Vous êtes sur la page 1sur 5

Terminale S Physique – Partie D – Chapitre 11 : Mouvements plans – Page 1 sur 5

Chapitre 11 : Étude du cas des mouvements plans


1. Mouvement de projectiles dans un champ de pesanteur uniforme
Un projectile est lancé, avec une vitesse initiale de direction quelconque.
Quel est le mouvement de ce projectile ? Quelle est l’équation de sa trajectoire et z coordonnées
les équations horaires paramétriques de sa vitesse et de sa position ? cartésiennes
Définition du système : G
Le système étudié est le {projectile} dans le référentiel terrestre supposé galiléen ;
£k y
Bilan des forces extérieures : O
Le {projectile} est soumis à son poids £P (chute libre). £j
£i
Utilisation de la seconde loi de Newton : x
£Fext = m.£a  £P = m.£a  m.£g = m.£a  £a = £g. z
Rem. : L’accélération est indépendante de la masse de
l’objet (et de sa forme, si l’on néglige les
frottements de l’air et la poussée d’Archimède) :
elle ne dépend que du champ de pesanteur £g,
£v0
uniforme pour un mouvement s’effectuant sur une vz0
distance faible devant le rayon de la Terre.
Conditions initiales :
Le projectile est lancé depuis le point O, choisi comme
origine. Le plan d’étude choisi est le plan contenant le
vecteur vitesse initial £v0 : (xOz) £k  x
x   vx  v.cos  0 £i vx0
_OG0 y   et £v0 vy  
z   vz  v.sin 
ax  0
L’accélération a pour expression : £a = – g.£k, donc les coordonnées du vecteur accélération sont : £a ay  
az  – g
1.1. Équations horaires du vecteur vitesse vx vz
d£v
Or = £a, donc la vitesse £v étant la primitive de £a, il vient pour £v :
dt
dvx = 0
t
dt
vx v.cos 
dvy 0
£a =0 donc £v vy soit £v 0
dt
– g.t  vz – g.t  vsin 
dvz
=–g
dt
La coordonnée vx de la vitesse est vx = vx0 = v0.cos  : vx est indépendant du temps.
La coordonnée vz de la vitesse est vz = – g.t + v0.sin  : vz est une fonction affine du temps.
1.2. Équations horaires du vecteur position
De même _OG est la primitive de £v : x z
v.cos .t + x0 v.cos .t
y0 0
_OG 1 soit _OG 1
– g.t2  vsin .t + z0 – g.t2  vsin .t
2 2
Ainsi l’équation horaire de l’abscisse x(t) du projectile est :
x(t) = v0.cos .t : fonction linéaire
L’équation horaire de l’altitude z(t) du projectile est : t
1
z(t) = – g.t2 + v0.sin .t : fonction parabolique
2 0
Terminale S Physique – Partie D – Chapitre 11 : Mouvements plans – Page 2 sur 5

1.3. Équation de la trajectoire du projectile


L’équation de la trajectoire est une fonction de la forme z = f(x), puisque le mouvement a lieu dans le plan (xOz). Il
x
est nécessaire d’éliminer le paramètre t, en utilisant l’équation horaire x(t) établie précédemment : t = . En
v.cos 
injectant cette expression dans la seconde équation horaire, il vient :
z(x) = – .g.
x 2 x
 v.cos 
 + v0.sin .v .cos  et finalement :

g z
z(x) = – .x 2
+ tan .x
.v.cos 
1.4. Importances des conditions initiales : la flèche zS
S
La flèche correspond à l’altitude atteinte lorsque le
projectile est au sommet S de sa trajectoire. Pour déterminer
la valeur de la flèche zS, on peut remarquer :
– la composante verticale de la vitesse est nulle : vz = 0.
dz
– la tangente à la courbe en S est horizontale, donc =0;
dx
£k x
Première méthode :
v.sin  xS xP
vz(tS) = 0, or vz(tS) = – g.tS + v0.sin  = 0 ainsi tS = O £i
g
1 v .sin 2 v.sin  v.sin  v.sin 
z(tS) = – g.tS2 + v0.sin .tS = – g. 
1
 + v0 .sin . = – + , donc :
2 2  g  g .g g
v .sin 
zS =  Cette méthode est plus rapide, elle est donc à privilégier !
.g
Rem. : Plus v0 est grand plus la flèche sera importante, plus l’angle  est proche de 90°, plus la flèche sera élevée !
dz d g
 .x + tan .x)
2
Seconde méthode : = (– 
dx dx .v .cos 
dz d g d http://pagesperso-orange.fr/Gilbert.Gastebois/java/balistique/balistique.html
= (– 
2
 .x ) + (tan .x)
dx dx .v .cos  dx
dz g dx dx dz g
Ainsi : = – . + tan .  = – .2x + tan 
dx .v.cos  dx dx dx .v.cos 
dz = 0  – g g sin  v .sin .cos 
  .2xS + tan  = 0    .xS =  xS = 
dxxS .v .cos  .v .cos  cos  g
g
L’abscisse du sommet S de la trajectoire est xS, ainsi la flèche de la trajectoire est zS = –  .xS + tan .xS
2

.v .cos 
 
.cos  .cos 
.   + tan . 
2
g v .sin v .sin
zS = – 
.v.cos   g  g

g v .sin .cos  sin  v .sin .cos 
42 2 2
=– .  + .
.v.cos  g2 cos  g
     
v .sin  v .sin  v .sin 
=–  + donc : zS = 
.g g .g

1.5. Importances des conditions initiales : la portée


On appelle portée la distance maximale parcourue par le projectile, horizontalement.
Pour déterminer la portée xP, il suffit de remarquer que l’altitude z(xP) = 0.
g g
Or z(x) = –  .x + tan .x = (– .x + tan ).x : factorisation par x !
2

.v .cos  .v .cos 

g
z(x) = 0 pour x = 0 (point d’origine) et pour xP tel que : – .xP + tan  = 0 soit :
.v .cos 

g sin  .v .sin .cos  v .sin 


–   .xP + = 0  xP =  or 2.sin .cos  = sin 2 donc xP = 
.v .cos  cos  g g
Rem. : Plus v0 est grand plus la portée est important.
Si le lancer est effectué au niveau du sol, la portée est maximale pour sin 2. = 1, donc 2. = 90   = 45°
Terminale S Physique – Partie D – Chapitre 11 : Mouvements plans – Page 3 sur 5

2. Mouvement des planètes et des satellites


2.1. Référentiels héliocentrique et géocentrique
Le référentiel héliocentrique est un référentiel, de centre le
centre du Soleil, constitué de trois axes orthogonaux pointant
vers trois étoiles infiniment éloignés et considérées comme
fixes. C’est un référentiel galiléen.
Le référentiel géocentrique est un référentiel, de centre le
centre de la Terre, constitué de trois axes orthogonaux et
parallèles aux axes du référentiel héliocentrique. C’est un
référentiel galiléen.
Rem. : on appelle mouvement de révolution le mouvement
que possède un astre, tel la Terre, autour d’un corps central
(comme le Soleil). La période de révolution de la Terre
autour du soleil est de 365,25 jours.
La période de rotation propre est la durée nécessaire à un astre pour
effectuer une rotation complète sur lui-même (la période de rotation propre B
de la Terre est de 23 h 56 min : c’est la valeur d’un jour sidéral). P
b
2.2. Les lois de Kepler a
2.2.1. Première loi : loi des orbites A A’
F=SO F’
Dans le référentiel héliocentrique, la trajectoire du centre P des 2c
planètes est une ellipse dont l’un des foyers est le centre S du Soleil.
Le point P décrit une trajectoire elliptique si FP + PF’ = Cte = 2a. 2a B’
Le Soleil occupe l’un des foyers de l’ellipse. 2a = AA’ : grand axe
c 2b = BB’ : petit axe
On définit l’excentricité de l’ellipse par le rapport : e = .
a 2c = FF’ : distance focale
Si l’excentricité est nulle (e = 0), c = 0 : la trajectoire est un cercle.
Dans le cas d’une ellipse 0 < e < 1.
http://www.sciences.univ-nantes.fr/physique/perso/gtulloue/Coniques/Dessiner/Ellipse_ficelle.html
http://www.sciences.univ-nantes.fr/physique/perso/gtulloue/Meca/Planetes/Nature.html
http://astro.unl.edu/classaction/animations/renaissance/ellipsedemo.swf
http://astro.unl.edu/classaction/animations/renaissance/kepler.swf
2.2.2. Deuxième loi : loi des aires
Pendant des durées t égales, le segment de droite reliant les
centres du Soleil et d’une planète balaye des aires égales. S
http://www.sciences.univ-nantes.fr/physique/perso/gtulloue/Meca/Planetes/Aires.html Les aires A1 et A2 balayées
http://astro.unl.edu/classaction/animations/renaissance/kepler.swf cliquer sur Kepler’s 2nd Law pendant des durées identiques
2.2.3. Troisième loi : loi des périodes sont les mêmes

Le rapport entre le carré de la période de révolution T et le cube de la moitié du


grand axe a de l’ellipse est le même quelque soit la planète considérée :
T
= cte
a
Rem. : La constante ne dépend que de l’astre attracteur.
http://astro.unl.edu/classaction/animations/renaissance/kepler.swf cliquer sur Kepler’s 3rd Law

Mercure Venus Terre Mars Jupiter

Période T (année) 0,241 0,615 1,00 1,88 11,9

demi-grand axe a (uA.) 0,387 0,723 1,00 1,52 5,20 Johannes Kepler
 1571 – 1630
T
Rapport (an2.uA–3) 1,00 1,00 1,00 1,01 1,01
a
Rem. : u.A. représente l’unité astronomique. 1 u.A. = 149,6.109 m (distance moyenne Terre–Soleil)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_de_Kepler http://fr.wikipedia.org/wiki/Johannes_Kepler
Terminale S Physique – Partie D – Chapitre 11 : Mouvements plans – Page 4 sur 5
2.3. Étude d’un mouvement circulaire uniforme
Le mouvement des planètes du système solaire est quasiment circulaire (à l’exception de mercure : e = 0,206).
planète Mercure Vénus Terre Mars Jupiter Saturne Uranus Neptune
excentricité 0,2056307 0,0067732 0,0167102 0,0934123 0,0483927 0,0541506 0,0471677 0,0085859
Lorsque l’on étudie un mouvement à force centrale on utilise fréquemment, pour simplifier les calculs, un repère
appelé « repère de Frenet ». Ce repère est centré sur l’objet en mouvement. Ici, il est centré en P. Il possède un
vecteur unitaire £T tangent à la trajectoire (en général son sens est celui du £v
mouvement), et un second vecteur unitaire £n (normal) perpendiculaire à £T (donc à la £T
trajectoire en P), et s’appuyant sur le rayon de courbure de la trajectoire en ce point. £n P
Dans ce repère on a donc : £v = v.£T (le vecteur vitesse est toujours tangent à la r £a
trajectoire) et £a = aT.£T + an.£n.
On peut montrer (hors programme) que la dérivée du vecteur vitesse £v, dans le S
repère de Frenet donne une accélération £a, dans le repère de Frenet, de la forme :
Repère de Frenet :
d£v dv v
£a = = .£T + .£n (P, £T, £n)
dt dt r
dv d£v
Si le mouvement circulaire est uniforme, =0 (  £0 !) : les vecteurs vitesse £v et accélération £a sont
dt dt
v2
perpendiculaires. Le vecteur accélération £a est radial et dirigé vers le centre attracteur : £a = £an = .£n.
r
D’après la 2 loi de Newton, résultante des forces et accélération ont même direction et même sens.
nde

Ainsi un mouvement est circulaire et uniforme, si :


– la résultante des forces est radiale et orientée vers le centre de la trajectoire circulaire ;
– La vitesse initiale de l’objet est une constante non nulle, adaptée à la valeur de la force centrale.
2.4. Rappel de la loi de gravitation universelle
A
Isaac Newton a énoncé, en 1687 (Principes Mathématiques de la
£uAB £FB/A £FA/B B
philosophie naturelle), la loi de gravitation universelle entre deux
corps A et B de masse respective mA et mB.
r
Si les corps A et B ont des répartitions de masse à symétrie
sphérique, et si la distance r qui les sépare est grande devant leur
taille, les corps A et B exercent l’un sur l’autre des forces d’attraction gravitationnelle :
m .m FA/B : valeur de la force de gravitation exercée par A sur B (N)
£FA/B = – £FB/A = – G. A  B.£uAB FB/A : valeur de la force de gravitation exercée par B sur A (N)
r
mA et mB : masse respective des corps A et B (kg)
m .m
ou £FA/B = G. A  B.£uBA r : distance entre les centres d’inertie des corps A et de B (m)
r G : constante de gravitation universelle G = 6,67.10–11 m3.kg–1.s–2
2.5. Application de la seconde loi de Newton au mouvement des planètes
2.5.1. Expression de la vitesse d’une planète
On considère une planète P de masse m, en mouvement autour du Soleil de masse MS.
Définition du système : le système étudié est la {planète} dans le référentiel héliocentrique, galiléen ;
M .m
Bilan des forces extérieures : la {planète} est soumise à la force de gravitation £FS/P = G. S .£uPS.
r
M .m G.M
Utilisation de la seconde loi de Newton : £Fext = m.£a  G. S .£uPS = m.£a  £a =  S.£uPS.
r r
dv v
Nous avons vu que dans le repère de Frenet, l’accélération est de la forme £a = .£T + .£n.
dt r

dv v G.M
Or pour un mouvement circulaire £n = £uPS. Par conséquent .£T + .£n =  S.£n.
dt r r
dv
Nous retrouvons bien le fait que = 0 : un mouvement circulaire à force centrale est nécessairement uniforme !
dt

G.M v G.MS
Ainsi :  S = , donc v = . Plus une planète est éloignée du soleil plus, sa vitesse linéaire est faible.
r r r
dv
Rem. : pour une trajectoire elliptique :  0 : la vitesse est plus grande lorsque la planète est proche du Soleil !
dt
Terminale S Physique – Partie D – Chapitre 11 : Mouvements plans – Page 5 sur 5
2.5.2. Expression de la période de révolution
.r .r
La période de révolution d’une planète en mouvement circulaire et uniforme est T = , donc T2 = 2 
v v
r .r T2 
T2 = .r. = et par suite : 3 = = cte (qui ne dépend que de MS !) 3ème loi de Kepler retrouvé !
G.MS G.MS r G.MS
Rem. : La connaissance de la période de révolution T et de la distance r (ou demi-grand axe a dans le cas d’une
ellipse) à l’astre attracteur permet d’en déduire la masse de l’astre attracteur. Application au calcul de MS :
..r ..(149,6.109) 30
MS =  = –11  = 1,99.10 kg !
G.T 6,67.10 .(365,25243600)
2.6. Application de la seconde loi de Newton au mouvement des satellites
On considère un satellite de masse m, en mouvement autour de la Terre de masse MT.
Définition du système : le système étudié est le {satellite} dans le référentiel géocentrique, supposé galiléen ;
Bilan des forces extérieures : le {satellite} est soumis à la force
M .m M .m
de gravitation £FT/s = – G. T .£uTs = G. T .£usT (chute libre). Plan équatorial
r r
Utilisation de la seconde loi de Newton : £Fext = m.£a 
M .m G.M dv v
G. T .£usT = m.£a  £a = –  T.£usT = .£T + .£n.
r r dt r
On retrouve pour une trajectoire circulaire, avec r = RT + h (où h
représente l’altitude), l’expression de la vitesse :
G.MS .RT  h
v= et T2 =
RT + h G.MT
£usT £FT/s
Cherchons l’altitude h d’un satellite
Application
géostationnaire, c’est-à-dire dont la période de
révolution T est égale à la période de rotation propre de la terre
T ≈ 24h.

T.G.MT 
(24×3600)×6,67.10–11×5,98.1024
h= – RT. A.N. : h = – 6,38.106  36.000 km (36 milles km).
 
http://science.nasa.gov/Realtime/jtrack/3d/JTrack3D.html
2.7. Interprétation de l’impesanteur
L’impesanteur est caractérisée par une absence apparente de pesanteur, contrairement à l’apesanteur (concept
théorique) qui caractérise une absence totale de pesanteur.

Imaginons un ascenseur en chute libre. Une personne se trouvant dans


l’ascenseur tombe alors à la même vitesse que l’ascenseur dans le référentiel
terrestre. Cette personne tient une balle dans une main et lâche la balle. La
balle tombe à la même vitesse que l’ascenseur et que son occupant dans le
référentiel terrestre. En regardant la balle, l’observateur a l’impression
qu’elle « flotte » : elle est en impesanteur dans le référentiel de l’ascenseur.
L’observateur est également en impesanteur dans le référentiel de
l’ascenseur : il « flotte » dans l’ascenseur : l’ascenseur n’exerce pas d’action mécanique sur lui.
C’est la sensation ressentie par les astronautes en orbite autour de la Terre ou dans un avion « zéro-g », en vol
parabolique.