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Scanner à rayon

X
Omar Cherif Lezzar

REMERCIEMENTS

Tout d’abord, nous exprimons nos plus vifs remerciements à l’équipe dirigeante du
centre d’imagerie médicale « El Amane » pour avoir contribuée à notre formation
pratique en acceptant de nous recevoir dans leur établissement.

Ce stage a été effectué auprès du radiologue Dr. J.Benchiheb. Son expérience


nous a été d’un bon apport à la compréhension du fonctionnement de certains
appareils médicaux particulièrement la scanner. Ses conseils, sa disponibilité et sa
patience nous ont initier à l’instrumentation médicale et nous ont donné une plus
large vision sur la spécialité de notre formation de licence.

Qu’il trouve ici l’expression de notre reconnaissance et de notre gratitude. Monsieur


B.BOUKHAZZAR chargé de cours au département d’Electronique de l’Université
Mentouri de Constantine a accepté de suivre la progression de notre stage et nous a
orienté tout le long de la rédaction de notre rapport de stage. Nous le remercions
vivement et qu’il trouve ici l’expression de notre reconnaissance.

Nos remerciements vont également aux services du vice rectorat chargé de la


coopération et des stages de l’Université ainsi qu’à ceux du département
d’Électronique pour leur souplesse et la facilité trouvées dans l’octroi des documents
relatifs à notre stage.

Que toute personne, qui nous a aidé de près ou de loin dans la réalisation de notre
stage, trouve ici l’expression de notre gratitude.

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RESUME :
Ce stage a été effectué dans un centre d’imagerie médicale. L’objectif de notre stage
est la compréhension de certains appareils médicaux utilisés en milieu hospitalier.
Nous nous sommes intéressés au mode de fonctionnement du scanner à rayon X et
de son utilisation. Un intérêt particulier a été porté au mode de fonctionnement de la
partie électronique de cet appareil, très utilisé dans le diagnostic des anomalies
dans le domaine de la santé. Effectivement, le scanner permet d’explorer et de voir
l’intérieur du corps humain. On peut visualiser tout les organes, les os, les liquides,
etc. En noir et blanc, cet appareil donne des images en coupe qui peuvent être
assemblées pour obtenir une image tridimensionnelle et à l’aide de logicielles une
image en 3D couleur.

I. Introduction

Le mot “scanner” vient de l’anglais “scanography”. Ce terme vient du mot


anglais “to scan” qui signifie “scruter” et du grec “graphein” (écrire).

L’examen du scanner est aussi appelé tomodensitométrie, scanographie à rayon X,


tomographie axiale couplée avec ordinateur.

Le scanner médicale entre dans le diagnostic que demande le médecin au patient,


pour l’aider à découvrir les variations anormales dans le corps humain. Grace à ce
type de radiologie le médecin peut effectuer une interprétation poussée et donner le
bon traitement au patient. En effet, le scanner qui permet de voir l’intérieur du corps
humain et visualiser ainsi ; organes, os, liquide et autres en deux dimensions et
même trois dimensions, noir et blanc ou en couleurs, est une grande avancée dans
la technologie de découverte du corps humain et une précision dans le traitement
des maladies.

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II. Chapitre1 : Présentation de la structure


d’accueil

La structure d’accueil est le centre d’imagerie médicale El Amane, appartenant à un


groupe de médecins spécialistes en radiologie, parmi eux se trouve le Dr
J.BENCHIHEB qui a été notre guide dans ce stage. C’est un établissent privé, ou
l’image médicale obtenue par plusieurs différents appareils est étudiée et interprétée.
Il se situe dans une construction de trois niveaux (R+ 2) au faubourg, construite
spécialement pour ce type d’activité.
- L’accueil des patients et autres se fait au rez-de-chaussée avec une salle
d’attente ainsi que deux salles de radiologie une pour le scanner et une autre
pour l’IRM.
- Au premier niveau, on trouve une autre salle d’attente et d’autres salles de
radiologie, telles que ; la radiologie numérique, la panoramique et la
mammographie et une salle de traitement des images recueillies des
différents appareils de radiologie.
- Au dernier niveau, on trouve une autre salle d’attente et une salle
d’écographie ainsi que les bureaux des médecins qui dirigent le centre et
interprètent médicalement les images médicales recueillies à partir de tous
ces appareils de radiologie.

III. Chapitre2 : Déroulement du stage

1-Historique du scanner :

Le principe de la tomodensitométrie repose sur le théorème de Radon (1917)


qui décrit comment il est possible de reconstruire la géométrie bidimensionnelle d'un
objet à partir d'une série de projections mesurées autour de celui-ci. Cette méthode
peut être étendue à la reconstruction de la tomographie interne d'un objet à partir de
la façon dont les rayons traversant celui-ci sont absorbés suivant leurs angles de
pénétration. Toutefois, les calculs nécessaires à cette technique la rendaient
impraticable avant l'avènement des ordinateurs.

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L’idée du scanner vient de deux médecins : le docteur OLDENDORF et le docteur


AMBROSE. Le premier scanner à rayons X a été inventé par un ingénieur
britannique : GODFREY NEWBOLD HOUNSFIELD. Il travaillait pour la firme EMI-
Musical Industries. Le prototype a été réalisé en 1968 et présenté pour la première
fois en 1972.

Les premières images de tomodensitométrie furent réalisées sur le cerveau (en 1971
fut réalisé le premier scanne crânien dans un hôpital a Londres). Les progrès furent
alors très rapides. Par la suite, elles ont été effectuées sur l’ensemble du corps à
partir de 1974. La mise au point de la scanographie a été saluée comme la
découverte la plus importante en radiologie depuis celle des rayons X par W.C.
Roentgen en 1895. Elle a valu à A.M. Cormak et G.M. Hounsfield le prix Nobel de
Médecine en 1979

Le scanner a révolutionné, depuis les années 70, le diagnostic médical. C’est la mise
au point d’ordinateurs puissants qui a permis d’obtenir des images formées à partir
de calculs complexes.

Depuis 1972, la technologie du scanner a été perfectionnée et continue d’évoluer


afin d’améliorer la qualité des informations tout en limitant la dose d’irradiation par les
rayons X.

Au début, les scanners comprenaient un tube générateur de rayons X et un seul


détecteur, le patient étant entre les deux. Puis on a réalisé une rotation de quelques
degrés de l’ensemble, enfin une rotation de 180 degrés avec une possibilité de 10
000 mesures.

En multipliant le nombre de détecteurs, on a réalisé ce qu’on appelle une


«barrette de détecteurs» et on est passé de trois minutes à une minute de temps de
pose par coupe. Depuis son apparition il y a maintenant plus de trente ans, la
scanographie a connu un succès croissant, le nombre de scanners ayant par
exemple plus que doublé entre 1988 (229 machines) et 1997 (563 machines). Aussi,
compte tenu des niveaux de doses relativement élevés délivrés par ces examens,
cette technique d'imagerie représente à ce jour la principale source d'exposition de la
population dans le domaine du radiodiagnostic.

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1.1-Première génération :

C’est celle du premier appareil de Hounsfield :


le foyer émet un seul faisceau fin, le détecteur
unique est lié mécaniquement au foyer.

- Ce faisceau subit une translation qui parcourt


la largeur de la tête.
- Une rotation angulaire de 1°, amène le tube au
départ d'une nouvelle translation.
- L'appareil tourne ainsi sur 180°, en 20 minutes.

1.2-Deuxième génération :

Les appareils de deuxième génération ont été


commercialisés vers 1974. Un faisceau en
pinceau large est détecté par une série
limitée de détecteurs et permet d'étudier une
zone plus large ; les déplacements restent
identiques, mais le temps passe à 20 ou 40
secondes par coupe. Seul le crâne est
accessible.

1.3-Troisième génération :

Elle constitue la quasi totalité des appareils en


service par opposition à la deuxième génération,
on les appelle "corps entier".

Une série de détecteurs (500 à 1000) correspond


à la largeur de la région étudiée. Une seule
émission de RX couvre la largeur du sujet (50cm
pour un abdomen) sur une épaisseur de 1 à
10mm. Seul le mouvement circulaire est utilisé ;
180 ou 360 émissions successives sont faites et détectées en 2 à 7 secondes.

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1.4- Quatrième génération :

Des détecteurs fixes, plusieurs milliers, font


une couronne complète autour de l'anneau ;
seul le foyer des RX, et donc le faisceau X
tourne autour du malade. La vitesse peut
encore augmenter, mais l'appareillage
devient sensible au rayonnement diffusé
puisque les détecteurs qui ne reçoivent pas de rayonnement direct reçoivent du
rayonnement diffusé.

1.5-Cinquième génération :

Le ciné-scanner (imatron) est un autre type de scanner qui peut être appelé à un
développement ultérieur, en particulier pour l’exploration cardiaque, et peut être
aussi pour le corps entier. Il est en concurrence avec les appareils de routine actuels
(3ème et 4ème génération).

Aucune pièce n’y est mobile en dehors du chariot patient. Un énorme canon a
électrons projette un faisceau sur 1a 4 anneaux en tungstène, situé autour du
patient ; le faisceau X nait de ces anneaux il est alors colimaté sur deux couronnes
de détecteurs. Cette rotation est rapide (le temps de pose est voisin de 1/20 de
seconde) (voir figure 5).

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2-Technologie:

La scanographie à rayons X peut


être définie comme une méthode de
mesure de la densité radiologique
des volumes élémentaire d’une
coupe. Cette méthode radiologique
donne des images du corps avec
une étude des densités plus de 100
fois plus précise que celle obtenue
sur une image radiologique
conventionnelle, le scanner à rayons X étudie
l’atténuation d’un faisceau de rayons X au cours
de la traversée d’un segment du corpos ;
toutefois, plusieurs éléments le différencient de
la radiologie classique : l’étude de l’atténuation
des rayons X se fait par des détecteurs (capteur)
faits de cristaux à scintillation ou de chambres
d’ionisation qui permettent de quantifier les
mesure.

La sensibilité est considérablement plus grande que celle du film radiologique.


Générateurs et détecteurs de rayons X sont solidarisés par un montage mécanique
rigide qui définit un plan de détection, l’objet à étudier étant placé dans le faisceau, le
dispositif fournit alors une mesure de
l’atténuation du rayonnement dans ce plan.
Par les détecteurs, on obtient une série de
mesures de l’atténuation résultant de la
traversée d’une tranche de corps par rayons
X, une seule de ces projections ne suffit pas
à reconstituer la structure de la coupe,

Un mouvement de rotation de l’ensemble autour du grand axe de l’objet examiné


permet alors d’enregistrer une série de projection de l’atténuation résultant de la

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traversée de la même coupe suivant différentes directions et une translation de la


table nous permet de regrouper la coupe pour avoir un diagnostique plus précis.

L’utilisation de méthodes mathématiques


complexes nécessitant l’emploi d’ordinateurs,
conduit par des différents profils à construire
l’image de la distribution des coefficients
d’atténuation au niveau de la section étudiée. Le
principe de reconstitution de l’image numérique est
analogique à celui du chiffre contenu dans une
matrice dont on connait les sommes selon différents axes.

3-Constituants du scanner :

3.1- La Table patient :

La table du scanner où le patient s’installe tout le long de l’examen se déplace


verticalement et latéralement (figure ci-dessous).

On fait descendre la table automatiquement


et on installe le patient confortablement au
milieu de celle-ci, ensuite on la fait remonté
au niveau adéquat, la latitude est contrôlée
par une commande et est détectée par un
fil qui indique la position exacte et arrive à
la bonne altitude. Puis on fait glisser la table
latéralement jusqu’à la zone souhaitée
pour être scanner, et qui sera au milieu de
l’ensemble tube-détecteur et on programme
la vitesse de translation de la table.

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Fille détecteur de la Moteur de déplacement vertical


hauteur

Moteur de déplacement horizontal

3.2- Le Gantry :

Le cœur du scanner à pour rôle principale la production des rayons X, la détection


des rayons X non atténués et la transmission de l’information au centre de calcul. Il
se compose d’un stator et d’un rotor. Le rotor est composé du tube radio gène qui
produit les rayons X, du radiateur système de refroidissement du tube, des
détecteurs qui détectent l’atténuation des rayons X, des fusibles et de deux
transformateurs et redresseur pour anode et cathode qui augmentent la tension de

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400V à 140kV et la redresse en un signal continu. Le stator est composé d’un


convertisseur analogique numérique, du moteur qui fait tourner le gantry, du circuit
de commande qui fait marcher le gantry (la carte mère) et du circuit électronique qui
contrôle la voie. Quand le patient est placé entre le tube et les détecteurs, le signale
donne le début de la radiation, le tube-détecteur tourne à une très grande vitesse qui
est elle aussi contrôlée par un système de commande.

Droite du gantry :

Il est composé :
- un ensemble de transformateur utile pour la conversion de tension dont le
gantry a besoin.
- une tige de support sur laquelle repose le gantry pour le faire inclinée,
- un détecteur de L’angle d’inclinaison.
- le circuit imprimé composé de micro processeurs.

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Circuit imprimé du gantry

Gauche du gantry :

Il est composé de transformateur et de la tige d’inclinaison du gantry.

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Scanner avec électrocardiogramme

L’information et l’alimentation se transmettent du stator au rotor par des pinces qui


sont fixées au stator et qui frottent le rotor.

Transmission des donnés du stator vers le rotor

4-Principe du scanner :

Dans un scanographe, un premier détecteur électronique (le capteur Co du schéma


ci-dessus) mesure l’intensité du fin pinceau de rayons X émis par le tube à rayons X
avant qu’il ne balaie point par point la tranche du corps à examiner. Pour explorer
cette coupe, le tube effectue une rotation complète degré par degré.

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Une partie du rayonnement incident (celui qui entre en contact avec le corps) est
absorbée par les tissus traversés. Le rayonnement émergent (celui qui ressort) est
capté par un détecteur électronique (le capteur C 1 quand la source est en S1) qui
tourne en même temps que le tube (de façon synchrone). Quand la source est en S 2,
le capteur est en C 2, etc. Au cours de la rotation, rayons X incidents et rayons X
émergents captés sont comparés et convertis en signaux électriques.

Un peu plus de 2 millions de données sont enregistrés en quelques secondes par


l’ordinateur. Le programme de celui-ci permet de calculer l’absorption du
rayonnement en chaque point de la coupe. Le scanner utilise l’absorption des rayons
X en relation directe avec la densité des tissus que les rayons ont rencontrés. Les
résultats sont alors mis en mémoire.

Un traitement informatique complexe permet


ensuite de faire apparaître sur l’écran l’image
reconstituée d’une coupe axiale de 1 à 10
millimètres d’épaisseur. Cette image traduit les
variations d’absorption des tissus traversés
auxquelles sont associées des variations de
nuances (noir, gris, blanc) ou des couleurs
conventionnelles.

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5-LES ELEMENTS DE LA CHAINE


SCANOGRAPHIQUE :

5.1-Tube radio gène (tube à rayons X) :

 Il permet la production des rayons X.


 Il est composé d’une ampoule de verre.
 d’une gaine où est placée l’ampoule et de l’huile minérale.

5.1.1-Ampoule de verre

L’ampoule maintient un vide poussé où le déplacement des électrons ne rencontre


aucun obstacle. Le verre doit résister à des températures très élevées provenant du
filament et surtout du plateau anodique.

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Pour les appareils actuels, les puissances élevées nécessaires exigent l'utilisation de
tubes à anode tournante. La double exigence de l'ouverture importante du faisceau
de rayons X (50 degrés) et de la limitation des effets gyroscopiques nécessitent une
orientation de l'axe longitudinal du tube (ou de l'anode tournante) perpendiculaire au
plan du mouvement de rotation.
Les tubes à rayons X sont soumis à
des contraintes thermiques et
mécaniques sévères, ils sont
généralement garantis pour 335 000
coupes. Les tubes à rayons X
fonctionnent de la manière suivante :
dans une enceinte de verre où règne
le vide, des électrons sont émis par un
grand filament en tungstène en forme
de spirale (cathode) qui est chauffé à des très hautes températures par un courant
électrique (effet EDISON). Le faisceau d'électrons doit être concentré sur une
surface réduite (0,6mm x 2 mm de côté pour le petit foyer) et non pas se disperser
sur toute la surface du plateau anodique. Cette
concentration est obtenue en disposant le
filament au fond d'une pièce métallique portée
au potentiel négatif convenable repoussant
vers le centre du faisceau les électrons
négatifs, Cette concentration est obtenue en
disposant le filament au fond d'une pièce métallique portée au potentiel négatif
convenable repoussant vers le centre du faisceau les électrons négatifs et améliorant
ainsi la finesse de l’image. Ils sont accélérés en direction d’une anode (ou
anticathode) par un champ électrique créé par une différence de potentiel élevée
(généralement de 10 à 150 kV) entre le filament qui sert de cathode et l’anode. Ces
électrons entrent en collision avec la cible qui constitue le métal de l’anode.

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5.1.2-Le plateau anodique :


Le plateau anodique monté sur un axe de rotation joue un rôle de :
 masse ayant une capacité d'accumulation thermique de l'énergie introduite de
manière discontinue lors de chaque cliché
 source de dissipation de cette quantité de chaleur
 conducteur électrique (anode)
 support mécanique en rotation rapide
Le diamètre du plateau mesure 70 à 120 mm pour les modèles courants.

5.1.3-Le moteur d'entraînement du plateau anodique :

Le plateau anodique tourne à 3000 ou 9000 t/min, entraîné par un axe, lui-même lié
au rotor du moteur situé dans l'ampoule de verre ; des roulements à billes de grande
qualité permettent un fonctionnement malgré les contraintes thermiques.

Le stator du moteur est disposé à l'extérieur de l'ampoule : le courant nécessaire


pour accélérer le plateau à 9000 t/min en un temps bref (1 à 1,5 secondes)
représente environ 400 V et 10 A (4 kW) donc une source de chaleur non
négligeable lorsque l'entraînement d'anode est inutilement prolongé.

5.1.4-Création des rayons X :

Il y a deux phénomènes complètement différents susceptibles de donner naissance à


des rayons X :

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5.1.4.1-Le spectre continu :

Lorsqu'un électron d'énergie cinétique E c arrive au voisinage d'un noyau, sa vitesse


est réduite de quelques 100 000 km.s-1 à celle des électrons libres dans un métal (1
000 km.s-1) ; sa trajectoire est déviée et il subit une accélération due à la force
attractive d'origine électrostatique. Il s'avère qu'une particule décélérée (freinée)
rayonne de l'énergie. L'énergie émise sous forme de photons X est prélevée sur
l'énergie cinétique E c de l'électron qui poursuit sa trajectoire avec une énergie
cinétique plus faible E'c telle que :

5.1.4.2-Le spectre de raies (discret) :


Lorsqu’un électron très énergétique arrive sur un atome de la cible, la probabilité
pour qu'il heurte un électron du cortège électronique n'est pas négligeable.
Si cet électron possède une énergie cinétique supérieure à l'énergie d'ionisation d'un
électron du cortège électronique, celui-ci est expulsé.

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Si l'électron incident à une énergie cinétique assez forte, il pourra expulser un


électron des niveaux internes de l'atome. Dès lors, l'atome devient instable ; un
réarrangement électronique se produit en moins de 10-16 s.
Supposons par exemple que l'électron incident ait une énergie cinétique supérieure à
l'énergie d'ionisation d'un des deux électrons de la couche K (n = 1), celui-ci est alors
expulsé. Sa place sur la couche K devient vacante.
Les électrons des couches externes auront tendance à se précipiter dans la place
laissée vacante. Ce faisant, l’électron qui change d’orbite perd de l’énergie, qui est
rejetée à l’extérieur sous la forme d’un photon : tel est le mécanisme d’émission des
photons des raies caractéristiques de rayons X.

L’énergie E des photons ainsi émis est parfaitement déterminée. Elle est égale à la
différence entre les énergies initiales W 1 et finale W 2 de l’électron qui change
d’orbite : E = h. ν = W1-W2

Les piques représentant le spectre discret

Les rayons X créés constituent 1% de l’énergie fournie et 99% de l’énergie est


transformée en chaleur. Ces pour cela qu’on fait refroidir le tube.
5.1.5-La gaine du tube :
La gaine métallique qui contient l'ensemble du tube joue les rôles suivants :
- protection mécanique et électrique, moyen de support de l'ensemble, base de
fixation du diaphragme ou des localisateurs.
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- protection contre le rayonnement X : le rayonnement utile sort par une fenêtre


limitée ; dans toutes les autres directions la gaine réduit la dose à de très faibles
valeurs ; elle est entourée de plomb.
- évacuation de la chaleur provenant de la cible de l'anode avec le l’huile refroidit
grâce à un radiateur.

5.2-Collimateur primaire :

Le collimateur primaire placé à la sortie du tube à rayons X a pour but de définir


l'ouverture du faisceau de rayons X (fan beam : faisceau en éventail), qui peut varier
de 40 à 50 degrés. La largeur du faisceau de rayons X, généralement de 1 à 10 mm,
est obtenue par motorisation des deux « mâchoires » du collimateur par des fentes
fixes pré-formées dans du plomb. La qualité de cette collimation est essentielle pour
que le profil de dose soit aussi proche que possible de celui de la coupe.

5.3-L’absorption des rayons x par le tissu humain :

La tomodensitométrie repose sur le principe de mesure de la densité de tissus


traversés par un faisceau de rayons X à partir du calcul du coefficient d'atténuation.
En effet, en tournant autour du patient le couple tube RX – Détecteurs on obtient
une succession de projections de la « transparence » du patient selon différents
angles répartis sur 360°. L’effet de l’absorption est appelé effet Compton.

5.3.1-Effet Compton :

Cet effet a été découvert par le physicien américain


Arthur Compton (prix Nobel de physique en 1927) et il
décrit l'absorption des rayons X par les électrons. Cette
découverte a contribué à confirmer la dualité onde-
particule de la lumière.

L'effet Compton se produit lorsqu'un photon à haute


énergie (rayon X - 100 keV à 10 MeV) entre en
collision avec un électron périphérique peu lié à

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l'atome : une partie de l'énergie du photon incident est transférée à l'électron.

En conséquence, le photon a une longueur d'onde plus grande après collision.

Après collision, la nouvelle direction du rayon X


est aléatoire : il y a diffusion de ce rayon X dans
toutes les directions même dans le sens opposé
au faisceau incident.
Cette augmentation de longueur d’onde varie par rapport au tissu (haire, liquide, os).

5.3.2-Effet photoélectrique :

L’effet photoélectrique se produit en deux temps. Tout


d’abord, le photon arrache un électron lié d’un atome. Il
s’agit généralement d’un électron appartenant aux couches
les plus internes L ou K (comme sur la figure). Ensuite
l’atome qui a perdu un de ses électrons internes se trouve
dans un état excité. Un électron d’une couche plus externe
vient occuper la lacune laissée par l’électron éjecté. Si
l’électron éjecté appartenait à la couche K comme sur la figure, un rayon de longueur
d’onde visible.

Variation de l’absorption en fonction de la longueur d’onde λ :

Plus la longueur d’onde λ du rayonnement est faible (c’est-à-dire plus la fréquence ν


est grande), plus le rayonnement est pénétrant : on parle alors de rayonnement dur,
par opposition au rayonnement mou, de grande longueur d’onde λ (c’est-à-dire de
fréquence ν faible), très fortement absorbé.

Variation de l’absorption en fonction de la nature de l’élément :

Pour un faisceau de rayons X de longueur d’onde λ donnée, une assemblée


d’atomes lourds (de numéro atomique Z élevé, c’est-à-dire comportant chacun un
grand nombre d’électrons) sera plus absorbante qu’une assemblée d’atomes légers.

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Le facteur d’absorption μ pour une longueur d’onde λ donnée croît avec le numéro
atomique Z de la substance absorbante. Par exemple, l’absorption par l’air ou par les
chairs du corps humain est faible tandis que l’absorption par les os est plus
importante.

En résumé, plus le corps à étudier est épais ou absorbant, plus il devient nécessaire
d’utiliser un rayonnement dur, c’est-à-dire de courte longueur d’onde λ (comme les
rayons X).

Les “profils d’absorption” :

Nous allons voir pourquoi il faut une rotation complète degré par degré d’une coupe
par un scanner pour l’étudier. Partons d’exemples simples :

Une source de rayons X (RX) produit un pinceau qui tombe sur un élément de
surface S d’épaisseur déterminée. Un détecteur électronique D reçoit les rayons
émergents. La réponse électronique sous forme graphique s’appelle le “profil”. La
direction RX-D est l’axe de détection.

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Ici, un élément de surface S1 présente une tache T 1 transparente aux rayons X un


deuxième élément S2 présente une tache presque opaque. Regardons les deux
profils :

- Absorption faible = faible atténuation du rayonnement X émergent. Le profil P1


présente un “pic” d’intensité étroit.
- Absorption forte = forte atténuation du rayonnement X émergent. Le profil P2
ne présente pas de pic.

Le profil renseigne donc sur le degré d’absorption des rayons X par la surface
traversée.

Mais comment cela se passe-t-il dans le cas d’un élément de surface S 3 qui contient
à la fois T 1 et T 2 sur l’axe de détection ?

Le profil ne rend pas compte de la présence de T 1. Une seule mesure ne peut pas
renseigner sur la structure réelle. Il convient donc de faire tourner autour de S3,
degré par degré, la source de rayons X (les axes de détection sont alors multiples) et
d’enregistrer les séries de profils ou sinogrammes. Ainsi, pour la même coupe S3, les
trois profils a, b et c sont différents. C’est l’accumulation de tous ces profils qui sera
« digérée » par l’ordinateur.

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Pour le scanner, l’ordinateur, ou plutôt sa programmation


à l’aide d’outils mathématiques complexes, va exploiter
les différents profils numérisés et construire l’image
traduisant les variations d’absorption des rayons X par
les divers éléments de surface S. On établit ainsi une
véritable cartographie pour aboutir à la construction d’une
image.

Pour terminer, on peut se demander pourquoi les rayons X jouent dans ces études
un rôle privilégié par rapport aux rayonnements de toutes les autres gammes de
fréquence… C’est que, précisément, leurs longueurs d’onde sont de l’ordre de
grandeur des distances interatomiques dans les molécules : entre 0,03 et 10 nm. Ils
constituent donc un outil parfaitement adapté à l’échelle du phénomène à étudier.

5.4-Le statif :

Il comprend l'anneau au centre duquel passe le malade ; le diamètre atteint


maintenant 70 cm, ce qui donne la possibilité de faire des actes interventionnels.
L'anneau peut prendre une obliquité de 25 à 30deg.

Le plateau de table est commandé dans ses déplacements longitudinaux, il est


asservi au pupitre de commande et au calculateur. Ces déplacements doivent être
d'une très grande précision.

5.5-Collimateur secondaire :

La collimation secondaire a pour but d'éliminer le rayonnement diffusé parvenant au


détecteur, responsable de la dégradation du contraste. Elle permet de séparer les
éléments de détection selon la direction perpendiculaire au plan de coupe, et
d'améliorer la définition de la largeur de coupe dans la direction parallèle au plan de
coupe. Cette dernière collimation peut être absente sur certains scanners.

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5.6-Détecteurs :

Système physique de conversion du rayonnement X, atténué par la traversée de


l'objet, en un signal électrique. Les éléments sont disposés en arc ou en couronne,
en une rangée unique (scanner mono coupe) ou en plusieurs rangs (scanners multi
coupes) dans l’axe Z. Les détecteurs d’un scanner multi coupes peuvent être de taille
égale ou augmenter de taille du centre vers la périphérie de la rangée.

Les conditions d'acquisition du faisceau de rayons X pour les scanners nécessitent,


de la part des détecteurs, des caractéristiques spécifiques :
L’efficacité de détection quantique qui représente le rapport entre le nombre de
photons absorbés par le détecteur et le nombre de photons incidents. En pratique, le
paramètre utile est l'efficacité globale de détection qui est le produit de l'efficacité
quantique du détecteur et de l'efficacité géométrique. L'efficacité géométrique
dépend de la dimension des cellules et du collimateur secondaire ; elle est fonction
de dispositifs utilisés par certains constructeurs (lamelles masquant la moitié de
chaque détecteur par exemple).
- la précision et la stabilité différentielle des cellules : l'efficacité quantique de
détection de chaque cellule doit être constante en fonction de l'énergie et de la
fluence énergétique.
- la dynamique des mesures : quel que soit le type de détecteur utilisé, la dynamique
de mesure est de 1:106 (cela correspond à la différence d'atténuation qui existe
entre le faisceau dans l'air et le faisceau atténué par 70 cm de tissu mou).
Par ailleurs, les détecteurs doivent présenter les caractéristiques géométriques
suivantes :
- une largeur suffisante, supérieure ou égale à 20 mm afin de détecter le plus large
faisceau de rayons X disponible,
- une épaisseur suffisamment petite (de l'ordre de 1 à 2 mm) qui conditionne la
largeur du rayon de mesure et donc de la résolution spatiale,
- une profondeur (ou longueur) dans le sens de propagation du rayonnement
suffisante pour absorber une forte proportion de rayonnement (de 2 à 50 mm, en
fonction du type de détecteur).

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Omar Cherif Lezzar

Deux principes sont utilisés: l'effet radio luminescent dans les détecteurs solides et
l'ionisation dans les détecteurs à gaz.

Les premiers détecteurs (première et deuxième générations) étaient constitués d'un


scintillateur couplé à un photomultiplicateur ; cependant leurs caractéristiques
physiques et leur encombrement n'étaient pas idéales pour l’application. Par la suite
sur les scanners à faisceau en éventail, 2 types de détecteurs ont été utilisés : le
détecteur à gaz et celui à semi-conducteur.

5.6.1- Détecteur à gaz :

C’est une chambre remplie d'un


gaz sous pression (10 à 20 bar de
xénon par exemple) dans laquelle
des électrodes plates permettent
de délimiter des cellules ( 700 à
1000) de mesure. Ces détecteurs
se caractérisent par un faible
espacement entre les cellules
mais aussi par une efficacité de

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Omar Cherif Lezzar

détection limitée ( 70 %).

Le xénon est un gaz lourd (A = 131, Z = 54), sa densité est 4,5 fois supérieure à celle
de l'air dans les mêmes conditions de température et de pression. Pour augmenter
son efficacité de détection on utilise le xénon sous pression de l'ordre de 2,5.105 Pa.
La chambre comporte des électrodes de champ et des électrodes de collection des
ions. Chaque série d'électrodes forme une cellule et la chambre de détection peut
comporter jusqu'à 1000 cellules élémentaires déployées sur un arc de cercle de 45
ou 50 degrés. Les dimensions de ces cellules sont de l'ordre de 1 mm en épaisseur,
30 mm en largeur et 50 mm en profondeur et les cellules sont espacées de 0,2 à 1,2
mm. L'efficacité de détection quantique de l'ordre de 50 à 60 % est fonction de la
pression du gaz.

5.6.2- Détecteur à semi conducteur :


Ce type de détecteur est
composé d'un petit cristal
scintillant (tungstate de cadmium
par exemple) couplé à une
photodiode. Ces détecteurs sont
groupés de façon linéaire par
plusieurs centaines. Ils se
caractérisent par une efficacité de
détection élevée (proche de 100 %)
et équipent actuellement la majorité
des appareils de haut de gamme.
Ce type de détecteurs a permis le
passage à des dispositifs de
détection multi-barrettes.
Les rayons X incident pénètre dans
le scintillateur on obtient un effet
photo-électrique.
L’énergie du rayon X sera transmit à l’électron ; ce dernier va être éjecté et l’atome
sera en déséquilibre. Les électrons des couches supérieures comblent ce vide pour

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Omar Cherif Lezzar

équilibrer l’atome. Dans ce cas ils vont perdre de l’énergie sous forme de lumière
visible.
La lumière va être captée par une photodiode ; cette dernière convertie la lumière en
un faible courant électrique proportionnelle aux rayons X incidents ; le courant
produit sera transcodé en tension qui va être amplifié.
Chaque détecteur va absorber des rayons X et les traduit en tension. Les tensions
amplifiées qui sont relevées passent par un multiplexeur qui traite chaque donnée à
la fois, pour passer à travers un convertisseur analogique numérique.

6-Reconstruction :
6.1-Mémoire :
Données brutes :
Les données brutes de numérisation de l'acquisition représentent un volume très
important, supérieur au volume de l'image reconstruite. Dès que celle-ci est obtenue,
elles perdent tout intérêt et sont donc détruites à moins que l'on désire faire une
reconstruction différente, champ, filtrage.
Chaque image est le résultat de 360 acquisitions angulaires (1 par degré) :
- par une barrette de 500 à 1000 détecteurs soit 180 000 à 360 000 valeurs.
Un examen peut comprendre jusqu'à 70 images (ou l'équivalent en mode hélicoïdal).

Données calculées :
L'image calculée utilisable n'est généralement vue qu'une seule fois pour devenir
photographique. Il peut être bon de la revoir ; le stockage est assuré pour une
période variable selon le moyen :
- Disque dur magnétique : un à quelques jours et quelques dizaines d'examens.
- Bande magnétique : permanent une dizaine d'examens.
- Disquette, quelques coupes, facilement transportable.
- Disque opto-numérique : définitif, près d'un millier d'examens.

Le processus de reconstruction basé sur des mesures échantillonnées (m ; mesures


élémentaires par projection et p ; projections par acquisition soit m x p ; mesures par
acquisition) va conduire à une matrice image dont le contenu de chaque pixel

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Omar Cherif Lezzar

(contraction de picture element) représente le coefficient d'atténuation d'un volume


élémentaire (voxel) dont la section est égale au pixel (0,5 à 2 mm de côté) et la
profondeur est égale à la largeur du faisceau de rayons X traversant le patient
(épaisseur de coupe de 1 à 10 mm)
La méthode de reconstruction utilisée est celle de la rétroprojection filtrée.
L'utilisation d'une simple rétroprojection conduisant à une image floue, il est
nécessaire de filtrer les projections avant de les rétro-projeter.
La rétroprojection simple conduit à une fonction approchée f'(x, y) telle que :

f '(x,y) 1 d(r,θ)dθ
0

La rétroprojection filtrée conduit à une fonction exacte f(x, y) telle que :



1
f(x, y) 
  p(r, θ)dθ
0

où p'(r, q) est obtenu par convolution de p (r, q) avec la fonction filtre s


p(r, q)  p(r, q)  s

Principe de la méthode de reconstruction par rétroprojection filtrée :

En pratique, une convolution dans le domaine réel est équivalente à une


multiplication dans le domaine fréquentiel. Ce processus conduit en fait à une
procédure de reconstruction plus rapide. Ce passage est obtenu par utilisation de la
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Omar Cherif Lezzar

transformée de Fourier. Le retour au domaine réel s'effectue par transformée de


Fourier inverse.

6.2-Filtrage et correction

Un filtrage est obligatoirement associé à la reconstruction.

Filtrage de lissage ou spatial destiné à s'adapter au type de structure anatomique


étudié.

- Plage large de densité supposée homogène comme foie, rate, muscle et un filtre de
densité éliminant le bruit à haute fréquence est indispensable.
- Structures irrégulières étroites comme vaisseaux, travées osseuses valorisées par
un filtre spatial.
- Un choix soigneux de filtre est indispensable pour des zones mixtes, os et muscle
dans une région articulaire, ou disque et vertèbre sur un rachis. Généralement le
choix d'un filtre polyvalent est un moyen sûr d'arriver à la médiocrité d'une image qui
ne met en valeur ni l'un ni l'autre composant.
- Le choix d'un filtre est influencé par l'épaisseur de coupe : dans une coupe peu
épaisse l'influence du bruit, de la fluctuation quantique est majorée. L'élimination de
ce bruit passe par un filtre de densité ; l'analyse d'une structure osseuse en coupe
fine (1 à 2 mm) est donc parfois supérieure avec un filtre intermédiaire qu'avec un
filtre spatial.

Filtre de convolution

L'hétérogénéité des structures de l'objet conduit à majorer l'influence de zones


d'hyperdensité ou d'hypodensité ; cette zone de valeur très différente du voisinage
influence les valeurs de reconstruction des zones voisines, en créant une surdensité
ou une sous-densité. Un filtre de forme adéquate tend à compenser de manière
adaptative.

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Omar Cherif Lezzar

Champ

On peut adapter les dimensions de reconstruction aux dimensions de la structure


analysée. Un crâne est étudié dans un champ de 220 mm environ, alors qu'un
abdomen ou un thorax tient souvent dans 400 mm.

Pour les champs les plus réduits, la qualité est limitée par la taille des détecteurs. Si
la détection est faite en haute résolution : 700 pixels sur 500 mm (pour un abdomen
de 400 mm de large soit une largeur de 0,7 mm par détecteur, la dimension d'un
pixel d'un champ réduit à 130 mm n'utilise que moins de 200 détecteurs dont on ne
peut attendre une qualité de reconstruction et de résolution trois fois meilleure.

Le filtre rampe s a une fonction de reconstruction et de suppression de flou dans


l'image. Cependant on profite de cette phase pour modifier le contenu de l'image en
fonction de l'application recherchée : renforcement des contours, diminution du bruit,
(figure 6). Cette modification est obtenue en multipliant le filtre rampe par un des
filtres privilégiant par exemple les hautes fréquences spatiales ou les basses
fréquences spatiales (en fonction de l'exploration clinique). Notons qu'en dehors du
filtre d'autres paramètres dépendant de l'opérateur influencent l'information contenue
dans l'image : ce sont soit des paramètres d'acquisition (haute tension, dimensions
du champ exploré, ...) soit des paramètres de reconstruction (taille de la matrice
image, zoom, ...).
u.a.

Figure 6 : A) Filtre rampe intervenant dans le processus de rétroprojection filtrée. B)


Filtres complémentaires dépendant de l’exploration clinique. En pratique le filtre
utilisé est le produit du filtre rampe avec un de ces filtres.

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Omar Cherif Lezzar

Ainsi le processus de reconstruction est constitué des 4 étapes suivantes : mesure,


prétraitement (conversion logarithmique ln (I0/I)), filtrage et rétroprojection. Une fois le
processus de rétroprojection terminé, l'image est disponible en mémoire, prête à être
visualisée avec un contenu des pixels normalisé selon une échelle de nombres
standardisée.

En scanographie le paramètre physique à la base du contraste dans l'image est le


coefficient linéique d'atténuation µ. Le contenu N S de chaque pixel de l'image est
relié aux valeurs de µ par la relation :

µ tissu  µ eau
NS  1000
µ eau
Cette relation conduit à une échelle standardisée (échelle d'HOUNSFIELD) utilisée
sur tous les scanners. Elle repose sur deux valeurs particulières : -1000 pour l'air et 0
pour l'eau. En pratique elle s'étend au delà de +1000 pour l'os dense. En fait, une
dynamique de 12 bits (4096 niveaux), décalée de 1024 vers le bas, est disponible.
Cette échelle aussi étendue est nécessaire car les scanners actuels permettent de
séparer des tissus dont les µ diffèrent de 0,3 %.
Pour observer en détail une image sur l'écran vidéo on ne peut pas visualiser toute la
dynamique (4096 niveaux) contenue dans l'image à l'aide de l'échelle de gris
généralement disponible (16 niveaux). On est donc conduit à sélectionner une
largeur de fenêtre dans laquelle vont s'étaler les niveaux de gris et choisir un niveau
moyen correspondant au milieu de la fenêtre. Ces paramètres sont respectivement
adaptés au contraste recherché et aux tissus examinés.

6.3-Artefacts scanographiques :

Les valeurs Hounsfield calculées peuvent ne pas correspondre à la réalité.

Hétérogénéité apparente d'une plage homogène

Une zone large et anatomiquement homogène comme le foie ou la rate a une


représentation hétérogène bien reconnue en suivant la densité sur pixel par pixel.
Ceci est la conséquence de variations aléatoires de reconstruction, et au bruit lié au
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Omar Cherif Lezzar

signal ; ce bruit est d'autant plus important que l'on cherche toujours à réduire la
dose d'exposition et le nombre de photons utilisés. Ces variations seront lissées au
mieux par un filtre de densité.

Volume partiel

Le volume correspondant à un Pixel sur une épaisseur de coupe scanographique (10


mm) peut être hétérogène, air sur une partie, tissu mou sur l'autre. La valeur
Hounsfield calculée sera donc intermédiaire aux valeurs des deux parties. L'effet de
volume partiel est plus marqué lorsque la coupe est épaisse et les milieux en contact
très différents.

Flou de contours

Le volume partiel dû à la limite oblique ou courbe entre deux structures (vaisseaux,


travée osseuse) crée un flou bien montré en changeant de fenêtre d'affichage. Ce
flou explique les différences de mesure de longueur lorsque l'on change la fenêtre et
donc la nécessité d'une rigueur de procédure pour mesurer des valeurs faibles
comme épaisseur d'interligne articulaire, calibre de vaisseau.

Hyper ou Hypo-densité de voisinage

Le foie sur une coupe thoracique présente au voisinage des côtes des variations de
densité bien vues sur une fenêtre étroite :

- en arrière d'une côte = hypodensité,


- face à l'espace intercostal une hyper densité.

Cela est dû à un effet excessif du filtre de convolution qui est censé corriger l'effet
d'une trop grande différence d'atténuation locale. Ne pas oublier que l'image
scanographique est une reconstruction et non pas une vue directe des coupes.

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Omar Cherif Lezzar

Image en étoile

Un élément anatomique très dense


comme une prothèse orthopédique
ou une obturation dentaire
présente dans la coupe, apparaît
entourée d'opacité en étoile qui
peuvent interdire toute analyse
lorsque la cause est de grande
taille ou proche de la région
intéressante.

6.4-Base de donnée 3D :

La succession de coupes (en deux dimensions X et Y) parallèles, jointives,


chevauchantes ou éventuellement peu séparées fournit des informations dans un
espace à trois dimensions (X, Y et Z). De cet espace pourront être tirées des
reconstructions dans deux ou trois dimensions.

Reconstructions obliques ou courbes

Dans l'ensemble de données, en X, Y, Z sont sélectionnés un plan ou une courbe ; la


courbe peut passer, par exemple, par les pédicules vertébraux ou une surface
articulaire.

Reconstructions surfaciques

Une valeur de densité est sélectionnée, par exemple le gradient entre peau et air ou
os et parties molles. Selon une méthode 3D la surface correspondante est isolée,
elle peut alors être manipulée et projetée selon divers angles.

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Omar Cherif Lezzar

Reconstructions volumiques

L'ensemble des données est rapporté à un certain nombre de voxels formant un


volume total qui peut être alors traité comme un tout et soumis à des sections planes,
courbes, de gradients de densité, etc. Cette procédure est beaucoup plus complexe
que les précédentes et permet d'associer sur une même vue, volume et section
complexe.

Imagerie MIP ou par transparence : le volume 3D peut être projeté dans toute
direction mais soit en faisant la somme de tous les pixels traversés reproduisant une
radio classique, soit en ne retenant que le pixel de plus haute densité (Maximum
Intensity Projection)

7-Les dangers sur le corps humain :

L’unité de mesure de l’effet biologique de radiations, correspondant à une dose de


radiation de 10-5J dans 1g de matière.

Les dangers des rayons X pour le corps humain sont beaucoup mieux connus qu’à
l’époque de ses premières applications.

Le bref passage d’un photon provoque des excitations et des ionisations qui
déclenchent une succession de réactions physico-chimiques pouvant aboutir à une
modification des fonctions et des structures cellulaires puis tissulaires. L’ADN de la
cellule, qui contient le programme génétique, est parfois touché : les molécules de
l’ADN sont détériorées.

L’effet biologique d’une dose donnée dépend du taux de dose : si le taux est faible
ou si la dose est fractionnée, les processus biologiques de réparation peuvent agir et
l’effet sera moins marqué que si le taux est grand. Toutes les radiations subies
s’ajoutent et se cumulent tout au long de la vie. Les rayons X ont deux types d’effets
différents sur l’organisme

Les effets dits non-stochastiques (qui ne sont pas le fruit du hasard) se


manifestent lorsque la dose reçue atteint ou dépasse une certaine valeur; il existe
donc un seuil au-dessous duquel ces effets n’apparaissent pas.

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Omar Cherif Lezzar

Les effets aléatoires (ou stochastiques) ne se manifestent que chez certains


individus, apparemment au hasard, d’une population irradiée. Il s’agit notamment de
l’apparition de cancers ou de malformations dans la descendance. Il n’existe,
semble-t-il, pas de seuil : même de faibles doses peuvent déclencher ces effets. Ils
sont tardifs et leur gravité est indépendante de la dose reçue. La fréquence
d’apparition des effets aléatoires dépend cependant de la dose.

Dans le cas de doses conséquentes, le corps ne parvient plus à remplacer les


cellules mortes si bien que le tissu fonctionnel ne peut plus assurer son rôle. Pour
une dose supérieure à 100 rems, il est possible que l’intestin ne puisse plus digérer
ni eau, ni nutriments, ni même assurer sa défense immunitaire. Cela conduit à des
nausées, des diarrhées et une faiblesse générale. Au-delà de ces doses, c’est la
destruction du système immunitaire qui a le plus de conséquences : sans assistance
médicale, le malade n’a pas plus de 60 jours d’espérance de vie. A 1 000 rems, les
dommages vasculaires conduisent à une mort certaine.

Pour diminuer au maximum la dose de rayons X reçue et la surface touchée lors d’un
scanner, on utilise divers moyens : en prenant des mensurations adéquates, en
orientant correctement le faisceau des rayons X vers la région examinée, en
réduisant la quantité de rayons secondaires que le patient reçoit, en protégeant au
moyen de protecteurs de plomb ("tablier de plomb") certaines régions plus sensibles
comme les organes génitaux reproducteurs quand cela est possible. De plus, pour
éviter que les organes génitaux ne soient touchés de façon trop importante, le patient
est parfois installé sur le dos. En effet, les rayons X doivent traverser beaucoup plus
de muscles en pénétrant par le dos que par le ventre. Aujourd'hui ces protecteurs en
plomb sont très peut utilisés.

IV. Conclusion :

L’objectif de notre stage a été atteint par une compréhension détaillée de l’utilisation
de l’appareil médicale qu’est le scanner ainsi que ses retombées qui permettent au
corps médicale d’explorer les différentes parties internes du corps humain à la
recherche d’anomalie ou de maladies qui étaient invisibles jadis. Aussi, un

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Omar Cherif Lezzar

discernement particulier a été porté sur le principe du fonctionnement de cet appareil


et de ses composants électroniques.

Toutefois, il est à noter que malgré les avantages de l’utilisation de cet appareil sont
impressionnants, celui-ci présente des risques de danger sur le corps humains si ce
dernier est exposé plusieurs fois aux rayons X de cet appareil.

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Omar Cherif Lezzar

Bibliographie :
 Devaux. J. Y (2006). L’imagerie en coupes.
 Doyon. D (2000). Scanner à rayons X : Tomodensitométrie.
Masson, Paris.
 Dujardin. C et Viana. B. Cristaux scintillateurs : Nanocristaux,
Films minces, Fibres et massifs. CNRS ; Paris.
 Evrard. Y, Mouchel. J et strainchamps. D (2004). Les tubes à
rayons X.
 Guinier. A (1984). Les rayons X. Collection « Que sais-je ».
 Jaspard. L’effet Compton.
 Kohl. P. Rayons et Fluorescence X.
 Lisbona. A. Le scanner : Principe, Technologie, Applications.
 Philippe. C et Bourguet. P. Imagerie par les rayons X et
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 Rocchisoni. J.M. La Tomographie ; CHU de Bobigny ; 93.
 Rousseau. F (2008). Scanner X.
Sites :
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