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ANNEE — SAMEDI 3 JUIN 1S7
P REMI-ERE N» 1

CE JOURN

*•

Parait tous les Samedi

BUREAUX : 13, QUAI VOLTAIRE, PARIS

PI1IX DES A.BOXNBUBHTS POIK PARIS ET LES DEPARTEMENTS

Un an, 18 fr. — Six mois, 9 fr. — Trois mois, 4 t'r. 50. — Un mois, 1 l'r. 50. — Un n°, 40 c. — Les abonnements partent des 1" et 16 de chaque mois.
Adresser tes demandes à M. Bourdilliat, Administrateur du Journal de Musique.

Il existe eu France un très-petit nombre ché de notre publication; nous l'attein-


Sommaire : de journaux de musique, leur prix est drons sûrement, car aussitôt que la

relativement élevé, et les primes musi- première nouvelle de l'apparition du


MUSIQUE : 1. Sorrentine de « Piccolino ».

Musique de Guiraud. cales qu'ils donnentse réduisent générale- Journal de Musique a été donnée, il est

2. Marche à la hongroise.
ment, chaque semaine, à un morceau de venu à nous avec un empressement
Musique de Schubert. musique; pourtant, grâce au développe- qui nous a prouvé que notre journal
ment du goût musical en France, grâce répond à un vrai besoin; c'est par
TEXTE : A nos lecteurs. — Semaine musicale.
à l'activité, aux relations, à l'honorabilité milliers que nous comptons déjà les
— Album anecdotique. — Musique du numéro.
de leurs propriétaires; grâce au soin adhésions à notre publication, avant
— Noire prochain numéro. — Nouvelles de par-
tout. — Orphéons. avec lequel y sont traitées par d'émi- même que ce public ait pu s'assurer si
nents écrivains les grandes questions elle sera conforme à ses désirs.
d'histoire et de critique musicales, ces Tout nous porte à croire que nous-
Adresser ce qui concerne spécialement la rédaction journaux ne se nuisent point les uns dépasserons ses espérances : ces abonnés
du journal et la musique à M. Armand Gouzicn, au aux autres et prospèrent depuis un grand de la première heure qui nous viennent
bureau du journal, 13, quai VuUaire.
nombre d'années. de toute part, n'auront qu'à s'applaudir
Les éloges que nous leur donnons ici, de la confiance qu'ils nous ont témoi-
en saluant des confrères anciens, — gnée, et nous comptons bien encore
A nos Lecteurs comme le nouvel arrivant dans un salon qu'en retour de nos efforts pour les

y salue les personnes présentes, — ces satisfaire ils propageront autour d'eux
éloges, nous espérons bientôt les obtenir une œuvre à laquelle ils se sont si spon-
n oréant le Journal de Musique d'eux; car nous ne ferons que répandre, tanément assoeiés.
fyr-\
''\H nous répondons au désir que nous par des ressources nouvelles, le goût d'un C'est à leur zèle que nous confions,
ti£~i^ ont. bien souvent exprimé les nom- art auquel ils rendent chaque jour de dès aujourd'hui, le programme que nous
breux lecteurs de nos publications pério- signalés services. leur adressons avec ce premier numéro.
diques, à quelque classe qu'ils appartien- Nous atteindrons un public plus
nent. étendu, à cause de l'extrême bon mar- La Direction du Journal de Musique.
JOURNAL DE MUSIQUE

remplissait les modestes fonctions de maître


des cymbales à la Scala. La méthode de Lavigna
Semaine Musicale consistait à faire composer par ses élèves des
Album Anecdotique
morceaux qu'il corrigeait ensuite. Cette mé-
thode, fort simple, n'était réellement pas trop
mauvaise, s'il faut en juger par le résultat.
~<y\ 'autre semaine est mort un type que
A semaine a été assez pauvre, et la
La chronique ajoute que lorsque, après avoir Charles Yriarte avait accroché dans sa
guère qu'une reprise du
critique n'a
lf«_ curieuse galerie des célébrités de la
ainsi travaillé plusieurs années, Verdi présenta
'

Requiem de. Verdi à se mettre sous la


1

son Nabueo au directeur de la Scala, son ciLÊs^drue, l'ancien éditeur Bernard Latte, qui,
^dent. Ce « morceau» lui ayant été déjà ancien patron, le légiste, vint encore à son par sa maigreur, justifiait son nom. Il avait eu
servi, il y a une année, avec les mêmes inter- aide en le cautionnant d'une forte somme, ce son heure de prospérité et la bohème l'avait
prètes, on en a déjà beaucoup parlé, et nous qui décida l'acceptation de l'ouvrage par l'im- repris. Loustalot a tracé de lui un portrait res-

n'y reviendrons que pour constater la grandeur présario récalcitrant. Nabueo réussit au delà de semblant :

de l'œuvre, le retentissement du succès, le ta-


toute espérance, et la réputation de Verdi,
fil
Maigre, porté sur des jambes qui semblaient
lent des interprètes, M mes Sloltz et Waldemann, qui fut appelé vingt fois devant la rampe le
demander grâce et n'obtenaient de son activité
MM. Masini et Medini, la solidité des chœurs soir de lapremière représentation. Tandis que nez rouge comme
ni trêve ni merci; le la lan-
et la bravoure de l'orchestre, qui ont ^enlevé l'heureux compositeur répondait de son mieux terne d'un commissaire de police, l'œil toujours
redoutable, sous la conduite
cette partition par ses saluts aux bravos enthousiastes du vif surmontant la narine ouverte du flaireur de
électrisante de Verdi lui-même. public, son œil rempli de larmes cherchait au moins cinq sous inces-
pistes, ce juif errant, les
Ce nom illustre, qui revient encore à ce pro- fond d'une loge le vieux meunier de Busseto, samment renouvelés, était la personnification
pos dans toutes les bouches, réveille en nous dont cœur paternel devait tressaillir en pré-
le humaine de la pierre qui roule sans amasser de
des souvenirs qui intéresseront peut-être nos sence d'une telle ovation. mousse. Que de petits métiers il a exercés de-
lecteurs autant que l'aride critique d'une œuvre
puis la chute de ses grandes affaires! Fondaleur
déjà connue. depuis et quelles trans-
Que de chemin fait du casino Paganini, qui s'effondra entre ses
Si ce Requiem premier de Verdi, ce ne
est le
formations fécondes dans l'auteur de tant de mains; placeur de billets de loterie dans les bu-
sera pas le dernier, car il en prépare un, dédié
composilions souvent sublimes, parfois trop hâ- reaux de tabac quund on avait obtenu, pour
à la mémoire de Donizelti mais, s'il n'en
tives, jusqu'à cette apothéose de VAîda et du quelque œuvre de bienfaisance, l'autorisation
;

avait point écrit un entier avant celui que nous


Requiem! Quelle popularité immense et quelle d'un tirage; pourvoyeur de danseuses pour les
applaudissons aujourd'hui, il avait déjà colla-
gloire; la gloire avec ses revers, par exemple :
bals publics en France et à l'étranger; remor-
boré à une messe de Requiem fameuse et qu'il mélodies sur
la cruelle piqûre de tant de les queur d'étoiles en strass pour les cafés-concerts,
serait bien curieux de connaître. Qu'on en
cylindres qui servent à moudre de la musique après l'éclipsé de sa bonne étoile à lui et la dis-
juge.
dans ces « orgues » si justement qualifiées de parition des vraies étoiles dans, l'orbite des-

n Barbarie ». quelles il avait vécu, ce dénicheur de merles et


Ce futmaestro qui proposa pour la messe
le
au
Vous souvient-il des fêtes publiques qui, de fauvettes sut pourtant trouver une fois la pie
en l'honneur et à la mémoire de Rossini de la chaque pavé un de Thérésa?
15 août, faisaient sortir de au nid. N'est-ce pas lui qui découvrit
faire composer ainsi
ces instruments de torture?'Nous avons retrouvé
:
la chanteuse populaire.
Au maestro Buzzola : Requiem seternam. Au dans notre carnet une boutade d'Ixel, qui
maestro Bazzini : Oies irœ. Au maestro Pe- donne une ingénieuse idée de ce supplice dont Mais s'il y a des mains fortunées dans les-
drotti : Tuba mirum. Au maestro Gagnoni : Verdi a dû souffrir plus qu'un autre; car, quelles le cuivre devient or, il y a aussi des

Quid sum miser ? Au maestro Ricci Recordare. mineurs qui n'aperçoivent le filon que pour le
: nous, il n'y avait que nos oreilles d'écorchées;
Au maestro Nini Ingemisco. Au maestro
: et lui, on l'écorchait vif, tout entier :
perdre, et semble que ce fut sa dest née à lui
il
;

Boucheron Confu'atis. Au maestro Coccia


: : de ne point échapper à l'arrêt fatal du ne vos
La> rymosa. Au maestro Gaspari domine Jesu. : ... Est-ce le tonnerre non vobis qui sert d'épigraphe à certaines exis-

Au maestro Platania : Sanctus. Au maestro Qui gronde à six heures?... mais non, tences avant de servir d'épitaphe à leur tombe.
Agnus Dei. Au maestro Mabellini Boum I... boum!... ce n'est que le canon. Infatigable chercheur de perles, il en trouva
Petrella : :

'
En se retournant on espère mais n'en sut jamais garder
Lux seterna. plus d'une fois, il

Se rendormir... bon!... Patatras! heureux encore à


Verdi se réserva le Libéra me. Est-ce celui pour lui que la coquille; si,
Un orgue écorche avec fracas
un
qu'il a placé dans sa Messe? S'il en était ainsi, force de chercher partout, il ne lui fût resté
Le « Miserere »du Trouvère.
dous croyons être vraisemblable en disant que peu de fumier aux doigts! Je ne l'ai jamais
ce devait être la page capitale de cette œuvre Il est sept heures!... Le butor! connu, pour ma part, qu'accroché à des épa-
faite en collaboration. On peste... a Adieu, ma Léonor. »
ves; et, pourtant,'dans ce naufrage après lequel
On trouve Verdi monotone ilne devait trouver d'antre port que le cime-
Et l'on maudit son troubadour...
C'est à un homme de loi que Verdi doit peut- on ne le vit jamais désespéré ou simple-
tière,
o Miserere » pour un tel jour
être de n'avoir pas fait moudre de la farine dans ment de mauvaise humeur.
Quel joli prologue!... On fredonne
le moulin de son père; et, comme disait Rossini,
En maugréant et malgré soi :

— qui ne reculait pas devant un calembour, Quinze août... <c Mon cœur est à toit » Bernard Latte ne manquait pas d'esprit.

— de travailler dans le « son. » Quinze août... « La mort m'environne! » Il eut, un jour, une discussion très-vive avec

Il se nommait Antonio Barezzi; ce fut lui qui Quinze août... « Déjà (heure sonne! » un chanteur de café-concert qu'il avait placé,
découvrit dans le jeune Verdi le germe du mais qui trouvait la reconnaissance « écrite un
Ah I quel bourreau que ce Verdi I

doute, car
génie, et qui lui facilita les premières études. peu haut » pour lui, sans il s'ou-
L'orgue s'éloigne... Il est parti.

Les autorités du Conservatoire, moins perspi- blia jusqu'à lever un jour la main sur son
On respire, on se félicite;
caces, refusèrent-elles de l'admettre ou le ren- Si l'on s'assoupissait un peu? bienfaiteur.

voyèrent-ellesaprès une courte épreuve, c'est un Allons... « Ma Léonor, adieu!» — Tenez, je ne vous frappe pas, lui dit-il,

point sur lequel les biographes ne sont pas parce que vous êtes trop vieux, mais vous pou-
d'accord. Quoi qu'il en soit, le jeune musicien Peut-être est-ce là le secret de la transforma- vez vous considérer comme gil'flé. <•.

fut éconduit comme n'ayant aucune dispo- tion du génie de Verdi il n'aura changé de :
— Eh bien ! soit : ilme répugne de me bat-

sition. découragé par cet échec,


Nullement manière que pour échapper au supplice du tre avec un malotru de votre espèce; mais vous
Verdi eut recours au professeur Lavigna, qui cylindre et de la manivelle! pouvez vous considérer comme mort.
SORRENTINE
Paroles de Musique de

SAROOU ei NLUTTER ERNEST GUIRAUO

Chantée daus PICCOLINO par !9™ Call!- Marié.

Allegretto

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Allegretto.

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La Partition de PICCOLINO est éditée chez MM. Durand. Scbœmverk et. C! e 4 olace delà Madeleine
ren.te, Sor . ren -te, Dans la maison ri - an. te Est celle à qui le chan

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MARCHE A LA HONGROISE
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Réductiot) à deux maios pour le JOURNAL DE MUSIOUt.

Amiante con molo.

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JOURNAL DE MUSIQUE

Il est sorti du cerveau de Vivier (qui donnait tion, à côté d'une portée où la note si était donnent aux motifs dansants des cadences impré-
l'autre soir son beau concert) aulant décharges écrite: vues et toujours originales, par le jeu croisé des
qu'il est sorti de notes de son cor magique. C'est limbresquiéveillenlaux quatre coins de l'orches-
« Encore ce musicien!
lui qui déclare qu'il se croitsuffisamment connu «C'est indiscret; mais c'est... si naturel. »
tre toutes sortes de voix charmantes et comme de3
pour qu'on ne puisse pas dire de lui qu'il est pétillements sonores dont l'oreille ne cesse pas
comme certaines notes de son instrument « bou- d'être surprise et ravie, ce petit ballet des
ché ». Cela rappelle le bracelet-rébus offert par des Erinnyes, comme le sonnet célébré par Boileau,
La démolition actuelle de la maison qui fait diletlanti russes enthousiastes à une chanteuse vaut seul un long opéra. »

le coin du faubourgSaint-Deniset du boulevard française : Une portée avec trois noies de musi-
« Dans le tournoiement vertigineux de ces airs
a rappelé à Fervacques une de ses charges épi- de danse, faut signaler ces dons d'une ima-
que et celte dédicace: A la do ré du public. il

ques. gination heureuse et féconde que la science ne


donne point, et qui — même pour les choses

Dune, une après-midi, au moment de la cir-


légères d'un ballet — font rencontrer à la fois,
pour un compositeur bien doué, l'originalité de
culation la plus aclive sous la porte Saint-Denis, Musique du Numéro la forme mélodique et harmonique, et cette in-
Vivier, armé d'une chaîne d'arpenteur et d'un
dividualité du style qui est la signature recon-
niveau d'eau se poste devant la maison Jouvin
nue par tous des ouvrages qu'il écrit. »
et se met à tracer à la craie des figures et des
(ev2'SX£)P DS publions dans cejnméro un des
chiffres sur le trottoir. Survient un bourgeois,
morceaux es P' us applaudis du ravis-
vous, moi, le. premier venu. (? f\T '

tHq/v opéra-comique de M. Guiraud,


Le iourgeois. — Pardon, monsieur, vous...
sant

Vivier, trés-sérieux. — Monsieur, je prends


^"SL^-il écrit sur l'amusant poëmede MM. Sur- Nouvelles de Partout
don et Nuitler. Les éditeurs Durand
Schœ- et
de* mesures. On va abattre la maison Jouvin.
newerk nous ont gracieusement autorisés à pu-
Le bourgeois, mvi. — Ah! ah! Il en était fort
blier cette Sorrenline si pittoresque que l'on
question, en effet, eteelfl depuis bien des années. <Tï£--<:rance. — L'ancienne Société du Théô'iv-
bisse chaque soir, et qui donnera certainement Lyrique est dissoute. Une nouvelle
Mon journal... [i
o"^ Socié:é
à nos lecteurs le désir de connaître une aussi !>est formée de 400,000 francs,
au capital
Vivier, saisissant une des po'qjiées de la chaîne
charmante partition. iè en actions de 10,000 francs chaque,
d'arpenteur li la plaçant dans la main du
'dont la plus grande partie est souscrite déjà.
bourgeois :
Schubert a un
—Pardon, monsieur, voulez-vous êlre assez
hongroise, à quatre
laissé
mains,
divertissement
peu connu
à la

en
bon pour tenir cette extrémité de la chaîne je :

Georges Bizct est mort le 3 juin de l'année der-


France, et que Remenyi, Hongrois de nais-
suis seul, mon employé est malade, et je dois nière, et le monument qui lui a été élevé au Père-
sance, rendra bientôt célèbre par la trans-
traverser la rue. Lacliai*c par sa famille et ses amis devait être inau-
cription pour quintiior qu'il vient d'en faire.
Le rourgfois, majestueux : guré te 3 juin... Ma :
s les travaux n'étant pas
marche de ce divertissement que nous
— Comment donc, avec plaisir! Trop heureux C'est la
avons arranger a deux mains ponr
fait le Jour-
entièrement terminé 5 l'inauguration ne pourra avoir
,

de contribuer à un embellissement qui... lieu que le 10 juin... Ce monument présente un


nal de Musique. grand intérêt artistique; il est de M. Charles Gar-
La chaîne tendue barre complètement le fau-
nier, elle buste est de M. Paul Dubois.
bourg Saint-Denis. Les voilures s'arrêlent. On
Charles Garnier et Paul Dubois étaient tous les
s'amasse.
deux les amis de Georges Bizet, et, tous les deux,
De l'autre côté du faubourg, Vivier recom- demande
mence ses calculs. Nouveaux bourgeois, nou- Notre prochain Numéro avec le plus touchant empressement, onl
se charger de l'exécution de son tombeau.
à

velle intervention. La chaîne a désormais deux


imbéciles pour breloques. Vivier s'éclipse.
Cinq minutes se passent. Agglomération de Les six concurrents pour le grand prix de Romo
P <' _!?!•:
numéro contiendra la chanson alsa-
voitures. Foule. Tempête de cris et de jurons. sont entrés en loge au Conservatoire.
'Mla enne des Amoureux de Catherine, qui
c '

Entrée de deux agents qui s'adressent poliment Ils n'en sortiront qu'après l'achèvement de la can-

au bourgeois n° 1 :
rivKy a * le P en danl quelques jours, retenue
>
tate qu'ils ont a mettre en musique et qui a pour
'iUÊli'par la censure à cause des sentiments On
— A vez-vous bientôt fini, monsieur?
ardemment patriotiques qu'elle exprimait et
titre Judith.
canlale est une
dit que l'auleur des paroles de celle
femme, qui se cache sous le pseu-
— Je n'en sais rien, l'employé de la ville est
qu'on redoutait de voir se produire, en ce mo- donyme conquérant d'Alexandre,
de l'autre côté du faubourg.
ment, sur un théâtre. Une simple modification
Traversée du faubourg. Ils se dirigent vers le
"
dans la forme des vers a suffi pour calmer les
n° 2. Les voitures sont plus nombreuses que les appréhensions de la commission d'examen ; Le célèbre violoniste hongrois Remenyi d"it pré-
sables de la rue. Dix-huit omnibus sont à la sider une grande solennité musicale qui aura lieu le
mais le public a su en dégager la pensée pre-
file. 10 juin à Reims; on peut s'attendre à des miracles
mière et a acclamé ce chant rustique tout em-
— A vez-vous bientôt fini? disent les agents
preint du souvenir de la patrie perdue.
de la part de cet artiste, original et puissant à la fois.
Il exécutera du Beethoven, du Paganini, du Spohr,
au n° 2.
Le n° 2, endide. —
Je ne sais pas. Adressez-
Avec cette chanson, nous donnerons un des
du Field, du Chopin
M"°c Frezzolini chantera, dans
et du Bach.
cette solennité, la
vous en face, à l'employé de la ville!
airs de ballet des Urinnyes, drame antique de cavatine de Linda di Ckamouni, les variations de
- les agents se consultent et coffrent les deux Leconte de Lisle sur lequel M. Massenet a écrit Rode et un air de la Sonnambula.
bourgeois. une partition du plus grand caractère c'est la ;
Remenyi met la dernière main, en ce moment, à
pantomime qui a pour titre « la Troyenne re- :
une composilion dont nous avons eu dernièrement,
chez un dilettante ami, la primeur de quelques
grettant sa patrie. »
fragments; elle se compose d'une introduction, d'un?
Pendant les quelques semaines qui précé-
légende et de variations de bravoure. C'est une œu-
dèrent son concert, le spirituel artiste envoyait Un des plus redoutables critiques musicaux de.
vre qui fera sensation.
souvent à un journaliste de ses amis de petites M. Benedict, du Figaro, a
la presse parisienne,
notes sur" cette solennité, qu'il ornait générale- donné de ces airs de ballet une appréciation
ment de quelque saillie inattendue. que nous nous hâtons de reproduire. Deux mariages artistiques à l'horizon : M"«Wald-
La dernière portait en marge cette observa- « Par l'effet piquant des rhythmes, dit-il, qui manr, que nous avons entendue cet hiver dans lïrfa
JOURNAL DE MUSIQUE

et dans Requiem de Verdi; M"= Chapuy, quia


le M
mc Nilsson, de son côté, a bien voulu prendre
la vie qui chaque jour doit les conquérir.) Comme
eu récemment un succès très-vif dans les Amoureux part à un concert organisé sous le patronage de la dans la plupart des œuvres du compositeur alle-
île Catherine, dont nous donnerons le principal mor-
famille royale, pour subvenir aux dépenses d'instal- mand, la partition
porte trois parties à hjeun <
ceau dans notre prochain numéro. L'étoile de lation du nouvel hôpital. des instruments de bois, au lieu de deux usitées
l'Opéra-Comique se serait choisi un satellite.
dans les orchestres ordinaires. Elle exige aussi
D'après une clause de son engagement, la chan-
une trompette-basse et un gong.
teuse aurait rompre en cas de mariage.
le droit de le
L'Université de Cambridge va conférer au virtuose La marche en sol majeur. Ainsi que
est écrite
Ce n'est pas dire
pour cela, si elle devait rompre Joachim le bonnet de docteur en musique, ainsi dans plusieurs ouvertures de Wagner, le sujet
avec le théâtre de ses premiers succès, qu'elle
qu'aux compositeurs Sullivan et Brahms. initial est fort simple il se compose d'une pro- :

abandonnera la scène, ainsi qu'on l'a écrit quelque


Ce grade n'existe qu'en Angleterre. En Allemagne, gression de trois notes, écrites en triolet, rhythme
part.
quand les Universités veulent honorer un musicien qui revient constamment dans le courant de l'œu-
* * d'une distinction spéciale, elles le nomment docteur vre, tantôt aux cuivres, tantôt aux instruments à
en philosophie. cordes. Cette introduction est suivie d'un motif
Dimanche dernier a en lieu, au lycée Louis-Ie-
Graud, une séance d'ensemble de l'école Galin-Paris- Le fait est qu'il faut bien souvent, dans ce métier démarche assez mélodique qui va se dévelop-
Chevé, où l'on a exéculé pour la premièie fois un ingrat, être philosophe. pant et modulant jusqu'au trio, qui débute brus-

remarquahle Oratorio de M. Elwart, Ruth et Booz, quement en si bémol majeur sur une pédale de
écrit pour voix seules. fa naturel aux cors et aux basses. Ce trio, con-
Aux fêtes données à Florence en l'honneur de fié aux instruments de bois, n'est pas sans quel-

Cristofori, l'inventeurdu piano les pianistes ,


que rapport avec la marche religieuse de Lohen-

L'Association des arlisles musiciens et l'Institut Cesi, Palumbo'Tafano, Piraniet Simonetti se


grin, comme
l'emploi fréquent de la formule
sont entendre sur un instrument fabriqué par
fait initialeaux trompettes peut vaguement faire
orphéonique français feront exécuter dans l'église
le héros de la solennité, un clavicembalo qui date penser à l'entrée répétée de la phrase des cors
Saint-Eustache, le 15 juin, a l'occasion de l'annivcr
de 1720. On a inauguré aussi ou cloître de Santa- dans l'ouverture du Vaisseau fantôme.
saire la mort de Rameau, une Marche, un Offer-
de
Croce la pierre commémorative qui porte l'in- La dir.iiùre partie de la marche précédant la
deux pièces d'orgue de Rameau et la deuxième
toire,
scription suivante A Bartolomeo Cristofori coda, m'a paru un peu diffuse; les deux pre-
Messe avec chœurs, soli et orchestre, de M. Léon :

cembalaro da Padova che in Firense nel miers motifs s'y combinent, s'y entrelacent, mo-
Gastinel.
MDCCXI, invento il Clavicembalo col piano e dulant à l'infini; à un moment la fanfare reprend
Les sociétés chorales des divisions d'excellence de
forte il Comitato Fiorentino coadiuvanti Ila- en sol majeur, tandis que le quatuor continue à
Paris : les Enfants de Lutèce, le Louvre, l'Odéon,
liani e Stranicri, MDCCCLXXYI. «A Barto- jouer en mi bémol. Cette partie n'est pas la plus
le Bon-Marché, le Choral de Belleville, le Temple,
lomeo Cristofori, fabricant de clavecins de Pa- réussie de l'œuvre. La coda a de l'éclat; elle est
le Choral de l'Observatoire et la Cécilia prêteront
doue, qui inventa en 1711, à Florence, le clavi- coupée de points d'orgue et faite presque exclu-
leur concours a cette solennité.
cembalo avec piano et forte, le Comité florentin a sivement avec le triolet caractéristique du com-
M. E. Deldevez dirigera l'exécution, et plus de
dédié ce souvenir avec le concours d'Italiens et mencement. *
quatre cents arlisles prendront part à cette audition.
d'étrangers, en 1876. » En somme, cette marche, pour être une œmre
En haut de l'inscription se voit une couronne intéressante et supérieurement traitée au point
de chêne, avec un ruban où on a gravé ce frag- de vue de l'orchestre comme toutes les produc-
pa&fT)TRANGER.
,g — M" Palti va être obligée de
tions de Wagner, ne m'a pas paru à la hauteur
^jT-i/Vse noircir
la figure, et c'est là, pour uno
ment de vers de Lucain Digili cum voce locuti,
:

les doigts ont parlé avec la voix. Au centre de de la Huldigungs ou de la Kaiser-Marsch. Les
XI y, I femme, un sacrifice qui montre qu'au-
jolie
la couronne est une main portant le dessin du idées n'y abondent pas, et la clarté dont on peut
<3^—ygdessus de la coquetterie de son sexe lui faire un mérite me donnerait volontiers à
marteau inventé par Cristofori, et, au-dessus, les
elle place l'amour de son art. C'est ce
sept notes de la gamme d'ut. penser que le compositeur en fait moins de cas
mois-ci même que la diva fera son apparition à
que les autres, n'était un passage de la lettre qui
Des concerts ont suivi cet acte pieux et dans
Covcnt-Garden dans le rôle d'AÏ'ta.
ces concerts ont surtout brillé les cinq mêmes accompagnait l'envoi de sa partition et dont voi-
pianistes officiels. Ils ont exécuté vingt morceaux ci le sens «... Je n'ai eu que peu de temps pour
:

dès matin du premier jour, à la Pergola. Le


le « écrire cette œuvre, et j'ai dû le faire alors que
En juillet aura lien à Londres un festival en l'hon- « j'étais occupé par la représentation de mes
soir même, autre concert avec les cinq virtuoses.
neur de Balfe, a l'Alexandra-Palace. On y représen- « opéras à Vienne et à Berlin. Mais la citation de
Le surlendemain, grand banquet, suivi d'un con-
tera la Bohémienne.
cert, avec les cinq virtuoses. Le vendredi, grand « Gccthe que j'ai inscrite sur la première page
Le produit de la fête sera affecté à la création
concert auquel prirent part les cinq illustres pia- « vous prouve que je ne l'ai pas moins prise sé-
d'une bourse à l'Académie royale de musique.
nistes que l'on retrouva encore le lendemain dans « rieusement à cœur... Mes amis en sont complé-
une dernière solennité officielle. « tement satisfaits et j'en ai moi-même une opi-
« nion excellente. »
L'Angleterre n'avait pas de Conservatoire de mu-
sique. Elle en a un depuis deux semaines.
La cérémonie d'ouverture de l'Exposition in-
Les ducs d'Edimbourg et de Connaught ont pré-
ternationale de Philadelphie a eu lieu le 10 mai.
sidé à l'inauguration solennelle de l'École nationale
Le programme de cette fête avait une partie
de musique, dont la direction est confiée à sir Julius
musicale composée d'une ouverture de circons-
Orphéons
Benedict. Les principaux professeurs sont MM. Sul-
tance écrite par le chef d'orchestre Théodore
livan, Vianesi et Pauer. Les cours ont commencé le
Thomas, sorte de pot-pourri où se succèdent les
17 mai dernier. Il y a déjà cinquante élèves admis.
airs nationaux de tous les pays; de la Festival-
Le directeur du Conservatoire de Londres est un Voici les concours -et festivals annoncés pour
Marsch, écrite par Richard "Wagner pour celte
des hommes qui ont le plus contribué à généraliser le mois de juin :

solennité, à la demande du
Comité féminin du «
en Angleterre le goût de la grande musique, et il
centenaire », qui la lui a généreusement payée Lei juin : Vomont.
est lui-même auteur de plusieurs compositions très-
25,000 francs, et d'une cantate Sue à la plume Les i et o juin : Reims. (Ce concours promet
estimées.
d'un musicien yankee, M. Dudley Buck. Parmi les Sociétés parisien-
Le duc d'Edimbourg, qui présidait à l'inauguration, d'être très-brillant.
De la première et de la dernière couvre, il y a
est un amateur distingué; il joue du violon et prend nes qui ont donné leur adhésion il faut citer
peu de chose à dire; elles sont bien faites, mais
quelquefois plaisir à diriger des orchestres d'amateurs. les Enfants de Lutèce.)
de peu de relief. Quant à la marche de Wagner,
voici comment en parle le correspondant de VÏn-
Le 18 juin : Joiuville-le-Pont, soixante So-
dépendance belge : ciétés.

On vient de fonder à Londres un hôpital pour les « En tête de la première page de la partition Du 24 au 27 juin : Amsterdam.
maladies de la gorge et de l'oreille. C'est M"10 Adc- sont inscrits, en manière d'épigraphe, les vers Le 25 juin : Mculan.
lina Patti qui a posé la première pierre de l'édifice, suivants de Goethe Nur der verdient sich Frei-
:

et la charmante arliste a accepté d'être une des dames heit loie âas Leben, der taglich sie erobem
patronnesses de l'œuvre. muss. (Celui-là seul est digne de la liberté et de Paris. — L'Inip'GO A. DourdiLIiat, 13, qnai Voltali
SAMEDI 10 JUIN 1870
PREMIÈRE ANNEE — N° 2

ELE JOURNAL

P .•' tous les S ,.

ADONNEÏE.NTS POl'R PARIS ET LES DBPAItTESlBNTS


Ta au, 18 fr. — Six mois, 9 fr. — Irais mois, 4 Tr. 50 — Un mois, 1 fr. C3
En numéro séparé, 40 cintimes

Adresser les demandes à M. Bocijdilliat, Administrateur

d'ûbiron, d'après le poëme de l'Anglais Sotheby, du harem, avec sou curieux accompagnement

Sommaire : imité de celui de Wieland, imité lui-même de de grosse caisse, cymbales et triangle, autour
celui de M. de Tressan, qui l'avait imité d'une de laquelle s'enroulent élégamment les voca-
S : 1. Chanson alsacienne des version en prose, faite au quinzième siècle sur lises de la fille du calife.
« Amoureux de Catherine».
Ce chœur, original et simple à
la première, qui date du douzième siècle. la fois, a été
Musique de II. Maréchal.
D'imitation en imitation, on s'est fort éloigné emprunté par Weber au Voyage en Arabie de
2. Pantomime des « Erin-
nyes ». de l'original, et l'auteur anonyme de Euon de Niebùrh.
Musique de J. Massenet. Bordeaux ne reconnaîtrait plus son roi des Le défaut capital de l'œuvre est dans l'agen-

TEXTE : Semaine musicale. L'événement de — nains, Auberon, dans Obéron, le roi des génies. cement compliqué des voix, dans la facture des

demain. - La musique et le budget. Notre — Toutes ces mélamorphoses n'ont pas rendu la airs, qui montre à n'en pas pouvoir douter,
musique. —
— Album anecdotique. — Nouvelles fable plusallachante,et le livret de Planché, que derrière le compositeur qui les a écrits, le vir-
de partout. pen-
Théodore Hell traduisit en allemand, n'a rien tuose, le pianiste accoutumé à traduire ses

fourni de dramatique au musicien, et ne lui a sées sur le clavier plutôt qu'avec la voix hu-
Adresser ce qui concerne spécialement la rédaction pas permis de s'élever beaucoup au-dessus d'une maine.
du journal et la musique à M. Armand Gouzien, au confection musicale sur un patron démodé. Le Malgré ses défauts, malgré la monotonie du
bureau du journal, 13, quai Voltaire.
travail de M. Nuitter a été de donner au livret poëme, malgré les défaillances d'inspiration

de Planché une forme plus littéraire, en ani- qui placent Obéron bien au-dessous du Frey-
mant le plus possible un dialogue assez ram- schidz, l'ouvrage n'en demeure pas moins
Semaine Musicale pant, et il était impossible de faire mieux, en agréable et l'on y retrouve à chaque pas, dans
s'imposant la tache de respecter la musique de une orchestration ingénieuse, des richesses im-
Weber. prévues qui charment et surprennent. S'il faut

fZSxx5^ béron, qui fut un des grands succès Sur le tissu un peu terne de cet ouvrage se créer un mol qui exprime en musique ce que
J /iitY) de l'ancien Théâtre-Lyrique , vient détachent quelques fleurs, quelques broderies le mot «coloriste» signifie en peinture, on peut
c'^' re re
P r s P ar le nouveau, au réper- lumineusement enlevées d'abord l'ouverture dire qu'on y trouve la main habile de l'un des
rù lfê/Q
i :

>-=££^C9toire duquel il va certainement prendre célèbre qui résume déjà à peu près toutes les plus grands «sonorisles» qui aient réveillé dans
place. Quoique fort inférieure au Freys hiïtz, beautés de la partition, en faisant entendre le l'orchestre des voix inconnues.

cette œuvre renferme encore assez de beautés cor magique d'Obéron, le principal motif de Dans le ballet du dernier acte, on a introduit

pour cacher la nudité d'un poëme par trop pri- l'air d'Iluon confié à la clarinette, la barca- l'ouverture de Turandot, un badinage exolique
mitif, emprunté aune chanson de. gestes appar- rolle, la phrase amoureuse de Rezia; il n'y qui n'est guère plus artistique que les pièces

tenant au cycle de Charlemagne : Euon de Bor- manque, pour être en quelque sorte le som- exécutées par ces ouvriers parisiens qui se sont
deaux. maire complet des beautés de l'œuvre, que le baptisés baroquement du nom de chinoiseurs-
C'est un Français oublié qui écrivit le livret rappel de la marche des esclaves et des gardes bamboutiers; enfin la merveilleuse «Invitation à
JOURNAL DE MUSIQUE

la valse,» orchestrée par Berlioz, qui apermis à et des réductions en seront faites pour le piano; paraît en faisant un geste de menace à son
M. Justement de dessiner des ensembles gra- nous serons convoqués par lui à'ies entendre et rival.

cieux et un solo, dansé avec beaucoup de si — comme nous le pensons — les réductions Aminti oublie le danger qu'il court pour
jouir du bonheur de contempler Sylvia. Le
charme par Jl llc Maillard, danseuse de carac- conservent une partie de l'intérêt de l'œuvre j

berger lui montre la statue de Cupidon et, la]


tère dont la place est marquée à l'Opéra, où première, nous espérons pouvoir en mettre sous
la main, sur son cœur, lui fait don de sa vie.
le ballet va, avec Sylpia, reprendre une splen- les yeux de nos lecteurs un fragment choisi qui
Sylvia, dans un premier mouvement de colère,
deur nouvelle. leur en donnera une idée très-favorable.
lève une flèche pour en percer Aminta, mais
M. Richard, dans le rôle dlluon, est un che- En entendant la phrase_ mélancolique du un berger est indigne de sa vengeance, et c'est
valier errant qui trouve son chemin dans des violoncelle de ce quatuor, nous nous sommes contre la statue du dieu qu'elle la décoche.
airs et des morceaux d'ensemble où les pièges souvenu de cette boutade d'un critique qui Aminta court se placer devant la stalue pour
ne manquent pas; cependant; on peut lui re- entendait, au concert populaire, l'admirable trio empêcher un pareil sacrilège. La flèche part et
procher de représenter la chevalerie avec quel- de Schuman, où l'alto joue un rôle si impor- touche Aminta en pleine poitrine.

que vulgarité dans la démarche et dans le geste; tant dans l'un des morceaux qu'on croirait être
mais auprès des grotesques qui entourent la la plainte d'un trépassé.

belle Rezia.sa chevalerie devient vraisemblable, — Cela, disait-il, tout impressionné encore, La nympbe, devant ce corps inanimé, jette
cl, parmi ces Orientaux baroques, il ne paraît c'est de la musique de chambre ardente. une imprécation à Cupidon qui tend son arc et
pas trop désorienté. M. Lepers est un écuyer lance une flèche. Syhia chancelle et porte la
suffisant; mais M. Montaubry est un roi des main à son cœur.
génies qui n'a rien de surnaturel pourtant il
— Es-tu blessée? demande-t-on à Sylvia.

faut bien dire que, s'il a peu de chose à chanter,


;

L'Événement de Demain — Non! répond-elle avec un sourire de défi;


il ne m'a pas touchée!...
il le chante avec une voix qui n'a déjà plus
Et, s'emparant de la flèche, elle la met dans
rien d'humain!
son carquois.
M 110
Sablairolles est la suivante enjouée de "^pNE première à l'Opéra est un évé-
Orion a reparu. Il court à Aminta. Un jeune
Rezia, que représente avec grâce M" Salla, l®| nement. Celui-ci, quoiqu'il ne s'agisse
berger parait en même temps et l'épie. Orion
chantant souvent un peu bas, avec une belle voix / Icicjff que d'un ballet en trois actes et non.
tâle lecœur d'Aminta et se réjouit de sa mort.
encore inhabile mais d'une çj^>s£y d'un grand opéra, promet un bien
et hésitante, étoffe Puis médite un piège pour s'emparer de la
il

autre régal que la lourde Jeanne d'Arc; et il


y
solide sur laquelle on peut travailler : de rebelle, il examine un filet à mailles d'or qu'il
aura certes, dans un seul morceau de Léo
l'avenir en somme. Quant à M llc
-Thomas, qui porte avec lui. Sylvia rentre en scène. Orion se
Delibes, plus de musique que dans l'opéra de
joue le rôle de Puck, elle essaye de faire sortir cache. Un attrait irrésistible a ramené Sylvia
M. Mermet tout entier. C'est, dit-on, dans la pre- près du corps d'Aminta. Elle se retourne vers
d'un petit corps une grosse voix, et cela ne va mière quinzaine de ce mois que Syhia fera son
lui et semble lui demander pardon de l'avoir
malheureusement pas tout seul. apparition et que le public fêlera celte sœur
frappé. Orion lance son filet et entraîne Sylvia.
Les chœurs et l'orchestre ont supérieurement nouvelle de l'adorable Coppélia.
Les paysans pleurent le sort d'Aminta. Un
marché sous l'impulsion de M. Vizentini, qui M. Georges Du-
Profitant de l'indiscrétion de
sorcier s'avance, cueille une rose à l'un des
était descendu de son trône directorial, pour val, rédacteur de l'Événement, nous résumerons
rosiers qui enlacent les colonnes de l'hémicycle
s'asseoir sur le fauteuil du chef d'orchestre. à l'avance le sujet de ce ballet, dû à MM. Jules
et l'approche de la bouche d'Aminta, qui re-
Barbier et Nuitter.
trouve la vie, pour pleurer au souvenir des
cruautés de Sylvia. Il apprend qu'elle aussi a
Quelques privilégiés — dont nous étions — été blessée et de plus enlevée par Orion.
Au premier acte, la scène représente un bois
ont eu la primeur d'un quatuor inédit de Verdi, Aminta s'élance à la poursuite d'Orion. Le
sacré. Faunes et sylvains se disputent les fa-
mardi dernier, au Théâtre-Italien, dans la vieux sorcier, qui a repris la place de Cupidon,
veurs des dryades et les enlèvent dans des guir-
journée. Malgré les conditions défectueuses lui indique la direction dans laquelle Orion
landes de fleurs.
d'une audition de musique de chambre donnée s'est éloigné en entraînant Sylvia.
Aminla jette sa houlette avec la peau de chè-
dans une vaste salle, l'œuvre du maestro a vre qui lui sert de manteau et s'abandonne à la
produit beaucoup d'effet. rêverie.
L'auteur, qui a assoupli son génie aux pro- Il a entrevu, à. cette même place, dans les Le premier tableau du second acte représente
grès musicaux qui se sont accomplis pendant buissons, une belle chasseresse dont l'image est une grotte taillée dans un rocher.
ce siècle, en venant de l'Allemagne, n'y parle restée gravée dans son cœur. Il.se proslerne Orion entre, portant dans ses bras Sylvia éva-
plus l'italien des improvisateurs de son pays, devant la stalue de Cupidon et le supplie de la nouie. Sylvia se réveille. Orion cherche en vain
lui laisser voir une fois encore. à la gagner par ses prolestalions d'amour. Il
mais l'allemand propre à tous les sentiments,
Tout à coup, le son d'un cor se fait enten- comprend que c'est par la douceur seulement
à toutes les descriptions que les maîtres deve-
dre : c'est Sylvia, la nymphe favorite de Diane, qu'il pourra se faire écouler. Puisque la nymphe
nus classiques ont parlé ; et il le parle avec
qui entre suivie de ses compagnes. repousse ses tendresses, peut-être ne. refusera-
netteté, avec correction, tout en ayant conservé
Leur longue course a épuisé leurs forces. t-elle pas de prendre part à la collation.
un peu de l'accent de son langage natal, ce qui Quelques-unes s'étendent sur le gazon, d'autres Sylvia accepte.
donne à cette conversation des quatre instru- se disposent à entrer au bain. Sylvia s'élance A l'appel d'Orion, deux petits esclaves dres-
ments dialoguant une saveur originale toute sur les lianes qui unissent les arbres d'un bord sent le couvert. — Sylvia prend place aux colis
particulière. à l'autre et, s'en servant comme d'une escar- d'Orion, qu'elle enivre. Sylvia, pour gagner du
On a bissé le troisième morceau dans lequel polette, s'y balance en effleurant l'eau du bout temps, fait signe que la danse plaît à Bacchus,
est intercalée une belle phrase dite par le vio-
de ses pieds. La lune éclaire cette scène. et tandis que les deux esclaves s'emparent
Orion a paru au-dessus d'un rocher. C'est le d'un fifre et d'un tambour la chaste nymphe de
loncelle, et chaque partie de l'œuvre a été très-

vivement applaudie après avoir été excellem-


chasseur noir des forêts. A la vue de Sylvia et Diane imite la danse des Bacchantes jusqu'à ce
des nymphes, il s'est penché avec précaution que le maître et les esclaves tombent enivres.
ment interprétée par Sivori au premier violon,
pour suivre leurs ébats. Sylvia cherche en vain à Pas d'issue.
fuir.
Viardot fils au deuxième, Marsick à l'alto et
Soudain, une des nymphes avise à terre la Elle adresse une prière à Cupidon qu'elle a ou-
Delsart au violoncelle. houlette et le manteau d'Àminta. Elle les tragé; le dieu répond à son appel; la stalue do
Ce quatuor très-intéressant sera édité bientôt ramasse et court les montrer à Sylvia, qui dé- l'Amour apparaît dans une anfracluosité et in-
par M. Escudier, l'heureux éditeur de Verdi, couvre Aminta derrière la stalue. Orion dis- dique à Sylvia, de l'aulre côté de la scène, un
CHANSON ALSACIENNE
Paroles de Musique de

.JULES BARBIER. H MARECHAL.

Chantée dans LES AMOUREUX DE CATHERINE par »r!


lc
Chapuy.

Mouv.' «le Valse durino.

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La Partition des AMOUREUX DE CATHERINE se trouve chez M! Crus, 13, Bout d Buuiie-Nouvelli'
dos cô . teaux, le blé de !;i pliii . ae,
Quand lo beau s<> . leil te do - re, C"esl par toi qu eu sou . ri .

La Fran . ce re. toit l'au - ro . re Que te


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PANTOMIME
J. MASSENEÎ.

Extraite du Divertissement des ERINNYES Drame antique de LECONTE de LISLE.

Amiante.

PIA.NO.

avec douceur.
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LE JOURNAL DE MUSIQUE. — N° 2. 13, QUAI VOLTAIRE, A PARIS.


JOURNAL DE MUSIQUE

escalier d'or qui se déroule en spirale autour ceaux de Sylvia dont la musique a eu, à la addition à la subvention, qu'il aurait fallu tôton
<les rochers et se perd dans les frises. première répétition d'orchestre , un succès tard équilibrer les recettes avec les dépenses.
d'enthousiasme. C'est une Danse éthiopienne « Ces dépenses se chiffrent aujourd'hui par
d'une originalité et d'une couleur tout à fait plus d'un million de frais en plus par an. Celte
Le deuxième tableau représente un si le séduisantes. augmentation, je l'ai demandée au publie. Cela
abrupt où s'entassent les rochers. Nous pensons pouvoir la donner dans le ne valait-il pas mieux que d'en grever le bud-
Sylvia paraît, achevant de gravir l'escalier quatrième numéro. get.
qui lui a livré passage hors de la caverne. « Tout marche bien, quant à présent, mais

Aminta, escaladant les ro-


Elle voit paraître vienne un retour de fortune, et l'on ne s'aper-
chers, cherchant partout quelque trace du pas- cevra que trop vite des exigences dévorantes
sage de Sylvia et d'Orion. A l'aspect d'Aminla
vivant, Sylvia tremble de joie, semble prête à
La Musique & le Budget d'un théâtre installé dans les conditions où se
trouve aujourd'hui l'Opéra. Supposez simple-
s'élancer vers lui, mais elle s'arrête en enten- ment une diminution fort possible de 2,000 fr.
dant au loin le son du cor; ses compagnes la par représentation, ce qui laisserait encore une
^.'Jol'S reproduisons, pour mémoire, le
cherchent de tous cotés dans la montagne. moyennede 10,000 francs, c'est-à-dire un chiffre
texte des amendements proposés par
Cupidon l'arrête du geste et la toile tombe. superbe, voilà tout de suile un déficit de
I H. Dautresme, au sujet des subven-
près de 400,000 francs qui se fera sentir cruel-
• tions aux théâtres lyriques.
lement. Ce jour-là, le théâtre périclitera, et il

«Premier amendement: faudra lui venir en aide.


Le théâtre représente au dernier acte un
champêtre au bord de la mer.
site
« Chap. 4S, art. 1". — La subvention de « Ce n'est donc pas de réduction qu'il faut
800,000 fr., présentement accordée à l'Opéra, parler souhaiter le maintien du statu quo
Après la fêle des vendanges, Aminla revient ; et
est supprimée. »
la continuation de la faveur publique, voilà ce
désespéré de sa course à travers la montagne.
La flèche d'or est le seul vestige qu'il ait pu Deuxième amendement
« : qui esl sage, pratique, et vraiment jusle au
découvrir du passage de Sylvia. « Remplacer les 1", 3 e et 4e paragraphes de point de vue de tous les intérêts.
er
Cupidon descend d'une barque, suivi de ses l'article du chapitre XLIII du ministère de
1 opinion est celle d'un homme dont
« Celle

esclaves. Il cherche des amateurs de rivage en l'instruction publique et des beaux-arts, par l'ambition est largement satisfaite, elle ne
rivage et finit par proposer à Aminla de lui l'article suivant : doit donc pas être suspectée.
vendre Sylvia. Aminla refuse. Sur un signe de « Je n'ajoute plus qu'un mot: c'est qu'il est
ccAparlirdu [«janvier 1877, les trois théâtres
son maître, Sylvia danse un pas gracieux. de musique actuellement subventionnés
dangereux deremetlreainsi en question, chaque
par
Aminla va quand l'Amour, soutenant son
fuir, l'État, c'est-à-dire l'Opéra, l'Opéra-Comiqueetle
année, la position du directeur do l'Opéra.
esclave, soulève brusquement le voile qui l'en- Théâtre-Lyrique, seront exploités en régie, cha-
C'est, en effet, le moyen de l'inquiéter sur son

veloppe et découvre à (ous yeux Sylvia


les cun sous la surveillance et l'autorité d'un direc-
avenir et de paralyser son, initiative. On parle
souriante et tendant les toujours de faire de l'art; mais pour faire
bras vers Aminla, qui teur-administrateur, nommé par le minisire des
tombe à ses pieds. de l'art, il faut deux choses: d'abord de l'ar-
beaux-arts.
Ace moment paraît Orion, qui, gent, beaucoup d'argent pour lutter contre les
reconnais- « Nul ne pourra être nommé directeur-admi-
sant son rival, brandit sa hache avec fureur. nislraleur s'il a élé précédemment déclaré en offres de Pélranger qui ont rendu les artistes
Cupidon se jcllc au devant de lui; Aminta et faillite et ne s'est pas fait réhabiliter.
insatiables, et ensuile le calme de l'esprit pour
Sylvia vont se réfugier dans le temple de La somme de 1,400,000 fr., présentement
«
préparer les choses longtemps à l'avance. »

Diane. allouée aux trois théàlresci-désignés, continuera


Mais Aminla, animée par la fureur, s'élance d'être inscrile au budget mais, au lieu de se ;

sur Orion, landis que temple se


les portes du répartir enlre eux d'une manière fixée d'avance, M. Halanzier a fait une dépense de littéra-
M'ermenl sur Sylvia. Une lullo s'engage. Orion formera un fonds commun desliné à leur venir ture dont il n'aurait pas eu besoin de
grever
brise les portes du temple qui, en tombant, en aide selon leurs besoins. Sun budget, croyons-nous; car l'opinion de la
laissent voir Diane qui décoche une (lèche au «Une commission composéededix sénateurs, sous-commission est faite et sa lettre n'y chan-
sacrilège. 'L'orage redouble. Au milieu de la dix députés et dix personnes appartenant à gera rien. Sa subvention sera maintenue, et
consternai ion générale, Cupidon, seul, debout, l'Institut, à la Société des compositeurs de mu- nous pourrons encore voir quelque chose de
semble à Diane, qui a tourné sa
tenir tèle sique, à la Société des auteurs et compositeurs moins équilibré que le budget le niveau des :

fureur contre les amants. Il lui fait signe de dramaliques, ou tout au moins connues par leur recettes de 1 Opéra monter et le niveau de l'art
tourner ses regards vers le fond de la scène. compétence dans les queslions de théâtre et de baisser.
Les nuages s'entr'ouvrent et laissent voir dans' musique, sera nommée par le ministre des Ce qui seiaità souhaiter, c'est que le cahier
une apparition lumineuse Endymion endormi beaux-arts, à l'effet <le délerminer les attribu- des charges qui justifie cette subvention fût pris
el Diane la chaste profilant de la nuit et de ses tions du directeur-administrateur et de recher- au sérieux; que, comme beaucoup d'autres ca-
clartés mystérieuses pour venir rendre visite à cher les moyens les plus propres à établir l'or- hiers des charges, le gouvernement qui paie
son amant. ganisation nouvelle, aussi bien qu'à, en assurer ait le droit d'exiger l'exécution de son contrat
— Qui es-tu? semble dire la déesse. le fonctionnement régulier. » et n'use pas envers ceux qu'il subventionne

Regarde répond l'Amour.!
d'une longanimité exagérée; en un mot, que ce
Les vêtements du pirate tombent et décou- fameux cahier des charges, dont les clauses
vrent Cupidon dans son costume de dieu. Le directeur de l'Opéra a protesté contre la demeurent mystérieuses pour le public, ne soit
Diane, confuse à son tour, pose un doigt sur suppression de sa subvention, dans une lettre plus ce qu'en langage de théâtre on appelle
sa bouche et fait signe à Cupidon de se taire. aux membres de la Commission du budget, où une « charge. »
Celui-ci sourit; sur un geste, la vision dispa- ilfait un éloge sans restriction de M. Halanzier
raît, cl il unit Aminta à Sylvia. et qui conclut ainsi :

Les nuages se dissipent et laissent voir l'in- « On m'a reproché l'élévation du prix des M. Dautresme demande trois cent mille
térieur du temple de la déesse, les nymphes, places. Mais un jour viendra oùl'on reconnaîtra francs pour le Théâtre-Lyrique; nous pensons
les divinités de'la terre et des eaux. Apothéose. sagesse de cette mesure. J'ai conscience d'a-
la d'après des renseignements puisés à de bonnes
voir rendu à l'Etat un signalé service en la pro- sources, que la subvention de ce théâtre sera
voquant au seul moment où elle pouvait être élevée à 200,000 francs et celle de l'Opéra-Co-
Nous sommes heureux d'apprendre à nos prise, c'est-à-dire lors de l'inauguration de la mique au même chiffre.
lecicurs que, grâce à l'obligeance de M. Heu- nouvelle salle, car l'on n'avait pas augmenté Pour l'Opéra-Comique, rien
si n'est décidé
gel, qui est l'heureux acquéreur de la partition prix des places alors, on n'aurait pas comme direction. M. Carvalho
le pu le est toujours le
nouvelle, nous pourrons leur offrir un des mor- faire plus tard, et c'est par une considérable candidat favori, mais l'ancienne direction veut
JOURNAL DE MUSIQUE

M. Melchissédec a chanté un air de Richard envoyés, par la poste et franco, à la direction des
lui imposer l'achat du matériel qu'elle estime
Caur-de-Lion, ce qui n'était pas de l'à-propos, Beaux-Arts, bureau des théâtres, ], rue de Valois;
M. Carvalho n'en veut
trois cent mille francs et
car il n'y a aucun rapport entre l'écuyer Blondel
ilsy seront reçus jusqu'au 1 er juillet de la même
point à ce prix. On parlemente activement pour
année.
faire acheter ce matériel par l'État, qui ensuite qui étaitseulsur la terre à « s'intéresser à la per-
« Le poëme déposé ne devra pas porter de titre ;

le louerait ou le prêterait au nouveau titulaire. sonne » du roi Richard, et l'œuvre protectrice des
il devra être accompagné d'un pli cacheté renfer-
animaux. S'il était appelé à concourir une autre mant le titre du poème, le nom, les prénoms et le
fois à cette solennité, nous lui signalons plutôt domicile de l'auteur.
une chanson de circonstance, dont les paroles « Sur la partie extérieure de ce pli cacheté, le
Album Auecdotique sont de Pierre Dupont, je crois, musique
et la concurrent inscrira une ou plusieurs initiales, qui r.e

de Darcier. Cela s'appelle tout simplement «Ai- seront pas celles de ses noms, ainsi que 1 indication

mez-moi comme vos bêtes. » de la localité où l'on devra lui adresser, poste res-
tante, aux initiales précitées, l'accusé de réception
rêt^jC) E r0 ' de Hollande a donné récemment
de son envoi. »
çh|i^3 à son château de Loo, des fêles intéres- Vous verrez
Ceci est de l'actualité. y aura plus d'envois que la der-
qu'il
II \S\j santés et décerné la médaille Malibran
nière fois, et que cette note officielle va attirer un
é^S^j^èii une pensionnaire de l'École qu'il Nous avons eu, hier, sous les yeux, une lettre
grand.. .concours de concurrents. Peut-être attend-on
par un marchand de musique de Cons-
patronne, M llc
Timmers. écrite
qu'ily ait un lot de lauréats pour les servir tous
lantinople, et datée du 30 mai ; nous n'en vou-
Il ne s'en tient pas là, il vient de décider que ensemble au public. C'est égal, voilà un donataire
lons point changer une note.
pour le prochain concours, une médaille grand dont les désirs n'auront pas eu force de loi.

module serait frappée à l'effigie de Liszt, et dé- La voici dans toute sa splendeur. Cela ne s'in-
vente pas.
cernée au meilleur élève de piano.
Voilà Liszt passé à l'étal d'effigie souveraine. « Monsieur, On annonce la mort de m0 Lamoureux, la femme M
une mauvaise langue, que On entend canon depuis ce matin un- du fondateur delà Société de l'harmonie sacrée, qui
« Ce que c'est, a dit « le ; il
a tant fait pour acclimater en France les grands
d'avoir des doigts, des cheveux et la manière ie noncelamortd'Abdul-Aziz. Cette circonstance
oratorios des maîtres anciens et modernes; et celle
de s'en servir! » « heureuse va rétablir l'équilibre des finances.
de l'un des membres de la Société des concerts du
Voilà une médaille qui va entrer dans la col- « Envoyez par retour de courrier six Rigolade, Conservatoire, le violoniste Telezinski, mort à la
lection où se trouve le fameux sabre d'honneur « chanson de l'Eldorado. maison Dubois des suites d'une chute faite chez lui.
que Hongrie a décerné au pianiste, ce qui fit
la « Agréez, etc. »
dire à quelqu'un, après le concert qui suivit «Je :

trouve que les morceaux qu'il a joués ont été On entendra, l'hiver prochain, au Théâtre-Italien,

un peu sabrés. » la fille d'une cantatrice ayant tenu à l'Opéra un rang

Celte collection de couronnes et d'armes a été


Notre Musique élevé, M lle Borghi-Mamo, qui a embrassé la carrière

artistique depuis peu et vient d'avoir de grands suc-


déjà baptisée par Liszt (qui en a le droit parce
cès à Venise.
qu'il est abbé). 11 l'appelle « sa pianoplie. »
JJans la prochaine livraison, nous offri-

cîYlrons à nos lecteurs un autre air de Si la question ci gros sons » ne s'y oppose, nous
Dans une correspondance sérieuse de Turquie, ., ballet des Erinnyes d'une énergie de entendrons bientôt à l'Opéra M m0 Nilsson. Le
je lis ces lignes sur le sultan Mourad: XH>HÛrhythme tout à fait saisissante, un peu « Monsieur de l'orchestre » qui envoie de Londres

« Le nouveau sultan parle très-correctement difficile peut-être d'exécution; mais, nous des lettres au Figaro annonce qu'il a vu la célèbre
l'avons dit, nous donnerons de la musique pour chanteuse et qu'elle lui a affirmé n'avoir encore au-
le français et un peu l'italien. Le renseignement
toutes les forces et pour tous les goûts, et nous cun engagement pour l'hiver prochain.
nous a été donné par son maître de musique,
ferons en sorte de faire le partage égal afin de Avis à M. Halanzicr.
M. Picchi.
« Mourad et ses deux frères cultivent la flûte.» ne mécontenter personne.
Simple réflexion : ce qui vient de la flûte s'en Déjà nous avons préparé une surprise pour ^r^vj><f5NTr.ANGEB. — Le quinzième congrès néer-
retourne au pandour. un prochain numéro; elle répondra à beau- 1
ar"' a ' s sera ocoas ' on de fêtes, où la musi-
i I© l'

coup de charmantes et sympathiques lettres de ïlâ 1 11C aura sa P ar '' comme dans toutes les
(Qi)2£<Wètcs. On fera entendre à l'Alhambra de
lecteurs, c'est-à-dire d'amis inconnus. Ce sera à
suicidé malgré était aussi
^^^Bruxelles des ouvrages de compositeurs
Abdul-Aziz, le lui, la fuis un régal littéraire et musical et que
belges Gevaërt, Pierre Benoît, Van den Eede et
;

musicien, mais il jouait d'un instrument plus nous n'avons pas hésité à préparer malgré la
Willem Demol, avec un personnel de cinq a six
facile que la flûte, et demandantun doigté moins dépense qu'il nécessite et quoiqu'il soit en de-
cents choristes et un bataillon complet d'instru-
difficile : il jouait de l'orgue de Barbarie, et voici hors des promesses que nous avons faites. •mentistes.
les airs que jouait le dernier instrument qu'il Avec la « Saturnale » des Erinnyes, nous C'est le chef de la société de musique de Bruxel-
avait fail venir de Paris : donnerons l'un des airs bissés de Dimitri, le les, M. Warnots, qui dirigera le festival.
La Marseillaise, Partant pour la Syrie, Quand nouvel ouvrage qui a brillamment inauguré le Connaît-il le Macbeth de Franz Servais, le fils

je quittai la Normandie, Racket, quand du Sti- Théâtre- Lyrique, la Rêverie, chantée avec beau- d'une des gloires musicales de la Belgique et qui

gneur grâce tutéfoire, Heureux habitants des M" fera honneur à son pays, l'élève préféré de Liszt, le
la coup de charme par Zina Dalti.
lauréat du prix de Home de 1874? C'est une œuvre
doux vallons de l'iîelvétie, le grand air del'Am-
considérable digne de figurer dans une pareille fêle
bassadrice, Ah ! quel plaisir d'être soldai ! Da7is
et que nous lui signalon-.
le service de l'Autriche, la Marche de Riêgo,
C'est vers la fin d'août qu'aura lieu ce festival.
Iïélas'. a fui comme une ombre! un air de
elle Nouvelles de Partout
Lucie, un air de la Favorite, un air du Pré-aux-
Clercs, un air des Noces de Jeannette, la grande Nos remerciements, en terminant ce courrier, à
marche de Fuust, les Pompiers de Nanterre,Rien îp.axce. —
Le concours Cressent revient sur ceux de nos confrères qui nous ont souhaité si gra-
n'est sacré pour un sapeur, et ceci est — le T^M'cau. On Va donc enfin, dira-t-on, repré- cieusement la bienvenue et qui nous ont envoyé leurs
comble — l'air de Bon voyage, M. Dumollet!
'
nter l'ouvrage couronné l'année dernière? encouragements pour l'œuvre de popularisation ar-
Point du tout : on va en couronner un au- tistique que nous entreprenons.
tre qui ira rejoindre le premier dans les
Le succès considérable du Journal de Musique
salles d'attente des théâtres de musique. Cela est la sympathie avec laquelle il a été
La animaux a tenu
Société protectrice des auprès du public,
officiel, et la note suivante de la direction des Beaux-
sa séance solennelle et appelé la musique à son accueillidans la presse nous fixent déjà sur l'avenir
Arts ne laisse aucun doute sur le sort prochain d'un de notre entreprise mais ils nous engagent aussi et
secours, quoique la musique fasse souffrir les
;

nouveau lauréat :
nous continuerons à les mériter.
chiens, si l'on en juge par leurs hurlements; Conformément aux termes du programme du
«
mais les chiens n'étaient pas admis, il n'y avait concours Cressent, les poëmes destinés au concours
là que leurs maîtres ou leurs protecteurs. peuvent, à partir du 1 er juin IS76, être déposés ou Paris. — L'lmp -G6rant
r : A. Dounlilliat, 13, quai Voltaire.

PREMIERE ANNEE — No 3 SAMEDI 17 JUIN 1870

sans soupçonner que son supplice n'était pas comme d'une escarpolette, s'y balance molle-
Sommaire encore fini. ment en effleurant l'eau du bout de son pied;
MUSIQUE : 1. Rèveriede «Dimitri» Pales ( On pouvait s'attendre de l'auteur de 'exquise
étoiles Sylvia belle d'indolence
).
partition de Co]p>lia, et de cet opéra-comique si
Se balance.
Musique do V. JonîMres. original qui s'appelle Roi à une œuvre
le l'a dit,

2. Danse des Saturnales des vivante, colorée, délicate : Sylvia a toutes les Et la lune, jusque-là discrète et voilée,
« Erinnyes ». qualités que l'on trouve dans les œuvres de l'au- éclaire ce gracieux tableau, et de douces har-
Musique du J. Masscnet. teur qui l'ont précédée, et l'on en découvre à monies s'échappent comme une vapeur sonore

— — chaque pas de nouvelles. decet orchestrelumineux. C'estla valse lente»,


TEXTE : Sylvia. École du jeune pianiste.
«

Album anecdotique. .
— Primeurs musicales. Nous ne reviendrons pas sur un livret que l'une des plus adorables pages de l'ouvrage : le

Nouvelles de partout. nos lecteurs connaissent déjà. Notis passerons motif est d'abord indiqué par les violons, les

seulement en revue les morceaux delà partition notes claires des harpes le percent comme le

qui nous ont le plus frappé. rayon de Pbébé perce le feuillage du bois sacré;
C'est d'abord le majestueux prélude, à la dé- un cor solo le reprend et semble l'illuminer;
Sylvia marche rhythméedeDéesse « incessupatuit dea» une volupté calme et charmante enveloppe le
;

Ballet en trois actes, de MM. Jules Baroii


puis le scherzo des faunes et des dryades, qu'on thème principal jusqu'à celte succession d'ac-

et J. DE REIK.VCIIj croirait inspiré de Mendelssohn, aussi vif et cords piqués sur lesquels s'enroule une mélo-

Musique de LÉO DELIBES aussi charmant que les plus fines inspirations die enlaçante, pour arriver enfin au trille final

que l'auteur du Songe d'une nuit d'été nous ait et se mourir dans un dernier accord quisemhle
laissées dans ce genre. une caresse.
nous a donné do trop rares occa- Une douce pastorale, soupirée par les flûtes Que de gaieté ensuite dans ce cortège rustique
M'Opéra
sions d'entendre de la musique, pour et les clarinettes, annonce l'entrée d'Aminta; et où les vents soufflent aux quatre points cardi-
que nous n'ayons pas regardé la pre- comment la nymphe de Diane n'aimerait-elle naux de l'orchestre, et quelle bonhomie fine et

mière représentation d'un ouvrage de pas celui que de tels airs accompagne? spirituelle dans l'entrée du sorcier!
M. Léo Delibes comme un événement de la Voilà que, pour là première fois depuis le le- La page symphonique de la Grotte d'Orion,
plus grande importance. On ne peut raisonna- ver du rideau, éclatent les clartés sonores des d'un si beau caractère, ouvre superbement le

blement pas, en effet, classer dans la catégorie cuivres: tout jusqu'ici s'est passé, à l'orchestre, deuxième acte; la Danse éthiopienne lui succède.
des œuvres de grande importance la seule que dans les sonorités « clair de lune » que le com- Nos lecteurs la connaîtront : on ne peut imagi-
l'Opéra nous ait donnée depuis son inaugura- positeur a si poétiquement assoupies. C'est la ner rien de plus curieux dans sa simplicité.
tion, ni appeler musique le chaos méli-mélo- fanfare de chasseresses jetée par quatre cors. Nous n'insistons pas sur ce morceau pour ne
dique dans lequel M. Mermet a noyé la malheu- Mais voici Sylvia qui s'élance sur les lianes point avoir l'air de faire — comme l'on dit vul-

reuse vierge que les Anglais avaient brûlée, suspendues entre les arbres et, s'en servant gairement — l'article, laissant à ceux qui le
JOURNAL DE MUSIQUE

joueront la semaine prochaine le soin de le d'un professeur, capable de réaliser « le mieux Donc, dans notre prochain numéro, nous
dans le facile». Il nous fallait un professeur à publierons la première fantaisie de Y Ecole du
juger, quoique le piano ne puisserendre qu'im-
qui la pratique constante des élèves commen- jeune rianisle, composée sur des motifs A'Obé-
parfaitement les Qnesses que les timbres divers
çants donnât une complète connaissance de ron, que le Théâtre-Lyrique vienl de reprendre
de l'orchestre font ressortir, ni reproduire les
ce qui leur convient, et un artiste qui eût le avec éclat.
lazzis rhylhmés de la petite flûte qui égayent
goût délicat qui doit présider au choix d'oeuvres
le début de cette danse. destinées à distraire l'enfant tout en ne lui met-
Un large chant de violoncelle, auquel maître que des mélodies ou des
tant dans l'esprit
Adam eût mis des paroles en l'honneur de Bac- harmonies exemples de banalités. Album Anecdotique
chus, prépare la danse de la bacchante avec son Nous avons été assez heureux pour trou-
solo de cor anglais si moelleux. ver, à VInsti'ut musical fondé par M. et M mc

C'est au troisième acte que se place, au dé- Oscar Comettant et si brillamment dirigé par e succès du ballet de Sylvia va être,
eux, l'homme le plus capable de remplir le pour les chroniqueurs, une occasion de
but, le cortège de Bacchus précédé par la claire

la barcarolle
but que nous nous proposons, M. Emile Artaud, , se mettre en frais d'anecdotes sur la
avant-garde des trompettes; puis
qui jouit comme professeur d'une notoriété ra- ^i^V^danse et sur les danseuses; faisons
au roulis charmant dont la mélodie est dessinée
pidement acquise par de surprenants résultats notre partie daus ce chœur de Terpsichoristes,
par le saxophone.
et qui possède déjà, recueillis, arrangés, com- en rappelant l'aventure d'une célèbre ballerine
Le pizzicato qui le suit est une des perles de pour besoins de que M. Ma-
posés et annotés par lui, les en représentations aux Étals-Unis, el
cette partition si riche et que nous devons pour- son enseignement journalier, de ces jeux d'en- halin, — un naturaliste à qui rien n'est étran-
tant parcourir si rapidement en rappelant le fants musicaux, choisis avec un discernement ger dans les corps de ballet de jadis, — nous a
beau solo de violon sur lequel la nymphe Sylvia et un goût parfaits. contée.
danse un andante si harmonieux de lignes; le Nous ne pouvions rencontrer mieux, et nous La première apparition de M 110
P., danseuse

pas si pittoresque des esclaves, la valse où remercions ici le remarquable professeur de la française, devant les Américains, donna lieu à
M mc Sangalli dessine de si originales variations; bonne grâce avec laquelle il a accepté la tâche l'un de ces débordements d'admiration dont ils

le galop entraînant qui la suit et l'apothéose


que nous lui offrions, et les fondateurs de Ylns- se montrent si prodigues. Salves dix fois ré-

tilut musical d'avoir prêté leur influence à la pétées de bravos, pluies de bouquets et de
finale, enveloppant de ses ébhmissements cette
réussite des négociations entreprises dans ce couronnes, rappels multipliés, bonbons, colom-
partition toute vibrante de jeunesse, toute pal-
but. bes, dollars lancés sur le théâtre, rien n'y man-
pitante d'inspirations délicieuses.
Dans le numéro prochain, nous publierons qua.
Si les dieux de l'Olympe n'étaient point partis donc une série de Fantaisies mignonnes, écrites La ballerine était dans le ravissement.
sans laisser leur adresse, le soleil étant la der- spécialement pour nos petits abonnés du Jour- Mais ce ravissement ne connut plus de bornes
nière que les poêles leur aient supposée, nous nal de Musique, et qui seront chaque fois pré- lorsque, ausorlir de la représentation, elle vit une
eussions vraiment compris, après avoir entendu cédées d'une sorte de commentaire ou instruc- foule frénétique se précipiter sur sa voiture, en
Sylvia, que l'artiste, orgueilleux de son œuvre, tion sur le morceau publié el sur la manière dételer les chevaux et se substituer à eux pour

se fût écrié : El maintenant de l'interpréter. la conduire à son hôtel.


Nous extrayons d'une lettte de M. Emile Ar- Le lendemain, fatiguée des émotions, des
Je vais m'asseoir parmi les dieux dans le soleil !

taud un passage qui peut servir de préface à joies du triomphe, elle voulut aller se promener
mo Sangalli a été le génie ailé de la danse; celte publication
jVI : par la ville.

et les « clowneries», qu'on lui reprochait jadis, commanda donc d'atteler.


Elle

se sont harmonisées et ne choquent plus comme dont nous entreprenons la pu-


« Les fantaisies Quelques minutes après son cocher accourut.
îles dissonances dans l'harmonie des lignes blication se diviseront en fantaisies de premier —
Madame a l'intention de sortir en voi-
chorégraphe Mérante a dessinées avec el de second degré. Les petils morceaux écrilssur ture?... C'est que je suis bien embarrassé pour
que le
les plus jolis thèmes d'opéras et doigtés, avec le lui procurer des chevaux...
beaucoup de lofent.

Les décors de MM. Chérel, Rubé el Chaperon


plus grand soi n, n'ont pas seulement pour objel de — Des chevaux? N'ai-je pas les miens? Une
récréer l'élève que rebuterait l'étude exclusive paire d'alezans magnifiques ! Un cadeau du
sont dignes de l'œuvre qu'ils encadrenl, pleins
des exercices et des gammes; ils ont pour but prince de W...1
de poésie ou de grandeur, et les costumes, dessinés
de commencer musicalement l'éducation de son . — Madame sait qu'hier on les a dételés...
par M. Lacos'.e, sont des merveilles de goût, de oreille en la rendant sensible à la mélodie éle- La danseuse eut un sourire d'orgueil.
distinction et d'originalité. vée, à l'inspiration des maîtres, et aussi de pré- — Quel honneur ! pensa-t-elle tout haut. Je
En avons-nous assez dit pour témoigner de parer ses doigts, parunepenle douce, aux traits n'ai plus rien â envier à Essler. Si pour chevaux
l'effet produit par l'œuvre nouvelle de M. Deli- de la virtuosité, en dehors des gammes et des elle a eu les aldermen de Philadelphie, moi j'ai

bes, qui le classe désormais parmi les maîtres premiers exercices. Nos fantaisies mignonnes du eu les gentlemen de New-York.
incontestés? Syloia a pris sa place au milieu de
premier et du deuxième degré ne formeront pas — Oui, madame, reprit le cocher; mais les

toute la série de l'école du jeune pianiste: elles gentlemen qui ont dételé les chevaux...
ces charmantes fées qui président aux éternelles
noces de danse de musique; mais on
alterneront avec de petites pièces originales, — Eh bien ?
la et la
classiques ou modernes, en forme de sonatine, — Eh bien, ils ont oublié de les rapporter.
la reconnaîtra entre toutes grâce au cortège
,
d'air varié, de rondo, de valse, etc., el consti-
symphonique qui l'escorte avec une splendeur tueront toute unebibliothèquemusicalespéciale,
loute nouvelle. que nous nous efforcerons de rendre, suivant le Un souvenir des représentations i'Obèron,
sage précepte du poëte latin utile à la fois : et sous le roi actuel de Bavière, à Munich.
agréable. La difficulté de la mise en scène et de la
«Nous ne connaissons pas de mission plus sé- machination avait compromis la première repré-
Ecole du Jeune Pianiste rieuse et plus délicate aussi que celle de guider sentation ; le roi se rendi t à la seconde, et, après
les jeunes élèves dans les premiers choix de la lespectacle, il monta sur la scène pour faire
musique qu'ils auront à travailler. Les profes- manœuvrer devant lui tous les décors, change-
orsque nous avons résolu de satisfaire seurs expérimentés nous comprendrontetseront ments à vue et voir par où cela péchait; il fit
aux que nous exprimaient de
désirs de notre avis. C'est pénélré de cette vérité que mieux, il monta dans le char en forme de coquil-
, [C\/ loulepart nos abonnés et nos lecteurs, nous avons entrepris ce travail modeste dans la lage, traîné par des paons, accompagné de l'in-

jii^>i?aqui souhaitaient de voir les enfants forme, mais que nous aurons rendu important, tendant du théâtre, et se fit monter jusqu'aux
profiler des bienfaits de notre publication ; si nous avons le bonheur d'atteindre pleinement frises.
nous avons dû rechercher un artiste, doublé le but. » Comment voulez-vous qu'un peuple qui a un
REVERIE

Musique de

BORNIER et SYLVESTRE. VICTORIN JONCIERES.

Chaotée dans DIMITRI par M "' Zina Dalfi

Andanto tranquille*-

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DANSE DES SATURNALES
J. MASSENET.

Extrnîfc du Divertissement des ERINNYES Drnmc antique de LECONTE do LISLE.

Allegro 1res décida (92=d)

La partition des Erinnyes est éditée par M. Hartmann, boulevard de la Madeleine, 19.
\£i frf r D,tr
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ïff^éj :^,j,,i *ffi,^ j
^
« Ped. * Ped.
JOURNAL DE MUSIQUE

roi aussi consciencieux, quand il s'agit du plai- 2 e Tableau : Entrée de Sévère. —Marche triom-
sir de ses sujets, ne le porte pas aux, nues? phale rappelant un peu la marche de la Reine de
Primeurs Musicales Saba.-

2° Acte. — Les ruines : Baptême de Polyeucte,


morceau capital de l'ouvrage, précédé d'une marche

On sait que les nègres ont assez d'aptitude /~~ "T g^otre 'prochaine livraison contiendra très-caractéristique des chrétiens. Le chant de Po-
lyeucte est d'un grand effet.
pour la musique et que le piano a pénétré pjv^P la Danse éthiopienne de Sylvia, qui
jusqu'au fond de certaines bourgades afri- \ vient d'avoir, à l'Opéra, un succès si
3° Acte. — 1" Tableau : Duo entre Néarque et
Polyeucte.
caines. ';, éclatant ;

C'est ce qui vient de donner à un facteur de Puis une œuvre de Schubert, certainement 2 e Tableau : Une fête païenne. — Grand ballet. —
ignorée de la plupart de nos lecteurs, et qui a Arrivée de Polyeucte et de Néarque, qui brisent les
pianos l'idée de fabriquer ces instruments d'une
idoles.
nouvelle façon, à ce que dit du moins Gygès; et pour le Journal d: Musique : c'est
été transcrite

nous le croyons sur parole. une simple page musicale, d'un coloris mysté- 4° Acte. —
1 er Tableau La prison, où se trouve
:

rieux que l'on peut obtenir dans l'exécution, le grand duo de Polyeucte et de Pauline. Il y a deux
Il remplace les toucbes blanches par des
versets de la Bible que Polyeucte lit à Pauline et
touches noires et réciproquement, de telle sans être un bien grand virtuose elleji pour :

qui seront d'un immense effet.


sorte que celles-ci deviennent en majorité, ce titre la Berceuse des Cloches.

qui (latte énormément les nègres, qui ne Nous recommandons le morceau de chant 2 e Tableau : Le cirque. — Polyeucte et Pauline
sont livrés aux bôies féroces.
veulent plus entendre parler d'autres pia- qui accompagnera ces œuvres de piano.
Nous l'avions entendu chanter par l'auteur
Quant au fabricant, il peut à peine suffire clans une réunion d'artistes où elle ravit tout le
aux commandes. monde plus tard un chanteur de la bonne race,
; A propos de Sylvia, rappelons que les divertis-
Diaz de Soria, eut l'occasion de l'entendre. Il sements infercalés par les compositeurs dans leurs
s'en éprit vivement "et voulut se la procurer, opéras portent un titre spécial et donnons-en quel-
désirant la chanler et la chanter souvent, ques-uns pour mémoire :

Webcr, dont le Théâtre-Lyrique


de vient comme une œuvre destinée à être partout ac-
Dans Les Vêpres siciliennes, le divertissement est
donner VObéro", avait une mémoire musicale cueillie avec faveur. intitulé les Saisons;
jtrodigieuse. Nous avons fait mieux, nous l'avons l'ail gra- Dans Pierre de Mcdicis, les Amours de Diane;
Un soir, à Dresde, on devait donner la Flûte ver, pour In lui adresser à Londres, uù il chante Dans la Muette (1" reprise), la Sorrentine;
enchantée, de Mozart. La représentation allait "ii ce moment. Dans — (2° reprise), l'Ueeellatore;

commencer, lorsqu'on s'aperçut que le cahier Voilà pourquoi noire prochaine livraison con- Dons la Juive (reprise), les Abeilles;

de la partition n'était pas sur le pupitre du Dans Don Carlos, la Peregrina


tiendra /(( Tour Saint-Jacques, souvenir de jeu- ;

chef d'orchestre (c'était Webcr). Dans Roland à Roncevaux, la Farandole;


nesse, dunt les vers délicats sont de M. Ilachin,
Dans Guillaume Tell, la Tyrolienne;
Grande terreur parmi les musiciens. La cour président de la Lice chansonnière, et la musi-
Dans Hamlet, les Fiancées.
pouvait entrer d'un moment à l'autre, et l'on que de l'auteur de tant d'oeuvres charmantes,'
savait qu'aux yeux de Frédéric-Auguste, ce roi de Joseph Darcier.
ponctuel par excellence, ce serait un crime im-
pardonnable de ne pas commencer l'opéra dès Le nouveau directeur de Marseille, M. Campo-
qu'il paraîtrait. Casso, forme un corps de ballet pour y représenter
La frayeur avait gagné le public. Caroline,
La partition de Dimitri, à laquelle nous em-
Sylvia l'hiver prochain.
pruntons la « Rêverie » qui paraît dans ce
la femme de Webcr, regardait le pupitre vide et
numéro, a été éditée par M. Crus, à l'obligeance
tremblait. Weber ville danger, mais il sourit
de qui nous la devons.
et, sans s'émouvoir autrement, il envoya cher-
C'est chez M. Hartmann, qui a bien voulu la Parmi les plus distingués des compositeurs de ce
cher le cahier de musique. temps qui aient su tirer du clavier des accents qu'on
mettre à noire disposilion, qu'a paru la parti-
La cour entra. ne lui soupçonnait pas, parmi ceux que l'élévation
lion des Erinnyes, de Massenel, d'où est extraite
Le pupitre était toujours vide! île leur caractère et la dignité de leur esprit placent
la « Danse des Saturnales. »
Weber jelaàsafemme, un regard
toute pale, loin du bruit, en leur faisant fuir le tapage de la ré-

pour la rassurer, prit son bâton, donna le clame, il faut citer en première ligne Stephen Heller,
signal, conduisit tout le premier acte de l'opéra dont l'œuvre déjà considérable marquera dans l'his-

avec sa vigueur ordinaire, sans broncher et de toire musicale de ce siècle.

Nouvelles de Partout Un musicologue des plus érudits, à qui l'on doit


mémoire, s'amusant même à fajre semblant
plusieurs études estimées sur Weber, Chopin, Men-
de tourner les feuillets d'un cahier quelconque
dclssohn, etc., etc., M. Barbedette, vient d'en consa-
ciu'il avait posé devant lui.
crer une à l'éminent et original artiste sous ce titre :

— Ce ne sera pas Paris qui aura Stephen Heller, sa vie et ses œuvres.
PKANCB.
primeur la de deux œuvres importantes de C'est l'éditeur Maho, à qui l'on doit de belles

compositeurs français justement estimés, éditions d'oeuvres de ce compositeur, qui publie l'in-

M. Mermet, l'auteur de Jeanne d'Arc, a été MM. Massenet et Saint-Saëns. Le Directeur téressante étude de M. Barbedette.

souffrant, dit-on; il est rétabli, livrons-nous à de l'Opéra de Vienne, pendant un récent


la joie et permettons-nous, sur une indisposition séjour à Paris, a traité avec nos deux compatriotes

qui ne peut plus l'empêcher de travailler, une pour la représentation sur son théâtre, l'hiver pro-
chain, du Roi de Lahore et de Dalila. M. de Saint-Georges a fait autrefois, en collabo-
simple plaisanterie que son médecin nous four-
de désarroi de nos scènes lyriques nous
L'état ration avec Hérold, un opéra-comique en un acte,
nit.
privera aussi d'une œuvre colossale écrite sur un intitulé l'Illusion.
— Je vous assure que je fuis très-souffrant, poeme très-dramatique de M. Jules Barbier par Ru- y a quelques années, il futquestion de reprendre
Il
disait-ilà celui-ci, vous ne voulez pas me croire, binstein, et qui porte le titre de Néron. L'Allemagne l'Illusion à l'Opéra, mais en deux actes. La pièce fut
mais toutes ces répétilions m'ont fatigué; ajou- la connaîtra avant nous, quoique le célèbre composi- remaniée à cette intention, et M. Duprato se char-
tez à cela que je n'ai pas manqué une représen- teur l'ait écrite pour nous. gea d'y ajouter des récitatifs. L'ancienne partition
tation de mon ouvrage. gravée d'Hérold se trouvait chez M. de Saint-Geor-
—Ce ne sera rien vous vous écoutez trop,
;
ges au moment de la mort de celui-ci, et les feuil-

voilà tout. lets manuscrits de M. Duprato y étaient interca-


Un courriériste théâtral indiscret donne, dans
lés.
-l'Écho, la nomenclature des tableaux du Polyeucte
Que sont devenus ces papiers? Voilà ce qu'on
de Gounod: profitons de son indiscrétion :
ignore. Quelqu'un les a sans doute acquis à la vente
1
er Acte. — i" Tableau: La chambre de Pauline. posthume qui a eu lieu, et, les ayant achetés dans un
JOURNAL DE MUSIQUE

lot, ne sait pas qu'il a entre les mains une partition de réaliser de véritables tours de force. Pendant ce exécuté le 4 juillet par 500 musiciens, au Palais d'e
prête à être jouée, qui ne peut être utilisée que par temps, quatre chefs de service : MM. Zimmer, l'Exposition.
M. Duprato et lui épargnerait un long travail. Seidl, Fischer et Mottl revisent et corrigent les par-
Nous espérons que cet avis fera découvrir la par- ties d'orchestre. Wagner, de son côté, ne reste pas
tition égarée. inactif et fait travailler le seul artiste installé à
M. Faure
a chanté pour la première fois en ita-
Bayreuth, M. Unger, chargé du rôle de Siegfried.
lienau théâtre de Drury-Lane, à Londres, le rôle
Les répétitions d'orchestre ont également com-
de Nevers, des Huguenots; il a joué la semaine der-
MM. Erckmann et Chatrian, dit un de nos con- mencé, et ici Wagner a introduit un système assez
nière le rôle d'Assur, de Semiramide.
frères, transforment un de leurs ouvrages : l'Au- original : il fait travailler séparément les instruments
berge du Jambon de Mayence, en un opéra comique a cordes et l'harmonie. Ce n'est qu'après ces répéti-

en trois actes, dont M. Henri Maréchal, prix de tions partielles qu'il réunit tout l'orchestre. Aussitôt

Rome, auteur des Amoureux de que la troupe chantante sera arrivée à Bayreuth Voiciles œuvres qui font partie du répertoire de-
Catherine, est
chargé d'écrire la musique. commenceront d'ensemble qui se fe-
les répétitions la campagne prochaine, à Bruxelles Aida, Picco- :

ront acte par acte. Le 12 juin, les épreuves prépara- lino, Y Étoile du Nord et Le roi l'a dit.

toires seront terminées et l'on pourra commencer Cotte dernière pièce sera sans doute reprise à
les répétitions générales des quatre grands opéras, Paris cet hiver, et si le rôle de Virginie n'est point
Voici une opérette qui se présente escortée de dont la réunion forme la tétralogie des Nibelungen. créé par M 110
Chapuy au Théâire-Lyrique, ce sera-
deux noms d'auteurs qui no manquent pas d'éclat : On a beau plaisanter Wagner, c'est là un travail la sympathique artiste qui reprendra le rôle de la
.'

Dupanloup et Niepce de Saint- Victor; il est vrai que colossal et tel que peu de musiciens auraient l'idée pièce qui avait été si mal tenu à la création.
ce ne sont ni l'évoque, ni l'un des inventeurs de la de l'entreprendre et seraient capables de le mener à
photographie, mais hien des parents — neveux, bonne fin.
croyons-nous — qui ont commis en collaboration
V Échelle de la femme. Nous publions, à litre de curiosité, les programmes
— On verra bien, 'en écoutant le dialogue de sa des deux grands théâtres lyriques de Londres pour
pièce, — a dit un basson cultivant — Le Musical Union annonce l'arrivée à Londres de cette semaine.
le calembour
deux virtuoses français très-appréciés en Angleterre: Nos lecteurs verront par là que nous avons quel-
si le neveu de l'évêque d'Orléans est V Aigle de
mots.
MM. Saint-Saëns et Duvernov. que raison de porter envie à nos voisins anglais :

Il faut beaucoup pardonner au basson, c'est un ins-


trument
COVENT GARDEN (THEATRE ITALIEN)
si ingrat!
Lundi, 5 juin. — Lohengrin, avec MUcs Albani,.
MM. Breitkofi et Ha?rtcl, de Leipzig, entrepren- d'Allgeri; MM. Catogni, Capponi.

Le Théâlre-des-Arts doit devenir théâtre d'opé-


nent une édition définitive des œuvres complètes Mardi, G juin. — h' Etoile du Nord, avec
rettes, sous la direction de M. Hervé fils, qui se bâ-
de Mozart. M""» Patti, Bianchi, Ghiotti, Cottino; MM. Bettini,
La un plan
révision critique en sera faite, d'après Ciampi, Tagliafico.
tera d'inaugurer son règne directorial par une opé-
rette de son père, ce qui est, de la part d'un fils, lé-
commun, par Johannes Brahms, Fr. Espagn?, Joa- Mercredi, 7 juin. — L'Africaine.

gitime
chim, de Kœehel, Noltebuhm, Reinecke, Rielz, Jeudi, S^juin. — Dinorah, avec M me Patti.

!

Or, voici quelle serait cette opérette : Estelle et


Rudoilf et Spilta, tous compositeurs, virtuoses ou Vendredi, 9 juin. Tannhauser, avec M me Al-
musicographes distingués. bani.
Némorin, poëme de M. de Jallais elle aurait trois
actes comme toute opérette qui se respecte.
;
L'ouvrage commencera à paraître vers la fin de Samedi, 10 juin. — h'Elisire d'amure, avec-
celte année. M m0 Zsré Thalberg.

DRURY LANE

On que M" Heilbronn, qui devait créer au


sait Le Tunnhauser au répertoire à Londres.
reste
Lundi, 5 juin. — Les Huguenots, avec Faure et
Théâtre-Lyrique le rôle principal dans l'opéra de M m0 Alhani y a trouvé un de ses meilleurs rôles. M mcs Trebelii-Bettini et Filiens.

M. Victor Massé Paul et Virginie, a résilié son en- Mardi, G juin. — Faust, avec MM. Faure et Cam-
:
D'après une correspondance envoyée à un journal
gagement. Des pourparlers sont entamés déjà avec qui n'est pas suspect de wagnérisme, le Ménestrel,
panini; M mcs Christine Nillson et Tiebelli-Bcttini.

M 110 Chapuy.
Tout porte à croire qu'ils aboutiront le succès s'accentue à chaque nouvelle représenta-
Jeudi, 3 juin. — Don Juan, avec M. Faure,.

et les auteurs et les directeurs n'auront qu'à s'en tion il est vraiment impossible de se procurer une
Mmcs Filiens, Trebelii-Bettini et M lle Chapuy.
féliciter.
;

place, bien que l'opéra soit donné une fois par se-
Samedi, 10. — Le Barbier de Séville.

maine.

La commission des fêles de Rameau s'est réunie à


Erratum. — Nous avons dû, pour aller aussi

de de Dijon, sous vite que l'actualité, faire graver les airs de ballet
l'hôtel ville la présidence du Les journaux sont pleins de comptes rendus en-
maire. des Erinnyes sur les épreuves de la partition, avant
thousiastes des concerts de Rubïnstein. L'impression
Après lecture de la délibération du conseil muni- qu'ellene fut parue, épreuves que l'éditeur avait si
produite par le grand, artiste a été suffisante pour
un crédit de 4'i,000 francs pour les fêtes
cipal ouvrant
gracieusement mises à notre disposition. 11 en est
imposer virtuellement le silence aux pianistes ses
de Rameau, le maire a fait connaître la composition résulté que quelques fautes s'y sont glissées : nous-
confrères. Pendant tout le temps de son séjour, on
des diverses commissions chargées d'organiser les prions nos abonnés d'en faire la correction.
n'est guère allé en entendre d'autres que lui. Le
concours d'orphéons, le festival, la représentation Dans pantomime, deuxième accolade, dernière
la
25 mai, il donnait son dernier récital de piano;
théâtrale, le tir, le carrousel et l'exposition de pein- mesure, la petite note est un si; même morceau,
le 27, il entendre alla nouvelle Philharmo-
s'est fait
ture. deuxième page, deuxième accolade, première me-
nique; lesymphonie dramatique, en. ré mi-
29, sa
La charge des fêtes incombe à sure, à la main droite, au lieu de l'accord fa, ré r
la Ville. L'excé- neur, a été exécutée à l'ancienne Philharmonique
dant des recettes sera consacré à l'érection de la mais, nous devons le dire, y a produit peu d'effet;
;

fa, la, — lire fa, si bémol, ré, fa.

statue de Rameau. Dans la Danse des Saturnales, première page»


le 30, il a joué pour la dernière fois à Londres, dans
Notre courrier nous a apporté une lettre de troisième accolade, dernière mesure, au lieu de ré r
la séance de la Musical Union. La promesse qu'il a
M. Cb. Po'sot qui nous donne la date de ces fêtes il faut un fa; à la deuxième, page de ce morceau,
faite de revenir en janvier et février prochains est
intéressantes elles auront lieu les 12, 13, 14 et 15 cinquième accolade, troisième mesure, barrer l'ut
:
enregistrée partout avec empressement.
août prochain. de la main droite qui semble un l'é; à la quatrième
Nous nous sommes assuré, pour une de nos pro-
page, troisième accolade, deuxième mesure, à la-i
chaines livraisons, d'une œuvre nouvelle du célèbre
basse,il faut un mi; enfin, à la dernière page du
compositeur et virtuose russe.

^psfcCp
7
y ranger, —
^ représen talions épiques
Bayreuth se prépare aux
morceau, première accolade, il faut ajouter un ré h
l'accord frappé à la première mesure par la main:
;?L I fë)
des Nibelungen
gauche; à la deuxième accolade, dernière mesure,
tfn§v àe Wagner.
mettre un bécarre devant la petite note et répéter le
(S -S4- <8
^ es arl ' s es ' ne son ' P as encore arrivés, L'empereur du Brésil visite, en ce moment, l'ex-
mais toute la figuration est sur pied. Vingt-
même bécarre devant la petite note de la quatrième
position de Philadelphie. Il a télégraphié à un com-
mesure de la troisième accolade.
quatre gymnasiarques travaillent sans relâche, sous positeur brésilien du nom de Carlos Gomcs et qui
la direction du maître de ballet Fricke; il pour
s'agit est fixé à Milan, où il a fait jouer II Guarany, pour le

c es braves gens, chargés de représenter les gnomes, charger d'écrire un hymne patriotique qui sera Paris. — L'imp'-cor A. rounlillint, 13, quai Voit
,

PREMIÈRE ANNEE — No 1 SAMEDI 21 JUIN 1ST6

LE JOURNAL

fjyfffm
Paraissant tous les Samedis

ABOMENTS POUR PARIS ET LES DÉPARTEMENTS


lin an, 18 fr. — Sis mois, fr. — Trois mois, 4 fr. 50 — Un mois, 1 fr. 59
Un numéro séparé, 40 centimes

Adresser les demandes h M. Bourdillïat, Administrateur


BUREAUX : 13, QUAI VOLTAIRE, TARIS

vis des enfants; et, gravement, commença en


Sommaire :
ceci : « Paris, le 8 mars. Si le ministère persiste
ces termes (nous respectons le texte) à ne pas donner satisfaction à l'opinion publi-
MUSIQUE :
:

que; si le roi n'écoulant que les conseils inté-


1. Danse éthiopienne de « Sylvia. » « Il leur avait fait accroire que c'était des
ressés de quelques fauteurs de désordre que sa
Musique do Léo Delibes. ruines; mais il avait mis du veau dedans; et,
longanimilé a trop longtemps tolérés... »
2. La Tour Saint-Jacques, mélodie. tandis que les villageois des campagnes cham-
Musique de Darcier. pêtres
Au boni de quelques minutes le premier Paris
le croyaient occupé à mourir de faim dans
3. La Berceuse des Cloches. de la Quotidienne-a.va.il produit son effet: Char-
sa solitude, il mangeait du veau, ce cochon-
Musique de Schubert. les, Toto et Didine dormaient.
là ! »

4. Fantaisie mignonne suroObéron.» — Arrêtez, dit un des convives, voilà une


Cela réussit bien deux ou trois fois ; mais il

Par Emile Artaud advint qu'un jour, le père fit encore entrer Poli-
exposition qui ne doit pas être perdue.
(ÉCOLE DU JEUN-E PIANISTE.) chinelle dans un café.
Et le convive nota la phrase tout entière sur
TEXTE : Grands hommes et petils enfants. — son carnet.
« Il prit, dit-il avec la même gravité, sur
— Musique en préparation.
Sylvia et la critique.
une table un journal, qui se trouvait !à, la Quo-
— Nouvelles de partout. — Dépêches télégraphi- Le conteur, c'était Victor Hugo; celui qui
tidienne, et lut ceci
ques. — Petite correspondance.
il : « Paris, le 16 mars. Les
avait voulu noter le début de ce conte, c'était
conseils de l'opinion publique n'ont pas été
Edouard Berlin, des Débats.
écoutés par le ministère... »
Parfois, dans le courant de l'histoire, l'un des
Alors ce fut la qui se leva de table, et
Grands Hommes enfants réclamait impérieusement l'intervention
qui, se dirigeant vers ses frères, leur dit
fillette

:
de Polichinelle et Polichinelle accourait à sa
<Et Petits ^Enfants voix. Le
— Allons-nous-en vite, voilà qu'il va dire des
père s'en servait quelquefois même
bêtises !..
pour son propre compte. Quand son petit audi-
vénérable Quotidienne !
e dîner était toire devenait trop exigeant, et, le voyant faire
p^Q fini. Le père et ses invités
Ce qu'il faisait naguère avec
^ avaient, pendant le repas, causé de lit-
mine de vouloir remettre « la suite à demain, »
tor Hugo
ses enfants, Vic-
le refait avec ses petits- enfants
'térature, de politique, d'art; lui criait : Encore ! encore ! et, quand il lui pre-
les en-
Georges et Jeanne; mais il ne les prive plus
^fants, au dessert, réclamèrent nait la fantaisie en ce moment-là de lire son
leur
d'un morceau de leurs historiettes pour un arti-
friandise accoutumée. journal, Victor Hugo employait un moyen per-
de journal. monde
— Papa, dit la fillette, conte-nous une his- fide. Il faisait faire à Polichinelle quelque chose
cle

d'être grand-père,
S'il écrit

il
pour le

improvise pour eux tout


l'Art

toire. de très-fatigant et continuait ainsi, après s'être


seuls des contes,
— Laquelle? fait apporter son journal :
hélas! envolés aussitôt et qui

— Une autre.
« Alors, Polichinelle entra dans un café pour
sont des merveilles de fantaisie enfantine.
avons été assez heureux pour en entendre par-
Nous

Le père promena un regard sur ses invités,


se désaltérer. Il prit sur une table un journal fois, au dessert d'un dîner tout intime, quel-
comme pour leur demander s'ils étaient de l'a-
qu'on avait mis là, la Quotidienne, et il lut ques chapitres nous avons vu Jeanne la rieuse
;
JOURNAL DE MUSIQUE

devenir loule grave, tout à coup, lorsque le chef d'œuvre d'esprit, et nous nous ex'asiâmes scène où la nymphe atteint le berger, en vou-
pelit homme rouge sortait de terre pour venir avec une complète expansion devant ce bijou lant frapper la statue, l'orchestre, sans jouer la

combattre la fée aux brins de paille ; nous avons ancien; et aussi, sans doute, avec une certaine situation d'opéra, prenddes accents pathétiques.
tu les grands yeux pensifs de Georges s'éclairer e.vpression de convoitise; car notre ami nous La cantilène rêveuse d'Aminta y revient attris-
tée parle frémissement des violons, en exhalant
d'un gai sourire en écoulant certains épisodes dit, en souriant :

joyeux de l'histoire de la bonne puce et le mé- — Je parie que vous le voudriez bien pour
la plainte d'un oiseau blessé. Quelle vive
farandole que celle qui brode d'une mélodie en
et fine

chant roi. votre journal ?


spirale, la descente du cortège rustique défilant
— Vous le demandez? le long du sentier Le morceau de la consul-
!

— Eh bien, je vous le confie, vous me le ren- tation du sorcier a l'esprit d'un récit comique
La musique a eu aussi ses grands hommes drez quand vous l'aurez fait graver avec soin légèrement esquissé. »
qui ont su se faire petits pour les enfants, et il
comme il mérite de l'être.
existe encore quelque part des boîtes à musique Voici ce que M. Paul de Saint-Victor dit du
Puis nous cherchâmes un titre, et nous fûmes
pour lesquelles Mozart avait composé des airs morceau que nous publions aujourd'hui même :
'

d'accord pour donner au morceau celui-ci : Le


tout exprès, afin d'en faire la surprise à quel- « La danse des deux petits esclaves éthiopiens,
concerto de bébé.
que gamin ou à quelque fillette. piquée par les flûtes de modulations scintillan-
Il est en ce moment à la gravure et sera
Haydn, qui fut pendant longtemps l'hôte du tes, a la bizarrerie d'une arabesque sonore. Elle
publié dans une de nos prochaines livrai-
prince Eslerhazy, composamainlîs fois de la mu- résonne comme l'incantation d'un Psylle dérou-
sons.
lant et faisant danser des serpects elle évoque
sique pour accompagner des drames. . . de ma- ;

Monsieur, madame et bébé sont-ils contents? l'image d'une ronde noire se démenant sous la
rionnettes, des opéras enfantins, que jouaient
lune, autour d'une idole africaine. »
les jeunes princesses et leurs petites amies. La
symphonie burlesque, où le mirliton joue un Et voici la conclusion de son bel article :

rôle si

cette époque.
important, et qui nous est restée, date de
Sylvia & la Critique
quand
o Les ballets passent, mais leur musique reste,
elle est originale et charmante, comme
Quelques-unes de ces œuvres furent gravées celle de Sylvia. La partition de M. Delibes sera
en Italie, et la Cafetière bizarre est de ce nombre; certainement recueillie par les grands concerts,
^race à l'obligeancedeson éditeur, nous
mais combien d'exquises improvisations per- quand elle aura quitté l'Opéra, et elle y prendra
pouvons donner, dans ce numéro, l'une
l(fî^
dues! rang parmi les plus belles symphonies de l'é-
Lj)Tdes perles du nouveau ballet de l'Opéra,
Pourtant, plus souvent, Haydn écrivait ces
cole moderne. »
le 'Sla danse éthiopienne de Sylvia que
petites pièces : plusieurs d'entre elles, compo- nous avions annoncée l'autre semaine. La criti-
sées pour servir de délassement après la leçon que a été unanime à faire l'éloge de la délicate
de musi ,ue des cnfanls, et lient même religieu- partition de M. Delibes. Nous ne pouvons, pour
que nos lecteurs aient le ton le plus élevé de ce
Musique en Préparation
sement conservées par le prince Eslerhazy.
concert de louanges en l'honneur du composi-
Un jour, un incendie détiuisit le château. On
teur, mieux faire que de répéter ce qu'en a dit
sauva ce que l'on put; mais rien ne flambe
le prestigieux crilique du Moniteur Universel, Jous voulons mériter de plus en plus
comme la musique! et, le vent s'étanl mis à
que Journal de Musique a
M. Paul de Saint-Victor : l'accueil le
jouer son allegro con fuoeo, on ne retrouva des _reçu dans monde des amateurs et
le
morceaux d'Haydn que quelques pages dépa- «La partition de M. Delibesestunesymphonie 'dans le monde des artistes, en cher-
reillées, à moitié brûlées.
insinuée dans un scénario. Toujours en situa- chant de nouvelles attractions musicales, en ré-
tion, mouvement, elle enlremêle,
toujours en pondant aux vœux exprimés par de sympa-
Cependant on les recueillit, et elles restèrent
aux accompagnements de l'action, des intermè- thiques correspondants.
comme une relique dans la famille Ksterhazy.
deslyriques, des pagesdescriptives, des tableaux On nous a demandé de musique de violon: la
Si nous avons rappelé ces souvenirs, c'est
de mythologie et de paysage d'une poésie ravis- tout viendra à son heure, pour donner un et
qu'ils ont été éveillés en nous par un ami du
sante. Pas un rhythme banal, pas un morceau commencement de satisfaction aux amaleursde
Journal de Musique (il en a beaucoup), par un de hors d'œuvre ou de remplissage; partoutune ce bel instrument, nous leur préparons, pour le
dilettante des plus distingués, qui porte un des science voilée de grâce, une élégance soutenue, mois de juillet, un numéro qui leur sera entiè-
noms illustres de notre pays et dont les grands une gaieté noble et vivante, un art de ciseleur rement dédié (sans préjudice pour cela des huit,
parents, contemporains d'Haydn, étaient les fa- daus le jeu des sonorités et des timbres, un fini pages de musique, chant ou piuno); ils le liront
miliers du prince Eslerhazy. délicat et pur qui s'étend aux moindres détails d'abord, pensons-nous, avec le plus vif intérêt,,
Comme de l'orchestration. Le compositeur du Roil'adit,
nous causions, ces jours passés, de et ils y trouveront une primeur musicale tout à.
auquel nous devions déjà Coppélia, qui a fait fait originale et que nous ne voulons pas déflo-
la quantité prodigieuse d'œuvres laissées par
date dans la musique des ballets, n'a jamais été rer pour leur en laisser la surprise.
le maître, il nous arrêta en nous disant : « Il y en
plus heureusement inspiré. On nous a demandé aussi de la musique
a peut-être encore eu autant de brûlées chez le
« On ferait toute une symphonie pastorale de d'amateurs: nous en com-
pour petits orchestres
prince Esterhazy. »
la musique du premier acte. C'est d'abord le des chœurs
mandons, nous en publierons ; se-
Et il ajouta : « J'en ai une de ce temps, qui scherzo du pas des Faunes et des Dryades, vif ront aussi publiés ;
et, puisqu'on nous demande
vaut son prix; il n'y a plus de titre au morceau, bruyant et fuyant, qui peint si bien le
etfurtif,
des duos, nous en donnerons un des plus origi-
il a été détruit par le feu; mais la musique est trépignement nocturne d'une ronde merveilleuse. naux dans un numéro assez prochain :

restée intacte, heureusement. » Un chant de flûte élégiaque accompagne la rê-

Notre interlocuteur alla chercher le précieux verie d'Aminta. L'essaim des chanteresses appa- Un Duo russe
raît sur une fanfare triomphale que semblent D'une mélodie exquise et d'une harmonie-
autographe.
répercuter les échos sourds des timbales: elle très-colorée. Nous y ajouterons même deux trios-
Oui, c'était bien l'éciiture d'Haydn : le mor-
respire une fougue intrépide, une fraîche allé- inédits de caractères très-différents et qui, exé-
ceau que nous avions sous les yeux était en trois
gresse, elle sonne la course de la vie libre au cutés très-fidèlement, produiront un effet de-
parties : un allegro, un andantiho et un finale,
charme que nous avons pu constater nous-
fond des grands bois. Quelque chose de féerique
il avait été certainement écrit pour des enfants; même en entendant interprétés par des ar-
se mêle à son bruit vainqueur; c'est bien une les
il y avait, de ci de là, un trait, une modulation troupe d'Immortelles qu'annoncent ces cors en- tistes parisiens.

placés avec une gravité tout à fait comique. En chantés. La valse lente de Sylvia tourne sur un Nous sommes sur la trace d'une

son genre, ce concerto enfantin était un petit rhythme d'une morbidesse délicieuse. Dans la Mélodie médite de Rossini ;
Léo Delibes —

SYLVIA Poème âV JULES BARBIER et «V REÏNACH. LEO DELIBES


DANSE ETHIOPIENNE.

AlU'Ki'" '">» froppo

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La Partition de SYLVIA est édifée par r


.M. Heugel, au Ménestrel, rue Vivienne, 2*
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Clouté par SI!' Diiiz de Soria.

Allegretto moderato.
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* COUPLET) p SHStriHltO.

Dp quelques exploits amoureux Notre esprit se rap . pel le, Mais c'est ton.
Mou v! de Valse vive

jours au moins heureux Que le eœur est fi . de le. X cel.le qu'on ne peut avoir On

garde u.ne ten . dres . se Comme je fais depuis un soir De ma pauvre jeu . nés

4 Propriété réservée pour tous pays.


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r it f t^' Jfjprt^hj ±mu
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. se; Ce soir là j'avais pour la.mour Mis mes habits de pà ques, Car u.ne fil. le faite au

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tour. Devait aller m'at'-teudre autour Tout autour de la tour Saint Jac
IV Tempo. %

Ped.

Voilà comment c'était venu : J'en lis à peine le chemin,


De fenêtre à fenêtre, Ma beauté vint de suite,
'

En lui parlant .j'avais connu Lorsque jeune on parle d'hymen


Un immense bien-être!... Comme le cœur bat vite!

Cette enfant était de Paris Il faisait un temps radieux,


Dont les filles sont fières, Le ciel était sans voiles ;

Et n'ont pas toujours les maris Mais pour moi qui voyais ses yeux
Qu'avalent rêvés leurs pères ;
Qu'importait les étoiles !

Et pour connaître mon amour Tout mon corps frissonnait d'amour


Ou mes habits de Pâques, Dans mes' habits de Pâques
OH pour me payer de retour De la voir ainsi sans détour

N'ous "devions nous trouver autour Avec moi cheminer autour


Tout autour de la tour Tout autour de la tour
S»int-Jacques ! Saint-Jacques!

Vers ce temps, la tour n'avait pas. — Vous avez sans doute un métier?
Robe de blanche pierre, Dit ma jeune conquête.

Ni la traîne et les falbalas — Oui, dis-je, je suis ouvrier,

Que lui fait son parterre ;


Ma famille est honnête.

A ses pieds, — poudreux et meurtris, • — Je vous prenais pour un commis,


Des huttes et des halles, Ajoute alors ma belle ;

Et dans son grand corps noir ou gris Pourquoi n'êtes-vous pas mieux mis?
On "y fondait des balles :
Adieu, monsieur! dit-elle
Mais je l'aimais! j'aimais l'amour Soyez donc fier de votre amour,
Et mes habits de Pâques!... ,
. De vos habits de Pâques,
J'adorais ce triste séjour, Pour que la fin d'un si beau jour
Puisqu'elle m'attendait autour Vous trouve là, pleurant autour
Tout autour de la tour Tout autour de la tour
Saint-Jacques! Saint-Jacques!
LA BERCEUSE DES CLOCHES

SCHUBERT.

Transcription pour Piano seul du JOURNAL DE MUSIQUE.

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LE JOURNAL DE MUSIQUE. — N° 4. 13, QUAI VOLTAIRE, A PARIS.


ECOL£_DU JEUNE PIANISTE. PREMIER DEGRE.

FANTAISIE MIGNONNE
par EMILE ARTAUD, professeur ànosfitut musical.

6ur l'Opéra d OBERON Musique de -C H. M WEBER.

INSTRUCTION
L'élève devra s'appliquer à phraser avec goût, mais sans jamais altérer la mesure et en observant striclement le rhythme des trois motifs
renfermés dans ce morceau.
11 ne faut, jamais remuer les bras en jouant; et si, pour être fidèlement rendue, une nuance obligeait l'élève à de semblables mouvements
il vaudrait mieux ne pas appuyer sur la nuance plutôt que de prendre une mauvaise position dont le jeu se ressentirait forcément. En conséquence,
le crescendo, par exemple, ne doit être fait que par la pression des doigts et jamais avec les bras.
Les deux dernières mesures de VÂndantino doivent être jouée3 en diminuant la sonorité et en retenant chaque temps de manière à -reprendre
le premier mouvement de Y Amiante qui suit.

A partir de la vingtième mesure du second Andante , on rencontre des notes détachées. Le staccato se fait en relevant vivement le poignet
aussitôt que la note a été frappée par le doigt et sans remuer le bras. Le poignet ne doit ensuite retomber que pour frapper une nouvelle note ou
un nouvel accord, alin de ne pas faire de double mouvement ; car tout mouvement inutile doit être absolument proscrit comme nuisible.
Lorsqu'on rencontre des petites notes, si elles sont barrées ainsi : y, on doit les jouer sans altérer en aucune manière la valeur de la grosse
note qui suit.

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SUPPLÉMENT DU JOURNAL DE MUSIQUE. — 'N° 4. 13, QUAI VOLTAIRE, A PARIS.
JOURNAL DE MUSIQUE

C'est dire que nous la suivrons jusqu'au bout ceaux de celte époque, transcrits pour instru- condilion sine quâ non de l'acceptation de la direc-

au profit de nos lecteurs assidus. ments à vent, par M. Ambroise Thomas. tion par M. Carvalho, fera l'objet d'un amendement
Nous avons, en tête de ce numéro, raconté Nous bornons là, pour aujourdhui, les pro- spécial.
*
'comment nous publions une œuvre des plus messes que nous devons le plus prochainement * *
singulières et des plus inespérées du vénéré lenir. C'en est assez, pensons-nous, pour prouver M. Adolphe Jullien vient de publier chez
Baur
Haydn. C'est pour nous l'indice heureux des à nos lecteurs et à nos abonnés avec quelle ac- les Grandes Nuits de Sceaux, le théâtre de la Du-
sympathies sérieuses que nous inspirons, et du tivité, avec quel incessant désir de les inté- chesse du Maine, qui continue la série si curieuse
empressé que nous trouvons resser et de leur plaire, nousrecherchonsetnous de ses travaux sur le théâtre de la Pompadour et sur
concours tout à fait
celui de Marie- Antoinelte.
dans le monde musical qui voit, avec plaisir, réalisons des attractions toujours nouvelles.
La quatorzième grande nuit » a même une im-
«
prospérer une entreprise si utile ~k l'art, aux ar- Les enfants continueront, bien entendu, à
portance capitale dans l'histoire de la danse drama-
tistes et aux dilettantes. avoir leur petite part dans ce feslin musical
tique, car elle marque le prem'er essor du ballet
Entre autres morceaux en ce moment à la dont nous préparons les divers c services ». d'action, qui devait bientôt être importé à l'Acadé-
gravure, chez le graveur des éditions de luxe mie de musique et qui offrait un large horizon à
que nous avonschoisi,M. Baudon, nouspouvons l'art chorégraphique ; à la duchesse du Maine re-
citer au hasard :
vient 1 honneur de cette heureuse innovation, qui
Nouvelles de Partout aboutit à Sylvia.
Au commencera nt du second intermède, Apollon,
Le Rêve du Prisonnier, mélodie de
à l'exemple de Melpomène, offrait à la rrincesse une
Rubinstein ;
n dan;e caractérisée de Camille et d'Ho;ace, le poi-
Une Polka danoise de Lumbye; 'rance. —
La Société des compositeurs de gnard à la main; » on reconnaissait le héros au tro-
La Mer, rêverie pour piano, de Beethoven 1
musique met au concours pour I87C : phée de trois épées qu'on portait devant lui. La
(transcription inédile) ;
1° Un quatuor pour piano, violon, alto et scène, mise en pantomime, était la dernière du qua-
La Valse des Étoiles, faisant partie du ^ * violoncelle. Cette composition devra com- trième acte d'Horace: l'orchestre exécutait la mu-
réperloire des concerts d'Offenbach, à Phila- prendre quatre morceaux de mouvements et sique composée par Mouret sur ce fragment de tra-
delphie; dé caractères différents. —
Prix unique : une médaille gédie, que deux des meilleurs danseurs de
tandis

Vienne, valse de D. Magnus d'or de 400 francs; l'Opéra, Balon et M" Prévost, mimaient l'action et
;
2° Une quintette pour instruments à vent flûte, les sentiments qui agitaient les héros de Corneille.
Sérénade mauresque
:

de M. Philippot;
hautbois, clarinette, cor, basson. Celle composition C'est Cahusac qui rapporte le fait dans son Traité
Le Nid, mélodie de M. Jules Coslé ;
devra comprendre trois morceaux de mouvements et historique de la Danse, et qui s'appuie sur le succès
Le Concerto de Bébé, couvre inédile do caractères différents. Prix unique— une mé- : de cetle tentative pour prouver : d'abord, que la danse
d'Haydn ; daille d'or de 300 francs; en action est possible, ensuite que la danse théâtrale
Une Marche de Pèlerins de Gounod, pour 3° Une scène lyrique pour voix seule, avec accom- peut exprimer tous les mouvements successifs qu'elle
piano; pagnement de piano. Cette œuvre devra renfermer veut peindre, tandis que la peinture n'en peut re-
Un Trio san3 accompagnement de Darcier, plusieurs mouvements reliés par des récitatifs. Le tracer qu'un. De là découlait clairement, à l'entendre,

intitulé : les Exilés; sujet est laissé au choix du compositeur, qui pourra la supériorité absolue de l'art de la danse sur les
Une Marche de Bohémiens, se servir de poésies publiées ou non. Prix unique — :
arts du dessin.
une médaille d'or de 300 francs.
Et un Air de Danse de Weber;
Réglementation: Les compositeurs français sont
Aune Étoile, mélodie d'Antony Choudens;
seuls admis à concourir. Des mentions honoiables Les représentations d'Aïda ont été clc$3s mardi.
Sicilienne de Boccherini: pourront être décernées; toutefois, Io jury ne pren- Après la saison prochaine de Venise, M' 10 Wald-
Vivez en paix (épithalame), de Lulli, ar- dra connaissance des noms des auteurs qui auront mann, l'une de ses principales inlerprètes, épousera
rangée à trois voix avec accompagnement de obtenu des mentions el ne les rendra pub ics qu'a- le comte Massari de Ferrare. Le mariage se fera à

piano pour le Journal de Musique ;


près leur assentiment. La Société fera exécuter pu- Vienne à la fin d'août.
Petits Enfants! mélodie de Paladilhe, sur bliquement les œuvres couronnées. No pourront Encore une chanteuse qui, aux couronnes de
prendre part au concours que les compositions non théâtre, va allier la couronne surmontant un blason
des paroles d'Alphonse Daudet, extraite de l'al- ;

exécutées et (sauf les poésies) inédites. Le jury sera cette union de la noblesse et du chant a déjà produit
bum que l'auteur de Mandolinata publie
:

élu par l'assemblée générale de la Société des com-


chez l'éditeur Hartman ;
Un* marquise de Villiers, qui s'appelait au théâtre
positeurs. Les membres du jury ne peuvent concourir. Fanchon Moreau (17 8);
Une Marche de Cour de Mozart la

Un Larghetto de Clemenli
;
Les manuscris, très-lisibles, devront porter une
Une baronne de Montbruel, la Lemaure (1762); —
Une Canzonepourpiano, de A.-E. Vaucor-
; épigraphe reproduite sur un pli cachelé accompa-
Une comtesse de Mercy d'Argente^u, — Rosalie
gnant l'envoi et renfermant les noms et adresse de
Levasseur (1778);
beil; On
l'auteur. devra les faire parvenir avant le 1 er dé-
Une comtesse d'Anspach, — la Clairon (1784);
Deux Menuets de Mozart ;
cembre 1876, à M. Wekerl n, bibliothécaire, au siège
Une présidente Campistron Malibran, —M llc
Clair-
Un Thème avec variations de Beethoven, de la Société, rue de Richelieu, 92, chez MM. Wolff val dite Guignon (1790);
extraits de l'un de ses trios pour piano, violon et et Pleyel.
Une comtesse Rossi, — la Sontag (1830);
violoncelle, etc., etc. * *
* Une marquise de Valbrègue, — la Catalani ;

La Société des compositeurs de musique ouvre


Une comtesse de Sparre, — la Naldi (1830);
De même que nous avons dédié un numéro dans ses bureaux, 95, rue de Richelieu, une sous-
Une comtesse Pepoli, — Alboni (1853);
aux violonistes, nous en dédierons un, dans Une baronne Vigier, — Cruvelli (1854); la
le cription pour le monument à Rameau, que la ville
même mois de Une marquise de Caux, — Adelina Patti (1868).
juillet, aux pianistes. de Dijon se prépare à inaugurer le 13 août prochain.
Ilsliront, ou plutôt ils savoureront une étude Le comité de la Société adresse à ce sujet un appel *
* *
dessouvenirsde George Sand sur Chopin, et chaleureux à tous les artistes, et s'inscrit en tête de
pour une somme de 200 francs. La semaine dernière au Conser-
se sont effectués
dans ce numéro ils trouveront un morceau bien sa liste
vatoire les examens ae réceptions aux concours pu-
inattendu de ce poëte du piano, un Morceau de *
* * blics des élèves de chant et de déclamation.
chant et (ceci est un attrait encore plus piquant) La semaine précédente avaient eu lieu les examen
M. de Chennevières vient de commander à
écrit par lui sur des paroles de George Sa7id elle- des aspirants au poste de sous-chef de musique mi'.i

même. Voilà ce qui peut, ce nous semble, s'ap-


M me veuve Halévy, qui est un sculpteur fort distin-
taire. Environ 200 candidats ont été examinés, et le
gué, une statue en pierre pour le théâ re de Bor-
peler une trouvaille. résultats, paraît-il, ont été fort satisfaisants.
deaux.
# *
* * * *
Nous ferons un numéro spécial, du plus haut
Ainsi que nous l'avions fait pressentir, la sous- Un crédit de 10,000 francs figure depuis cette an»
intérêt, et auquel l'Exposition de Philadelphie
commission du budget conclut aux subventions de née au chapitre « Beaux-Arts » dans le budget de
donne 'unattrait tout actuel: c'est une curieuse
200,000 fr. pour l'Opéra-Comique, de 300,000 fr. la ville de Paris, pour encouragement à la musique.
étude deM. Oscar Comettant, sur la musique en
pour le Théâtre-Lyrique, et au maintien des autres On se souvient que c'est à l'initiative de M. Hé-
Amérique, avant sa découve: te par Christophe subventions théâtrales. rold, le fils de l'auteur de tant d'oeuvres charmantes,
Colomb. A cette étude, seront joints deux mor- L'achat du matériel de l' Opéra-Comique par l'Etat. qu'est due cetteheureuse innovation.
.

JOURNAL DE MUSIQUE

titre gratuit les notes que vous pourriez nous adresser sur
Toule la question est dans la bonne répartition de le*
événements intéressants qui se passent à Bordeaux.
celte somme. Dépêches Télégraphiques M. Albert Sowinshi, Paris. Je vous remercie pour le —
très-intéressant volume que je trouverai prochainement l'occa-
sion de consulter et de citer.

SI. Pringaet, vice-président de la Société philharmonique de


A des concerts Besselièvre, les concerts
l'instar Samedi dernier, le Figaro annonçait dans Màcon. —C'est notre intention; il faut seulement l'occasion
Bcllccour, a Lyon, ont leur vendredi » consacré et trouver le morceau intéressant. Si nous ne le trouvons pus
<:
une correspondance américaine que le maestro dans l'opéra nouveau, nous le ferons faire exprès par un maî-
an hïgh-life et aux audilions nouvelles. OITenbach avait, durant la traversée, composé tre.

Les « vendredis » ont été inaugurés la semaine M.Mbcrt Clément, a Versailles. —Prenons bonne note de
une polka qu'il avait exécutée à son premier
passée. C'est toujours M. Mangin qui dirige l'or- votre offre. Les correspondances ne sont [irises qu'a titre »ra-
concert de Philadelphie. tuit, les offres ayant ab.nu)e heureusement et des meilleures
chestre avec une grande habileté. sources. Musique classée.
La polka fît fureur, le mot n'a rien d'exa-
-

J/me Confenet née de Sapincourt. —Nous avons trop d'œu-


géré, car nous avons eu sous les yeux une let- ves préparées pour pouvoir accueillir celles que vous avez

On annonce la mort, a Tours, d'un professeur et


tre écrite à M
me OfTenbach où le compositeur bien voulu nous offrir.

lui dit «qu'il finira far ne plus jouer que sa


Jf. G. Chevallier^ 3. rue Brochant. Les exercices dont —
compositeur de talent, M. Ch. Proff, élève de Rei- vous parlez sont la propriété de divers éditi'iirs. mais - l'Kcde
polka burlesque, improvisée sur paquebot, du jiei.it pianiste » est «U'ja. une demi-salMariion donnée à
;ha et de Bertini, qui laisse un grand nombre d'ou- « le n
votre tiédir et, quant au reste, nous préparons de quoi le
:

vrages pour orgue, piano et musique militaire. Il Immédiatement nous avons adressé au combler entièrement. Patience.
avait su conquérir l'estime de ses concitoyens. mnëslro une dépèche ainsi conçue :

Jf. Albert Petit, Av Nous sommes submergés de


« OFFENBACH,
Les journaux champenois ont al umé des feux « Tlotcl continental, Philadelphie. A. uuiio /.<. iusiiiîiicur à l'Ecole professionnelle de la rue
d'artifice d'adjectifs louangeurs, d'épithèles enthou- ut.— M. Artaud, professeur à l'Institut music.il, «4,
«Grand succès, Journal de Musique. Deman- .e-des-Pciïts-Champs, a, ac
''

siastes, de qualificatifs rutilants pour célébrer le vio- es que


dons instamment Polka mentionnée ce matin
loniste hongrois Remenyi, qui a un talent pour le
SI. Richard, lieutenant de gendarmerie a Saint-Pol. —
II y

moins aussi pétillant et capiteux que le vin de leur dans Figaro. Remerciements d'avance et ami- a beaucoup de belles et bonnes choses dans votre lettre, le
lies. Réponse payée, quarante mots. temps peut seul les faire fructifier dans la pratique.
pays, et ajoutons, aussi universellement répandu.
Le fait entendre, au milieu d'œuvres
virtuose s'est
M. Xccnitan, cîicf de musique a Saînl-Malo. Ne serait-il —
« Dalloz, Golzien. » pas très-curieux de donner un fac-similé, dit manuscrit dont
classiques, dans deux morceaux de sa composition, vous parlez, la chose est-elle pratique? Nous le- voudrions afin
que l'authenticité de cette curiosït" ne put être mise en doute.
qui sont (nous pouvons en parler de atultu, en ayant Celte dépêche était expédiée a six heures du
L'arrangement sera transmis au prolesseur chargé spéciale-
eu la primeur à Paris,) deux merveilles d'originalité soir; à neuf heures nous recevions la réponse ment de l'Ecole du petit pianiste.
et de saveur étrange la Légende du prince enchanté
: suivante M. Pantfioicke, à Nérac. Nous nous sommes fait à —
et laDanse héroïque hongroise.
:

nous-mêmes cette objection. Les morceaux d'actual té —


(i Journal do Musique. que nnus avons voulu publier et qui ne nous étaient pas tou-
M. Remenyi, qui a pu constater jusqu'en Cham- « Paius.
jours livres à l'heure promise nous en ont empêché, il aurait
fallu faire et défaire des paginations préparées. Nous cher-
pagne le succès du Journal de Musique (qu'il n'aura cherons une combinaison. Si vous la trouvez, donnez-la nous.
pas manqué de « faire mousser » ), nous promet
« Vous donnerai ce que vous voudrez, mais En attendant, nous classerons par livraisons (indiquées ii la
8e page), pour notre table.
quelque chose pour nos abonnés. quelle polka?
Connaissant ses allures nomades, qui le mènent « Jacques Offendacr. » M, Alfred Gounin, professeur de musique, a Tours. Nous —
ne pouvons pour le moment, tant nous sommes débordés
où le succès l'appelle, — c'est-à-dire partout a la
Nouveau télégramme du Journal de Musi-
d'envois ,
que classer celui que vous voulez bien nous
!ois, — nous lui avons fait un crédit très-limité pour faire.

tenir sapromesse, et nous prévenons le virtuose-


que :
SI. Srhœn, organiste, à Lons-le-Satilnier. — Même réponse
que ci-dessus.
compositeur que nous ne sommes pas des créanciers La Polka burlesque. Attendons impatiem-
«
M. baron Joseph de Crépu, à Clermont.
le Merci de vos —
de bonne composition ! ment pour publier. Merci cordialement. » encouragements, l'artiste que vous nous recommandez se re-
commande lui-même et nous lui prêterons notre concours
quand le moment sera venu. Votre rectification est très-
Et voilà comment la Polka burlesque qui af-
juste.
Américains va bientôt, grâce au Journal
iC^^Tytranger. — La reine d'Angleterre a
fole les Réponse à la lettre du Havre signée : Plusieurs abonnés.
de Musique, devenir populaire en France. On ne peut donner les airs de certains opéras dont vous parlez,
[Ordonné, le 21, un premier concert' de gala
\
parce qu'ils sont la propriété exclusive de certains éditeurs,
on ne peut le faire que pour les opéras entrés dans le do-
tf Ni {state concert). Le second aura lieu le 2S
maine public et la plupart ont été publiés dans des éditions
Çlj^ÊJP Les invités étaient priés de s'y rendre d'un extrême bon marché qui les met à la portée de tous.
^^^^en habits de deuil. Toutefois, nous nous proposons d'en faire plus lard une édi-
tion spéciale, si le vœu nous en est exprimé par un grand
Pour peu que le programme contienne une ou Petite Correspondance nombre d'abonnés.
deux marches funèbres, voici des soirées de gala qui A la personne qui signe « Chèvrefeuille ». Votre observa-
tion est juste, mais n"une réalisation moin, facile que vous ne
ne doivent pas être d'une folle gaieté.
pensez ; car il faudrait souvent prendre la responsabilité d'in-
M. Gustave Dcltrf/arde, a Brest. —
Merci de votre souvenir : dications de style qui pourraient se trouver en contradiction
écrivez administration s'il faut inscrire abonnement à partir avec l'intention de l'auteur. D'ailleurs, de nos jours on mul-
premier numéro. tiplie à dessein dans les morceaux tous les détails les plus
En attendant le Faust de Wagner, on vient de SI. Galcrne [Slauric), Lyon. —
Air tics Cloches de Dimitri,
minutieux de mouvements, de nuances, d'accentuation, souvent
Weimar nouveau Faust de même de respiration, et la tâche devient plus aisée pour l'ama-
jouer au théâtre de le paru chez Grus, boulevard Bonne-Nouvelle. Acceptons oflrc
teur s'il s'inspire de ces indications. Pourtant, dans la mesure
pour évene Lents musicaux intéressants.
M. Edouard Lassen, l'éminent compositeur belge. du possible, nous tenterons de vous guider quelquefois de
La partition, divisée en deux parties, ne comprend
SI. Ditchemin-Magli-tno, h Livry. — Prenons note de votre notre mieux, ainsi qu'il vient d'être fait dans la « fantaisie mi-
offre pourl'utiliser au besoin. gnonne » de ce numéro.
pas moins de quarante-six morceaux. Cette représen- SI Rererclw, a La Bail clic. —
Même réponse. Pour la mé- If. ,4 . de Brelinauld de Miré, à Saintes. Les manuscrits —
tation, outre son intérêt artistique, a offert cela de thode adresser un exemplaire à M. Emile Artaud, professeur à ne peuvent être rendus, cela nous obligerait avoir un per- il

l'Institut musical, 64, rue Neuvé-dcs- Petits-Champs. sonnel chargé de ce soin, tant nous sommes surchargés d'envois;
particulier, que le théâtre grand-ducal avait été
divisé, dans le sens de sa hauteur, en trois compar-
SI. C. Gauthier, à Lyon. — Merci
de vos compliments, trop on ne peut raisonnablement faire qu'un clas.-ement des œuvres
q<ii, au premier examen, ne sont pas jugées impossibles à pu-
occupé par le Journal' de Musique pour travailler à la scène
blier; et, selon les besoins, y puiser.
timents, absolument comme pour les mystères du lyrique que vous voulez bien m'adresser et qui gagnera à être

moyen âge, afin que la scène pût se transporter, au


déclamée plutôt que chantée, à notre avis. if. Rivet, Conservatoire de Toulouse. Nous y avons bien —
gré du poëme, du ciel à la terre, et de la terre à
M. Millet, membre de l'Orphéon de Troyes. — Remerci- songé; mais pour donner à 0,40 centimes huit pages de mu-
tique, quatre pages de texte, des morceaux pour enfants, les
ment pour le chœur adressé. dans une édition aussi par-
suppléments annoncés, etc., eu,,
l'enfer.
S° r Don lîonilo Guille, calle de la Ciudad,7,à Barcelone.— faite, il faut économiser quelque peu, au début du moins,
Prenons note de votre offre. Si le voulez bien, adressez quel- sur certaines parties matérielles voilà pourquoi nous avons ;

ques morceaux qui seront classés dans les envois de nos cor- du imprimer sur le recto et le verso et pourquoi votre combi-
respondants et examinés avec soin. naison n'est encore qu'à l'état de projet que l'avenir réalisera,
Nous avons reçu la semaine dernière trop tard M. Félix Gilbert, à Béziers. — Souhaitons que votre géné-
espérons-le. Notre succès immense nous en est le garant.

pour être publiée dans notre numéro la dépêche reux projet réussisse. M. Gœtschy. à Tours. — Lisez nos nouvelles, Œuvres reçues
et classées.
M. vicomte de Beaufranehet, à Renaîson par St-Haon-le-
le
suivante :
Cliatel (Loire). —
La même idée, très -heureuse, est venue à Jf. et 3fm e Paul Claes, au de Lambecq.
ch'ïleau Merci —
a Rome, 1S juin. d'autres compositeurs et. des engagements ont été pris. Re- pour la lettre : le trio débarquera du 1er au 2 juillet. Accord
grets. parfa-t.
« Le corps de Bellini sera transporté de Marseille M. Jules Vasseur, Versailles. —
Accueillerons, vu le nombre
à Catane sur le vaisseau de guerre accordé à cet d'offre* obligeantes de ce genre, nouvelles intéressantes à titre
tout gratuit.
effet par le ministre de la marine, et les obsèques
seront célébrées les 21, 22 et 23 septembre à Catane,
Jf. Serve, à Moulins.. —
Vous et les amateurs dont vous Le Rédacteur principal : Armand Gouzien.
parlez aurez satisfaction avec le temps.
où se font déjà les préparalifs pour recevoir le corps M. Oscar Geraud, à Bordeaux.— Vu le nombre d'offres obli-
de l'auteur de Norma qui y est né. » geantes du genre de la vôtre, nous ne pouvons accepter qu'à Pans.,— L'lmp r -Cérant . A. Bourdillïat, 13, quai Voltaii
PREMIÈRE ANNÉE — N'
SAMEDI 1er JUILLET 1876

pièces à huis clos, les théâtres d'opérette ont joué absolument tel qu'il est, sans rien changer
eux-mêmes donné la volée à leurs oiselettes; il dans le livret ni dans la musique.
MUSIQUE :
ne reste que l'immuable Opéra que sa grandeur — C'est bien mon intention, répliqua M. Pil-

1. Le Rêve du prisonnier, mélodie. attache à son escalier célèbre et qui prépare let ; me croyez-vous capable de renouveler les

Musique d'Antoine Rubinsteùi. l'éternelle reprise du F.eyschùtz, sans laquelle scandales de Robin des Bois?
3. Polka danoise. il n'est pas d'Opéra. (M. Pillet faisait allusion au monstrueux dé-
Musique de Leimbye. rangement de Çastil Blaze, joué sous ce
Aujourd'hui, on le chante avec les récitatifs titre à

TEXTE : Freyschutz à l'Opéra. — Les Troyens écrits par Berlioz. Ces récitatifs ont leur histoire l'Odéon, et qui valut à ce dernier une lettre in-
au Palais. — Nouvelles de partout. — Orphéons. intéressante à connaître, d'autant plus que dignée de Weber, après que l'auteur de Freys-
l'auteur des Troyens nous l'a racontée lui-même. chutz eût entendu son œuvre, mutilée par ce
ravaudeur de pièces.... et de morceaux).

Le Freyschutz à l'Opéra « Je revenais, nous dit-il, d'une longue péré- — Très-bien, ajouta Berlioz. En ce cas je vais

grination en Allemagne, quand M. Pillet, direc- me mettre à l'ouvrage. Comment comptez-vous


teur de l'Opéra, forma le projet de mettre en distribuer les rôles?
a saison musicale est close; on s'eDfuit scène le Freyschutz. Mais, dans cet ouvrage, les — Je donnerai le rôle d'Agathe à M lle
Stoltz,

de toutes parts pour assister aux re- morceaux de musique sont précédés et suivis celui d'Annette à M lle
Dobré, Duprez chantera
1

présentations dramatiques de jour et d'un dialogue en prose, comme dans nos opéras- Max.
'fcde nuit de l'Océan, pour applaudir comiques ; et les usages de l'Opéra exigeant — Je parie que non, en l'interrompant.
dis-je

l'entrée du brillant ténor qui ne vieillit pas, le que tout soit chanté, dans les drames ou tragé- — Pourquoi ne chanterait-il pas?
le

Soleil, et l'apparition de la belle Ophélia au dies lyriques de son répertoire, il fallait mettre — Vous le saurez bientôt.
pâle regard ; les étoiles de ce théâtre ne sont en récitatifs ce texte parlé. M. Pillet me pro- — Bouché ferait un excellent Gaspard.
pas toutes filantes comme celles des théâtres posa cette tâche. — Et pour l'Ermite, qui a/ez-vous?
de Paris, et on peut les admirer longuement — Je ne crois pas, lui répondis-je, qu'on — Oh répondit M.
1 avec embarras, Pillet

dans leurs harmonieuses théories ; les concerts doive ajouter au Freyschutz les récitatifs que c'est un rôle inutile, qui fait longueur, mon in-
•que l'on recherche se donnent sous les branches vous me demandez; cependant, puisque c'est tention serait de faire disparaître toute la partie
ou bien, le soir, le long des étangs; et l'on la condition sans laquelle il ne peut être repré- de l'ouvrage dans laquelle il figure.
peut s'imaginer, quand commence alors le senté à l'Opéra, et comme, si je ne les écrivais — Rien que cela? C'est ainsi que vous enten-
chœur des grenouilles, entendre certaines voix pas, vous en confieriez la composition à un autre dez respecter le Freyschutz et ne pas imiter
déjà entendues sur quelque scène moins maré- moins familier peut-être que je ne le suis avec M. Castil Blaze! nous sommes fort loin d'être
cageuse. Weber, et certainement moins dévoué que moi d'accord ;
permettez que je me retire, il m'est
Pendant ce temps-là, l'Opéra-Ccmique attend à la glorification de son chef-d'œuvre, j'accepte impossible de me rriêler en rien à cette nouvelle
un directeur, le Théâtre-Lyrique prépare ses votre offre à une condition : le Freyschutz sera correction.
JOURNAL DE MUSIQUE

— Mon Dieu! que vous êtes entier dans vos ascendant de tierce, ce qui dénaturait absolu- Berlioz avec indignation. Ce chef-d'œuvre de-

opinions! Eh bien! on gardera l'ermite, on con- ment la mélodie. poésie, d'originalité et de passion, sert de lever

servera tout, je vous en donne ma parole. Un jour il se trouva dans l'impossibilité d'as- de rideau aux ballets et doit se déformer pour
(Depuis, les directeurs ont mis moins de scru- sister à une répétition ; on pria Alizard de le leur faire place. Si quelque nouvelle œuvre
pules à massacrer la pièce et la musique.) remplacer. Celui-ci, avec sa magnifique voix, chorégraphique vient à naître plus développée
Emilien Pacini, ajoute Berlioz, qui devait chanta l'air sans le moindre changement, à pre- que ses devancières, on rognera le Freyschûtz
traduire le livret allemand, m'ayant, lui aussi, mière vue, et de telle sorte, que l'auditoire de de nouveau, sans hésiter. Et comme on exécute

donné cette assurance, je consentis, non sans choristes qui l'entourait l'applaudit chaleureu- ce qu'il en reste! Quels chanteurs! quel chef

méfiance, à me charger de la composition des sement. Serda apprit ce succès, et le lendemain d'orchestre! quelle somnolence dans les mouve-
récitatifs. Le sentiment qui m'avait porté à exi- trouva le mi bémol. ments! quelle discordance dans les ensembles I

ger la conservation intégrale du Freyschûtz, quelle interprétation plate, stupide et révoltante

sentiment que beaucoup de gens qualifieront de On ne manqua pas de vouloir introduire un du tout par tous! »

fétichisme, enlevait ainsi tout prétexte aux ballet dans le Freyschûtz. Tous mes efforts pour
l'empêcher étant inutiles, je proposai de com- Hélas! c'est encore mutilé que nous reverrons-
remaniements, dérangements, suppressions et

manqué de poser une scène chorégraphique indiquée par le Freyschûtz, et tous les décors que l'on annonce
corrections auxquels on n'eût pas se

livrer avec ardeur. Mais il devait ainsi résulter Weber lui-même dans son rondo de piano, ne remplaceront pas la musique de Weber sa-

de mon inflexibilité un inconvénient grave: le VInvitation à la valse, et j'instrumentai pour crifiée!

dialogue parlé mis tout entier en musique, parut l'orchestre ce charmant morceau. Mais le choré-

trop long, malgré les précautions que j'avais graphe, au lieu de suivre le plan tout tracé

pour rendre aussi rapide que possi- dans la musique, ne sut trouver que des lieux
prises le
commuas de danse, des combinaisons banales
Les Troyens au Palais
ble.

Jamais je ne pus faire abandonner aux acteurs qui devaient médiocrement charmer le public.

leur manière lente, lourde et emphatique de Pour remplacer alors la qualité par la quantité, t0
A l chambre civile de la Cour vient
dans scènes entre Max on exigea l'addition de trois autres pas. Or,
chanter le récitatif ; et les de statuer sur une bien intéressante
Gaspard principalement, débit de leur con- voilà les danseurs qui se fourrent dans la tête musi-
et le _ y question de publicité littéraire et

versation essentiellement simple et familière, que j'avais dans nies symphonies des morceaux c^ÊëJ&cîcale. Il s'agissait de la publication de

avait toute la pompe et la solennité d'une tra- très-convenables à la danse et qui compléte- la partition à grand orchestre des Troyns, que

gédie lyrique. Cela nuisit un peu à l'effet géné- raient on ne peut mieux le ballet, et M. Pillet les exécuteurs testamentaires de Berlioz deman-

néanmoins obtint un vient me demander d'introduire dans la parti- daient à la justice d'imposer à M. Choudens,
ral du Fnyschûtz, qui
tion de Weber le bal de ma Symphonie fantas- éditeur. On sait que Berlioz est en même temps
éclatant succès.
l'auteur du libretto et de la musique de cet
tique et la fête de .Roméo et Juliette.
Je ne voulus pas être nommé comme auteur opéra, qui fut représenté en 1863 au Théâtre-
Le compositeur allemand Dessauer se trouvait
où les artistes et les critiques Lyrique.
de ces récitatifs, alors à Paris et fréquentait assidûment les cou-
trouvèrent pourtant des qualités dramatiques, de l'Opéra. A la proposition du directeur Vallée, avocat des exécuteurs
lisses M" Oscar de
un mérite spécial, celui du style, qui, disaient- je me bornai à répondre : testamentaires, a fait, au débutdesa plaidoirie,

ils, s'harmonisait parfaitement avec le style de — Je ne puis consentir à introduire dans le un portrait de Berlioz des plus réussis. En voici
Weber et une réserve dans l'instrumentation Freyschûtz de la musique qui ne soit pas de un passage :
que nos ennemis eux-mêmes furent forcés de Weber, mais pour vous prouver que ce n'est Berlioz a été et restera un grand musicien. Non
reconnaître. point par un respect exagéré et déraisonnable pas un musicien souriant, aimable, spirituel, tout
Ainsi que je l'avais prévu, Duprez qui, dix français comme M. Auber, mais un ami dû grand
pour le grand maître, voilà Dessauer, allons lui
art, adversaire de la banalité, du convenu ; au témoi-
ans auparavant, avec sa voix de ténor léj;cr, soumettre votre idée; s'il l'approuve, je m'y
gnage de très-bons juges, légataire, sinon tout à fait
avait chanté Max dans le paslicio de Robin des conformerai. héritier de deux des plus grands génies de la musi-
Bois, à l'Odéon, ne put adapter à sa grande Aux premiers mots du directeur, Dessauer, se que. Gluck et Beethoven. Cependant longtemps, et
voix de premier ténor, le même rôle écrit, il est tournant vivement vers moi, me dit :
même après avoir produit des œuvres remarquables,
avait des contradicteurs, des
vrai, un peu bas en général. Il proposa les plus — Oh ! Berlioz, ne faites pas cela.
il était contesté, il

adversaires et des ennemis.


singulières transpositions entremêlées néces- — Vous l'entendez, dis-je à M. Pillet.
Vous le savez, messieurs, bien souvent de vérita-
sairement des modulations les plus insensées ; En conséquence, il n'en fut plus question. bles génies ont été méconnus par leui|6 contempo-
je déclarai à M. Pillet que Duprez ne pouvait Nous prîmes des airs de danse dans Obéron et rains; semble que leur présence obscurcisse mo-
il

chanter le rôle sans, de son propre aveu, le dé- complété mentanément l'éclat de leurs œuvres ; mais, par un
dans Preciosa, et le ballet fut ainsi
M. Marié, juste et fréquent retour, le nuage formé par l'inimi-
figurer complètement. Il fut confié à
avec des compositions de Weber.
tié et l'envie se dissipe, et l'auteur disparu de ce
très-bon musicien.
monde apparaît dans sa grandeur et sa puissance,
Mme Stoltz, elle aussi, ne put chanter Agathe Mais après quelques représentations, les airs
ses créations ne laissent place qu'à l'admiration una-
sans transposer ses deux principaux airs. Je de Preciosa, à' Obéron, disparurent; puis on nime qui leur a longtemps manqué. Tel a été le sort

dus mettre en ré le premier qui est en mi, et coupa à tort et à travers dans Vlnvitaiion à la de Berlioz.
Vous connaissez, sans doute, l'incident qui marqua
baisser d'une tierce mineure, la prière en la bé- valse.
ses premiers pas. Berlioz était venu pauvre de son
mol du troisième acte, ee qui lui fit perdre les Quand M. Pillet eut quitté la direction de
pays natal, il avait à lutter contre la gène de tout ce
trois quarts de son ravissant coloris. Elle put en l'Opéra, et pendant que j'étais en Russie, on en qu'elle traîne après elle. Après bien des difficultés,

revanche conserver en si le sextuor de la fin, vint, pour le Freyschûtz, à retrancher une partie on jouait un jour la Symphonie fantastique. Un
vieillard écoutait enthousiasmé; à la fin il se lève,
dont elle chanta le soprano avec une verve et du finale du 3° acte; on osa supprimer enfin
court à Berlioz, l'embrasse et lui fait accepter une
un enthousiasme qui faisaient chaque soir écla- dans ce 3° acte tout le premier tableau où se
traite de 20,000 francs sur la maison Rothschild.
ter toute la salle en applaudissements. trouvent la sublime prière d'Agathe, la scène des Ce vieillard était Paganini.

Serda, la basse, prétendait ne pouvoir donner jeunes filles et l'air si romantique d'Annette,
En quoi consiste la contestation? Le voici en
le mi bémol haut dans son air, et, transposant avec alto solo.
peu de mots :

cette note à l'octave inférieure, il faisait un saut Et c'est ainsi, déshonoré, qu'on représente
un traité avec M. Choudens,
de sixte en descendant, au lieu d'un mouvement aujourd'hui le Freyschûtz à l'Opéra, nous dit Berlioz avait fait
LE RÊVE DU PRISONNIER

Paroles de Musique de

D. TAGLIAFICO A RU3INSTEIN

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Extrait d'un Recueil de Mélodies publiées par M. Gérard, boulevard des Capucines.
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par les plai . nés. A Ira. vers l'immensi le.
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LE JOURNAL DE MUSIQUE. — N° 0. 13, QUAI VOITAIRE, A PARIF.
JOURNAL DE MUSIQUE

et il écrit dans ses mémoires : « Mon opéra, et de mes héritiers, pour les faire graver et les attache aux questions artistiques, ne laissera point
publier tels qu'ils sont. partir un de ses artistes les plus en faveur auprès
ma partition sera publiée tout entière. »
La grande partition des Troyens à Carthaye appar- du public.
manuscrits à la tient à M. Choudens, éditeur de musique, rue Saiit- *'
En 1863, Berlioz légua ses *
Honoré, 2G5, qui, en acquérant de moi la propriété
bibliothèque du Conservatoire, dont il était le Le compositeur Camille Saint-Saëns a fait diman-
de cet ouvrage, s'est engagé par contrat à en publier
bibliothécaire, et il recommanda à se3 exécu- che dernier ses débuts au journal Le Bon sens
la grande partition un an après la partition de
teurs testamentaires d'assurer l'exécution de son comme critique musical. L'article est écrit avec une
piano.
jugeaient utile à sa mémoire.
traité, s'ils le
verve ironique qui rappelle un peu la manière de
M. Choudens n'a pas rempli cette condition; je
Berlioz.Il y a peu de littérateurs écrivant sur la
La convention passée entre M. Choudens et n'ai pas voulu lui faire un procès; mes exécuteurs
musique qui en connaissent la première note nous
Berlioz, le 22 juillet 1863, était ainsi conçue : testamentaires feront ce qu'il paraîtra convenable ;

sommes heureux d'en compter un de plus parmi


pour l'y obliger, mais j'exige absolument, si M. Chou-
ceux qui savent de quoi ils parlent.
M. Hector Berlioz vend et cède à M. Choudens la dens se décide à faire cette publication, que la par-
propriété pleine et entière (droits d'auteur réservés tition soit publiée sans coupures, sans modifications,
pour les représentations), sans aucune restriction pour sans la moindre suppression de texte, enfin telle
L'éditeurAlphonse Leduc publie un recueil de
la France et l'étranger, l'ouvrage suivant, dont il est qu'elle est. Il en sera de même pour les trois
l'auteur : autres.
mélodies intéressantes de M. Leybach écrites sans ;

trop de recherche sur des paroles heureusement


Les Troyens, opéra en cinq actes, paroles et mn- Mis en demeure par les exécuteurs testamen- choisies, d'un dessin mélodique net et soigné dans
sicjue d'Hector. Berlioz. les accompagnements, ces vingt morceaux de chant
taires d'exécuter la convention, M. Choudens
Pour l'étranger, il est cependant expliqué que le prennent place à côté des bons recueils de ce genre
réclama la partition manuscrite léguée au Con-
produit de la cession aux éditeurs étrangers de la et quelques-uns d'entre eux semblent porter la mar-
servatoire et qui était, disait-il, sa propriété,
partition, chant et piano, et morceaux séparés, sera que des succès de salons.
partagé entre M. Berlioz et M. Choudens. l'ayant achetée 10,000 francs.
De leur exécuteurs testamentaires
*
Quant aux droits d'auteur sur les représentations côté, les * *
a l'étranger, que M. Choudons pourra obtenir, il les soutenant que le manuscrit est comme l'image On parle de construire, pour l'Exposition de 1818,
réservera a M. Berlioz, lequel les aura en totalité à matérialisée du génie, et à ce titre devant res- une salle colossale d'audition, de spectacle et de con-
son proli t ;
t
ter à l'auteur libre d'en disposer à sa volonté, certs sur le modèle des grandes salles de Londies.
Il demeure hien entendu que M. Choudens veil-
se refusèrent à le livrer.
lera à ce qu'aucun théâtre de France ou de l'étran- siT*-
Le procès s'engagea sur ces données, et le tri-
ger ne puisse monter l'ouvrage sans, au préalable, er
bunal de la Seine rendait1 87 1 un le 1 juillet Parmi les pensions payées par le ministère des
s'être entendu avec lui;
or juillet,
jugement qui donnait gain de cause à M. Chou- beaux-arts le t nous relevons les noms
En conséquence, M. Choudens est subrogé dans
suivants
tous les droits de l'auteur pour pouvoir, à l'exclu- dens comme ayant élé privé par ses adversaires :

sion de tout autre, publier et vendre ledit ouvrage des moyens de remplir son engagement. M " veuve Adolphe Adam. . . . 1,200 fr.

dans telle forme et telle publication que ce soit, pen- Devant la cour, M. Choudens a renouvelé veuve Berton 800
dant loute la durée du privilège acecordé ou à accor- l'offre précédemment faite par lui de s'exécuter
veuve George Haynl .... 800
Casimir (Opéra-Comique) 1,200
der à l'auteur ou à sa famille par les lois présentes si on le mettait à même de le faire.
.

cl futures de tous pays; M. Ehvar' 500


Au cours de l'instance, M. Ambroise Thomas,
Le de cette vente et cession est fixé à la
prix Boicldieu tils 2,000
directeur du Conservatoire, a fait offre de prêter
somme de 10,000 francs dont quittance, plus 5,000 Victor Massé 1,200
le manuscrit. Gustave Nadaud
francs le jour où les deux premiers actes non mon- 1,500
La cour a réformé le jugement du tribuual
tés au Théâtre-Lyrique seront exécutés avec décors

cl costumes dans un des théâtres de Paris, ou audit dans le sens de l'offre faite par l'éditeur, et

Théâtre-Lyrique ;
a que M. Choudens sera tenu de publier
dit
Comma à notre Exposition de 1SC7, où ils firent
M. Choudens s'engage à publier dans le délai l'opéra les Troyens, conformément à l'enga- sensation, les pianos Steinway, de New-York,
d'une année, qui commencera à courir du jour où la gement qu'il en a pris envers Berlioz, le 22 juil- obtiennent à Philadelphie un succès de premier ordre.
première représentation de; Troyens aura été donnée let 1863, mais seulement dans l'année à partir La seule maison qui puisse rivaliser avec celle des
&c Théâtre-Lyrique, la partition à grand orchestre du jour où la partition manuscrite dudit opéra, Sleinway, c'est maison Chickering; aussi ne re-
la
des actes joués audit théâtre cule-t-elle devantaucune dépense (on pourrait dire
;
déposée à la bibliothèque du Conservatoire de
M. Berlioz reconnaît avoir reçu de M. Choudens devant aucune folie) pour essayer de marcher au
Paris, aura été mise à sa disposition pour être
la somme de 2,300 francs, qui solde la rédaclion moins de pair avec elle dans la faveur publique.
publiée.
pour piano et chant des Troyens, ainsi que les frais Elle en a donné un exemple récent qui nous a été
d'édition faits par M. Berlioz pour ledit ouvrage. conté par une personne bien placée pour en garantir
M. Berlioz cède en toute propriété à M. Chou- l'authenticité.
dens la partition de Benvenulo Celtini, dont la pu- On sait que Hans de Bulow est allé faire aux Etats-
blication, piano et chant, aura lieu au moment de la Nouvelles de Partout Unis une tournée qui, par parenthèse, n'a pas réussi
prem'ère représentation des Troyens. au gré de ses désirs. Quand son arrivée et son pre-
La moitié de la vente de Benvemtto Cettini, cal- mier concert furent annoncés à New-York, la mai-
culée au prix du commerce, défalcation faite des frais son Chickering s'empressa de faire offrir au virtuose
du papier et de l'impression, sera partagée entre îkance. —
A partir du 20 octobre prochain, 100,000 francs s'il consentait à ne se servir que de
MM. Berlioz et Choudens. IjjVM"10 Marie Sass fera partie de la troupe du pianos de cette marque.
Vj) Théâtre-Lyrique ; l'engagement a été signé Mais l'artiste avait choisi la salle Sleinway, la
Dans le testament de Berlioz, en date à Paris '~£ dimanche dernier. plus belle de toutes, pour s'y faire entendre. Quand
de 1867 et 1868, nous trouvons la disposition Elle chantera d'abord la Lucrèce Borgia, on voulut y faire pénétrer le piano Chickering, les
suivante qui a trait directement au procès :
Donizetti, dont les autres rôles seront chantés par propriétaires déclarèrent à M. Hans de Bulow qu'au-
Mm ° Engally (Maffio Orsini), MM. Duchesne (Gen- cun instrument sortant de cette maison n'avait droit
Je donne et lègue à la bibliothèque du Conserva- naro), Bouhy (le duc), Comte (Gubetta). d'entrée dans leur salle.
toire de Paris, dont je suis le bibliothécaire, mes Ensuite Mm « Sass chantera le ïigurd, de Reyer, L'artiste le renvoya donc et joua sur un Steinway.
quatre grandes partitions manuscrites (copies et au- Reine de Saba, de Gounod, et YArmide, de Gluck.
la
A la lin du premier concert, il dit aux directeurs de
tographes) :
en leur montrant le piano qu'il
la colossale fabrique,

venait de toucher :
1° Benvenuto Cellim, opéra en trois actes;
2° La Piise de Troie, opéra en trois actes; On a parlé de l'engagement de M. Gailhard, le — Combien vendez-vous ce modèle ?

3° Les Troyens à Cartilage, opéra en cinq actes baryton aimé de l'Opéra, en Russie et l'on a même — Huit mille francs.

4° Béatrice et Benedict, opéra en deux actes.


;

donné le chiffre de ses appointements, S0,000 fr. — C'est pour rien : il m'en a déjà coûté cent mille
Il y a eu proposition, en effet, mais rien n'est signé : et il n'est pas encore à moi.

A la eharge par ladite bibliothèque de prêter ces M. Gailhard doit encore une année de service à En Hans de Bulow trouva
rentrant a son hôtel,

divers manuscrits, si quelque éditeur se présentait, l'Opéra; et il est difficile d'admettre que le directeur le superbe instrument installé dans sa chambre.
peu d'importance existe chez nous une maison déjà ancienne et
avec l'approbalion de mes exécuteurs testamentaires de ce théâtre, quel que soit le qu'il Il
JOURNAL DE MUSIQUE

très-prospère, la maison Mangeot, dont le chef, dans ^T^ferTNTRANGER. — L'Association musicale de troupe d'opéra. M m0 Nilsson ne s'est jamais fait en-
ï.'syVLomîres a clos récemment sa session an- tendre dans son pays natal depuis qu'elle en est sortie
un voyage qu'il fit à New-York, entra en relations *~\

avec les Steinway. ^'ra^ nuelle, et M. Henriot Browne, médecin de pour faire ses études musicales à Paris.

Un traité intervint entre eux, et notre compa- <3X2£/cia Société royale des Musiciens, a lu, à celte
^=i^' îlv
^'occasion, une étude sur n la Science mé-
triote devint le concessionnaire des pianos Steinway,
pour la France ; il les construit sur les mêmes des- dicaledans ses rapports avec la voix considérée Les compositeurs allemands sont dans la fièvre

sins, avec les mêmes matériaux, avec la même minu- comme instrument de musique. » productive et préparent hur saison d'hiver. Théo-

tie dans l'exécution, et ce ne sont pas des copie?, Nous n'analyserons pas ce long travail et nous nous dore Heutschel, l'auteur applaudi de Mélusine, écrit
mais de vrais originaux qui sortent de ses ateliers. contenterons de relever une assertion qu'a émise le un Lancelot, dont le sujet a été emprunté par Frana
Nous avons donc, en France, l'équivalent des célè- professeur et qui ne nous parait nullement justi- Bittong au cycle légendaire des romans de la Table

bres instruments américains dans le piano Steinway- fiée. M. Browne reproche aux professeurs du Con- ronde. J. C. Melzger fait un opéra-comique intitulé:

Mangeot, dont il existe un dépôt important, à Paris, servatoire de Paris de se tromper complètement Ne te fie pas à fapp rence, qui est destiné au
à l'Institut musical (64, rue Ncuve-des-Pelils- dans leur enseignement du chant et d'avoir, en ce théâtre de Leipzig. Bernard Scholz compose le

Chumps). qui touche les points où le chanteur doit reprendre Trompette de Sackingen. Enfin Ferdinand Langer,
haleine, un système qui est en désaccord complet l'auteur de Dornrœschen, a également un nouvel
avec les données naturelles. Puis il ajoute que c'est à ouvrage sur le métier.
C'est M. Colonne qui dirige cette année les con-
celte erreur que l'on doit attribuer la faiblesse des
certs du Casino de Dieppe. tremblotantes
voix françaises qui deviennent si j-ite

et usées. C'est le 22 août qu'aura lieu le concours des Bar-

L'honorable M. Browne nous paraît bien sévère des-Gallois (Royal Eisleddford), le prince de Galles
Conservatoire. — Voici les œuvres désignées pour
et nous ne doutons pas que nos professeurs ne ré- en serait le président désigné.
les concours de fin d'année, dans les clisses de piano
f.t.rit, avec la plus grande facilité, les arguments
(1er e t 2- degré), violon et violoncelle. — Étude,
dont il Mais on nous permettra
se sert contre eux.
du clavier, Il concurrents, 35 concurrentes premier :
bien de faire remarquer, dès à présent, que le mo- Les musiciens de l'orchestre de l'Hippodrome, à
morceau de la sonale en la majeur, op. 43 de Dussi k. ment est assez mal choisi pour présenter comme si New-York, sont allés en corps à l'hôtel de Brunswick
— Piano hommes), 18 concurrents premier mor- :
désastreuses les conséquences de leur enseignement. et ont remis à Olfenbach un bàlon de chef d'orches-
ceau de la sonate op. Itl de Beethoven; piano Quels noms, en clfet, voyons-nous acclamer tous tre avec les deux bouts en incrustations d'or enchâs-
(femmes), 34 concurrentes premier morceau du :
grands théâtres lyriques de Lon- sant d'un côté une agate, de l'autre uue améthyste ;
les soirs dans les
concerto en sol mineur de C Saint-Saëns. Violon, — dres? C'est M»" Nilsson, c'est Faure, c'est Nicolini au milieu du bâton est une lyre d'or massif avec un
20 concurrents: premier sulo du l"
c concerto de
et tant d'autres. • monogramme du donataire.
Violti. — Violoncelle, 9 concurrents conceilino de :
M. Browne a-t-il oublié que ces artistes ont tous Les musiciens ont remis en même temps à
Stiasny. — Vu caractère très-symphonique du
le
Tait à Paris leurs études musicales, ou bien trouve- M. Offenbach le texte de leur résolution écrite sur
concerto de M. Saint-Saëns, il e-t question, pour la
tremblotantes
t-il par hasard que leurs voix soient « salin blanc.
première fois, d'introduire dans le concours de piano
« et usées? » Il eut bien fait de nous le dire. Ensuite, donateurs et donataire se sont rendus
un accompagnement de quatuor à cordes, comme ensemble dans la salle, où un repas était servi, qui a
c'est la règle pour les autres instruments. duré jusqu'à minuit.

A ceux que ces savantes questions se rattachant à


jugement du l'art intéressent, nous signalerons l'admirable ou-
C'est aujourd'hui que se rend le
Le maestro a traité, à son hôtel, les représentants de
vrage du docteur Ch. Fauvel qui a paru tout der-
concours pour le prix de Rome, dont les cantates
la presse qui avait salué son arrivée et célébré ses
nièrement et qui. présenté à la Société de chirurgie
ont du être exécutées hier. succès.
par le président de celte Société lui-même, le D r

Sur la table on avait placé un buste-charge en


Houel, a été l'objet d'un vote de remerciements
terre cuite, très-ressemblant, dit on, et improvisé
unanime.
La partition de Si/lvia, dont nous avons détaché par un artiste du crû.
Nous avons eu, après avoir lu avec le soin qu'il
îe joli fragment publié dans notre dernier numéro, On s'est dit « au revoir. »
mérite ce travail, fruit de tant d'années d'observa-
parait aujourd'hui chez l'éditeur Heugel, à l'obli-
tions, la curiosité de relcer certaines observations
geance de qui nous devions d'avoir pu donner cette
faites par le célèbre docteur sur les artistes; nous
primeur aux lecteurs du Journal de musique.
y trouvons entre autres les noms de MM. Caillât,
Corsi, Giraldoni, Lemercier, Margailhan de l'Opéra; Orphéons
Pastour, des Bouffes Metrême, de la Comédie-
;

Le cornetliste L< gendre, qui s'est fait une réputa-


Française ; Gueymard, de l'Opéra; Mercuriali, des
tion non-seulement comme' habile instrumentiste,
llalicns ; Arnoldi, tous opérés, ou guéris sans opé-
mais comme ingénieux « perfectionniste » de son ^oici la liste des concours annoncés pour
rations, de polypes du larynx.
instrument, a déposé, à l'Exposition orléanaise des ^çfTi^te m °i s de juillet :

Arts appliqués à l'industrie, un modèle de sontrans-


JUILLET
positeur du cornet à pistons.
Déjà, il avait exposé, en 1867, à Paris, un système Le Lnhengrin a reparu à Drury-Lane avec un ii^i-i-î) 2 juillet.^ — Maintenon.
ayant ie même but, mais il l'a amélioré depuis et a succès immense. C'esjt M lle Nilsson qui chantait le 9 juillet. — Angers, Dieppe, Royan. Dans cette
résolu le problème complètement le cylindre du
: rôle d'Eisa. dernière ville se réuniront les sociétés chorales et
premier mode e est remplacé par une coulisse qui instrumentales de la Dordogne, de la Gironde, de
permet de mettre instantanément l'instrument en si la Charente, des Deux-Sèvres, de la Charente-Infé-
On vient une
d'exécuter, à Saint-James Hall, de la Vendée, de la Vienne, de la Haute-Vienne,
bémol ou en la, et de réduire à sept le nombre des rieure,

tons à em, loyer. Elle peut s'adapter à tous les cornets cantate intitulée la Légende de Dorothée, composée du Lot-et-Garonne, de la Haute-Garonne et des
en rien leur forme. par M" 18 Sainton, i.ne musicienne de talent et un Landes.
usité?, sans modifier
Un autre changement permet de varier les tons professeur de chant très-appréciée de nos voisins, Le même jour, à Nogent-le-Rotrou, concours-fes-

sans qu'il soit nécessaire d'appuyer le doigt sur la qui ont la faiblesse de beaucoup chanter et le tort tival de musiques d'harmonie et de fanfares.
touche comme
dans l'ancien système. de prendre très-peu de leçons. \§ juillet. — Bayeux.
C'est une innovation importante pour les composi- Les journaux, en parlant de la cantate de M me 30 juillet. — La Roche (Haute-Savoie).
teurs qui se trouvaient en face de certaines difficultés Sainton, déclarent que, bien que l'audition en ait duré

do modulations, et aussi pour les exécutants. deux heures, sans une minute de répit, personne
dans la salle n'a éprouvé un instant d'ennui ou de
fatigue. Voila une cri'ique posée sur de solides
Petite Correspondance. Nous publierons, —
bases.
dans notre prochain numéro, nos réponses aux
L'assemblée générale annuelle de l'Association des
lettres reçues.
artistes musiciens aura lieu le 29 de ce mois dans la

sa le du Conservatoire.
M me Nilsson et son compatriote, le chanteur Con-
Le Rédacteur principal : Armand Gûuzien.
rad Eehrens, bien connu à Londres, feront, à pailir

On parle à l'Opéra d'une reprise de la Stralonice d'août prochain, une tournée lyrique dans les princi-
pales villes de Suède et de Norwége, à, la tête d'une Paris. — L'lmp r
-Gérant ; A. BounliUiat, 13, quai Voltaii
tie Méhul, pour accompagner Sylvia.
SAMEDI S JUILLET 187C
PREMIÈRE ANNÉE — N° 6

reprocher une crudité trop réelle aux costumes fait un Lachaud de cour d'assises; nous avons
Sommaire rouges de ces chasseurs qui n'ont rien de cau- été ému mais pas convaincu;
il y a, certes,

chemardant:il faudrait éteindre ces tons criards; dans cette armée d'instrumentistes, de vaillants
MUSIQUE :

mais en somme tout cela est d'un effet très-fan- soldats, d'habiles chefs d'attaque, des groupes
1. La Mer, rêverie.
tastique et très-grandiose. Certes, les chœurs ont disciplinés, mais il suffit de quelques mutins
Musique de Beethoven.
enlevé gaillardement le chœur célèbre des pour qu'on assiste à une de ces débandades qui
2. La Valse des Étoiles.
chasseurs; M" Daram est une Annette enjouée désespèréut tous ceux qui ont connu le bel
Musique tl'Oireubach.
et spirituelle dont la voix est comme un clair orchestre de l'Opéra de Paris à l'époque où le
TEXTE : Causerie de la semaine. —
Numéros
rayon traversant la sombre légende; M"" Baux monde entier l'admirait.
exceptionnels. — Album anecdotique. Le —
Pyrophone. — Nouvelles de partout. — Petite
est très-touchante dans le rôle d'Agathe, et

correspondance. M. Gailhard très-falal dans celui de Gaspard ;

mais M. Silvaest un Max lourd et par trop en- Nous l'avons dit, ce n'est pas la traduction
choucroûlé ; la voix est belle, aussi avec quelle traîtresse de Castil-Blaze que l'on chante à
emphase il la lance, il soulève la note à gosier l'Opéra, mais celle de Pacini avec les récits de
Causerie de la Semaine tendu, et cet effort pour soutenir une musique Berlioz. On l'y a chantée pourtant, et il ya même
qui se soutient toute seule, a quelque chose de là-dessus une légende qui a été contée; le devi-
pénible et de fatigant. L'orchestre, dans les ré- neriez-vous? contée par Offenbach, à l'époque
'Opéra a donc repris le Freyschùtz de- citatifs, atlaquait les accords sans ensemble, et où il fit quelques feuilletons musicaux à Y Artiste
vant une foule qui n'a pas craint de l'exécution générale était molle. d'Arsène Houssaye.
s'enfermer en plein juillet dans une On a dit que le jour de la répétition générale C'est là un hors-d'œuvre littéraire bien oublié
^csalle chauffée à blanc, à la tempéra- les musiciens avaient, par mutinerie et pour se sans doute, et que cette reprise du Freyschïitz
ture du plomb fondu. La foule a-l-elle été aussi venger de n'avoir eu qu'une place au lieu de nous a rappelé; le voici dans son innocence
enchantée que les balles confectionnées par deux pour leur famille, joué pianissimo tout le première :

Gaspard ? Nous n'oserions l'affirmer ; il nous a temps de l'opéra. L'espièglerie a peut-être été
semblé que les avis élaient tout à fait partagés; continuée par quelques-uns. Pourtant au « récit « Le finale fantastique de la fonte des balles

et, quant à nous, nous partageons celui des du chien », où se trouve l'admirable accompa- bruissait aux oreilles de M. Perrin, la décora-
tion de la forêt, vierge encore de la représenta-
'

médiocrement satisfaits. gnement d'alto, M. Viguier a joué avec une


Certes,' c'est dans un décor saisissant que se perfection de style, une ampleur de son, une tion, déroulait ses horribles profondeurs aux
passe l'admirable scène fantastique, et les délicatesse de sentiment tout à fait remarqua- yeux du directeur de l'Opéra, élageant jusqu'au
monstres hideux qui l'animent ne laissent rien bles cette partie importante; on aurait cru qu'il ciel des rochers en colimaçon, des Babels fes-

à désirer comme laideur; la chasse qui la tra- voulait plaider la cause des musiciens de l'or- tonnés de démons à face de crapauds et de gra-
verse est tout à fait émouvante, quoiqu'on puisse chestre de l'Opéra et nous émouvoir comme le nitiques échelles de chauves-souris gigantesques;
a JOURNAL DE MUSIQUE

l'idéal immonde des monstres antédiluviens se — Le premier grand prix de Rome a été rem- un épithalame qui peut se chanter avec ou sans
vautrant dans les méphitiques détritus des pre- porté par M. Hillemacher, le deuxième (va- accompagnement puis une mélodie de Pala-
;

miers âges de la Genèse, remplaçait pour lui le cant parla mort de Erhart) l'a été par M. deia dilhe, extraite de l'album que publie chez
vrai et le possible. Tout à coup, il vit un long Nux; le premier second grand prix a été ac- Hartmann l'auteur de la Mandolinata; les pa-

manteau se placer devant lui, avec la roide mai- cordé à M. Dutacq et le deuxième à M. Rous- roles sont exquises, il suffit d'en nommer l'au-
teur M. Alphonse Daudet: la musique est digne
greur d'un point d'interrogation. M. Perrin fut seau.
des paroles. Titre : les Petits Enfants. Nous y
ému, car il n'avait pas évoqué le moindre Sa- Les cantates (Judith et Kolopherne) ont été
joindrons une perle de Schubert : un air de
miel ; mais il se rassura facilement en pensant exécutées à l'Institut devant les membres de ballet dans le caractère hongrois.
qu'il pouvait se dire, comme feu Bayard, che- l'Académie des beaux-arts présidés par M. Meis-
valier sans peur et sans reproche: sonier. (Il n'y a rien de tel que des peintres,
des sculpteurs et des graveurs pour juger des
— o Vous ne me connaissez pas?dit le man-
teau maigre.
musiciens !)
Album Anecdotique
Le jugement avait été rendu, par le public
— Pas l'ombre, répliqua le directeur.
assez clairsemé admis à cette audition, avant
— Je me nomme Weber. d'être prononcé, et le jury s'est trouvé d'accord
— Ah! très-bien, quelle et est votre profes-
avec lui dans la distribution des récompenses.
^Q es directeurs consultés sur le maintien
de la censure l'ont réclamée à l'unani-
sion?
Mais quand se décidera-t-on à laisser la my- mité. On comprend qu'ils ne veuillent
— Je suis compositeur d'opéras. thologie et la Bible dans les nuages du passé Pcjpas avoir la responsabilité de jouer des
— Piteux métier, mon cher, faut il arriver,
et fournira-t-on â ces malheureux jeunes gens pièces que l'on pourrait ensuite interdire : ils
et dans ces temps-ci c'est le diable. sont sûrs, quand
commission s'est prononcée,
la
des sujets, où ils puissent mettre en œuvre leurs
— ;
Le diable ! répéta Weber, mais, mon cher
qualités de modernité, au lieu de s'évertuer à qu'il ne leur arrivera aucun désagrément de ce
monsieur, vous venez de jouer un demes opéras
pasticher sans conviction des maîtres qui
genre. On objectera à celaqu'il est étrange que
ont
à vos risques et périls. les directeurs de théâtres ne puissent pas juger
traité tous ces sujets dans une langue qu'on ne
A ce mot de périls, le directeur tressaillit. eux-mêmes ce qui pourrait, dans les œuvres
parle plus?
— Voire opéra de Freyschûtz? Je croyais que nouvelles, être contraire au bon goût ou aux
bonnes mœurs; ils le pourraient certainement,
c'est M. Caslil-Blaze qui...
mais il y a eu trop d'exemples d'interventions
— M. Caslil-Blaze n'est que mon opérateur
officielles préventives, à propos de choses qu'ils
ordinaire; il a pratiqué sur moi les plus cruelles Numéros Exceptionnels auraient laissé passer certainement, et que la
chirurgies; il m'a amputé inutilement plusieurs censure coupait impitoyablement, pour qu'ils
parties que je viens vous redemander. ne préfèrent pas être fixés à l'avance.
— Mais c'est impossible, cher monsieur, s'é-
CTnOus entrons dans la morte-saison mu- N'est-ce pas un censeur qui, aux répétitions de
cria M. Perrin, on vous joue demain. S^^sicale; presque tous les théâtres sont Faust, trouva que l'acte de la cathédrale pouvait
— Eh bien, si je ne puis obtenir justice, ai- fermés, les concerts se donnent dans offusquer à Rome et dit à M. Carvalho ce mot
dez-moi du moins à me venger de ce Castil- Ç^iii^les casinos de bains ; et, jusqu'aux mémorable :

surnommé, jene coiv du Conservatoire à de ce mois,


Blaze, sais pourquoi, l'homme .:irs la fin
— « Croyez-moi, coupons l'acte de la cathé-
à la carabine. Ce célèbre chirurgien a fait jouer les nouvellistes n'auront plus rien â se mettre
drale et lâchons plutôt la bride à la gaudriole.»
dans sa jeunesse la plus reculée un ouvrage in-
sous la plume. C'est le moment que nous avons
choisi pour offrir à deux catégories de lecteurs
titulé Pigeon vole ou flûte et poignard. Je vous Puisque ce mot de Rome nous vient sous la
du Journal de Musique, aux violonistes et aux
l'apporte. plume à propos de censure, rappelons quelques
pianistes, deux numéros exceptionnels.
M. Perrin frissonna, car il se rappelait va- souvenirs joyeux du temps où elle florissait
Dans le premier, qui paraîtra la semaine pro-
guement avoir entendu parler de cet opéra deux chaine, outre les huit pages de musique, nous dans la ville éternelle, avec un épanouissement
fois comique, où, à l'instant le plus pathétique, donnerons prélude inédit qui
vraiment merveilleux.
le se joue avec
le ténor qui lève un poignard sur la prima un grand succès dans le Luthier de Crémone,
si
Dans une pièce jouée en français, un acteur
donna désarmé par un disait en parlant d'un écervelé,:
est trait de petite flûte de Coppée, au Théâtre-Français; et nous con-
exécuté prestissimo dans la coulisse. sacrerons le numéro aux luthiers italiens célè- — « Croyez-vous qu'il soit vraiment sain d'es-
— o Je vous prie, et au besoin vous requiers, bres et aux heureux possesseurs de leurs ins- prit?»

poursuivit le manteau, de jouer truments renommés.


cette partition La censure biffa le mot, n'admettant pas d'al-
Dans le second, nous publierons les souvenirs
si dramatique en même temps que mon Freys- lusion inconvenante à l'Esprit Saint.
de George Sand sur Chopin et offrirons à nos
chùtz ; c'est d'usage à votre théâtre, l'auteur de
lecteurs une œuvre curieuse due à la collabora-
l'opéra en trois actes broche une opérette afin Plus loin on disait « C'est un causeur spiri-
tion de ces deux génies une poésie de George :
:

de toucher tous les droits de lasoirée. M. Caslil- Sand mise en musique par Chopin ; nous y tuel. » On exigea ce changement: «C'est un caii-

Blaze touchera beaucoup d'argent, ce sera son seur amusant, » la question du pouvoir temporel
joindrons une chanson de zingara, souvenir de
châtiment. » leur voyage en Espagne, et un fragment de et du pouvoir spirituel pouvant être éveillée par
rondo détaché d'un admirable concerto. cette allusion transparente.
Un grand éclat de rire fit résonner les vitres, La longueur de la grande valse d'Offenbach,
et une odeur de soufre suffisamment diabolique Dans une autre pièce quelqu'un disait : «Je
que nous donnons aujourd'hui et qui fait partie
parie vingt-cinq louis. »
escorta le départ du manteau. du répertoire des concerts que ce maestro di-
Depuis lors, M. Perrin ne peut plus voir voler rige aux Etats-Unis, nous a empêché d'y joindre La censure obligea de dire vingt-cinq napo-

an pigeon remuer un poignard sans avoir la


ni un morceau de chant ; mais nous publions léons, en se basant sur ceci : Les Napoléons sont
chair de poule, et il demande chaque jour à son avec elle une rêverie tout à fait inconnue, de nombreux , tandis qu'il n'y a qu'un saint
Beethoven, la Mer, où son génie éclate avec Louis.
chef d'orchestre s'il n'y aurait pas moyen de
une suprême puissance.
supprimer tout à fait la petite flûte.
C'est comme compensation à cette absence Dans un des opéras du répertoire, le ténor
On conte que c'est pour l'éviter qu'il a pris la
nécessaire demorceau de chant que nous en se jetait aux pieds de la prima donna, en lui
direction du Téâtre Français, et supprimé l'or- donnerons deux dans notre numéro prochain : disant Donne céleste ! La censure trouva que
:

chestre de ce théâtre. . .
un trio (transcription inédite) d'après Lulli, l'épithète ne pouvait s'appliquer convenable»
LA MER

BEETHOVEN.

Aiidante moderato

PIANO
VALSE DES ETOILES

J OFFENBACH,

INTRODUCTION. Allegro.

VALSE

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Plus vite
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JOURNAL DE MUSIQUE

ment qu'à la madone, el ordonna le change- Celle-ci vient de l'inépuisable Cham : Il lui fait voir les curiosités de la capitale,
ment de l'adjectif coupable !
« Est-il dans les choses possibles d'avoir une
sans oublier le nouvel Opéra. On donnait Jeanne
Le lendemain, le ténor Pancani, emporté par de ces loges que vous offrez avec tant de grâce d'Arc.La provinciale, paraît-il, s'amusa énor-
la chaleur de la situation, et par l'habitude,
et que j'accepte avec tant d'empressement?
mément, car elle passa toute la soirée dans
eut le malheur d'oublier les prescriptions de la
« Vous êtes un bien brave jeune homme. — l'attitude de l'extase, la bouche ouverte et les
censure.
Cham. » yeux au plafond.
Il lui en coûta 10 piastres (53 francs) d'a- — Eh bien, belle maman, demanda le gendre
mende. Parfois ce sont des vers, comme ceux que en sortant, êtes-vous contente?
L'imprésario, déclaré complice du méfait, notre confrère reçut, un jour, d'Albert Glatigny :
— Ah mon ami, répondit brave
! la femme,
condamné à 20 écus romains (107 francs). c'est magnifique! tu m'en enverras une caisse,
Enfin, — ce qui dépasse tout le reste, — la L'été n'a point de feux, l'hiver n'a pas de glaces
n'est-ce pas?
•primadonna qui se trouvai t en scène avec Pancani
Pour demandent des places.
les inassouvis qui
marché tout le jour, et ce soir
— Une caisse de quoi?
quand il a commis cette abomination, fut ré-
Lafargue, j'ai

Je réclame de vous deux sièges pour m'asseoir I


— De bougies.
primandée pour n'avoir pas incontinent quitté la Etonnement, questions, explications...
scène avec horreur ! La provinciale n'avait remarqué qu'une chose
à l'Opéra :

Mais voici le chef-d'œuvre du genre ;


quoique On joue en ce moment, à Londres, le Lohen- C'étaient les bougies du lustre qui brûlaient
la chose date de loin, elle est d'une gaieté qui gria, avec un succès considérable. pendant cinq heures de suite — sans dimi-
ne me paraît pas avoirDans je ne sais vieilli. Cela nous rappelle un souvenir des représen- nuer!
plus quel opéra, un ministre audacieux se jetait tations de cet opéra à Bruxelles.
aux pieds de sa souveraine, et alors le dialogue Le directeur du théâtre de la Monnaie fit

suivant s'engageait entre la reine étonnée et d'assez grandes dépenses pour le monter. On que la Sylvia de l'Opéra, Mlle San-
dit
son serviteur agenouillé : Mais il un moment où il fut un peu
arriva un ouvrage sur la chorégraphie.
galli, écrit

— Cosa chiedi (que demandes-tu?), disait Sa


effrayé du vide que laissaient momentanément Cela nous remet en mémoire ce mot d'Auber
dans sa bourse les frais nécessités par l'œuvre à qui l'on demandait ce qu'il pensait en géné-
Majesté.
— Amore, répondait l'autre.
de Wagner, et il essaya d'en resserrer les cor- ral des « bas-bleus ».

La censure vous mit joliment le téméraire à la dons. — Mon Dieu répondit-il, je vous avoue que
!

raison; elle l'obligea à demander désormais, au


que le ténor chargé du principal
C'est ainsi cela dépend des jambes qui sont dedans.
lieu i'arnore, — il governo del Friuli! le gou-
rôle monte un jour dans son cabinet et lui dé-
clare que son costume n'est pas complet.
vernement du Frioul
Ce qui ajoute au plaisant du conte,
!

c'est que
— Pas complet, s'écrie le directeur en s'ar-
rachant les cheveux, pas complet Vous avez
le Frioul n'a jamais fait partie le moins du
un casque, une cuirasse, des plumets,
!

une épée,
Le Pyrophone
monde du royaume où se passait l'action. Aussi,
le mot eut-il un grand
des cuissards, des brassards, un bouclier, tout
succès et devint-il 'pro-
verbial.
cela m'a coûté les yeux de la tête, que vous
manque-t-il donc! \ous avons vu fonctionner ces jours der-
— Un cor ! niersun instrument musical qui n'est

Voici venir la saison caniculaire où les théâ-


— Un cor, est-ce bien nécessaire? niun instrument à cordes, ni un instru-

tres commencent à faire mijoter le public aux


— Indispensable à un certain passage ; de Jment à vent, mais un instrumenta feu.
mon rôle, j'aî à dire : Je jure pjr le cor que C'est M. Kastncr qui en est l'inventeur et il lui a
petits feux de la rampe. Ceux qui tiennent de
voici... donné le nom de pyrophone.
quelque côté à aux
pour solliciter
la presse,

des places qu'on leur accorde


arts, en profitent
— Eh un rien vous embarrasse; vous
bien, Mais qu'est-ce qu'un pyrophone?
direz votre phrase, et je ne vous achèterai pas Figurez-vous une série de tubes en verre, de
plus que jamais ;
et, parfois, il y a de curieux
de cor. grandeurs diverses et assez semblables à des
échantillons dedemandes de singulières fa-
çons de demander.
et
— Comment cela? tuyaux d'orgue. Dans chacun de ces tubes un
— Qui vous empêche de dire, en vous frap- bec de gaz est allumé, et chacun de ces becs
pant la poitrine Je jure par mon corps que
: se trouve entouré d'un faisceau de fils métalli-
Ainsi, il y eut naguère, dans un théâtre de
voici? Le public n'y verra que du feu; deux ques reliés par l'électricité à un clavier.
musique, un secrétaire charmant homme que
appuyez sur une des touches du
les sollicitations avaient — la chaleur fini ai-
lettres de plus ou de moins, ce n'est pas une Si vous cla-

dant — par rendre presque hydrophobe. affaire, et vous économiserez 50 francs! vier, les fils métalliques se resserrent et inter-
ceptent en partie l'orifice du bec de gaz. en Il
Un jour le chanteur Couderc se présenta à son
résulte une diminution dans l'intensité de la
bureau avec un bol d'eau d'une main et un
flamme, il y a moins de gaz de consumé et il se
morceau de viande crue qu'il tenait ficelé au Ceci nous est conté et garrnli par M. Oswald :
produit un son dont la hauteur varie avec la
bout de sa canne il ne fit qu'entr'ouvrir le
; L'autre soir on parlait, dans un café du bou-
longueur du tube.
guichet, passa le, bol et tendit la viande crue levard, de Gailhard, l'artiste aimé de l'Opéra, et
En donnant aux tubes les proportions vou-
en disant, de sa voix la plus émolliente : de son organe tonitruant.
lues,M. Kastner est arrivé à produire des gam-
X..., un reporter peu lettré, retint le mot, et
«Un fauteuil pour ce soir, s'il vous plaît! » mes complètes et à. créer un véritable instru-
l'ayant entendu appliquer à un chanteur, crut
ment de musique. Les sons émis par cet
Un journaliste, Touchatout, écrit ces sim- pouvoir, dans le compte rendu qu'il fit le len-
instrument rappellent un peu ceux de l'orgue,
ples mots : « Tu sais ce que cela veut dire, demain d'une pièce musicale, écrire la phrase
sans en avoir cependant ni l'ampleur ni le
merci » suivante : . .

timbre vibrant; parfois même l'effet produit


!

« Certainement, M. Z.... a une belle voix,


est plutôt un bourdonnement qu'une véritable
Frédérick-Lemaftre écrivant à M. Lafargue, à mais il aura fort à faire pour devenir le rival de
harmonie.
l'Opéra-Comique, lui dit « Trois bonnes pla- : M. Tony Truand !
L'invention de M. Kastner n'en est pas moins
ces pour ce soir, je prononcerai votre nom dans
fort ingénieuse et mérite à coup sûr de fixer
mes prières. »
l'attention des savants. . _

Autres échantillons :
Un Parisien, marié à une jeune personne de Quant à l'intérêt pratique qu'elle peut pré-
province, reçoit dernièrement la visite de sa senter, il nous paraît encore problématique.
n Deux places ou la mort. — Théodore Bar- belle-mère qui habite là-bas, quelque part au Sans parler des difficultés d'installation, le
rière. — P. S. Ah pardon, merci
! ! » fond des départements. pyrophone a le tort grave d'exiger de l'artiste
JOURNAL DE MUSIQUE

qui le manie d'être à peu près incombustible. américaine, miss Arena Carry, M«" Aguin. L'or-
Tous ces tubes chauffés à blanc développent
chestre était conduit par MM. Max Maretzeck et
L'opéra-bouffe du compositeur viennois Suppé, Louis Dachauer.
une chaleur énorme. Il est vrai qu'il y a une Fatinitza, dont plusieurs journaux ont parlé ces
compensation et que l'on pourra dire des vir- jours derniers comme d'une nouveauté ayant chance
tuoses au gaz que ce sont des «musiciens éclai- d'être représentée à Paris, n'est autre chose que la Au Palais de cristal, à Londres, on a donné, sa-

rés». Mais est-ce assez pour répandre le goût de Circassienne de Scribe, habillée d'une autre musique medi dernier, une grande fête musicale pour le bé-
faire de la musique à petit feu? L'avenir nous que celle d'Auber. M. Suppé avait cru déjà devoir néfice de M. Mapleson, le Directeur du Grand-Opéra

l'apprendra. composer à nouveau la Galalliée de Victor Massé ; de Londres. Les artistes les plus connus s'étaient
gardant intégralement le sujet et se bornant à ajou- empressés d'offrir leur concours aux organisateurs
Quoi qu'ilen advienne, l'invention de M. Kast-
ner est à coup sûr très-ingénieuse, et il nous a
ter une épithète au titre, il en a fait la Belle Gala- du festival et les noms de M rae Nilsson et de Rossi,
thée. entre autres, figuraient en grosses lettres sur l'af-
paru intéressant de signaler, à son apparition,
#" * fiche.
cette curiosité instrumentale. Le succès a été complet; pour terminer la fête
Il y a quelque chose de particulièrement irritant
on a tiré, dans les jardins du palais, un feu d'arti-
à voir ce qui se passe en Allemagne, pendant que
fice magnifique. La pièce principale représentait le
chez nous l'Opéra joue trois ou quatre pièces,
Grand-Opéra que l'on est en train de construire sur
l'Opéra-Comiquc huit ou dix (quand il joue), dans
Embankment.
Nouvelles de Partout une ville comme Weimar, par exemple, que nous
le Thame's'
Le nouvel édifice doit être ouvert au public, au
prenons comme point de comparaison.
printemps prochain c'est M. Mapleson qui le pro-
Le grand-duché de Weimar, en effet, est comme
;

met, et, à en juger par l'activité qu'il déploie, on peut


ance. —
Trois partitions dont nous avons une Allemagne en miniature. La Thuringe est au
être sûr qu'il tiendra parole.
O^pu, grâce a l'obligeance des éditeurs, pu- cœur de l'empire prussien; le goût, le tempérament,
Heureux M. Mapleson Ce n'est pas partout que !

rH^Jblier dans le Journal de Musique des mor- le caractère de ses habitants, donnent une moyenne
ll les directeurs d'Opéra jouissent d'une pareille popu-
^/ccaux choisis, viennent de paraître : les assez exacte entre le Nord et le Sud.
larité; ce n'est pas partout non plus.... qu'ils la
Erinnyes de Massenet, chez M. Hartmann, Le théâtre de Weimar joue quatre fois par se-
méritent.
maine. Sur huit pièces représentées, il y a environ ri» q
boulevard de la Madeleine; les Amoureux de Cathe- #
comédies et trois opéras. 414 de ces derniers ont * *
rine de M. H. Maréchal et Dimitri de M. Victorin
.foncières, chez M. Grus, boulevard Bonne-Nou- été ainsi représentés dans les six dernières années. Nécrologie. — L'Autriche vient de perdre M.
La moyenne par année a donc été de 69. Quant Ambres, auteur d'une histoire fort estimée de la
velle.
* aux compositeurs, les représentations se répartissent musique. Il était à la fois compositeur, professeur au
comme suit : Conservatoire de Vienne, critique musical de la
C'est M. Hasselmans, ancien directeur de l'Ecole
Wagner, 64 Mozart, 37 ; Meyerbeer, 33 Auber, ;
Wiener Zeitung... et substituLdu procureur impérial.
de musique de Strasbourg, qui prend la succession ;

32; Weber, 28; Donizetti, 27 Verdi, 23; Flotow,


de M. Morel, comme directeur du Conservatoire de
;

chef d'orchestre très- 16; Rossini, 16; Adam, 15; Boieldieu, 14; Lort-
Marseille, où il a déjà été
zing, 14; Halévy, 12 ; Nicolo, 10; Beethoven, 10;
réputé.
* Gluck, 9; Gounod, 9; Bellini, 9; Méhul, 8; Am-
broise Thomas, 6; Berlioz, 6.
Petite Correspondance
Ce n'est plus M. Samuel David, mais bien M. La-
On voit, d'après ces chiffres, que c'est Wagner qui
come qui écrit, pour les Folies-Dramatiques, la mu-
règne en ce moment dans l'Allemagne artistique. Il

sique de Jeanne, Jeannette et Jeanneton, opérette Guido Spinetti, à Paris. Classé votre menuet pour violon
est coté 84, tandis que Mozart, le grand classique parmi les œuvres réservées dans lesquelles nous pourrons pui-
du prochain hiver.
allemand, n'est coté que 37. A lui seul, Wagner est ser quelque jour. Merci.

joué plus souvent que Weber et Meyerbeer réunis, 3fme Bogniaux, professeur de piano. Certes, cela serait —
utile et nous y arriverons; mais t'espace dont nous disposons
et ce qui donne à ces faits une portée plus considé- est encore bien petit pour consacrer une colonne ou deux à ce
Le cours d'histoire de la musique, professé au
que quatre au moins des opéras les plus sujet. Jusqu'à nouvel ordre, nous nous fions aux professeurs
rable, c'est
Conservatoire, par M. Eugène Gautier, fera l'objet pour guider leurs élèves dans l'exécution des morceaux.
souvent représentés de Wagner, le Tannhauser,
d'une grande publication de luxe, texte et planches M. Laurency, à Paris. —
C'est, en effet, par un fâcheux oubli
Rienzi, le Hollandais errant et Lohengrin, ne sont que nous n'avons pas mentionne les Enfants de Paris comme
musicales, destinée à figurer à l'Exposition univer-
pas des pièces nouvelles ni même récentes. ayant remporté au concours de Reims le premier prix de la~
selle, sous les auspices du ministère des beaux- division dcxcellence française. IL n'est que juste de le réparer
Cependant notre opéra-comique tient une place et d'ajouter que ce prix leur a été accordé à l'unanimité (moins
arts.
importante dans allemand. Auber (32) une voix seulement).
* le répertoire
* *
y est joué autant de fois que Meyerbeer (33), Adam
M. Desclaux, à Agen. —
Votre vœu s'accomplira avec le
temps; car nous entendons tenir compte de toutes les observa-
Lundi 24 juillet, à dix heures du matin : Chant. (15), Boieldieu (14) et Nicolo (10), sont représentés à tions justes et d'une application pratique qu'on veut bien nous
Mardi 25, à neuf heures Piano. :
eux trois plus souvent que les deux auteurs d'opéras- adresser.

Mercredi 26, à dix heures Tragédie et comédie. :


comiques allemands Flotow et Lortzing,39 contre 32. M. Câpres, de la Société des auteurs, compositeurs et édi-
teurs. Envoyez les manuscrits (en en gardant préalablement
Jeudi 27, à midi Opéra comique. :
A elle seule, l'école purement française est repré- copie), ils seront examinés et réponse vous sera faite.
Vendredi 28, à neuf heures : Violoncelle et sentée par 108 opéras. Si on ajoute à ce chiffre les VicomteRemy de Solutrê. —
Ce serait bien des frais à ajou-
violon. opéras des compositeurs français d'adoption, tels ter à ceux que nous devons faire pour obtenir une excellente
publicatjpn au prix modique où nous désirons la maintenir,
Samedi 29, à midi Opéra. :
que Gluck, Meyerbeer, Donizetti, Rossini, Verdi et quelque artistique et soignée qu'elle soit- Pourtant on étudiera
Lundi 31, à neuf heures Instruments à : vent. Bellini, on atteint le ehiffre de 223, c'est-à-dire plus cette question, qui nous a déjà préoccupé et qu'on n'a aban-
donnée que par l'impossibilité actuelle de la résoudre sans de
La distribution des prix aura lieu au Conserva- de la moitié des opéras représentés. grandes dépenses.
toire, le samedi 5 août, à une heure. Le cosmopolitisme est donc, en fait d'art, le carac- M. P. de Riese, à Paris. —
Envoyez le fragment de cet
tère principal de l'Allemagne, et c'est cette faculté opéra inconnu en France, s'il est (comme nous le croyons
d après votre affirmation) vraiment intéressant, nous serons
et cette habitude d'assimilation propres aux Alle- heureux de le publier; et nous vous th'jà

mands qui impriment à leur, théâtre un caractère songé à nous 1 offrir.


Voici, relativement au droit des pauvres, les
sommes recueillies par l'Assistance publique en particulier qu'on ne retrouve dans aucune autre M. Crozef- —
Ce progrès s'accomplira lorsque nous double-
rons le format de notre journal, modification qui est en ce mo-
1875 : Les établissements contrôlés (on désigne ainsi nation. ment à l'étude.

les théâtres, les expositions, les cafés-concerts, les M. de Nedde, à Vigeois (Corrèze). Nous écrivons —
plus volontiers pour les voix moyennes que pour les voix
bals, etc.) ont un produit de 2,142,555 francs. Les
extrêmes, qui sont plus rares; il est toujours aisé de recopier
séances accidentelles, représentations dramatiques, Pour nous consoler de cette triste comparaison, le morceau en le transposant, cl l'un s.iti.-l'.iit la majorité;

de Strasbourg, que les Alsaciens français pourtant, quand la nature du morceau l'exigera, nous le ferons
concerts, assauts et luttes, ont produit 55,9G8 francs. le théâtre
certainement. Quant aux œuvres de piano à quatre mains,
Les établissements abonnés, petits spectacles, curio- abandonnent, s'est f ^rmé à la fin de l'année avec un nous en publierons.
sités diverses, fêtes foraines, ont produit 119,896 fr. déficit de 600,000 francs. On ne sait s'il pourra rou- fl. Bardou, à Valmont. — Heureux que ce que nous annon-
çons vous plaise. Pour ce que vous nous demandez : impos-
vrir ses portes.
sible; l'éditeur de la partition n'en autoriserait pas la repro-
duction.

/Ç^!s-5"YrRANGEH. —
Le baryton français De- Th. Lécureux, à Brest. —
Merci du mot. Enchanté que cela
a eu vous plaise ainsi. Paites-nous des prosélytes autour de vo
1(3^ v °y°d a été engagé par l'éditeur Sonzognô Un concours de musique de toutes les écoles
\

Les exécutants étaient MM. Bri- Le Rédacteur principal : Armand Gouzien.


^JTsH pour le théâtre de Carlo Felice, à Gênes ;
lieu à Philadelphie.

Ç lyS/gil
>
y chantera d'abord H tmlet, puis gnoli, Remmertz, Eerrant le violoniste Joseph White,
,
Paris. — L'tmp -Gérant,
r A. Dourdilliat, 13, quai Voltaire.
l^*^ Charles VI. MUe3 Cervantes, harpiste, miss Kellogg, cantatrice
PREMIÈRE Â.NNËE SAMEDI 15 JUILLET 1876

anglais, qu'une « collection de quinze violons d'études et de tâtonnements; avant ces maîtres,
Sommaîre de Crémone a à Londres au
été vendue la lutherie d'école n'existe pas. Si, comme dit

MUSIQUE : prix de 42,000 francs. Deux Antoine Stradiva- Figaro, « on est toujours le fils de quelqu'un, »

rius se sont vendus 6,000 francs chacun. Après il ne s'ensuit pas nécessairement qu'une filia-
1. Prélude pour violon seul.
des enchères très-animées, un Joseph Guarne- tion artistique puisse toujours être établie : les
Musique de A. Tandon.
rius a été adjugé au prix de 10,000 francs. » principes d'école qui rattachent les Kerlino aux
2. Vivez en paix, trio (transcription iné-
Gaspard da Salo aux Ma-
Notre pensée s'est reportée sur ce monument Duiffoprugcard, les
dite).
élevé par un amateur passionné, M. J. Gallay, gini, seront longtemps encore livrés à la dis-
Musique de Lulli.
à la gloire des maîtres luthiers italiens, sur ce cussion.
3. Air de ballet pour piano.
livre,
1

— ressuscité par lui, — de l'abbé Sibire : « Seuls, ces deux derniers maîtres pourraient
Musique de Schubert.
le Par fuit luthier; nous avons rapproché l'his- être étudiés et comparés avec intérêt; mais il
4. Petits Enfants, poésie d'Alph. Daudcl. toire de cet art merveilleux de celle de l'artiste serait puéril de créer des théories à leur sujet.
Musique de Paladilhe. si touchant, création d'un poêle, et nous nous L'un a été un précurseur, l'autre un admirable
sommes sentis pénétrés d'admiration pour ces artisan on essayerait en vain d'en faire des
TEXTE : Introduction. — Luthiers de Crémone.
;

des Amati que


maîtres d'autrefois qu'un dilettante en prose à dater
— Un luthier au théâtre.
et chefs d'école. C'est

un dilettante en vers ont célébrés chacun en leur l'école apparaît; il s'y révèle des conditions
langue. d'exécution tout à fait nouvelles et une pratique
Nous nous sommes dit qu'il y aurait dans ce expérimentale incontestable : le choix des bois
rapprochement de la fiction dramatique et de est meilleur, les formes sont plus pures, l'instru-
Luthiers de Crémone la réalité historique quelque chose de piquant ment est soigneusement fileté, les incrustations
et qui ne manquerait pas d'intéresser ceux qui dénotent la main-d'œuvre la plus délicate.
ent encore le culte des belles choses. L'art musical s'est en même temps développé.
*~£è~$. E numéro exceptionnel ,
que nous Au point de vue de la virtuosité, bien des pro-
dédions Or, voici ce que dit M. J. Gallay, dans son
plus spécialement aux vio- grès restent encore à accomplir; mais, déjà, le
livre très-rare
maître luthier seconde l'artiste, et, tout en pour-
:
lonistes, est consacré à l'un des suc-
©OiQ^ ces récents du Théâtre-Français : le « Il faut bien le reconnaître, avant l'école suivant la réalisation de types plus recherchés
Luthier de Crémone, grâce auquel nous avons des Amati, toute induction devient singulière- comme forme, il se préoccupe surtout de la
pu offrir à nos lecteurs une curiosité musicale ment hypothétique dans les recherches rétros- sonorité.Le violon et le violoncelle acquièrent
d'un mérite tout particulier dont l'histoire pectives, et l'on s'expose à l'erreur en voulant des qualités inconnues jusqu'alors; on a enfin
(car elle a son histoire) se rattache à la pièce étudier à tout prix des maîtres légendaires, obtenu cette voix, cette portée de son péné-
charmante de François Coppée, que nous fondateurs d'écoles sans élèves. L'abbé Sibire trante et pleine de charme que révèlent, à la
allons analyser en lui empruntant le plus de a su éviter cet écueil, et s'il n'a pas résolu le première attaque, certains archets qui ont « la
vers que nous pourrons. problème, il en a du moins préparé la solution. cavata, » suivant l'expression italienne.
L'idée de ce numéro nous est venue en lisant, « Les cinquante années qui précédèrent les « Désormais , le luthier est doublé d'un
l'autre jour, dans les nouvelles d'un journal Amati ne furent, à vrai dire, qu'une période savant, et il a trouvé d'autres guides que son
.10 L'UN AL DE MUSIQUE

imagination. Du rebec de facture grossière, de Stradivarius (Altos). — Field, — Londres.


la basse de aux formes lourdes et sans
viole PROPRIETAIRES D'INSTRUMENTS CELEBRES Janzé (Comte de), — Paris.
grâce, du violon même de Gaspard da Salo à
Wilemotle, — Anvers.

l'instrument de Nicolas Amati, que de progrès Guarnerius (Jos.-Del.-Jésu) Violons. — Alard


réalisés Et cependant Stradivarius n'a pas
!
nous a semblé fort curieux de donner ici
Il (D.), — Pa'ris.

encore paru. Élève obscur de l'atelier d'Arnati, la des instruments connus, provenant de
liste Armingaud, — Paris.

le futur maître étudie et clierche sa voie. Du l'école de Crémone, avec le nom de leurs heu- Cézard, — Nantes.
reux propriétaires. Chaponnay (De), — Lyon.
reste, la période d'imitation sera courte; bientôt
Croall (W.), — Edimbourg. — Ex-Wie-
l'œuvre se dégagera personnelle et magistrale.
forme
ÉCOLE DE CRÉMONE niawski.
« A partir de 1700,' en effet, la
Dognien, Paris.—
« amatisée » a définitivement disparu : l'évo-
Stradivarius (Violons). — Alard (D.), — Pans. Doria (Marquis), Paris. —
lution est complète. Baillot (René), — Paris. Egvilte (D'), — Ex-Plaw-
Londres. —
« Le mérite essentiel de Stradivarius, c'est Baldus, — Paris. deus.
d'avoir su grouper dans un harmonieux ensem- Bellon, — Paris. Erlanger, — Paris.
ble les éléments si nombreux et si divers qui Carey — Dresde.
(J.), Fountain, — Londres.
constituent les mérites de l'école d'Amali c'est Cézard — Nantes.
(L.), Janzé (Comte de), — Paris.
aussi d'avoir trouvé ces admirables propjrtions
;

Chaponnay — Lyon.
(De), Gênes (Ville de), — Ex-Paganini.
Chimay (Prince — Paris.
de), — Birmingham.
Gillot,
Claes, — Hasselt. —
en dehors desquelles toutes les tentatives réa-
Goding, Londres.
Cornélis, — Bruxelles. — Ex-Léonard. —
lisées après: lui n'ont été que des essais avortés.
Gras Dorus, Paris.
La ligne est devenue d'une correction sans Dancls. — Paris. — Ex-Alma.
(Ch.), Harrington (Lord),— — Ex-baron
Londres.
pareille, le vernis a pris plus de transparence et Desver, — Liège. de Bentinek.
d'éclat, l'instrument enfin, dans les moindres Erlanger, — Paris. Leduc,— Paris.
détails, est marqué au coin d'une science plus Fountain, — Londres. Louis, — Paris.
raffinée et plus sûre. Gaillard,— Liège. Mièvre, — Paris.
Sans vouloir rabaisser dans une mesure Gillot,— Birmingham. Saint-Léon, — Saint-Pétersbourg.
Ilarringhton (Lord), — Londres. — Ex-ba-
« ici
Sainton, — Londres.
quelconque l'art -de Stradivarius au profit de
ron Bentinek. Street, — Paris, — Ex-Piscis,
son maître, faisons justice, en passant, de cer-
Jansens, — Bruxelles. Niolli Londres. — Ex-Mori.
(Collins),
taines comparaisons peu équitables entre le
Janzé (Comte de), — — Ex-Pla-
Gurnerius (Altos), — Robert, — Paris.
Paris.
maître et l'élève, et disons que la facture de wiens.
Nicolas Amati peut défier toutes les critiques. Joachim, — Hanovre. Wise (D — Londres.
r
),

Si Stradivarius a donné à son œuvre un cachet Lamouroux, — Paris. .


Violoncelles. — Cap, — Ta-
Lanchans, — Paris. — Ex-Van-Hal.
Guarnerius (And, é)
souverainement original, Amati, comme pré-
Louis, — Paris.
— Ex-Lamarre.
ris.
Murer, — Londres.
curseur et chef d'école, a marqué ses instru-
ments d'un sceau ineffaçable, etsa main-d'œuvre Luce, — Douai.
d'une distinction au moins égale à celle de Massart, — Paris. — Ex-Kreutzer.
,
Bergonzi (Violons). — Bonjour, — Paris.
est
Marsainviller (Méuard — Paris. de), Chaponnay — Lyon.
(De),
son élève.
même moment,
Maulaz, — Paris. — Ex-Cuisinier. Cosnier, — Paris.
u Presque au nous voyons
Maurin, — Paris. Dancla (L.), — Paris.
entrer en lice trois émules du maître, bien dif-
Meier, — Londres. Erlanger, Paris. —
férents enlre eux, mais que rapproche le lien Mohtor (Comte), — Paris. Gallay, —
Paris.
d'un commun enseignement nous avons nommé
; Monaslerio, — Madrid. Janssens,— Bruxelles.
Guarnerius (Joseph), Bergonzi (Carlo) et Mon- Montigny (Comte — Madrid.
de), Janzé (Comte de), — Paris.
tagnana (Dominicus). Panouse (Comte de — Paris. la), Maulaz, — Paris. — Ex-David.

« Tardivement introduits en France, les beaux Reynier (Léon), — Paris. Milanollo (Thérésa), — Paris.
Ricardo, — Paris.
instruments de ces maîtres ont eu à vaincre Bergonz'i (Violoncelles). — Bonjour, —
Robert, — Paris.
Paris.
l'ignorance du public d'abord, puis la timidité
Saint-Léon, — Saint-Pétersbourg.
— Ex-Gallay.
Curtis. — Londres.
de nos luthiers. L'ancienne école de Paris ne
Sarasate, — Paris. Jacquard — Paris.
les a que peu ou point connus, et l'on se de-
Sauzay, — Paris. Lebouc, — Paris.
(L.), -

mande avec étonnement comment la curiosité Seghers, — Paris. Mohr, — Amiens.


raffinée du dix-huitième ne Sighicelli, — Paris.
Muller (N.), — Munster.
siècle les avait ni
pressentis ni devinés. Amati, Stainer, Guarne- Van-Houten, — Aix-la-Chapelle.
Vieuxtemps, — Paris.
Rignault, — Paris.
rius (André), tels étaient les seuls noms en fa-
veur à la fin du dix-septième siècle. Il fallut Wilhelmy, — Wiesbaden. Montagnana (Violons). — Bentinek (Baron), —
que Viotti révélât Stradivarius aux dilettanti
Witteung, — Paris. Londres.
Toupet, —
Caen.
parisiens de 1796 pour que le maître crémonais Stradivarius [Violoncelles). — Barran (de), — Wise (D p ), —
Londres.
conquît le haut rang qu'il a toujours conservé. Paris. "*"'

« A quarante années de là, il était réservé à Batta, — Paris. Montagnana (Violoncelles). — Gallay, — Paris.
•Bériot de rajeunir la gloire du vieux Mangini. Bonnet, — Paris. - — Ex-général Ollivier.
L'influence des maîtres italiens ne Chevillard, — Paris. Paget (Colonel), Londres. —
s'est
guère étendue au-delà d'une vingtaine d'années Davidoff, — Saint-Pétersbourg. — Ex- Poignié, —
Boulogne-sur-Mer.

après la mort de Slradivarius. Dans les mains


Wiclhorsky.
Franchomme, — Paris. — Ex-Duport.
Montagnana (Altos). — Gallay, — Paris. — Ex-
baron Bentinek.
des successeurs, plus copistes que créateurs,
Gallay — Paris. — Ex-Vaslin.
(J.),
Kasparek (J.), Paris. —
Legros, — Nancy.
l'art s'amoindrit et s'efface ;
de rares spécimens
conservent encore une sorte de tradition et, à Millet, — Moulins. — Ex-marquis de Cor- G ancino (Violoncelles). — Bonjour, — Paris.
compter de 1780, les luthiers' de Trévise, de beron. — Ex-Pillet.
Plaisance, de Bologne et de Mantoue ne sont Périer (Comte de Saint-), — Paris. — Ex- Thomas, — Paris.
plus artistes que de nom : les marchands sont Pallay.
Testore (Violoncelles). — François, — Douai.
entres dans le temple. » Pialti, — Londres.— Ex-général Ollivier.
— Gouffé, —
Pluvié (Comte —Paris. — Ex-Baudiot.
de),
Testore (Contre Basses). Paris.

Servais, — Bruxelles. — Ex-Raoul. Rugger (J.-B.), de Brescia (Violons). — Couder


Stainlein (Comte de), — Liège. — Paris.
Wilemolle, — Anvers. Gallay, — Paris.
.

PETITS ENFANTS
Poésie de Musique de

ALPH DAUDET E. PALADILHE

Allegretto

1
er
En - fants d>in jour, o_ nou. veaux nés. Pe.ti.tes
e
2 En -faute d'un jour, ô nou. veaux nés, Au para -

a Tempo.

u=s^amm ^F^
P^P £=£
P^P^
^ Pr rj* r f
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bou
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——
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lè.vres de
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nu - clo .
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doù vous ve Un ger

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.dis nez lé . fil d'or vous rat . ta .

a Tempo
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ts^^&
P^sg

. ses,
m ^^
Mem . bres trem .
-
é-^+
blants
m si
^m
frais, si blancs.
a=^
che. A ce fil d'or tient rame eD . cor sans

Extrait de l'album de mélodies de Paladilhe ' Hurtmaiiu, éditeur, 19, boul d de la Madeleiue.)
-fants d'un jour, o dou . veaux nés, Pour le bon. heur que' vous don . nez
ê - tes à tou te mai . son Ce que la fleur est au ga . zon.

p 'r g r r- f
A vous voir dormir sous
**\Q vos lan .
j
ges.
^i J
Es.poir
r
des
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Qids So .
^m
yez bé . nis,_

_ Ce qu'au ciel est le. toi -le blan . ehe. Ce qu'un peu deau Est au ro . seau.
Plus lent.

pas l'é . toi . le d'or. Ce qui manque aux fleurs les plus bel

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Mal . heur à nous, mal .
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AIR DE BALLET

SCHUBERT.

Allegro moderato

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VIVEZ EN PAIX!
Epithalame(1685)

Transcrite à (rois voix pour le JOURNAL OE MUSIQUE.

LULLI

Allegretto moderato

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Allegretto moderato

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PIA.\0 <

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vez en paix' Vi . vez en paix! So . yez (oujours fi _ de . les! Ai . mez-vous à ja . mais! Fé

vez en paix! Vi . vez en paix! So _ yez toujours fi - de . les! Ai- . mez-vous à ja . mais! Fé

vez en paix! Vi . vez en paix! So . yez toujours fi ^ de . les! Ai . mez-vous à ja . mais! Fé .

N.B. Ce trio peu! être chant» sans accompagnement (Reproduction interdite)


.

. li . ci . tés nou . vel . les Com . ble.ront vos sou . haits C'est ud bon. heur ex .

. li . ci . tés .nou . vel . les Com . ble.ront vos sou . haits C'est un bon. heur

ci . tés sou vel Com ble.ront vos sou haits C'est «m bon. heur

^m
. li . . . les . . ex .

^
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y ûfM^uiQ^RH^ ^ me Que
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. trê . d'à - voir ce qu'on ai lan.guir trop long . temps! So


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LE JOURNAL DE MUSIQUE. — N° 7. 13, QUAI VOLTAIRE, A PARIS.


PRÉLUDE
POUR VIOLON SEUL

Exécuté au Théâtre - Français dans le Luthier de Crémone

MUSIQUE

A. TAUDOU
PRELUDE
Misique de

VIOLON SEUL A. TAUDOU

Exécuté au Théâtre-Français dans LE LUTHIER DE CRÉMONE.

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SUPPLÉMENT DU JOURNAL DE MUSIQUE. — N° 7. 13, QUAI VOLTAIRE, A PARIS.


JOURNAL DE MUSIQUE

Rugger (J.-B.), de Brescia [Violoncelle!:). — MAITRE FERRARI. Celui-ci, resté seul, s'abandonne à son cha-
Piatti, Londres. — Ex-Litla ;
ex-Pa- Ta, ra, ta, ta. grin et essaye de se consoler dans la contem-
ganini. Si tu ne prétends rien m' objecter de plus grave, plation de son œuvre.
ma
Rugger (F)-.) de Crémone [Violons). — Dognien,
Restons-en là. Je vais faire un tour à
faut,pour ce grand jour, quelques flacons poudreux...
cave.
Un envieux Voilà que le chagrUn commence
!

— Paris.
Il
Il souffre. Pardonnons. Mais, parbleu c'est démence
I

Télézinski, — Paris. GIANNINA De croire qu'à l'ami pauvre et déshérité


!

Landolphus [Altos). Mas, — — Paris.


Si j'allais... L'escalier est raide et dangereux;
Qui n'envia jamais sa force et sa beauté,

Wise (D r ), Londres. — On y peut trébucher, et je serai plus prompte...


Un homme
Sans
trouve un jour le plus mince mérite
son amour-propre aussitôfs'en irrite.
.,ue

Ce serait bien pourtant être amis et rivaux. :

MAITRE FERRARI Celui-là ne sait pas non plus ce que lu vaux,

Je ne m'en aperçois que lorsque je remonte. cœur plein de tendresse et que le monde isole
Un
!

Luthier au Théâtre' Non. Laisse-moi, vois- tu, car le plus grand plaisir, Mais mon chef-d'œuvre estlà qui de tout me console.
Avant de boire un vin, c'est d'aller le choisir. Pauvre cher violon Je suis pareil à ! lui :

Instrument délicat dans un informe étui.

l^ous sommes au dix-huitième siècle, Cette passion de son père pour la « dive bou-
Il va prendre, dans une armoire, son violon qui est ren-
dans un atelier de lutherie à Crémone. teille » permet au moins à Giannina de faire fermé dans un étui rouge et le pose sur la tabtff;

Le vieux maître Ferrari a résolu de part à Sandro, pendant qu'il les laisse seuls, de
- Viens, je veux te revoir encore, ô mon ouvrage,
ti donner sa fille Giannina en mariage à ses terreurs, terreurs que l'ouvrier partage, car
Chère création sur qui j'eus le courage
celui des ouvriers luthiers de la ville qui rem- il connaît l'œuvre de son rival et raconte dans
Moi, l'ouvrier débileet dévoré d'ennuis,
porterait le prix du podestat. Quel est ce prix? quelles circonstances il a entendu le violon
De passer au travail tant de jours et de nuits !

!e vieux luthier l'explique à sa fille en lui dic- merveilleux du pauvre bossu :


Viens, de ton sein profond va jaillir tout à l'heure
tant sa volonté : Le scherzo qui babille et le lento qui pleure.
— Ah 1 c'était l'autre nuit. J'étais à ma 'enôtre Sur le monde, tu vas répandre, 6 mon ami,
Notre vieux Podestat, décédé récemment, Et je pensais à vous devant le ciel d'été.
— Le sublime concert dans ton sein endormi.
— Que Jésus le reçoive en ses miséricordes I
Dans le jardin, parmi la fraîche obscurité, Viens, je veux te revoir et te toucher encore I
Voulant que le renom des instruments à cordes Un rossignol chantait, et ses notes perlées Je n'éveillerai pas ton haleine sonore,
Sortis de notre vieille et fameuse cité Montaient éperdument aux voûtes étoilées. Mais je veux seulement voir mon regard miré
lteste dans l'avenir toujours plus mérité. Tout à coup j'entendis dans l'ombre un autre cbai.t
Une dernière fois dans ton beau buis doré.
Vient de léguer sa chaîne en or a l'homme habile Aussi divin, aussi sublime, aussi touchant Car il faut nous quitter pour ta gloire et la mienne;
Qui ferait le meilleur violon de la ville. Que celui de l'oiseau. Je me penche et regarJo, Mais, dens ta vie, ami, noble ou bohémienne,
Le concours est ouvert et se juge aujourd'hui. Et je vois le bossu tout seul dans sa mansarde, Que tu fasses danser le peuple des faubourgs
Et moi, simple artisan, mais m'inspirant de lui,
Assis à son pupitre et l'archet à main.
la
Ou que devant les grands du monde et dans les coure
Aux compagnons luthiers assemblés en famille,
Son un accent presque humain,
violon, avec Tu frémisses aux doigts des puissants virtuoses,
J'ai promis de donner ma maison et ma fille
Exprimant un amour où la douleur se mêle, Moi qui, naïvement, crois à l'esprit des choses,
A celui qui, par son talent dans notre état, Egalait en douceur la voix de Philomèle. En te disant adieu, je viens te supplier,
Aurait la chaîne d'or du défunt Podestat. Le plaintif instrument, l'oiseau sentimental Noble et cher instrument, de ne pas oublier
Alternaient dans la nuit leurs trilles de cristal; Celui qui t'a donné tes beaux accents de :lamme
Il n'est pas besoin deque cette combi- dire
Et moi môme, écoutant l'harmonieuse lutte, Et le pauvre boesu qui t'a soufflé son âme !

naison paternelle qui oblige la pauvre petite à Je ne distinguais plus, au bout d'une minute,
allier sa couronne de mariée à la courone Il remet le violon dans son étui.
Lequel de ces deux chants, prenant ainsi leur vol,
d'un lauréat, sans savoir si la tète sur laquelle Venait du violon ou bien du rossignol.
Mais, hélas! qu'importe la gloire à ce cœur
celle-ci sera placée lui conviendra, est loin de
aimant, si celle qu'il ose aimer ne peut la par-
lui sourire. D'autant moins qu'elle aime l'ou- Quoi qu'il arrive, Giannina est résolue à ne
tager avec lui ;
car il aime aussi la fille de son
vrier Sandro et redoute de voir Filippo l'em- point céder au caprice de son père et jure à
vieux maître, il lui a jusqu'ici caché son
porter dans ce tournoi. Qu'est-ce que Filippo? Sandro qu'elle ne sera point la femme d'un
Un être laid et difforme.
amour ;
et c'est elle qui, en lui avouant son
autre.
secret, va du même coup lui arracher le sien
Mais le père Ferrari est de fer. C'est au même moment que Filippo le bossu ;

mais après quelles tortures!


entre pâle, défait, une blessure au front. Gian-
Filippo n'est-il pas un garçon des meilleurs, Lisez cette scène touchante : Giannina, en le
nina n'écoule que sa pitié et s'approchant de
Bon, serviable, honnête?... Il a l'air un peu triste, revoyant, lui a parlé avec douceur de ses chan-
lui. lave sa blessure pendant que l'ouvrier ra-
Il est bossu, c'est vrai mais c'est un grand artiste.
;
ces de succès et, s'illusionnant sur cette sympa-
Il est musicien comme Palestrina. conte son aventure.
thie de la jeune fille, il s'anime en parlant de
Dans le petit concert qu'un jour il nous donna,
— Et je suis cependant un critique sévère, — Ils étaient quinze ou vingt, ses espérances.
Gâte-sauce, écoliers, un tas de rien qui vaille,
Comme je l'écoutais, en regardant mon verre
Plein do vieux vin d'Asti, —
tu sais, le bon cachet,—
A lapider un chien auprès d'une muraille,
Il lit si bien gémir les cordes sous l'archet
Un pauvre chien, aux yeux éteints, aux poils pendants, Allez j'ai comparé mon œuvre d'apprenti
I

Ayant la force au plus de leur montrer les dents, Avec un violon de l'illustre Amati ;
Et mit dans son jeu tant de douleur et de charmes,
Que je me suis senti venir deux grosses larmes. Infirme et se traînant sur sa patte brisée. C'était le même son. Cela tient du prodige I

Ah je les ai voulu retenir mais en vain,


I
En voyant cette bête ainsi martyrisée, Juste le même son, oui, le même, vous dis-je I

Et j'ai, pour une fois, mis de l'eau dans mon vin. J'eus lecœur soulevé d'un douloureux émoi ; J'en suis sûr, et, pareil aux maîtres d'autrefois,
Je croyais voir souffrir un humble comme moi. Je fais jaillir de ces quatre planches de bois
GIANNINA. Bravement je m'élance au sein du populaire; Une note profonde, immense, magistrale
En demandant pitié j'excite la colère. Et sonore à remplir toute une cathédrale.
J'estime Filippo tout comme vous, mon père,
Ah ! ne songe plus à la bête à présent.
l'on
Je le plains, et j'ai fait de mon mieux, je l'espère,
Lapider un bossu c'est bien plus amusant I GIANNINA, à part.
Pour lui faire oublier, à force de bonté,
Je me mets à courir, les traînant à ma sui e,
Son chagrin, sa misère et sa difformité Hélas I pauvre Sandro !

J'enfile une ruelle, une autre, et, sans ma fuite,


Qu'avec tant de douceur le pauvre être supporte,
On m'eût assassiné, cela n'est pas douteux.
Depuis le jour d'hiver où, devant notre porte,
Mais j'ai sauvé la vie au pauvre chien boiteux I
En mendiant son pain, Filippo s'arrêta... Depuis ce jour heureux,
Mais pourrais-je l'aimer? Voyons. Je cache mon bonheur
qu'un amoureux. ainsi
Ce récit a ému Giannina majgré elle et San-
Que j'aie ou non le prix, puisque mon œuvre estfaile,
1. Le Luthier de Crémone, de François Coppée,
dro, interprétant mal son émotion, retourne Que m'importe a présent ? ma vie est une fête.
chez Alphonse Lemerre, éditeur, passage Choiseul, (dès qu'elle les a quittés pour rejoindre son Je j uis, en avare et seul, de mon trésor.
Paris. père) sa colère contre le malheureux Filippo. Tous les matins, avant qu'il fasse jour encor.
JOURNAL DE MUSIQUE

Je traverse Crémone endormie el je gagne Oh ! non, je ne suis plus le paria d'hier, J'avais le cœur perdu de rage et de douleur,
Un endroit que je sais, là-bas, dans la campagne, J'ai le droit de lever la tête et d'être fier. J'ai cédé !... Près d'ici, tremblant comme un voleur,
Avec mon violon caché sous mon manteau. Je vous ai fait pleurer, mais ceci me dispense, Sous l'ombre d'un portail des ruelles étroites,
La, je m'assieds, tout seul, au versant d'un coteau, Giannina, d'autre gloire et d'autre récompense, Filippo, j'ai changé nos violons de boîtes I

Dans le gazon trempé de rosée, et je rêve Et nul prix ne serait pour moi plus précieux
Jusqu'à l'heure sublime où le soleil se lève. Que les chers diamants qui tombent de vos yeux !

Enfin,quand l'horizon s'emplit de diamants,


Lorsque s'annonce, avec de longs frémissements, Hélas ! ces larmes ne sont point causées par
Autour de moi le grand réveil de la nature, la noble mélodie sortie de ses doigts, mais par
que bois murmure, Je les ai portés devant les juges, puis,
Lorsque l'herbe frissonne et le
la cruelle pensée que rien d'aussi sublime ne
Et que des buissons verts par la nuit rajeunis, Au moment où l'expert ouvrait les deux étuis,
sortira de l'œuvre construite par celui qu'elle Ah je n'ai pas pu voir cela. J'ai pris la fuite.
S'échappe le concert éblouissant des nids, !

aime et qu'elle le perd à jamais. Ce cruel Venge-toi! Devant tous, dévoile ma conduite!
Je prends mon violon, joyeux, et j'improvise !

aveu lui échappe et foudroie le malheureux Mais qu'elle n'en soit pas, par pitié, le témoin
Ah! voyez-vous, c'est là la récompense exquise; !

Et j'accompagne alors d'un archet triomphant Filippo. Je t'écrirai l'aveu du crime et puis bien loin

Tous les bruits glorieux dans le soleil levant, Le voilà seul, livré à ses tortures. Que fera- Je m'en irai mourir, car la honte est mortelle...

Ces longs soupirs du vent à travers la fouillée t-il s'il est vainqueur ? Que peut-il faire plutôt Mais ne m'oblige pas à rougir devant elle !

Et ces gazouillements de volière éveillée. pour prouver quelle est l'étendue de son otta- 11 tombe à genoux.
Je joue avec ivresse, et l'instrument vainqueur chement à celle qu'il ne lui est plus permis
Queje sens tressaillir là, tout près de mon cœur, d'espérer pour femme? Un combat se livre en
Mêle à ces chants d'aurore où mon âme se noie Non, Sandro, je n'ai pas besoin de me venger.
lui. Sa bonté triomphe. Voici ce qu'il fera :

L'n hymne triomphal de jeune.se et de joie!


les deux instruments sont là dans leurs boîtes Ton propre châtiment, tu viens de t'en charger.

Et comme la jeune fille, curieuse et émue, lui pareilles. Il les change de boîte, il place son

demande de lui faire entendre le magique ins- violon dans l'étui de son rival; mais quel cri
Que dis-tu ?
trument, l'ouvrier-virluose lui offre de lui jouer douloureux lui échappe, aussitôt qu'il a accom-
pli le cruel sacrifice :

La Sonate en sol de Corelli.

(Ici nous ouvrons une parenthèse, s'il vous Je n'aurais cru jamais — ô faibles cœurs humains ! Cette gloire à mon chef-d'œuvre due,
Qu'on pût tenir autant au travail de ses mains, Je te l'avais cédée et tu me l'as rendue.
plaît).
Et que l'âme de feu d'un artiste eût en elle

Au Théâtre-Français, l'artiste chargé du rôle Ce foyer de tendresse émue et paternelle.

de Filipo est censé jouer le morceau, tandis Je t'aimais bien, ô cher ouvrage que je fis I

qu'un artiste l'exécute derrière la coulisse ;


et Adieu donc pour toujours, mon chef-d'œuvre, mon
l'œuvre et l'exécution produisent la plus vive Je puis me pardonner ma faiblesse dernière, |fils !

Car dans ce coffre étroit et noir comme une bière, Ces instruments, que ta main échangea,
impression.
Je crois, en te posant, tant j'ai le cœur en deuil, Moi-même, je les ai changés d'étui déjà.
Nous n'avions pas reconnu, malgré l'élévation
Que c'est mon enfant mort que je couche au cer-
du style, la manière de Corelli dont Filippo an- [cucil !

nonçait la sonate mais nous avions applaudi


;

Qu'entends je! mon remords n'ose comprendre encore!


avec la foule tout entière ce prélude d'un beau n'assistera pas au triomphe qu'il pré-
Non, il
Pourquoi l'avais-tu fait?
caractère nous demandant, si ce n'était Corelli, coup serait trop rude.
pare pour son rival, le
quel pouvait en être l'auteur. charge Sandro de porter
Sans le prévenir, il

Il nous eut semblé intéressant, si c'était bien


devant le jury son instrument avec le sien. Parce que je l'adore
du vieux maître italien, de publier ici même Voici le moment de partir : le vieux Ferrari Et parce que c'est toi que l'enfant préférait,
cette belle page nous nous informâmes ce
;
:
enhv vêtu de ses habits de gala et s'écrie, en Et si j'ai le cœur plein d'un douloureux regret,
n'était point la sonate en sol annoncée. C'était Si de ton action je te cherche querelle,
voyant ses élèves :

un prélude composé tout exprès, demandé la C'est qu'elle anéantit ce que j'ai fait pour elle.

veille de la première représentation à l'auteur J'espère, mes enfants, que vous triompherez
L'un ou l'autre. Je suis un maître, et les profanes Mais les portes se sont ouvertes, le corlége
par le directeur de la Comédie-Française, qui
dernier moment Peuvent sur leurs crins-crins user des colophanes 1... entre. Voici le collier promis au triomphateur,
avait jusqu'au hésité à. intro-
duire de la musique dans la pièce.
Le prix sera pour nous. —
Je viens de faire un tour et c'est Filippo qu'on acclame.
Dans la ville el partout s'annonce le grand jour.
Il prend le collier des mains de son maître et
Le prélude avait été composé en quelques
Les gens endimanchés vont voir en ribambelle de Giannina en
heures par M. A. Taudou ; il avait trouvé, là, le pose autour du cou disant
S'assembler le jury le maître de chapelle
;

une belle inspiration qui, annoncée, préparée à tous :

Déjà siège au fauteuil et son noble profil


en si beaux vers, n'était pas restée au-dessous Se voit de loin, poudré comme un pommier d'avril. Je l'offre à Giannina la belle,
de ce que l'on attendait. Ce tour de force ne fit Il circule dans l'air un souffle mélodique,
En un bijou favori
la priant d'en faire
que raffermir notre intention première, et bien- Dans la rue, on respire, on sent de la musique. Quand mon ami Sandro deviendra son mari.
tôt, grâce à la courtoisie de l'éminent arliste, Par la flûte d'Euterpe et le luth d'Apollon !

nous étions en possession du précieux prélude. A chaque carrefour s'accorde un violon. par monde
Le pauvre artiste partira : il ira le
Dans tous les pignons noirs, dans toutes les tourelles,
C'est là la page très-curieuse et très-belle que porter le glorieux nom de son maître et ne i

On entend doucement gémir les chanterelles,


nous offrons aux violonistes comme une très-
Et Crémone, où grandit un confus crescendo, demande qu'un regret pour prix de son sacri-
pure et très -noble inspiration.
Semble un orchestre avant le lever du rideau ! fice. 11 attire vers lui ceux qu'il a fait heureux
(Ici, nous fermons notre parenthèse et repre- et leur laisse en partant cet adieu touchant :

nons le fil de notre analyse.) Sandro est parti depuis peu d'instants, por-
Lorsqu'à notre établi, près de ta bien aimée,
Des larmes ont coulé des yeux de Giannina tant les deux instruments au concours. Tout à
Compagnon, tu feras ta tâche accoutumée,
en écoutant l'artiste inspiré, et le pauvre Filipo coup il revient, précipitamment, le visage bou-
Si quelque corde, ainsi qu'il arrive parfois,
voyant couler ces leversé, appelant Filippo.
s'abandonne à la joie en Avec un son plaintif se brise entre tes doigts,
douces larmes :
Filippo est là. Sandro se jette à ses pieds. Songez tous deux, songez qu'en cet adieu suprême,
Je sens mon pauvre cœur qui se brise de même !

Ainsi je fais moi qui faisais tant rire


pleurer, ! Vois-tu, je l'aimais trop... j'avais l'âme obsédée!...
N'est-ce pas qu'on dirait une voix qui soupire? Et je ne pouvais pas me faire à cette idée
Pour extrait conforme :

Et n'est-ce pas que l'art est consolant et beau, Qu'un rival, quel qu'il fût, pût me vaincre à ses yeux.
Le Rédxteur principe : Armand Gouzien.
Puisque ce malheureux bossu, ce Filippo Je suis un misérable, un lâche, un envieux.
Qu'ils accablaient tantôt de rires et de pierres, Lorsque j'eus ton chef-d'œuvre en mes mains, c'est
A pu faire germer des pleurs sous vos paupières? Mais la tentation se glissa dans mon âme ; [infâme 1 Paris. — L'Imp'-Gèrant, A. Counlilliat, lî, quai.Vo'.tairé.
PREMIÈRE ANNÉE — No S SAMEDI 22 JUILLET 1S76

A cette étude nous avons joint, à côté de où je pusse le faire travailler un peu, ainsi que
deux pages des plus pittoresques du maître, sa sœur, et travailler moi-même sans excès. On
Sommaire : gagne bien du temps quand on ne voit personne,
un rondo, on est forcé de veiller beaucoup moins.
MUSIQUE :

et une Chanson de Zingara, Comme je faisais mes projets et mes prépara-


tifs de départ, Chopin, que je voyais tous les
1. La Reine des Songes, poésie de
George Sand. Une romance due à la collaboration du com- jours et dont j'aimais tendrement le génie et le

Musique de Chopin. positeur et du romancier, dont ou ne connais- caractère, me dit à plusieurs reprises que, s'il

sait pas de poésies : était à la place de Maurice, il serait bientôt


2. Rondo de Chopin.
guéri lui-même. Je ne le voyage
mis pas dans le
3. Chanson de Zingara. La Reine des Songes. à la place de Maurice, mais à côté de Mau-
Musique de Chopin.
rice. Ses amis le pressaient depuis longtemps
C'est une mélodie qui, quoique bien simple
d'aller passer quelque temps dans le midi de
TEXTE George Sand
: et Chopin. — Nouvelles en sa forme, porte en elle le cachet de la per-
l'Europe. On' le croyait phthisiqùe. Gaubert
de partout. sonnalité du maître.
l'examina et mejura qu'il ne l'était pas. «Vous
Maintenant, laissons la parole à l'illustre amie
le sauverez, en effet, me dit-il, si vous lui don-
du grand musicien.
nez de l'air, de la promenade et du repos. » Les
autres, sachant bien que jamais Chopin ne se
Chopin F ar George Sand monde et la vie de Paris
PROJETS DE VOYAGE déciderait à quitter le

sans qu'une personne aimée de lui et dévouée à


11 est une âme, belle et pure dans son essence, lui ne l'y entraînât, me pressèrent vivement de
e numéro que nous publions aujour- malade et troublée dans ce monde, que je re- ne pas repousser le désir qu'il manifestait si à
d'hui est plus particulièrement dédié trouve dans mes entretiens avec les morts, et propos et d'une façon tout inespérée.
aux pianistes, pour qui Chopin restera
. dans mon attente de ce monde meilleur où nous Je priai cependant Chopin de bien consulter
^toujours un génie révélateur mais devons nous reconnaître tous au rayon d'une ses forces morales, car il n'avait jamais envi-
;

nous pensons que les pages qui suivent seront lumière plus vive et plus divine que celle de la sagé sans effroi, depuis plusieurs années, l'idée
pour tous un régal littéraire plein de saveur, terre. de quitter Paris, son médecin, ses relations, son
et très-vivement apprépié. Je parle de Frédéric Chopin, qui fut l'hôte appartement même et son piano. C'était l'hom-
Ce sont les souvenirs de George Sand, « la des huit dernières années de ma vie de retraite me des habitudes impérieuses, et tout change-
bonne dame » de Nohant, évoqués dans l'histoire à Nohant sous la monarchie. ment, si petit qu'il fût, était un événement ter-

de sa vie (que M. Calmann Lévy a obligeam- En 1838, je me décidai à chercher pour mon rible dans sa vie.

ment mis à la disposition du Journal de Musique) fils Maurice un hiver plus doux que le nôtre. Je partis avec mes enfants, en lui disant que
souvenirs se rattachant à Chopin, et l'appré- J'espérais le préserver ainsi du retour des rhu- je passerais quelques jours à Perpignan, si je
ciation de l'un des génies de la musique par un matismes cruels de l'année précédente. Je vou- ne l'y trouvais pas; et que s'il n'y venait pas au

des génies de la littérature. lais trouver, en même temps, un lieu tranquille bout d'un certain délai, je passerais en Espagne.
JOURNAL DE MUSIQUE

de l'Espagne. Il mourait de l'impatience du dé-


part, bien plus que des inconvénients du séjour.
DÉPART POUR MAJORQUE LE PRÉLUDE DE LA PLUIE
Nous pûmes enfin nous rendre à Barcelone et
Nous fîmes un grand détour, voyageant pour de là, par mer encore, à Marseille, à la fin de
D'autres encore sont d'une tristesse morne et,
l'hiver.
voyager. Nousjraversâmes Lyon et descendîmes en vous charmant l'oreille, vous navrent le
le Rhône jusqu'à Avignon, d'où nous courûmes cœur. Il y en a un qui lui vint par une soirée de A Marseille, je soumis Chopin à l'examen du
célèbre docteur Cauvières, qui le trouva grave-
à Vaucluse. De là, traversant le Midi, saluant le pluie lugubre et qui jette dans l'àmeun abatte-
pont du Gard, nous arrêtant quelques jours à ment ment compromis d'abord, et qui pourtant reprit
effroyable. Nous l'avions laissé bien por-
Nîmes, nous gagnâmes Perpignan, où dès le bon espoir en le voyant se rétablir rapidement.
tant ce jour-là, Maurice et moi, pour aller à
Il augura qu'il pouvait vivre longtemps avec de
lendemain nous vîmes arriver Chopin. Il avait Palma acheter des objets nécessaires à notre
très-bien supporté voyage. ne pas grands soins, et il lui prodigua les siens.
le Il souffrit campement. La pluie était venue, les torrents
trop de la navigation jusqu'à Barcelone, ni de avaient débordé; nous avions fait trois lieues
J'amenai à Nohant, sans encombre, Maurice
guéri, et Chopin en train de l'être. On ne lui
Barcelone jusqu'à Palma. Le temps était calme en six heures pour revenir au milieu de l'inon-
et mer excellente; nous sentions
la la chaleur dation, et nous arrivions en pleine nuit, sans
trouva plus aucun symptôme d'affection pulmo-
naire, mais seulement une petite affection chro-
augmenter d'heure en heure.... chaussures, abandonnés de notre voiturin, àtra-
nique du larynx dont on ne vit pas lieu à
Dès que l'hiver se fit, et il se déclara tout à vers des dangers inouïs. Nous nous hâtions en
s'alarmer sérieusement.
coup par despluies torrentielles, Chopin présenta, vue de l'inquiétude de notre malade. Elle avait
comme Tout
alla fort bien, et j'admis éventuellement
subitement aussi, tous les caractères de l'affec- été vive, en effet, mais elle s'était figée
en une sorte de désespérance tranquille, et l'idéeque Chopin pourrait se reposer et refaire
tion pulmonaire. il
sa santé parmi nous pendant quelques étés, son
Nous avions trouvé dans une Chartreuse aban- jouait son admirable prélude en pleurant. En
travail devant nécessairement le rappeler l'hiver
donnée et ruinée en partie, un logement, sain et nous voyant entrer, il se leva e,n jetant un grand
à Paris.
des plus pittoresques. Je donnais des leçons aux cri, puis il nous dit d'un air égaré et d'un ton
enfants dans la matinée. Ils couraient tout le étrange: « Ah ! je le savais bien, que vous étiez
reste du jour, pendantque je travaillais.; le soir, morts ! »

Quand
HIVERNAGE ET VILLÉGIATURE
nous courions ensemble dans les cloîtres au il eut repris ses esprits et qu'il vit l'é-

clair de la lune, ou nous lisions dans les cel- tat où nous étions, malade du spectacle
il fut
Je louai, rue Pigalle, un appartement com-
lules. rétrospectif de nos dangers mais il m'avoua ;
posé de deux pavillons au fond d'un jardin-
Notre existence eût été fort, agréable dans cette ensuite qu'en nous attendant, il avait vu tout
L'hiver venu, Chopin s'installa rue Tronchet;
solitude romantique, en dépit de la sauvagerie cela dans un rêve, et que, ne distinguant plus
mais son logement fut humide et froid. Il
du pays et de la chiperie des habitants, si ce ce rêve de la réalité, il s'était calmé et comme
recommença à me
tousser sérieusement, et je
triste spectacle des souffrances de notre com- assoupi en jouant du piano, persuadé qu'il était
vis forcée ma démission de garde-
de donner
pagnon et certains jours d'inquiétude sérieuse mort lui-même. 11 se voyait noyé dans un lac ;
malade, ou de passer ma vie en allées et venues
pour sa vie ne m'eussent ôté forcément tout le des gouttes d'eau pesantes et gla:ées lui tom-
impossibles. Lui, pour me les épargner, venait
plaisir et tout le bénéficedu voyagé. baient en mesure sur la poitrine, et quand je
chaque jour me dire avec une figure décom-
Le pauvre grand artiste était un malade dé- lui fis écouter le bruit de ces gouttes d'eau, qui
posée et une voix éteinte qu'il se portait à mer-
testable. Ce que j'avais redouté, pas assez mal- tombaient en effet en mesure sur le toit, il nia
veille. Il demandait à dîner avec nous, et il
heureusement, arriva. Il se démoralisa d'une les avoir entendues. Il se fâcha même de ce que
s'en allait le soir, grelottant dans son fiacre.
manière complète. je traduisais par le mot d'harmonie imitative.
Voyant combien il s'affectait du dérangement
Il prolestait de toutes ses forces, et il avait rai-
de notre vie de famille, je lui offris de lui louer
son, contre la puérilité de ces imitations pour
HALLUCINATIONS un des pavillons dont je pouvais lui céder une
Son génie était plein des mystérieuses
l'oreille.
partie. Il accepta avec joie. Il eut là son appar-
harmonies de la nature, traduite par des équi-
Supportant la souffrance avec assez de cou- tement, y reçut ses amis et y donna des leçons
valents sublimes dans sa pensée musicale et non
rage, il ne pouvait vaincre l'inquiétude de son sans me gêner. Maurice avait l'appartement
par une répétition servile des sons extérieurs.
imagination. Le cloître était pour lui plein de au-dessus du sien; j'occupais l'autre pavillon
Sa composition de ce soir-là était bien pleine
terreurs et de fantômes, même quand il se por- avec ma fille.
des gouttes de pluie qui résonnaient sur les
tait bien. Il ne le disait pas, et il me fallut le Je vécus ainsi alternativement à Nohant l'été,
tuiles sonores de la Chartreuse, mais elles s'é-
deviner. Au retour de mes explorations noc- et à Paris l'hiver, sans me séparer de Maurice,
taient traduites dans son imagination et dans
turnes dans les ruines, avec mes enfants, je le qui savait s'occuper partout et toujours. Chopin
son chant par des larmes tombant du ciel sur
trouvais, à dix heures du soir, pâle devant son venait passer trois ou quatre mois chaque année
son cœur.
piano, les yeux hagards et les cheveux comme àNohant. J'y prolongeais mon séjour assezavant
dressés sur la tête. Il lui fallait quelques ins- dans l'hiver, et je retrouvais àParismon malade
tants pournous reconnaître. RETOUR EN FRANCE ordinaire, c'est ainsi qu'il s'intitulait, désirant
11 faisait ensuite un effort pourrire, et il nous mon retour, mais ne regrettant pas la campa-
jouait des choses sublimes qu'il venait de com- Doux, enjoué, charmant dans le monde, Cho- gne, qu'il n'aimait pas au delà d'une quinzaine,
poser, ou, pour mieux dire, des idées terribles pin malade était désespérant dans l'intimité et qu'il ne supportait davantage que par atta-
ou déchirantes qui venaient de s'emparer delui, exclusive. Nulle âme n'était plus noble, plus dé- chement pour moi. Nous avions quitté les pavil-
comme à son insu, dans cette heure desolitude, licate, plus désintéressée; nul commerce plus lons de la rue Pigalle, qui lui déplaisaient, pour
de tristesse et d'effroi. fidèle et plus loyal, nul esprit plus brillant dans nous établir au square d'Orléans, où la bonne
composé les plus belles de ces
C'est là qu'il a la gaieté, nulle intelligence plus sérieuse et plus et active Marliani nous avait arrangé une vie
courtes pages qu'il intitulait modestement des complète dans ce qui de son domaine était de famille. Elle occupait un bel appartement
;

préludes. Ce sont des chefs-d'œuvres. Plusieurs mais en revanche, hélas! nulle humeur n'était entre les deux nôtres. Nous n'avions qu'une
présentent à la pensée des visions de moines plus inégale, nulle imagination plus ombra- grande cour, plantée et sablée, toujours propre,
trépassés et l'audition des chaDts funèbres qui geuse et plus délirante, nulle susceptibilité plus à traverser pournous réunir, tantôtehez elle, tan-
l'assiégeaient; d'autres sont mélancoliques et impossible à ne pas irriter, nulle exigence de tôt chez moi, tantôt chez Chopin, quand il était dis-
suaves; ils lui venaient aux heures de soleil et cœur plus impossible à satisfaire. Et rien de posée nous faire de lamusique. Nous dînions chez
de santé, au bruit du rire des enfants sous la tout cela n'était sa fauté à lui. C'était celle de elle tous ensemble à frais communs. C'était une
fenêtre, au son lointain des guitares, au chant son mal. Son esprit était écorché vif ; le pli d'une très-bonne association, et qui me permettait de
des oiseaux sous la feuillée humide, à la vue feuille de rose, l'ombre d'une mouche le fai- voir du monde chez" madame Marliani, mes
des petites roses pâles épanouies sur la saient saigner. Excepté moi et mes enfants, tout amis plus intimement chez moi, et de prendre
neige. lui était antipathique et révoltant sous le ciel mon travail à l'heure où il me convenait de me
— r

LA REINE DES SONGES


Paroles dç Musique de

GEORGE SANO. FR. CHOPIN.

Allegro non troppo.

ma
w w me m (.L112)

f-^r-
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àà u àà M U ii
PIANO.

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"P- I p=f r~r— 2PecL £

.^ J'^A^hJ
)uand l.i lu.

Au bord des lacs hu


ne se
. mi
le .

.
=Hj>pr rptr^
ve Dans un pà.le fa. yon
des, Dans la brume du soir
i
J

De ses
^J'J>u
El. le vient comme un rè
ai. les ra . pi
.

.
jiJ?
ve,

des
Comme u.
Ef .
^ ne
fleurant

vi. si- on. Le du.vet dunoi. seau que pro. raè . ne Le souffle dun lutin, Lui sert de
le flot noir, Sur uuflo.con de blau . cbe é _ eu . me Que le vent vient frôler Elle aime en.

char et mollement l'a . mè . ne Dans les va .. peurs lé. gères du ma. tin.
cor comme u.ne frè. le plu . me Al. 1er, ve . nir, cou. rir et s'en.vo.. 1er.
RONDO
CHOPIN

Prngmeut détachn du RONDO du CONCERTO en Ali (Pi.-mo cl Orchestre)

PU NO.
Ped. « legatissimo ,

rallen
a Tempo
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CHANSON DE ZINGARA
SOUVENIR DU VOYAGE EN ESPAGNE

CHOPIN

Allegro mollo (J=88)


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LE JOURNAL DE MUSIQUE — N° 8. 13, QUAI VOLTAIRE, A PARIS.


JOURNAL DE MUSIQUE

retirer. Chopin se réjouissait aussi d'avoir un avec une facilité et une spontanéité inouïes. Il É ranger à mes études, à mes recherches, et,
1

beau salon isolé ; où il pouvait aller composer est vrai qu'elle se reprenait de même, un mot par suite, à mes convictions, enfermé qu'il était
ou rêver. Mais il aimait le monde et ne profi- maladroit, un sourire équivoque le désenchan- dans le dogme catholique, il disait de moi,
tait guère de son sanctuaire que pour y donner tant avec excès. Il aimait passionnément trois comme la mère Alicia dans les derniers jours de
des leçons. Ce n'est qu'à Nohant qu'il créait el femmes dans la même soirée de fête, et s'en sa vie : « Bah ! bah ! je suis bien sûre qu'elle
écrivait. allait tout seul, ne songeant à aucune d'elles, aime Dieu! »
les laissant toutes trois convaincues de l'avoir Mais si Chopin était avec .moi le dévouement,
exclusivement charmé. la prévenance, la grâce, l'obligeance et la dé-
AMERTUMES ET BIZARRERIES 11 était de même en amitié, s'enthousiasmant férence en personne, il n'avait pas, pour cela,
à première vue , se dégoûtant, se reprenant abjuré les aspérités de son caractère envers
De toutes les amertumes que j'avais non plus
sans cesse, vivant d'engouement plein de char- ceux qui m'entouraient. Avec eux, l'inégalité de
à subir, mais à combattre, les souffrances de
mes pour ceux qui en étaient l'objet, et de mé- son âme, tour à tour généreuse et fantasque, se
mon malade ordinaire n'étaient pas la moindre.
contentements secrets qui empoisonnaient ses donnait carrière, passant toujours de l'engoue-
Chopin voulait toujours Nuhant el ne sup-
plus chères affections. ment à l'aversion, et réciproquement. Rien ne
portait jamais Nohant. [1 était l'homme du
Un trait qu'il m'a raconté lui-même prouve paraissait, rien n'a jamais paru de sa vie inté-
monde par excellence, non pas du monde trop
combien peu il mesurait ce qu'il accordait ds rieure, dont ses chefs-d'œuvre d'art étaient l'ex-
officiel et trop nombreux, mais du monde in-
son cœur à ce qu'il exigeait de celui des autres. pression mystérieuse et vague, mais dont ses
time, des salons de vingt personnes, de l'heure
Il s'était vivement épris de la petite-fille d'un lèvres ne trahissaient jamais la souffrance. Du
où la foule s'en va et où les habitués se pres-
maître célèbre; il songeait à la demander en moins telle fut sa réserve pendant sept ans, que
sent autour de l'artiste pour lui arracher par
mariage, dans le même temps où il poursuivait moi seule pus les deviner, les adoucir et en re-
d'aimables importunités le plus pur de son ins-
la pensée d'un autre mariage d'amour en Po- tarder l'explosion.
piration. C'est alors seulement qu'il donnait
logne, sa loyauté n'étant engagée nulle part,
tout son génie et tout son talent. C'est alors
mais son âme mobile flottant d'une passion à TRISTES SYMPTOMES
aussi qu'après avoir plongé son auditoire dans
l'autre. La jeune Parisienne lui faisait bon
un recueillement profond ou dans une tristesse
accueil, et tout allait au mieux, lorsqu'un jour Mon attachement n'avait pu faire ce miracle
douloureuse, car sa musique vous mettait par-
qu'il entrait chez elle avec un autre musicien de le rendre un peu calme et heureux que
fois dans l'âme des découragements atroces,
plus célèbre à Paris qu'il ne l'était encore, elle parce que Dieu y avait consenti en lui conser-
surtout quand il improvisait; tout à coup,
s'avisa de présenter une ebaise à ce dernier vant un peu de santé. Cependant, il déclinait
comme pour enlever l'impression et le souvenir
avant de songer à faire asseoir Chopin. Il ne la visiblement, et je ne savais plus quels remèdes
de sa douleur aux autres et à lui-même, il se
revit jamais et l'oublia tout de suite. employer pour combattre l'irritation croissante
tournait vers une glace, à la dérobée, arrangeait
Ce n'est pas que son âme fût impuissante ou des nerfs. La mort de son ami le docteur Ma-
sescheveux et sa cravate, et se montrait subi-
froide. Loin de là, elle était ardente et dévouée, thuzinski et ensuite celle de son propre père lui
tement transformé en Anglais flegmatique, en
mais non pas exclusivement et continuellement portèrent deux coups terribles. Chopin, au lieu
vieillard impertinent, en Anglaise sentimentale
envers telle ou telle personne. Elle se livrait de rêver pour ces âmes pures un meilleur
et ridicule, en juif sordide. C'étaient toujours des
alternativement à cinq ou six affections qui se monde, n'eut que des visions effrayantes, et je
types quelque comiques qu'ils fussent,
tristes,
combattaient en lui et dont une primait tour à fus obligée de passer bien des nuits dans une
mais parfaitement compris et si délicatement tra-
tour toutes les autres. chambre voisine de la sienne, toujours prête à
duits qu'on ne pouvait se lasser de les admirer.
Toutes ces choses sublimes, charmantes ou
Il n'était certainement pas
pour vivre fait me lever cent fois de mon travail pour chasser
longtemps en ce monde, ce type extrême de les spectres de son sommeil et de son insomnie.
bizarres qu'il savait tirer de lui-même faisaient
l'artiste. Il y était dévoré par un rêve d'idéal L'idée de sa propre mort lui apparaissait escor-
de lui l'âme des sociétés choisies, et on se l'ar-
que ne combattait aucune tolérance de philo- tée de toutes les imaginations superstitieuses
rachait bien littéralement, son noble caractère,
sophie ou de miséricorde à l'usage de ce monde. de la poésie slave. Polonais, il vivait dans le
son désintéressement, sa fierté, son orgueil bien
Il ne voulut jamais transiger avec la nature cauchemar des légendes. Les fantômes l'appe-
entendu, ennemi de toute vanité de mauvais
humaine. Il n'acceptait rien de la réalité. C'était laient, l'enlaçaient, et, au lieu de voir son père
goût et de toute insolente réclame, la sûreté de
là son vice et sa vertu, sa grandeur et sa mi et son ami lui sourire dans le rayon de la foi,
son commerce et les exquises délicatesses de son
sère. Implacable envers la moindre tache, il il repoussait leurs faces décharnées de la sienns
savoir-vivre faisant de lui un ami aussi sérieux
avait un enthousiasme immense pour la moin- et se débattait sous l'étreinte de leurs mains
qu'agréable.
dre lumière, son imagination exaltée faisant glacées.
Arracher Chopin à tant de gâteries, l'associer
tous les frais possibles pour y voir un soleil. Nohantlui était devenu antipathique. Son re-
à une vie simple, uniforme et constamment
Il était donc à la fois doux et cruel d'être tour, au printemps, l'enivrait encore quelques
studieuse, lui qui avait été élevé sur les genoux
l'objet de sa préférence, car il vous tenait instants. Mais dès qu'il se mettait au travail, tout
des princesses, c'était le priver de ce qui le fai-
compte avec usure de la moindre clarté, et s'assombrissait autour de lui. Sa création était
sait vivre, d'une vie factice il est vrai, car,
vous accablait de son désenchantement au pas- spontanée, miraculeuse. Il la trouvait sans la
ainsi qu'une femme fardée, il déposait le soir,
sage de la plus petite ombre. chercher, sans la prévoir. Elle venait sur son"
en rentrant chez lui, sa verve et sa puissance,
J'acceptais toute la vie de Chopin telle piano soudaine, complète, sublime, ou elle se
pour donner la nuit à la fièvre et à l'insomnie
;
qu'elle se continuait en dehors de la mienne. chantait dans sa tête pendant une promenade,
mais d'une vie qui eût été plus courte et plus
N'ayant ni ses goûts, ni ses idées en dehors et il avait hâte de se la faire entendre à lui-
animée que celle de la retraite, et de l'intimité
restreinte au cercle uniforme d'une seule fa-
de l'art, ni ses principes politiques, ni son même en la jetant sur l'instrument. Mais alors
appréciation des choses de fait, je n'entre- commençait le labeur le plus navrant auquel
mille. A Paris, il en traversait plusieurs chaque
prenais aucune modification de son être. Je res- j'aie jamais assisté. C'était une suite d'efforts,
jour, ou il en choisissait au moins chaque soir
une différente pour milieu. 11 avait ainsi tour à pectais son individualité, comme je respectais d'irrésolutions et d'impatiences pour ressaisircer-

tour vingt ou trente salons à enivrer ou à char-


celle de Delacroix et de mes autres amis enga- tains détails du thème de son invention : ce qu'il

mer de gés dans un chemin diffèrent du mien. avait conçu tout d'une pièce, il l'analysait trop
sa présence.
D'un autre côté, Chopin m'accordait, et je en voulant l'écrire, et son regret de ne- pas le'

peux dire m'honorait d'un genre d'amitié qui retrouver assez net, selon lui, le jetait dans
LE CARACTÈRE DE CHOPIN faisait exception dans sa vie. Il était toujours une sorte de désespoir. Il s'enfermait dans sa
le même pour moi. Il avait, sans doute, pen chambre des journées entières, pleurant, mar-
Chopin n'était pas né exclusif dans ses affec- d'illusions sur mon compte, puisqu'il ne me chant, brisant ses plumes, répétant et chan-
tions ;
il ne l'était que par rapport à celles qui faisait jamais redescendre dans son estime. geant cent fois une mesure, l'écrivant et l'effa-
l'exigeaient; son âme, impressionnable à toute C'est ce qui fit durer longtemps notre bonne çant autant de fois , et recommençant le
beauté, à toute grâce, à tout sourire, se livrait harmonie. lendemain avec une persévérance minutieuse
JOURNAL DE MUSIQUE

et désespérée. Il passai! six semaines sur une mentanément odieux à. cet esprit, incapable de apprécieront mieux la vérité de cette étude, lorsqu'il»
un ébranlement quelconque dans les
se plier à auront essayé sur le piano les oeuvres _qui accompa-
page pour en revenir à l'écrire telle qu'il l'avait
formes sociales. Libre de retourner en Pologne, gnent notre numéro d'aujourd'hui.
tracée du premier jet.
J'avais eu longtemps l'influence de le faire ou certain d'y être toléré, il avait préféré lan-

consentir à se fier à ce premier jet de l'inspira- guir dix ans loin de sa famille qu'il adorait, à
tion. Mais quand il n'élait plus disposé à me la douleur de voir son pays, transformé et déna-
croire, il me doucement de l'avoir
reprochait turé. Il avait fui la lyrannie, comme maintenant Nouvelles de Partout
gâté et de n'être pas assez sévère pour lui. J'es- il fuyait la liberté !

sayais de le distraire, de le promener. Quelque- Je le revis un instant en mars 1818. Je. serrai

fois emmenant toute ma couvée dans un char sa main tremblante et glacée. Je voulus lui
^eance. — Dans son rapport sur le budget
"|^T\ des beaux-arts, M. Bardoux plaide la cause
à bancs de campagne, je l'arrachais malgré lui parler, il s'échappa. C'était à mon tour de dire
)des professeurs du Conservatoire dont le«
à cette menais aux bords de la
agonie; je le qu'il ne m'aimait plus. Je lui épargnai celle
traitements n'ont pas varié depuis quatre-
Creuse, et, pendant deux ou trois jours, perdus souffrance, et je remis tout aux mains de la Pro- vingts ans. Sur 65 professeurs, 4 seulement,
au soleil et à la pluie dans des chemins affreux, vidence et de l'avenir. reçoivent 2,500 francs et ce sont les mieux rétribués ;

nous arrivions, riant et affamés, à quelque site les autres traitements varient de 300 a 2,000 francs
magnifique où il semblait renaître. Ces fatigues par an. Ces chiffres semblent presque dérisoires.

le brisaient le premier jour, mais il dormait !


MORT DE CHOPIN Aussi nous espérons que Chambre
n'hésitera pas
la

à augmenter de 23,500 modeste budget,


francs le
Le dernier jour, il était tout ranimé, tout ra-
Je ne devais plus le revoir. Il y avait de de notre grande école de musique, ainsi que le
jeuni, en revenant à Nohant, et il trouvait la
mauvais cœurs entre nous. demande l'honorable M. Bardoux.
solution de son travail sans trop d'efforts; mais Une partie de cette somme serait attribuée à la
On m'a dit qu'il m'avait appelée, regrettée,
il n'était pas toujours possible de le déterminer création de quatre places d'accompagnateurs à 1,000
aimée finalement jusqu'à la fin. On a cru de-
à quitter ce piano qui était bien plus souvent francs, ce qui serait une excellente innovation.
voir me le cacher jusque-là. On a cru devoir lui
son tourment que sa joie, et peu à peu il témoi-
cacher aussi que j'étais prête à courir vers lui.
gna de l'humeur quand je le dérangeais. Je
On a bien fait, si cette émotion de me revoir
n'osais pas insister. Chopin fâché était effrayant, Le Roi Lahore, de M. Massenet, sera donné a
eût dû abréger sa vie d'un jour ou seulement
et comme, avec moi, il se contenait toujours, l'Opéra au commencement de l'année prochaine. La
d'une heure. Je ne suis pas de ceux qui croient distribution des rôles n'est pas encore complète,
il semblait près de suffoquer et de mourir.
que les choses se résolvent en ce monde. Elles mais nous croyons savoir que l'œuvre nouvelle aura
ne font peut-être qu'y commencer, et, à coup pour principaux interprètes de Rcszké, MM. M 1 '

LE GRAIN DE SABLE sur, elles n'y finissent point. Celte vie d'ici-bas Salomon et Lasalle.
est un voile que la souffrance et la maladie
Ma vie, toujours active el rieuse à la surface, rendent plus épais à certaines âmes, qui ne se
Notre pauvre Opéra- Comique est toujours dans
était devenue intérieurement plus douloureuse soulève que par moments pour les organisa-
une situation des plus critiques. Mais M. Wadding-
que jamais. Je me désespérais de ne pouvoir tions les plus solides, et que la mort déchire
ton est, paraît-il, décidé à lui venir en aide, en faisant
donner aux autres ce bonheur auquel j'avais pour tous. acheter tout le matériel par l'État.
renoncé pour mon compte car j'avais plus d'un ;
Garde-malade, puisque telle fut ma mission Celte combinaison aplanirait bien des difficultés,
sujet de profond chagrin contre lequel je m'ef- pendant une notable portion de ma vie, j'ai dû et rendrait surtout moins périlleuse la position du
forçais de réagir. L'amitié de Chopin n'avait accepter sans trop d'étouoemenl et surtout sans directeur futur. Nous espérons donc de tout cœur
jamais été un refuge pour moi dans la tristesse. dépit les transports et les accablements de qu'elle aboutira.

Il avait bien assez de ses propres maux à sup- l'âme aux prises avec la fièvre. J'ai appris au
porter. Les miens l'eussent écrasé, aussi ne le g chevet des malades à respecter ce qui est véri-
^PÈfeC^TRANGEE. — L'abbé Liszt aura toutes les
connaissait-il que vaguement et ne les compre- tablement leur volonté saine et libre, et à par- Iw^'gloires. Déjà le roi de Hollande avait fait
I

nait-il pas du tout. Il eût apprécié toutes choses donner ce qui est le trouble et le délire de leur TjHçjj, frapper des médailles
d'or à l'efligie du
à un point de vue du mien.
très-différent fatalité. lÔipSy^célèbre pianiste, pour les distribuer aux

A la suite des dernières rechutes


du malade, J'ai été payée de mes années de veille, d'an- du Conservatoire de La Haye. La
élèves

sou esprit s'était assombri extrêmement, etMau- goisse el d'absorption par des années de ten- Hongrie, voulant faire mieux, vient de lui offrir un
sabre d'honneur. C'est la première fois, croyons-
rice, qui l'avait tendrement aimé jusque-là, fut dresse, de confiance et de gratitude qu'une
nous, qu'on offre à un musicien un instrument de
blessé tout à coup par lui d'une manière im- heure d'injustice ou d'égarement n'a point an-
cette nature, et par un singulier hasard, le musicien
prévue pour un sujet futile. Ils s'embrassèrent nulées devant Dieu. Dieu n'a pas puni, Dieu
que l'on veut honorer ainsi se trouve être un ecclé-
un moment après, mais le grain de sable était n'a pas seulement aperçu cette heure mauvaise
siastique.
1umbé dans le lac tranquille, et peu à peu les dont je ne veux pas me rappeler la souffrance. Espérons du moins pour l'abbé Liszt qu'on ne
uilloux y tombèrent un à un. Chopin fut irrité Je l'ai supportée, non pas avec un froid stoï- l'obligera pas à porter en public le sabre qui vient de
souvent sans aucun motif et quelquefois irrité cisme, mais avec des larmes de douleur et pii être décerné et qui jurerait terriblement avec

ajustement contre de bonnes intentions. Je vis d'enthousiasme, dans le secret de ma prière. El l'austérité de la soutane.
h. mal s'aggraver el s'étendre à mes autres en- c'est parce que aux absents, dans la vie
j'ai dit

fants. Tout cela fut suppjrté; mais enfin, un ou dans la mort « Soyez bénis
: » que j'espère !

cœur de ceux qui me fermeront Nous avons parlé déjà des représentations wagné-
jour, Maurice, lassé de coups d'épingles, parla trouver dans le

même riennes de Baireulh. On vient de faire frapper à cette


• le quitter la partie. ne pouvait pas
Cela et ne les yeux la bénédiction à ma dernière
occasion une médaille commémorative portant sur
• levait pas être. Chopin ne supporta pas mon heure.
une des faces le portrait de Richard Wagner, et sur
intervention légitime et nécessaire. Il baissa la
l'autre un groupe où se trouvent réunis les princi-
léte et prononça que je ne l'aimais plus.
paux personnages des opéras du maître. Le sujet
Nota. —
Notre première pensée avait été de donner n'était pas des plus aisés, mais il parait que le gra-

en un seul numéro toutes les pages que George Sand a veur s'en est admirablement tiré. Il a su représen-
AMITIÉ BRISÉE
consacrées à Chopin. Mais quelque intérêt que pré- ter ensemble les ligures assez disparates de Siegfried,
sente au point de vue artistique ce morceau littéraire, de Brunhilde, de Walhure, de Wotan etmettre côte
Quel blasphème après ces huit années de dé-
nous n'avons pas cru qu'il devait nous faire négliger à côte le chevalier Tanhauser,
le chevalier au cygne
nuement maternel! Mais le pauvre cœur froissé du Vaisseau fantôme,
complètement nos nouvelles musicales. Nous avons du Lohengrin el le Hollandais
n'avait pas conscience de son délire. Je pensais
donc préféré réserver à ces dernières au moins une sans oublier les du Rhin du Rheingold. L'artiste
filles
que quelques mois passés dans l'éloignement et petite colonne, et renvoyer à notre prochain numéro qui a accompli ce tour de force est M. Charles
le silence guériraient celle plaie et rendraient la fin de notre extrait. Wiener.
l'amitié calme, la mémoire équitable. Mais la nous reste à publier est comme
D'ailleurs, ce qu'il
l'évolution de février arriva, et Paris devint mo- la synthèse du génie de Chopin, et nos lecteurs Paris. — L'imp -Gérant,
r
A. Dourdilliat, 13, quai Voltaire.
.

PREMIÈRE ANNÉE — No 9

Dans léchant, les lauréats ont ou bien quel- vera sans doute une récompense aux concours
que talent et pas assez de voix, ou bien quelque de l'an procha.in.
Sommaire voix et peu de talent. Ce n'est pas encore cette M" c Blum n'a plus qu'à redouter les pièges
année que notre Opéra-Comique trouvera des que l'opérette va lui tendre, car elle a bien de
MUSIQUE :

recrues pour la troupe qui lui manque et l'O- la finesse dans le jeu et un minois bien chif-
1. Le Concerto de Bébé. péra n'a guère sur la planche — pour ses plan- fonné et bien spirituel.
Musique de Haydû.
ches — qu'uu ténor, M. Sellier, qui est comme M 110
Gélabert a de petits airs d'âme en peine
2. Nocturne russe. le Marcel des Huguenots « un diamant brut qui lui vont à merveille ; mais sa voix est en-
Traduction inédite.
enchâssé dans du fer». Le diamant a besoin un peu
,

core t< clair de lune ».


3. Hymne national serbe. d'être taillé et enchâssé dans une plus riche M. Queulain, qui a enlevé prix de chant et

TEXTE : Concours du Conservatoire. — Les monture. On dit que cet élève travaillait, naguère, prix d'opéra-comique, n'a plus grand'chose à
Fêtes de Baireuth. — Notre Musique. — La chez un marchand de vin : on ne peut donc s'é- apprendre comme chanteur ; il a beaucoup à
Polka burlesque. — Fin de l'étude de George tonner si, d'une année à l'autre, il n'a pas perdu gagner comme acteur. Quant à M. Maris, qui
Sand sur Chopin. — Nouvelles de partout.
lesmauvaises habitudes qu'on peut y prendre, a partagé avec lui le premier prix d'opéra-co-
comme chanteur ! mique, il piaffe, gesticule, crie, se démène, gi-

Quel dommage que M. Pellin ait si peu de gotte, s'échevèle; enfin il brûle les planches
Concours du Conservatoire voix; c'est déjà un chanteur accompli, doué d'une façon inquiétante. C'est un « agité » que
d'une sensibilité naturelle tout à fait communi- ses professeurs devront <i doucher » pour le

cative, émettant le son avec une justesse et une rendre raisonnable.


es concours publics du Conservatoire netteté parfaites et articulant le mot avec une Consignons ici les résultats des concours à
n'ont jusqu'ici amené la révélation distinction rare. On peut exprimer les mêmes huis clos et des premiers concours publics.
d'aucun artiste destiné à prendre le regrets à l'égard de M Uo Lafond. Mais on doit

^premier rang dans son art peut-être s'étonner de voir entretenir dans une fâcheuse Résultats des Concours à liuis clos :

seulement M. Thibaut, premier prix de piano, erreur des élèves comme lu Boulart, par M
SOLFEGE DES CHANTEURS
nous semble-t-il appelé à être classé plus tard exemple, du gosier de laquelle s'échappent des
parmi les virtuoses renommés; c'est une nature notes de petite flûte fêlée, et que l'on a tort Classe des hommes. l
re Médaille. — M. Maris,
privilégiée que sert à merveille un mécanisme d'encourager ainsi à embrasser une carrière qui élève de M. Danhauser.
déjà très-souple et un style très-châlié, grâce ne lui rendra certes pas ses'embrassemenls. 2 0S Médailles — MM. Lorrain, élève de
auquel il exprime noblement la pensée des M" B Mendès a de l'avenir, car elle a, jeune L. Danhauser, et Villaret, élève de M. Hey-
maîtres. Il a cherché la poésie que Beethoven encore, de l'acquit et une voix faite pour gagner berger.
a mise dans la sublime sonate Ml, et il l'a en ampleur et en timbre ; on en peut dire au- 3 e Médaille. — M. Sellier, élève de M. Dan-
trouvée : c'est assez dire. tant de M llG
Vaillant qui, avec du travail, enlè- hauser.
1 M

JOURNAL DE MUSIQUE

Classe des femmes. — l


T " Médailles. — AI ,lcs M" e Hardoûin ; Ramat (Marguerite), Bardout, 2° Prix. —
Al" es Aliclos et Heyberger, élèves
M. Alou- Kleeberg, élèves deAl"°Donne; Gonthier, élève de me Alassart.
Puisais, Castillonet Boulard, élèves de Al

zin. de AI" C
Roulle; Colombier, élève de M" Har- or — m Ucs Brzezcka,
l Accessit. élève de
2" Médiill'S. — M" es Tisserand, Esposito,
doûin.
M. Delaborde, Lagoanère et Barreau, élèves de
élèves de M. Duvernoy, et Regaudiat, élève do ÉTUDE DU CLAVIER. M mc Alassart, Decagny, élève de M. Lecouppey.
M. Mouzin.
i
tcs
Médailles. — AI llos Chrétien, élève de

Acce-sit. AI Ues —
Halbronn , élève de
3 CS Médailles. — M lics
Dupuis, élève de
Mmo Réty ; Colombier, Desmazes, élèves de Al. Lecouppey, Rousseau-Langweld, élève de
M. Mouzin, et Ingman, élève de M. Duvernoy. Al m0 Chéné ;
Chandelier, Collin, élèves de M Alassart, Vacher-Gras, élève de M. Le-
mo

Al mo
couppey.
Nous remarquons avec plaisir le succès très- AI me Réty; Cœur, élève de Tarpet; Cour-
grand de la classe de AI. Danhauser dans ces taux, élève de AI me Réty.
premiers concours: trois nominations sur quatre 2 0S Médailles. — Al llos
de Larriba, élève' de
Classe des hommes. — 1" Prix. — M. Queu-
accordées par le jury; cela est un résultat ca- Al me Tarpet; Ramat (Marie), élèvede AI™ Réty,
pable de flatter l'amour-propre du professeur.
lain, élève de M. Grosset; AI. Alaire, élève de
.

AI. Roger, élève de AI. Anlhiome ; M llcs Mau-


Le jury se composait de M. Ambroise Tho-
AI. Bax, et M. Furst, élève de AI. Bax.
rice, élève de AI m " Chéné; Poiraux, élève de
mas, président; MM. François Bazin, Marmonlel, AI mo Tarpet; Kin, élèvede AI mc Réty. 2° Prix. — M. Pellin, élève de AI. Bussine,
Savart, Alkan, Valenti, Lavignac, Oscar Comet- Demazy, élève de AI. Boulanger.
tant et Verrai Ue.
3" Médailles. — Al" cs
Dupuy (Alarie), élève
et AI.

de M mlJ