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ONDOUA ELLA Godfroid Yaoundé, le 03 novembre 2014.

Ingénieur Principal des Travaux


des Télécommunications
Hors Echelle
Tél : 76 00 79 91
e-mail : ondouaeg@hotmail.com
ondouaeg@yahoo.fr.
A LA HAUTE ATTENTION DE
SON EXCELLENCE MONSIEUR PAUL BIYA,
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
S/C DE MONSIEUR HENRI EYEBE AYISSI,
MINISTRE DELEGUE A LA PRESIDENCE CHARGE DU
CONTROLE SUPERIEUR DE L’ETAT,
Yaoundé.

Objet : Facilitation de la transition de la télévision de l’analogique au numérique

Excellence, Monsieur le Président,

Nous avons l’honneur de venir très respectueusement auprès de votre haute bienveillance vous
proposer notre concours, en vue de la facilitation de la transition de la télévision de l’analogique au
numérique dans notre pays, car nous estimons les risques d’échec de cette transition dans des délais
raisonnables élevés, pour ne citer que cet aspect, parmi d’autres.

Nous tenons toutefois à vous rassurer que les professionnels de l’audiovisuel du Comité CAM-
DTV, tout comme leurs homologues du (ou des) Cabinet(s) d’expertise qui les accompagne(nt),
s’acquittent honorablement de leur mission et ce, conformément aux canons de la profession.

Ce qui, par contre, leur fait cruellement défaut dans l’accomplissement de cette lourde mission, c’est la
complémentarité que devrait leur apporter l’ingénierie des télécommunications, un volet qui relève
normalement de la compétence de CAMTEL qui, non seulement n’en a pas les capacités techniques
requises, mais pire, n’a même pas compris qu’elle devrait impérativement être représentée dans ledit
Comité par un ingénieur des télécommunications à l’expertise avérée, sous réserve d’ailleurs que ce
dernier dispose effectivement du degré de savoir-faire requis en pareille circonstance, de sorte à
permettre audit Comité de faciliter l’optimisation des spécifications techniques et des coûts du projet.

La conséquence directe de ce défaut d’expertise télécom, c’est ces nombreux points faibles que l’on
peut observer dans ce projet, à la lumière entre autres des révélations faites par ledit Comité lors de la
conférence de presse tenue dernièrement par le Ministre de la Communication, et des autres
informations rendues publiques par ceux des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle ayant
approché les membres du Comité en question.

Parmi les points faibles par nous relevés, l’on peut citer, sans que cela soit exhaustif :

1. La philosophie générale du projet, qui gagnerait à être adaptée aux réalités sociaux-
économiques de notre pays ;
2. Le nombre impressionnant de centres de diffusion de la TNT à créer, à savoir 124 sites en tout,
si les informations que nous avons pu glaner sont exactes ;
3. Une utilisation abusive du spectre de fréquence, qui ne se justifie nullement dans le contexte
local ;

Facilitation de la transition de la télévision de l’analogique au numérique, Par M. ONDOUA ELLA G.., IPTT Hors Echelle Page 1/3
4. Un budget prévisionnel des coûts d’investissement dudit projet, de 150 milliards de FCFA, si
les informations dont nous disposons sont exactes ce qui, en y ajoutant les charges
d’exploitation qui, en règle générale, au bout de dix (10) à quinze (15) ans, s’évaluent à
trois (03) à quatre (04) fois les coûts d’investissement, entraînerait un coût total de
possession du réseau de plus de 600 milliards de FCFA à faire supporter, en grande partie,
et de manière totalement injustifiable sur le plan socio-économique, par le trésor public et donc,
par le contribuable, toutes choses de nature à faire apparaître ladite transition comme une
tâche herculéenne aux yeux du gouvernement, à tort d’ailleurs ;
5. Les risques d’aggravation du niveau de la dette publique consécutifs à un défaut
d’optimisation des coûts des projets, dont celui en question n’est qu’un exemple, parmi de
nombreux autres, dans ce pays ;
6. Le manque de réalisme résultant de certains des choix opérés, à l’instar de celui relatif au
mode de transition choisi, qui n’offre aucune garantie sérieuse sur la capacité des ménages à
s’équiper en dispositifs de réception appropriés et ce, dans les délais retenus, pour ne citer que
ce cas ;
7. Le déficit de maîtrise par le Comité d’un pan capital des enjeux réels du passage de la
télévision au « tout numérique », ce qui amène par exemple le Cameroun et certains des
autres pays africains membres de l’Union Africaine de Radiodiffusion (UAR) à solliciter un
report de la date du 17 juin 2015, un report qui, dans la pratique, ne se justifie nullement, la
Carte de la Transition arrêtée par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) leur
offrant des alternatives réelles et viables d’y parvenir dans les délais prescrits ;
8. La pression totalement injustifiée que les choix opérés vont exercer, à court terme, sur la
majorité des ménages, au risque de ramener nos populations aux conditions ayant prévalu lors
de l’avènement de la télévision analogique dans notre pays au début des années 1980, un
privilège alors réservé aux seuls nantis, ce qui est susceptible d’engendrer, en plus des coûts
astronomiques sus évoqués, une aggravation substantielle, et totalement injustifiable, du
montant des subventions que l’Etat sera contraint de consentir en vue de minimiser les
effets pervers de ladite transition dans un pays qui, pour diverses raisons, peine déjà à
équilibrer son budget, et où les risques de révision à la hausse des prix des carburants à
la pompe sont élevés, si jamais des solutions concrètes et viables aux difficultés
actuelles de trésorerie n’étaient pas rapidement trouvées ;
9. La pression, à notre humble avis prématurée, inopportune, voire inappropriée, qui s’exerce sur
les câblo-opérateurs qui, quoique l’on puisse en penser, remplissent tout de même une mission
de service public, même si cela ne les dispense nullement de l’obligation de se conformer à la
réglementation en la matière, une réglementation qui gagnerait certainement d’ailleurs à subir
quelques assouplissements, compte tenu de la modicité réelle des recettes desdits opérateurs.
A preuve, à la suite de la chute du pylône de Douala Logbessou, les émissions de la CRTV ne
seraient plus actuellement reçues que par la minorité des ménages disposant de dispositifs de
réception directe de la télévision par satellite, en l’absence desdits câblo-opérateurs, qui
permettent en ce moment à l’Etat de minimiser le contrecoup de ce regrettable accident et qui,
de façon similaire, permettrait de minimiser ceux relatifs à tout contretemps pouvant survenir au
cours de la transition vers la TNT.

A la lumière de ce qui précède, il ressort que l’apport d’un zeste d’expertise télécom s’avère
nécessaire, en vue de permettre à l’Etat d’assurer une transition sans heurt de la télévision de
l’analogique au numérique, une expertise avérée qui devrait permettre à notre pays, sans que cela soit
exhaustif de :

1. Optimiser les spécifications techniques du projet ;

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2. Minimiser les coûts d’investissements y relatifs, qui passeraient alors de 150 milliards de
FCFA, tel que sus évoqué, à un maximum de 60 milliards de FCFA, réhabilitation des
pylônes existants et/ou construction de nouveaux pylônes incluses, le cas échéant ;
3. Minimiser, en conséquence, le coût total de possession du réseau de diffusion de la TNT, qui
passerait alors de plus de 600 milliards de FCFA au bout de dix (10) à quinze (15) ans, à
environ quelques 200 milliards de FCFA, entraînant de ce fait une économie de près de
400 milliards de FCFA pour le trésor public, au bas mot ;
4. Minimiser le nombre de centres de diffusion, qui passerait alors de 124 stations, tel que
sus évoqué, à un nombre compris entre un minimum de trente-cinq (35) et un maximum de
cinquante-cinq (55) ;
5. Minimiser l’utilisation de la ressource on ne peut plus précieuse et rare que constituent les
fréquences radioélectriques, qui pourraient alors, en grande partie, rester disponibles, en vue
d’une future utilisation tout aussi appropriée que bénéfique pour notre pays ;
6. La révision d’une bonne partie des orientations arrêtées, de manière à permettre à notre
pays d’assurer la transition vers la TNT dans les délais prescrits par l’Union Internationale
des Télécommunications (UIT), une expertise qu’il pourrait d’ailleurs faire partager,
naturellement contre rémunération, à d’autres pays membres de l’Union Africaine de
Radiodiffusion (UAR) actuellement en retard dans ce domaine ;
7. La possibilité de faire supporter le budget de ladite transition par le budget de l’Etat et/ou
le Fonds Spécial des Télécommunications et, en conséquence, éviter à notre pays de
s’endetter davantage, les nouvelles orientations préconisées étant susceptibles de permettre
d’amoindrir considérablement les contraintes budgétaires, pour y parvenir ;
8. Etc.

En contrepartie de notre apport, nous sollicitons de la part de l’Etat :

i. Le paiement, Net d’impôts, du millième (1/1000ème) du montant des économies que nous
allons lui permettre de réaliser, du fait des nouvelles orientations stratégiques que nous
pouvons apporter à ce projet en vue d’en garantir le succès, le cas échant ;
ii. Un pourcentage raisonnable des contreparties financières qui pourraient provenir de
l’exportation du nouveau modèle de transition du Cameroun vers la TNT, en cas
d’assistance à apporter à d’autres pays membres de l’UAR ;
iii. La prise en charge de l’ensemble des frais qu’engendrerait notre participation éventuelle au
projet (multiplication des documents, frais de mission, d’hébergement, et « perdiems »
éventuels, etc.) ;
iv. La formalisation de tous ces points par un contrat en bonne et due forme arrêtant les
modalités de notre participation éventuelle audit projet.

Dans l’espoir que notre sollicitation non seulement vous parviendra effectivement, et retiendra votre très
haute attention et ce, dans l’intérêt bien compris de notre pays et de ses populations, nous vous prions,
Excellence monsieur le Président, de bien vouloir recevoir les assurances de notre totale disponibilité à
faire honneur à notre pays, chaque fois que l’occasion nous en serait offerte, et à vous faciliter, autant
que faire se peut la tâche, dans l’accomplissement de la noble et exaltante mission qui est la vôtre, à la
tête de notre très cher et beau pays.

ONDOUA ELLA G.
Copie à :
 PM

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