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Méthodologie pour l’étude complète d’une fonction

I Les différentes étapes dans l’étude d’une fonction

Lorsqu’on étudie une fonction de la variable réelle à valeurs dans R, on doit mener l’étude
dans un ordre bien précis.
1. Détermination du domaine de définition si celui-ci n’est pas indiqué ;
2. Restriction du domaine d’étude : parité (voire symétrie par rapport à une droite ou un
point précis) ; périodicité ;
3. Variations de la fonction. Pour cela on doit :
(a) justifier la dérivabilité de la fonction là où on l’étudie ;
(b) calculer la dérivée ;
(c) étudier le signe de la dérivée.
On peut alors dresser le tableau de variations complet. Cela signifie que doit y être men-
tionné :
• les valeurs ou les limites de la fonction aux bornes du domaine d’étude (selon que la
fonction y est définie ou pas) ;
• les valeurs de la fonction là où la dérivée s’annule.
4. Justification des limites figurant dans le tableau de variations ;
5. Étude de points remarquables : à titre d’exemple, les points de la courbe représentative
sur les axes ; d’autres types de points à faire mention apparaı̂tront plus tard. L’étude d’un
point remarquable devra faire apparaı̂tre la tangente ainsi que la position relative de la
courbe représentative de la fonction et de la tangente.
6. Détermination d’éventuelles asymptotes (verticales et/ou horizontales et/ou obliques) ; dans
le cas d’une asymptote oblique, on devra indiquer sa position par rapport à la courbe
représentative de la fonction ;
7. Tracé complet : on fait apparaı̂tre les points remarquables avec leur tangente ; les asymp-
totes.
Nous détaillons ci-après des points essentiels : restriction du domaine d’étude ; dérivabilité ;
signe de la dérivée ; calcul pratique des limites ; détermination des asymptotes obliques. Nous
donnons en particulier quelques conseils d’ordre méthodologique auxquels penser à chaque fois
que l’on mène une étude de fonction.

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II Restriction du domaine d’étude

La mise en évidence de propriétés d’« invariance » de la fonction à étudier est une étape
importante de l’étude. C’est elle qui va permettre de resteindre l’étude à un domaine aussi petit
que possible et d’obtenir des propriétés de symétrie de la courbe représentative de la fonction.

1. Parité
Lorsque vous étudiez la parité 1 d’une fonction, vous devez impérativement vérifier que le
domaine de définition de la fonction est symétrique par rapport à 0 !

Définitions Pour rappel, une fonction f est dite paire (resp. impaire) si :
• le domaine de définition Df de f est symétrique par rapport à 0. On doit donc vérifier que

∀x ∈ R, x ∈ Df ⇒ −x ∈ Df

• ∀x ∈ Df , f (−x) = f (x) (resp. ∀x ∈ Df , f (−x) = −f (x))

Symétrie de la courbe représentative Rappelons aussi que la courbe représentative Cf


dans un R.O.N. direct R = (O,~i, ~j) admet :
• l’axe (Oy) comme axe de symétrie si f est paire ;
• O comme centre de symétrie si f est impaire.

Mise en garde Ne confondez pas parité d’une fonction et symétrie de sa courbe représentative,
même si la parité se traduit par la symétrie de la courbe représentative. Ce ne sont pas les mêmes
concepts !

Exercices

1. Etudier la parité de f : x 7→ x2 − 1.
 
1−x
2. Etudier la parité de g : x 7→ ln 1+x .

Restriction d’étude La mise en évidence de la parité de f permet de mener l’étude sur


Df ∩ [0; +∞[ par exemple.

2. Périodicité
Lorsque vous souhaitez établir qu’une fonction est périodique de période T > 0, vous devez
impérativement vérifier que le domaine de définition est invariant par translation de vecteur T ~i.

Définition Pour rappel, une fonction f est dite périodique de période T > 0 si :
• le domaine de définition Df de f est invariant par translation de vecteur T ~i. On doit donc
vérifier que
∀x ∈ R, x ∈ Df ⇒ x + T ∈ Df
• ∀x ∈ Df , f (x + T ) = f (x)
1. Etudier la parité c’est dire si f est paire ou impaire.

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Une période, deux périodes, ..., des périodes ! On pourra remarquer qu’une fonction pé-
riodique de période T est aussi périodique de période n T pour tout entier n ∈ N∗ . On cherchera
donc toujours à déterminer, si possible, la plus petite période d’une fonction périodique 2

Exercices
3. Déterminer la plus petite période de θ 7→ cos(3 θ).
θ
4. Déterminer la plus petite période de θ 7→ tan( ).
3

Symétrie de la courbe représentative Rappelons aussi que la courbe représentative Cf


d’une fonction T − périodique f est invariante par translation de vecteur T ~i : cela signifie que le
translaté d’un point de Cf appartient également à Cf .

Restriction d’étude La mise en évidence de la T −périodicité de f permet de mener l’étude


sur Df ∩ [0; T ] par exemple, ou plus généralement sur Df ∩ [a; a + T ] avec a ∈ R quelconque.

3. Autres symétries
Il pourra arriver que la courbe représentative Cf d’une fonction admette une symétrie axiale
d’axe x = x0 ou une symétrie centrale de centre (x0 , y0 ) autre que celles rencontrées dans le
contexte de la parité. Il ne servira à rien de les chercher systématiquement et/ou obstinément : ce
serait une perte de temps. En revanche, il vous faudra savoir montrer que la courbe représentative
Cf admet une symétrie du type indiquée si celle-ci vous est donnée explicitement.
Pour établir que Cf admet une symétrie par rapport à la droite d’équation x0 , ou par rapport
au point de coordonnées (x0 , y0 )), on doit vérifier au préalable que le domaine de définition Df
de f est symétrique par rapport à x0 , ce qui s’écrit :
∀h ∈ R, x0 + h ∈ Df ⇒ x0 − h ∈ Df
ou encore en écrivant x ∈ R sous la forme x0 + h :
∀x ∈ R, x ∈ Df ⇒ 2 x0 − x ∈ Df .
Une fois que ceci est vérifié :
• Cf admet la droite d’équation x = x0 comme axe de symétrie si pour tout h ∈ R tel que
x0 + h ∈ Df , on a f (x0 + h) = f (x0 − h). Ce qu’on peut encore écrire :
∀x ∈ Df , f (2 x0 − x) = f (x).
• Cf admet le point de coordonnées (x0 , y0 ) comme centre de symétrie si pour tout h ∈ R
tel que x0 + h ∈ Df , on a f (x0 + h) − y0 = − (f (x0 − h) − y0 ) , c’est-à-dire :
f (x0 + h) + f (x0 − h)
∀h ∈ R, x0 + h ∈ Df ⇒ = y0 .
2
Ce qu’on peut encore écrire :
f (x) + f (2 x0 − x)
∀x ∈ Df , = y0 .
2
Exercices.
5. Montrer que la courbe représentative de f : x 7→ 8 (x + 21 )3 admet le point de coordonnées
(− 21 , 0) comme centre de symétrie.
2. Sous des hypothèses raisonnables comme la continuité et le caractère non constant de la fonction, ce sera
toujours possible en théorie !

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III Dérivabilité et signe de la dérivée

1. Justification de la dérivabilité
La justification de la dérivabilité est une question que l’on vous posera à chaque fois que vous
serez conduit à étudier une fonction et à en calculer la dérivée. Cette question est en effet un
préalable au calcul de la dérivée : qu’est-ce qui garantit que la fonction étudiée est dérivable ?
La justification est simple mais très souvent vous bloquez dessus, ne comprenant pas comment
procéder. Or dans votre mécanisme de calcul de la dérivée, vous « désossez » la fonction à dériver
à l’aide d’opérations sur les fonctions : somme ; produit ; quotient ; composée.
Lorsque vous appliquez une formule de dérivation pour une des opérations ci-dessus, vous
oubliez le « volet dérivabilité » de la formule en question. Or c’est précisément ce « volet déri-
vabilité » que vous devez impérativement mettre en avant pour justifier de la dérivabilité de la
dite fonction.
Par ailleurs, la justification de la dérivabilité effectuée dans les règles de l’art vous épargnera
d’écrire sur votre copie la dite formule : un correcteur en général n’aime pas trop ça. Votre calcul
s’expliquera par votre désossage préalable jusqu’aux « atomes » que vous savez dérivables (les
fameuses fonctions de référence ou usuelles).

À l’aide de règles opératoires Nous rappelons les règles de dérivabilité pour les opérations
usuelles sur les fonctions ainsi que les règles de calcul pour ces opérations.
• Règles pour la somme, le produit et le quotient.
Soient f : I → R et g : I → R définies sur un intervalle I non vide.
Si f et g sont dérivables sur I, alors :
1. la fonction f + g est dérivable sur I ; de plus la dérivée de f + g sur I est donnée
par la formule :
(f + g)0 = f 0 + g 0 .
2. la fonction f g est dérivable sur I ; de plus la dérivée de f g sur I est donnée par la
formule :
(f g)0 = f 0 g + f g 0 .
f
3. si, de plus g ne s’annule pas sur I, alors est dérivable sur I ; de plus la dérivée
g
f
de sur I est donnée par la formule :
g
f f 0 g − f g0
( )0 = .
g g2
• Règles pour la composée. Soient u : I → R et v : J → R définies sur des intervalles I et
J non vides de sorte que u(I) ⊂ J.
Si u est dérivable sur I et v dérivable sur J, alors v ◦ u est dérivable sur I ; de plus, la
dérivée de v ◦ u est donnée par la formule :
(v ◦ u)0 = (v 0 ◦ u) × u0 .
Remarque : La version en un point pour chacune des règles ci-dessus est bien entendue valable.
Pour la composée, il faudra écrire : « si u est dérivable en x0 ∈ I et v dérivable en u(x0 ), alors
v ◦ u est dérivable en x0 et
(v ◦ u)0 (x0 ) = v 0 (u(x0 )) u0 (x0 ) ».
Exercices

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6. Etudier la dérivabilité de f : x 7→ x2 − 1, puis calculer f 0 là où f est dérivable.
 
0
7. Etudier la dérivabilité de g : x 7→ ln 1−x
1+x , puis calculer g là où g est dérivable.

Cas de la dérivabilité en un point Il arrivera parfois que l’on se pose la question de la


dérivabilité d’une fonction en un point bien précis.
À titre d’exemple, considérons f définie sur R par

x sin x1 si x 6= 0
 2
f (x) =
0 si x = 0

La fonction f est dérivable sur R∗ (justifiez-le à l’aide des règles opératoires rappelées précédem-
ment). En revanche en 0, on ne peut plus faire appel à ces règles. On doit donc se souvenir de ce
qu’est la dérivabilité en un point et donc de la dérivée en un point !
Nous nous poserons ce type de questions principalement en deuxième période. Mais rien ne
nous empêche de nous les poser dès à présent.

Mises en garde Après avoir lu les quelques lignes qui précèdent et qui suivent, vous aurez
soin de ne plus justifier la dérivabilité d’une fonction f en écrivant que
• « c’est parce que f est définie ». Car d’une c’est FAUX et qu’à y réfléchir de plus près ce
serait bien curieux que la question de la dérivabilité soulevée depuis que Leibniz 3 a inventé
le calcul différentiel ne soit qu’une coquille vide puisque ne relevant que du strict domaine
de définition de la fonction étudiée.
• « c’est parce que f est continue ». C’est tout aussi FAUX, mais de célèbres mathématiciens
sont eux aussi tombés dans le panneau. En dégageant avec plus de rigueur les notions de
continuité et de dérivabilité, Weierstrass 4 a montré comment construire 5 des fonctions
f : R → R continues sur R mais dérivables nulle part. En fait, c’est loin d’être une
exception dans le monde des fonctions continues.

2. Étude du signe de la dérivée


Rappelons que déterminer là où la dérivée s’annule ne suffit pas à déterminer le signe de
la dérivée ! Rappelons aussi que le signe d’un produit est plus commode à déterminer que celui
d’une somme.
Exercices.
sin x
8. Déterminer les variations de x 7→ sur l’intervalle ]0, π].
x
9. Montrer que pour tout x > −1 on a :

ln(1 + x) ≤ x.

IV Calcul pratique de limites

Comme pour le calcul de dérivée, le calcul d’une limite suppose déjà que la limite existe.
On aura donc soin d’éviter d’écrire lim f (x) (ici x0 appartient à R ∪ {−∞, +∞}) avant d’avoir
x→x0

3. Philosophe et mathématicien allemand (1646-1716).


4. Mathématicien allemand (1815-1897).
5. Demandez aux 5/2, ils doivent savoir.

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entrepris tout calcul. À titre d’exemple, on n’écrit pas


q
x2 + 1 1 + x12
lim = lim − = −1.
x→−∞ x + 1 x→−∞ 1 + x1

Mais

q
x2 + 1 1 + x12
∀x ∈] − ∞, 0[, =− .
x+1 1 + x1
D’où √
x2 + 1
lim = −1,
x→−∞ x+1
r
1 1
car lim − 1 + 2
= −1 et lim 1 + = 0.
x→−∞ x x→−∞ x
Par ailleurs l’existence d’une limite est assurée lorsqu’on peut appliquer les règles pour les
opérations usuelles (somme, produit, quotient, et composée) à condition que le cas étudié ne
rentre pas dans la « case » forme indéterminée (F.I.).
Dans le cas où on se trouve face à une forme indéterminée, il faudra lever l’indétermination si
cela est possible. Le premier réflexe est soit de simplifier l’expression soit de la réécrire (mettre en
facteur le terme qui l’emporte ; mettre en exergue une forme connue telle qu’un taux d’accrois-
sement et obtenir la limite à l’aide d’un calcul de dérivée, utiliser un outil de deuxième période
tel qu’un calcul de développement limité, etc ...). Dans la copie, la réécriture apparaı̂tra avant le
passage à la limite, en précisant pour quelles valeurs réelles de x cela est vrai.
Exercices.
1 − cos x
10. Déterminer lim .
x→0 x2
ln(1 + sin x)
11. Déterminer lim après l’avoir justifié.
x→0 x
12. Déterminer lim x2 − ln(x)5 .
x→+∞

Il arrivera que la limite s’obtient à l’aide de théorèmes « d’ encadrement».

Exercices.
13. Soit x ∈ R∗ .
(a) Encadrer x sin x1 .
1
(b) En déduire lim x sin .
x→0 x
(c) Etudier la dérivabilité en 0 de f définie sur R par

x sin x1 si
 2
x 6= 0
f (x) =
0 si x=0

√ ln x
14. Montrer que ln x ≤ 2 x pour tout x ≥ 1. En déduire lim .
x→+∞ x

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V Détermination des asymptotes obliques

Nous reviendrons sur ce type d’étude dans le cas plus général des courbes paramétrées.
Pour illustrer la façon de déterminer les éventuelles asympotes obliques de la courbe repré-
sentative d’une fonction, considérons une fonction f : [x0 ; +∞[→ R avec x0 ∈ R. Il s’agit de
dire si la courbe représentative Cf de f admet une asymptote oblique en +∞. Bien entendu la
question ne se pose que si lim f (x) = ±∞.
x→+∞
Pour rappel, on dit que Cf admet en +∞ la droite d’équation y = a x + b avec (a, b) ∈ R2
comme asymptote si
lim f (x) − (a x + b) = 0.
x→+∞

Un raisonnement par analyse-synthèse montre que :


f (x)
• si lim = a avec a ∈ R,
x→+∞ x
• et si lim f (x) − a x = b avec b ∈ R,
x→+∞
alors Cf admet la droite d’équation y = a x + b pour asymptote en +∞.
f (x)
Remarque : si lim = a avec a ∈ R et lim f (x) − a x = ±∞, on dira que Cf admet
x→+∞ x x→+∞
en +∞ une branche parabolique de direction asymptotique la droite d’équation y = a x.

Exercices.
x2
15. Soit f la fonction définie par f (x) = x+1 .

(a) Étudier la fonction f.


(b) Préciser les éventuelles asymptotes de f.
(c) Montrer que le point de coordonnées (−1, −2) est un centre de symétrie de la courbe

− → −
représentative de f dans un repère orthonormé (0, i , j ).
(d) Tracer la courbe représentative de f. On fera apparaı̂tre les points remarquables avec
leur tangente et les asymptotes.

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