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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

PROJET DE FIN D’ETUDES


en vue de l’obtention

du diplôme de Licence Fondamentale


En

GESTION

Sous le thème :

Les limites et les barrières du commerce


équitable

Préparé Par :
Asmae Daoud & Siham Ait Braym
Code Apogée :
15010514 & 15009395

Encadré Par :
Dr. Habiba Abou-hafs
Année Universitaire 2018-2019

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Dédicace
C’est avec une profonde gratitude et sincères mots, que
dédions ce modeste travail de fin d’étude à nos chers parents ;
qui ont sacrifié leur vie pour notre réussite et nous ont éclairé
le chemin par leurs conseils judicieux. Nous pourrons leur
rendre un peu de ce qu’ils ont fait pour nous , que dieu leur
prête bonheur et longue vie

Nous dédions aussi ce travail à nos frères et sœurs , nos


familles , nos amis , et tous nos professeurs qui nous ont
enseigné.

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Remerciement

Ce projet n’aurait pas été possible sans l’intervention , consciente ,


d’un grand nombre de personne .

Nous souhaitons ici les en remercier, nous tenons d’abord à


remercier très chaleureusement Dr. Habiba Abou-hafs qui nous a
permis de bénéficier de son encadrement, les conseils qu’il nous a
prodigué, la patience, la confiance qu’elle nous a témoigné ont étaient
déterminant dans la réalisation de notre travail de recherche.

Nos remerciements s’étendent également à tous nos enseignants de


la faculté des sciences juridiques économiques et sociales d’Ait
Melloul, pour leurs assistantes et leurs disponibilités tout au long de
notre étude universitaire.

En fin, nous tenons à remercier tous ceux qui, de près ou de loin, ont
contribué à la réalisation de ce travail.

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Résumé :
Le commerce équitable présente un commerce conçu pour assurer une juste
rémunération à des producteurs des pays pauvres afin qu’ils puissent développer leur
activité à long terme et améliorer leur niveau de vie. Il contribue au développement
durable. De ce fait , nous avons utilisé une enquête avec plusieurs structures, et nous
avons réussi à identifier les limites et les barrières de ce mode de commerce au Maroc
précisément à la région de SOUSS MASSA .

Mots clés : Commerce équitable, Développement durable , mouvement social ,


Fairtrade , L’économie solidaire.

Abstract :

FairTrade is a business designed to provide fair compensation to small producers so


that they can grow their business and improve their standard of living. Since a few
years, the fair movement has been renewed by integrating the concepts of sustainable
development.

This research focuses on the limits of fair trade, for example: the fair price and
competition between actors. As a result, we used a questionnaire with the structures
that adopt this system, and we managed to identify the limits and barriers of this mode
of trade in Morocco, specifically in the region of SOUS-MASSA.

‫ملخص‬

‫التجارة العادلة هي تجارة مصممة لتوفير تعويض عادل لصغار المنتجين حتى يتمكنوا من تنمية أعمالهم وتحسين‬
.‫ تم تجديد الحركة العادلة من خالل دمج مفاهيم التنمية المستدامة‬، ‫ منذ بضع سنوات‬.‫مستوى معيشتهم‬

‫ ونتيجة لذلك‬.‫ السعر العادل والمنافسة بين الفاعلين‬:‫ على سبيل المثال‬، ‫يركز هذا البحث على حدود التجارة العادلة‬
‫ وتمكنا من تحديد حدود وحواجز هذا النمط من التجارة‬، ‫ استخدمنا استبيانا مع الشركات التي تعتمد هذا النظام‬،
‫ وتحديدا جهة سوس ماسة‬، ‫في المغرب‬

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Sommaire :
Introduction générale

Partie 1 : Partie théorique

Introduction

Chapitre I : Le commerce équitable et le mouvement social

Section 1 : Définition, les origines, les fondateurs Le label « équitable »,

Section 2 : Principes fondamentaux et fonctionnement du commerce équitable

Conclusion

Chapitre II : Les limites et les barrières du commerce équitable

Section 1 : Les limites du Commerce équitable

Section 2 : Les barrières et enjeux stratégiques pour le mouvement du CE

Conclusion

Partie 2 : Partie Empirique

Chapitre III : Cadre Conceptuel et la méthodologie de la recherche

Section 1 : Les limites et les barrières du Commerce équitable au Maroc

Section 2 : La méthodologie de recherche

Conclusion

Chapitre IV : Analyse et traitement du questionnaire

Section 1 : Analyse et traitement du questionnaire

Section 2 : Les résultats de guide d’entretien

Conclusion

Conclusion générale
Bibliographie
Liste des Figures
Liste des Tableaux
Table des matières
Annexes

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Introduction générale

L'évolution du commerce international est aujourd'hui un grand pas dans l'histoire de


l’humanité, les relations entre les pays du Nord et du Sud sont de plus en plus difficiles
et inégales. Les pays plus riches profitent des pays du Sud. Les échanges commerciaux
des produits entre les pays sont en croissance, et les multinationales s'internationalisent
au point d'avoir aujourd'hui des chiffres d'affaires plus importants que le produit
interne brut de certains pays en voie de développement . En tant que consommateurs,
nous sommes habitués à chercher le prix le plus bas, les meilleurs offres , nous
sommes toujours à le chasse aux meilleurs prix... Mais en échange de quoi ? Travails
des enfants, des agriculteurs meurt de faim, ou même des familles entières n'ont pas
plus d'un dirham pour manger... Malheureusement c'est la vérité de la situation
économique actuelle.

Aujourd'hui, le commerce équitable est un mouvement cherchant depuis décennies à


aider les petits agriculteurs des pays en voie de développement, à sortir de la pauvreté
à travers un modèle de commercialisation qualifié « équitable » . le concept d'équité
est défini : offrir aux producteurs de Sud une plus grande part des profits réalisés par la
vente de leurs biens. pour faire ce commerce, il est nécessaire de réduire les
intermédiaires commerciaux, de fixer un prix juste et d'implanter les coopératives ou
d'autres programmes associatifs pour aider ces pays.

Le commerce équitable sera un mouvement d'avenir au Maroc, mais tout dépend des
engagements de tous les organismes et consommateurs faisant partie de ce
mouvement. Le commerce équitable est une façon d'améliorer les inégalités sociale
entre les pays du monde entier. Ce n'est pas la solution pour résoudre tous les
problèmes économiques des pays du Sud, mais un espoir de vie pour tout les
personnes qui ont vraiment besoin.

Finalement , lorsque nous parlons du commerce équitable , nous pouvons parler de


différents sujets , soi son évolution, barrières,nature Tant au niveau international ou

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national etc.. Dans ce travail nous allons se concentrer sur ces limites et les barrières
dans la région de Sous Massa .

Dans l'objectif d'étudier les limites et les barrières du commerce équitable dans la
région de SOUS-MASSA, nous avons divisé ce mémoire sous deux partie : partie
théorique et partie pratique .

Dans la partie théorique, la revue de littérature, elle est consacrée dans l'étude de
concept du commerce équitable, la naissance du commerce équitable et l'ensemble des
limites et barrières de ce type du commerce.

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Partie I :

Partie
Théorique

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Chapitre I : Le commerce équitable et le mouvement social

Section 1 : Définition, les origines, l’historique, les fondateurs

1. Les définitions du commerce équitable


Bien qu’il n’existe pas de définition qui soit universellement acceptée (Sterns, 2000 ;
McDonagh, 2002 ; De Ferran, 2006 ; Poret, 2007, Philipe Robert-Demontrond, 2008 ;
PFCE, 2011), selon le consensus FINE2 : « Le commerce équitable est un partenariat
commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de
parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au
développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en
garantissant les droits des producteurs et des travailleurs salariés, en particulier ceux
du Sud. » Cette définition répond à six objectifs (News, 1999 ; De Ferran, 2006 ; Diaz
Pedregal, 2007) :
- Améliorer les conditions de vie et de bien-être des producteurs en facilitant leur accès
au marché, en assurant une meilleure rémunération et des relations durables.
- Informer et sensibiliser les consommateurs sur les enjeux du commerce équitable de
façon à ce qu’ils exercent leur pouvoir d’achat de manière positive ; mener des
campagnes pour faire changer les règles et pratiques du commerce international
conventionnel
- Encourager les possibilités du développement des producteurs défavorisés, en
particulier les femmes et les populations autochtones, et protéger les enfants de
l’exploitation dans le processus de production
- Favoriser la préservation de l’environnement
- Garantir le respect des droits fondamentaux des personnes
- Proposer aux consommateurs des produits de qualité.
Plus souvent qu'autrement, on réduit le commerce équitable à son label équitable alors
qu'il réfère à une réalité beaucoup plus complexe. D'une part, le commerce équitable
renvoie à un idéaltype, une idéologie. Cette idéologie d'un « commerce équitable»
comprise comme un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le
respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce
mondial est au cœur des pratiques de commerce alternatif se réclamant du commerce
équitable. Dans les années 60, c'est également au nom de règles commerciales plus
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équitables que les pays en développement ont proclamé le slogan « Trade, not Aid»
(du commerce, pas de l'aide). D'autre part, le commerce équitable renvoie également à
des pratiques qui trouvent leurs origines dans diverses initiatives de commerce
alternatif et qui ont convergé jusqu'à suivre un processus d'institutionnalisation
économique et donné lieu au « commerce équitable». Malgré cette
institutionnalisation, les pratiques de commerce équitable renvoient encore aujourd'hui
à une réalité en pleine effervescence, à l'image de ses origines plurielles. Mais plus que
la convergence et l'institutionnalisation de ces pratiques de commerce alternatif au
nom d'une idéologie, le commerce équitable constitue enfin un mouvement. Se
déployant d'abord dans la sphère économique, le commerce équitable est une figure
emblématique de ces nouveaux mouvements sociaux économiques qui
instrumentalisent l'économie à des fins politiques ou sociales à l'ère de la
mondialisation économique (Gendron, 2001, p. 179): Non contents de s'insérer, puis
de transformer les processus politiques institutionnels, ces mouvements s'approprient
un champ qui leur était autrefois étranger, l'économie, pour l'instrumentaliser et le
redéfinir en fonction de leurs valeurs, de leur éthique et de leurs objectifs de
transformation sociale.
En s'immisçant dans la sphère économique, mais surtout parce qu'il s'est peu à peu
inséré dans le marché traditionnel avec l'arrivée du label équitable, le mouvement du
commerce équitable est en proie à de vives tensions, voire des contradictions, qui
émanent précisément de l'adéquation entre ses objectifs de transformation sociale et les
moyens qu'il s'est donné pour y parvenir.

L'expression « commerce équitable» qui désigne à la fois des pratiques, une idéologie
et un mouvement, est d'autant plus porteuse de confusion qu'elle entre également dans
le discours d'institutions économiques conventionnelles. Par exemple, l'Organisation
mondiale du commerce (OME) se défend bien de ne pas préconiser le « libre-échange
à tout prix », en affirmant qu'elle poursuit au contraire l'instauration d'un « commerce
équitable» où les pays en développement, pourraient « protéger leurs producteurs
nationaux [...] contre des importations considérées comme injustement bon marché car
bénéficiant de subventions ou faisant l'objet de "dumping"» (OMC, s.d.). Dans ce cas
toutefois, l'utilisation de l'expression « commerce équitable» par l'OMC ne réfère

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nullement au mouvement du commerce équitable, mais bien à un ensemble de règles


codifiées du commerce international qui ont la prétention d'être équitables dans la
mesure où elles consacrent les principes du libre-échange. L'expression ne renvoie
donc pas à la même réalité, et il n'y a pas de dialogue à son propos entre les deux types
d'acteurs qui l'utilisent dans ces sens divergents.

2 . Les origines du commerce équitable

Pour plusieurs, le commerce équitable débute avec la création du premier label de


commerce équitable Max Havelaar en 1988 pour graduellement s'imposer comme une
alternative au système commercial international ou du moins, comme une
démonstration que le commerce pouvait opérer autrement. Le commerce équitable est
en fait le fruit de la convergence de diverses initiatives locales de commerce alternatif
depuis le XIX· siècle et a évolué sous les influences des sphères religieuse, politique,
militante et même coopérative. Nous identifions ainsi quatre principales influences
ayant contribué à structurer le commerce équitable. D'abord, quelques-uns considèrent
les premières pratiques commerciales coopératives comme les précurseurs du
commerce équitable. Mais de façon générale, on rattache les origines du commerce
équitable aux initiatives de commerce alternatif issues des mouvements de solidarité
de l'après deuxième guerre mondiale. Dans le cadre de ces pratiques de commerce de
la charité, des organismes religieux et des ONG venaient en aide à des populations
défavorisées. Dans les années 1960, le commerce solidaire ou politique se pratiquait
dans un effort de contestation politique par des militants dans le but d'offrir des
débouchés aux produits fabriqués dans des pays exclus économiquement et
politiquement. Vers la fin des années 1960, d'autres initiatives de commerce alternatif
prennent source dans le milieu du développement. Dans les années 1970 et 1980, le
commerce équitable consiste principalement en un commerce de niche orienté vers
une clientèle fermée où l'acte d'achat est un acte de charité fait dans le but de venir en
aide à des producteurs ou de soutenir des causes politiques. Au cours des années 1980
et 1990, le commerce alternatif cherche à rejoindre le consommateur moyen pour ainsi
sortir de sa niche.

2.1 Le commerce solidaire ou politique :

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Dans les années 1960 et 1970, émerge un commerce alternatif issu des mouvements
politiques de solidarité qui importaient des produits de pays du Sud politiquement ou
économiquement marginalisés (Kocken, 2003; Renard, 2003). Ce commerce repose
non plus sur l'engagement de missionnaires religieux, mais sur celui de militants
politiques qui s'opposent au capitalisme et au néo-impérialisme et qui font la
promotion de modes de vie alternatifs (Low et Davenport, 2005; Renard, 2003). Fait
dans une visée clairement politique, le commerce solidaire (solidarity trade) (Kocken,
2003) cherche peut-être moins l'amélioration directe des conditions de vie des
producteurs que de trouver des débouchés pour les produits de ces pays exclus, bref de
leur être solidaires (Renard, 2003; Malservisi et Faubert-Mailloux, 2000). Ces
pratiques s'inscrivent donc dans le mouvement plus large du tiers-mondisme. De la
même façon, certaines organisations de commerce alternatif du Nord ont émergé pour
appuyer des causes politiques, telles la libération de prisonniers politiques. À titre
d'exemple, l'Association de solidarité avec les peuples d'Amérique Latine (ASPAL) est
née en France en appui à la cause de prisonniers politiques d'Amérique Latine. C'est à

partir de ces premières' pratiques de commerce charitable mais surtout de commerce


solidaire que les magasins du monde se sont développés.

Le premier magasin du monde aurait ouvert ses portes aux États-Unis en 1958
(Kocken, 2003), mais certains attribuent plutôt l'ouverture de la première boutique de
commerce alternatif à Oxfam en 1964 dans le cadre de son Bridge Programme
(Oxfam, s.d. ; Artisans du monde, s.d.). D'autres mentionnent le premier magasin du
monde ouvert aux Pays-Bas en 1969 (Veit, 1997) dont le succès a été instantané: deux
ans plus tard, on recensait déjà plus de 120 magasins du monde (Barrat Brown et
Adam, 1999). En France, au début des années 1970, Artisans du Monde est le
précurseur du commerce équitable et voit ses premières boutiques ouvrir en 1974 à
Paris (Artisans du monde, s.d.). C'est en Europe où la formule des magasins du monde
connaît le plus grand succès. Plus que des points de vente des produits, les magasins
du monde sont vus comme les véritables piliers du mouvement étant des lieux
privilégiés de sensibilisation et de campagne (Kocken, 2003 ; Perna, 2000). Ils

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reposent essentiellement sur l'engagement de bénévoles et vendent principalement des


produits d'artisanat.

2.2 Le mouvement coopératif :

Plutôt que de s'en tenir à la naissance de Max Havelaar en 1988, quelques rares auteurs
associent les origines du commerce équitable à l'émergence du mouvement coopératif
e
au Royaume-Uni au XIX siècle (IFAT, 2003, Favreau, 2002). En 1843, 28 travailleurs
du textile de Rochdale en Angleterre s'organisent et fondent la Société des Pionniers
Équitables de Rochdale. Ils ouvrent leur propre magasin qui offre des denrées de base
connue alternative au magasin de leur employeur dont les prix étaient trop élevés
(Coopérative Life, s.d.). La société met de l'avant certains principes quant à son
organisation et son fonctionnement qui sont à la base du coopératisme: l'adhésion
volontaire et ouverte; le principe démocratique « un membre, un vote »; le paiement
limité d'intérêts sur le capital; la redistribution des surplus aux membres en proportion
des achats effectués et l'éducation pour les membres et les travailleurs (Communauté
Européenne des Coopératives de Consommateurs, s.d.). Les objectifs de la société
étaient de contribuer à l'amélioration des conditions économiques, sociales et
domestiques de ses membres. Éventuellement, elle visait l'établissement de «
colonies» indépendantes et autogérées qui interviendraient dans la production, la
distribution et l'éducation (Rochdale Society of Equitable Pioneer, 1844). Certains
attribuent à la Société des Pionniers Équitables de Rochdale la formulation du principe
du commerce direct basé sur l'élimination du surprofit des intermédiaires où l'objectif
était de «transformer la nature des relations commerciales de manière à ce qu'elles
deviennent un moyen permettant à la société civile de s'organiser en faisant du citoyen
consommateur un acteur de changement social» (Malservisi et Faubert-Mailloux,
2000, p. 2). Parallèlement à l'émergence du mouvement coopératif au Nord, Low et
Davenport (2005) relèvent aussi différentes initiatives visant la création d'alternatives
au commerce international qui prennent racine au Sud, notamment dans le mouvement
coopératif indien et le mouvement Khadi qui datent des années 1920. En Inde, le
mouvement Khadi faisait la promotion de l'autosuffisance et du boycott des biens
d'exportation (Office of the Commissionner for Khadi and Village Industries. S.d.).

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Cependant, c'est véritablement à la fin des années 1940 et au début des années 1950
qu'ont émergé les premières initiatives reconnues comme les origines du commerce
équitable.

2.3 Le commerce solidaire ou politique :

Dans les années 1960 et 1970, émerge un commerce alternatif issu des mouvements
politiques de solidarité qui importaient des produits de pays du Sud politiquement ou
économiquement marginalisés (Kocken, 2003; Renard, 2003). Ce commerce repose
non plus sur l'engagement de missionnaires religieux, mais sur celui de militants
politiques qui s'opposent au capitalisme et au néo-impérialisme et qui font la
promotion de modes de vie alternatifs (Low et Davenport, 2005; Renard, 2003). Fait
dans une visée clairement politique, le commerce solidaire (solidarity trade) (Kocken,
2003) cherche peut-être moins l'amélioration directe des conditions de vie des
producteurs que de trouver des débouchés pour les produits de ces pays exclus, bref de
leur être solidaires (Renard, 2003; Malservisi et Faubert-Mailloux, 2000). Ces
pratiques s'inscrivent donc dans le mouvement plus large du tiers-mondisme. De la
même façon, certaines organisations de commerce alternatif du Nord ont émergé pour
appuyer des causes politiques, telles la libération de prisonniers politiques. À titre
d'exemple, l'Association de solidarité avec les peuples d'Amérique Latine (ASPAL) est
née en France en appui à la cause de prisonniers politiques d'Amérique Latine. C'est à
partir de ces premières' pratiques de commerce charitable mais surtout de commerce
solidaire que les magasins du monde se sont développés.

Le premier magasin du monde aurait ouvert ses portes aux États-Unis en 1958
(Kocken, 2003), mais certains attribuent plutôt l'ouverture de la première boutique de
commerce alternatif à Oxfam en 1964 dans le cadre de son Bridge Programme
(Oxfam, s.d. ; Artisans du monde, s.d.). D'autres mentionnent le premier magasin du
monde ouvert aux Pays-Bas en 1969 (Veit, 1997) dont le succès a été instantané: deux
ans plus tard, on recensait déjà plus de 120 magasins du monde (Barrat Brown et
Adam, 1999). En France, au début des années 1970, Artisans du Monde est le
précurseur du commerce équitable et voit ses premières boutiques ouvrir en 1974 à
Paris (Artisans du monde, s.d.). C'est en Europe où la formule des magasins du monde

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connaît le plus grand succès. Plus que des points de vente des produits, les magasins
du monde sont vus comme les véritables piliers du mouvement étant des lieux
privilégiés de sensibilisation et de campagne (Kocken, 2003 ; Perna, 2000). Ils
reposent essentiellement sur l'engagement de bénévoles et vendent principalement des
produits d'artisanat.

2.4 Le commerce « développemental » :

Vers la fin des années 1960, de grandes agences de développement international et des
organismes religieux assistaient les organisations de producteurs du Sud dans la
production et l'exportation et initient ainsi le commerce « développemental » (Kocken,
2003; Malservisi et Faubert-Mailloux, 2000). Basé sur la commercialisation de
produits artisanaux, il poursuit des objectifs spécifiques de développement chez les
populations du Sud dont la lutte contre la pauvreté et l'aide aux populations victimes
de catastrophes naturelles (Kocken, 2003; Malservisi et Faubert-Mailloux, 2000).
Oxfam a notamment suivi cette tendance. Dans les années 1970, ses interventions dans
les pays en développement sont plus structurées, s'appuyant sur les avancées des idées
et des théories concernant le développement et la lutte contre la pauvreté qui prônaient
entre autres une participation accrue des populations locales aux projets (Oxfam, s.d.).
Le commerce est ainsi envisagé comme un moteur de développement.

C'est dans cette perspective spécifique et face aux prétendues injustices du commerce
international, que les pays du Sud réclament «du commerce, pas de l'aide» (<< Trade,
not Aid! ») lors de la première conférence des Nations Unies pour le Commerce et le
Développement (CNUCED) qui a eu lieu en 1964 à Genève. Par ce slogan qui frappe
avec force l'imaginaire, les pays en développement revendiquent des règles
commerciales plus justes de sorte qu'ils bénéficient eux aussi du commerce
international au même titre que les pays développés. Ce faisant, l'aide au
développement deviendrait inutile. Bien que cet appel des pays en développement n'ait
pas nécessairement généré de mesures concrètes des pays industrialisés, ce slogan a
été repris comme arme idéologique par nombre de réseaux de solidarité internationale
(Solagral, 2002), dont le mouvement du commerce équitable qui s'y identifie très
fortement. Aujourd'hui, de nombreux acteurs y voient même l'origine du mouvement

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

équitable. Mais comme Gendron, Bisaillon et Otero (2008), nous estimons que c'est
plutôt a posteriori que s'est faite cette association, le mouvement équitable étant
encore très embryonnaire dans les années 1960.

2.5 Un commerce alternatif de bienveillance :

Jusqu'à la fin des années 1980, le commerce alternatif concerne principalement les
produits de l'artisanat qui sont distribués presque exclusivement dans les réseaux
alternatifs. Les ventes par catalogue et à la sortie des églises sont aussi des moyens
utilisés pour vendre les produits équitables. Le Velly (2004) parle d'un commerce
alternatif de «bienveillance »7 pour qualifier le commerce équitable pratiqué par les
magasins du monde français des années 70 et 80 qui est caractérisé par les deux
éléments suivants. D'une part, il s'agit d'un commerce de niche dans le cadre duquel les
acteurs ne souhaitent pas participer au marché, si bien que rien n'est fait pour
affranchir ce commerce particulier de sa niche. Les acheteurs sont déjà sensibilisés et
convaincus de la pertinence des projets soutenus par les ventes et on ne cherche pas
nécessairement à en recruter de nouveaux, à moins qu'on les sache déjà favorables à
des causes similaires. Les ventes ont typiquement lieu à « la sortie des églises, lors de
manifestations tiers-mondistes ou dans des boutiques mal situées et peu accueillantes»
(Le Velly, 2004, p. 211). D'autre part, nonobstant la qualité variable, voire médiocre,
du produit, son prix pouvait être très supérieur à celui de produits conventionnels
comparables. L'achat de produits était donc essentiellement un acte de charité visant à
contribuer à l'amélioration des conditions des producteurs ou à soutenir une cause
politique. «Un café « dégueulasse» mais sandiniste peut être vendu bien plus cher que
du café de bonne qualité mais capitaliste» (Le Velly, p. 212). Le commerce de
bienveillance décrit par Le Velly témoigne bien des différentes influences qui ont
structuré le commerce équitable.
♣ Le mouvement coopératif ainsi que d'autres pratiques commerciales basées sur la
charité, la solidarité et le développement sont à l'origine du commerce alternatif de
bienveillance des années 70 et 80. Bien que l'on puisse faire correspondre chacune des
influences à une période plus ou moins précise, celles-ci continuent d'influencer le
mouvement encore aujourd'hui. Low et Davenport (2005) observent d'ailleurs que

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

même si peu à peu, les initiatives de commerce alternatif se sont détachées des
mouvements religieux pour devenir plus politiques ou militantes, les influences
religieuses sont encore bien présentes. Ces différentes sources du commerce équitable,
témoignent des origines plurielles de ce mouvement qui n'est pas issu d'un seul
courant, mais de la convergence presque fortuite de diverses initiatives qui l'ont nourri
et à partir desquelles il s'est construit. Cette mise en évidence des origines plurielles du
mouvement est essentielle pour mieux le comprendre, ce que nous exposons en fin de
chapitre. Dans la section qui suit, nous nous intéressons à l'évolution plus récente du
mouvement qui, à partir de la fin des années 1980, s'est progressivement
institutionnalisé pour devenir le commerce équitable que l'on connaît aujourd'hui.
Section 2 : Principes fondamentaux et fonctionnement du commerce équitable :

1. Les principes fondamentaux du Commerce équitable :

Bien que de nombreuses définitions du commerce équitable existent, toutes


s'accordent, de façon générale, sur les principes fondamentaux qui sous-tendent le
concept. Le commerce équitable se définit par plusieurs de ces principes clés. Alors
que les producteurs du sud s'engagent, au minimum, à garantir un fonctionnement et
des procédures de prises de décision démocratiques au sein de leurs organisations, les
organismes de commerce équitable (OCE) du Nord observent aussi certains
engagements. Le tableau suivant présente les engagements ou principes poursuivis par
les organismes clés de commerce équitable 15. Ces principes seront discutés plus en
détail par la suite.

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Source : L'ADOPTION D'UNE STRATÉGIE DE DISTRIBUTION EN CONTEXTE DE


COMMERCE ÉQUITABLE (page 25)
Les sept lignes directrices du commerce équitable, telles que définies par l'association
Parapluie américaine Fair Trade Federation (FTF), seront présentées ci-après. Cette
organisation n'a pas de pouvoir formel au sein du réseau et ne peut que guider ses
membres dans la compréhension du commerce équitable. Ces principes représentent
donc les valeurs auxquelles adhèrent les organismes américains du commerce
équitable plutôt que des règles formelles à respecter
.
1.1 Prix équitable :
Les producteurs doivent être payés un prix équitable pour la vente de leurs produits.
«Équitable » signifie un prix qui permet aux producteurs et artisans de recevoir un
salaire minimum vital. Les organisations de commerce équitable du Nord doivent donc
offrir un revenu de subsistance qui permette aux artisans ou aux producteurs de
satisfaire leurs besoins de base ainsi que ceux de leurs familles, tels les besoins
d'alimentation, de logement, d'éducation et de santé. Nous reviendrons plus loin dans
ce chapitre sur la question de « prix équitable ».
1.2 Organisation démocratique :
Les producteurs et artisans doivent s'organiser en coopératives ou en associations afin
de contrôler la gestion de leurs avoirs et du développement durable de leurs
entreprises. Les OCE développent des partenariats avec, principalement, de petites
entreprises, des coopératives et des associations démocratiquement gérées ayant un
impact positif sur la vie des travailleurs et de leurs communautés. Cette participation
en commun des forces et des ressources de production consent aux travailleurs un
accès au crédit, une réduction du coût des ressources premières et la possibilité de
demander un prix plus élevé et plus juste pour leurs produits. Ce faisant, ceux-ci
obtiennent des revenus plus importants leur permettant ainsi de réinvestir ces argents
dans le développement de projets communautaires, tels que projets en matière de santé
et d'éducation. L'approche du commerce équitable souhaite que les travailleurs
acquièrent de l'expertise en matière de leadership et de gestion qui leur consente une

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

plus grande autonomie au niveau de leur développement interne. De plus,


l'environnement de travail doit être sécuritaire.
1. 3 Commerce direct :
Les OCE doivent acheter directement des coopératives et artisans afin de maximiser la
marge de profit. Pour ce faire, le réseau mise sur la réduction du nombre
d'intermédiaires 17. De plus, les OCE et les producteurs du Sud sont considérés
comme des partenaires commerciaux égaux. En conséquence, ils doivent partager
l'information liée à leur activité commerciale librement et s'entraider dans l'atteinte de
leurs objectifs respectifs.
1.4 L’éducation des consommateurs :
Les OCE doivent communiquer aux consommateurs l'importance de se procurer des
produits équitables. Ainsi, en définissant le concept «commerce équitable» et en
soutenant des échanges commerciaux respectueux des droits des travailleurs et de
l'environnement, le réseau du commerce équitable tente d'éduquer les consommateurs
sur les coûts humains rattachés à la production de biens provenant des échanges
commerciaux traditionnels. En offrant de l'information sur de petites histoires vécues
par des producteurs et artisans, sur la culture et les conditions de vie de ces derniers,
les OCE contribuent à une meilleure compréhension multiculturelle et à un respect
mutuel entre les consommateurs des pays développés (situés au Nord pour la plupart)
et les travailleurs des pays en voie de développement (généralement situés au Sud).
Les OCE réalisent aussi de l'éducation auprès des consommateurs et des instances
publiques en ce qui concerne les iniquités sociales existantes au sein des échanges
commerciaux mondiaux.
1.5 Protection de l'environnement :
Les OCE encouragent les producteurs à adopter des pratiques qui sont soucieuses de
l’environnement; ces pratiques doivent permettre un développement qui soit durable.
Plusieurs OCE travaillent directement avec les producteurs dans le développement de
produits facilitant l'utilisation durable des ressources naturelles. Ceci incite les
populations à protéger l'environnement naturel pour le bénéfice des générations
futures.
1.6 Support financier et technique :

21
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Les producteurs et artisans vivant dans les pays en voie de développement ont
rarement accès à des sources de crédit abordables, ce qui nuit à leur profitabilité. Les
OCE qui achètent les produits directement des producteurs sont tenus d'offrir une
assistance financière tel l'octroi de prêts et/ou le prépaiement et/ou en introduisant les
producteurs à d'autres sources de financement. Les OCE offrent aussi du support
technique, de l'information sur le marché, de la rétroaction sur le produit et de la
formation en gestion financière. Contrairement aux importateurs commerciaux
traditionnels, les OCE misent sur le développement de relations à long terme avec les
producteurs et les aident à adapter leur production aux tendances du marché.
1.7. La transparence :
Les états financiers de même que les pratiques de gestion et d'entreprise des OCE
doivent être transparents et accessibles au public.
Selon Tadros (2002), le degré d'implantation de certaines de ces lignes directrices peut
varier d'un produit équitable à l'autre ainsi que d'un OCE à l'autre. Certains critères
sont parfois jugés moins fondamentaux et peuvent aussi dépasser les ressources que
possèdent certains OCE. Tel peut être le cas avec le critère « support financier et
technique» que certains OCE offrent - et que d'autres n'offrent pas - aux producteurs et
artisans du Sud. Un critère peut aussi être perçu par un OCE comme moins important
si une autre entité du milieu en fait déjà sa priorité. Ceci s'applique particulièrement au
critère «éducation des consommateurs ». Par exemple, des organismes comme
Équiterre ont comme objectif d'éduquer les consommateurs sur la mission du
commerce équitable dans son ensemble ce qui aide les OCE œuvrant sur ces territoires
et percevant les retombées de leur travail de sensibilisation.
2. un système de vérification des principes :
Il existe des procédures de vérification qui permettent d'assurer que les principes du
commerce équitable soient respectés et que les conditions d'un développement durable
de la coopérative de producteurs soient mises en place au niveau local. En d'autres
termes, ces procédures assurent l'approche globale de triple valeur ajoutée
économique, sociale et environnementale, permettant une maîtrise du développement
du commerce équitable et de son impact sur les producteurs au Sud.

22
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

À titre d'exemple, nous présentons ici le système de vérification des activités utilisé
par l'International Federation of Alternative Trade (IFAT) 18. Celui-ci se compose de
trois activités principales.
L'autoévaluation est la première partie du système de vérification de l'IFAT. C'est le
processus par lequel chaque OCE examine ses propres pratiques et évalue dans quelles
mesures les principes du commerce équitable sont atteints. Cette activité donne
l'opportunité aux personnes engagées dans un domaine particulier touchant au
commerce équitable d'évaluer leurs propres pratiques et de mettre en place des
objectifs d'amélioration. L'IFAT fournit des directives et de l'assistance afin de faciliter
ce processus. Les données recueillies en ce qui concerne l'autoévaluation seront
stockées dans une base de données accessible aux membres de l'IFAT et seront
utilisées pour l'examen mutuel.
L'examen mutuel, la deuxième partie du système de vérification de l'IFAT, a pour but
de bénéficier de savoirs mis en commun afin d'évaluer les progrès en lien avec les
principes. Cela implique un double flux d'informations dans lequel les vendeurs et les
acheteurs sont responsables les uns des autres. Ainsi, alors que les acheteurs sont
responsables de donner à leurs partenaires vendeurs des copies de leur rapport d'auto
évaluation, les producteurs, quant à eux, sont responsables de donner à leurs acheteurs
leur rapport d'auto évaluation. Par cet examen mutuel, les partenaires commerciaux
évaluent les pratiques de chacun. Des lignes directrices seront mises en place pour
faciliter ce processus.
Le contrôle externe, la troisième partie du système de vérification de l'IF AT, a été mis
en place en 2003. Chaque année, un certain nombre d'organisations seront
sélectionnées et leurs autoévaluations seront vérifiées par des consultants indépendants
ou des ONG travaillant dans cette région. FLO, en tant qu'organisme international de
labellisation du commerce équitable, coordonnera certainement ce processus. Chaque
année, le nombre d'OCE ayant son autoévaluation vérifiée variera entre 5% et 10% du
nombre total de membres d'IFAT.
En définitive, nous pouvons avancer que le système de vérification attestant le respect
des principes du commerce équitable est essentiel pour la notoriété et la crédibilité du

23
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

commerce équitable. En effet, certains consommateurs peuvent être réticents au


commerce équitable, pouvant croire - légitimement - qu'il s'agit d'une autre recette de
marketing utilisée dans le simple but de réaliser des profits. En conséquence, les OCE
ont tout avantage à informer les consommateurs sur la mise en application d'un tel
système de vérification.
3. Quatre normes de certification :
La certification de produits équitables a vu le jour dans les années 80, 25 ans après les
débuts du commerce équitable. Alors que les magasins associatifs spécialisés dans la
vente de produits équitables (les Magasins du Monde en Europe et Ten Thousand
Villages 19) assuraient auparavant le caractère équitable des produits à travers un
système de distribution alternatif, la certification permet désormais la
commercialisation des produits aussi bien dans ces magasins spécialisés que dans la
grande distribution, jusqu'aux magasins de proximité, et ce, à travers le système de
distribution traditionnel.
Pour être commercialisé, tout produit équitable doit ainsi subir une vérification et
obtenir la certification d'un organisme officiellement agréé. L'identification du produit
équitable passe par l'étiquetage et la publicité garantissant ainsi leur origine aux
consommateurs.
Un logo «Commerce équitable» permet de reconnaître facilement le produit. TI
garantit qu'un produit agricole ou artisanal a été acheté aux producteurs du Sud suivant
les principes plus haut mentionnés. TI garantit qu'un produit alimentaire transformé est
composé à plus de 95% d'ingrédients issus du commerce équitable. Le logo qui suit
symbolise la certification du commerce équitable en vigueur en Amérique.

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

II existe trois organismes certificateurs principaux, selon les pays :


~ TransFair en Autriche, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Luxembourg, Canada, Japon.
~ Max Havelaar en Suisse, Belgique, France, Hollande, Pays-Bas, Danemark
~ Fair Trade Mark en Irlande et Royaume-Uni.
Ces organismes de certification sont regroupés dans l'association internationale des
certificateurs équitables, le Fairtrade Labelling Organisations-International
(FLOInternational). Quatre normes ont été établies afin de permettre au produit de
porter le logo officiel du commerce équitable :

3.1 Enregistrement des producteurs :


Les importateurs doivent acheter leurs produits de producteurs enregistrés sur la liste
des producteurs du commerce équitable : «Fair Trade Coffee Register.» Des critères
d'enregistrement à cette liste ont été établis.
3. 2 Prix minimum :
Les producteurs doivent recevoir le « prix minimum du commerce équitable ». Si le
prix mondial du produit devient supérieur à ce prix plancher du commerce équitable,
les producteurs doivent recevoir un prix quelque peu supérieur au prix offert par le
marché.
3. 3 Aide financière :
Les importateurs doivent donner du crédit aux producteurs avant la saison des
semences pour les aider à être financièrement autonomes des «coyotes» 20 et autres
intermédiaires commerciaux et financiers qui peuvent tenter de les exploiter.
3. 4 Relation directe et à long terme :
Les importateurs et torréfacteurs doivent s'engager à développer une relation directe et
à long terme (au moins 2 ans) avec les groupes de producteurs pour ainsi éliminer les
intermédiaires commerciaux et rendre plus stable une relation commerciale au prise
avec un marché extrêmement fluctuant.
4 . Les circuits de distribution spécialisés versus non spécialisés :
nous avons cru essentiel de discuter les différents canaux de distribution propres à ce
type de produits. Peu de recherches font état de ce sujet. Pour cette raison, les propos
qui suivent sont appuyés par un seul auteur, soit Lecomte (2003). TI existe deux

25
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

manières de commercialiser les produits équitables à partir d'un groupe de producteurs


identifiés, soit les circuits de distribution spécialisés et les circuits de distribution non
spécialisés. Lecomte (2003) s'est interrogé sur les circuits de commercialisation à
privilégier afin d'assurer le développement du commerce équitable en France. Notons
ainsi que 1'auteur fait état de ces circuits de distribution en contexte français, et non en
contexte Marocain. Nous pourrions ainsi nous questionner à savoir quelles sont les
particularités des circuits de distribution au Maroc, en ce qui a trait au commerce
équitable.
Sont compris dans les circuits de distribution spécialisés, les boutiques associatives
spécialisées, les chaînes de boutiques privées spécialisées de même que la vente par
correspondance par 1'intermédiaire de catalogues. Ajoutons aussi les nouvelles
initiatives du secteur spécialisé, dont les boutiques et importateurs spécialisés ainsi que
la vente par Internet. Quant aux circuits de distribution non spécialisés, on entend les
réseaux de magasins biologiques, la consommation hors domicile et finalement, la
grande distribution. L'auteur a décrit les avantages et limites de chacun de ces secteurs.
4. 1 Les circuits de distribution spécialisés :

4 .1.1 Les boutiques associatives spécialisées :


Les boutiques associatives spécialisées sont particulièrement bien adaptées au
lancement de nouveaux produits ou au démarrage de l'activité d'exportation d'un petit
groupe de producteurs défavorisés. Néanmoins, elles ne représentent pas des capacités
de débouchés suffisants pour les producteurs, une fois l'activité commerciale mise en
place.
De plus, ces boutiques ne représentent pas un modèle économiquement viable au
Nord, sauf pour des structures associatives ou des entrepreneurs indépendants
acceptant un surtravail important pour des niveaux de rémunération comparativement
plus faibles que le marché classique. En effet, bien qu'elles offrent l'avantage de
nécessiter peu d'immobilisation, l'équilibre économique demeure toutefois toujours
précaire. De plus, un certain nombre de bénévoles est essentiel pour assurer le
fonctionnement de la boutique.
4 .1.2 Les chaînes de boutiques privées spécialisées :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Le développement d'une chaîne de boutiques privées spécialisées a un potentiel


économiquement performant. En effet, en investissant massivement dans un endroit au
trafic important, on maximise le volume et ainsi, on diminue le poids des coûts fixes
sur le résultat net. On pourrait ainsi dégager 10% du chiffre d'affaires de résultat. Ce
modèle nécessite l'immobilisation de capitaux importants pour s'assurer de bons
emplacements de vente, et une bonne connaissance de ce secteur, très technique au
niveau de la conceptualisation des espaces. II sollicite donc des personnes ayant une
bonne expérience de la distribution spécialisée.
4 .1.3 Les catalogues de vente par correspondance :
La vente par correspondance est assez risquée en raison du niveau élevé des coûts
fixes et de l'investissement minimum de départ si l'on veut atteindre une taille critique
suffisante. Elle ne représente pour l'instant qu'un faible taux des débouchés des
différents circuits de commercialisation; le potentiel est donc réduit.
4 .1.4 Les nouvelles initiatives du secteur spécialisé :
• Les boutiques et importateurs spécialisés

Un grand nombre d'initiatives se développent actuellement dans la commercialisation


spécialisée de produits équitables. Citons en exemple la marque «People Tree» au
Japon, qui propose une ligne de vêtements équitables et biologiques (à partir de coton
biologique). Les produits sont vendus à travers une boutique en propre à Tokyo et 400
points de vente, principalement des boutiques indépendantes dans tout le pays .
• Internet :

Aux Etats-Unis, la vente en ligne est beaucoup plus développée qu'en France. On y
compte huit sites de vente de produits équitables, dont novica.com et eziba.com,
filiale d'amazon.com. Soulignons une organisation de vente en ligne d'artisanat
équitable, soit Peri Dar Selon Lecomte (2003), ce modèle de développement du
commerce équitable représente des niveaux d'investissement minimum encore plus
élevés que les modèles précédents(en raison de coûts fixes élevés) pour dépasser le
seuil critique, et il ne constitue pas aujourd'hui un moyen de développement prioritaire
des ventes. Toujours selon l'auteur, il peut être utilisé pour la vente en gros, comme un
catalogue de présentation des produits, mais pas comme un site marchand à destination
du grand public.
27
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

4. 2 Les circuits de distribution non spécialisés :


Selon Renard (1999), le réseau du café équitable est unique et attrayant parce qu'il
fonctionne dans le circuit principal de distribution et, ainsi, évite d'être relégué à
l'arrière plan, comme c'est typiquement le cas pour les réseaux alternatifs.
4 .2.1 Les réseaux de magasins biologiques :
Lecomte (2003) discute de la très grande proximité et complémentarité entre
l'approche biologique et l'approche du commerce équitable. Dans les deux cas, il s'agit
d'améliorer la transparence et la traçabilité, et ce, dans un souci de développement
durable des canaux. Les réseaux de distribution spécialisés biologiques peuvent donc
être des circuits privilégiés de vente des produits équitables, particulièrement pour les
produits alimentaires. II existe d'ailleurs à cet effet nombre de cafés possédant la
double certification, la certification biologique de même que la certification équitable.
Néanmoins, selon Lecomte (2003), ces réseaux de magasins biologiques ne
représenteraient une possibilité de débouchés pour les produits équitables que si ces
derniers étaient certifiés biologiques, ce qui est parfois un obstacle pour des groupes de
producteurs qui ne sont pas en mesure de payer la certification biologique, celle-ci
étant très coûteuse. Enfin, ils ne représenteraient, même pour les produits biologiques,
que des niveaux de vente limités, et, en conséquence, ils n'auraient pas un impact aussi
important sur les ventes des produits équitables que la grande distribution pourrait
prétendre avoir.
4.2.2 La consommation hors domicile :
La consommation hors domicile concerne les structures de restauration collective,
cafés, restaurants ainsi que les acteurs administratifs et institutionnels. Ce secteur
présente des opportunités très importantes de développement des ventes, mais des
contraintes très fortes selon Lecomte (2003), au niveau du prix de vente des produits,
et ce, en raison de budgets souvent très serrés.
4. 2.3 La grande distribution :
La grande distribution occupe une part très importante des ventes de produits
équitables. La vente dans la grande distribution nécessite, contrairement aux boutiques
associatives spécialisées, la certification des produits par un organisme certificateur
indépendant. Ainsi, la réussite de l'introduction du café équitable possédant la

28
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

certification chez plusieurs grands distributeurs a ouvert la voie à l'ensemble des


produits équitables certifiés.
Lecomte (2003) croit en définitive que les modèles de vente de produits équitables du
circuit spécialisé sont soit très consommateurs de capitaux, et de ce fait risqués, soit ne
permettent pas de mettre en place un modèle réellement solide et viable. Les modèles
de vente du circuit non spécialisé représenteraient quant à eux des modèles
comparativement moins gourmands en capitaux immobilisés pour un potentiel de
vente plus important. La spécialisation sur une gamme de produits limitée permettrait
d'affirmer sa légitimité et d'optimiser le prix de revient du produit. De plus, le contrôle
des canaux en serait plus aisé et les retours par groupe de producteurs plus
conséquents.
De plus, toujours selon Lecomte (2003), le surcoût du commerce équitable, qui reste
négligeable dans la fixation du prix final du produit, peut être corrigé par une
diminution des marges de l'importateur, contrebalancée par des volumes importants.
Aussi, la forte valorisation rendue possible par la démarche équitable en amont permet
de contrebalancer les économies à réaliser au niveau de la promotion des ventes en
raison des marges réduites.
Selon l'auteur, on déplace les frais marketing de l'aval vers l'amont, ce qui constitue
l'essentiel du modèle économique du commerce équitable par rapport au commerce
classique. li ne s'agit donc pas de charité, on ne demande aucun effort ni au
distributeur ni au consommateur final. On propose juste une autre manière de vendre
un produit, en misant avant tout sur l'amont et sa valeur ajoutée pour le producteur
plutôt que sur la maximisation des frais marketing en aval.
5. Les acteurs du Commerce équitable :
Les acteurs du commerce équitable ont des rôles complémentaires et agissent à tous
les niveaux de décision en ce qui a trait au développement des producteurs, depuis la
structuration des groupes de producteurs au niveau local, jusqu'au lobbying au niveau
international dont l'objectif consiste à l'amélioration, dans le sens de plus de justice
sociale, des règles du commerce international, en passant par ce qui constitue toujours
le cœur de leur activité: la vente des produits pour la maximisation des débouchés pour
les producteurs.

29
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Ainsi, le réseau du commerce équitable implique des groupes d'acteurs interagissant


entre eux afin d'assurer le fonctionnement des échanges commerciaux équitables.
Tadros(2001) a, à cet effet, décrit les cinq groupes d'acteurs engagés dans la
commercialisation du café équitable :
1. Les producteurs du Sud réunis en coopératives.
2. Les organismes de commerce équitable (OCE) du Nord qui participent
communément à une ou à plusieurs des activités suivantes: importation, torréfaction,
vente en gros et vente au détail.
3. Les organismes de certification situés dans les pays du Nord.
4. Les associations de support et organismes de pression situés dans les pays du Sud
et du Nord.
5. Les consommateurs du Nord.
La page suivante s’appliquera à décrire les responsabilités de ces différents acteurs et
les interactions entre ceux-ci. On peut retrouver tous ces acteurs dans la figure3, et
constater, à l'aide des flèches, leur appartenance aux différents groupes.

5.1 Les producteurs de café :


Tout d'abord, en amont, on retrouve la raison d'être du mouvement: les producteurs de
café. Afin que ceux-ci puissent participer au réseau du commerce équitable, ils doivent
être certifiés « équitable» par FLO-l, l'organisme international de certification. Outre
cet organisme de certification, il existe parfois des personnes ressources et des
organisations de support qui aident les producteurs désirant remplir les conditions
exigées par le commerce équitable. Cette coopération n'est cependant pas encore
formalisée au sein du réseau et dépend très souvent de la volonté des acteurs du Nord.
En tout, le processus de certification FLO-1 peut prendre de 3 à 6 mois. Est compris
dans ce processus, un questionnaire que doivent compléter les producteurs réalisant la
demande, l'envoi d'un échantillon d'une livre de café à FLO-I, une visite des candidats
par les certificateurs et, finalement, une décision finale prise par un comité décideur.
Une fois l'approbation de certification dévoilée, la formalisation de la collaboration
entre le groupe de producteurs et FLO-I se fait au travers d'une entente officielle
signée. Une fois toutes ces étapes complétées, l'organisation productrice de café est

30
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

inscrite sur une liste appelée « Fair Trade Coffee Register ». C'est à partir de cette liste
que les OCE auront accès aux fournisseurs de café équitable.
5.2 Les organismes de commerce équitable ou OCE :
Les organismes de commerce équitable ou OCE sont, quant à eux, situés dans des pays
du Nord. Leur mission est d'aider les producteurs du Sud à pénétrer de nouveaux
marchés et à vendre leurs produits à un prix «juste ». Les OCE doivent aussi réduire le
nombre d'intermédiaires en réalisant des liens commerciaux directs avec les
producteurs.
Les OCE jouent un rôle crucial au sein du réseau car ils sont historiquement, en amont,
les initiateurs de projets de partenariat avec les producteurs du Sud et, en aval,
responsables de favoriser l'accès des produits équitables dans les marchés de
consommation. Ce double rôle amène souvent les OCE à, d'une part, entretenir un
rapport si étroit avec leurs fournisseurs qu'ils sont souvent les plus aptes à superviser
les activités des producteurs de café et, d'autre part, à entreprendre des campagnes de
promotion sur le commerce équitable afin de sensibiliser les consommateurs potentiels
du Nord aux défis que tente de relever le réseau. Ce rôle est cependant amené à
changer au fur et à mesure que d'autres organisations prennent la relève au niveau des
différents aspects de la vente des produits équitables et de la sensibilisation aux enjeux
du commerce équitable.
Dans l'industrie du café, les OCE représentent une combinaison de ces quatre
fonctions de base: importateur, torréfacteur, vendeur en gros et vendeur au détail. Par
exemple, Equal Exchange, coopérative sise aux États-Unis, importe et vend en gros le
café qui porte son nom, tandis que la torréfaction et la vente au détail se font à
l'extérieur de l'organisation. Café Rico, pour sa part, une entreprise située à Montréal,
importe, torréfie, vend en gros et vend au détail grâce à son petit bistrot qui est aussi
une maison de torréfaction.
5.3 Les organismes de certification :
Avec les années, le commerce équitable a vu émerger les organismes de certification
dans les pays du Nord. Afin d'assurer que les produits vendus aient véritablement suivi
la route du commerce équitable, les OCE de café doivent aujourd'hui faire certifier
leurs produits par un tiers agent national, et ceci vient s'ajouter à la certification FLO-I

31
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

exigée aux coopératives de producteurs de café. Aux États-Unis, c'est l'organisme


TransFair USA qui réalise cette tâche.
TransFair USA est membre de l'association internationale de certificateurs de produits
équitables FLO-1. Cet organisme, autrefois TransFair International, regroupe
aujourd'hui17 certificateurs provenant de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de l'Asie.
Notons que FLO-I, située en Allemagne, ne s'intéresse pas exclusivement au café mais
a aussi développé des critères équitables pour le thé, le cacao, le miel, le sucre, le jus
d'orange et les bananes.
5.4 Les associations de support :
Les associations de support regroupent divers OCE ou encore une alliance d'OCE et de
producteurs. Elles cherchent principalement à faciliter la communication entre les
acteurs du commerce équitable, à sensibiliser la population aux préoccupations du
commerce équitable, et à fournir de l'information à leurs membres sur l'évolution du
mouvement et de ses différents acteurs. La plus ancienne association est l'International
Federation for Alternative Trade (IFAT) qui compte 155 membres provenant de 47
pays du Nord et du Sud. Cet organisme a été mis sur pied en 1989 et est présentement
situé à Oxford en Angleterre. TI existe aussi l'European Fair Trade Association (EFT
A) fondé en 1990. EFTA rassemble 12 OCE membres provenant de 9 pays européens.
EFTA, situé en Belgique, est aussi un des membres de IF AT.
Du côté des associations américaines, il existe le Fair Trade Federation (FTF)
anciennement nommé North American Alternative Trade Organization. FTF a été
fondé en 1994 et, étant donné sa petite taille et ses ressources limitées, n'est pas
membre de IFAT. Il entretient toutefois de bons rapports avec cette organisation.
Plus récemment, en Europe, deux organismes de support, IFAT et EFTA, se sont joints
à FLO-I et NEWS! pour créer une nouvelle entité informelle du nom de FINE. Ce
regroupement a comme objectif de faciliter le partage de l'information à travers le
réseau la coordination des activités du réseau et la recherche de critères communs.
5.5 Les consommateurs :
Le dernier des acteurs impliqués dans les échanges commerciaux équitables est bien
entendu le consommateur .

32
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Chapitre II : Les limites et les barrières du commerce équitable

La première partie de cette étude s’est attachée à expliquer les principes de


fonctionnement du commerce équitable. Nous avons donc vu comment celui-ci
fonctionne au niveau général. De cette manière, nous avons pu mettre en avant les
apports du commerce équitable dans la démocratie de marché ainsi que les avantages
économiques et sociaux qu’il peut apporter pour les petits producteurs. Il est alors
intéressant de voir, dans un second temps, d’une part les limites inhérentes aux
principes du commerce équitable et à son développement, et, d’autre part, les
éventuelles possibilités de pallier ces limites afin d’améliorer son fonctionnement,
dans la démocratie de marché Nous allons donc voir, tout d’abord, les limites
associées à l’activité structurelle de ce commerce en s’intéressant à la filière intensive
et à la filière spécialisée. Puis nous nous intéresserons, aux limites inhérentes aux
organisations de commerce équitable.
Section 1 : Les limites du Commerce équitable :

L’objectif de cette sous-partie n’est évidemment pas de faire une liste des critiques
adressées au commerce équitable et à ses acteurs mais plutôt d’analyser ses limites
intrinsèques, en fonction des données présentées en première partie et des constats
faits dans d’autres études. Nous allons donc mettre en lumière, les différentes
problématiques que peut soulever le commerce équitable aux différents niveaux de la
filière, du producteur au consommateur, en passant par les organisations de la filière
intensive (labels) et de la filière spécialisée.
1 . La certification équitable: entre équité et marché :
En 2006, FLO travaillait avec 586 organisations de producteurs bénéficiant à 5
millions de producteurs, de travailleurs et leur famille (FLO, s.d). Plutôt que
d'atteindre une population militante dans le cadre d'un message politique, le commerce
équitable offre désormais un « véritable produit» destiné à un consommateur, un
consommateur au profil particulier certes, mais qui est bel et bien rejoint en tant que
consommateur et non en tant que militant. Mais malgré ce succès commercial
indéniable, le commerce équitable est encore aujourd'hui relativement marginal sur le
plan commercial. Le commerce équitable ne concerne en effet qu'un nombre limité de
produits, principalement issus du secteur alimentaire. La complexité du système de
33
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

certification des produits équitables dont nous avons traitée à la section 1.3 constitue
même un frein à l'expansion de la certification à d'autres produits, particulièrement les
produits transformés. Et même si le secteur du commerce équitable présente une
croissance économique exceptionnelle, ses parts de marché demeurent assez faibles,
bien que non négligeables. Mais plus fondamentalement, dans le contexte de la
mondialisation, dès lors que le commerce équitable fait son entrée dans le marché et y
occupe une place, il doit lutter pour la conserver (Renard, 1999). Certains estiment
d'ailleurs que FLO impulse de plus en plus une stratégie de marketing conventionnelle
au commerce équitable (Murray et al., 2003). Plus fondamentalement, l'incursion des
produits équitables dans les grandes surfaces ne risque-t-elle pas de mener à la
banalisation de l'acte de consommation responsable (Gendron, 2004a) « On peut [...]
s'interroger sur l'émergence d'une consommation éthique apolitique, où la dimension
équitable du produit renvoie moins à la dénonciation d'un système commercial
international injuste qu'elle n'est un simple attribut qualitatif parmi d'autres:
biologique, fermier ou sans cholestérol (Gendron, 2004a, p. 171). »
Par ailleurs, la certification équitable, qui devait permettre une plus grande insertion
des produits équitables sur les marchés et incidemment le libre-accès à ce système
pour les producteurs du Sud. entraîne de façon plus subtile des effets imprévus du côté
des organisations de producteurs en raison des conditions du marché. Dans le secteur
du café équitable, l'offre dépasse beaucoup la demande si bien que peu de producteurs
ont en réalité accès aux marchés équitables. Selon Jean-Pierre Doussin, président de
Max Havelaar France, seulement 10% des demandes d'inscription au registre peuvent
être acceptées chaque année et seuls 20% de la production des groupements inscrits au
registre trouve effectivement des débouchés aux conditions Max Havelaar (Le Velly,
2004).

2 .La participation d'acteurs conventionnels au commerce équitable :


L'incursion du commerce équitable dans le réseau de la grande distribution implique
que des acteurs originaires du secteur conventionnel prennent désormais part à la
filière équitable, ceci à différents degrés. Au départ, la stratégie de la labellisation a
consisté à créer des alliances avec certains grands distributeurs de façon à augmenter

34
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

la disponibilité des produits équitables pour les consommateurs (Roozen et van der
Hoff, 2002). Ainsi, lors de la création du label équitable, on a mis à profit la renommée
des torréfacteurs et marques déjà établies pour renverser l'image négative du café de
solidarité (Renard, 2003). Dès que l'on décide de participer plus activement au marché
ou de développer des filières équitables pour certains produits, la collaboration avec
des acteurs traditionnels devient donc nécessaire et même souhaitable, ne serait-ce que
d'un point de vue logistique et technique.

D'un point de vue idéologique, en impliquant des acteurs de la grande distribution,


certains estiment que l'on pourrait justement assister à un mouvement de
contamination entraînant ceux-ci et d'autres à s'engager davantage pour le respect des
droits humains, économiques et environnementaux (Johnson, 2003). C'est dans cette
visée que le mouvement, à tout le moins une partie, fait pression sur les acteurs
traditionnels pour que ceux-ci s'insèrent dans la filière équitable ou modifient leurs
pratiques. Cependant, la participation des acteurs commerciaux conventionnels au
commerce équitable risque selon certains de n'être qu'une occasion de diversifier leur
offre de produits et n'aurait aucune véritable influence sur l'ensemble de leurs
pratiques. Dans le secteur du café par exemple, on assiste au déploiement de diverses
stratégies par les principaux acteurs du secteur du café que ce soit pour contrecarrer les
effets potentiellement néfastes de la vente de produits équitables sur leurs propres
ventes ou pour en tirer profit (Renard, 2003). À titre d'exemple, en 2003, Starbucks a
acheté 2,1 millions de livres de café certifié équitable, ce qui correspond à une
augmentation de 91 % par rapport à l'année précédente. Aux États-Unis, les magasins
Starbucks représentaient au moins 20% de tous les lieux de vente de café équitable
dans ce pays toujours selon la multinationale (Starbucks, 2004). Ceci lui vaut un
pouvoir considérable sur la filière de café équitable .
3 . Un commerce de moins en moins équitable :
Si elle est nécessaire pour le bénéfice d'un maximum de producteurs et d'un point de
vue logistique, l'incursion du commerce équitable dans la sphère marchande ainsi que
la participation d'acteurs conventionnels à la filière équitable risqueraient en
contrepartie de dénaturer le mouvement. Le défi consiste en effet à assurer la valeur «
équitable» des produits, ce qui n'est pas chose facile. À cet effet, Low et Davenport

35
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

(2005) observent qu'au fur et à mesure que le commerce équitable pénètre le


commerce traditionnel, on assiste à un assouplissement progressif des critères
équitables où les critères les plus commodes, tel le respect d'un prix minimum, sont
gardés au détriment d'autres moins évidents à appliquer tel que le renforcement des
capacités. De même, alors que le commerce équitable cherche à rapprocher
producteurs et consommateurs par la socialisation de l'échange commercial, la
stratégie de labellisation et l'incursion dans la grande distribution qui s'en est suivie
semblent l'éloigner de cet objectif (Taylor, 2005, Murray et al., 2003). Les producteurs
déplorent une dépersonnalisation du commerce équitable qu'entraîne le système de
labellisation géré par FLO (Murray et al., 2003) de même que le manque de
démocratie de ce système (VanderHoff Boersma, 2002). Avec le système FLO, les
organisations de producteurs observent que les liens entre producteurs et
consommateurs sont moins directs. Par exemple, on note une diminution du nombres
de visites de groupes de consommateurs, un élément pourtant considéré important pour
le renforcement du mouvement (Murray et al., 2003).

En somme, si d'un côté on peut se réjouir du succès du commerce-soutien qu'incarne la


stratégie de la labellisation, puisqu'il est au bénéfice du plus grand nombre de
producteurs, de l'autre, ce succès alimente une pression accrue de la logique et des
pratiques marchandes sur le mouvement (Taylor, 2005). Comment le commerce
équitable peut-il poursuivre l'augmentation des volumes vendus pour bénéficier ainsi à
un maximum de producteurs tout en s'assurant que ses stratégies demeurent cohérentes
avec les objectifs de développement et de transformation des règles du commerce
international qu'il poursuit? Avec les limites du modèle de la certification équitable, la
participation d'acteurs conventionnels au commerce équitable et le pouvoir qu'ils y
acquièrent, l'assouplissement apparent des critères du commerce équitable,
l'intégration accrue des organisations de commerce équitable au marché ainsi que la
prolifération de labels et codes de conduite à saveur éthique et sociale, la question la
plus souvent posée est celle de savoir si l'on doit craindre la récupération du commerce
équitable par le système capitaliste où les acteurs conventionnels en viendront à
imposer leurs propres conditions « équitables »? Mais comme nous l'avons vu, la
question est plus complexe puisque d'une part la participation d'acteurs conventionnels

36
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

au commerce équitable peut être bénéfique et est même, jusque dans une certaine
mesure, nécessaire. D'autre part, l'image romantique des « pauvres petits producteurs
équitables» qui subissent le commerce international doit être nuancée puisqu'ils y
prennent désormais part et ont de ce fait, une influence directe sur l'avenir du
mouvement équitable, mais un effet bien négligeable sur le commerce international en
général. Enfin, si l'on peut craindre une récupération du commerce équitable par le
système économique dominant ou que ce dernier altère le mouvement du conunerce
équitable, l'inverse est aussi valable. « [LJe marché peut être transformé par l'irruption
de ces nouveaux acteurs répondant à une logique étrangère à la sienne et libérés d'une
rationalité typiquement économique» (Gendron, 2004a, p. 173). En somme, la
transformation n'est pas unilatérale.

4. Sécurité et souveraineté alimentaires :

La définition de la sécurité alimentaire promulguée au Sommet mondial de


l'alimentation qui avait lieu à Rome en 1996 est la plus généralement admise : « la
sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès
physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant
de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener
une vie saine et active ». Selon la FAO, la sécurité alimentaire sous-tend les enjeux de
la satisfaction, de l'accès, du risque et de la durabilité. Elle concerne la satisfaction des
besoins tant du point de vue de la quantité que de la qualité (nutritionnelle, sanitaire et
hygiénique). L'accès implique que les denrées doivent être disponibles et accessibles;
la disponibilité réfère davantage au court terme et à l'offre (capacité de production et
d'importation, stockage) alors que l'accessibilité concerne davantage le moyen terme et
la demande (pouvoir d'achat des ménages et des individus). La notion de risque est
également centrale à la sécurité alimentaire : par des mécanismes d'adaptation et de
réaction, on cherchera à minimiser les risques. La durabilité réfère à l'état transitoire
ou chronique de l'insécurité alimentaire.
Les concepts de sécurité alimentaire et de souveraineté alimentaire doivent être
distingués de celui de l'autosuffisance alimentaire. L'autosuffisance alimentaire
exprime une ambition politique d'indépendance alimentaire pour un territoire donné, et

37
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

s'est développée à l'époque des Indépendances comme partie intégrante de la


souveraineté nationale (Blein, 2006/2007). Comme l'explique Blein, la sécurité
alimentaire est surtout axée sur la finalité (l'accès à l'alimentation) alors que
l'autosuffisance privilégie les moyens (la production nationale). «C'est ainsi que la
sécurité alimentaire pourra être atteinte en combinant production locale, importations
régionales ou internationales et aides alimentaires» (Blein, 2006/2007, p. 13), ce qui
serait impossible dans une approche d'autosuffisance alimentaire. La sécurité
alimentaire peut être comprise comme le prolongement du droit à l'alimentation. Les
concepts d'autosuffisance et de souveraineté alimentaire étant davantage politiques,
restent quant à eux muets sur l'accès à l'alimentation, notamment des populations les
plus pauvres. Alors que le concept d'autosuffisance alimentaire est plus restrictif
puisqu'il met essentiellement la production nationale comme source
d'approvisionnement, le concept de souveraineté alimentaire ne fixe pas un moyen,
mais pose plutôt la question du rôle des échanges internationaux et exprime la volonté
de réappropriation par les populations du choix des politiques agricoles et alimentaires
(Blein, 2006/2007).

Section 2 : Les barrières et enjeux stratégiques pour le mouvement du CE :

Le mouvement du commerce équitable fait face à d'importants défis notamment en ce


qui a trait à la certification équitable, à la participation d'acteurs conventionnels au
commerce équitable ainsi qu'à l'équité même de ce système soi-disant équitable,
enjeux qui s'expliquent essentiellement par son rapport ambigu au marché. Le modèle
de développement sur lequel le commerce équitable s'est historiquement construit
constitue un enjeu tout aussi crucial considérant notamment ses prétentions à l'égard
du développement durable.

1. Liées à la Certification :
On peut dire que la certification équitable qui se voulait un moyen pour assurer la
place des petits dans la cour des grands, favorise dans les faits les plus forts des plus
petits. Et au fur et à mesure que les petits (ou les plus forts des plus petits) font leur
place, les grands réagissent, ce qui nous amène à traiter de la participation des acteurs
conventionnels dans le commerce équitable.
38
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

2. Liées à La participation d'acteurs conventionnels au commerce équitable :


L'apparition de nouvelles marques ou programmes à saveur sociale, si elle peut en
partie être attribuable à la popularité et à l'influence du commerce équitable, pose de
sérieux défis pour le mouvement risquant d'une part de se traduire en une confusion
chez les consommateurs pouvant éventuellement mener à leur désintéressement
(Renard, 2003). D'autre part, ceci pose la question de la crédibilité des systèmes de
garantie et de la sincérité de l'engagement des acteurs. Comment différencier un café
équitable vendu par Oxfam, d'un café équitable vendu par Starbucks d'un café certifié
Utz Kapeh? Ou plutôt, où se situera la différence et y a-t-il réellement une différence?
Comment peut-on s'assurer de la sincérité de l'engagement des acteurs conventionnels
à la filière équitable pour que leur insertion dans le commerce équitable soit plus
qu'une stratégie de blanchiment de leur image corporative? Mais plus
fondamentalement, dès lors que le commerce équitable développe une certification et
accepte ainsi que des acteurs conventionnels participent maintenant au commerce
équitable pour pénétrer le marché, ne perd-iL pas une partie de son pouvoir de
dénonciation et de sa volonté de transformation des règles du commerce international?
Or, l'intérêt du commerce équitable, voire son caractère distinctif, ne réside-t-il pas
précisément dans son ambition de changer les règles du commerce international ou, à
tout Le moins, de susciter un débat sur cet enjeu précis.
3. liées aux garanties de la Sécurité et souveraineté alimentaires :
Dans les instances officielles du commerce équitable, la question de la sécurité et de la
souveraineté alimentaire ne sont visiblement pas prioritaires. De façon bien timide,
l'EFTA (2001) prétend que le développement de projets de commerce équitable ne
devrait pas compromettre la sécurité alimentaire locale. Mais du côté de la filière
labellisé comme de la filière intégrée, cet enjeu n'est pas formalisé à l'intérieur des
standards, contrairement à la question des capacités d'exportation et de la consolidation
économique des organisations tel que nous l'avons vu. Le développement des capacités
à exporter et la consolidation économique des organisations apparaissent prioritaires
pour le mouvement par rapport aux enjeux de la sécurité et de la souveraineté
alimentaires.

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

40
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Conclusion du chapitre :
Dans cette section, nous avons cité certains éléments nuisant au développement du
commerce équitable(Ces éléments ont été discuté),Citons la difficulté d'informer et de
sensibiliser le grand public en ce qui a trait au commerce équitable, les difficultés
d'établir l'engagement du consommateur à l'achat du produit équitable, la faible
accessibilité des produits équitables en ce qui concerne la variété de produits
disponibles sur le marché et le nombre de points de vente pour se procurer le produit,
les ressources financières limitées du réseau, le manque d'expertise dans divers
domaines, le prix de vente parfois plus élevé des produits équitables au consommateur
final, et l'importance pour le réseau de construire des alliances. Bien que les produits
équitables soient dorénavant commercialisés par l'intermédiaire des circuits de
distribution traditionnels, les études démontrent encore à cette heure une différence
entre l'intention d'achat exprimée et le comportement d'achat réel, et donc des
possibilités de croissance pour le réseau du commerce équitable. Notons cependant
que l'intention d'achat du consommateur est bien souvent déconnectée de la réalité du
comportement d'achat, en ce sens qu'un consommateur peut exprimer l'intention
d'acheter tel produit alors qu'il ne le fera pas dans la réalité.
Il apparaît toutefois aussi que, bien que l'intérêt du consommateur pour les produits du
commerce équitable semble continuer à s'accroître, les réponses stratégiques des
détaillants pour le marché équitable demeurent sous-développées. Ainsi, les
particularités et les limites du commerce équitable nous questionnent à savoir
comment remédier à ces limites qui ralentissent et nuisent à la croissance des ventes du
commerce équitable tout en tenant compte et en tirant profit de ses particularités. Cette
étude cherche à savoir quelle les limites et les barrières du commerce équitable et les
enjeux confrontés par les acteurs du CE.

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

PARTIE 2 :

ETUDE EMPIRIQUE

42
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Introduction :

Dans cette partie, nous avons commencé notre étude empirique par la définition de
notre terrain de recherche ainsi que les entreprises qui ont en relation avec notre sujet
plus précisément avec notre problématique, et porté à votre connaissance que nous
sommes parmi les premiers qui ont travaillés ce sujet c’est pour cela nos informations
sont assez limitées et aussi les entreprises qui ont adopté ce thème et assez rares ; c’est
pour cela nous avons adoptés les choix méthodologique qui sont en rapport avec la
nature de notre recherche, et nous avons justifiés nos choix à partir du terrain.

Chapitre 3 : CADRE CONCEPTUEL ET

MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE :

Section 1 :Les limites et les barrières du Commerce équitable au Maroc:

Le terme "commerce équitable" a une bonne connotation auprès du public. Il est plus
attractive que le terme du "commerce alternatif" utilisé au paravent , alternatif remet
en cause les relations Nord -Sud alors qu'équitable leur donne l'aspect justice .

Le commerce équitable n’a pas cessé de croitre, même si sa part dans l’ensemble du
commerce mondial reste faible, car le nombre des producteurs qui est limité. Dans les
pays occidentaux, les consommateurs sont insensibles a ce type de commerce qui
présente un aspect innovant et sympathique. Au Maroc et plus précisément au Sud,
nous trouvons un manque de conscience et d'information à ce type de commerce,
même si on a quelques structures qu'ils adoptent mais le marché reste timide.

Ici la question qui se pose c’est : qu’ils sont les limites et les barrières de commerce
équitable au Maroc . Nous avons choisi comme champ d’étude la région de SOUSS
MASSA.

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

1°Les organisations du commerce équitable à la region Souss Massa :

La région de SOUSS MASSA a connu une évolution assez progressive dans le


domaine du commerce équitable , il contient plusieurs structures certifiées Fairtrade tel
que :

Nom de Date de Nombre Statut de Domaine


Structure Création d’adhérents l’entreprise d’activité
Limounna Souss 2003 Groupe Agriculture

Taitmatine 27/10/2002 Coopérative Agriculture

Imgoun 10/05/2012 Coopérative Agriculture

Ajdig 2005 Coopérative Agriculture


Ntarganine

Tighanimine 2006 Coopérative Agriculture

EL AOURF 1992 Sté Agriculture

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

2- La filière des produits arganiers comme exemple :

la création des coopératives d’argane a eu des retombées positives sur les plans social,
économique et environnemental, particulièrement pour les femmes d’origine rurale.
Cependant derrière ce succès apparent se cache un nombre d’obstacles qui entravent la
réalisation de leurs objectifs : il s’agit, en premier lieu, de la défaillance en matière de
gestion et de commercialisation des produits, ensuite, de la rareté de la matière
première et de son prix élevé, puis, de l’existence d’un marché atomisé et de
l’analphabétisme qui caractérise une partie non négligeable de ces populations ce
succès apparent se cache un nombre d’obstacles qui entravent la réalisation de leurs
objectifs.
* Coopérative Tighanimine comme exemple :

Depuis 2010, le TDC soutient la coopérative de femmes Tighanimine, qui produit de


l'huile d'argan équitable dans le sud du Maroc. Cette huile convoitée constitue non
seulement un ingrédient miraculeux dans les produits cosmétiques, mais elle est aussi
utilisée comme arôme en cuisine. Nadia la créatrice, nous raconte :
« L’histoire de la création de cette coopérative est assez extraordinaire. Je voulais
apporter ma contribution pour aider les femmes de la région. J’avais commencé par
leur donner des cours d’alphabétisation. Lors des séances, elles me soumettaient
toujours cette demande de création d’une coopérative d’huile d’argan. Un long
chemin, semé d’embûches, a été parcouru depuis. »
En 2011, Tighanimine est la première coopérative qui reçoit une certification Fairtrade
pour son huile d’argan ce qui permet aux 68 femmes membres de doubler leurs
revenus en 2 ans.
Tighanimine a pu compter sur le soutien financier du Trade for Development Centre
(TDC) pour améliorer ses capacités de gestion, développer des systèmes de contrôle
de qualité et créer du matériel de communication pour mieux commercialiser ses
produits sur les marchés marocain et européen.

© Eric de Mildt pour le Trade for Development Centre de la CTB, 2015

45
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

* MONOGRAPHIE DE LA REGION SOUSS MASSA :

1- Représentation générale de la région SOUSS MASSA :

S’étendant sur une superficie de 53 789 km², soit 7,6 % du territoire


national, la région Souss Massa est formée de 2 préfectures :Agadir Ida
Outanane et Inezgane Ait Melloul et de 4 provinces : Chtouka Ait Baha,
Tiznit, Taroudannt etTata.
SUPERFICIE1 72506 KM
PART DE LA SUPERFICIE NATIONALE 10%
POPULATION 3,3 MILLIONS
TAUX D’ACCROISSEMENT ANNUEL 1,7%
TAUX D’URBANISATION 41%
TAUX D’ACTIVITE 52%
PIB 76 MILLIARDS DE DH
PART DU PIB NATIONAL 12,3%

La région occupe une bande au milieu du royaume allant de l’Océan Atlantique aux
frontières avec l’Algérie à l’Est. C’est une jonction entre le Nord et le Sud du pays et
joue de ce fait un rôle stratégique aux niveaux économique et socioculturel.

Elle est limitée au Nord par la région de Marrakech-Safi, au Sud par la région de
Guelmim-Oued Noun, à l’Est par la région de Drâa-Tafilelt et l’Algérie, à l’Ouest par
l’Océan Atlantique .
C’est une région caractérisée par un relief diversifié :
Ä Les chaînes montagneuses du Haut et de l’Anti Altas constituant un important
réservoir hydrologique.Ä Les plaines fertiles du Souss-Massa.

Elle compte plusieurs cours d’eau, dont les plus importants sont Oued Souss et Oued
Massa. Ces oueds sont alimentés par plusieurs affluents.
Le climat de la région est sec en général, influencé par l’Océan et le Sahara. Les
précipitations sont irrégulières dans l’espace et dans le temps : elles varient entre 70 et
350 mm par an ce qui dénote d’un déficit hydrique important tant au niveau des

46
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

ressources en eau de surface qu’au niveau des nappes phréatiques.


- Organisation administrative :
La région compte un grand nombre de communes, avec 154 communes rurales et 21
municipalités. Ces entités se repartissent par préfecture et province selon le tableau
suivant.

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

- POPULATION :
- La population de la région s'élève à 3 094 985 habitants, (recensement officiel de
l’année 2004), soit 10.42 % du total de la population marocaine, avec un taux de
croissance annuel de 1,7 %.
- Les ruraux représentent 59.2% de la population avec 1.842.692 habitants,
contre40.8% qui vivent en milieu urbain avec 1.270.961.
- La jeunesse constitue la plus grande partie de la population, soit 32.9% des personnes
ont moins de 15 ans, 58.8% ont entre 15 et 59 ans et seulement 8.1% ont plus de 60
ans.
- La répartition de la population par provinces et préfectures :

Structure da la population active occupée régionale selon les secteurs d'activité :


Le secteur d’agriculture forêt et pêche emploi environs 52,2 % de la population
active de la région contre41% au niveau national.

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

- Le taux de chômage :
Le taux de chômage de la région est de7,1%, il avoisine la moyenne nationale (un
écart de -2,5% point)

Source :UNION REGIONALE DE LA CGEM SOUSS MASSA DRAA ,2010

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Section 2 : La méthodologie de recherche :


La méthodologie de recherche est une étape spécifique pour la sélection de techniques
concrètes de recherche. Par conséquent, la méthodologie dépend des postulats que le
chercheur considère valider. Dans notre recherche l’instrument utilisé est le
questionnaire.

La méthodologie de notre recherche va traitée 2 axes importants : la problématique de


la recherche et l’échantillon.

2-1. Problématique de la recherche :

Avant de faire une étude empirique il reste indispensable de déterminer la


problématique de la recherche sur laquelle nous pouvons élaborer notre questionnaire
qui répond à cette problématique « Les limites et les barrières du commerce équitable
à la région de SOUSS MASSA ».

L’objectif de cette étude c’est de savoir les limites auxquelles confrontent les
structures qui adoptent ce système, et aussi les barrières d’entrée pour d’autres
structures qui veulent l’adopte.

2-2. L’échantillon :

Le choix de l’échantillon de notre recherche nécessite une base de donnée viable pour
bien cibler la population, pour cela nous avons dévisé notre échantillon en deux partie,
premièrement ; les structures qui sont certifiées « Fairtrade » et les limites qu’elles
confrontent, et deuxièmement ; les structures non certifiées pour savoir les barrières
d’entrée à ce mode de commerce.

Notre échantillon comprend 6 structures parmi les 8 qui sont certifiés « Fairtrade et
Ecocert » dans notre région ça d’une part, d’autre part 10 structures non certifiées
« Fairtrade »

* Modalité et instrument de la recherche :

Les modalités et instruments permettent de collecter des données à analyser dans le


cadre de la recherche. De manière usuelle , il existe 2 types d’instruments : l’entretien ,

50
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

l’observation directe participante. La plupart des recherche mobilise plusieurs


instruments, et cette multiplication de source permette une triangulation qui guide de
la construction du cadre empirique.

La fiabilité de cette étape de collecte des données dépend de plusieurs facteurs tels que
la fiabilité des procédures à suivre.

Dans le cas de notre recherche nous avons fait appel au questionnaire pour
complémenter l’étude, nous avons utilisé des questions ouvertes, à l’échelle, directe, à
multiples choix dans le but de donner plus de liberté aux répondants de s’exprimé et
pour enrichir notre recherche.

Dans le cadre de notre recherche nous avons également choisi d’utiliser un mini
entretien mais sur des questions précises, pour mieux avoir plus d’informations sur les
barrières et obstacles d’entrée dans le circuit équitable dans notre région.

2.3. l’hypothèses de recherche :

Les hypothèses de recherche, que nous exposons, sont issues de la revue de littérature
que nous avons effectuée dans la partie théorique. Donc nous supposons que les
limites du commerce équitable sont:

H1: la faible sensibilisation des consommateurs vis à vis les produits certifiés

H2: le prix de certification qui est élevé

H3: la difficulté d'accès au système du commerce équitable

H4: les formations aux producteurs marocains qui sont insuffisantes

H5: problèmes de commercialisation au niveau local

H6: absence d'une plateforme pour commercialiser les produits

H7: problème du concurrence entre les entreprises certifiées et les non certifiés

H8: la communication entre les producteurs marocaines , et aussi entre ces derniers et
Fairtade( Africa ,internationnal )

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

CHAPITRE 4 : ANALYSE ET TRAITEMENT DU QUESTIONNAIRE :

Section 1 : Analyse et traitement du questionnaire

Nom de Date de Nombre Statut de Domaine


Structure Création d’adhérents l’entreprise d’activité
Limounna Souss 2003 Groupe Agriculture

Taitmatine 27/10/2002 Coopérative Agriculture


Imgoun 10/05/2012 Coopérative Agriculture



Ajdig 2005 Coopérative Agriculture
Ntarganine …

Tighanimine 2006 Coopérative Agriculture


EL AOURF 1992 Sté Agriculture


IGRAN 30/09/2016 11 Coopérative Agriculture

Souktana 1979 101 Coopérative Agriculture

Soukaina 2008 24 Coopérative Agriculture


Féminine

L’or Rouge 2008 4 SARL Agriculture

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Section 2 : Les résultats de guide d’entretien

TABLEAU 1 : STATUT DE LA STRUCTURE

Effectif %

Coopérative 4 66.7%
Sarl 1 16.7%
SA 0 0%
Association 0 16.7%
Groupe 1 0%
Fondation 0 0%
Total 6
RÉSOULUTION GRAPHIQUE 1 :

COMMENTAIRE :

La plupart des structures qu’on a visité à SOUSS MASSA sont des coopératives(4) qui
représentent 66.7% et un seule GROUPE et une SARL.

TABLEAU 2 : Taille de la structure

Effectif %
Entre 1 et 10 2 33.3%
Entre 10 et 50 3 50%
Entre 50 et 250 1 16.7%

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 2 :

COMMENTAIRE :

D’après le graphique , nous avons constaté que la plupart des structures(50%) ont
un effectif entre 10 et 50 adhérents ou ouvrier ou bien collaborateur.

TABLEAU 3 : LE SECTEUR D’ACTIVITÉ

Effectifs %
Agriculture 5 83.3%
Commerce 1 16.7%
Pêche 0 0%
Industrie 0 0%
Hébergement 0 0%
Autre 0 0%
Total 6

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 3 :

COMMENTAIRE :

Toute les structures qui sont certifiées commerce équitable (FLO , ECOCERT …)
s’occupe de domaine de l’agriculture et qui représentent 83.3% suivi par le domaine
commerciale par un pourcentage de 16.7%.

TABLEAU 4 : LA ZONE GÉOGRAPHIQUE DE LA STRUCTURE

Effectifs %
Rural 5 83.3%
Urbaine 1 16.7%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 4 :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

COMMENTAIRE :

Toutes les structures qui adoptent ce nouveau mode de commerce sont


localisées dans la zone géographique rurale.

TABLEAU 5 : L’ȂGE DES ADHÉRENTS OU SALARIÈS :

Effectifs %
]25-18[ 1 16.7%
]35-25[ 3 50%
˃35 2 33.3%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 5 :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

COMMENTAIRE :

La tranche d’âge d’une grande partie des adhérents ou des salariers est comprise
entre ]35-25[ se qui signifie qu’il ya autant de jeunes .

TABLEAU 6 : RÉGION D’IMPLANTATION

Effectifs %
Agadir 2 33.3%
Taroudant 3 50%
Ait Baha 1 16.7%
Inzegane 0 0%
Ait Melloul 0 0%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 6 :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

COMMENTAIRE :

D’après le graphique, la plupart des structures visitées sont installées à la région de


Taroudant suivi par Agadir.

TABLEAU 7 : LA FONCTION AU SEIN DE LA STRUCTURE

Effectifs %
Directeur 3 50%
Responsable Commercial 2 33.3%
Responsable RH 0 0%
Cadre intermédiaire 0 0%
Membre de bureau 1 16.7%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 7 :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

TABLEAU 8 : La mission de l'E/se [domaine d'activité stratégique]

Effectifs %
Production et commercialisation 5 83.33%
des produits arganiers
Production et commercialisation 1 16.67%
du Safran et produits locaux
Total 6
RÉSOULUTION GRAPHIQUE 8 :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

TABLEAU 9 : Certification Fairtrade(commerce équitable)

Effectifs %
OUI 5 83.33%
NON 1 16.7%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 9 :

Commentaire :

D’après l’étude pratique, 83.33% des structures visitées sont certifiées par une
certification « Fairtrade », par contre 16.7% des structures n’ont pas un certificat.

TABLEAU 10 : Produit équitable pour qui

Effectifs %
Producteur 5 83.3%
Consommateur 2 16.7%
Responsable 0 0%

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 10 :

Commentaire :

D’après le graphique, on constate que la plupart des structures ont liées l’équité, et la
justice au niveau du producteur 83.3%. C'est-à-dire les salaires des employés qui lui
garanties les meilleurs conditions de vie suivi de 16.7% des structures qui ont dit que
le produit est équitable pour le consommateur c'est-à-dire au niveau des prix de vente
et la qualité des produits.

TABLEAU 11 : Produit équitable signifie des produits bio

Effectifs %
Tout à fait d’accord 5 70%
Pas du tout 1 30%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 11 :

61
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

D’après le graphique , nous avons constatés que la plupart des structures visitées
considèrent que les produits dites équitables signifie toujours des produits bio, car la
pluparts de ces structures est spécialisé dans ce domaine.

TABLEAU 12 : L’accès au marché équitable

Effectifs %
Facile 0 0%
Difficile 6 100%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 12 :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

D’après notre étude, nous avons constatés que l’accès au marché équitable reste
toujours difficile 100%.

TABLEAU 13 : vérification de l'origine d'un produit dit équitable

Effectifs %
Nombre des lots 3 50%
Procédure de traçabilité 1 16.7%
Par le choix de fournisseur 1 16.7%
Présence d’un logo fairtrade 1 16.7%

Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 13:

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

D’après notre étude, nous concluons que la plupart des structures 50% visités
comptent sur les nombres des los pour vérifier l’origine de leurs produits
équitables.par contre les autres structures utilise d’autres manières comme ( la
présence d’un logo fairtrade, ou par le choix de fournisseur, ou des procédures de
traçabilité).

TABLEAU 14 : Le marché local (Marocain) est-il suffisant pour la


commercialisation des produits équitables :

Effectifs %
OUI 0 0%
NON 6 100%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 14 :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

Le marché local d’après notre recherche sur le terrain reste insuffisant pour la
commercialisation des produits certifiés équitables. Pour cela ces structures couvrent
ce manque par des conventions avec les clients internationaux .

TABLEAU 15 : A quel label faire confiance

Effectifs %
Ecocert 2 33.3%
Fairtrade 4 66.7%
Total 6
RÉSOULUTION GRAPHIQUE 15 :

65
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

D’après notre étude, nous concluons que la label dominant à notre région SOUSS
MASSA est « Fairtrade » par un pourcentage de 66.7% des structures visitées, par
contre 33.3% des structures utilisent la certification « Ecocert » des produits bio.

TABLEAU 16 : L'état est considérée comme :

Effectifs %
Promoteur 1 16.%
Consommateur 2 33.3%
Régulateur 3 50%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 16 :

66
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

50 % des structures visitées considèrent l’état comme un régulateur, par contre 33% la
considère comme un consommateur et puis 16.7% comme un promoteur.

TABLEAU 17 : Est-ce-que c'est obligatoire d'avoir des clients à l'international pour


être certifié?

Effectifs %
OUI 4 66.7%
NON 2 33.3%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 17:

67
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

D’près notre étude nous concluons que la plupart des structures 66.7% sont obligées
d’avoir des clients internationaux pour entrer le marché équitable.

TABLEAU 18 : Lois et règlements qui organise le domaine de CE au Maroc :

Effectifs %
OUI 1 16.7%
NON 5 83.3%
Total 6
RÉSOULUTION GRAPHIQUE 18 :

68
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

Nous observons dans ce graphique que 83.3% des structures ont citées qu’il y a pas
des lois et règlements qui organisent le domaine du Commerce équitable.

TABLEAU 19 : Est-ce-que les producteurs Marocains bénéficient des Formations


ou des accompagnement?

Effectifs %
OUI 5 83.3%
NON 1 16.7%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 19 :

69
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

TABLEAU 20 : y-a-t-il une sensibilisation des consommateurs vis-à-vis la qualité


des produits certifiés?

Effectifs %
OUI 5 83.3%
NON 1 16.7%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 20 :

70
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

83.3% des structures visitées disent qu’il y a un manque de sensibilisation chez la


clientèle marocaine sur les produits équitables, par contre 16.7% disent oui.

Tableau 21 : Est-ce-que les nouveaux modes de production (la technologie) freine


votre activité ?

Effectifs %
OUI 1 16.7%
NON 5 83.3%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 21 :

Commentaire :

Nous observons que 83.3% des structures certifiées « Fairtrade » travaillent avec leurs
ressources technologiques propre et que les nouveaux modes de production freinent
pas l’activité de leurs structures.

Tableau 22 : Le commerce équitable est une reproduction du modèle commerciale


dominant?
71
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Effectifs %
Tout à fait d’accord 5 83.3%
Pas du tout 1 16.7%
Total 6

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 22 :

Commentaire :

Nous pouvons constater dans ce graphique que 83.3% des structures visitées ont
considérées que le commerce équitable est tout à fait une reproduction ou une
révolution du modèle commerciale dominant.

Tableau 23 : Les coûts du processus de certification reste toujours élevés ?

Effectifs %
Tout à fait d’accord 6 100%

Pas du tout 0 0%
Total 6

72
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 23 :

Commentaire :

D’après le questionnaire, parmi les limites et les barrières qui freinent les producteurs ;
c’est les coûts de certification très élevés du commerce équitable, car d’après ces
structures les coûts de certification sont entre 18000 et 20000 Dhs par an.

Tableau 24 : Les conditions d'entrée dans le circuit équitable reste inaccessibles ?

Effectifs %
Tout à fait d’accord 4 66.7%

Pas du tout 2 33.3%


Total 6
RÉSOULUTION GRAPHIQUE 24 :

73
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Commentaire :

66.7% des structures ont considérées que les conditions d’entrée dans le circuit
équitable reste inaccessibles .

74
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Conclusion du chapitre :

A partir de notre recherche sur le terrain via un questionnaire auprès de 6 structures


pratiquant le commerce équitable, et un guide d’entretien adressé aux autres structures
qui ne pratiquent pas le commerce équitable, nous avons pu connaitre les limites et les
barrières du commerce équitable.

NB :

Il y a des structures même si elles n’ont pas un certificat « Fairtrade », mais le système
qu’elles adoptent correspond au système du commerce équitable pour les producteurs.
Par exemple à propos de la distribution des revenus sur les adhérents.

* l’entretien avec les structures non certifiées « FAIRTRADE » :

- Le CE vise seulement les Coopératives ou les petites structures .

- Parmi les limites et les barrières que les structures citent tout au long de l’entretien

C’est :

1- un manque d’information sur le domaine.

2- Les coûts élevés de la certification .

3- Le marché local qui est insuffisant .

4- La concurrence entre les structures certifiées et non certifiés.

75
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Conclusion générale :

Dans l'objectif d'étudier les limites et les barrières du commerce équitable dans la
région de SOUS-MASSA, nous avons choisi ce mémoire sous deux partie : partie
théorique et partie pratique .

Dans la partie théorique, la revue de littérature, elle est consacrée dans l'étude de
concept du commerce équitable, la naissance du commerce équitable et l'ensemble des
limites et barrières de ce type du commerce .

En effet, certains auteurs ont définis le commerce équitable comme étant un


partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect dont
l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial.

Dans la partie empirique, nous avons essayé à travers une étude quantitative
(questionnaire) d'identifier les limites et les barrières du commerce équitable à la
région de SOUS-MASSA, à l'aide d'un guide d'entretien dans le but de savoir d'autres
limites et barrières d'entrée à ce système pour valider les hypothèses posées au début
de notre recherche . suite à l'étude empirique que nous avons menée, nous avons
obtenus plusieurs résultats: les limites que les structures déjà certifiées confrontent tout
au long de la durée de la certification à savoir le marché local insuffisant, le prix de
certificat etc.. , d'autre part nous avons constatées quelques barrières d'entrée des
nouvelles structures qui veulent le rejoindre , par exemple : un manque d'information
sur le domaine .

La réalisation de ce projet est contrainte par certaine limites comme toute recherche :

* premièrement, notre recherche a été limité par la rareté des entreprises qui adoptent
le commerce équitable à la région de sous massa, même si nous avons réussi
d'interroger la plupart de ces structures mais il reste insuffisant.

76
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

* deuxièmement, nous n'avons pas travaillé sur le modèle causal à cause de sa


complexité.

*finalement, deux mois de préparation de projet de fin d'étude est insuffisantes et


difficile.

Même si toute ces limites sont présentes, ce mémoire nous a permis d'identifier ce type
de commerce équitable à la région de Souss-Massa cela dans un coté, d'autre coté, il
nous a appris l'esprit de travailler en équipe, la patience et la passion de terminer notre
projet en bonne qualité.

77
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Bibliographie :

Barrat Brown, M. 1993. Fair Trade / Reform and Realities int the International
Trading System. London: Zed Books, 192 p.

Favreau, L. 2002. « Commerce équitable, économie sociale et mondialisation ». In


Séminaire international Commerce équitable, coopératives et développement durable
(Montréal, 26 et 27 septembre 2002), sous la dir. de C. Gendron, p. 2-14. Montréal:

Gendron, C. 2004a. « Le commerce équitable: un nouveau mouvement social


économique au cœur d'une autre mondialisation» In Altermondialisation, économie et
coopération internationale, sous la dir. de Favreau, 1., G. Larose et A. Salam Fall, p.
158-183. Québec: Presses de l'Université du Québec.

Latouche, S. 2000. « De l'éthique sur l'étiquette au juste prix, Aristote, les SEL et le
commerce équitable ». Revue du MAUSS, no 15, p. 346-358.

Le Velly, R. 2004. «Le commerce équitable: des échanges marchands contre le marché
et dans le marché ». Thèse de Doctorat, Nantes, Université de Nantes, 328 p.

Raynolds, L.T. 2002. « ConsumerlProducer Links in Fair Trade Coffee Networks ».


Sociologia Ruralis, Vol. 42, no 4, p. 404-424.

Taylor, P.L. 2005. « In the Market But Not of It: Fair Trade Coffee and Forest
Stewardship Council Certification as Market-Based Social Change ». World
Development, Vo!. 33, No. l, p. 129-147.

VÉRONIQUE.B,2008. « COMMERCE ÉQUITABLE ET DÉVELOPPEMENT


DURABLE: LE CAS D'UNE ORGANISATION DE PRODUCTEURS DE CAFÉ AU
Mexique »

TENES.O,2011. « Apports et limites des organisations de commerce équitable dans la


démocratie de marché à partir du contexte bolivien »

78
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

FORTIN.J,2006. « L'ADOPTION D'UNE STRATÉGIE DE DISTRIBUTION EN


CONTEXTE DE COMMERCE ÉQUITABLE » p 25-30

GLOSSAIRE
Commerce équitable : (anglais: Fairtrade)

C'est un système d'échange dont l'objectif est de parvenir à une meilleure égalité
dans le commerce conventionnel. Sa démarche consiste à utiliser le commerce
comme un levier de développement et de réduction des inégalités en veillant à la
juste rétribution des producteurs .

Développement durable: (anglais: Sustainable development)

une nouvelle conception de l'intérêt général appliquée à la croissance


économique et reconsidérée à l'échelle mondiale afin de prendre en compte les
aspects environnementaux et sociaux d'une planète globalisée .

mouvement social: (anglais: social movement)

Un mouvement social est donc marqué par des actions collectives,


revendicatives et défendant des causes ou des intérêts. On peut rajouter à cela
qu'un mouvement social peut être portée par des organisations , utilisant des
moyens spécifiques aux mobilisations collectives.

79
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Listes Des Graphiques

80
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 1 : 55

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 2 : 56

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 3 : 56

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 4 : 57

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 5 : 58

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 6 : 59

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 7 : 60

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 8 : 61

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 9 : 62

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 10 : 63

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 11 : 63

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 12 : 64

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 13 : 65

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 14 : 66

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 15 : 67

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 16 : 68

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 17 : 69

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 18 : 70

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 19 : 71

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 20 : 72

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 21 : 73

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 22 : 74

81
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 23 : 75

RÉSOULUTION GRAPHIQUE 24 : 75

Listes Des
Tableaux

82
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

TABLEAU 1 : STATUT DE LA STRUCTURE 55


TABLEAU 2 : Taille de la structure 55
TABLEAU 3 : LE SECTEUR D’ACTIVITÉ 56

TABLEAU 4 : LA ZONE GÉOGRAPHIQUE DE LA STRUCTURE 57


TABLEAU 5 : L’ȂGE DES ADHÉRENTS OU SALARIÈS 58
TABLEAU 6 : RÉGION D’IMPLANTATION 59
TABLEAU 7 : LA FONCTION AU SEIN DE LA STRUCTURE 60
TABLEAU 8 : La mission de l'E/se [domaine d'activité stratégique] 61
TABLEAU 9 : Certification Fairtrade(commerce équitable) 62
TABLEAU 10 : Produit équitable pour qui 62
TABLEAU 11 : Produit équitable signifie des produits bio 63
TABLEAU 12 : L’accès au marché équitable 64
TABLEAU 13 : vérification de l'origine d'un produit dit équitable 65
TABLEAU 14 : Le marché local (Marocain) est-il suffisant pour 66
la commercialisation des produits équitables
TABLEAU 15 : A quel label faire confiance 67
TABLEAU 16 : L'état est considérée comme 68
TABLEAU 17 : Est-ce-que c'est obligatoire d'avoir des clients 69
à l'international pour être certifié?
TABLEAU 18 : Lois et règlements qui organise le domaine de CE au Maroc 70
TABLEAU 19 : Est-ce-que les producteurs Marocains bénéficient des 71
Formations ou des accompagnement?
TABLEAU 20 : y-a-t-il une sensibilisation des consommateurs vis-à-vis la 72
qualité des produits certifiés?
Tableau 21 : Est-ce-que les nouveaux modes de production 73

83
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

(la technologie) freine votre activité ?


Tableau 22 : Le commerce équitable est une reproduction du modèle 73
commerciale dominant?
Tableau 23 : Les coûts du processus de certification reste toujours élevés ? 74
Tableau 24 : Les conditions d'entrée dans le circuit équitable reste 75
inaccessibles ?

84
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Annexes :

A- Les résultats de guide d’entretien :

1- Commerce équitable au Maroc :

Au Maroc le terme « commerce équitable » reste peu connu! Son apparition est récente
et a accompagné l'émergence de l'économie solidaire dans le cadre des politiques de
développement économique, social et solidaire.

Maroc-Taswqi représente la plate-forme du commerce équitable au Maroc, dirigée par


Najib Mikou Maroc Taswiq a mis en place trois points de ventes destinées
exclusivement aux produits des coopératives agricoles au Maroc.

Le but de ce projet et d’offrir aux coopératives agricoles un espace pour


commercialiser leurs produits de terroir d’une part et faire sensibiliser des impacts
négatifs du commerce international sur les petits producteurs jugés les plus vulnérables
dans ce cycle commercial d’une autre part.

Aujourd’hui Maroc Taswiq collabore avec plus de 500 coopératives dont les produits
sont commercialisés dans des magasins spécialisés au Maroc et à l'étranger. Maroc
Tasiwq dispose d'un site web de ventre en ligne à travers le monde de plus de 300
produits cosmétiques et un millier de produits alimentaires.

Les derniers chiffres pubiés sur le portail de Maroc Taswiq , font état de plus de 800
coopératives TPE (très petites entreprises) se sont adhérées à Maroc Taswiq des 12
régions du Maroc.

La conscience de l'importance du commerce équitable et son développement au Maroc


a aussi connu le lancement d’un marché solidaire à Casablanca dans le cadre de la 19e
Compagne de la solidarité 2017 pour un investissement global de 16.5 millions de DH.

Le marché destiné aux produits de terroir propose les prix de vente du producteur dans
le cadre du respect de la règle fondamentale du commerce équitable.

Reste à noter que le commerce équitable au Maroc souffre de plusieurs obstacles à


savoir:

85
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

1- l’absence des lois et textes réglementaires organisant le secteur;

2-un marché local reste modeste et non attirant;

3- une grande partie de la production est destinée à l’export vu la baisse de la demande


locale à cause de leurs prix « chers «;

En guise de conclusion le commerce équitable porte en elle les principes de


démocratie et d’équité visant le respect des droits des petits producteurs souffrants des

dégâts du commerce international et conventionnel et mettre en place une culture de


consommation durable : visant la viabilité économique l’équité sociale et le respect de
l’environnement.

Il reste à signaler qu’il y a un manque de données sur le secteur, les plates-formes


existantes n’offrent pas de données suffisantes permettant une analyse fiable.

2- Commerce équitable à la région de SOUSS MASSA:

D’après le guide d’entretien le commerce équitable vise plus principalement les


coopératives agricoles ou les petite structures , surtout dans la région de SOUSS
MASSA elles sont réparties d’une façon plus au moins optimal vue leur spécialisation
par exemple la plupart des coopératives dans la région sont issues du secteur agricole
et surtout les produits arganiers et le Safran..

3- Réunion avec Fairtrade Lebanon Le 29 Mars 2018 :

Notre recherche a été coïncider avec une réunion organisée par « Fairtrade Lebanon »
avec les coopératives marocaines certifiées fairtrade à Agadir le 29 Mars 2018 à
l’hôtel ODYSSEE PARK , parmi les limites citées au cour de la réunion :

* le prix de certification qui dépasse 18000 Dhs

* Manque d’encadrement de l’organisation « fairtrade »

* l’absence d’une plateforme pour la commercialisation des produits certifiées


commerce équitable

* La visibilité des coopératives Marocaine dans le site de « Fairtrade Africa » et aussi


« Fairtrade international »

86
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

* Le contact entre les producteurs « les coopératives » et les consommateurs

* La sensibilisation des consommateurs Marocains à la logique du commerce équitable

* La probation d’utiliser le logo « Fairtrade » sur les produits, ils s’affrontent avec la
non réponse de l’équipe « Fairtrade » aux emails des coopératives seule au moment
des paiements.

B- Le questionnaire :

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

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LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Table des matières :

Dédicace 1

Remerciement 2

Résumé 3

Introduction générale 5

Partie théorique

Chapitre I : Le commerce équitable et le mouvement social 8


Section 1 : Définition, les origines, l’historique, les fondateurs 8

1. Les définitions du commerce équitable 8


2 . Les origines du commerce équitable 10

2.1 Le commerce solidaire ou politique 10

2.2 Le mouvement coopératif 12

2.3 Le commerce solidaire ou politique 13

2.4 Le commerce « développemental » 14

2.5 Un commerce alternatif de bienveillance 15


Section 2 : Principes fondamentaux et fonctionnement du commerce équitable 16

1. Les principes fondamentaux du Commerce équitable : 16

1.1 Prix équitable : 19


1.2 Organisation démocratique : 19
1. 3 Commerce direct : 20
1.4 L’éducation des consommateurs : 20
1.5 Protection de l'environnement : 20
1.6 Support financier et technique : 20
1.7. La transparence : 21

94
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

2. un système de vérification des principes : 21


3. Quatre normes de certification : 23
4 . Les circuits de distribution spécialisés versus non spécialisés : 24
4. 1 Les circuits de distribution spécialisés : 24

4 .1.1 Les boutiques associatives spécialisées : 25


4 .1.2 Les chaînes de boutiques privées spécialisées : 25
4 .1.3 Les catalogues de vente par correspondance : 26
4 .1.4 Les nouvelles initiatives du secteur spécialisé : 26
4. 2 Les circuits de distribution non spécialisés : 27
4 .2.1 Les réseaux de magasins biologiques : 27
4.2.2 La consommation hors domicile : 27
4. 2.3 La grande distribution : 27
5. Les acteurs du Commerce équitable : 28
5.1 Les producteurs de café : 29
5.2 Les organismes de commerce équitable ou OCE : 30
5.3 Les organismes de certification : 30
5.4 Les associations de support : 31
5.5 Les consommateurs : 31
Chapitre II : Les limites et les barrières du commerce équitable 32

Section 1 : Les limites du Commerce équitable : 32

1 . La certification équitable: entre équité et marché : 32


2 .La participation d'acteurs conventionnels au commerce équitable : 33
3 . Un commerce de moins en moins équitable : 34
4. Sécurité et souveraineté alimentaires : 36
Section 2 : Les barrières et enjeux stratégiques pour le mouvement du CE : 37

1. Liées à la Certification : 37
2. Liées à La participation d'acteurs conventionnels au commerce équitable:38
3. liées aux garanties de la Sécurité et souveraineté alimentaires : 38
Partie 2 : Partie Empirique

95
LE COMMERCE ÉQUITABLE FSJES Ait Melloul

Introduction : 42

Chapitre III : Cadre Conceptuel et la méthodologie de la recherche 42

Section 1 : Les limites et les barrières du Commerce équitable au Maroc 42

1°Les organisations du commerce équitable à la region Souss Massa : 43

2- La filière des produits arganiers comme exemple : 44

Section 2 : La méthodologie de recherche : 49


2-1. Problématique de la recherche : 49

2-2. L’échantillon : 49

2.3. l’hypothèses de recherche : 50

CHAPITRE 4 : ANALYSE ET TRAITEMENT DU QUESTIONNAIRE : 51

Section 1 : Analyse et traitement du questionnaire 51

Section 2 : Les résultats de guide d’entretien 52

Conclusion

Conclusion générale 75
Bibliographie 77
Liste des Tableaux 79
Table des matières 81
Annexes 84

Merci pour votre encadrement.

96