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P REMI-ERE ANNEE N» 1

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CE JOURN

Parait tous les Samedi

BUREAUX : 13, QUAI VOLTAIRE,

PARIS

SAMEDI 3 JUIN 1S7

PI1IX DES A.BOXNBUBHTS POIK PARIS ET LES DEPARTEMENTS

Un an, 18 fr. Six mois, 9 fr. Trois mois, 4 t'r. 50. Un mois, 1 l'r. 50. Un n°, 40 c. Les abonnements partent des 1" et 16 de chaque mois.

Adresser tes demandes à M. Bourdilliat, Administrateur du Journal de Musique.

Sommaire :

MUSIQUE : 1. Sorrentine de « Piccolino ».

Musique de Guiraud.

2. Marche à la hongroise.

Musique de Schubert.

TEXTE : A nos lecteurs. Semaine musicale. Album anecdotique. Musique du numéro.

Noire prochain numéro. Nouvelles de par- tout. Orphéons.

Adresser ce qui concerne spécialement la rédaction

du journal et la musique à M. Armand Gouzicn, au

bureau du journal, 13, quai VuUaire.

A nos Lecteurs

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n oréant le Journal de Musique nous répondons au désir que nous

ti£~i^ ont. bien souvent exprimé les nom-

breux lecteurs de nos publications pério-

diques, à quelque classe qu'ils appartien-

nent.

Il existe eu France un très-petit nombre

de journaux de musique, leur prix est

relativement élevé, et les primes musi- cales qu'ils donnentse réduisent générale-

ment, chaque semaine, à un morceau de

musique; pourtant, grâce au développe-

ment du goût musical en France, grâce

à l'activité, aux relations, à l'honorabilité

de leurs propriétaires; grâce au

soin

avec lequel y sont traitées par d'émi- nents écrivains les grandes questions

d'histoire et de critique musicales, ces

journaux ne se nuisent point les uns aux autres et prospèrent depuis un grand nombre d'années.

Les éloges que nous leur donnons ici,

en saluant des confrères anciens,

comme le nouvel arrivant dans un salon y salue les personnes présentes, ces

éloges, nous espérons bientôt les obtenir d'eux; car nous ne ferons que répandre, par des ressources nouvelles, le goût d'un

art auquel ils rendent chaque jour de

signalés services.

plus

étendu, à cause de l'extrême bon mar-

Nous

atteindrons

un public

ché de notre publication; nous l'attein-

drons sûrement, car

aussitôt

que la

première nouvelle de l'apparition du

Journal de Musique a été donnée, il est venu à nous avec un empressement

qui

nous a prouvé que notre journal

répond à un

vrai besoin;

c'est par

milliers

que nous

comptons déjà les

adhésions à notre publication, avant

même que ce public ait pu s'assurer si

elle sera conforme à ses désirs.

Tout nous porte à croire que nous-

dépasserons ses espérances : ces abonnés de la première heure qui nous viennent

de toute part, n'auront qu'à s'applaudir

de la confiance qu'ils nous ont témoi-

gnée,

et nous comptons bien encore

qu'en retour de

satisfaire ils propageront autour d'eux

une œuvre à laquelle ils se sont si spon-

tanément assoeiés.

nos

efforts pour les

C'est

à leur zèle que nous confions,

dès aujourd'hui, le programme que nous leur adressons avec ce premier numéro.

La Direction du Journal de Musique.

Semaine Musicale

A

semaine a été assez pauvre, et la

critique n'a guère qu'une reprise du

1 Requiem de. Verdi à se mettre sous la

^dent. Ce « morceau» lui ayant été déjà

servi, il y a une année, avec les mêmes inter-

prètes,

on en a déjà beaucoup parlé, et nous

n'y reviendrons que pour constater la grandeur

de l'œuvre, le retentissement du succès, le ta-

lent des interprètes, M mes Sloltz et Waldemann,

MM. Masini et Medini, la solidité des chœurs

et la bravoure de l'orchestre, qui ont ^enlevé

cette partition redoutable, sous la conduite

électrisante de Verdi lui-même.

Ce nom illustre, qui revient encore à ce pro-

pos dans toutes les bouches, réveille en nous

des souvenirs qui intéresseront peut-être nos

lecteurs autant que l'aride critique d'une œuvre

déjà connue. Si ce Requiem est le premier de Verdi, ce ne

sera pas le dernier, car il en prépare un, dédié

mais, s'il n'en

à la mémoire de

Donizelti ;

avait point écrit un entier avant celui que nous

applaudissons aujourd'hui, il avait déjà colla-

boré à une messe de Requiem fameuse et qu'il

serait bien curieux

de connaître.

Qu'on en

juge.

Ce fut le maestro qui proposa pour la messe

en l'honneur et à la mémoire de Rossini de la

faire composer ainsi :

Au maestro Buzzola : Requiem seternam. Au

maestro Bazzini : Oies irœ. Au maestro Pe-

drotti : Tuba mirum. Au maestro Gagnoni :

Quid sum miser ? Au maestro Ricci : Recordare.

Au maestro Nini : Ingemisco. Au maestro Boucheron : Confu'atis. Au maestro Coccia :

La> rymosa. Au maestro Gaspari : domine Jesu.

Au maestro Platania : Sanctus. Au maestro

Petrella : Agnus Dei. Au maestro Mabellini :

'

Lux seterna.

Verdi se réserva le Libéra me. Est-ce celui

qu'il a placé dans sa Messe? S'il en était ainsi,

dous croyons être vraisemblable en disant que

ce devait être la page capitale de cette œuvre

faite en collaboration.

C'est à un homme de loi que Verdi doit peut-

être de n'avoir pas fait moudre de la farine dans

le moulin de son père; et, comme disait Rossini,

qui ne reculait pas devant un calembour,

de travailler dans le « son. »

Il se nommait Antonio Barezzi; ce fut lui qui

découvrit

génie, et qui lui facilita les premières études.

Les autorités du Conservatoire, moins perspi-

caces, refusèrent-elles de l'admettre ou le ren-

voyèrent-ellesaprès une courte épreuve, c'est un

point sur lequel les biographes ne sont pas

d'accord. Quoi qu'il en soit, le jeune musicien

fut éconduit comme n'ayant aucune dispo-

sition. Nullement découragé par cet échec,

Verdi eut recours au professeur Lavigna, qui

dans le jeune Verdi le

germe du

JOURNAL DE MUSIQUE

remplissait les modestes fonctions de maître

des cymbales à la Scala. La méthode de Lavigna

consistait à faire composer par ses élèves des

morceaux qu'il corrigeait ensuite. Cette mé-

thode, fort simple, n'était réellement pas trop

mauvaise, s'il faut en juger par le résultat.

La chronique ajoute que lorsque, après avoir

ainsi travaillé plusieurs années, Verdi présenta

son Nabueo au directeur de la Scala, son

ancien patron, le légiste, vint encore à son

aide en le cautionnant d'une forte somme, ce

qui décida l'acceptation de l'ouvrage par l'im-

présario récalcitrant. Nabueo réussit au delà de

toute espérance, et fil la réputation

de Verdi,

qui fut appelé vingt fois devant la rampe le

soir de la première représentation. Tandis que

l'heureux compositeur répondait de son mieux

par ses saluts aux bravos enthousiastes du

public, son œil rempli de larmes cherchait au

fond d'une loge le vieux meunier de Busseto,

dont le cœur paternel devait tressaillir en pré-

sence d'une telle ovation.

Que de chemin fait depuis et quelles trans-

formations fécondes dans l'auteur de tant de

composilions souvent sublimes, parfois trop hâ-

tives, jusqu'à cette apothéose de VAîda et du

Requiem! Quelle popularité immense et quelle

gloire; la gloire avec ses revers, par exemple :

la cruelle piqûre de tant de

mélodies sur les

cylindres qui servent à moudre de la musique

dans ces « orgues » si justement qualifiées de

n Barbarie ».

Vous souvient-il des fêtes publiques qui, au

15 août, faisaient sortir de chaque pavé un de

ces instruments de torture?'Nous avons retrouvé dans notre carnet une boutade d'Ixel, qui

donne une ingénieuse idée de ce supplice dont

a nous, il n'y avait que nos oreilles d'écorchées;

et lui, on l'écorchait vif, tout entier :

Verdi

dû souffrir plus qu'un autre;

car,

Est-ce le tonnerre

Qui gronde à six heures?

mais non,

Boum I

boum!

ce n'est que le canon.

En se retournant on espère

Se rendormir

bon!

Patatras!

Un orgue écorche avec fracas

Le « Miserere » du Trouvère.

Il est sept heures!

Le butor!

On peste

a Adieu, ma Léonor. »

On trouve Verdi monotone

Et l'on maudit son troubadour

o Miserere » pour un tel jour

Quel joli prologue!

On fredonne

En maugréant et malgré soi :

Quinze août

<c Mon cœur est à toit »

Quinze août

« La mort m'environne! »

Quinze août

« Déjà (heure sonne! »

Ah I quel bourreau que ce Verdi I

L'orgue s'éloigne

On respire, on se félicite; Si l'on s'assoupissait un peu?

Allons

Il est parti.

« Ma Léonor, adieu!»

Peut-être est-ce le secret de la transforma-

tion du génie de Verdi : il n'aura changé de

manière que pour échapper au supplice du

cylindre et de la manivelle!

Album Anecdotique

~<y\ 'autre semaine est mort un type que

Charles Yriarte avait accroché dans sa

lf«

_ ' curieuse galerie des célébrités de

la

ciLÊs^drue, l'ancien éditeur Bernard Latte, qui,

par sa maigreur, justifiait son nom. Il avait eu

son heure de prospérité et la bohème l'avait

repris. Loustalot a tracé de lui un portrait res-

semblant :

Maigre, porté sur des jambes qui semblaient

demander grâce et n'obtenaient de son activité

ni trêve ni merci; le nez rouge comme la lan-

terne d'un commissaire de police, l'œil toujours

vif surmontant la narine ouverte du flaireur de

pistes, ce juif errant, moins les cinq sous inces-

samment renouvelés, était la personnification

humaine de la pierre qui roule sans amasser de

mousse. Que de petits métiers il a exercés de-

puis la chute de ses grandes affaires! Fondaleur

du casino Paganini, qui s'effondra entre ses

mains; placeur de billets de loterie dans les bu-

reaux de tabac quund on avait obtenu, pour

quelque œuvre de bienfaisance, l'autorisation

d'un tirage; pourvoyeur de danseuses pour les

bals publics en France et à l'étranger; remor-

queur d'étoiles en strass pour les cafés-concerts,

après l'éclipsé de sa bonne étoile à lui et la dis-

parition des vraies étoiles dans, l'orbite des-

quelles il avait vécu, ce dénicheur de merles et

de fauvettes sut pourtant trouver une fois la pie

au nid. N'est-ce pas lui qui découvrit Thérésa?

la chanteuse populaire.

Mais s'il y a des mains fortunées dans les-

quelles le cuivre devient or, il y a aussi

mineurs qui n'aperçoivent le filon que pour le

des

perdre, et il

semble que ce fut sa dest ; née à lui

de ne point échapper à l'arrêt fatal du ne vos

non vobis qui sert d'épigraphe à certaines exis-

tences avant de servir d'épitaphe à leur tombe.

Infatigable chercheur de perles, il en trouva plus d'une fois, mais il n'en sut jamais garder

pour lui que la coquille; heureux encore si, à

force de chercher partout, il ne lui fût resté un

peu de fumier aux doigts! Je ne l'ai jamais connu, pour ma part, qu'accroché à des épa-

ves; et, pourtant,'dans ce naufrage après lequel

il ne devait trouver d'antre port que le cime-

tière, on ne le vit jamais désespéré ou simple-

ment de mauvaise humeur.

Bernard Latte ne manquait pas d'esprit.

Il eut, un jour, une discussion très-vive avec

un chanteur de café-concert qu'il avait placé,

mais qui trouvait la reconnaissance « écrite un

doute, car il s'ou-

peu haut »

pour lui, sans

blia jusqu'à lever un jour la main sur son

bienfaiteur.

Tenez, je ne vous frappe pas, lui dit-il,

parce que vous êtes trop vieux, mais vous pou-

vez vous considérer comme gil'flé. <•.

Eh bien ! soit : il me répugne de me bat-

tre avec un malotru de votre espèce; mais vous

pouvez vous considérer comme mort.

SORRENTINE

Paroles de

SAROOU ei NLUTTER

Chantée daus PICCOLINO par !9™ Call!- Marié.

PlA.NO.

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Musique de

ERNEST GUIRAUO

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La Partition de PICCOLINO est éditée chez MM. Durand. Scbœmverk et. C! e

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pour le JOURNAL DE MUSIOUt.

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Il est sorti du cerveau de Vivier (qui donnait l'autre soir son beau concert) aulant décharges

qu'il est sorti de notes de son cor magique. C'est

lui qui déclare qu'il se croitsuffisamment connu

pour qu'on ne puisse pas dire de lui qu'il est

comme certaines notes de son instrument « bou-

ché ».

La démolition actuelle de la maison qui fait

le coin du faubourgSaint-Deniset du boulevard

a rappelé à Fervacques une de ses charges épi-

ques.

Dune, une après-midi, au moment de la cir-

culation la plus aclive sous la porte Saint-Denis,

Vivier, armé d'une chaîne d'arpenteur et d'un

niveau d'eau se poste devant la maison Jouvin

et se met à tracer à la craie

des

figures et des

chiffres sur le trottoir. Survient un bourgeois,

vous, moi, le. premier venu.

Le iourgeois. Pardon, monsieur, vous

Vivier, trés-sérieux. Monsieur, je prends de* mesures. On va abattre la maison Jouvin.

Le bourgeois, mvi. Ah! ah! Il en était fort

question, en effet, eteelfl depuis bien des années.

Mon journal

Vivier, saisissant une des po'qjiées de la chaîne

d'arpenteur li la plaçant dans

bourgeois :

Pardon, monsieur, voulez-vous êlre assez

bon pour tenir cette extrémité de la chaîne : je

malade, et je dois

suis seul, mon employé est

traverser la rue.

la main

du

Le rourgfois, majestueux :

Comment donc, avec plaisir! Trop heureux

de contribuer à un embellissement qui

La chaîne tendue barre complètement le fau-

bourg Saint-Denis. Les voilures s'arrêlent. On

s'amasse.

De l'autre côté du faubourg, Vivier recom-

mence ses calculs. Nouveaux bourgeois, nou-

velle intervention. La chaîne a désormais deux

imbéciles pour breloques. Vivier s'éclipse.

Cinq minutes se passent. Agglomération de

voitures. Foule. Tempête de cris et de jurons.

Entrée de deux agents qui s'adressent poliment

au bourgeois 1 :

A vez-vous bientôt fini, monsieur?

Je n'en sais rien, l'employé de la ville est

de l'autre côté du faubourg.

Traversée du faubourg. Ils se dirigent vers le

n° 2. Les voitures sont plus nombreuses que les

sables de la rue. Dix-huit omnibus sont à la

file.

"

A vez-vous bientôt fini? disent les agents

au 2. Le 2, endide. Je ne sais pas. Adressez-

vous en face, à l'employé de la ville!

- les agents se consultent et coffrent les deux bourgeois.

Pendant les quelques semaines qui précé-

dèrent son concert, le spirituel artiste envoyait

souvent à un journaliste de ses amis de petites

notes sur" cette solennité, qu'il ornait générale-

ment de quelque saillie inattendue.

La dernière portait en marge cette observa-

JOURNAL DE MUSIQUE

tion, à côté d'une

écrite:

portée la

« Encore ce musicien!

«C'est indiscret; mais c'est

note

si

était

si naturel. »

Cela rappelle le bracelet-rébus offert par des

diletlanti russes enthousiastes à une chanteuse

française : Une portée avec trois noies de musi-

que et celte dédicace: A la do

du public.

Musique du Numéro

(ev2'SX£)P DS publions dans cejnméro un des

(? f\T morceaux ' es P' us applaudis du ravis-

tHq/v sant opéra-comique de M. Guiraud,

^"SL^-il écrit sur l'amusant poëmede MM. Sur-

don et Nuitler. Les éditeurs Durand et Schœ-

newerk nous ont gracieusement autorisés à pu-

blier cette Sorrenline si pittoresque que l'on

bisse chaque soir, et qui donnera certainement

à nos lecteurs le désir de connaître une

charmante partition.

aussi

Schubert a laissé

hongroise, à quatre

un

mains,

divertissement à la

en

peu connu

France, et que Remenyi,

Hongrois de nais-

la trans-

cription pour quintiior qu'il vient d'en faire.

C'est la marche de ce divertissement que nous

avons fait arranger a deux mains ponr le Jour- nal de Musique.

sance, rendra bientôt célèbre

par

Notre prochain Numéro

P <' _!?!•: numéro contiendra la chanson alsa-

'Mla c ' enne des Amoureux de

Catherine, qui

rivKy a * le > P en danl quelques

'iUÊli'par la censure à cause des sentiments

ardemment patriotiques qu'elle exprimait et

qu'on redoutait de voir se produire, en ce mo-

ment, sur un théâtre. Une simple modification

dans la forme des vers a suffi pour calmer les

appréhensions de la commission d'examen ; mais le public a su en dégager la pensée

pre-

mière et a acclamé ce chant rustique tout em-

preint du souvenir de la patrie perdue.

jours, retenue

Avec cette chanson, nous donnerons un des

airs de ballet des Urinnyes, drame antique de

Leconte de Lisle sur lequel M. Massenet a écrit

une partition du plus grand caractère ; c'est la

pantomime qui a pour titre : « la Troyenne re-

grettant sa patrie. »

Un des plus redoutables critiques musicaux de.

la presse parisienne, M. Benedict, du Figaro, a

donné de ces airs de ballet une appréciation que nous nous hâtons de reproduire.

« Par l'effet piquant des rhythmes, dit-il, qui

donnent aux motifs dansants des cadences impré-

vues et toujours originales, par le jeu croisé des

limbresquiéveillenlaux quatre coins de l'orches-

tre toutes sortes de voix charmantes et comme de3

pétillements sonores dont l'oreille ne cesse pas

d'être surprise et

Erinnyes, comme le sonnet célébré par Boileau,

vaut seul un long opéra. »

« Dans le tournoiement vertigineux de ces airs

de danse, il faut signaler ces dons d'une ima-

gination heureuse et féconde que la science ne

donne point, et qui même pour les choses

légères d'un ballet font rencontrer à la fois,

pour un compositeur bien doué, l'originalité de la forme mélodique et harmonique, et cette in-

dividualité du style qui est la signature recon-

nue par tous des ouvrages qu'il écrit. »

ravie, ce

petit

ballet des

Nouvelles de Partout

<Tï£--<:rance. L'ancienne Société