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Exercices en cours.

Semaine 7
Exercice 1

On considère une économie décrite par les trois équations suivantes:

ut - ut-1= -0.4 ( gyt -0.03) (1)


πt – πet = - (ut - 0.06) (2)
gyt = gmt - πt (3)

Notations :
ut : taux de chômage à la date t.
ut-1 : taux de chômage à la date t -1
gyt : taux de croissance de l'économie.
πt : taux d'inflation à la date t.
πet :taux d'inflation anticipée pour l’année t.
gmt: taux de croissance de la masse monétaire.
On suppose, dans les quatre premières questions, que les anticipations sont formées de façon naïve.

a) Nommer les équations (1), (2) et (3).

b) Quel est le taux de croissance normal de cette économie ? Quel est le taux de chômage naturel?

c) On suppose πt-1=5% et ut-1=8%. Si le taux de croissance de la masse monétaire est de 6% en t, quels sont le taux de croissance de l’économie,
le taux de chômage et l’inflation en t ? Si ce taux de croissance de la masse monétaire était permanent, quels seraient les niveaux de long terme
de croissance de l’économie, d’inflation et de chômage ?

d) On suppose qu’ensuite, en (t+1), la politique monétaire est mise en œuvre afin d’atteindre un objectif de croissance de l’économie de 5% en
(t+1). Quel doit être le taux de croissance la masse monétaire ? Si ce taux de croissance de la masse monétaire est ensuite conservé de façon
permanente, quelles sont les conséquences de cette politique sur l’inflation et le chômage en (t+1) et à long terme ?

e) On reprend les politiques économiques des questions précédentes : le taux de croissance de la masse monétaire est de 6% en t et de 8% en
(t+1). On suppose maintenant que les anticipations des agents sont rationnelles. Décrire l’économie en t, en t+1 et à long terme.
Correction de l'exercice 1

a) 1) Loi d'Okun
2) Courbe de Phillips
3) Demande agrégée

b) Taux de croissance normal = 3 %


Taux de chômage naturel = 6 %

c) On sait que πt-1=5%, ut-1=8% et gmt = 6%.


Comme les anticipations sont naives: πet = πt-1=5%

On peut donc résoudre le système de 3 equations en 3 inconnues suivant:

ut - 8 % = -0.4 ( gyt -0.03) (1)

πt – 5 % = - (ut - 0.06) (2)

gyt = 6 % - πt (3)

Ce qui nous donne: ut = 8 % , gyt = 3 % et πt = 3 %.

Si le taux de croissance de la masse monétaire de 6 % était permanent, dans le long terme on aurait: ut = 6 % , gyt = 3 % et πt = 3 %.
d) En t + 1 on aura gyt = 5 %, et les calculs du point (c) nous donnent ut = 8 % et πt = 3 % , d'où πet+1 = πt = 3 %.
On résout le système :

ut+1 - 8 % = -0.4 ( 0.05 -0.03) (1)

πt+1 – 3 % = - (ut+1 - 0.06) (2)

5% = gmt+1 - πt (3)

On obtient: ut+1 = 7.2 % , gmt+1 = 6.8 % et πt+1 = 1.8 %.


Le taux de croissance de la masse monétaire devra donc être de 6.8 %.

Si ce taux de croissance monétaire est maintenu de façon permanente, dans le long terme on aura ut = 6 % , gyt = 3 % et πt = 3.8 %.

e) On reprend les calculs pour la période t avec πet = πt.


Le système à résoudre devient:

ut - 8 % = -0.4 ( gyt -0.03) (1)

πt – πt = - (ut - 0.06) (2)

gyt = 6 % - πt (3)

D'où: ut = 6 % , gyt = 8 % et πt = -2 %.
Avec ces valeurs et avec gmt+1 = 8 % on peut poser le système à résoudre pour la période t+1 :

ut+1 - 6 % = -0.4 ( gyt+1 -0.03) (1)

πt+1 – πt+1 = - (ut+1 - 0.06) (2)

gyt+1 = 8 % - πt+1 (3)

D'où: ut+1 = 6 % , gyt+1 = 3 % et πt+1 = 5 %.

Dans le long terme on aura u = 6 % , gy = 3 % et π = 5 %. C'est à dire qu'en t+1 et avec les anticipations rationnelles on a déjà atteint le long
terme.
Exercice 2 (question ouverte février 2003)

On considère une économie dans laquelle l’inflation courante est nulle ( π t = 0 ) et le taux de chômage est égal au taux de chômage
structurel : u t = u n . Les autorités pratiquent une politique monétaire telle que l’inflation augmente à 2% à partir de (t+1):
π t +1 = π t + 2 = π t +3 = 2%

a) On suppose, pour commencer, que les agents anticipent toujours une inflation nulle. Sur quelle période cette hypothèse a-t-elle
été réaliste pour les Etats-Unis et pourquoi ? Que se passe-t-il pour le chômage en (t+1), (t+2), et (t+3) ? Dans le cadre de cet
exercice, cette hypothèse est-elle réaliste ?

b) On suppose maintenant que les agents forment leurs anticipations de façon naïve. Que se passe-t-il pour le chômage en (t+1),
(t+2), et (t+3) ?

c) En conservant pour l’instant l’hypothèse d’anticipations naïves, que se passe-t-il pour le chômage en (t+1), (t+2), et (t+3) si 50%
des salaires sont indexés ? Comparer avec la réponse à la question b)

d) Toujours sous l'hypothèse d'anticipations naïves, on suppose qu'en (t+4) l'inflation est ramenée à 0% et est maintenue à ce
niveau durant les périodes suivantes. Calculer le ratio de sacrifice lié à cette réduction d'inflation.

e) Que se passe-t-il pour le chômage en (t+1), (t+2), et (t+3) si les anticipations sont maintenant rationnelles ?
Correction de l'exercice 2

a) Cette hypothèse peut être considérée comme réaliste pour les Etats-Unis jusque dans les années 60 parce que jusqu'à ce moment l'inflation
avait était en moyenne nulle et les agents pouvaient raisonnablement croire que cela allait continuer.

La courbe de Phillips peut nous donner le taux de chômage en termes du taux d'inflation et du taux d'inflation anticipé:
π e −πt
ut = u n + t
α
Avec une inflation anticipée nulle:
πt
ut = u n −
α
Donc, si les anticipations d'inflation sont toujours nulles alors, avec une inflation de 2% le taux de chômage sera constant et inférieur au taux de
chômage structurel:

2
u t +1 = u t + 2 = u t +3 = u n −
α
L'hypothèse sur les anticipations n'est pas réaliste puique si l'inflation reste positive pendant plusieurs périodes les agents doivent anticiper une
inflation positive.

b) Les anticipations naïves signifient : π te = π t −1

En utilisant ceci dans la courbe de Phillips (sous la forme du point (a) ) on a :

π t −1 − π t
ut = u n +
α
π − π t +1 2
Donc u t +1 = u n + t = un −
α α
π − π t +2 π t + 2 − π t +3
u t + 2 = u n + t +1 = u n et u t +3 = u n + = un
α α
c) Si 50 % des salaires sont indexés et les anticipations sont naïves, la courbe de Phillips est:
π t = 0,5π t + 0,5π t −1 − α (u t − u n )

0,5π t − 0,5π t −1
d'où: ut = u n −
α
0,5π t +1 − 0,5π t 1
u t +1 = u n − = un −
α α
0,5π t + 2 − 0,5π t +1 0,5π t +3 − 0,5π t + 2
ut +2 = u n − = un et u t +3 = u n − = un
α α
On constate que, comme au point (b), le taux de chômage est en dessous de son niveau structurel en (t+1); mais la baisse est inférieure.

d) Le ratio de sacrifice est donné par :

(u t + 4 − u n ) + (u t +5 − u n ) + ... + (uT − u n )
RS =
π t +3 − π T

En t+4 l'inflation sera réduite à 0% et restera là. On a vu au point (b) que pour des anticipations naïves une variation de l'inflation de ce type
n'affecte le chômage que sur la période courante, ensuite le chômage reste à son niveau structurel. Il s'ensuit que le seul terme non nul du
numérateur de RS est le premier, et cela indépendament de T. Calculons donc RS en utilisant la courbe de Phillips:

π t +3 − π t + 4 2% − 0%
un + − un
u − un α α 1
RS = t + 4 = = =
π t +3 − π T π t +3 − π T 2% − 0% α

e) Avec anticipations rationnelles π te = π t . Si on utilise cela dans la courbe de Phillips:

π te − π t
ut = u n + = un
α
Le chômage est indépendant de l'inflation et toujours égal à son taux structurel.
Exercice 3 : La crédibilité du gouvernement en Inflationland

La République Démocratique de Inflationland a maintenu pendant plusieurs années un taux de croissance de la masse monétaire de 20 % par
année. A cause de cela, l'inflation d'Inflationland a eté, comme on aurait pu se douter, assez elevée.
Le gouvernement du pays a élaboré un plan pour faire diminuer le taux de croissance monétaire de 20 % à 10% dès la période t. Les agents ne
croient pas à tout ce que le gouvernement annonce et γ est une mesure du dégré de crédibilité du gouvernement.
Le public anticipe donc qu'avec une probabilité γ l'inflation sera égal à π* et avec une probabilité 1- γ elle sera égale à l'inflation de la période
précédente. π* est le taux d'inflation au nouvel équilibre de long terme si le plan du gouvernement a du succès. Sous forme mathématique cela
nous donne: π t = γπ * +(1 − γ )π t −1
e

L'objectif de cet exercice est de voir quel est l'effet de la crédibilité du gouvernement sur les variables qui subiront des changements à cause du
plan gouvernamental, à savoir: le chômage, le taux de croissance et l'inflation. On va se concentrer uniquement sur la première période après le
changement de politique. On vous demande de:

(a) Calculer le taux de chômage, de croissance et d'inflation à l'équilibre initial ainsi qu'au nouvel équilibre de long terme en supposant que le
programme du gouvernement a du succès.
(b) Ecrire la courbe de Phillips dans le cas présent.
(c) Calculer le taux de chômage, de croissance et d'inflation dans la première période où le plan est mis en place (vous supposerez donc que
le gouvernement réussi à faire diminuer le taux de croissance monétaire à 10 %). Utilisez les fonctions de Demande agrégée et Loi
d'Okun
Loi d'Okun: u t − u t −1 = − β ( g yt − g y )
Demande agrégée: g yt = g mt − π t
avec les paramètres suivants: α = 0.25, β = 0.5, µ = 0.5, z = 1, g y = 4%

Faites les calculs pour trois valeurs de γ : γ = 1 (totale crédibilité du gouvernement), γ = 0.75 (crédibilité moyenne) et γ = 0.25 (faible
crédibilité). Qu'en concluez-vous?

(d) Imaginons que si le taux de chômage du pays dépasse le niveau de 9 % il y aura tellement de grèves contre le gouvernement que le plan
de réduction d'inflation ne pourra pas être appliqué. Est-ce que cela vous indique pourquoi beaucoup de pays en développement n'arrivent
pas à faire diminuer leur taux d'inflation ?
Correction de l'exercice 3- La crédibilité du gouvernement en Inflationland

(a) A l'équilibre initial le taux de croissance de l'économie est égal à g y alors que le taux de chômage est égal au taux de chômage structurel: u n .
L'inflation nous est donnée par la demande agrégée: π t = g mt − g yt .

Au nouvel équilibre de long terme tant le chômage que le taux de croissance seront de retour à leur niveaux d'équilibre de long terme. L'inflation,
par contre sera de π * = g ' mt − g yt .

(b) On a vu dans le cours que, pour des anticipations quelconques, la courbe de Phillips s'écrie:

π t = π te + ( µ + z ) − αu t

Ou, en utilisant la définition du taux de chômage structurel:

π t = π te − α (u t − u n )

En substituant la définition des anticipations donnée dans l'énoncé on a:

π t = γπ * +(1 − γ )π t −1 − α (u t − u n )

(c)
µ + z 0.5 + 1
A l'équilibre initial g y = 4% alors que le taux de chômage est u n = = = 6% . L'inflation nous est donnée par :
α 0.25
π t = g mt − g yt = 20% − 4% = 16% .
Au nouvel équilibre π * = g mt − g yt = 10% − 4% = 6% .

On résout le système de 3 équations en 3 inconnues suivant:

Loi d'Okun: u t − u t −1 = − β ( g yt − g y )

Demande agrégée: g yt = g mt − π t

Courbe de Phillips: π t = γπ * +(1 − γ )π t −1 − α (u t − u n )

Les résultats pour la période t (première période avec g mt = 10 % ) sont :

- Avec γ = 1 (crédibilité totale du gouvernement)

u t = 6% π t = 6% g y ,t = 4%

Donc, si tout le monde croit ce que le gouvernement annonce alors on passe dès la première période au nouvel équilibre de long terme. Dans ce
cas le programme de désinflation n'a pas de coûts pour l'économie puisque le chômage n'augmente pas et le taux de croissance reste stable.

- Avec γ = 0.75 (crédibilité moyenne)

u t = 7.11% π t = 8.5% g y ,t = 1.5%

Lorsque la crédibilité du gouvernement n'est pas totale la politique de désinflation a des coûts en termes de chômage (augmente) et de croissance
(baisse). On observe aussi que l'inflation ne diminue pas autant que dans le cas précédent. Il faudra quelque périodes pour arriver à l'équilibre de
long terme.
- Avec γ = 0.25 (faible crédibilité)

u t = 9.33% π t = 12.66% g y ,t = −2.66%

On voie que dans ce cas de faible crédibilité tant la montée du chômage que la baisse de la croissance sont plus prononcés. L'inflation reste assez
élevée cette première période.

La conclusion est donc claire: moins le gouvernement est crédible quant à la politique qu'il dit vouloir mener, plus les coûts de cette politique
seront grands.

(d) Les résultats ci-dessus nous montrent que dans le cas où le gouvernement a une faible crédibilité le taux de chômage augmente sur la barre de
9 %, ce qui provoque la faillite du plan de réduction de l'inflation. Plusieurs pays en développement se trouvent dans une situation de ce type, qui
est une sorte de cercle vicieux: le public ne croit pas que le gouvernement pourra appliquer un plan contre l'inflation parce que cela serait trop
coûteux en termes de chômage et ce plan est trop coûteux en termes d'emplois précisément parce que le public ne croit pas qu'il pourra être
appliqué.