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ONDOUA ELLA Godfroid Yaoundé, le 21 août 2015.

Ingénieur Principal des Travaux


des Télécommunications
Hors Echelle
Tél : 6 76 00 79 91
e-mail : ondouaeg@hotmail.com
ondouaeg@yahoo.fr. A LA TRES HAUTE ATTENTION DE
SON EXCELLENCE MONSIEUR PAUL BIYA,
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
S/C DE MONSIEUR HENRI EYEBE AYISSI,
MINISTRE DELEGUE A LA PRESIDENCE CHARGE DU
CONTROLE SUPERIEUR DE L’ETAT,
Yaoundé.

Objet : Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux de l’Etat dans le cadre de la réhabilitation
technique de la CRTV et de la migration vers la TNT.

Excellence, monsieur le Président,

Nous avons l’honneur de venir très respectueusement auprès de votre haute bienveillance, vous apporter,
comme d’habitude, notre modeste contribution, cette fois en vue de la préservation des intérêts vitaux de
l’Etat dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT, deux
projets dont la fusion est vivement recommandée, du moment où l’infrastructure de diffusion, qui
en constitue la partie névralgique et l’essentiel de l’investissement, appartient à une seule et
même structure, que c’est le même personnel qui sera chargé d’en assurer l’exploitation et la
maintenance, et qu’une telle fusion permettrait de minimiser drastiquement les coûts
d’investissement et les charges d’exploitation, de simplifier significativement la maintenance,
entre autres à travers la mutualisation des pièces de rechange et de la formation du personnel, de
transformer les émetteurs analogiques en émetteurs TNT après l’extinction de l’analogique, les
mêmes émetteurs devant être adoptés pour les composantes analogiques et TNT, etc.

La présente contribution vient en complément de précédentes contributions similaires, parmi lesquelles


celles-ci-après : « Facilitation de la transition de la télévision de l’analogique au numérique », « Extrait de
la stratégie à adopter pour le passage à la télévision numérique terrestre », « Demande de suspension
du marché confié à Startimes Ltd pour la réhabilitation technique de la CRTV », « Passage du Cameroun
à la télévision Numérique Terrestre, et Réhabilitation Technique de la CRTV », « Stratégie à adopter pour
le passage à la TNT (Extrait) », « Protection de la fortune publique et des droits du consommateur dans
le cadre de la migration vers la TNT », « Nécessité impérieuse de prendre des mesures conservatoires
dans le cadre de la protection de la fortune publique », « Contribution à la réflexion sur la résorption des
difficultés récurrentes de trésorerie de l’Etat », dont des copies vous sont antérieurement parvenues, à
vous, comme à la plupart des autres institutions auxquelles une copie de la présente contribution est
adressée. Elle s’articule sur quatre points essentiels, à savoir :

1. Les commentaires sur la démarche du MINCOM ;


2. Les réserves sur les conclusions des récentes assises organisées par CAM-DTV ;
3. Les principes cardinaux devant régir la mise en œuvre du réseau public de multiplexage et de
diffusion de la TNT ;
4. La nécessité pour les Etats africains de solliciter l’obtention d’une seconde couche multiplex dans
la bande VHF III.

Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 1/17
I. Des commentaires sur la démarche du MINCOM
Avant toute chose, commençons par reproduire cet article paru dans l’édition N° 1015 du mercredi 29
juillet 2015 du journal L’ACTION, ci-devant une « Publication du Comité Central du RDPC », un article
édifiant à plus d’un titre, et dont la teneur suit :

Réhabilitation de la CRTV : Les non-dits d’un marché de dupes

De la procédure de passation à son exécution, le marché de réhabilitation technique du média


public de l’audiovisuel et de démarrage partiel de la TNT au Cameroun est entaché de nombreuses
irrégularités.

Par Serge Williams FOTSO. L’Action N° 1015 du mercredi 29 juillet 2015.

Sauf accident de parcours, dans les tout prochains jours, l’Office de radiodiffusion télévision
camerounaise (CRTV) et Star Software technology Co. Ltd (StarTimes) vont signer une convention de
financement avancé pour la réalisation du projet de réhabilitation technique de la CRTV et le démarrage
partiel de la TNT au Cameroun. Un accord qui, selon les termes du projet de convention dont nous avons
pu nous procurer copie, livre littéralement l’entreprise audiovisuelle publique camerounaise à sa
partenaire chinoise.

Le document dont les signataires proposés sont Issa Tchiroma Bakary, pour le compte de la CRTV en sa
double qualité de PCA et de ministre de la Communication, et le Pdg de StarTimes, Pang Xinxing, stipule
que ledit contrat est signé afin d’accélérer l’exécution du projet dans le but de respecter les délais de
l’Union Internationale des Télécommunications (UIT). Selon ledit contrat qui comporte de nombreuses
clauses léonines (en la défaveur de la partie camerounaise), « StarTimes accepte de mettre en
œuvre une avance financière pour la réalisation d’une partie du projet, avant la mise en place du
financement extérieur du contrat commercial ».

Hold-up
L’avance financière, d’un montant de 21.785 576,57 dollars, soit plus de 13 milliards de Fcfa
(13 055 703 680,17 Fcfa), divisée en sept parties, couvre entre autres, l’installation du système de
réception numérique, l’équipement et la mise en service d’un centre d’appel, l’installation de
pylônes à Yaoundé et à Douala, et l’achat des équipements et matériels de fonctionnement. Les
deux parties s’accordent pour le remboursement de cette avance financière par la CRTV, du
montant total et des intérêts, au taux de 4,5% par an ! Plus grave, la clause 3.5 de la convention
voile à peine les intentions de réaliser un hold-up sur la CRTV : « A défaut de rembourser le
montant initial et les intérêts dans les conditions prévues (…) StarTimes bénéficie d’office du droit
d’exploitation exclusif des infrastructures et des équipements concernés par la présente
convention ainsi que le droit d’exploitation exclusif des services de télévision numérique sur le
réseau TNT de la zone de Yaoundé et de Douala, jusqu’à l’extinction de la créance ». Nos sources
ont hâte de voir le Conseil d’administration qui autoriserait la signature d’un contrat aussi
défavorable. Et ce n’est pas le plus grand des forfaits que de nombreuses parties prenantes au
dossier dénoncent dans ce contrat.

On se souvient que le gouvernement camerounais avait confié à la société StarTimes Ltd, le 21


novembre 2014, le marché pour la réhabilitation technique de la CRTV, pour un montant total de
110 milliards de Fcfa. Le contrat commercial y relatif avait à son tour été signé le 18 décembre. En
janvier 2015, une commission de préparation de la convention de concession relative à l’exploitation de
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 2/17
l’infrastructure technique de la CRTV, présidée par Félix Zogo, conseiller technique n°1 du Mincom, était
installée.

Après un mois de retard, c’est finalement le mardi 14 juillet 2015 que le Cameroun bascule à la télévision
numérique terrestre tel que préconisé par l’UIT. La date butoir pour cette transition avait été fixée au 17
juin 2015 par l’Union. Le ministre de la Communication, par ailleurs Vice-président du Comité national de
pilotage de la migration de l’analogique au numérique, monte lui-même au créneau pour annoncer la
« bonne » nouvelle.

La presse s’empresse de se faire l’écho selon lequel, les ménages de Yaoundé et Douala reçoivent
gratuitement 12 chaînes en signal numérique, dont 8 chaînes locales (Crtv, Canal 2 International, Stv,
Equinoxe Tv, Vision 4, Ltm, Dbs, Camnews 24) et 4 chaînes étrangères (Bbc World News, Tv5 Monde
Afrique, France 24, Tiji). La diffusion numérique est opérée à partir de l’infrastructure de la Crtv, opérateur
choisi par le gouvernement camerounais. Ce basculement à la TNT se fera de manière graduelle et
progressive affirme-t-on au ministère de la Communication. Yaoundé et Douala, ainsi que leurs localités
environnantes ont été sélectionnées pour les tests, puis suivront Bamenda et Garoua avec leurs
périphéries. Le reste du territoire sera couvert progressivement. Soit.

Tnt, le grand bluff


Happy end pour un dossier qui, jusqu’ici, avait fait couler beaucoup d’encre et de salive, se sont précipités
de clamer certains. On se souvient que ce marché avait été attribué dans des conditions pour le moins
troubles, sous prétexte de délais à respecter. Au point où on en est, toutes les tentatives de retrouver les
traces d’un maître d’œuvre se sont avérées infructueuses, que ce soit auprès du ministre délégué à la
présidence de la République chargé des Marchés publics (Minmap) ou à l’Agence de régulation des
marchés publics (Armp).

Pis encore, vérification faite, en fait de migration de l’analogique au numérique, il n’en est rien du
tout. « Le Cameroun n’a pas basculé vers la TNT, il s’agit plutôt des essais qui sont en train d’être
réalisés par la Crtv et son partenaire Allemand Téléconsult », confie un membre de la commission
de préparation de la convention de concession relative à l’exploitation de l’infrastructure
technique de la Crtv, ayant requis l’anonymat.

Comment expliquer le mutisme de l’unité de pilotage de cette importante transition, face à ce flou
artistique ? Notamment le Coordonnateur de Cameroun Digital Television (Cam-DTV) le Comité national
de pilotage de la migration de l’analogique au numérique, approché en date du 15 juillet 2015. François
Bolvine Wakata n’a trouvé aucune autre réponse que de nous demander, cinq jours plus tard, de « bien
vouloir vous adresser au Mincom ». Le Conseiller du Premier ministre ignorait sans doute notre tentative
malheureuse du 11 juillet 2015, de rencontrer le Vice-président du Comité de Réhabilitation. En principe,
l’interlocuteur, le mieux placé pour apporter des réponses à nos préoccupations.

Réhabilitations fictives
Autre déception. Après que le choix fut porté sur StarTimes, on craignait qu’au-delà de la
réhabilitation, l’exploitation des médias audiovisuels publics soit carrément concédée à
l’entreprise chinoise, ou tout autre entreprise privée ou étrangère. C’est quasiment chose faite
aujourd’hui, puisque la concession de distribution des modems devrait revenir au géant chinois,
en lieu et place de la Crtv.

Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 3/17
« Il s’agit en effet d’un cheval de Troie, cette réhabilitation », confie un autre membre du Comité
qui voit en la démarche, une tentative malicieuse de spoliation de la Crtv. Car ceci va permettre à
StarTimes d’exercer sans contrepartie une concession de distribution de TNT préfabriquée, en
lieu et place de l’entreprise camerounaise.

Comme si cela ne suffisait pas, l’entreprise, qui fabrique pourtant des décodeurs, déclare en avoir
acheté 200 000 pour un montant total de 13 millions de dollars (7 790 665 870 Francs Cfa). De
même que le géant chinois affirme que le prix de revient d’un décodeur est de 32.000. « Faux »,
rétorque encore une de nos sources, pour qui un décodeur coûte en réalité 50 dollars, soit 29 964
Francs Cfa. « Et quand il s’agit d’un achat en quantités importantes, les prix peuvent baisser
jusqu’à 20, voire 15 dollars », c’est-à-dire entre 11 985 et 8 989, confie-t-il.

Les 26 000 francs de gap que devra supporter la Crtv, à la demande de son PCA afin que le
décodeur revienne en moyenne à 6 000 francs l’unité à chaque ménage camerounais, ne seraient
donc qu’une grosse arnaque à ciel ouvert. Une double arnaque d’ailleurs, puisque le ministre des
Finances avait annoncé avoir ordonné l’exonération des 200 000 décodeurs des droits de douane.

Autre arnaque, les stations de relais de Mbankolo et de Logbessou que StarTimes prétend avoir
réhabilitées à hauteur de 15 milliards de Francs Cfa, il n’en est rien, puisque l’entreprise n’a en
réalité fait que monter une petite unité d’expérimentation à Mbankolo, à côté des installations de
la Crtv, soigneusement gardées par nos forces de défense, ce jeudi 22 juillet.

Au vu du nombre de pays qui y ont eu maille à partir avec StarTimes (RD-Congo, Île Maurice, Zambie,
Madagascar, etc.), l’on ne comprend pas que le Cameroun puisse lui faire ainsi confiance. A moins qu’il
n’existe d’autres éléments de considération que le commun des Camerounais ignore.

Serge Williams FOTSO.


Comme on peut le constater, amèrement d’ailleurs, l’article qui précède est venu confirmer ce que nous
n’avons cessé de dénoncer depuis plusieurs mois de cela déjà, à savoir la volonté inébranlable de
monsieur le MINCOM ISSA TCHIROMA BAKARY et Compagnie de distraire massivement la fortune
publique dans cette affaire, dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la
migration vers la TNT, au risque de créer un dangereux précédent en permettant, ni plus, ni moins,
à StarTimes de faire main basse sur l’infrastructure publique de diffusion de la TNT dans les villes
de Yaoundé et Douala, tout comme sur la TNT en général dans lesdites localités, cette fois au
détriment de tous les opérateurs privés de TNT, à l’instar de Free Africa, TNT Africa, Canalsat,
TV+, etc., et de l’Etat, qui devrait alors renoncer à leur céder des titres d’exploitation.

Cela est d’autant plus condamnable que le MINCOM s’était permis, pince sans rire, de se payer
royalement la tête des Parlementaires et ce, dans leurs propres installations, et en particulier dans
l’hémicycle de Ngoa Ekelle, en prétendant que « pour remercier le Chef de l’Etat de lui avoir
personnellement attribué le contrat relatif à la réhabilitation technique de la CRTV, StarTimes
entend assurer gratuitement la migration au numérique des villes de Yaoundé et Douala », ce qui
est totalement aux antipodes de cette fameuse clause 3.5 susvisée, qui stipule que « A défaut de
rembourser le montant initial et les intérêts dans les conditions prévues (…) StarTimes bénéficie
d’office du droit d’exploitation exclusif des infrastructures et des équipements concernés par la
présente convention ainsi que le droit d’exploitation exclusif des services de télévision numérique
sur le réseau TNT de la zone de Yaoundé et de Douala, jusqu’à l’extinction de la créance ».

Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 4/17
En même temps, la démarche du MICOM, qui consiste, d’une part à vous attribuer, sans vergogne, la
paternité de sa forfaiture et, d’autre part, à manquer solennellement de respect au Parlement et, à travers
lui, au peuple camerounais qu’il représente, prouve, si besoin en était, son manque total de scrupule, tout
comme sa prédisposition à recourir à toutes sortes de moyens, y compris les plus répréhensibles, pour
parvenir à ses fins.

A notre humble avis, il ne serait pas très judicieux de la part de l’Etat de laisser quiconque se payer
ainsi solennellement la tête de ses Parlementaires, car non seulement cela pourrait très vite faire
des émules, mais en outre, cela serait de nature à remettre en question le sérieux même de notre
pays.

Maintenant qu’il est évident – entre autres à la lumière de la démarche de monsieur le président
du Comité de Pilotage de CAM-DTV, par ailleurs Secrétaire Général des services du Premier
Ministre, monsieur Louis Paul MOTAZE, de la bataille que si livrent désormais monsieur le
MINCOM et lui, et de l’indignation de l’organe de presse du Comité Central du RDPC qu’est
L’ACTION – que vous ne « pilotez pas personnellement » cette forfaiture de monsieur le MINCOM
ISSA TCHIROMA et Compagnie, le Tribunal Criminel Spécial qui, manifestement, hésitait encore
à engager formellement une procédure contre le MINCOM, tant qu’il n’était pas sûr que vous n’êtes
personnellement impliqué dans cette affaire, n’aura plus logiquement aucune raison valable de
refreiner ses ardeurs, la tentative de distraction de la fortune publique étant maintenant on ne peut
plus évidente dans cette affaire.

C’est le lieu d’attirer ici, très respectueusement, une fois de plus, votre très haute attention, sur le
discrédit que le comportement de certains hauts commis de l’Etat qui, sans vergogne, ne cessent
de vous attribuer au quotidien la paternité de leurs forfaitures, est susceptible de jeter sur la
sincérité de « l’Opération Epervier ». L’on ne saurait par conséquent trop insister sur l’impératif,
pour chaque prévaricateur, d’endosser personnellement la paternité de ses actes.

II. Des réserves sur les conclusions des récentes assises organisées par
CAM-DTV
Comme dans le cas précédent, nous nous appuierons principalement sur l’article paru dans l’édition N°
105 du mardi 11 au 18 août 2015 de l’hebdomadaire DEFIS ACTUELS qui, nous osons l’espérer, reflète
assez fidèlement les conclusions des assises présidées par le Président du Comité de Pilotage et de suivi
de la mise en œuvre de la Télévision Numérique Terrestre au Cameroun (CAM-DTV), monsieur Louis
Paul MOTAZE, le 1er août dernier à Yaoundé, dont la teneur suit :

Télévision : La guerre des contenus


Face à l’invasion des chaînes de télévision étrangères et de leurs contenus parfois en déphasage
avec nos valeurs culturelles, le gouvernement décide de constituer un bouquet gratuit de 30
chaînes nationales.

Par Jean Luc Fassi et Yves Tchenang – Hebdomadaire DEFIS ACTUELS.

… Les assises du 1er août dernier avaient pour enjeu d’endiguer l’invasion des chaînes de
télévision étrangères qui véhiculent souvent d’étranges valeurs culturelles, et promouvoir la
renaissance d’une industrie locale de la production audiovisuelle.

Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 5/17
« Le temps est venu de privilégier une approche résolument nationale de la production des contenus,
pour mettre fin à l’acculturation programmée de nos populations, qui s’abreuvent presque exclusivement
à la culture étrangère. La bataille que nous devons remporter, c’est celle de la reconquête de l’audience
au profit des chaînes nationales, afin de nous réapproprier notre souveraineté culturelle ». En tenant ces
propos le 4 août dernier à l’ouverture de la consultation nationale relative à la constitution du 1 er bouquet
de chaînes TNT et à l’élaboration d’un guide de contenus audiovisuels, Louis Paul Motaze, le Secrétaire
Général des services du Premier ministre et président du Comité de pilotage et de suivi de la mise en
œuvre de la Télévision Numérique Terrestre au Cameroun, campait l’enjeu de ces assises, à savoir :
endiguer l’invasion des chaînes de télévision étrangères qui véhiculent souvent d’étranges valeurs
culturelles, et promouvoir la renaissance d’une industrie locale de la production audiovisuelle compétitive,
et dans laquelle les camerounais se reconnaissent. « Les suggestions issues de vos délibérations
permettront l’élaboration du tout premier guide national des contenus, conçu par les camerounais et pour
les camerounais, en vue d’une reprise en main de notre souveraineté culturelle », lançait M. Motaze
comme un défi aux participants, constitués d’experts de l’Unité Technique Opérationnelle, de
représentants du Parlement, de la société civile, des associations de défense des droits des
consommateurs, des professionnels de la communication, des professions libérales, des autorités
traditionnelles et religieuses, des syndicats, des élus locaux, des partis politiques, des enseignants des
universités et grandes écoles, ainsi que des médecins, éditeurs, cinéastes, musiciens, comédiens et
autres acteurs culturels. Un défi qui consiste à mettre en place de manière à la fois réaliste et
consensuelle un bouquet gratuit, attractif et compétitif, qui réunit toutes les chaînes recueillant l’adhésion
du public et qui donne accès à de nouvelles chaînes avec des contenus que le téléspectateur recherche
sur les bouquets internationaux. Ce qui suppose la conception d’une offre nationale de programmes
séduisants et diversifiés pour reconquérir le téléspectateur afin de protéger les chaînes nationales face à
la concurrence internationale et en conséquence, assurer une bonne place aux chaînes nationales sur
les plateformes de la télédistribution.

Pour l’ensemble des participants, « la réappropriation de nos valeurs passe par la diffusion soutenue de
programmes adaptés à nos cultures et à nos besoins. Et dans ce sens, le premier bouquet TNT, en
s’adressant à un public large sur des sujets qui les intéressent et qui s’inspirent de leur vécu, ira à la
reconquête d’un public dont l’évaporation est avérée ». Ces principes étant admis, il reste à organiser la
faisabilité financière de ces belles intentions. Car, comme le souligne le diagnostic préalablement élaboré,
la production des programmes coûte cher, et pour faire simple, les promoteurs de télévision préfèrent
acheter des programmes étrangers, qui sont soutenus par une forme de dumping culturel financés par
leurs pays : « le coût horaire de production des programmes patrimoniaux camerounais est au moins de
deux à trois fois supérieur à celui de l’achat de programmes étrangers, au détriment des programmes
locaux de ce type ». Cet état des lieux nous oblige à gérer avec réalisme la question des quotas de
contenus locaux pour ne pas compromettre la viabilité des chaînes nationales. L’Etat a apporté un début
de solution au déficit de productions locales en créant un Fonds Spécial (encore un) de Développement
de l’Audiovisuel dans la Loi 2015, qui vise à encourager la production indépendante des œuvres
patrimoniales au moyen d’un soutien financier.

CAHIER DE CHARGES

Pour ce premier grand colloque du genre, la moisson est plutôt encourageante. On en retient par exemple
que pour la mise en place de ce premier bouquet de trente chaînes TNT, les Camerounais disposeront
de 6 télévisions de service public avec une option alternative pour une extension à 10 chaînes, tandis
que la part réservée aux promoteurs privés de télévision sera de 24 chaînes. Ces travaux ont également
abouti à la détermination des grands groupes de critères d’éligibilité des chaînes au bouquet gratuit de la
TNT, en plus des conditions légales exigibles pour l’accès au statut d’éditeur de programmes, à savoir :
l’étendue de la zone de couverture, les prescriptions éditoriales, les spécifications techniques, les
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 6/17
obligations administratives et financières, le respect de la diversité et la signature des cahiers de charges
technique, éditorial et administratif qui seront élaborés par le régulateur. Il s’agira dans ce cadre, de
« constituer une offre de programmes complète et complémentaire, reflétant non pas le caractère public
ou privé des capitaux des sociétés éditrices de programmes, mais un bouquet unique et réuni dans la
diversité de l’offre incarnant la voix du Cameroun à l’extérieur et reflétant l’expression consensuelle des
différentes composantes de notre société ». On notera également parmi les nombreuses résolutions,
l’instauration progressive des quotas de diffusion des programmes locaux à l’horizon 2025. Selon le
rapport des travaux dont Défis Actuels a pu obtenir copie, « pour les chaînes publiques, le quota de
départ en matière de production nationale a été fixé à 40% à l’année de référence 2015. Il devrait atteindre
60% à l’horizon 2025. Pour les chaînes privées, ces quotas sont respectivement de 30% en 2015 et 70%
en 2025. (…) En ce qui concerne la production interne des éditeurs, qui suppose l’acquisition de
programmes sur le marché national, les quotas ci-après ont été suggérés. Pour les chaînes publiques,
un plancher de 60% en 2015 qui devrait diminuer pour atteindre 20% en 2025. Pour les chaînes privées,
l’acquisition de la production indépendante nationale a été fixée à 50% à l’année de référence 2015, et
80% à l’horizon 2025 ».

Répartition des 30 premières chaînes du bouquet TNT


Pour le service public de la télévision, six (06) chaînes :

 Une (01) chaîne généraliste ;


 Une (01) chaîne d’information continue ;
 Une (01) chaîne éducation, jeunesse, sport et culture urbaine ;
 Une (01) chaîne culture, terroirs, découvertes ;
 Une (01) chaîne gouvernementale, parlementaire de la vie publique ;
 Une (01) chaîne religion.

Pour les secteurs privés, un maximum de vingt-quatre (24) chaînes, réparties ainsi qu’il suit :

 10 chaînes généralistes ;
 4 chaînes thématiques d’information continue ;
 2 chaînes thématiques de l’actualité internationale ;
 2 chaînes thématiques sport ;
 4 chaînes thématiques diversité culturelle ;
 2 chaînes thématiques genre et couches vulnérables.

Jean Luc Fassi et Yves Tchenang.


Il convient, de prime abord, de souligner que nous souscrivons en grande partie à la démarche entreprise
par CAM-DTV, tant parce qu’elle a le mérite de mettre un terme à l’opacité totale qui régnait jusque-là sur
les conditions d’éligibilité au bouquet de la TNT, que parce qu’une bonne partie de ses préoccupations
cadrent parfaitement avec les principes que nous avons déjà eu à énoncer dans nos précédentes
contributions susvisées.

Cela étant, à la lumière du compte-rendu qui précède, et sous réserve de sa fidélité aux conclusions
desdites assises, nous ne pouvons nous empêcher d’émettre quelques réserves sur certaines desdites
résolutions, parmi lesquelles :

1) Le bien-fondé de la fixation, de façon totalement arbitraire, du nombre de chaînes du bouquet


public de la TNT à trente (30) et ce, indépendamment des conséquences que ce nombre de
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 7/17
programmes peut avoir aussi bien sur les coûts d’investissement, que sur les charges
d’exploitation, et donc sur la viabilité et la pérennité du réseau public de la TNT concerné.

Il conviendrait, en effet, de souligner, à grands traits, pour que nul n’en ignore que, pour
comporter à court terme jusqu’à trente (30) chaînes, dans les conditions actuelles de l’évolution
technologique, ledit réseau devrait être constitué d’au minimum deux (02) réseaux TNT
superposés, à savoir, un minimum de deux (02) multiplexes au niveau de la « Tête de réseau »
– voire carrément trois (03) multiplexes, en fonction du fabricant – et, pour chacun des centres
de diffusion, de deux (02) émetteurs, étant entendu que, pour un multiplex de douze (12) chaînes
tel que celui déployé par TELECONSULT, la CRTV et le MINCOM, il faudrait en fait trois (03)
multiplexes au niveau de la Tête de réseau, et trois (03) émetteurs par centre de diffusion.

Inutile de préciser que la multiplication des équipements entraîne, de façon incontournable,


la multiplication des coûts d’investissement et des charges d’exploitation avec, pour
conséquence, une sérieuse hypothèque sur la viabilité et la pérennité du réseau concerné.
A cela s’ajoutent les coûts d’investissement et les charges d’exploitation relatifs à la réhabilitation
technique de la CRTV, s’agissant du volet relatif au réseau de diffusion analogique de la
télévision, condamné à fonctionner concomitamment avec le réseau TNT pendant toute la durée
de la période dite de « Simulcast » et ce, jusqu’à l’extinction de l’analogique, le jour où un
minimum de 85% des ménages auront fini par changer de mode de réception de la télévision, ce
qui est susceptible de prendre de nombreuses années.

Dans un pays où l’opérateur public qu’est la CRTV éprouve toutes les peines du monde à
assurer un fonctionnement permanent du réseau analogique existant, composé d’une
quarantaine de centres de diffusion, la superposition d’un double, voire d’un triple réseau
de multiplexage et de diffusion consacré à la TNT, doublé du passage du nombre de
centres de diffusion d’une quarantaine à près de cent vingt-quatre (124) s’apparente, ni
plus ni moins, à un suicide en bonne et due forme.

Il convient d’ailleurs de ne pas oublier de souligner que, parallèlement au réseau de diffusion


de la TNT, et à celui de diffusion de la télévision analogique pendant les années de
« Simulcast », la CRTV devra en outre continuer de supporter les coûts d’investissement
et les charges d’exploitation relatifs au réseau de diffusion de la radiodiffusion sonore,
dont la couverture nationale est susceptible d’être étendue, incluant près d’une vingtaine
de stations supplémentaires, lors de la réhabilitation technique de la CRTV, engendrant
inévitablement des charges supplémentaires considérables ;
2) Le bien-fondé de la pression, à notre humble avis totalement injustifiée, que l’on voudrait ainsi
exercer sur l’Etat, en lui recommandant de créer, à relativement court terme, jusqu’à cinq (05)
chaînes de télévision thématiques publiques de toutes pièces, avec possibilité de création de
quatre (04) chaînes publiques supplémentaires à terme et ce, dans une situation financière qui
est loin d’être reluisante, où le Chef de l’Etat n’en finit plus de signer des Ordonnances, pour
relever le plafond des emprunts autorisés dans le cadre de l’exercice budgétaire en cours, qui
atteignent actuellement la vertigineuse somme de 1.700 milliards de FCFA et ce, pour faire face
à une partie des obligations régaliennes de l’Etat. Il ne serait pas superflu de souligner que la
dépense publique devrait, plus que jamais, s’opérer uniquement en fonction des priorités.
L’avenir de tout un peuple, plus que jamais, en dépend. Et l’on ne saurait prouver que la
création à court terme d’autant de chaînes de télévision publiques en soit effectivement
une ;
3) Le caractère réaliste de la volonté de susciter la création, à relativement court terme, de plus
d’une dizaine de chaînes de télévision privées pour la plupart thématiques, par ailleurs
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 8/17
supposées financièrement viables et ce, sous le seul prétexte de la migration vers la TNT, dans
un environnement dans lequel la plupart des chaînes privées existantes continuent d’opérer sur
la seule base de la tolérance administrative à ce jour, faute de moyens suffisants pour pouvoir
acquérir formellement des licences ;
4) La décision, pour le moins inédite, pour un Etat laïc tel que le Cameroun, dans lequel foisonnent
diverses obédiences religieuses, de prendre sur lui de créer une chaîne religieuse publique,
faisant ainsi, inéluctablement, le lit de futures revendications de celles d’entre lesdites obédiences
qui, pour une raison ou pour une autre pourraient, à tort ou à raison, s’estimer lésées avec, pour
conséquences inévitables, des risques non négligeables pour l’Etat de finir par porter, lui-même,
un sérieux coup à la cohabitation pacifique des différentes obédiences religieuses ;
5) L’absence de quotas explicites pour les chaînes d’expression anglaise parmi les programmes
constitutifs du futur bouquet public de la TNT, dans un pays où les ressortissants des Régions
anglophones s’estiment déjà officiellement, pour de nombreuses raisons, victimes de
marginalisation, faisant ainsi le lit de futures revendications abondant dans le même sens ;
6) L’absence d’une mention explicite de la possibilité d’intégrer des chaînes locales dans le bouquet
public de la TNT, à savoir, la possibilité pour les localités abritant des centres de diffusion de
disposer d’une chaîne communale ou privée de proximité ;
7) Le bien-fondé de l’ingérence de l’Etat dans la thématique des chaînes privées en instituant, de
fait, une sorte de discrimination en faveur de certains éditeurs, à l’instar du Groupe Canal2, de
STV, etc., pour ne citer que ces cas. En effet, une fois le quota de dix (10) chaînes généralistes
privées atteint, les autres promoteurs qui ne trouveraient aucun intérêt à ne créer que des chaînes
thématiques pourraient tout bonnement ne pas avoir d’autre alternative que de jeter l’éponge ;
8) La distinction peu évidente qu’il y aurait entre une « chaîne thématique d’information continue »
et une « chaîne thématique de l’actualité internationale », un total de six (06) chaînes privées
étant dédiées à ce type particulier de chaînes, dont on pourrait d’ailleurs, à juste titre, avoir
quelques doutes sur ce qui pourrait bien motiver des promoteurs privés à en créer autant – à
savoir près de deux (02) fois plus de « chaînes thématiques d’information continue » que la
France, par exemple et ce, à court terme – tout comme sur l’audience réelle que chacune d’entre
elles pourrait bien avoir ;
9) Les raisons susceptibles de motiver la création, à court terme, de deux (02) « chaînes
thématiques genre et couches vulnérables » par des promoteurs privés, sauf à vouloir autoriser
les lobbies homosexuels et/ou féministes, qui généralement disposent d’énormes moyens
financiers, à en créer pour faire pression sur l’Etat, afin de revendiquer on ne sait quels prétendus
droits de l’homme, et de précipiter, par la même occasion, la mort de la famille et de ces valeurs
culturelles que l’on est pourtant, officiellement, supposé protéger dans cette affaire ;
10) La nécessité de multiplier des sources de dépenses à l’infini, par la création d’une foultitude de
chaînes dont le financement serait principalement assuré par les fonds publics, et dont l’utilité
réelle est loin d’être évidente pour tout le monde ;
11) La non-inclusion spécifique de l’obligation pour les éditeurs privés qui postulent à l’intégration de
leurs chaînes dans le bouquet public de la TNT de se conformer préalablement, et strictement,
aux dispositions pertinentes des conventions collectives en vigueur dans leur secteur ;
12) La propension à dépenser, sans compter, et sans raison valable, l’argent du contribuable, dans
un pays où la majorité de la population vit dans l’indigence, et où les promoteurs des organes de
presse, pour la plupart, font très peu cas des conventions collectives en vigueur, des populations
pour lesquelles l’ajout, à court terme, d’un multiplex supplémentaire sur le bouquet public de la
TNT, ne revêt manifestement aucun caractère prioritaire, ni vital ;
13) La non-apparition formelle du contrôle des résultats des chaînes de télévision concernées dans
la liste des conditions d’éligibilité des chaînes au bouquet gratuit de la TNT, à l’instar du bilan, du
compte de résultat, du rapport de gestion, etc. ;

Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 9/17
14) La non-détermination, de manière transparente et non-discriminatoire, lors de ces assises, du
coût des concessions de multiplexage et/ou de diffusion, ce qui fait que personne ne saurait dire
dans quelles conditions les bouquets TNT privés présents sur le marché national fonctionnent,
et encore moins ce que cela apporte dans les caisses du trésor public. C’est à croire que l’on a
décidément beaucoup de peine à se départir de l’opacité dans notre pays, où l’on juge
apparemment qu’il est plus indiqué d’emprunter des centaines, voire des milliers de milliards de
FCFA, plutôt que de commencer par valoriser, à son juste prix, le patrimoine national ;
15) Dans la situation actuelle de l’économie camerounaise, et du marché local de la publicité, il
semble évident que ce n’est pas de la publicité que viendront l’essentiel des fonds qui vont
permettre d’assurer la viabilité d’une trentaine de chaînes de télévision, qui plus est, à
relativement court terme. D’où la question, une fois de plus, de la justification de cette volonté
gouvernementale de faire créer autant de chaînes, dont personne ne serait capable de garantir
la viabilité ;
16) Dans un pays où le spectre de fréquence a déjà entièrement été bradé aux opérateurs de
téléphonie mobile pour les quinze prochaines années, y compris le spectre dédié à la 4G
issu du dividende numérique attendu de la migration de la télévision vers la TNT, il est
évident que l’on peut faire une croix sur la principale source potentielle
d’approvisionnement du Fonds Spécial de développement de l’audiovisuel que constitue
la quote-part des droits d'entrée et de renouvellement des concessions des opérateurs de
réseaux de communications électroniques ouverts au public. D’où la question récurrente de
savoir avec quoi cette pléthore de chaînes de télévision vont pouvoir être subventionnées, à moins
que ce ne soit par nos impôts ;
17) La provenance des fonds devant servir à assurer, et à court terme, le fonctionnement permanent
des deux (02) chaînes thématiques de sport à créer de toutes pièces, quand on sait que de telles
chaînes seraient contraintes de s’appuyer principalement sur les évènements sportifs
internationaux, dont les droits coûtent excessivement chers, et ce d’autant plus que nous
sommes dans un pays où la médiocrité des performances sportives, s’agissant par exemple du
cas particulier du football, a fini par chasser les spectateurs des stades, et où très peu de gens
s’intéressent aux retransmissions en direct des matches du championnat de football d’élite
assurées par la chaîne Canal 2 ;
18) Etc.

D’un autre côté, il ne serait pas très réaliste de discuter des conditions d’éligibilité des chaînes au
bouquet public gratuit de la TNT, sans discuter d’une détermination concertée, voire
consensuelle, des indispensables contributions des chaînes privées aux charges d’exploitation
du réseau public de la TNT, les dispositions de l’alinéa (4) de l’article 20 de la Loi régissant
l’activité audiovisuelle au Cameroun étant difficilement applicables, de manière transparente et
non-discriminatoire, dans le cas spécifique de la CRTV, qui serait alors d’office juge et partie, des
conditions dont seul le respect devrait ensuite être assuré par l’Organe de régulation.

III. Des principes cardinaux devant régir la mise en œuvre du réseau public
de multiplexage et de diffusion de la TNT
Commençons par souligner que l’Etat, dans le cadre de l’obligation qui lui incombe d’assurer le service
universel de la télévision, a l’obligation régalienne d’assurer la mise en œuvre de l’infrastructure de
multiplexage et de diffusion du bouquet public de la TNT, étant entendu que les dispositions pertinentes
de la Loi régissant l’activité audiovisuelle comportent des provisions permettant aux opérateurs
privés de déployer des réseaux de multiplexage et de diffusion qui, eux, n’ont aucune obligation
de service universel.

Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 10/17
Cela étant, comme il est question de déployer un réseau qui, techniquement, permet de diffuser plus de
chaînes que l’ensemble des chaînes du service public, l’Etat, pour permettre aux promoteurs privés
nationaux, dont les chaînes de télévision assurent, elles aussi, des missions de service public, d’étendre
la couverture de leur réseau à l’ensemble du territoire national et, par la même occasion, de bénéficier
eux aussi des retombées positives de la redevance audiovisuelle, décide d’en intégrer certaines dans le
bouquet public de la TNT, dans des conditions d’accès transparentes, et non-discriminatoires,
subordonnées en principe :

 Au paiement des frais de licence, et de toutes les autres obligations financières édictées dans la
Loi régissant l’activité audiovisuelle ;
 Au paiement d’une contribution aux charges d’exploitation du réseau de diffusion, à raison d’un
montant identique, pour des chaînes de même standard de définition.

Cela étant, comme les coûts de déploiement et de fonctionnement dudit réseau seront principalement à
la charge du contribuable et ce, parallèlement aux coûts d’investissement et aux charges d’exploitation
relatifs à la réhabilitation technique des volets radiodiffusion et télévision analogiques de la CRTV, et à
l’extension de la couverture radio et TV analogique à l’ensemble du territoire national, il est vital de
s’assurer de la minimisation des coûts d’investissement et des charges d’exploitation de l’ensemble
desdites infrastructures, condition sine qua non pour garantir :

i. Leur viabilité et la pérennité ;


ii. La limitation de la contribution du trésor public au strict nécessaire ;
iii. La prise en compte des surcoûts engendrés par le fonctionnement concomitant des réseaux de
diffusion de la télévision analogique et de la TNT pendant la période du « Simulcast », qui est
susceptible de durer de nombreuses et interminables années ;
iv. La prise en compte de la nécessité pour le réseau analogique réhabilité de comporter des
équipements utilisables, à terme, par le réseau TNT, sous peine de devoir le mettre au rebut, à
la date d’extinction de l’analogique ;
v. La prise en compte de la nécessité de garantir la disponibilité, et donc la qualité de service sur
l’ensemble du réseau de diffusion, dans des conditions similaires à celles d’un réseau de
communications électroniques ouvert au public ;
vi. La simplification de la maintenance, entre autres à travers la mutualisation des pièces de
rechange et de la formation du personnel ;
vii. La limitation, à leur strict nécessaire, des subventions indispensables à la facilitation de
l’équipement des ménages en dispositifs de réception appropriés de la TNT. A noter que
lesdites subventions sont incontournables et, pour qu’elles ne deviennent pas un boulet
pour l’Etat, il conviendrait de mettre en œuvre un réseau permettant d’en minimiser
l’ampleur, faute de quoi l’ensemble du processus serait inévitablement un échec ;
viii. La préservation des intérêts des opérateurs économiques engagés dans la vente des téléviseurs,
antennes, décodeurs, etc., tout en proscrivant, entre autres, tout monopole dans la vente desdits
appareils et accessoires ;
ix. La préservation des emplois actuels dans la filière de la vente des téléviseurs et autres
accessoires de réception de la télévision, tout comme dans celle du dépannage desdits dispositifs
avec, si possible, l’opportunité d’une création d’emplois supplémentaires dans lesdites filières ;
x. La possibilité de création d’une ou plusieurs usines de montage, voire de fabrication locale des
téléviseurs et autres appareils et accessoires de réception de la TNT ;
xi. Le maintien des charges d’exploitation, combinées à celles de la télévision analogique et
à celles de la radiodiffusion sonore, à une valeur pas trop éloignée de celles actuelles du
réseau de diffusion radio et TV analogique de la CRTV, faute de quoi la viabilité et la
pérennité du réseau public de la TNT seraient fortement compromises ;
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 11/17
xii. Le déploiement d’un réseau de multiplexage et de diffusion en tout point conforme aux règles de
l’art, par contraste aux infrastructures déployées à ce jour par la CRTV et/ou le MINCOM, où l’on
enregistre des pylônes qui s’écroulent de part et d’autre ;
xiii. Etc.

Comme vous pouvez vous-même le constater, entre autres à la lumière de toutes les contributions que
nous vous avons fait parvenir à ce propos jusqu’à ce jour, et des propositions techniques de CAM-DTV
et de StarTimes, notre contreproposition est la seule à prendre parfaitement en compte toutes les
préoccupations qui précèdent, et bien d’autres.

Notre contreproposition intègre par ailleurs la possibilité de débuter par un multiplex unique comportant
une vingtaine de programmes en définition standard (SDTV) avec la norme MPEG-4 AVC/H.264,
étant entendu que ce nombre est susceptible d’évoluer plus tard à la hausse, vers une trentaine de
chaînes, sur un seul multiplex au niveau de la tête de réseau, et un seul émetteur par site et ce, sur
à peine une cinquantaine de centres de diffusion, grâce à l’adoption de la norme MPEG-4
HEVC/H.265, une fois qu’elle sera mature.

Naturellement, on pourrait toujours éventuellement ajouter un multiplex supplémentaire à l’issue de


l’extinction de l’analogique, ce qui est susceptible de permettre la diffusion d’une soixantaine de
programmes TV en définition standard (SDTV), voire plus, si jamais la nécessité venait par hasard à
s’imposer et ce, avec les émetteurs installés dans le cadre du présent projet, étant entendu que les
émetteurs analogiques susvisés pourraient indifféremment, à la commande, fonctionner en analogique
ou en numérique, le basculement d’un mode à l’autre s’opérant en appuyant tout simplement sur un
bouton.

A contrario, les préconisations techniques de CAM-DTV, de StarTimes, TELECONSULT, etc., s’illustrent


toutes par la propension à vouloir dépenser, sans compter, de l’argent dont notre pays ne dispose même
pas, voire carrément à mettre en œuvre une sorte d’éléphant blanc dont personne ne se préoccupe
réellement ni de la viabilité, ni de la pérennité, et encore moins de la provenance des fonds devant
permettre de supporter, sans que cela soit exhaustif :

 Les coûts déraisonnables d’investissement ;


 Les charges vertigineuses d’exploitation ;
 Les montants déraisonnables des subventions indispensables à l’équipement des ménages en
dispositifs de réception de la TNT ;
 Etc.

La table des matières ci-après permet, en passant, de confirmer, si besoin en était, la prise en compte de
l’ensemble des volets relatifs à la réhabilitation technique de la CRTV et à la migration de la télévision
vers la télévision numérique terrestre – des volets qui se rejoignent, du moment où c’est la même
infrastructure de diffusion, à savoir celle de la CRTV, qui devra les supporter – une étude dans laquelle
rien, mais alors absolument rien, n’aura été laissé au hasard.

A. Radiodiffusion Télévisuelle Terrestre (TNT) 8


I. Etat des lieux 8
II. Problème à résoudre 8
III. Modèle de Transition préconisé 18
IV. Equipement des populations en matériels de réception appropriés 18
V. Implantation des centres de diffusion à travers le territoire 20
VI. Comment assurer une transition souple et peu coûteuse 21
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 12/17
VII. Type de compression (Codage source) préconisé 27
VIII. Standard de diffusion préconisé (Codage canal) 28
IX. Format de télévision préconisé 28
X. Configuration de Planification de Référence (CPR) 28
XI. Réseau de Référence (RR) 29
XII. Choix des antennes 42
XII.1. Antennes de la TNT 42
XII.2. Antenne de la station terrienne de la CRTV à Mballa II 48
XII.3. Antennes de réception par satellite des centres de diffusion de la TNT 48
XII.4. Antennes de radiodiffusion sonore 48
XII.5. Power Splitters 58
XII.6. Autres composantes du système d’antennes 61
XIII. Choix des Guides d’ondes, de leurs accessoires, des kits de fixation et de 68
protection
XIV. Choix du dispositif de Pressurisation 76
XV. Garantie des Rapports de protection 77
XVI. Compression, Multiplexage, Transport, et Diffusion 80
XVI.1. Tête de réseau 81
XVI.2. Equipement des centres de diffusion 83
XVI.3. Dispositif de distribution du multiplex sur l’ensemble du réseau TNT 84
XVI.4. Contributions à partir des centres de diffusion 84
XVI.5. Aperçu des spécifications techniques de quelques-uns des équipements 89
pressentis
XVI.6. Datacenter 102
XVI.7. Quelques sources potentielles de revenus additionnels 105
XVII. Spécifications techniques des émetteurs analogiques et TNT 114
XVIII. Spécifications techniques des installations d’énergie, de la climatisation et de 120
l’éclairage
XVIII.1. Installations d’énergie 120
XVIII.2. Froid et climatisation 126
XVIII.3. Eclairage et balisage 126
XIX. Audit, Réhabilitation, Rallonge, Reconstruction et/ou Construction des pylônes 126
XIX.1. Caractéristiques des pylônes 130
XIX.1.1. Considérations matérielles 132
XIX.1.1.1. Structure des pylônes 132
XIX.1.1.2. Les haubans 134
XIX.1.1.3. Les isolateurs 134
XIX.1.1.4. Fournitures et montage 134
XIX.1.1.5. Conditionnement et transport 135
XIX.1.2. Les finitions 135
XIX.1.2.1. Protection anticorrosion 135
XIX.1.2.2. Balisage diurne 135
XIX.1.3. Les Dispositifs d’accès 136
XIX.1.3.1. Echelle à crinoline 136
XIX.1.3.2. Support de guides d’ondes 136
XIX.1.3.3. Plateformes de repos et de travail 137
XIX.1.4. Les dispositifs électriques 137
XIX.1.4.1. Balisage nocturne 137
XIX.1.4.2. Prises de courant 138
XIX.1.4.3. Prises de terre 138
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 13/17
XIX.1.4.4. Paratonnerre 138
XIX.1.4.5. Système anti-intrusion (norme NF EN 85.012) 138
XIX.1.5. Reconstruction, redéploiement et rallonge de pylônes 138
XIX.1.6. Conception et érection des pylônes 139
XIX.1.7. Contrôles de conformité 140
XIX.1.7.1. Les produits 140
XIX.1.7.2. Aciers 140
XIX.1.7.3. Haubans 140
XIX.1.7.4. Bétons 140
XIX.1.7.5. Peintures 141
XIX.1.7.6. Fouilles 141
XIX.1.7.7. Résistances des mises à la terre 141
XIX.1.7.8. Verticalité des pylônes 141
XIX.1.7.9. Qualité des soudures 141
XIX.1.8. Sécurité sur le chantier 141
XIX.1.9. Procédures d’inspection, d’entretien et de maintenance des pylônes 142
XIX.1.10. Documentation à fournir 145
XX. Réhabilitation et/ou construction de bâtiments, clôtures et voies d’accès 145
XXI. Laboratoire central de dépannage 145
XXII. Infrastructures de production et post production 146
XXIII. Infrastructures destinées à la formation au niveau local 149
XXIV. Cars de reportage 149
XXV. Faisceaux Hertziens Mobiles de Vidéo Reportage 149
XXVI. Appareils de mesure 151
XXVII. Véhicules et matériels de travail 157
XXVIII. Coordination des travaux et garantie de leur conformité aux règles de l’art 157
XXIX. Constitution du stock de pièces de rechange 157
XXX. Acquisition des Licences 157
B. Radiodiffusion Sonore 158
XXXI. Spécifications techniques des émetteurs radio FM 165
XXXII. Aménagement des studios de radiodiffusion sonore et de télévision 172
C. Financement du Projet 173
D. Garantie de transparence du processus d’attribution et d’exécution du projet 174
E. Conclusion 174
Glossaire des termes et des abréviations les plus fréquemment utilisés 176
Sites web recommandés pour obtenir plus d'informations 181
Rapports, présentations, brochures et publications 181

IV. De la nécessité pour les Etats africains de solliciter l’obtention d’une


seconde couche multiplex dans la bande VHF III
Pour pouvoir diffuser un multiplex supplémentaire dans la bande VHF III, il suffirait aux pays africains
d’obtenir officiellement de l’UIT que la fréquence actuellement dédiée à la TV analogique dans ladite
bande demeure dédiée à la télévision après l’extinction de la télévision analogique (ASO), ce qui lui
permettrait de transporter un multiplex supplémentaire, si jamais le besoin venait à se faire sentir.

Compte tenu de la possibilité de minimiser drastiquement les coûts associés à la migration vers
la TNT en faisant usage de la couche multiplex dédiée aux pays africains dans la bande VHF III, et
du fait qu’un pays comme l’Allemagne, par exemple, qui a déployé, à titre expérimental, la
radiodiffusion numérique T-DAB+, a pratiquement utilisé sept (07) porteuses sur les huit (08)
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 14/17
disponibles, à l’exception de celle autrefois dédiée à la T-DAB, soit plus de 80 programmes radio,
les pays africains ont tout à fait la possibilité d’obtenir une seconde couche multiplex dans ladite
bande, tel que sus évoqué, étant entendu que les cinq (05) autres porteuses restantes, qui
admettraient 20 blocs, soit une soixantaine de programmes radio, seraient toujours disponibles,
en cas de nécessité, en admettant que l’une des porteuses soit effectivement utilisée par la
défense nationale.

Il ne reste donc plus qu’à saisir l’occasion fort opportune qui est en passe de se présenter à eux,
avec la prochaine Conférence Mondiale des Radiocommunications de novembre 2015 (CMR-15),
pour obtenir l’officialisation de cette disposition, plutôt que de vouloir s’obstiner, contre toute
logique, à déployer les réseaux publics de la TNT dans les bandes UHF IV et UHF V.

Contrairement au report de la date butoir du 17 juin 2015 de la migration au numérique dans les
bandes UHF susvisées, dont la sollicitation par l’Union Africaine de Radiodiffusion (UAR) était
pratiquement sans objet, l’attribution d’une seconde couche multiplex dans la bande VFH III aux
Etats africains ne devrait poser aucun problème sérieux et ce, d’autant plus qu’elle n’aurait aucun
impact perceptible sur le fonctionnement des réseaux de radiodiffusion dans les autres Régions
du monde.

Conclusion
A la lumière de tout ce qui précède, il ressort clairement que notre contreproposition, qui prévoit la
réalisation de la réhabilitation technique de la CRTV, associée à la migration vers la TNT, à un
coup d’investissement maximum de 70 milliards de FCFA et ce, avec des options susceptibles de
réduire considérablement ledit montant global, si elles recevaient votre feu-vert, ainsi qu’une
minimisation des subventions à consentir en vue de faciliter l’équipement des ménages en
dispositifs de réception appropriés, principalement du fait de l’adoption du mode de réception
« portable en intérieur » pour la majorité des ménages, est de loin la meilleure, car elle permet à
l’Etat de limiter les dépenses indispensables au strict minimum nécessaire, dans cette affaire.

Il convient par ailleurs de souligner à grands traits, pour que nul n’en ignore, que nous ne
prendrions jamais le risque de nous adresser avec autant d’insistance au Chef de l’Etat en
personne et, parallèlement à la Justice de notre pays, entre autres institutions pour lesquelles
nous avons le plus grand respect, si nous n’étions pas sûr, à 100%, de la supériorité indiscutable
de notre contreproposition et ce, sur tous les plans, sur celles proposées par :

1) La CRTV, à travers l’expérimentation de la TNT avec son partenaire TELECONSULT. D’après


son Directeur Général, la migration au numérique, à elle seule, réclamerait la rondelette
somme de 200 milliards de FCFA, auxquels il faudrait ajouter les 110 milliards de FCFA
que le MINCOM tente d’engloutir dans la réhabilitation technique de la CRTV, ce qui ferait,
en tout, 310 milliards de FCFA, compte non tenu des subventions que l’Etat va devoir
consentir pour faciliter l’acquisition par les ménages des dispositifs de réception de la
TNT, la prise en charge des antennistes, etc. ;
2) Le MINCOM, avec son partenaire StarTimes, quand bien même il utiliserait partout, en
analogique comme en numérique, et même en radiodiffusion, des émetteurs de Rohde &
Schwarz, pour mieux nous plagier. Il convient de relever que la seule réhabilitation technique
de la CRTV engloutirait déjà 110 milliards de FCFA, auxquels il faudrait ajouter plus de 200
milliards de FCFA, pour la migration au numérique, compte non tenu des subventions que
l’Etat va devoir consentir pour faciliter l’acquisition par les ménages des dispositifs de
réception de la TNT, la prise en charge des antennistes, etc. StarTimes annonce d’ailleurs
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 15/17
la couleur, en prétendant devoir dépenser la bagatelle de 13 milliards de FCFA pour la
mise en œuvre de la Tête de réseau et des deux centres de diffusion de Yaoundé Mbankolo
et Douala Logbessou, assortie d’un taux d’intérêt annuel de 4,5%, ce qui laisse présager
de ce qu’il faudrait débourser pour la mise en œuvre des 122 autres centres de diffusion
restants. Et ;
3) CAM-DTV, avec ses trente (30) chaînes à court terme, et 124 centres de diffusion, pour
seulement 75% de couverture de la population et ce, quel que soit le (ou les) Fournisseur(s)
retenu(s), quand bien même il choisirait les mêmes Fournisseurs que nous, différence de niveau
d’expertise oblige. Dans ce cas aussi, il faudrait déjà prévoir 200 milliards de FCFA pour la
seule migration au numérique, auxquels il faudrait ajouter 110 milliards de FCFA que le
MINCOM tente d’engloutir dans la réhabilitation technique de la CRTV, ce qui ferait, en
tout, 310 milliards de FCFA, compte non tenu des subventions que l’Etat va devoir
consentir pour faciliter l’acquisition par les ménages des dispositifs de réception de la
TNT, la prise en charge des antennistes, etc.

Comme on peut, amèrement, le constater, personne, dans cette affaire, ne semble se soucier, le
moins du monde, de la provenance des fonds que l’on compte ainsi dilapider, à coups de
centaines de milliards de FCFA qui viendront davantage alourdir la dette de notre pays et ce, sans
raison valable, la viabilité et la pérennité de l’infrastructure de diffusion à mettre en œuvre étant
lourdement sujettes à caution, pour ne citer que cet aspect des choses, parmi tant d’autres, qui
font d’avance de ce projet un véritable éléphant blanc.

On pourra d’ailleurs remarquer que tout ce beau monde se donne un mal fou, pour feindre d’ignorer
l’existence de notre contreproposition qui, avec son plafond de 70 milliards de FCFA pour une
couverture intégrale de la population nationale, est uniquement perçue comme celle qui voudrait
empêcher aux uns et aux autres d’assouvir leurs desseins inavoués d’enrichissement tout aussi
massif qu’illicite.

A titre indicatif, l’adoption de notre contreproposition permettrait à l’Etat d’économiser au bas mot
240 milliards de FCFA, sur les 310 milliards que les autres comptent dilapider, sans le moindre
scrupule, dans cette affaire. De quoi refaire totalement l’axe routier Yaoundé – Bamenda, ou
encore la route Bafoussam – Bamenda et tout ou partie de la ring-road, et calmer quelque peu le
ressentiment de nos compatriotes venant de cette partie du pays, ou encore bitumer l’un des axes
routiers Manki – Tibati, Ngaoundéré – Tibati, Bertoua – Yokadouma, etc., qui devraient permettre
d’améliorer significativement les conditions d’existence de nos compatriotes de ces parties du
territoire national, tout en donnant un coup d’accélérateur au développement desdites zones, pour
ne citer que ces cas pendants, parmi tant d’autres.

D’un autre côté, ladite contreproposition a le malheur de venir démontrer, preuves à l’appui, que
notre pays peut énormément faire avec peu de moyens et que, dans la plupart des cas, les
montants vertigineux qui y sont dédiés généralement aux projets sont largement surévalués. Et,
naturellement, il est tout à fait compréhensible que cela ne soit pas du goût de tout le monde, car
cela est de nature à empêcher certains de nos compatriotes de continuer à emprunter
frénétiquement au nom de l’Etat, pour continuer à gonfler exagérément leurs comptes bancaires
dans les paradis fiscaux.

Cela dit, s’agissant du cas désespéré de l’Unité Technique Opérationnelle de CAM-DTV, la preuve par 9,
si besoin en était, qu’elle n’a qu’une idée on ne peut plus vague de ce qu’il conviendrait de faire, pour
assurer la migration de notre pays vers la TNT, c’est bien cette idée, on ne peut plus saugrenue, qu’elle
a de se permettre d’affirmer, contre toute attente, et curieusement avec fierté, qu’elle va s’appuyer sur
Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 16/17
CAMTEL pour le transport des signaux de la TNT, alors que cette entreprise, où « l’on danse
manifestement plus qu’on ne pense », n’est même pas capable de relier correctement les sites de Mballa
II et Mbankolo, dans la ville de Yaoundé, ce qui laisse facilement présager de ce qu’il en sera des 123
autres centres de diffusion disséminés à travers le territoire national.

Il faut vraiment ne pas y comprendre grand-chose, pour se permettre, comme le fait ce cher monsieur
MEZOM MELOUTA, de déclarer sur les ondes de la CRTV Radio, qui plus est à une heure de grande
écoute, au cours d’une émission telle que « Le sport en plus » du vendredi 14 août 2015, que l’on compte
s’appuyer sur CAMTEL, dans les conditions qui y prévalent actuellement, pour déployer la TNT.

En effet, depuis 2006, que l’on sait que notre pays va devoir assurer sa migration vers la TNT,
CAMTEL, bras séculier de l’Etat, du moins sur le papier, s’est payée le luxe de dilapider des
dizaines de milliards de FCFA dans la pose des liaisons optiques urbaines et interurbaines, dont
le fameux backbone national en fibre optique, sans jamais installer dans son réseau la moindre
interface appropriée, pour traiter le signal de la TNT. A ce stade, ce n’est même plus de
l’amateurisme. C’est tout simplement digne des pires profanes car, on peut difficilement faire pire.

Que monsieur MEZOM MELOUTA ne se soit même pas aperçu, depuis des années qu’il travaille
avec CAMTEL dans ce projet, que le fait de vouloir s’appuyer sur cette entreprise est tout
simplement suicidaire, c’est la preuve irréfutable que notre pays aurait tort de s’appuyer sur des
gens qui manquent à ce point de jugeote, pour ne pas dire plus. Il est en effet loin maintenant, mais
alors très loin, le temps où le réseau national de télévision en couleur pouvait s’appuyer, avec
énormément de fierté, sur le réseau national de transmission du Ministère des P&T, devenu par la suite
celui de CAMTEL, dont le fonctionnement était alors assuré par des professionnels aguerris.

En définitive, si notre pays veut réellement sortir du sous-développement, alors il est largement
temps pour lui de commencer à faire recours à l’expertise de ses enfants, dans tous les domaines
où ils sont, incontestablement, les meilleurs.

Et, justement, il se trouve que c’est notre cas, dans cette affaire, comme dans bien d’autres dans
lesquelles nous nous impliquons avec autorité.

Dans l’espoir que notre contribution recevra toute l’attention qu’elle mérite de votre part, nous vous prions,
Excellence monsieur le Président, de bien vouloir recevoir les assurances de notre totale disponibilité à
vous apporter notre concours dans la concrétisation de votre rêve d’être celui qui aura apporté la
prospérité au Cameroun.

ONDOUA ELLA G.
Copies à :
 Rapporteur Général/Commission des Finances et du Budget, S/C Président de l’Assemblée
Nationale
 CONSUPE
 Procureur Général près le TCS
 Président du TCS

Nécessité urgente de préserver les intérêts vitaux du pays dans le cadre de la réhabilitation technique de la CRTV et de la migration vers la TNT. Par M. Ondoua Ella G, IPTT Hors Echelle. P 17/17

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