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Madrigal in Sonnets pour Hélène (1578) dePierre de Ronsard (1524-

1585)
Si c'est aimer, Madame, et de jour et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu'adorer et servir la beauté qui me suit ;

Si c'est aimer de suivre un bonheur qui me fuit,


De me perdre moi-même et d'être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci2, et m'en voir éconduit3 ;

Si c'est aimer de vivre en vous plus qu'en moi-même,


Cacher d'un front joyeux une langueur extrême,
Sentir au fond de l'âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite,

Honteux, parlant à vous, de confesser mon mal ;


Si cela c'est aimer, furieux4 je vous aime.
Je vous aime, et sais bien que mon mal est fatal.
Le cœur le dit assez, mais la langue est muette.

1
madrigal : bref poème galant s'achevant souvent sur un trait d'esprit.
2
crier merci : demander grâce.
3
éconduit : écarté, rejeté.
4
furieux : hors de soi, emporté par la passion.

Ronsard, le fondateur de la Pléiade, a 54 ans lorsqu’il rencontre la jeune Hélène de Surgères,


demoiselle de compagnie à la cour de Catherine de Médicis. Elle vient de perdre durant la guerre
civile, le capitaine Jacques de la Rivière, dont elle était éprise. La reine invite Ronsard à la consoler.
Il lui composera les sonnets restés si célèbres. Dans ce madrigal * rédigé en 1578, dont l’incipit est
« Si c’est aimer, Madame … », il lui fait une déclaration d’amour inspirée de la tradition de l’amour
courtois. Reprenant le topos du « fou d’amour » médiéval, il va évoquer ses souffrances
d’amoureux dédaigné en idéalisant sa dame, avant d’oser lui avouer sa flamme. Nous
examinerons d’abord l’expression du sentiment amoureux, puis la difficulté à l’exprimer par des
mots.

* madrigal : courte poésie galante

I) Le fou d’amour

A) Les symptômes du mal d’amour

- Le vocabulaire de la souffrance est omniprésent et appartient au lexique de la


maladie : langueur (vers 10), fièvre (vers 12), souffrir (vers 7), furieux = pris de folie (vers 14).
- Les contradictions de l’état amoureux sont marquées par des antithèses qui montrent le
déséquilibre qui mène à la folie : « Bonheur qui me fuit » (vers 5), « front joyeux et
langueur extrême » (vers 10), « chaud, froid » (vers 12).

- L’intensité des sensations et des sentiments se révèle dans les procédés d’amplification : les
adjectifs hyperboliques comme « furieux » accentué par la diérèse, « «fatal », « extrême » ou
encore par l’accumulation d’infinitifs comme « rester, songer, penser […] oublier et ne vouloir ».

- Les anaphores « Si c’est aimer » au début des trois premiers quatrains miment l’aspect
obsessionnel et répétitif des atteintes de ce mal d’amour.

 C’est donc un amoureux souffrant et sans espoir qui s’exprime et quand on songe à la
différence d’âge entre les deux personnes, on peut penser à une sorte de chant du cygne
du poète. La dame aimée, si inaccessible, est d’ailleurs fort peu évoquée dans le poème,
comme si l’idéalisation la rendait encore plus lointaine.

B) La femme idéalisée

- Les termes traditionnels du « service d’amour » (on l’appelle fin’amor en langue d’oc, ce qui veut
dire « amour parfait » ou « amour sublimé ») sont repris grâce aux termes « adorer et servir ». On
note que le vocabulaire chevaleresque se combine ainsi avec celui du culte religieux.

- Le seul éloge de la dame aimée est « euphémisé » par la métonymie « servir la beauté » comme
si le poète, par pudeur, n’osait évoquer les charmes physiques de la femme et la considérait plus
comme l’incarnation du concept de la beauté.

- Il s’adresse à elle de manière fort respectueuse par l’apostrophe « Madame », en apposition et


avec une majuscule à l’initiale et par le vouvoiement : « vivre en vous ».

- Le poète s’efface aussi dans les trois premiers quatrains où son « moi » n’apparaît qu’en position
objet : « qui me nuit » ou « me perdre ».

 La femme aimée est donc peu incarnée, comme si elle était plus un fantasme qu’un être
de chair qu’il faut conquérir en « un combat inégal » et « fatal », deux termes à la rime
pour en marquer l’importance.

II) Une déclaration paradoxale

A) Parler ou se taire ?

- La déclaration d’amour réitérée (« je vous aime »),au quatrième quatrain, est encadrée par le
silence : « me taire » à la rime, au vers 7 et « muette », le dernier mot du madrigal.

- Les verbes d’expression « parler » et « dire » qui accompagnent l’aveu sont associés l’un à une
confession honteuse, l’autre à l’incapacité à s’exprimer avec des mots : « Le cœur le dit assez, mais
la langue est muette ».

- Les autres marques de communication s’apparentent au cri : « Pleurer, crier merci » ; comme si
les sentiments ne pouvaient se transmettre par le verbe (l’intellect) mais seulement par les
émotions liées au corps et au coeur.
Il est étonnant et paradoxal que le poète écrive seize vers pour se résoudre à se taire ou à
proclamer l’inutilité de la parole et de l’écriture. C’est à une communion des âmes qu’il aspire d’où
la honte d’avoir formulé l’aveu d’amour qui ainsi se matérialise.

B) L’aveu retardé et refoulé

- Le poème est constitué de quatre quatrains en alexandrins et de deux phrases ! Les trois
premiers quatrains commencent par une hypothèse : « Si c’est aimer », reprise au deuxième vers
du quatrième quatrain : « Si cela c’est aimer » ; ces subordonnées correspondent à la protase
(partie ascendante d’une phrase rhétorique) et les principales à l’apodose (partie descendante) ;
un déséquilibre se produit entre les deux dans la première phrase créant une attente déçue de
l’aveu : « Honteux, parlant à vous, de confesser mon mal ».

- Ce retardement va être rattrapé dans la deuxième phrase au vers 14 : « Si cela est aimer, furieux
je vous aime » où les deux propositions sont équilibrées avec une belle césure à l’hémistiche !

- Cet aveu lâché, il est répété dès le vers suivant pour être aussitôt refoulé « et sais bien que
mon mal est fatal », ce qui est renforcé encore par l’opposition « Le cœur le dit assez, mais la
langue est muette ».

 Ainsi, l’aveu d’amour est l’achèvement d’un parcours. Si l’attente ou même l’espoir
enflent dans le rythme des trois premiers quatrains pour arriver à l’acmé de la révélation
d’amour, très vite la désillusion ou le refoulement veut faire taire ces mots. Le vieux poète
se sent coupable, vaguement ridicule aussi ou alors il s’en veut d’avoir brisé par des mots
misérables et si communs un accord plus sublime.

Ronsard, le prince des Poètes et le poète des Princes, s’est laissé entraîner beaucoup plus loin
qu’un simple exercice de commande. Il s’est pris au jeu de l’amour, en a senti la douloureuse
atteinte et a retrouvé les accents des troubadours, lui le défenseur des auteurs de l’antiquité
gréco-latine, pour faire sa touchante et dérisoire déclaration. A ce point de lucidité de sa part et au
degré d’idéalisation où il place Hélène, on peut se demander s’il n’est pas plutôt amoureux de
l’amour et si sa crainte de ne pas trouver les mots ne cache pas la peur de voir tarir son inspiration
ou même son goût d’écrire …

http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=monplaisirlett&e_id=6675

Extrait du corrigé :

Pierre de Ronsard (1er septembre 1524 - 27 décembre 1585) : poète qui fut l’un des plus importants
au XVIe siècle. Appartient, comme son ami Du Bellay, à la Pléiade.

Surnommé le « Prince des poètes et poète des princes », Ronsard a écrit de des poèmes engagés et
de la poésie « officielle » dans le contexte des guerres de religions, des épopée et de la poésie
lyrique, connue à travers des recueils comme Les Odes (1550-1552) et Les Amours (Les Amours de
Cassandre, 1552 - Les Amours de Marie, 1555 - Sonnets pour Hélène ,1578).

Dans ses poèmes lyriques, Ronsard développe les thèmes de la nature et de l’amour, associés aux
références de l'Antiquité gréco-latine et à la forme du sonnet.
Le madrigal s’est développé à la Renaissance. 16 alexandrins. 4 quatrains.

Dans les 2 premiers quatrains, les rimes sont embrassées, du type ABBA. Ce sont les mêmes sons qui
sont à la rime. Cf. « u-i » > rimes suffisantes ; « è-re » > rimes suffisantes. NB : « nuit » répété à la
rime > rimes riches.

Dans les 2 derniers quatrains, les 2e 1e rimes sont suivies, puis elles sont croisées de manière
irrégulière « inégale ; traite ; mal ; muette » + « aime ».

Anaphore de « Si c’est aimer »…

Le madrigal > héritage musical. On retrouve dans ce poème de très nombreuses fois les mêmes sons.

• Assonance en « é ». Ex : « aimer » ; « et » ; « et » ; « Rêver, songer, penser » ; « aimer » ;


« Qu'adorer et » ; « Beauté » ; « Oublier »… > son doux.

• Assonance en « è ». Ex : « c'est » ; « plaire » ; « faire » ; « c'est » ; « même » ; « d'être solitaire » ;


« c'est » ; « taire »…

• Assonance en « i ». Ex : « Si » ; « Nuit » ; « Oublier » ; « Rien » ; « servir » ; « nuit » ; « fuit » ; « Si » ;


« Suivre » ; « qui »…

• Allitérations en « s ». Ex : « Si c'est » ; « songer, penser » ; « servir » ; « Si c'est » ; « solitaire » ;


« Souffrir » ; « Si c'est » ; « Sentir »…

• Allitération en « m ». Ex : « aimer, Madame » ; « moyen » ; « me » ; « aimer » ; « me fuit » ;


« me » ; « moi-même » ; « mal » ; « me » ; « m'en »…

http://www.sujetsdefrancais.com/sujet.php?suj=316

Commentaire « Si c’est aimer, Madame » de Ronsard

Corrigé du commentaire de « Si c’est aimer Madame » (amplement inspiré du devoir de Rémi)

Apparue au Moyen-Age grâce au roman de cour, la fin’amor continue d’influencer les poètes de la
Renaissance. Ainsi, Pierre de Ronsard, chef de file de la Pléiade, déclare-t-il, dans son madrigal « Si
c’est aimer, Madame » paru en 1578 dans le recueil Sonnets pour Hélène, son amour à Hélène de
Surgères tout en évoquant le malheur que celui-ci lui procure parfois. Il s’agira donc de comprendre
comment ce poème s’inscrit dans la tradition courtoise. Nous nous intéresserons initialement à la
déclaration amoureuse que constitue ce poème avant d’analyser comment cet amour se révèle
quelque peu douloureux pour Ronsard.

Il convient d’abord de remarquer que Ronsard instaure ici un dialogue fictif entre lui et sa belle ainsi
qu’en témoignent la présence des marques de la 1ère et de la 2ème personne comme « de me
perdre moi-même » v6, « de vivre en vous » v 9 ou « je vous aime » v 15. L’apostrophe « Madame »
au v 1, renvoyant d’ailleurs à la Dame ou Domina de la fin’amor, entame cette déclaration qui se
déclinera au fil du poème. L’assonance en [é] v 2 notamment « rEstEr, songEr, pensEr » souligne
cette interpellation. Par ailleurs, en marquant son respect envers la Dame avec le recours au
voussoiement et l’évocation de sa beauté physique grâce à la métonymie « Beauté » du v 4, Ronsard
signifie qu’il idéalise la femme aimée comme le valeureux chevalier de l’amour courtois. Mais malgré
cela l’aveu de son amour parait bien difficile pour le poète. Son incertitude se trouve en effet
exprimée grâce à l’anaphore aux v 1, 5, 9 et 14 de la proposition hypothétique « Si c’est aimer ».
Ronsard semble tourmenté. Des expressions comme « pleurer » « crier merci » v 8 ou « me taire »
suggèrent que le poète peine à s’exprimer oralement; les mots lui manquent. Submergé par
l’émotion, il est dépossédé de son langage. Cette incapacité à verbaliser sa déclaration est renchérie
par des images de silence comme « taire » au v 7 et surtout « la langue est muette » v 16.

La difficulté de cette déclaration est d’autant plus accentuée que l’amour éprouvé par le poète pour
sa belle n’est pas partagé comme le signifient les expressions « bonheur qui me fuit » v 5 ou « m’en
voir éconduit » v8. Cette situation renvoie au congé d’amour et au motif de la belle indifférente de la
fin’amor. De plus, par le recours à des termes tels que « honteux » et « confesser », Ronsard
reconnaît sa honte de ses sentiments qui peuvent paraitre déplacés dans la mesure où son âge
avancé ne lui permet pas d’endosser pleinement le rôle du chevalier amoureux. Le poète n’est en
effet pas en mesure de répondre aux canons et aux codes de l’amour courtois. Ronsard ne renonce
cependant pas, puisqu’il use alors des armes de la poésie pour déclarer sa flamme ainsi qu’en
témoigne l’aveu écrit du v 15: « je vous aime ». Si Hélène est sa muse, c’est sa plume qui lui permet
de vaincre cet aveu si longtemps refoulé ainsi que le suggère l’anaphore.

Toutefois, si ces vers lui permettent de libérer ses sentiments, le poète n’en reste pas moins
prisonnier de son amour comme en témoignent les vers 5 et 6: « De me perdre moi-même »
« Souffrir beaucoup de mal » qui ne sont pas sans rappeler la tradition courtoise. Ronsard semble en
effet vouer un véritable culte à sa belle et se place en position d’infériorité face à elle comme
l’indique les deux infinitifs coordonnés « adorer et servir » au v 4 ou encore l’image du « combat
inégal » au v 11. Le poète mêle ainsi le lexique chevaleresque au vocabulaire religieux avec des
termes comme « crier merci » , »confesser » ou « servir » Le poème vise également l’expression du
mal être de l’amant éconduit. Ronsard est victime d’une véritable passion amoureuse au sens
étymologique du terme. Cet amour non partagé est souffrance. Il apparaît d’abord que l’amour
procure au poète des états fort contradictoires traduits dans le texte par des antithèses telles que
« »Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse » v 12 ou encore « front joyeux » et « langueur
extrême » v 10. De même, le champ lexical de la souffrance se conjugue avec celui de la maladie au
fil des vers avec des termes comme « me nuit » v 4, « Souffrir beaucoup de mal » v 7, « la fièvre » v
12 ou « mon mal » v 15. Ce lexique qui génère un certain pathétisme signifie combien le poète est
malade d’amour. Cette passion s’affiche ainsi comme un chemin de croix douloureux que les
allitérations en [S] et en R] donnent à entendre dans les deux premiers quatrains: « ReSter, Songer,
penSer, et ne vouloiR Rien faiRe/ Qu’adoRer et SeRviR la beauté qui me nuit » « SouffRiR beaucoup
de mal, beaucoup cRaindre, et me taiRe ». Ces répétitions de son orchestre une sorte de litanie
lancinante qui suggère la folie grandissante du poète. En effet des expressions telles que « me
perdre moi-même » v6 suggèrent que le poète perd le contrôle de sa vie, qu’il n’est plus maître de
lui. De même le v 9, « Si c’est aimer que de vivre en vous plus qu’en moi-même » témoigne de ce
que Ronsard va jusqu’à effacer sa propre existence au profit de celle de sa bien aimée. Cette
abnégation, ce don de soi n’est pas sans évoquer le service d’amour de la courtoisie, tandis que
l’hyperbole « furieux », au v 14, mis en relief par la diérèse, souligne la folie du poète et convoque le
motif du fou d’amour qui se consume pour sa Dame.

Au terme de notre analyse, nous constatons donc qu’à travers ce madrigal, Ronsard a tenté de
déclarer son amour à Hélène tout en cherchant à lui faire sa douleur. Il convoque ainsi plusieurs
topoi de la fin’amor comme la belle indifférente et son fou d’amour, ou encore le service d’amour,
qu’il renouvelle dans l’espoir de la séduire. Ne pouvant faire montre de sa prouesse et de sa
bravoure au combat, ce sont en effet les armes du poète qu’il emploie pour rendre hommage à la
jeune femme. Aimée du poète, la belle indifférente, vit ainsi son nom passer à la postérité, tout
comme la Laure de Pétrarque ou la Béâtrice de Dante.

https://espacelettres.wordpress.com/2015/04/23/commentaire-si-cest-aimer-madame-de-rossard/
A) Les symptômes du mal d’amour

- Le vocabulaire de la souffrance est omniprésent et appartient au lexique dela maladie : langueur


(vers 10), fièvre (vers 12), souffrir (vers 7), furieux = pris de folie (vers 14).

- Les contradictions de l’état amoureux sont marquées par des antithèses qui montrent le
déséquilibre qui mène à la folie : « Bonheur qui me fuit » (vers 5), « front joyeux et langueur extrême
» (vers 10), « chaud, froid » (vers 12).

- L’intensité des sensations et des sentiments se révèledans les procédés d’amplification : les
adjectifs hyperboliques comme « furieux » accentué par la diérèse, « «fatal », « extrême » ou encore
par l’accumulation d’infinitifs comme « rester, songer, penser […] oublier et ne vouloir ».

- Les anaphores « Si c’est aimer » au début des trois premiers quatrains miment l’aspect
obsessionnel et répétitif des atteintes de ce mal d’amour.

C’estdonc un amoureux souffrant et sans espoir qui s’exprime et quand on songe à la différence
d’âge entre les deux personnes, on peut penser à une sorte de chant du cygne du poète. La dame
aimée, si inaccessible, est d’ailleurs fort peu évoquée dans le poème, comme si l’idéalisation la
rendait encore plus lointaine.
B) La femme idéalisée

- Les termes traditionnels du « service d’amour » (onl’appelle fin’amor en langue d’oc, ce qui veut
dire « amour parfait » ou « amour sublimé ») sont repris grâce aux termes « adorer et servir ». On
note que le vocabulaire chevaleresque se combine ainsi avec celui du culte religieux.

- Le seul éloge de la dame aimée est « euphémisé » par la métonymie « servir la beauté » comme si
le poète, par pudeur, n’osait évoquer les charmes physiques de la femmeet la considérait plus
comme l’incarnation du concept de la beauté.

- Il s’adresse à elle de manière fort respectueuse par l’apostrophe « Madame », en apposition et


avec une majuscule à l’initiale et par le vouvoiement : « vivre en vous ».

- Le poète s’efface aussi dans les trois premiers quatrains où son « moi » n’apparaît qu’en position
objet : « qui me nuit » ou « me perdre »....

http://www.etudier.com/dissertations/Si-c'Est-Aimer-Ronsard-Commentaire/470250.html

Étude du poème de Pierre de Ronsard: "si c'est aimer", madrigal, p 208 du manuel français première

Introduction:

Ronsard (1524-1585): Un des poètes majeur du XVIè siècle avec Du Bellay

-Idée de la "Grandeur" de la France

->Poète épique avec "La Franciade"

-Poète officiel du catholicisme durant la guerre de religion

->Poète engagé
=>Grand poète lyrique

PROBLÉMATIQUE:

En quoi le lyrisme de ce madrigal est il élégiaque (= plaintif) ?

I Une maladie d'amour

A) obsessionnel

Structure strophique:

-Texte structuré par une anaphore

"Si c'est aimer" v 1,5,9

-Variation à la dernière strophe

"Si cela est aimer" v14

->Conclusion, "strophe de pointe"

-Champs lexical de l'amour omniprésent

"plaire"v2,"adorer"v4,"beauté"v5

->Amour omniprésent dans l'espace

-Présent d'habitude et de répétition

"nuit", "jour"

->Amour omniprésent dans le temps

"rêver","songer,"penser"

->Amour omniprésent dans les pensées

B) Aux symptômes allant croissant

Strophe 1< Strophe 2< Strophe 3<< Strophe 4

-Strophe 2: symptômes et manifestation d'ordre morale

"suivre un bonheur qui me fuit"v5, "me perdre moi même et[...]être solitaire"v6, "beaucoup
craindre" v7

-Strophe 3: symptômes et manifestations d'ordre Physique

"Pleurer,crier merci" v8, "langueur extrême"v6, "fièvre" v12

-Strophe 4: Apogée

"furieux"v14, "mal...fatal" v13,15

->Effet tragique

-Vers de pointe: "Le cœur le dit assez mais la langue est muette"v16
->Aphasie

II Une relation amoureuse transfigurée par la grâce de la poésie

A) La femme aimée

-Comparée à une divinité, placée sur un piédestal

"Madame"v1

-> = inaccessible

"(adorer et) servir la beauté" v4, "bonheur", "vie" v9

->Incarnation de la perfection

B) Le poète

-Poème saturé par des mots connotés péjorativement par le poète

"oublier", "me nuit", "me fuit","souffrir","cacher"

-Rabaissement du poète plus bas que terre

"penser de moyen de vous plaire"v2, "la beauté qui me nuit" v4, "un bonheur qui me fuit"v5

->Le poète subit plus qu'il n'agit

->Le poète est subordonné à la femme aimée

=>Aucun résultat positif pour le poète

CONCLUSION:

Ronsard, en se plaignant, veut qu'on le plaigne

->Ce Madrigal est élégiaque

-La poésie transcende le quotidien pour amener à le changer

->Le poète n'arrive pas à s'exprimer IRL, oralement

=>Ronsard essaye donc en écrivant pour essayer de changer sa situation

Ouverture: "Second livre des amours" Ronsard, madrigal(1578)

-Le poète est plus incisif, actif, il ne se plaint plus

->Poème complètement opposé mais du même recueil, madrigal

=>Un recueil poétique se considère dans son ensemble et non poème par poème

-Cela permet de voir le "paysage" dans son ensemble, comme un tableau impressionniste

Suite du cours:

L'amour décrit comme un jeu par Clément Maros dans D'anne qui lui jeta de la neige

http://coursenligne1s6.fr/francais-Pierre-de-Ronsard-Madrigal-si-c-est-aimer.html