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juillet 2011

La Myriade

juillet 2011

Le journal La Myriade est publié deux fois l’an par le Centre de réadaptation La Myriade. Il est aussi disponible sur le site Internet de l’établissement : www.crlamyriade.qc.ca.

Nous employons le genre masculin afin d’éviter une lecture fastidieuse.

responsable de la publication Maryse Bérubé

révision linguistique Maryse Bérubé Martine Thériault

Correction d’épreuves Ginette Bélanger Lucie Melançon

réalisation graphique et mise en pages Diane Masse

impression

Imprimerie Lanctôt

en CouVerture Félix-Étienne Beaulieu et sa chienne Cannelle (lire l’article à la page 6)
en CouVerture
Félix-Étienne Beaulieu et sa chienne
Cannelle (lire l’article à la page 6)

1| qu’est-ce que la peur?

4 | Vivre avec une personne anxieuse

5 | les effets du chien sur l’anxiété

6 | Félix-étienne et Cannelle : une amitié pas comme les autres

CHroniqueS

8 | DU PROGRAMME EN SANTÉ MENTALE

La peur : un poids qui nous ralentit

9 | DU PROGRAMME EN DÉFICIENCE INTELLECTUELLE

Des stratégies d’intervention efficaces

10 | DU PROGRAMME EN TROUBLES ENVAHISSANTS DU DÉVELOPPEMENT

L’anxiété chez la personne présentant un TED

12 | À VouS la Parole

Que faites-vous pour surmonter vos peurs?

14 | un beau parcours de vie

15 | À Votre SerViCe

Peur, pas peur, j’y vais!

16 | CHronique du Comité deS uSagerS

La peur de porter plainte

17 | SuggeStionS de leCtureS et d’outilS

18 | jeuX

Crédits photos/illustrations Couverture, p. 3 (tableau de bord), p. 6 et p. 7 :

Diane Masse

1 et p. 4 : Photodisc/Thinkstock; p. 2 per-

p.

sonne et chat, p. 10 et p. 15 : iStockphoto/

Thinkstock; p. 3 (araignée) : Cheryl Casey/ Shutterstock.com; p. 8 : George Doyle/Stockbyte/

Thinkstock.

p. 5 : Gracieuseté de la Fondation Mira

Illustrations : Diane Masse

Note : Les photos des clients du CR La Myriade, des membres de leur famille ou des employés de l’établissement sont publiées avec leur consentement.

©2011, Centre de réadaptation La Myriade

Les textes peuvent être reproduits sans deman- der l’autorisation du titulaire du droit d’auteur, mais vous devez en mentionner la source et nous transmettre une copie du texte publié.

Dépôt légal : 2011 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1195-0757

Comité du journal Maryse Bérubé • Chantal Boisjoli • Annie Bossé • Natacha Devault • Marylène Majeau • Carole Rousseau • Isabelle Savard • Josée Tanguay et Jean-François Lefebvre (client)

Vous désirez participer au journal, le recevoir ou nous faire parvenir vos commentaires? Veuillez communiquer avec :

maryse Bérubé agente d’information 339, boul. Base-de-roc joliette (québec) j6e 5P3 tél. : 450 753-9600, poste 225 Sans frais : 1 877 753-9622 téléc. : 450 753-1930 Courriel :

maryse.berube@ssss.gouv.qc.ca

Politique de rédaCtion

Le journal La Myriade est distribué aux clients et à leur représentant, au personnel et aux par- tenaires de notre établissement. Il offre une visibilité aux différents programmes de l’établis- sement et présente des témoignages de sa clientèle sous l’angle d’une thématique précise.

Afin de poursuivre le travail déjà amorcé, le comité du journal sollicite la collaboration de personnes qui souhaiteraient soumettre des textes pour publication.

Pour ce faire, les articles doivent correspondre aux critères suivants :

1. Respecter les orientations et la mission du CR La Myriade;

2. Traiter du sujet préétabli (à l’exception de la chronique En Bref);

3. Prioriser des activités non ségréguées;

4. Avoir un maximum de trois pages à double interligne pour les articles de fond, les témoi-

gnages, les entrevues et les chroniques des différents programmes, ou d’une page à double interligne pour la chronique En Bref;

5. Convenir aux normes de qualité de la langue de l’établissement.

Qu’est-ce que la peur? peur est un signal qui nous avertit d’un danger. Elle nous

Qu’est-ce que

la peur?

peur est un signal qui nous avertit d’un danger. Elle nous permet de nous protéger et, parfois même, de nous sauver la vie. Par contre, la peur peut se transformer en véritable problème.

contre, la peur peut se transformer en véritable problème. Par Annie Bossé Intervenante paire aidante, Programme
contre, la peur peut se transformer en véritable problème. Par Annie Bossé Intervenante paire aidante, Programme

Par Annie Bossé

Intervenante paire aidante, Programme en santé mentale – nord

Comment se crée la peur?

Les humains ont tous une façon semblable de traiter l’information. Dès notre naissance, nos cinq sens gèrent l’information en retenant des images, des sensations ou des perceptions. Ensuite, nous les classons dans plusieurs ti- roirs de notre cerveau. Durant des années, sans même s’en rendre compte, des élé- ments peuvent être classés ensemble dans certains tiroirs.

En tant qu’intervenante paire aidante, j’ai entre autres le rôle d’aider des gens à démystifier leurs peurs, à les comprendre, à y faire face et à les dimi- nuer. Je suis aussi là pour susciter l’espoir. C’est donc avec beaucoup d’intérêt et de passion que j’ai accepté de vous entretenir sur la peur. Mais qu’est- ce que la peur? Est-ce vécu par tout le monde? La peur a-t-elle des im- pacts sur la qualité de vie? Peut- on désamorcer nos peurs? Voilà plusieurs questions que j’aborde- rai dans ce texte afin de mettre en lumière ce phénomène. Vous y trouverez des références ainsi que des explications simples et ima- gées. J’espère que cette infor- mation vous permettra de mieux saisir la provenance de vos peurs et de comprendre avec un brin de tolérance celle des autres.

Prenons l’exemple d’un animal qui m’a fait très peur quand j’étais pe- tite. Au moment du contact avec cet animal, j’étais seule et je n’ai pas trouvé de solutions pour me sécuriser. J’ai peut-être alors fait une association entre cet animal et la per- ception que ma vie est en danger. J’ai as- socié dans un tiroir le sentiment de danger et l’animal. Lorsqu’un de nos sens est de nouveau en contact avec l’élément qui a déjà été épeurant, le tiroir de cet élément s’ouvre et se connecte à l’émotion associée antérieurement. Ainsi, lorsque je suis à nouveau en contact avec cet animal, j’ai peut- être l’impression instantanée d’être en danger de mort. J’ai des palpitations, des sueurs froides, etc. L’émotion prend toute la place pour ensuite devenir spontanément une réaction de survie. Je risque de réagir en paralysant ou en fuyant l’élément consi- déré dangereux.

Si cette peur n’est pas affrontée et désamorcée, l’émotion s’amplifiera avec les années. Elle pourra même déclencher de l’angoisse seulement à ima- giner un contact avec l’animal. Cette peur pourrait augmenter jusqu’au point de devenir intolérable. Une phobie peut aussi s’installer. Lorsqu’une peur est in- tense, elle submerge le cerveau et plus rien d’autre ne compte. Elle prend alors le dessus sur notre capacité de réfléchir. Cette peur d’un animal pourrait donc en venir à me paralyser à la seule idée d’aller marcher à l’extérieur. Elle me priverait ainsi d’avoir du plaisir avec mon entourage. Ce malaise constant, qui nuit à ma qualité de vie, m’empêcherait alors de vivre plus librement.

Le dictionnaire Larousse définit la peur comme « un sentiment de forte inquiétude, d’alarme, en présence ou à la pensée d’un danger, d’une menace ». Plusieurs mots sont utilisés pour exprimer les différents niveaux et types de peurs : crainte, in- quiétude, appréhension, frayeur, angoisse, phobie, panique, terreur, etc. À la base, la

Chacune de nos associations, chacun de nos tiroirs, nous sont propres. Selon notre vécu, nous réagissons de façon différente devant un nouvel élément.

Selon notre vécu, nous réagissons de façon différente devant un nouvel élément. La Myriade | juillet

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L’intensité de la peur est amplifiée chaque fois que la peur refait surface. Chaque personne
L’intensité de la peur est amplifiée chaque fois que la peur refait surface.
L’intensité de la peur est amplifiée
chaque fois que la peur refait surface.

Chaque personne peut donc définir et qualifier la peur selon sa propre expérience. C’est la perception du niveau de danger que la personne ressent vis-à-vis l’objet ou l’événement qui accentue

l’intensité de la réaction.

Il est aussi normal de ne pas toujours se souvenir d’où vient notre peur, car elle se classe rapidement dans un tiroir sans même qu’on en soit conscient.

où se situe la peur?

Des chercheurs de l’Université de Rutgers, dans l’état du New Jersey aux États-Unis, ont identifié un gène qui contrôlerait la peur chez les souris. Dans un article publié dans la revue scien- tifique Cell en novembre 2005, ils rapportent que ce gène, ap- pelé stathmine, serait présent en grande quantité dans l’amyg- dale. Ces chercheurs ont constaté que, sans ce gène, les souris faisaient preuve d’audace dans des situations qui auraient dû leur faire peur. De plus, les souris étaient peu craintives dans des situations qui avaient été désagréables dans le passé.

situations qui avaient été désagréables dans le passé. L’amygdale : le siège de la peur L’amygdale

L’amygdale : le siège de la peur

L’amygdale est une glande située dans l’hémisphère droit de notre cerveau, au niveau de la tempe. Elle joue un rôle important dans la gestion de nos émotions. L’amygdale est essentielle à la survie, car elle déclenche le sentiment de peur. En fait, c’est un véritable système d’alarme face à un danger. L’amygdale permet aussi de reconnaître la peur chez les autres.

permet aussi de reconnaître la peur chez les autres. 2 La Myriade | juillet 2011 Les

2 La Myriade | juillet 2011

Les souris ne semblaient pas se souvenir du danger ni avoir peur. Serait-il possible alors que ce gène soit modifié ou pas présent dans le cerveau de certaines personnes? Cela pourrait- il expliquer en partie le comportement d’individus qui se retrou- vent souvent dans des conditions dangereuses sans réagir?

Combattre ses peurs

Denis Jaccard, thérapeute et fondateur de l’Institut d’hyp- nose thérapeutique en Suisse, explique 1 que la peur est liée au temps. « Il est impossible d’avoir peur d’un événement qui est déjà passé. En revanche, il est possible d’avoir peur qu’un événement passé, source de souffrance, se reproduise dans le futur. La peur naît de notre projection dans le futur et de notre capacité à faire face aux défis. » C’est ce que l’on appelle de l’anticipation. Prenons l’exemple d’une personne qui a peur de parler en public parce qu’elle a déjà vécu une mauvaise expé- rience. Avant même qu’elle ne commence à parler, elle imagine déjà ce que les autres vont dire après. M. Jaccard soutient que la peur reflète un manque de sécurité en lien avec un événe- ment futur. Alors, si le besoin « réel » ou « supposé » de sé- curité est comblé, la peur devrait disparaître. Mais comment y parvenir?

Pour affronter une peur, il faut d’abord reconnaître ce senti- ment. Très souvent, lorsque les impacts occasionnés par la peur apportent un niveau élevé d’inconvénients, d’inconforts et de souffrances, la personne demande l’aide d’un professionnel. Cela permet de mettre en place différents moyens pour désa- morcer la peur en question.

Il est important de prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir aux éléments qui déclenchent les réactions de peur. Compren- dre ce qui cause la peur aidera à trouver des stratégies pour la désamorcer.

Pascale Brillon, psychologue à la clinique des troubles anxieux de l’hôpital du Sacré-Cœur à Montréal, croit qu’il est primor-

dial de travailler les émotions douloureuses en lien avec cette peur. Avant de commencer une démarche de désensibilisation, la personne apeurée doit :

1. ressentir La personne identifie le « ressenti » de sa peur. Par

exemple : « J’ai le cœur qui bat vite. » « Je tremble. »

« Je me sens mal. »

2. nommer et s’approprier La personne s’approprie le « ressenti » de sa peur. Par exemple : « Je me sens en perte de contrôle. » « Je panique. » « J’ai de la peine. »

3. accepter

La personne accepte son état. Par exemple : « C’est légitime d’avoir peur. » « C’est correct que je tremble. »

« Cette peur, je peux la contrôler. »

4. exprimer La personne exprime son état, en parle à quelqu’un

d’autre, écrit sur ce qu’elle ressent. Par exemple :

« J’explique à une amie comment je me sens quand la

peur remonte. » « Je le dis quand je ne me sens pas bien. » « Je le verbalise dans mon journal intime. »

1. Extrait tiré du texte La peur, origines et solutions, par Denis Jac- card, disponible à l’adresse suivante : http://www.denisjaccard.ch/pdf/ les_peurs.

Dans ce processus, la personne prend conscience des pensées souffrantes reliées à son « ressenti

Dans ce processus, la personne prend conscience des pensées souffrantes reliées à son « ressenti ». Par exemple : « Je ne m’en sortirai jamais. » « La vie est dangereuse. » Elle trouve des moyens de s’apaiser, de favoriser la détente et de diminuer l’hypervigilance. Elle peut faire des exercices de respiration ou de relaxation, par exemple.

Enfin, la personne apprivoise la ou les situations évitées dans le but de diminuer son anxiété. Elle peut le faire en s’exposant à la situation de façon graduelle et répétée. Par la suite, il est important de définir ses limites, d’intégrer une hygiène de vie équilibrée et d’entretenir des pensées et un discours positifs.

et d’entretenir des pensées et un discours positifs. Certains scientifiques comparent la peur à un signal

Certains scientifiques comparent la peur à un signal lumineux sur le tableau de bord d’une voiture. Il est important de connaître la signification de ce signal afin de faire les réparations nécessaires à la voiture. De la même manière, pour désamorcer une peur, il faut en trouver la cause et la signification.

l’importance de la pensée

Dans son livre La puissance de votre subconscient, le docteur en théologie Joseph Murphy explique qu’il faut apprendre à uti- liser les deux niveaux de notre esprit : le niveau conscient (ou rationnel) et le niveau subconscient (ou irrationnel). « Vous pensez avec votre esprit conscient, et tout ce que vous pensez habituellement s’enfonce dans votre subconscient […] Lorsqu’une idée est acceptée par le subconscient, celui-ci commence à la mettre en exécution. […] Les choses que vous redoutez n’existent que sous forme de pensées dans votre esprit. »

Ainsi, selon M. Murphy, le subconscient ne fait pas la distinction entre des pensées positives ou négatives, bonnes ou mauvai- ses, vraies ou fausses. Il les accepte comme vraies et les met simplement à exécution. Les peurs continuent donc à se repro- duire dans différents événements de notre vie jusqu’à ce que l’émotion soit remplacée par un autre message. De là, l’impor- tance d’imprégner le subconscient de pensées positives. Il est donc important de regarder la situation qui génère la peur, de réaliser son impact et de choisir consciemment de changer la pensée entretenue.

Pour ce faire, on peut entre autres utiliser des techniques de visualisation. Si on reprend l’exemple de la peur d’un animal, on peut imaginer qu’on observe l’animal en train de jouer et qu’on en éprouve du plaisir.

On peut aussi s’exposer à l’objet de la peur, petit peu par petit peu. Il ne faut surtout pas se gêner pour demander à quelqu’un de nous accompagner. Ce contact progressif, associé à un dis- cours mental sécurisant, pourra graduellement mener vers un sentiment de confiance. Notre subconscient enregistrera alors une nouvelle donnée. Il pourra reclasser l’information aux bons endroits dans les tiroirs et de façon consciente.

Au cours de ma vie, j’ai moi-même désamorcé de grandes peurs qui m’empêchaient de fonctionner et de maintenir une qualité de vie. Au moment où j’ai pu cerner la provenance de mes peurs, que j’ai compris le sens de mes réactions et que j’ai perçu la situation comme moins dangereuse, j’ai été en mesure de trouver des façons pour les désamorcer. Quand je m’en- traînais à percevoir l’élément qui déclenchait une peur de fa- çon moins dangereuse, par des techniques de visualisation par exemple, j’ai eu automatiquement plus de facilité à conserver mon calme.

J’ai aussi lu sur le sujet pour découvrir des trucs pour faire face à mes peurs. Le livre Bien penser, mieux aimer de Gilianne Fortin et le best-seller international Transformez votre vie de Louise L. Hay ont été très inspirants tout au long de ce pro- cessus. Ces livres utilisent un langage simple, des exercices concrets et accessibles.

Finalement, tout le monde vit des peurs à différents niveaux selon son histoire et ses perceptions. Toutefois, nous avons tous du pouvoir sur notre façon de voir les choses. Prendre le temps de mieux comprendre ce phénomène donne un sens aux réactions qui souvent n’en ont pas. Le courage et la persévé- rance demeurent des ingrédients essentiels pour faire face à nos peurs. Si nécessaire, il faut consulter un professionnel pour nous accompagner dans notre démarche de changement. Le but ultime, c’est d’avoir du plaisir au quotidien. `

Le but ultime, c’est d’avoir du plaisir au quotidien. ` Pour certains, la peur est une

Pour certains, la peur est une bactérie facile à combattre et pour d’autres, une guerre sans fin difficile à vaincre.

bactérie facile à combattre et pour d’autres, une guerre sans fin difficile à vaincre. La Myriade

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Vivre avec une personne anxieuse Par Marylène Majeau Technicienne en assistance sociale, Programme en déficience
Vivre avec une personne anxieuse Par Marylène Majeau Technicienne en assistance sociale, Programme en déficience

Vivre avec une personne anxieuse

Vivre avec une personne anxieuse Par Marylène Majeau Technicienne en assistance sociale, Programme en déficience

Par Marylène Majeau Technicienne en assistance sociale, Programme en déficience intellectuelle – Jeunesse, D’Autray-Joliette

Vivre auprès d’une personne qui présente des trou- bles anxieux s’avère parfois complexe. Les proches peuvent être témoins de comportements difficile- ment compréhensibles tels que de l’évitement ou une fuite. La personne peut aussi avoir des rituels qui la sécurisent, des demandes de réassurance, une attaque de panique, etc. Il faut comprendre que tous ces comportements nuisent à la qualité de vie de la personne anxieuse. Comment peut-on offrir un soutien adéquat à une personne de notre entourage qui vit avec des peurs et de l’anxiété?

Au début, les proches auront tendance à s’adapter à la per- sonne anxieuse. Il viendra toutefois un moment où des tensions pourront apparaître. Le proche peut devenir de moins en moins tolérant vis-à-vis les comportements de la personne parce qu’il ne comprend pas. D’autre part, la personne anxieuse peut se sentir incomprise et cela aura comme impact qu’elle s’isolera de plus en plus.

Voici des pistes de solutions pour aider et soutenir une personne anxieuse :

• Se montrer empathique à la détresse ressentie;

• Encourager la personne à chercher de l’aide profession- nelle;

• Promouvoir des changements positifs comme l’exposition graduelle à ce qui occasionne des peurs;

• Reconnaître et renforcer les progrès, même les petits;

• Diminuer les attentes par rapport à la personne durant les périodes de stress;

• Se donner le droit de se sentir impuissant de temps en temps;

• S’informer sur les caractéristiques du trouble et les trai- tements appropriés.

du trouble et les trai- tements appropriés. 4 La Myriade | juillet 2011 Pour conclure, il

4 La Myriade | juillet 2011

trai- tements appropriés. 4 La Myriade | juillet 2011 Pour conclure, il est à souligner que

Pour conclure, il est à souligner que le soutien et la compréhen- sion des proches sont importants dans le processus de rétablis-

sement de la personne.

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Source : « Vivre avec un individu aux prises avec un trouble anxieux », par Stéphane Guay, Ph. D., publié dans la revue Psychologie Québec en mai 2005.

de l’aide aussi pour les proches

L’organisme « La lueur du phare » dans la région de Lanaudière offre un soutien aux proches des personnes ayant un problème de santé mentale. Cet organisme vise à soutenir les aidants naturels à trois niveaux : offrir de l’information et de la formation, et intervenir par le biais de rencontres individuelles, téléphoniques ou de cafés-échanges. D’autre part, cet organisme offre aussi du répit aux aidants naturels.

Les effets du chien

sur l’anxiété

Le chien est un excellent compagnon de travail et de jeu. Selon certaines études, il aurait aussi un effet positif sur la santé physique et mentale en permettant de réduire l’anxiété et le stress.

La présence d’un animal de compagnie a des effets cliniques importants. Il n’est pas nécessaire de posséder l’animal pour obtenir de tels effets sur le comportement et la santé. La seule condition préalable est qu’il faut aimer ces animaux.

Les chercheurs Barker et Dawson ont étudié l’effet des ani- maux de compagnie sur des patients psychiatriques en milieu hospitalier. Ils ont comparé le niveau d’anxiété d’un groupe de patients après une thérapie assistée par animal et le niveau d’anxiété d’un deuxième groupe de patients après une activité de thérapie traditionnelle. Les résultats ont montré qu’il y avait une différence significative entre les deux groupes. Les patients qui avaient suivi la thérapie assistée par animal avaient un ni- veau d’anxiété plus bas que les autres.

D’autres études ont montré que la plupart des propriétaires d’animaux de compagnie estimaient que leur animal avait amélioré la qualité de vie de la famille et leur qualité de vie en réduisant les tensions entre les membres de la famille.

Plusieurs études montrent que des interactions positives avec un chien, par exemple le simple fait de le caresser, a des ef- fets physiologiques importants et mesurables. Entre autres, des chercheurs ont montré que la pression artérielle diminuait chez les humains lors des interactions positives avec un chien. D’autres ont également montré qu’il y avait une réduction de la pression artérielle chez les résidants d’un centre de soins lors d’une simple activité de visite avec un chien.

les effets sur les enfants

Des études ont montré que la présence d’un animal dans des situations de soins de santé avait aussi d’importants effets bénéfiques pour les enfants. En effet, la présence d’un chien pouvait réduire l’anxiété, donner un sentiment de sécurité à l’enfant ou plus simplement détourner son attention des soins en cours. `

Adaptation d’extraits de textes tirés du site de la Fondation MIRA (http://www.mira.ca/fr/)

Nous remercions la Fondation MIRA de nous avoir permis de publier ce texte.

la Fondation mira et les enfants présentant un trouble envahissant du développement

La Fondation MIRA poursuit l’objectif d’accroître l’autonomie des personnes handicapées et de favoriser leur intégration sociale en leur fournissant des chiens entraînés pour ré- pondre à leurs besoins en adaptation et en réadaptation.

Depuis avril 2010, la Fondation MIRA offre la possibilité aux familles d’enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) de bénéficier des services d’un chien d’accompagnement. La mise en place de ce programme fait suite à plusieurs années de recherches approfondies quant à l’impact de l’intégration de ces chiens au sein des familles.

À qui s’adresse ce programme?

Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) regroupent le trouble autistique, le syndrome de Rett, le trouble désin- tégratif de l’enfance, le syndrome d’Asperger et le trouble envahissant du développement non spécifié.

Le programme d’attribution d’un chien d’accompagnement est maintenant offert à tout enfant rencontrant des diffi- cultés importantes dans l’une des trois sphères d’atteintes caractéristiques des TSA, soit les interactions sociales, la communication et la présence d’un caractère restreint, ré- pétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités.

Pour participer à ce programme, l’enfant doit avoir un inté- rêt pour les chiens. L’enfant et les membres de sa famille ne doivent présenter aucune allergie au chien. De plus, le chien ne peut être laissé seul à la maison pour une pério- de de plus de quatre heures. Les services de la Fondation MIRA sont offerts gratuitement.

Pour consulter les références des recherches scientifiques dont fait men- tion cet article, rendez-vous sur le site de la Fondation MIRA à l’adresse suivante : http://www.mira.ca/fr/rubrique/10/les-effets-du-chien-sur-

les-humains-recension-d-ecrits_102.html

les-humains-recension-d-ecrits_102.html La Myriade | juillet 2011 5

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Félix-Étienne et Cannelle :

une amitié pas comme les autres

et Cannelle : une amitié pas comme les autres Par Maryse Bérubé Agente d’information Félix-Étienne

Par Maryse Bérubé

Agente d’information

Félix-Étienne Beaulieu a 22 ans. Il a reçu son premier chien MIRA quand il avait 10 ans. Lui et sa famille ont eu la gentillesse de nous recevoir chez eux pour nous parler de sa vie avec sa chienne Cannelle.

Quand il était enfant, Félix-Étienne était renfermé et très an- xieux. Lorsque sa mère a fait une demande pour un chien à la Fondation MIRA, il y a 12 ans, les personnes présentant un trouble envahissant du développement ne faisaient pas encore partie de leur clientèle. Les chiens MIRA ont changé la vie de Félix-Étienne. Il y a d’abord eu Yuma, puis Câlin. Ces chiens ont permis à Félix-Étienne de gérer ses peurs et de développer son indépendance. « À deux, ils sont autonomes. S’il n’y avait pas eu ces chiens, notre fils serait encore collé sur moi », explique sa mère, en riant.

Quand Câlin est décédé le 3 décembre dernier, après 10 années de vie ensemble, Félix-Étienne a eu beaucoup de peine. Mais, vite, il a voulu appeler Noël, le psychologue chez MIRA. « Je suis tout seul. Ça ne va pas bien », lui a-t-il dit. Noël a réussi à trouver rapidement un nouveau chien. Le 8 décembre, Félix- Étienne et ses parents se sont donc rendus chercher Cannelle, une belle chienne labrador blonde. « Dès le premier regard, Cannelle a eu un coup de foudre pour Félix-Étienne », raconte sa mère. « Il n’a eu qu’à la mettre en laisse et c’était fait. »

Cannelle est toujours à l’écoute de Félix-Étienne. Elle est atten- tive au moindre de ses gestes et répond à toutes ses deman- des. S’il est dans la lune, elle va chercher son attention et le stimule. Même quand ils vont à la piscine, elle ne le perd pas des yeux.

Pour Félix-Étienne, Cannelle est une amie. Elle ne le juge jamais. Elle lui apporte de la confiance en soi. Par exemple, Félix-Étienne n’irait pas là où il y a des étrangers. Par contre, si sa chienne y va, il y va.

y a des étrangers. Par contre, si sa chienne y va, il y va. 6 La

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Félix-Étienne se rassure lui-même grâce à sa chienne. Quand il est anxieux, il parle de lui-même à travers Cannelle. Il dit, par exemple, que Cannelle est très inquiète de ceci ou de cela. Sa mère lui demande alors : « Que pourrais-tu faire pour la rassu- rer, pour l’aider? » Chaque fois, Félix-Étienne trouve une solution. Récemment, il a pris l’avion avec sa chienne. Avant son départ, il disait : « Cannelle a peur de prendre l’avion. » Durant le vol, il lui frottait les oreilles en disant : « Tu vois, Can- nelle, ce n’est pas si difficile. » Félix-Étienne frotte souvent les oreilles de sa chienne quand il est inquiet. Ce geste le rassure.

Le jeune homme a maintenant l’entière responsabilité de sa chienne. Il calcule ses portions avant de la nourrir, il la brosse, etc. Depuis qu’il s’occupe d’un chien, il a aussi appris à gérer un calendrier. Au début, seuls les événements liés à l’animal étaient inscrits au calendrier. Maintenant, il gère les rendez- vous de tous les membres de la famille.

Cannelle contribue aussi à la santé physique de Félix-Étienne. Chaque jour, il lui lance la balle. Cela travaille ses muscles, sa posture et sa coordination. Il marche beaucoup avec elle aussi, pour aller chercher le courrier, se rendre à l’épicerie, aller visiter ses amis, etc. Tout au long de la route, elle veille sur lui et le pousse vers le trottoir, au besoin.

Avant notre départ, Félix-Étienne nous a parlé de ses trois grands rêves avec beaucoup d’enthousiasme. Les voici :

1. Qu’un monsieur vienne le voir pour publier ses BD;

2. Avoir une blonde;

3. Vivre en appartement à l’âge de 25 ans avec Cannelle.

Toutes les semaines, avec son intervenante du CR La Myriade, il se prépare pour ce troisième rêve. Il apprend à faire son épicerie, à payer ses achats, etc. C’est lui qui, à 20 ans, en a fait la demande après avoir vu sa soeur vivre en appartement. Selon sa mère, tout ce qu’il fait actuellement est en fonction de cet objectif. Bientôt, on transformera la maison pour la rendre intergénérationnelle. Il pourra donc vivre dans un appartement intégré à la maison, tout près de sa famille. Et Cannelle sera toujours là pour le rassurer et veiller sur lui. `

L’exercice est important pour Félix-Étienne et Cannelle. Chaque jour, ils jouent à la balle et
L’exercice est important pour Félix-Étienne et
Cannelle. Chaque jour, ils jouent à la balle et vont
chercher le courrier à la boîte postale située à
1 km

de la maison. C’est Cannelle qui rapporte le courrier dans des sacoches posées sur son dos.

la maison. C’est Cannelle qui rapporte le courrier dans des sacoches posées sur son dos. La

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Chronique du Programme en santé mentale
Chronique du Programme en
santé mentale
Chronique du Programme en santé mentale La peur : un poids qui nous ralentit peur en

La peur : un poids qui nous ralentit

en santé mentale La peur : un poids qui nous ralentit peur en renforçant le comportement.

peur en renforçant le comportement. En effet, la personne se sent mieux une fois qu’elle s’est éloignée de la source de peur. Elle aura donc tendance à s’en éloigner à nouveau lorsqu’elle se présentera, de façon à retrouver ce sentiment de mieux- être.

Par Caroline Désilets Éducatrice spécialisée, Programme en santé mentale – sud

Les clients du Programme en santé mentale vivent différentes peurs, comme la population en géné- ral. Certaines problématiques de santé mentale se caractérisent toutefois par une anxiété plus élevée, chronique et invalidante. Lorsqu’on n’ar- rive plus à sortir de la maison sans ressentir un malaise intense, le quotidien devient rapidement difficile. Un isolement social s’ensuit.

Les symptômes provoqués par les peurs sont multiples : mains moites, difficultés à respirer, peur de perdre le contrôle, envie de fuir, étourdissement, etc. Pour certains, les peurs devien- nent envahissantes. C’est le cas lorsque la personne souffre, par exemple, d’agoraphobie (crainte des lieux publics et des espaces ouverts) et du trouble panique (type de trouble anxieux caractérisé par des crises sou- daines et sans raison apparente). Quand les peurs handicapent une personne au point de nuire à sa qualité de vie, il est important d’y remédier.

les types d’intervention utilisés

Les intervenants du Programme en santé mentale utilisent dif- férents moyens pour aider les clients à surmonter leur peur. La désensibilisation par exposition in vivo (dans l’environne- ment) en est un. Se désensibiliser à quelque chose correspond à se placer dans une situation de façon répétée. Cela fait aug- menter l’anxiété. L’objectif est de demeurer dans la situation jusqu’à ce que les symptômes diminuent. On doit recommen- cer, encore et encore, en augmentant le niveau de difficulté de façon graduelle. La personne doit en venir à ressentir un niveau de confort acceptable pour elle. Cette façon de faire repose sur le phénomène d’habituation.

La personne qui amorce une démarche de désensibilisation par exposition doit être motivée, car elle vivra de l’inconfort. Elle doit accepter de vivre un malaise intense durant une certaine période.

• • • • • 1 2
1
2

Durant la démarche, le rôle de l’intervenant auprès de la per- sonne sera :

D’expliquer le processus;

De rassurer;

D’encourager;

les moyens de défense

D’aider à planifier des étapes réalistes;

Chez les gens présentant de l’anxiété sociale sévère comme la phobie sociale (peur d’être jugé négativement), l’évitement est un moyen de défense très utilisé. La personne veut tout simplement éviter les situations risquant de lui provoquer un inconfort. Par exemple, la personne donnera différentes raisons pour éviter de participer à une activité ou d’aller dans un endroit public.

D’accompagner la personne durant la démarche.

Voici quelques autres moyens utilisés par les intervenants :

l’imagination (penser à ce qui suscite les symptômes afin de les provoquer et de s’y habituer), la visualisation, les exercices intéroceptifs 1 (exercices provoquant des symptômes physi- ques redoutés comme des palpitations, des étourdissements, de l’essoufflement, etc. à faire jusqu’à l’apprivoisement des sensations), la relaxation (respiration, méditation) et le travail sur les pensées.

Cependant, l’évitement maintient et augmente

la peur lorsqu’utilisé à répétition. L’interve- nant doit donc reconnaître les comporte- ments d’évitement afin d’aider la personne

à

Une des choses les plus importantes à retenir est ceci : il est possible de surmonter ses peurs, de les comprendre et de les contrôler afin de retrouver un fonctionnement satisfaisant pour soi. La peur est parfois saine, lorsqu’elle sert à nous protéger d’un danger réel. Toutefois, elle peut aussi être nuisible, car elle empêche d’avancer et fait perdre des opportunités :

en prendre conscience.

Lorsqu’on se trouve devant un danger réel, la fuite est aussi un moyen de défense parfois nécessaire. Par contre, la fuite tend

« la peur nous fait avoir une plus petite vie que celle que nous pourrions avoir. » 2 `

Livre : La peur d’avoir peur (voir détails à la page 17)

à faire augmenter la

Claire Potvin, http://pouvoirdechanger.com/decouvrir/vie/peur/

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17) à faire augmenter la Claire Potvin, http://pouvoirdechanger.com/decouvrir/vie/peur/ 8 La Myriade | juillet 2011

La Myriade | juillet 2011

Chronique du Programme en déficience intellectuelle
Chronique du Programme en
déficience intellectuelle
Chronique du Programme en déficience intellectuelle Des stratégies d’intervention efficaces Par Chantal Boisjoli

Des stratégies d’intervention efficaces

intellectuelle Des stratégies d’intervention efficaces Par Chantal Boisjoli Éducatrice spécialisée, Programme

Par Chantal Boisjoli Éducatrice spécialisée, Programme en déficience intellectuelle – Adulte, D’Autray-Joliette

et Alexandra Marion, stagiaire Programme en déficience intellectuelle – Adulte, D’Autray-Joliette

Comme tout le monde, les personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle (DI) ont des peurs. Toutefois, ces peurs s’expriment souvent de manière différente. Dans de nombreux cas, ces personnes n’ont pas la notion du danger à cause du niveau de leur DI. Ainsi, elles n’ont pas peur ou, plutôt, nous avons l’impression qu’elles n’ont pas peur. Il ne faut pas oublier que ce sont des personnes vulnérables. C’est un facteur im- portant à considérer.

Chez les personnes vivant avec une DI, les peurs se manifes- tent souvent par des changements de comportement allant jusqu’aux troubles de comportement. Cette réaction est due à leur difficulté à exprimer leurs peurs. Par conséquent, on doit trouver de quoi elles ont peur et mettre en place des interven- tions pour les soutenir. Le texte qui suit présente deux straté- gies d’intervention pour aider une personne vivant avec une DI à vaincre ses peurs.

la visualisation et la désensibilisation

La visualisation guidée est une stratégie d’intervention qui consiste à parler à la personne de ses peurs dans un état de grande détente. On demande d’abord à la personne de fermer les yeux et de détendre ses muscles, selon sa capacité. Puis, on commence la visualisation.

Il est important d’adapter le discours. Il faut donc que le lan- gage soit simple et ait un sens pour la personne. Il est essentiel aussi d’aborder les vraies peurs de la personne. Par exemple, dans le cas d’une personne qui a peur de l’eau, on l’amène à imaginer une situation réelle où il y a de l’eau. Surtout, il faut en parler de façon positive. Dans ce cas-ci, on le fait en nom- mant les avantages de l’eau, par exemple : l’eau, c’est rafraî- chissant. Il faut évidemment adapter l’intervention à la capacité de visualisation de la personne. On peut aussi utiliser des ac- cessoires pour imager la peur.

En tout temps, l’intervenant doit observer les signes physio- logiques qui démontrent un inconfort chez la personne. Il doit arrêter la visualisation aussitôt que la personne manifeste de tels signes.

La désensibilisation est une stratégie d’intervention plus adaptée pour la DI moyenne à sévère. Il s’agit d’exposer gra- duellement la personne à l’élément qui lui fait peur, en respec- tant ses limites. Il faut rendre cet élément agréable et positif. Dans la littérature, la désensibilisation se déroule en quatre étapes. La première étape consiste à enseigner des techniques de relaxation telles que détendre les muscles et prendre de profondes respirations. La deuxième étape consiste à poser des questions à la personne sur ses peurs en adaptant le langage. Cette étape est nécessaire pour situer la peur, surtout si nous ne connaissons pas le client. La troisième étape consiste à faire une mise en situation graduelle. Enfin, la quatrième étape consiste à amener la personne à affronter sa peur dans la vie réelle. Il faut évidemment accompagner la personne pour l’aider à main- tenir un contrôle. Lorsque l’intervenant procède à une désen- sibilisation, il est important que le client maîtrise chaque étape avant de passer à la suivante.

des outils très utiles

L’utilisation de pictogrammes, de photos, de sons, de stimula- tions tactiles est préconisée pour adapter les stratégies d’inter- vention aux personnes vivant avec une DI.

L’application de différents programmes, comme Gestion de la colère : G.E.C.O, aide les personnes présentant un trouble grave du comportement à faire face à leur peur tout en mainte- nant un équilibre mental.

Afin de réduire l’apparition des comportements problématiques chez ces personnes, il est aussi possible de faire des aména- gements préventifs dans leur environnement. Par exemple, pour une personne qui craint les prises de sang, nous pourrions demander à une infirmière de venir à la maison.

En conclusion, la peur est une émotion complexe pour chaque personne qui en souffre, mais plus particulièrement chez les personnes vivant avec une DI. Il est très difficile pour ces per- sonnes de surmonter leurs peurs au quotidien. Nous devons donc sensibiliser la famille et les partenaires (ressource, école, association, CLSC, etc.) à la démarche en cours. La collabora- tion de ces partenaires est essentielle pour la réussite des in- terventions auprès de la personne. Grâce à cette collaboration, la personne pourra généraliser ses acquis à toutes les sphères de sa vie pour faire face à sa peur. `

Références :

• Tremblez, mais osez (voir détails à la page 17)

• Psychologie, pensée, cerveau et culture Par Drew Western; traduit par Lucille Jouanjean et Catherine Garitte – Paris : De Boeck, c2000 (collection Ouvertures psy- chologiques)

et Catherine Garitte – Paris : De Boeck, c2000 (collection Ouvertures psy- chologiques) La Myriade |

La Myriade | juillet 2011

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Chronique du Programme en troubles envahissants du déveloPPement L’anxiété chez la personne présentant un TED
Chronique du Programme en troubles envahissants du déveloPPement
Chronique du Programme en
troubles envahissants du
déveloPPement
du Programme en troubles envahissants du déveloPPement L’anxiété chez la personne présentant un TED Il se

L’anxiété chez la personne présentant un TED

Il se peut, par exemple, qu’une personne présentant un TED ait peur d’un objet parce qu’elle a fait une fausse association. En fait, elle a associé l’objet à quelque chose de désagréable et elle pense que c’est l’objet lui-même qui crée la situation. Ainsi, une personne pourrait avoir peur d’une balle parce qu’une chaise est tombée dans la pièce la première fois qu’elle l’a touchée. Le bruit causé par la chaise l’ayant fait sursauter, elle ne veut donc plus retoucher à la balle de peur de sursauter à nouveau.

Il se peut aussi qu’une personne présentant un TED ait besoin de comprendre le fonctionnement d’un objet pour être à l’aise avec celui-ci. Par exemple, elle peut avoir peur d’un objet qui fonctionne avec un mécanisme automatique parce qu’elle ne comprend pas ce qui déclenche l’action de cet objet.

La personne présentant un TED a aussi des particularités sur le plan sensoriel : certains sens peuvent être très sensibles ou encore peu sensibles. Cela modifie parfois sa réaction par rapport à un stimulus (un bruit, une sensation au toucher, une odeur, une information visuelle) en comparaison avec la popu- lation en général. Par exemple, une personne présentant un TED pourrait avoir peur de marcher sur le gazon parce que la sensation du gazon sous ses pieds est très inconfortable. Elle pourrait aussi avoir peur d’aller dans une pièce parce qu’un bruit spécifique y est trop difficile à tolérer.

qu’un bruit spécifique y est trop difficile à tolérer. Par Isabelle Savard Éducatrice spécialisée, Programme en

Par Isabelle Savard Éducatrice spécialisée, Programme en troubles envahissants du développement, Les Moulins

Les émotions en général sont difficiles à compren- dre pour la personne présentant un TED. Pour elle, la peur se confond donc énormément avec l’an- xiété. Cette anxiété donne souvent lieu à des ma- nifestations comportementales particulières qui nécessitent une intervention. Il est donc important de bien comprendre l’anxiété chez la personne présentant un TED pour tenter de la soutenir dans la situation.

Plusieurs raisons expliquent qu’une personne présentant un TED vit de l’anxiété. Il est d’abord bien important de dire que cette personne présente des particularités au niveau du traite- ment de l’information. Sa façon de comprendre ou d’analyser les situations est parfois différente du reste des gens.

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de comprendre ou d’analyser les situations est parfois différente du reste des gens. 10 La Myriade

La Myriade | juillet 2011

À la lumière de ces différentes explications, plusieurs interven- tions sont possibles pour aider la

À la lumière de ces différentes explications, plusieurs interven- tions sont possibles pour aider la personne présentant un TED. Lorsqu’on parle de particularités sensorielles, des outils tels des cache-oreilles ou des lunettes de soleil peuvent être utilisés pour aider la personne à mieux gérer le stimulus.

On peut également adapter l’environnement pour soutenir la personne en diminuant le bruit ou la luminosité dans une pièce, par exemple. Des interventions en ergothérapie peuvent aussi être mises en place pour aider la personne à diminuer ses réactions sensorielles particulières. L’ergothérapeute pourrait provoquer diverses sensations sous les pieds d’une personne qui a peur de marcher sur le gazon, par exemple, pour lui apprendre à les tolérer.

On peut aussi utiliser des outils visuels, tels des scripts ou des scénarios, pour expliquer à la personne ce qui se passe. Pour contrer les fausses associations, une vidéo ou encore le modèle d’une autre personne qui fait l’action peut aider la compréhen- sion de la personne présentant un TED.

Il peut aussi être pertinent de faire une désensibilisation progressive avec la personne en la mettant lentement en contact avec l’objet qui lui fait peur. Dans ce cas, il est impor- tant de lui offrir en même temps des outils qui la réconfortent.

Comme la gestion des émotions est souvent difficile pour la per- sonne présentant un TED, on doit tenir compte de ses besoins en lui offrant des outils qui l’aident à diminuer son anxiété. Par exemple, on peut faire une liste des activités ou des objets qui sont réconfortants pour elle et les utiliser pendant ou après une situation stressante. Les stimuli verbaux (informations verbales :

explications, demandes, etc.) sont aussi souvent difficiles à traiter pour une personne présentant un TED qui vit de l’anxiété. Il est donc préférable de parler moins et d’utiliser des outils visuels et des objets réconfortants durant ces périodes.

Enfin, pour l’aider à comprendre ses émotions, il est utile de faire avec elle une liste des comportements qu’elle présente lorsqu’elle est anxieuse. Cela lui permettra de mieux identifier la peur pour ensuite utiliser des stratégies de réconfort. `

L'anxiété

L'anxiété
utiliser des stratégies de réconfort. ` L'anxiété J'ai les joues rouges et chaudes Mon coeur bat

J'ai les joues rouges et chaudes

` L'anxiété J'ai les joues rouges et chaudes Mon coeur bat vite Je sautille Je bouge

Mon coeur bat vite

Je sautille
Je sautille

Je bouge vite mes bras

Mon coeur bat vite Je sautille Je bouge vite mes bras Je suis crispé des épaules

Je suis crispé des épaules

sautille Je bouge vite mes bras Je suis crispé des épaules Quand : J e Pour

Quand :

Je

Pour aider la personne présentant un TED qui vit de l’anxiété, on peut lui présenter un outil visuel comme celui-ci. Cet outil l’aidera à comprendre son émotion. Il lui permettra aussi de trouver une solution pour gérer la situation de façon acceptable et satisfaisante pour elle.

une solution pour gérer la situation de façon acceptable et satisfaisante pour elle. La Myriade |

La Myriade | juillet 2011

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vous la parole

À

Je prends de profondes respirations pour

pour

me calmer. Aussi, je confronte

Que faites-vous

mes peurs au

vos peurs?

lieu de les

fuir. Maintenant, je fonce! Dans

le

groupe de rétablissement

du CR La Myriade,

surmonter

réponse de quelques clients.

j’ai appris à nommer

mes peurs aux autres

afin de les

désamorcer, et

cela, jusqu’à

ce

que je lâche prise totalement.

Voici la

Maintenant, je

n’ai plus de

phobie sociale et

presque plus de peurs, car j’ai beaucoup plus

confiance en moi et en la vie!

Aux intervenantes Myriade, merci et je

et intervenants du CR La

vous aime!

Ginette Latendresse

La peur? Elle est peut-être que de mon crayon.

sismographi-

au bout

mon raisonnement se

Stimulé par elle,

perd ses sens.

déforme et

d’en-

un mot

Je tente bien de retrouver

de tempérance.

tente,

Ma peur!

et

de revers

bien la prendre

J’aimerais

d’elle.

me soulager

d’un senti-

la bonne voie

Être bien dans

ment.

part, écrivant ceci,

quelque

J’ai peut-être

ce contretemps, dune certaine

apprivoisé

qui était ma peur.

façon,

François St-Gelais

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i t m a p e u r . façon, F r a n ç o

La Myriade | juillet 2011

Je me nomme Sylvie

et je désire

réintégrer le monde de l’emploi. Il y

quelques années, j’ai dû m’en éloigner

a

pour faire face

de santé mentale.

à un trouble

Je me sens maintenant rétablie. Pourtant,

j’ai toujours ce fameux

stress qui m’envahit lorsque je

me mets en quête

d’un travail, et ce,

pendant tout le processus

de cette action :

avant, pendant

et après.

Ce stress se traduit

par des

symptômes physiques,

nie, l’oubli de ma médication

soit de l’insom-

à l’occasion et même parfois des pleurs.

Aussi, lorsque ces

symptômes apparaissent, je

n’attends pas que ça

dégénère. Je m’oriente vers des

moyens d’action qui

nent et me permettent

me convien-

de continuer mes démarches.

Par exemple, si j’ai

planifié de solliciter une

née bien

entreprise

précise et que je ne me sens pas en

une jour-

pleine possession

mes moyens ce jour-là, je

de

remets cette action au

lendemain afin de

mieux la réussir.

Mes moyens les

plus concrets

Je retiens

lorsque la

peur m’envahit en rapport à

mes démarches de

lorsque jai une peur phrase : pour m’aider

recherche d’emploi sont :

• en parler à

quelqu’un de

mon entourage ou à l’agent d’intégra-

tion du CR La Myriade;

« Ce à quoi

tu fais face sefface, ce que

m’offrir un moment de détente comme une marche, des exerci-

tu fuis te suit… »

ces physiques, de la lecture ou des mots croisés;

Hélène,

me concentrer sur une bonne préparation de

mère de Médéric

mes démarches

venir.

à

Avec la mise

en place de ces moyens, je me sens de plus en plus à

même d’évaluer

mes capacités

de

manière positive

et constructive.

Il m’arrive souvent

d’être découragée lorsque je

cherche un emploi.

Je vis alors

des moments

difficiles. En adoptant des attitudes posi-

tives, je remarque que

ça m’aide à persévérer

et je garde confiance

en moi. Je sais

que, quelque part,

il y a un emploi

qui m’attend.

Sylvie L.

que jai ap-

Je mets en pratique les antidotes

CR La Myriade avec les

pris dans mon suivi au intervenantes.

Je fais de la visualisation positive et créative. Je

positives que

répète chaque jour des phrases

jai écrites au « je » et au temps présent. Je

je fonce!

passe ensuite à l’action,

n’aurais pu me

vais mieux que jamais je

Je

l’imaginer avant. Merci d’avoir cru en moi! Le plus gros de mon rétablissement est fait
l’imaginer avant.
Merci d’avoir cru en moi!
Le
plus gros de mon rétablissement
est fait et je
continue. Je ne lâcherai pas.
Margaret Jean
La Myriade | juillet 2011

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Un beau parcours de vie Par Josée Tanguay Éducatrice spécialisée, Programme en déficience intellectuelle –

Un beau parcours de vie

Un beau parcours de vie Par Josée Tanguay Éducatrice spécialisée, Programme en déficience intellectuelle –

Par Josée Tanguay Éducatrice spécialisée, Programme en déficience intellectuelle – Jeunesse, Les Moulins

Médéric est arrivé dans nos services avec la volonté de travailler, de faire des activités et de voir des amis. Mais il était incapable de sortir de chez lui. Était-ce la peur? L’anxiété? Un trouble du comportement?

Médéric refusait toutes mes invitations à sortir de la maison. Son cœur battait fort, il transpirait, il rougissait, il tremblait… Je devais donc respecter son rythme. Je devais aussi être pru- dente, car on ne peut pas mettre une conséquence sur un com- portement s’il est causé par un problème de santé et que ce n’est pas volontaire.

Cette problématique était aussi difficile à vivre pour les parents. Ceux-ci s’empêchaient d’aller voir la famille, car ils ne pouvaient pas laisser Médéric seul trop longtemps. De plus, le répit deve- nait difficile. Ils s’accommodaient de ce genre de vie, mais se sentaient tristes de cette réalité.

J’ai essayé plein de trucs : amener mon chien pour une promenade, amener son meilleur ami pour l’inviter à aller mar- cher, mettre un renforçateur s’il acceptait de sortir, varier les moments de la journée, lui lancer un défi. Rien de cela n’a fonctionné.

Des exercices ont été explorés avec Médéric pour qu’il ressente les symptômes d’anxiété (étourdissements, chaleur, sueur, bat- tements du cœur) dans un milieu sécurisant, soit sa maison. Il devait constater qu’il était normal de ressentir ces symptômes sans avoir peur.

À petits pas

C’est difficile d’avoir un diagnostic et du soutien si l’on ne sort pas pour voir un spécialiste. Il devait absolument réussir à sortir. L’équipe du Programme en santé mentale m’a pistée sur une intervention : la désensibilisation.

Tout d’abord, je devais reprendre la relation. Je devais aussi voir à ne plus être menaçante pour lui en cessant, pour l’ins- tant, de lui demander de sortir et en faisant des activités agréa- bles avec lui à la maison. Par la suite, nous devions débuter la

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lui à la maison. Par la suite, nous devions débuter la 14 La Myriade | juillet

La Myriade | juillet 2011

désensibilisation : cinq minutes dehors sur le balcon et vérifier son échelle de bien-être (rouge, jaune ou vert). Nous avons aussi utilisé un renforçateur (des bonbons) au bout de l’effort. Nous devions aller doucement. Si nous allions trop vite, nous reculions de deux pas. Graduellement, nous nous sommes dé- placés vers le bas des escaliers, cinq minutes, puis assis dans ma voiture, cinq minutes. Puis, toujours en vérifiant son échelle de bien-être, nous sommes allés vers un milieu connu de sa part, donc sécurisant, le parc. Nous avons même réussi à aller avec lui dans des magasins. Mais il fallait s’attendre à retourner à la base si on allait trop vite, et c’est ce qui est arrivé…

reprendre le pouvoir

Dans toutes ces étapes, nous avons remarqué la recherche de pouvoir chez Médéric. Il avait envie de décider. Alors, nous lui avons fait remarquer que, souvent, il peut décider. Par contre, des fois, il n’a pas le choix, par exemple quand il doit aller chez le médecin, le dentiste… Tout cela sous forme de jeux. Eh bien! Il a accepté d’aller prendre sa photo pour sa carte d’assurance maladie! Par la suite, il a recommencé à sortir. Il s’est même rendu au CR La Myriade avec ses parents pour une rencontre.

Aujourd’hui, Médéric accepte d’aller à ses rendez-vous médi- caux. Il suit aussi des cours pour adultes, il fait du bénévolat ou va à des cours de cuisine. Il est en attente pour un potentiel emploi dans une ébénisterie. Il a même comme projet d’aller vivre en appartement!

En conclusion, lorsqu’on fait vivre des petites réussites à une personne, elle reprend confiance en elle. Lorsqu’on lui redonne du pouvoir sur sa vie, qu’on la laisse choisir, elle accepte davan- tage les défis qu’on lui présente. `

redonne du pouvoir sur sa vie, qu’on la laisse choisir, elle accepte davan- tage les défis

À votre service

À votre service Peur, pas peur, j’y vais! Par Daniel Le Blanc Chef du Programme en

Peur, pas peur, j’y vais!

À votre service Peur, pas peur, j’y vais! Par Daniel Le Blanc Chef du Programme en

Par Daniel Le Blanc Chef du Programme en déficience intellectuelle – Jeunesse, D’Autray-Joliette

Printemps 1993. Notre établissement vit une phase importante de son développement en actualisant la désinstitutionnalisation de plus de 80 personnes vivant avec une déficience intellec- tuelle. Ces personnes vivent au Centre hospitalier régional de Lanaudière (CHRDL) dans des unités de vie, depuis bon nombre d’années pour certaines d’entre elles.

Depuis quelques mois, une équipe multidisciplinaire a été consti- tuée pour planifier et opérationnaliser les différentes étapes menant à l’intégration de chacune de ces personnes dans leur nouveau milieu de vie. Les intervenants du CHRDL contribuent à l’opération. Ils ont une bonne connaissance du fonctionne- ment quotidien des personnes. À ces informations s’ajoutent les observations des intervenants de notre établissement au cours des premières étapes de transition. Il s’agit ici d’activités simples comme sortir du département pour aller à la machine à liqueurs, de descendre à la cafétéria pour prendre une collation ou d’une activité plus complexe comme sortir dehors pour une marche de quelques minutes.

Remettons-nous en contexte… Plusieurs de ces personnes ont eu peu d’occasions de sortir de leur unité de vie au cours des dernières années. Pour les intervenants de notre établissement, habitués de travailler dans la communauté, c’est le choc d’une nouvelle réalité. Ce n’est pas évident de travailler à partir d’un milieu institutionnel, d’autant plus que certains bénéficiaires semblent avoir peur de quitter cette institution.

Et l’on constate rapidement que ce grand projet ne fait pas l’unanimité. Pour certains parents, la perspective d’une sortie de l’institution génère des sentiments d’insécurité, d’anxiété, de peur. C’est la crainte de l’inconnu. De plus, on doute de la capacité d’adaptation de notre fils, fille, frère ou sœur.

Chez le personnel des unités de vie, on observe de l’insécu- rité, de l’appréhension et de la peur. On voit, parfois même, des réactions d’hostilité, de cynisme ou d’indifférence. Dans la communauté, la peur est aussi présente. Une résidence où vi- vront six personnes doit prendre place au cœur d’un quartier résidentiel. Une rumeur négative se propage chez les voisins. Les sentiments de peur sont quasi généralisés au cours d’une soirée d’information.

Pourtant, aujourd’hui avec le recul, il est évident que cette peur généralisée chez tous ces acteurs était démesurée par rapport à ce qui est réellement arrivé. Des clients, des parents, des voisins, des responsables d’une ressource d’hébergement ou des intervenants pourraient témoigner des aspects positifs de cette opération.

Personnellement, cette expérience m’a fait réfléchir sur nos croyances lorsque nous vivons des changements. J’ai été im- pressionné par l’intensité et la diversité d’émotions qui ont été exprimées par chacun, tout au long du processus. J’ai vu com- ment la peur peut paralyser une personne qui veut rester en terrain connu, mais j’ai aussi vu comment une personne peut en retirer des bénéfices, si, malgré tout, elle fonce.

S’adapter aux changements

En fait, le changement est permanent. Depuis cette période, j’ai été témoin de nombreux changements de toutes sortes, entre autres dans l’offre de service de l’établissement. La vitesse du changement bouscule notre rythme de vie et nous pousse à dé- velopper de grandes capacités d’adaptation. Les personnes qui sont attentives aux premiers signes du changement ont la pos- sibilité de mieux s’y préparer. Aussi, j’observe que les person- nes qui réussissent mieux à intégrer un changement sont celles qui le considèrent comme une porte ouverte sur une nouvelle aventure, comme une avenue sur de nouvelles opportunités. Ces personnes sont prêtes à renoncer à leur zone de confort.

On sait que le changement implique des pertes. Il amène aussi des incertitudes et des moments d’inconfort. On est bousculé, on perd nos repères, on a l’impression de perdre le contrôle. Instinctivement, on voudrait tout gagner et ne rien perdre. C’est vrai que le changement est habituellement inévitable sans qu’on ait un réel pouvoir sur la situation. Toutefois, on a le pou- voir de décider de notre attitude à son égard. Le plus gros des

Toutefois, on a le pou- voir de décider de notre attitude à son égard. Le plus
Toutefois, on a le pou- voir de décider de notre attitude à son égard. Le plus

La Myriade | juillet 2011

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À votre service

À votre service obstacles se trouve en nous-mêmes. Pourquoi ne pas le voir comme une nouvelle

obstacles se trouve en nous-mêmes. Pourquoi ne pas le voir comme une nouvelle opportunité plutôt que comme une me- nace? Après tout, le changement vise l’amélioration.

Au CR La Myriade, je constate les effets positifs du nouveau Plan d’organisation qui a été un des changements majeurs des dernières années. Dans mon équipe de travail, j’observe que les intervenants s’adaptent quand ils se concentrent sur notre mission d’offre de services spécialisés. Ils revoient leur façon de faire, s’organisent différemment et relèvent de nouveaux défis.

J’observe aussi que la spécialisation et l’intensité des services apportent des gains importants pour certains clients et leurs proches. Par contre, d’autres vivent des pertes parce que les services des 1 re et 2 e lignes ne sont pas encore déployés de fa- çon optimale. J’ai cependant espoir qu’éventuellement chacun

Chronique du

puisse trouver, à travers le réseau local de services, une ré- ponse adéquate à ses besoins. Dans de grands changements de ce genre, tout ne tombe pas en place facilement. Les contradic- tions sont inévitables, souvent temporaires, alors la souplesse est de mise.

J’espère que le résultat de nos efforts aura, à moyen et à long terme, un effet positif sur les services offerts à la clientèle, sur le soutien offert aux familles et sur les liens avec nos partenaires.

Je pense que nos expériences de changements passées nous invitent à avoir confiance en l’avenir même si l’on ne sait pas exactement ce qu’il nous réserve. Nous sommes donc tous conviés à prendre conscience de nos peurs et à les surmonter…

Peur, pas peur, j’y vais! `

peurs et à les surmonter… Peur, pas peur, j’y vais! ` comité des usagers Par Susan

comité des usagers

Peur, pas peur, j’y vais! ` comité des usagers Par Susan Camden Coordonnatrice du comité des

Par Susan Camden Coordonnatrice du comité des usagers

La peur de porter plainte

On entend souvent cette phrase « J’ai peur de subir des repré- sailles si je porte plainte. » Une plainte ne devrait jamais avoir d’impact sur les services reçus.

La Loi sur les services de santé et les services sociaux interdit toute forme de représailles à l’égard des plaignants ou des personnes qui ont l’intention de le faire. Devant une telle situation, vous devez vous adresser immédiatement au com- missaire local aux plaintes et à la qualité des services. Celui-

ci a l’obligation d’intervenir sans délai pour faire cesser cette

pratique.

Qu’entendons-nous par représailles? Cela peut prendre toutes sortes de formes, soit l’animosité, l’indifférence, l’inaction, l’excuse de la paperasse, le labyrinthe administratif, la lenteur dans la communication malgré notre monde de technologie avancée, des mesures de répression et d’isolement, l’impoli- tesse et la violence verbale.

Vous ne devez pas avoir peur.

Pourquoi porter plainte?

Porter plainte est un geste constructif quand il s’agit d’as-

surer le respect des droits des usagers. Vous pouvez ainsi contribuer à l’amélioration de la qualité des services de santé

et des services sociaux.

Dans la plupart des cas, les usagers sont satisfaits de la qua- lité des services reçus. Néanmoins, il peut arriver que cer- tains services présentent des lacunes.

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arriver que cer- tains services présentent des lacunes. 16 La Myriade | juillet 2011 Habituellement, lorsque

La Myriade | juillet 2011

Habituellement, lorsque vous vivez une insatisfaction, il vous suffit d’aborder ouvertement la question avec les principaux intéressés pour résoudre la problématique.

Néanmoins, lorsque vous percevez qu’un manquement a été commis à votre égard ou encore que vos droits sont lésés, sachez que la Loi est là pour vous protéger. Celle-ci prévoit un régime d’examen des plaintes qui permet à une personne d’exprimer son insatisfaction ou de déposer une plainte à ce sujet.

Pour porter plainte, vous pouvez joindre M. Hubert Côté, commissaire local aux plaintes et à la qualité des services, au 450 753-9600 ou, sans frais, au 1 877 753-9622. M. Côté est la personne qui s’occupe exclusivement du traitement des plaintes dans l’établissement. Il relève directement du conseil d’administration, ce qui permet son impartialité.

aide, aSSiStanCe et aCComPagnement

Vous pouvez être assisté et accompagné en tout temps dans votre démarche par :

• Une personne de votre choix (un parent, un ami, quelqu’un en qui vous avez confiance);

• Le comité des usagers de l’établissement (voir les coordonnées à la page 17);

• Le Centre d’assistance et d’accompagnement aux plain- tes de la santé et des services sociaux de Lanaudière (CAAP-Lanaudière) en composant le 450 759-7700 ou, sans frais, le 1 800 882-5622. `

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Par Carole Rousseau Technicienne en documentation

Voici quelques suggestions de lectures en lien avec le thème du journal.

Émo et l’écureuil : la peur Par Isabelle Tardif; illustrations : Nancy Laperrière – Beau- harnois : Isabelle Tardif, c2008

« Livre de conte pour enfants sur la peur. » Disponible au centre de documentation.

Maman j’ai peur, chéri je m’inquiète Par Nadia Gagnier – Montréal : Éditions La Presse, c2010

« Livre qui donne un coup de pouce aux parents pour relever

les petits et grands défis de la vie familiale au quotidien, no- tamment sur les peurs irraisonnées de leurs enfants (peur des insectes, peur du feu, peur des voleurs, peur de ne pas réussir à l’école). Il permet de mieux connaître les caracté- ristiques et les conséquences de l’anxiété et guide vers les manières d’intervenir. »

Tremblez, mais osez Par Susan Jeffers; traduction, Denis Montagnon – Alleur :

Marabout, c2001

« Ce livre grand public pour adulte donne des conseils prati-

ques pour transformer la peur et l’indécision en assurance et

en action. » Disponible au centre de documentation.

Réussir à surmonter peurs, anxiétés et phobies : un guide personnel à suivre au quotidien Par Helen Kennerley – Montréal : Béliveau éditeur, c2009

« Livre qui montre comment utiliser soi-même de nouvelles

démarches psychologiques pour surmonter un problème de vie. Ce livre offre les clés qui permettent de comprendre les liens existants entre ce que nous pensons et ressentons et comment nous bougeons et réagissons pour agir sur nos émotions et nos comportements, nous libérer de nos bloca- ges et nous épanouir. »

lectureS et d’outilS

La peur d’avoir peur : guide de traitement du trouble panique avec agoraphobie Par André Marchand, Andrée Letarte – Montréal : Stanké,

c2004

«Pour les personnes atteintes du trouble panique, ce livre permet de mieux connaître ce qu’elles vivent et de trouver des moyens pour se traiter elles-mêmes ou de comprendre leur problème en s’assurant de recevoir le bon traitement en psychothérapie. Ce livre est aussi un outil de référence pour les professionnels. » Disponible au centre de documentation.

Quand j’ai peur Par Trace Moroney – Montréal : Éditions Caractère, c2008 (collection Les sentiments)

« Pour les jeunes enfants de 3 à 5 ans, ce livre montre qu’il est normal d’avoir des peurs et d’en parler. Une section du livre donne des conseils aux parents pour les aider à com- prendre les peurs de leur enfant. »

Voici quelques suggestions d’outils pour les parents.

Roue des peurs et des inquiétudes : roue d’impact Lac-Beauport : Académie Impact, c2004

« Pour les enfants de 6 à 12 ans, roue plastifiée qui leur per-

met d’identifier leurs émotions afin d’améliorer leur compor- tement. » Disponible au centre de documentation.

Mon coffret du soir : premières peurs vite oubliées Par Christelle Huet-Gomez – Anzou, c2010

« Pour les tout-petits de 0 à 2 ans, coffret de 2 livres sur le

thème des peurs enfantines afin de les rassurer quand ils sont seuls dans leur lit. Le premier livre traite de la peur du noir et le deuxième, de la peur du loup. Le coffret comprend une veilleuse pour aider l’enfant à s’endormir paisiblement. »

Voici des liens internet intéressants et accessibles :

• http://www.revivre.org/troubles-anxieux.php

• http://test.revivre.org/utilisateur/documents/T.%20

anxieux/questionnnaire_anxiete.pdf

• http://www.psychomedia.qc.ca/anxiete/dossier/

anxiete-et-troubles-anxieux

• http://www.centretraitementanxiete.com/approche.html

• http://www.anxietycanada.ca/french/

• http://www.phobies-zero.qc.ca/index.html

le Comité deS uSagerS eSt lÀ Pour VouS! • Défendre les droits et les intérêts
le Comité deS uSagerS
eSt lÀ Pour VouS!
• Défendre les droits et les intérêts collectifs des clients
ou, à la demande d’un client, ses droits et ses inté-
rêts en tant qu’individu auprès de l’établissement ou
de toute autorité compétente;
Le comité des usagers du CR La Myriade a pour mission de :
• Renseigner les clients sur leurs droits et leurs obli-
gations;
• Accompagner et assister, sur demande, un client
dans toute démarche qu’il entreprend, y compris
lorsqu’il désire porter plainte.
• Promouvoir l’amélioration de la qualité de vie des clients
à l’égard des services obtenus de l’établissement;
Numéro de téléphone : 1 866 252-9600
Adresse courriel : comite.usager.myriade@ssss.gouv.qc.ca
de téléphone : 1 866 252-9600 Adresse courriel : comite.usager.myriade@ssss.gouv.qc.ca La Myriade | juillet 2011 17

La Myriade | juillet 2011

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JeuX
JeuX
JeuX Par Jean-François Lefebvre Client au Programme en santé mentale mots troués Charade 1 Mon premier

Par Jean-François Lefebvre

Client au Programme en santé mentale

mots troués

Lefebvre Client au Programme en santé mentale mots troués Charade 1 Mon premier est une étendue

Charade 1

Mon premier est une étendue de terre cultivée par les agriculteurs. Mon second est le
Mon premier est une étendue de terre cultivée
par les agriculteurs.
Mon second est le mot que j’utilise quand je
parle de moi-même.
Mon troisième ne dit pas la vérité.
Mon tout produit quelque chose de nouveau.

Changement=mentjeChamp:Réponse

Charade 2

Mon premier est une note de musique. Mon second est un synonyme de « transpire
Mon premier est une note de musique.
Mon second est un synonyme de « transpire ».
Mon troisième est la 12 e lettre de l’alphabet.
Mon quatrième est un synonyme de « grand
nombre ». Lorsqu’il y en a beaucoup, on dit
qu’il y en a des
Mon tout est ce qu’apportent les efforts.

Résultats=tasLsuRé:Réponse

18

qu’apportent les efforts. Résultats=tasLsuRé:Réponse 18 La Myriade | juillet 2011 Complétez les mots suivants

La Myriade | juillet 2011

Complétez les mots suivants afin de découvrir un synonyme de « peurs ».

mots suivants afin de découvrir un synonyme de « peurs ». 1. Pou_e 2. _ue 3.

1. Pou_e

2. _ue

de découvrir un synonyme de « peurs ». 1. Pou_e 2. _ue 3. C_dre 4. B_se

3. C_dre

4. B_se

un synonyme de « peurs ». 1. Pou_e 2. _ue 3. C_dre 4. B_se 5. Cor_e

5. Cor_e

6. Lu_in

7.
7.

Tent_

synonyme de « peurs ». 1. Pou_e 2. _ue 3. C_dre 4. B_se 5. Cor_e 6.
synonyme de « peurs ». 1. Pou_e 2. _ue 3. C_dre 4. B_se 5. Cor_e 6.
synonyme de « peurs ». 1. Pou_e 2. _ue 3. C_dre 4. B_se 5. Cor_e 6.

8. Patin_

synonyme de « peurs ». 1. Pou_e 2. _ue 3. C_dre 4. B_se 5. Cor_e 6.

Craintes=setniarc:Réponses