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REMFO N°6 Octobre 2017 ISSN 2489-205X

Revue D’Etudes en Management et Finance D’Organisation


N°6 Octobre 2017

LA TRANSPARENCE DES FINANCES PUBLIQUES ET L’EQUILIBRE DES


POUVOIRS AU MAROC (ANALYSE SOCIOLOGIQUE)

THE TRANSPARENCY OF PUBLIC FINANCE AND THE BALANCE OF


POWERS IN MOROCCO (SOCIOLOGICAL ANALYSIS)

Said OULHEM
Doctorant en sciences économiques et de gestion à la FSJES de Mohammedia
Université Hassan II, Casablanca
Email : saidoulh@gmail.com

Hakima FASLY
Enseignant chercheur
Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales, Mohammedia
Université Hassan II, Casablanca

Résumé
Le vote des lois de finances constitue le champ propice pour le développement de
différents conflits et de différentes alliances politiques entre les différents intervenants
en matière de finances publiques (Parlement, Gouvernement, groupes d’intérêt et
Citoyen). Selon l’approche sociologique des finances publiques, chaque intervenant
dispose d’un pouvoir qui lui est spécifique qu’il alimente grâce à la nature, à la qualité
et la quantité de l’information dont il dispose. L’objet de cet article est de démontrer
que le renforcement de la transparence peut constituer un élément essentiel de
rééquilibrage des pouvoirs.
Mots clés : Transparence des finances publiques, Equilibre des pouvoirs, influence,
Contrôle, Participation.
Abstract
The voting of finance laws is the right place for the development of different conflicts
and political alliances between the different players in public finance (Parliament,
Government, interest groups and Citizens). According to the sociological approach to
public finance, each stakeholder has a specific power that is fed by the nature, quality
and quantity of the information at his / her disposal. The purpose of this article is to
demonstrate that enhancing transparency can be an essential element in rebalancing
power.
Keywords: Transparency of public finances, Balance of powers, influence, Control,
Participation.

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Introduction
Les finances publiques ont toujours joués un rôle majeur dans les transformations en
profondeur et dans l’évolution des sociétés1. Elles demeurent, de nos jours, une source
de mutations et des changements que connait l’Etat moderne partout dans le monde,
puisqu’elles représentent l’outil stratégique de l’application des politiques publiques.
Elles sont souvent soumises à des enjeux et des intérêts importants sur le plan politique
économique et social. Elles constituent un champ propice au développement de
pouvoirs variés et multiples2, qui sont en perpétuel interaction.
Les choix fiscaux, l’allocation des ressources et la distribution des revenus constituent
des choix politiques-eux même - résultant de conflits et de lutte de pouvoirs et
d’arbitrages entre groupes sociaux, acteurs politiques, économiques et décideurs. La
lutte des pouvoirs3 est permanente entre ces différents intervenants qui entretiennent des
relations souvent déséquilibrées (Ministère des finances, Parlement, groupes d’intérêt,
syndicats, société civile etc.).
Les rapports entre ces acteurs institutionnels et non institutionnels Marocains
déterminent Les règles de jeux qui structurent leurs relations et leurs degrés d’influence
sur la décision en matière des finances publiques. L’étude de ces rapports nous amène à
présenter en premier lieu les manifestations de la notion de pouvoir en matière des
finances publiques et ses influences sur la décision financière, avant d’entamer en
deuxième lieu l’analyse de l’apport de la transparence à l’équilibre des pouvoirs des
différents acteurs.

1. LES FINANCES PUBLIQUES ET LES MANIFESTATIONS DE LA NOTION


DE POUVOIR
Dans une approche de sociologie des organisations, il a été démontré que les stratégies
des individus ont souvent aboutis à des conflits et des négociations au tour des intérêts4.
L’objectif de toute organisation est d’obtenir la coopération de ses membres par la
contrainte, la manipulation ou la négociation5. La transposition de l’analyse
organisationnelle au domaine des finances publiques marocaines nous permettra de
mieux comprendre comment le Budget de l’Etat peut-t-il facilement véhiculer ces trois

1 BOUVIER Michel , « Transformations des finances publiques et mutations du pouvoir politique »,


Ouvrage collectif sur le thème : « Quel Etat pour le 21ème siècle ? » sous la Direction de SEDJARI ALI,
éd l’HARMATTAN, année 2001, p 139.
2 Marc leroy, « Sociologie des finances publiques », collection repères, éd La découverte, Paris 2007, p
49.
3 Le pouvoir en matière de sociologie a été défini comme étant : « la capacité qu’a un individu ou un
groupe d’influencer la pensée et ou le comportement d’un autre individu ou un autre groupe » Crosier et
Friedberg, l’acteur et le système : les contraintes de l’action collective, Paris, seuil, 1977, page 90.
4 Crozier M. et Friedberg E. « L’acteur et le système : les contraintes de l’action collective » édition du
seuil 1981.
5 Crozier M. et Friedberg E. « L’acteur et le système : les contraintes de l’action collective » édition du
seuil 1981.
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modes d’influence ? Et selon quelle rationalité les acteurs construisent leur pouvoir ? Et
quel est l’importance de la transparence dans ce schéma institutionnel ?
Avant d’entamer cette analyse, il y a lieu de présenter quelques aspects théoriques de la
sociologie des finances publiques susceptible de nous guider dans cette démarche.

1.1. Les aspects théoriques de la sociologie des finances publiques


La notion de pouvoir et de l’intérêt sont deux concepts fondamentaux qui encadrent les
relations entre les différents acteurs des finances publiques. En sociologie la notion de
pouvoir est définie comme étant : « la capacité de l’acteur individuel ou collectif de
contrôler les termes d’une relation d’échange afin qu’elle lui soit favorable »6. La notion
de pouvoir en sociologie des organisations est différente de la notion de pouvoir retenue
en matière de sciences politiques en ce sens que cette dernière est plus globale et
s’exerce sur l’ensemble de la société. Ce qui nous intéresse dans cette étude c’est le
pouvoir exercé par les acteurs dans leurs relations avec d’autres acteurs et non celui
exercé par les acteurs sur la société.
La décision en matière des finances publiques est devenue un processus multi rationnel
et complexe et chaque acteur « formé par un groupe d’individus » agit selon sa propre
rationalité étroitement exprimée en stratégies7. « Les finances publiques constituent à la
fois un terrain privilégié d’observation et d’analyse des rapports de pouvoir politiques,
administratifs et sociaux et un ensemble de mécanismes d’extraction et d’allocation des
ressources qui structurent fortement la vie sociale, économique, politique et
administrative. À l’image du flux sanguin dans le corps humain, les finances publiques
constituent un fluide qui circule dans l’État et dans la société»8.
Les comportements des acteurs, à l’instar des acteurs d’une organisation privée, sont
soumis aux intérêts des individus et des groupes individus. Ainsi ces comportements
peuvent revêtir plusieurs formes de relations : contrainte, négociation ou manipulation
La Loi organique des lois de la loi de finances constitue le cadre idéal de l’analyse des
pouvoirs et contre-pouvoirs budgétaires et financiers de tous ces acteurs. En effet la
LOLF est le document juridique définissant l’organisation des finances publiques. Or
cette organisation est un construit social qui oriente les comportements des différents
acteurs. Elle ne peut être analysée comme un ensemble mécanique et transparent que les
décideurs veulent qu’elle soit. Cette organisation constitue le champ de relations de
pouvoirs, d’influences, de marchandages et de calculs politiques, économiques et
sociaux. La maitrise de la communication et des informations budgétaires est une
importante source de pouvoir et un outil stratégique d’action

6 Michel Crozier, Erhard Friedberg, L’acteur et le système. Les contraintes de l’action collective, Paris,
Seuil, 1977
7
Michel Bouvier « les conditions de la légitimé du pouvoir fiscal aujourd’hui » Revue Al Maliya n° 25,
Novembre 2000.
8
Philippe Bezes et Alexander Siné, « Gouverner (par) les finances publiques », éd Sciences Po les presses
2011, p 21.
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Ainsi, l’application de l’analyse sociologique9 aux finances publiques marocaines va


nous permettre de constater que le budget, comme outils d’exécution des politiques
publiques, obéie à trois dimensions principales : le discours public, les structures
formelles et les structures informelles.
C‘est l’interaction entre les structures formelles et les structures informelles qui
déterminent le degré de réalisation et de mise en application des décisions politiques
exprimés dans les discours officiels.

1.1.1. La volonté ou le discours public


Elle est exprimé par les déclarations politiques du gouvernement, les notes d’orientation
du chef du gouvernement, les documents accompagnant les projets de lois de finances et
tous les autres documents budgétaires. Elles énoncent les politiques publiques du
gouvernement c'est-à-dire « ce qu’on souhaite » et ce qui « doit être ». C’est
généralement la formulation primaire de la décision politique en matière de finances
publiques : augmenter ou baisser les impôts ou une catégorie d’impôts, réaffecter les
ressources vers une catégorie sociale etc. A ce stade on désigne qui va profiter de la
décision et comment, la légitimité de la décision, les acteurs et les procédures de mise
en œuvre des décisions etc.
Mais la volonté et le discourt ne reflète souvent pas la réalité et la pratique. D’autres
éléments peuvent intervenir pour dévier la pratique des orientations des discours. Ces
écarts entre les discours et la pratique des finances publiques peuvent contribuer à
rendre la gestion des finances publiques opaque et incompréhensible.

1.1.2. Les structures formelles ou apparentes


Elles sont représentées par les départements ministériels et leurs démembrements
régionaux et locaux, les institutions intervenant en matière des finances publiques
(parlement, gouvernement, institutions de contrôle etc.), les procédures et les processus,
les indicateurs de gestion etc.
Ce sont ces structures et leurs méthodes et moyens organisationnels qui concrétisent les
discours et la volonté politique en termes de finances publiques. Au premier rang de ces
structures formelles se trouve les gestionnaires des finances publiques
La mise en place des structures administratives est normalement effectuée dans le but de
réaliser l’intérêt général et les agents publics sont au service de l’intérêt général. Cet état
idéaliste du système Etatique repose sur « un postulat général de bienveillance des
hommes politiques, de l’administration et de tous les fonctionnaires et personnel
assimilé »10. Certains auteurs ont, cependant, démontré que cet objectif n’est pas

9
Analyses développés par Michel crosier et Erhard Friedberg dans un ouvrage commun : « L’acteur et le
système : les contraintes de l’action collective » éd du seuil, 1981.
10
Jean Jacques Laffont, « Etapes vers un Etat moderne : Une analyse économique », Actes du colloque
du 16 décembre 1999 « Etat et gestion publique », in la Documentation Française Paris 2000, p 117.
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souvent respecté, et surtout, lorsqu’il s’agit des structures étroitement liées à la gestion
des deniers publics.
Ainsi, comme toute organisation, le secteur public repose sur un réseau de relations de
type Chef-agent ou les asymétries d’information jouent un rôle essentiel. En prenant en
compte les intérêts particuliers de ces agents, Jean-Jacques Laffont, remet en cause le
paradigme de l’Etat bienveillant et du « fonctionnaire bénévole »11. Il a démontré que
les agents de l’Etat s’appuient sur des comportements stratégiques sous-optimaux qui
affaiblissent la performance collective : Les agents publics n’ont pas le même intérêt
pour le bien-être social ni la même désutilité de l’effort. Les plus altruistes n’ont pas
besoin d’être incités à agir dans le sens de l’intérêt général ; les moins altruistes ne le
feront que s’ils sont invités à le faire par des règles incitatives (rémunération,
avancement). Il conclut que la plupart des acteurs administratifs poursuivent, au moins
en partie, leurs intérêts privés.
Les structures apparentes des administrations financières et des institutions politiques ne
sont pourtant pas les seules qui décident de l’orientation et de la mise en œuvre des
finances publiques. Les structures dites informelles représentés par des pouvoirs
informelles peuvent être plus déterminantes et plus imposantes. Dans cette situation la
décision et de la mise en œuvre des politiques publiques devient de plus en plus
compliqué et confus.

1.1.3. Les structures informelles


Ces structures sont constituées des pouvoirs institutionnels et d’alliances politiques, de
jeux d’acteurs, des arrangements politiques. La pratique de la gestion des finances
publiques marocaines a montré que ces finances obéissent à plusieurs pouvoirs : le
parlement, l’exécutif, les organisations administratives chargées de la gestion, les
institutions internationales et les groupes d’intérêt etc. Sur le plan pratique, Ce sont à
notre avis, les structures informelles qui sont les plus importantes car ce sont elles qui
agissent véritablement sur les décisions et les politiques financières de l’Etat.
Ces structures tirent leurs pouvoirs de plusieurs éléments tels que :
 La maîtrise d’une compétence particulière : « l’expertise en matière des techniques
des finances publiques»,
 La maîtrise de la communication et des informations financières,
 La position politique « Soutien d’une majorité parlementaire »,
 Les réseaux d’influence etc.

La maitrise des finances publiques représente une source de pouvoir pour les
institutions politiques. Cette source résulte le plus souvent d’une certaine expertise et
d’un monopole de l’information financière : maitrise de la législation, des règlements,
des techniques financières etc. Le pouvoir des différents intervenants reste de ce fait lié

11
Bernard Jurion et Pierre Pestieau, « Finances publiques Finances privées » édit de l’Université de liège,
Février 2000, p 170.
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à la qualité de l’information financière dont ils disposent à titre individuel ou collectif.


L’information constitue dans une situation d’insuffisance de transparence un domaine
d’action et de manipulation pour construire les stratégies des acteurs.
Après avoir présenté les manifestations de la notion de pouvoir et ses influences
théoriques sur la décision financière, il y a lieu de présenter quelques aspects de la
consécration pratique de la sociologie des finances publiques.

1.2. La consécration pratique de la sociologie des finances publiques


Au Maroc, à l’instar des pays émergents, les finances publiques posent des
problématiques et des enjeux plus significatifs. L’Etat, à travers son budget général,
joue un rôle déterminant, en tant que principal investisseur, principal créateur d’emploi
et de la richesse et en matière de répartition des richesses et des revenus. Il condition en
grande partie, tout l’effort de développement déployé en vue d’assurer un
développement harmonieux équilibré et durable.
A ce titre, Le montant des crédits de paiements prévus au titre des dépenses
d’investissement s’élèvent en 2016 à 61,39 milliards de DH12 , alors que le montant de
l’investissement public global (celui des entreprises, des établissements publics et des
collectivités locales comprise) serait de l’ordre de 189 milliards de DH, soit près de
18,3% du PIB13 . En ajoutant à ces chiffres le montant consacré à l’amélioration du
climat des affaires, les dépenses fiscales afférentes à la promotion de l’investissement et
à l’encouragement des petites et moyennes entreprises, on constatera que la contribution
du budget général est relativement importante.
Les dépenses publiques à vocation sociale (Emploi, compensation etc.) sont également
importantes : les dépenses de fonctionnement, constituées essentiellement de la masse
salariale, s’élèvent à 106,8 milliards de DH en 2016 soit 10,63% du PIB14. Les dépenses
de la compensation sensées maintenir et améliorer le pouvoir d’achat des citoyens ont
atteint un chiffre record en 2012, soit près de 49 MDHS, soit 6,1% du PIB15.
Quant aux ressources publiques, Elles sont représentées, essentiellement par les recettes
fiscales qui s’élèvent à 177 milliards de DH en 201416. Elles constituent également un
enjeu majeur en matière de répartition de la contribution aux charges publiques et en
matière de répartition des revenus. Le système fiscal marocain jugé peu efficace et
inéquitable17 est actuellement en phase de réforme. Les principaux axes de réforme
touchent la fiscalisation du secteur informel et le secteur agricole exonérée jusqu’en
2014.

12
Note de présentation de la LF 2016, p 15
13
Note de présentation de la LF 2016, p 27
14
Ministère de l’économie et des Finances : Economique et social accompagnant le projet de la LDF
2016, p 124.
15
Rapport sur la compensation accompagnant le projet de la LDF 2013 p 1.
16
Ministère de l’économie et des Finances : Economique et social accompagnant le projet de la LDF
2016, p 130
17
Revue Almaliya n° 52 juillet 2013, « Assises Nationales sur la Fiscalité : Pour une réforme du système
fiscal marocain », p 11
6
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En sus de ces chiffres, le budget de l’Etat, en termes de ressources et de dépenses,


génère des effets multiplicateurs à caractère national, sectoriel et régionale et contribue
en grande partie aux transformations profondes de la société marocaine. Ainsi, La
gestion de ces finances publiques développe, chaque année, des comportements de
conflits de pouvoirs, l’analyse du comportement des acteurs et du degré d’influence qui
découle de leurs pouvoirs respectifs nous amène à analyser le pouvoir du Ministère des
finances, celui des groupes d’intérêt, le rôle du parlement et de la société civile
marocaine.

1.2.1. Le Ministère des Finances et le pouvoir de l’expert


Au Maroc, c’est le gouvernement et plus précisément le Ministère des finances qui est
l’acteur clé de la décision en matière des finances publiques et joue un rôle capital dans
la gestion budgétaire. Il dispose de plusieurs atouts lui permettant une certaine
suprématie en matière budgétaire par rapport aux autres départements et au parlement :
Il s’agit de la maitrise de l’information financière, de la maitrise de la procédure
budgétaire et du pouvoir d’expertise. Même si le droit budgétaire est présenté dans les
pays modernes comme le cœur des prérogatives parlementaires et de la démocratie 18, au
Maroc l’essentiel de ce droit a été écrit par les services du Ministère des finances : lois
organiques des finances, lois de finances, notes circulaires explicatives etc.
La maitrise du Ministère des finances sur les affaires financières de l’Etat, tient à des
facteurs structurels liés à sa puissance administrative, à la détention des moyens
d’information et à son expertise. Cette suprématie souvent acceptée par le parlement au
nom de cette légitimité d’ « expert » fait du gouvernement un « Demi-dieu»19 en
matière budgétaire.
Pour réduire le sentiment de contrainte et de résistance à l’exercice du pouvoir, les
décideurs marocains ont, généralement, tendance à le cacher dans les procédures et les
formalités budgétaires « contraignantes », mais qui apparaissent neutres comme le
budget. C’est le cas par exemple de la procédure de préparation du budget et des lois de
finances, totalement dominée et guidée par le gouvernement et surtout par le Ministère
des Finances.
En effet, c’est le Ministère des finances qui assure toutes les taches de préparation et
d’exécution des lois de finances annuelles : Toutes les LOLF promulgués à ce jour
consacrent ce rôle déterminant du Ministère des finances 20. Le MF a une influence
considérable sur le processus budgétaire grâce à la Directions du budget, la Direction
Générale des impôts et de la Trésorerie Générale du royaume. Il oriente toute la phase
de la préparation budgétaire et contribue à l’exécution et au contrôle des dépenses et des
recettes.

18
Robert Hertzog, op citée p 272.
19
Robert Hertzog, « la mutation des finances publiques : manifeste pour une discipline rajeunie ! »,
Revue Française des Finances publiques, n°79 septembre 2002, p 273.
20
Article 8 des LOF de 1963 et 1972 ; Article 32 de la LOLF 1998 et 2000.
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Le Ministère des finances a une influence sur les autres ministères dépensiers grâce à sa
stratégie de pouvoir consistant à techniciser les discussions avec chaque ministère et à
éviter la politisation des choix budgétaires. Le Ministère des finances a souvent
tendance à exiger des autres départements des choix budgétaires tenant compte des
équilibres et de l’économie des ressources.

1.2.2. Les groupes d’intérêts et le pouvoir d’influence


Les groupes d’intérêts désignent des ensembles d’individus possédant une ou plusieurs
caractéristiques communes (répartition par catégories, socioculturelles,
socioprofessionnelles et par catégories de revenus) agissant pour la défense de leurs
avantages morales, culturels, spirituelles, et matériels21. Ces groupes sont hétérogènes et
défendent des intérêts variés. Les groupes d’intérêts qui nous intéressent, sont
essentiellement ceux qui influencent les décisions financières des pouvoirs publics. Ces
groupes d’intérêts poursuivant généralement des objectifs matériels se transforment en
groupes de pression lorsqu’ils tentent d’obtenir des pouvoirs publics des avantages
réglementaires supplémentaires ou de résister à des dispositions touchant à leurs
privilèges. Ils concernent essentiellement les catégories socioprofessionnelles et les
catégories disposant de capacités financières importantes leurs permettant de faciliter
leurs démarches variées d’influence sur le système de répartition des richesses.
Ces groupes exercent leurs pouvoir d’influence sur les finances publiques marocaines
grâce à l’ampleur des réseaux qu’ils parviennent à constituer au sein des milieux
parlementaires des deux chambres, des membres du gouvernement et des départements
ministériels et de la classe politique dans son ensemble. Leur pouvoir d’influence est
ressenti avec plus d’acquitté lors de la préparation et du vote des lois de finances. Ce
pouvoir se manifeste parfois par des comportements de résistance : C’est le cas,
notamment, des réactions de certaines catégories socioprofessionnelles opposées aux
augmentations du SMIG et aux dispositions fiscales introduites par le gouvernement. Il
se manifeste également par des comportements de coopération et d’alliance : A ce stade,
ces groupes peuvent conduire des rapports directs avec le gouvernement et les
départements ministériels et devenir des interlocuteurs indispensables à l’action de
l’Etat. C’est le cas de la CGEM qui constitue à l’heure actuel un véritable partenaire du
gouvernement en matière de confection des dispositions des lois de finances liées à la
promotion de l’investissement privé et à l’amélioration du climat des affaires.
Le rôle des groupes d’intérêts et leurs influence sur la discussion et l’orientation des
dispositions des lois de finances n’est pas négligeable. Le pouvoir de ces groupes se
manifeste par des actions directes et par des stratégies d’influence sur les réseaux
politiques et l’opinion publique. Ce pouvoir se nourrit parfois du pouvoir du
gouvernement et des assemblés parlementaires pour influencer les décisions politiques
en faveur des personnes et des individus souvent minoritaires qui sont à la tête de ces
groupes au détriment des citoyens et de l’intérêt général.

21
Jean Meynaud, « Les groupes de pression » édit que sais-je, PUF 1960, p 9.
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Le pouvoir du ministère des finances et des groupes d’influence tirent leurs forces du
déclin des autres contrepouvoirs, à savoir le pouvoir de contrôle du parlement et des
citoyens et de la société civile, dans une période où les finances publiques deviennent
plus mouvantes et plus complexes.

1.2.3. Le parlement et le pouvoir de contrôle


Le pouvoir du parlement marocain en matière budgétaire dépend largement de son
pouvoir d’amendement et de l’étendu de la marge de manœuvre qui lui est consacré par
la constitution : Or, le pouvoir d’amendement fait toujours l’objet de restriction par
l’article 77 de la constitution de 2011 au motif de la préservation des équilibres. Aux
Etats unis, par exemple, le parlement a toute la liberté de modifier le projet présenté par
le gouvernement. A l’opposé, au Royaume unis, basé sur le droit coutumier, le
parlement n’apporte aucun amendement au projet de budget en ce sens qu’il fait
confiance au gouvernement qu’il a mis en place22. Le Maroc fait donc partie des pays ou
ce pouvoir est limité par la constitution.
Les délais de discussion et de vote ainsi que les règles de présentation de la loi de
finances ne permettent pas au parlement d’assurer pleinement son rôle en matière
budgétaire. A titre d’exemple, les amendements présentés par les parlementaires dans le
cadre de la discussion de la loi de finances 2013 s’élèvent à 250 amendements (184 par
l’opposition, 58 de la majorité et 8 du gouvernement)23. Ces amendements ont été jugés
comme représentant un record par rapport aux années antérieures 24. Mais seuls 65 de
ces amendements ont été acceptés.
De même, L'exercice par le Parlement du pouvoir de contrôle fait apparaître plusieurs
types de dysfonctionnements :
 une attention trop exclusive portée au domaine fiscal,
 un examen des dépenses dépourvu d'intérêt réel,
 une logique tacite en faveur de l'augmentation de la dépense publique
 et une absence de suivi de l'exécution du budget »25.

Cette situation pourrait être expliquée par plusieurs facteurs :


 L’évolution du système parlementaire marocain et de son expertise,
 La discipline de la majorité parlementaire,
 Le populisme qui représente le facteur déterminant dans l’orientation de
l’électorat, etc.

22
Patrick Mordacq, « La mise en œuvre des programmes de réforme des finances publiques : Essai
d’étude comparative troisième partie » Revue Gestion et finances publiques n°8-9 Aout septembre 2010,
p 649.
23
Site officiel du parlement Marocain, www.parlement.ma
24
Karim Ghellab, Président de la chambre des représentants, source la Map, le 27/11/2012.
25
Larbi Jaidi « Le parlement a-t-il un pouvoir budgétaire ? » Article publié par la Vie Economique du
04/11/2005.
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Mais l’insuffisance majeur qui affaibli le pouvoir du parlement est le niveau de clarté et
de fiabilité de l’information budgétaire mises à sa disposition. Il est, théoriquement, en
mesure de contrôler la dépense publique, mais ses prérogatives en la matière sont peu
utilisées faute d’information fiable et ciblée. « Le Parlement doit s'efforcer de faire
progresser la réflexion collective sur l'action de l'Etat - et, plus généralement, de la
sphère publique - et sur son coût, en développant sa propre capacité d'expertise pour
nourrir le débat public »26.

1.2.4. Le citoyen et le pouvoir de participation


La participation et la contribution de la société civile et des citoyens à la gestion des
finances publiques se manifestent à travers leurs propositions et leurs observations sur
les dispositions contenues dans les projets de LF. Cette participation prend plusieurs
formes telles que l’information, la consultation, la concertation, le débat public, etc.
La contribution de la société civile porte généralement sur des critiques et des analyses
indépendantes éclairant l’opinion publique sur les choix budgétaires du gouvernement.
Or, ce pouvoir de participation demeure très modeste dans le contexte des finances
publiques marocaines, et ce pour plusieurs raisons :
 Les limites inhérentes au citoyen et à la société civile marocaine : niveau
d’éducation, d’information et de qualification intellectuelle, individualisme,
désintéressement, faible mobilisation, etc.
 Niveau de maturation de notre système démocratique : Prédominance de la
démocratie représentative par rapport à la démocratie participative
 Absence d’une reconnaissance juridique du principe de participation du public à
l’élaboration des décisions relatives aux finances publiques.
 La technicité des finances publiques

Malgré ces insuffisances, le désir de participation du citoyen à la gestion des finances


publiques est réel. Il se manifeste par les débats et les discussions informels exprimés
sur les lieux publics et sur les réseaux sociaux. Une orientation de ce débat sur les voies
officielles s’impose car la participation est à la base même du projet démocratique de
notre pays.
Il ressort de l‘analyse des pouvoirs du gouvernement, des groupes d’intérêt, du
parlement et du citoyen, que les finances publiques marocaines affichent des
déséquilibres en matière de la capacité de chaque acteur à influencer sur la décision
financière de l’Etat. Les rapports et les relations entre les différents acteurs sont
déséquilibrés. Cette situation est en grande partie liée à la disponibilité et au niveau de
maitrise et de l’information financière. La transparence des finances publiques pourrait,
de ce fait, constituer un élément déterminant de rééquilibrage de ces pouvoirs.

26
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2. LA TRANSPARENCE DES FINANCES PUBLIQUES : VECTEUR DU


MAINTIEN DE L’ÉQUILIBRE DES POUVOIRS
Le renforcement de la transparence financière des comptes publics permet le
renforcement du pouvoir de contrôle du parlement et la responsabilisation des
gestionnaires publics. Elle leurs oppose des exigences de performance et de résultats. La
transparence peut ainsi constituer un facteur de rupture avec le système actuel de
gestion basé sur le déséquilibre des pouvoirs et impulser le système vers plus
l’équilibre. Grace à la transparence, le parlement et le citoyen peuvent participer
activement à la préparation, et au contrôle de l’exécution des lois de finances. Il s’agit
de tendre vers un système basé sur de nouvelles pratiques qui tire sa légitimité de ses
résultats et de la bonne gouvernance. La transparence des finances publiques, en
valorisant le rôle du parlement et des citoyens, déclenche un processus vertueux de
performance et de bonne gouvernance.

2.1. La transparence des finances publiques et la revalorisation du rôle du


parlement
La recherche de la valorisation du pouvoir du parlement part en premier lieu, de sa
capacité à user de ses compétences législatives et instituer les lois organiques des
finances. Cette constitution financière devrait normalement être faite par les
parlementaires et pour eux pour leur permettre de rééquilibrer les rapports de forces
dans le domaine des finances publiques. Or pour le Maroc, la LOLF27 est une initiative
du gouvernement. C’est un projet qui a été préparé, proposé et présenté pour examen au
conseil du gouvernement le 26 décembre 2013 par le ministère des finances. En France,
par contre, la réforme de la loi organique des lois de finances de 2001, a été l’initiative
du parlement.
Mais, La recherche du renforcement du pouvoir des parlementaires n’est pas,
uniquement liée à l’origine des textes de réforme, il est surtout lié au contenu des textes
et de leurs contributions au rééquilibrage des rapports entre le gouvernement et les
représentants de la nation en matière de discussion et de contrôle des politiques
publiques.
Le rôle des parlementaires dans le processus budgétaire est à la fois difficile et
fondamentale. Ils doivent être suffisamment informés pour autoriser les dépenses et les
recettes en toute connaissance de cause et contrôler l’utilisation des ressources
publiques. Mais ils ne doivent pas néanmoins s’immiscer dans la technicité de la gestion
des deniers publics qui reste le domaine exclusif du gouvernement. Il s’agit à ce niveau
de concilier entre la logique politique et démocratique qui donne préséance aux élus, et
une logique gestionnaire basée sur la technicité et l’expertise du ministère des finances.

27 Dahir n°1-15-62 du 14 chaabane 1436 (2 juin 2015) portant promulgation de la loi organique n° 130-
13 relative à la loi de finances

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Les parlementaires doivent contrôler l’action du gouvernement tout en lui laissant la


responsabilité de l’action.
L’objectif d’une nouvelle loi organique devrait être conçu autour d’un axe
principal : La revalorisation du rôle du parlement dans le domaine des finances
publiques, à travers notamment des moyens de contrôle renforcés, une meilleure
information lors de l’exécution et des règles d’autorisation renouvelées. La LOLF du 2
juin 2015, en s’inspirant de la nouvelle constitution, a introduit plusieurs dispositions
visant un nouvel rééquilibrage des pouvoirs en matière financière, en renforçant les
prérogatives des parlementaires. Elle vise l’accroissement du rôle du parlement dans le
contrôle financier et de l’évaluation des politiques publiques et son rôle dans
l’amélioration de la qualité du débat budgétaire.
Ainsi, l’article 48 de la LOLF prévoit, à titre d’exemple, l’obligation d’accompagner le
projet de la loi de finances de l’année, de 14 rapports et documents. Cet article vise
l’enrichissement de l’information communiquée au parlement en mettant à sa
disposition des rapports synthétiques relatifs à la conjoncture économique nationale et
internationale, aux dépenses fiscales, à la situation de l’endettement, et autres
informations éclairant les parlementaires sur les contours des finances publiques. De
même, l’article 46 à 51 du projet de la LOLF a introduits des réaménagements sur le
calendrier de préparation et de vote de la loi de finances afin de permettre plus de temps
pour les débats et le contrôle et plus de concertation avec les parlementaires.
Mais la question fondamentale qui reste posée est de savoir si les parlementaires sont
capables de déterminer ce qu’ils veulent contrôler ? Selon quelle priorité ? Et selon
quelle référence ?
La revalorisation des pouvoirs du parlement en matière budgétaire passe par La fixation
de calendriers budgétaires plus appropriés, la mise à sa disposition de nouveaux outils
de contrôle et de maitrise des aspects législatifs et le renforcement de ses pouvoirs en
matière de la procédure d’exécution du budget.

2.1.1. L’enrichissement du débat public par l’adaptation du calendrier budgétaire

L’adaptation du calendrier budgétaire devrait constituer un élément fondamental de


rééquilibrage du pouvoir entre le gouvernement et le parlement. Il doit permettre aux
deux chambres de disposer des délais suffisants pour débattre des budgets annuels.
L’adaptation dans le cadre de la réforme de la loi organique des finances doit toucher à
notre avis deux éléments essentiels : l’introduction de la programmation pluriannuelle et
le réaménagement du délai d’examen et de vote des lois de finances.

- L’introduction de la programmation pluriannuelle


La constitution marocaine reconnait désormais la notion de programmes pluriannuels en
disposant dans son article 75 que : « le parlement vote une seule fois les dépenses
d’investissement nécessaires, dans le domaine de développement, à la réalisation des
plans de développement stratégiques et des programmes pluriannuels, établies par le
gouvernement qui en informent le parlement. Les dépenses ainsi approuvés sont
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reconduites automatiquement pendant la durée de ces plans et programmes. ». Sur le


plan opérationnel, le Maroc a procédé à la généralisation de cette programmation
pluriannuelle glissante depuis l’an 2007 en adoptant des Cadres de la dépense à moyen
terme CDMT, avec une projection sur trois ans, au sein des différents départements
ministériels.

Sur le plan de la transparence, les programmes pluriannuels peuvent indiquer aux


parlementaires les missions et les projets et les indicateurs envisagés pour les années à
venir. La dimension régionale intégrée par la nouvelle LOLF à la programmation
permettrait de mieux suivre dans le temps et dans l’espace les investissements
publiques. Ces programmes constituent des outils idéals et pertinents pour argumenter
les choix stratégiques et budgétaires du gouvernement. Les CDMT sont de ce fait des
programmes qui consacrent la transparence. Les parlementaires mieux informés sur ces
choix disposerait de référentiel tangible et serait mieux outillés pour assurer leur
pouvoir de contrôle notamment dans le cadre de la présentation des lois de finances
rectificatives ou des lois de règlement.

- Le réaménagement du délai d’examen et de vote du parlement

Le réaménagement des délais d’examen et de vote par le parlement des lois de finances
de l’année, des lois de finances rectificatives et des lois de règlement représente une
condition cruciale pour assurer une cohérence entre ces trois types de lois, renforcement
le rôle du parlement, de la transparence et assurer un enrichissement du débat public.
Le calendrier budgétaire prévu par la loi organique des finances de 1998 a entrainé un
déséquilibre du pouvoir en matière des finances en faveur du gouvernement. Le débat
public sur les lois de finances ne commence généralement que 70 jours avant la fin de
chaque année budgétaire, c’est à dire à partir du dépôt par le gouvernement du projet de
la loi de finance sur le bureau de l’une des deux chambres du parlement28. Le délai
consacré au débat politique et public se trouve très réduit par rapport au délai dont
dispose le gouvernement en matière de préparation.

La nécessité de donner plus de temps aux parlementaires implique une réforme du


calendrier budgétaire, afin d’assurer un rééquilibrage du pouvoir entre parlementaires et
gouvernement. La LOLF de 2015 reste, cependant, timide sur ce point, en ce sens que la
phase de préparation du budget est toujours marquée par la prédominance du rôle du
gouvernement. La présentation du budget au parlement est fixée à 70 jours avant la fin
de l’année budgétaire en cours (même délai prévu par l’ancien texte), alors qu’en
moyenne la règle dans les pays de l’OCDE est de trois mois avant le début du nouvel
exercice29 (certains pays comme les USA peuvent aller jusqu'à huit mois avant la
clôture de l’année budgétaire en cours).

28
Article 33 de la LOF de 1998
29
Revue de l’OCDE op cité p 103.
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Ainsi, ce délai devrait être rallongé à trois mois pour permettre plus de temps de débat à
un document aussi important que la loi de finances. Le gouvernement devrait présenter
ses principales orientations au parlement avant le 15 Mai de chaque année budgétaire et
le texte final devrait être déposé sur le bureau de l’une des deux chambres avant le 30
septembre. Ce calendrier nous parait réaliste du fait qu’au mois de Mai les données
économiques et financières du pays sont largement disponibles et prévisibles. De même
le délai de trois mois qui serait accordé au parlement permettrait de donner plus de sens
et de portée à l’autorisation parlementaire.
Conformément à l’article 76 de la nouvelle constitution de 2011, La LOLF de 2015 a
introduit un légers changement sur le délai de présentation de la loi de règlement en
retenant un délai correspondant à la fin du premier trimestre de la deuxième année
budgétaire qui suit l’année de l’exécution de la loi de finances 30 au lieu de la fin de la
deuxième année prévue par l’ancien texte. Un réaménagement du délai de vote de la loi
de règlement est également souhaitable pour renforcer sa portée et son utilité. Le délai
de dépôt de la loi de règlement ne doit pas à notre avis dépasser le délai d’un an après la
date d’exécution de la loi de finance à laquelle elle se rapporte. L’examen et le vote de
cette loi doivent être achevés pendant les 3 mois qui suivent le dépôt et dans les mêmes
formes que la loi de finance de l’année. Dans un souci de transparence, la loi de
règlement doit, impérativement, être accompagnée dans des délais opportuns des
documents explicatifs des circonstances de gestion et d’un rapport annuel de
performance sur l’exécution de la loi de finances. La LOLF prévoit certes un certain
nombre de documents (documents de synthèse, un rapport annuel de performance et des
rapports d’audit de performance), mais le délai de dépôts, jugée trop long, les vident de
tout intérêt et ne permet pas d’amorcer des actions correctives en temps opportun.

2.1.2. L’ouverture du processus budgétaire


Le renforcement du pouvoir du parlement à travers le processus budgétaire signifie
que la loi organique des finances devrait prévoir des dispositions qui imposent au
gouvernement de mettre à la disposition des parlementaires et du grand public toute
l’information budgétaire concernant la phase de préparation afin d’assurer un débat
public fertile antérieur à la phase du vote. La transparence suppose l’obligation de
renseigner sur les réalisations au titre de l’année n-1, sur la situation économique,
sociale et financière de l’Etat, sur les modalités de calcul des hypothèses budgétaires et
sur les prévisions budgétaires. Ces informations doivent être présentées aux
parlementaires de façon simple, claire et sincère.
Le pouvoir de vote du parlement pourra être renforcé si les dépenses et les ressources du
budget général et des démembrements sont présentés aux parlementaires selon une
nomenclature claire précise et exhaustive. Ainsi, les masses de dépenses et de
ressources du Budget général feront l’objet d’autorisation par mission, actions et projets
, les dépenses et les ressources des SEGMA font l’objet d’un vote d’ensemble par
chapitre et les dépenses et ressources des CST sont votées par catégories des CST.

30
L’article 66 du projet de la LOLF
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La présentation de la loi de finances pour le vote doit également informer les


parlementaires sur la répartition des fonds publics par régions, provinces et par projets.
Les dépenses et les ressources des entreprises publiques subventionnées doivent
également être votées dans les mêmes conditions que le budget général. Ainsi, et
contrairement au texte précédent, toutes les dépenses et les ressources sont votés par le
parlement sans exception ni dérogation. La transparence exige que les documents
budgétaires soient accompagnés de documents de synthèse et des indicateurs de suivi.
Le parlement disposant d’une information fiable et en temps opportun pourrait plus
facilement suivre et participer à la préparation des lois de finances. Les commissions
parlementaires pourraient également mieux discuter, contribuer et négocier les
dispositions des projets des lois de finances qui leurs sont présentés par le
gouvernement. Dans cette phase l’information budgétaire constitue ainsi, l’unique
instrument de lutte et de négociation.
Malgré les avancés introduites par le nouveau texte, La rupture avec l’ancien modèle ne
sera jamais transcrite dans le texte de la LOLF, elle est dans le mode d’emploi qui
l’accompagne, dans la volonté politique durable du gouvernement de garder son esprit
et dans le comportement de chacun devant ses responsabilités.
Le pouvoir est lié au degré de maitrise de la technicité des finances publiques, ainsi le
problème de l’information ne réside pas dans son absence ou son opacité pour les
parlementaires, mais plutôt dans le degré d’expertise nécessaire pour l’exploiter,
l’analyser et d’en tirer l’essentiel. D’où la nécessité de l’évolution de l’institution
parlementaire vers plus d’expertise et de maitrise des finances publiques. Le parlement
Marocain doit se doter des outils et méthodes modernes d’analyse de l’information,
professionnaliser ses activités et investir dans les technologies de l’information. Il doit
surtout définir sa place dans le schéma des différents intervenants (Administration
publique, société civile, groupes d’intérêt etc.,).
Il ne faut pas tomber dans le parlementarisme excessif, le cas des blocages du vote
budgétaire aux USA est révélateur à cet égard, ni de trop tirer la couverture du côté du
gouvernement. Ce qui est recherché, c’est un système équilibré permettant aux deux
institutions d’accomplir pleinement leurs rôles.

2.2. La transparence des finances publiques et la réanimation de la société civile


Le renforcement de la transparence dans la gestion publique et le renforcement de la
démocratie exige que la société civile et les citoyens soient informés sur l’affectation
des deniers publics et les objectifs des dépenses publiques dès la phase de la préparation
du budget. Ces acteurs doivent également être dotés d’une information pertinente de
qualité afin de participer au débat sur les préoccupations réelles et prioritaires des
citoyens.

A titre d’exemple, le gouvernement marocain a procédé dès l’élaboration du projet de la


loi de finances 2013 à la publication du « Budget Citoyen » en vue de concrétiser la
participation de la société civile et des citoyens aux débats sur les LF. Le « Budget
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Citoyen » qui constitue une simplification de la version budgétaire présentée au


parlement vise à vulgariser le budget et à le rendre compréhensible et accessible pour
les citoyens. Ce document préconisé par les institutions internationales, est un élément
essentiel de la transparence. Il est actuellement publié par 26 pays31 et le Maroc se situe
au niveau des 1532 pays ayant récemment introduit ce document dans leurs systèmes des
finances publiques.
Mais ce document souffre, en matière de vulgarisation de l’information financière pour
les citoyens, de quelques imperfections liées à sa publication et à son contenu.
En effet, le Budget Citoyen est ignoré par la plupart des citoyens, et ce malgré son
introduction depuis 2012 : Il n’est pas largement diffusé et n’est pas véritablement
promu par les instances gouvernementales. Hormis une diffusion restreinte auprès des
parlementaires, le document n’est pas diffusé par exemple auprès des universitaires et
des lyciens pour assoir une éducation aux finances publiques, il n’est pas non plus
diffusé aux différentes composantes de la société civile. La seule voie de diffusion
publique retenue à ce jour demeure le Site Officiel du Ministère des finances33.
D’ailleurs, le sondage qui a été effectué par le Ministère des finances auprès de ses
fonctionnaires en 2014 a démontré que plus de la moitié du personnel ayant participé ne
connaissent pas l’existence du Budget Citoyen. En effet, Ce sondage consiste à
répondre à la question : Connaissez-vous le Budget Citoyen ? Oui ou Non. La réponse
de 1700 agents ayant participés au 31/10/2014 a permis de dégager des réponses par oui
pour 42% et par Non pour 58% des participants. Si, c’était le cas pour les fonctionnaires
appartenant au ministère des finances, qu’en est-il du citoyen lambda ? Il est difficile
pour ce citoyen de connaitre son existence.
Si le budget citoyen reste méconnaissable de la majeur partie de la population, sa lecture
et la compréhension des informations qu’il diffuse est une autre paire de manche. Le
document publié par les pouvoirs publics est constituée de masses globales des
dépenses et des ressources par chapitres, c’est beaucoup plus un résumé de la loi de
finances qu’un document destiné à bien informer le citoyen sur la gestion des finances
publiques. C’est un budget présenté en fonction des moyens mis en œuvre et non en
fonction des politiques publiques engagées34. Sans un minimum de connaissances de
base en matière d’économie et de finances publiques le citoyen lambda est dans
l’impossibilité de déchiffrer ses donné.
L’information à diffuser aux « Citoyens »35 doit, normalement, être plus synthétique et
plus simplifié. La transparence des finances publiques suppose un accès aisé des
citoyens à des informations pédagogiques : présentation des évolutions des masses

31
International Budget Partnership, «Open Budget Survey 2012», p 26, www.openbudgetindex.org.
32
International Budget Partnership, op cite p 26.
33
www.finances.gov.ma
34
Les chiffres déclinés dans ce document sont représentés en termes de dépenses quantitatives et non en
termes d’objectifs qualitatifs : par exemple amélioration du classement du Maroc en matière de
l’enseignement publique, en termes de santé publique etc.
35
Le citoyen retenu ici est le citoyen actif : citoyens, société civile, élites, etc.
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budgétaires, des commentaires précis, et quelques ratios essentiels. Cette information


doit lui permettre de retrouver directement dans les chiffres les éléments qui le
préoccupent le plus : le montant de sa contribution (Effort fiscal par citoyen), les couts
concrets des services publiques (cout de la santé par citoyen, cout de l’enseignement
etc.), et les indicateurs sur la qualité de ces services par région et par catégorie sociale,
etc. Ces informations représenteront des références permettant à ce dernier de juger de
l’efficacité des politiques publiques et leurs impacts directs sur leurs niveaux de vie.
Ces informations doivent normalement orienter les budgets vers les attentes et les
besoins des citoyens pour passer d’un citoyen sujet à un citoyen acteur des politiques
publiques. Pour les entreprises, l’information financière doit être focalisée sur le niveau
de la pression fiscale, le niveau de l’investissement public, les dépenses d’amélioration
de l’environnement des affaires etc.
Le renforcement du rôle du parlement et des citoyens dans la phase d’élaboration du
budget, constitue un élément essentiel de la transparence des finances publiques. Les
révolutions dans les pays arabes. Portés par les nouvelles technologies de l’information,
ces mouvements menés par des citoyens et la société civile contre la pauvreté,
l’injustice et l’autoritarisme et la mauvaise gouvernance, se sont internationalisés et ont
traversés toutes les frontières. Ils ont touchés tous les pays et tous les continents quel
que soit leurs niveaux de développement ou leurs niveaux de démocratie36. Les
revendications ont tous portés des slogans pour la transparence, la responsabilisation et
la reddition des comptes, la lutte contre la corruption et la dilapidation des fonds
publiques.
La société civile et les citoyens ont besoins de la transparence, car elle leur permet de
pousser le gouvernement à rendre compte sur l’utilisation des fonds publics. Or depuis
longtemps les lois de finances ont toujours été l’apanage du gouvernement et
spécialement du Ministère des Finances qui détient le monopole de la préparation et
l’élaboration de ces instruments financiers de la politique économique et sociale. La
transparence permet aux citoyens de contrôler la qualité de la gestion démocratique et
équitable de finances publiques. En effet des citoyens bien informés sont mieux armés
pour imposer au gouvernement la prise en compte de leurs besoins prioritaires.
La société civile joue un rôle déterminant dans la promotion de la transparence des
finances publiques et la reddition des comptes. Ce rôle à un caractère global touchant à
la fois le niveau national, régional et local et un caractère continu se rapportant au cycle
budgétaire ( préparation, exécution et contrôle) et complémentaire avec les autres
institutions de contrôle politique, juridictionnel et administratif . Ce rôle requière trois
formes essentielles :

36
Ces mouvements ont touchés des pays de l’Europe comme l’Espagne, la Grèce, l’Ukraine, des pays de
l’Amérique latine comme le brésil et des pays asiatiques comme la Turquie et certains pays du golf etc.
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1. Un rôle de sensibilisation : ce rôle consiste à articuler et promouvoir les besoins


essentiels des citoyens et à sensibiliser les différents intervenants aux attentes des
citoyens.
2. Un rôle de contrôle et d’évaluation : ce rôle exercé par le biais de la démocratie
représentative et participative permet de suivre de façon permanente et vigilante la
qualité de gestion des finances publiques.
3. Un rôle d’accompagnement des réformes : il s’agit de contribuer dans le cadre de
leur pouvoir de proposition à mieux orienter les réformes de finances publiques.
Mais pour soumettre le gouvernement à un véritable contrôle civil, il faut veiller à ce
que la société civile soit outillée par des capacités suffisantes en matière de finances
publics. Or, la plupart des ONG marocaines n’ont introduits que ponctuellement la
gestion des finances publiques dans leurs activités de développement. Pour assurer
pleinement leurs rôles, les composantes de la société civile marocaine doivent bien
connaitre les concepts techniques et les procédures de gestion des finances publiques.
Aussi, à l’instar des efforts actuellement déployés dans le cadre de la formation aux
droits de l’homme aux libertés publiques etc. Il est avisé de commencer par une
formation des acteurs de la société civile opérant dans le domaine des finances
publiques aux concepts, aux procédures et aux techniques de gestion des finances
publiques nationales et locales. La mise à niveau des citoyens et de la société civile en
la matière est le seul moyen de profiter pleinement des vertus de la transparence. A ce
stade, le rôle de la nouvelle instance crée par la constitution à savoir le Conseil
consultatif de la jeunesse et de l’action associative est déterminant en la matière.

Conclusion
L’information budgétaire et sa communication sont au cœur de la relation entre les
Citoyens et les décideurs et de la notion de pouvoir. La réforme de la loi organique des
finances doit tenir compte de tous les éléments formels et informels de gestion des
finances publiques. Elle doit assurer une certaine liberté dans l’action et l’information
pour créer un certain rééquilibrage permanent entre les pouvoirs et repositionner le
parlement comme acteur décisif des finances publiques. Elle doit également permettre
aux autres acteurs et notamment la société civile de remplir leurs rôle se superviseur à
travers la mise en place de l’obligation de la diffusion de l’information financière. En
outre, La loi organique des finances devrait permettre plus de transparence des finances
publiques pour assurer un certain équilibre des pouvoirs.
La transparence permet un rééquilibrage des pouvoirs entre les décideurs réels et
apparents, les gestionnaires, les parlementaires, les groupes d’intérêt et les citoyens. Elle
constitue un moyen de démocratisation des affaires financières. Dans le cadre de la
transparence, chaque acteur serait en mesure de construire sa stratégie et s’engager dans
un système d’action concret de coopération et d’interdépendance même si les intérêts
des uns et des autres sont parfois contradictoires.

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La pratique du pouvoir budgétaire doit dépendre sociologiquement de la légitimité de


chaque acteur37 et non de son pouvoir de rétention ou de restriction. A ce niveau nous
considérant que la légitimité du citoyen en matière de contrôle et de suivi de la gestion
des fonds publics est sacrée et doit obligatoirement être respectée. La meilleure façon de
concrétiser ce respect est de lui faire connaitre en temps opportun et de façon
systématique, ou suite à sa demande, l’ensemble des informations budgétaires lui
permettant d’assurer pleinement son rôle de contrôle.
L’implication des pouvoirs publics dans cet effort témoigne, aussi, du degré de la
volonté politique affichée par l’Etat en ce domaine. L’association de la société civile à
la prise de la décision en matière financière est un élément primordial de mise en place
d’un partenariat entre les pouvoirs publics et les citoyens. Elle permet d’ancrer la
confiance et de créer une alliance en matière de conception et de gestion des fonds
publics.

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37
Marc Leroy, option citée p 56.
19
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