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IV.

OPÉRATEURS
1) Définitions.

Un opérateur, A, est un être mathématique qui à tout ket


|Y> appartenant à E fait correspondre un autre ket |f>
appartenant à E. C'est donc une application de E dans E :

|Y>  A |Y> = | f>.

• A est un opérateur linéaire si:


A(l|Y> +m|F> ) = lA |Y> +m A |F>
l et m sont des complexes.
Somme : (A + B) |Y> = A |Y> + B |Y>
Produit : (AB) |Y> = A (B |Y> )

L'action du produit AB sur |Y> ne donne pas en


général le même résultat que l'action du produit BA.

C'est pourquoi on définit le commutateur de A et B


que le note [A,B] et est égal à AB-BA.

Si [A,B] = 0, on dit que A et B commutent.


Soient |Y> et |F> deux kets appartenant à E, le
nombre complexe <F|A|Y> est appelé élément de
matrice entre |F> et |Y>.
Étant donné une base, un opérateur A est
représenté par une matrice dont les éléments
sont:

cas discret : {|ui > }  < ui| A |uj > = Aij


cas continu : {|Wa>} <Wa|A|Wa'> = A(a,a')
i et a indices ligne; j et a' indices colonne.

2) opérateur adjoint de A.
Soit A un opérateur linéaire agissant sur les
éléments de E, on désigne par A+ l'opérateur
adjoint de A défini par:
<F|A+|Y> = (<Y|A |F>)*
|F> et |Y>  E
Dans une base, la matrice représentant
A+ est donc la transposée conjuguée de la
matrice représentant A dans cette base.

Exemple : dans {|ui >}:


A ij = < u i A u j >= (< u j A u i >) = (A ji )
* *
 Si A |Y > = | f > ===> < f | = < Y | A.
En effet, quelque soit |ui > appartenant à E, on a:

< f u j = ( < u i f = ( < u i A / = (<  A / u i



* *

 < f / =< / A 

• On peut établir sans difficultés les propriétés


suivantes:
 
(A ) = A (lA) = l A
 * 

 
( A  B) = A  B  ( A B)  = B  A 
Remarque
Avec la notion de A+, on peut établir l'adjoint
d'une expression quelconque contenant tous
les symboles utilisés en notation de Dirac.
Pour cela, il suffit de remplacer ket |Y> par bra
<Y|, bra <F| par ket |F>, opérateur A par
opérateur adjoint A+, nombre complexe l par
nombre complexe conjugué l* et inverser
l'ordre d'écriture de ces symboles.
3) Opérateur inverse. Opérateur unitaire
A 1 est un opérateur inverse de A si AA 1 = A 1 A = 1
où 1 est l'opérateur identité;

(opérateur qui ne modifie pas le ket auquel on


l'applique: 1|Y> = |Y>).
Dans ces conditions, si
A|Y> = |f > alors A 1|Y> = |f >
(puisque A 1|f > = A 1A|Y> = 1|Y> = |Y>).
A est un opérateur unitaire si AA = A A = 1 c'est à
dire si son adjoint coïncide avec son inverse.
Un tel opérateur ne modifie pas le braket, donc la norme
d'un ket.
4) Opérateur hermétique

Un opérateur A est dit hermétique s'il est


identique à son adjoint, soit A = A+ ou encore

<F| A |Y> = (<Y| A |F>)*


|F> et |Y>  E
Exemple:
l'opérateur projecteur Pj sur l'état |j> défini par:

Pj = |j> <jI où <j|j> = 1.


On peut alors remarquer que:

• une combinaison linéaire à coefficients réels


d'opérateurs hermétiques est hermétique.

• Le produit de deux opérateurs hermétiques


est hermétique si ces opérateurs commutent.
V R.O. et R.F. EN NOTATION DE DIRAC
Un ensemble discret de base {|ui >} ou continu
de base {|Wa>}

• R.O.
< ui|uj > = dij et <Wa|Wa'> = d(a-a')

• R.F.
|Y> = Sci |ui> avec ci = < ui|Y>
 |Y> = S< ui|Y> |ui> = (S|ui> < ui|) |Y>

par conséquent::

S|ui> < ui|= 1 (opérateur identité).


De même pour la cas continu: {|Wa>} constitue
une base:

 |Y> =  da c(a) |Wa>

=  da <Wa|Y> |Wa>

=  da |Wa> <Wa|Y>;

soit:  da |Wa> <Wa| = 1.


Ces relations, dites de fermeture, expriment
donc que la somme des opérateurs projecteurs
sur l'espace des états (engendré par les |ui> ou/et
les |Wa>) est égale à l'opérateur identité, qui
ne modifie pas le ket auquel on l'applique.

Il faut savoir que ces relations ne sont que des


traductions de celles établies précédemment
dans F.
VI. VECTEURS PROPRES ET VALEURS
PROPRES D'UN OPÉRATEUR

1) Définitions

Soit A un opérateur et |Y> un ket. Nous dirons que


|Y> est vecteur propre de A si le transformé de |Y>
par action de A est un vecteur proportionnel à |Y>;
soit:

A|Y> = l |Y>

(l étant un nombre à priori complexe).


On dit alors que l est une valeur propre de A et |Y>
vecteur propre associé à cette valeur propre l.

L'équation A |Y> = l |Y> est appelée équation aux


valeurs propres de A et l'ensemble des valeurs propres
constitue ce que l'on convient d'appeler spectre de
l'opérateur A; il peut être soit discret, soit continu, soit en
partie discret et en partie continu.
Afin de distinguer entre les diverses vecteurs propres
de A, on utilise un indice n qui affecte aussi les valeurs
propres correspondant et l'équation aux valeurs propres
se note:

A  n = ln  n

Si à une valeur propre donnée ln, correspond


un seul ket propre (à un coefficient de
proportionnalité près), ln est dite une valeur
propre simple.
Si par contre un nombre gn supérieur à 1 de kets
propres linéairement indépendants (c'est à dire dont
aucun ne peut être écrit sous forme d'une combinaison linéaire
des autres) sont associés à la valeur propre ln, on
dira que ln est une valeur propre dégénérée, son
ordre de dégénérescence étant égal à gn.

Dans ce cas on rajoute un autre indice, p, pour


distinguer entre les différents vecteurs propres
associés à la même valeur propre et l'équation
s'écrit donc en général:

A  n, p = ln  n, p
Notons enfin que dans ce cas, on pourra par combinaison
linéaire des gn kets propres linéairement indépendants
engendrer tout un sous-espace vectoriel, de dimension gn,
de kets qui sont tous kets propres de A pour la valeur
propre ln.

Ce sous-espace, noté En, est dit "sous-espace propre"


associé à la valeur propre ln.
2) Recherche des valeurs propres et des
vecteurs propres d'un opérateur

soit {|ui >} une base orthonormée dans E


que nous supposerons de dimension finie N
(i=1,2,3,...,N).

Alors tout ket |Y> peut s'écrire:

 = i c i ui avec ci =< ui 

et i
ui ui = 1 (relation de fermeture).
L'opérateur A sera représenté dans cette base
par ses éléments de matrice:
< uiI A Iuj > = Aij.
L'équation aux valeurs propres est :
A |Y> = l |Y>.
En la projetant sur les différents kets Iui> de
la base,
nous aurons N équations:

< u i A  > = l < u i  = l ci


qui s'écrivent en insérant la relation de
fermeture entre A et IY>:
 j
< u i A u j >< u i  = l c i

soit :  j
Aij c j = l c i

ou encore :  j
( Aij - l d ij ) c j = 0
Nous avons là un système de N équations
linéaires et homogènes, les inconnues étant les
coordonnées ci du vecteur propre |Y>, en
nombre égal au nombre N d'équations. Ce
système n'aura de solutions (en dehors de la
solution triviale où tous les ci sont nuls) que si
le déterminant des coefficients s'annule; soit :
A11  l A12 ... A1N
A21 A22  l ... A2 N
dét =0
... ... ... ...
AN 1 AN 2 ... ANN  l
Les valeurs propres cherchées sont donc les
diverses racines de l'équation en l (dite
"équation caractéristique" ou encore
"équation séculaire").
Conséquences:

On peut obtenir des racines simples ou


multiples.

Pour une valeur donnée de l, on résout


l'équation matricielle (A) (ci) = l (ci) où (A) est la
matrice représentant A dans la base des |ui > et
(ci) la matrice colonne dont les éléments sont les
composantes à déterminer.
La matrice représentant A dans la base des
vecteurs propres de A est une matrice
diagonale dont les éléments sont les valeurs
propres: Chaque valeur propre apparaît un
nombre de fois égal à son ordre de
dégénérescence; d'où le nom de
diagonalisation de l'opérateur A donné à cette
opération
VII. OBSERVABLES. THÉOREMES
FONDAMENTAUX. E. C. O. C.

Avant d'introduire de nouvelles notions, il est


important de savoir que l'intérêt des
opérateurs hermétiques réside dans les deux
propriétés suivantes.

Les valeurs propres d'un opérateur hermétique


sont toutes réelles.

A hermétique A |Fn> = ln |Fn >  ln  R


Deux kets propres associés à deux valeurs propres différentes
d'un opérateur hermétique sont orthogonaux:
A hermétique A |Fn> = ln|Fm>
et A |Fm> = lm |Fm>
avec ln ≠ lm  <Fn|Fm > = 0

Notons que la seconde propriété ne s'applique


pas aux vecteurs propres IFn,p> correspondant
à une même valeur propre dégénérée (p est
l'indice relatif à cette dégénérescence) car en
général <Fn,p | Fn,q>  0.
Cependant, dans le sous-espace En associé à la
valeur propre ln, on peut toujours remplacer
les vecteurs linéairement indépendants |Fn,p>
par des vecteurs deux à deux orthogonaux (et
normés à l'unité) de telle sorte que les
vecteurs propres d'un opérateur hermétique
constitueront un système orthonormal.
1) Observables.

soient ln et |Fn,p> valeur et vecteur propre


d'un opérateur A. On dira que A est une
observable si:

i) A est hermétique.

ii) L'ensemble des vecteurs propres |Fn,p> de


A constituent une base orhonormée dans
l'espace des états.
La condition
i) implique que les valeurs propres ln de A sont
réelles et

ii) entraîne que les |Fn> vérifient les relations


d'orthonormalisation

(< f n,p f m, q = d nmd pq )


et de fermeture

 n p
f n,p f n,p = 1
2) théorèmes fondamentaux

Considérons deux observables A et B qui


commutent, soit [A,B] = 0. Nous pouvons énoncer les
théorèmes suivants:

• Si |Y> est ket propre de A pour la valeur propre a,


alors B|Y> est également ket propre de A pour la
même valeur propre.
• Si |Y> et |F> sont deux kets propres de A
associés à deux valeurs propres différentes,
alors l'élément de matrice <Y | B | F> est nul.

• [A,B] = 0  A et B ont au moins une base


constituée par des vecteurs propres communs.
3) E. C. O. C.
Soient A, B, C, ... des observables; on dit qu'elles
forment un Ensemble Complet d’Observables qui
Commutent (en abrégé ECOC) si:

i) A, B, C, ... commutent deux à deux.

ii) La donnée des valeurs propres an, bm, cr, ...,


compatibles entre elles, de A, B, C, ... suffit à
déterminer un vecteur propre commun qui est
unique, à un facteur multiplicatif près.

Autrement dit, deux vecteurs propres commun à


A, B, C, ... n'ont pas les mêmes valeurs propres, à
la fois pour A, B, C, ...
La notion d'observables et celle d'un ECOC sont
très utiles en mécanique quantique.

C’est avec une observable qu'on représentera


une grandeur physique.

Les ECOC permettent en particulier de


connaître l'état d'un système physique après
avoir effectuer la mesure d'une grandeur
associée au système.