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LA SHEKINAH

Etoughé Anani Patrick, PhD

L'on entend très souvent des prédicateurs zélés parler d'une forme particulière divine,
la Shekinah; et cela d'une façon qui pose des questions au profane, et même à l'expert qui se
demande ce qu'est encore cette nouvelle doctrine ? Il n'en n'est rien, ce n'est pas très
difficile. C’est un mot hébreu (signifiant littéralement, « demeure ») qui désigne, dans
la Bible, la présence de Dieu parmi son peuple ou l'immanence divine dans le monde. Les
images associées à la Shekina sont la lumière, la Gloire divine, la manifestation de Dieu. Son
équivalent araméen est employé dans le targum pour atténuer les expressions
anthropomorphiques incompatibles avec la transcendance de Dieu.
Ainsi, le terme serait un substitut de la présence divine pour éviter un
anthropomorphisme. Le terme même est issu des passages où la Bible parle de Dieu venant
résider/habiter parmi son peuple ou dans le Tabernacle (Exod 25 :8 ; 24 :45-46 ; Nomb 5 :3 ;
35 :34 ; 1 Rois 6 :13 ; Ezech 43 :9 ; Zach 2 :14). Parfois, le nom de Dieu est dit venir « faire
résider son nom » (Deut 12 :11 ; 14 :23 ; 16 :6,11 ; 26 :2 ; Néh 1 :9). Il est spécifiquement
stipulé que Dieu veut « habiter au milieu de Jérusalem » (Zach 8 :3 ; Ps 125 :21 ; 1 Chron
22 :25), sur le mont Sion (Esa 8 :18 ; Joël 4 :17,21 ; Ps 15 :15 :1) et dans le temple même
(Ezech 43 :7). Le terme Shekinah apparaît dans les Bibles araméennes, qui furent traduites en
langage simple, par précaution pour éviter des incompréhensions dans la conception de Dieu,
le terme « habiter » dans le texte Hébreu est traduit dans les targum par la phrase « que la
Shekinah demeure » (ex., Exod 25 :8 ; 24 :45,46 ; Nomb 5 :3 etc). Le targum Onkelos, traduit
même Elohim dans Gen 9 :27 par Shekinah et par conséquent devint un substitut pour Dieu
par ailleurs. Le temple, dans le targum Onkelos, est traduit par la maison de la Shekinah (Deut
12 :5 ; Ps xlix : 15 ; 108 :8).
Il y a neuf termes pour dire « habiter, » « demeurer dans » dans l’AT,
dont yâshab « s’asseoir, » traduit par « habiter » plus de 400 fois (cf. Gen 4 :20 ; Jos 20 :4 ; 1
Chron 17 :1,4,5 etc) ; aussi très fréquemment par « s’asseoir, » « supporter, » « rester. » Un
autre terme qui traduit « demeurer, » est shâkan ou shâken « s’installer dans, » duquel dérive
le terme rabbinique shekînâh littéralement « celui qui demeure, » lumière ou la flamme sur le
propitiatoire qui symbolisait la présence divine (Exode 25 :8 ; 29 :45
cf. Mishkân « sanctuaire »). Pour éviter d’être accusé de localiser l’être divin, à chaque fois
qu’il est dit : « Dieu habite » dans un endroit, le targum traduit par « Il cause sa Shekinah à
habiter » là (Exod 17:17; Exod 20:21; 25:8; 29:45-46; Nomb 14:42).
Dans le NT, « habiter » plus fréquemment traduit par oikéô, ou un composé ;
aussi, skênoô, et plus fréquemment dans les écrits Johanniques mênô, qui cependant, est
toujours traduit par « demeurer » (Louis Segond). On peut aussi mentionner le sens mystique
dans certains textes du NT, de l’habitation du Père ou de la divinité en Christ (Jean 14 :10 ;
Col 1 :19), du croyant en Christ (Jean 6 :56 ; Eph 3 :17) et en Dieu (1 Jean 4 :15 ; cf. 90 :1 ;
91 :1) et du Saint-Esprit ou Dieu chez le croyant (Jean 14 :17 ; 1 Jean 3 :24 ; 4 :15).
La gloire de Shekinah se reposait entre les chérubins sur l’arche de l’alliance dans le
lieu très saint, mais « le Très-Haut n’habite pas dans ce qui est fait de main d’homme, comme
dit le prophète » (Actes 7 :48). Dans Jean 1 :14 : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité
parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme
la gloire du Fils unique venu du Père. » Le langage est coloré par des réminiscences du
Tabernacle, dans lequel la gloire de Dieu, la Shekinah habite. Jésus devint le temple de Dieu
sur la terre (Jean 2 :19)
La présence du Messie est supposée être supérieure à la présence de la shekinah du
temps de Salomon. Certains pensent que la Shekinah était la nuée dans la maison de l’Eternel
(1 Rois 8 :11-13).Yahweh est la gloire incorruptible d’Israël (cf. Ps 106 :20 ; Rom 1 :23). Par
exemple, dans Jacques 2 :1, Jésus est identifié avec la Shekinah, Yahweh manifesté—« Notre
Glorieux Seigneur Jésus-Christ. »
Par conséquent, ce terme n’est pas trouvé dans la Bible, mais seulement des allusions à
cette doctrine dans Esa 60 :2 ; Matt 17 :5 ; Luc 2 :9 ; Rom 9 :4. Christ est la
véritable Shekinah du temple (Luc 2 :32 ; Rom 9 :4 ; Eph 1 :18)
Le terme n'est vraiment pas biblique même si la notion peut en être démontrée. Dans le désert
du Sinaï, la gloire de Dieu demeura visiblement sur le Tabernacle (Exod 40 :34ss), et dans le
Judaïsme le terme « habitation » ou shekinah, terme dérivé du vocabulaire « habiter, » devint
le terme standard pour signifier sa présence. Lorsque Jean 1 :14 annonce la réalité annoncée
dans la nuée de feu : « La Parole devint chair et habita parmi nous. »

Voir Edwards et Kaufmann Kohler and Ludwig Blau, « Shekina, » Jewish Encyclopédia
(1906): 11:258.

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