le titre sera considéré comme nul.

-Au plus tard au moment de la présentation du titre au paiement, à défaut le porteur


présenterait au paiement un titre nul avec toutes les chances d’essuyer un refus justifier de
paiement émanant du tiré ou de toute autre signataire cambiaire.

En ce sens dans un arrêt de la cour de cassation française du 11 juillet 1988 (annexe 1 ) évoque le
manque de la signature du tireur et le nom du bénéficiaire -régularisation par le porteur -
acceptation du tiré antérieure à la régularisation portée.1

Donc si l'une de ces mentions ( la signature du tireur , ses coordonnées ou ceux du tiré , le nom du
bénéficiaire , manque de la date de création ou d'échéance ou l'identification du lieu de paiement
) fait défaut, l'acte ne saurait continuer être qualifié de lettre de change.

Il existe deux types d'irrégularités formelles : tout d'abord l'omission d'une mention obligatoire qui
affecte directement la forme du titre et relève des dispositions légales spécifique et ensuite
l'inexactitude d'une mention qui met en cause la crédibilité du titre et touche davantage à la
substance de l'opération juridique.

1
Le code de consommation française
2 Gavalda et Soufflet « instruments de paiement et de crédit ».
loi 15-95 formant le code du commerce
5
Une lettre de change ne comportant pas l'ensemble des mentions énumérées à l'art. L 511-1 du
Code de commerce ainsi que la loi 15-95 formant le code de commerce , souvent dénommée lettre
de change en blanc est en principe frappée de nullité en ce sens qu'elle ne pourra valoir en tant
que titre cambiaire. On dit que le titre ne vaudra pas comme lettre de change. Cela ne signifie pas
que le titre est dénué de toute valeur juridique, en effet ce titre incomplet peut

produire certains effets, comme la preuve d'engagements souscrits en application du droit


commun. Une Lettre de Change incomplète est en principe frappée de nullité (en tant que lettre
de change) dès lors qu'elle ne peut faire l'objet du jeu d'une suppléance légale.

La cour de cassation considère que cette omission existe au moment de l'acceptation si le tiré a
accepté la traite ou au moment de la présentation en paiement à défaut d'acceptation (cass com
13 Mars 1985 et 25 Mais 1988).

Section 2 : Défaut de garantie de paiement de la lettre de change à l'instar de l'aval


et de l'acceptation
Elle ne supprime pas les risques d'impayés sauf si elle bénéficie de l'aval d'une banque , ou la
preuve de perte et de vol. Son recouvrement peut être long car elle est soumise à l'acceptation de
l'importateur transmise par voie postale et fait intervenir plusieurs établissements financiers .
L'émission d'une traite peut être accompagnée des mesures légales particulières (prix , langue) il
convient à se renseigner avant de l'utiliser .
Cette clause a une valeur obligatoire, si non respecté par le porteur alors considéré comme porteur
négligent.
Le porteur négligent (si met du temps à présenter lettre de change après échéance): est déchu de
ses reports cambiaires sauf au regard du tireur .

L’aval d’une lettre de change irrégulière donné par une personne physique au profit d’un créancier
professionnel est nul et ne peut valoir cautionnement s’il ne comporte pas les mentions
manuscrites prescrites par le Code de la consommation pour le cautionnement. Si l’aval donné par
une personne physique au profit d’un créancier professionnel sur une lettre de change irrégulière
peut constituer le commencement de preuve d’un cautionnement, ce dernier est nul s’il ne répond
pas aux prescriptions de la loi 15-95 formant le code de commerce ainsi que le code de la
consommation français exigeant une mention manuscrite.

Après avoir énoncé ce principe, la Cour de cassation belge du 4 Mars 2004 (annexe 2) a censuré la
décision d’une cour d’appel qui, pour condamner le gérant d’une société qui avait avalisé quatre
lettres de change tirées sur la société à payer le créancier, avait constaté que les lettres de change
étaient nulles en raison de l’absence de signature du tireur mais que, appuyées de factures, elles
constituaient un commencement de preuve par écrit d'une promesse de payer émanant de la
société tirée, de sorte que le gérant s’était engagé à titre personnel, et que cet engagement, s'il ne
pouvait pas valoir aval cambiaire, constituait un cautionnement valable. Toute personne physique
qui s’engage par acte sous signature privée en qualité de caution envers un créancier professionnel
est tenue de faire précéder sa signature d’une mention manuscrite précise .
6
Lorsque l’effet de commerce ne comporte pas les mentions obligatoires et qu'il est donc nul pour
vice de forme, l’aval est nul en tant qu’engagement cambiaire. Il peut néanmoins valoir comme
cautionnement (Cass. com. Française 5-6-2012 n° 11-19.627 ) ou comme commencement de
preuve par écrit d’un cautionnement, qui doit être corroboré par des éléments extérieurs
établissant la volonté du souscripteur de la mention de s’engager pour le compte du débiteur
2principal (Cass. com. Française 24-6-1997 n° 95-18.153).

En revanche, l’aval qui garantit le paiement d’un titre régulier constitue un engagement cambiaire
gouverné par les règles propres du droit du change. Par suite, l’avaliste n’est pas fondé à
rechercher la responsabilité de la banque, bénéficiaire d’un billet à ordre, pour manquement à un
quelconque devoir d’information (Cass. com.française 20-4-2017 n° 15-14.812 ).

En pratique : la requalification en cautionnement de l’aval d’un effet de commerce irrégulier n’est


efficace que dans les cas où l’aval est donné par une personne morale ou au profit d’un créancier
non professionnel, ce qui est rare. A moins que le créancier qui recueille l’aval d’une personne
physique n’ait pris soin de faire recopier les fameuses mentions manuscrites au garant.

L'acceptation doit être pure et simple et ne comporter aucune réserve mais le tiré peut la
restreindre à une partie de la somme. C'est le cas notamment lorsqu'il n'a reçu qu'une provision
partielle ou si sa dette envers le tireur est partiellement éteinte. Enfin, avant la restitution de la
lettre, le tiré a la possibilité de se rétracter. Il peut ainsi biffer valablement son acceptation.
L'acceptation n’est irrévocable qu’à partir du moment où le tiré s’est dessaisi de la lettre.
L'acceptation de la traite par le tiré fait présumer l'existence de la provision, c'est-à-dire de sa
dette. Par l'acceptation le tiré s'oblige à payer la lettre de change à l'échéance. Il ne peut invoquer
aucune exception pour refuser de payer. A défaut de paiement, le porteur a contre le tiré
accepteur une action directe résultant de la lettre de change. A l'égard du porteur, le tiré accepteur
est tenu cambiairement et solidairement avec les autres signataires de la traite. Si le tiré refuse
d’accepter la lettre de change, il doit renvoyer la lettre de change rapidement au porteur ou tireur
(selon celui qui le lui a envoyé). S’il tarde à la renvoyer, il risque de voir sa responsabilité engagée.
Suite à ce refus, le tiré n’est pas lié par la lettre de change.

De ce fait un arrêt rendu par la cour de cassation française du 27 juin 2013, évoque la traite est
revenue impayée , pour tirage contesté , l'acceptation vaut provision , les exceptions
d'inopposabilité

2
Revue du droit public, L.G.DJ., Paris, n° 4, 1984, pp. 971-992.
Loi 15-95 formant le code du commerce
Conseil national du crédit et du titre, Problèmes juridiques liés à la dématérialisation des moyens de paiement et des titres, Paris, CNCT, mai 1997, p
.16 Pour Rémy LIBCHABER, <( la perte de la référence matérieHe s'est opdrée par te passage de la monnaie métallique à la monnaie fiduciaire n; voir
Rémy LIBCHABER, L'argent, entre matière et mémoire
Roger PERROT et al., (( L'évolution des moyens de paiements », Rapport de commission de travail, in Jean-Pierre FAGET (dir.), Les nouveaux moyens
de paiements : droit, argent et libertés, Paris, Économica/rnvestir, 1986, p. 27.
http://www.cours-de-droit.net/la-presentation-du-cheque-et-le-paiement-a127043210 Mohamed JAOUHAR, «Le nouveau droit pénal du chèque»
In : R.M.D.E.D, n° 42- 1998, Université Hassan II-
Ain Chock, Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales à Casablanca, p 32.
Cour.cass ,com du 20 fevrier 2007
cour .cass fr 16 juin 2009
cass com 13 Mars 1985 et 25 Mais 1988
cour suprême du 10 -31-1996
7
et aussi dans un arrêt de la cour de cassation de Fés daté du 28 septembre 2005 /698/3/2/2005
traite la signature d'acceptation équivaut à une reconnaissante de dette et rend la signature
redevable envers le porteur de lettre de change sans qu'il y ait besoin d'ordonner une mesure
d'instruction .

La question de l'allonge sur la lettre de change

Le nom de chaque endosseur, et sa signature doivent figurer sur la lettre de change, ou sur une
feuille qui y est attachée : l'allonge. Si l'endossement est dit « en blanc », c'est-à-dire que le
bénéficiaire n'est pas désigné, une mention de l'endossement devra figurer sur l'allonge, et le
bénéficiaire, même en l'absence de son nom devra signer l'allonge, ou la lettre de change.

En ce sens un arrêt rendu par la cour suprême canadienne du –31-10 -1996 Banque obtenant un
jugement sommaire contre la débitrice hypothécaire et la caution-La Cour d’appel a-t-elle excédé
sa compétence en infirmant le jugement et en rejetant l’action intentée contre la caution.

CHAPITRE II : LE CONTENTIEUX LIE AU FORMALISME DU BILLET A ORDRE


ET DU CHEQUE
SECTION I : CONTENTIEUX LIE AU FORMALISME DU BILLET A ORDRE
-BILLET À ORDRE : LA RIGUEUR DU FORMALISME

Véritable diminutif de la lettre de change, le billet à ordre constitue également un moyen de


crédit à court terme sous forme d’un titre par lequel une personne, le souscripteur ou tiré,
s’engage à payer une somme déterminée une date plus ou moins précise ,a un bénéficiaire ,le
tireur ou à son ordre. Il ressemble à la reconnaissance de dette civile, mais en dépasse le concept
dans la mesure où il peut être crée à l’ordre du créancier et peut ainsi être cédé par endossement,
sans obéir aux règles de la cession des créances fixées par le Dahir formant code des obligations et
des contrats. De plus, la reconnaissance de dette, même en matière commerciale ,reste soumise
aux règles générales du droit commercial a l’exception des prescriptions propres aux effets de
commerce dont la définition obéit impérativement a la loi. 3

Le trait principal de ce titre réside dans la simplicité de sa structure qui ne requiert que deux
personnes, le souscripteur et le bénéficiaire, et obéit à la célérité du régime juridique souvent
ramené à l’extension des dispositions régissant la lettre de change. A la différence de celle-ci où les
rapports juridiques engagent au moins trois parties, le tireur, le tiré et le bénéficiaire du paiement,
le billet à ordre n’exige pas la participation que de deux personnes, très souvent, le tireur et le

3
Mohammed Drissi Alami Machichi , Droit Commercial Instrumental Au Maroc,ed.ImprimElite,Rabat,2011 ,p.319.

8
bénéficiaire. En fait, le tireur s’engage aussi comme tiré en raison de sa condition de débiteur du
paiement.

En dehors de cette structure particulière, le droit de la lettre de change s’applique à la grande


majorité des situations impliquées par le billet à ordre, car lesdites situations sont généralement
juridiquement identiques à celles de la lettre de change. Dans ce cadre, le droit cambiaire trouve
pleinement à s’appliquer aux relations entre tiré, le bénéficiaire et les

Endosseurs. Leurs signataires les engagent pratiquement dans les mêmes conditions que les
coobligés d’une lettre de change.4

La similitude du formalisme et du régime juridique du paiement est quasi-totale. Pour en avoir


une idée, il suffit de lire les dispositions explicites des articles 234 à 236 du code de commerce
marocain.

Sur ce plan le billet à ordre est aussi un acte dominé par des conditions de forme requises pour
sa validité en tant qu’effet de commerce. L’écrit dont les mentions obligatoires ressemblent de près
à celles exigées pour la validité de la lettre de change.

En France, le billet à ordre est Très utilisé dans la pratique commerciale. C’est un effet de
commerce qui peut être souscrit à vue ou pour une durée plus longue mais dans tous les cas c’est
un instrument de crédit à court terme.

Il est Régit par les articles L512-1 à L512-8 du code de commerce, le billet à ordre suit un
régime juridique singulier car placé sous le signe de la dualité. On y retrouve un trait original mais
aussi un emprunt assez considérable au régime de la lettre de change.

De ce fait, le billet à ordre est un titre négociable qui obéit à un formalisme rigoureux,
l’inobservation des indications obligatoires implique des sanctions variables en fonction de leur
impact sur la finalité du titre. A cette fin, il convient d’illustrer les effets qu’engendre l’irrégularité
du formalisme du billet à ordre en exposant cela par le biais des arrêts ci-dessous.

4
Mohammed Drissi Alami Machichi, Droit Commercial Instrumental au Maroc, op.cit.p.320.

9
-Arrêt de la cour de cassation française, chambre commerciale du 05 juin 2012. (Annexe 3)*

-problème de droit : omission de la dénomination du nom du bénéficiaire dans un billet à ordre

L’aval s’apparente à un cautionnement solidaire consenti le plus souvent par le dirigeant d’une
société débitrice d’un billet à ordre ou d’une lettre de change au profit d’un établissement
financier ou d’un fournisseur.

Sa nature d’accessoire d’un engagement cambiaire entraîne l’application d’un régime


juridique plus rigoureux, en principe, pour celui qui s’engage que le régime juridique du
cautionnement.

Ainsi, contrairement à la caution, l’avaliste ne bénéficie pas des dispositions de l’article L.


341-4 du Code de la consommation interdisant à un créancier professionnel de se prévaloir du
cautionnement d’une personne physique quand celui-ci est manifestement disproportionné par
rapport aux biens et revenus de la personne qui s’est engagée (Cass. civ. 1ère 19 décembre 2013,
pourvoi n°12-25888).

En outre, à la différence du cautionnement qui nécessite la transcription, par la caution,


d’une mention manuscrite à vocation pédagogique édictée à peine de nullité de la garantie
(articles L. 331-1, L. 331-2, L. 343-1 et L 343-2 du Code de la consommation), l’aval est encadré par
un formalisme réduit au strict minimum puisque la mention lapidaire « bon pour aval » prévue par
l’article L. 511-21 alinéa 4 du Code de commerce n’est même pas impérative étant donné que,
selon le même alinéa, elle peut être remplacée par « toute autre formule équivalente » et qu’en
application de l’alinéa suivant du même article, l’aval « est considéré comme résultant de la seule
signature du donneur d’aval apposée au recto ».

Cette quasi-absence de formalisme peut-être très préjudiciable au chef d’entreprise


signataire de l’aval, lorsque celui-ci, non initié aux subtilités du droit cambiaire, n’a pas conscience
de s’engager personnellement sur la totalité de ses biens et ses revenus.

Mais encore faut-il, pour que l’aval soit contracté valablement, que l’effet de commerce qui lui sert
de support vaille bien billet à ordre ou lettre de change.

10
En effet, l’effet de commerce irrégulier, même lorsqu’il n’est pas nul, est réduit au rang
d’engagement contractuel de droit commun inéligible aux facilités du droit cambiaire, ce qui n’est
pas sans conséquence sur l’aval dont il est le fondement.

Sur ce point, par un arrêt du 27 septembre 2016 (Cass. com. 27 septembre 2016, pourvoi
n°14-22013), la Cour de cassation a récemment relevé d’office « que l’aval donné par une personne
physique au profit d’un créancier professionnel sur une lettre de change annulée pour vice de
forme ne peut constituer un cautionnement valable, faute de comporter les mentions manuscrites
prévues par les articles L. 341-2 et L. 341-3 du Code de la consommation [actuellement L. 331-1, L.
331-2, L. 343-1 et L 343-2 du Code de la consommation] ».

Ce faisant, la Cour de cassation a désapprouvé l’arrêt attaqué en ce qu’il avait considéré que
l’aval apposé sur un effet de commerce irrégulier vaut commencement de preuve par écrit d’un
cautionnement, lequel est susceptible d’être validé par tout élément extrinsèque à l’acte, par
exemple la qualité de dirigeant de la société souscriptrice du signataire de l’aval invalidé, ceci en
vertu d’un courant jurisprudentiel ancien existant à l’époque où le cautionnement n’était pas
encadré par le formalisme ad validitatem aujourd’hui édicté par le Code de la consommation (Cass.
com. 8 décembre 1992, pourvoi n°91-12533).

La solution réaffirmée avec force par la Cour de cassation le 27 septembre 2016 n’est pas
nouvelle car elle a été exprimée une première fois le 5 juin 2012 dans le présent arrêt analysé
(Cass. Com. 5 juin 2012, pourvoi n°11-19627) à propos de l’aval d’un billet à ordre irrégulier en
s’appuyant sur un raisonnement identique.

Ainsi, malgré son apparente simplicité, l’aval n’échappe donc pas à un formalisme indirect
résultant des conditions de validité des billets à ordre et des lettres de change prévues par les
articles L. 511-1 et L. 512-1 du Code de commerce, les points sensibles pouvant être résumés via
l’exemple suivant :

1. Dénomination du titre

2. Promesse de payer une somme déterminée

3. Nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait

4. Date de création du titre

5. Signature du souscripteur (débiteur) pour un billet à ordre ou du tireur (créancier initial)


pour une lettre de change

6. Signature de l’avaliste

11
Pour être précis, il convient d’indiquer que l’irrégularité relevée dans ce cas de figure (l’arrêt
du 5 juin 2012 (Cass. Com. 5 juin 2012, pourvoi n°11-19627) était l’omission de la dénomination du
bénéficiaire du billet à ordre (tandis que l’arrêt précité du 27 septembre 2016 (Cass. com. 27
septembre 2016, pourvoi n°14-22013) a sanctionné le défaut de signature du tireur de plusieurs
lettres de change.

Dans les cas où la forme de l’aval et de l’effet de commerce le supportant est irréprochable,
l’avaliste peut parfois trouver un salut partiel dans l’application de l’article 1415 du Code civil
français en ce que ce dernier énonce, pour les couples mariés sous le régime de la communauté
réduite aux acquêts (ou sous les régimes voisins prévoyant la répartition des biens des époux entre
des biens propres et des biens communs) :
« Chacun des époux ne peut engager que ses biens propres et ses revenus par un cautionnement
ou un emprunt à moins que ceux-ci ont été contractés avec le consentement express de l’autre
conjoint, qui, dans ce cas, n’engage pas ses biens propres ».

En effet, la jurisprudence actuelle de la Cour de cassation déclare lesdites dispositions


applicables à l’aval de la même manière qu’au cautionnement (Cass. Com. 4 février 1997, pourvoi
n°94-19908).

Il en résulte que l’avaliste bénéficiant de cette protection légale ne peut pas être recherché, au
titre de l’aval, sur les biens qu’il possède en commun avec son époux (se) ni, a fortiori, sur les biens
propres de son époux (se), ce qui limite considérablement l’assiette du gage du créancier.

En conclusion, s’agissant d’enjeux pécuniaires souvent significatifs, on ne saurait trop conseiller au


bénéficiaire ou au souscripteur d’un aval de vérifier, et plutôt deux fois qu’une, les points sensibles
exposés ci-dessus dont dépendent la validité et l’efficacité de la garantie.

* Cour de Cassation française, numéro de pourvoi 11-19627, en date du 05 Juin 2012, cf.

-Arrêt de la cour d’appel de Lyon du 23 septembre 2011. (Annexe 4)*

-Problème de droit : le billet à ordre ne comportant pas le nom de bénéficiaire est-il valable

Le titre dans lequel une des mentions figurant au I de l’article L. 512-1 du code de commerce
français fait défaut ne vaut pas comme billet à ordre. En l’occurrence, l’Omission du nom de
bénéficiaire.

La validité des effets de commerce (billet à ordre, lettre de change, chèque) est soumise à un
formaliste stricte, ce que témoigne le présent arrêt rendu le 23 septembre 2011 par la cour d’appel
de Lyon.

Dans l’arrêt annexé au présent exposé, un couple s’était porté aval d’un billet à ordre tiré sur leur
société. La société ayant été mise en liquidation judiciaire, la banque se retourna contre les époux
12
en leur qualité d’aval pour leur demander le paiement de la somme de 76.000 € correspondant au
montant de l’effet. Malheureusement, le billet à ordre n’indiquait pas le nom du bénéficiaire. Et
par une interprétation très stricte des dispositions combinées des articles L. 512-1 et L. 512-2 du
Code de Commerce, la Cour d’appel de Lyon a appliqué le droit cambiaire dans toute sa rigueur et
décidé que le billet signé le 1er février 2008 ne vaut pas comme billet à ordre. En conséquence,
elle a annulé purement et simplement l’engagement des appelants formalisé dans l’aval du titre et
a débouté la banque de sa demande.

L’engagement des appelants est de surcroît considéré comme nul faute du respect du
formalisme du cautionnement des particuliers, tel que prévu par l’article L. 341-2 du Code de la
consommation français.

Cette décision est à rapprocher de l’arrêt du 17 juillet 1984 de la Cour de Cassation. Dans cet
arrêt, la Chambre Commerciale a jugé que le billet à ordre « qui ne contient pas le nom de celui à
l’ordre duquel le paiement doit être fait ne vaut pas comme billet à ordre, mais comme promesse
ne relevant pas du droit cambiaire » (Cass. com. 17/07/1984, D. 1985, IR, 29) ».

Cet arrêt atteste clairement que les magistrats appliquent d’une manière mécanique et stricte
les dispositions du droit cambiaire et plus particulièrement lorsqu’il s’agit du coté formaliste de ces
titres.

A cet effet, les mentions obligatoires qui doivent figurées sur le billet à ordre doivent être
rigoureusement respecter, faute de quoi ;le billet à ordre sera considéré comme une simple
reconnaissance de dette qui s’inscrit dans le cadre du droit commun et conséquemment le billet à
ordre ne vaut plus comme effet de commerce et ne peut bénéficier de la protection garantie par
le droit cambiaire ce que d’ailleurs affirme les deux jurisprudence précitées.

*Cour d’Appel, Lyon, en date du 23 Septembre 2011, cf.

-Arrêt de la cour de cassation française du 13 septembre 2011. (Annexe 5)*

-problème de droit : l’identité de nom entre le souscripteur et bénéficiaire entraine-il la nullité du


billet à ordre

Le billet à ordre est un acte dominé par des conditions de forme requises pour sa validité en
tant qu’effet de commerce. L’écrit dont les mentions obligatoires ressemblent de près à celles
exigées pour la validité de la traite. Ainsi l’inobservation des indications obligatoires implique des

13
sanctions variables en fonction de leur impact sur la finalité du titre.

Le présent arrêt emprunte une voie assez différente et s’éloigne de l’application mécanique des
dispositions du droit cambiaire.

En l’espèce ; la banque qui est le titulaire d’un effet de commerce déclare sa créance pour
un montant comprenant notamment un billet à ordre de 40000 Euros impayé a l’échéance. le
souscripteur du billet à ordre qui est en l’occurrence le pourvoyant en cassation fait grief a l’arrêt
attaqué de l’avoir condamné à payer à la banque la somme précitée majorée des intérêts, le
souscripteur faisant valoir que, dans la mesure où l’on ne peut contracter avec soi-même et ou le
billet à ordre n’est pas un titre au porteur ;le billet à ordre doit indiquer le nom d’un bénéficiaire
distinct du souscripteur.

La cour d’appel et la cour de cassation qui a confirmé la décision rendue par la cour d’appel
ont considéré que l’identité de nom entre le souscripteur et bénéficiaire n’entraine pas pour
autant la nullité du billet, ce qui peut paraitre a première vue illogique car légalement un billet à
ordre, a peine de nullité, doit indiquer le nom du bénéficiaire, que le bénéficiaire ne peut être le
souscripteur lui-même, cette disposition légale est raisonnable car le droit cambiaire dispose
expressément que le nom de celui ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait doit être
expressément mentionné, sinon le billet à ordre est considéré comme souscrit au porteur ,de
toute façon, le souscripteur ne doit pas se confondre avec le bénéficiaire ;le cas échéant ,il y aurait
une confusion de deux qualité sur sa personne et par conséquent ,un non-sens de la souscription,
ou plus généralement extinction de la dette et de la finalité du titre par cette confusion, il n’en va
autrement que si des endossements successifs aboutissent à un retour du titre entre les mains du
souscripteur.

Pourquoi donc la cour de cassation et la cour d’appel ont décidé autrement et ne se sont pas
prononcé sur la nullité du titre. Il ressort de cet arrêt que le billet à ordre a été endossé a la
banque et par conséquent cette dernière est considéré comme bénéficiaire et non pas le
souscripteur qui est en l’occurrence l’endosseur.

Le présent arrêt affirme donc que l’identité de nom entre le souscripteur et le bénéficiaire
n’entraine pas la nullité du billet à ordre puisque l’arrêt retient que l’endossement au profit de la
banque lui confère la qualité du bénéficiaire du titre, que par ce seul motif, dont il résulte que le
billet respectait par suite de l’endossement du titre à un tiers les exigences légales.

14
Cette décision judicaire témoigne que les magistrats essaient d’éviter l’application stricte et
rigoureuse de la loi ce qui peut être parfois préjudiciables aux justiciables. Ce pouvoir
d’appréciation souverain que confère la loi aux juges doit être mise en œuvre fréquemment et les
juges doivent fournir un effort intellectuel et analyser souverainement les situations juridiques qui
se présentent a eu au lieu de rester prisonnier de l’application stricte de la loi.

-Arrêt de la cour d’appel de Fès du 30 Mai 2002. (Annexe 6)*

-Problème de droit : le billet à ordre ne comportant pas la date de création est-il considéré nul

Dans le présent arrêt ,la cour d’appel de Fès confirme le jugement rendu par la juridiction de
première instance et déboute l’appelant de sa demande( le souscripteur du titre )et affirme ainsi
que le billet à ordre ne mentionnant pas la date de création n’entache pas le titre de nullité et ce
dernier est considéré valable et prouve par conséquence la créance du bénéficiaire contre le
sousvripteur.la cour d’appel a fondé son raisonnement juridique sur les dispositions de l’article 233
du code de commerce marocain et plus précisément le dernier alinéa dudit article qui dispose
que : Si la date de souscription du billet à ordre n'est pas indiquée, cette date est considérée être
celle de la remise du titre au bénéficiaire.

Il ressort également dudit arrêt que le souscripteur du billet à ordre faisant valoir qu’il a signé
le billet à ordre parce qu’il avait peur de son père.la cour d’appel n’a pas retenu cette
argumentation en considérant que cette peur ne peut être assimilée à une violence et de ce fait ne
peut constituer un vice de consentement qui entraine la nullité du titre(les conditions de fonds) et
ce conformément à l’article 51 du dahir formant code des obligations et des contrats.

La décision rendue par la cour d’appel de Fès5 est fondée sur un raisonnement juridique sain,
certes le législateur marocain accorde une importance aux conditions de forme, toutefois, ce
dernier, pour ne pas paralyser la marche du système judiciaire et pour protéger les droits du
porteur d’un effet de commerce, prévoit des dispositions supplétives en cas d’omission de
l’indication d’une mention obligatoire sur un titre négociable, ce qui un point favorable et
avantageux de notre droit commercial ,car, parfois la rigidité des lois peut être préjudiciable aux
justiciables.

-Arrêt de la cour d’appel de Fès du 26 juillet 2011. (Annexe 7)*.

5
Cour d’Appel, Fes,numero 619 ,dossier numéro 54/02,en date du 30/05/2002,cf.

15
-Problème de droit : omission de l’indication de la date d’échéance dans un billet à ordre, et la
prescription du billet à ordre.

Dans cette affaire, la cour d’appel à considérer que le billet à ordre sur lequel ne figure pas la
date d’échéance est réputé payable à vue et ce conformément aux dispositions qui régissent la
lettre de change. Le raisonnent juridique de la juridiction marocaine est raisonnable dans la
mesure où le billet à ordre emprunte largement le régime de la lettre de change tel que a été
énonce dans l’article 234 du code de commerce.

Or, la cour d’appel n’a pas donné gain de cause au porteur du billet à ordre malgré le fait que
ce dernier comporte toutes les mentions obligatoires prescrites par le code de commerce ;car la
cour d’appel a considéré que le porteur n’a pas le droit d’obtenir paiement du titre et de se
retourner envers les signataires de cet effet de commerce car la porteur de ce titre n’a pas
respecté le delà de prescription durant lequel le porteur doit agir pour obtenir paiement, en
l’occurrence, il s’agit d’un délai d’un an ;en application des dispositions de l’article 182 du code de
commerce qui prévoit que : La lettre de change à vue est payable à sa présentation. Elle doit être
présentée au paiement dans le délai d'un an à partir de sa date. Le tireur peut abréger ce délai ou
en stipuler un plus long. Ces délais peuvent être abrégés par les endosseurs.

Dans ce cette hypothèse le porteur est déchu de son de droits de recours contre les
signataires du titre sauf accepteur tel que précise l’article 206 du code de commerce marocain qui
énonce que : Le porteur est déchu de ses droits contre les endosseurs, contre le tireur et contre les
autres obligés à l'exception de l'accepteur.

Dans cet esprit, la décision de la cour d’appel nous semble juste dans la mesure où le porteur
est tombé dans la forclusion faute du non-respect du délai de prescription prévu par le droit
cambiaire qui est un droit formel et précis qui ne tolère pas les négligences et les imprudences des
personnes engagées dans un rapport cambiaire.

16
Section 2: Le contentieux relatif au formalisme du chèque :

Le chèque est bien plus que les espèces, le paiement par chèque est fortement plébiscité par les
entreprises qui y voient un moyen de règlement plus adapté à leurs besoins. En effet, le chèque a
la particularité très appréciable de pallier les lacunes des espèces, ce qui rend son utilisation très
pratique. Sans avoir à se soucier de la conservation ou de la sécurisation des montants dont elle

dispose, l’entreprise peut régler ses vis-à-vis sans manier d’argent. L’utilisation du chèque est
encore plus favorisée par son acceptation généralisée dans le monde des affaires.

On peut définir le chèque comme un écrit par lequel une personne appelée tireur donne l'ordre à
un établissement de crédit désigné sous le nom de tiré de payer à vue une certaine somme à son
ordre ou en faveur d'une tierce personne appelée bénéficiaire. Le contentieux relatif au chèque ne
se révèle pas au moment de l'émission de l'instrument de paiement, mais apparait lors de la
présentation du chèque au paiement auprès du banquier tiré.

Le chèque est un titre formaliste et littéral, c'est-à-dire que sa validité est soumise à des exigences
de forme très strictes et que les droits du porteur résultent des mentions mêmes de l’écrit. Afin
de bien cerner les problématiques liées au formalisme du chèque, nous examinerons dans un
premier lieu le contentieux relatif à la signature sur le chèque (A) et dans un deuxième lieu le
contentieux relatif aux autres mentions sur le chèque (B).

A) : le contentieux relatif à la signature sur le chèque :

Le chèque ordinaire obéit à des conditions rigoureuses de forme qui se traduisent par un certain
nombre de mentions que l’on trouve sur les formulaires de chèques délivrés par les
établissements bancaires , le code de commerce marocain prévoit comme mention obligatoire la
signature du tireur sur le chèque qui doit être manuscrite.

Plusieurs sont les questions relatives à la signature sur le chèque auxquelles les tribunaux donnent
une esquisse de solution ; en effet la cour d’appel de bordeaux dans un arrêt en date du 25
novembre 20056 a été ramenée de juger le cas où la signature portée sur le chèque n’est pas celle
du titulaire du compte, le banquier qui a émis le chèque doit-il rembourser à son client les
sommes prélevées sur son compte ? la cour a décidé que la banque doit rembourser à son client
les sommes détournées par son ancienne compagne, car il existait une différence notable de
signature et une faute d’orthographe dans le nom. Toutefois, la cour d’appel de paris a considéré
dans un arrêt en date du 5 novembre 2009 que le banquier n’a pas à s’immiscer dans les affaires
de ses clients en vérifiant la nature des mouvements. Ainsi, il n’est pas responsable des

6
CA de Bordeaux , 25 .11.2005
17
détournements effectués par un employé qui avait procuration sur les comptes de la société et
pouvait donc signer des chèques 7.
. Notez qu’un chèque de banque, qui doit être signé par un fondé de pouvoir de la banque
émettrice, n’est pas une garantie infaillible. C’est ainsi qu’un particulier qui vendait sa voiture
contre un chèque de 25 000 € , ce chèque a été rejeté par la banque au motif qu’il faisait en effet
partie d’un chéquier volé au sein de la société chargée par la banque de la gestion du courrier
interne. L’acquéreur restant introuvable, le vendeur a tenté d’obtenir réparation auprès de sa
banque et de la banque émettrice. Mais les deux ont été mises hors de cause, les juges estimant
que seul le vendeur s’était montré négligent, en ne vérifiant pas la régularité du chèque auprès de
la Banque de France 8.
Une autre question qui se pose en la matière est de savoir si la signature au dos du chèque doit
être celle du bénéficiaire ? Une cour d’appel française a répondue à cette question en disant que
Le banquier qui encaisse le chèque doit aussi vérifier que la signature portée au dos est bien celle
du titulaire du compte sur lequel le chèque est déposé ; en l’espèces L’acquéreur d’une voiture,
qui avait promis aux vendeurs de leur faire un virement de 31 000 €, avait, en fait, déposé un
chèque sur le compte de ceux-ci, en l’endossant à leur place. La banque a crédité le compte des
vendeurs pendant une journée, jusqu’à ce que le chèque soit signalé comme ayant été volé, puis a
repris les 31 000 €, et en a averti ses clients. Mais entre-temps, ceux-ci, croyant la somme virée sur
leur compte, avaient remis le véhicule à l’acquéreur. Ils ont donc agi contre leur banque, qui a été
condamnée à leur verser 10 000 € de dommages et intérêts car elle n’aurait pas dû accepter un
chèque dont l’endos était différent de celui de son client 9.
S’agissant des signatures faciles à imiter dans quel cas le tireur peut-il demander l’expertise ? La
cour de cassation marocain a décidé dans un arrêt en date du 25 juin 2014 que le tireur qui admet
que la signature sur le chèque est bien la sienne sauf qu’il est facile à imiter par le tiers , rend le
tribunal d’appui en dehors de l’obligation d’accepter sa demande d’expertise.
B) : le contentieux relatif aux mentions du chèque :
A l’égard de la signature du tireur , le code de commerce marocain énumère comme mentions
obligatoires qui doivent figurer dans un chèque :
- Dénomination: Le chèque doit contenir la mention " chèque", insérée dans le texte même du titre
et exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce titre. Si le chèque ne contient pas
cette dénomination il ne vaut pas comme chèque, mais peut être assimilé à un autre titre et
notamment comme reconnaissance de dette

- Mandat de paiement d'une somme déterminée (Art. 239) La somme (montant du chèque) est
généralement écrite en lettres et en chiffres. En cas de différences entre les deux mentions, c'est la
somme portée en lettres qui prévaut (Art. 247 al 1).

- Nom du tiré: Il s'agit du nom de l'établissement bancaire (Art. 241).

7
CA de Paris du 5.11.09, n° 07/04941
8
CA d’Amiens du 15.1.09, n° 06/03342
9
CA de Pau du 15.7.10, n° 08/02381
18
- Lieu de paiement: Le chèque doit porter l'indication du lieu où il est payable (Art. 239 al4).

- Date et lieu de création: Le chèque doit porter mention du lieu où il est établi ainsi que la date du
jour où il est rédigé (Art. 239 al. 5). Son importance est fondamentale car c’est à cette date que
doit exister la provision et que le droit sur la provision est transmis au bénéficiaire qui se trouve
ainsi à l’abri d’un événement postérieur affectant le tireur , d’autre part ,elle constitue le point de
départ du délai de présentation et per voie de conséquence, des délais de prescription .

En effet, qu’en est-il du cas où ces mentions font défaut, on soulève l’exemple d’un chèque signé à
blanc , la cour de cassation marocaine a rappelé dans ce sens que le fait de signé un chèque à
blanc sans prévoir le montant , et le remettre au bénéficiaire sans prouver sa date ne rompre pas
sa validité ; la cour a ajouté aussi que la signature d’un chèque à blanc constitue une substitution
du tireur à la place du bénéficiaire afin de remplir les autres mentions du chèque10 , c’est ainsi que
la même cour a considéré que lorsqu’il a été prouvé qu’un bénéficiaire a rempli les mentions du
chèque qui lui a été remis signé à blanc par le tireur , ce dernier ne peut être condamner pour délit
de défaut de provision 11. Toutefois d’après la cour de cassation en matière de chèque de garantie
signé à blanc ; incombe la charge de la preuve au tireur , c'est-à-dire que c’est lui qui doit prouver
que il a remis le chèque à titre de garantie (voir annexe 7).

Dans une autre affaire , la cour d’appel de Marrakech 12s’est trouvée devant un chèque dont la
date de création fait défaut , la cour a jugé que ce chèque ne peut être qualifié comme un effet de
commerce a cause de l’absence de cette mention mais il constitue une simple reconnaissance de
dette du fait de l’existence de la signature du tireur et du bénéficiaire .

CONCLUSION :

La place tenue par les effets de commerce dans le commerce international a suscité
un effort d’unification législative la lettre de change comme instrument cambiaire
revêt un caractère international parmi les causes essentielles qui ont abouti à
l’adoption de la loi du Genève du 7 JUIN 1993 relative à la lettre de change et au
billet à ordre ; c’est d’instaurer des règles rigides et rigoureuses régissant le
formalisme de ces effets de commerce .L'autonomie du rapport cambiaire et du
rapport fondamental permet de cantonner les incidences du non-respect du
formalisme cambiaire Nul en tant que lettre de change, le titre peut valoir comme
billet à ordre s'il en contient toutes les mentions obligatoires. En outre, l'application

10
cour de cassation marocaine ,13/05/2009.
11
cour de cassation marocaine , 25/06/2014 .
12
Cour d’appel de marrakech 25/03/2008 .
19
du droit des obligations permet au juge de considérer qu’une lettre de change
irrégulière vaut comme promesse de payer émanant du tireur ou, si le tiré a accepté
l'effet, du tiré, à moins que la lettre ne soit retenue comme commencement de preuve
par écrit.

La nullité d’un effet de commerce pour un vise de forme donne seulement obstacle à
l'exercice des recours cambiaires, elle ne permet pas aux parties d'échapper aux
obligations qu'elles ont souscrites sur le terrain contractuel.

ANNEXES :
Annexe 1 :
Cour de cassation
chambre commerciale
Audience publique du lundi 11 juillet 1988
N° de pourvoi: 86-18690
Publié au bulletin Cassation .

Président :M. Baudoin, président


Rapporteur :M. Peyrat, conseiller rapporteur
Avocat général :M. Montanier, avocat général
Avocats :la SCP de Chaisemartin, M. Choucroy ., avocat(s)

Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

20
Sur le premier moyen :

Vu les articles 110, 111, alinéa 3, et 124 du Code de commerce ;

Attendu qu'il résulte des énonciations de l'arrêt attaqué qu'en exécution des obligations qu'elle avait contractées envers la
société CEJ la société CB industries a accepté deux lettres de change sur lesquelles ne figuraient ni la signature du tireur ni le
nom du bénéficiaire ; que la société CEJ a remis ces effets à la société Polymat, dont elle était débitrice, qui les a complétés ;
que la société CB industries a assigné la société Polymat pour voir dire qu'elle n'était pas créancière de celle-ci en vertu des
lettres de change ; que, reconventionnellement, la société Polymat a demandé que la société CB industries soit condamnée à
lui payer le montant des effets ;

Attendu que, pour accueillir la demande reconventionnelle de la société Polymat, la cour d'appel relève que les lettres de
change ont été régularisées avant leur remise à l'encaissement par l'apposition de la signature du tireur et du nom du
bénéficiaire, que la société Polymat y figure comme tireur en vertu d'un tirage pour compte et qu'elle a également la qualité de
bénéficiaire des effets dont elle est demeurée porteur ;

Attendu qu'en se déterminant par de tels motifs desquels il résulte que la société CEJ avait créé les titres incomplets et les avait
présentés à l'acceptation de la société CB industries dès lors qu'ainsi cette acceptation avait été donnée au prétendu donneu r
d'ordre à une date où les lettres de change n'avaient pas encore été émises par le prétendu tireur pour compte, la cour d'appel
a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y lieu de statuer sur le second moyen :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 30 mai 1986, entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-
Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait
droit, les renvoie devant la cour d'appel de Montpellier

Annexe 2 :
1re chambre (civile et commerciale)

Numérotation :

Numéro d'arrêt : C.01.0322.N


Numéro NOR : 61725
Identifiant URN:LEX : urn:lex;be;cour.cassation;arret;2004-03-04;c.01.0322.n

Texte :

J. J.,
Me Bruno Maes, avocat à la Cour de cassation,
contre
FLOORPUL INTERNATIONAL, société anonyme,
Me Huguette Geinger, avocat à la Cour de cassation.
I. La décision attaquée
Le pourvoi en cassation est dirigé contre l'arrêt rendu le 16 février 2001 par la cour d'appel de Gand.
(.)
III. Le moyen de cassation
Le demandeur présente un moyen dans sa requête.
Dispositions légales violées
Articles 1er, 8°, 2, 28, 30, 32 et 70 des lois coordonnées sur la lettre de change et le billet à ordre.
Décisions et motifs critiqués
Après avoir constaté que la S.A. Prima Vac (actuellement défenderesse) a obtenu la condamnation qu'elle avait
réclamée par citation du 3 décembre 1993, sur la base de 40 lettres de change que le demandeur avait signées pour
aval (n°2.1.) et dont 36 font encore l'objet du litige 'les échéances étant fixées le 5 du mois à partir du 5 septembre
1990 jusqu'au 5 août 1993 inclus' (n° 2.3), la cour d'appel a déclaré non fondé l'appel du demandeur dans la mesure
où le jugement a été confirmé, en ce qui concerne la défenderesse et le demandeur en tant qu'il condamne le
demandeur à payer la somme de 2.316.096 francs belges, majorée des intérêts judiciaires au taux légal à compter de
la citation jusqu'au jour du paiement', notamment par les motifs suivants:

21
«5
5.1.La S.A. Prima Vac estime pouvoir réclamer sur la base des lettres de change valables la même chose que ce
qu'elle réclame sur la base du contrat/facture.
.
5.2.Pour qu'une obligation puisse naître dans le chef du donneur d'aval, il faut que la lettre de change contienne la
signature du tireur. A défaut de cette signature, il n'y a pas de lettre de change valable. Dans ses conclusions
déposées le 14 septembre 1999, le demandeur a soulevé que les lettres de change invoquées par la défenderesse ne
contiennent pas la signature du tireur.
Le demandeur produit une lettre du 29 mars 1994 (.) par laquelle le conseil de la S.A. Prima Vac communique les
photocopies des lettres de change. Selon ces photocopies, ces lettres de change ne contenaient pas la signature du
tireur. Lorsque la S.A. Prima Vac a produit les lettres de change originales, celles-ci contenaient la signature du tireur.
Tant que le paiement des lettres de change peut être réclamé, il est possible de suppléer aux éléments faisant défaut.
La régularisation après la citation ne pose aucun problème pour autant qu'il s'agisse de lettres de change dont la date
d'échéance n'est pas expirée depuis plus de trois ans au jour de la citation.
5.3.La S.A. Prima Vac présente 32 lettres de change valables.
.
Vu la remise de 32 lettres de change valables qui ne sont pas encore prescrites, d'un montant de 72.378 francs belges
chacune, le demandeur est redevable d'une somme de 2.316.096 francs belges».
Griefs
L'article 1er, 8°, des lois coordonnées sur la lettre de change et le billet à ordre dispose que la lettre de change
contient notamment la signature de celui qui émet la lettre de change (tireur) et l'article 2 de cette même loi dispose
que le titre dans lequel cette énonciation fait défaut ne vaut pas comme lettre de change, sauf dans des cas qui ne
sont pas applicables en l'espèce (alinéa 1er). Il ressort de la combinaison des articles 28, 30 et 32 de cette loi qu'en
tant que donneur d'aval le demandeur s'est, en principe, engagé à payer la lettre de change le jour de l'échéance.
Pour apprécier si un titre contient les éléments constitutifs requis pour qu'il y ait lettre de change, il y a lieu de se
référer au moment où le paiement en est réclamé et, dès lors, il ne peut être suppléé aux éléments constitutifs faisant
défaut, comme le décide l'arrêt, 'tant que le paiement de la lettre de change peut être réclamé', à savoir 'même après
la citation. pour autant qu'il s'agisse de lettres de change dont la date d'échéance n'était pas expirée depuis plus de
trois ans au jour de la citation'. Il ne peut résulter du délai de prescription visé à l'article 70, alinéa 1er, de la loi que le
moment auquel la validité de la lettre de change doit être appréciée soit différé et cette prescription ne vaut d'ailleurs
que pour les actions résultant d'une lettre de change valable.
Il s'ensuit que, sans contester la thèse du demandeur selon laquelle les lettres de change ne contenaient pas la
signature du tireur au jour de la citation (3 décembre 1993) mais en constatant au contraire que le 29 mars 1994
cette signature faisait défaut sur les lettres de change, la cour d'appel ne condamne pas légalement le demandeur au
paiement du montant des 32 lettres de change d'un montant de 72.378 francs belges chacune, soit au total 2.316.096
francs belges, par le motif 'que tant que le paiement de la lettre de change peut être réclamé (.) il est possible de
suppléer aux éléments constitutifs faisant défaut' et 'que la régularisation après la citation (.) ne pose aucun problème
pour autant qu'il s'agisse de lettres de change dont la date d'échéance n'était pas expirée depuis plus de trois ans au
jour de la citation' (violation de toutes les dispositions légales citées par le moyen).
IV. La décision de la Cour
Sur la fin de non-recevoir opposée au moyen par la défenderesse et déduite de ce que le moyen requiert un examen
des faits:
Attendu que l'arrêt énonce que, suivant son appréciation, la signature du tireur n'avait pas encore été apposée le 29
mars 1994 et qu'elle n'a donc été apposée qu'après la demande de paiement;
Que la fin de non-recevoir ne peut être accueillie;
Sur le moyen:
Attendu qu'en vertu de l'article 1er, en son début et 8°, des lois coordonnées sur la lettre de change et le billet à
ordre, la lettre de change contient le nom de celui auquel ou à l'ordre duquel le paiement doit être fait; qu'en vertu de
l'article 2 de cette loi, le titre dans lequel cette énonciation fait défaut ne vaut pas comme lettre de change; que pour
déterminer si un titre contient les éléments constitutifs d'une lettre de change, il y a lieu de se référer à la date à
laquelle son paiement est demandé;
Attendu que l'arrêt constate que les 32 lettres de change qui ont été présentées par le prédécesseur de la
défenderesse le 29 mars 1994 ne contiennent pas la signature du tireur et que cette partie «présente actuellement les
lettres de change originales qui contiennent, quant à elles, la signature du tireur»;
Que l'arrêt considère que «tant que le paiement de la lettre de change peut être réclamé, il peut être suppléé au
défaut de signature du tireur » et que «la régularisation après citation ne pose aucun problème»;
Que, par ces motifs, il condamne le demandeur au paiement du montant desdites lettres de change;
Qu'en décidant ainsi, l'arrêt viole les articles 1er, en son début et 8°, et 2 des lois coordonnées sur la lettre de change
et le billet à ordre;
Que le moyen est fondé;
PAR CES MOTIFS,
LA COUR
Casse l'arrêt attaqué en tant qu'il considère que l'appel est non fondé dans la mesure où le jugement «est déjà
confirmé en ce qui concerne la S.A. Floorpul International et J.J., pour autant qu'il condamne J.J. au paiement d'une
somme de 2.316.096 francs, majorée des intérêts judiciaires au taux légal à compter de la citation jusqu'au jour du
paiement»;
Ordonne que mention du présent arrêt sera faite en marge de l'arrêt partiellement cassé;
Réserve les dépens pour qu'il soit statué sur ceux-ci par le juge du fond;
Renvoie la cause devant la cour d'appel d'Anvers.
Ainsi jugé par la Cour de cassation, première chambre, à Bruxelles, où siégeaient le président Ivan Verougstraete, le
président de section Robert Boes, les conseillers Greta Bourgeois, Ghislain Londers et Eric Dirix, et prononcé en
audience publique du quatre mars deux mille quatre par le président Ivan Verougstraete, en présence de l'avocat
général Guy Dubrulle, avec l'assistance du greffier Philippe Van Geem.
Conclusions du Ministère public:
22
Le pourvoi pose la question suivante : "Une lettre de change qui ne porte pas la signature du tireur peut-elle être
régularisée après sa présentation au paiement et, le cas échéant, en cours d'instance ?"
La défenderesse a introduit une action contre le demandeur sur la base de plusieurs lettres de change pour lesquelles
celui-ci avait donné aval.
Le demandeur a fait valoir que les lettres de change ne portaient pas la signature du tireur et a produit la lettre du 29
mars 1994 par laquelle le conseil de la défenderesse a communiqué une photocopie des lettres de change litigieuses
sur lesquelles la signature du tireur ne figurait pas. La défenderesse a ensuite produit les originaux des lettres de
change qui portaient la signature litigieuse.
L'arrêt attaqué a accueilli la demande, à tout le moins pour une partie des lettres de change.
L'UNIQUE moyen de cassation invoque la violation des articles 1.8°, 2, 28, 30, 32 et 70 des lois coordonnées sur la
lettre de change et le billet à ordre.
L'arrêt peut être interprété en ce sens qu'il constate qu'au 29 mars 1994, la preuve que les lettres de change portaient
la signature du signataire n'était pas encore apportée et que la signature figurait sur les originaux ultérieurement
produits. Bien qu'il ne détermine pas la date à laquelle la signature a été apposée, l'arrêt décide au motif "qu'il peut
être suppléé aux éléments constitutifs faisant défaut aussi longtemps que l'action cambiaire peut être exercée" que les
lettres de change pouvaient être régularisées après la citation introductive d'instance du 3 décembre 1993 "pour
autant qu'il s'agisse de lettres de change qui, à la date de la citation, n'étaient pas arrivées à échéance depuis plus de
trois ans". Ecartant trois lettres de change annulées ("aux motifs que la signature du tireur faisait défaut et que la
régularisation était tardive"), l'arrêt a constaté de manière implicite mais certaine la régularité de trente-deux lettres
de change, en admettant qu'elles soient régularisées postérieurement à la citation (même si elle était antérieure).
Ainsi, l'arrêt applique une règle dont la Cour est tenue de contrôler la validité. En conséquence, la Cour devra formuler
au préalable la règle applicable.
En vertu de l'article 1er, 8°, des lois coordonnées sur la lettre de change et le billet à ordre, la lettre de change
contient "la signature de celui qui émet la lettre (tireur)" et en vertu de l'article 2 de la même loi, le titre dans lequel
une des énonciations indiquées à l'article 1er fait défaut ne vaut pas comme lettre de change.
Le texte est clair et il est unanimement admis que la signature du tireur est indispensable (1).
La question est de savoir si une lettre de change irrégulière peut être régularisée et jusqu'à quel moment la
régularisation peut avoir lieu. Avant l'arrêt de la Cour du 30 juin 1989 (2), Van Ryn et Heenen (3) notamment
soutenaient déjà qu'en ce qui concerne les énonciations requises, la validité de la lettre de change doit être appréciée
au moment où le paiement en est demandé. C'était déjà la teneur de l'arrêt rendu le 4 décembre 1913 par la Cour
(4).
La Cour de cassation de France s'est également prononcée à plusieurs reprises en ce sens (5) et il y a lieu de relever à
cet égard que le texte des lois coordonnées sur la lettre de change et le billet à ordre reproduit quasiment celui de la
loi uniforme concernant la lettre de change et le billet à ordre introduite par la convention portant loi uniforme sur les
lettres de change et billets à ordre, signée à Genève, le 7 juin 1930.
Se référant à la jurisprudence allemande et suisse, Ronse a, au contraire, défendu la thèse qu'il peut être suppléé aux
éléments constitutifs faisant défaut aussi longtemps que l'action cambiaire peut être exercée et même en cours
d'instance (6). Toutefois, ni la jurisprudence ni la doctrine belge n'ont adopté ce point de vue (7).
Dans son arrêt du 30 juin 1989 (8), la Cour a décidé "qu'en vertu de l'article 1er, début et 6°, des lois coordonnées
sur la lettre de change et le billet à ordre, la lettre de change doit contenir le nom de celui auquel ou à l'ordre duquel
le paiement doit être fait ; que, conformément à l'article 2 de la même loi, le titre dans lequel cette énonciation fait
défaut ne vaut pas comme lettre de change ; qu'aux fins d'apprécier si un titre contient toutes les énonciations
prescrites pour une lettre de change, il y a lieu de se placer à l'époque de la demande en paiement".
D. Blommaert note relativement à cet arrêt qu'il peut être admis que la thèse de la Cour de cassation de Belgique
"(...) garantit au mieux la sécurité juridique et doit être suivie ; (...) qu'il peut être conclu que la thèse belge, qui
rejoint celle de la jurisprudence française, interprète cet article de la Convention signée à Genève le 7 juin 1930 de
manière restrictive en qu'en tous cas, elle énonce une directive juridictionnelle stable au profit des cours et tribunaux
(9)".
Il semble être unanimement admis qu'à la suite de cet arrêt, "la thèse suivant laquelle il ne peut plus être suppléé en
cours d'instance aux éléments constitutifs de la lettre de change faisant défaut, primait définitivement (10)".
Il y a encore lieu de relever que, contrairement à ce que la défenderesse soutient, l'arrêt du 30 juin 1989 a retenu
comme date ultime de régularisation non pas la date de la citation mais l'époque de la demande en paiement". Dès
qu'elle est présentée au paiement alors qu'elle ne contient pas tous les éléments constitutifs requis, la lettre de change
doit être considérée comme étant un titre irrégulier non susceptible de faire l'objet d'une régularisation. On ne peut se
rallier à la thèse de la défenderesse qui invoque l'économie procédurale pour faire admettre la possibilité de régulariser
après citation, aux motifs qu'il suffit de se désister de l'instance, de régulariser la lettre de change et de citer à
nouveau. La lettre de change qui doit être considérée comme irrégulière au motif qu'elle ne contient pas les tous
éléments constitutifs requis à la date de la présentation au paiement reste irrégulière et n'est plus susceptible de
fonder une action cambiaire.
C'est également à tort que la défenderesse se réfère à l'article 2, dernier alinéa, des lois coordonnées sur la lettre de
change et le billet à ordre qui, au cas où le tireur est dans l'impossibilité de signer la lettre de change (11), prévoit la
possibilité de suppléer à la signature "par un acte notarié en brevet inscrit sur la lettre de change et constatant la
volonté de celui qui aurait dû signer". S'il est susceptible d'exprimer la volonté de celui qui aurait dû signer, l'exploit de
citation n'équivaut pas à un acte notarié inscrit sur la lettre de change. En effet, la circonstance qu'une action
cambiaire est introduite sur la base d'un titre irrégulier ne peut être de nature à suppléer à l'irrégularité.
Ainsi, il n'y a pas lieu de déroger à la thèse de la Cour. Celle-ci garantit non seulement la sécurité juridique
mais relève aussi de la logique, même si les lois coordonnées sur la lettre de change et le billet à ordre ne fixent pas le
moment jusqu'auquel la lettre de change peut être régularisée. Les effets juridiques de la lettre de change se
cristallisent (se fixent) au moment de sa présentation au paiement et aucune partie ne peut encore modifier ceux-ci
unilatéralement, au préjudice d'une autre partie. L'arrêt attaqué en décide cependant autrement.
Le moyen semble fondé.
Conclusion : cassation.
_________________________
(1) Van Gerven, W., Cousy, H. & Stuyck, J., "Beginselen van Belgisch Privaatrecht", XIII, t. I, Ondernemingsrecht, vol.
23
A., Waardepapieren, texte révisé et complété par Dirix, E., au 1er janvier 1989, n° 376.
(2) RG 6271, n° 642 ; R.D.C., 1992, 128.
(3) Van Ryn, J. & Heenen, J., Principes de Droit commercial, T. III, n° 303 ; dans le même sens : Van Gerven, W.,
Cousy,H. & Stuyck, J., o.c., n° 377.
(4) Cass., 4 décembre 1913, Pas. 1914, I, 20 et les conclusions de Monsieur le premier avocat général Janssens,
publiées avant cet arrêt.
(5) Becque, J. & Cabrillac, M., Crédit et titres de crédit, Rev. Trim. Dr. Com., 1966, 89 ; Blommaert, D., "Het tijdstip
waarop de wisselbrief de formele bestanddelen dient te bevatten", R.D.C., 1992, 130 e.s.
(6) Ronse, J., Wisselbrief en orderbriefje, A.P.R., T. I, n° 219.
(7) Blommaert, D., o.c., n° 5 ; voir le n° 6 pour la jurisprudence allemande et suisse relevée par Ronse.
(8) Voir note 2.
(9) O.c., nos 7 et 8.
(10) Merchiers, Y., Colle, Ph. & Dambre, M., "Overzicht van rechtspraak Algemeen Handelsrecht, Handelscontracten,
Bank-, Krediet-, Wissel- en Chequeverrichtingen (1987-1991)", T.P.R., 1992, 975, n° 264 ; Moreau, Y. & Geortay, P.,
"Les lettres de change et les billets à ordre Chronique de jurisprudence (1981 à 1998), R.D.C., 2001, 11, n° 32.
(11) Ronse, J., o.c., n° 165.

Origine de la décision

Pays: Belgique
Juridiction : Cour de cassation

Date de la décision : 04/03/2004

Date de l'import : 14/10/2011

ANNEXE 3 :
Cour de cassation
chambre commerciale
Audience publique du mardi 5 juin 2012
N° de pourvoi: 11-19627
Publié au bulletin Cassation

M. Espel, président
Mme Robert-Nicoud, conseiller rapporteur
M. Le Mesle (premier avocat général), avocat général
SCP Le Griel, SCP Lyon-Caen et Thiriez, avocat(s)

Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant :

Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la société Etablissements J. X... (la société) était titulaire, dans les
livres de la société Banque Palatine (la banque), d'un compte courant, pour le fonctionnement
24
duquel elle disposait d'un encours d'escompte et d'un concours de trésorerie ; que le 5 septembre
2007, la banque lui a notifié la rupture des concours dans un délai de trente jours ; que le 10
septembre 2007, la société a souscrit auprès de la banque un billet à ordre, sans mention du
bénéficiaire, avec l'aval de M. X... ; que la société ayant été mise en redressement puis liquidation
judiciaires, la banque a déclaré sa créance et mis en demeure M. X... d'honorer son engagement
d'avaliste ; qu'assigné en paiement, celui-ci a sollicité la requalification de l'aval en cautionnement
et conclu à la nullité de ce dernier en raison de l'absence des mentions manuscrites prévues par les
articles L. 341-2 et L. 341-3 du code de la consommation ;

Sur le moyen unique, pris en ses troisième et quatrième branches :

Attendu que ces griefs ne seraient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi ;

Mais sur le moyen, pris en sa deuxième branche :

Vu les articles L. 512-1 et L. 512-2 du code de commerce, ensemble les articles L. 341-2 et L. 341-
3 du code de la consommation ;

Attendu que l'aval porté sur un billet à ordre irrégulier au sens des deux premiers de ces textes peut
constituer un cautionnement ; qu'à défaut de répondre aux prescriptions de ces deux derniers textes,
un tel cautionnement est nul ;

Attendu que pour condamner M. X... à paiement, l'arrêt, après avoir énoncé que le billet à ordre, ne
comportant pas le nom du bénéficiaire, ne vaut pas comme tel mais constitue un engagement de
payer au porteur, retient qu'en cette qualité, la banque est fondée à s'adresser à M. X..., considéré
comme caution, qui par la mention manuscrite " bon pour aval à titre personnel en faveur de la
société ", suivie de sa signature, s'est engagé à garantir le paiement par la société ; qu'il retient
encore que la circonstance que ce soit un établissement bancaire, et non toute autre personne
physique ou morale, qui soit porteur de ce billet n'en fait pas pour autant un créancier professionnel
dont les droits et obligations seraient régis par les articles L. 341-2 et L. 341-3 du code de la
consommation ;

Attendu qu'en statuant ainsi, alors qu'il était acquis que le billet avait été émis en contrepartie d'une
ouverture de crédit et remis à la banque dès l'origine, ce dont il résultait que M. X... avait donné sa
garantie au profit d'un créancier professionnel, la cour d'appel a violé, par refus d'application, les
textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur l'autre grief :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 19 avril 2011, entre les parties,
par la cour d'appel d'Angers ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se
trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Rennes ;

Condamne la société Banque Palatine aux dépens ;

Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera
transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et
prononcé par le président en son audience publique du cinq juin deux mille douze.
25
MOYEN ANNEXE au présent arrêt.

Moyen produit par la SCP Le Griel, avocat aux Conseils, pour M. X....

Le pourvoi reproche à l'arrêt attaqué d'avoir condamné l'exposant à payer à la banque la somme de
60 000 € avec les intérêts au taux légal à compter de la signification du jugement,

aux motifs propres que la BANQUE PALATINE présente un billet à ordre d'un montant de 60 000
€ souscrit le 10 septembre 2007 à échéance du 10 octobre 2007 par la SAS ETABLISSEMENTS J.
X... avec l'aval de Maurice X... consenti en faveur de cette dernière société, que, certes, ce billet à
ordre ne comporte pas le nom de son bénéficiaire, que, dans ces circonstances et par application de
l'article L 512-2 et L 512-1, I, 5°, du Code de commerce, il ne vaut pas comme billet à ordre
relevant du droit cambiaire mais constitue un engagement de payer au porteur, soumis au droit
commun des contrats et qu'en le souscrivant, la SAS ETABLISSEMENTS J. X... a accepté d'avance
pour créancier celui qui en serait porteur à l'échéance, que c'est en l'espèce un établissement
bancaire, la SA BANQUE PALATINE qui en est ce porteur, qu'en cette qualité, elle est fondée, à
défaut d'exécution de la promesse de payer à l'échéance par le souscripteur, à s'adresser à Maurice
X... considéré comme caution à défaut de force cambiaire du billet à ordre, qui, par la mention
manuscrite suivie de sa signature, comme suit portée sur le billet : « Bon pour aval à titre personnel
en faveur de la SAS J. X... » s'est engagé à garantir le paiement par la SAS ETABLISSEMENTS J.
X..., par ailleurs souscripteur du billet, que la circonstance, purement fortuite et accidentelle, que ce
soit un établissement bancaire, en l'espèce la SA BANQUE PALATINE et non toute autre personne
physique ou morale qui soit porteur de ce billet, ne fait pas pour autant de ce billet, un acte de prêt
ou un concours consenti par un créancier professionnel, et du porteur du billet, un créancier
professionnel dont les droits et obligations seraient régis par des dispositions bien spéciales en
matière des crédits à la consommation, dont les articles L 341-2 et L 341-3 du Code de la
consommation s'agissant du recours de ce créancier professionnel contre les cautions solidaires,
qu'en effet, la qualité d'établissement bancaire de la SA BANQUE PALATINE n'a nullement été
une condition essentielle et déterminante de la convention passée entre les parties, Maurice X...
n'invoquant et ne démontrant pas un droit propre de la banque indépendamment de sa qualité de
porteur du billet, que, de même le caractère de domiciliataire et simple mandataire du souscripteur
de l'engagement de payer ne confère pas à la SA BANQUE PALATINE, agissant en la cause à titre
de simple porteur de l'effet, les droits et obligations d'un créancier professionnel, comme tel soumis
aux dispositions du Code de la consommation dans ses relations avec un garant personne physique,
qu'il convient donc de juger valable et de plein effet l'engagement de caution souscrit par Maurice
X... en faveur de la SAS ETABLISSEMENTS X..., du chef de la promesse de payer la somme de
60 000 € au porteur de la promesse, en l'espèce la SA BANQUE PALATINE,

1°) alors qu'en décidant que les dispositions des articles L 341-2 et L 341-3 du Code de la
consommation ne pouvaient pas être opposées par la caution, personne physique, au porteur du
billet, nonobstant sa qualité de créancier professionnel, la Cour d'appel a ainsi soulevé un moyen
d'office, sans inviter au préalable les parties à s'expliquer sur ce moyen et qu'elle a, par là-même,
violé l'article 16 du Code de procédure civile,

2°) alors qu'étant admis que le billet avait été remis dès l'origine à la banque en contrepartie d'une
ouverture de crédit, l'engagement de la caution, personne physique, figurant sur le billet devait
comporter, à peine de nullité, les mentions exigées par les articles L 341-2 et L 341-3 du Code de la
consommation et que la Cour d'appel a ainsi violé, par refus d'application, les textes précités,

3°) alors qu'en omettant de rechercher, comme elle y était pourtant invitée par les conclusions
d'appel de l'exposant, si la formule manuscrite retranscrite par M. X... sur le billet au porteur à la
demande de la banque pouvait faire la preuve de son engagement de caution, à défaut de comporter
26
la mention, en lettres et en chiffres, de la somme cautionnée, la Cour d'appel n'a pas donné de base
légale à sa décision au regard de l'article 1326 du Code civil, et aux motifs adoptés des premiers
juges que l'aval donné par Monsieur X..., qui ne conteste pas son engagement stipulant « bon pour
aval » suivi de sa signature, ne vaut pas à lui seul caution mais constitue un commencement de
preuve et que l'absence de contestation de M. X... lors de l'inscription d'hypothèque opérée sur ses
biens par la banque illustre son intention de se porter débiteur du crédit consenti à la SAS J. X... et
avalisé par lui pour un montant de 60 000 €,

4°) alors que la circonstance que l'inscription d'hypothèque prise ultérieurement par la banque sur
les biens de M. X... fût demeurée sans protestation de la part de l'intéressé n'était pas suffisante pour
établir, sans équivoque, que celui-ci avait, lors de la souscription de la mention litigieuse, une
parfaite connaissance de la nature et de la portée de son engagement et que la Cour d'appel n'a pas
ainsi donné de base légale à sa décision au regard des articles 1326, 1347 et 2292 du Code civil.

ANNEXE 4 :

COUR D'APPEL DE LYON 3ème chambre A ARRET DU 23 Septembre 2011


R.G : 10/05899 APPELANTS : M. P… 69330 MEYZIEU Mme N…. 69330 MEYZIEU représentés par Me André
BARRIQUAND, avoué à la Cour assistés de Me Zakeye ZERBO, avocat au barreau de LYON SA BANQUE
RHONE-ALPES INTIMEE : SA BANQUE 69006 LYON représentée par la SCP DUTRIEVOZ Eve et Jean-Pierre,
avoués à la Cour assistée de la SCP BRUMM & ASSOCIES, avocats au barreau de Lyon ****** Date de
clôture de l'instruction : 10 Mai 2011 Date des plaidoiries tenues en audience publique : 06 Juin 2011 Date
de mise à disposition : 2 septembre 2011 prorogée au 09 septembre 2011 puis prorogée au 23 Septembre
2011, les parties ayant été avisées Composition de la Cour lors des débats et du délibéré : - Françoise CUNY,
président -Alain MAUNIER, conseiller - Marie-Françoise CLOZEL-TRUCHE, conseiller assistés pendant les
débats de Jocelyne PlTIOT, greffier A l'audience, Alain MAUNIER a fait le rapport, conformément à l'article
785 du code de procédure civile. Arrêt Contradictoire rendu publiquement par mise à disposition au greffe
de la cour d'appel, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues à l'article 450
alinéa 2 du code de procédure civile, Signé par Françoise CUNY, président, et par Jocelyne PlTIOT, greffier,
auquel la minute a été remise par le magistrat signataire. Décision du Tribunal de Commerce de Lyon Au
fond du 11 mai 2010 RG :
2009j1179 ****** Page 2 sur 4 FAITS ET PROCÉDURE Le 01/02/2008, la société A
INDUSTRIE a émis un billet à ordre à échéance du 29/02/2008, avalisé par chacun des époux P et N dans les
termes suivants : « Bon pour aval du titre à hauteur de la somme de 80 000 € (quatre vingt mille euros) à
échéance du 29/02/2008 ». Par jugement du 05/08/2008, le tribunal de commerce de Lyon a prononcé la
liquidation judiciaire de la société A INDUSTRIE, et le 08/09/2008, la BANQUE a déclaré au passif une
créance d'un montant de 76 068,50 €, représentant le montant du billet à ordre échu le 29/02/2008,
déduction faite du solde créditeur de la société A INDUSTRIE ouvert dans ses livres, d'un montant de
6638,60 €. Par déclaration rectificative du 02/12/2008, elle a ajouté à sa créance une somme de 1153,18 €,
correspondant à une caution TOTAL pour laquelle elle a été appelée en paiement. Par lettres du
09/09/2008, la Banque a mis en demeure chacun des époux, au titre de leur engagement d'aval, de lui
régler la somme de 76 068,50 € représentant les sommes lui restant dues sur le billet à ordre dont elle était
porteur. La mise en demeure étant restée vaine, par assignation délivrée le 03/03/2009, elle a poursuivi en
justice le recouvrement de sa créance, et le 11/05/2010, a obtenu un jugement du tribunal de commerce
de Lyon condamnant solidairement les époux à lui payer la somme de 76 068,50 €, outre intérêts au taux
légal à compter du 29/02/2008, avec capitalisation des intérêts, outre une indemnité pour frais d'instance
hors dépens de 500 €, mais accordant aux défendeurs une franchise de 12 mois pour s'acquitter de la dette
principale. Les époux ont interjeté appel le 30/07/2010. Aux termes de leurs uniques conclusions signifiées
le 29/10/2010, auxquelles il convient de se référer pour l'exposé des arguments et des moyens , ils
sollicitent l'infirmation du jugement du 11/05/2010, et demandent à la Cour de : 1 / A titre principal,
déclarer prescrite l'action engagée par la BANQUE à leur encontre en qualité d'avaliseurs du billet à ordre ;
27
dire que le document ne vaut pas comme billet à ordre faute de porter le nom du bénéficiaire ; 2/ A titre
subsidiaire, constater que le montant des sommes réclamées est erroné ; 3/ En tout état de cause, leur
accorder un délai de deux années pour s'acquitter de leur dette, et de condamner la Banque à leur payer
une indemnité pour frais d'instance hors dépens. Page 3 sur 4 Aux termes de ses uniques conclusions
signifiées le 10/01/2011, auxquelles il convient de se référer pour l'exposé des faits et des moyens, elle
sollicite la confirmation du jugement querellé en ce qu'il a condamné les époux à lui payer la somme de 76
058,50 €, outre intérêts au taux légal à compter du 29/02/2009, et la condamnation des appelants à lui
verser une indemnité de 5000 € sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.
L'ordonnance de clôture a été rendue le 10/05/2011. SUR CE Aux termes de l'article L512-1,1, 5', du code
commerce le billet à ordre doit contenir « le nom de celui auquel ou à l'ordre duquel le paiement doit être
fait ». Aux termes de l'article L512-2 « Le titre dans lequel une des énonciations Indiquées au I de l'article
L512-1 fait défaut ne vaut pas comme billet à ordre, sauf dans les cas déterminés aux Il à IV de l'article
L512-1 ». En l'espèce, il est constant que le billet à ordre litigieux ne porte pas le nom du bénéficiaire. La
mention du nom de la Banque dans le cadre « Domiciliation » ne répare pas cette omission. Le billet ne
vaut donc pas comme billet à ordre mais simple titre au porteur dont l'aval vaut cautionnement solidaire.
La demande n'est pas donc prescrite du fait que le titre ne relève pas du droit cambiaire. Cependant, le
cautionnement donné par les époux dans les termes rappelés ci-dessus ne répond pas aux conditions ; - ni
de l'article L.341-2 du code de la consommation aux termes duquel : « Toute personne physique qui
s'engage par acte sous-seing privé en qualité de caution envers un créancier professionnel doit, à peine de
nullité de son engagement, faire précéder sa signature de la mention manuscrite suivante, et uniquement
de celle- ci : "En me portant caution de X..., dans la limite de la somme de ... couvrant le paiement du
principal, des intérêts, et, le cas échéant, des pénalités et intérêts de retard et pour la durée de je m'engage
à rembourser au prêteur les sommes dues sur mes revenus et mes bien si X n'y satisfait pas lui-même" » ; -
ni de l'article L.341-3 relatif aux mentions obligatoires pour un cautionnement solidaire. En conséquence, la
Banque n'est pas fondée à se prévaloir de l'engagement des appelants, qui est nul. Le fait que les époux
aient déclaré devant le tribunal ne pas contester leur engagement ni la somme qui en résulte ne saurait
pallier le non-respect des dispositions de l'article L 341-2 du code de la consommation sanctionné par la
nullité dudit engagement. Le jugement déféré sera donc infirmé. Il n'y a pas lieu de faire application des
dispositions de l'article 700 du code de procédure civile en faveur des appelants. Page 4 sur 4 PAR CES
MOTIFS La Cour Infirme le jugement déféré sauf en ce qu'il a déclaré recevable l'action de la société
BANQUE Statuant à nouveau Dit que le billet signé le 01/02/2008 ne vaut pas comme billet à ordre Annule
l'engagement de caution des appelants formalisé dans l'aval du titre Déboute la société BANQUE de ses
demandes Déboute les appelants de leur demande sur le fondement de l'article 700 du code de procédure
civile Condamne la société BANQUE aux dépens de première instance et d'appel et dit que ces derniers
seront recouvrés conformément aux dispositions de l'article 699du code de procédure civile LE GREFFIER LE
PRESIDENT

-ANNEXE 5

Cour de cassation
chambre commerciale
Audience publique du mardi 13 septembre 2011

28
N° de pourvoi: 10-19963
Publié au bulletin Rejet

Mme Favre, président


M. Gérard, conseiller rapporteur
M. Bonnet, avocat général
SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, SCP Potier de La Varde et Buk-Lament, avocat(s)

Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant :

Sur le moyen unique, pris en ses deux premières branches :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Bordeaux, 6 avril 2010), qu'à la suite de l'ouverture d'une procédure collective
à l'encontre de sa cliente, la société Grand sud embouteillage (la société GSE), la Banque Courtois (la
banque) a déclaré sa créance pour un montant comprenant notamment un billet à ordre de 40 000 euros
impayé à l'échéance du 20 novembre 2006 ; qu'après avoir mis en demeure M. X..., dirigeant de cette société,
de lui verser le montant de ce billet, qu'il avait avalisé, la banque l'a assigné en paiement ;

Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt de l'avoir condamné à payer à la banque la somme de 40 000 euros
majorée des intérêts au taux légal à compter du 12 juin 2007, alors, selon le moyen :

1°/ que le juge est tenu de motiver sa décision ; que cette obligation ne saurait être satisfaite par la simple
affirmation du bien ou mal fondé d'un moyen ; que l'obligation de motivation, ayant pour objet de permettre
au justiciable et à la Cour de cassation de comprendre le raisonnement juridique ayant présidé à la solution,
la cour d'appel ne peut se borner à affirmer qu'un moyen est bien ou mal fondé ; qu'au cas présent, M. X...
faisait valoir que, dans la mesure où l'on ne peut contracter avec soi-même et où le billet à ordre n'est pas un
titre au porteur, le billet à ordre doit indiquer ad validitatem le nom d'un bénéficiaire distinct du souscripteur
; qu'en se bornant, pour rejeter ce moyen, à affirmer, par motifs adoptés, que l'identité de nom entre le
souscripteur et le bénéficiaire n'entraîne pas pour autant la nullité du billet à ordre, la cour d'appel n'a pas
satisfait aux exigences précitées, violant l'article 455 du code de procédure civile ;

2°/ qu'un billet à ordre doit, à peine de nullité, indiquer le nom du bénéficiaire ; que le bénéficiaire ne peut
être le souscripteur lui-même ; qu'au cas présent, la cour d'appel a relevé, par motifs adoptés des premiers
juges, que le billet à ordre litigieux indiquait la même personne en tant que souscripteur et en tant que
bénéficiaire ; qu'il en résultait que ledit billet était nul ; qu'en jugeant néanmoins que l'identité du
souscripteur et du bénéficiaire n'entachait pas la validité du billet à ordre, la cour d'appel a violé l'article L.
512-1, 5° du code de commerce ;

29
Mais attendu que, loin de s'être borné à affirmer que l'identité de nom entre le souscripteur et le bénéficiaire
n'entraîne pas la nullité du billet à ordre, l'arrêt retient que l'endossement au profit de la banque lui confère la
qualité de bénéficiaire du titre ; que, par ce seul motif, dont il résulte que le billet à ordre respectait par suite
de l'endossement du titre à un tiers les exigences légales, la cour d'appel a exactement décidé que le billet à
ordre n'était pas nul ;

Et attendu que les autres griefs ne seraient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

Condamne M. X... aux dépens ;

Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par
le président en son audience publique du treize septembre deux mille onze.

MOYEN ANNEXE au présent arrêt

Moyen produit par la SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, avocat aux Conseils pour M. X...

Il est fait grief à l'arrêt attaqué d'avoir condamné M. X... à payer à la BANQUE COURTOIS la somme de
40. 000 € majorée des intérêts au taux légal à compter du 12 juin 2007 ;

Aux motifs propres que « sur la validité du billet à ordre, l'examen de l'effet révèle que monsieur Bruno X...,
à titre personnel, a donné son aval pour le billet souscrit par la société qu'il dirige et que bien naturellement,
ès qualités de gérant, il l'a signé ; que le moyen de nullité développé par l'appelant ne peut prospérer ; sur la
déclaration de créance de la banque, que l'examen de la déclaration de créance de la banque à la procédure
collective de la société GSE permet de vérifier que la banque a bien déclaré pour sa valeur nominale (40. 000
€) l'effet resté impayé ; sur la contre-passation de l'effet, qu'il ressort des relevés de compte versés aux débats
que l'effet impayé a été porté au débit du compte courant n° 134176 002 00 le 07 décembre 2006 puis qu'il a
été immédiatement re-crédité pour se retrouver au débit du compte 134176 880 00 ; que l'examen de ces
écritures révèle, comme le soutient la banque, qu'elle n'a jamais eu l'intention de nover mais bien seulement
d'isoler l'effet impayé sur un compte contentieux » (arrêt, p. 4) ;

Aux motifs éventuellement adoptés des premiers juges que « l'appellation « billet de trésorerie » n'est pas
conforme ; qu'il s'agit, en l'occurrence, d'un crédit de trésorerie garanti par un billet à ordre avalisé ; que les
dispositions de l'article L 512- l du Code de Commerce concernant les mentions obligatoires du billet è ordre
sont respectées ; que l'endossement au profit de la BANQUE COURTOIS lui confère la qualité de
bénéficiaire du titre ; que l'identité de nom entre le souscripteur et le bénéficiaire n'entraîne pas pour autant la
nullité du billet à ordre ; que le montant du billet a été débité, le 1er décembre 2006 sur le compte-courant et
contre-passé le même jour pour la somme de 40 000 € pour être ensuite comptabilisé et isolé sur un compte
contentieux lui conservant ainsi toutes les garanties qui lui étaient attachées et notamment l'aval de Monsieur
Bruno X... » (jugement, p. 4) ;

1°) Alors, d'une part, que le juge est tenu de motiver sa décision ; que cette obligation ne saurait être
satisfaite par la simple affirmation du bien ou mal fondé d'un moyen ; que l'obligation de motivation, ayant
pour objet de permettre au justiciable et à la Cour de cassation de comprendre le raisonnement juridique
ayant présidé à la solution, la cour d'appel ne peut se borner à affirmer qu'un moyen est bien ou mal fondé ;
qu'au cas présent, M. X... faisait valoir que, dans la mesure où l'on ne peut contracter avec soi-même et où le
billet à ordre n'est pas un titre au porteur, le billet à ordre doit indiquer ad validitatem le nom d'un
bénéficiaire distinct du souscripteur (conclusions, p. 6) ; qu'en se bornant, pour rejeter ce moyen, à affirmer,
30
par motifs adoptés, que « l'identité de nom entre le souscripteur et le bénéficiaire n'entraîne pas pour autant la
nullité du billet à ordre », la cour d'appel n'a pas satisfait aux exigences précitées, violant l'article 455 du
Code de procédure civile ;

2°) Alors, d'autre part, qu'un billet à ordre doit, à peine de nullité, indiquer le nom du bénéficiaire ; que le
bénéficiaire ne peut être le souscripteur lui-même ; qu'au cas présent, la cour d'appel a relevé, par motifs
adoptés des premiers juges, que le billet à ordre litigieux indiquait la même personne en tant que souscripteur
et en tant que bénéficiaire ; qu'il en résultait que ledit billet était nul ; qu'en jugeant néanmoins que l'identité
du souscripteur et du bénéficiaire n'entachait pas la validité du billet à ordre, la cour d'appel a violé l'article
L. 512-1, 5° du Code de commerce ;

3°) Alors, subsidiairement, que M. X... faisait valoir, dans ses conclusions d'appel (p. 8), que le garant
avaliste d'un billet à ordre peut invoquer à l'encontre du bénéficiaire les exceptions dont disposait le
souscripteur garanti et que, par suite, à supposer que l'endossement, par la société GSE, initialement
souscripteur et bénéficiaire de l'effet de commerce, ait rendu la BANQUE COURTOIS bénéficiaire du billet
à ordre, M. X... pouvait invoquer à l'encontre de la BANQUE COURTOIS, bénéficiaire, l'extinction partielle
de la créance fondamentale, et sa limitation à la somme de 4. 330, 43 € ; qu'en condamnant M. X... à payer la
totalité du montant du billet, soit 40. 000 €, sans répondre au moyen précédemment évoqué, la cour d'appel a
violé l'article 455 du Code de procédure civile ;

4°) Alors, de la même manière, que le garant avaliste d'un billet à ordre peut invoquer à l'encontre du
bénéficiaire les exceptions dont disposait le souscripteur garanti et que, par suite, à supposer que
l'endossement, par la société GSE, initialement souscripteur et bénéficiaire de l'effet de commerce, ait rendu
la BANQUE COURTOIS bénéficiaire du billet à ordre, M. X... pouvait invoquer à l'encontre de la BANQUE
COURTOIS, bénéficiaire, l'extinction partielle de la créance fondamentale, et sa limitation à la somme de 4.
330, 43 € ; qu'en condamnant néanmoins M. NATALE à payer la totalité du montant du billet, soit 40. 000 €,
la cour d'appel a violé les articles L. 511-12 et L. 511-21 du Code de commerce.

Analyse
Publication : Bulletin 2011, IV, n° 129

Décision attaquée : Cour d'appel de Bordeaux , du 6 avril 2010

Titrages et résumés : EFFET DE COMMERCE - Billet à ordre - Mentions nécessaires - Nom du bénéficiaire -
Souscripteur se désignant comme bénéficiaire - Endossement au profit d'un tiers - Effets - Validité du billet

Après avoir retenu que l'endossement au profit de la banque d'un billet à ordre lui conférait la qualité de
bénéficiaire du titre, tandis que ce billet respectait par suite de l'endossement du titre à un tiers les exigences
légales, la cour d'appel a exactement décidé que ce billet à ordre n'était pas nul en application de l'article L. 512-1
5° du code de commerce

Textes appliqués :

31
article L. 512-1 5° du code de commerce

annexe 6 :
*Cour d’Appel, Fes,numero 1004,dossier numéro 789/2011,en date du 26/07/2011,cf
Cour de cassation
Chambre commerciale
Audience publique du mardi 5 juin 2012
N° de pourvoi: 11-19627
Publié au bulletin
Cassation

Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant :


Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la société Etablissements J. X... (la société) était titulaire, dans les livres de
la société Banque Palatine (la banque), d'un compte courant, pour le fonctionnement duquel elle disposait
d'un encours d'escompte et d'un concours de trésorerie ; que le 5 septembre 2007, la banque lui a notifié la
rupture des concours dans un délai de trente jours ; que le 10 septembre 2007, la société a souscrit auprès de
la banque un billet à ordre, sans mention du bénéficiaire, avec l'aval de M. X... ; que la société ayant été mise
en redressement puis liquidation judiciaires, la banque a déclaré sa créance et mis en demeure M. X...
d'honorer son engagement d'avaliste ; qu'assigné en paiement, celui-ci a sollicité la requalification de l'aval
en cautionnement et conclu à la nullité de ce dernier en raison de l'absence des mentions manuscrites prévues
par les articles L. 341-2 et L. 341-3 du code de la consommation ;
Sur le moyen unique, pris en ses troisième et quatrième branches :
Attendu que ces griefs ne seraient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi ;
Mais sur le moyen, pris en sa deuxième branche :
Vu les articles L. 512-1 et L. 512-2 du code de commerce, ensemble les articles L. 341-2 et L. 341-3 du code
de la consommation ;

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Attendu que l'aval porté sur un billet à ordre irrégulier au sens des deux premiers de ces textes peut constituer
un cautionnement ; qu'à défaut de répondre aux prescriptions de ces deux derniers textes, un tel
cautionnement est nul ;
Attendu que pour condamner M. X... à paiement, l'arrêt, après avoir énoncé que le billet à ordre, ne
comportant pas le nom du bénéficiaire, ne vaut pas comme tel mais constitue un engagement de payer au
porteur, retient qu'en cette qualité, la banque est fondée à s'adresser à M. X..., considéré comme caution, qui
par la mention manuscrite " bon pour aval à titre personnel en faveur de la société ", suivie de sa signature,
s'est engagé à garantir le paiement par la société ; qu'il retient encore que la circonstance que ce soit un
établissement bancaire, et non toute autre personne physique ou morale, qui soit porteur de ce billet n'en fait
pas pour autant un créancier professionnel dont les droits et obligations seraient régis par les articles L. 341-2
et L. 341-3 du code de la consommation ;
Attendu qu'en statuant ainsi, alors qu'il était acquis que le billet avait été émis en contrepartie d'une ouverture
de crédit et remis à la banque dès l'origine, ce dont il résultait que M. X... avait donné sa garantie au profit
d'un créancier professionnel, la cour d'appel a violé, par refus d'application, les textes susvisés ;
PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur l'autre grief :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 19 avril 2011, entre les parties, par la
cour d'appel d'Angers ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant
ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Rennes ;
Condamne la société Banque Palatine aux dépens ;
Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour
être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par
le président en son audience publique du cinq juin deux mille douze.
MOYEN ANNEXE au présent arrêt.
Moyen produit par la SCP Le Griel, avocat aux Conseils, pour M. X....
Le pourvoi reproche à l'arrêt attaqué d'avoir condamné l'exposant à payer à la banque la somme de 60 000 €
avec les intérêts au taux légal à compter de la signification du jugement,
aux motifs propres que la BANQUE PALATINE présente un billet à ordre d'un montant de 60 000 € souscrit
le 10 septembre 2007 à échéance du 10 octobre 2007 par la SAS ETABLISSEMENTS J. X... avec l'aval de
Maurice X... consenti en faveur de cette dernière société, que, certes, ce billet à ordre ne comporte pas le
nom de son bénéficiaire, que, dans ces circonstances et par application de l'article L 512-2 et L 512-1, I, 5°,
du Code de commerce, il ne vaut pas comme billet à ordre relevant du droit cambiaire mais constitue un
engagement de payer au porteur, soumis au droit commun des contrats et qu'en le souscrivant, la SAS
ETABLISSEMENTS J. X... a accepté d'avance pour créancier celui qui en serait porteur à l'échéance, que
c'est en l'espèce un établissement bancaire, la SA BANQUE PALATINE qui en est ce porteur, qu'en cette
qualité, elle est fondée, à défaut d'exécution de la promesse de payer à l'échéance par le souscripteur, à
s'adresser à Maurice X... considéré comme caution à défaut de force cambiaire du billet à ordre, qui, par la
mention manuscrite suivie de sa signature, comme suit portée sur le billet : « Bon pour aval à titre personnel
en faveur de la SAS J. X... » s'est engagé à garantir le paiement par la SAS ETABLISSEMENTS J. X..., par
ailleurs souscripteur du billet, que la circonstance, purement fortuite et accidentelle, que ce soit un
établissement bancaire, en l'espèce la SA BANQUE PALATINE et non toute autre personne physique ou
morale qui soit porteur de ce billet, ne fait pas pour autant de ce billet, un acte de prêt ou un concours
consenti par un créancier professionnel, et du porteur du billet, un créancier professionnel dont les droits et
obligations seraient régis par des dispositions bien spéciales en matière des crédits à la consommation, dont
les articles L 341-2 et L 341-3 du Code de la consommation s'agissant du recours de ce créancier

33
professionnel contre les cautions solidaires, qu'en effet, la qualité d'établissement bancaire de la SA
BANQUE PALATINE n'a nullement été une condition essentielle et déterminante de la convention passée
entre les parties, Maurice X... n'invoquant et ne démontrant pas un droit propre de la banque
indépendamment de sa qualité de porteur du billet, que, de même le caractère de domiciliataire et simple
mandataire du souscripteur de l'engagement de payer ne confère pas à la SA BANQUE PALATINE, agissant
en la cause à titre de simple porteur de l'effet, les droits et obligations d'un créancier professionnel, comme
tel soumis aux dispositions du Code de la consommation dans ses relations avec un garant personne
physique, qu'il convient donc de juger valable et de plein effet l'engagement de caution souscrit par Maurice
X... en faveur de la SAS ETABLISSEMENTS X..., du chef de la promesse de payer la somme de 60 000 €
au porteur de la promesse, en l'espèce la SA BANQUE PALATINE,
1°) alors qu'en décidant que les dispositions des articles L 341-2 et L 341-3 du Code de la consommation ne
pouvaient pas être opposées par la caution, personne physique, au porteur du billet, nonobstant sa qualité de
créancier professionnel, la Cour d'appel a ainsi soulevé un moyen d'office, sans inviter au préalable les
parties à s'expliquer sur ce moyen et qu'elle a, par là-même, violé l'article 16 du Code de procédure civile,
2°) alors qu'étant admis que le billet avait été remis dès l'origine à la banque en contrepartie d'une ouverture
de crédit, l'engagement de la caution, personne physique, figurant sur le billet devait comporter, à peine de
nullité, les mentions exigées par les articles L 341-2 et L 341-3 du Code de la consommation et que la Cour
d'appel a ainsi violé, par refus d'application, les textes précités,
3°) alors qu'en omettant de rechercher, comme elle y était pourtant invitée par les conclusions d'appel de
l'exposant, si la formule manuscrite retranscrite par M. X... sur le billet au porteur à la demande de la banque
pouvait faire la preuve de son engagement de caution, à défaut de comporter la mention, en lettres et en
chiffres, de la somme cautionnée, la Cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision au regard de
l'article 1326 du Code civil, et aux motifs adoptés des premiers juges que l'aval donné par Monsieur X..., qui
ne conteste pas son engagement stipulant « bon pour aval » suivi de sa signature, ne vaut pas à lui seul
caution mais constitue un commencement de preuve et que l'absence de contestation de M. X... lors de
l'inscription d'hypothèque opérée sur ses biens par la banque illustre son intention de se porter débiteur du
crédit consenti à la SAS J. X... et avalisé par lui pour un montant de 60 000 €,
4°) alors que la circonstance que l'inscription d'hypothèque prise ultérieurement par la banque sur les biens
de M. X... fût demeurée sans protestation de la part de l'intéressé n'était pas suffisante pour établir, sans
équivoque, que celui-ci avait, lors de la souscription de la mention litigieuse, une parfaite connaissance de la
nature et de la portée de son engagement et que la Cour d'appel n'a pas ainsi donné de base légale à sa
décision au regard des articles 1326, 1347 et 2292 du Code civil.

Analyse
Publication : Bulletin 2012, IV, n° 113

Décision attaquée : Cour d'appel d'Angers , du 19 avril 2011

Titrages et résumés : EFFET DE COMMERCE - Billet à ordre - Mentions obligatoires - Défaut - Aval
constituant un cautionnement - Défaut de mentions manuscrites prescrites par le code de la consommation -
Effets - Cautionnement nul

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L'aval porté sur un billet à ordre irrégulier au sens des articles L. 512-1 et L. 512-2 du code de commerce
peut constituer un cautionnement.

A défaut de répondre aux prescriptions des articles L. 341-2 et L. 341-3 du code de la consommation, un tel
cautionnement est nul.

En conséquence, viole ces textes par refus d'application, la cour d'appel qui, pour condamner au paiement du
montant d'un billet à ordre, qui ne comportait pas le nom de son bénéficiaire et ne valait ainsi pas comme tel,
une personne physique qui y avait apposé la mention "bon pour aval à titre personnel en faveur de la
société", retient qu'elle s'est engagée, en qualité de caution, à garantir le paiement de ce billet par la société
qui l'avait souscrit et que la circonstance que ce soit un établissement bancaire qui soit porteur du billet n'en
fait pas pour autant un créancier professionnel, alors qu'il était acquis que le billet avait été émis en
contrepartie d'une ouverture de crédit et remis à la banque dès l'origine, ce dont il résultait que la personne
physique avait donné sa garantie au profit d'un créancier professionnel

CAUTIONNEMENT - Conditions de validité - Acte de cautionnement - Mention manuscrite prescrite par


l'article L. 341-2 du code de la consommation - Domaine d'application - Aval porté sur un billet à ordre
irrégulier
CAUTIONNEMENT - Conditions de validité - Acte de cautionnement - Mention manuscrite relative à la
solidarité (article L. 341-3 du code de la consommation) - Domaine d'application - Aval porté sur un billet à
ordre irrégulier

Textes appliqués :
Articles L. 512-1 et L. 512-2 du code de commerce ; articles L. 341-2 et L. 341-3 du code de la
consommation.

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38
39
Bibliographie

I)-Ouvrages :

Gavalda et Soufflet , instruments de paiement et de crédit .

Mohammed Drissi Alami Machichi , Droit Commercial Instrumental Au


Maroc,ed.ImprimElite,Rabat,.

II) -Articles :

 Conseil national du crédit et du titre, Problèmes juridiques liés à la dématérialisation des


moyens de paiement et des titres, Paris, CNCT, mai 1997, p. 16. Pour Rémy LIBCHABER,
<( la perte de la référence matérieHe s'est opdrée par te passage de la monnaie métallique à
la monnaie fiduciaire n; voir Rémy LIBCHABER, L'argent, entre matière et mémoire.

 Mohamed JAOUHAR, «Le nouveau droit pénal du chèque» In : R.M.D.E.D, n° 42- 1998,
Université Hassan II- Ain Chock, Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales à
Casablanca, p 32.

Revue du droit public, L.G.DJ., Paris, n° 4, 1984, pp. 971-992.

III)-Webographies :

Ahmed MESKINE, Quelques difficultés de mesure du commerce électronique au Maroc, 12 février 2008, URL :
http://www.jeunesdumaroc.com.

http://www.anrt.ma

40
http://www.oc.gov.ma

http://www.cours-de-droit.net/droits-des-instruments-de-paiement-et-de-credit-a121603496, Revue du droit


public, L.G.DJ., Paris, n° 4, 1984, pp. 971-992.
https://debitoor.fr/termes-comptables/lettre-de-change

https://www.entreprendre.ma/Criteres-de-distinction-entre-les-effets-de-
commerce_a4443.html;date de consultation : le 07/02/2018.
 www.legifrance.gouv.fr

III)-Jurisprudences :

 Cour.cass , France, com du 20 fevrier 2007

 cass com, France ,13 Mars 1985


 cour suprême du 10 -31-1996

 Cour de Cassation française, numéro de pourvoi 11-19627, en date du 05 Juin 2012, cf.

 Cass. com. 27 septembre 2016, pourvoi n°14-22013

 Cour d’Appel, Fes,numero 619 ,dossier numéro 54/02,en date du 30/05/2002,cf

 CA de Bordeaux , 25 .11.2005

 CA de Paris du 5.11.09, n° 07/04941

 CA d’Amiens du 15.1.09, n° 06/03342

 CA de Pau du 15.7.10, n° 08/02381

 cour de cassation marocaine ,13/05/2009.

 cour de cassation marocaine , 25/06/2014 .

 Cour d’appel de marrakech 25/03/2008

IV)-Textes juridiques :
 loi 15-95 portant code du commerce article du 01 aout 1996
 code de commerce français
 code de consommation français.

41
Sommaire………………………………………………………………………………………….………1

Introduction………………………………………………………………………………………………2

Chapitre I : Le contentieux lié au formalisme de la lettre de change…...4


Section 1 : le défaut d’une mention obligatoire………….4

Section 2 : le défaut de garantie de paiement de la lettre de change à l‘instar de


l’aval et de l’acceptation ……………………6

Chapitre II : le contentieux lié au formalisme du billet à ordre et du chèque…..8


Section 1 : le contentieux lié au formalisme du billet à ordre ………..…..8

Section 2 : le contentieux lié au formalisme du chèque………….…….17

Conclusion……………………………………………………………….………19

Annexes ……………………………………………………………..…….…….20

Bibliographie……………………………………………………………...……40

Tables des matières ……………………………………………………….42

42