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EVUE PARAISSANT 10 FOIS PAR AN


DEUXIÈME ANNÉE
DÉCEMBRE 1931 D'Aï
WOMITÉ DE PATRONAGE: MM. FRANTZ JOURDAIN, AUGUSTE PERRET, HENRI SAUVAGE, TONY
IARNIER HENRI SELLIER, HECTOR GUIMARD, MICHEL ROUX-SPITZ, JOSEPH VAGO, W. M.
ibUDOK CHARLES SICLIS, ADOLPHE DERVAUX, D. ALF. AGACHE, MARCEL TEMPORAL, ANDRE
URÇAT, PIERRE CHAREAU, RAYMOND FISCHER, MARCEL HENNEOUET, G. H. PINGUSSON.
INSHERG, LUBETKIN, J. C. MOREUX. VICTOR BOURGEOIS, FRANCIS JOURDAIN, DJO-BOURGEOIS
CORRESPONDANTS:

LOVAOUIE:
ALLEMAGNE: JULIUS POSENER — ANGLETERRE: W. W. WOOD — AUTRICHE:
?GON RISS — BELGIOUE: EMMANUEL HENVAUX — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — ESPAGNE.
ÉfcUITIERRE SOTO — ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN — ITALIE: PIETRO ASCHIERI — HONGRIE :
BORGES MASIREVICH — PAYS-BAS : PIET-ZANSTRA — POLOGNE: SZYMON SYRKUS - TCHECO-
MAX URBAN — TURQUIE: FUAT RIZA U. R. S. S. MICHEL ILYINE
PIERRE VAGO
ss
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL: MAD. M. E. CAHEN — M.
RÉDACTEUR:

ANDRE BLOC: DIRECTEUR


ADRESSER TOUTE CORRESPONDANCE: S,
RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE)

«ABONNEMENTS - FRANCE: 120 FRS - ÉTRANGER: 200 FRS DECEMBRE 1931


jfOMPTE CHEQUES POSTAUX: PARIS 1519-97 TELEPHONE: AUTEUIL 25-28

JANVIER 1932
ÉPOSIT AIRES «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI»
GENERAUX DE A L'ETRANGER

»ELGI0UE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE A BRUXELLES : 18 FR.


ïflONGRIE: BUDAI ALADAR ÉS TA'RSA, AGGTELEKI UTCA, 17, BUDAPEST
«OUMANIE : LIBRAIRIE «HA SE FER». RUE E. CADARA, BUCAREST ER: 25 FR.

SOMMAIRE

3 IDÉES Frank Lloyd WRIGHT.


5 CONTRE LE NOUVEAU FORMALISME Marie DORMOY.
L'ARCHITECTURE EN FRANCE:
7 LE SALON D'AUTOMNE Raymond FISCHER.
23 QUELQUES IMMEUBLES NOUVEAUX Jacques TOURNANT.
L'ARCHITECTURE A L'ÉTRANGER:
31 (AUTRICHE) IMMEUBLES A LOYERS Egon RISS.
37 (ANGLETERRE) NOUVEAU CENTRAL TÉLÉPHONIOUE
43 (BELGIQUE) PROBLÈME DU LOGEMENT POPULAIRE Emm. HENVAUX.
49 (ÉTATS-UNIS) NORMAN BEL-GEDDES André ROBIN.
51 (TCHÉCOSLOVAQUIE) BANQUE A BRNO WIESNER et FUCHS.
55 (YOUGOSLAVIE) IMMEUBLE A NOVI-SAD Edouard MENKÈS.
58 (SUISSE) EXPOSITION D'ARTS DÉCORATIFS Félicien DUVERNAY.
LA DÉCORATION:
59 CHAMBRES D'ENFANTS Paul NADAI.
35 MAGASINS A STUTTGART Suzanne KOZMA.
65 UN SALON DE THE A PARIS Henri CHAILLEUX et
GESTIUM.
L'URBANISME A L'ÉTRANGER:
67 AMÉNAGEMENT DE LA VITXE DE VARNA Lubain TONEFF.
75 ARCHITECTURE ET URBANISME EN SUÈDE Viking GOERANSSON.
ÉCHOS, NOUVELLES. INFORMATIONS:
LA SOIRÉE DE PROPAGANDE DE L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI
CONFÉRENCES DE MM. LE CORBUS1ER, SAUVAGE ET FISCHER
85 ARGUS
90 A PROPOS DE LA SOIRÉF, PLEYEL: UNE LETTRE DE M. H. STOROGE
INFORMATIONS DIVERSES
92 BIBLIOGRAPHIE
ÉTUDES TECHNIOUES:
93 ISOLATION THERMTOUE DES BATIMF.NTS L. CHARPENTIER.
97 LA CHARPENTE MÉTALLIOTJE SOUDÉE A. GOELZER.
103 MONOGRAPHIE: L'ÉTANCHÉITÉ PAR L'ASPHALTOID

Nous regrettons qu'en raison de l'affluence extraordinaire à notre réunion, Salle Pleyel, il nous ait été impossible
de réserver les places d'un certain nombre de nos invités et abonnés porteurs de cartes numérotées.
Nous nous en excusons et tenons à déclarer Que nous nous sommes trouvés débordés nar un grouae de 500
jeunes gens des Ecoles, en général non munis de cartes d'invitation, qui. voulant à tout nrix assister à notre soirée, se som
introduits dans la Salle, en forçant les barrages. Plusieurs centaines de places ont été ainsi occupées malgré nous et il nous a
été impossible de recevoir nos invités comme nous l'aurions désiré.
Nous le déplorons vivement et nous avons décidé d'organiser une nouvelle réunion oui se fera uniquement avec places nu-
mérotées et désignations personnelles. Nous avons déjà reçu un grand nombre de demandes pour cette deuxième soirée et nous
prions les personnes qui désirent y assister de se faire connaître dès à présent, soit en écrivant à notre siège, 5, rue Bartholdi n
Boulogne, soit en téléphonant (Auteuil 25-28). Nous fixerons ultérieurement la date de notre soirée et les intéressés recevront
en temps utile un avis accompagné d'un coupon numéroté.
COMITÉ DE PATRONAGE: MM. FRANTZ JOURDAIN, AUGUSTE PERRET, HENRI SAUVAGE, TONY
GARNIER, HENRI SELLIER, HECTOR GUIMARD, MICHEL ROUX-SPITZ, JOSEPH VAGO, W. M.
DUDOK, CHARLES SICLIS, ADOLPHE DERVAUX, D. ALF. AGACHE, MARCEL TEMPORAL, ANDRE
LURÇAT, PIERRE CHAREAU, RAYMOND FISCHER, MARCEL HENNEQUET, G. H. PINGUSSON.
GINSBERG, LUBETKIN, J. C. MOREUX, VICTOR BOURGEOIS, FRANCIS JOURDAIN, DJO-BOURGEOIS
CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: JULIUS POSENER — ANGLETERRE: W. W. WOOD - AUTRICHE:
EGON RISS — BELGIOUE: EMMANUEL HENVAUX — BULGARIE: LUBAIN TONEFF -
GUITIERRE SOTO — ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN — ITALIE: PIETRO ASCHIERI -

SLOVAQUIE: MAX URBAN — TURQUIE: FUAT RIZA — U. R. S. S


ESPAGNE.
HONGRIE:
GEORGES MASIREVICH — PAYS-BAS: PIET-ZANSTRA — POLOGNE: SZYMON SYRKUS - TCHECO-
MICHEL ILYINE
Si
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL: MAD. M. E. CAHEN RÉDACTEUR: M. PIERRE VAGO
ANDRE BLOC: DIRECTEUR
ADRESSER TOUTE CORRESPONDANCE: S, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE)
ABONNEMENTS - FRANCE: 120 FRS - ÉTRANGER: 200 FRS DECEMBRE 1931
COMPTE CHEQUES POSTAUX : PARIS 1519-97 TELEPHONE: AUTEUIL 25-2R

JANVIER 1932

DEPOSITAIRES GENERAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» A L'ETRANGER


BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE A BRUXELLES 18 FR.
HONGRIE: BUDAI ALADAR ES TA'RSA, AGGTELEKI UTCA, 17, BUDAPEST
ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER». RUE E. CADARA, BUCAREST B:3LIOTIIZÊTJL%<3ER: 25 FR.

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SOMMAIRE

3 IDÉES Frank Lloyd WRIGHT.


5 CONTRE LE NOUVEAU FORMALISME Marie DORMOY.

VARCHITECTURE EN FRANCE:
7 LE SALON D'AUTOMNE Raymond FISCHER.
23 QUELQUES IMMEUBLES NOUVEAUX Jacques TOURNANT.
L'ARCHITECTURE A L'ÉTRANGER:
31 (AUTRICHE) IMMEUBLES A LOYERS Egon RISS.
37 (ANGLETERRE) NOUVEAU CENTRAL TÉLÉPHONIOUE
43 (BELGIQUE) PROBLÈME DU LOGEMENT POPULAIRE Emm. HENVAUX.
49 (ÉTATS-UNIS) NORMAN BEL-GEDDES André ROBIN.
51 (TCHÉCOSLOVAQUIE) BANQUE A BRNO WIESNER et FUCHS.
55 (YOUGOSLAVIE) IMMEUBLE A NOVI-SAD Edouard MENKÈS.
58 (SUISSE) EXPOSITION D'ARTS DÉCORATIFS Félicien DUVERNAY.

LA DÉCORATION:
59 CHAMBRES D'ENFANTS Paul NADAI.
35 MAGASINS A STUTTGART Suzanne KOZMA.
65 UN SALON DE THÉ A PARIS Henri CHAILLEUX et
GESTIUM.
L'URBANISME A L'ÉTRANGER:
67 AMÉNAGEMENT DE LA VITiE DE VARNA Liihain TONEFF.
75 ARCHITECTURE ET URBANISME EN SUÉDE Vikine GOERANSSON.
ÉCHOS, NOUVELLES, INFORMATIONS:
LA SOIRÉE DE PROPAGANDE DE L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI
CONFÉRENCES DE MM. LE CORBUS1ER, SAUVAGE ET FISCHER
85 ARGUS
90 A PROPOS DE LA. SOIRÉF. PLEYEL: UNE LETTRE DE M. H. STOROGE
INFORMATIONS DIVERSES
92 BIBLIOGRAPHIE

ÉTUDES TECHNIOUES:
93 ISOLATION THERMTOUE DES BATIMENTS L. CHARPENTIER.
97 LA CHARPENTE MFTALLIOUE SOUDÉE A. GOELZER.
103 MONOGRAPHIE: L'ÉTANCHÉITÉ PAR L'ASPHALTOID

Nous regrettons qu'en raison de l'affluence extraordinaire à notre réunion, Salle Pleyel, il nous ait été impossible
de réserver les places d'un certain nombre de nos invités et abonnés porteurs de cartes numérotées.
Nous nous en excusons et tenons à déclarer Que nous nous sommes trouvés débordés par un grouoe de 500
jeunes gens des Ecoles, en général non munis de cartes d'invitation, qui, voulant à tout nrix assister à notre, soirée, se sont
introduits dans la Salle, en forçant les barrages. Plusieurs centaines de places ont été ainsi occupées malgré nous et il nous a
été impossible de recevoir nos invités comme nous l'aurions désiré.
Nous le déplorons vivement et nous avons décidé d'organiser une nouvelle réunion oui se fera uniquement avec places nu-
mérotées et désignations personnelles. Nous avons déjà reçu un grand nombre de demandes pour cette deuxième soirée et nous
prions les personnes qui désirent y assister de se faire connaître dès à présent, soit en écrivant à notre siège, 5, rue Bartholdi n
Boulogne, soit en téléphonant (Auteuil 25-28). Nous fixerons ultérieurement la date de notre soirée et les intéressés recevront
A en temps utile un avis accompagné d'un coupon numéroté.
RAVAUX PUBLICS ^PARTICULIERS
BETON ARME ENTREPRISE GENERALE
CONSTRUCTIONS INDUSTRIELLES^
COMMERCIALES EXTREMEMENT RAPIDES
DÉLAIS RIGOUREUSEMENT RESPECTÉS

CINEMA JACQUES HAÏK BOULEVARD POISSONNIÈRE - M. BLUYSEN, ARCHITECTE

SOCIÉTÉ ANONYME DES ÉTABLISSEMENTS!

CEOKEJTOMBU 2 I RUE DE LA BAUME A PARIS


TÉ LÉ PHONE. BALZAC 37-04.0S-06

PUBl.ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI
IDEES SUR L'ARCHITECTURE
Toujours stimulantes, toujours éveillant la J'estime qu'en Europe, on trouve peut-être une dou
pensée, les idées de Frank Lloyd Wright sont zaine d'architectes qui comptent parmi les plus grands
gravées dans une langue forte. Nous avons fait noms des temps présents. Je crois qu'ils font un tra-
une sélection des principaux arguments de son vail magnifique. Il est probable qu'ils ont reçu quel-
discours prononcé à la Société Architecturale que inspiration originale de chez nous, d'Amérique,
de Michigan. mais à mon avis, ils s'en servent bien mieux que nous
Je crois que l'Amérique est moins attachée à la tra- le faisons. Mais après tout, qu'est-ce que cela peut
dition que n'importe quel autre grand pays du monde. nous faire que pour le moment l'ornephobie prenne
Mais, malheureusement et malgré cette absence de la place de l'ornemeritisme.
tradition dans notre époque de ciment armé, on voit Certainement, ce qui découle d'un mouvement de
ce matériau employé très souvent là où il n'est pas à protestation n'est jamais beau, mais ce peut être utile.
sa place. Malgré ces fautes regrettables, je crois néan- Et je crois que Le Corbusier et son groupe font un
moins que l'Amérique ouvre beaucoup de possibilités travail extrêmement utile, de très grande valeur,
aux architectes. L'Amérique est le champ d'essai où lorsqu'on les considère en particulier comme protesta-
ce nouvel idéal, où cette architecture organique dont taires, ils sont capables de démontrer la dépravation
nous venons de parler peut naître. de notre meilleur ornementisme.
L'architecture de l'avenir est le seul espoir que J'estime, en ce qui nous concerne, que c'est un
le sculpteur et le peintre peuvent nourrir. Ils se sont gaspillage criminel de continuer à construire des bâti-
séparés de l'architecture quand cette dernière devenait ments purement ornementaux. Mais par contre, quel-
moribonde. Ils ne pouvaient, en effet, rester pour ques-uns des bâtiments dits « style mécanique » à cause
mourir avec elle; et à l'époque de la Renaissance, ils de leurs lignes droites et de leurs surfaces plates, sont
se sont efforcés de se suffire à eux seuls. Depuis, ils ont devenus des fétiches ou des marottes de l'esthétique.
connu le « bon temps », mais cela ne les a pas empê- Vous ne vous approchez pas plus de la vérité absolue
ché de n'arriver à rien. Par la nature des choses, ils avec ces nouveaux bâtiments qu'avec les anciens
sont liés à l'architecte. L'idéal intérieur dont j'ai parlé bâtiments ornementaux. En effet, si vous regardez en
mis en application est l'idéal qui donne à un bâtiment dessous de la surface toute moderne qu'elle soit, vous
sa forme naturelle, l'expression sincère de la vie con- retrouverez le style purement ornemental. Le moder-
temporaine. C'est dans l'application de cet idéal que ne n'est que du modernisé, et on se trouve dans le
le peintre ou le sculpteur peuvent jouer leur chance, même embarras que celui qui tient à ses ornements
tous les deux en collaborateurs de l'architecte moder- dans la conception purement ancienne de sa cons-
ne. truction.
J'estime que l'automobile constitue une anomalie
par le conflit qu'elle présente avec une autre inven- Les Grecs n'avaient que des esclaves. Dans les
temps féodaux, la civilisation avait à sa disposition des
tion de l'ère de la mécanique: le gratte-ciel. En effet,
mains, des doigts et ses artisans arrivaient à créer par
inconsciemment, l'auto a élargi notre horizon et a
créé une nouvelle méthode de distribution. C'est un des moyens que nous ne possédons plus. Nous avons
agent de décentralisation. fait de nombreux essais, essayant de faire à notre usa-
Regardez la pompe à essence, elle est le précurseur ge personnel, en nous aidant de la machine, des objets
de la décentralisation, un nouvel organe créé par l'ap- qui considérés en eux-mêmes, auraient été mieux faits
parition de l'auto. C'est elle qui va permettre au pro- à la main. Eh bien, ce dont nous venons de parler, no-
fit de la campagne, la décentralisation et la réintégra- tre idéal nouveau, cet outillage nouveau, ces applica-
tion. C'est en particulier, certainement l'auto qui a tions nouvelles forment peut-être la plus grande puis-
modifié toute la vie américaine, sans que l'Amérique sance, la plus grande force que le monde ait jamais
s'en soit bien rendu compte. connues. Mais non qualifiée, sauvage, implacable, cette
Nous nous trouvons maintenant dans la possi- puissance a détruit tout au nom de l'ancien idéal ar-
bilité de nous rendre en une journée à n'importe tistique, auquel nous sommes restés attachés par sen-
quel endroit où nous désirons aller et autant de fois timentalité. Et c'est maintenant notre tâche, telle que
que nous le voulons. Aujourd'hui nous possédons en je la vois, de prendre en main cet outil, cet instrument
réserve la mobilité, quand elle se mettra totalement que nous appelons une machine — et de lui faire
en action et apparaîtra complètement, elle changera effectuer par nos nouveaux procédés le travail qu'il
du tout au tout la situation des propriétaires ruraux. pourra si bien faire et avec une telle supériorité pour
La nouvelle liberté que nous donne la machine ne nous aider dans la vie. Et alors, cela vous permettra
restera pas toujours centralisée et emprisonnée com- de voir l'architecture ancienne, comme je la vois:
me elle l'est aujourd'hui pour assurer les profits ex- laide et imitative.
cessifs de quelqu'un sur un petit coin heureux. Etes- L'architecture déjà vieille, a fait la traversée de
vous de cet avis? l'Océan avec Thomas Jefferson. Il nous apportait son
Le peuple américain a déjà obtenu un élargisse- style Géorgien comme il apportait ses vêtements. Il
ment de son hotrizon physique. Je crois que s'il peut n'en connaissait pas d'autre, et malgré cela nous en
seulement continuer dans cette voie au point de vue sommes encore à son architecture.
spirituel, il subira les modifications caractéristiques. Nous ignorons tous entièrement nos nouvelles gran-
C'est alors mes amis, que vous ne construirez plus de des richesses et nos nouveaux matériaux. Vous rendez-
gratte-ciel, j'en suis sûr. vous compte que nous sommes actuellement la nation
Personnellement, j'estime que Hetty Green, la mil- la plus riche du monde en ressources matérielles?
lionnaire clairvoyante de New-York a été bien pruden- Nous faisons des inventions nouvelles, nous créons des
te, puisque personne n'a jamais réussi à lui vendre des matériaux nouveaux, qui forment en réalité un super-
actions d'un gratte-ciel. Non personne, elle a même vu matériau et de telle qualité que le monde entier sera
assez loin pour comprendre qu'on exagérait la valeur changé et nous le changerons si nous, les architectes
des gratte-ciel. Les progrès mécaniques d'aujourd'hui présents ici ce soir, avons la compréhension de ce
nous ramènent vers la campagne au profit de la vie que signifient ces matériaux et ces nouveaux procé-
humaine, et la cité ne restera pas. Un langage exagé- dés et si nous nous rendons compte de ce qu'ils peu-
ré? Oui... des grands mots. Mais je vous demande de vent être pour la vie moderne. Un de ces super-maté-
regarder en arrière lorsque vingt-cinq années seront riaux est le verre. Je n'ai pas besoin de vous parler du
0«oulé«s. VMT».
Celte nouvelle conception de l'architecture que nous amenait avec lui dans l'Est américain et de l'autre celle
appelions la Vie Moderne est la vraie architecture. que le Père Junipero apportait du Mexique, en Cali-
L'architecture, c'est la vie. Je crois que ce qui nous fornie, dans le Sud-Ouest.
manque actuellement en architecture, c'est que nous Nous n'avons pas d'architecture libre et les « &
l'avons séparée de la vie. L'architecture que nous cences » que nous avons appliquées en architecture né
avons c'est quelque chose de plus ou moins attaché sont pas la « liberté ». Néanmoins nous sommes en-
à la vie, ce n'est plus la vie elle-même. core des privilégiés. Mais comme privilège, nous avons
Tout art chez nous est devenu une forme ou une pillé les créations du monde entier au nom de la Tra-
autre d'éclectisme, et en particulier nos architectes dition et fièrement nous avons encombré le pays avec
qui ont fait école souffrent largement de cet éclectis- les résultats de ce pillage.
me. Je crois que l'architecture américaine actuelle L'idéal ancien était, par la nature même des choses,
est appauvrie par cette licence que nous appelions réalisé par le bloc de construction : un grand bloc bien
« éclectisme » et laquelle, en réalité, n'est qu'une for- massif. Plus le bloc était lourd, plus sa valeur était
me de « goût ». Le goût n'était jamais individuel. Le grande : aussi lourd et d'apparence solide que possible.
goût est du poison, si vous le substituez à l'impulsion Les bâtiments étaient construits comme les anciennes
ou lui permettez de prendre la place du savoir, du ju- fortifications. La vie alors était différente. On avait à
gement ou de l'art. Le goût est l'idiosyncrasie indivi- se battre pour conserver son existence au lieu de le
duelle cultivée. faire pour assurer ses moyens d'existence.
Aucune nation ne peut se créer une grande vie, ni Le verre, l'acier (l'acier comme une toile d'arai-
pourrait développer un grand art — ce qui revient au gnée) rendent les constructions modernes en même
même — sur une base telle que le « goût » sélectif. temps plus légères et plus solides et par le verre, nous
Tout ce qu'il nous faut — et nous devons le faire — arrivons à fondre le milieu et le bâtiment lui-même,
c'est de bien saisir l'essentiel. Voir ce qui forme la en une seule chose naturelle.
base de la vie américaine et du caractère américain. Je crois que l'architecture et les architectes peu-
Je ne crois pas qu'on exagère en disant qu'aujour- vent devenir les vrais prophètes de notre avenir.
d'hui on ne trouve pas en Amérique un seul édifice Je crois que cela se réalisera rapidement si les ar-
public et très peu de bâtiments privés appartenant à chitectes eux-mêmes arrivent à bien saisir ces nou-
la classe riche que l'on puisse envisager comme des velles conceptions de l'architecture: en effet, si l'Es-
créations purement cérébrales, comme un produit vé- prit de l'architecture n'a pas changé, ses formes doi-
ritable de la pensée et de la vie américaines. Nous vent absolument changer. Nous-mêmes n'avons-nous
avons chez nous des choses mortes que par sentimenta- pas dû changer?
lité nous avons prises pour des traditions vivantes. (Architectural Forum)
D'un côté l'architecture de Thomas Jefferson qu'il FRANK LLOYD WRIGHT.

JOSEPH VAGO

CONTRE LE NOUVEAU FORMALISME mm


mm
mi ii
IIIIII
Les mots : « architecture moderne », sont, quant à de confondre l'habitation d'un individu, ou même
présent, uniquement appliqués à cette sorte d'œuvre d'une famille, avec le lieu de réunion d'une collec-
uni!
qui ressort de la plastique plutôt que de la construc- tivité. Construites cependant d'après les mêmes prin- min
cipes et selon la même technique, la cuisine ne res- IIIIII
tion, et il serait temps de mettre fin à une telle con-
fusion, de séparer le vrai moderne du pseudo-moder- semblait pas à une cathédrale, ni la maison d'un bour-
ne, de démêler le vrai du faux. geois au château d'un seigneur.
Doivent être considérés comme plasticiens, ceux Cette confusion des différentes fins de l'architec-
qui ne font pas concorder l'extérieur d'un monu- ture, si étrangère à notre propre conception de la vie,
ment avec sa structure intérieure, ceux qui adoptent s'est répandue dans le monde entier avec une ampli-
uniformément le parti des surfaces planes dissimu- tude et une rapidité dont on reste confondu. Et le pire
lant l'ossature, — ceci afin d'obtenir des effets de est que c'est à ce seul mouvement que l'on daigne ac-
pleins et de vides, d'ombre et de lumière, — ceux qui coler l'épithète, — qui alors devient presque péjora- JOSEPH HOFFMANN 1904
agglomèrent ou dissocient des cubes, visant ainsi à tive, de «moderne ». Cela uniquement pour ce que ce
un effet plastique et nullement architectural. mouvement a d'inattendu et de surprenant, alors
Par réaction contre les pastiches Louis XVI et mé- qu'en réalité il marque un retour vers les pires erreurs
diévaux dont on n'a vu que de trop nombreux et na- du XIX'"" siècle, le pastiche, le formalisme, l'illogisme,
vrants exemples, on a édifié des maisons qui évo- le manque total d'invention vraie.
quent des usines, des travaux d'art, voire même des
L'on s'est battu contre le formalisme, et l'on voit
tourelles de navires, maisons qui n'ont aucune des
maintenant de grandes parois nues enrober des cons-
qualités de chez nous, c'est-à-dire la logique du plan,
tructions dont rien ne transpire au dehors. L'on a
la franchise de la construction, l'ordonnance des par-
rompu d'innombrables lances contre le pastiche, et
ties, la distribution, l'art de subordonner le détail à
les nouvelles maisons, au lieu de ressembler à Tria-
l'ensemble. non ou à un castel renaissance, peuvent être prises
L'on a ainsi créé ce que l'on pourrait appeler le
pour des pontons de navires, des réservoirs d'eau, ou
style usine, sans songer qu'une « machine à habiter »
devait être logiquement différente des bâtiments où encore des sanatoria.
l'on construit des machines à travailler. Ce mouvement eut pourtant une cause. Il fut la
Le moyen-âge qui reste notre grande école, puis- suite obligée du « modem style », si surchargé d'or-
qu'il avait porté l'art et la science de construire à sa nements, si maniéré dans le détail, qu'on en mécon-
perfection, avait une unité constructive qui était la naissait ses qualités constructives, que l'on éprouvait
croisée d'ogive. Il l'adaptait aux cuisines aussi bien le besoin de lignes plus simples, plus reposantes à
qu'aux cathédrales, mais cette adaptation avait sa jus- l'œil, d'un art plus dépouillé, plus adapté à notre vie
actuelle. WALTER GKOPIUS 1914
te destination, et à cette époque, on n'a jamais tenté
n llili
i •
Les escaliers à vis, ils étaient déjà connus des Ro-
mains et ont triomphé au moyen-âge. Ce n'est pas le
fait de les avoir démunis d'une cloison de protection
et rendus par conséquent dangereux en les lançant à
travers le vide, qui les a rendus modernes.
Quand on considère ce mouvement presque univer-
1 11
1 i
sel qui, grâce à une publicité tapageuse jouit d'un cer-
tain succès auprès des non-initiés, on demeure per-
plexe. N'aurait-on combattu l'Ecole, n'aurait-on ridi-
! culisé 1900 et le « modern-style », que pour retom-
ber dans des erreurs pires encore? N'aurait-on bafoué
l'ornement, — qui peut être une si belle chose employé
Bj logiquement, — que pour faire, (le la nudité même,
un ornement?
JL 8 1
« *
J
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Il serait temps de réagir et d'opposer, à cette école
plastique, l'école constructive.
Marie DORMOY.

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ARCHITECTE : HENRI SAUVAGE

Cette réaction eut lieu en Autriche avec Otto Wagner


en 1900, Hoffmann en 1904, en Allemagne avec Wal-
ter Gropius en 1911-12, en Hollande avec Berlage en
1898, en Hongrie avec Vago en 1906, en France avec
Auguste Perret en 1902-03, Tony-Garnier qui fit en
1901-03 sa Cité Industrielle, accompagnant dans son
envoi de Rome, la reconstitution de Tusculem, avec
Lecœur en 1910, Sauvage en 1913.
Mais, après la guerre, ce mouvement rationaliste
se dévoya et, au lieu de suivre l'impulsion donnée par
les promoteurs il retomba, pour avoir voulu innover
à tout prix, dans des erreurs pires que les précéden-
tes, car faites au nom de l'art et «e la logique.
Les constructions de ce groupe furent enrobées
d'enduits qui dissimulent complètement la construc-
tion. Le parti pris de fenêtres horizontales à hauteur
d'appui fut universellement adopté. Les toits furent
supprimés, — jusques et y compris la corniche, organe
de protection, — et remplacés par des terrasses, ou
même des sheds, jusqu'ici réservés aux usines.
Les bâtiments ainsi conçus se présentent sous forme
de grands cubes blancs ou colorés, troués de fenêtres
et de portes d'un aspect uniquement plastique. Aux
yeux du grand public, ces dispositions seules consti-
tuent l'architecture moderne.
Pourtant si l'on étudie de près ce mouvement, on
s'aperçoit qu'il est encore plus faux et plus surchargé
d'erreurs que ceux qui l'ont précédé.
Masquant la structure, — obligée pourtant puisque
le matériel de notre époque est le béton armé employé
par pans, — ces grandes surfaces unies sont le triom-
phe du formalisme. Au point de vue technique, l'en-
duit, — jusqu'à nouvel ordre du moins, — se révèle in-
suffisant, puisque les intempéries l'attaquent rapide-
ment et que les fissures accusent très vite la construc-
tion.
Les fenêtres en largeur ne sont que la répétition des
fenêtres médiévales, c'est-à-dire d'une époque où la
précarité des matériaux, le peu de moyens de défense
contre le froid et le chaud obligeait à de petites ou-
vertures ménagées à la hauteur des yeux et des mains.
Les sheds, ils sont déjà presque centenaires. Us furent
employés tout d'abord en Angleterre pour les ateliers
de tissage, alors qu'il fallait une lumière absolument
pure et que toutes les ouvertures devaient ère prati-
quées au nord. AUGUSTE PERRET, 1902-0 3
lAtRCHITECTWRK O FISAKCE
SALON D'AUTOMNE
Depuis de nombreuses années la section d'Architecture au Salon d'Au-
tomne, comme du reste dans toutes les autres expositions, avait sensible-
ment diminué, tant par le nombre d'exposants que par la valeur des projets
exposés. Cette carence des architectes dans ces grandes manifestations ar-
tistiques a deux causes: le public ne s'intéressant guère à des projets de
réalisation présentés sous des formes trop techniques et les comités diri-
geants des expositions considèrent trop souvent cette classe d'exposants
en parents pauvres et les relèguent dans quelques coins perdus, connus
seulement des professionnels et des amateurs de rêverie solitaire.
Cette année, grâce au concours de l'aménagement de la Porte Maillot et
aussi pour une raison inconnue, le nombre des envois est sensiblement
accru, mais c'est encore insuffisant et il serait indispensable à l'avenir que
les architectes viennent plus nombreux et occupent la place qui devrait être
la leur, c'est-à-dire une des premières.
Les expositions où la peinture, la sculpture, l'architecture sont mélangées
offrent de grands avantages pour le public qui voit annuellement se déve-
lopper les tendances contemporaines dans les trois branches de l'art plas-
tique. Cette formule est à mon avis bien supérieure à l'idée d'un salon d'ar-
chitecture qui n'intéresserait guère que les confrères, à moins qu'il ne tom-
be de suite dans le genre foire.
Pour un exposant le métier de critique est toujours délicat, aussi tenle-
rai-je de vous décrire mes impressions sur le Salon d'Automne 1931 de la
manière la plus objective possible, sans toutefois renoncer complètement
à l'expression de mes enthousiasmes ou de mes déceptions.
Tous les projets à l'exception du concours de la Porte Maillot sont au
rez-de-chaussée, c'est par eux que j'entends commencer.
MM. Michau et Faure exposent un fort intéressant projet pour un sana-
torium qui serait formé de deux ailes parallèles, l'une destinée aux hommes,
l'autre aux femmes. Toutes les chambres et les dortoirs sont tournés au
midi. Les services généraux, cuisine, réfectoire, etc., forment un bâtiment
central qui relie les ailes.
M. Lemême, dont tout le monde connaît le talent, expose des photogra-
phies de ses réalisations à Mégève. Il faut signaler en particulier les photo-
graphies d'une sortie circulaire sur terrasse d'un très bel effet. II présente
également un immeuble de rapport dans la même ville, où il n'a pas pu
triompher complètement des difficultés de la composition sur angle.
MM. Renouard et Decroix exposent un avant-iwojet pour un "rouitc sco-
laire à Paris, les surfaces libres dominent nettement les bâtiments très bien
éclairés.
M. Viret exnose les photographies et les plans d'un immeuble qu'il a
édifié avenue Friedland pour le Crédit Foncier du Brésil. Le luxe et le mo-
dernisme de la présentation de ce proiet n'arriveront pas à tromper le
spectateur sur le caractère de l'édifice aui n'est aù'un banal immeuble clas-
siaue dont les ordres et les détails ont été habilement maquillés sous des
éléments décoratifs 1925.
M. Henneauet expose un agrandissement photographique du Bar auto-
matique Marsruerv édifié sur les boulevards, c'est une œuvre intéressante
mais oui aurait saemé. à avoir une façade asymétrique.
M. P. MarMère »>t J. Marie présentent une maquette et des plans d'une
villa au Lys-Chantilly. C'est une maison coquette et très intéressante pour un
sportif, nous y trouvons une piscine bien installée. Le plan possède de nom-
breuses qualités mais la composition manaue d'unité, il y a abus des sur-
faces courbes. C'est au demeurant une œuvre charmante et l'on souhaiterait
que de telles villas remplacent celles qui pour notre honte, M. Prudhomme
a édifié dans la banlieue parisienne.
MM. Marlière- Marie, et Cavellerie, avec le précieux appui de René Mou-
leart, metteur en pcène. présentent un théâtre populaire de quatre mille
places. Us ont tenté d'avoir une fusion plus complète entre acteurs et spec-
tateurs; ces derniers entourent la scène aui s'avance en pointe dans la salle,
et en même tem»»s les artistes entourent le public par des scènes ou plateaux
latéraux. Les balcons sont supprimés. Pour la scène cinn plateaux pouvant
être garnis de décors se succèdent en soixante secondes. La scène principale
montée sur ascenseur- s'enfonce »>our laisser un des plateaux latéraux venir
à sa place par un «vstème de nont roulant. C'est là une nouveauté fort inté-
ressante. Les services généraux sont bien disposés. C'est là un des meilleurs
envois du Salon.
LE VERRE DANS LA CONSTRUCTION ET
LA DÉCORATION. ARCHITECTE: ,T. BOSSU
M. J. Bossu a édifié un stand inspiré de la maison de verre de Pierre
Chareau. Il montre la cellule d'une maison où serait employé un maximum
de verre. Les murs sont en verre translucide, les sols sont en verre, les chai-
ses, les tables sont de la même matière. Il y a là certainement un abus de ce
matériau, mais l'exposant encore jeune est plein d'enthousiasme et a tenté
de transposer dans la pratique des théories absolues. M. Boussu ne man-
que pas d'idées et nous ne doutons pas que dans les années à venir, le suc-
cès couronne ses efforts.

H
MM. Bankowski et Appert présentent un bloc d'immeubles où se heur-
tent deux systèmes de composition l'une verticale, l'autre horizontale, c'est
MAQUETTE ET PLANS D'UN THEATRE néanmoins une œuvre très hardie et qui ne manque pas de qualités.
(CONCOURS POUR LE THÉÂTRE DE KARKOV) MM. Richard Mokowski et Justin Vulliarmy exposent la maquette d'un
ARCHITECTES: R. MOKOWSKI ET J. VULLIURNY théâtre (concours de Kharkov), c'est une œuvre très intéressante par de
nombreux côtés, inspirée par le théâtre synthétique de Gropius. Les plans
à échelle trop réduite ne donnent qu'une faible idée des détails. La salle a
de belles proportions et les dégagements sont spacieux et bien étudiés.
Une place toute particulière doit être réservée à M. Léo Pollin qui expose
un grand projet pour une Maison du Peuple qui ne sera pas édifié cette
fois sur les bords du Don, mais sur les rives de la Seine, devant Longchamp.
Ce projet hardi et plein de qualité témoigne les courageuses conceptions
de son auteur. R comprend un théâtre, des salles de réunions, un restau-
rant, un musée, etc.. Une seule critique: ce projet mériterait d'être étudié
d'une façon plus approfondie, en particulier nous aimerions voir corrigée
la forme de la salle de spectacle qui quoique fort bien ordonnée pour rece-
voir une grande foule est un peu molle dans sa forme. Il faut signaler la
disposition des jardins et des terrasses qui contribuent à l'ordonnance gé-
nérale.
M. Léon Bailly expose le projet d'un groupe d'immeubles pour l'Office
d'habitations à bon marché. Le rendu et la présentation sont très habiles
et charment les visiteurs. Nous voyons là, une tirés intéressante conception
pour des logements minimum et l'utilisation rationnelle d'un terrain trian-
gulaire. Les surfaces bâties semblent être à peine 30 % de la surface totale,
un même type d'appartements formant cellule a servi à la construction
d'immeubles, l'auteur n'a pas tenu suffisamment compte de l'ensoleille-
ment des façades et les escaliers qui servent d'articulations du système ne
sont pas toujours d'un effet très agréable. Nous regrettons bien sincèrement,
tant au point de vue de l'esthétique que de l'hygiène, que les Municipalités
n'aient pas depuis longtemps préféré ce type d'habitation aux horreurs dont
elles nous gratifient.
M. Legrand présente la maquette d'un hôpital à Clichy, c'est une idée
qui, plus longuement étudiée, aurait beaucoup d'intérêt. Son plan en étoile
permet une bonne orientation des chambres de malades.
M. Pierre Chareau expose une maquette très bien exécutée et les photo-
graphies de sa maison de verire et de fer que les lecteurs de « l'Architecture
d'Aujourd'hui » connaissent déjà, c'est une œuvre curieuse, qui semble être
réalisée avec un soin extrême. M. P. Chareau démontre que le verre, qui ja-
dis était un élément accessoire dans la construction, devient le matériau le
plus important.
MM. Charavel et Melendès exposent les photographies du cinéma Victor-
Hugo, œuvre d'un caractère nettement décoratif, la visibilité des specta-
teurs a été étudiée d'une façon très rationnelle, il faut en féliciter les archi-
tectes.
M. Albert Bernet semble perdu dans un Salon d'Automne 1931. R ex-
pose les plans et photographies d'une maison de rapport exécutée cette
année dans le 13'"" arrondissement, mais dont le projet a dû être élaboré
au début de ce siècle. Cet architecte est un éclectique, il a voulu compenser
la navrante banalité d'un plan avec couloir, salon, salle à manger communi-
quant par une porte vitrée, par une façade qui semble défier les lois de l'ar-
chitecture. Nous y trouvons en effet comme jeté au hasard, des balustrades
en pierre voisinant avec des rampes en fer forgé et d'énormes balcons en
béton armé qui doivent servir de baignoires collectives.
Notre excellent confrère anglais M. Wood, un des champions de l'archi-
tecture rationaliste outre-Manche, nous présente les plans et les photogra-
phies de sa célèbre villa Overscund-House dans le Deyonshire, que « l'Archi-
tecture d'Aujourd'hui » a déjà publiée dans son numéro sur le mouvement
architectural en Grande-Bretagne.
M. Robert Robin, brillant élève de M. Sauvage, expose le dessin d'une
maison taillée dans le roc, c'est un travail fort intéressant mais qui s'appa-
rente trop avec ceux de l'Ecole des Beaux-Arts.
M. Agache expose le projet d'un phare pour l'Amérique du Sud, où il
est le cbampion de l'architecture française.
M. Le Corbusier expose de nouveau et avec raison les morceaux de son
plan Voisin universellement connu, afin que le grand public s'habitue à
l'idée d'un Paris nouveau.
n faut signaler les envois de M. Durand et L. Diestche, M. Bracher et
Hardel, ces derniers très mal placés sous le grand escalier, et il faut beau-
coup de bonne volonté pour les trouver. L'architecture n'est pas un art
inférieur, il a droit à une meilleure place.
Il m'est impossible de donner un avis sur mon envoi. A titre documen-
- ~T -
taire, je signale au lecteur que j'expose un projet de maison du peuple
dont la grande salle doit servir à la gymnastique, au cinéma, au théâtre, à la
musique et aux conférences. C'est un problème délicat, mais l'architecte
subit les programmes. J'ai accroché également des photographies de
Lf u maisons exécutées dans les régions sinistrées du midi et qui ont été exécu-
Ht 11 III I III tées avec des éléments de série. Je présente de plus la stèle funéraire de Ju-
les Guesde, Paul et Laura Lafargue, édifiée au Père-Lachaîse.
D UN
MAISON DU PEUPLE AU B O R DfjOjET ' GROUPE D'IMMEUBLES
DE LA SEINE. POLIN, ARCHER L'OFFICE D'HABITATIONS A
DN MARCHÉ. LÉON BAILLY, ARCHITECTE

iSHB.

A GAUCHE: LOCAUX MUNICIPAUX, THÉÂTRE ET GYMNASE.


A DROITE: STÈLE FUNÉRAIRE. RAYMOND FISCHER, ARCHITECTE

O
ONCOURS POUR L'AMÉNAGEMENT
E LA PORTE MAILLOT
i.u 1" étage, au pourtour de la galerie, surplombant l'entrée, sont expo-
les projets des architectes ayant pris part au concours de transformation
la Porte Maillot.
Les concurrents ont fait un gros effort et à quelques exceptions près, ils
ablent être tous dans la voie de l'architecture rationaliste.
VI. Defrasse expose un projet avec une grande place circulaire ayant
is son axe le monument du maréchal Foch flanqué de deux gratte-ciels
s -américains qui remplacent les deux tours symboliques des anciennes
rées urbaines. A ces deux grands bâtiments s'appuient des immeubles
culaires en gradins, c'est un projet intéressant mais il n'a pas de
•enté entre le système des immeubles bas et les gratte-ciels. D'autre part
ude de la circulation sur la place a été insuffisamment étudiée, c'est
des reproches les plus graves formulé à l'égard de tous les concurrents.
VI. Eltarchevsky expose un projet dessiné avec beaucoup de savoir où
[terne très agréablement le verticalisme de deux grands immeubles bro-
ît la place, ce projet ressemble par beaucoup de côtés aux précédents,
is la place est moins embarrassée de fontaines et de bassins. La circula-
nt se fait à deux niveaux.
MM. Viret et Marmorat on trouvé deux gratte-ciels insuffisants, ils en
t mis quatre. Ils se sont servi de la déclivité naturelle des rues pour ré-
idre le problème de la circulation, c'est une idée heureuse, mais l'archi-
ture du projet est lourde et massive.
M. Le Corbusier a un projet des plus intéressants et des mieux étudiés,
a envoi est dessiné d'une main de maître. Deux gratte-ciels bordent l'ave-
e. Il a étudié un système très complexe de circulation à différents étages.
3 parties inférieures sont réservées aux véhicules, tandis que la plate-
•me supérieure formant terrasse servira aux piétons et serait un agréable
tranquille lieu de promenade. Les surfaces en jardin son considérables.
i étudié la hauteur et l'écartement des bâtiments en fonction de l'Arc de
iomphe, un seul et léger ennui, la perspective de l'avenue de la Grande
tnée serait coupée dans le voisinage immédiat de la place, il est vrai
'elle serait rapidement rétablie par la pente de l'avenue de la Grande
MAQUETTE DU PROJET DE
MONSIEUR HENRI SAUVAGE

Armée comme pair celle de l'Avenue de la Défense. C'est là une œuvre ma-
gistrale digne de la tradition parisienne.
M. Valensi expose un projet très curieux où il mélange un peu abusive-
ment les idées les plus extrémistes et le classicisme de l'Institut,
M. H. Sauvage a trouvé l'application de son idée de gratte-ciel en forme
pyramidale. La place est largement dégagée et la circulation serait bien as-
surée.
M. Mallet-Stevens a voulu rappeler aux parisiens, l'antique porte de ville
et il en a symbolisé l'idée en reliant les deux grandes tours placées de cha-
que côté de l'avenue par une arche en béton armé. C'est un projet très ha-
bile et très élégant.
M. Perret a changé l'emplacement des deux tours qu'il met aux extrémi-
tés de la place, comme pour arrêter son système. C'est une œuvre d'allure
classique très finement étudiée au point de vue des détails et des propor-
tions. Le système de circulation semble suffisant pour un avenir immédiat,
mai le demeurera-t-il longtemps?
M. Boutrin expose un projet dont l'architecture rappelle le style des ca-
sinos de 1913.
MM. Molinie et Nicod ont cru qu'il s'agissait du concours de Rome.
Ce premier concours est un prélude intéressant pour le grand projet de
l'aménagement de la Porte Maillot qui doit être remis à la Ville le 31 dé-
cembre prochain. Le public relativement très nombreux, a montré un vif
intérêt aux envois. Il a compris que des édifices rationalistes isolés étaient
des expériences intéressantes, mais que l'architecture contemporaine ne
pourrait donner sa complète mesure qu'en fonction des grands problèmes
urbains.
Raymond FISCHER.
LA DÉCORATION
LA DECORATION AU SALON D'AUTOMNE
AU SALON D'AUTOMNE

MAQUETTE POUR MAGASIN


DE CHAUSSURES DE LUXE E. KOHLMANN, DÉCORATEUR
ÉDITÉ PAR STUDIUM-LOUVRE
MAQUETTE EXTÉRIEURE
Revêtement en dalles de marbre noir, architecture simplifiée au maxi-
mum pour mettre en valeur la vitrine. L'idée de la disposition des chaussu-
res est celle-ci: contrairement aux autres vitrines où sont exposés de nom-
breux articles qui dispersent l'attention sur trop de points, cette devanture
tire le regard d'abord par le cadran animé, ensuite par le défilé des chaus-
sures, permettant de montrer une grande collection en ne mettant à la fois
qu'un ou deux articles en valeur.
Le cadran indique les heures auxquelles se portent les chaussures au fur
et à mesure qu'elles défilent.
MAQUETTE INTÉRIEURE (Section fond magasin)
L'agencement prévoit une série d'armoires métalliques, cylindriques et
tournantes sur elles-mêmes. Chaque armoire contient tous les modèles d'une
catégorie déterminée: soir, sports, ville, etc.. A la hauteur de l'œil une sec-
tion vitrée permet l'exposition de quelques modèles. Les tiroirs des armoi-
res s'ouvrent en section de 1/4 de cercle avec charnières sur les côtés. Cha-
que armoire peut contenir 100 et quelques modèles.
Le pourtour du magasin est recouvert d'un tapis vert Véronèse; le milieu
est en dallage oxydé au centre duquel, sur une colonne de verre éclairée à
l'intérieur est exposé un modèle de chaussure en vedette. Les fauteuils de
métal oxydé recouverts de satin noir et tissu vert même ton que le tapis.
Eclairage indirect projeté sur le plafond. A gauche et, à droite de l'entrée du
magasin se trouvent deux comptoirs cylindriques en même métal que les
armoires, celui de gauche est la caisse, celui de droite près de l'entrée, le
guichet de l'emballage. Entre les armoires, des panneaux de glace couvrent
toute la surface disponible. Au fond, une porte en panneau de glace condui LOUIS SOCNOT ET Ch. ALIX
sant au magasin de réserve.

M. BASSARAB, DÉCORATEUR

H. ARIBAUD, DÉCORATEUR
(ÉDITÉ PAR MERCIER FRÈRES)
PISCINE MUNICIPALE A PARIS, RUE BLOME PISCINE BLOMET
l IA.SiLIϻr'MlM ! 4l\Uiy PU I.IC -ttt
COUDl [ONçiltEïNAII
A A R I

BASSOMPIERRE, DE RUTTÉ, SIRVIN, ARCH.

La piscine Blomet vient d'augmenter le nombre, insuffisant encore, des


îassins de natation de Paris.
On connaît les difficultés d'adduction d'eau souterraine qui ont accom-
Dagné les travaux de construction, c'est ce qui explique la durée de l'amé-
lagement.
Le terrain, long rectangle de 18 mètres sur 130 mètres était assez peu
avorable, toute la disposition intérieure se ressent de ce manque de lar-
geur. Les dimensions du bassin sont de 12 mètres sur 50 mètres, sa capa-
"ité est de 1.100 mètres cubes.
Comme les autres piscines municipales, l'établissement comprend égale-
nent des bains-douches placés au sous-sol.
La construction est en béton armé, la piscine est couverte par neuf arcs
t trois articulations, pour éviter les grandes dilatations qui auraient tendu
i déformer les fondations; celles-ci ont été l'objet d'une construction assez
lélicate car il était impossible d'empiéter sur les propriétés mitoyennes et
e bassin de natation interdisait l'établissement de tirants. Les architectes
mt résolu le problème en combinant les fondations des arcs et celles des
rottoirs.
Les revêtements sont lavables, les angles arrondis, des mouchetis de

oo :haux dans les parties verticales supérieures évitent les condensations, celles
pui se forment sur les parties horizontales de la couverture sont recueillies
(ans des gouttières spéciales.
B AS S OMPIERRE , DE RUTTÉ ET SIRVIN, ARCHITECTES, PARIS La ventilation est assurée: par de l'air qui après être passé sur des sur-
aces de chauffe est envoyé dans le hall de natation à travers des grilles dis-
•osées sous les bancs. A la partie supérieure il y a évacuation accélérée par
m ventilateur.
/
STUDIOS EN CORSE. ANDRÉ LURÇAT, ARCHITECT
HOTEL A CALVI (CORSE)
ARCHITECTE: ANDRÉ LURÇAT
STUDIOS
EN CORSE

ANDRE LURÇAT
ARCHITECTE ■ 1930

Certains architectes ont émis cette idée que grâce à la science moderne il
serait maintenant possible d'étudier une maison telle, qu'elle puisse être
indifféremment bâtie au pôle ou à l'équateur.
Il est certain que notre époque nous apporte dans le domaine de la cons-
truction des possibilités presque illimitées. Et encore je ne parle pas ici de
tous ces succédanés que l'on qualifie de matériaux nouveaux et qui en gé-
néral ne sont que des dérivés inférieurs de ceux qui furent de tout temps
employés dans la construction.
Cependant vouloir niveler les effets de la nature, qui changent avec la
latitude, ou même simplement avec la situation dévolue à une construction,
me paraît être l'œuvre de scientifiques, de théoriciens qui, assez souvent,
poussent la logique jusqu'à l'absurde et qui, si leurs œuvres ont quelquefois
une certaine beauté, ne cherchent pas dans l'architecture le résultat plas-
tique qui lui est cependant inhérent.
n peut sembler audacieux de formuler de telles affirmations, cependant
personne ne niera qu'il y a actuellement dans le monde beaucoup d'ingé-
nieurs, beaucoup de décorateurs, mais réellement peu d'architectes. La
maison universelle nous paraît encore du domaine de l'utopie, et n'a, il
nous semble, rien à voir avec l'architecture.
* *
Nous sommes heureux de présenter ici une réalisation très intéressante
et qui vient justement illustrer ce que nous venons d'avancer.
M. André Lurçat vient d'élever en Corse, dans la presqu'île Saint-Fran-
çois à Calvi, une construction composée de studios à louer. C'est une nou-
velle sorte d'hôtel. Chacun des studios comprend une grande pièce, un
cabinet de toilette, un vaste balcon. Les locataires de ces studios peuvent
déjeuner dans une salle à manger commune ou dans leur chambre, on sent
que la vie privée y est organisée et ne peut faire place à la vie en commun
que pour les repas ou les réunions, au gré des habitants. En l'absence d'un
mot français pour désigner ce genre d'hôtel nous lui donnerons celui qui
est déjà adopté aux Etats-Unis et en Allemagne: Boarding-House.
La principale caractéristique de la construction est d'être orientée nord-
est-sud-ouest. Nous voyons là combien la latitude est importante dans l'ar-
chitecture. Le soleil en effet, que nous apprécions tant dans nos climats, est
un élément souvent redoutable dans les constructions méditerranéennes.
Certaines formes de l'architecture sont nées de ces conditions (les patios
des Arabes par exemple).
M. André Lurçat a su adapter nos principes modernes d'éclairage et
d'aération à ce souci de protection contre le soleil. II a tiré parti de la vue, et
en orientant les pièces au nord-est, il a protégé les chambres de la grosse
chaleur tout en profitant du soleil levant.
Le plan est d'une logique et d'une commodité parfaite, la composition
par masses de la façade donne une harmonieuse simplicité à l'ensemble,
l'accroche au sol.
La vie ici se passe à l'intérieur, l'aménagement très étudié y apporte le
confort et le calme. Les balcons nettement séparés les uns des autres sont
ajourés et permettent ainsi de profiter au maximum de la beauté du cadre.
Jacques TOURNANT.
HABITATIONS POUR
CÉLIBATAIRES
J. DEMARET, ARCHITECTE

La Société des Forges et Aciéries


d'Hagondange (Moselle) vient de faire
construire à quelque distance de ses usi-
nes et dans un vallon boisé une maison
pour célibataires.
Chacun d'eux occupe une chambre
conçue d'après un modèle standard: lit,
table et armoire en acier, le chauffage
est assuré par tuyaux à ailettes dissimu-
lés pour permettre le nettoyage complet
de la pièce.
Renouvellement d'air permanent dans
les chambres par un système de ventila-
tion approprié.
L'ouvrier lave lui-même son linge
dans des lavoirs alimentés en eau chau-
de et disposés à chaque étage. Dans les
allèges un coffre se ventilant directe-
ment à l'extérieur par des fentes hori-
zontales sert de dépôt de linge sale et de
séchoir après lavage.
Les fenêtres sont à châssis basculants,
ce qui évite la projection d'objets à l'ex-
térieur et surtout le séchage du linge sur
les ficelles tendues dans le tableau.
Au sous-sol, salle de douches, exerci-
ces physiques, jeux de boules, etc..
Aux étages, salles de réunions et ré-
fectoires.
Cet essai de logement en commun de
célibataires est intéressant à signaler. D
est rare que les grands industriels s'oc-
cupent d'ouvriers non mariés. Nous es-
pérons voir là le point de départ d'un
effort de logement simple et sain des
ouvriers des grands centres, effort assez
peu généralisé jusqu'ici en France. D'au-
tres pays, l'Allemagne en particulier
nous montrent la voie, nous souhaitons
qu'on la suive.
Jacques TOURNANT.
AKCHITM

mm
Cliché Thu Monter Buîlder

UN NOUVEAU CENTRAL TELEPHONIQUE


A LONDRES
Ce nouveau bâtiment est destiné à desservir le épaisseur est de 35 cm environ pour le rez-de-chaus-
nouveau district téléphonique qui se trouve dans la sée et le premier étage, les murs de l'étage supérieur
partie sud-ouest du Harrow récemment dénommé placés en retrait ayant une épaisseur de 30 cm envi-
« Byron ». Son agencement est presque entièrement ron. Les planchers en pierre artificielle dite « Grano-
automatique, quoique un certain nombre de manipu- lithique » sont recouverts dans la plupart des pièces
lateurs seront nécessaires pour les appels se faisant de blocs de bois d'érable. Pendant un certain temps,
par sonnerie ou par trompe, ainsi que pour répondre on a employé dans les centraux téléphoniques des
aux O des cadrans automatiques. planchers en sapin, mais on a constaté que l'érable
donnait de meilleurs résultats. La pièce renfermant les
Le bâtiment a été terminé il y a quelques mois et on accumulateurs a son plancher recouvert d'un revête-
procède actuellement à son équipement téléphonique. ment spécial résistant aux acides.
Une tranchée permet de faire passer les câbles sous la
porte principale pour les conduire suivant une ligne Par suite de la délicatesse extrême des appareils au-
diagonale à la chambre des câbles qui se trouve direc- tomatiques, il est de toute importance que les fines
tement au-dessous de la chambre des appareils auto- particules de poussière contenues dans les pièces soient
matiques située au rez-de-chaussée. autant que possible supprimées et dans tous les cas
évacuées. C'est pour cette raison que de grandes pré-
Ces appareils automatiques sont en réalité' logés cautions ont été prises pour jointer toutes les fentes
dans deux pièces, l'une que nous venons de nommer le rainures dans les planchers, les plafonds, les murs
située au rez-de-chaussée, l'autre qui occupe la pres- et que des méthodes de ventilation spéciales ont été
que totalité du premier étage. Les lignes téléphoniques prévues.
sont dirigées de la chambre des câbles à ces différentes
pièces par des conduits verticaux. Toutes les fenêtres des pièces renfermant les appa-
reils automatiques ne peuvent être ouvertes. Pour as-
Le rez-de-chaussée renferme également une salle de surer l'aération, l'air extérieur est amené par l'inter-
batteries d'accumulateurs dont le but est de fournir médiaire d'ouvertures placées sur le côté gauche de
le courant électrique nécessaire aux installations té- la tour à la salle de ventilation où il est filtré et ame-
léphoniques, une salle des moteurs qui fournissent né à la température voulue par les méthodes usuelles;
l'énergie nécessaire à certaines opérations secondaires il est ensuite distribué sous pression dans les salles
et une chambre d'aération qui renferme un ventila- d'appareils automatiques. De ces salles il est évacué
teur Plénum destiné à la ventilation et à l'accomoda- au dehors par de petites ouvertures situées à la partie
tion de l'air dans des conditions sur lesquelles nous supérieure des fenêtres fixes.
insisterons plus loin. Enfin, au dernier étage se trou-
ve la salle des manipulateurs où sont disposés les appe- Le bâtiment doit son caractère architectural à l'em-
reils non automatiques. A cet étage, on a également ploi heureux d'éléments de construction très simples
prévu différentes pièces à l'usage du personnel, ainsi frappant par leur masse. Pour l'apprécier dans les
qu'une pièce pour le personnel de nuit. meilleures conditions, il est préférable de se placer
à une petite distance et sur une position élevée, afin
Les trois étages sont reliés par un escalier en béton d'apercevoir plus complètement les deux châssis vi-
muni d'une balustrade et d'une rampe en fer, cet es- trés situés sur le toit.
calier étant logé dans la tour située sur la façade sud-
Les fenêtres comportent des châssis métalliques et
ouest du bâtiment.
pour les murs on a utilisé des briques dures de For-
La carcasse du bâtiment est en acier, les points dingbridge, ayant une coloration rouge bleuâtre et qui,
d'appui principaux étant séparés par de grands inter- lorsqu'elles sont neuves, ont la propriété particulière
valles puisque chacun de ces intervalles embrasse de prendre une teinte chaude et très agréable après
deux baies. Le» murs extérieur» sont en briques, leur une bonne ondée.
CENTRAL TÉLÉPHONIQUE A LONDRES

Section verticale du bâtiment:


Cable chamber — Chambre des câbles
Heating chamber — Salle de chauffage
Apparatus room - Salle des appareils automatiques
Fan room = Salle de ventilation
Switch room = Salle des appareils à main
Internai workmen = Salle réservée au personnel
Existing groun level = Niveau du terrain
Keinforced concrète slab = Plancher de béton armé
Ground floor level = Niveau du rez-de-chaussée
Asphalte flat = Revêtement d'asphalte
Patent roof.slab = Dalles pour toit brevetées
Expansion tank = Réservoir d'expansion
250 gallons tank — Réservoir d'eau de 1.000 litres
1 Floor level = Niveau du 1" étage
2 Floor level = Niveau du 2'"° étage
II T 11 i € H 12

'ROJET D'IMMEUBLE A LOYER


WCHITECTES: JUDTMANN ET RISS, WIEN

Le projet représenté ici est celui d'un immeuble comprenant exclusive-


nent des appartements répondant aux besoins pratiques de ménages sans
'nfant, ayant leurs occupations à l'extérieur.
Chaque appartement se compose de: une antichambre de 7 m" 80, un
iving-room de 30 m2 25, une chambre à coucher de 17 m" 50, une salle
le bains de 6 m2 07, une cuisine de 10 m2 80, une véranda de 19 m2 70, un
W. C.
On voit qu'une partie importante de l'appartement est constituée par la
éranda d'une longueur de 2 m. environ et d'une longueur d'environ 7 m.
[ui est accessible du living-room et vitrée dans la partie formant l'angle du
bâtiment.
2 Si les grandes vérandas de dimensions importantes et où l'on peut vérita-
blement se tenir commodément font défaut dans la plupart des immeubles
'"l'habitation modernes, cela provient de ce que la construction en retrait
Je ces vérandas qui seule permet de prévoir une largeur suffisante est peu
conomique puisqu'elle diminue d'autant la superficie des autres pièces.
*ar ailleurs, la construction de vérandas à grande portée pour des immeu-
iles ayant leurs murs extérieurs parfaitement plans' aurait comme incon-
énient grave de placer dans l'ombre les pièces qui se trouveraient au-des-
ous de ces vérandas en empêchant l'arrivée dans ces pièces des rayons
olaires indispensables.
L'auteur du présent projet a trouvé une solution satisfaisante à ce pro-
blème qui est la suivante:
La pièce principale de l'appartement se trouve toujours dans un angle
e l'immeuble. Les vérandas situées en relation avec ces pièces sont amé-
nagées alternativement à l'un ou à l'autre côté de l'immeuble de sorte qu'au-
dessus de la véranda du 1er étage se trouvent celles des 3e et 5e étages tandis
jue celles des 4e et 6e étages sont au-dessus de la véranda du 2° étage.
Par cette disposition, la distance qui sépare deux vérandas est égale à la
auteur de 2 étages, ce qui évite totalement l'inconvénient de la mise dans
fc>mbre des pièces inférieures, même si la véranda a une portée de 2 m.
« n'est qu'à l'angle de l'immeuble que les vérandas de tous les étages se
jiperposent sur une surface d'environ 4 m2, mais à cet endroit elles sont
'rgement éclairées par une partie vitrée qui les protège également contre
.lent.
PROJET D'IMMEUBLES LOCATIFS
POUR MÉNAGES SANS ENFANTS
ARCHITECTES = JUDTMANN ET RISS, VIENNE

Chaque étage est composé de 4 appartements contenant les pièces indi-


quées ci-dessus et chaque palier dessert 2 appartements. Le rez-de-chaussée
à hauteur réduite comporte des magasins et autres pièces à l'usage des ser-
vitudes. Chaque immeuble ou bloc d'appartements a une longueur d'envi-
ron 24 m. 80 et une largeur de 22 m. 40 représentant une surface bâtie de
555 nr ou plus exactement de 540 m" déduction faite de la surface des
cours.
La disposition des immeubles sur le terrain est la suivante: dans un sens
les immeubles sont placés en ligne droite, dans l'autre sens certains immeu-
bles sont placés en retrait, ce qui permet d'obtenir une distance minima de
35 m. entre chaque immeuble. Pour les surfaces non bâties, on a prévu des
plantations d'arbres. L'aspect extérieur de chaque bloc d'appartements
permet de se rendre compte très clairement de leur disposition intérieure.
Egon RISS.
LES GRANDS MAGASINS
BREUNINGER A STUTTGART
ARCHITECTES: EISENLOHR ET PFENNIG

Cette grande construction qui vient d'être terminée au centre même de


l'ancienne ville de Stuttgart, occupe une superficie d'environ 1.500 mètres
carrés. La surface totale utile est de 1.400 m", le volume est de 55.700 m3.
La hauteur à l'alignement est de 25 mètres 80, le point le plus élevé est à
37 mètres du niveau de la rue. Il y a en outre deux sous-sols, qui relient
la nouvelle construction aux anciens magasins. Une difficulté déri-
vait du fait que la construction se trouve au-dessus d'un canal, qu'on aper-
çoit en coupe, au niveau du premier aous-sol. Le canal est conduit à travers
un lit en béton fortement armé et isolé, de 4,30 X 2,90. Les sous-sols, aussi
bien que les fondations, sont entièrement en béton armé. On a employé,
pour cette partie des travaux, 158.000 kgr. d'acier (fers r$,ids), 52.000
sacs de ciment Portland, 6.000 m' de graviers, 700 ma de sable.
L'ossature des étages est métallique, afin de réduire au minimum la sur-
face inutilisée. La portée est de 6 m. 70 entr'axes, dans les deux sens. Les
sections maxima, calculées pour une charge de 780 tonnes, sont de 388/388
mm. La section employée est deux fers à U, qui montent jusqu'à la sommité
de la construction, et qui sont renforcés, au fur et à mesure que la charge
augmente, par des lames. Les planchers sont pleins, avec une épaisseur de
PLAN DU REZ- 34 cm., armés de PN à double T de 30 cm. Au cinquième étage, le restau-
DE-CHAUSSÉE rant a demandé la suppression d'une rangée de piliers; la portée de 13 m.
80 est couverte en utilisant un procédé spécial, le système Pohlmann (voir
détail de coupe). Les canalisations montent parallèlement aux piliers.
Le revêtement extérieur (3.000 m2) est constitué par plaques de pierre
calcaire de 35 mm. Les fenêtres à châssis métalliques (acier et bronze) ont
une surface utile de 2.000 m2. Les corniches, etc., sont protégées par des
tôles en cuivre; les terrasses non utilisées sont couvertes en tekuta. Le chauf-
fage est à la vapeur à basse pression; quatre chaudières alimentées au ma-
zout donnent une surface de chauffe de 164 m". La ventilation est calculée
MAGASINS de manière à assurer le renouvellement total de l'air de 5 à 7 fois pour les
magasins, et dix fois pour les ateliers. L'air frais entre directement de l'ex-
BREUNINGER térieur, tandis que l'air vicié est aspiré mécaniquement par deux ventila-
teurs capables d'aspirer un total de 240.000 m3 par heure, et repoussé vers
A STUTTGART l'extérieur à la sommité de l'édifice. Une ventilation spéciale a été prévue
EISENLOHR ET PFENNIG pour les cuisines et les sous-sols. Les installations techniques (électricité,
ARCHITECTES nettoyage, mesures contre l'incendie, ascenseurs et monte-charges, cuisines
et installations sanitaires) sont particulièrement soignées.
MAGASINS BREUNINGER A STUTTGART
L'OSSATURE MÉTALLIQUE
ARCHITECTES: EISENLOHR ET PFENNIG, STUTTGART

Deux remarques s'imposent: on a reproché souvent à l'architecture mo-


derne de vouloir faire abstraction complète du milieu architectural. Dans
certains pays (en Italie notamment), c'est l'argument principal des adver-
saires de toute architecture vraiment contemporaine. Et nous voyons s'éle-
ver, en plein vingtième siècle, des Ministères, des habitations ouvrières,
voire même des garages et des gares de chemin de fer dans un pseudo-baro-
que révoltant. Les magasins Breuninger s'élèvent au centre de cette char-
mante et ancienne ville de Suttgart, au milieu des petites maisons à grande
toiture, aux étages en saillie. Est-ce qu'ils enlèvent quelque chose à l'atmos-
hère du « milieu »? Tout au plus ils y ajoutent quelque chose, grâce au
ontraste qu'ils créent; contraste qui ne choque pas, qui n'offense pas; un
contraste harmonieux, si l'on peut dire.
Une deuxième remarque: on parle beaucoup, aujourd'hui, d'architec-
ure internationale. Le béton armé, dit-on, matériau universel, nous appor-
era l'architecture internationale. Le Corbusier, lisons-nous en « Plans »,
'tudie actuellement une maison qui s'adaptera aussi bien au pôle qu'à
'équateur. Fantaisies! Rien de plus humain que l'architecture. Si l'archi-
ecture cessait d'être humaine, (expression du sentiment) pour ne devenir
ne rationnelle, abstraite (pure création de l'esprit), elle ne serait plus un
art; elle deviendrait une science. (D'ailleurs, soit dit entre parenthèses, rien
le moins rationnel que certaine architecture qui se réclame du rationalis-
e). Et puis, il suffit de regarder. En Allemagne même, comparez les
ouvelles constructions de Berlin à celles de Stuttgart. Les unes et les autres
ont conçues dans le même « style » ; les unes et les autres sont allemandes,
ais Berlin, c'est la Prusse; Stuttgart, c'est le Wurtemberg. Autant l'archi-
ecture berlinoise est grossière, autant celle de Stuttgart est élégante. On
sent la culture. Les magasins Brenninger en fournissent un exemple frâp-
ant. Dans les proportions, dans les matériaux employés, dans les détails,
1 y a une différenciation qui ne disparaîtra que lorsque tous les hommes
eront vraiment égaux, — c'est-à-dire jamais.
Suzanne KOZMA.

31
MAGASINS BREUNINGER MAGASINS BREUNINGER
A STUTTGART A STUTTGART
ARCH. EISENLOHR ET PFENNIG
ARC H. EISENLOHR ET PFENNIG
DETAILS DE CONSTRUCTION
DÉTAILS DE CONSTRUCTION TUBES DE mon

H?
PARQUET En CHEtlE 6UR ASPHALTE;
BETOfl
BUNGALOW-STANDARD
EN ACIER
DE K O N I N C K .
ARCHITECTE, BRUXELLES

CE BUNGALOW A ÉTÉ CONÇU


POUR ÊTRE STANDARDISÉ
COMMERCIALEMENT. LE
NOMBRE DES CHAMBRES
PEUT ÊTRE AUGMENTÉ JUS-
QU'A CINQ. MONTANTS EN
FER T RELIÉS PAR DES TO-
LES DE 4 mm. 1/2 D'ÉPAIS-
SEUR BOULONNÉES A CEUX-
CI. DOUBLURES EN CELOTEX
GROUPE DE 4 LOGEMENTS
ÉDIFIÉ EN 1930 AU PLATEAU DE TRI-
BOUILLET (AGGLOMÉRATION LIÉGEOI-
SE). FAÇADE VERS LES JARDINS. ARCIL:
V. BOURGEOIS. (CE GROUPE CONSTITUE
UN ÉLÉMENT D'UNE RANGÉE
DE LONGUEUR VARIABLE)

CI-DESSOUS: PLAN DU REZ-DE-CHAUSSÉE

11 ■: IA $* i
LE PROBLÈME DU LOGEMENT POPULAIRE
m il K
Les travaux récents auxquels se sont livrés tout ensemble les Congrès Internationaux
(l'Architecture moderne et deux congrès nationaux (les « Journées de l'Habitation mi-
nimum » et les «Journées de l'Urbanisme et de l'Habitation») ont singulièrement éclai-
ré le problème du logement populaire. Les discussions et les examens multiples, provo-
qués par les diverses assemblées, ayant touché ce problème sous ces nombreux aspects,
l'on peut se croire à présent en possession des éléments théoriques essentiels qui doivent
permettre aux réalisations matérielles d'être menées sur une base parfaitement cons-
ciente et rationnelle.
Avant d'aborder quelques-uns des points importants du problème, il importe de signa-
ler ce qui apparaît comme primordial dans les acquisitions nouvelles du« housing » —
c'est l'esprit même dans lequel l'architecture rationnelle entend résoudre la question du
logement populaire, — non plus suivant des considérations sociales exclusivement quan-
titatives, non plus seulement par des solutions techniques, mais suivant une coordination
rigoureuse des multiples éléments qui tous participent à la complexité du problème, et
doivent le hausser sur le plan général du progrès humain. Des nombreuses conditions
qui régissent, en fait, l'habitat, l'architecte a pour mission d'ordonner les conclusions
valables et d'en tirer l'expression matérielle définitive.
Le pays qui entreprend de résoudre le problème du logement populaire doit, comme
il se conçoit, connaître en premier lieu les nécessités auxquelles il aura à faire face: le
nombre des logements à construire doit donc être établi d'abord, avec le plus de préci-
sion possible. Lors des « Journées de l'Urbanisme et de l'Habitation », la Section belge
des Congrès Internationaux d'Architecture moderne rappelait qu'au lendemain de la
guerre, le regretté urbaniste L. van der Swaelmen avait demandé qu'une carie du pays
fut dressée, renseignant les endroits où des logements devaient être édifiés, et en quelle
quantité. Cette carte n'existe toujours pas. Toutefois des statistiques furent éablies;
pour générales qu'elles soient, elles exposent néanmoins l'essentiel des nécessités et in-
citent à des remèdes qui ne soient ni trop limités, ni provisoires. DCZ DC CHAU55EE..
ÉDIFIÉ AU PLATEAU DE TRIBOUILLET (LIÈGE GROUPE DE HABITATIONS
1930). FAÇADE VERS LA RUE (VOIR PLANS PAGE
SUIVANTE). ARCH. : L. H. DE KONINCK et A. MYST M I N I M U M
(TRIBOUILLET, LIÈGE 1930). CHAMBRE D'EN-
FANTS, ÉQUIPÉE AVEC LITS BASCULANTS
ARCHITECTES: L. H. DE KONINCK ET A. NYST

Voici un bref exposé de ces nécessités, ainsi qu'un aperçu sommaire de l'action en re. représente le logement rationnel comme un outil hautement perfectionné, dont l'usage
prise officiellement pour le logement populaire : Jusqu'en 1889, les pouvoirs pub ics ne peut être efficace que pour des individus avertis, éduqués. Il ne peut donc être ques-
ne se sont pas préoccupés du problème, et il n'existe vraisemblablement aucune analyse tion de l'habitation minimum comme moyen d'action massive dans la lutte pour le lo-
précise de la situation jusqu'à cette année. Cependant l'essor industriel s'accentue ri pi gement populaire. C'est ce qu'expliquait nettement l'architecte V. Bourgeois, lors des
dément, et l'afflux inquiétant des travailleurs exige que l'on songe au moins à leur f ici récentes «Journées de l'Urbanisme et de l'Habitation», Bruxelles 1931. C'est pourquoi
liter l'accès au logement. Le problème vraiment technique de celui-ci est d'ailleurs en aussi l'étude du logement populaire empruntera préférablement son type théorique à la
core fort loin d'attirer l'attention. fois à l'habitation minimum, — suivant le degré moyen d'aptitude à l'organisation mé-
La première loi belge sur l'habitation populaire date donc du 9 août 1889. Ce fui nagère de la population à loger, — et au logement réduit, pur et simple, basé avant tout
vraiment la seule forme d'activité législative en ce domaine, jusqu'en 1919. Au début sur l'économie de construction, et dont le programme est limité aux activités essentielles
de la guerre, cette loi a permis d'enregistrer les chiffres suivants: 109 millions de frtne* de l'habitant populaire. Il est sans doute intéressant de noter ici la proportion donnée
PLAN DES 1" ET 2 ÉTAGES DU GROUPE DE 4 belges ont été avancés, ayant permis à 63.000 ouvriers d'acquérir leur maison. par la statistique sur la capacité du logement: pour dix unités, il y a 2 logements à 1
LOGEMENTS, ÉDIFIÉ par L'ARCH. V. BOURGEOIS, En outre, de récents calculs ont fixé à 22.000Te nombre de logements de toute cité

AU PLATEAU DE TRIBOUILLET (LIÈGE) gorie construits annuellement en Belgique avant guerre.


chambre à coucher, 3 logements à 2 chambres à coucher et 5 logements à 3 chambres
à coucher.
TYPE DE CUISINE EQUIPEE
En 1919, la situation est devenue alarmante, puisqu'il y avait non seulement à f lire Bien d'autres questions interviennent encore dans l'aspect social du problème; nous
face à l'arrêt de la construction, pendant, quatre ans et demi, mais encore à parer ms mentionnerons seulement l'intérêt que peut présenter, à ce point de vue, la construction
AU FOND, L'ÉVIER DOUBLE; A GAUCHE, LA
milliers de logements détruits. C'est alors que fut créée la Société Nationale des Hibi même des logements. On connaît l'exemple donné par la Ville de Francfort dans l'in- TABLE DE TRAVAIL, LE FOURNEAU AU GAZ
lations et Logements à bon marché. Son but essentiel peut être résumé comme suit; dustrialisation de ses matériaux (les ouvriers ayant travaillé à l'édification des habita- AVEC HOTTE D'ÉVACUATION; A L'AVANT-PLAN,
1) Supprimer les taudis, c'est-à-dire les logements insalubres ou surpeuplés; 2) ^ en tions durant l'été, sont occupés l'hiver à la fabrication en usine des blocs et dalle= LA PORTE DU RÉDUIT DU FOYER CENTRAL
dre et employer les produits de vente pour alléger les charges de l'Etat; 3) Logei en béton). Tout récemment un projet de loi soumis au gouvernement allemand préconise
premier lieu les familles nombreuses et leur accorder des réductions de loyer. la participation des chômeurs à la construction de leur propre logement. De telles me-
La Société Nationale ne construit pas elle-même; elle a pour tâche de répartk le: sures pourraient permettre à restreindre, en Belgique, les difficultés actuelles et aide-
fonds, mis à sa disposition par le gouvernement, entre les Sociétés de construction qu elle] raient à amplifier la lutte contre les taudis et le chômage.
a agréées; ces dernières se ramènent aux cinq types suivants: sociétés locales ordina . rcs. Dans l'élaboration des logements populaires réduits, les précisions acquises pour
coopératives de locataires, sociétés à caractère industriel, sociétés à caractère spécial èt se. l'habitation minimum seront d'un grand intérêt. Et en tout premier lieu les prescrip-
ciétés de crédit. tions relatives à l'hygiène. Il en sera de même, généralement, pour tout ce qui touche
Dès sa création, la Société Nationale avait à faire face à la situation suivante: i ourl aux « bases physiques de l'habitation », données qui ont été clairement résumées par
les 109 communes du pays ayant plus de dix mille habitants et représentant ensenble| l'architecte V. Bourgeois au Congrès de Francfort en 1929. Toutefois il faudra tenir
les 42 % de la population belge, l'on comptait 118.000 ménages mal logés, dans des on compte de l'état de l'industrie qui conditionne étroitement l'économie des logements, et
ditions lamentables et malsaines. Pour le pays tout entier il fallait estimer à env ron aussi du degré moyen d'aptitude des habitants à l'organisation domestique. La situation
136.500 le nombre des taudis, que des logements sains devaient remplacer. A cette ,'po- est en fait grave au point qu'il s'agit avant tout d'abriter dans des locaux raisonnable-
que encore, les quatre grandes villes de Belgique comptaient un total de 41.470 1 >ge ment réduits, mais parfaitement sains, une populaion considérable. Mais il faut aussi
ments insuffisants. envisager d'urgence l'éducation domestique des jeunes gens, qui formeront bientôt les
En 1930, l'activité générale de la Société Nationale est donnée par les chiffres ci-après: habitants des véritables logements minimum.
le 50.000""' logement est construit, et il a été édifié en Belgique environ quarante rt îillej Au point de vue urbanistique, la théorie de la concentration en hauteur, préconisée
maisons individuelles et dix mille appartements. Il reste encore un déficit à construire] par Le Corbusier et W. Gropius, se heurte, en Belgique, aux partisans de l'extension en
estimé à 95.000 logements; de ce chiffre il faut évaluer le nombre des taudis à 70 surface. Sur le terrain pratique, il semble difficile de se prononcer pour l'une ou l'autre
environ. Les statistiques médicales portent à 50 % le coefficient de la mortalité infantile forme, bien que théoriquement la concentration en hauteur ait des partisans convaincus.
dans ces taudis. A ces chiffres, qui se passent de tout commentaire, il y a lieu d'à je itcr Ici encore, la gravité de la situation impose une action prompte. Si le point de vue éco-
les suivants, qui aideront à entrevoir l'énorme tâche qu'il reste à accomplir: au painl nomique ne s'y opposait, l'on pourrait préconiser que la concentration en hauteur soit
de vue financier, un examen fait en 1928 établissait qu'en dix années, la dépense tt taie Sa base de la construction des logements minimum, qu'utiliseront les jeunes générations;
de 3 milliards de francs belges pouvait liquider la question du logement déficient. Or. l'extension en surface pouvant être adoptée, en général, pour les petits logements à
sur les quatre années récentes, 200 millions seulement ont été affectés à la lutte dneclel l'usage de la population plus âgée, actuellement logée dans des conditions insalubres.
contre les taudis. Suivant d'autres rapports, le rythme annuel de la construction diii?cej C'est une formule; il ne faut pas qu'elle supplée à une considération plus souple des cas
par la Société Nationale qui est d'environ 4.300 logements, devrait être porté à 10. )O0. à résoudre (assainissement et reconstruction de quartiers urbains, etc.).
Telles sont donc les données générales, préliminaires, que l'on possède sur l'aspect! Il reste évident que les prescriptions élémentaires de l'urbanisme moderne conservent
social du problème du logement populaire en Belgique. Or, ce même aspect social sou- en toute occasion leur validité: implantation, orientation, insolation, espaces libres, etc.
lève encore d'autres questions, au sujet desquelles il apparaît plus difficile d'obtenir rie; Ajoutons encore que la cité-jardin, sous sa forme classique, a cessé d'être prise en consi-
pouvoirs publics une attitude et une action catégoriques. Nous ne pouvons songer à don- dération. Enfin la réglementation officielle (un projet de loi relatif à l'urbanisation
ner ici un aperçu complet de ces diverses questions, dont la plupart ont été analysées par vient d'être déposé au Sénat) doit s'inspirer non seulement des meilleures réalisations
les Congrès Internationaux d'Architecture moderne. Nous nous bornerons donc à si:na-, étrangères, mais surtout de l'acquis théorique dont s'est enrichi ces derniers temps l'ur-
1er seulement quelques points particulièrement délicats, dont la solution rationnelle doiij banisme moderne.
influencer l'aspect social du problème. Envisageant le problème constructif, la Société Nationale a préconisé l'emploi du bé-
II y a d'abord, l'épineuse controverse de l'appartement contre la maison individuelle. ton maigre. Un certain nombre de réalisations ont été exécutées suivant ce procédé, qui
Le rapport qu'élabora le Prof. W. Gropius à l'occasion du Congrès de Francfort semble valait certes d'être expérimenté, mais n'a point donné de résultats décisifs. La majorité
avoir conquis la plupart des techniciens internationaux, intéressés au grand problème des habitations à bon marché furent construites en maçonnerie de briques, se soumettant
du «housing» populaire. Mais en Belgique la-maison individuelle conserve, au point dr ainsi à cette industrie belge, qui est relativement développée, offre une économie rela-
vue social, une position encore ferme. C'est vraisemblablement sous l'anele technique tive et dispose d'une main-d'œuvre nombreuse. Ici encore aucun résultat décisif n'a été
cl économique qu'il faudra aborder cette question. De même, c'est encore par les ar?u atteint, la maçonnerie de brique n'offrant guère de prise à l'édification rapide et stan-
ments de l'économie et de la technique qu'il faudra persuader des conséquences sociale; dardisée. Pour ces raisons, et pour celles énoncées plus haut, il n'existe guère en Belgi-
qu'entraînera l'élimination raisonnée de la maison individuelle. que de logements véritablement rationnels, sauf quelques constructions expérimentales
Un autre point fort important, et qui nécessite une solution préalable est la distinction dont celles édifiées l'an dernier par les architectes V. Bourgeois et L. H. de Koninck, dans
2e ETAGE 2 APPARTEMENTS INDEPENDANTS qui doit caractériser les logements populaires. En voici brièvement l'explication- la no l'agglomération liégoise.
tion de l'habitation minimum, telle qu'elle a été précisée par les Congrès International»
Le procédé technique employé par l'architecte Bourgeois ayant été commenté dans
cette revue (N° 1), nous nous bornerons à signaler certains caractères des logements
GROUPE DE 3 HABITATIONS édifiés, par lui, à Liège, logements dont on trouvera ci-contre quelques illustrations.
L'unité réalisée possède quatre logements: deux logements d'environ 70 m2 chacun,
ÉDIFIÉ AU PLATEAU DE TRIBOUILLET (LIÈGE 1930). PLANS DU REZ-DE-CH4USSÉE et comportant un rez-de-chaussée et un étage, et deux petits appartements d'environ 35
ET DE L'ÉTAGE. ARCHITECTES: L. H. DE KONINCK ET A. NYST m2 chacun, situés au second et accessibles par un escalier indépendant. L'unité ainsi
composée peut être habitée par deux familles de quatre personnes, et deux ménages sans
enfant. Cette unité représente en outre un fragment d'un alignement orienté est-ouest,
et dont la longueur maxima est variable. Les plans ci-contre sont suffisamment clairs
pour qu'il soit inutile de souligner l'excellente répartition des divers locaux. Nous ajou-
terons seulement que les divers éléments constructifs, qui entrent dans l'exécution de
ces logements, ont été conçus en vue de la standardisation la plus rigoureuse. Tels qu'ils
sont réalisés à Liège, ces logements enfin constituent une tentative extrêmement intéres-
sante de solution, applicable sur une vaste échelle, au problème de l'habitation populaire
économique et organisée.
Le groupe des trois maisons expérimentales édifié par les architectes L. H. de Koninck
et A. Nyst, à Liège également, offre lui aussi divers aspects remarquables, et principale-
ment le système constructif employé, l'agencement et l'équipement des locaux.
En résumé, ce système constructif employé (dû à l'architecte de Koninck et appli'-né
par lui dans une précédente habitation), consiste essentiellement dans l'exécution de
deux parois longitudinales reliées par quatre parois transversales en béton armé, cha-
cune de ces parois ayant une épaisseur réduite à 12 cm. Ces parois, en façade, sont bou-
chardées, tandis qu'à l'intérieur des habitations elles sont revêtues de panneaux isolants.
Les détails graphiques montrent clairement tout l'intérêt de ce procédé ingénieux,
qui permet une construction rapide, économique et très satisfaisante sous le rapport de
l'habitabilité. (Ci-contre: coupe dans une cloison; ci-dessous: 3 phases de la construc-
tion).
Chaque habitation est prévue pour un ménage de cinq personnes, et utilise au maxi-
mum une superficie de 70 m2. Le mobilier est incorporé à la construction, sauf pour la
maison du centre, où cela n'a été réalisé que partiellement. Le chauffage de chacvine des
maisons d'angle est assuré par un foyer unique fournissant l'air chaud et assurant une
bonne ventilation (syst. de Koninck). La buanderie sert aussi de salle de bain, grâce au
bac de trempage revêtu de faïence blanche et alimenté en eau chaude par la lessiveuse.
Dans les chambres d'enfants les lits sont du type basculant, dit « klap-bett ». L'ordon-
nance de la cuisine est particulièrement digne d'attention.
On peut considérer ce groupe expérimental de trois habitations comme une véritable
réussite dont l'applicaion à de vastes ensembles peut être entreprise sans qu'il soit néces-
saire de modifier en rien la conception des auteurs. C'est une solution absolument con-
forme aux exigences de l'habitation minimum et propre à résoudre cet aspect du pro-
blème du logement populaire.
Nous donnons en outre un autre travail de l'architecte L. H. de Koninck, utilisant les
procédés construclifs de la construction métallique: un projet de bungalow à carcasse
métallique, basé sur un programme minimum.
Il resterait encore bien des points à exposer pour tenter de préciser l'ensemble des
préoccupations que soulève le problème du logement populaire en Belgique. Nous ne
pouvons y prétendre. Pour résumer la question, il nous paraît opportun de rappeler les
conclusions fixées par la Section belge des Congrès Internationaux en ce qui concerne
l'habitation minimum en Belgique. Voici ces conclusions:
«Un effort considérable a été accompli en Belgique, depuis la guerre en vue de l'amé-
lioration du logement populaire, principalement par les filiales de la Société Nationale
des Habitations et Logements à bon marché, qui a édifié 50.000 logements. Plus de 80
p. c. sont de petites maisons pour une seule famille. Dans ce nombre, il n'y a guère
d'habitations minima, pour les raisons qui suivent:
1) Baisons d'ordre psychologique: individualité outrancière des populations belges,
2) Raisons d'ordre administratif: a) système des primes accordées aux constructeurs;
b) obligation pour les sociétés de construction d'offrir les maisons en vente; c) cons-
tructions par très petites séries.
3) Raisons techniques: a) hostilité de milieux officiels contre les matériaux et pro-
cédés nouveaux; b) absence d'intérêt des mêmes milieux pour les recherches de plans
et lotissements rationnels.
Cependant quelques rélisations ont été effectuées. Maisons expérimentales, cités en
voie de réalisation. Ces efforts trouvent des appuis dans des milieux où l'on mène la lutte
contre les tavidis et ceux où l'on est conscient de la nécessité économique de réduire le
coût des constructions ».
Em. HENVAUX.
LE TEMPLE DE MUSIQUE
EXPOSITION DE CHICAGO
193 3. MAQUETTE DE
NORMAN BEL GEDDES

NORMAN BEL GEDDES


Passant rapidement en revue les créations originales se développant à
chaque instant dans une ville aussi active que New-York, nul ne peut man-
quer d'être attiré par la personnalité fulminante, si l'on peut dire, de Nor-
man Bel Geddes.
Il nous rappelle le machiniste, le batailleur, le jeune enfant impatient
de comprendre comment chaque chose fonctionne, et cette curiosité qui
lui fait disséquer les choses jusqu'à l'intégrale, l'entraîne logiquement, dans
un élan d'inspiration, dans un jeu d'idées couvrant un champ étendu de
l'activité humaine.
Né dans le Michigan, dans la dernière décade du siècle passé, il fut suc-
cessivement élève de l'Ecole d'Art de Cleveland et de « l'Art Institute » de
Chicago. Débutant dessinateur pour une agence de publicité, en un an il
était promu directeur artistique de cette importante maison. En moins de
deux ans, il exécuta plus de 3.000 dessins pour les maisons les plus en vue.
A 23 ans il était relevé de ses importantes fonctions, ayant été surpris en
train de dicter un poème épique à la secrétaire présidentielle. Une année
dans une troupe de théâtre, puis un retour à New-York le lancèrent dans
la décoration de théâtre où il s'illustra, ayant dessiné quelques 90 études
de pièces depuis ce temps. Mais Geddes n'est pas fait pour des mondes aussi
fantaisistes et il se trouve toujours prêt à essayer son talent dans les mul-
tiples labyrinthes de l'industrie moderne. Il dessinera aussi n'importe quoi,
l'objet le plus humble.
Si Bel Geddes est une autorité reconnue aux Etats-Unis comme créateur
d'affiches, ensemblier d'étalages, décorateur de théâtre, ces travaux sont
laissés maintenant aux soins de son important état-major, placé sous sa
surveillance immédiate; c'est à l'architecte que l'on a à faire, quand on va
le visiter.
Arrivé tard dans cette branche, il s'y est distingué dès le début par l'ori-
ginalité impressionnante de ses travaux.
Ayant à construire et à décorer une salle de réception pour une grande RESTAURANT AÉRIEN. EXPOSITION DE CHICAGO
agence de publicité, devant servir de salle de conférence pour 200 person- MAQUETTE DE NORMAN BEL GEDDES
nes, être utilisée, soit pour des réunions du conseil, déjeuners ou dîners,
séances de cinéma, présentations de projets d'affiches, etc., la hauteur de
2 étages, avec des fenêtres sur un seul côté se prêtait à une décoration,
somptueuse, mais Geddes préféra en faire une pièce aux grandes surfaces
planes, peinte dans un ton calme de gris, agrémentée seulement de grilles
en bronze utilisées pour le chauffage et la ventilation, et par des fauteuils
confortables recouverts de tapisserie bleu-gris.
Un des exemples les plus significatifs de sa carrière: lorsque le président
de la « Toledo Scale Co » lui demanda de dessiner un nouveau modèle pour
les balances qu'il fabrique, il fut si impressionné par la simplicité logique
des projets soumis, qu'il demanda à Bel Geddes de s'occuper également
de la construction de sa nouvelle usine.
Sur un large espace, en dehors de la ville, s'élève maintenant, en un grou-
pement homogène, l'usine de porcelaine, l'usine des balances, la chauffe-
rie, les bâtiments d'administration, le laboratoire. En plus de ces bâtiments
indispensables, le groupe comprend également un stadium, une piscine,
une salle de garde et de récréation pour les enfants, un jardin de picnic,
des tennis, et enfin un champ d'aviation particulier avec ses hangars. Re-
présentant la technique particulière de l'architecte, chaque bâtiment a été
étudié, non seulement pour les besoins immédiats, mais également en vue
des agrandissements possibles.
L'architecture, ainsi que le montrent les illustrations ci-contre, est. d'es-
prit moderne. Les murs, où de grandes lignes horizontales prédominent,
sont faits presque entièrement en verre et la construction a été étudiée de
telle façon que colonnes et murs intérieurs soient réduits au minimum, de
façon à permettre des changements. Cette usine, maintenant en construc-
tion, est supposée être beaucoup plus économique que si elle avait été éle-
vée suivant les procédés habituels.
Pour l'Exposition Universelle de Chicago en 1933, Bel Geddes a égale-
ment proposé des bâtiments non moins caractéristiques: un restaurant
aérien, construit entièrement en fer, verre et aluminium, et s'élevant à une
BATIMENT D'ADMINISTRA-
TION ET USINE DE PORCE-
LAINE de la TOLEDO SCALE C*

hauteur de 75 mètres. La construction entière tournera lentement sur elb-


même et permettra ainsi aux personnes d'admirer le panorama de Chicago
et de l'Exposition. Elle se divisera en trois restaurants destinés chacun à
un genre particulier de clientèle.
Au premier étage, l'espace est prévu pour 600 personnes, avec une piste
de danse pour 200 couples et l'espace pour un jazz-band de 10 instruments.
L'étage intermédiaire sera réservé au service des rafraîchissements popu-
laires. Enfin l'étage supérieur prévu pour 200 personnes, sera réservé tu
service de luxe. Tous ces restaurants auront des fenêtres de verre, du plan-
cher au plafond et seront entourés d'une galerie d'observation. Les terras-
ses, ainsi que le plancher à l'intérieur, seront construits à gradins de façtn
à donner une vue parfaite à chaque table.
Les cuisines seront au sous-sol, directement au-dessus du mécanisme q ri
fait tourner la construction. On entrera au niveau du sol par une série le
terrasses circulaires qui convergent vers les ascenseurs. Pour chaque r ss-
taurant, il y aura trois ascenseurs pour le service et un seid pour les clienis.
Comme les ascenseurs ne s'arrêteront qu'à un seul endroit, ce nombre a été
jugé grandement suffisant.
Une autre construction, non moins intéressante, sera le restaurant de
l'île. Construit en béton au milieu de la lagune, il pourra contenir 1.5 )0
personnes et 300 couples de danseurs.
Composé de trois cercles concentriques rayonnant autour de la piste île
danse, et divisés eux-mêmes en trois sections, toutes ces portions comirii'
niqueront entre elles par des ponts. Des embarcadères seront réservés poir
les bateaux et des canoës circulant dans les canaux entre chaque île.
La source de lumière sera composée de 36 grands tubes au néon, sup-
portés par une armature en aluminium.
Le temple de la musique a été étudié de façon à servir, soit d'auditorh m
pour 10.000 personnes avec 200 musiciens ou 600 chanteurs, soit de pet te
salle de concerts pour 800 personnes seulement.
La scène est un demi cercle de 50 mètres de diamètre, couvert avec u.ie
demi coupole. L'auditorium sera construit en 4 sections sans colonnes ou
balcons pour ne pas gêner la vue. Chaque section aura son propre dôiie
qui pourra être relevé sur lui-même pour donner des séances en plein air.
pendant que des cloisons mobiles et des rideaux permettront de diminuer
leur surface suivant les besoins. Le foyer et le hall donneront sur une gran-
de terrasse qui communiquera avec des promenades extérieures sur trois
niveaux couvertes par des marquises. Dans la tour, de 80 mètres de haut se
trouveront les bureaux d'administration et les salles de répétition, etc..
Sous cet édifice, le sous-sol sera aménagé de façon à former garage po n
1.800 autos particulières. Les accès seront aménagés de façon à permettre
une évacuation très rapide à la fin de chaque représentation. Pour les per-
sonnes arrivant par bateau, un quai d'embarquement en forme d'étoile à
gradins sera aménagé au bas de la tour.
Telles sont quelques-unes des dernières conceptions de Norman Bel
Gedtles. Essentiellement américain par naissance et par éducation, non»
retrouvons également dans ses travaux, la belle audace, cet esprit qui a
S A L L E D E CONSEILS fait la renommée de sa patrie. André ROBIN
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UNE BANQUE A B R N O
qii
le Je Le nouveau bâtiment de la banque moravienne à Briinn qui vient d'être
construit sous la direction de Ernst Wiesner et de Bohuslav Fuchs, constitue
en £9, un exemple particulièrement heureux d'architecture moderne dans ce
a « té qu'elle a de meilleur et de plus rationnel. Le bâtiment occupe un terrain
assez profond situé dans le centre de la ville et possédant deux façades sur
it de rues. La façade principale qui donne sur la Freiheitzplatz est flanquée de
.5)0 quelques bâtiments caractéristiques de l'architecture du 19"" siècle, ce qui
constitue un contraste frappant entre l'architecture moderne et l'architec-
le [le ture ancienne, contraste qui n'est pas du tout en défaveur de la première.
inui' D'un côté, on voit une surface nette de verre et d'acier, de l'autre un ensem-
jo;ir ble sombre et touffu de plâtre et de briques.
La construction de ce bâtiment qui devait répondre à des buts multiples,
stp- à côté de son but principal qui était de servir de siège à une banque, a né-
cessité l'étude et la combinaison d'un grand nombre de problèmes distincts,
•il m afin de pouvoir loger dans ce grand espace sensiblement rectangulaire toute
lette une série de petits magasins, les bureaux de la banque, des bureaux indé-
pendants et également un certain nombre d'appartements avec, bien en-
ii ie tendu, toutes les commodités nécessaires au bon foncionnement de l'en-
|s ou semble.
lôiiie Avec une ingéniosité remarquable, l'espace a été réparti de telle sorte,
air, que chaque groupe de pièces possède exactement ce qui lui faut et qu'au-
mer cun coin n'a été perdu.
trzn- Au rez-de-chaussée, le bâtiment est traversé dans le sens de sa longueur
trois par une longue arcade. Le terrain sur lequel le bâtiment a été construit,
it se s'abaissant du côté de la Freiheitsplatz, il en est résulté que le niveau de la
Frôhlichergasse correspond sensiblement au 1"' étage du bâtiment. Il a,
»o n par conséquent, été nécessaire de prévoir dans le fond de l'arcade, un cer-
ïttrc tain nombre de marches pour amener le niveau du sol de l'arcade à celui

I per-
le à
de la rue. De chaque côté et sur toute la longueur de l'arcade, on a disposé
des petits magasins, deux en outre sont placés à la droite de l'entrée don-
nant sur la Freiheitplatz.
Bel Le côté nord du rez-de-chaussée, qui en réalité se trouve au-dessous du
kons sol, sert de cave ou de dépôt aux magasins situés le long de la rue. La par-
kii ii tie du bâtiment située à gauche de l'entrée principale constitue l'entrée
proprement dite de la banque, dqnt les bureaux occupent le 1er et le 2'0 éta- revêtues de carreaux blancs. La majorité des murs intérieurs est revêtue de
ges de l'immeuble. Un grand escalier conduit sur l'un des bas-côtés du hall plaques de marbre tchéco-slovaque de coloration blanche et possédant des
principal de la banque dont la partie centrale occupe deux étages et est veines noires, verdâtres ou grises.
éclairé par le haut, au moyen d'un grand châssis vitré. Ce châssis constitue Les conduits de chauffage et de ventilation, les câbles téléphoniques et
le fond d'une cour intérieure qui traverse toute la partie supérieure du bâ- électriques ont été disposés d'une façon systématique. A cet effet, on a pré-
timent. Les bureaux du second étage, qui ne donnent pas sur la rue, sont vu une tranchée tracée dans les fondations du bâtiment, ainsi qu'un faux
éclairés par ce châssis vitré qui constitue le toit du hall de la banque. Le plancher ayant une hauteur d'environ 2 m. 40 qui se trouve caché entre
troisième et le quatrième étages renferment également des bureaux, tandis le 2e et le 3° étage, et qui constitue un passage pour toutes les conduites,
que les cinquième et sixième étages sont constitués d'appartements avec bal- celles-ci se dirigeant en outre verticalement dans des logements prévus à cet
cons permettant d'avoir une vue splendide sur la ville, ces appartements effet. De cette façon, il est possible d'accéder à toutes les conduites ou câbles
étant desservis par des escaliers et des ascenseurs indépendants. et de les réparer, s'il y a lieu, le plus facilement du monde.
Tous les détails de l'équipement du bâtiment, éclairage, commandes des
Le bâtiment possède une carcasse en acier dont les points d'appui prin- portes de communication, etc., ont été réalisés d'une façon très simple,
cipaux sont en arrière de la façade, ainsi qu'il est indiqué sur le plan. Les afin de faciliter le nettoyage et de rendre discrets tous ces petits détails. Les
façades du bâtiment donnant sur la place ou sur la rue sont revêtues d'un fenêtres situées sur les façades principales sont d'un type nouveau et peu
émail blanc opaque, tandis que les façades entourant la cour intérieure sont courant, méritant une description plus complète. Les fenêtres donnant sur
la Freiheitsplatz sont formées de 3 panneaux
horizontaux, le panneau inférieur le plus étroit
étant fixe. Le panneau central au contraire, peut pi-
voter autour de son côté horizontal inférieur et est
relié, en outre, par des charnières sur son côté supé-
rieur au panneau le plus élevé. Ce dernier porte de
petits ergots métalliques à chaque extrémité de son
côté supérieur, qui peuvent se déplacer verticalement
dans des glissières. Ainsi, en prenant une poignée pla-
cée au centre et à la partie supérieure du panneau et
en abaissant cette poignée vers le bas, il est possible
de plier les deux panneaux supérieurs l'un sur l'autre.
Ce dispositif est parfaitement rigide et il permet d'as-
surer une très bonne ventilation.
Le même dispositif de fenêtre a été prévu sur la
façade arrière du bâtiment, mais dans ce cas, les deux
panneaux supérieurs, les panneaux mobiles, au lieu
d'être placés horizontalement sont disposés verticale-
ment et ils s'ouvrent par suite, sur le côté, au lieu de
s'ouvrir de bas en haut.
Le bâtiment a été construit en un an et les dépenses
de construction ont été inférieures de plus de 33.000
livres aux dépenses de construction prévues, ce qui
constitue un résultat remarquable étant donné surtout
la nouveauté et la complexié des formules ayant pré-
sidé à l'édificaton de l'immeuble. On sent que l'on a
fait intervenir dans la construction de ce bâtiment,
un certain nombre d'idées concernant l'économie des
matériaux et l'organisation du travail, idées qui sont
beaucoup plus souvent appliquées à la réalisation
d'objets ou de machines dynamiques, plutôt qu'à celle
d'objets statiques analogues à un bâtiment.

Plan du rez-de-chaussée: 1, vestibule d'entrée - 2, hall d'entrée -


3 et 12, passages conduisant aux appartements - 4, escaliei
desservant la banque - 5 et 8, ascenseurs desservant les appar-
tements - 6 et 7, escaliers conduisant aux appartements - 9,
escalier conduisant à la salle des coffres dans les fondations -
10, escalier pour le personnel de la banque - 11, arcade - 13
à 31. boutiques - 33, centrale téléphonique.
T© il u ii s LAIT I a
IMMEUBLE A NOVI-SAD
La contruction projetée doit s'élever au centre commercial de Novi-Sad
(Yougoslavie), entre trois artères principales de la ville. Elle contient des
boutiques et magasins au rez-de-chaussée, des bureaux et salons de mode au
premier étage et des appartements de 1, 2 et 3 pièces avec cuisine, salle
de bains, balcon, aux étages supérieurs.
La partie sud-est de l'édifice est réservée à un hôtel de 32 chambres avec
dépendances, une grande réception au rez-de-chaussée et une terrasse d'agré-
ment avec salon de thé au cinquième étage. Une terrasse identique se trou-
ve du côté opposé du bâtiment et fait partie d'un grand appartement de 6
pièces principales, salles de bains et tout confort moderne. Cet appartement,
un véritable hôtel particulier, fait « sur mesure » pour le propriétaire,
prend les deux derniers étages de la façade sur le boulevard du Roi-Etienne
et bénéficie d'une belle vue sur la place de la Cathédrale et le croisement
des Boulevards du Roi-Etienne et de la Reine-Marie.
En outre, au coin des deux Boulevards, dans une surélévation de 6 m, un
atelier de photographie, avec tout son équipement moderne, se trouve ins-
tallé.
Un garage souterrain et un cinéma de 1.300 places avec vestibule, foyer
et sortie de secours, sont aménagés dans la partie intérieure du bloc.
La destination fort hétéroclite des différentes parties de l'édifice et la
nécessité de prévoir ultérieurement tous les changements possibles du cloi-
sonage, notamment dans l'étage des boutiques et des bureaux, a conditionné
une organisation intérieure très souple et motivé la construction adoptée.
Pour permettre n'importe quelle division des vitrines, les poteaux au rez-
de-chaussée sont de 80 cm. en retrait à l'alignement et par conséquent toute
la façade des étages supérieurs porte à faux.
Pour la même raison, la paroi vitrée du premier étage (bureaux et salons
de mode), avance de 80 cm sur l'alignement et forme bow-window dans
toute la longueur de la façade. Les poteaux de la façade sont prolongés au-
dessus du quatrième étage et reçoivent au niveau des combles, les supers-
tructures publicitaires, comme enseignes lumineuses, journal mobile, etc..
L'obligation de pousser l'exploitation du terrain à l'extrême, a nécessité
l'adoption d'un système de cours intérieures, dont les dimensions sont sen-
siblement égales à celles exigées par les Règlements de la Ville de Paris.
Edouard MENKES.
MAKI »«.' tfcJHRM»

IMMEUBLE A NOVI-SAD
EDOUARD MENKÈS, ARCH.
SUISSE

EXPOSITION D'ART APPLIQUE


Nous recevons de notre collaborateur, M. Félicien Duvernay, quelques
documents sur l'exposition nationale d'art appliqué qui vient d'avoir lieu
à Genève.
Nous montrons ici un bureau, par M. Henri Mozer, en palissandre des
Indes poli, et une table en verre de M. Hufschmid, le tout édité par la Mai-
son Châble.

iH»
LA il c o i:
M. Henry Clousot, conservateur au Musée Galliéra
A 4T I o ss
a organisé récemment une exposition très instructive
qui a lancé de nouveau le mot d'ordre de « l'art pour
Y enfant ». Nous devons de la reconnaissance au sa-
vant conservateur d'avoir inspiré tant de pensées aux
artistes, aux pédagogues et au public, par cette inté-
ressante série de chambres d'enfant.

C IAMBRE DES PETITES FILLES MODÈLES (1840)

CHAMBRES D'ENFANTS
Jadis, il n'y avait point de chambres d'enfant. Elles sont une découverte
du XLX"" siècle, du siècle qu'Ellen Key appelle « le siècle de l'enfant ».
Que très rarement quelque enfant royal eût eu sa chambre à jouer même
dans des siècles plus reculés, cela n'infirme nullement la règle. Les enfants
vivaient, dormaient, jouaient parmi les adultes: aussi étaient-ils plutôt des
adultes précoces que de vrais enfants. Les siècles qui ont transformé les
arbres en arbrisseaux nains, ont également transformé les enfants en pe-
tites dames de ballet et en petits danseurs en pantalon. L'enfant était un
adulte en miniature. Les chambres d'enfant qu'on trouve encore dans quel-
ques palais, sont des espèces de petit boudoir pour grandes dames âgées de
6 à 10 ans. Les meubles sont de magnifiques joujoux, aussi fragiles que les
breloques des chaînes de montre. On retrouve la chambre d'enfant d'entre
1840 et 1860 que peuplaient les petites filles de la Comtesse de Ségur, hé-
roïnes des « Petites Filles Modèles ». Sur les murs, on voit les images des
enfants d'alors qui depuis sont devenus des grand'mères et des arrière-
grands-pères. Les jupes de percale blanche laissent voir de longs pantalons
descendant jusqu'aux chevilles. Partout, de minuscules secrétaires, des
bureaux avec rideau à coulisse, des nippes en porcelaine; des tables qui ti-
tubent quand on y sert le petit déjeuner; des fauteuils comme ceux où les
vieux beaux du secontl empire feuilletaient leurs mémoires. Pas un siège
sur lequel on oserait s'asseoir en toute confiance. En échange, du bric à
brac, des étalages, des guéridons et — oh, sainte poésie! — des serins en
cages à la japonaise. Tous les visiteurs qualifient ces chambres d'enfant de
« ravissantes ». Oui, mais leurs tapis épais, leurs jolies tentures, leurs lour-
des draperies étaient de véritables serres chaudes pour les microbes. Le
goût raffiné et les bactéries des maladies habitaient ensemble dans ces cham-
bres.

L'enfant a besoin d'une chambre à jouer! C'était le programme de cons-


truction de la pédagogie bourgeoise. Vers la fin du siècle passé, on est de
plus en plus convaincu que l'enfant crée en jouant, fait de l'art en jouant,
vit en jouant. De l'art dans les écoles, des jouets dans les chambres! Ranne-
lons-nous un peu ces années lorsqu'on ornait les murs des écoles de figures
de contes. En même temps, la chambre de l'enfant était pleine de jouets.
C'est là que les enfants des familles aisées apprenaient leurs leçons, pas-
saient leurs après-midi libres et même s'ils devaient passer la nuit dans la
chambre à coucher de leurs parents, ils avaient toujours une chambre pour
leurs jeux. En général, c'était la chambre la moins grande et la moins im-
portante qui leur était affectée. Pendant les années précédant la guerre mon-
balcon, le parc, éventuellement un petit jardin sur le toit avec les portes et
entrées nécessaires; et toute une série d'autres problèmes qui doivent être
prévus et résolus déjà dans le dessin général.

Etudier l'enfant: voilà le but de l'avenir. Le travail de la disposition ar-


chitecturale une fois achevé, l'architecte devra partir de là. Qu'est-ce que
cela signifie? A cette question, Jacques Gruault répond pratiquement, par
la voix de ses chambres d'enfant: « Je cherche à adapter chaque chambre
à l'enfant qui doit l'habiter ». Même quand il dessine une chambre pour un
enfant d'un an, il n'oublie pas son principe: « Il faut qu'il (l'enfant) com-
mence à posséder le sens des distances et la notion de ses actes, ce qui se
développe surtout en lui lorsqu'il marche ».
Avant de commencer son travail, le constructeur va jusqu'à faire rem-
plir aux parents un questionnaire concernant chaque enfant. Il s'intéresse
à toutes les données personnelles de l'enfant: son poids, sa santé, ses cou-
leurs préférées. Il prend les dimensions exactes de la chambre; ce n'est
qu'après qu'il tiendra compte des demandes et désirs qu'on pourra lui com-
muniquer au sujet des meubles.
Cette fois la méthode est juste. Les meubles de Gruault se moulent sur
le corps même de l'enfant. C'est lui qui deviendra la mesure de l'ameuble-
ment et non pas les adultes. Le lit et les chaises rembourrées ne sont qu'à
quelques centimètres du sol: si l'enfant par un hasard quelconque glissait
de sa chaise ou de son lit, il ne pourrait pas se faire du mal. D'autre part,
cliale, on construisait beaucoup de maisons de famille en sorte que la cham- ces meubles sont bien appuyés sur leurs pieds et ne menacent pas de ren-
bre réservée aux invités était précédée d'une autre, plus petite: celle des verser. Quelques reproches seraient peut-être justifiés par la bizarrerie
enfants. Les arts décoratifs d'alors ont fait leur possible pour satisfaire à d'une courbe ou de l'autre, mais les agréables harmonies de couleurs qui
toutes les exigences de « l'art pour l'enfant ». Sur les meubles en chêne co- répandent une joie sereine et durable, vous désarment.
lorés, de joyeuses figures dansaient; sur les murs des dessins coloriés, mo- « Développer l'initiative de l'enfant » proclame avec raison Jacques
dernes, souriaient; une collection de papillons bigarrés attirait le regard Gruault et il réalise ce beau programme dans les moindres détails et nuan-
vers la vitrine. Le principe n'en est que trop juste: il faut approcher l'art ces de ses chambres d'enfant.
et la nature de l'âme enfantine. Que l'enfant s'habitue de bonne heure à
goûter les couleurs et les formes! Mais il y avait aussi un je ne sais quoi
d'artificiel. Les dispositions, la décoration artistique, ces effets d'exposition Les meubles sont des éducateurs actifs. L'idée de l'éducation au travail
brillants, tout cela avait un air factice. C'étaient des super-chambres d'en- a trouvé depuis le grand Rousseau beaucoup de propagateurs et produit
fant, des formes d'expression de l'aisance et du confort bourgeois, tout beaucoup de ramifications. L'école du jeu, l'école du mouvement, l'école-
comme la gymnastique chez soi ou les jolis livres de contes. Aujourd'hui atelier, sont autant d'établissements d'éducation au travail. Mais depuis
nous demandons du sport et de beaux livres d'école pour la jeunesse! vingt ans c'est le système de l'italienne Maria Montessori qui est passé au
premier plan. Elle demande un travail actif à l'enfant déjà dans la chambre
d'enfant. Elle lui impose des travaux de ménage en miniature: aérer, faire
L'éducation est à moitié un problème d'architecture. Notre siècle a mis le lit, laver le linge, épousseter les tapis, nettoyer les boutons de porte, etc.
du temps à s'apercevoir que le travail de l'éducation n'exige pas seulement Il y a des chambres d'enfant réalisées exprès d'après le système Montessori.
de bons maîtres, des parents intelligents, de savants médecins, mais aussi Dans ces chambres, les meubles sont des boîtes cubiques en bois, grandes
tles architectes sérieux. La santé physique et morale de l'enfant est un pro- mais légères que l'on peut mettre les unes sur les autres ou glisser les unes
blème intéressant l'architecture sociale. Elle est en relation étroite avec dans les autres et qui deviennent ainsi tour à tour des tables, des garde-
l'architecture, si celle-ci comprend bien sa tâche, de même que l'hygiène jouets, des armoires, etc. L'enfant peut arranger lui-même ses meubles.
sociale, les sports, la communication confortable. La vie des générations La chambre d'enfant de Marcel Boulanger (exécutée par les ateliers
futures, c'est une question d'âme, de corps et de logement. Primavera) est installée selon le principe de ces « meubles à combinaisons
Ainsi le programme a changé. Ce ne sont plus les chambres des adultes multiples ». Même si leur matière est plus lourde que celles des meubles
qui importent, mais celles des enfants. Quand l'architecte fait son dessin,
il commence par la chambre des enfants, par laquelle, naguère, il avait
l'habitude de finir. Il se dit: je vais d'abord fixer le plan d'une grande
chambre aux fenêtres larges et qui donnent sur le côté est, avec beaucoup
d'air, exposée aux rayons du soleil levant. Elle sera aux enfants. Ils y joue-
ront? Certes, mais ils ne feront pas que cela. Ils y étudieront, ils y travail-
leront, ils y dormiront aussi. C'est là qu'ils passeront une grande partie de
leur vie d'enfant, de cette vie particulière. Nous ne savons que trop ce que
signifie pour les enfants de vivre toujours dans la proximité des adultes.
La science de la psychanalyse médicale a constaté que les enfants re-
çoivent leurs premières impressions sexuelles — impressions troublantes
et qui sont quelquefois la source de conséquences graves — dans la chambre
à coucher de leurs parents, et cela bien avant qu'ils aient un an. La person-
nalité la plus populaire parmi les médecins-pédagogues d'Amérioue, le doc-
teur Watson, fonde tout son système d'éducation sur l'exigence de séparer
les enfants le plus tôt possible de leurs parents, dont le mauvais exemple
est la cause de la plupart des égarements et aberrations de la nouvelle gé-
nération. Nous pourrions continuer...
La bonne chambre d'enfant est donc une véritable bénédiction. Elle est
en même temps un problème aussi essentiel de l'architecture que le sana-
torium ou l'école. Elle n'a pas de détail qui puisse être négligé, tous sont
également importants : le plancher couvert de béton, évitant les coins et les
angles; les fenêtres qui s'ouvrent et se ferment automatiquement; les aéra-
teurs à disque tournant dans le haut des fenêtres ; le cabinet de toilette dans
la chambre, la salle de bain ou des douches en proximité; la véranda, le
La chambre d'enfant des Baucher-Feron est ainsi ; elle est donc moderne,
CHAMBRE D'ENFANT DE LE MARDELE ar, il le faut répéter: ce n'est pas le cheval de bois expressionniste qui
DESSINÉE PAR JEAN FRESSINET end moderne une chambre d'enfant, mais un soin d'hygiène qui ne né-
lige aucun détail: l'emploi qu'on fait de la toile cirée, cette excellente nia-
ère lavable; sur les lampes, de simples et opaques boules lumineuses; et
n éclairage à part, dans le mur, au-dessus du lit, par plaque de verre dépoli
ermettant de veiller l'enfant sans l'éblouir ou l'éveiller.
Voilà ce qui est important dans la chambre, sur les murs: ces détails plu-
ôt techniques et non pas des applications sur soie.

L'art de la chambre d'enfant, c'est l'art des couleurs. Aussi étaient-elles


harmantes ces frises qui naguère faisaient gaiement le tour de la chambre.
application en relief peut aussi, quelquefois, être spirituel comme par
xemple celui où Mac Kain évoque sur le mur les silhouettes des habitants
r l'arche de Noé. Mais nous ne demandons pas autant: un peu moins se-
ait plus.
Il nous suffit de l'harmonie des couleurs qu'Athélie (Robert Block) nous
i re dans sa chambre de garçonnet. L'harmonie générale bleu turquoise,
ille et blanc, s'accorde à merveille avec le linoléum bleu foncé. Dans cet
semble, enfants et adultes se sentiront à l'aise. (Le coloris bigarré des
;rres encadrant les meubles nous paraît presque superflu). Il en est de
ltensité des couleurs comme des bains. Tièdes, elles nous apaisent; ou-
^ ies, elles nous excitent. Une couleur qui, lavée tous les jours, a toujours
nouvel éclat nous est mille fois plus agréable que tout un kaléidoscope
couleurs troubles et blêmes.
dans les chambres à la Montessori, ces meubles: armoires, étagères, rayons,
peuvent être variés et combinés rapidement et sans peine selon les exi;;enj
ces de leur place ou de leur fonction. La superficie simple, calme, unie cluj Le bébé est un petit homme et non pas le jouet des adultes. Aujourd'hui,
mur peut également servir d'exemple aux chambres d'enfant d'aujourd'hui, ;st une vérité qui crève les yeux. Tout le monde, cependant, ne s'y con-
car l'époque des murs unis, de la simplicité sans décor est arrivée m«;me| fine pas. Beaucoup de personnes considèrent encore le bébé comme une
pour les chambres d'enfant. upée, un chien de luxe ou un objet de vitrine ou du moins le traitent NURSERY DE LA GRANDE MAISON DE BLANC
mine tel. Alors, bien entendu, la chambre d'enfant devient une boîte à
sijou. Le joli petit nursery de la Maison de Blanc nous fait l'impression
Un espace bien exploité, bien employé donne un sentiment de libt une maison de poupée parfumée; les scènes de contes exécutées avec des
A la vue des meubles de Le Mardelé (dessinés par Jean Fressinet) on pt uts de brocart de soie bigarrée de Pomone (René Prou) sur les murs de
à peu près ceci: chambre d'enfant nous paraissent des saillies bizarres de son esprit.
Qu'il est heureux que l'esprit des temps nouveaux soit entré dans Qui est-ce qui goûtera tout ça? L'enfant? Certes non. La mère et les
chambres de nos enfants! Cet esprit ne se révèle pas seulement dan >mestiques à qui le nettoyage des broderies, des tapis de table en tulle, des
meubles lavables, dans les formes douces, ovales, dans « le lit à haute
rière pour écarter tout danger de chute », toutes ces innovations ayant e?
CHAMBRE DE GARÇONNET DU STUDIO
avant. Même le meuble à métal-chromo n'est pas une nouveauté signi
CHAMBRE D'ENFANT DE BAUCHER-FERON tive. « ATHELIA », Directeur artistique M. Robert BLOCK
C'est dans la disposition de l'espace que le nouvel esprit se manifeste
Les armoires et étagères se tapissant étroitement contre le mur, le mi
de la chambre peut être laissé libre. L'enfant peut courir, jouer, faire
cabrioles à son aise.
Ce sentiment de liberté ne peut commencer trop tôt. Déjà au nourri!
de deux semaines le médecin permet d'agiter librement ses petits pi
Depuis des siècles, les pédagogues réclament de l'espace pour les mo
ments de l'enfant. La chambre d'enfant doit habituer à la liberté et ne
l'esclavage.
Cette pensée ne peut être réalisée dans les chambres d'enfant des mi
pôles que si nous augmentons le sentiment du spacieux par tous les mo;
possibles: disposition des meubles, couleurs bien choisies, etc. Très sou
ce n'est pas la grandeur réelle de l'espace qui importe, mais l'intensiti
l'illusion de l'espace.

La chambre doit grandir comme son habitant. Pour l'architecte, e'esl


simplement une question de prévoyance. Un bon tailleur fait des vêtemjnt:
d'enfant qu'on pourra allonger l'année suivante. Un dessinateur de cl ai»
bres d'enfant rationnelles travaillera comme M. et Mme Baucher-Fcron
chez qui « le bureau, le coffre pouvant servir de banc, le pupitre dé,r;a^
une case plate pour boîtes à couleurs, etc., tout permet d'adapter le meiibli
à la croissance de l'enfant ».
Les temps sont bien loin où la chambre de l'enfant pouvait se permettn
d'être « poétique », celle des garçons « intéressante » et celle des jeune!
filles « romantique ». Même les enfants des familles aisées doivent se eonj
tenter de la même chambre jusqu'à, mettons, leur dix-huitième année. Ifj
lit doit être un lit et non pas un berceau. L'armoire où l'on garde le trous
seau de l'enfant deviendra avec le temps un trumeau. Le dessus du bure:
devra être agrandi; les étagères à jouets seront promus bibliothèques. Ci
n'est pas la chambre qui change, c'est son maître. Les meubles doivent dort
être à ^riori changeables. C'est dire qu'ils ne peuvent être ni poétiques, n
intéressants, ni romantiques: ils ne peuvent être que rationnels.
JOUETS DE TORRÈS-GARCIA

murs aux couleurs fragiles donnera tellement de travail superflu, n'en se,
ront pas enchantés non plus.
Tout cela ne sert qu'à épater le visiteur. De belles nuances blanches
pleines de poésie, des matières nobles, douces au toucher, ce sont des effets
artistiques, mais rien de plus.
Ces ingrédients ne conviennent guère aux temps sérieux où nous vivons

L'élégance enfantine est morte — il faut exalter la joie de vivre. Notr»


époque n'est favorable ni aux enfants gâtés, ni à l'esprit de luxe qui désil
lusionne la jeunesse au moment où elle entre dans la vie. A la vue des brim
borions stupides: des réchauds à gaz en miniature, de minuscules service;
de table en argent, de petits trousseaux de voyages, des cravaches à têt*
d'argent que confectionnent certains ateliers pour les princes de la vie, 01
ne peut s'empêcher de plaindre ces pauvres petits caniches qui deviendron
sans doute des jeunes gens blasés et dégoûtés de touï.
Heureusement, de l'autre côté on nous montre des jouets simples et amu
sants: des soldats taillés au canif en un simple morceau de bois; des cham
pions de boxe en coton et des autruches au cou imposant en rafia tressé
les héros de l'humour, de l'exotisme, des histoires de bêtes. Ils se graven
dans la mémoire de l'enfant et deviennent les symboles de toute une époque
Car il n'y a rien qui laisse des traces aussi profondes dans la vie d'ui
homme que la chambre où il a passé son enfance.

PAUL NADAI

JOUETS DE TORRÈS-GARCIA
SALON DE THE RUMPELMAYER
A PARIS, FAUBOURG ST-HONORÉ

MM. Henri Chailleux et Gestium, architectes et décorateurs, viennent


! installer, près de la Madeleine, un salon de thé avec confiserie et club élé-
, nt et luxueux.
Ils ont su allier la sobriété des lignes avec la richesse des matériaux, tout
;. donnant à l'ensemble une excellente harmonie.
La façade en marbre Labrador donne accès au vestibule contenant l'esca-
i r du club situé au premier sous-sol.
Dans la boutique, la vue est attirée par un double escalier circulaire re-
H int dans un même sens giratoire le premier sous-sol et l'entresol, sans au-
tre appui que les planchers. Son exécution, d'une difficulté particulière,
fî it honneur aux auteurs et à l'exécutant.
Les carrelages en marbre de deux tons clairs, les fresques de M"'° Chan-
|tt au-Chabas, les revêtements en bois des Iles, les vitrines et l'ameublement,
c ncourent à donner à l'ensemble un aspect agréable.
A l'entresol, le double escalier a pour couronne une coupole en verre.
|d ffusant la lumière au centre de chacun des locaux, les extrémités elles-
|n êmes recevant le jour par de grandes verrières. Sur les murs, des glaces
|e aînées rosées se renvoient mutuellement, mais avec quelques variantes, le
nre de décoration du rez-de-chaussée.
Au premier sous-sol, le club.
Enfin, au deuxième sous-sol est une remarquable installation de cuisine,
itisserie, confiserie, entièrement électrique, munie des derniers perfec-
tionnements avec office réuni par des monte-plats électriques aux offices
■établis à chacun des étages.

/
VILLE DtWDriA
DULCABt

Mtrncn tiiT-crecLi//cro rr
cxTcnTion.
U VILLE tr Itf LnVli?DIV.

A M É N A G EMENT DE LA
VILLE DE VARNA (BULGARIE)
PROJET DE M LUBAIN TONEFF

La ville de Varna — (l'une des premières villes de la Bulgarie, et son principal port)
— surtout depuis quelques années, en devenant une station balnéaire mondiale, évolue
et se modernise à grands pas: Elle fait, comme toutes les autres villes, des efforts consi-
dérables pour diriger et améliorer son développement. Cela souligne bien la nécessité
et l'importance des travaux qui s'y rattachent, — d'autant plus qu'un plan de ville —
son urbanisation — n'est pas un projet grandiose, ni de transformations immédiates et
coûteuses..., au contraire, en opposition avec les agrandissements actuels faits sans plan
cl au hasard, un « City Plan » devrait être un projet bien raisonné, indiquant les lignes
générales d'un système économique de développement et de reconstruction municipale,
scientifique, artistique et hygiénique, s'attachant surtout à la conservation de la vie des
citoyens et des ressources naturelles et à l'abolition totale des taudis... »
Mais pour bien diriger la démarche dans l'avenir d'une ville (qui de sa part n'est
qu'un être vivant) de façon à ce qu'elle réponde vraiment aux besoins qui s'y imposent,
il est nécessaire de se baser sur des faits bien observés et constatés (soit dans le passé
ou l'actuel) et ensuite comparés et classés de manière à en tirer les généralités permises.
Nous essayerons de donner ici, en quelques taches, le tableau de la ville actuelle, en
dégageant ses caractéristiques, eu égard aux conditions d'existence, et également, les
grandes lignes principales de l'aménagement, l'embellissement et l'extension future
que nous avons projetée, sous le haut patronage de M. M. Poëte.
*
* *
Tous les facteurs extérieurs ont été favorables à la formation et au développement
de la ville. « Le cadre géographique », le site, le climat, se sont combinés de mieux. La
partie nord de la Bulgarie (limitée par le Danube, la chaîne Balkanique et la mer Noire)
et la région de Dobrodja, remarquables par leur richesse agricole, ont leur débouché
vers l'occident, par le Danube, et vers l'orient par le port de Varna (dont le golfe est
unique dans cette région). Le site, avec le bon sol, l'orientation en plein midi, les su-
perbes environs et plages, les deux grands lacs, favorisant l'établissemenî des industries,
etc., sont remarquables. Le climat est très doux, et fait naturellement de la ville, une
station balnéaire mondiale.
*
Les environs ont été habités depuis les temps préhistoriques (âge de la pierre). On en
trouve des traces. Les audacieux Hellènes de Milet, voyant les richesses et les conditions
favorables, ont mis la première pierre de la ville de Varna (« OdessusD) vers 570—571
avant J.-C. Les ruines montrent que cela fut le type des colonies grecques avec l'Acro-
pole, la ville basse et le port. La vie a été très active. Plus tard, — 1" siècle — viennent
les Romains. La ville se développe rapidement, et devient centre de la région. Au VIIm"
siècle arrivent les Bulgares et fondent leur premier royaume dans les environs d'Odessus.
Une analyse attentive et détaillée du présent est nécessaire. Les données stables, frap-
pantes et figuratives (statistiques, diagrammes et autres) nous permettront de saisir les
mouvements de la vie urbaine, et de comprendre ainsi son avenir. Lord Kehvine dit avec 71
raison: «que les choses sont présentées le plus clairement par les chiffres...»
Les statistiques des naissances et des décès (chose dépendant principalement de l'hy-
giène et des conditions locales) sont intéressantes pour l'urbaniste, si elles donnaient les
'ésultats, séparément pour chaque quartier, surtout dans une grande ville, quand les
derniers sont éloignés ou éparpillés et socialement différents (le cas des quartiers à l'est /
de Varna ou au sud du port). On pourrait ainsi juger l'état de chaque quartier et savoir
le « soigner de sa maladie » ! Chose qui — hélas ! — manquait à Varna.
Voir diagramme: mouvement de la population 1896-1928. Les anomalies de la vie.
comme les guerres, les périodes de mauvais fonctionnement du service sanitaire ou au-
/A
tres, sont frappantes.
Ouant aux conditions du progrès de la ville, nous constaterons les statistiques de
« l'élément étranger » et leur mouvement.
Le mouvement des immigrés et des émigrés nous soulignera le véritable élan du déve-
loppement ou la décadence. (La ville de Varna ne dispose pas de statistiques pareilles;
nous les avons trouvées approximativement, par déduction du résultat des naissances et VlLLEr DfcVAU/ïA
de* décès, des recensements généraux).
Les conditions de développement y sont clairement visibles (la ligne des immigrés
mi nte fortement). Suivons le mouvement naturel, mais travaillons afin que la ligne des
naissances s'améliore également!
La population actuelle de la ville est environ de 65.000 habitants et comme la superfi- 2.0000 kfeti.fc.s.n.i^ .
cie est de 404 hectares 58, la densité est de 160,6 habitants par hectare. Ce chiffre est
assez grand, mais étant donné que les cours sont pleines de verdure, et la petite super-
o o O,
ficie de la ville est entourée de jardins, vignobles et forêts, on ne sent pas les mauvaises ^0 °0
conséquences. Avec le développement de la ville la «décentralisation» provoquera un
lé leuplement du centre. Il reste donc à régler la densité des futurs lotissements et quar-
ie 's purement résidentiels.
La surface des espaces libres et plantés dans la ville (rues plantées, parcs, squares,
etc.,) est à peine de 74 hectares 88. Donc 868 habitants par hectare.
Chiffre très grand et dont les conséquences se sentiront de façon aiguë, en cas d'une ooooo
;x ension future sans précaution!

Avec la construction du chemin de fer vers l'intérieur du pays (achevée en 1889), et


e nouveau port (1906), la ville devient le port le plus actif de la Bulgarie. 90 % de
l'eimportation du port est constitué par les produits agricoles et les céréales, ce qui repré-
sente 60 % de celle du pays entier. L'industrie y trouve des conditions très favorables,
av c le port, et les deux lacs reliés par un canal à la mer. Or, après la grande guerre, —
av c la perte de la région de Dobrodja et la crise générale, — une forte stagnation du
S~oooo
Iconmerce se fait sentir. La ville tourne alors son activité dans une autre direction. La
fcarure même, avec s'a beauté, son climat et ses plages, permet d'en créer une station bal-
jné lire de premier ordre.

&s
En peu de temps la plage est modernisée: des bâtiments avec cabines, bains-douches,
ii casino et autres sont construits d'après le dernier mot de la technique. Plusieurs sta-
ic us de vacances sont élevées le long du rivage, à l'est de la ville.
Voici quelques statistiques relatives à la plage principale:
1926 14.350 personnes dont 1.150 étrangers
1927 38.351 — 3.506 —
1928 40.000 — 9.385 —
1929 — 15.000 —
1930 et 31 de 40 à 50.000 personnes.
En 1927 le maximum de visiteurs de la plage a été, le 9 août, de 7.692 personnes, et,
>c îr. les bains chauds, le 8 août, de 886 personnes.
=> lo • ' in
Les deux dernières années, les chiffres sont presque les mêmes, car un grand nom- o 2i !2 ^
5*
|bi^ de visiteurs préfèrent passer les vacances sur les petites plages, qui se succèdent à tiwiwlliiiJiltmtfTOimtt~ 1 i '
>t de la ville, sur une longueur de plus de 10 kilomètres.
Cette dernière est fortifiée et devient la capitale « Varna ». Au XIII"'C siècle la ville re-
tombe sous les Byzantins, et, de 1391 à 1878, sous les Turcs. Pendant toutes les époques,
le centre de la ville reste le mlênle, en montrant une forte extension vers la direction
marquée par le mouvement de la ville, même dans les temps romains, c'est-à-dire nord-
ouest et nord.. Depuis la fin de la domination des Turcs (1878), la ville continue à
« pousser » dans la même direction. Une simple vue sur la photo, donnant les étapes de
lotissement de 1878 à 1926, montre le rapide développement de la ville. (Un dernier
lotissement de 1928 n'est pas marqué à l'ouest). Cela souligne nettement que toutes les
conditions de prospérité s'y trouvent. Il suffira de conduire et aider logiquement l'acti-
vité de la vie de Varna dans la marche naturelle.
Pendant les 5 siècles de domination turque, la ville a subi une atrophie énergique.
Pour pouvoir dominer mieux, les Turcs empêchaient et étouffaient chaqvie mouvement
de progrès. Le peuple était réduit à l'état d'esclave. Il en résultait que la ville même ■—
l'atelier d'activité urbaine — en subissait les conséquences. Un désordre complet au
point de vue hygiène, aménagement et esthétique. Les rues sans débouchés, étroites, tor-
tueuses, pleines de boue et de saletés, les maisons déplorables. Le port en léthargie. On
eut beaucoup à faire.
L'aspect de la ville montre, qu'en effet, on a beaucoup fait depuis (malgré qu'il eut
été possible d'en tirer de meilleurs résultats, car, avec le changement complet d'un ré-
gime et quand on met tout par terre pour reconstituer, on devrait en profiter). Le plan
manque d'ensemble, la circulation n'est pas rette, les espaces plantés sont complètement
insuffisants et mal répartis; la moitié des îlots rectangulaires ont leur long côté dans
une direction contraire à l'axe héliothermique. Le tracé est très monotone, places et
carrefours mal composés. Au lieu de créer un plan d'ensemble, on a « collé » tous les
5-10 ans un nouveau lotissement, sans préoccupation d'harmonie.

m
AMÉNAGEMENT DE LA VILLE DE VARhd
VARNA, LA GRANDE PLAGE. VUE DES BATIMENTS

11 est évident que le développement de la ville comme station balnéaire est de grande
importance pour la municipalité. Ainsi en 1928, rien que les taxes de séjour ont apporté
à ! J caisse environ 1 million de levas. Les bains, les plages, les hôtels et autres, appor-
ter! encore davantage.
delà impose encore plus énergiquement la nécessité d'un plan général, montrant la
ci onstruction et le développement futur, assuré par une politique économique et sociale
Correspondante.
* *
Une fois constatée la marche moyenne de l'augmentation de la population pendant
1C 50 ans, il n'est pas difficile de déterminer, par diagrammes, la population probable
|qii3 la ville aura dans certains délais. De là, en tenant compte:
1") de la densité, dictée par les règlements d'hygiène;
5°) de la hauteur des constructions et le pourcentage de la surface bâtie, correspon-
it à la dite densité;
5°) de la surface nécessaire des parcs, des bâtiments publics, largeur des rues, etc..
>Tous pourrons conclure et trouver la surface, sur laquelle se développera la ville,
|pour la période en question.
Ainsi, la ville de Varna en 1990 (dans 60 ans) aura environ 120.000 habitants, c'esl-
•t.ire elle augmentera de 55.000 personnes. Nous admettons que la densité maximum
|iïc- quartiers résidentiels ne dépassera pas 80 habitants par hectare (parcs compris).
Cl îffre d'autant plus nécessaire que pendant la saison balnéaire la population augmente
fin armement. Donc: 700 hectares.
Vlaintenant compte du fait qu'avec le temps, le centre de la ville se dépeuplera (jus-
lent à 80 personnes par hectare au maximum), nous avons prévu l'extension du plan sur
Hin; 3 surface de 780 hectares.
dette surface sera utilisée comme il suit: 8/100 îlols pour bâtiments publics, 15 à
1? 100 rues, places, places-squares ou places-garages, etc.; 9/100 parcs, espaces libres
et réserves plantées, de façon qu'avec les rues plantées, la surface totale « libre » soit
en raison de 1 hectare pour 500 habitants. Alors, pour l'extension seulement, il faudra
11) hectares de parcs; 66 à 68/100 surface lotie.
Jne des principales caractéristiques de la vie actuelle, — comme dans une usine —
ENVIRONS EST DE LA VILLE DE lest la spécialisation dans chacune de ses branches. Chaque activité doit avoir une place,
VUE SUR LE CHATEAU ROYAL ET SA JETÉ Jdoit le volume, l'emplacement et la construction soient strictement déterminés, de façon
Spondre aux nécessités, tout en donnant les meilleurs résultats, avec conditions idéales
llMKir l'ouvrier et minimum de frais!
dette classification et division en quartiers et en zones est d'autant plus nécessaire
jpc îr la ville de Varna, que nous avons la présence de deux sources d'énergie, complè-
te rient différentes par leurs caractéristiques et leurs besoins. D'un côté, le port avec le
co nmerce et la zone industrielle en voisinage. D'autre part, la station balnéaire, avec la
zo le de plaisance et de repos. Le plan d'urbanisation, n'étant pas pour une réalisation
in.médiate, mais devant diriger la marche naturelle de l'extension et du progrès, on doit
permettre et aider la ville à se développer dans ces deux directions, sans que l'activité
de l'une empêche un jour le progrès de l'autre. Ainsi, nous nous sommes présentés la
ville constituée des zones suivantes (voir plan) :
1) Zone de commerce: affaires, c'est le centre de la ville, avec la gare et la place
centrale. Nécessité de clarté dans le mouvement.
2) Zone d'industrie: qui englobe le port, la gare de triage, la petite et la grande (au
sud du canal): industrie. C'est la partie infectée pour ainsi dire, produisant des bruits,
une mauvaise atmosphère, circulation intense, etc.
3) Zone de résidence: a) résidence ordinaire; b) résidence d'ouvriers, en voisinage
do l'industrie; ces quartiers sont étudiés eu égard du caractère social des habitants. Les
isons seront le type à bon marché, collectives ou jumelées. Cela impose une bonne
orientation des rues, de façon que les grandes façades coïncident avec l'axe héliother-
Mique. Toute une politique spéciale va assurer le fonctionnement des écoles, marchés,
tains-douches, dispensaires, etc., etc..., exigés par la vie sociale des habitants ouvriers.
Le quartier, au sud de l'industrie, fait partie de la même organisation.

LES PARTIES FONCÉES REPRÉSENT LES


ESPACES LIBRES EXISTANTS. LES PARTIES CLAIRES
REPRÉSENTENT LES ESPACES LIBRES PROJETÉS

m - - . .. LZJ
ETADL/
DEV
o«y L-tLVLTtrrnori
LDTi/7tnn_rtT/-
VARNA, LA GRANDE PLAGE. LE NOUVEAU
BATIMENT DES CABINES AVEC TERRASSE DE
RESTAURANT ET BAR. AU FOND, LE FORT

4) Zone de plaisance: station balnéaire. On y trouve la grande plage, les bains, le ca-
sino, le parc maritime agrandi au détriment des cimetières actuels (où nous projetons
le nouveau casino avec hôtels pour étrangers, désirant rester dans la ville^. Les rives à
l'est de la ville, jusqu'au monastère Saint-Constantin feront également partie de la zone
de plaisance. Des règlements spéciaux assureront l'hygiène, la circulation, le calme et
l'esthétique de cette zone.
5) Zone semirbalnéaire: au nord-est de la zone balnéaire, jusqu'aux collines... Le
tracé principal permet à l'air maritime de pénétrer dans l'intérieur. Les rues sont pré-
vues avec une zone non œdificandi. On y trouvera, pour la saison, des appartements et
des chambres en familles.
■Je A
Pour éviter la centralisation de l'activité et de la circulation, chaque zone a des cen-
tres secondaires. Ils sont reliés parmi eux, et avec le centre de commerce, la gare et le
port, par des artères, qui « canaliseront » la circulation, pour laisser les rues secondaires
en tranquillité.
.t. j.

La distribution logique des espaces libres est de grande importance. Nous avons créé
de grandes « taches » de verdure, qui joueront le rôle de poumons dans la ville. De lar-
ges artères plantées ou des systèmes de parcs, les relient, pour distribuer l'air pur dans
les quartiers.
La première de ces grandes taches vertes est à l'est. C'est le parc maritime, agrandi
sur l'emplacement des cimetières (qui seront transportés en dehors de la ville). Sa sur- VILLE DE VARNA. PLAN D'ENSEM Ll
face sera ainsi d'environ 63 hectares. Au milieu de la future ville, nous avons le deuxiè-
me grand parc (actuellement vignoble municipal), environ 20 hectares, coupé par Une Remarquer les trois grands parcs reliés par « systè ne,
belle avenue plantée (voir plan général). Enfin, à l'ouest, nous utilisons les descentes de parcs » créés sur l'emplacement de vallées actu lie
du terrain, pour créer un véritable rideau et filtre de verdure, qui préservera les quar-
tiers ouvriers du vent sud-est, venant du côté de l'industrie. C'est vin parc de 51 hectares
environ. Plusieurs squares, jardins, parcs (à l'emplacement des casernes d'aujourd'hui),
rues plantées, complètent le système des espaces libres.
Ainsi la ville aura:
1) Dans le périmètre actuel 910,320 m5
2) Dans le périmètre de l'extension 1.363.200 m"
Total 2.273.520 nr
c'est-à-dire 227 hectares 352.
La ville de Varna aura, en 1990, d'après notre calcul, environ 120.000 habitants.
Alors, nous aurons 1 hectare d'espace planté pour 532 habitants.
(Remarque : Le quartier « Sevs-Sevroès », situé au sud de la grande industrie, a son
système d'espaces libres propre. Avant tout, une zone d'isolation de 55 hectares, le sépare
de l'industrie, et joue le rôle d'un véritable filtre d'air, et de rideau contre les vents du
nord.
Etant donné la présence de la mer, où l'atmosphère est toujours pure et riche d'oxy-
gène, et que les environs sont pleins de verdure, le chiffre de 532 peut être admis com-
me bon, et assurant l'hygiène générale de la ville).
*
Il a été étudié parallèlement avec ce que nous venons d'exposer, la répartition des éco-
les (avec rayon de 500 m.), les halles des quartiers (non centrales!), les hôpitaux, les
terrains de sport, etc.; l'adduction d'eau, les égouts, l'enlèvement des ordures ménagè-
res et leur traitement n'ont pas été oubliés.

Les transports en commun ont présenté également un sujet d'études, La ville de Var-
na commence à en sentir déjà le besoin, aussi bien pendant le mauvais temps de l'hiver,
qu'en été, lorsque la population augmente énormément et se précipite vers les plages
et les environs. Le terrain et le climat, ainsi que l'éloignement de certains quartiers
(par exemple au sud du port) imposent de partager le service entre tramway et autobus,
les services toujours plus commodes pour l'aspect actuel de la ville. Nous projetons une
aérogare à l'ouest de la ville, au bord du lac (voir photo «la ville et les environs»),
ainsi elle desservira les avions et les hydravions, ayant les mêmes ateliers, dépôts, etc.
Le chemin de fer, qui passera en sous-terrain à cet endroit, aidera pour le transport du
matériel, des marchandises et des voyageurs. Les ouvriers trouveront commodément VII M H \ \l I A
leurs familles dans les quartiers ouvriers voisins!
* M II MU II l-l III Il/A If
Enfin, les colonies scolaires, en dehors de la ville — en pleine nature et sous l'in- i/ii nier.
fluence bienfaisante de la mer et du soleil — trouveront leur développement idéal, en
procurant la santé et la vie à la jeune génération! !
Lubain TONEFF.
■EAU
CITE-JARDIN OUVRIÈRE
ARCHITECTES: SUNDAHL ET THUNSTROEM

ARCHITECTURE ET URBANISME
L'architecture moderne, désignée en Suède sous le nom de « fonction-
nalisme », connaît actuellement le plus grand succès parmi les architectes
suédois, et ceci est particulièrement dû à l'Exposition qui s'est tenue à
Stockholm en 1930, dont les constructions avaient été dessinées par l'archi-
tecte E. G. Asplund. (Cette manifestation a fait l'objet d'une description
dans un numéro précédent de cette revue).
En Suède, comme dans la plupart des autres pays d'Europe, le problème
le plus ardu qui s'est posé aux architectes a été celui de l'habitation à bon
marché.
Une des plus importantes entreprises commerciales et industrielles de
Suède: l'Union des Coopératives Suédoises, qui possède son propre bureau
d'architectes — un des plus conséquents du pays — sous la direction de M.
Eskil Sundahl, propagandiste fervent de la nouvelle architecture, s'est atte-
lée à ce problème et a construit pour ses ouvriers des habitations, sur une
petite île située près de Stockholm.
Le plan de cette cité ouvrière et les dessins des bâtiments ont été exécutés
par les architectes Eskil Sundahl et Olaf Thunstroem. Comme il ressort des
photographies, les habitations sont exécutées en ligne, et étant données les
conditions de la construction en Suède, les loyers reviennent à des prix très
bas, ceci par suite de la standardisation méthodique qui a présidé à l'exé-
cution de tous les détails de la construction et à la planification rationnelle
du projet.
Pour faciliter aux personnes de revenus modestes l'obtention d'habita-
tions à bon marché, il s'est formé à Stockholm des associations de locatai-
res, auxquelles la Ville a concédé des prêts, remboursables dans des condi-
tions avantageuses, et cédé des terrains à des prix modiques.
Une de ces associations, qui a entrepris, dans les environs de Stockholm,
la construction de petites villas pour une famille, a commencé la construc-
tion des modèles d'habitations reproduits dans les illustrations ci-jointes,
et qui ont été dessinées par l'architecte Uno Ahrén.
Ces maisons sont exécutées en bois, sur fondations en béton. Le toit est
recouvert de carton Icopal. Comme il ressort des plans, ces habitations pos-
sèdent tout le confort moderne.
Des associations du même genre se sont également créées à Gothem-
bourg. On peut voir sur les illustrations ci-contre des habitations en ligne
construites par l'architecte Erik Friberger, exécutées avec les mêmes ma-
riaux que celles de Stockholm. Des installations communes pour le chauf-
fage central et une buanderie commune, munie de toutes les machines né-
cessaires, contribuent à réduire le prix des loyers, dans une proportion
encore plus forte que pour les petites maisons isolées.
Viking GOERANSSON.
àà
MAISON DE FAMILLE
CITE-J ARD I N
OUVRIÈRE
EN SUÈDE

ARCHITECTES : ESKIL SUNDAHL


10 ET O LAF THUNSTROEM fe
0 I 2 S 4 5

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\ on □□ m

01 2 3 4 S « 7 8 » 10
4+-
1. Chambre, servant de salle à manger
2. Chambre, servant de living-room
3. Cuisine 4. Lavabo
5. Buanderie 6. W.-C. 7. Débarras
■ 1 I 8. Garde-manger 9. Garderobe
MAISON MINIMUM Construction en bois, éléments standardisés.
ARCHITECTE: UNO AHREN

REZ-DE-CHAUSSEE SOUS-SOL

—i
dm 01 2 3 4 5 é 7 8 9 10

MAISONS OUVRIÈRES EN SERIE


ARCHITECTE: UNO AHREN
1. Living-room
I 4
2. Cuisine
3. -4. Chambres
5. Lavabos, W.-C.
M 6. Bains, buanderie
_j 7. Cave, garde-manger
B
3 . L 2 3 8. Débarras

Ail
LA SOIRÉE DE PROPAGANDE
DE L ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI
Nous publions ci-dessous in-extenso le texte des conférences présentées
au cours de la soirée et un bref compte-rendu.

M. LE CORBUSIER
Je voudrais vous montrer ce soir que l'arctuteclure contemporaine plonge ses racines
lians cent années d'expérimentation et qu'après avoir traversé le laboratoire du calcul
(19""! siècle), elle s'est trouvée au début de ce siècle lace à des tâches d'ordre sentimen-
tal qui devaient lui permettre de s'appuyer sur une certitude spirituelle et qu'elle esi
aujourd'hui munie de moyens matériels, le calcul, et d'une ligne de conduite: un sen-
timent moderne.
Cette marche vers quelque chose de nouveau a arraché l'architecture à des habitudes
conventionnelles et dans le monde professionnel elle a ouvert une lutte violente entre
ceux qui exploitent commercialement ou sentimentalement des recettes établies par
l'académie et ceux qui se dirigent résolument vers de nouveaux procédés et de nouvelles
expressions.
On ne mesure peut-être pas assez ce que contient d'immensément neuf dans le phé-
nomène architectural ce mot de calcul.
Qu'est-ce que le calcul? ou plutôt quelles conséquences entraîne-t-il?
Jusqu'au 19siècle, les formes de l'architecture appuyées sur des expériences de
chantier ou sur des manifestations d'ordre intellectuel étaient conditionnées par les
limites même qu'imposent à la pierre, les lois de la pesanteur. Les vitesses étaient lentes,
la temps s'écoulait longuement. 11 y avait des limites relativement étroites aux solutions
étatiques strictement conditionnées par la mise en œuvre de la pierre.
19'"° siècle: fondation de l'Ecole polytechnique; calcul; naissance de la machine; les
itesses accélérées; création de l'industrie; le fer et plus tard le béton armé.
Le calcul est alors une construction qui se fait dans la tête et sur le papier. Il se ma-
nifeste par des chiffres. Il est absolu. 11 conduit à des conclusions indiscutables. Le fer,
et plus tard le béton armé, se plient souplement à ses injonctions, ils s'assimilent avec
iacilité les résultats des calculs et la forme des graphiques. C'est une révolution im-
mense.
Il en est ainsi pendant tout le 19""' siècle. L'inventeur surgit partout. Enthousiasme
c e la découverte. Surenchère de l'invention, griserie de la témérité, c'est l'architecture
eu fer: les Halls gigantesques, le verre, les ponts, les viaducs, les navires, etc.
Ce fut une épopée.
Voulez-vous un exemple des effets du calcul? Vous êtes ce soir dans la Salle Pleyel.
Cette Salle est fille du calcul pur: la course des ondes sonores à l'intérieur d'une enve-
oppe qui devait faire ricochet. Il y a près de 40 ans que la maquette de la Salle Pleyei
.: été faite par Gustave Lyon; mais elle était telle que ni les banques, ni les conseils
^'administration ne voulurent en entendre parler. Il fallut une maturité nécessaire dans
/évolution des esprits pour qu'un jour cette maquette devienne cette salle où vous êtes.
dette salle est un événement capital dans l'histoire de l'Architecture. Elle a frappé au
cœur l'Académie, car vous voyez bien qu'il est impossible d'inscrire sur ses surfaces qui
iont d'ordre nettement biologique aucune des formes transmises par la tradition: enta-
! tlcment ou ogive et qui sont nées des lois de la pesanteur. Ces formes traditionnelles
ao sont établies sur la construction de pierre et la Salle Pleyel, elle, ne s'occupe pas une
'.limite de savoir comment elle sera portée. Elle ne s'occupe que de transmettre des on-
les sonores.
Il m'est donc possible ici de préciser le sens que l'on peut donner au mot: académis-
ne (je ne dis pas « académie»). J'appelle académisme cette méthode de travail qui con-
siste à employer des éléments admis à priori par l'effet de l'habitude, sans jugement,
:ii révision. Or, après le siècle du calcul tout exige d'être révisé.
D'ailleurs l'académisme ému pendant le 19""' siècle par l'invasion de matériaux et
le procédés nouveaux s'arebouta violemment et résista. Comme les académies sont près
les gouvernements et que les écoles sont sous le contrôle des académies, le 19"IL' siècle
ui-même détruisit la plus grande partie des œuvres d'une nouvelle architecture qui avait
:réé les grandes constructions de fer. L'académisme n'avait reconnu à ces œuvres qu'une
aleur temporaire. Elles étaient laides, disait-il, donc il fallait qu'elles disparaissent.
Pendant ce temps, pendant que se construisaient les chemins de fer et que s'instituait
a nouvelle civilisation du chemin de fer, avec la nouvelle forme de ses villes et la nou-
velle occupation du territoire du pays, l'industrie appuya de sa puissance inattendue
es ultimes manifestations d'un certain esprit décadent né du chaos qui suivit les des-
ructions et les reconstructions de la Révolution française. Ce qui constitua un stade in-
ermédiaire entre les hautes traditions qu'on avait anéanties et des traditions de même
aleur qu'il nous reste à instituer. L'industrie et l'esprit bourgeois s'allient au 19mc siè-
cle. Ainsi se sont créés les nouveaux marchés. La machine et le fer permettent au bour-
;eois d'être roy. Ce fut l'âge des maîtres de forges, cette caste remuante qui manifesta
•a puissance dans les horreurs de la première production industrielle. Nous sommes en
1880.
Ce fut si atroce que cela ne pouvait pas durer. Un réveil spirituel survient vers 1900.
Un sursaut de probité spirituelle fit rejeter les oripeaux et les mensonges. Mais où re-
trouver les lois profondes qui puissent remettre l'homme dans un cadre pur et licite.
On pensa retrouver la constante humaine dans l'étude de la nature. On crut intensé-
ment, passionnément à la nature. Ce fut touchant, modeste et désintéressé. On produisit
des formes qui ne sont peut-être pas très sûres.
Mais le maître de forges fut submergé et un sentiment de loyauté, de pureté et sur-
tout un besoin de création totale furent le bilan de cette magnifique aventure qui fut
celle qu'on s'obstine à nommer péjorativement l'époque du modem style.
A côté de moyens techniques illimités surgissait un sentiment entièrement nouveau
dirigé en avant et non plus en arrière.
Depuis, la vie se précipite de plus en plus rapide. Les événements les plus violents ont
surgi. L'intensité est partout.
Ce sentiment neuf incontestable qui soulève les hommes dans tous les pavs du mon-
de, je peux le désigner par deux termes : violence et pureté.
Violence parce qu'il y a trop de pression égoïste et intéressée qui barre la route à tant
d'enthousiasme.
Pureté car les lois du calcul, l'épuration apportée en fin de compte par le machinisme
nous dirigent invinciblement vers cet état où tout étant clair, l'harmonie pourra régner Or, il faut le proclamer bien haut; cette lutte parfois héroïque, sous l'étendard de la
et sourire. logique, contre le style ampoulé, désordonné et vraiment agressif de 1900; cette cam-
Sourire, car la vérité du calçul apporte la sécurité; et la maîtrise des événements don- pagne qui fit table rase de tout ce désordre, de toutes ces exagérations en exaltant la
ne la sérénité; et le sourire me paraît être le but que doit atteindre l'architecture qui est beauté de ce qui est nu ; cette guerre acharnée à l'ornement et au décor ; en un mot cette
la forme objective par laquelle l'esprit manifeste ses conquêtes. démolition en grand de tout notre passé artistique, eut plus de mérite qu'on ne l'imagine;
On voit en nous les destructeurs du passé. Non seulement nous ne détruisons pas le nous lui devons beaucoup; car l'un de ses incontestables résultats c'est d'avoir orienté
passé, mais nous le respectons, nous le continuons. La leçon de la tradition c'est la mar- notre esprit vers un genre de recherches, où la raison affirme ses droits, et les impose
che en avant. avec force.
Laissez-moi vous le dire. Je n'ai eu depuis toujours comme véritable maître que le pas- Voilà bien, je crois, en gros, le programme de Le Corbusier et de ses amis, program-
sé avec ses leçons si évidentes de conquêtes et d'optimisme. me qui, à l'heure actuelle, semble en grande partie réalisé. La raison, la logique ont
Aujourd'hui, on peut affirmer que la révolution architecturale est un fait accompli. affirmé leurs droits et les ont imposés.
Je veux dire par là qu'une nouvelle architecture est née, établie sur un processus ma- Mais ces démolisseurs, clairvoyants, qui ont fait table rase de tout un passé, ont, je le
tériel et spirituel qui peut être appliqué à des conditions si nouvelles que rien de ce qui crains, supprimé du même coup, sans s'en apercevoir, tout ce qui, dans l'Œuvre d'Art
s'annonce ne ressemblera à ce qui a été. Ceci est un postulat constructif et non pas des- relève du sentiment de l'Artiste et de sa sensibilité.
tructif. Il vaut la peine de le souligner. Car à côté de la Raison, n'y-a-t-il pas, en effet, le sentiment? Ne les retrouvons-nous
Mais si la révolution architecturale est virtuellement accomplie, l'architecture moder- pas, à chaque période d'Art, dominant à tour de rôle!
ne, par contre, lutte aujourd'hui contre un mur qui lui interdit tout développement. Lorsqu'on étudie en Architecture, la naissance, le dévelopement et la mort des styles
Ce mur, c'est celui de l'urbanisme. qui, en France, se succédèrent depuis le Roman jusqu'à l'Art nouveau — le fameux
Sans urbanisme moderne, pas de progrès pour l'architecture. Plus que cela, l'archi- style 1900 — on constate des alternances, des flux et reflux, de raison et de sentiment
tecture ne peut exister. Sans urbanisme moderne, et c'est ici qu'interviennent les consé- dont le mouvement s'accélère sans cesse, dont les vagues sont de plus en plus courtes,
quences de phénomènes entièrement nouveaux: l'ère de la machine, l'ère de la vitesse comme si elles approchaient d'un rivage.
et les transformations de la vie sociale. Comme pour un corps tombant dans le vide, comme pour un aérolithe traversant les
C'est parce que le problème est si général et si indissolublement attaché à la vie même espaces intersidéraux, le temps au cours duquel se déroule une période d'Art, est sans
de la Société contemporaine que nous avons le droit de parler d'architecture nouvelle. cesse plus restreint.
L'architecture est la manifestation de l'esprit d'une époque. Peut-être en trouverait-on l'explication dans ce fait que les moyens mis par la science
C'est vers l'urbanisme aujourd'hui que le grand courant de renaissance qui remonte à notre disposition pour réaliser nos ouvrages et matérialiser notre pensée, sont de plus
à 150 ans doit se précipiter. Il n'y a pas d'urbanisme moderne véritable; il n'y a pas de en plus efficaces, de plus en plus rapides.
doctrine d'urbanisme moderne; il n'y a même pas de spécialistes. Ouoi qu'il en soit, nous commençons à être effrayés dans nos rares instants de lucidité,
D'ailleurs le problème n'a pas été posé par l'autorité défaillante en Occident. de cette course folle, dont l'allure ne nous permet même plus de nous retourner pour
L'autorité est défaillante. Il faut qu'on le sache. L'autorité joue à l'autruche en ce examiner notre œuvre, en faire la critique, la perfectionner, en jouir.
moment dramatique où une société entièrement nouvelle a besoin de trouver les bases Essayons cependant de nous arrêter quelques minutes, et, comme disent les marins,
de son équilibre. de faire le point.
C'est quand l'autorité agira, c'est quand elle établira un programme que naîtront doc- *
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trines et spécialistes; c'est à ce moment que l'architecture moderne apparaîtra véritable-


Pascal opposait déjà l'esprit de finesse à l'esprit de géométrie.
ment comme un immense événement général, humain, international et régional tout Or, actuellement, en Architecture, malgré la diversité des tendances dans les diffé-
ensemble.
rents groupes d'Architectes, indiscutablement c'est l'esprit de géométrie qui l'emporte:
International par la nécessité de répondre à des programmes parfaitement humains, c'est la logique à outrance, c'est le refus de se laisser séduire par les suggestions de l'ima-
par l'application du calcul dans toutes latitudes, et régional, par l'adaptation intelligente gination, le refus d'obéir aux entraînements de la fantaisie; c'est une tendance marquée
et sensible de ces événements unitaires aux pressions exercées par les sites, les moeurs à abandonner la première place à l'Ingénieur, c'est-à-dire au calcul, à la mathématique,
et les climats.
à la statique, à la dynamique, en un mot à la science. A tel point que celle-ci, aujour-
d'hui, semble déborder son domaine pour empiéter sur celui de l'Art, et peut-être l'ab-
sorber.
Si donc, tel est le bilan, très résumé, de notre époque au point de vue de l'Architec-
M. HENRI SAUVAGE ture, on peut se demander ce que nous y avons gagné et perdu, et dans le cas où nous
v aurions perdu, comment nous pouvons espérer améliorer notre position.
*
Vous avez entendu tout à l'heure, Monsieur Le Corbusier.
Le Corbusier est un Confrère Illustre. C'est un grand animateur. Nul ne peut nier Considérons, si vous le voulez bien, un type de construction parfaitement logique.
son influence sur l'Architecture Moderne; influence due, d'une part à la continuité de Nous ne ferons pas de personnalités, nous ne blesserons personne. — Nous examinerons
ses efforts, d'autre part à sa force combative, enfin à l'originalité de ses conceptions. une ruche d'abeilles.
Tel un Saint-Jean-Baptiste prêchant dans le désert. Le Corbusier annonce l'ère des Tout le monde a pu admirer, au moins à l'état fragmentaire, ces rayons de cire com-
temps nouveaux et l'avènement d'un idéal de simplicité et de clarté. posés d'une série de cellules ayant la forme d'un prisme hexagonal.
L'Homme et l'Œuvre me sont également sympathiques. Or, sans entrer dans le détail, voici en gros le problème que les abeilles ont à résou-
Aussi me faut-il déployer quelque courage pour défendre, à mon tour, d'autres idées; dre... C'est, comme vous allez le voir, un problème de haute mathématique.
des idées qui, par plus d'un point, peuvent s'opposer aux siennes; des idées qui sem- Il s'agit tout d'abord de diviser un volume en une quantité d'alvéoles identiques, de
blent retarder cet avènement de l'esprit nouveau ; des idées qui, par conséquent, au pre- forme régulière et sans intervalles. En second lieu ces alvéoles doivent avoir une forme
mier examen, peuvent paraître quelque peu rétrogrades et caractéristiques d'un esprit telle que le vide utilisable dans chacune d'elles soit le plus grand possible, et réa-
anti-révolutionnaire, anti-moderne, chagrin et désabusé. lisé au moyen du minimum de matière possible.
Néanmoins, sur l'insistance prolongée de Monsieur Bloc, le distingué et actif direc- Enfin, il faut que le dispositif adopté assure au mieux la rigidité de l'ensemble.
teur de l'Architecture d'Aujourd'hui, j'ai accepté d'exposer mon point de vue. Monsieur Chose incroyable, l'abeille a résolu ce triple problème, ou, du moins, tout se passe
Bloc, prétend, avec quelques autres, que j'occupe parmi les Architectes, une place par- comme si elle l'avait résolu.
ticulière. Il prétend que s'il existait une Chambre des Architectes, ma place y serait au Un major de polytechnique ne pourrait faire mieux.
centre — aussi loin des extrémistes de droite que de ceux de gauche; en bref, des an- Nous nous trouvons donc en face d'une œuvre parfaitement logique; à vrai dire,
ciens que des modernes. tellement logirue qu'il n'est pas possible d'y apporter le moindre perfectionnement.
Je croyais, jusqu'ici, être classé parmi les Modernes. Mais on se connaît mal. J'accepte Forts de cet exemple et dans le but d'atteindre un semblable résultat, certains ont
donc, au moins provisoirement, de rentrer dans cette catégorie des Architectes qui siè- pensé qu'il suffirait, pour ce faire, de dépouiller, peu à peu, le monument, l'immeuble,
gent au Centre. Cette place manque peut-être de panache, elle est peut-être un peu inco- l'œuvre architectonique, de tous ses... parasites. Les uns après les autres sont tombés sous
lore, mais je l'accepte: parce que je vois, autour de moi, à cette même place, d'autres la pioche du démolisseur, tous ces ornements, bandeaux, appuis, consoles, chambranles,
Confrères, pleins de talent et qui nous ont donné des œuvres réfléchies, sages et — je corniches, frises, astragales, chapiteaux; tous ces mouvements de façade, ces décroche-
le crois —i durables. ments, ces encorbellements, ces retraits, ces silhouettes de toiture, ^etc... Et non con-
Chez les Architectes de ce groupe, de notre groupe, on a découvert — paraît-il — des tents de ce décapage extérieur, ils ont voulu que, à l'intérieur, la même et impitoyable
symptômes d'une maladie singulière qui sévit à l'état endémique dans tous les Arts, et opération chirurgicale soit pratiquée sur tout ce qui n'était pas indiscutablement néces-
qu'on appelle le traditionalisme. Je dis : maladie, car notez bien que ce mot de tradition, saire à la vie de l'homme.
dans la bouche des extrémistes de gauche, est pris dans un sens péjoratif. Pour eux Oue nous reste-t-il? La construction pure; c'est-à-dire: les murs, les planchers; des
la tradition s'oppose à l'esprit moderne. Je crois qu'ils ont tort, car nos Architectes du portes et des fenêtres.
centre donnent au contraire, à chaque instant, des preuves évidentes de l'intérêt qu'ils C'est le triomphe du mur nu.
attachent à la solution des problèmes nouveaux par des moyens nouveaux. Donc, bien Sous quelque angle qu'on le regarde, du dehors ou du dedans, le mur est nu, disons-le
que traditionalistes, ils sont modernes; ils ont l'esprit moderne. effroyablement nu.
Alors, d'où vient qu'on leur refuse, à gauche, cette qualité? Et alors, qu'en résulte-t-il?
N'y-a-t-il pas au fond de ce débat, pacifique et courtois, un malentendu? Ouelle que soit la personnalité de l'auteur d'une construction, il est désormais impos-
Le but poursuivi par les uns et par les autres est-il si différent? sible de la découvrir dans l'expression du plan ou de la façade. L'auteur devient, prati-
Eh bien, Messieurs, il faut avoir le courage de le dire, il y a en effet un regrettable quement, anonyme.
malentendu car le but poursuivi est exactement le même: et quel est ce but? C'est: la Ouelle que soit la profession de l'occupant, il est impossible de la deviner.
réhabilitation de la logique. Est-ce un industriel, un artiste, un banquier, un avocat, qui habite cette Maison?
* Nous ne saurions le dire.
Que veulent en effet Le Corbusier et ses adeptes? Ouelle est la signification de cette Ouelle que soit la destination de l'immeuble, il est impossible de la déterminer.
campagne, menée pendant vingt ans? Un hôpital, une prison, un sanatorium, un musée. Un ministère, se ressemblent.
Cette campagne ils l'ont menée contre la complexité toujours croissante de tout ce Enfin, quel que soit le pays, quel que soit le climat, les plans types sont ceux du
qui nous entoure. Us ont voulu clarifier le milieu où nous vivons et notre vie elle-même, logement minimum; les murs conçus pour résister également à la chaleur et au froid
ils ont voulu faire «la grande lessive».. présentent le même aspect. L'Architecture devient internationale.
En un mot, le caractère de l'œuvre a disparu.
Et voilà bien ce que je regrette! Cette impression particulière que nous éprouvions
devant un Monument ou une demeure. Cette page d'Histoire écrite pour tous, même pour
qui ne savent pas lire — sur les façades ou dans les plans dés constructions, — voilà ce Chaque Immeuble, construit sur de semblables principes, exprimera dans l'espace,
qui semble avoir disparu par l'application généralisée de la formule nouvelle. par des volumes, des formes, des couleurs appropriées, la résultante d'une quantité de
J'ai dit « formule ». Je n'ai pas dit principe. C'est à dessein, car les deux mots ont des forces qui ont pour objet la vie la meilleure d'un individu ou d'un groupe d'individus,
significations bien différentes. Vous allez voir que les résultats auxquels ils permettent dans un lieu donné, à un moment donné.
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d'aboutir le sont aussi.
En effet, une formule permet de résoudre un problème, ou quelques problèm'es du Or, cette vie, la meilleure, quelle est-elle?
même ordre. Est-elle donc régie par les lois inflexibles de cette logique économique à laquelle
Un principe permet de résoudre quantité de problèmes différents, et, comme le fait se réfèrent les partisans du mur nu?
justement remarquer M. Poincarê, un principe est d'autant plus fécond que ses appli- Et ceux-Ia mêmes qui montrent tant de confiance dans la solidité de leur argumen-
cations sont plus générales. tation en faveur du dépouillement intégral, du retour à une monastique simplicité; ceux-
Ainsi l'arc en plein cintre; l'ogive; la voûte en arc de cloître; la voûte sur pendentif; là ne vivent-ils pas entourés de mille objets qui leur sont chers? Ont-ils renoncé aux ta-
la colonne et la plate-bande; le canlilever; bleaux, aux fleurs, à la somptuosité d'un tapis? Ne vivent-ils pas dans ce cadre avec
voilà des principes féconds. Chacun d'eux a permis et permettra encore une infinie une femme élégante et parée? Leur table n'est-elle pas ornée de nappes, de cristaux?
variété de formes. Les reliures de leurs livres ne sont-elles pas infiniment variées?
Trouvons-nous quelque chose d'analogue dans la formule du mur nu? Nous per- Vous voyez bien, qu'ils ont d'autres besoins, qu'ils ne peuvent tuer leur sensibilité!
met-elle de grands espoirs? Vous voyez bien que la logique, que la Raison ne leur suffisent pas.
Certainement non! _ _'/ Vous connaissez peut-être une lithographie de Willette qui représente Pierrot, flanqué
Oui ne voit qu'en l'appliquant on arrive de suite, non à la simplicité, non à la pureté, de jeunes femmes et portant dans ses bras quelques fines bouteilles.
non à la clarté; mais à la nudité, à la pauvreté, à la sécheresse. Au-dessous, cette légende: «Remarquez que la plupart des choses qui nous font
Il est impossible de faire un mur plus nu que lorsqu'il est nu. L'expérience est facile plaisir sont déraisonnables ».
à réaliser. Et alors on aura du premier coup atteint la limite des recherches. — C'est fini, Eh! mon Dieu oui! reconnaissons-le simplement, nous ne sommes pas des surhommes
nous sommes au bout de nos possibilités. mais des hommes, et nous ne voulons pas, nous ne pouvons vivre sous le seul signe de
Il faut donc trouver autre chose, car nous sentons bien que nous ne pourrions vivre la raison. L'Art, c'est ce qui est inutile, et que nous ajoutons à l'utile (pas toujours très
longtemps dans ces demeures froides et dépouillées de toute fantaisie. attrayant) pour le parer de couleurs chatoyantes, et le rendre acceptable. Et il le faut
Mais comment retrouver le charme disparu? Comment? Eh bien... Puisque la logiq ic bien, car la vie sans ce superflu — si nécessaire — serait impossible. Elle serait horrible.
seule est incapable de nous satisfaire, c'est notre sensibilité, c'est le sentiment qui Le sentiment vient donc, ainsi, constamment en Art, au secours de la raison.
vont nous en fournir le moyen. Au début nous avions opposé, semble-t-il, sentiment et raison.
Essayons donc de définir le rôle et l'influence du sentiment en art, et particulièrement Mais vous voyez bien qu'ils ne s'opposent pas. Vous voyez qu'au contraire, ils se
en Architecture. complètent; qu'ils s'épaulent à chaque instant.
t r
Paul Valéry, parlant de la poésie, la définit ainsi: «Cette hésitation prolongée entre L'Art ne serait peut-être, alors, en dernier ressort, qu'un voile jeté sur la nudité froide
le son et le sens... » de la logique, mais assez léger pour en laisser deviner la beauté.
Et, en effet, le poète, enfermé dans le cadre que lui imposent les règles de la proto- La logique marque notre soumission aux lois inflexibles de la nature.
die, doit construire son vers d'une certaine manière, avec un nombre de pieds prér s. Ce voile c'est l'expression de notre sensibilité.
une césure, une rime dépendant de ce qui précède ou déterminant ce qui suivra.^ Et m 1- Et c'est en apposant sur notre œuvre le cachet de cette sensibilité que nous lui don-
gré ces difficultés énormes, accumulées comme à plaisir, ce que le poète a à dire il nons ce caractère humain sans lequel rien ne vaut.
faut bien qu'il le lise. Le dira-t-il dans la forme où il l'a conçu? La rime ne lui suggé e-
ra-t-elle pas une image, une idée nouvelle? Ne le détournera-t-elle pas du chemin qu il En manière d'épilogue, et afin d'illustrer cette causerie par un exemple qui fasse
s'est tracé pour le développement de sa pensée? Et s'il résiste, s'il opte, pour l'idée, con- image, je vous conterai une histoire vraie, dont ma mère a été le témoin.
tre la forme, que devient la rime? II lui faut donc choisir, établir un compromis ent e La scène se passe dans un village de Seine-et-Oise.
sa pensée et les conventions poétiques dont il accepte la loi. En un mot, il fait à chaq. e Un homme, une femme, avaient une petite fille qu'ils adoraient. Elle chantait dès
pas un sacrifice; il pèse le pour et le contre, et le poids qu'il met dans la balance c't jt son réveil et chantait jusqu'au soir. En quelques jours elle mourut.
le poids de sa sensibilité. Au cimetière, devant les pauvres gens, au bord de la tombe ouverte, on déposa le
Aussi malgré l'identité des moyens est-il impossible de confondre Racine, Hugo, Bea i- petit cercueil.
delaire, Verlaine, Mallarmé et Himbaud, parce que leurs sensibilités sont différentes. Alors du tilleul voisin, guidé par un rayon de soleil, se détache un minuscule oiseau,
De même le musicien n'est-il pas emprisonné dans des règles, peut-être encore pl îs paré comme pour une fête: tout droit il vole vers la tombe. Il vient se poser sur le cou-
sévères? Le rythme, la mesure, la tonalité, les possibilités d'exécution, la limite < u vercle blanc qui recouvre l'enfant. Et à peine posé, sans bouger, le bec tourné vers le
champ d'action d'un instrument, l'importance du développement de l'œuvre, l'entraîne ît ciel, il se met à chanter éperdument.
à des contraintes perpétuelles; et c'est à chaque instant qu'il lui faut amputer sa pensée, On dit encore dans le pays que c'est l'âme de la petite fille qui était passée dans l'oi-
ou la développer plus qu'il ne l'aurait voulu. seau.
Pourtant malgré l'identité des règles rigoureuses auxquelles ils se sont soumis, <rui Eh! bien! je trouve que devant la logique implacable de la Mort, devant tout ce qu'il
confondrait Bach, Beethoven, Chopin, Franck ou Honnegger? y a en elle d'incompréhensible et de douloureux, ce chant d'oiseau s'exaltant en ses rou-
Il serait facile de démontrer ou'il en est de même de tous les arts. Ce que nous avo îs coulades fantaisistes, et faisant de cette mort d'enfant une œuvre d'art, est une magni-
dit du poète et du musicien est vrai du peintre, du sculpteur, du décorateur, du cinéas e. fique image de la divine Illusion qui, dans nos profondeurs les plus intimes, éveille le*
etc.. Et cela est aussi vrai de l'Architecte. plus grandes joies, les joies les plus fortes et les plus pures, celles sans les-
Or, en matière de construction, toutes ces règles — si l'on en croit nos confrères te quelles nous ne pouvons dire que nous ayons vraiment vécu.
gauche — découlent de la logique pure. Le sentiment n'aurait aucune part dans nos Cette Illusion c'est celle de donner de la vie a ce qui n'en a pas. Et ce n'est pas la
créations. Oui, je veux bien que la logique soit à la base de toute construction dig ic logique seule qui peut nous l'apporter.
de ce nom. Comment, raisonnablement, en pourraît-il être autrement? Aussi l'Architecte de demain, comme celui d'hier, ne pourra s'empêcher de croire
Il faut bien qu'un bâtiment tienne debout; qu'il soit habitable; ou'il soit durable. qu'il fait vivre la pierre et le métal, et qu'ainsi, lui aussi il crée quelque chose.
C'est évident, la logique est à la base.
Mais de quelle logique parle-t-on? Je termine. Je parlais, au début, de ces vagues alternées de raison et de sentiment
Ce mot de logique n'est-il pas, au fond, extrêmement vague? qui marquent l'art de deux époques consécutives, et je disais qu'elles étaient de plus en
C'est que à regarder les choses d'un peu plus près, il me semble que l'Architecte te plus courtes comme si elles approchaient un rivage.
se réfère pas à une logique déterminée, mais à une infinité de logiques qui souvent La dernière vague, qui était sous le signe de la Raison, a balayé ces monstrueux orne-
s'affrontent, et même sont incompatibles. ments qui infestèrent l'architecture de 1900. Celle qui suit et que j'aperçois déjà
En effet, il y a la logique climatique; , sera sans doute sous le signe du sentiment. Souhaitons que les réactions inévitables
la logiaue ethnique; la logique statique; la logique économique; les logiques esth» i- qu'elle fera naître contre ce que j'appellerai « le nudisme architectural » actuel ne nous
que, psychologique, sociale, thérapeutique., commerciale, sentimentale, administrait s. fassent pas perdre ce que nous avons gagné en clarté, en simplicité, au cours de la pé-
etc.. riode qui s'achève.
On en citerait facilement une centaine. Mais quoi qu'il arrive, nous pouvons espérer — ces alternances étant toujours d'une
Voilà donc un point qui me semible acouis. L'Architecte obéit aux pressions, non d u ic durée plus réduite — ces vagues étant toujours plus courtes — approcher d'une ère
logique, mais d'une série indéterminée de logiques, dont les influences seront par 1 ai heureuse où, enfin réconciliée, la Raison et le Sentiment apporteront à l'Art, l'une le
plus ou moins ressenties selon... selon quoi? Selon son tempérament, c'est-à-dire suivant fonds solide, l'autre l'émotion, sans lesquels aucune œuvre n'est durable.
sa sensibilité d'artiste: suivant son sentiment.
Ne devient-il pas évident, maintenant que les défenseurs de la théorie du mur ni
se trompent lorsqu'ils affirment que l'Architecte doit satisfaire aux seules exigences de la
logique?
Par contre, il apparaît comme certain que, seul, notre sentiment personnel nous per-
M. RAYMOND FISCHER
met de faire une sélection parmi les ordres impératifs qui nous arrivent de toutes pat ïs.
et qui trouvent un écho plus ou moins prof ond dans la caisse de résonance que réalise Voici le texte des paroles qui devaient être prononcées par
Raynvond Fischer et qu'il n'a pu porter à la connaissance des
le cerveau de l'Artiste.
A ce point, nous allons pouvoir — nous, ceux du centre — nous entendre avec nos auditeurs par suite de l'obstruction d'un certain nombre d'élèves
des Ecoles.
Confrères de l'extrême gauche.
Voyons comment cette entente peut se faire. Mesdames, Messieurs,
U veulent, à la base, une logique (et je crois bien que dans leur esprit c'est surtout
d'une logique économique qu'ils veulent parler). Il est désormais inutile de lutter pour convaincre le public de la nécessité des bâti-
Nous prétendons, nous, qu'il y a plusieurs logiques. ments modernes; la mode n'est plus aux pastiches ni aux antiquités. En peinture, en
Comme eux, nous obéirons à leurs lois (car notez bien qu'ils y obéissent, au moins sculpture, en décoration tout le monde désire du moderne. Mais ce mot moderne est
en partie, inconsciemment). impropre, trop général, il permet avec raison, à des tendances absolument contradictoires
Mais nous le ferons, nous, en toute connaissance de cause; après avoir classe toutes de se réclamer de lui, car moderne s'oppose à ancien.
ces logiques par ordre de valeurs, c'est-à-dire suivant une cote d'amour que leur donnera
notre sentiment personnel.
Le bistro avec ses verres gravés et sou stai'i' prétend avoir une installation moderne. La maison supportée par des piliers n'est plus rivée au sol, elle semble se détacher
Les marchands de meubles du Faubourg St-Antoine qui maquillent un buffet de style davantage de lui pour devenir plus aérienne, elle impressionne davantage par son carac-
sous de lourds et massifs godrons déclarent vendre des meubles modernes. En architec- tère asymétrique.
ture la confusion est plus grave encore; certains se réclament du moderne en changeant La nouvelle conception de l'espace permet la confrontation de l'intérieur et de l'exté-
la proportion d'un ordre classique ou en recherchant des formes bizarres; d'autres pré- rieur et donne une valeur au matériel en fonction de l'immatériel.
tendent que le moderne est un art de décoration*
L'espace est une matière plastique transformable qui prend corps avec la composition
Dans un article du « Moniteur des Architectes », notre distingué et mordant confrère. et permet de transporter dans le constructif la plus subtile poésie.
Monsieur Houssin qui n'a pour nos conceptions aucune tendresse, commentant diffé-
L'art continue à devancer l'expression des sensibilités, à rechercher les relations
rents articles parus dans l'Architecture d'Aujourd'hui, s'écriait avec joie: « 11 y a scission secrètes des choses, il ouvre la porte d'un monde mystérieux où, conduit par un lyrisme
dans le bloc des modernes, c'est fort rassurant pour l'avenir de l'architecture française ». échevelé, on aboutit aux conceptions les plus abstraites.
Non, il n'y a pas scission dans le groupe des modernes, mais des tendances absolument La lumière agrandit, transforme, élève ou abaisse les volumes et les plans, elle est
opposées qui, unies pour combattre les néo-classiques, affirment après la bataille leur à nouveau ce qu'elle était pour les vitraux des cathédrales, un élément plastique. La
programme respectif. Ce désaccord a également une autre origine, mais je ne voudrais nouvelle plastique exprime les vouloir' et les devenir de notre temps, c'est un art de
pas que la pensée que je vais émettre puisse être interprétée par quiconque comme une proportions géométriques, d'exaltation de la vie, d'expression de l'abstrait et du concret.
idée malveillante à l'égard de maîtres qui furent les pionniers du mouvement contem- L'esthétique a changé de caractère et tend à l'universalité. La nouvelle esthétique est
porain et auxquels je rends un public et solennel hommage. Il y a entre les deux théories, née de ce système de structure pure d'où la mystique naturaliste est bannie. L'architec-
la différence qui existe entre deux générations. Chacun est par certain côté prisonnier ture tend au sublime par une haute, saine et pure discipline, elle tend à la simplicité mé-
de son époque. canique, vivifiée par le jeu de la lumière et de l'espace.
L'amour de la liberté, les appels à l'individualisme, la fantaisie considérée comme
Raymond FISCHER.
principe et maîtresse de la raison, n'est-ce pas là une survivance du romantisme ou un
des derniers restes de ce mouvement de 1900, où nos devanciers furent particulièrement
mêlés. A propos de cette importante manifestation, BATIR publie, dans son
Dans l'Architecture grecque, où le rythme avait pour base la loi des nombres, on avait
cherché à atténuer la sévérité de l'ordonnance par une recherche du pittoresque. Les
numéro de Janvier, l'article suivant de notre rédacteur, M. Pierre Vago:
effets étaient obtenus non par les édifices, mais par le choix des sites, le temple de Del-
phes occupe une plateforme au flanc de la montagne, celui de Crotones est sur un
promontoire à l'extrémité d'un cap. Le galbe des colonnes, des lignes horizontales cin- LA SOIRÉE PLEYEL
trées, la différence de section du lut et tous les autres artifices grecs avaient pour unique
but de corriger les effets de déformations optiques. Même quand en apparence, comme Nous voulons parler, on l'a deviné, de la grande réunion de propagande
celui des Propylées, le plan est irrégnlier, il y a la symétrie des masses et équilibre des que « l'Architecture d'Aujourd'hui » avait organisée, lundi 14 décembre,
volumes. Ces recherches des Grecs tendaient à l'harmonie des ensembles, mais chaque
motif d'architecture pris à part est symétrique, l'ensemble seul est soumis à des lois
sous le haut patronage du Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-
d'équilibre. Plus de contraste recherché, il produit toujours le maniéré. L'effet doit Arts. Le succès de cette importante manifestation a dépassé toute atten-
naître de la diversité des organes, l'unité est la règle. Unité des volumes, unité des vides, te. Dès 7 heures 30, soit une heure avant le commencement de la soirée,
voilà le vrai, tout autre est mesquin et faux. les personnes oui n'avaient pas réussi à se procurer des cartes numérotées
U est injuste de prétendre que les règles rigides engendrent l'uniformité et partant
de l'ennui, comme dirait Voltaire. Ce reproche de monotonie est du reste anéanti par
se rassemblaient dans le vestibule de l'immeuble du faubourg St-Honorc.
tous les exemples de l'architecture moderne: changement d'axe suivant les étages, plan Vers 8 heures 20 les balcons étaient combles, à l'orchestre les places encore
asymétrique et nous connaissons une maison de M. Le Corbusier à Boulogne, dont la non occupées pouvaient se compter sans peine. On commença avec une
composition a tenu compte d'un arbre placé au centre du terrain à bâtir et qu'on a exactitude exemplaire. Après quelques mots d'introduction de M. Fischer,
conservé pour son charme. C'est peut-être le reproche inverse qui semblerait s'appliquer
le mieux. Une critique à priori mieux fondée serait de dire que les théories trop souvent
un film suisse sur l'architecture nouvelle fut projeté. Les sous-titres en alle-
basées sur des programmes créés de toutes pièces ne répondent pas toujours au besoin et mand provoauèrent quelques commentaires stupides.
aux habitudes de la société actuelle. Mais l'architecte n'a-t-il pas un rôle social et ne Un quart d'heure plus tard, la salle fut envahie par une horde de barbes
doit-il pas contribuer à la transformation des habitudes et à apporter plus de bien-être à collier: plusieurs centaines d'élèves de l'Ecole des Beaux-Arts, dépourvus
et de simplicité dans la façon de vivre. En France ce rôle sera particulièrement diffi-
cile car il heurte de front l'esprit petit bourgeois de la majorité de notre peuple. 11 est
de toute invitation, ayant forcé les barrages, firent irruption et occupèrent
facile de combattre le mur nu, mais nos contradicteurs devraient se rappeler qu'en ar- toutes les places disponibles, et jusqu'aux dégagements et sorties, n y avait
chitecture une surface et un volume n'ont de valeur que dans leurs rapports. L'archi- environ trois mille personnes dans la salle, destinée à en contenir 2.600.
tecture est une composition de surfaces et de volumes à l'échelle antropométrique. Entre temps, les organisateurs et le service d'ordre renforcé eurent de
Quand les surfaces sont actives, l'espace est passif et réciproquement il y a équilibre.
Dans la construction latine comme St-Pierre de Rome, c'est le mur qui parle, qui la peine à maintenir au dehors une foule énorme, où l'on pouvait remar-
traduit les sentiments par un dosage normal des surfaces vives ou mortes. Dans les édi- quer plusieurs personnalités invitées. Mais malgré la meilleure volonté des
fices germaniques comme l'Eglise de St-Etienne de Vienne, l'effet émotif est obtenu par dirigeants de la Revue qui avaient organisé la séance, il eut été impossible
les volumes du vide. de faire entrer une seule personne dans la salle archi-comble.
Ce que regrettent nos devanciers, c'est l'ornement. Il n'a plus de place dans nos com-
positions, il est un reste de la culture primitive. Plusieurs films techniques se succédèrent à l'écran: constructions eu
Le sauvage décore sa hutte avec le crâne de ses ennemis, porte des amulettes pour terrains difficiles, la maison isotherme, l'étanchéité des terrasses, grands
conjurer le mauvais sort, sculpte sa canne, a des bijoux dans le nez et la bouche, des travaux publics. Enfin, « Architectures d'auiourd'hui », un poème filmé
bracelets autour des membres, son corps est recouvert de dessins. Au XXe siècle, un eu- sur l'architecture de Le Corbusier, œuvre de ce merveilleux réalisateur
ropéen tatoué relève de la médecine légale. qu'est Pierre Chenal.
Un maison décorée est une maison tatouée.
T*
* *' '
L'ornement a servi de symbole, ce fut le cas de l'Egypte et de la période gothique où
les francs-maçons gravaient sur les murs sacrés des cathédrales le savoir de leur con- Le Corbusier monte à l'estrade, n a de la peine à se faire entendre. On
frérie. siffle, on crie, on braille, on vocifère, - c'est une obstruction systématique
Le décor fut la marque extérieure de la richesse. De notre temps, l'architecture n'est
ni mystérieuse, ni symbolique, mais utilitaire. de la part d'une partie du public. Mais Le Corbusier est habitué à la lutte.
Tout ce qui n'a pas pour l'œuvre une utilité incontestable doit être éliminé. « J'ai lutté contre vos maîtres depuis quinze ans! » s'exclame-t-il, en s'adres-
Quand le corinthien fait son apparition, Athènes est mûre pour la domination ro- sant aux interrupteurs qui sont, pour la plupart, les disciples des nontifes du
maine. quai Malaquais. Des protestations s'élèvent: « qu'on laisse parler! »
Pour fonder une nouvelle école il est indispensable de l'établir sur des bases solides.
H faut rendre un juste hommage à M. Le Corbusier qui a formulé dans un langage Interrompu à chaque phrase Bar des applaudissements et par des cris
clair et précis les lois de l'architecture à venir. U est le guide le plus sûr de la nou- hostiles. Le Corbusier parle du Palais des Nations. Attaqué, il riposte, puis
velle génération. prend l'offensive à son tour. Il s'étonne aue les architectes chargés de réali-
La meilleure appellation, ou tout au moins celle qui semble convenir le mieux au ser le plus grfud uroblème architectural de notre époque n'aient pas encore
groupe qui, ayant banni l'ornement et le décor, veut baser la nouvelle architecture sur
la science et la raison est le mot rationaliste. présenté, après quatre années, un proiet d'exécution, tandis qu'ils annon-
L'architecture rationaliste est internationale; il ne faut pas entendre par là que chaque cent des dépassements de crédits de 100 %„ - (Le Corbusier y voit la preuve
peuple ne la marquera pas profondément de son esprit et de son caractère particulier, de l'inipuissmce de l'Académie, et il a raison). — Mais ce n'est pas cela
mais les moyens de construction et les besoins comme les pensées humaines tendent qu'attend le oublie. On crie: Mais parlez-nous donc d'architecture.
à s'uniformiser sur toute la surface du globe, il y a parenté entre les édifices des Etats-
Unis et ceux de l'U. R. S. S. Et Le Corbusier parle d'architecture. Avènement du machinisme. Fin de
Une œuvre n'est complète qu'autant qu'elle répond à des données exactes et qu'elle l'Académisme, du pastiche, du formalisme vide. Maleré la résistance obsti-
reflète le sentiment de l'auteur; qu'on y sente le choix judicieux des surfaces, l'appli- née et la ré?c*ion parfois violente d'une école inévitablement destinée à dis-
cation raisonnétTdfe la ligne. Il ne suffit pas que la verticale oppose son dynamisme à la paraître, la révolution est accomplie. Un problème nouveau s'impose, dont
stabilité de l'horizontale, il faut que leurs couleurs donnent vue à la forme, car les pro-
portions évoluent sous la diversité de la lumière. U faut tenir compte des masses en la nécessité »<guë se manifeste de jour en jour avec une urgence accrue:
fonction, de l'espace et de la couleur; il faut créer autour de l'œuvre une atmosphère celui de l'urbanisme.
physique qui prépare et créée l'effet émotif. Les thèses de Le Corbusier sont connues: il n'en est pas moins regrettable
L'Architecture en remplaçant la construction massive par une structure en béton, acier au'on ait tout fait pour l'empêcher de les exposer. Est-ce que ses adversaires
et verre a permis à l'espace de traverser l'édifice. La façade n'est plus l'écran imper-
méable isolant le monde intérieur. La structure interne apparaît par endroit, la maison n'ont pas d'autres arguments de contradiction?
appartient à la rue, au paysage. **
Le système d'Euclyde est comme dépassé, il est né un nouveau rapport entre la
matière et l'atmosphère.
Après un bref entr'acte, M. Henri Sauvage monte à la tribune. Il parle a
un public parfaitement calme, qui l'écoute dans un silence absolu. Son ex-
posé est interrompu à maintes reprises par des approbations. Des
applaudissements vigoureux saluent le vénérable conférencier lorsqu'il
affirme que, dans ce qu'il va dire, il n'offensera personne. Est-ce une ré-
ponse à Le Corbusier?
M. Sauvage fait la critique d'une école qui, — paraît-il, — nie le senti-
ment dans i'architecture. Une telle école existe-t-elle ? Nous ne la connais-
sons pas. Est-ce à Le Corbusier et à ses disciples que l'orateur veut s'adres-
ser? Parfois nous en avons eu l'impression très nette. Mais nous ne vou-
lons pas croire que M. Sauvage n'ait pas lu Le Corbusier. Y a-t-il un archi-
tecte plus sentimental que l'auteur de «Vers une Architecture»? Plutôt
nous lui reprocherions d'être plus poète qu'architecte; de se préoccuper
plus de la plastique que de la construction; de se laisser guider plus par la
fantaisie que par la raison. Dans ses écrits, il se dresse contre ceux qui po-
sent l'utilité au premier plan de l'architecture; dans ses réalisations, il fait
peut-être trop souvent abstraction de la raison.
D'ailleurs, l'abolition de ce « superflu nécessaire » (abolition tout à fait
provisoire, pensons-nous) que M. Sauvage regrette, ne comporte pas les
conséquences tragiques qu'il nous a fait envisager. Malgré le nudisme de
l'architecture nouvelle, on pourra toujours distinguer la villa de l'industriel
du studio du peintre, la salle de spectacle de l'hôpital, de la prison. Si les
décorations disparaissent, n'y a-t-il pas les proportions, les volumes, les sur-
faces, les formes, les dimensions, les rapports, les matériaux, les couleurs*
le rythme, les positions réciproques des pleins et des vides, les éléments de
la contruction? Ne sont-ce pas là les vrais éléments de l'architecture?
En somme, lorsque M. Sauvage plaide la cause du sentiment dans l'art,
il nous trouve tous d'accord: cela explique son succès. Seulement nous som-
mes très divisés quant à l'interprétation de ces beaux principes.
1 *
* *
Après un film des œuvres de M. Roux-Spitz, qui provoque des manifes-
tations diverses, nous voici au principal film de la soirée.
1900-1931 : tel est le titre de cette brève réalisation, tournée par M.
Klimowicz sur un schéma de Pierre Vago, et éditée par « l'Architecture
d'Aujourd'hui ».
1900-1931 : deux simples dates, et, cependant, en elles quelle significa-
tion! Treize années de lutte épique: décadence définitive, agonie pénible,
derniers spasmes de l'Académie; mort de l'Ecole des Beaux-Arts. Réaction
violente de la conscience architecturale: on rompt les chaînes du formalis-
me. On cherche; on tâtonne. Et l'art du XX™0 siècle naît, se développe,
s'épanouit, s'affirme, irrésistible, victorieux, contre l'opposition vaine des
« yeux qui ne voient pas », malgré la stupide concurrence des faux conver-
tis.
L'assemblée, unanime à acclamer le erand maître Auguste Perret, n'a pas
été moins unanime à huer les efforts ridicules de certains « pompiers » con-
nus pour se mettre « à la page ». Les supports collés en porte-à-faux hors de
la façade d'un « building » non encore terminé mais déjà célèbre, le départ
en flûte avec ornements de lauriers des pilirs cannelés, les masques et les
nalmiers stylisés ont provoqué l'hilarité générale. Nos camarades de la rue
Bonaparte ont sifflé avec nous leur Maître. Signe des temps.
i *
* *
M. Raymond Fischer, oui avait ouvert la séance, devait prendre la parole
à nouveau pour commenter brièvement un film. Il débuta par ces mots:
« M. Le Corbusier a exposé une thèse, M. Sauvage l'antithèse, je vais essayer
de faire la synthèse ».
Le public, fatigué par le long programme, et craignant de se voir infliger
une troisième conférence, l'empêcha de parler.
* *
Et puis, il y eut des films publicitaires. Mais ils n'étaient pas assez passion-
nants; et l'heure du « dernier métro » s'approchant, la salle était presque
entièrement vide vers minuit et demi alors que le programme n'était pas
encore terminé.
L'impression aui se démasre de la soirée est celle-ci: nous sommes tous
d'accord sur la nécessité d'un renouvellement de l'architecture, mais nous
sommes très divisés puant aux formes, et même auant à Pesnrit de cette
nouvelle Renaissance de l'Art. Le problème nous intéresse <trois mille per-
sonnes dans la salle, deux mille Personnes restées à la porte!-) nous nréoc-
cune, nous nassionne: nous avons montré notre passion d'une manière par-
fois exaeérée. Nous reerettons nue cette pa«sion ait été un prétexte nour
ceux qui n'avaient vraiment pas la parole en la matière, nour pssaver d'em-
pêcher, nar des manifestations vularaires, déplacées, et oui ne font pas hon
neur à leurs auteurs, la libre expression de la pensée.
Pierre VAGO.
A I I I SB

ARCHITECTE: E. FAHRENKAMP (Revue « Acier ») ARCHITECTE: MIES VAN DE ROHE (La Casa Bella)

L'ARCHITECTE LA CASA BELLA


Décembre 1931: Le Gaumont-Palace (Belloc). Immeuble; Novembre 1931: Hôtel à Leptis Magna (arch. Larco et Rava).
rue de la Cité Universitaire (Pouthier). Villa à Hauteville. L'Exposition d'art colonial de Rome. Un article intéressant:
Dans ce numéro, les éditions Albert Lévy annoncent qu'à « Architecture moderne d'il y a vingt siècles », par G. Pagano.
partir du prochain cahier L'Architecte paraîtra sons une for- Une nouvelle villa de Miès Van de Roche. Intérieurs; Décora-
me nouvelle: la mise en pages sera «modernisée», un nouveau tion : Beaux-Arts. Un très bon numéro.
caractère typographique sera adopté; le texte sera tiré sur Décembre 1931: Un Club sportif sur le lac de Côme. La
Maison des Balilla de Turin. Nouvelles boutiques. Intérieurs.
papier couché.
« L'Architecture d'Aujourd'hui » l'ait école. Nous nous en Informations. Argus.
Le numéro est très bien présenté, comme d'habitude.
réjouissons.
DOMUS
L'ARCHITECTURE Octobre 1931. Numéro particulièrement consacré aux paque-
bots. L'aménagement des paquebots, aujourd'hui et demain,
15 Novetnbre 1931: L'Exposition Coloniale: suite, et nous par G. Ponti; le navire de luxe, par P. Gadda; description du
espérons fin. Le pavillon des Pays-Bas; les missions; les portes; paquebot italien « Victoria », d'un modernisme plutôt douteux ;
petits pavillons. Immeuble de rapport au Caire. Un article sur il faut cependant se réjouir de ce pas en avant. Constructions
l'historique du domaine de Saint-Cloud. Le nouveau palais de nouvelles sur la plage de Viareggio (arch. Brizzi, Michelucca,
justice de Louvain (quelle horreur!). Et les informations ha- Mimati). Siège d'une Société de canotage à Côme (arch. Man-
bituelles. tero). Intérieurs. Jardinage. Informations.

LA TECHNIQUE DES TRAVAUX RASSEGNA DELL' ISTRUZIONE ARTISTICA


Juillet 1931 : L'Institut du Livre d'Art de Urbino. Monogra-
Septembre 1931: L'Hôtel de Ville d'Amsterdam, W. M. phie sur l'œuvre de Ellore Di Giorgio, Carnevali, Servolini,
Dudok, architecte. (L'Architecture d'Aujourd'hui consacre son Mainini, etc. Un numéro particulièrement intéressant pour ceux
prochain numéro à l'architecture et l'urbanisme aux Pays- qui s'occupent d'arts graphiques.
Bas. Nos lecteurs y trouveront une étude très documentée sur
l'œuvre de M. Dudok, le chef bien connu de l'architecture LA CITÉ ET TEKHNE
moderne néerlandaise). Nouveaux locaux de la Compagnie Octobre 1931 : Architecture et construction en Grande-Bre-
Belge d'Assurances à Bruxelles. Jean Hendevich, architecte.. tagne. Villa en Belgique (arch. Acke). Documents d'architec-
Quelconque. La nouvelle gare de Deauville: J. Philippot, ar- ture internationale. Un intéressant article sur Vacoustique du
chitecte. Pénible. Bâtiment d'archives pour une banque, H. bâtiment. Etude technique sur le béton vibré.
Bard, architecte. De pire en pire. Nous trouverons, par contre, Décembre 1931: Urbanisme: aménagement du Quartier de
des bâtiments très intéressants pour les forges de Marchienne- la Putterie. Etude sur les hospices pour vieillards. L'art des
au-Pont (Belgique), et d'autres articles techniques d'un réel Jardins. Les bâtiments scolaires. Documents d'archil(?cture
intérêt. internationale. Informations.
Un numéro assez intéressant.
LES ECHOS D'ART BYGGMASTAREN
Décembre 1931: Immeubles nouveaux à Stockholm. Infor-
Novembre 1931 : Objets d'art, verreries d'art, bijoux, den-
telles, informations. mations-

LA CONSTRUCTION MODERNE
15 Novembre 1931: Exposition Coloniale; pavillon du Ma-
roc.
20 Décembre: magasins à Reims, d'un mauvais goût scan-
daleux (arch. Gosset). On se demande qui est-ce qui peut
bien choisir de tels documents! Village-jardin en Alsace.
3 Janvier 1932: Conférence de M. Sauvage à notre réu-
nion à la Salle Pleyel (voir page 81). Compte-rendu du Con-
grès International de l'Urbanisme aux Colonies. Le marché
couvert de Laon (arch. Ch. Abella). Projet d'habitation creu-
sée dans le roc, de M. Robin, élève de H. Sauvage.
10 Janvier: Le Salon d'Automne, et une ville de style soi-
disant régional. Informations.

PLANS
Décembre 1931: «Décisions», par Le Corbusier ;et les ru- ARCHITECTE: WALLANDER (BYGGMASTAREN)
briques habituelles.
DIE BAUGILDE DER BAUMEISTER
Ed. LOEWENTAL, BERLIN Ed. CALLWEY. MUNICH
N"22, 25, 11. 31: Numéro consacré aux lotissements des N" 10, Octobre 1931: Cette revue a choisi, pour ce numéro,
DATSCH DATSCH
sans-travail. La question est d'une importance vraiment tragi- un sujet qui correspond tout à fait à son caractère. C'est l'œu-
■1931
Maurerarbeiten Tischlerarbeiten
que. On commence, en Allemagne, à admettre le fait que tous vre de l'architecte hambourgeois Karl Schneider. Nous revien- 4931
les efforts ne suffiront jamais à reconduire plus de cinq mil- drons nous-mêmes sur les travaux de cet artiste.
lions de sans-travail dans les usines et les bureaux. Il faudra Schne:der a surtout construit des habitations, mais parmi fdlsch Ziehen eines Rauchrohres richtig Furnieren einer Tùr richtig
plutôt leur créer une nouvelle forme de vie, c'est-à-dire d'éco- ses autres travaux, il ne publie que le bâtiment du Kunstverein
nomie. On voit cette nouvelle forme dans le lotissement jardi- (voir le N° 5 de l'Architecture d'Aujourd'hui), bâtiment d'un oben ab-
nier dans ses diverses formes: lotissement d'habitation, avec caractère spécialement intime et « habitable ». Ce bâtiment, et gesetzt Rohr hat
jardin potager, lotissement jardinier, dont les produits nouris- innen glatte
la plupart des hôtels particuliers de la banlieue hambourgeoise Wandungen und
rissent ses propriétaires, lotissement jardinier sans habitation, que Harbers présente dans son cahier 10, nous les connaissons istbeim Aufmau-
qui ne couvre qu'une partie relativement modeste des besoins déjà. Mais Harbers sait toujours montrer de nouvelles photos ern glatt verstri-
Rohr ist zuschrag chen
de ses membres, et quelques autres variantes de cette forme de caractéristiques; il sait les grouper et en faire une unité; il sait, gezogen. Schorn-
communauté. Une commune comprendra environ 100 mem-
bres, qui cultiveront légumes, pommes de terre, fruits, un
au moyen de nombreuses planches techniques, développer des
bases techniques des travaux qu'il nous présente.
stein hat keine
Standsicherheit.
Rohr zeigt gleich-
mâûige Schrdge fe§§
peu de blé, et qui auront quelques chèvres, poulets, oies, la- N° 11, Novembre 1931: Nombreux travaux des architectes Der obère Absatz die nicht iiber 60'
Tùr ist auf Vordtr- und Ruckseite Tilr ist auf bac/en Seiten gleich-
wird beim Reinigen sein darf ôlatte Innenwan-
pins, etc. La commune sera munie de quelques machines agri- hollandais Brinckmann et V. d. Vlugt, Rotterdam. abgeschlagen, Rohr dungen, beim Reinigen kei-
ungleichmàûig furniert und wirft sich màûig furniert und ble/bt gerade
coles, comme tracteurs, charrues, qui seront prêtées à chaque Le bâtiment de la banque Mees van Zoonen, à Rotterdam, wird undicht ne vorspringenden Ecken
membre pour quelques jours. Les sans-travail recevront de leurs Verleimen einer Tîschlerplatte

m
semble remarquable sous plus d'un aspect: Brinkbann et v.
villes ou de leurs pays les terrains nécessaires (environ 6-8 ares d. Vlugt sont connus comme les leaders du corbusianisme hol- Isolieren eines Balkens am Schornstein'
pour chaque ménage dans les lotissements jardiniers avec habi- landais. Aussi, dans leur bâtiment de banque, ils ne sacrifient
tation). pas un iota de leur modernisme accusé. L'application de la Kern an Splint Kern an Kern
L'administration des villes et des pays prépareront avec l'aide glace y est aussi abondante, l'organisation du plan encore
de quelques architectes, des plans standard de maisons, dont
la construction doit être assez simple pour que les sans-travail
beaucoup plus fonctionnaliste, que dans les usines de Van Nelle.
Tout de miême, le bâtiment de banque est, dans son ensemble,
Fuge
MM»
soient capables de les construire eux-mêmes. La réglementa- comme dans tous ses détails, d'un caractère hollandais très pro-
tion éditée par le Gouvernement du Reich, dispense ces cons- noncé. Voici la nouvelle formule, qui nous semble garantir Schalung
tructions de presque toutes les obligations des constructions l'originalité de l'architecture moderne, menacée par un uni- Schalung geht bis an den Schornstein Isolierschicht schlieDt auch die Schalung Strebenstellung bei einer Brettertur
ordinaires. Il ne subsiste à peine que les règlements les plus formisme tyrannique: être moderne, être européen, sans sacri- heran, Feuersgefahr. Isolierste/ne haben vom Schornstein ab. Isoliersteine sind
primitifs garantissant la sûreté statique. fier les particularités locales. Le Bankhuys de Brinckmann et in der Mitte eine durchgehende Fuge. hochkant gesetzt und Fugen versetzt
Unwirksame Isolierung
« Tous ceux, dit Peter Koller, l'auteur de quelques articles, v. d. Vlugt est une des premières réalisations de ce program-
que la Baugilde publie sur ce sujet, qui ne voient dans ces me.
lotissements banlieusards qu'une solution provisoire destinée Tout au contraire. Mies van der Rohe, dans son nouvel Dachfirst ^ Schorn-
à aider les sans-travail jusqu'à l'avènement de temps meilleurs -= stein min-
hôtel particulier à Brno, nous conduit sur le large chemin d'un , Schornstein =_ destens 3
commettent une erreur. La cause de la crise, c'est le fiasco ab- internationalisme intégral. * £=^!| zu niedrig ^P
.fj Schichtep Strebe trebé
solu de la grande ville comme forme d'organisation... Changer Le plan de cet hôtel particulier et sa façade méridionale, V-M ~2; ûberdem
la structure de la ville, c'est la tâche du lotissement, s'il veut sont un mélange entre l'ornement cubiste du vieux Mies et X Dachfirst
devenir une force effecive dans la lutte contre la crise ». l'ornement futuriste du nouveau Le Corbusier. L'harmonie
On comprend que les conséquences d'un tel changement, claire et riche de la cage d'escalier rappelle l'esprit de l'hôtel
doivent être de la plus grande importance. Il s'agit de créer particuier de Erich Mendelsohn sur la Havel. L'application de
une nouvelle vie à quelques millions d'hommes spécialisés. la grande plaque de marbre poli comme cloison entre deux-
Le sérieux avec lequel ces propositions sont discutées en Alle- parties du grand living-room est devenue, depuis Barcelone, Schornstein kann nicht ziehen, Schornstein Ist genùgend hoch
magne, l'élan avec lequel quelques dizaines de milliers de sans- uuelque chose comme la signature de Mies van der Rohe. da er den Dachfirst n-iht ùber- und hat guten îug Strebe sitzt falsch und sackt Strebe geht vom unteren Tùrband
ragt nach vorn ab nach oben und stdtzt die Tùr
travail de chaque métier ont déjà commencé les travaux pré- Harbers fait, à propos de cette plaque, une remarque très
paratoires pour de tels lotissements, fait pressentir la gravité juste: il montre deux photos de la même pièce: l'une, qui fait
de la révolution, à laquelle l'Allemagne est amenée en consé- voir toute la cloison polie, l'autre, où l'on en voit seulement
quence de la crise mondiale. un petit bout. « On voit, dit-il, que l'application d'une pierre
Sur ce sujet, la Baugilde publie des articles de Peter Koller. noble comme cloison en grandes surfaces opprime la proportion DATSCH DATSCH
de Adolf Rading, des plans de maisons minimum, destinées au de la pièce, tandis que l'application raisonnable ne fait que 1931 Zfmmererarbeiten 1931 Béton arbeiten
lotissements (projets: B. D. A. de la ville de Halle) et les souligner l'effet vraiment classique de cette nouvelle concep-
principes du Reich (ces principes sont déjà, en partie, exposés tion de l'espace habitable ». La maison Tugendhat à Brno esl
dans le cahier 21). peut-être la composition la plus élégante de Mies. Elle fai fctlsch Verlegen der Fachwerkschwellen richtig falsch Betonieren eines Balkens richtig
Le cahier contient, hors thème, deux écoles: Ecole villageoise voir sa maîtrise absolue, tant par son ensemble que par tou.< auf dem Sockel
StieU
de Lipsenhauseu, près de Cassel; arch. Baecker et Sirvenberg, ces détails. Mais, de l'élégance la plus raffinée jusqu'à 1; Eisenbeton-
Cassel. Lycée de jeunes filles à Vienne-Hietzing ; arch. Theiss 'chv/etle, Stamm- Stammseite
routine la plus vide, il n'y a qu'un seul pas... se/Te nach oben nach upten
decke
et Jacksch. Vienne. Garages dans U. S. A. Article très instructif de Gonradi
Munich. 7%k~~\solierung fehlt
o (0
Isolierpappe
WASMUTHS MONATSHEFTE Le Presbyter Hospital, le centre médical de New-York. L'or
Ed. Ernst Wasmuth, Berlin. Cahier double: Novembre-Dé- ganisation médicale et architecturale de cet hôpital géant est
cembre. expliquée dans cette éude essentielle.
Avec ce beau cahier la célèbre année vécue nous dit adieu. Les « Bausparkassen » en Allemagne; un nouveau système balken
On ne sait pas dans quelle forme elle pourra reparaître l'année pour financer les petits hôtels particuliers, au moyen de caisse; Mauersockel steht vor der Fachwerkschwel- Fachwerkschweile liegt mit Sockel bundig.
i :
prochaine. Le désastre économique vient d'anéantir la plus d'épargne, qui, ayant reçu 25 pour 100 de la somme néces le. Dadurch bleibt Feuchtigkeit stehen und Feuchtigkeit zieht schtyer unter Schnielle
cultivée, la plus noble édition d'architecture de Berlin, peut- saire, versent toute la somme sous forme d'hypothèque sans ziebt unter Schwelte. Schwelle faultschntlll Béton fur den Balken ist nur Béton fur den Balken ist bis
être de l'Allemagne. Le cahier s'ouvre avec une publication du intérêts, qui doit être amortie en versements mensuels. ■teitweise eingebracht zum Deckenanschluô eingebracht
L'hôtel particulier à bon marché. Hôlzer am Brandgiebel
building des syndicats socialistes de Francfort-sur-le-Mein, la Verlegen von Karrenbahnen
dernière grande construction de Max Taut. Nous croyons qu'elle Projets de Schneider, Harbers, Stein et, quelques réalisa
tions anglaises à très bon marché, dans la Cité-Jardin de Wel Brandgitbel bei verlegter Eisenbewehrung
est peut-être la composition la plus équilibrée de cet architecte Karrenbahn
important. wyn. Planches techniques.
La maison de verre de Pierre Chareau, Paris. Publication MODERNE BAUFORMEN Schalung mit\ f& (Jr~<*
EiseneinlageJ^ _
sommaire. Deux constructions en ciment armé de Hermann Octobre 1931: Le stade de Vienne (voir l'A. d'A., N" 7).
Alker, Caslruhe : une tribune de stade très intéressante du point Stade nautique à Budapest (voir l'A. d'A., N" 7). Casino à Rahmenholz der
de vue construction. Ascona. Intérieurs viennois. Maison de rapport à Vienne, Diehl- Dachkonstruktion
Les nouveaux ateliers pour le film parlant de la « UFA » à gasse (voir l'A. d'A., N° 7). Architecture industrielle. Infor-
Tampelbef. Ce sont, en vérité, des manteaux de briques et de mations. Argus. Dachverbandsholz liegt auf Brandgiebel. Brandgiebel geht in IStein Dkke durch. Karrenbahn steht
matériaux isolants, qu'on a construits autour des vieux ateliers Brandgiebel erfûllt nicht seinen Zweck Hôlzer liegen auf Stutzen 'oder Mauerkon- Karrenbahn liegt unmîttelbar auf Holzklôtzchen die zwischen den Ei
Décembre 1931: Un appartement à Vienne. (Architecte sole. Brandgiebel erfùllt seinen Zwck sen unmittelbar auf der Schalung stehen-.
en construction légère. Problème statique intéressant. auf der Eiseneintage
Lichtblan), très Viennois. Un splendide silo à Rotterdam (ar- Eiseneinlage kann sich nicht verschieben
Les bains de Lenna (Allemagne centrale); architecte: Ernst chitectes Brinhman et Van der Vlugt). L'Exposition du meuble Verlegen der Mauerlatte
John, Lenna. Construction sportive d'une très belle tenue de de Coîojrne. Squares d'enfants à Vienne. (Plusieurs de ces Ausschalen einer Dec/ce
légèreté et de gaieté, qui ressemblent aux bains de Untertur- Etagen-
1-âtiments on! été publiés dans notre numéro 7!). Villas. Meu balken
kheim de Bouatz. t'es.
L'abbeanum à Zéna; arch. Ernst Neufer, Weimar.

f
Keile vorsich
TEI ÈS FORMA
Institut pour des études optiques (en connexe avec les
usines de Zein, Zéna). Deux immeubles des architectes Nav Novembre-Décembre 1931: Les nouveaux bâtiments de la
-tel tig lockern,
dann erst
Steifen fort-
Fisker et C. F. Moller, Copenhague. Oueloues hôtels particu- cynanogue de Budapest. Bâtiments scolaires; asile pour vieil- nehmen
liers de Eisenlohr et Pfennig, Ruff, Muli-Moerne. Projet poul- lards; maternité municipale; fatrique Van Nelle à Rotterdam Mauer -
Mauerlatte nur bei
< latte
ie palais de Kemal Pascha à Angora; arch. Clemens Hokmeis- et magasin à Rotterdam ; immeuble du journal « Telegraaf ■>> : ■ l absetiendem Mauer-
à Amsterdam. (Nous publierons ces constructions dans notre Mauerlatte ist bei durch\ \„„»»M »à
werR verwenden
_ Decke erschCittert und wird nach Decke erleidet beim Ausschalen
ter, Vienne. Le plan très fin montre l'influence des plans de gehendem Mauerwerk von drei Seiten ein Liegt in diesem Faite auf allen Seiten oben durchgedriickt keine scharfe Erschutterung
vieux palais orientaux. Architecture moderne, qui fera un bon prochain numéro, consacré à l'architecture et à l'urbanisme gemauert und besteht Fàulnisgefahr frei und kann nicht fauten
effet dans le paysage asiatique. Un hôtel pour artistes; arch. aux Pays-Bas). Devantures nouvelles; meubles; Bibliographie.
André Lurçat (publié dans ce numéro 9 de «l'A. d'A»). De BULLETIN DE L'ASSOCIATION
l'économie des plans. Etude systématique par Alexander des Architectes Anciens Combattants CONSTRUCTION BONNE ET CONSTRUCTION MAUVAISE (BAUWELT)
Klein, Berlin (Voir l'A. d'A., N° 6). Décembre 1931 : Petit musée d'art rustique en Bretagne, Mo-
Urbanisme: Cité universitaire à Concepcion, Chili. nographie sur René Clozier. Informations.
CHANTIERS NORD-AFRICAINS DIE BAUWELT
Apprenons à nous borner à notre sujet. Résistons à la
séduction d'appliquer partout une méthode qui n'est pra- Janvier 1932: Le bâtiment urbain moderne. La construction Ed. Ullstein, Berlin. Nr 47, 12 Novembre 1931.
tique que pour examiner certains problèmes. à Alger, à Oran. Les kiosques à essence. La contsruction au Critiques des Richllinicn pour la colonisation banlieusarde.
— F/iesen m Zemenï\
Encore deux mots sur l'histoire du cahier 43 : On a depuis Maroc, à Tunis. L'industrie algérienne de la brique et de la Trois articles de M. Wagner-Savan, M. Schdewald, Berlin, M.
LêKhtbeton \ *T !?™
6 td
\ nicht unter 10cn. tuile.
5andbettung ) longtemps, dans les milieux des professeurs et des archi- Max Thermann, Bcrlin-Neuenhagen.
doppelte Klebesperrung gegen Feuchtiçke.t
Sàmtibeton ubtr Dàmmsdiicht mit Drahtnetieinlog* tectes, la conscience des graves fautes de notre éducation LE LINOLEUM Projet de maisonnettes en briques pour la colonisation ban-
Dàmmxhichi,.
'Ausgleich und Gefâllebeton, Qefotle 3 - 700
technique. Mais on n'a pas eu le courage de les avouer. Alors Novembre 1931 : Maison de weeck-end à Fribourg. Le Par- lieusarde; arch. Alexander Lee, Berlin.
- Massivdecrxe -Hohlsteindecke, Kfeinexfre Sterne on a commencé à produire cette masse énorme de tableaux et lement d'Helsingfort. Bureau de placement à Vienne (voir Suite des articles: « Neues Bauen» du professeur Siedler:
- Put*
de chiffres, de diagrammes et de formules, qui sont caracté- Architecture d'Aujourd'hui, N" 7). Chapelle à Cologne. Maison plafonds modernes aux poutres en ciment armé et en acier avec
ristiques de l'œuvre de la Reichsforschungsgesellschaf t. « Pou- de vieillards en Suisse. Etude technique sur les planchers. des corps creux de briques, béton, bois. Constructions légères.
quoi tant de science? » ai-je demandé un jour, naïvement, à Siedler est en train d'écrire, dans cette série d'articles, le pre-
un membre de cette société. « Ah ! mon cher, m'a-t-il répondu, LA CITÉ ET TEKHNÉ mier lexique de la construction moderne. Il est à désirer que
BON c'est notre méthode à nous, académiciens, pour redevenir lès Novembre 1931: Souvenirs sur F. L. Wright, par M. Schmitz. l'édition Ullstein les fasse paraître en forme d'un dictionnaire
maîtres de la construction, pour apprendre à contrôler le tra- Deux immeubles d'habitations à Bruxelles (arch. Polz et des constructions modernes.
vail de l'entrepreneur. ». « Et pourquoi, demandai-je, pour Puttemans). Documents d'architecture internationale. Infor- Appendice de photoreproduction. Nouveaux immeubles de
quoi, pour contrôler l'entrepreneur, ne pas tout simplement mations. Fred Forbat, Berlin, à Siemcnstadt et Haselhesst. Plans nou-
apprendre le métier de l'entrepreneur, qui est après tout, veaux, raisonnables. Architecture un peu monotone. Urbanis-
NOTES PÉRÏODTOTTES
-Getânderstùtze 4-4 aEistVt notre métier? » De la Fédération Internationale du Bâtiment et des N. P. P. me: système en lignes orientées à peu près nord-sud.
, Ftiesen in Zemenhnôrfet La Bauwelt a procédé autrement: Elle avait inauguré (sous Octobre 1931: La rationalisation, résolution votée au Congrès Forbat a essayé d'interrompre la monotonie de ce système
-doppelte Kkbexhicht la direction du Regierungsbaumeister Halle), une rubrique de Genève. La crise de la construction dans le monde entier. par des petits motifs urbanistes. Mais l'esprit doctrinaire du
-Ausglekh und 6efallebeton
« renseignements » où les architectes pouvaient poser leur: Activité de la construction d'H. B. M. en Grande-Bretagne, Alle- système reste encore très sensible, malgré ses efforts pour y in-
Xleinesche Deete, Hohlsteind&fc
i~Putz problèmes. magne et aux Etats-Unis. Grands travaux publics. Informations troduire quelques éléments un peu plus vivants.
Bientôt, elle s'aperçut du niveau misérable de ces demandes diverses. Nouveaux immeubles à Berlin-Neglitr ; arch. Mebes et Emme-
et l'idée d'un cahier « Bauen, richtig und falsch » fut con rich et Heinrich Stanmer: le système en lignes tout pur.
çue. ARCHTTEKTURA I BTIDOWNTCTWO Nouvelles techniques, informations, tableaux de prix, etc.
MAUVAIS La Bauwelt pouvait agir de cette manière: Une revue peut Novembre 1931: Traduction de l'article de M. Poelzig parti Nr. 48, 26 Novembre 1931.
dire que l'éducation technique est insuffisante. Aussi, dans dans le N° 6 de l'Architecture d'Aujourd'hui, illustré des œu- Discussion sur les problèmes de la colonisation banlieusarde,
son cahier ne se trouve-t-il pas une attaque ouverte contri vres du Maître allemand que nous avions publié1 dans ce même problèmes, qui se trouvent, actuellement, au centre de l'atten-
les académies. Qu'elles écoutent, tout-de-mêmes l'avertisse numéro. tion des milieux intéressés. Articles de Lion et de Paulsen, ré-
ment! dacteurs de la Bauwelt.
THE ARCHITECTURAL FORUM
Décembre 1931: Idées nouvelles pour les écoles modernes- Référât 3: Travaux du patron et de l'entrepreneur pour la
Julius POSENER. préparation et la réalisation des immeubles.
Universités de Great Neck, Normal, San Diego, Danvers, Fair-
port, Wisconsin, Los Angeles, Molile, Bronxville, etc. Pitoyable! Référât 4: La construction de l'ossature métallique pour les
N. B. — L'édition de la Bauwelt a inauguré une expositioi
UN IMPORTANT NUMÉRO DE BAUWELT pédagogique: « Bauen, richtig und falsch », dont le cahier 4i Etudes théoriques sur la composition des plans de maisons immeubles.
d'habitation. Référât 5: Construction, temps nécessité et frais des divers
sert de guide. travaux de construction pour les murs extérieurs en ossature
Parmi les essais, que font partout les revues, et qui tendent D'ans la partie technique, plusieurs études intéressantes.
vers autre chose que le simple reportage, notons le cahier 43 d'acier du secteur I dii lotissement. On a, dans ce lotissement
de la Bauwelt : « Bauen, richtig und falsch. » (Construire, juste
DOM OSIEDLE MIESZKAMÉ expérimental, choisi, nour presque chaque immeuble, un autre
Décembre 1931: Plan d'aménagement de la ville de Kozie- système constructif. Tous ces systèmes sont expliqués en détail
et faux.) LOCH NACH 1HNEN KONlSC
LOCH NACHAUiLEH KOHISCH 6UT
nic. Maisons individuelles à ossature métallique. Meubles mé-
Ce cahier représente un premier pas dans le chemin vers NICHT GENÙGENO SORGENAIJT VORGENASST XLOB-EN VERKEILT
61PÏ 1AHIG EIH6EÏTRICHEN
et comparés dans les référais de Siedler et Hotr.
OIPJ OlCK EIHGEDRUOCT talliques. Décoration. Référât 6: Les constructions en «ossature de briques» (sys-
une école technique de l'architecture. Pour le dire, franche-
ment, tout d'abord, un tel cahier de revue, qui s'occupe exclu- DOMUS tème hollandais) et de béton armé du secteur IV.
sivement des bases les plus élémentaires de la technique des Décembre 1931 : Constructions classiques d'un architecte
constructions, ne devrait pas être nécessaire dans un pays où LOCH NACH INNEN KûNlJCH NICHT LOCH HACH AUUEN KONIBCH IM moderne: quel drôle de titre pour le premier article! Mais pour- DEUTSCHE BAUZEITUNG
GUT VORGENAUT DOLLEN HlT
abondent les ingénieurs diplômés. Tout de même, il faut en- GEHUGENDVCRGENALaT DOLLEN
NICHT VERKEILT HEGELEROCKEH VERKEILT nuoi est-il « moderne ». cet architecte qui construit des pasti-
courager la Bauwelt qui aidera peut-être à combler enfin les ches baroques en série? Ed. Erich Blunck, Berlin, 9 Décembre 1931.
T JAHIGEM «Ri
énormes lacunes de bien des éducations techniques. AuiOCGOiSEN Club sportif à Côme (arch. Lingeri). une des meilleures réa- Caisse d'épargne de la ville de Breslau ; arch. H. Rump, Bre«-
Il n'y a, pour atteindre ce but, qu'un seul chemin: Démon- lisations de la jeune architecture italienne. Intérieurs; déco- lau. Building de dix étages d'un style brutal. Quelques inté-
GIBT FEUtmENOEN
trer, au moyen d'exemples et de contre-exemples la construc- ration. rieurs intéressants.
tion juste et fausse dans les divers rayons primordiaux de Architecture internationale: Hôpital à Berne (arch. Salvis- Urbanisme: Projet pour l'agrandissement de la ville de
toute construction; Maçonnerie,' construction en bois, me- berg). Claviers de couleurs de Le Corbusier, pour « Salubra ». Zagreb (Yougoslavie).
nuiserie, couverture, isolation, revêtement, etc. C'est ce qu'a LOCH UNO OUBEL
KONlBCH UNDHICHTïCWOenAîST
fait la Bauwelt. Dans une série instructive d'articles, intitu- Un OICK EinSESTHlCHEN
lés: «Rohbau»; le bois dans la construction; l'installation; LOCH HIT lAMI.fr.
OiPi GfFÛLLT
les enduits; l'éclairage; enfin, l'esthétique dans la demeure, OÙBEL ClHOtDRÛCKT
UNO OIRS SlATnîESTRlCHEN
elle a expliqué dans certains exemples les procédés qui mènent OIBTESrilTIENDIN
à une construction manquée, et ceux qui, par contre, garan-
tissent une construction solide. Ces exemples sont accompa-
gnés de figures très instructives, dont nous reproduisons quel-
ques-unes. Voici par exemple, dans le cas de l'installation élec- LE DOCUMENT
trique le résultat d'un procédé rigoureusement juste: Tout
y est concentré. Presque rien n'est plus visible: Une petite Revue mensuelle, Bruxelles
boîte, deux conduits, voilà tout ce qu'on voit de l'installation N" 84: Eléments, construction, composition du théâtre, de
électrique pour un immeuble. Regardons, par contre, sur l'au- l'antiquité à nos jours. L'acoustique des salles de concerts,
tre photo, cette masse chaotique de conduits, d'éléments, (Notre revue consacrera une série d'études très (niportante s
d'appareils. C'est le résultat, trop souvent rencontré dans sur ce sujet primordial).
la pratique, d'une installation mal étudiée. L'ingénieur n'a N" 85: Concours pour un projet de théâtre national. L:
pas cherché à coordonner les divers services, à les concentrer Théâtre Pigalle (Siclis). La salle de l'Ecole Normale de Mu
dans une station centrale. sique (Perret). Palais des Beaux-Arts (Horta). Salle de Fête;
La Bauwelt a pourtant bien compris qu'il ne suffit pas de à Lyon (Roux-Spitz).
montrer des résultats, qu'il faut en développer les raisons:
le « comment » et le « pourquoi ». Une autre série de dessins
est accompagnée de textes explicatifs: Votre construction ne BULLETIN DE LA GRANDE MASSE constituent le procédé de fondations le plus rapide,
sera pas étanche, ou pas solide, à cause du mouvement des
bois ou des réactions diverses de deux couches d'enduits sous de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts car ils évitent le délai de fabrication des pieux ordinaires ;
l'influence de la chaleur, etc. Ce dessin est déchiré, et un autre Novembre 1931: Concours de Rome: peinture, sculpture:
dessin accompagné d'un texte aussi pédagogique, démontre Concours Roux: peinture, sculpture, gravure, architecture. Cor- le plus économique, car ils sont fichés chacun à la profondeur strictement
la bonne construction. cours d'architecture, Ire classe: Un parc des sports. Informa- voulue, ne nécessitant ni recépage, ni greffe.
Tout cela, ce n'est, comme nous l'avons dit, qu'un début. tions diverses.
La Bauwelt a montré une tendance pédagogique. Elle a défini, Les pieux Franki appartiennent à cette catégorie de pieux. Us possèdent en outre une
si l'on veut, une sorte de programme d'école technique. Il capacité portante considérable, qui permet de les employer en nombre réduit.
faut continuer ces tentatives. La Bauwelt n'hésite pas à avouer
THE MASTER BUILDER
qu'elle veut agir, par son cahier 43, en faveur d'une réforme Demandez la brochure illustrée N
Décembre 1931 : Nouvelles constructions modernes en An-
scolaire. Le dernier chapitre est intitulé: « Technische Schu- gleterre. L'Académie royale d'art dramatique, à Londres. Mai-
lung », éducation technique, et fait voir quelques planches sons individuelles en Belgique (voir ce numéro, page 43). Caf :
destinées à l'instruction technique, que la « Datsch » a éditées.
en Tchécoslovaquie. Informations techniques. UX|FRANKI 54, rue de Clichy, PARIS, 9'
Mais la «Datsch» aussi n'a fait qu'aborder la tâche, et il fau-
Un spécialiste pour wa fondations Tél. Gut. 61-64, 54-89. Louvre 69-59
dra, en France comme en Allemagne, suivre ces diverses sug-
gestions. LES CAHIERS D'ART
Dans quelques détails, la Bauwelt est allée trop loin. Ainsi,
oo elle a fait d'évidentes erreurs dans le chapitre sur l'esthéti-
que fausse et juste de la demeure. Le bon goût n'est pas une
N" 9-10, Décembre 1931: Souvenirs sur Cézanne. Sculptu-
res malgaches. Revue de la peinture contemporaine. Films so-
OO chose si élémentaire, si simplement définie que la bonne cons-
truction.
viétiques. L'architecture contemporaine en Italie: une très
bonne étude. Divers.
BRUXELLES. AMENAGEMENTS NOUVEAUX blics. Le montant total des subventions d'Etat devant concourir
à encourager la construction de logements prévu pour l'exer-
La capitale belge projette, en dépit du malaise économique cice courant est déjà absorbé. En considération de la situation
actuel, l'élaboration de divers aménagements et travaux impor- précaire des finances de l'Etat, le Gouvernement autrichien
tants, ayant en vue d'une part llixposition qui doit se tenir se trouvera dans l'impossibilité d'accorder ultérieurement des
L'intéressante lettre du grand Massier de l'Ecole à BruxeUes en 1935, et d'autre part le règlement de la situa-
A PROPOS DE LA SOIRÉE DU 14 DÉCEMBRE SALLE PLEYEL subventions de même nature.
des Arts Décoratifs nous parvient au moment où nous tion anormale dont souffre, depuis près de vingt ans, un quar-
Nous avons reçu de M. Storoge, grand Massier de mettons sous presse. Nous nous excusons de ne pou- tier central de la ville. Ce quartier, qui devait voir s'édifier une L'ART ET LE BÉTON ARME
l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, la voir donner immédiatement notre réponse, mais nous gare importante sur la ligne de jonction des chemins de 1er Le Matin du 25 Octobre a publié un article de M. Edmond
INord-lYUdi, a été laissé depuis 1914 dans un lamentable état Campagnac sur l'architecture du béton armé. L'auteur retrace
lettre suivante, que sur sa demande, nous nous faisons pouvons déjà faire savoir que certaines idées nous d'abandon. Aujourd'hui on propose d'y tracer un réseau d'ar- les origines et le rapide développement de la nouvelle cons-
un plaisir d'insérer: . paraissent excellentes. Elles prouvent que la première tères, en liaison avec quelques aménagements urbanistiques. truction, en énumère les principales caractéristiques et les avan-
Monsieur le Directeur, initiative prise par l'Architecture d'Aujourd'hui ré- L'édification de diverses constructions importantes a été suggé- tages qui justifient son développement rapide et considérable.
Permettez-moi de vous présenter, en mon nom per- pondait à une nécessité et qu'il reste maintenant à ti- rée en outre. Plusieurs concours publics sont envisagés pour « C'est l'architecte Auguste Perret, écrit M. Campagnac, qui
résoudre le problème urbamstique et architectural de ce quar- a su prouver toutes les qualités du béton et mettre en évidence
sonnel, quelques remarques ou suggestions, tant à pro- rer profit de l'expérience. tier. toutes les ressources qu'il peut offrir à une architecture sou-
pos de la soirée que vous avez organisée, salle Pleyel, Enfin, un projet d'aménagement de la Gare du Nord vient cieuse non seulement de solidité, mais aussi de beauté... Certes
qu'à l'occasion du récent débat, au Club du Faubourg. UN DÉBAT SUR L'ARCHITECTURE AU CLUB DU FAUBOURG d'être approuvé. Ce travail sera exécuté en vue de l'Exposition Auguste Perret n'est pas arrivé dès la première heure à la com-
Je m'empresse tout d'abord de vous féliciter d'avoir de 1935. plète utilisation logique et rationnelle du béton armé. Lui
compris la nécessité d'organiser des réunions, au cours Nous ne pensions pas qu'une tribune où se débat- LA LU fTE_CONTRE LE_CHOMAGE_EN TCHÉCOSLOVAQUIE aussi a tâtonné avant de parvenir à la création de son chef-
desquelles les grands maîtres de l'Architecture ont la tent le plus souvent des questions politiques ou sociales Bien qu'en Tchécoslovaquie le chômage sévisse dans des d'œuvre, Notre-Dame du Raincy. Sans doute a-t-il évité l'erreur
limites restreintes par rapport aux autres pays de l'Europe de plusieurs architectes qui ont recouvert de brique ou de meu-
possibilité de soutenir leurs thèses. Il y eut salle Pleyel était bien indiquée pour l'exposé particulièrement centrale, et cela en raison de l'heureuse proportion entre l'agri- lière l'armature en ciment armé; mais Auguste Perret lui-
quelques films du plus haut intérêt et des conférences délicat de théories architecturales. culture et l'industrie, ainsi que par suite de l'absence de dettes même, pour éviter la teinte grisâtre redoutée, recourut plusieurs
répondant parfaitement à la grande tâche aue vous Les personnalités les plus qualifiées pour interve- envers l'étranger, le gouvernement se préoccupe de prendre fois à des artifices de décoration. C'est ainsi qu'il recouvrit de
poursuivez. Il y eut malheureusement aussi des films nir en la matière s'étant, en général, récusées, il en des mesures. C'est ainsi que l'Etat, les pays et les communes grès flammés la façade de sa maison de la rue Franklin et que,
est résulté des discussions d'une intellectualité plu- ont, d'un commun accord, dressé un programme capable de plus tard, il utilisa le marbre sur la façade du théâtre des
dont le but publicitaire était trop évident. Enfin, l'un contrebalancer elficacement le chômage. Dans le cadre de ce Champs-Elysées. Ces hésitations sont aujourd'hui vaincues et
des conférenciers prévu au programme comme simple tôt sommaire et le débat finit par sombrer dans la pla- programme, il est intéressant de signaler que la Ville de Prague c'est, désormais, le ciment seul qui apparaît à Notre-Dame du
« speaker » crut devoir déborder le rôle qui paraissait titude et l'incohérence. a trouvé une nouvelle forme pour la construction de logements: Raincy. Ici aucune concession au souci de décoration extérieu-
lui avoir été attribué. Pour des raisons dont mes cama- H y avait beaucoup mieux à dire pour et même un « Conseil d'administration en laveur du logement », auquel re... Le béton est autre chose qu'une armature: il répond à tous
adhère également la Municipalité de Prague, construira de son les besoins: colonnes, voûtes, clocher, balustrades, encadre-
rades des diverses écoles sont seuls juges, une obstruc- contre l'architecture moderne.
propre chef des logements B. M., se chargera de l'administra- ment des fenêtres; à l'extérieur comme à l'intérieur, tout est
tion systématique fut organisée contre ce conféren- Mais pour cela il aurait fallu une autre atmosphère tion de ces immeubles, et, une fois qu'ils seront amortis, les béton, béton sans revêtement, à l'état brut».
cier qui ne paraissait pas qualifié pour prendre aussi aue celle de cette réunion. remettra à la municipalité comme sa propriété. La Ville de « Dans une de ses envolées poétiques dont il était coutumier,
longuement la parole dans le cadre d'une telle soirée. Prague ne fera que donner l'autorisation de construire et pro- Antoine Bourdelle disait un jour: La bâtisse romane est à la fois
A la suite de cette réunion et à cause des incidents A PROPOS DU PALAIS DES NATIONS curer l'hypothèque de troisième rang. Cette année encore, on calcul et rêve; dans la loi de cet art, l'initié peut reposer sa foi
entreprendra dans les quartiers de Pankrac, de Vysocan et de sur des assises de raison. Cette parole s'applique à merveille à
relatés plus haut, M. Léo Poldès crut devoir instituer Prague VII, la construction d'importants groupes de maisons. l'art d'un Auguste Perret. Son œuvre, en effet, est, elle aussi
Nous avons reçu de M. Josenh Vago la lettre sui-
au Club du Faubourg, un débat sur l'Architecture La Ville a prévu pour 1932 une somme de 40 millions de fr. faite de calcul et de rêve, puisqu'il la réalise en artiste, après
vante que celui-ci nous demande d'insérer:
Moderne. Ce fut une soirée assez pénible. Une bonne environ, destinée à la construction de logements, et pourra l'avoir conçue en ingénieur ».
A nleins poumons. M. Le Corbusier a claironné à ainsi, si elle ne participe qu'à l'hypothèque de troisième rang, (« L'Architecture d'Aujourd'hui » publiera, dans son numéro
partie du public était composée de propriétaires et lo-
tous les vents l'acusation, contre moi (et contre mes réaliser un programme dix fois plus étendu que l'actuel. Le de Février prochain, une importante étude sur l'œuvre d'Au-
cataires venus pour entendre un tout autre débat. Mais nouveau Conseil municipal décidera de ce programme. D'autre
4 confrères à Genève', de plagiat de son projet pour guste Perret).
surtout, la question était mal posée: Pour ou contre part, l'hôpital général de la Ville de Prague sera réfectionné
le Palais de la S. D. N. LA PEINTURE EN 1932
l'Architecture Moderne! Et puis, j'avoue aue j'aurais et complété par des annexes disposées selon le système à pavil-
J'ai prouvé, noint par point, au'il a toujours dit lons. Les frais en sont évaués à 90 millions de francs. A Prague- Nous extrayons de la publicité d'un grand magasin, entre
préféré un tout autre défenseur que M. Raymond Fis-
le contraire de la vérité, sans au'il ait pu démentir un Ruzyn, sera construit un nouvel aéroport, dont les frais s'élè- un balai et des savons, dans le rayon à 20 francs, une annonce
cher, et cela, sans vouloir faire intervenir ici des ques-
seul de mes arguments. Furieux de se voir ainsi dé- veront à 54 millions de francs. Mentionnons encore la cons- relative sans doute à une toile de Quelque maître inconnu.
tions de personnes. truction d'une grande halle au marché, chauffante, avec ser-
masaué et ne pouvant pas réfuter mes preuves, il
Les accusateurs convoqués comme contradicteurs vices gastronomiques et installations de réfrigération.
lance contre mes autres travaux (oui n'ont rien à voir La facilité constante du marché tchécoslovaque de l'argent
étaient les élèves de l'Ecole des Beaux-Arts, mais ils
dans cette affaire), un tas de grossièretés, dont son est certainement un facteur très favorable de soutien pour l'ac-
se récusèrent avec juste raison.
vocabulaire est si richement pourvu. tivité de la construction, non seulement du fait du gouverne-
Beaucoup d'orateurs prirent la parole, mais jamais ment, telle que nous venons de la décrire, mais aussi du fait
M. lie Corbusier fait un effort pitovable pour jus-
une réunion ne fît apparaître un plus grand désordre de l'initiative privée.
tifier l'emnlacement de son Palais dans la fosse, au
d'idées. On eut par moment l'impression que les con- Un fait de réelle importance pour l'activité de la construc-
bord poétiaue de la lisme de chemin de fer. Il vou- tion en Tchécoslovaquie est représenté par sa dépendance des
férenciers avaient bien mal compris les articles et ou-
drait couvrir le chemin de fer nar un tunnel- déblaver

S
prix des matériaux de construction qui, déjà l'année passée,
vrages des chefs d'école. On parla beaucoup d'archi-
tecture moderne, mais personne ne sut définir ce qu'il
le haut et remblavfr le bas de la coHine. Les ar.°ni- avaient baissé quelque peu. Le prix du bois a baissé de 50 pour
100, celui du fer de 10 pour 100 et celui des briques a fléchi
co Tableau véritable peinture
fallait entendre par là. On se jeta des noms à la fleure, ments technmues lui sont hostiles. Je le regrette vive- paysages varies encadré, jolie ba-
également.
mais était-ce pour cela qu'on avait dérangé tant de ment pour lui. On voit donc nettement que le gouvernement est aidé dans guette dorée 6 cm. de Large. 35 y 45.
Joseph VAGO.
monde? La fin du débat dégénéra du reste en un va- son action contre le chômage par des facteurs favorables de
premier ordre, de sorte qu'en Tchécoslovaquie l'Industrie du BN Balai soies grises extra N° 14
carme général. M. Le Corbusier, auquel nous avons communiqué Bâtiment est encore l'une des plus prospères. Il est intéressant avec protecteurs cuir.
Malgré toute la sympathie que je porte au Club du
Faubourg et à son actif Directeur Léo Poldès, je dois
cette note de M. J. Vago, en a simplement pris acte. de la comparer avec la situation de cette même industrie en
Autriche et en Allemagne. (Le Bâtiment).
BN Savon noir Par seau 5 kg.
avouer que cette tribune ne convenait pas à un débat REMERCIEMENTS L'INDUSTRIE DU BATIMENT EN EUROPE
sur l'Architecture. Malgré le nombre énorme des chômeurs et malgré la dimi- CONCOURS (VILLE DE LYON)
« L'Architecture d'Aujourd'hui » remercie les -personnes où
Pour conclure et essayer de tirer un enseignement sociétés oui ont bien voulu lui apporter largement leur con- nution importante de l'exportation et la crise de production Concours en vue de l'établissement d'une communication
de ces réunions, je crois devoir vous faire la suggestion cours pour la réalisation d«;s films projetés Salle Pleyel, et en qui en est la conséquence, l'activité de la construction s'est permanente entre le Parc de la Tête d'Or et l'île des Cygnes,
suivante, espérant être l'interprète de nombreux ca- narticulier: A Paris: M. Labouret, Entreprise Guilmoto. M. maintenue en Angleterre. Il est vrai que la construction de pour accéder au Monument aux Morts.
marades des diverses écoles d'architecture: Bellevaux, Ets. Paz et Silva, Application moderne de la glace, fabriques, de bureaux et de magasins a diminué consirérable- Les concurrents auront toute liberté pour présenter un pro-
Entreprise Maxime Bateau. M. Renard, M. Corbassière, MM. ment, et continue à diminuer, mais, par contre, l'activité de la jet de leur choix, à l'exclusion du passage au moyen de bacs,
Ne pensez-vous pas qu'il serait souhaitable qu'une construction consacrée aux logements, ayant en partie été sub- et des dispositions devront permettre d'organiser le sens uni-
Pigache et Meilhan, M. Horel, Kula Frères, M. Ringuet. Ets.
série de conférences soient faites par les architectes Jomain, Ets. Grammont, Ets. Borderel et Robert, Maison Feist, ventionnée par les autorités, et qui vers le milieu de l'année que, quel que soit le moyen de communication envisagé.
représentant réellement les tendances actuelles. Les M. Vialatoux, M. Soûle, Entreprise Féron, M. Jean Perzel, M. 1930 avait atteint son point culminant, ne s'est trouvée que Le concours sera doté des prix suivants:
Associations des Elèves des trois grandes écoles pour- Vanaret. Les Carrelages de Paris, M. Piollet, MM. Pradeau et fort peu touchée. En somme, la situation de l'indusrie du Projet classe N" 1: Exécution ou prime de 15.000 francs;
Morin, M. Divorne, M. Szetlak, Ets. Simpere. Société M. P. G., Bâtiment en Angleterre n'est pas défavorable en ce moment. Projet classe N" 2: Prime de 10.000 francs;
raient prêter leur concours. Elles garantiraient Forrh-fl L'industrie des matériaux de construction est assez bien occu- Projet classe N" 3: Prime de 5.000 francs.
Stores Baumann, M. Guinet, Ascenseurs Roux-Combaluzier,
et la disciuline. Les entrées seraient payantes et le bé- Chauffage Nessi Frères, M. Borderel, Ascenseurs Edoux Samain, pée, des usines fermées sont remises en service, et même des Les projets primés resteront la propriété de la ville, qui
néfice qui pourrait en résulter après paiement des M. Labesse, M. Narcisse Peignen. Milde et Cie, MM. Devilaine équipes de nuit sont quelquefois jugées nécessaires. Avant pourra les utiliser à son gré.
frais d'organisation serait versé aux caisses de secours et Rongé, M. Hagenauer, MM. Didier des Gâchons et Ravel, tout, c'est l'administration anglaise de l'instruction publique Le programme du concours est déposé à l'Hôtel-de-Ville
Ets. Anconetti, M. Paris, Ascenseurs C. A. M. E. E., Cie Fran- qui développe une activité de construction très intense. Envi- (6""> bureau) et au Service des Cultures, au Parc de la Tête
des écoles. ron 250 autorités locales compétentes pour l'instruction pu- d'Or, où les concurrents pourront en prendre connaissance.
çaise des conduites d'eau, Entreprise Asp, Entreprise Grasset,
Si vous pensez que ma suggestion vaut d'être rete- Menuiserie métallique Dousse, L'Art du bois, Ets. Lagesse et blique ont donné des autorisations de construction pour une En outre, tous renseignements pourront leur être fournis par
nue, je pense, Monsieur le Directeur, que vous pour- Neymark. C. A. T.. Chaleur et Froid, Les Châssis M. T., La valeur totale d'environ 11 millions de livres sterlings. M. le Directeur de ce Service.
riez utilement mettre votre belle Revue au service de Shell, L'Entreprise Rouzaud, La Maison Isotherme, Les Pieux Grave situation de l'Industrie du Bâtiment en Autriche Les projets devront parvenir à la Mairie de Lyon (6"'" bu-
Froté, l'Entreprise Limousin, Viacroze S. A., La Fenêtre au- La dépression économique mondiale a pris une forme catas- reau) oit plus tard, le 1er février 1932, à 17 heures.
cette idée. Vous trouveriez certainement les plus lar-
tomatique; A Lyon: M. André Boyer, M. Paquier Sarrazin, M. trophique pour l'activité de la construction en Autriche, de
ges concours, tant auprès des architectes que des élè- sorte que la situation est devenue, dans ce pays, plus grave DEMANDE D'EMPLOI
Chambefort, MM. Charreyre et Cie, M. Batime, MM. Meyerie et
ves. Cigon, Ascenseurs Gervais S. A., MM. Soly et Ledieu, Soly et que dans n'importe quel autre de l'Europe Centrale. Du côté Jeune architecte E. A. D. et E. T. P. - 25 ans pr. chantier
Henri A. STOROGE. Cie, Société l'Asphalte, MM. Bret Frères, M. B. Pontille, privé, l'activité de la construction est à peu près complètement ou cabinet - sérieuses références, libre de suite. Gabriel Leroux,
arrêtée et la situation s'étend maintenant aux organismes pu- 82, rue des 3 Frères, Paris (18"").
Il I II LlOU Il Al'H11 ISOLATION THERMIQUE DES
LE MEMAC plans de Muthesius, où il cherchait à effectuer une synthèse
entre le confort anglais et le charme du classicisme à la Os-
Mémento et Actualités de l'Architecture Moderne, par Ch.
Ed. Sée. Prix: 45 francs.
Edité pour la Construction moderne, Paris. Sujets. traités:
tendorff. L'œuvre de Muehlstein et Fuerth, qui exprime le plus
clairement cet esprit, c'est la villa ICress, construite en 1923.
Les architectes auraient pu développer la méthode de compo-
BATIMENTS
fouille et terrassement; fondations; résistance des matériaux;
éléments de la construction; matériaux employés; terrasses; sition, qu'ils avaient réalisée dans ce charmant travail. Malheu-
reusement, l'influence du style moderne se fit sensible trop su-
PAR L C H A RjP ENTIER
couvertures; béton translucide et verre armé; peintures; me-
nuiseries; eau, gaz, électricité; aménagements divers; installa- bitement à Prague, et ces deux artistes, au fond d'un tempéra- INGÉNIEUR CIVIL DES MINES
tions sanitaires; chauffage; ventilation, réfrigération, isolement ment très tranquille, n'ont pas toujours pu résister aux séduc-
acoustique; etc. Ouvrage intéressant et très utile. tions de la « composition dynamique ». Tous ces travaux man
quent un peu de style. Mais il y en a d'autres, où l'on sent, Nous allons publier au cours de trois de nos numéros une étude extrêmement complète sur une question
LADENMOBEL sous le masque d'un corbusianisme intégral, l'esprit aimable, qui intéresse sans aucun doute au plus haut point tous les architectes et les techniciens du bâtiment, celle de
(Meubles de boutiques) bourgeois de ces artistes. l'isolation des bâtiments. Nous espérons que la grande compétence de l'auteur et la clarté de son exposé seront
par Hans A. Bader. Un volume de 70 pages avec 168 dessins
techniques. Editions Julius Hoffmann, Stuttgart. C'est le dixiè- des guides sûrs pour tous ceux qui ont besoin d'étudier les questions d'isolation. Voici dans quel ordre seront
me volume de la collection « Baubuecher ». Une publication LOIS WELZENBACHER. LANDHAUS. MIETHAUS présentés les principaux chapitres: Introduction — Les matériaux de construction — Les lames d'air — Essais
intéressante, soigneusement éditée, pour ceux qui s'occupenï SIEDLUNG. K1RCHE sur lames d'air — Pouvoir isolant des matériaux de construction — Conclusion — Références.
de meubles modernes. Par Guido Harbers, Munich. Ed. Callwey. Prix (port, en sus];
7 RM 50.
RATIONELLE BEBAUNGSWEISEN Harbers a pris l'œuvre de son architecte préféré, pour dé I - INTRODUCTION
JRapports du Congrès international de Bruxelles, édités par
Englert et Schlosser, Francfort. Prix: RM 9.50. montrer, par l'exemple de ses travaux, les principes de la corn
Sommaire: Introduction, par S. Giedion. Prix de revient des position architecturale. Il commence avec un tout petit pavillon La science de l'isolation thermique consiste en l'étu- nent puisque la mise en régime étant faite, on ne de-
dont il fait une analyse très instructive des proportions et il
constructions de 2 à 12 étages, rapport de MM. Boehm et Kauf-
finit par le plan «Nouveau Marseille», énorme projet urba
de du passage du flux calorifique à travers les maté- mande aux calorifères que de fournir uniquement la
mann (Francfort). Maisons basses, moyennes ou hautes? (Gro- riaux, et en l'étude de la résistance qu'ils offrent à ce quantité de chaleur qui s'échappe à travers les parois.
pius). Le parcellement du sol des villes (Le Corbusier). Mai- niste pour la « Panropa » de Soergel. L'œuvre de Welzenbacher
sons basses, moyennes, hautes (Neutra). La maison minimum en effet, est tellement riche, qu'on peut très bien la choisi passage. La quantité de charbon que l'on brûlera dans la chau-
(K. Teige, Prague). Conclusions du Congrès au sujet de ces pour de telles analyses. Welzenbacher est virtuose, d'une lé Les différents corps se comportent différemment dière sera donc fonction de la déperdition calorifique
questions. — 75 pages de texte et 56 documents, de tous les gèreté, vitesse, concentration de conception, qui restent toujour suivant leurs propriétés physiques. Les métaux, le de l'ensemble. Toutefois dans le calcul de l'installation
pays. admirables. Toujours, il est plein d'esprit, parfois même, trot
plein d'esprit. marbre paraissent froids au toucher, parce qu'ils en- de chauffage il faudra prévoir une surpuissance qui
Nous rappelons que nous avons publié les principaux rapports
dans le numéro 3 de l'Architecture d'Aujourd'hui.
lèvent par seconde une grande quantité de chaleur à peut être assez importante pour les mises en régime.
L'ARCHITECTURE BAROQUE EN ITALIE la main, quantité de chaleur qui se disperse dans la La conduction calorifique a été ces temps derniers
NEUES BAUEN UND WOHNEN par Corrado Ricci masse et s'écoule rapidement sans élever sa tempéra- l'objet d'éudes très poussées et dans les différents pays
Editeur: Librairie, Gruend, Paris; Un ouvrage soigneusement
Travaux des architectes MUEHLSTEIN et FUERTH, Prague.
édité, richement illustré. 280 pages, avec plus de 300 illustr,
ture. Ce sont les bons conducteurs. Du bois parait des Laboratoires ont étudié les différents corps à ce
Ed. Gustav E. W. Konrad, Berlin-Vienne moins froid parce que la chaleur enlevée s'écoule peu point de vue.
Ce sont les travaux (surtout des hôtels particuliers et des EDIFICES DE ROME MODERNE
appartements) de deux architectes, qui se servent de formes
rapidement. Ce sont les mauvais conducteurs. Ces principaux Laboratoires qu'il est utile de nom-
Le célèbre ouvrage de Letartouilly vient de paraître en An
modernes, mais qui ont, tout de même, un fort penchant pour gleterre, par les éditions John Tiranti et C°, 13 Maple Street Deux corps à des températures différentes, sous- mer sont les suivants:
le classicisme décoratif des dernières années d'avant-guerre. Tottenham Court Road, W. r., Londres. Six volumes, 354 plan traits à l'influence d'une source de chaleur et mis en Le Laboratoire d'Essais des Arts et Métiers de Fran-
Leurs plans et leurs intérieurs respirent l'esprit de ces derniers ches merveilleusement éditées. contact sur un ou plusieurs points vont au bout d'un ce;
temps plus ou moins long trouver un état d'équilibre. Le Laboratoire de la ville de Copenhague et le Labo-
Le corps chaud se refroidira. Le corps froid se ré- ratoire de l'Institut Technique de Copenhague au Da-
chauffera. Il y a passage de la chaleur du premier au nemark.
LES LUMINAIRES second.
Dans un même corps la chaleur va passer des par-
Le Laboratoire de Physique de Charlottenbourg et
l'office de recherches pour le calorifugeage de Munich
ties chaudes aux parties froides de la même manière. en Allemagne.
DE JEAN PERZEL Les molécules chaudes transmettent une partie de la
chaleur aux molécules froides. C'est le phénomène de
Le Laboratoire National de physique de Teddington
en Angleterre.
la conduction calorifique. Le Laboratoire de recherches pour la chaleur
Dans un corps en contact avec une source chaude et d'Utrech en Hollande.
plongé dans une ambiance froide, un mur d'habitation Le Laboratoire Technologique de Vienne en Autri-
par exemple soumis d'un côté à la chaleur de l'air che.
intérieur due au chauffage, et dont la surface extérieu- Le Laboratoire de l'Ecole technique de Trondhjein
Nous attirons aujourd'hui l'attention de nos re est en contact avec l'air froid de l'hiver, que va-t-il en Norvège.
lecteurs sur une nouvelle création remarquable se passer. Les molécules en contact avec la partie chau- Le Laboratoire du bureau des Etats-Unis à Washing-
de vont s'échauffer et augmenter de température, mais ton et celui de VAssociation des Ingénieurs de chauf-
de M. Jean Perzel que nous reproduisons ci- les molécules voisines prendront elles-mêmes une par- fage et ventilation de New-York.
tie de cette chaleur et s'échaufferont et ainsi de suite. L'Université de l'Illinois et de Minneapolis aux
contre. Au début de l'échauffement toute la chaleur fournie Etats-Unis.
ne s'écoulera pas à travers les murs. Une grande partie Le Laboratoire de l'Ecole Technique de Stockolm
H s'agit d'une table lumineuse entièrement va rester à l'intérieur du corps pour augmenter la en Suède.
température de ses différents points. C'est la mise en Le Laboratoire fédéral de Zurich et celui de la
exécutée en métal et en verre. La lumière se
régime. La quantité de chaleur nécessaire à la mise Suisse Romande de Lausanne pour la Suisse.
trouve dans le pied, elle monte et s'irradie sut en régime est très importante. Ce phénomène a été Ces différents organismes ont publié leurs essais
étudié par Messieurs NESSI et NISOLLE dans leurs et nous ne manquons certes pas d'éléments de com-
la table. Cet éclairage semi-indirect est très doux ouvrages sur les Régimes variables de fonctionnement paraison.
accusant très peu les plans et les ombres. dans les installations de chauffage central, et Méthodes Tous sont outillés pour classer les matériaux recher-
graphiques pour l'étude des installations de chauffage chant pour chacun d'eux leur coefficient de conduc-
et de réfrigération en régime discontinu. tibilité.
Très agréable, il sied particulièrement aux Ce coefficient de conductibilité est la quantité de
Quand l'équilibre est établi, la chaleur passe sans
jolies femmes et complète l'ameublement mo- demeurer. Elle s'écoule de la paroi chaude à la paroi chaleur exprimée en calorie qui traverse pour con-
froide de telle façon qu'en deux plans parallèles aux duction une dalle de 1 m: de surface et de 1 mètre
derne par la. note intime qu'il apporte. faces du mur et situé à l'intérieur de celui-ci, il passe d'épaisseur pendant une heure, les deux surfaces étant
au même instant et par unité de temps la même quan- maintenues à des températures différentes de un degré
tité de chaleur. C'est le régime permanent. centigrade entre elles.
Il est très utile au point de vue construction de con- Ce coefficient de conductibilité différencie les diffé-
naître cette quantité de chaleur qui traverse un mur rents corps entre eux, et à qualités égales les corps les
construit en matériaux déterminés en régime perma- plus avantageux sont ceux qui ont le coefficient de
Jean PERZEL, 3, rue de la Cité Universitaire
conductibilité le plus bas. Nous disons bien à qualités Bétons légers, densité apparente 0,300 kg au m3, Cette croissance pour les matériaux de construction
béton, briques pleines ou creuses, bois, parpaings coefficient de C 0,05 à 0,07.
égales car il faut en plus du coefficient de conducti- creux, lames d'air, etc.. est loin d'être linéaire, elle augmente rapidement avec
bilité s'assurer de sa constance pour l'emploi que l'on C'est une première règle générale: Les différents la densité apparente.
Le Professeur BRUGGE a publié les résulats d'une matériaux de construction se différencient entre eux
veut faire d'un matériau déterminé. soixantaine d'essais faits sur 24 maisonnettes construi- Les laines végétales et minérales, les produits gru-
Certains des laboratoires, ci-dessus mentionnés, ont au point de vue conductibilité par leur densité appa- meleux et pulvérulents qui tiennent leurs pouvoirs
tes avec des matériaux différents.
vu plus grand et mieux. Parallèlement aux essais pour rente. Les plus lourds sont les moins isolants, les isolants, comme tous les corps, de l'air inclus, ont un
Le Laboratoire de la Suisse Romande a publié quel- plus légers étant les plus isolants.
déterminer la valeur intrinsègue d'un matériau, ils ques essais sur mur en béton, en briques pleines et coefficient de conductibilité croissant avec leur den-
ont monté des stations capables de mesurer les dé- C'est l'air inclus qui leur donne leur pouvoir iso- sité, c'est-à-dire avec le tassement. Il est difficile pra-
creuses avec ou sans matelas d'air. Enfin il est bon lant.
perditions calorifiques sur murs déterminés avec leurs d'ajouter les essais de W. MULL et H. REIHNER tiquement de compter sur eux car des tassements très
joints, produits, chapes, etc. Ces essais ont au point de L'Office des recherches de Munich a classé les maté- importants peuvent avoir lieu qui diminuent forte-
sur les matelas d'air faits récemment en Allemagne et riaux de construction en fonction du volume total
vue pratique une valeur toute autre que les essais sur ceux du Professeur H. Schoentjes faits à Gand sur les ment leur pouvoir isolant.
petits éléments. des pores en pourcentage.
fenêtres simples et doubles vitres et sur les portes et
Nous citerons parmi ces laboratoires: Nous avons vu que le poids spécifique des parties
parois en bois.
L'Office de recherches pour le calorifugeage de Mu- solides des matériaux de construction était de l'ordre Variation du cœFFicient de conductibilité en Fonction
Le mieux, sans aucun cloute, serait de déterminer la de 2.600 kg au m3.
nich. déperdition calorifique d'un mur ou d'un élément
Dans ces conditions nous pouvons écrire que le sYo de la densité d'après Kreuqen
Le Laboratoire de l'Ecole Technique de Stockolm d'immeuble après la construction de celui-ci. Des
dont l'animateur est le professeur KREUGER. volume des pores des différents matériaux sont:
essais dans ce sens existent. Le Professeur Henky de Densité apparente Volume des pores en %
Le Laboratoire de l'Ecole Technique de Trondjen Munich a, le premier, conçu un calorifluxmètre qui
avec le Professeur Brugge et de Professeur Dr A. 2.000 23,1
lui a permis de déceler cette déperdition. Le Profes-
WATZINGER. 1.500 42,8
seur Dr. G. Hofbauer de Vienne a eu le mérite de nous 1.000 61,6
Les Professeurs J. T. LVNDBYE et JACOBSEN de donner un calorifluxmètre beaucoup plus sensible
Copenhague. 800 69,2
d'où des mesures pratiquement exactes.
Le Laboratoire de la Suisse Romande de Lausanne 500 80,5
11 est à souhaiter qu'en France on se livre à de telles
avec le Professeur A. DUMAS. 300 89
études et que des appareils précis permettent de con- 200 92,3
L'Office des recherches pour le calorifugeage de trôler les déperditions calorifiques à travers les pa-
Munich a publié sept essais sur mur en briques, mur La courbe ci-dessous donne le coefficient de con-
rois. Ces essais permettront d'obtenir des garanties sé- ductibilité moyen des différents matériaux en fonc-
de scorie, mur avec matelas d'air, etc.. Les études rieuses et de les vérifier. Nous croyons pouvoir dire
d'Henky de Jacob Nusselt Camerer Knoblauch tion du volume des pores en pourcentage à la tempéra-
que ces essais seront très prochainement entrepris.
Schmidt Grôber Raisch Reiher, etc., dégagent le pro- ture de 20° centigrades.
De ces multiples essais, il nous est possible de tirer
blème. des lois générales quant à la valeur des différents ma- 0,5
Le Professeur KREUGER a publié les résultats de tériaux et des différents modes de construction. C'est \ Points d'essais de
122 essais de murs simples ou composés différents en ce que nous allons exposer dans ce qui suit. \
o.z o.t- as as io iz /.<- 1.6 ii en
Cent de Rech.p.ÛKii
Eœffîcienb de conduct^
*Lab.d.Pf7ji. bechn. F,g.2

\
0*
Il - LES MATÉRIAUX DE- C O N ST R U C TI O N EN GÉNÉRAL \

X
Ceci explique le phénomène suivant que l'on ren-
L'Office des recherches pour le calorifugeage de La différence entre la densité absolue et la densité contre fréquemment en montagne. Après la chute des
Munich qui comme tous les laboratoires s'occupant de

X
apparente représente le poids manquant de matière. Si neiges le toit est fortement calorifugé. La température
la question a trouvé que le coefficient de conducti- nous divisons le poids manquant de matière par la 0,3 intérieure monte rapidement et augmente en fonction
\
bilité des différents corps pierreux utilisés dans la densité absolue de celle-ci nous avons le volume des \
de l'épaisseur de la neige et de sa légèreté. Cette cha-
construction était fonction de la densité apparente vides. Le mot vide est impropre, c'est cellules d'air 7X «3 leur provoque la fonte. L'eau détériore l'intérieur du

X
--s \ \
2

!
de ces corps. On sait que le béton plein est moins iso- qu'il faudrait dire. Et en effet, si nous regardons à la bâtiment. Le remède est l'isolation thermique des com-
lant qu'un mur de meulière qui lui même, est moins loupe les différents corps nous voyons que de fines bles qui permettrait une chute de température suffi-
isolant qu'un mur de briques pleines, moins isolant cellules d'air sont réparties dans la masse. Pour les \ sante pour empêcher cette fonte.
qu'un mur de mâchefer, etc., etc.. scories ou les laitiers à texture caverneuse comme Si nous prenons les bétons par exemple, nous pos-
L'Office des recherches a déterminé la densité ab- pour la pierre ponce à présentation cellulaire les cel- 4- sédons un grand nombre de points de la courbe. Ces
solue de ces différents corps et leur densité apparente. lules se voient à l'œil nu. Pour d'autres au contraire, S points, ce qui est intéressant, proviennent des mesures
Les éprouvettes furent pulvérisées, séchées et pesées. comme les pierres ou certain béton compact, il fau- faites dans différents pays. L'allure de cette courbe
Leur volume fut déterminé sous l'eau. Dans ces con- drait faire usage du microscope. C'est la présence de 0.1 ressemble à celle de la courbe générale.
•A
ditions l'office des recherches a trouvé que tous les l'air dans la masse qui donne donc les différences
corps pierreux avaient approximativement la même marquées de poids des différents matériaux de cons- 1.6
densité absolue et que cette densité était de l'ordre I.S F ■j/nis d'ex oen/e tces
tructions. c''
de 2.600 kg par m3 et ceci pour une série de corps /.<*
Labo. =ato/. »é> dt s A\ ts et /□
Ces différents corps ont des coefficients de conducti- ®
dont les densités apparentes variaient de 400 kg au m3 I.S
Pro. euqe r> de Stot m.
bilité qui varient en fonction de leur densité appa- 40 60 80 100 1.2 X —x—
pour les briques de diatomites à 2.200 kgs au m3 pour rente. /o/umes des Pores en % sa o Lab ir*at ?//*<? de Ai i/n/ct
1.1
le béton de gravier. □ Unh ■ersi, W Wmà is
Voici les résultats de quelques essais : On peut, en prenant les chiffres donnés par les dif-
férents laboratoires de recherches qui sont d'ailleurs lia nation du C.C.C. des matériaux de constr. 1 10
03
Béton de gravier densité absolue 2.600 kg au m3,
densité apparente 2.200. très concordants, admettre les chiffres suivants:
et des isolants, d 20'C. en fonction du
I OS
07
<"/
>

Pierre de Limon densité absolue 2.520 kg au m3, Béton de gravier, densité apparente 2.200 kg. au 06
X

densité apparente 1.700. m3 coefficient de C 1,2. volume des pores. OS


s*
Briques de grande porosité, densité absolue 2.570 Pierre calcaire, densité apparente 2.200 kg. au m3, -3
Oit
0
kg. au m3, densité apparente 800. coefficient de C 1,00. Cette loi est très générale et ne s'applique pas seu- 0.3
Pierre calcaire, densité absolue 2.600 kg. au m3,
densité apparente 2.000.
Briques de laitier, densité absolue 2.550 kg. au m3,
Sable siliceux, densité apparente 1.800 kg. au ms,
coefficient de C 0,95.
Béton de scorie, densité apparente 1.200 kg. au m3,
lement aux matériaux de construction, mais aussi-
à tous les calorifuges. Le coefficient de conductibilité
croît avec la densité.
La neige par exemple, fraîchement tombée est un
! 0.2
0.1

densité apparente 700. coefficient de C 0,30. Densités


Béton de scorie, densité absolue 2.400 kg. au m3, excellent isolant, mais son pouvoir isolant diminue au fy-3
Béton ponce, densité apparente 1.100 kg au m3,
densité apparente 1.200. coefficient de C 0,23. fur et à mesure qu'elle se tasse. D'après Camerer
Sable siliceux, densité abolue 2.520 kg. au m3, den- les coefficients de conductibilité sont les suivants:
Briques de grande porosité, densité apparente On voit donc que les matériaux de construction
sité apparente 1.800. 0,800 kg. au m3, coefficient de C 0,20. Poids spécifique kg. 100 '200 300 500 900 sont d'autant plus isolants qu'ils contiennent plus
Briques de diatomite, densité absolue 2.560 kg. au Briques de diatomite, densité apparente 0,400 kg. d'air, c'est-à-dire qu'ils sont plus légers. Notons que
m3, densité apparente 400. Coefficient de conduc- leur résistance mécanique est fonction de leur compa-
au m3, coefficient de C 0,08 à 0,09.
tibilité 0,04 009 0,20 0 55 1,90 cité, et varie inversement au pouvoir isolant. Les deux
problèmes de résistance des matériaux et de l'isola-
tion thermique sont donc nettement opposés et com-
plémentaires. C'est un principe général. Courbe de coefficient de conductibditè des brigues
Faut-il choisir des matériaux un peu résistants et en Fonction de /a dens/ùe d'après Kreuçer.
encore suffisamment isolants que pour avoir des ma-
tériaux portants? Nous répondrons catégoriquement 2M

que non! C'est une solution bâtarde qui n'a aucun


avantage, et qui n'a que des inconvénients. La résis- ^^
tance est limitée et en construction on doit se tenir 2.0
8
assez loin des limites et l'isolation est précaire car elle
est sujette à des variations importantes que nous étu- 1.6
dierons par la suite.
Mieux vaut, comme la logique le conseille, marier 1.6 // 2
''
adroitement des corps résistants à des corps très iso- '/ lo

lants. La technique moderne de la construction offre I


suffisamment de solutions pour que l'Architecte et
l'Ingénieur soient pris à court. 1.2
//t
Nous venons de voir que l'air et un plus ou moins 1/ Il

grand pourcentage donnent leur pouvoir isolant aux 1.0


0.1 02 03 04 OS 0.6 0.7 0.8 OO 1.0 1.1
matériaux. Mais sous quelle forme l'air doit-il être
utilisé. Nous pourrions nous faire une idée très nette Cœffic/ent de condvcé/b/7/té
de cette question en étudiant les propriétés thermiques
des matelas d'air.
(A suivre)

L'agrément de l'éclairage indirect n'est plus à démontrer. Le réaliser


par des appareils esthétiques s'adaptant aux ensembles les plus divers.
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La construction moderne est caractérisée par un large emploi sous des PAR
formes diverses d'éléments d'acier. Une des principales difficultés de l'uti-
A. G O E L Z E R
lisation de l'acier réside dans la jonction des différentes pièces métalliques
entre elles pour constituer une ossature résistante. Ce point de vue prend
une importance considérable en pratique.
C'est ainsi que si l'on désire utiliser l'acier sous forme de barres rondes,
le béton armé apparaît actuellement comme le meilleur procédé, non pas
pour la constitution des pièces, mais pour la liaison des barres entre elles.
Le béton permet de transmettre très facilement les efforts d'une barre
d'acier à une autre en prévoyant des recouvrements convenables. Ce fait
explique en partie le succès de ce matériau et son grand développement.
La jonction des pièces est réalisée pour ainsi dire automatiquement et d'une
manière uniforme par l'enrobement dans du béton, et ne nécessite pas la
résolution de problèmes particuliers pour chaque assemblage.
L'emploi de l'acier seul comme élément de résistance dans une cons-
truction pose immédiatement, au contraire, une foule de problèmes d'as-
îemblages, soit que l'on veuille constituer des pièces composées à l'aide
rie tôles et divers profilés, soit assembler entre elles les diverses pièces de
la construction. Cette préoccupation de pouvoir disposer d'un moyen de
jonction uniforme et immédiatement applicable à tous les cas qui peuvent
se présenter, conduit à l'emploi de boulons, ou à la méthode du rivetage,
mode d'assemblage des métaux par rivets. Ce procédé a dû certainement
être inspiré à l'origine par l'habitude d'assembler le bois à l'aide de tiges
métalliques, clous ou vis, enfoncées à force, normalement aux surfaces des
pièces à assembler, moyen de liaison d'ailleurs excellent pour un matériau
il la fois élastique et pénétrable. Dans le cas du fer, il est nécessaire de per-
cer à l'avance les pièces à assembler et de prendre des précautions spécia-
les, au fond assez délicates, pour que les rivets remplissent bien leur trou
et assurent en même temps une pression suffisante par leur tête sur les
surfaces de métal des éléments de l'assemblage. La préparation des sur-
faces en contact joue aussi un rôle très important dans la constitution d'une
bonne rivure qui doit réaliser finalement une adhérence parfaite des piè-
ces constitutives entre elles. Quand ce résultat est obtenu, les différentes
parties assemblées forment un tout homogène qui semble constituer une
pièce unique, comme si les éléments constitutifs étaient soudés entre eux.
Il était alors naturel de se demander si l'assemblage des pièces d'acier
ne pouvait nas être obtenu par un procédé de ionction directe qui suppri-
merait l'obligation {lu perçage, ainsi que l'affaiblissement corrélatif des
éléments, et réaliserait en même temps une véritable continuité du métal
le l'assemblage, en un mot, par soudure.
Les spécialistes de la soudure définissent, d'une manière générale ce pro-
>édé, comme la ionction de 2 pièces par la fusion de leurs bords. Il est
essentiel de spécifier en outre, que pour nouvoir être admise dans une cons-
truction métallique, au même titre que le rivetage. la soudure ne doit en
mcun cas amener une dénaturation du métal voisin et affaiblir sa résis-
ance pronre.
La soudure à la forge ou au chalumeau, tout d'abord employée dans des
ravaux de chaudronnerie ou dans des cas particuliers de charpentes, n'a
)as donné iusau'ici une solution pratique de ce nroblème, car des défor-
nations nermanentes très gênantes se produisent à cause du chauffage trop
étendu des pièces.
La soudure à l'arc électrioue. complétée par l'oxy-coupase. est venue ap-
porter une solution comnlète de cette nruestion, parce qu'elle donne lieu
fi un chauffasse localisé des nièces à souder, et ne les dénature pas si l'opé-
ration est effectuée avec un matériel convenablement étudié.
L'élément essentiel de 1'ooération est l'électrode ('bacuette en fil de mé-
Inl) reliée à un des noies d'une source de courant électrioue. l'autre pôle
f'tant en communication avec chacune des deux nièces aue l'on désire as-
sembler. L'arc électrioue jaillit entre l'électrode et les nièces à souder: il
nrovooue la fusion de leurs bords et nroiette le métal volatilisé de l'élec-
trode dans le bain de fusion, réalisant ainsi la jonction parfaite des deux
nièces.
Le caractère essentiel de la soudure à l'arc électrioue est la localisation
de la chaleur développée dans les nièces à souder. L'opération étant très
rapide et l'énergie mise en jeu étant employée en majeure partie à la vola-
tilisution du métal, il se trouve que le surplus est juste nécessaire pour
(B) fondre le bord des pièces sur une épaisseur de quelques millimètres. La
température atteinte en ces points n'est pas celle de l'arc électrique, mais
au plus 900° et il n'y a pas à craindre d'altération du métal. Par suite, en
(A) conduisant convenablement les opérations de soudure, on arrive facilement
\ ne pas échauffer d'une façon excessive l'ensemble d'une pièce et il ne se
produit pas de déformations gênantes.
Si nous considérons le cas le plus simple: la soudure de deux tôles, on
voit immédiatement que leur position géométrique relative détermine
plusieurs modes de soudure fondamentaux:
1°) soudure par recouvrement. Plans des tôles superposés (fig. 1).
lA.î (B) 2°) soudure bout à bout. Plans des 2 tôles en prolongement (fig. 2).
3°) soudure d'angle. Plans des 2 tôles formant un dièdre (fig. 3).
Fig.2 Il faut remarquer tout de suite que le mode de soudure de la figure 1
réalise la même jonction que le rivetage: les autres ne peuvent être obte-
JOINTS ET nues que par soudure et la caractérisent.
SOUDURES Donc, déjà sur l'assemblage fondamental le plus simple que l'on puisse
É L É M E N- concevoir, la soudure permet un nombre de combinaisons supérieur au
lB)T AIRES rivetage: cette tendance se développe naturellement quand on envisage
(A)
l'assemblage entre eux d'éléments composés plus compliqués.
La caractéristique des assemblages soudés à l'arc électrique est donc la
possibilité de réaliser une variété considérable de joints, et d'offrir par Fig. 6. — EXEMPLE DE MODIFICATIONS
suite à l'ingénieur des ressources en nombre illimité pour l'agencement APPORTÉES A DES PIÈCES EXISTANTE
d'une construction. PAR OXY-COUPAGE ET ADJONCTION DE
Ceci est évidemment de nature à compliquer une étude en offrant à l'es- SEMELLES SOUDÉES à L'ARC ÉLECTRIQUE
prit du constructeur un grand nombre de formes entre lesquelles il peut
hésiter à choisir, mais quels progrès sont ainsi en perspective pour la char-
pente métallique. Elle peut avec la soudure à l'arc électrique s'affranchir
(A) hardiment des formes anciennes dérivant toutes de la figure 1, avec les-
quelles elle s'étiole lentement après une période autrefois brillante.
Il faut souligner ce fait qui est capital: la soudure permet certainement
à la construction métallique pure de profiter au maximum de toutes les qua-
lités du métal sans être obligé d'avoir recours à un matériau auxiliaire, le
béton, dont le poids est souvent un inconvénient.
Les principes très simples qui viennent d'être indiqués peuvent s'appli-
quer de suite aux exemples suivants:
1°. — La soudure directe de tôles entre elles permet de constituer des
profilés soudés présentant une grande légèreté qui font gagner un tonnage
important sur l'ensemble d'une construction.
C'est ainsi qu'un fer à 1 peut être fabriqué par l'assemblage direct de 2
Fig. 4 tôles formant semelles sur une âme. Si besoin est, il est très facile de rai-
dir 1' ame de cette pièce par des goussets transversaux soudés directement
POUTRE A AME PLEINE sur l'âme, normalement à celle-ci. On obtient par cette méthode des profilés
ASSEMBLÉE PAR SOUDURE pouvant être employés comme poutres ou comme piliers (fig. 4).
Cet exemple soulève une question importante: doit-on faire la soudure
sur toute la longueur des joints de tôle? Le calcul montre que cela est inu-
tile au point de vue de la résistance, et en opérant de la sorte, on s'expose

Fig. 7.
à obtenir sans raison un prix trop élevé. D'un autre côté, il est intéressant
de souder toutes les arêtes en •contact pour ne laisser aucun interstice où
l'humidité puisse séjourner et corroder les tôles. On peut alors procéder
de la manière suivante: un premier cordon de faible section sera d'abord
déposé dans un simple but d'étanchéité; des cordons de résistance réguliè-
rement espacés le renforceront pour obtenir la résistance théorique voulue.
2°. — Les profilés du commerce peuvent être aussi employés directement
et la soudure intervient pour les renforcer économiquement par l'adjonc-
tion de semelles ou de goussets, en vue de constituer des poutres ou des
poteaux.
La figure 5 donne un exemple d'une poutrelle à larges ailes de 450
renforcée par 2 semelles additionnelles et par des montants verticaux. La
poutre obtenue, d'une portée de 8 m. et de 0 m. 45 de hauteur seulement,
a été montée dans un garage pour remplacer un linteau existant en bois,
trop faible pour une surélévation projetée de l'immeuble. Ce remplacement
a permis en outre de supprimer une colonne en fonte qui soutenait le lin-
teau en son milieu, et très gênante pour l'exploitation du garage.
Dans un article paru au N° 1 de « l'Architecture d'Aujourd'hui », M. J.
Fig. 5. — CONSTRUCTION PAR SOUDURE Cléret de Langavant a insisté sur la tendance actuelle d'employer de très gros
D'UN LINTEAU A GRANDE RÉSISTANCE profilés dans la construction des immeubles et buildings. Cette pratique
amène une économie importante en réduisant beaucoup les dépenses de
main-d'œuvre et d'outillage. Les seuls inconvénients résident dans l'aug-
mentation du tonnage d'une part et dans la nécessité du rivetage de fortes
épaisseurs d'autre part.
M,
La soudure permet précisément de faire entièrement disparaître ce§
deux derniers inconvénients. Elle est en effet sans aucun doute possihl
plus économique que la rivure pour l'assemblage de tôles épaisses]
et on peut alors par l'emploi de semelles additionnelles faire une économi
importante de métal en suivant de plus près la répartition des efforts. Lei
assemblages de poutres ou piliers à leurs extrémités seront réalisés égale]
ment beaucoup plus économiquement.
3". — Un détail de construction fort important: les pieds de poteau:
sont réalisés d'une manière très commode et économique par la soudure
nous en donnons ci-contre plusieurs exemples (fig. 8)
4°. — La soudure permet également de constituer une très grande variéti
de poutres à treillis d'un caractère simple et économique. La figur
donne des exemples d'application. Ici encore, on a intérêt pour constitue:
les treillis à employer directement des profilés; l'expérience prouva
que la soudure permet toujours d'obtenir un assemblage simple des prei
filés constituant les treillis sur les membrures. Au total, on gagne toujo ir
du poids et on réalise des pièces symétriques parfaitement axées, qui pré
sentent, en charge, des flèches inférieures à des pièces de même hauteur
placées dans les mêmes conditions, mais rivées.
Ceci nous amène à examiner maintenant les avantages techniques co is:
dérables offerts par la soudure dans la construction métallique.
Il est incontestable que l'ennemi le plus redoutable des constructijn
métalliques actuelles est la rouille; ce danger permanent oblige à un en je
tien assez coûteux des ouvrages métalliques en fers assemblés par rivirel" Fig. 10. ATELIER A DUNKEROUE
Si pour une raison quelconque cet entretien est négligé, ou si certaiier
parties des ouvrages sont difficilement accessibles, l'humidité pénètre dm Jà l'atelier et assemblées ensuite sur le chantier par soudure. On peut éga-
les interstices des tôles et la rouille en foisonnant arrive à faire bailler leilement envisager une construction mixte dans laquelle les pièces sont tou-
les tôles et même à faire sauter des têtes de rivets, finissant ainsi par di loff
Tjeurs faites à l'atelier par soudure, mais assemblées sur le chantier par ri-
quer complètement certains assemblages. vetage ou par boulons.
La soudure permet au contraire, si on le veut, d'obtenir une étanch iti Il est difficile, dans l'état actuel de la question, de dire quel procédé est
complète. Nous ne voulons pas dire qu'il en est ainsi dans toutes les ap jlij le plus à recommander, et nous ne croyons pas que l'on puisse encore for-
cations qui ont été faites jusqu'ici, mais si on désire faire passer ctti muler de règle générale à cet égard. Cependant, il faut évidemment tenir
préoccupation au premier plan, on peut faire en sorte que la soudure h jl compte de ce que la soudure sur chantier est d'un prix notablement plus
complètement tous les interstices existants, ou ce qui est mieux encore, s ip élevé que la soudure sur atelier, surtout si on n'y dispose pas de courant
prime ces interstices en utilisant des assemblages étudiés de manière à ne et si on doit produire l'électricité avec un groupe électrogène. Nous croyons
se servir que de soudures bout à bout ou de soudures d'angle, ce pendant que si on peut disposer du courant d'un secteur et surtout si on
Le calcul des soudures ou détermination des sections de soudure et d< a un chantier important, on peut faire une installation complète de soudure
Fig. 8. — EXEMPLE DE PIEDS leurs longueurs pour obtenir une résistance déterminée peut se rame îei ef assembler toutes les pièces par soudure. Dans ce cas, il faut étudier spé-
DE POTEAUX SOUDÉS à divers cas simples et donne des résultats sûrs. En effet, la soudure a p JUI cialement les assemblages pour permettre un montage facile en employant
effet de transformer en un solide continu les pièces à assembler. Cette cm le minimum de rivets ou de boulons. Nous reviendrons plus loin sur ce Fig. 11. — DETAIL D'UNE POUTRE
tinuité peut d'ailleurs être complète ou simplement partielle, mais elle système de construction. P O RTEUSE DE PO NT ROULANT
produit toujours en tous cas avec des formes géométriques simples acet isij Dans beaucoup d'applications à des bâtiments intlustriels, la soudure
bles au calcul dis assemblages de pièces entre elles n'apparaît pas comme utile, surtout
Avec la rivure, au contraire, la continuité réalisée n'est pas rigourei se| on ne recherche pas les encastrements et la continuité: on se contente
mais est obtenue imparfaitement par le serrage des tôles en contact. S 1: a ors d'assembler les poutres et les fermes sur les poteaux par boulons,
soudure est bonne, on n'a pas un simple contact mais une continuité ] ar| ci ; qui rend le montage très facile. Un grand nombre d'ateliers et halls ont
faite entre les tôles par l'intermédiaire du cordon de soudure. On con< oi é é construits sur ce principe ; nous citerons par exemple, une usine pour
donc que les assemblages soudés doivent présenter une bien plus graude| li Société d'Air Liquide à Roche-la-Molière; divers ateliers de la Soudure
rigidité que les assemblages rivés. C'est bien ce que l'on constate exp Sri Autogène Française à Dunkerque (fig. 10), Dieppe, Lyon, etc..
mentalement: en procédant avec des extensomètres à l'auscultation d'nid Un bâtiment d'usine de 70 m. X 40 m. à Pont-Sainte-Maxence : hall
pièce soudée mise en charge, on voit que les appareils reviennent toujcur| c mtral de 20 m. de portée avec pont roulant de 25 t. et 2 travées latérales
au zéro lorsque les charges cessent d'agir. II n'en est jamais rif au e i sheds avec ponts roulants de 5 t. (fig. 9).
reusement ainsi avec les pièces rivées, et en effet il suffit d'un glissen: eiti Un bâtiment en sheds à la même usine de 140 m. X 40 m. avec ponts
insignifiant d'une tôle sur une autre, glissement toujours possible ave 1 r mlants de 5 t.
rivure, pour que la déformation d'une pièce ne soit pas exactement re er Signalons cependant que dans ces deux derniers bâtiments, si on a uti-
sible. li ié des boulons de montage, on a complété les assemblages par des soudu-
Les constructions soudées peuvent donc être considérées comme pai ai r >s renforçant le boulonnage.
tement élastiques, si elles ne présentent que des joints soudés. C'est là m D'autres bâtiments industriels, surtout à l'étranger, sont soudés entière-
avantage important car on est ainsi beaucoup plus sûr, dans une constiuc ment à l'arc électrique.
tion, d'un accord satisfaisant entre la fatigue pratique et la fatigue thé >ri Un exemple particulièrement intéressant est fourni par une petite char-
que du métal pente soudée construite à l'exposition d'Oran pour le stand de l'Air Li-
Une construction soudée, doit en outre par son monolithisme, résittei quide: l'ossature est extrêmement légère et le constructeur a su en tirer
beaucoup plus efficacement que la charpente rivée aux vibrations ou aui le meilleur parti pour l'aménagement du stand.
chocs. La transmission de ces efforts se fait évidemment avec beaucein Toujours dans les constructions industrielles, il faut citer le pont roulant
plus de facilité dans un ensemble continu: toute la masse de la constiuc soudé de 25 t. et de 20 m. de portée construit à l'usine de Pont-Sainte-Ma-
tion intervient, et les fatigues correspondantes son diminuées dans leur sence dans le grand hall de 20 m. X 70 m. (usine de la Soudure Autogène
semble. Française). Cet appareil, en service depuis six mois, tlonne entière satisfac-
La rigidité des assemblages soudés a aussi pour conséquence de réalîîej tion, et s'est révélé aux essais comme ayant des qualités de résistance pré-
des encastrements importants avec un faible encombrement. On pourri cieuses: élasticité parfaite, excellente répartition des fatigues entre tous
donc faire par soudure des constructions continues et se rapprocher ainsi les éléments (fig. 11).
si on le désire, des constructions en béton armé. Avec la rivure, la conti D'une manière générale, on trouve en France, grâce aux efforts de la
nuité est au contraire toujours difficile à réaliser et entraîne généralemen Soudure Autogène Française, un nombre assez important de bâtiments in-
des dépenses excessives aux attaches, si on veut résister correctement au dustriels construits par soudure, et on peut dire à cet égard que nous ne
moments d'encastrement. sommes pas en retard sur les autres pays, si l'on tient compte de leur éten-
Au point de vue de l'exécution, on peut distinguer deux modes d'emplo| fîue et de leur développement industriel: Etats-Unis, Belgique, Allemagne,
Fig. 9. — HALL DE 70X40 m. à PONT-Ste-MAXENCE différents de la soudure. La construction peut être soudée entièrement Suisse, Autriche.
(USINE de la SOUDURE AUTOGÈNE FRANÇAISE) l'arc électrique, les différentes pièces constitutives soudées étant préparée
11 n'en est malheureusement pas de même en ce qui concerne les bâti-
ments et immeubles de rapport et les ouvrages d'art.
Si l'on excepte les travaux de réparation ou de renforcement de ponts
métalliques effectués par soudure, on ne rencontre pas chez noxis de ponts
en acier soudés, alors que les Américains ont construit à Chicopee Fail un
pont biais de 54 m. de portée,* sous voie ferrée et les Polonais un pont-rou-
te, le pont Bryla. Il faut déplorer ce relard qui provient de l'indifférence
et du manque de hardiesse des constructeurs d'une part, d'un manque de
documentation des pouvoirs pubbes d'autre part.
B paraît cependant inouï de ne pas faire un essai, même réduit, d'un
procédé nouveau susceptible d'amener des économies considérables dans
la construction ; si l'on songe que sur les bâtiments industriels par exemple,
poutres de pont roulant, etc., on obtient régulièrement une économie de
poids d'au moins 15 °/o et une économie sur la main-d'œuvre qui prend
des proportions beaucoup plus importantes.
En ce qui concerne les ossatures d immeubles, on en rencontre de nom-
breuses applications aux Etats-Unis et quelques-unes en Tchéco-Slovaquie
et en Pologne. Nous citerons plus particulièrement:
Le building de 19 étages de la Cie Power and Light à Dallas (Texas)
(fig. 12 et 13) ; l'ossature métallique pèse 1.300 T et tous les assemblages
ont été soudés à l'atelier ou sur le chantier;
Un bâtiment de la Cie du Pont de Nemours à Wilmington; cette cons-
truction a 14 étages et les assemblages ont été réalisés par rivetage à
l'atelier et par soudure sur le chantier;
Le bâtiment de la Cie Westinghouse à Pittsburg, l'ossature métallique
pèse 1.975 T et a été soudée complètement.
Nous croyons d'ailleurs que dans cette branche de la- construction, ainsi
d'ailleurs que pour les ponts métalliques, la soudure peut rendre de grands
services. C'est en effet pour la constitution d'une ossature d'immeuble mo-
derne et surtout buildings élevés que tous les avantages de la soudure peu-
vent être utilisés en même temps.
B serait vivement à souhaiter qu'un architecte voulant édifier en France
d'une manière originale un tel immeuble se lance carrément dans l'utili-
sation de la soudure, et nous sommes persuadés que le résultat dépasserait
là toutes nos espérances. L'ossature métallique d'un immeuble moderne
se compose d'une série de cadres multiples posés les uns sur les autres.
Ainsi que nous l'avons montré, il est facile avec la soudure de réaliser de
grands moments d'encastrement des poutres sur les poteaux et de consti-
tuer avec de grosses poutrelles laminées des systèmes de cadres continus
complets. Ceci amène automatiquement un gain de poids fort important
par le jeu de la continuité en répartissant plus uniformément l'acier. Nous
avons également indiqué plus haut que l'on pouvait pousser l'approxima-
tion plus loin en armant de semelles des poutrelles de hauteur strictement
nécessaire. Il en résulte également un encombrement moindre pour le*
plafonds et les cloisons.
B faut en outre remarquer tout l'intérêt des cadres très robustes et très
rigides dans une construction élevée qui doit résister aux efforts du vent
avec une grande sécurité. Là encore, les efforts du vent se partageront beau-
coup plus rationnellement entre les différentes parties de la construction.
La soudure prend ici tout son intérêt, parce que l'organisation énorme
d'un chantier de construction de grand immeuble moderne peut comporter
une installation complète de postes de soudure qui fera ses frais. Ainsi tous
les aciers laminés pourront arriver directement des forges sur le chantier
sans passer par aucun atelier et être immédiatement mis en place et assem-
blés, grâce à des pièces d'assemblage soudées sur te chantier.
Nous ne voulons pas terminer cette étude rapide sans dire un mot de la
question esthétique en matière de soudure. Lorsque les pièces d'une cons-
truction doivent être laissées apparentes, il paraît actuellement tout na-
turel au lieu d'avoir une surface lisse de voir toutes les têtes de rivets : l'as-
pect régulier de ces petites pastilles ne choque personne parce qu'on s'y est
habitué. Nous avons déjà entendu objecter que si on laisse la soudure appa-
rente, l'effet obtenu sera détestable en raison de l'irrégularité de forme des
cordons de soudure à l'arc électrique. Nous croyons personnellement au
contraire que l'œil s'habituera tout aussi bien à ces lignes irrégulières qui
rompent la monotonie des surfaces, là où elles seront apparentes. Dans
beaucoup de cas (assemblages à entaille soudée), la soudure diminue l'en-
combrement des assemblages et les cordons seront souvent bien peu visi-
bles. D'une manière générale, à distance, la soudure qui règne le long du
Jord des pièces est beaucoup moins visible que les rivets qui s'étalent sans
aucune discrétion sur toutes les surfaces métalliques.
* *
La soudure à l'arc électrique, procédé moderne d'assemblage des pièces
métalliques, est appelée à un grand développement. Elle permettra, sans
aucun doute, aux architectes et aux constructeurs de réaliser avec le métal
des formes nouvelles qui s'inspireront de l'idée de continuité. Il en résul-
tera naturellement une simplification des lignes et cette technique nouvelle
agira ainsi dans le sens des tendances artistiques de notre époque.
Fig. 13. — CHARPENTE MÉTALLIQUE SOU-
A. GOELZER. DÉE DE LA C° POWER AND LIGHT A DALLAS
ÉTANCHÉITÉ PAR "L'ASPHALTOID"
N° 20 — 20/10 mm. —" — 20 kg. -
L'architecture moderne et la technique du béton armé, d'ail-
urs assez étroitement liées, ont quelque peu bouleversé' la N° 30 — 30/10 mim. — — 30 kg. -
N" 40 — 40/10 mm. — •— 40 kg. -
lhouette habituelle des constructions.
La recherche des lignes bien accusées, et les nécessités du N° 50 — 50/10 mm. — — 50 kg. —
N° 60 — 60/10 mm. — — 60 kg. -
ffrage jointes au souci d'obtenir un cube habitable maxi-
um, ont généralisé en Frane la construction des toitures en Les différents essais effectués au Laboratoire National des
Arts et Métiers ont. d'ailleurs donné des résultats de traction,
•rrasse.
Ces toitures-terrasses en plus grand nombre ont à leur tour compression et perméabilité à l'eau, présentant toutes garan-
otivé la recherche de procédés et de matériaux d'étanchéité ties.
pables d'assurer une isolation parfaite, sans entretien, pour b) Utilisation. — Ces chapes constituent le matériau type
durée minima légale de dix années. d'étanchéité, qu'il s'agisse de la couverture des bâtiments (ter-
En fait, l'expérience acquise dans la fabrication et la mise rasses, scheeds, couvertures paraboliques) de la protection hy-
œuvre de chapes souples en bitume et des feutres bitumés drofuge d'ouvrages d'art (ponts permanents, tunnels, coupo-
double imprégnation permet d'affirmer que la bonne tenue les, berges ou radiers de canaux), de cuvelages (bâtiments,
e ces couvertures, sans entretien, s'étendra sur une période casemates, chambres à accumulateurs, dépôts de produits chi-
miques) ou d'isolation de fondations, un des six tvpes de cha-
agilement doublée.
Les eu vêlages, l'isolation des fondations, des cloisons, et pe imperméable « Asphaltoid » est toujours susceptible de ré-
lus généralement tous problèmes d'isolation des liquides et soudre la question.
le l'eau en particulier, ont bénéficié des améliorations appor- c) Mise en œuvre. — Ces six types sont habituellement collés
tes à la question de couvertures en terrasses ou en combles au moyen d'un enduit bitumineux à chaud, dit « Asphaltol »
araboliques. C. constitué par du bitume pur et naturel amené à un point
Vis-à-vis de l'asphalte coulé et sablé, presque exclusivement de fusion adéquat à la pose de la chape (fusion 75°, malléable
tilisé auparavant, les chapes imperméables présentent l'avan- à 5° centigrades). Le collage s'effectue alors sur toute la surface
age du matériau fabriqué en usine sur le matériau préparé à protéger et la continuité est obtenue par le collage de joints
à l'enduit, sur un recouvrement de 0 m. 10. Les types 40. 50
or le « tas ».
La Surveillance plus attentive de la main-d'œuvre et surtout et 60 sont susceptibles en outre d'être posés par simple fixa-
a régularité de fabrication des machines évitent les aléas que tion des joints, sur un recouvrement de 0 m. 10, au moyen du
euvent présenter les mélanges préparés par intermittence avec chalumeau, lampe à souder ou braser. La continuité est obte-
es dosages assez empiriques. nue par l'application sous bonne pression des deux couches
Les chapes comme les feutres sont toujours semblables à ainsi ramollies l'une sur l'autre. La lèvre extérieure du joint
lias-mêmes. Elles sont en outre plus élastiques et par ce fait est ensuite matée au fer.
usceptibles d'épouser les déformations accidentelles ou pré- Acceptée et utilisée par tous les grands cabinets d'architectes
ues de la construction (tassement ou dilatation). et entreprises de Paris ou de Province, elle est en outre agréée
Parmi les firmes spécialisées dans la fabrication et la pose par toutes les administrations publiques pour la construction
e ces matériaux d'étanchéité figure en bonne place tant par de leurs bâtiments: Guerre, Aéronautinue, Marine. P. T. T..
a qualité de ces matériaux et par leur prix, l'« ASPHALTOID » Instruction Publique- Travaux Publics. Beaux-Arts. Chemins de
'. A. dont le siège est à Paris, 10, rue Duvergier (19mc|) et les Fer, Cie des Mines, Ville de Paris. Office d'Habitations à Bon
"fines à Huningue (Haut-Rhin). Marché, Municipalités diverses (Amiens, Nantes. Lorient, Al-
Les divers matériaux qu'elle fabrique, vend et peut mettre bert, etc.).
n œuvre directement le cas échéant, comprennent la gamme Une courte énumération de bâtiments choisis parmi ceux qui
omplète des produits bitumineux: sont couverts par les matériaux dé sa fabrication permet de se
°. — Chape souple Imperméable « ASPHALTOID », feuille rendre compte des garanties qu'ils présentent.
souple isolante en bitume pur armé par une toile de jute Ces bâtiments sont uniquement pris parmi ceux exécutés
callendrée. pour le compte d'Administrations Publiques:
2". — Feutres bitumés: Aérodrome du Bourget.
« Duranit » — feutre de laine ayant subi une double impré- Centres d'Aviation de Chartres et de Tours.
enation de bitume pur jusqu'à saturation. Sous-station électrioue de La Garenne.
« Rival » — feutre plus léger. Bâtiment du Matériel et traction de la Nouvelle Gare de l'Est
« Ardoisit » — de fabrication analogue au Duranit et recou- à Paris.
verî ensuite sur une face de paillettes d'ardoises fortemenî Ecole Bréguet à Paris.
romprimées, destinées à le protéger et à lui donner un aspect Palais de la Mutualité à Paris.
fcyant. Bureau International du Travail à Genève.
« Sordonit » — à granulation de liège, matériau hydrofuge, Nouvelle Gare de Gannat CP. L. M.).
ii sonore et isotherme. Central Téléphonique du Vésinet.
3°. — Enduits de fixation bitumineux à chaud et à froid pour Habitations à bon marché de la Ville d'Amiens.
la fixation des chapes, feutres ou aravillons de protection., Abattoirs d'Albert (Somme).
Au moyen de ces divers produits, la Société « Asphaltoid » Groupes Scolaires (Sannois, Arventeuil, Goussainville).
a exécuté des centaines de mille mètres carrés de travaux qui Mairies (Goussainville. Hav-Ies-Roses).
constituent sa meilleure publicité. Ecole Professionnelle de Creil.
etc..
CHAPES IMPERMÉABLES «ASPHALTOID» E. Beaudouin et M. Lods, architectes G. P. R. et D. P. L. G.
a) Description. — Ces chapes sont constituées par une feuille à Paris.
souple de bitume, armée. Le bitume utilisé est un bitume na- T,. Bleuze. architecte à Ivry-sur-Seine.
turel d'extraction, pur de tous éléments minéraux et répondant E. Chifflot. architecte D. P. L. G. à Paris.
a la définition de la commission permanente française de stan- A. Cordonnier, architecte S. A. F. à Argenteuil.
dardisation, soit: hydrocarbure natif, solide ou peu fluide, F. Corlet. architecte à Paris.
nauvre en produits volatils, ayant des pouvoirs a^srlomérants M. Gavaudon. architecte Ingénieur à Paris.
H adhésifs et pratiquement entièrement soluble dans le sul- E. Gère, architecte D. P. L. G. à Paris.
fure de carbone. Cette définition exclut naturellement les bi- A. Hamayon. architecte D. P. L. G. à Paris.
tumes provenant de la distillation des pétroles bruts ainsi que A. Labussière et M- Reby, architectes-ingénieurs à Paris.
tous produits contenant avec le bitume des matières inertes R. Lesaae et Ch. Miltgen. architectes D. P. L. G. à Paris.
Minérales. Ch. Knisrht. architecte D. P. L. G. à Paris.
L'armature est une toile de jute pesant 450 grammes, ismi- R. Leclerc, architecte E. D. B. A. à Paris.
fiiffée et avant subi avant tout calendrage, une imprégnation T. Foison, architecte S. A. D. G. à Paris.
la rendant imputrescible. A. Poelle. architecte D. P- L. G. à Paris.
La fabrication des chapes imperméables « Asphaltoid » con- P. Robuchon, architecte E. C. P. à Paris.
siste en la fixation par cvlindrae'e et laminas-e, du bitume pré- M. Tavernev. architecte E. P. Z. à Paris.
cédemment défini, sur les deux faces de cette toile de jute. F. Veber et A. Michau- architectes D. P. L. G. à Paris.
Aux épaisseurs de bitume ainsi fixées correspondent les cha- C. Venner. architecte S. N. à Paris.
nes suivantes: H. Viet. architecte D- P. L. G. à Paris.
Chape imperméable « Asphaltoid » N" 15 TT. Zincy. architecte E- B. A. à Paris.
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nelles et industrielles en Allemagne et à l'étranger.
Les grands changements dans la construction scolaire
de l'après-guerre sont motivés par l'évolution interve-
nue dans l'architecture elle-même, par les nouvelles
exigences d'hygiène et par les réformes scolaires déci-
sives. Par ces raisons la construction scolaire devient
une construction d'un ordre spécial dont le projet exi-
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ge des connaissances les plus exactes. Ces dernières
sont rendues possibles grâce au nouvel ouvrage en
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moins chère. Le problème du prix.
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