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ONDOUA ELLA Godfroid Yaoundé, le 27 novembre 2014.

Ingénieur Principal des Travaux


des Télécommunications
Hors Echelle
Tél : 22 00 04 35
76 00 79 91
e-mail : ondouaeg@hotmail.com
ondouaeg@yahoo.fr. A la Haute Attention de Monsieur YANG Philemon,
Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Autorité
des marchés publics,
Yaoundé.

Objet : Demande de suspension du marché confié à Startimes Ltd pour la réhabilitation technique de la
CRTV

Monsieur le Premier Ministre,

A la suite de nos précédents courriers, tous étonnamment restés lettres-mortes à ce jour,

Nous avons l’honneur de revenir à la charge, histoire de continuer à attirer très respectueusement votre
haute attention, en votre qualité d’autorité en charge des marché publics, tout comme celle du Contrôle
Supérieur de l’Etat, en sa qualité de protecteur attitré de la fortune publique, afin que les dispositions
qui s’imposent en pareille circonstance soient effectivement et rapidement prises, pour que les
améliorations indispensables soient apportées au projet de passage de la télévision de l’analogique au
numérique dans notre pays, projet rebaptisé « Réhabilitation Technique de la CRTV » pour la
circonstance et ce, en dépit de la tentative de passage en force de ceux à qui la conduite dudit
projet à été confiée.

Nous nous permettrons en effet de persister et de signer et ce, pour la bonne raison que, des trois
critères essentiels qui doivent guider un Chef de projet dans la conduite de la mission à lui
confiée, et qui constituent le B, A, BA de la conduite d’un tel projet, à savoir la prise de toutes les
dispositions indispensables en vue de :

(1) L’optimisation de la qualité de service ;


(2) La minimisation des Coûts d’Investissement (CAPEX) ;
(3) La minimisation des Charges d’Exploitation (OPEX) ;

aucun n’a manifestement été respecté, à la lumière, entre autres, de tout ce qui a été rendu public
par les principaux responsables du Comité CAM-DTV à ce jour.

Il ne serait en effet pas superflu de souligner, pour que nul n’en ignore, que les critères (2) et (3)
susvisés constituent, pris ensemble, un critère incontournable pour garantir la viabilité et la
pérennité des infrastructures à mettre en place, à savoir, le Coût Total de Possession du réseau
en question, ou encore Total Cost of Ownership (TCO), en Anglais.

A la lumière de ce qui précède, tout projet dont l’élaboration et/ou le management ne respectent
pas le B, A, BA d’une telle mission, à travers l’érection des critères susvisés en exigences
incontournables, est manifestement bon à jeter, sauvegarde des intérêts vitaux de la nation
oblige.

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Au vu de ce manquement grave à son devoir, le Chef dudit projet, qui ne semble manifestement
pas maîtriser le B, A, BA de la conduite d’une telle mission, est on ne peut plus mal placé, pour
pouvoir apprécier quelque expertise que ce soit.

En conséquence, point n’est besoin pour nous de devoir aller lire l’intégralité de quelque document de
stratégie y relatif que ce soit, du moment où l’élaboration du projet en question viole systématiquement
les critères non négociables sus évoqués.

L’on peut donc aisément comprendre notre étonnement, quand le Chef de projet se permet de venir
expliquer solennellement aux populations, sur les ondes de la CRTV radio dans « le 7 heures 15 »,
que le Comité s’est associé le Conseil de deux (02) Cabinets d’expertise dans la conduite dudit projet
et ce, pour la bonne raison qu’il n’y a pas d’expertise locale avérée dans le domaine.

Seulement, comme tout le monde peut le constater, à la lumière de ce qui précède, les Cabinets en
question, eux non plus, ne se sont nullement préoccupés, le moins du monde, des critères
incontournables sus évoqués, c’est la principale raison pour laquelle l’on se retrouve avec, sans que
cela soit exhaustif :

1) Cent vingt-quatre (124) centres de diffusion à implanter sur l’ensemble du territoire (dixit le
concerné), y compris dans des bleds autour desquels on aurait énormément de peine à réunir
cinquante (50) dispositifs de réception de la TNT à moyen terme dans la zone par eux
desservie, non pas que les populations environnantes n’y aient pas droit, comme tout le
monde, mais pour la bonne raison qu’elles peuvent raisonnablement être desservies
autrement, sans que l’on ne soit obligé, pour y arriver, d’hypothéquer inutilement les capacités
financières de l’Etat ;
2) Cent dix (110) milliards de FCFA, à la lumière du marché que le Ministère des marchés
publics vient d’attribuer à Startimes, à faire débourser, sans raison valable, par le pauvre
contribuable – qui n’a d’ailleurs cessé de s’enfoncer dans la pauvreté ces derniers temps, entre
autres du fait des conséquences néfastes de la hausse des prix des carburants à la pompe et
des effets induits y relatifs – et ce, pour un éléphant blanc ;
3) Une utilisation abusive, et à la limite irresponsable, de tout le spectre de fréquence
réservé, entre autres, à la radiodiffusion télévisuelle et/ou sonore, une ressource rare et ô
combien précieuse, que l’on aurait tort de vouloir gaspiller ainsi ;
4) Des objectifs qui font manifestement fi de l’obligation régalienne de l’Etat d’assurer le
service universel de la radiodiffusion télévisuelle et sonore sur son territoire, du fait de
l’alourdissement injustifié du montant des subventions que ce dernier serait obligé de
consentir, pour permettre aux ménages les plus démunis de pouvoir jouir, eux aussi, des
bienfaits de la radiodiffusion télévisuelle, au risque d’obliger finalement même ceux des
ménages qui disposaient déjà d’un téléviseur à aller désormais regarder la télévision chez des
voisins plus aisés, avec tout ce que cela peut comporter comme dangers pour leur stabilité ;
5) Des risques sérieux d’aliénation socioculturelle, entre autres du fait du risque de
prolifération de chaînes de télévision, pour la plupart étrangères, qui pourraient finalement
menacer sérieusement l’existence même des chaînes publiques, au point de rendre finalement
insignifiant le seul moyen de communication de masse dont dispose l’Etat, quand il désire faire
passer un message aux populations ;
6) Etc.

Au vu de tout ce qui précède, nous ne pouvons nous empêcher de vous exprimer, à juste titre, nos
vives inquiétudes , devant la détermination du Comité CAM-DTV à balayer, du revers de la main,
notre contreproposition destinée, non seulement à rétablir le respect rigoureux des critères

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incontournables sus évoqués, mais en outre, à diviser pratiquement les coûts d’investissement
(Capex) par deux (02) au minimum, et de faire de ce projet une référence en la matière, dans un
véritable passage en force.

L’on ne peut par conséquent s’empêcher, à juste titre, de se poser la question de savoir pour
qui roule le Comité CAM-DTV dans cette affaire, au vu de la légèreté et, à la limite, de la
désinvolture avec lesquelles ce dernier veut, contre vents et marrées, conduire le trésor public,
et même l’Etat, vers l’impasse, à moins que.

Devant cette résistance tout aussi intrépide que surprenante, nous avons résolu de carrément
spécifier tous les volets techniques du réseau TNT en question, histoire de présenter une
contreproposition complète, quand viendra le moment de confronter les propositions des
experts avérés à notre contreproposition issue, elle, d’une expertise décrétée comme étant non
avérée par ledit Comité, par la voix de son Chef de Projet.

Cela dit, ceux qui s’obstinent à balayer du revers de la main notre contreproposition, sans même
prendre la peine d’en connaître la substance, ont donc toute latitude, pour soumettre le présent courrier
à toute institution et/ou fabricant d’équipements de renommée mondiale dans le domaine, à
commencer par les meilleures universités, à l’instar de Harvard, Yale, MIT, Oxford, Cambridge, etc.,
et/ou des fabricants de matériels dédiés, à l’instar de Andrew, Thomson Video Networks, Thomson
Broadcast, Rohde & Schwarz, DB Electronica Telecommunicazioni, Electrosys, RTE Diffusion,
Harris (GatesAir), etc. On leur dira, invariablement, que nous avons parfaitement raison.

La logique, et au-delà, l’obligation de transparence dans la gestion des affaires publiques,


exigent que l’on confronte, dans des conditions transparentes, la proposition technique issue
du travail de l’expertise avérée sur laquelle s’appuie le Comité CAM-DTV, à la nôtre, conçue par
une expertise locale non avérée, et que l’on tranche en faveur de la meilleure, préalablement à
toute poursuite du projet, plutôt que de tenter un passage en force, en usant des positions
occupées par certains dans l’appareil de l’Etat, tel que cela s’avère finalement être le cas
actuellement, avec l’attribution du marché à Startimes sus évoquée.

A la lumière de ce qui précède, nous avons la désagréable impression d’être embarqués sur un navire
dont le Capitaine s’obstine à prendre la mer, alors que l’on vient fraîchement de diffuser une « Alerte
Tsunami », le navire en question n’étant, ni plus, ni moins, que notre cher et beau pays, notre patrie
commune à tous qui, est-il besoin de le rappeler, a justement financé nos études, pour que nous
soyons parfaitement intellectuellement outillé, afin d’être capable d’ouvrir l’œil, en particulier
quand ses intérêts vitaux sont menacés, comme c’est le cas dans cette affaire.

Autant avouer à qui veut bien le savoir qu’il n’est pas du tout dans notre intention de laisser à
quiconque le loisir de mener frénétiquement notre pays vers l’impasse. En l’absence d’une
réaction appropriée des institutions de l’exécutif par nous saisies – qui prendraient ainsi le risque
de se voir accusées de Complicité Intellectuelle, voire de Complicité Active pour certaines d’entre
elles, dans le cas présent comme dans d’autres cas par nous soulevés précédemment, dans cette
tentative éhontée de distraction de la fortune publique – nous n’aurons pas d’autre choix que de
faire recours à la justice de notre pays, afin qu’elle suspende, par Ordonnance du Juge,
l’exécution dudit projet, le temps que les choses soient définitivement clarifiées.

Autant, de la même manière, le réitérer, que nous n’avons aucune ambition de prendre la place de
quiconque dans ledit projet. Nous voulons y intervenir exclusivement en qualité de Consultant à
Temps Partiel, le temps que les responsables officiellement désignés s’approprient la

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substance des nouvelles orientations techniques à lui appliquer, quitte à devoir
occasionnellement répondre à quelques préoccupations techniques futures de leur part, le cas
échéant.

Cela dit, il ne serait pas superflu de rappeler ici, pour que nul n’en ignore, que l’objectif essentiel visé
par la TNT, c’est la réalisation du Service Universel de la Radiodiffusion Télévisuelle dans
chaque pays.

En de termes moins savants, cela signifie tout simplement que chaque Etat a le devoir régalien,
voire l’obligation régalienne, de faciliter l’accès à la radiodiffusion télévisuelle à tous ses
ménages et, singulièrement aux plus démunis, qui n’ont en pratique pas les moyens d’avoir
accès aux autres formes de diffusion de la télévision, à l’instar du câble, de la réception directe
par satellite, du triple-Play par ADSL et/ou par fibre optique, etc.

Perdre de vue cet objectif tout aussi essentiel qu’universel constituerait par conséquent, pour
les responsables désignés de ce projet, un manquement grave, et inadmissible, à la mission à
eux confiée par l’Etat et ce, dans l’intérêt supérieur de la nation.

Avis donc, entre autres à l’autorité en charge des marchés publics, et au Ministre des marchés
publics qui, en aucun cas, ne devraient laisser les procédures engagées se poursuivre en l’état,
sans pour cela aller contre les intérêts vitaux de la nation car, avec une économie de plus d’une
cinquantaine de milliards de FCFA, l’Etat pourrait construire un bon nombre d’hôpitaux,
dispensaires, centres de santé, écoles, lycées, etc.

Dans un pays où l’on peut encore assister, médusé, au spectacle désolant d’élèves assis à
même le sol et ce, dans des « salles de classe » n’ayant d’ailleurs de salles de classe que le
nom, avec pour tables bancs des morceaux de pierres, tel que montré ce mercredi 26 novembre
2014 par la CRTV Télé, et qui plus est, dans une ville comme Figuil, cela constituerait tout
simplement un acte de mépris à l’endroit de nos compatriotes.

Cela dit, autant rassurer tout de suite ceux qui craindraient que notre pays ne soit pas en mesure de
tenir ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale et de l’Union Internationale des
Télécommunications (UIT), en ne réalisant pas son basculement de l’analogique au numérique à
temps.

En effet, la date dont notre pays, tout comme les autres Etats africains devraient essentiellement
se préoccuper, c’est celle du 17 juin 2020 à minuit, au-delà de laquelle le spectre actuellement
alloué à la télévision analogique ne bénéficiera plus d’aucune protection au niveau mondial,
dans la bande VHF III dans laquelle émettent principalement la plupart des chaînes publiques, à
l’instar de la CRTV.

Il convient d’ailleurs de souligner à grands traits, à ce propos, que le fait pour les pays membres de
l’Union Africaine de Radiodiffusion de solliciter de l’UIT le report de la date du 17 juillet 2015 et
ce, en dépit de la multitude de séminaires qui ont eu lieu sur le passage à la TNT peut vouloir
signifier l’une (01) des deux (02) choses ci-après :

1. Soit c’est les responsables africains qui assistent auxdits séminaires qui n’ont pas compris
grand-chose aux enjeux réels de cette transition vers le tout numérique, ce qui paraît
invraisemblable, tout le monde pouvant difficilement mal comprendre les explications à eux
données par ceux qui étaient chargés d’animer lesdits séminaires ;

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2. Soit c’est ces derniers qui, pour des desseins inavoués, se sont méticuleusement gardés de
leur dire le fin mot de l’histoire, et de ne leur dire exclusivement que ce qu’ils voulaient bien leur
faire comprendre.

Pour notre part, nous penchons résolument vers la seconde hypothèse sus évoquée, les intérêts qui
sont en jeu dans cette affaire étant on ne peut plus colossaux et ce, sur divers plans.

A la lumière de tout ce qui précède, nous demandons, le plus officiellement possible, en notre
qualité de citoyen camerounais, doublée de celle d’expert en télécommunications dont les
études ont été financées par le trésor public, la suspension de l’exécution du marché qui vient
d’être confié à Startimes pour la « Réhabilitation Technique de la CRTV » et ce, jusqu’à ce que
notre contreproposition soit présentée, en présence de tous les opérateurs nationaux
concernés, et des institutions en charge de la protection de la fortune publique dans notre pays.

Dans l’espoir que notre message bénéficiera effectivement de toute l’attention appropriée, nous vous
prions, monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir recevoir les assurances de notre parfaite
déférence.

ONDOUA ELLA G.
Copies à :
 Ministre Délégué en charge du CONSUPE
 Ministre des marchés publics
 Procureur Général/TCS
 Président/TCS

PJ :
 Stratégie à adopter pour le passage à la télévision numérique terrestre (Extrait)
 Mémo sur la stratégie à adopter pour le passage à la télévision numérique terrestre
 Requête en vue de faire parvenir certaines contributions au Chef de l’Etat
 Cameroun : Startimes Ltd effectuera la réhabilitation technique de la CRTV, pour 110 milliards
FCfa

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