Vous êtes sur la page 1sur 5

Le tueur dans le cimetière

Mots clés : Bouteflika, Algerie, FLN, Corruption, USA, Présidentielle, Népotisme, Mandat

Par Le Matin | Il y a 46 minutes | 303 lecture(s) | Réactions (0)

Quand en 1999 on a cru l’avoir élu en Superman pour écraser l’hydre


terroriste, on était loin de penser que nous étions déjà à l’époque des
bovidés bien manipulés. Il faut remonter le temps à 1980 pour admirer
Spartacus en bouffon.

Il va tous nous enterrer grâce au Val-de-Grâce.

L’année où en Kabylie après une conférence interdite sur nos ancêtres les Berbères,
le peuple a envahi la rue clamant son droit à honorer la langue des aïeux dans la
République Algérienne Démocratique et Populaire indépendante depuis 18 printemps.
Chadli, l’Arabe, devenait pompier et Mammeri, le Berbère, pyromane. La question est
toujours posée : comment faire du feu avec des cendres alors que le ver est déjà
dans le cœur de l’homme disait Camus ? Le bouffon ne fait plus rire et Mammeri
n’est plus qu’un vieux souvenir. Pour preuve les soubresauts des terroristes ne
s’éloignent jamais de l’endroit où le scandale a jailli. Malgré notre troublant pedigree,
remercions les pays du Golfe pour nous avoir envoyé le Raïs qu’il nous fallait.
Bouteflika, on l’a rêvé et on l’a eu tel un cadeau à la poste où seule l’honnêteté du
facteur est garantie. Avec lui, le terrorisme a été éradiqué, la Voix officielle l’affirme
et on est convaincu que l’hydre s’est calmée, refoulée, réorientée. Comme les
leaders du FIS et de ses bras armés, l’Omniprésent a les mêmes heureuses
affinités : le Qatar et l’Arabie Saoudite. L’ami de mon ennemi n’est pas forcément un
ennemi sinon comment réussir à l’amadouer, le retourner ? Même Sarkozy, d’après
la presse française, a été obligé d’offrir le Mondial à la naine Doha sous 50 degrés à
l’ombre en échange de l’or de ses émirs sans oublier le bonus du zéro-attentat sur le
sol bleu-blanc-rouge tant que durera la lune de miel.

Pauvres Algériens, pauvres Français, tous dans l’indigénat new look. Sans complexe,
la main gauche peut gifler la joue droite et l’obliger à la caresser. Nous sommes nous
les Algériens une peuplade sans histoire sans Histoire comme l’a dit le moins doué au
verbe de nos Caïds : Chadli. Nous sommes ces dociles bâtards qu’aucune famille ne
veut adopter, mais que toutes tiennent à l’œil. Bernard Lewis écrit : «Les musulmans
ne se voient pas comme une nation divisée en groupes religieux, mais comme une
religion divisée en nations.» C’est que nos aïeux les X ont dressé leur gourbi aux
bons endroits et pour les Arabes l’enfant illégitime a autant d’importance que le
cafard. Après l’éradication des gazelles et de tous nos animaux protégés, les
chasseurs du Golfe trouveront toujours des proies chez nous… On croyait naïvement
qu’on allait l’enterrer en gommant toutes nos rancunes comme avec Boumediene
Chadli Ben Bella et prier pour qu’il aille rejoindre les houris fissa, mais apparemment
c’est lui qui va nous enterrer. Il nous survivra grâce au Val-de-Grâce. Le plus
démoralisant c’est que même ses fervents opposants insistent sur son incapacité
physique de gouverner non sur sa capacité au bluff, sur sa capacité de
nuisance. Depuis qu’il est là, le pétrole flambe et notre malheur et déshonneur avec
lui. 10% de jeunes malades mentaux d’après la presse tolérée. Quand on voit la
manipulation des chiffres par paresse par tactique par pénurie d’experts combien de
jeunes et moins jeunes sont atteints ? Où trouver un fonctionnaire sans bakchich en
occupant la 105e place sur 107 des pays les plus corrompus ? Logiquement, il devait
partir après son second mandat comme il est venu avec la seule volonté des
Protecteurs, mais il est là bien portant avec sa Constitution sur mesure et les 1000
bras du système pour le soutenir sans oublier l’argent sacrifié des générations à
venir. Ce qui ne passe pas, ce qui nous rend si malheureux si dépressifs si suicidaires
si nuls, ce n’est pas leur abyssale goinfrerie, mais leur méprisante ironie. Ils se
moquent de nous. C’est la volonté du peuple, c’est au nom du peuple, c’est le choix
du peuple, c’est le peuple qui décide etc. Mais qui est le peuple ? Où est le peuple ?
Il y a eux, la masse des zombies et entredeux quelques dizaines de traîtres harkis
vendus à l’ennemi, les barakatis avec leurs barakats ! C’est important, ils ne disent
pas dégage, mais tu es malade, vas te soigner, va te reposer, c’est lourd tu sais le
pouvoir… ; un vrai amour filial ! Les Algériens qu’on assimile à des sauvages des
névrosés des tueurs en série se réveillent brusquement les mains nues et toute
compassion envers leurs bourreaux. Traumatisés, ils ne veulent plus d’une autre
décennie noire comme s’ils avaient le pouvoir de vouloir encore moins de décider. Un
jour, ils ont été tirés en tremblant de leur lit avec des bombes dans les bus dans les
souks… Des voyous qui tapaient dans le porte-monnaie de leur sœur ou leur mère
pour une cigarette un café s’ils ne devenaient pas carrément pickpockets spécialisés
dans le sac des femmes reconvertis en visiteurs nocturnes prêts à égorger leur
propre mère si leur gourou le leur demandait, d es racketteurs à tous les quartiers,
des listes noires sur les murs des mosquées, de la terreur qui a duré ce que dure un
génocide : quelques années le temps de tuer le maximum de vermine avec des
armes de pros. Même les coffres-forts de Doha et Riad ont des dimensions limitées.

Comme le premier pays de la planète, les USA, ruiné en Irak et en Afghanistan, deux
piètres pays qui importent leurs armes avec des tonnes de pétrole d’opium et
zéro gramme de matière grise. À ce point-là on peut se dire que l’Amérique a
vraiment été piégée par ses deux potes wahhabites : le Qatar et l’Arabie Saoudite. Il
parait que même Obama a failli subir l’Impeachment grâce aux magouilles de l’ex-
émir qatari, Morsli et Hamas via une entente avec Israël pour céder aux Palestiniens
40% du Sinaï et que les Services de Renseignements russes et algériens ont joué les
tayabates du hammam auprès de l’Oncle Sam pour prouver les liens incestueux
entre Al Qaida et Doha avec l’attaque de l’ambassade américaine en Libye
commérant le 11 septembre.(1) Mais le dindon de la farce, Obama qui a avoué avoir
dépensé 25 milliards de dollars pour obtenir la baraka des cheikhs d’Al Azhar, a pris
depuis sa revanche. On comprend mieux l’audace et le sourire serein d’Al Sissi. «Il y
a deux choses qu’adorent les démocrates : se faire insulter et se faire escroquer.»
(Revel) Heureusement les loups se dévorent entre eux après avoir digéré tous les
moutons.

Aujourd’hui, on nous dit que tout le monde nous surveille veut notre perte comme si
on avait quelque chose à perdre. Notre liberté ? Notre indépendance ? Notre école ?
Nos prix Nobel ? Notre industrie ? Notre sécurité ? Notre dignité ? Notre armée ? Nos
repentis ? Nos terroristes ? Notre système baraka ? Notre système baraka qui a fait
de l’armée algérienne la mieux équipée d’Afrique et du monde arabe et sans doute
de beaucoup d’autres. D’après le quotidien israélien Haaretz repris par almanar.com,
on importe même d’Israël : systèmes radar, écrans cockpit, systèmes
électroniques…) Nous avons même acquis pour le combat urbain «Terminator» truffé
d’armes et de «sésames» à qui rien n’échappe sur les trois axes terre mer et ciel, le
redoutable BMPT qui a servi à mater la Tchétchénie. Sans oublier ces hélicoptères
flambant neufs qui sillonnent le ciel et martyrisent nos fragiles tympans pas pour
sauver les parias d’une inondation d’un séisme, d’un accident de la route, mais pour
protéger les « dieux » en déplacement afin de braser du vent et gaver les fans pour
un vote bidon. Protéger contre qui ? Contre la menace terroriste toujours, c’est
qu’elle n’est pas totalement éradiquée. On a beau les éliminer ils en naissent de plus
en plus chaque jour. Même si une femme sur deux arrive à décrocher un mari, c’est
le boom des bébés, d’après l’ONS (2) à doubler la population tous les 25 ans. Plus
d’un million de naissances prévues en 2014. Rebelote l’après 1962. Ouf rendons
grâce à la sage solitude de nos femmes célibataires. C’est les femmes mariées qui
ont le droit de faire les enfants en Algérie au rythme de leur arrière…-arrière-
grands-mères seulement ces dernières en faisaient une douzaine pour récupérer un
ou deux des griffes des maladies moyenâgeuses. C’est pourtant à la baisse du
nombre d’enfants qu’on attribue l’évolution de la condition féminine. L’algérienne qui
a mis le tchador sans la menace d’un Khomeiny fait plus d’enfants que l’Iranienne.
C’est que pour vaincre l’ennui, le marasme quotidien l’insécurité et malgré les
pénuries de vaccins de médicaments fiables de gynécologues de pédiatres de
maternités de cliniques hôtels 5 étoiles, on enfante à gogo quitte à les voir crever à
les voir muer en terroristes à les voir fuir. Démographie suicidaire et tout le monde
s’en fout seul compte le Vieux l’Omnisauveur.

En 2039 on sera aussi nombreux que les Egyptiens dont le seul souci aujourd’hui est
de nourrir toutes les bouches en attendant la réconciliation avec les Frères. On
imagine mal Misr disparaitre ou simplement déstabiliser par autre chose que la
densité de sa population et son incapacité de pourvoir à ses besoins. On est loin du
Japon avec ses caisses vides sa dette faramineuse pour demeurer malgré tout un
géant, loin de la Chine qui a toujours su nourrir sans razzia depuis la nuit des temps
le plus grand nombre d’humains sur terre. D’après Daniel Lefeuvre (3) à partir de
1945, l’Algérie française s’enfonçait déjà dans le néant à cause des ressources
locales qui stagnaient depuis 1930 et une population qui augmentait de 2,5 à 3 % à
partir de 1945 à cause de l’efficacité du corps médical. Il affirmait que la France
«tutrice bienfaitrice» payait les écarts en se ruinant : 20% de son budget. Comment
l’Algérie fera face demain sans pétrole à cette démographie galopante, déroutante.

Déjà aujourd’hui l’Algérien est sous-alimenté en tout sauf en aliments toxiques


fabriqués dans des laboratoires asiatiques direction l’Afrique. Dépourvus de rente, la
Tunisie le Maroc et l’Egypte offrent à leurs habitants plus de viande de poisson de
poulet que la radine et trop riche Algérie. Si chaque général engloutit un mouton par
jour, on comprend que ce rituel royal du méchoui oblige les esclaves à se rabattre
sur la viande congelée avec zéro traçabilité et fortement aromatisée par les coupures
de l’électricité de Son-el-gaz, la bien-nommée. Aucun rapace ne se pose la question,
l’important c’est que l’Omniprécieux règne jusqu’à l’élixir des dernières gouttes du
pétrole. Que les bougnoules se reproduisent comme des lapins avec l’assurance de
l’imam que chaque nouveau-né arrive avec ses biens célestes collés au cordon
ombilical. S’ils survivent, ils serviront de chair à canon aux djihads sans frontières.
L’eau manque et le pétrole ne se boit pas encore, que sera l’avenir avec l’impasse du
nombre ? Bien sûr, la photo de «Barakat» respire la jeunesse l’espoir la santé
l’humanisme naïf d’un mai 68, mais le problème c’est que notre Barakat concerne
tout le monde, pas seulement une poignée de jeunes intellectuels idéale pour une
émigration positive dira Sarkozy. Le mouvement ne pouvait naitre et durer qu’en
dehors des Généraux ou dans leur division. Les jeunes de 68 ne manifestaient pas
pour la survie d’une France en danger, mais pour leur liberté notamment des mœurs,
une révolte d’enfants gâtés désirant faire des «bêtises». Avec le printemps arabe, le
régime a appris beaucoup de choses : le lynchage d’un Kadhafi, un Moubarak en
cage et un Ben Ali réduit à un avis de recherche. Quant aux damnés, le sentiment le
plus le mieux partagé c’est la méfiance, la haine. Tous infiltrés ! Tous pourris ! Et la
question qui taraude : pourquoi la masse n’adhère pas ? Tout est là pour l’explosion,
mais rien n’explose sans doute que tout a déjà explosé en catimini. Rongée par un
champignon sournois, la maison en bois verni menace de partir en poussière à la
moindre brise. Qui possède la boule de cristal pour l’affirmer ? Ils appellent cela la
stabilité, nos nerfs congelés, paralysés par une peur ancestrale, un dégoût génétique
par tant de trahisons et de rêves violés. Revel en parlant de la France évoquait le
voleur dans la maison vide, en Algérie c’est le tueur qui s’introduit dans un cimetière
pour ne pas dire une fosse commune.

Le sort de l’Algérie à défaut d’être l’Iran ou Cuba se jouera sans surprise entre la
Maison-Blanche le palais de Doha-Riyad, le palais des Deys d’Alger et la richesse du
sous-sol saharien. Quant à la populace, les médias, l’efficace police mentale, jouent
déjà à la distraire en copiant le programme de l’asile psychiatrique tandis que la
virile police physique veille à ce qu’elle ne quitte pas ses caveaux pour envahir la
rue. C’est fou, on est convaincu que tout est joué d’avance et on espère en un rien
grain de sable…

Mimi Massiva

Renvois

(1) Tunisie-Secret (Sénateurs améri