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Université de Kinshasa

FACULTE DES SCIENCES


DEPARTEMENT DE BIOLOGIE

COURS DE BIOCHIMIE
SUBCELLULAIRE
A l’usage des étudiants de Biochimie et Biologie cellulaire


Théophile MBEMBA FUNDU di LUYINDU
Professeur Ordinaire

Année Académique 2009-2010


1

TABLE DE MATIERE

INTRODUCTION

1. Bases physico-chimiques de la biochimie


1.1. Matière
1.2. Molécule, corps simple, corps composé, élément
1.3. Isomérie
1.4. Atome
1.5. Cases quantiques : orbitales atomiques
1.6. Ionisation des atomes
1.7. liaisons chimiques
1.8. Hydratation
1.9. Acides et bases : notions des pH et pK
1.10. Solutions
1.11. Systèmes tampons

2. Structures biologiques
2.1. Macromolécules
2.1.1. Carbohydrates
Monosaccharides
Oligosaccharides
Polysaccharides
2.1.2. Lipides
Classification
Lipides simples
Lipides complexes
Précurseurs des lipides
Stéroïdes
2.1.3. Acides aminés et protéines
Acides aminés classiques
Acides aminés modifiés
2.1.4. Acides nucléiques
2.1.5. Vitamines
Hydrosolubles
Liposolubles
2.1.6. Sels minéraux et oligoéléments
Sels minéraux
Oligoéléments
2.1.7. Organisation moléculaire de la cellule

2.2. Organites et fractionnement


2.2.1 Organites
2.2.2. Fractionnement
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3. Cytoplasme
3.1. Définition
3.2. Principales voies métaboliques :
Glycolyse
Glycogénogenèse et glycogénolyse
Néoglucogenèse
Voie des pentoses phosphates
Métabolisme de fructose et de galactose
Biosynthèse des acides gras
Biosynthèse des nucléotides

4. Mitochondries
4.1. Définition
4.2. Composition chimique
Membrane externe
Membrane interne
Espace inter membranaire
Matrice mitochondriale
4.3. Principales voies métaboliques
Cycle de Krebs
Chaîne respiratoire et Phosphorylation oxydative
Oxydation des acides gras
Cétogenèse
Elongation des acides gras
Désaturation des acides gras
Cycle de l’urée
Synthèse des pyrimidines
Transport ionique
Synthèse d’ALA

5. Noyau
5.1. Définition
5.2. Nucléoles
5.3. Enveloppe nucléaire
5.4. Code génétique

6. Ribosomes
6.1. Définition
6.2. Composition chimique
6.3. Rôle physiologique

7. Réticulum endoplasmique
7.1. Définition
7.2. Composition chimique
7.3. Principales voies métaboliques
3

8. Appareil de Golgi
8.1. Définition
8.2. Composition chimique
8.3. Principales réactions
Glycosylation
Sulfatation
8.3. Rôle physiologique

9. Lysosomes
9.1. Définition
9.2. Composition chimique
9.3. Rôle physiologique
Autophagie
Hétérophagie

10. Peroxysomes
10.1. Définition
10.2. Composition chimique
10.3. Rôle physiologique

11. Membrane plasmique


11.1. Définition
11.2. Composition chimique
11.3. Rôle physiologique

12. Cytosquelette
12.1. Définition
12.2. Filaments et rôles physiologiques

CONCLUSION
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INTRODUCTION

La biochimie est la science qui étudie les différentes molécules présentes


dans les cellules et les organismes vivants ainsi que les réactions chimiques et les
processus dans lesquels les molécules sont impliquées.
Définie de façon plus formelle, c’est la science des bases chimiques de la
vie, dont la cellule est l’unité structurelle des systèmes vivants.
Un organite ou une organelle représente chacun des éléments distincts
entourés d’une membrane, présents dans le cytoplasme de la cellule eucaryote.
Aussi peut-on définir la biochimie subcellulaire comme l’étude des
constituants chimiques des organelles de la cellule, et de l’ensemble des réactions
métaboliques et de processus biochimiques en leur sein.

I : BASES PHYSICO-CHIMIQUES DE LA BIOCHIMIE

Pour mieux comprendre les structures biologiques et les réactions


biochimiques qui s’y déroulent ; il est important de bien comprendre la matière et
ses constituants, et de s’imprégner des notions fondamentales de chimie et de
biomolécules que nous rappelons ci-dessous.

1.1. Matière

La matière qui constitue les êtres vivants et la matière inerte sont toutes
régies par les mêmes lois physiques et techniques. Il est donc important avant
d’entrer dans le vif de la biochimie subcellulaire, de rappeler les bases physico-
chimiques de la biochimie.
Il est connu que une des grandes découvertes de la physique est celle de la
discontinuité de la matière, formée des particules, les atomes, eux-mêmes
groupés en molécules.
Dans les atomes, la matière est essentiellement localisée en certains points
de haute densité, les noyaux atomiques.

1.2. Molécule, Corps simple, corps composé, élément

La molécule est la plus petite particule de matière qui conserve les


caractères de celle-ci. Elle est constituée des atomes qui la composent. Si la
molécule est constituée d’un seul type d’atome, la substance qui contient ces
molécules est un corps simple. Si elle est constituée des deux types d’atomes ou
davantage, il s’agit d’un corps composé.
On appelle chaque type d’atome un élément. On connaît actuellement 90
éléments naturels, et 16 éléments artificiels ; deux de ces derniers éléments
occupent les cases 43 et 61, respectivement technétium et prométhium. Les
autres éléments, rangés après l’Uranium, sont les transuraniens.
Tous ces éléments sont figurés dans le tableau Périodique dit
« classification périodique Mendelief ». Chaque élément, caractérisé par son
numéro atomique Z, occupe une case.
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Les éléments présents dans une colonne font partie d’un même groupe,
tandis que ceux qui sont placés sur la même ligne horizontale sont membres
d’une même période.

1.3. Isomérie

On dit que deux molécules sont isomères quand elles ont la même formule
centésimale mais une disposition de leurs atomes dans l’espace différente.

1.4. Atome

Un atome comprend un noyau entouré des électrons.

 Noyau

Le Noyau est fait des nucléons, particules de masse 1,67.10-27 Kg, appelés
protons et des neutrons.
Les protons (P) porte une charge positive, 1,6.10-19 Coulombs, tandis que
les neutrons (n) n’en porte pas.
Dans un atome particulier, le nombre de protons est égal au numéro
atomique Z de l’élément. Le nombre total des nucléons (P+n) est égal au nombre
de masse A, qui caractérise la masse de l’élément, tandis que le nombre Z
caractérise la charge positive du noyau.
Lorsque les éléments ne diffèrent que par n, on les appelle des isotopes,
parce qu’ayant un même nombre de protons, ils occupent la même case dans la
classification périodique.
Les éléments naturels sont souvent constitués des mélanges d’isotopes.
(Ex. 100 atomes de Cl contiennent en moyenne 75 atomes ayant 17 protons et 18
neutrons, et 25 atomes ayant 17 protons et 20 neutrons d’où la masse résultante
35.5.
La masse des électrons étant négligeable par rapport à celle du noyau, la
masse des atomes dépend de celle du noyau, c'est-à-dire du nombre total des
nucléons.

 Electrons

Ils ont une masse 1840 fois que celle du nucléon soit 0,9 x10-30 Kg,
comparable à celle du proton (2,8 x10-15 m) ; leur charge (16 x10-19 coulombs) est
égal en valeur absolue à celle du proton et de signe contraire.
En termes électriques, un électron neutralise un proton. Comme les
électrons circulent autour du noyau, ils sont retenus par des forces d’attraction
électrostatiques à cause de charges positives de protons ; ce qui équilibre les
forces centrifuges dues à l’énergie magnétique et à l’attraction exercée par
d’autres particules sur chaque électron.
Chaque électron gravite sur une orbite privilégiée. Il y a autant d’électrons
sur leurs orbites que des protons dans le noyau d’un atome neutre.
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Les électrons se répartissent dans l’espace environnant le noyau selon des


lois rigoureuses en fonction de leur nombre, qui conditionne la complexité de
l’élément. Ils se placent sur des niveaux d’énergie différents défini par leur
distance à partir du noyau. Un électron ne peut passer d’un niveau d’énergie à un
niveau plus externe sans apport d’énergie et inversement lorsqu’il passe d’un
niveau interne, il cède une certaine quantité d’énergie sous forme rayonnement
électromagnétique.
Ce type de rayonnement est un transport d’énergie selon un mécanisme
vibratoire associant des phénomènes électriques et magnétiques. La lumière est
un rayonnement électromagnétique de ce type.
Certaines propriétés de ces rayonnements, par leur interaction avec la
matière, ont fourni la preuve qu’ils échangeaient de l’énergie avec celle-ci par
quantités distinctes aux quelles on a donné le nom de quantum (au pluriel
quanta) d’énergie. Par analogie avec les particules de matière, on a imaginé que
ce quantum pouvait être contenu dans un grain de lumière au photon. En réalité,
le photon n’est pas une particule, car il n’a ni masse, ni charge.
Cette dualité de la lumière « onde-particule » est à la base de la théorie
dite de la mécanique ondulatoire.
On voit donc qu’un électron passe d’une couche externe à une interne en
émettant un quantum d’énergie (sous forme de lumière le plus souvent).
Inversement, pour lui faire passer à un niveau plus externe, il est possible
de lui fournir de l’énergie sous forme d’un quantum d’énergie lumineuse. C’est
ce qui se produit dans les réactions photochimiques.
Mais le plus souvent, un ou plusieurs électrons se déplacent vers un
niveau d’énergie supérieure plus externe lorsqu’on leur fournit de la
chaleur. On dit dans ce cas que l’atome est excité, en chimie on dira alors que,
l’atome devient plus réactif.

1.5. Cases quantiques : orbitales atomiques

La trajectoire des électrons est déterminée à tout instant par rapport au


noyau par 4 relations quantiques. On fait correspondre à ces 4 nombres les
« cases quantiques » de l’atome, qui permettent de résumer la disposition des
électrons dans l’espace par rapport au noyau.
Toutes les possibilités de réaction des éléments avec d’autres électrons ou
entre eux dépendent de la disposition des électrons dans ces cases quantiques. Il
en résulte que les propriétés chimiques des éléments dépendent de la disposition
des électrons dans ces cases quantiques.
Les orbitales atomiques représentent les zones de probabilité élevée de
présence des électrons en mouvement autour du noyau. Chaque orbitale peut
contenir 2 électrons, tournant sur lui-même en sens inverse de l’autre (« spins »
opposé).
Le premier nombre quantique détermine des niveaux d’énergie : le niveau 1,
le plus proche du noyau, peut contenir 2 électrons dans une orbitale sphérique
appelée 1s. L’atome d’hydrogène, celui de l’hélium ont respectivement 1 et 2
électrons utilisant cette orbitale. Les éléments les plus lourds, qui ont davantage
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d’électrons, ont, en plus de cette orbitale de premier nombre quantique 1, une


série d’orbitales de premier nombre quantique 2s, sphérique et contenant 2
électrons au maximum, et en outre 3 orbitales dites 2P dont la forme est plus
compliquée qu’elle ressemble à une haltère. Chacune de ces orbitales est saturée
lorsqu’elle contient 2 électrons.
Autrement dit dans un atome au repos, il y a au plus 6 électrons dans les
orbitales 2P qui s’ajoutent aux électrons de l’orbitale 2s. Par conséquent, la
deuxième couche d’électrons est saturée lorsqu’elle contient 8 électrons au
maximum.
Les orbitales plus lointaines, dites orbitales d, sont plus compliquées pour
être décrites.
Les cases quantiques sont groupées selon la distance des orbitales qu’elles
représentent par rapport au noyau. Il y a une case s pour le premier niveau, une
case s et 3 cases P pour le deuxième niveau, etc.
Par convention, on indique sur les schémas au dessous de groupe de cases
quantiques, le numéro qui caractérise le niveau (1, 2,3…), la lettre qui désigne
l’orbitale (s, d, P,…) et on écrit le nombre d’électrons présents à la droite de cette
dernière lettre, en composant par exemple, la formule quantique de l’O2 (8è) est :

SCHEMA

Certaines cases quantiques restent incomplètes : l’élément n’est pas stable à l’état
monoatomique. Dans les éléments neutres (néon, argon), la série des orbitales de
valence est complètement remplie.

Le tableau n° 1 : Remplissage des orbitales


Nombre d’électrons remplissant l’orbitame atomique
Atome Nombre 1s 2s 2px 2py 2pz 3s 3px 3py 3pz 4s
atomique
H 1 1
He 2 2
Li 3 2 1
Be 4 2 2
B 5 2 2 1
C 6 2 2 2
N 7 2 2 1 1 1
O 8 2 2 2 2 1
F 9 2 2 2 2 1
Ne 10 2 2 2 2 2
Na 11 2 2 2 2 2 1
Mg 12 2 2 2 2 2 2
Al 13 2 2 2 2 2 2 1
Si 14 2 2 2 2 2 2 1 1
P 15 2 2 2 2 2 2 1 1 1
S 16 2 2 2 2 2 2 2 1 1
Cl 17 2 2 2 2 2 2 2 2 1
8

Ar 18 2 2 2 2 2 2 2 2 2
K 19 2 2 2 2 2 2 2 2 2 1
Ca 20 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2

L’atome d’azote avec nombre atomique 7, contient des orbitales 1s et 2s


remplis et 2Px, 2Py et 2Pz à moitié remplies. A cause de ces orbitales, les atomes
d’azote tendent à former trois liaisons covalentes : c’est le cas dans N2. Ils
forment une liaison triple. Il existe aussi de la liaison accepteur-donneur
d’électrons si les électrons viennent d’un même atome.
En résumé, les différents orbitales disponibles représentent différents
niveaux et sont remplies dans l’ordre. La première orbitale est 1s, suivi 2s, avec 2
électrons chacun, après viennent des orbitales P à un autre niveau d’énergie plus
élevé, 2Px, 2Py ; 2Pz.
Ces trois orbitales ont des niveaux d’énergie identiques. Au dessus, il y a
les orbitales 3s, 3Px, 3Py et 3Pz ; en fin viennent orbitales 4s et 3d ayant des
électrons avec des niveaux similaires d’énergie ; tandis que les 4P contiennent
d’électrons avec le plus haut niveau d’énergie.
Les électrons ayant des niveaux d’énergie plus élevés sont délogés plus
difficilement de l’atome que ceux qui ont des niveaux d’énergie plus bas. Les
électrons qui sont dans les orbitales des niveaux d’énergie plus élevés sont
appelés des Electrons de valence ; ils prennent part dans les réactions
chimiques.
Par contre dans une molécule, les électrons sont partagés par les atomes liés
entre eux. Les électrons occupent les orbitales moléculaires, similaires aux
orbitales atomiques.

1.6. Ionisation des atomes

Le nombre d’électrons qui remplit les orbitales d’un atome est généralement
égal au nombre des protons dans son noyau. Par contre les atomes tendent à
gagner ou perdre des électrons ; la couche à l’extérieur d’une seule particule
des orbitales de valence est soit pleine, soit vide.
Lorsqu’un électron est arraché à un atome par apport à l’énergie externe
éloignée à une distance infinie, on indique que l’atome est ionisé. Il est devenu
un ion positif ou cation puisqu’il lui reste un proton de plus ayant perdu un
électron. L’atome devient ion négatif ou anion lorsqu’il gagne un électron
puisque le nombre de protons reste inchangé.
Deux ions de signes contraires s’attirent, deux ions de même signe se
repoussent. Par conséquent deux ions de signes contraires peuvent se réunir :
c’est la première forme de liaison entre atomes.

1.7. Liaisons chimiques

Deux atomes se rapprochent l’un de l’autres et des interactions se


reproduisent entre eux du fait des charges électriques qu’ils transportent sans que
9

leurs électrons les quittent. Il se produit un réarrangement des électrons qui


provoque leur union au sein d’un nouvel édifice. C’est une molécule.
Cette union entre atomes est appelée liaison chimique. L’énergie qu’il faut
dépenser pour amener les atomes unis par la liaison à une distance infinie l’un de
l’autre est l’énergie de liaison.
Il existe trois grands types de liaisons chimiques : liaisons ioniques,
liaisons covalentes et liaison dative ou de coordination.

 Liaisons ioniques

L’édifice atomique est stable quand sa sous-couche la plus périphérique


contient 8 électrons : on dit qu’ils ont constitué l’octet. Les éléments classés dans
les colonnes VI et VII en haut ont besoin de 2 ou 1 électron respectivement pour
satisfaire l’octet. Ils acquièrent donc 2 ou 1 électron et sont transformés en
anions.
Le chlore fixe 1 électron est devient Cl- ; tandis que l’O2 fixe 2 électrons et
devient O2-. On dit qu’ils sont électronégatifs. Ce sont des métalloïdes.
Par contre, les éléments situés dans les premières colonnes qui font partie
du groupe des métaux, ont un nombre d’électron supérieur de 1 ou 2 unités au
nombre stable de 8 dans les orbitales les plus périphériques.
De ce fait, ils ont tendance à perdre des électrons, se transforment en ions
positifs ou cations, monovalent ou divalent selon le nombre d’électron perdu. Ce
sont des métaux.
Quand un ion monovalent rencontre un cation monovalent, ils ont tendance
à s’attirer réciproquement. Ainsi, leurs charges s’annulent. Il s’établit entre eux
une liaison électrostatique ou ionique ou hétéro polaire ; par exemple Na+ et Cl-
s’unissent pour former le NaCl.

 Liaisons covalentes

C’est ce type de liaison dans la quelle deux atomes sont réunis par la mise
en commun de 2 électrons dans la même orbitale. On peut schématiser de la
façon suivante ce type de liaison : H : H ou H-H.
Les 2 électrons constituent le doublet électronique de la liaison covalente.
Dans le cas de molécule d’eau (H2O), on schématise de la manière suivante : H :
O : H ou H-O-H.
On ne mentionne que les électrons les plus périphériques de l’O2 qui est
stable quand il est entouré d’une coque des 8 électrons sur sa couche électronique
la plus externe. L’énergie de liaison est dans le cas d’une covalence relativement
élevée : 200 à 400 K joules par mole.
Les liaisons covalentes prés décrites sont des liaisons covalentes simples.
Lorsque 2 atomes peuvent échanger plus d’une liaison covalente, comme c’est le
cas dans l’éthylène H H, on parle de liaisons covalentes multiples.
C=C
H H
10

 Liaison dative ou covalente de coordination

Un atome qui possède une orbitale déjà saturée par deux électrons ne
servant pas à une liaison avec un autre atome, peut les mettre en commun avec
un atome ayant une orbitale libre. Il y a donc formation d’une orbitale
moléculaire commune par la quelle l’un des atomes est donneur d’électrons et
l’autre accepteur. On appelle cette forme de liaison la liaison dative, ou liaison
de coordination.
C’est le cas d’une liaison de l’acide phosphorique par la flèche :
O

H–O–P–O–H

H
 Liaisons d’hydrogène

Une liaison comprenant l’hydrogène peut être complètement covalente (H2)


partiellement covalente et partiellement ionique (H2O) ou presque complètement
ionique HCl. Dans ce cas, l’électron se déplace de H2 vers l’atome partenaire,
ceci, parce qu’il y a une orbitale de valence partiellement vacante.
La vacance partielle peut être remplie par les électrons d’un atome dans une
seconde molécule, résultant le phénomène de liaison hydrogène.
Les atomes d’hydrogène de l’eau, de l’alcool, des acides organiques et
amines peuvent participer dans une liaison hydrogène avec l’atome d’oxygène
des molécules telles que l’eau, l’éther, la cétone, ou les acides carboxyliques ou
l’atome d’azote de l’ammoniaque ou des amines.

O + O O H

H H H H H H …O

H
O

H H

O O
║ ║
O + R — C — OR R — C — OR

H H
11

Les liaisons H sont plus faibles que les liaisons covalentes. En solution
aqueuse, elles se brisent et reforment continuellement, rapidement et
spontanément.

1.8. Hydratation

La digestion et l’absorption des nutriments organiques et inorganiques,


aussi bien tous les autres processus biochimiques dans les organismes vivants,
sont influencés par les seules propriétés de l’eau, qui est liquide interactif ou
solvant. Ses interactions avec les solutés sont appelées hydratation.
Cette dernière implique des associations faibles de molécules d’eau, avec
les autres molécules ou ions, tels que Na+, Cl-, amidon ou protéine car la liaison
d’hydratation est faible et transitoire. Le nombre de molécules associées avec un
ion ou autre molécule est approximatif et difficile à mesurer. Cependant les
nombres d’hydratation indiqués généralement sont : Na+,1-2 ; K+, 2 ; Mg, 4-
10 ; Ca2+,4-8 ; Cl,-1 et F,-4 ; Fe, 2+ 10 ; Zn, 4-10.
L’hydratation est une conséquence de 2 types de liaisons: (1) liaison
donneur-accepteur ; et (2) liaison hydrogène. L’hydratation permet aux
composés chimiques solubles dans l’eau de se dissoudre dans l’eau. Par exemple
un cristal de sel de table (NaCl) est lié ensemble par des interactions ioniques
fortes. Mais, une fois, le NaCl est dissous dans l’eau, le Na+ et Cl- deviennent des
entités indépendantes hydratées.

1.9. Acides et Bases : Notion des pH et pK

Dans les réactions chimiques, un acide est un donneur de proton, tandis


qu’une base est un accepteur de proton. Dans un acide ; la liaison entre le proton
(H+) et le composé parent a un caractère ionique ou covalent.
Dans un acide fort, la liaison a un caractère typiquement ionique car, lors
qu’un acide fort tel que le HCl, est dissous dans l’eau, il se dissocie presque
complètement.

Dans un acide faible, la liaison a un caractère plus covalent. En effet, les acides
faibles tels que l’acide acétique ou l’acide propionique, se dissocie seulement
partiellement dans l’eau, donnant un composé qui agit comme une base parce
qu’il peut alors accepter un proton.

Lors qu’un acide (HA) se dissocie dans l’eau, les protons dissociés ne
s’accumulent pas comme protons libres ; chacun se lie à l’instant immédiatement
à une molécule d’eau pour former un ion hydronium (H3O+). Le proton se lie à
l’un des paires solitaires de l’atome d’oxygène. Dans cette réaction, l’eau sert
comme une base :

HA +H2O A- + H3O+
12

L’équilibre représenté est extrêmement rapide. La durée de vie d’une molécule


donnée de H3O+ est seulement de 10-13sécondes. L’eau est un acide qu’une base.
L’eau pure se dissocie partiellement pour former un ion hydroxyde et un proton
qui se lie à une autre molécule d’eau.

H2 O HO- + H+

La force d’un acide particulier est donnée par sa constante de dissociation (ou
constante d’équilibre, K).

Pour l’eau, K = [H+] [HO-]/[H2O]

La concentration de l’eau pure est 55,6 M. Dans le corps humain, la


concentration de H+, OH- plus d’autres composés chimiques en solution, sont de
loin plus basses que 55 M, et sont dans l’ordre de 10-3 à 10-8 M.

La concentration de l’eau étant si haute en solutions aqueuses, ces fluctuations


sont très faibles dans la plus part des organismes vivants ; ainsi, le terme [H2O]
est conventionnellement omis de la formule pour K.

Ainsi K = [H+] [HO-]. Pour l’eau pure à 25°c, [H+] = 10-7 M et [O-H] = 10-7M

Ces deux concentrations doivent être identiques puisque la dissociation d’un


proton de l’eau entraîne la production d’un ion OH-. La concentration H+ (ions
hydronium en solutions) est exprimée comme le pH :

pH= -log[H+].

La concentration de [H+] dans l’eau pure étant de 10-7 M, le pH est égal à 7.0.
Une solution qui a un pH=7 est dite neutre. Les solutions avec pH <7 sont
acides ; celles de pH >7 sont basiques.

Les biochimistes sont intéressés avec les propriétés des H+ dans les solutions
acides et HO- dans les solutions basiques. Le degré d’association d’un acide
(HA) en solution est donné par K, défini comme la constante de dissociation :

K= [H+] [A-]/ [HA]

La force d’un acide est conventionnellement définie par son pK :

pK =-log K.

Le pK est donc une constante caractéristique de chaque acide faible. Plus le


pK est faible, plus l’acide est dissocié, donc plus il est fort. Si le pK est supérieur
à 7, la molécule est basique et tend à fixer des protons plutôt qu’en libérer.
13

Les acides forts ont de valeur de pK faibles et vice-versa pour les acides faibles
qui ont des valeurs des pKa hautes.

On remarquera que lors que (A-)= (AH), l’équation est égale à 0 et donc que le
pH de la solution a la même valeur que le pK. Le pK d’un acide faible est la
valeur du pH qu’on mesure lorsque la moitié des fonctions acides de la molécule
sont dissociée.

Le degré de l’ionisation dépend de la constante de dissolution de l’acide et du pH


initial de la solution .La force de ces acides varie quelque part en fonction du R
(groupe).

Par exemple l’acide formique est modérément fort : pK=3,75. Les valeurs de
pK pour les autres acides et les composés donnant les protons sont : acide
phosphorique 2,14 ; acide acétique 4,76 ; acide carbonique 3,8 ; ion ammonium
9,25 ; ion carbonate 10,2.

Le paire d’électrons solitaire de l’eau (atome O) ; d’ammonium (atome N), et des


groupes amines (atome N) influence le comportement et les concentrations des
ions hydrogènes (H+) dans l’eau avec lesquels ils forment des ions H3O+.

L’association implique la formation d’une liaison accepteur-donneur


d’électron. Les liaisons donneur-accepteur impliquant l’azote sont plus fortes
que ceux impliquant l’oxygène ; ainsi quelques molécules contenant l’azote
dissous dans l’eau lieront des ions H+ qui sont présents avec une plus grande
force que n’importe quelle autre molécule entourant l’eau.

Par exemple, si le diméthylamine (CH3-NH-CH3) est ajouté à l’eau, il tend à


déplacer les H+ des molécules de H3O+ qui peuvent être présentes.
+
H H

H3O+ + CH3-N-CH3 H2O + CH3-N-CH3

H
Le transfert entraîne la diminution dans la concentration de H3O+ en solution. Par
conséquent, les molécules de ce type agissent comme bases.

Les composés d’intérêt biologique sont classifiés selon les fonctions


chimiques, le reste de la molécule étant représenté par R.

Ces fonctions sont les suivantes : Alcool (R-OH), Aldéhyde (R-COH), Cétone
(R-CO-R), Acide (R-COOH), ester (RCOOR), Ether (ROR), Amine (R-NH2),
amine secondaire (RNHR), Amide (RCONH2), Phosphate (R-OPO3H2), Sulfate
(RSO4H), sulfure (RSR), disulfure (R-S-R), imine (RN=CHR).
14

Un groupe carboxyle d’un acide est partiellement ionisé à l’anion carboxylate.

Le degré de l’ionisation dépend de la constante de dissociation de l’acide et du


pH initial de la solution. La force de ces acides dépend quelque part de groupe R
attaché à la fonction.

1.10. Solutions

On appelle solution un mélange de deux ou plusieurs espèces moléculaires


réalisant une seule phase. L’air est une solution gazeuse d’azote, d’oxygène, de
gaz carbonique, de vapeur d’eau et de gaz rares.

Le plasma sanguin est une solution dans l’eau très complexe de sels minéraux,
glucides, protéines. Si l’un des constituants de la solution est en quantité très
supérieure à l’autre ou aux autres, on l’appelle Solvant. Dans ce cas, les autres
constituants sont appelés Solutés. Il est intéressant d’évaluer la quantité de soluté
présente dans un volume donné de solution : C’est ce qu’on appelle la
concentration du soluté exprime en moles de soluté par litre de solution.

On appelle solution molaire une solution contenant 1 mole de soluté par litre de
solvant. Dans certains cas, on emploie les unités de masse et on exprime la
concentration en grammes par litre.

On appelle solubilité la quantité maximale d’une substance qui peut être dissoute
dans 1 litre de solvant. Dans ce cas, la solution est dite saturée.

Lorsqu’une solution est saturée, il existe un peu de phase solide en équilibre avec
la phase liquide. La solubilité d’une substance dépend de la température, du
PH et, plus accessoirement, de la pression.

L’eau est le solvant par excellence des molécules des êtres vivants. La plupart
des réactions biochimiques ne peuvent se produire qu’en présence d’eau ; Les
lipides ne s’y dissolvent pas.

1.11. Systèmes tampons

Dans les organismes vivants, le pH doit rester dans les limites fixes, qui diffèrent
suivant l’espèce, l’organe, la cellule ou même la particule subcellulaire
considérée. Par exemple, chez l’homme, le sang artériel a un pH 7,40 et le sang
veineux 7,37. Le pH des cellules est du même ordre mais il existe des organites
spéciaux (lysosomes) ou le pH est acide (de l’ordre de 2).

Pour maintenir le pH à la valeur physiologique, l’organisme dispose des


systèmes dits « tampons », c à dire des sels d’acide faible et de base forte en
équilibre (par exemple phosphate disodique-phosphate mono potassique, ou
bicarbonate-acide carbonique).
15

Quand une réaction biochimique libère des protons dans le milieu, le système
tampon réagit en fixant ces derniers de telle façon que la quantité des protons
reste constante, autrement dit que le pH ne varie pas. Inversement, si la réaction
chimique considérée utilise des protons, le système tampon en libère et maintient
le pH.

L’efficacité du tampon dépend de sa concentration et elle est maximale pour les


pH proches du pK.

Les milieux biologiques sont toujours tamponnés et par conséquent captent


immédiatement les protons sinon, l’acidité libérée abîmerait gravement la
matière vivante.

II : STRUCTURES BIOLOGIQUES

1. Macromolécules

Dans les systèmes biologiques, les atomes tendent à former de très larges
molécules appelées macromolécules qui peuvent être regroupées en quatre
groupes : carbohydrates, acides nucléiques, protéines et lipides.

1.1. Les carbohydrates

Ce terme se réfère une classe des polyhydroxyaldehydes et polyhydroxycétones


avec la formule générale (CH2O)n. Tous les carbohydrates sont composés des
unités de base appelées monosaccharides.

Les polymères contenant 2 à 6 monosaccharides sont appelés des


oligosaccharides ; ceux avec plus sont appelés polysaccharides.

1.1.1. Monosaccharides

Dans les matériels biologiques, il existe fréquemment des monosaccharides avec


5 et 6 atomes de carbone tels que le glucose, le fructose, le galactose, le
mannose, le ribose.

Dans plusieurs sucres, tel que le glucose, la chaîne de carbone peut cycliser dans
2 voies différentes, produisant les α et β isomères. Ces cycles sont formés par
réaction du groupe hydroxyle suivant au dernier du carbone avec groupe
aldéhyde et cétone, formant ainsi un groupe hémi-acétal ou hémi-cetal,
respectivement. Lorsque le monosaccharide est en solution, les deux formes
cycliques sont en équilibre.

Dessin Formule
16

En ce qui concerne le ribose, la forme β de ribose se trouve dans le RNA. La


forme β désoxyribose, une forme modifiée de ribose, se trouve dans le DNA.

Les hexoses importants sur le plan physiologique sont: le D-glucose, le D-


fructose, le D-galactose, le D-mannose :

D-glucose : c’est le sucre de l’organisme. Il est transporté par le sang et est le


principal sucre qu’utilisent les tissus. La concentration du glucose dans le sang
(glycémie) à jeun varie dans les limites étroites de 0,7 à 0,9g/l soit 3,8 à 5,1
mmol/l.

Cliniquement, il est présent dans l’urine (glycosurie) de patients atteints de


diabète sucré par suite de l’augmentation du glucose sanguin (hyperglycémie).
On le trouve dans les jus des fruits, après hydrolyse de l’amidon, du sucre de
canne, du maltose et du lactose.

D-fructose : Il est transformé en glucose dans le foie et dans l’intestin et est ainsi
utilisable par l’organisme. L’intolérance héréditaire au fructose cause une
accumulation de fructose et l’hypoglycémie.
17

On le trouve dans les jus de fruits, le miel et après hydrolyse du sucre de canne et
de l’uniline ; ce dernier est un amidon présent dans les bulbes et les racines des
dahlias des artichauts et pesentils. C’est un fructosane (fructose après
l’hydrolyse).

D-galactose : Il est transformé en glycose dans le foie et est métabolisé. Il est


synthétisé dans la glande mammaire en vue de la synthèse du lactose du lait
maternel. C’est un constituant des glycolipides et des glycoprotéines.
L’incapacité à la métaboliser provoque la galactosémie et la cataracte.
L’hydrolyse du lactose donne le galactose.

D-mannose : est un constituant de plusieurs glycoprotéines qui peuvent être


obtenus après l’hydrolyse de certaines gommes et de mannanes des plantes.

Les pentoses importants sur le plan physiologique sont : D-ribose, D-ribulose,


D-arabinose, D-xylose, D-lyxose et L-xylose.

D-ribose est trouvé dans les acides nucléiques où ils constituent des éléments de
la structure ; il en est de même pour certains coenzymes comme ATP, NAD,
NADP et les flavoprotéines. Les riboses phosphates sont des intermédiaires de la
voie des pentoses phosphates.
18

D-ribulose : est formé au cours des réactions métaboliques, notamment dans la


voie des pentoses phosphates.

D-arabinose : est un constituant des glycoprotéines .On le trouve dans la gomme


arabique, les gomme des prunes et des cerises.

D-xylose : est aussi un constituant des glycoprotéines qu’on trouve dans les
gommes de bois, les protéoglycannes et les glycoaminoglycannes.

D-lyxose : est un constituant d’un lyxoflavine isolée du muscle cardiaque.


19

D-xylulose : est un intermédiaire dans la voie de l’acide uronique.

1.1.2. Oligosaccharides

Parmi les oligosaccharides les plus connus dans la nature, figurent les
disaccharides comme le maltose, l’isomaltose, le sucrose, le lactose et le
raffinose, constitués de 2 monosaccharides ou trois liés par une liaison
glycosidique.

 Maltose et iso maltose (sucre du malt)

Ces deux disaccharides sont constitués chacun de deux molécules de glucose et


jouent un grand rôle comme matériau de base des deux polysaccharides les plus
importants en nutrition humaine. L’amidon et le glycogène sont dégradés dans
l’intestin en maltose et iso maltose, différenciés en liaison glycosidique α-1,4 et
α-1,6 respectivement.

 Le Saccharose (ou sucrose) :

Il est formé par l’union d’une molécule de D-glucose et d’une molécule de D-


fructose, engagées par leur fonction semi-acétylique dans la liaison osidique. Le
saccharose est le 1-α-D-glucopyranosyl-2-β-D-fructofuranoside. Le saccharose
est dit sucre inverti parce que, au départ il est dextrorotatoire ([α]D=+66°7), et
après hydrolyse acide ou par une invertase intestinale, on obtient des quantités
équimolaires de D(+) glucose [α]D=+52° et de D(-) fructose [α]D= - 92°, le
20

mélange obtenu devenant levorotatoire. Il se trouve dans des nombreuses plantes


et il est particulièrement abondant dans les betteraves et la canne à sucre.

 Le Lactose

Il est formé d’une molécule de D-galactose et d’une molécule de D-glucose, à


travers une liaison β-1,4 galactosidique. C’est un 4-D-glucopyranosyl-β-D-
galactopyranose.

Le lactose se trouve dans le lait des mammifères. C’est un composé important


des produits laitiers comme le yogourt, le fromage et le chocolat au lait. Certains
nourrissons ont un déficit en lactase (enzyme nécessaire à la digestion de lactose
au niveau de l’intestin) et présentent une intolérance au lait. Le lactose non
digéré provoque une diarrhée dans l’intestin à cause de son pouvoir osmotique
qui attire l’eau et aussi à cause de sa transformation par les bactéries en acide
lactique irritant.

 Le raffinose

C’est un α-D-galactopyranosyl (1→6) –α-D-glucopyranosyl (1→2)-β-D


fructofuranoside. C’est un tri holoside, présent dans de nombreuses plantes et en
particulier dans la betterave où il accompagne le saccharose. Il est formé de
fructose, de galactose et de glucose.
21

1.1.3. Polysaccharides

Plusieurs polysaccharides, dont l’amidon, la cellulose et le glycogène sont


importants dans les systèmes biologiques.

L’amidon est un polymère de monomères de glucose unis par des liaisons


glycosidiques dont les 2 principaux constituants sont l’amylose (15-20 %) et
l’amylopectine (80-85%). L’Amylose est une chaîne linéaire d’amidon contenant
seulement liaison (1→4).

Dans l’amylopectine, la chaîne est branchée dans les intervalles de 25 unités de


monomères par des liaisons glycosidiques (1-6). Ce dernier ne donnant que du
glycose après hydrolyse, est un homopolymère appelé glucosane ou glucanne.
L’amylose a une structure hélicoïdale dans laquelle les molécules d’iode peuvent
se loger formant un complexe coloré en bleu. L’amidon est aux plantes ce que le
glycogène est aux animaux.

Le glycogène est semblable à l’amylopectine, mais les embranchements arrivent


plus fréquemment. Lorsque le glucose se trouve en excès dans l’organisme, le
foie et le muscle utilise le glucose superflu pour constituer le glycogène de
réserve. Dans les périodes diurnes et nocturnes, où nous ne mangeons rien, la
concentration de glucose dans le sang diminue et, pour fournir du glucose au
cerveau et aux érythrocytes, qui ont un besoin absolu du glucose comme source
d’énergie, le foie dégrade du glycogène en glucose et libère ce dernier dans le
sang pour le bon fonctionnement de ces organes. Le muscle en revanche dégrade
son propre glycogène et l’utilise sur place. C’est le polysaccharide de réserve de
l’organisme animal (amidon animal).
22

La cellulose est un polymère linéaire des unités glucose contenant β (1-4)


comme liaisons glycosidiques. C’est une substance structurelle importante des
végétaux et constitue le composé organique le plus répandu sur terre. L’homme
en prend en grande quantité dans la nourriture sans pouvoir la dégrader, à cause
de ses liaisons β-1,4 pour les quelles l’organisme n’a pas d’enzyme capable de
rompre. C’est un matériau de transit qui est tel que du tube digestif.

Figure

1.2. Les lipides

Les lipides forment un groupe hétérogène des composés apparentés par leurs
propriétés physiques et chimiques, et qui ont une propriété commune, celle d’être
insoluble dans l’eau et soluble dans les solvants tels l’éther, le chloroforme et le
benzène.

Les lipides sont d’importants constituants du régime alimentaire aussi bien à


cause de leur grande valeur énergétique, qu’à cause de leur association avec les
vitamines liposolubles et les acides gras essentiels contenus dans les aliments.
Les lipides comprennent les graisses, les huiles, les cires et certaines
substances qui leur sont apparentées.

1.2.1. Classification

Les lipides sont classés en lipides simples et lipides complexes.

1.2.1.1. Lipides simples

Les lipides simples sont des esters d’acides gras et divers alcools dont les
graisses et les cires. Les graisses sont des esters d’acides gras et du glycérol. Une
23

graisse qui est à l’état liquide avec température ordinaire est une huile. Les
cires sont des esters d’acides gras et d’alcools monohydriques à poids
moléculaire élevé.

 ACIDES GRAS

Les acides gras sont des acides carboxyliques aliphatiques. Ils existent surtout
comme esters dans les huiles et les graisses naturelles, mais aussi sous forme non
estérifiée donc libre, forme de transport présente dans le plasma.

On distingue parmi eux les acides gras saturés, ceux dont la chaîne carbonée ne
contient pas de double liaison, et les acides gras insaturés, ceux qui présentent
plusieurs doubles liaisons sur la chaîne aliphatique.

Parmi les acides gras saturés, on peut citer les acides formique, acétique,
propionique, butyrique, valérique, caproïque, caprylique, laurique, myristique,
palmitique, stéarique, arachidique, besthénique et lignocérique comme présenté
dans le tableau 2.

Tableau n° 2 : Acides gras saturés

Nom usuel Nombre


d’atomes
de C
Formique 1 Prend part au métabolisme des unités « C1 » (formate)
Acétique 2 Principal produit terminal de la fermentation glucidique par les
organismes du rumen
Propionique 3 Un produit terminal de la fermentation glucidique par les
organismes du rumen
Butyrique 4 En faible quantité dans certaines graisses (spécialement le
Valérique 5 beurre). Un produit terminal de la fermentation glucidique par
Caproïque 6 les organismes du rumen
Caprylique 8 En faible quantité dans plusieurs graisses (y compris le beurre),
(octanoïque) spécialement celles d’origine végétale
Caprique 10
(décanoïque)
Laurique 12 Dans le spermaceti, les huiles de cannelle, de palme et de noix
de coco, le laurier et le beurre
Myristique 14 Dans les noix, les huiles de palme et de noix de coco les
myrtilles et le beurre
Palmitique 16 Communs à toutes les graisses animales et végétales
Stéarique 18
Arachidique 20 Dans l’huile d’arachide ou de cacahuète graines
Béhénique 22
Lignocérique 24 Dans les cérébrosides et l’huile d’arachide

Les acides gras insaturés sont différenciés en acides mono insaturés et poly-
insaturés selon qu’ils contiennent une double liaison ou deux ou plusieurs
doubles liaisons respectivement.
24

Parmi eux, nous citons les acides palmitoléique, oléique, élaidique, erucidique,
nervonique, linoléique, α-linoléique, arachidique, timnodique, clupanodonique et
cervonique comme présenté dans le tableau 3 qui donne leurs noms chimiques et
leurs sources.

Tableau n° 3 : Acides gras saturés d’importance physiologique et nutritionnelle

Nombre d’atomes
de carbone et
nombre et position
des doubles liaisons Série Nom usuel Nom chimique Sources
Acides monoénoiques (une double liaison)
16 :1 ;9 7 Palmitoléique cis-9-Hexadécénoïque Dans presque toutes les graisses
18 :1 ;9 9 Oléique cis-9-Octadécénoïque Il est possible que ce soit le plus
abondant dans toutes les graisses
naturelles
18 :1 ;9 9 Elaïdique trans-9- Octadécénoïque Dans les graisses hydrogénées et
chez les ruminants
22 :1 ;13 9 Erucique cis-13-Docosénoïque Huiles des graines de colza et de
moutarde
24 :1 ;15 9 Nervonique cis-13-Tétracosénoïque Dans les cérébrosides
Acides dionoïques (2 doubles liaisons)
18 :2 ;9,12 6 Linoléique Toutes-cis-6,9,12- Huiles de maïs, d’arachide, de
Octadécadiénoïque graine de coton, de soja et de
plusieurs végétaux
Acides triénoïques (3 doubles liaisons)
18 :3 ;6,9,12 6 -Linolénique Toutes-cis-6,9,12- Quelques végétaux, huile d’onagre
Octadécatriénoïque par exemple ; acide gras
secondaire chez les animaux
18 :3 ;9,12,15 3 -Linolénique Toutes-cis-9,12,15- Fréquemment trouvé avec de
Octadécatriénoïque l’acide linoléique, particulièrement
dans l’huile de lin
Acides tétraénoïques (4 doubles liaisons)
20 :4 ;5,8,11,14 6 Arachidonique Toutes-cis-5,8,11,14- Trouvé avec l’acide linoléique
Eicosatétraénoïque mais particulièrement dans l’huile
d’arachide ; constituant important
des phospholipides chez les
animaux
Acides pentaénoïques (5 doubles liaisons)
20 :5 ;5,8,11,14,17 3 Timnodonique Toutes-cis-5,8,11,14,17- Constituant important des huiles de
Eicosapentaénoïque poissons, telle huile de foie de
morue
22 :5 ;7,10,13,16,19 3 Clupanodomique Toutes-cis-7,10,13,16,19- Huiles de poissons, phospholipides
Docosapentaénoïque cérébraux
Acides hexaenoïques (6 doubles liaisons)
22 :64 ;7,10,13,16,19 3 Cervonique Toutes-cis-4,7,10,13,16,19- Huiles de poissons, phospholipides
Docosahexaénoïque cérébraux

Trois acides gras polyinsaturés (linoléique, α-linolénique, et arachidonique)


méritent notre attention. Parmi eux, l’organisme humain ne peut en synthétiser
deux, lesquels doivent être apportés par l’alimentation.

Il s’agit de l’acide linoléique à deux doubles liaisons et l’acide linolénique à


trois doubles liaisons lesquels sont essentiels parce qu’ils sont indispensables
pour nos membranes.

L’acide arachidonique à quatre doubles liaisons est semi essentiel car il peut
être formé dans le réticulum endoplasmique à partir des acides linoléique et
25

linolénique. C’est un précurseur important de certains médiateurs comme les


éicosanoïdes.

 Eicosanoides

Les éicosanoïdes constituent le troisième groupe des acides polyinsaturés ; ils


sont formés à partir d’acides gras polyinsaturés en C20, l’acide arachidonique,
issu des phospholipides membranaires comme le montre la figure ci-dessous.

Ils sont constitués des composés dérivés d’acides gras polyénoïdes contenant des
prostanoïdes et leucotriènes (LT) et les lipoxines. Les trois groupes
d’éicosanoïdes et leurs origines biosynthétiques sont donnés dan la figure ci-
dessous.
26

Les prostanoïdes comprennent les prostaglandines (PG), les prostacylines


(PGI) et les tromboxanes (Tx). Les prostaglandines se trouvent dans le liquide
séminal et dans presque tous les tissus des mammifères, agissant comme
hormones locales. Elles ont des activités physiologiques et pharmacologiques
importantes.

Elles sont illustrées par la figure ….

Figure n° ……….
27

Les tromboxanes, composés apparentés aux prostaglandines, se trouvent dans


les plaquettes. Trois acides gras éicosanoïques donnent naissance à trois groupes
d’éiconasoïdes caractérisés par le nombre de doubles liaisons dans les chaînes
latérales, notamment PG1, PG2, PG3. Des variations dans les groupes substituant
attachés aux cycles donnent naissance à différents types dans chaque série de
prostaglandines et tromboxanes, étiquetés A, B etC. (EX. PGE2).

Les prostaglandines et les thromboxanes sont synthétisés par la voie de la


cyclooxygénase, inhibée par l’aspirine.

Les leucotriènes et les lipoxines constituent un troisième groupe des dérivés


éicosanoïdes formés via la voie de la lipoxygenase plutôt que pour la cyclisation
de la chaîne d’acides gras et montrée par la figure…..

Figure n° ….

Les propriétés physiques et physiologiques des acides gras dépendent de la


longueur de la chaîne et du degré d’insaturation. Ainsi le point de fusion des
acides gras à nombre pair d’atomes de carbone augmentent avec la longueur de la
chaîne et diminuent avec l’insaturation.

Un triacylglycérol ne contenant que des acides gras saturés de 12 carbones ou


plus est un solide à la température du corps tandis que tous les résidus de 3 acides
gras sont 18 :2 ; il est liquide au dessus de 0°C. En pratique, les acylglycérols
naturels contiennent un mélange d’acides gras conçus pour jouer des rôles
fonctionnels.

Les triglycérides (triacyl glycérols) sont les principales forment de réserve des
acides gras. Dans les graisses naturelles, la proportion de molécules de triacyl
glycérol contenant le même résidu d’acides gras aux trois positions ester est très
petites.

 LES ALCOOLS

Les alcools associés aux lipides sont le glycérol, le cholestérol et certains alcools
supérieurs (tel l’alcool cétylique trouvés, d’habitude, dans les cires et l’alcool
polyisoprenoide, le dolichol (Fig.16-26, Harper P.168).
28

Figure n°….. : Dolichol

1.2.1.2. Lipides complexes

Les lipides complexes sont des esters d’acides gras contenant divers groupes en
plus de l’acide gras et de l’alcool. Dans ce groupe on distingue : les
phospholipides, les glycolipides (glycosphingolipides) et les autres lipides
complexes.

Les phospholipides sont des lipides contenant en plus des acides gras et d’un
alcool, un résidu d’acide phosphorique. Ils possèdent fréquemment des bases
azotées et d’autres substituants.

Les phospholipides comprennent les groupes de substances suivantes : l’acide


phosphatidique et les phosphatidylglycérols, la phosphatidylcholine, la
phosphatidyléthanolamine, le phosphatidyl inositol, la phosphatidyl serine, les
lyso-phospholipides, les plasmalogènes et les sphingomyelines. Ce sont tous les
phosphoacylglycérols à partir des sphingomyelines qui ne contiennent pas de
glycérol. Ils peuvent être considérés comme dérivés de l’acide phosphatidique.

Figure n°…….. : Acide phosphatidique

La cardiolipine est un lipide important des membranes mitochondriales,


dérivé du phosphatidylglycérol.
29

Figure n°….. : Cardiolipine

Les phosphadycholines (lécithines) se trouvent dans les membranes


cellulaires. Ce sont les phosphoacylglycérols, phospholipides les plus
abondants de la membrane cellulaire.

Figure n° …. : Lecithines

La choline comme l’acétylcholine est importante dans la transmission nerveuse.


La dipalmitoyl-lécithine, agent tensioactif très efficace et constituant majeur du
surfactant, empêche l’adhérence des surfaces internes des poumons due à la
tension superficielle. Son absence dans les poumons des enfants prématurés est
responsable du syndrome de détresse respiratoire.

La céphaline (phosphatidyléthanolamine) et la phosphatidyl serine se trouvent


aussi dans les tissus ; y compris le phosphatidyl inositol. Les plasmalogènes
représentent 10% des phospholipides du cerveau et du muscle.
30

Figure n°…. : Plasmogènes

Figure n°….. : Cephaline

Les sphingomyélines sont présentes en grande quantité dans le cerveau et dans


le tissu nerveux. Elles sont constituées d’une molécule d’acide gras, d’une
molécule d’acide phosphorique, d’une molécule de choline et de la sphingosine,
un amino acyle complexe.

Lorsque l’alcool est le glycérol, il s’agit de glycérophospholipides ; et lorsque


l’alcool est la sphingosine, il s’agit des sphingophospholipides. La combinaison
de la sphingosine et d’un acide gras donne le céramide, présent dans les
glycolipides. Les phospholipides sont les principaux constituants des lipides des
membranes.

 GLYCOLIPIDES

Les glycolipides (glycosphingolipides) sont des lipides formés d’un acide gras,
de la sphingosine et du sucre.

Ils sont largement répandus dans les tissus de l’organisme, particulièrement dans
le tissu nerveux, tel le cerveau. Ils se trouvent particulièrement dans le feuillet
externe de la membrane plasmique où ils participent à la partie glucidique de la
surface cellulaire. Les glycosphingolipides sont les principaux glycolipides des
31

tissus animaux. Ils renferment une fraction de ceramide et un ou plusieurs sucres.


Les ceramides les plus simples sont les galactosylceramide et le
glucosylceramide.

Figure n°…… : Ceramides

Le galactosylceramide peut être converti en sulfogalactosylcéramide (sulfatide),


présent en grande quantité dans la myéline.

Les gangliosides sont des glycosphingolipides complexes, dérivés du


glycosylcéramide qui renferment en plus une ou plusieurs molécules d’un acide
sialique. Ils sont présents en concentration élevée dans les tissus nerveux.
L’acide neuraminique (NeuAc) est le principal acide sialique trouvé dans les
tissus humains.

Les lipides tels que les sulfolipides, les aminolipides et les lipoprotéines sont
aussi des lipides complexes.
32

1.2.1.3. Précurseurs des lipides

En plus des lipides simples et complexes, il y a les précurseurs des lipides et les
lipides dérivés. Il s’agit des acides gras, du glycérol, les stéroïdes et des alcools
autres que le glycérol et les stérols, des aldéhydes gras et des corps cétoniques,
les hydrocarbures, des vitamines liposolubles et des hormones.

Les lipides membranaires, qui doivent être fluides à toutes les températures
ambiantes, sont plus insaturés que les lipides de réserve. Dans les tissus exposés
au froid comme chez les hibernants ou dans les extrémités des animaux, les
lipides sont plus insaturés.

1.2.1.4. Stéroïdes

Les stéroïdes jouent des rôles importants sur le plan physiologique. Le


cholestérol, stéroïde le mieux connu à cause de son association avec
l’athérosclérose est un composé important sur le plan biochimique car il est
précurseur des acides biliaires, des hormones corticosurrénales, des hormones
sexuelles, des vitamines D et de glucosides cardiotoniques. Ils se forment sur le
noyau stéroïde, présenté à la figure suivante.

Figure n°…. : Noyau stéroïde

Le cholestérol est très répandu dans toutes les cellules de l’organisme et en


particulier celles du tissu nerveux.
33

Figure n° …… : Cholestérol

Il est le principal constituant de la membrane plasmique et des lipoprotéines du


plasma. Il est présent dans les graisses animales mais pas dans les graisses
végétales. Il joue un grand rôle aussi dans la synthèse des acides biliaires et des
hormones stéroïdes. Le cholestérol est utilisé pour produire des acides biliaires,
substances nécessaires pour le transport des lipides de l’intestin vers le sang au
cours de la digestion, et l’élimination du cholestérol en quantité notable.

Les polyprenoïdes ne sont pas des stéroïdes, mais en sont proches, car ils sont
synthétisés à partir d’unités isopréniques à cinq carbones.

Figure n°….. : unités isopréniques

Ils comprennent l’ubiquinone, un constituant de la chaîne respiratoire dans les


mitochondries, et le dolichol, un alcool à longue chaîne qui participe à la
synthèse des glycoprotéines en transférant les résidus glucidiques aux résidus
asparagine du polypeptide. Le caoutchouc, le camphre, les vitamines liposolubles
A, D, E et K et le B carotène (provitamine A) sont des composants isoprenoïdes
dérivés des plantes.

1.3. Acides aminés et protéines

1.3.1. Acides aminés classiques

La glycine et l’alanine sont les acides aminés les plus simples comme la sérine et
la cystéine.
34

La thréonine et la sérine ont des groupements OH qui peuvent servir des points
d’attache pour un lien des molécules de sucre au sucre au phosphate.

 Propriétés des acides aminés

Chaque acide aminé possède au moins deux groupements ionisables : le graine


carboxyle et le groupe aminé. Ionisable signifie que, en fonction du pH
environnant, le groupement est protoné ou non.

COOH COO-

H2N-C-H H2N+-C-H

R R

De cette notion fondamentale, il résulte qu’un acide aminé peut se trouver sous
forme de cation, de Zwittérion (neutre au point isoélectrique) ou d’anion.

Chaque groupement ionisable a la capacité de capter ou de céder des protons.


Une estimation de cette capacité est donnée par l’acidité ou la basicité, mesurée
par les pKA et les pKB. Chaque groupement aminé et chaque groupement
carboxylique d’un acide aminé ont leur propre pK. De ce fait, chaque acide
aminé a au moins deux valeurs de pK (les acides dicarboxyliques ou basiques en
ont même trois).

Le pK est un pH particulier pour lequel un groupement fonctionnel se trouve à


50% sous forme protonée et à 50 % déprotonée. C’est là que l’acide aminé a son
plus grand pouvoir tampon.

 Point isoélectrique

Tous les acides aminés possèdent un point isoélectrique ou pI. Le pI set le pH


auquel la somme des charges intramoléculaires d’un acide aminé est nulle ; donc
correspond à la présence d’autant de charges positives que des charges négatives.

L’acide aminé apparaît à un pH comme neutre bien qu’il ait au moins deux
charges intramoléculaires réalisant un Zwittérion.
35

COOH COO-+H+ COOH

H2N-C-H H2N+-C-H H3N+- C-H cation

R R-H+ R

COOH COO- COO-

H2N-C-H H2N+-C-H H2N-C-H anion

R R R

1.3.1. Peptides et protéines

Les aminoacides sont liés entre eux par une liaison peptidique qui comprend un
groupe ceto et un groupe amino ; ils forment les peptides. Les oligopeptides sont
des polymères à longueur modérée et les polypeptides ou protéines sont des
polymères plus longs.

Une protéine typique contient 300 acides aminés et a un poids moléculaire de


50.000. Généralement, les protéines peuvent se lier les unes aux autres dans le
corps pour former des dimères, trimères, tétramères ou plus large multiples.

La taille, la fonction et les propriétés chimiques de chaque oligopeptide ou


protéine sont déterminées par les identités et l’ordre de polymérisation de ses
constituants aminoacides.

1.4. Acides Nucléiques

1.4.1. Définition

Les acides nucléiques sont des macromolécules présentes dans toutes les cellules
vivantes, soit libres, soit combinés à des protéines pour former des
nucléoprotéines. On les nomme des poly nucléotides.

Les acides nucléiques ont une importance fondamentale car ils sont, soit le
support de l’information génétique, soit les agents permettant l’expression de
cette information.

1.4.2. Nucléotides

Les nucléotides sont des unités qui constituent les acides nucléiques, d’où le
nom polynucléotides donné aux acides nucléiques.

Le nucléotide est constitué de 3 composants : base hétérocyclique azotée


(purine ou pyrimidine), pentose et acide phosphorique. Les groupes phosphates
36

sont liés au carbone 5’ de désoxyribose. Les bases puriques (dans DNA ou RNA)
sont l’adénine et la guanine. Les bases pyrimidiques sont la cytosine et l’uracile
dans le RNA, la cytosine et la thymine dans les DNA.

On distingue deux types d’acides nucléiques :

1. Les acides désoxyribonucléiques (DNA ou ADN) que l’on trouve


essentiellement dans le noyau des cellules végétales et animales au niveau
de chromosomes. Le DNA constitue également les chromosomes des
procaryotes (bactéries, algues blues). On trouve également du DNA dans
les mitochondries des cellules végétales et animales et dans les
chloroplastes des organismes photosynthétiques.
2. Les acides ribonucléiques (RNA ou ARN) que l’on trouve essentiellement
dans le cytoplasme des cellules.

On distingue les RNA ribosomiques, les RNA de transfert, les RNA messagers
qui interviennent dans l’expression de l’information génétique.

Certains virus végétaux et animaux, certains bactériophages, ont un génome


constitué de RNA.

Du point de vue structural, le DNA consiste en 2 polymères linéaires des


nucléotides, légèrement associés l’une à l’autre par une série des liaisons
d’hydrogène entre les 2 brins dans une structure de double hélice.

La longueur de chaque chaîne de DNA dans une cellule humaine est environ 2 m
et contiennent approximativement 11 billions de nucléotides. Actuellement le
DNA est le nom chimique, tandis que le « génome » est le terme utilisé pour se
référer à tout DNA dans une cellule particulière d’un organisme spécifique. Les
Double brins (ds DNA) peuvent se démêler et donner un simple brin DNA (ss
DNA).Au cours du métabolisme, des petites étendues de DNA sont démêlés dans
la cellule pour donner des régions de chromosome qui sont les ss DNA.

1.4.3. Nucléosides

Lorsque les acides nucléiques ne contiennent pas l’acide phosphorique, on a des


nucléosides qui résultent de la liaison d’une base purique ou pyrimidique avec le
ribose ou le désoxyribose. Cette liaison unit l’azote 9 de la base purique, ou
l’azote 1 de la base pyrimidique, et le carbone 1’ du pentose. Ainsi, on a les
ribonucléosides ou les désoxyribonucléosides.

Les nucléosides de DNA sont désoxyadenosine (dA), déoxythymidine (dT),


désoxyguanosine (dG), et désoxycytidine (dC).

Les Nucléosides de RNA : adénosine (A), uridine (U),guanosine (G), et cytidine (C).
37

Les RNA consistent en un simple brin de polymère, non de double brin comme
trouvé dans DNA.

1.4.4. Complémentarité des bases azotées

Les bases des acides nucléiques sont les noyaux aromatiques rattachés aux RNA
et aux DNA. Ce sont des bases parce qu’ils contiennent les atomes d’azote qui
lient les protons.

La complémentarité des bases dans les acides nucléiques est responsable de la


maintenance de la structure de double hélice de DNA. La complémentarité guide
aussi le transfert de l’information génétique du DNA dans un chromosome d’un
parent au chromosome d’une fille, durant le processus de synthèse de DNA qui
arrive en peu de temps avant que la cellule se divise ; Ainsi, elle permet au DNA
à coder pour un polymère correspondant durant la synthèse.

En effet, la complémentarité permet au DNA à servir comme un template durant


la synthèse de RNA. En maintenant la structure de DNA, les interactions arrivent
entre dA et dT et dG et dC, Adénosine et thymine sont les bases complémentaires
tandis que guanine et cytosine sont aussi complémentaires.

La complémentarité guide le transfert de l’information des régions spécifiques de


DNA appelés gènes durant la formation des RNA. Durant la synthèse des RNA,
l’ordre de présentation des bases dans les DNA guide l’ordre de polymérisation
des ribonucléotides pour créer les RNA. La synthèse des DNA ne nécessite pas
une association permanente des DNA avec les RNA. Dans la synthèse des RNA,
l’association entre ribonucléotides qui arrivent est éclair et temporaire.
L’exposition des bases des DNA successives permet le processus successif de
rencontre des ribonucléotides libres avec les désoxyribonucléotides se trouvant
dans le brin de DNA. Aussitôt que le ribonucléotide libre trouve une rencontre
(sur le template DNA), le ribonucléotide libre est attaché de manière covalente au
brin de RNA en croissance.

L’hydrogène des bases des DNA et RNA se lie l’un à l’autre et par conséquent
sont complémentaires l’un à l’autre : dA de DNA au U de RNA ; dT de DNA au
dA de RNA ; dG de DNA au C de RNA ; dC de DNA au G de RNA.

L’ADN est une source d’information pour la synthèse de toutes les molécules des
protéines d’une cellule ou d’organisme et elle procure l’information héritée par
les cellules filles ou par leur descendance. La molécule d’ADN sert de matrice
dans le premier cas pour la transformation de l’information en ARN et dans le
deuxième cas pour la réplication de l’information dans les molécules d’ADN
filles.

Durant la synthèse des DNA, le désoxyribonucléotide libre qui arrive trouve son
correspondant (de DNA template) mais aussitôt que correspondance est faite, le
38

désoxyribonucléotide est connecté de manière covalente au brin de DNA qui


grandit.
Ainsi les descriptions des synthèses des RNA et DNA utilisent les deux le
concept de template.

L’autre concept utilisé pour décrire la synthèse des DNA est que des interactions
arrivent entre dA et dT, et entre dG et dC. La synthèse de DNA se fait durant le
processus de réplication, par le quel la synthèse de DNA fait tout que le DNA
dans le noyau produise un duplicata à lui-même.

Dans les cellules eucaryotes, le processus de réplication fait que la


cellule change de diploïde en une autre qui est temporairement tétraploïde. La
réplication dans des cellules eucaryotes est habituellement immédiatement suivie
de la division de la cellule qui donne deux cellules qui sont encore une fois
diploïde.

En conclusion, les cellules et les tissus sont constituées des macromolécules dont
les principales sont reprises dans le tableau suivant :

Le tableau 2 donne les principales biomolécules organiques complexes


des cellules et des tissus.

Biomolécule Constituant Fonctions principales


de base
ADN Désoxynucléotides Matériel génétique
ARN Ribonucléotides Matrice pour la synthèse de protéines
Protéines Acides aminés Nombreuses ; molécules cellulaires qui
exécutent le travail (comme les
enzymes et les éléments contractiles)
Polysaccharides Glucose Stockage d’énergie pour une utilisation
rapide sous forme de glucose
Lipides Acides gras Nombreuses, comme composants
membranaires et pour le stockage
d’énergie à long terme sous forme de
triacylglycérols

1.5. Vitamines

Les vitamines sont des nutriments organiques nécessaires en petites quantités


pour de nombreuses fonctions biochimiques différentes. Elles sont classées en
deux groupes principaux, les vitamines hydrosolubles et les vitamines
liposolubles.

Les vitamines hydrosolubles sont les vitamines du complexe B (thiamine,


riboflavine, niacine, acide pantothénique, vitamine B6, biotine, vitamine B12 et
acide folique. Ces dernières doivent être continuellement apportées par
39

l’alimentation car il y a peu de stock de vitamines libres, excepté le cas d’acides


folique et de vitamines B12, acide ascorbique.

Les vitamines liposolubles sont les vitamines (A, D, E et K) trouvés dans les
lipides alimentaires à la fois d’origine animale et végétale. Elles sont
généralement transportées au foie, principal réservoir des vitamines A, D et K.
Le tissu adipeux stocke la vitamine E. Il faut éviter de les prendre en excès car
elles sont toxiques.

La non disponibilité des vitamines liées au régime alimentaire ou à d’autres


raisons est à l’origine des syndromes de carence caractéristique.

Le tableau ….. donne les principales vitamines et leurs fonctions.

1.6. Sels minéraux et les oligo-éléments

1.6.1. Sels minéraux.

Les sels minéraux sont des éléments chimiques d'importance nutritionnelle, qui
sont requis dans l'alimentation en quantité plus grande que 100 mg par jour. Il
s'agit du calcium, du phosphore, du magnésium, du sodium, du potassium et
du chlore.

Le sodium est présent dans les milieux extracellulaires. Il y en a 14 fois plus que
dans le milieu intracellulaire. L’excès de l’apport en sodium est en corrélation
avec l’hypertension artérielle chez l’homme. Les aliments végétaux sont pauvres
en sodium, en dehors de quelques espèces des légumes (céleri, épinard). Les
fruits en sont pauvres, tandis que les produits de charcuterie sont fortement salés.

Le potassium au contraire est en majeure partie intracellulaire, soit plus de 90%


du total, (le plasma sanguin de l'homme, 345 mg/100 cm3 de Na, et 22 mg/100
cm3 de K; tandis que dans les globules rouges 55 mg de Na/100 cm3 et 332 mg
de K/100 cm3. On le trouve dans les légumes et dans la viande en quantités
comparables.

Le calcium et le phosphore sont liés parce que leur absorption commune est
favorable à chacun d’eux. Le rapport Ca/P idéal est voisin de 1,7. Les produits
laitiers sont (lait, yaourt, fromages) sont très intéressants à ce point de vue.

Le calcium est surtout un constituant du squelette (1kg de ca). Il constitue


environ 25 % de l’os sec. La teneur en plasma est étroitement régulée à 100
mg/l.

Il joue un rôle antitoxique vis-à-vis de diverses substances extracellulaires pour


lesquelles il provoque une diminution de la perméabilité de la cellule.
40

Le phosphore, outre sa parenté avec le calcium dans le squelette, est important


par son rôle dans les métabolismes ; il est nécessaire à la respiration comme à la
photosynthèse. Son absorption dépend de la vitamine D. Dans l'organisme
humain, le phosphore se trouve sous forme des phosphates de calcium et de
magnésium dans les tissus osseux, des phosphoprotéines, phospholipides et
acides nucléiques dans la partie cellulaire.

Les phosphates interviennent dans la pression osmotique et jouent le rôle de


tampon de pH.

Les phosphates sont associés à la phytine (acide inositol hexa phosphorique),


aux protéines (caséines), aux lipides et aux nucléotides et acides nucléiques.

Le magnésium entre dans la constitution de la chlorophylle. C'est un activateur


de plusieurs enzymes du métabolisme du phosphore et joue un rôle important
dans le maintien de l'hydratation du cytoplasme.

Le soufre est apporté à la plante par les sulfates du sel, avant d'entrer dans de
nombreuses molécules organiques (mercaptans, cystéine, méthionine, glutathion,
protéines, mucopolysaccharides...).

Dans la plante, ils jouent un rôle important dans le maintien de l'équilibre oxydo-
réducteur, favorisant la multiplication cellulaire, la croissance et la cicatrisation
des blessures. Le chlore est présent sous forme de chlorure de sodium et de
potassium.

On trouve 3,5% des sels minéraux dans la composition élémentaire du corps


humain tandis que les éléments majeurs représentent environ 8% dans la
composition des végétaux en sels minéraux.

Chez les végétaux, les sels minéraux contribuent au maintien de la pression


osmotique cellulaire, responsable de la turgescence normale des cellules
vivantes, au maintien du pH vacuolaire, à la distribution des ions dans le
cytoplasme, à la perméabilité cellulaire, suite aux interactions entre ions.

La teneur en minéraux de l’organisme et les principales caractéristiques des


minéraux sont données dans les tableaux suivants.
41

Le tableau 4 donne les principales caractéristiques des minéraux essentiels.

Eléments Fonctions Métabolismes Maladies ou Maladie ou Sources


symptômes à symptômes dus à
la déficience la toxicité
Calcium Constituants des L’absorption Enfants Apparaît lors de Produits
os, des dents, nécessite la rachitisme. l’absorption laitiers, fèves,
régulation des liaison du Adultes excessive due à une haricots,
fonctions nerveuse calcium à une ostéomalacie. hypervitaminose D, légumes à
et musculaire protéine. Peut contribuer ou à une feuilles.
Contrôlé par la à hypercalcémie liée
vitamine D, la l’ostéosporose. à une
parathormone, hyperparathyroïdie
la calcitonine, ou à une
etc. hypercalcémie
diopathique.
Phosphore Constituants des Contrôle de Enfants Le rapport sérique Additifs
os, des dents, de l’absorption rachitisme. Ca2+/Pj faible alimentaires
l’ATP, des inconnu Adultes stimule phosphatés
intermédiaires (vitamine ostéomalacie. l’hyperparathyroïde
métaboliques D ?). taux secondaire ; peut
phosphorylés. sériques conduire à la perte
Acides nucléiques régulés par la osseuse.
réabsorption
rénale
Sodium Cation principal du Contrôlé par Inconnu dans Hypertension (chez Sel de table ;
liquide l’aldostérone une ration les individus sel ajouté à la
extracellulaire. alimentaire prédisposés). nourriture
Contrôle le volume normale ; préparée
plasmatique, secondaire à
l’équilibre acido- une blessure
basique, la ou une
fonction nerveuse maladie.
et la fonction
musculaire, la
Na+/K+-ATPase
Potassium Cation principal du Contrôlé par Se produit à la Arrêt cardiaque, Légumes,
liquide l’aldostérone suite d’une ulcérations de fruits, noix.
intracellulaire ; maladie, d’une l’intestin grêle.
fonction nerveuse blessure ou
et fonction d’un traitement
musculaire, diurétique ;
Na+/K+-ATPase faiblesse
musculaire,
paralysie,
confusion
mentale.
Chlorure Equilibre Nourrisson Sel de table
hydroélectrolytique recevant une
liquide gastrique alimentation
déplacement du sans sel.
transport du HCO3- Secondaire à
dans les hématies des
vomissements,
à un traitement
diurétique, à
une
néphropathie.
Magnésium Constituant des os, Secondaire à Diminution des Légumes
des dents ; une réflexes verts
cofacteur malabsorption ostéotendineux et (renfermant
enzymatique ou à une dépression de la
(kinases, etc.) diarrhée, respiratoire. chlorophylle).
alcoolisme.
42

Le tableau 5 donne la teneur en minéraux dans l’organisme humain.

Teneur dans le corps Besoins


humain (g pour 70 kg) (g pour 24 heures)
Sodium 100 1,0 (en NaCl)
Potassium 140 1,0 (*)
Calcium 1000 0,4à 1
Magnésium 30 0,3
Phosphore 700 0,8
Fer 3 0,005 à 0,010

1.6.2. Oligoéléments

Les oligo-éléments sont les éléments requis dans l'alimentation en quantités plus
petites; il s'agit du chrome, du cobalt, du cuivre, de l'iode, du fer, du
manganèse, du molybdène, du silicium, du zinc et du fluor.

Un autre groupe d'oligo-éléments requis pour la nutrition des animaux mais sans
rôle essentiel chez les humains, sont l'arsenic, le cadmium, le nickel, le
silicium, l'étain et le vanadium.

Le fer est un constituant des enzymes et protéines hémiques telle que


l’hémoglobine et les cytochromes. Sa carence est rare chez l’homme et fréquente
chez la femme, suite aux pertes menstruelles et pendant la grossesse. La quantité
totale de fer passe de 3,5 g chez l’homme à 2g chez la femme. L’absorption se
fait sous forme de fer ferreux.

Le cuivre est un constituant des oxydases (cytochrome oxydase, SOD..). Il est


assez répandu surtout dans les aliments animaux, mais en faible proportion (12-
14mg pour 100g). Le besoin semble se situer vers 1à 3mg/j.

Le zinc est un cofacteur de nombreuses enzymes comme le lactate


déshydrogénase, la phosphatase alcaline, l’anhydrase carbonique…Il jouerait un
rôle dans les retards de croissance et de développement sexuel.

L’iode est un oligo-élément essentiel, qui se trouve presque entièrement dans la


glande thyroïde sous forme de thyroglobuline et un peu dans le plasma sanguin.
C’est un constituant de la thyroxine et de la triiodothyronine. La carence se
manifeste sur le plan clinique par l’apparition d’un goitre endémique qui est une
augmentation de volume de la glande thyroïde. Le besoin est évalué à 0,3-0,4
mg/24h ; Les aliments en sont pauvres et le poisson de mer apporte à peu près
cette quantité.

De manière générale, les éléments minéraux forment des complexes avec les
molécules organiques, jouant ainsi un rôle dans différentes activités biologiques,
à travers un complexe « transporteur », un complexe de transfert de charge entre
43

un substrat et un cation métallique par délocalisation des électrons mobiles à


l’intérieur du substrat ou entre deux molécules de substrat, ou à travers un
complexe échangeur de cations par différence d’électroaffinité. Ainsi, dans ce
dernier cas, dans la pompe à sodium, les cations K+, libérés dans la solution
externe, vont déplacer les ions Na+ dans la membrane neuronale.

1.7. Organisation moléculaire de la cellule

L’hiérarchie de l’organisation moléculaire dans la cellule nous renseigne que, à


partir des précurseurs minéraux, du CO2, de l’eau, de l’ammoniac et de l’azote
nitrate se sont constitués des métabolites comme le pyruvate, le citrate, le
succinate, le glycéraldéhyde-3-phosphate, le fructose 1 – 6bis phosphate, le
3 phospho-glycérate. Ces derniers ont formé des acides aminés, des
nucléotides, des oses simples, des unités de construction qui ont plus tard donné
des macromolécules comme les protéines, les acides nucléiques, les polyosides
et les lipides. Ces des biomolécules ont à leur tour générer les complexes
supramoléculaires, les ribosomes, le cytosquelette et des complexes
multienzymatiques qui sont les précurseurs des organites subcellulaires et de la
cellule, unité de base ou élémentaire de la vie.

II. ORGANITES ET FRACTIONNEMENT SUBCELLULAIRE

2.1. Organites

Au XIXème siècle, Schleiden Schwann et d’autres pionniers comme Virchow ont


montré que la cellule est l’unité fondamentale de l’activité biologique.

Après la deuxième guerre mondiale, l’utilisation croissante de la microscopie


électronique et de l’ultracentrifugation, l’introduction des méthodes qui
permettent la rupture de cellules, ont permis une meilleure compréhension de la
cellule et un développement inégalé en biochimie et en biologie moléculaire.

La microscopie électronique a permis de découvrir de nombreux composants


cellulaires inconnus ou difficiles à observer.

La rupture des cellules dans des conditions relativement douces a permis de


préserver l’activité biologique des cellules, tandis que l’ultracentrifugation à
grande vitesse et avec régulation thermique a été capable de générer des forces
centrifuges suffisantes pour séparer les différents constituants, des cellules
cassées sans les surchauffer.

Avec ces techniques, on a isolé les molécules intracellulaires et les organites


subcellulaires, et mis en évidence les principales caractéristiques d’une cellule
animale et d’une cellule de plante supérieure.
44

Les deux figures suivantes représentent la première, les organites de la cellule


hépatique de rat, et la seconde, celles de la cellule végétale.

Figure….. : Principaux organites de la cellule hépatique de rat


45

Figure………. : Cellule végétale

Figure …….. : Principaux organites de la cellule végétale

Le tableau n°….. donne les différentes organelles subcellulaires,


et leurs fonctions biologiques.

Organite ou fraction 1 Marqueur Fonctions principales


Noyau ADN Site des chromosomes
Site de la synthèse d’ARN dirigée par
l’ADN (transcription)
Mitochondrie Glutamate déshydrogénase Cycle de l’acide citrique,
phosphorylation oxydative
Ribosome Contenu élevé en ARN Site de la synthèse protéique (traduction
de l’ARNm en protéine)
Réticulum endoplasmique Glucose-6-phosphatase Les ribosomes liés à la membrane sont
le site principal de la synthèse protéique
Synthèse de différents lipides
Oxydation de nombreux xénobiotiques
(cytochrome P450)
Lysosome Phosphatase acide Site de nombreuses hydrolases (enzymes
catalysant les réactions de dégradation)
Membrane plasmique Na+-K+ ATPase Transport de molécules à l’intérieur et à
l’extérieur des cellules 5’-Nucléotidase
Adhésion et communication
intercellulaires
Appareil de Golgi Galactosyl transférase Distribution intracellulaire des protéines
Réactions de glycosylation
Réactions de sulfatation
46

Peroxysome Catalase Dégradation de certains acides gras et


Acide urique oxydase acides aminés
Production et dégradation du peroxyde
d’hydrogène
Cytosquelette Aucun marqueur enzymatique Microfilaments, microtubules, filaments
spécifique intermédiaires
cytoplasme Lactase déshydrogénase Enzymes de la glycolyse des acides gras.

2.2. Fractionnement subcellulaire

2.2.1. Principe

Pour étudier en détails un organite, il faut d’abord l’isoler sous forme


relativement pure exempte de toute contamination significative par d’autres
organites.

La voie habituelle pour y parvenir est le Fractionnement subcellulaire.

Cette technique nous permet d’isoler les organites contenus dans une cellule
comme celles représentées dans les figures 2.1. et 2.2 grâce aux vitesses de
sédimentation.

En effet, dans le champ de gravitation d’une centrifugeuse, des particules de


tailles et de densités différentes ont des vitesses de sédimentation différentes. Les
noyaux se déposent en premier sous l’influence d’un champ relativement faible ;
pour les mitochondries et les ribosomes, il faut un champ plus élevé et davantage
pour que les ribosomes et les fragments des systèmes membranaires sédimentent
à leur tour.

Le schéma classique de fractionnement d’un extrait cellulaire par centrifugation


différentielle est donné dans la figure suivante.
47

Ce schéma est généralement applicable à la plus part des organes et


des tissus.

2.2.2. Etapes de fractionnement

Le Fractionnement subcellulaire comprend trois étapes : l’extraction,


l’homogénéisation et la centrifugation.

1°. L’Extraction est la première étape qui consiste à extraire l’organite ou la


molécule de la cellule dans laquelle elle se trouve.

Compte tenu de l’instabilité et de la perte d’activité de la plus part des organites


et de nombreuses biomolécules ; ces derniers doivent être extraits dans des
conditions douces c’est à dire en utilisant des solutions aqueuses tamponnées tout
48

en évitant les valeurs extrêmes de pH et de pression osmotique et les


températures élevées.

En général la plupart des étapes d’isolement des organites se réalisent à des


températures de 0 à 4 degré Celsius dans une chambre froide ou bien au contact
avec de la glace.

De pertes importantes d’activité peuvent se produire à température ambiante en


partie à cause de différentes enzymes digestives à savoir les protéases, les
nucléases etc. libérées lors de la rupture des cellules.

Une solution souvent utilisée pour extraire les organites est composée de sucrose
iso osmotique tris hydroxymethyl à une concentration 0,25M ajustée à un pH de
7,4 avec un tampon Tris aminomethane acide-chlorhydrique 0,05 M en présence
d’ions K et Mg à des concentrations presque physiologiques ; cette solution est
communément appelée STKM.

Il existe des solutions qui ne sont pas aussi douces que la STKM. Il s’agit
notamment des solvants organiques employés pour extraire les lipides et les
acides organiques.

2°. L’Homogénéisation est l’étape qui permet de libérer un organite ou une


biomolécule des cellules après rupture de la membrane plasmique dans des
conditions douces pour donner un homogénat.

Les organes comme le foie, le rein, le cerveau et leurs cellules peuvent être
convenablement cassés par homogénéisation de manière suivante :

Des fragments émincés de l’organe étudié extraits dans un milieu STKM, sont
placés dans un tube de verre de dimensions convenables. Un pilon ajusté est
tourné soit manuellement, soit à l’aide d’un moteur dans ce tube de verre pour
casser les organes ou les cellules.

La rotation contrôlée du piston exerce des forces de cisaillement mécaniques qui


rompent les cellules libérant ainsi leurs constituants dans le sucrose. La
suspension résultante qui contient de nombreux organites intacts s’appelle
l’homogénat.

3°. La Centrifugation est la méthode classique qui permet de séparer les sous
fractions des constituants d’un homogénat à partir de la différence de leurs
densités. Elle comporte trois étapes de centrifugation à des vitesses croissantes,
chacune donnant un culot et un surnageant.

Le culot de la première étape donne la fraction nucléaire, celui de la seconde est


la fraction mitochondriale et le troisième culot est la fraction microsomiale, le
surnageant étant la fraction cytoplasmique comme le montre la figure ci-dessous.
49

Figure n° ….. : Séparation des sous fractions d’un homogénat

Aucune de ces fractions ne contient des organites absolument purs. Mais dans
chaque organite particulier, un marqueur enzymatique ou chimique y est localisé
presque exclusivement : par exemple, la phosphatase acide dans les lysosomes et
l’ADN dans les noyaux….

Ainsi, la mesure des marqueurs enzymatiques adéquats ainsi que d’autres


composants chimiques comme l’ADN et l’ARN, et l’utilisation de la la
microscopie électronique, ont démontré que les constituants majeurs de chacun
des trois culots sont respectivement les noyaux, les mitochondries et les
microsomes.

Avant de considérer qu’un procédé de fractionnement cellulaire est standardisé, il


faut le valider par dosage de marqueurs enzymatiques ou de composés chimiques
et par microscopie électronique.

Le tableau ….. donne les différents organites et leurs marqueurs correspondants.

Organite ou fraction 1 Marqueur Fonctions principales


Noyau ADN Site des chromosomes
Site de la synthèse d’ARN dirigée par
l’ADN (transcription)
Mitochondrie Glutamate déshydrogénase Cycle de l’acide citrique,
phosphorylation oxydative
Ribosome Contenu élevé en ARN Site de la synthèse protéique (traduction
de l’ARNm en protéine)
Réticulum endoplasmique Glucose-6-phosphatase Les ribosomes liés à la membrane sont
le site principal de la synthèse protéique
Synthèse de différents lipides
Oxydation de nombreux xénobiotiques
(cytochrome P450)
Lysosome Phosphatase acide Site de nombreuses hydrolases (enzymes
catalysant les réactions de dégradation)
Membrane plasmique Na+-K+ ATPase Transport de molécules à l’intérieur et à
l’extérieur des cellules 5’-Nucléotidase
Adhésion et communication
intercellulaires
50

Appareil de Golgi Galactosyl transférase Distribution intracellulaire des protéines


Réactions de glycosylation
Réactions de sulfatation
Peroxysome Catalase Dégradation de certains acides gras et
Acide urique oxydase acides aminés
Production et dégradation du peroxyde
d’hydrogène
Cytosquelette Aucun marqueur enzymatique Microfilaments, microtubules, filaments
spécifique intermédiaires
cytoplasme Lactase déshydrogénase Enzymes de la glycolyse des acides gras.

En effet, à l’issue du fractionnement par centrifugation différentielle, un profil de


distribution des enzymes marqueurs représentant les activités spécifiques en
fonction des pourcentages des protéines, permet de détecter la présence ou
l’absence d’un organite donné dans chacune des fractions comme le montre la
figure ci-dessous.
51

Figure n°…. : Histogramme des enzymes ………………. dans les


organites subcellulaires
52

La fraction mitochondriale contient un mélange des mitochondries et de


lysosomes.

La fraction microsomiale contient surtout un mélange de membranes


plasmiques, de réticulum endoplasmique lisse, de réticulum rugueux, de
ribosomes libres et de peroxysomes.

La composition du surnageant final équivaut approximativement à celle du


liquide cellulaire cytosolique.

Des modifications de cette approche de base soit en changeant les milieux


d’homogénéisation, les protocoles ou les méthodes de centrifugation comme
l’utilisation de gradients soit continus soit discontinus de sucrose, ont permis
d’isoler tous les organites sous une forme plus ou moins pure.

C’est le cas de l’analyse des organelles subcellulaires après équilibration dans un


gradient de densité, des fractions mitochondriales et microsomiales. Pour ce
faire, les gradients de sucrose sont réalisés en remplissant successivement deux
tubes de polyallomères de rotor SW 41 Beckmann avec 0,5 ml de la solution de
sucrose de densité 1,30, 8,6 ml du gradient de sucrose et 2,60 ml de l’échantillon.
Les densités du gradient de sucrose augmentent linéairement de 1,10 à 1,25. Ces
gradients sont centrifugés pendant 16 heures à 29000 tours par minute, et dans
ces conditions, les particules subcellulaires se repartissent suivant leur densité
d’équilibre. Les tubes sont ensuite coupés en 15 sous fractions dont on mesure le
poids.

Une goutte de 5 micro-litres de chaque sous fraction est utilisée pour la lecture
des densités par équilibration dans un gradient éther de pétrole-
orthodichlorobenzène, préalablement étalonné.

On obtient une courbe d’étalonnage donnant la hauteur de la colonne en cm en


fonction de la densité des différentes solutions de densité connue comme le
montre la figure ci-dessous.
53

Ensuite, on obtient un schéma du gradient donnant les densités des diverses


fractions en fonction de leur hauteur du tube utilisé pour le gradient comme le
montre la figure …….

Les analyses biochimiques des enzymes marqueurs et des composés étudiés,


portées sur les différentes sous fractions, permettent d’obtenir des histogrammes
montrés ci-dessous.
54
55

Les études de fractionnement subcellulaire ont été d’une importance majeure


dans le développement de la biochimie et de la biologie cellulaire. Elles ont
permis des meilleures connaissances sur les fonctions des organites; ce qui
représente des réalisations majeures de la recherche biochimique.

III : CYTOPLASME ET CYTOSOL

3.1. Définition

Le Protoplasme est l’espace total limité par la membrane plasmique, il peut être
divisé en caryoplasme (noyau) et cytoplasme.

Le cytoplasme est la partie interne de la cellule composée surtout d’eau et de


protéines, charpentée par le cytosquelette et qui contient le noyau et les autres
organites. Son rôle principal est de supporter la synthèse des protéines sur les
ribosomes en forme des polysomes attachés au RE en suppléant les
intermédiaires requis.

Le cytoplasme est le siège de plusieurs réactions du métabolisme cellulaire dont


la glycolyse, la voie des pentoses phosphates, la lipogenèse et la synthèse des
pyrimidines.

Le cytoplasme contient un vrai mélange des composants solubles qui, sans doute,
sont fonctionnels à travers le cytosol.

Plusieurs de ces réactions sont localisées dans des coins sélectionnés ou la


disponibilité des substrats est plus favorable. C’est l’espace réactionnel central de
la cellule.

Dans le cytoplasme a leu la glycolyse, la glycogénogenèse, la glycogénolyse, la


voie des pentoses phosphates et d’autres voies métaboliques.

3.2. Principales voies métaboliques

3.2.1. Glycolyse

3.2.1.1. Métabolisme

La glycolyse est la voie principale d’utilisation du glucose. Elle est présente dans
le cytosol de toutes les cellules et donne comme produits finaux le pyruvate,
l’ATP et le NADH/H+.

C’est une voie particulière car elle peut utiliser l’oxygène s’il est disponible via
la chaîne respiratoire de la mitochondrie en aérobiose ; dans ce cas, le pyruvate
56

est le produit final de la glycolyse, mais il ne s’accumule pas, car il est oxydé en
CO2 et en eau.

La glycolyse peut fonctionner totalement en absence d’oxygène c'est-à-dire en


anaérobiose ou en absence des mitochondries contenant les enzymes clés de la
respiration comme dans les érythrocytes; dans ce cas, le lactate apparaît comme
principal produit de la glycolyse.

La figure…….. schématise ces différentes voies de la glycolyse. Tandis que la


figure ……… donne les détails de différentes réactions

Figure …….. : Résumé de la glycolyse


57

Figure …… : Les différentes réactions de la voie de la glycolyse et les enzymes


correspondants.

La glycolyse est contrôlée par trois étapes comportant des réactions de non
équilibre donc irréversibles car la plus part des réactions glycolytiques sont
réversibles. Ces réactions sont catalysées respectivement par l’héxokinase ou la
glucokinase, la phosphofructokinase et la pyruvate kinase ; elles sont des
sites essentiels de la régulation de la glycolyse.

Le NAD+ doit être régulièrement présent dans le cytoplasme pour la continuité de


la glycolyse. Ceci ne peut se faire qu’en oxydant le NADH/H+ formé dans le
cytoplasme.
58

Or, le NADH/H+ formé au cours de la glycolyse ne peut pénétrer la membrane


mitochondriale.

Dans des conditions aérobies, le NADH2 ne s’accumule pas et serait oxydé par la
chaîne respiratoire localisée dans les mitochondries. Ceci se ferait par la navette
du malate, et la navette -glycérophosphate par le transfert des équivalents
réducteurs du cytosol aux mitochondries présentées dans la figure …….

Dans la navette -glycérophosphate, le NADH/H+, formé au cours de la


glycolyse ne pouvant pénétrer la membrane mitochondriale pour être oxydé,
l’oxydation est rendue possible par la 3-phosphoglycéraldehyde déshydrogénase
selon la figure suivante :

Figure ……. : Navette -glycérophosphate par le transfert des équivalents


réducteurs du cytosol aux mitochondries.

Le dihydroxyacetonephosphate oxyde le NADH2 et donne le glycérophosphate


qui traverse la membrane externe et va être oxydé par le FAD situé dans la
membrane interne des mitochondries pour régénérer le
dihydroxyacetonephosphate qui rentre dans le cytoplasme pour poursuivre la
navette.

En ce qui concerne la navette malate, l’acetoglutacetate et l’ospaste grâce à la


transaminase donne le glutamate et l’oxaloacetate. Ce dernier oxyde le NADH2
en donnant le malate qui traverse les membranes mitochondries. Grâce à la
malate deshydrogénase, la malate réduit le NDA+ en NADH2 donnant
l’oxaloacetate qui poursuit la navette comme montré dans la figure …….
59

Figure n° ……. : Le transfert des équivalents réducteurs du cytosol


aux Mitochondries.

En effet, les électrons riches en énergie de NADH/H+ sont transférés ainsi que
leurs protons sur l’oxaloacétate qui est réduit en malate. Ce dernier est transporté
par la navette à l’intérieur des mitochondries où a lieu un processus équivalent en
réduction du NAD+ qui se trouve dans l’espace matriciel en NADH/H+.

En condition anaérobiose, il se manifeste rapidement un déficit en NAD+ dans le


cytoplasme car la chaîne respiratoire ne peut plus réoxyder suffisamment
NADH/H+.

Pour que la glycolyse ne s’épuise pas, le NADH/H+ peut être régénéré grâce à la
lactate déshydrogénase dans le cytoplasme et éviter ainsi une conséquence fatale
due à l’épuisement du glucose.

Les érythrocytes et les cellules musculaires sont les principaux producteurs de


lactate. Les érythrocytes ne possèdent pas de mitochondries et donc pas de chaîne
respiratoire ; les cellules musculaires en cas d’une forte activité musculaire se
trouve en carence d’oxygène pour la chaîne respiratoire. Comme le lactate peut
s’accumuler dans ces cellules, pour être utilisé, ces dernières le libèrent dans la
circulation sanguine de façon qu’il soit distribué à l’ensemble de l’organisme.
Mais il se pose un problème de régulation de pH sanguin, tel que si ce n’est pas
fait, il se produit l’acidose lactique conduisant à des états pathologiques.

En dehors du muscle, le foie joue un rôle important dans l’utilisation du lactate à


travers le cycle de Cori qui transfert le lactate du muscle au foie pour y être
transformé en glucose et transfert en retour le glucose vers le muscle tel que le
montre la figure ci-dessous.
60

3.2.1.2. Le sort du pyruvate

L’oxydation du glycose au delà de l’étape finale pyruvate de la glycolyse requiert


non seulement de l’oxygène moléculaire mais aussi des systèmes enzymatiques
mitochondriaux tels que le complexe pyruvate déshydrogénase, le cycle de Krebs
et la chaîne respiratoire.

L’oxydation du pyruvate en acétyle CoA constitue la voie irréversible de la


glycolyse vers le cycle de l’acide citrique.

En effet, le pyruvate formé dans le cytoplasme est transporté dans la


mitochondrie au moyen d’un transporteur spécifique qui facilite son passage à
travers la membrane mitochondriale interne. Dans la mitochondrie, le pyruvate
est transformé en acétylCoA par décarboxylation oxydative, réaction catalysée
par plusieurs enzymes différentes agissant de façon séquentielle dans un
complexe multienzymatique associée, à la membrane mitochondriale interne,
dénommé le complexe de la pyruvate déshydrogénase.

Pyruvate + NAD++CoA→Acétyl-CoA+NADH+H++CO2

L’implication de la thiamine (diphosphate de thiamine ou vit. B16) et de l’acide


lipoïque à travers la dihydrolipoyltransacétylase est indispensable dans cette
réaction représentée ci-dessus.
61

La thiamine pyrophosphate (TPP) est le coenzyme de toutes les décarboxylations


oxydatives (= déshydrogénation).

Trois enzymes fonctionnent avec la TPP à savoir le pyruvate déshydrogénase


qui convertit le pyruvate en acétyleCoA et, l’ -cétoglutarate déshydrogénase
qui transforme α- cétoglutarate en succinyl –CoA et en CO2 dans le cycle de
Krebs, et la transcétolase dans la voie des pentoses phosphates.

La Pyruvate déshydrogénase est liée à deux autres enzymes à savoir la


dihydrolipoyltransacétylase et la dihydrolipoyl-déshydrogénase formant le
complexe pyruvate déshydrogénase.

Les ions arséniates ou mercuriques complexent le groupe SH de l’acide lipoïque


et inhibe la pyruvate déshydrogénase.

La carence alimentaire en thiamine entraine l’accumulation du pyruvate.

Les alcooliques souffrant de malnutrition sont carencés en thiamine et


l’administration du glucose entraine une accumulation rapide de pyruvate et une
acidose lactique souvent létale.

L’oxydation du glucose produit jusqu’ à 38 moles d’ATP en aérobiose mais


seulement 2 ATP en absence d’oxygène, et ceci grâce à la chaîne respiratoire.

Les réactions responsables de la production des phosphates à haute énergie


durant l’oxydation du glucose et la production totale dans des conditions aérobies
et anaérobies seront détaillées après avoir étudié le cycle de Krebs dans les
mitochondries.

3.2.1.3. Régulation du métabolisme des glucides

La régulation de l’ensemble du métabolisme des glucides est essentiellement


assurée grâce à 5 hormones : les glucocorticoïdes (avant le cortisol) et
l’hormone thyroïdienne qui induisent la transcription des enzymes clés,
l’insuline et le glucagon qui sont adversaires directs qui régulent la glycémie ;
l’adrénaline qui influe sur l’AMPc surtout des cellules musculaires.

L’insuline, le glucagon et l’adrénaline agissent à court terme pour une


modification rapide du métabolisme dans les cellules concernées. Ce pilotage
s’effectue grâce à un second messager l’AMP cyclique.

3.2.2. La synthèse et dégradation du glycogène : glycogénogenèse et


glycogénolyse

Le glycogène est un polymère ramifié de α- D glucose. Il est la principale forme


de mise en réserve des glucides chez les animaux. Il correspond à l’amidon des
62

végétaux. Il est principalement présent dans le foie jusqu’ à six pourcent et dans
le muscle où il excède rarement un pourcent.

Cependant, à cause de sa masse plus grande, le muscle constitue une réserve


glycogénique de trois à quatre fois celle du foie.

Le glycogène est donc mis en réserve dans le cytosol des cellules hépatiques et
musculaires sous forme des granules dont la masse moléculaire varie de six
millions à mille six cents millions.

Le glycogène hépatique sert davantage à l’emmagasinage et à l’exportation


d’unités glucose pour le maintien de la glycémie particulièrement entre les repas.

Après un jeûne de douze à dix huit heures, le foie est complètement vide de son
glycogène ; celui des muscles ne disparaît de façon importante qu’après un
exercice vigoureux prolongé.

3.2.2.1. Glycogénèse

La glycogénogenèse se produit surtout dans le muscle et dans le foie, où les


agrégats de granules de glycogène contiennent aussi bien les enzymes de la
synthèse et du catabolisme du glycogène que les enzymes de la glycolyse.

La voie de la biosynthèse du glycogène fait intervenir un nucléoside spécial du


glucose ; il s’agit de l’uridine triphosphate (UTP) qui complexe le glucose 1-
phosphate.

UTP + Glucose-1-phosphate UDPGlc + PPi

La figure ….. donne les voies de la glycogénogenèse et de la


glycogénolyse hépatique.
63

Deux liaisons phosphates à haute énergie servent à l’incorporation d’une


molécule de glucose dans le glycogène.

Grâce à l’action du glycogène synthase, le G1 du glucose activé de l’UDPGlc


crée une liaison glycosidique avec le C4 d’un résidu de glucose terminal du
glycogène, libérant l’uridine diphosphate. Une molécule préexistante du
glycogène « glycogène amorce » doit être présente pour démarrer cette réaction.

Ce glycogène amorce peut à son tour être formé sur une amorce protéique,
connue sous le nom de glycogénine.

Le premier glucose est lié par une liaison acétale au groupe -OH d’un résidu
tyrosine de la glycogénine.

UDPGlc + (C6)n UDP + (C6)n+1

Des résidus glycosyl supplémentaires sont attachés à la position 1 4 pour


former une courte chaîne sur laquelle agit la glycogène-synthase.
64

 Mécanisme de ramification

Le mécanisme de ramification entraîne le détachement de chaînes de glycogène


existantes.

Le glycogène synthase catalyse l’addition successive d’unités osidiques du


polymère par transfert du glucose de l’UDP-glucose sur le groupe hydroxyle du
C4 à l’extrémité non réductrice d’une branche du glycogène formant les liaisons
alpha 1→4 du glycogène de telle sorte que les ramifications de l’arbre
représentant la molécule de glycogène s’allongent à mesure que les liaisons 1→4
se forment.

Lors qu’une chaîne s’est allongée d’un minimum de 11 résidus de glucose, une
deuxième enzyme, l’enzyme d’embranchement (amylo[1→4] →[1→6]
transglucosidase) transfère alors une partie de la chaine 1→4 (six résidus glucose
au moins) à une chaine voisine par une liaison établissant ainsi un point de
ramification dans la molécule.

Les ramifications croissent par d’autres additions d’unités glucosyl 1→4 et par
addition de ramifications.

A mesure que le nombre de résidus terminaux non réducteurs s’accroît, le


nombre total des sites réactifs dans la molécule augmente, accélérant pendant la
glycogénogenèse et la glycogénolyse.

3.2.2.2. Glycogénolyse

La glycogénolyse n’est pas la voie inverse de la glycogénogenèse mais une voie


distincte.
65

La glycogénolyse ou dégradation du glycogène met en jeu un mécanisme de


débranchement des molécules de glucose, dont l’étape limitante est catalysée par
la phosphorylase, selon la réaction suivante :

(C6)n + Pi → (C6)n-1 + glucose-1-phosphate


Glycogène Glycogène

Le principal enzyme du catabolisme du glycogène est la glycogène


phosphorylase qui catalyse la phosphorolyse des unités glucose à partir de
l’extrémité non réductrice d’une molécule de glycogène. Cette étape est limitante
de la glycogénolyse.

La phosphorylase est spécifique de la rupture phosphorolytique des ponts 1→4


du glycogène pour donner naissance au glucose-1-phosphate.

Les résidus glycosyl terminaux des chaînes terminales de la molécule de


glycogène sont enlevés de façon séquentielle jusqu’ à ce qu’il reste environ quatre
résidus de glucose de chaque côté de la ramification 1→6 (Fig….). En ce moment
là, une autre enzyme (α-[1→4]→α-[1→4] glucanne transférase transfère une
unité trisaccharidique d’une branche à une autre branche, exposant ainsi les points
de liaison 1→6, dont l’hydrolyse nécessite l’action d’une enzyme débranchant
spécifique (amylo [1→6] glucosidase) comme le montre la figure …...
66

L’enlèvement de la ramification permet à la phosphorylase de continuer son


action.

Les actions combinées de la phosphorylase et des autres enzymes dégradent


complètement le glycogène.

Dans le foie et le rein existe la glucose-6-phosphatase qui enlève le phosphate


du glucose 6phosphate, ce qui permet au glucose devenu libre de diffuser de la
cellule vers le sang ; c’est l’étape finale de la glycogénolyse hépatite qui se
traduit par une augmentation de taux du glucose sanguin (glycémie).

Si la dégradation résultait d’une hydrolyse, le glucose devrait être phosphorylé


donc avec perte d’une ATP pour que la glycolyse puisse commencer.

La phosphorolyse du glycogène produit de la dextrine limite qui sera ensuite


dégradée par l’enzyme de débranchement.

Les animaux synthétisent du glycogène et le mettent en réserve quand la


concentration du glucose sanguin est élevée.
67

3.2.2.3. Régulation de la glycogénolyse et de la glycogénogenèse

La régulation de ces deux processus est assurée par l’AMP cyclique (acide 3’,5’-
adenylique cyclique) Fig…...

Ce dernier est un composé intermédiaire intracellulaire ou second messager par


lequel plusieurs hormones exercent leurs actions. Il est formé à partir de l’ATP
grâce à l’adénylate cyclase, présente sur la face interne des membranes
cellulaires. Cette dernière enzyme est activée par des hormones comme
l’adrénaline et la noradrénaline qui agissent par l’intermédiaire des récepteurs
β-adrénergiques de la membrane cellulaire, et dans le foie par le glucagon lequel
agit à travers un récepteur du glucagon indépendant.

L’AMPc est détruit par la phosphodiestérase dont l’activité maintient l’AMPc à


des taux normalement bas.

L’insuline augmente l’activité de la phosphodiestérase dans le foie et diminue du


même coup la concentration de l’AMPc.

Adrénaline, glucagon, noradrénaline

Adénylate cyclase
ATP AMPc + PPi
Insuline Phosphodiestérase
5’AMP

L’adrénaline, la noradrénaline, le glucagon active l’AMPcyclique qui à son


tour active la phosphorylase et donc la glycogénolyse, tandis que l’insuline
active la phosphodiestérase donnant le 5’AMP et donc inhibe l’AMPc ; ce qui
favorise le glycogène synthase et inhibe la glycogénolyse.
68

3.2.3. Néoglucogenèse

La néoglucogenèse est le terme utilisé pour décrire tous les mécanismes et toutes
les voies responsables de la conversion des substances non glucidiques en
glucose ou en glycogène.

La néoglucogenèse fournit du glucose à l’organisme lors que les glucides


alimentaires deviennent insuffisants.

Une insuffisance de la néoglucogenèse surtout pour le système nerveux et les


érythrocytes est habituellement fatale.

Au dessus d’une valeur critique, le cerveau est affecté, ce qui peut entrainer le
coma et même la mort.

Les mécanismes néoglucogéniques sont utilisés pour débarrasser le sang du


produit de métabolisme d’autres tissus, comme le lactate produit par le
muscle et les érythrocytes et le glycérol formé continuellement dans les tissus
adipeux.

Trois organes sont le siège de la néoglucogenèse : le foie, les reins et l’intestin.

Dans le foie, elle a pour but de maintenir le niveau de glucose sanguin entre les
repas et pendant les périodes de jeûne, par la dégradation du glycogène et ainsi,
assurer le maintien de la glycémie.

Au cours du jeûne prolongé, la corticale rénale peut contribuer au maintien de la


glycémie ; aussi après le foie, les reins sont-ils le deuxième organe métabolique.

Ensuite, lorsque beaucoup d’acide se forme à l’intérieur des cellules au cours du


catabolisme (et acide pyruvique lors de la glycolyse), les reins utilisent la voie de
la néoglucogenèse pour convertir deux acides en glucose.

L’intestin, est le troisième organe ayant la capacité de synthétiser le glucose à


partir des cellules épithéliales de l’intestin grêle et des acides aminés.

Ces trois organes sont les seuls à posséder la glucose-6-phosphatase, seul


moyen pour une cellule de libérer le glucose à partir du glucose- 6-phosphate.

 Néoglucogenèse et barrières thermodynamiques

La néoglucogenèse pouvait être une simple inversion de la glycolyse n’eut été la


présence des barrières d’énergie qui empêchent l’inversion de la glycolyse
entre le pyruvate et le phosphoénolpyruvate, entre le fructose 1,6-bisphosphate et
le fructose 6-phosphate, entre le glucose-6-phosphate et le glucose et entre le
69

glucose-1-phosphate et le glycogène. Ces réactions de la glycolyse sont


irréversibles physiologiquement.

Pour que la néoglucogenèse ait lieu, ces barrières sont contournées par des
réactions spéciales.

La figure …… donne les principales voies de la néoglucogenèse et de la


glycolyse et leur contrôle dans le foie.

Figure …… : Voies métaboliques de la néoglucogenèse


70

La barrière entre le pyruvate et le phosphoénolpyruvate et la navette


du malate

Pour contourner cette barrière, le pyruvate, entre dans les mitochondries, est
transformé, en présence de pyruvate carboxylase, d’ATP, de vitamine B, de la
biotine et de CO2, en oxaloacétate, réduit en présence de NADH+H+ en malate,
qui va quitter les mitochondries pour le cytoplasme.

Ici, le malate est ré oxydé en présence d’une malate déshydrogénase de NAD+ en


oxaloacétate qui, en présence d’une seconde enzyme, le phosphoénolpyruvate
carboxykinase et de GTP, en phosphoénolpyruvate qui après une série des
réactions réversibles génère le fructose1,6-biphosphate. Cette réaction est
exclusive des rats et des souris.

Chez l’homme, les cobayes et les bovins, la phosphoénolpyruvate carboxykinase


est distribué également entre les mitochondries et le cytoplasme.

Lors qu’il est dans les mitochondries, l’oxaloacétate est directement converti en
phosphoénolpyruvate, qui est alors transporté dans le cytosol pour être
transformé par renversement de la glycolyse en fructose 1,6-phosphate.

La barrière entre le fructose-1,6- bisphosphate et le fructose 6-


phosphate.

La conversion du fructose1,6-bisphosphate en fructose 6-phosphate, nécessaire


pour le renversement de la glycolyse est catalysée par une enzyme spécifique, la
fructose 1,6-bisphosphatase. Cette enzyme est présente dans le foie et les reins
et dans le muscle strié.

La barrière glucose 6-phosphate et glucose

La conversion du glucose 6-phosphate en glucose est catalysée par une autre


phosphatase spécifique, le glucose 6-phosphatase, enzyme présente dans le foie
et les reins. Sa présence permet à ces tissus de fournir du glucose au sang.

La barrière entre le glucose 1-phosphate et le glycogène

La dégradation du glycogène en glucose 1-phosphate est catalysée par une


phosphorylase comme vu précédemment. La synthèse du glycogène se fait par
une voie différente qui implique la formation de l’uridine di phosphate et
l’activité du glycogène synthétase.

Ces enzymes clés permettent à l’inversion de la glycolyse de jouer un rôle


essentiel dans la néoglucogenèse.
71

 Principaux substrats de la néoglucogenèse

Les principaux substrats de la néoglucogenèse sont les acides aminés


glucogènes, le lactate, le glycérol et le propionate.

Les acides aminés glucoformateurs peuvent entrer après transamination soit à


partir de fumarate, d’α-cétoglutarate ou d’oxaloacétate dans le cycle de Krebs,
soit à partir du pyruvate, selon le cas, pour donner le glucose.

Figure …… :

L’alanine et d’autres acides aminés glucoformateurs sont des substrats du jeune


provenant du muscle. L’alanine est donc le précurseur le plus important du
glucose au cours du jeune prolongé.

En fait, au cours du catabolisme des protéines du muscle et de leurs acides


aminés, il se produit beaucoup de pyruvate, qui peut être converti en alanine
grâce à l’alanine aminotransférase (ALAT). L’alanine est libérée dans la
circulation sanguine et rejoint le foie ou elle est convertie en pyruvate grâce à
une ALAT mitochondriale.

Schéma voir texte

Les acides aminés à 3C sont transformés en pyruvate. Les autres acides aminés à
4C sont transformés en oxaloacétate en passant par divers intermédiaires du cycle
du citrate dont le succinyl CoA.
72

Le lactate participe à la néoglucogenèse à partir du pyruvate. Des concentrations


élevées en alanine inhibent la pyruvate kinase et donc la glycolyse agissant ainsi
comme signal de la néoglucogenèse.

Le propionate est une source importante de glycose chez les ruminants ; il


entre dans la voie principale de la néoglucogenèse via le cycle de l’acide citrique
après sa conversion en succinyl CoA.

Le métabolisme du propionate est donné à la figure ……..

Figure n° ……. : Métabolisme du propionate

Le propionate est d’ abord activé en présence d’ATP et de CoA grâce à une


acyl-CoA synthétase. A la suite de plusieurs réactions impliquant le propionyl-
CoA carboxylase, la méthylmalonyl-CoA racémase et la méthylmalonyl-CoA
isomérase, le propionyl-CoA est transformé en succinyl CoA, qui participe au
cycle de Krebs. La biotine et le coenzyme B12 participent à ces réactions.

Le glycérol est un produit métabolique du tissu adipeux, qui en présence de la


glycérokinase et du glycérol 3-phosphate déshydrogénase donne le
dihydroxyacétonephosphate et par renversement de la glycolyse le fructose
1,6-bisphosphate.

La glycérokinase se trouve dans plusieurs tissus dont le foie et les reins qui sont
donc capables de transformer le glycérol en glucose sanguin en utilisant les
enzymes précitées. Aussi donc, les acides aminés glucoformateurs, le lactate, le
glycérol et le propionate sont les principaux substrats.

Le foie et le rein sont les principaux tissus impliqués dans la néoglucogenèse car
ils renferment l’ensemble des enzymes nécessaires.
73

Chez l’homme et chez plusieurs mammifères, la concentration du glucose


sanguin varie entre 4,5 et 5,5 mmol/l dans la période qui suit l’absorption.

Le glucose sanguin provient de l’alimentation, de la néoglucogenèse et de la


glycogénolyse.

Après l’ingestion du sucre, le glucose sanguin augmente jusqu’ à 6,5 – 7,2


mmol/l. Durant une période de jeûne, cette concentration tombe à environ 3,3 –
3,9 mmol/l.

La concentration du glucose sanguin est beaucoup plus élevé chez les oiseaux
(14,0 mmol/l) et beaucoup plus basse chez les ruminants (±2,2 mmol/l chez le
mouton et 3,3 mmol/l chez les bovins). Ces faibles concentrations seraient
associées au fait que, chez les ruminants, pratiquement tous les glucides
alimentaires subissent une fermentation qui donne des acides gras volatils (peu
d’atomes de carbone) et que ces derniers remplacent largement le glucose comme
source d’énergie par les tissus chez les animaux nourris normalement.

Le cerveau dépendant de l’apport en glucose, une diminution soudaine du


glucose sanguin provoque des convulsions.

La digestion des glucides alimentaires contient des résidus de glucose, de


galactose et de fructose libérés dans l’intestin d’où ils sont transportés au foie par
la veine porte.

Quant au lactate formé par l’oxydation du glucose dans le muscle squelettique et


dans les érythrocytes, il est transporté au foie et aux reins où il redonne du
glucose, lequel est de nouveau disponible pour l’oxydation dans les tissus via la
circulation. Ce processus est connu sous le nom de cycle de Cori ou cycle de
l’acide lactique, représenté dans la figure ……..
74

De tous les acides aminés transportés de muscle au foie durant le jeûne, l’alanine
est le plus important. Ceci a conduit à postuler l’existence d’un cycle glucosé qui
aurait pour effet de faire passer le glucose du foie au muscle où il est dégradé en
pyruvate, lequel est ensuite transaminé en alanine ; cette dernière est à son tour
transportée dans le foie où elle redonne du glucose par néoglucogenèse. Ceci
entraine un transfert net de l’azote aminé du muscle au foie et de l’énergie du
foie au muscle.

L’énergie nécessaire pour la synthèse hépatique du glucose à partir du pyruvate


provient de l’oxydation des acides gras. L’insuline joue un rôle important dans la
régulation de la glycémie et le glucagon s’oppose aux actions de l’insuline. Une
déficience de la sécrétion d’insuline se traduit par un diabète sucré de type I.

3.2.4. Voie des pentoses phosphates.

La voie des pentoses phosphates est une autre route du métabolisme du glucose.
Elle ne produit pas d’ATP mais elle exerce deux fonctions importantes :

1. la production du NADPH/H+, nécessaire aux synthèses réductrices comme


la biosynthèse des acides gras et celle des stéroïdes et du cholestérol ainsi
qu’aux réactions de biotransformation dans le foie et d’élimination des
peroxydes toxiques dans les érythrocytes.
2. l’approvisionnement en riboses pour la biosynthèse des nucléotides et des
acides nucléiques.

La voie des pentoses-phosphate se déroule dans toutes les cellules, avec une
activité différente d’un tissu à l’autre.

Du point de vue fonctionnel, on peut distinguer deux parties dans la voie des
pentoses phosphate :

3. Une phase oxydative irréversible au cours de laquelle le NADPH/H+ et le


ribose 5-phosphate sont produits.
4. Une phase réversible non-oxydative, couplant la voie des pentoses-
phosphates à la glycolyse.

Une autre source de NADPH/H+ est l’enzyme malique qui dans les tissus
adipeux, foie, cortex surrénal et gonades, fournit même plus de NADPH/H+ que
la voie de pentoses phosphates.

L’enzyme malique catalyse la décarboxylation du malate en pyruvate dans le


cytoplasme, produisant le NADPH/H+.
75

COO- COO-
│ NADP+ NADPH/H+
H-C-OH C= O + CO2

CH2 enzyme malique CH3

COO-
Malate Pyruvate

Le malate provient de l’oxaloacétate issu des citrates provenant des


mitochondries pour libérer dans le cytoplasme l’acétyle CoA nécessaire à la
biosynthèse des acides gras. Il est transformé en pyruvate qui pénètre la
mitochondrie grâce à un transporteur, une façon pour l’oxaloacétate de retourner
dans la mitochondrie.

Le glucose, le fructose et le galactose sont quantitativement les plus importants


hexoses absorbés dans le tractus gastro-intestinal. Ils dérivent respectivement de
l’amidon, du saccharose et du lactose alimentaires.

Des voies se sont développées, particulièrement dans le foie, pour la conversion


du fructose et du galactose en glucose.

Les enzymes de cette voie sont présentes dans le cytoplasme des cellules
hépatiques et dans celles du tissu adipeux, lieu de la synthèse des acides gras
dont les séquences réductrices dépendent de la présence de NADPH/H+.

Le tableau des intermédiaires de la voie des pentoses phosphates est présenté


dans la figure …….
76

La voie des pentoses phosphates (hexoses mono phosphates) est un processus


multi cyclique au cours duquel trois molécules de glycose 6 phosphate donnent
naissance à trois molécules de CO2 et à trois résidus à cinq atomes de carbone.
Ces derniers sont transformés pour régénérer deux molécules de glycose 6
phosphates et une molécule de glycéraldéhyde 3- phosphate, un intermédiaire de
la glycolyse.

Comme deux molécules de glycéraldéhyde 3 phosphates peuvent régénérer une


molécule de glycose 6-phosphate, l’oxydation complète du glycose peut donc se
faire par la voie des pentoses phosphates.

3 glycose 6-phosphate + 6 NADP+ 3 CO2 +2 glycose 6- phosphate +


glyceraldehyde 3-phosphates + 6 NADPH + 6 H+.
77

Dans la première, le glucose-6-phosphate subit une déshydrogénation et une


décarboxylation pour donner un pentose, le ribulose 5 phosphate.

Dans la seconde phase le ribulose 5 phosphate est retransformé en glucose 6


phosphate par une série de réactions impliquant deux enzymes principales : la
transcétolase et la transaldolase.

La voie entière est composée de trois cycles interconnectés ou le glucose 6


phosphate est à la fois substrat et produit final.

La phase oxydative génère le NADPH/H+ tandis que la phase non oxydative


fournit les précurseurs du ribose.

La déficience de certaines enzymes de la glycolyse et de la voie des pentoses


phosphates sont des causes majeures d’hémolyse des érythrocytes, à l’origine
d’un type d’anémie hémolytique.

La glucose 6 phosphate deshydrogénase est la principale enzyme de cette voie.


La formation d’acide glucuronique à partir du glucose via l’acide uronique est
quantitativement mineure, mais d’une importance primordiale pour l’excrétion de
métabolites et de substances chimiques étrangères (xéno biotiques) comme les
glucuronides.

Une insuffisance de cette voie conduite à un état caractérisé par ce qu’on appelle
la pentosurie essentielle.

 Voie des pentoses phosphates et Glutathion.

Le glutathion est un tri peptide constitué de 3 acides aminés (acide glutamique,


cystéine et glycine) dont les deux premiers sont liées par une liaison peptidique
particulière entre le groupement carboxyle en gamma de l’acide glutamique et le
groupement amine de la cystéine ; c’est le gamma glutamyl –cystéinyl glycine.

Le glutathion est synthétisé hors des ribosomes et donc peut être synthétisé dans
l’érythrocyte malgré l’absence du noyau et des ribosomes.

C’est un réducteur qui peut servir de moyen de protection contre les oxydations
dans l’érythrocyte comme dans le reste de l’organisme.

Le glutathion comme antioxydant le plus important de l’érythrocyte, rend


inoffensifs les radicaux libres de l’oxygène et le peroxyde d’hydrogène qui
peuvent causer de grands dommages au globule rouge.

En effet chaque cellule en contact avec l’oxygène est susceptible de former des
radicaux libres très réactifs à cause de leur électron libre.
78

 Formation des O2-

Dans l’érythrocyte qui transporte l’oxygène, les radicaux libres


peuvent se former lors de l’oxydation spontanée de l’hémoglobine (Fe2+) en
méthémoglobine (Fe 3+) .

Spontanément
Hb-Fe2+ + O2 Hb-Fe3+ + O2- (anion superoxyde)
Hémoglobine capture d’un électron par O2

 Elimination des radicaux libres : Formation H2O2

Les radicaux super oxyde réagissent pour former le H2O2 grâce à la super oxyde
dismutase et les radicaux hydroxyles en présence des traces d’ions ferriques
selon la réaction de Haber-Weis.

Superroxyde dismutase 2H+


- 2-
2O2 O2 + O 2 H2 O 2
-
1O2 est réduit

 Elimination de H2O2

Le Peroxyde d’hydrogène (H2O2) peut être décomposé par la glutathion


peroxydase selon la réaction suivante :

H2 O2 2H2O

Glutathion
Peroxydase

2GSH GSSG
(glutathion réduit) (glutathion axydé)

Le Peroxyde d’hydrogène peut être aussi décomposé par un autre enzyme : la


catalase
Catalase
2H2O 2H2O + O2

Si la glutathion peroxydase et la catalase ne désamorcent pas le H2O2, il pourrait


alors réagir avec le radical super oxyde selon la réaction de Haber-Weiss.
79

 Formation des réactions libres hydroxyles


O2+-Fe3+ O2+Fe2+
Fe2++H2O2 Fe3++OH+OH (Reaction de Haber Weiss)
O2-+H2O2 O2+OH+OH

Le radical hydroxyle formé est encore plus réactif que O2- et serait responsable
des dégâts dus à O2. Les composés chimiques, les médicaments, les radiations
diverses pollutions peuvent en présence d’oxygène et des oxydoréductases
former les radicaux libres selon le schéma suivant :
80

Les radicaux libres lèsent les acides gras, les doubles liaisons lipidiques des
membranes, les acides aminés, ce qui peut altérer les fonctions de ces protéines et
lipides.

La voie des pentoses phosphates contribue à l’action de la glutathion peroxydase


en protégeant les érythrocytes contre l’hémolyse par la fourniture du NADPH
pour la réduction du glutathion oxydé en glutathion réduit, réaction catalysée par
la glutathion réductase enzyme à FAD.
A son tour, le glutathion réduit enlève le peroxyde d’hydrogène des érythrocytes
grâce à la glutathion peroxydase enzyme à sélénium.

Cette réaction donnée dans la suivante est importante car l’accumulation de


peroxyde d’hydrogène peut diminuer la durée de vie des érythrocytes en
augmentant le taux d’oxydation de l’hémoglobine en méthémoglobine.

3.2.5. Métabolisme de fructose et du galactose

L’organisme a besoin de fructose, de galactose, de mannose et des osamines


come substance énergétique et pour la biosynthèse des glucoprotéines et du
lactose.

L’ingestion de grandes quantités de fructose a de graves conséquences sur le


métabolisme. En effet, les régimes riches en saccharose ou en sirops, riches en
fructose utilisé dans les aliments et les boissons manufacturés, conduisent à
l’entrée de grandes quantités de fructose (et de glucose) dans la veine porte.

Le fructose est plus rapidement métabolisé par le foie que le glucose ;


probablement parce que le fructose n’est pas soumis à l’étape du métabolisme du
glucose catalysée par la phosphofructokinase, réaction où s’exerce le contrôle
métabolique sur la vitesse du catabolisme du glucose.

Dans la glande mammaire, le glucose transformé en uridine diphosphate-glucose


(UDPGlc) donne le UDP galactose qui en présence de lactose synthase s’associe
au glucose 1-phosphate pour donner le lactose.
81

Cela permet au fructose d’affluer dans les voies hépatiques, d’augmenter ainsi la
synthèse des acides gras, l’estérification des acides gras et la sécrétion des
HLDL, ce qui peut accroître les triacylglycérols sériques et augmenter la
concentration du cholestérol LDL.

Le glucose supplémentaire entré dans le courant sanguin stimule la sécrétion


d’insuline, ce qui augmente tous ses effets.

 Catabolisme du fructose

Le fructose est capté dans les cellules de l’organisme de façon indépendante de


l’insuline. C’est pourquoi les diabétiques qui souffrent d’un déficit en insuline
peuvent prendre du fructose à la place du glucose.

D’une manière générale, le catabolisme du fructose a lieu avant tout dans le foie
où il est par la glut-5 indépendant d’insuline, transformé en produit intermédiaire
qui rejoint principalement la glycolyse, pour produire de l’énergie.

A l’intérieur de la cellule, le fructose est transformé en fructose1-phosphate par


la fructokinase, en présence d’ATP. Ensuite, le fructose1-phosphate est
82

transformé en produits intermédiaires de la glycolyse, le dihydroxy-acétone 3-


phosphate et le glycéraldehyde qui est phosphorylé en présence de l’ATP et
d’une thiokinase avant de rejoindre la glycolyse pour donner le pyruvate puis
l’acetylCoA qui participe à la synthèse des acides gras.

Le peu de fructose qui reste dans les tissus extra hépatiques, est capté aussi par la
glut-5, converti par l’hexokinase en fructose-6-phosphate qui rejoint directement
la glycolyse.

 Production de fructose

La biosynthèse de fructose se fait à partir de glucose, avant tout dans les


vésicules séminales qui produisent ce sucre pour fournir de l’énergie aux
spermatozoïdes.

Le liquide séminal contient 1 à 2 g/l de fructose, plus que la concentration du


glucose dans le sang.

Deux enzymes sont nécessaires, à savoir l’aldose réductase qui réduit le glucose
en sorbitol et le sorbitol déshydrogénase qui oxyde le sorbitol au niveau du C-2
pour produire le fructose. Le NADPH/H+ et le NAD+ servent respectivement de
réducteur et d’oxydant.
83

Le sorbitol provenant de l’alimentation est intéressant pour le diabétique, comme


sucre de remplacement car il est converti dans le foie en fructose avant de
rejoindre la glycolyse.

Cependant, chez les diabétiques traités de façon incorrecte ( en hyperglycémie),


il se forme à l’intérieur de la cellule, à partir du glucose à forte concentration, du
sorbitol qui s’accumulent particulièrement dans les neurones et dans les cristallin,
favorisant ainsi l’apparition de cataracte et/ou de neuropathie.

Les vésicules séminales sont le seul tissu qui porte un intérêt élevé au fructose,
car les spermatozoïdes se nourrissent principalement de fructose. Tandis que les
cellules du tractus génital féminin se nourrissent essentiellement de glucose,
chaque sexe ayant son propre aliment.

 Métabolisme du galactose

Le Galactose est souvent utilisé pour des biosynthèses des glucoprotéines, des
glycolipides dans le foie et du lactose dans les glandes mammifères.
84

Il est d’abord transformé en galactose1-phosphate, qui est ensuite activé en


UDPgalactose en présence de UDPglucose qui est un produit intermédiaire de la
synthèse du glycogène, avant de servir aux différentes synthèses comme le
montre le schéma suivant :

3.2.6. Biosynthèse des acides gras : Lipogenèse

La biosynthèse des acides gras, quoi qu’utilisant l’acétyle CoA produit dans les
mitochondries, est un système extra mitochondrial hautement actif et qui est
responsable de la synthèse complète de palmitate à partir d’acétyle CoA dans le
cytosol.

C’est la voie principale de la synthèse de Novo des acides gras. Ce système est
présent dans le foie, le rein, le cerveau, le poumon, la glande mammaire et dans
les tissus adipeux.

Chez la plupart des mammifères, le glucose est le substrat primaire pour la


lipogenèse, mais chez les ruminants, l’acétate est la principale molécule de
carburant fournie par l’alimentation remplit ce rôle.

Des variations dans l’activité de la lipogenèse d’un individu à l’autre peuvent


avoir des effets sur la nature et sur le degré d’obésité.
85

Les cofacteurs impliqués sont le NADPH, l’ATP, les ions Mn, la biotine et les
ions bicarbonates comme source de CO2, l’acétyle CoA qui est le substrat
immédiat et le palmitate libre qui est le produit final.

La production de Malonyl CoA est l’étape initiale limitante de la synthèse des


acides gras comme le montre la figure …….

La Biotine est liée de façon covalente à l’enzyme et fixe lui-même un CO2. Il


joue le rôle d’un donneur de groupement –CO2 en consommant l’énergie sous
forme d’ATP.

Le bicarbonate qui est une source de CO2 est requis dans la réaction initiale de
carboxylation de l’acétyle CoA en Malonyl CoA en présence d’ATP et de
l’Acétyle CoA carboxylase enzyme dépendant de la biotine.

L’ensemble des réactions de la biosynthèse des acides gras est donné dans la
figure …….
86

Le complexe de synthèse des acides gras est un polypeptide possédant sept


activités enzymatiques, à savoir le Malonyl transacylase, l’acétyltransacylase, le
3-cétoacylsynthase, le 3-cétoacylréductase, l’hydratase, l’énoylréductase, et la
thioestérase.

Chez les levures, les mammifères et les oiseaux, le système de la synthase est un
complexe multienzymatique qui ne peut pas être subdivisé en constituants
élémentaires sans perdre son activité, et la protéine de transport d’acyle
(« acylcarier protein » : ACP) fait partie d’un complexe.
87

Le complexe multienzymatique contient une vitamine, l’acide pantothénique,


sous la forme de 4’-phosphantéthéine. Ce système permet d’atteindre la
compartimentation du processus à l’intérieur de la cellule, sans création de
barrière de perméabilité.

Le complexe de la synthase des acides gras est un dimère ; chez les mammifères,
chaque monomère est identique et comporte une chaîne polypeptidique
remarquable qui contient les sept activités enzymatiques du système de synthèse
des acides gras, et un ACP, avec le 4’-phosphopanthéine –SH, à proximité
duquel se trouve un autre –SH d’un résidu cystéine de la 3-cétoacylsynthase
(enzyme de condensation), et de l’autre monomère.

Les 2 groupements –SH participent à l’activité de la synthase, seul le dimère est


actif.

Au départ, une molécule amorce d’acétyle CoA se combine avec le groupement –


SH de la cystéine, réaction catalysée par l’acétyltransacylase.

Le malonyl-CoA se combine avec un groupement –SH adjacent de la 4’-


phosphopanthéine de l’ACP de l’autre monomère, réaction catalysée par la
malonyltransacylase, pour donner l’acétyle (acyle), Malonyl enzyme.

Le groupe acétyle attaque le groupement méthylène du résidu Malonyl, réaction


catalysée par la 3-cétoacylsynthase, et libère du CO2 pour former l’enzyme 3-
cétoacyl (appelée acétoacétyle enzyme). Ceci libère le groupe –SH de la cystéine,
préalablement substitué par le groupement acétyle.
La décarboxylation permet à la réaction d’être complète en agissant come une
force de traction pour l’ensemble de la séquence des réactions.

Le groupe 3-cétoacyl est réduit, déshydraté, puis réduit à nouveau pour former
acyl-5-enzyme saturé correspondant. Une nouvelle molécule de malonyl-CoA se
combine avec le –SH de la 4’-phosphopanthéine, en déplaçant le résidu acyle
saturé sur le groupement -SH de la cystéine libre.

La séquence des réactions est reportée à 6 autres reprises, un nouveau Malonyl


étant incorporé à chaque séquence, jusqu’à ce qu’un résidu acyle saturé
correspondant à 16 carbones (palmityle) ait été assemblé. Il est ensuite libéré du
complexe enzymatique grâce à l’activité d’une septième enzyme du complexe
appelé la thioestérase (désacylase).

Le schéma général de la lipogenèse est le suivant :


88

a. Les chaînes des acides gras sont formées par additions successives
d’unités à deux atomes de carbone provenant de l’Acétyle CoA.
b. Les unités acétate sont préalablement activées sous forme de Malonyl
CoA ; l’hydrolyse d’une molécule d’ATP fournit l’énergie nécessaire.
c. L’addition d’une unité à deux atomes de carbone est entraînée par la
décarboxylation du Malonyl CoA.
d. Les réactions d’allongement sont répétées jusqu’à ce que la chaîne
contienne 16 atomes de carbone d’acide palmitique.
e. D’autres enzymes interviennent ensuite pour catalyser la formation de
doubles liaisons et ajouter des unités acétate supplémentaires à la chaîne.

L’équation de synthèse globale du palmitate à partir d’acétyle CoA et de Malonyl


CoA est la suivante:
89

Acétyl-CoA + 7 Malonyl CoA- + 14 NADPH + 14 H+ → palmitoyl-CoA + 7


HCO3- + 7 CoASH + 14 NADP+
Ou
CH3CO-S-CoA+7HOOC-CH2CO-S-CoA+14NADPH+14H+
→CH3(CH2)14COOH+7CO2 +6H2O+8CoASH+14 NADP+

L’acétyl-CoA est utilisé comme amorce pour donner les atomes de carbone 15 et
16 du palmitate.

Le butyryl-CoA peut jouer le rôle de molécule amorce dans le foie des


mammifères et dans la glande mammaire.

Si le propionyl-CoA joue le rôle d’amorce, ce sont les acides gras à longue


chaîne possédant un nombre impair de carbone qui sont formés. Ces derniers sont
trouvés plus particulièrement chez les ruminants, où le propionate est produit
dans le rumen par action microbienne.

Le sort du palmitate après biosynthèse est schématisé dans la figure suivante.

Figure n° ….. : Sort du palmitate après synthèse

Le palmitate libre doit être activé sous forme d’acyle CoA avant d’être dirigé
vers une autre voie métabolique. Généralement, il est utilisé dans l’estérification
en acylglycérol.

La production de grandes quantités de substrats pour la synthèse des acides gras


suppose que le cytosol contienne suffisamment d’acétyle CoA de Malonyl CoA
et de NADPH. Le malonyl-CoA est produit dans le cytosol par carboxylation de
l’acétyl-CoA ; le problème se réduit donc à la formation de l’acétyle -CoA et du
NADPH.

Les trois principales sources d’acétyle -CoA sont :

1. La dégradation cytosolique des acides aminés ;


2. La beta oxydation des acides gras dans les mitochondries ;
3. La glycolyse qui produit du pyruvate dans le cytosol.
90

Mais ce dernier est transporté dans la mitochondrie où il est oxydé en acétyle


CoA par le pyruvate déshydrogénase.

La quantité d’acétyle CoA provenant du point 1 est trop faible ; celles provenant
des points 2 et 3 ne peuvent traverser la membrane interne de la mitochondrie
pour participer à la biosynthèse.

Le problème est résolu par la formation du citrate à partir d’acétyle CoA et


d’oxaloacétate puis, le citrate est transporté de la matrice mitochondriale au
cytosol ou l’ATP citrate lyase catalyse la conversion du citrate en acétyle CoA et
en oxaloacétate. L’acétyle peut donc servir de substrat à la synthèse cytosolique
des acides gras.

L’oxaloacétate retourne dans les mitochondries sous forme de pyruvate ou de


malate métabolites qui seront respectivement transformés en acétyle CoA ou en
oxaloacétate.

Cette navette citrate est visualisée dans la figure suivante :

Figure n° …. : Navette citrate malate-Pyruvate pour le transport d’acetylCoA


dans le cytoplasme
91

La navette citrate malate pyruvate fournit les unités acétate et les équivalents
réducteurs (électrons) utilisés pour la synthèse des acides gras. Les acétyles CoA
transférés proviennent principalement de la glycolyse et aussi de l’oxydation des
acides gras et du catabolisme des acides aminés. La plus grande partie des
équivalents réducteurs provient de la glycolyse.

La voie des pentoses phosphates permet la production du NADPH ainsi que la


réaction catalysée par l’enzyme malique. Le pouvoir réducteur accumulé dans le
NADH au cours de la glycolyse peut aussi être transféré au NADPH par l’action
combinée de la malate déshydrogénase et de l’enzyme malique :

Oxalo acétate + NADH + H+ → malate +NAD+

Malate + NADP+ → Pyruvate + CO2 +NADPH + H+

L’état nutritionnel de l’organisme est le facteur principal qui contrôle la vitesse


de la lipogenèse. Ainsi la vitesse est élevée chez un animal bien nourri et dont la
nourriture contient une grande proportion de carbohydrates.

Elle est abaissée en dessous d’un certain seuil de calories absorbées lors d’un
régime sans graisse ou lors d’une déficience en insuline comme dans le cas du
diabète sucré.

Toutes ces situations sont accompagnées d’augmentation des concentrations


plasmatiques en acides gras libres.

3.2.7. Biosynthèse des nucléotides puriques et pyrimidiques.

Les purines et les pyrimidines d’origine alimentaire sont peu ou pas du tout
incorporées dans les acides nucléiques tissulaires ; les êtres humains les
synthétisent à partir d’intermédiaires amphiboliques. Les analogues des purines
et pyrimidines, y compris les médicaments anticancéreux potentiels, administrés
par voie parentérale, peuvent être incorporés dans l’ADN.

Le taux de biosynthèse des purines et pyrimidines dépend des mécanismes


intracellulaires qui régulent efficacement les pools de ces intermédiaires, et donc
des demandes en nucléotides triphosphates.

Les voies de biosynthèse de nucléosides puriques et pyrimidiques possèdent


plusieurs précurseurs communs : PRPP, glutamine, CO2, aspartate et pour les
nucléotides de la thymine, les dérivés tetrahydrofolate.
92

3.2.7.1. Biosynthèse des Nucléotides puriques

Les trois processus qui interviennent dans la biosynthèse des nucléotides


puriques sont, par ordre d’importance décroissante :

1. La synthèse à partir d’intermédiaires amphiboliques (synthèse de novo) ;


2. La phosphoribosylation des purines ;
3. La phosphorylation des nucléosides puriques.

L’inosine mono phosphate (IMP) est le nucléotide « parental » à partir duquel


sont formés l’AMP et le GMP. La synthèse de l’IMP commence avec
l’intermédiaire amphibolique α-D-ribose-5-phosphate et implique une séquence
linéaire de 11 réactions, présentées dans la figure ……
93
94

A partir de α-D-ribose-5-phosphate, en présence de l’ATP, du Mg2+ et PRPP


synthétase, on obtient le premier intermédiaire qui est le 5-phosphoribosyl-1-
pyrophosphate (PRPP) qui est aussi un intermédiaire dans la voie de
récupération des purines, dans la biosynthèse du NAD+ et du NADP+, ainsi que
dans la synthèse des pyrimidines.

La voie métabolique se poursuit et se divise ensuite en une voie qui mène de


l’IMP et à l’AMP, et une deuxième voie qui mène de l’IMP au GMP (fig.36-3).

Les mono nucléotides AMP et GMP sont convertis en nucléosides diphosphates


(ADP et GDP) par le transfert du groupement phosphorylé de l’ATP, catalysé par
la nucléoside mono phosphate kinase.

Le GDP est converti ensuite en GTP au dépend d’une autre molécule d’ATP, en
présence de nucléoside diphosphate kinase. La conversion de l’ADP en ATP se
fait surtout par phosphorylation oxydative et secondairement par les réactions de
la glycolyse et du cycle de l’acide citrique.

3.2.7.2. Biosynthèse des Nucléotides Pyrimidiques

La biosynthèse des pyrimidines commence avec la formation de carbamyl


phosphate à partir de la glutamine, de l’ATP et du CO2. Cette réaction est
catalysée par une enzyme cytoplasmique la carbamyl phosphate synthétase 11,
une enzyme différente de la carbamyl phosphate synthétase 1
mitochondriale de la synthèse de l’urée.

La voie de biosynthèse des nucléotides pyrimidiques est donnée dans la figure


…...
95

Des protéines multifonctionnelles catalysent les premières réductions de la


biosynthèse de novo des pyrimidines.

A partir de l’Uridine diphosphate, la voie se scinde en deux, la première


conduisant à la synthèse de Cytidine triphosphate (CTP) en présence de
glutamine, de CTP synthase, et la deuxième impliquant le NADPH/H+, la
ribonucléotide réductase et la thymidylate synthase, donne la thymidine mono
phosphate (TMP).

Seule la dihydroorotate déshydrogénase est mitochondriale, tous les autres


enzymes sont cytoplasmiques.

Cette biosynthèse se déroule en douze étapes dont la première est la


condensation du carbamyl phosphate avec l’aspartate laquelle donne du
carbamyl aspartate lors d’une réaction catalysée par l’aspartate
transcarbamylase ; et la douzième la methylation du dUMP sur le C5 par le N5,
N10 méthylène tetrahydrofolate catalysée par la thymidylate synthétase ce qui
donne du thymidine mono phosphate TMP.
96

 Catabolisme

Les êtres humains convertissent les principaux nucléosides puriques, l’adénosine


et la guanosine en acide uriques, produit final qui sera excrété.

Les intermédiaires et l’ensemble des réactions sont présentés dans la figure


suivante.

Figure n° …. :

L’adénosine est désaminée en inosine par l’adénosine désaminase. La purine


nucléoside phosphorylase catalyse la phosphorolyse des liaisons N-glycosidiques
de l’inosine et de la guanosine, ce qui libère le ribose-1-phosphate et une base
purique.

L’hypo xanthine et la guanine forment ensuite la xanthine lors des réactions


catalysées respectivement par xanthine oxydase et la guanase.

La xanthine est ensuite oxydée en acide urique lors d’une deuxième réaction
catalysée par la xanthine oxydase, qui représente une cible potentielle d’action
pharmacologique chez les patients atteints d’hyper uricémie et de goutte.
97

Des sujets moyens excrètent en moyenne 400 à 600 mg d’acide urique par 24 h.

Dans les liquides de l’organisme se trouvent être l’acide urique et l’urate mono
sodique. Ce dernier est plus soluble que l’acide urique. Le pH de l’urine normale
est inférieure à 5,8 et ne peut donc dissoudre que 15 mg/dl d’urates à pH7
(150/200 mg/dl).

Lors que les taux sériques de l’urate dépassent la limite de la solubilité ; il y a


hyper uricémie.

La cristallisation résultante de l’urate de sodium, dans les tissus mous et les


articulations forme des dépôts, appelés tophus, à l’origine d’une réaction
inflammatoire, la goutte aigüe qui peut évoluer vers l’arthropathie uratique.

Enfin, les produits terminaux du catabolisme des pyrimidines sont très


hydrosolubles. Il s’agit de CO2, NH3 et β-aminoisobutyrate, présentés dans la
figure suivante.

Figure n° …. : Catabolisme des pyrimidines


98

IV. MITOCHONDRIES

4.1. Définition

Les mitochondries sont des organites qui existent dans le cytoplasme des cellules
de tous les eucaryotes aérobies ; elles ont généralement la forme de bâtonnets aux
extrémités arrondies, leur diamètre mesurant 0.5 micron et leur longueur étant
comprise entre un et quelques microns.

Elles sont délimitées par deux membranes distinctes par leur composition
lipidique et protéique : la membrane externe relativement simple et la membrane
interne beaucoup plus complexe. Les deux membranes sont très différentes tant
par leur composition en lipides que par leur composition en protéines.

En moyenne, il ya environ 2000 mitochondries par cellules qui représentent 25%


du volume total.

4.2. Composition chimique

4.2.1. Membrane externe

La membrane externe lisse contient 30 à 40 pour cent de lipides et de 60 à 70


pourcent de protéines.

Les lipides sont surtout des phospholipides à chaînes gras très insaturés (les
principaux étant la phosphatidylcholine et la phosphatidyléthanolamine). On
y trouve aussi une concentration relativement élevée de phosphatidylinositol.

Les enzymes trouvées dans la membrane externe sont celles qui interviennent
dans le métabolisme des lipides comme l’acyl-CoA synthétase qui active les
acides gras avant leur oxydation. Elle contient des porines, protéines
transmembranaires riches en feuillet bêta qui forment des canaux
transmembranaires largement ouverts permettant le libre passage, la diffusion
de molécules à masse moléculaire inférieure à 10000.

Le schéma d’isolement de sous fractions mitochondriales est donné ci-dessous.


99

Figure n°….. : Schéma d’isolement des sous fractions des mitochondries

La membrane externe semble avoir pour fonction principale le maintien de la


forme de la mitochondrie. Les mitochondries débarrassées de leur membrane
externe sont appelées mitoplastes.
100

4.2.2. Membrane interne

La membrane interne contient beaucoup de protéines soit près de


80% de ses constituants, les 20 % restant étant des phospholipides qui sont des
cardiolipides (diphosphatidyl glycérols à quatre chaines d’acides gras comme
présenté dans la figure ci-dessous.

Figure n° …. : Cardiolipides

Les autres phospholipides sont surtout la phosphatidylcholine et la phosphtidyl


ethanolamine.

Sa densité est plus élevée que celle de la membrane externe. La membrane


interne est dépourvue du cholestérol et est pratiquement imperméable aux
ions et aux molécules.

Les espèces qui doivent traverser la membrane interne de la mitochondrie (ions,


substrats acides gras à oxyder) sont transférées par des protéines de transport
spécifiques situées dans cette membrane. Ses crêtes semblent augmenter sa
surface.

La membrane interne possède en particulier une chaîne de transport d’électrons


jusqu’à l’oxygène appelée chaîne respiratoire et une ATPase qui récupère une
partie de l’énergie libérée par le transport d’électrons en catalysant la
phosphorylation de l’ADP en ATP. C’est la phosphorylation oxydative.
101

4.2.3. Contenu de l’espace inter membranaire

Les deux membranes sont séparées par une espace inter membranaire où se
trouvent certaines enzymes utilisant l’ATP comme la créatinine kinase et
l’adenylate kinase.

L’adenylate kinase qui convertit les molécules d’AMP en molécules d’ATP


selon la réaction suivante : AMP + ATP → 2 ADP.

Les molécules d’ADP ainsi formés peuvent traverser la membrane interne par
échange, diffusion grâce au transporteur sensible à l’atractyloside, un alcaloïde
extrait d’un charbon méditerranéen, et être ensuite phosphorylées en molécules
d’ATP.

Sans l’adenylate kinase, les molécules d’AMP produites à l’extérieur de la


mitochondrie ne pourraient plus être utilisées pour la régénération de l’ATP.

4.2.4. Contenu de la matrice

La matrice, appelée mitosol, contient un équipement enzymatique très riche


catalysant l’oxydation de nombreuses molécules de combustibles comme les
glucides, les acides gras, les acides aminés en CO2 et H2O.

La mitochondrie possède dans sa matrice une information propre l’ADN


mitochondrial, les enzymes de sa réplication et les constituants nécessaires à la
synthèse des protéines comme les mitoribosomes.

La matrice contient de nombreux ions et molécules en solution en particulier des


ions calcium et phosphate, des nucléotides (ADP, ATP), du coenzyme A, des
métabolites de l’ADN, des ARN, des ribosomes et de très nombreuses enzymes.

On peut classer ces enzymes en deux ensembles : celles qui participent à


l’oxydation de nombreux combustibles et celles qui interviennent dans la
réplication, la transcription et la traduction de l’information mitochondriale.

Dans le premier groupe, il s’agit des enzymes qui transforment en acétyle CoA
l’acide pyruvique, les acides gras et certains acides aminés ; mais aussi les
enzymes du cycle de Krebs et de l’oxydation des acides gras excepté la succinate
déshydrogénase localisée dans la membrane interne.

Les enzymes qui interviennent dans l’exploitation et la copie de l’information


mitochondriale sont comparables à celles qui participent à la transcription, à la
traduction et à la réplication de l’information du noyau mais elles en sont
néanmoins différentes : il s’agit de l’ARN polymérase qui catalyse la
transcription de l’ADN des mitochondries constituée d’une seule sous-unité
102

alors que celle du noyau a plusieurs sous unités. Il faut signaler la présence des
ribosomes mitochondriaux.

Les mitochondries contiennent de l’ADN circulaire des ribosomes et les enzymes


nécessaires pour effectuer la synthèse des protéines codées par le génome
mitochondrial.

Les mitochondries sont les centrales énergétiques des cellules eucaryotes dans
lesquelles les sucres, les lipides et les acides aminés sont oxydés jusqu‘au stade
du CO2 et H2O.

L’énergie libérée est en partie récupérée sous forme de liaison phosphate à haut
potentiel d’énergie dans l’ATP.

Les cellules contiennent de centaines des mitochondries qui collectivement


peuvent occuper jusqu’au cinquième du volume intracellulaire.

La fonction principale des mitochondries est la fourniture d’énergie. Elles sont


équipées pour cela de toute une série d’enzymes permettant le fonctionnement de
diverses voies métaboliques.

L’ensemble des fonctions des mitochondries peuvent se classer en trois


ensembles : oxydations respiratoires à travers le cycle de Krebs ; échange
d’électrons, d’ions et de molécules avec le cytoplasme et enfin synthèse des
constituants mitochondriaux. La mitochondrie dans les cellules musculaires a
aussi la fonction de réservoir de calcium.

Le nombre des mitochondries est élevé dans les tissus actifs que dans les cellules
moins actives.

4.3. Principales voies métaboliques

4.3.1. Cycle de l’acide citrique

Le cycle de l’acide citrique, cycle de Krebs, cycle des acides tricarboxyliques est
le catabolisme de l’acétyle CoA. Il comporte une série des réactions qui se
déroulent dans les mitochondries et qui assurent le catabolisme des résidus
acétyles en libérant des équivalents hydrogène et des électrons, qui lors de
l’oxydation conduisent à la libération et à la capture de la plus grande partie de
l’énergie des combustibles tissulaires.

Les résidus acétyles sont sous forme d’acétyle CoA, un ester de la coenzyme A.
Ce dernier contient une vitamine, l’acide pantothénique.

Il joue aussi un rôle majeur dans la néoglucogenèse, la transamination, la


désamination et la lipogenèse.
103

Plusieurs de ces processus se déroulent dans la plupart des tissus, mais le foie est
le seul tissu dans lequel tous ces processus s’effectuent à un degré appréciable.

Les détails des réactions de l’acide citrique sont donnés dans la figure …...

Figure ….. : Cycle de l’acide citrique (Krebs)

Le cycle comporte neuf séquences enzymatiques au cours desquelles l’acétyle


CoA va être intégré dans le cycle tricarboxylique en se combinant avec
l’oxaloacétate (4 atomes de carbone) pour donner le citrate (6 atomes de
carbone).

Les molécules hexacarbonées vont subir des réactions de décarboxylation (perte


de CO2) et de déshydrogénation (perte H2) qui permettent de régénérer des
molécules tetracarbonées, aboutissant à l’oxaloacétate qui boucle le cycle en se
combinant avec l’acétyle CoA.

Aussi, y a-t-il perte au cours de ces réactions, de deux molécules de CO2 et


régénération de l’oxaloacétate qui en réalité joue un rôle catalytique (une
104

petite quantité d’oxaloacétate, facilite la conversion d’une grande quantité de


groupes acétyles en CO2).

Le cycle de l’acide citrique est une partie intégrante du processus qui permet
l’utilisation d’une grande quantité d’énergie libre, libérée durant l’oxydation des
glucides, des lipides et des acides aminés.

 Le cycle de Krebs fournit le substrat pour la chaine respiratoire.

Le cycle de Krebs, c’est la voie finale de l’oxydation des glucides, des lipides
et de protéines comme le montre la figure …..

Figure n°…. : Le lien entre le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire


105

Durant l’oxydation de l’acétyle CoA dans ce cycle, des équivalents réducteurs


sous forme d’hydrogène ou d’électrons sont formés à la suite de l’activité de
déshydrogénases spécifiques. Ces équivalents réducteurs entrent alors dans la
chaîne respiratoire ou de grandes quantités d’ATP sont formées par le processus
de phosphorylation oxydative qui est aérobie et qui requiert l’oxygène comme
oxydant final des équivalents réducteurs. Par conséquent, l’absence totale
(anoxie) où partielle (hypoxie) de l’O2 provoque une inhibition totale ou partielle
du cycle.

Les enzymes du cycle de l’acide citrique sont situées dans la matrice


mitochondriale, soit à l’état libre, soit attachées à la surface interne de la
membrane mitochondriale interne, ce qui facilite le transfert des équivalents
réducteurs aux enzymes de la chaine respiratoire qui sont situés à proximité dans
la membrane mitochondriale interne.

Le cycle de l’acide citrique est une plaque tournante dans le métabolisme car
certaines voies métaboliques se terminent par un constituant du cycle tandis que
d’autres tirent leur origine de ce cycle comme la néoglucogenèse, la
transamination, la désamination et la synthèse des acides gras.

Les réactions des aminotransférases produisent le Pyruvate

Aspartate +Pyruvate ↔ Oxaloacétate +Alanine

Glutamate +Pyruvate ↔ α-cétoglutarate +Alanine

Le cycle de Krebs participe à la synthèse des acides gras. En effet, l’acétyle CoA
formé à partir du Pyruvate par l’action du pyruvate déshydrogénase est le
principal constituant de la synthèse des acides gras à longue chaîne chez les non
ruminants ; car chez les ruminants, l’acétyle CoA provient directement de
l’acétate.

Comme la pyruvate carboxylase est une enzyme mitochondriale et que les


enzymes responsables de la synthèse des acides gras sont extra mitochondriales,
la cellule doit transporter l’acétyle CoA à partir du citrate dans le cycle de l’acide
citrique, par le transport du citrate hors de la mitochondrie, et finalement par la
disponibilité de l’acétyle CoA dans le cytosol rendue possible par clivage du
citrate dans la réaction catalysée par l’ATP citrate lyase :

Citrate + ATP +CoA → Acétyle CoA + oxaloacétate +ADP+Pi

La figure 18-5 Harper P.188 montre cette participation.

Le cycle de Krebs joue des rôles à la fois dans les processus


d’oxydation (pyruvate) et dans les processus de synthèse (néoglucogenèse) :
il est donc amphibolique et ces rôles sont résumés dans la figure suivante
106

Figure n°…. : Rôle amphibotique de cycle de Krebs

Chaque étape, qui implique des dérivés de l’acétyle CoA et qui est catalysée par
les enzymes différentes, utilise le NAD+ et le FAD+ comme coenzyme et génère
l’ATP.

4.3.2. Chaîne respiratoire et Phosphorylation oxydative : production


d’ATP

Par suite de l’oxydation catalysée par les déshydrogénases du cycle de Krebs,


trois molécules de NADH2 et une molécule de FADH2 sont produites pour
chaque molécule d’acétyle CoA catabolisée dans un tour de cycle. Ces
équivalents réducteurs sont transportés à la chaîne respiratoire dans la membrane
mitochondriale interne.
107

Figure n°…. : Principales étapes d’oxydoréduction de la chaîne respiratoire

Dans la chaîne respiratoire, les électrons provenant de différentes réactions


intracellulaires sont pris en charge. Ils parcourent une suite d’étapes redox en
direction de l’oxygène pour réduire finalement ce dernier en eau.

Les principales oxydoréductions de la chaîne respiratoire et les sites de couplage


sont donnés dans la figure suivante.

Figure n° ….. : Principales réactions d’oxydoréduction et les sites de couplage


108

Au cours de leur trajet, les électrons abandonnent leur énergie pour constituer un
gradient de protons à travers la membrane interne de la mitochondrie. Ce
gradient permet la production d’ATP à partir d’ADP et de phosphate
inorganique.

Figure n° ….. : Gradient des protons et production d’ATP

Durant leur passage le long de la chaîne, les équivalents réducteurs de NADH2


produisent trois liaisons phosphate à haute énergie par estérification de l’ADP en
ATP au cours du processus de phosphorylation oxydative.

Cependant, la molécule du FADH2 ne produit que deux phosphates à haute


énergie car elle transfert son pouvoir réducteur à la coenzyme Q et ne passe donc
pas par le premier site de la phosphorylation oxydative dans la chaîne
respiratoire.

Au niveau du cycle lui-même c’est-à-dire du substrat, la conversion du succinyl


CoA en succinate génère un phosphate à haute énergie additionnelle. Ainsi
pour chaque tour du cycle 12 liaisons phosphate à haute énergie sont produites
comme présenté dans le tableau …….
109

Quatre vitamines solubles du complexe B à savoir la riboflavine sous forme


FAD, la niacine (vitamine B2) sous forme de NAD coenzyme de trois
déshydrogénases dans le cycle (iso citrate déshydrogénase, α-cetoglutarate
déshydrogénase et malate déshydrogénase), la thiamine (vitamine B1) et l’acide
pantothénique dans la cœnzyme A, jouent des rôles clés dans le cycle de l’acide
citrique.

La formation des liaisons riches en énergie, ATP, au cours du catabolisme du


glucose est donnée dans le tableau suivant.

La chaîne respiratoire des mitochondries joue un rôle important


dans la conversion de l’énergie alimentaire en ATP, comme le montre la figure
suivante

Figure n° ….. : conversion alimentaire de l’énergie en ATP

4.3.3. Oxydation des Acides gras

L’oxydation des acides gras a lieu dans les mitochondries. L’augmentation de


l’oxydation des acides gras est caractéristique du jeûne et du diabète sucré,
conduisant à la production de corps cétoniques par le foie (cétose).
110

Les corps cétoniques sont acides, et lors qu’ils sont produits en excès de
longues périodes, cas des diabètes, ils entrainent une cétoacide qui est enfin de
compte fatale.

La néoglucogenèse étant dépendante de l’oxydation des acides gras, tout


problème lors de leur oxydation entraine une hypoglycémie (déficience en
carnitine ou en enzymes essentielles, inhibition oxydation acides gras par des
poisons (hypoglycine)).

 Oxydation des acides gras saturés

Les acides gras transportés dans le sang sous forme d’acides gras libres sont
activés avant d’être métabolisés, en présence de l’ATP, du CoA et de l’acyle
CoA synthétase, pour donner l’acyle CoA, le pyrophosphate et l’AMP.

Acyl-CoA synthetase
Acide gras + ATP + CoA Acyl-CoA + PPi + AMP

La présence du pyrophosphate inorganique assure une activation complète en


permettant la perte supplémentaire d’un phosphate à haute énergie à partir d’un
pyrophosphate.

Ainsi, deux phosphates à haute énergie sont utilisés lors de l’activation de


chaque molécule d’acides gras. L’acyle CoA synthétase est localisé dans le
réticulum endoplasmique et à l’intérieur de la membrane mitochondriale
externe.

Figure n° ….. : Activation des acides gras en acyle CoA


111

Les acides gras à longue chaîne pénètrent dans la membrane mitochondriale


interne sous la forme de dérivés de la carnitine.

Une autre enzyme, la carnitine acetyl-transferase, présente dans les


mitochondries, catalyse le transfert des groupes acyles à chaîne courte entre le
CoA et la carnitine, formant l’acétyle carnitine qui, avec le lactate et le
fructose, sont des sources importantes de carburant nécessaire à la mobilité des
spermatozoïdes.

La β-oxydation des acides gras implique des clivages successifs avec libération
d’acétyle CoA, à partir de l’extrémité carboxylique.

La chaîne est coupée entre les atomes de carbone alpha (2) et bêta (3), d’où
le nom de bêta oxydation.

Les molécules à deux atomes de carbone formées sont des acétyles CoA. Ainsi
une molécule de palmitoyl-CoA fournit huit molécules d’acétyles CoA. Le
cycle réactionnel est donné dans la figure …...

Figure n° ….. : Cycle de la -oxydation des acides gras


112

 Le cycle réactionnel génère du FADH2 et du NADH+H+.

Oxydation des acides gras à nombre impair d’atomes de carbone

L’oxydation d’un acide gras possédant un nombre impair d’atomes de carbone


produit de l’acétyle CoA plus une molécule de propionyl-CoA. Les acides gras
possédant un nombre impair d’atomes de carbone sont oxydés par la voie de la β-
oxydation, produisant de l’acétyle CoA, jusqu’à ce qu’il reste un composé à trois
carbones (propionyl-CoA) lequel est transformé en succinyl-CoA, un
constituant du cycle de Krebs.

Figure n°….. : conversion du propionyl CoA en succinyl CoA

Il en résulte que seul le résidu propionyl d’un acide gras à nombre impair
d’atomes de carbone, est un motif de la molécule qui soit glucogénique.
L’oxydation des acides gras produit de grandes quantités d’ATP.

 Oxydation des acides gras à très longues chaînes

L’oxydation des acides gras à très longues chaînes a lieu dans les
peroxysomes, où une forme modifiée de la β-oxydation conduit à la formation
d’acétyle CoA et de H2O2, qui est ensuite fragmentée par la catalase.

L’acide gras à très longue chaine activée dans les peroxysomes subit une
première déshydrogénation qui n’est pas directement liée à la phosphorylation et
à la génération de l’ATP, mais à l’activation initiale par l’acyl-CoA synthétase
à longue chaine (C20 et C22), enzymes induite par des régimes riches en graisses.
Les enzymes des peroxysomes n’attaquent pas des acides gras à chaine
courte.
113

La séquence de la β-oxydation se termine au niveau de l’octanoyl CoA. Les


groupements octanoyls et acétyles sont ensuite éliminés des peroxysomes sous
forme d’octanoyls et d’acétylcarnitine, tous deux ensuite oxydés dans la
mitochondrie.

L’oxydation peroxysomiale a en plus pour rôle de raccourcir la chaine


latérale du cholestérol au cours de la formation des acides biliaires. Les
peroxydes prennent aussi part à la synthèse des éthers glycérolipidiques, du
glycérol et du dolichol. Les peroxysomes ne contiennent pas de carnitine
palmitoyl transférase.

 Oxydation des acides gras insaturés

L’oxydation des acides gras insaturés a lieu dans une voie modifiée de la β-
oxydation.

Les esters de CoA des acides gras insaturés sont dégradés par des enzymes
normalement responsables de la β-oxydation, jusqu’ à ce qu’un composé ∆3-cis-
acyl-CoA ou un composé ∆4-cis-acyl-CoA soit formé, ce qui dépend de la
position de la double liaison.

Figure n° …. : Schéma d’oxydation des acides gras insaturés


114

Ce dernier composé est isomérisé (∆3-cis→∆2-trans—énoyl-CoA isomérase) en


∆2 trans-CoA, étape correspondante de la β-oxydation pour l’hydratation et
l’oxydation qui suivent.

Toute molécule de ∆4-cis-acyl-CoA restante, comme c’est le cas de l’acide


linoléique, ou entrant dans cette voie à ce point, est transformé par l’acyl-CoA
déshydrogénase en ∆2-trans-∆4-cis diénoyl-CoA par la ∆2-trans-∆4-cis-dienoyl-
CoA réductase (dépendant de NADP).

La ∆3-cis (ou trans)→∆2-trans-enoyl-CoA isomérase peut attaquer la double


liaison du ∆3-trans pour produire le ∆2-trans-énoyl- CoA, un intermédiaire de la
β-oxydation.

4.3.4. Cétogenèse

La cétogenèse se produit dans le foie

Lorsque, dans certaines conditions métaboliques, la vitesse d’oxydation des


acides gras est élevée, le foie dispose d’un excès d’acetyle CoA ; dans ce cas, il
se produit des quantités considérables d’acéto-acétate et de D(-)-3-
hydroxybutyrate (β-hydroxybutyrate).

Figure n° ….. : Cétogenèse


115

L’acétoacetate et le 3-hydroxybutyrate sont inter convertis par l’enzyme


mitochondriale, la D(-)-3-hydroxybutyrate déshydrogénase ; l’équilibre est
contrôlé par le rapport [NAD+]/[NADH], c'est-à-dire l’état redox.

L’acétoacetate subit de manière continue une décarboxylation spontanée pour


conduire à la formation d’acétone. Ces trois substrats sont appelés corps
cétoniques.

Figure n° ….. : Conversion de l’acetoacetate en d’autres corps cétoniques

Ceci survient en période de crise lorsque la lipolyse est intense et que les acides
gras pénètrent en masse dans le foie.

Le catabolisme des corps cétoniques produit autant d’acétyle CoA que le foie
peut non seulement couvrir ses besoins propres, mais aussi ceux du reste de
l’organisme.

L’acétyle CoA qui peut traverser les membranes et les acides gras, étant solubles
dans le plasma, ils vont rejoindre d’autres organes où ils seront à nouveau
retransformés en acétyle CoA et incorporés dans le cycle du citrate.
116

Figure n° ….. : Utilisation des corps cétoniques par les organes

La concentration totale en corps cétoniques dans le sang de mammifères bien


nourris n’excède pas normalement 0,2 mmol/l. Les corps cétoniques produits
dans le foie sont utilisés par des tissus extra hépatiques comme le muscle, tel que
montré à la figure ci-dessous.

Figure n° ….. : Utilisation des corps cétoniques par des tissus extrahépatiques
117

Les corps cétoniques servent de combustibles pour les tissus extra hépatiques.

Des perturbations dans l’oxydation des acides gras conduisent à des maladies
souvent associées à l’hypoglycémie, l’infiltration de graisses dans les organes et
l’hypo cétonémie.

4.3.6. Elongation des chaînes d’acides gras.

La biosynthèse des acides gras a lieu dans le cytoplasme. Cependant, l’élongation


d’acide gras chez les mammifères se passe dans le réticulum endoplasmique
lisse qui contient des enzymes de système cytochromes P450 qui catalysent
l’hydroxylation d’une variété des composés endogènes et exogènes.

Cette voie de biosynthèse (système microsomal) transforme le acyle CoA gras en


dérivés acyle CoA possédant deux atomes de carbone de plus en utilisant le
malonyle CoA comme donneur d’acétyle et le NADPH comme réducteur
catalysé par le système d’enzyme microsomal de l’élongase d’acides gras.

Les groupements acyle qui peuvent jouer le rôle d’amorce sont les séries saturées
comportant 10 atomes de carbone et plus, de même que les acides gras insaturés.

La synthèse d’une variété d’acides gras dépend d’un éventail d’enzymes


logés dans le réticulum endoplasmique (et dans la mitochondrie). En effet, le
principal produit formé par la synthase d’acides gras des animaux et de plantes
est la palmitate. (voir Horton 16 :0).

Figure …. : Elongation des chaînes d’acides gras

4.3.7. Désaturation des acides gras

Les organelles précitées possèdent plusieurs désaturases qui, dans les cellules
animales catalysent la formation de liaisons doubles jusqu’au neuvième
carbone compté à partir de l’extrémité carboxyle de l’acide gras, et dans les
cellules végétales sont capables de catalyser les liaisons séparées de l’extrémité
carboxyle par plus de neuf carbones.

Les figures 17.23 et 17.24 donnent respectivement les réactions


d’allongement et de désaturation nécessaires à la conversion du linoléate en
arachidonyl, et celles de la synthèse d’eicosanoides à partir de l’arachidonate
(HORTON P.504-505).

Figure …….. : Réactions d’allongement et de désaturation des acides gras


118

 Formation des acides monoenoïque par la stéaroyl-CoA désaturase

La désaturation d’un acide gras se déroule dans un processus complètement


différent de celui des doubles liaisons formées lors de la β-oxydation des acides
gras dans les mitochondries.

La désaturation est assurée par les monooxygenases qui ont l’acyl-CoA gras, le
NADH et l’O2 comme substrats. Le mécanisme de monoxygénation de substrat
est assuré par le cytochrome P450.

Figure n° ….. : Le cycle du cytochrome P450

Les trois composantes du système de désaturation sont l’enzyme désaturase, le


cytochrome b5 et le NADPH-cytochrome b5 réductase. L’ensemble de la
réaction est la suivante :

R-CH2-CH2-(CH2)7-COOH+NADPH+H++O2 → R-CH=CH-(CH2)7-COOH+
NADP++2H2O.

L’étape initiale est la formation de la double liaison ∆9 par la stéaroyl-CoA


désaturase dans l’acide palmitique ou stéarique pour produire l’acide
palmitooléique ou l’acide oléique, respectivement.

La synthèse des acides gras insaturés est importante pour réguler la fluidité des
triacylglycérols et des phospholipides des membranes.

Le jeune et le diabète réduisent largement l’élongation des chaînes. L’élongation


de stéaryle CoA dans le cerveau augmente rapidement durant la myelinisation
119

de manière à fournir des acides gras en C22 et C24 présents dans les
sphingolipides.

4.3.8. Cycle de l’urée

Le cycle de l’urée se déroule en grande partie dans la mitochondrie. Il s’agit de la


formation de la citrulline à partir du carbamyl phosphate et de l’ornithine, en
présence de l’ornithine carbamyl transférase.

L’ornithine et la citrulline sont deux acides aminés non protéinogènes. La


citrulline est transportée dans le cytoplasme par la pour suite des autres
réactions conduisant à la formation de l’urée.

La raison pour laquelle le cycle de l’urée commence dans la mitochondrie est


peut être que la production du NH3 toxique par la désamination oxydative du
glutamate s’y effectue. La détoxification est alors immédiate. Ensuite la
biosynthèse peut se poursuivre dans le cytoplasme.

Figure n°….. : Synthèse de carbamoylphosphate et entrée dans le cycle de l’urée


120

Les Enzymes impliquées dans le cycle de l’urée sont à cinq à savoir :

1. Carbamoylphosphate synthétase I
2. Ornithine transcarbamoylase
3. Arginosuccinate synthétase
4. Arginosuccinate
5. Arginase

Les réactions impliquant les enzymes 1 et 2 se déroulent dans les mitochondries


et celles avec les enzymes 3,4 et 5 dans le cytoplasme. L’ornithine est régénérée
à la fin de la biosynthèse de l’urée et va regagner la mitochondrie où elle sera à
nouveau acceptée pour un cycle suivant. Le cycle de l’urée se déroule dans le
foie et l’urée formée est éliminée par les reins.

4.3.9. Transport des substances à travers la membrane mitochondriale

Trois mécanismes de transport de Pyruvate et de l’ATP sont


importants pour le fonctionnement de la chaine respiratoire :

- Le pyruvate est transporté avec un proton par le symport pyruvate/H+


- L’ATP est échangé contre un ADP (par l’antiport ATP/ADP).
- Le phosphate nécessaire à la phosphorylation de l’ADP en ATP est
transporté avec des protons du cytoplasme vers l’espace matriciel
(symport phosphate/H+)

Les acides gras ne sont pas capables de pénétrer dans la mitochondrie. Ils
utilisent un transporteur d’acyle –carnitine.
Le transport de calcium se fait par un mécanisme particulier à cause d’une
double charge positive qui rend difficile la traversée simple de la
membrane mitochondriale.
La navette du malate sert avant tout au transport des équivalents
réducteurs [NADH/H+] à travers la membrane.
Le transporteur citrate sert au transport des résidus d’acétyle CoA qui
traversent la membrane mitochondriale pour servir dans la biosynthèse des
acides gras qui se déroulent dans le cytoplasme.
121

Figure n° …. : Transport du pyruvate et de l’ATP à travers la membrane


mitochondriale

4.3.10. Synthèse d’ALA et constitution de l’hème

 Définition

L’ALA est en abrégé le delta- Aminolevulinate, intermédiaire incontournable


produit dans les mitochondries pour la biosynthèse du porphobilinogène, premier
précurseur des porphyrines. Ces dernières sont de composés cycliques formés de
quatre noyaux pyrroliques reliés entre eux par des ponts méthényle (-HC=). Les
porphyrines contenant du fer forment l’hème de l’hémoglobine ; et celles
contenant du magnésium forme la chlorophylle des plantes.
122

L’ALA est donc le premier précurseur de la synthèse de l’hème. Les exemples de


quelques hémoprotéines importantes chez l’homme et les animaux sont donnés
dans le tableau 34-1, Harper 360

 Synthèse d’ALA et d’hème.

L’hème est synthétisé dans les cellules vivantes à partir de deux substances de
départ qui sont : le succinyl-CoA, dérivé du cycle de l’acide citrique dans les
mitochondries, et un acide aminé, la glycine, activé par le phosphate de
pyridoxal.

Le produit de la réaction de condensation de ces deux composés donne l’acide


alpha-amino-bêta-cetoadipique, qui est rapidement décarboxylé pour former le
delta-aminolévulinate (ALA) réaction catalysée par l’ALA synthétase, enzyme
qui contrôle la biosynthèse des porphyrines dans le foie des mammifères. Après
cette réaction qui se passe dans les mitochondries, deux molécules d’ALA
passent dans le cytoplasme et sont condensées par l’ALA déshydratase pour
former deux molécules d’eau et une molécule de porphobilinogène comme le
montre la figure suivante.
123

Figure n°….. : Synthèse de porphobilinogène

La formation du tétrapyrolle c à d d’une porphyrine (hème), se fait par


condensation de quatre molécules de PBG (Figure…..). A partir de
porphobilinogène, plusieurs dérivés porphyriniques peuvent être synthétisés aussi
bien dans le cytoplasme que dans les mitochondries.

V : NOYAU

5.1. Définition

Le noyau est entouré par deux membranes, appelées l’enveloppe nucléaire, avec
une membrane extérieure qui est continue avec les membranes du réticulum
endoplasmique. L’enveloppe nucléaire contient de nombreux pores appelés
complexes des pores, d’environ 90A0 de diamètres qui permet le mouvement
contrôlé des particules et de molécules larges entre la matrice nucléaire et le
cytoplasme.

Le transport de macromolécules exige une dépense d’énergie, et c’est facilité par


une série diverse de protéines cargo et de facteurs de transport soluble qui se
déroule entre les deux compartiments. Un sous compartiment principal observé
en microscopie est le nucléole.
124

Le DNA, siège de l’information génétique, est logé dans le noyau comme un


complexe DNA-protéine, la chromatine qui est organisé en chromosomes les
protéines spéciales qui complexent le DNA sont les histones. Les histones
participent à la régulation de l’activité des gènes, en diminuant l’accessibilité de
l’ADN à d’autres protéines.

Le noyau contient les protéines et enzymes impliquées dans la réplication de


DNA avant la mitose et dans la réparation de DNA qui a été endommagée.

La transcription de l’information génétique dans le DNA dans une forme qui peut
être transportée dans les cellules des protéines implique la synthèse et la
transformation en RNA, dans le noyau avec la formation des unités ribosomales.

1. Le contenu d’ADN du stock diploïde (2C) chez quelques espèces animales


est donné dans le tableau ……..

2. Les histones sont de petites protéines dont le poids moléculaire varie entre
11.000 et 21.000. elles sont généralement riches en deux acides aminés
basiques : lysine et arginine qui, à eux deux composent 25 % de l’unique
chaîne polypeptidique de leur molécule.

Le tableau …….. donne les caractéristiques des cinq classes


principales d’histones.
125

5.2. Nucléoles

Les nucléoles sont des structures denses, sphériques en nombre défini dans les
noyaux inter phasiques et pro phasiques de tous les organismes supérieurs. Ce
sont des différenciations chromosomiques, fonctionnelles organisées en des sites
déterminés de certains chromosomes vecteurs des gènes ribosomaux lourds (28S
et 18 S).

Les nucléoles sont en effet le siège de la synthèse de ces ARN ribosomaux, de


leur assemblage d’une post transcriptionnel, enfin de leur assemblage d’une part
avec les ARN ribosomaux légers (5S) et d’autre part, avec des protéines
d’origine cytoplasmique. Ces assemblages macromoléculaires sont appelés
préribosomiques, comme indiqué dans la figure ……..
126

5.3. Enveloppe nucléaire

L’enveloppe nucléaire est une portion spécialisée du RE qui, chez les eucaryotes,
sépare le noyau du cytoplasme. La citerne que forme cette enveloppe est limitée
par une membrane de 50 à 60 Ao d’épaisseur dont la partie qui est en regard du
nucléoplasme est appelé membrane externe nucléaire interne, et celle en regard
du hyaloplasme étant la membrane sont parallèles et la cavité qu’elles limitent ou
espace péri nucléaire a une épaisseur de 200 Ao environ. La membrane externe
porte de polysomes et communique avec le RE.

L’enveloppe nucléaire ne forme pas une frontière continue entre le nucléoplasme


et le hyaloplasme suite aux pores nucléaires qui y sont présentée.

Dans l’enveloppe nucléaire, on y trouve aussi les complexes des pores, un


matériel formant un cylindre creux orienté perpendiculairement à l’enveloppe,
qui traverse le pore et fait saillie à la fois dans le nucléoplasme et le hyaloplasme.
On y trouve aussi la lamina, couche située entre la membrane interne et les
masses de chromatine périphérique, d’épaisseurs variant entre 150 et 600 Ao
selon les cellules.

La figure ……. montre l’isolement de fraction et sous fraction


d’enveloppe nucléaire.
127

 Composition chimique de l’enveloppe nucléaire

La composition des membranes de l’enveloppe nucléaire est analogue à celles


des membranes du réticulum. La lamina est protéique et les complexes des pores
sont de nature ribonucléique.

La composition globale des enveloppes est la suivante : 20% des lipides, 70 %


des protéines, 4% d’ARN et 1% d’ADN qui est une contamination par la
chromatine qui reste associée à la lamina et qui n’est pas entièrement digérée
même en présence de la DNase pour l’isolement.

Les membranes de l’enveloppe nucléaire comportent 30% des lipides et


70% de protéines dont certaines sont des glycoprotéines. Les phospholipides
représentent 90% des lipides totaux dans les mêmes proportions que ceux des
membranes du RE.

Les triglycérides, le cholestérol et les esters de cholestérol lipides neutres


représentent 10 % des lipides totaux. La phosphatidylcholine et la
phosphatidyléthanolamine des membranes de l’enveloppe possèdent moins
d’acides gras insaturés que celle du réticulum.

Les esters du cholestérol sont quatre fois plus abondants, avec des acides gras
plus insaturés que ceux des mêmes composés dans les membranes du réticulum.

Les membranes de l’enveloppe nucléaire des hépatocytes possèdent une


glucose6-phosphatase et deux chaînes miniatures de transport d’électrons à
oxygène moléculaire : la chaîne à cytochrome P450 et la chaîne à cytochrome
b5, mais en moins grande quantité que dans le réticulum endoplasmique (entre le
quart et la moitié).

Les complexes des pores contiennent de l’ARN où il est associé à des protéines
spécifiques.

 Rôles physiologiques

Grâce aux pores de l’enveloppe nucléaire, de passages d’ions et de molécules se


font entre les deux compartiments qu’elle sépare : le noyau et le cytoplasme.
Ceci est essentiel dans la vie cellulaire puis que les synthèses d’acides nucléiques
ARN et ADN qui se déroulent dans le noyau nécessitent l’apport de nucléotides
venus du cytoplasme et que la synthèse protéique exige que les molécules
d’ARN synthétisées dans le noyau soient exportés vers le cytoplasme.

La lamina étant accolée à sa membrane interne, l’enveloppe nucléaire est en


relation avec les chromosomes.
128

L’enveloppe nucléaire étant une région spécialisée du RE, ses membranes


remplissent des fonctions semblables à celles du réticulum.

Ses membranes possèdent un équipement enzymatique très semblable à celui des


membranes du réticulum endoplasmique ; elles interviennent dans de nombreuses
réactions métaboliques : élongation et désaturation des acides gras,
biosynthèse des phospholipides et du cholestérol, glycosylation des lipides et
de protéines, détoxication.

Les polysomes qui sont attachées à la membrane externe synthétisent des chaînes
polypeptidiques qui s’insèrent dans la bicouche lipidique ou qui sont transférées
dans l’espace péri nucléaire.

Enfin, dans certains types cellulaires, la membrane nucléaire externe donne


naissance par bourgeonnement à des vésicules qui fusionnent donnant des
saccules golgienne, et peut être à l’origine de certaines structures
cytoplasmiques.

5.3. Code génétique

Les lettres A, G, T et C correspondent aux nucléotides trouvés dans l’ADN. Elles


sont organisées selon des mots de code de trois lettres appelés codons et
l’ensemble des codons forme le code génétique.

Un arrangement linéaire de codons (un gène) détermine la synthèse des


molécules d’ARN variées, la plupart d’entre elles étant impliquées à différents
niveaux de la synthèse des protéines. Celle-ci se déroule en trois étapes
principales : l’initiation, l’élongation et la terminaison. Dans leurs
caractéristiques générales, ce processus ressemble à la réplication de l’ADN et à
sa transcription comme le fait qu’ils suivent également une polarité 5’→3’.

Transmission du flux d’information génétique de l’ADN vers l’ARN et vers


les protéines.

L’information génétique au sein de la séquence nucléotidique de l’ADN est


transcrite dans le noyau, en séquence nucléotidique spécifique de molécule
d’ARN. La séquence des nucléotides dans le transcrit d’Arn est complémentaire
de la séquence nucléotidique du brin matrice de ce jeune en accord avec les
règles d’appariement des bases.

De nombreuses catégories différentes d’ARN agissent conjointement pour diriger


la synthèse des protéines.

Chez les eucaryotes, le transcrit primaire, appelé l’ARN nucléaire hétérogène (hn
ARN) contient des régions codantes (exons) qui vont former l’ARN messager
mature et de longues séquences intermédiaires (introns) qui séparent les exons.
129

Au cours de la maturation dans le noyau, les introns sont enlevés, et les exons
sont épissés de façon à former l’ARN messager mature qui est transporté
dans le cytoplasme traduisant l’information en une séquence d’acides aminés de
la protéine spécifique correspondante, grâce à une molécule adaptatrice
intermédiaire correspondante, qui sont les ARN de transfert (ARNt).

Le ribosome est la machine cellulaire sur laquelle ces diverses entités


fonctionnelles interagissent pour assembler la molécule protéique par les
polyribosomes attachés à des membranes qui constituent le lieu de synthèse de
protéines intégrales de membranes et de protéines destinées à l’exportation.

Vingt aminoacides différents sont requis pour la synthèse des protéines. Il doit
donc y avoir au moins 20 codons différents, repris dans le tableau du code
génétique.

Tableau n°….. : Code génétique

Chaque codon est formé d’une séquence de 3 nucléotides soit un triplet. Il y a 64


codons spécifiques car l’ARN messager ayant 4 nucléotides fournit 43=64
codons spécifiques.
130

VI : RIBOSOMES

6.1. Définition

Les ribosomes sont les fabriques des protéines de la cellule. C’est à leur niveau
que s’effectue la synthèse des protéines appelée aussi traduction. On trouve
quelque millier des ribosomes par cellule compte tenu du nombre considérable
des protéines dont la cellule a besoin.

Les ribosomes sont composés de deux sous-untés, 60 S et 40 S(S représente un


Svedberg, unité du coefficient de sédimentation en ultracentrifugation ; un S =
10-13 secondes). Les ribosomes ont une taille de 20 nm et sont formés de certains
types d’ARN (ARN ribosomiaux, ARNr) et de protéines ribosomiales qui sont
associées pour faire fonctionner la biosynthèse des protéines.

6.2. Fonction des ribosomes

Au repos, les ribosomes ont leurs sous-unités dissociées dans la cellule et sont en
attente d’un ARN. Celui-ci associe les deux sous-unités pour former un ribosome
complet (de 80S). Alors la biosynthèse protéique (ou traduction) peut
commencer.

La principale fonction de ribosomes sur le RE rugueux est la biosynthèse de


protéines destinées à être incorporé dans les membranes et les organelles
cellulaires, et à l’exportation à l’extérieur de la cellule.

VII : RETICULUM ENDOPLASMIQUE

Le RE est un réseau extensif des membranes qui interconnectent l’enveloppe


nucléaire à la membrane plasmique et qui se trouvent dans le cytoplasme. Il est
l’endroit de la cellule où les membranes sont produites. C’est donc le lieu de
naissance de nouveaux constituants membranaires.

Le RE consiste en deux membranes avec une apparence douce (R.E. lisse) dans
quelques parties et rugueux (RER) en d’autres endroits.

La plupart des cellules eucaryotes en contiennent. L’apparence rugueuse est due


à la présence des particules de ribonucléoprotéides, appelées ribosomes
attachées sur son coté cytosolique.

Le RE comprend la lumière du RE ou des protéines nouvellement synthétisées


sont modifiées pour exportation ou incorporation dans les organelles ou
membranes.

Durant le fractionnement cellulaire, le réseau RE est rompu et la membrane se


replie pour former de petites vésicules ou microsomes qui peuvent être isolée
131

par centrifugation différentielle. Les microsomes, telles qu’elles n’existent pas


dans les cellules.

 Fonction du RER

Le RER est le site de synthèses protéiques actives, celles d’exportation des


membranes et des lysosomes.

 Différentes étapes de la synthèse des protéines

La biosynthèse des protéines commence par les phénomènes d’initiation, suivi de


l’élongation, de la translocation et enfin de la terminaison des chaînes
polypeptidiques.

 Les phénomènes d’initiation

L’initiation est capable et doit se faire exactement sur le codon d’initiation porté
par l’ARN messager, AUG, qui est situé à environ 10 à 20 bases de l’extrémité 5’
de l’ARN messager ; faute de quoi le reste de la molécule serait mal formée.

Si on considère une protéine comportant 1.000 résidus d’acides aminés, les


phénomènes d’élongation permettent la fixation les uns aux autres de 998
résidus. La mise en place du premier résidu, qui est N-terminal et la fixation
du second sur le premier constituent l’initiation ; tandis que la libération de
la chaîne polypeptidique, après fixation du dernier résidu d’acide aminé (C-
terminal) est nommé terminaison.

Les phénomènes d’initiation présentent des différences entre les procaryotes et


eucaryotes. Elles se situent essentiellement primo au niveau du premier acide
aminé, correspondant au codon d’initiation AUG, qui est la méthionine pour
les eucaryotes, le formylméthionine pour les procaryotes et la synthèse
protéique mitochondriale ; secundo au niveau des facteurs d’initiation,
protéines qui guident la fixation du méthionyl-ARN-ti sur le codon.

Après la première fixation sur le codon d’initiation, les codons suivants seront
automatiquement reconnus par les aminoacyls-ARNt qui se fixent brièvement les
uns à la suite des autres, de telle sorte que la fidélité de la traduction dépend
absolument de la position initiale du méthionyl-ARNti.
132

Figure n° …..: Mise en place de la particule d’initiation

 Elongation

L’élongation est le mécanisme général de mise en place des acides aminés dans
le polypeptide. C’est la fixation des acides aminés les uns aux autres à partir de
l’acide aminé N-terminal qui est inséré par le système d’initiation et jusqu’à
l’acide aminé C-terminal. Le guide de la séquence des acides aminés formés est
l’ARN messager.

En apparence, les ribosomes circulent sur celui-ci, dans le sens 5’→3’, mais en
réalité, c’est l’ARNm qui se déplace en sens inverse. Le déplacement d’une
longueur équivalente à un codon est appelé translocation. Les translocations
commencent après formation de la particule 80S, faisant apparaître la chaîne
polypeptidique.

Les ribosomes circulent par translation régulière de la longueur d’un codon (3


bases). Ils insèrent chaque fois une nouvelle molécule d’ARNt porteuse d’un
résidu d’acide aminé au niveau du site A de la grosse sous unité du ribosome,
puis transfèrent sur la fonction amine de cet acide aminé le peptide déjà formé
par l’ARNt fixé au site P du ribosome.
133

Après perte du peptide, l’ARNt quitte le site P. L’ARNt restant, porteur de tout le
peptide, passe du site A au site P. Il en résulte que le ribosome, l’ARNt et le
peptide qui lui est attaché se déplacent de la longueur d’un codon, en prenant
appui sur l’ARNm. A ce moment, le site A est à nouveau libre et fixe une
nouvelle molécule d’ARNt porteuse de l’acide aminé correspondant au codon
suivant : le processus recommence.

Lors qu’une trentaine de codons de l’ARNm ont défilé, une particule 80S se
forme à l’extrémité de l’ARNm et aussi se combine le polysome, qui comporte,
selon la longueur de ce dernier 5 à 25 ribosomes attachés en permanence et
synthétisant chacun sa molécule protéique.

Figure n° …. : Elongation des peptides sur les ribosomes

La formation de la liaison peptidique se fait alors que les 2 ARNt sont encore
fixés dans leurs sites respectifs (P) et (A), grâce au P.

 Translocation

L’ARNt qui a perdu son peptide sort de son site P, probablement en deux temps,
via un site spécifique du ribosome qui l’expulse. L’ARNt fixé au site A et porteur
de toute la chaîne polypeptidique est alors déplacé dans le site P. Ce moment se
fait de telle sorte que l’ensemble du ribosome avance le long de l’ARNm dans le
sens 5’→3’ d’une longueur de 3 bases, soit environ 1 nm. Au cours de ce
déplacement, l’ARNt reste fixé par son anticodon au codon de l’ARNm.

Le mouvement est appelé translocation, en fait un changement rectiligne de


localisation qui est dû au fait que l’ARNm avance par déplacements successifs de
3 bases en 3 bases. L’énergie est fournie par le GTP.
134

Figure n° ….. : Translocation des peptides

Le cycle recommence autant de fois qu’il y a d’acides aminés à incorporer dans


la protéine, depuis le codon d’initiation jusqu’au codon de fin de traduction.

 Terminaison des chaînes polypeptidiques

Il existe 3 codons servant de signaux de terminaison de chaînes polypeptidiques :


UAA, UGA et UAG. Il ne leur correspond pas d’ARN de transfert à la
différence du codon d’initiation qui mettait en place un résidu méthionine. Les
codons de terminaison ne codent pas un dernier acide aminé. Le codon de
l’acide aminé C-terminal est celui qui précède le codon de terminaison. Ce sont
les facteurs protéiques solubles qui reconnaissent le codon de terminaison, se
fixent sur lui et provoquent le détachement de la chaîne polypeptidique. On les
appelle facteurs de libération (Rf1, Rf2, Rf3).

Après le dépôt de la chaîne polypeptidique, les éléments du ribosome et les


protéines annexes se dissocient et se dispersent dans le cytoplasme.

 La synthèse des Protéines

La majeure fonction du réticulum endoplasmique rugueux est la synthèse des


protéines par les ribosomes y attachés, pour être incorporées dans les
membranes et les organelles cellulaire, ou être exportées à l’extérieur de la
cellule.

La biosynthèse des protéines est l’ensemble des réactions par lesquelles les
acides aminés sont réunis les uns aux autres par des liaisons peptidiques dans un
ordre dicté par la séquence des bases d’un ARN messager, afin de former un
polypeptide ou une protéine.

On l’appelle traduction du message génétique à la séquence des acides aminés.


Ceci est rendu possible grâce au code génétique et à la machinerie cellulaire de
synthèse protéique.

Il faut cependant distinguer deux phases très différentes dans la synthèse


protéique :

- La traduction c à d la formation de la séquence polypeptidique brute sur le


modèle de l’ARNm.
135

- La post-traduction, qui regroupe tous les phénomènes modifiant le peptide


brut initial, clivages protéolytiques, réactions d’hydroxylation de certains
résidus d’acides aminés et surtout glycosylation pour former les
glycoprotéines.

Les molécules nécessaires à la traduction sont : l’ARN messager, les ARN de


transfert, les acides aminés, les ions Mg2+, les molécules d’ATP et GTP, les
ribosomes et les diverses enzymes d’activation des acides aminés et les
facteurs du complexe d’initiation.

La synthèse des protéines chez les eucaryotes se fait au niveau du


cytoplasme, où les polysomes libres, flottants synthétisent les protéines
cytoplasmiques et dont certaines gagnent les mitochondries ; au niveau des
mitochondries, dans le liquide mitochondrial pour les protéines mitochondriales ;
et enfin au niveau du réticulum endoplasmique pour la biosynthèse des protéines
des sécrétions ainsi que des protéines destinées à faire partie des membranes
cellulaires.

Le RER est le passage obligé pour toutes les protéines sécrétées. C’est le site
d’origine des membranes de la cellule.

 Fonctions du REL

Le REL sert avant tout à la production de phospholipides membranaires et


d’hormones stéroïdes.

Dans le foie, le REL sert à la biosynthèse du cholestérol et aux réactions de


biotransformation dont la dernière étape de la néoglucogenèse catalysée par
la glucose-6-phosphatase.

Le glucose 6-phosphate est transporté de façon active dans le réticulum


endoplasmique où se trouve le glucose 6-phosphatase ; le glucose est libéré
probablement en formant des vésicules qui se détachent du RE et qui fusionnent
avec la membrane cellulaire pour aller dans le sang.

Pyruvate carboxylase
1. Pyruvate Oxaloacétate
Mitochondrie

Autres enzymes
2. Oxaloacétate glucose-6-phosphate
Cytosol

Glucose6-phosphatase
3. Glucose-6-phosphate Glucose
Réticulum endoplasmique
136

D’autres fonctions sont :

La mise en réserve du calcium dans les REL des cellules musculaires,


appelé aussi réticulum sarcoplasmique ;
La réaction de biotransformation dans le foie ;
La formation et la glucuronoconjugaison de la bilirubine ;
La biosynthèse des phospholipides et parfois quelques étapes de la
biosynthèse des acides gras ;
La formation des dictyosomes, unités fonctionnelles de l’appareil de
Golgi.

 Les réactions de biotransformation

Les réactions de biotransformation transforment des substrats lipophiles pour les


rendre inactives biologiquement et hydrosolubles, pour être facilement excrétée.

Parfois, les produits des réactions de biotransformation peuvent faire apparaitre


un produit toxique. Il s’agit de réaction d’intoxication. Le foie réalise cette
transformation en deux étapes :

- D’abord, des groupements fonctionnels de la molécule sont modifiés,


ajoutant souvent des groupements polaires (phase I). Les domaines actifs
des molécules sont alors modifiés, ce qui entraine leur inactivation
biologique ;
- A la phase II, des groupements polaires sont conjugués à la substance, ce
qui la rend susceptible d’être excrété.

Schéma à insérer

Les substances ainsi transformées peuvent être éliminée par les canalicules
biliaires puis la bile ou par la circulation sanguine vers les reins.

Les trois principaux groupes des substances endogènes sont la bilirubine,


produit du catabolisme de l’hémoglobine, les hormones stéroïdes, bio
transformées par conjugaison à l’acide glucuronique ou au sulfate, et les acides
biliaires conjugués par la glycine ou la taurine sous forme des sels biliaires.

Des substances exogènes comme l’alcool et des médicaments peuvent aussi être
modifiées par le foie, par des réactions d’oxydoréduction (hydroxylation,
sulfoxylation) ou des groupements –OH, -SH, ou –NH2, du substrat.

Glucuronique transférase
Bilirubine bilirubine diglucuronique
137

La fixation du glucuronique se fait au niveau des deux fonctions carboxyliques


de la bilirubine, dans le foie, grâce à la glucuronyltransférase. Le produit formé
pénètre dans les voies biliaires pour être secrété de la bile vers l’intestin où la
bilirubine est métabolisée par de nombreuses bactéries intestinales, pour être
réduit en urobilinogène et stérobilinogène.

Le noyau est aussi le lieu de la biosynthèse du NAD+, grâce à la présence de


NAD+phosphorylase, une des enzymes principales du noyau.

VIII. : APPAREIL DE GOLGI

8.1. Définition

L’appareil de Golgi (AG) est constitué d’écailles de 1 à 3 microns de diamètre,


appelées dictyosomes, qui selon les types cellulaires et organismes sont soit
reliés entre eux par des tractus plus fins, soit isolés les uns des autres. Un
dictyosome constitue de membranes lisses de 60 à 75 angström d’épaisseur qui
délimitent des cavités aplaties ou saccules. Les saccules d’un dictyosome sont au
nombre de 4 à 8 ; ils sont empilés les uns les autres sans pour autant que leurs
membranes soient accolées, car une mince bande d’hyaloplasme d’épaisseur
constante de 200 angström sépare toujours une saccule de ses voisins. Elles
forment un complexe.

Le complexe de Golgi est un réseau de sacs de membrane lisse aplatie (citernes)


et des vésicules responsables pour la sécrétion de protéines telles que les
hormones, les protéines du plasma sanguin et les enzymes digestives. Il
travaille de contact avec le R.E où les protéines sont synthétisées pour
certaines directions.

La pile de saccules qui forme un dictyosome a l’une de ses facettes disposée au


voisinage du réticulum endoplasmique c’est la face externe la face opposée étant
la face interne.
138

Figure n°….. : L’appareil de Golgi

8.2. Composition chimique

L’A.G. contient des activités hydrolasiques et peroxydasiques similaires à


celles qu’on trouve dans le réticulum endoplasmique. Cependant les saccules
d’un même dictyosome ne contiennent pas la même activité enzymatique. Par
exemple les activités phosphotasiques sont plus élevées dans les saccules de la
face interne que dans ceux de la face externe.

Les cavités golgiennes renferment aussi des protéines et des polysaccharides.

L’analyse chimique de la composition en lipides des membranes de l’appareil de


Golgi indique clairement qu’elles sont intermédiaires entre le réticulum et la
membrane plasmique. Les membranes golgiennes sont plus riches en lipides
que celles du RE mais cette quantité est inférieure à celle de la membrane
plasmique.
139

Tableau n° ….. : Composition en lipides des membranes cellulaires

L’analyse des protéines renseigne que les membranes de l’A.G., renferment une
trentaine de chaînes polypeptidiques différentes dont quelques unes sont
glycosylées. Certaines sont communes aux membranes golgiennes et à celles du
RE ; d’autres moins nombreuses sont communes aux membranes golgiennes et à
la membrane plasmique ; d’autres enfin n’existent que dans les membranes
golgiennes.

Ce qui fait l’originalité enzymatique des membranes de l’AG c’est qu’elles


possèdent des quantités importantes des glycosyltransferases et également des
sulfotransferases. Elles renferment des phosphatases et éventuellement une
chaîne de transport d électrons celle du cytochrome b5 avec sa réductase, la
désaturase.

Grâce à l’Acyl-CoA-désaturase, une monooxygenase, enzyme qui fait


apparaître une fonction hydroxylée sur une chaine carbonée saturée ou un cycle
stéroïdique, des doubles liaisons apparaissent en des points spécifiques des
chaines carbonées d’acides gras activés par réaction avec le Coenzyme A, en
présence d’une chaine de transporteurs d’électrons comportant une flavoprotéine
et le cytochrome b5.

Acyl-CoA désaturase
+
Stéaroyl-CoA + NADH+H Oléyl-CoA +NAD+ +2H2O

C’est de cette manière que les doubles liaisons sont introduites dans les
acides gras pour former les acides gras insaturés.
140

Comme la membrane plasmique, les membranes golgiennes ont en faible


quantité une 5’ nucleotidase, enzyme qui hydrolyse les nucléosides mono
phosphates.

La 5’nucléotidase est l’enzyme qui enlève le phosphate des nucléotides.

5’nucléotidase
Ribonucléoside-5’-phosphate +H2O ribonucléoside + phosphate

Le compartiment golgien et celui du RE contiennent les mêmes constituants


dans des proportions et concentrations souvent différentes.

 Rôle physiologique

Le principal rôle de l’appareil de Golgi est de recevoir les produits de synthèse


au niveau du RE, de les emballer et de les sécréter dans l’espace extracellulaire

Figure n° ….. : Sécrétion des produits par l’appareil de Golgi


141

Au cours de leur migration vers la périphérie de la cellule, les produits de


sécrétion restent séparés du hyaloplasme par des membranes d’origine golgienne
qui réalisent un emballage de ces produits formant des vésicules de sécrétion qui
fusionnent en grains de sécrétion plus ou moins volumineux selon les types
cellulaires ; les glycosyltransferases et les sulfotransferases des membranes
golgiennes achèvent la synthèse de molécules secrétées et terminent également
celle de glycoprotéines et de glycolipides membranaires, d’où la glycosylation
et la sulfatation constituent deux rôles physiologiques majeurs.

8.3. Principales réactions

8.3.1. Glycosylation

L’appareil de Golgi grâce à la concentration importante de ses membranes en


glycosyl transférasses représente le site cellulaire où s’effectue le plus grand
nombre des glycosylations intervenant dans la synthèse des glycoprotéines et des
lipides. Ces glycosylations correspondent à l’élongation et à la terminaison de
chaînes polysaccharidiques comme le montre la glycosylation de la
thyroglobuline;

Figure n° ….. : Glycosylation de la thyroglobuline

Ou à celles des protéines dans le cas de la synthèse des glycoprotéines comme le


montre la figure suivante.
142

Figure n° …. : Glycosylation des chaînes polypeptiques

8.3.2. Sulfatation

Les sulfotransferases des membranes permettent la sulfatation de nombreux


substrats dont les produits de sécrétion ou les lipides membranaires. Cette
sulfatation se fait en deux étapes : activation du sulfate par l’ATP, puis transfert
du sulfate activé sur l’accepteur ; cette seconde étape étant catalysée par une
sulfotransférase membranaire spécifique.
L’activation du sulfate se fait en deux réactions successives chacune étant
catalysée par une enzyme particulière du hyaloplasme.

ATP + sulfate adenosine5 phosphosulfate + pyrophosphate

Adenosine 5’-phosphosulfate + ATP 3’-phosphoadenosine 5’-


phosphosulfate (PAPS) + ADP

Le donneur de sulfate est le phosphoadénosine ou PAPS et le transfert du


sulfate à un substrat est catalysé par une sulfotransférase des membranes
golgiennes selon la réaction suivante :

Substrat + PAPS Substrat sulfaté+3 phosphoadenosine 5’-phosphate.


143

Par le processus d’exocytose, du matériel membranaire issu du Golgi est


transporté à la membrane plasmique. De ce fait, l’AG participe à la production
de membrane pour la surface cellulaire.

Lors de la décharge des produits de sécrétion, les membranes des vésicules ou de


grains de sécrétion qui les isolent du hyaloplasme fusionnent avec la membrane
plasmique si bien que l’appareil de Golgi contribue au renouvellement de la
surface cellulaire.

Quant aux cavités golgiennes ou celles qui en dérivent, elles représentent des
compartiments intracellulaires où il y a ségrégation et concentration des produits
de sécrétion et éventuellement stockage temporaire de ceux-ci avant leur
exportation.

 Isolement des fractions et de sous fractions.

Les conditions de réalisation de l’homogénat des dictyosomes permettent d’éviter


la contamination des saccules par le réticulum endoplasmique lisse. Si
l’homogénat est réalisé brutalement, les dictyosomes sont fragmentés en
microsomes comme le RE. La fraction des microsomes lisse que l’on sépare alors
par centrifugation différentielle renferme à la fois des éléments golgiens et de
vésicules provenant du RE. Il y a grand risque de contamination par les éléments
du RE.

Si l’homogénat est réalisé doucement, les dictyosomes sont assez bien préservés
et on peut séparer par centrifugation une fraction des piles des saccules qui est
peu contaminé par du réticulum endoplasmique.
144

Figure n° …. : Isolement des fractions et sous fractions de l’appareil de Golgi

IX. : LYSOSOMES

9.1. Définition

Les lysosomes sont des compartiments cytoplasmiques qui renferment un


mélange d’hydrolases acides, c’est à dire dont l’activité optimale se situe à des
pH compris entre 3 et 6 ; la membrane qui limite chacun d’eux empêche que la
cellule soit digérée par ses enzymes lytiques. Il y a environ 300 lysosomes dans
une cellule. Ils constituent l’estomac de la cellule, servant à la digestion
intracellulaire.

9.2. Latence de l’activité des enzymes lysosomales

La figure ……. montre le lysosome avec membrane intacte et celui avec


membrane altérée ; et explique la latence de l’activité des enzymes
lysosomales.
145

De Duve et ses collaborateurs ont mis en évidence le phénomène de latence de


l’activité des enzymes lysosomales. En effet, quand l’isolement des lysosomes
est réalisé dans des conditions qui préservent leurs membranes, les hydrolases
acides restent enfermées à l’intérieur des lysosomes et des substrats ajoutés au
milieu d’isolement ne sont pas digérés. Mais quand la membrane des lysosomes
est altérée, les hydrolases acides sortent des lysosomes et catalysent la digestion
des substrats.

Si les lysosomes sont toujours limités par une membrane de 75 A o d’épaisseur,


leur nombre, leur taille, l’aspect de leur contenu ne sont plus les mêmes selon la
nature de la cellule et son état physiologique.

Dans tous les cas, les lysosomes se classent en deux catégories : d’une part les
lysosomes primaires qui sont des vésicules et de grains de sécrétion de contenu
homogène et de diamètre compris entre 250 Ao et quelques dixièmes de micron,
ne renfermant que des enzymes lytiques ; d’autre part les lysosomes secondaires
qui contiennent à la fois des hydrolases et des substrats en cours de digestion et
qui sont des vacuoles souvent volumineuses (un à plusieurs microns de diamètre)
et dont le contenu est en général très hétérogène et divers car, il dépend de la
nature des substrats et du stade de digestion dans lequel ils se trouvent.

L’isolement de fractions des lysosomes est difficile pour plusieurs raisons :


d’abord parce que leur membrane fragile se déchire facilement et il convient de
réaliser l’homogénat dans les conditions les plus douces ; ensuite leur densité est
en général très voisine de celle des mitochondries et des peroxysomes si bien que
leur séparation par centrifugation différentielle n’est pas parfaite ; enfin ils ne
présentent qu’une faible proportion de masse moléculaire ce qui complique
encore les manipulations puis qu’on doit traiter une quantité importante de
matériel 50 à 100gr de foie de rat pour obtenir 5 à 10 mg de lysosomes.

L’analyse chimique révèle que le contenu des lysosomes est caractérisé par la
présence de nombreuses hydrolases acides dont l’ensemble est capable de digérer
la plupart des substrats naturels : protéines, peptides, ADN, ARN,
polysaccharides, lipides, phosphates et sulfates. Plus d’une quarantaine
146

d’hydrolases lysosomales ont été identifiées comme indiqué dans le tableau …...
et certaines de ces enzymes sont des glycoprotéines.

Tableau n° ….. : Les hydrolases des lysosomes et les substrats correspondants

Il convient de noter que les lysosomes d’un même tissu n’ont pas tous le même
équipement enzymatique.

Selon le type cellulaire et les organismes, la nature des hydrolases peut être
différente.

Les membranes des lysosomes contiennent des lipides et des protéines qui ne
sont pas digérées par les hydrolases qu’elles isolent du reste de la cellule pour
des raisons inconnues. Ces membranes sont perméables à l’eau et aux petites
molécules dont le poids moléculaire ne dépasse pas 200 ; il est probable que ces
membranes contiennent des pompes à protons qui assurent le maintien d’un bas
pH à l’intérieur du lysosome.

9.3. Rôle physiologique : Hétérophagie et Autophagie

Grâce aux hydrolases acides qu’ils renferment, les lysosomes permettent la


digestion par les cellules de substrats d’origine très variée. Le plus souvent
cette digestion est intracellulaire et se déroule à l’intérieur des lysosomes
secondaires qui sont de véritables estomacs à l’échelle cellulaire. Le rôle des
lysosomes est donc de dégrader des substances provenant de l’intérieur ou de
l’extérieur de la cellule.
147

L’enzyme prédominant dans les lysosomes est la phosphatase acide. Les autres
enzymes sont les lipases, les phospholipases, les protéases, les nucléases, les
phosphatases, les sulfatases, le lysozyme.

Quand le matériel digéré à l’intérieur de la cellule est d’origine exogène, cette


fonction digestive est appelée hétérophagie ; quand le matériel digéré est
d’origine endogène, c’est à dire quand il s’agit des propres constituants de la
cellule, cette fonction est nommée autophagie.

Hétérophagie et autophagie interviennent dans de nombreux processus


biologiques comme la défense et la nutrition des organismes, la régulation de la
sécrétion ou l’involution de certains tissus et organes au cours du développement.

Les enzymes lysosomales peuvent être déchargées hors de la cellule ce qui


entraîne la dégradation de substrats situé à son voisinage ; cette digestion est
extracellulaire et existe dans le tissu conjonctif et chez les champignons.

Des substances exogènes sont capturées par endocytose avant d’être digérées,
puis les hydrolases contenues dans les lysosomes primaires sont déchargées à
l’intérieur des vésicules ou vacuoles d’endocytose qui deviennent ainsi des
lysosomes secondaires ou phagolysosomes puis qu‘ils renferment les
hydrolases acides et des substrats.

Les petites molécules qui proviennent de l’hydrolyse des substrats exogènes


passent dans le hyaloplasme et peuvent être réutilisées par la cellule. Enfin de
digestion, il ne reste plus à l’intérieur des lysosomes secondaires que des
hydrolases qui se dénaturent peu à peu, et les substrats non digestibles, formant
ainsi les corps résiduels.

Les déchets non digérés sont soit rejetés dans le milieu extracellulaire par
exocytose, soit stockés dans la cellule qui conservent aussi les corps résiduels.

9.3.1. Hétérophagie

La figure …… donne les principales étapes de l’hétérophagie.


148

Figure n° …. : Hétérophagie

Des fonctions importantes sont assurées par hétérophagie à savoir : notre


défense contre les infections microbiennes réalisée par les granulocytes
neutrophiles qui phagocytent les bactéries ; la nutrition de divers organismes ; la
digestion des aliments étant catalysée par des hydrolases lysosomales, cas des
Protozoaires, des vertébrés inférieurs sans estomac et des poissons qui ne
sécrètent pas la pepsine; la réabsorption de protéines et leur destruction dans le
rein par exemple où les molécules protéiques qui ont filtré dans l’espace urinaire
au niveau de glomérule sont reprises par les cellules des tubes contournées
proximaux et digérés dans les lysosomes secondaires qui forment des vacuoles de
grande taille. Dans le foie, les protéines sont retirées du plasma sanguin et
dégradées par les hépatocytes par hétérophagie. Et la production d’hormones par
les cellules folliculeuses de la thyroïde comme le montre la figure suivante.
149

Figure n° …. : Production d’hormones par les cellules folliculeuses de la thyroïde

9.3.2. Autophagie

La digestion intracellulaire de substrats endogènes se fait dans des


lysosomes secondaires que l’on nomme vacuoles autophagiques. La figure …..
donne la formation de vacuoles autophagiques.
150

Figure n° ….. : Formation des vacuoles autophagiques

Le plus souvent c’est une lame de réticulum endoplasmique lisse qui se referme
sur elle-même pour isoler une portion de cytoplasme contenant divers organites
et particules (ribosomes, mitochondries, citernes de réticulum, particules de
glycogène). Les hydrolases acides qui digèrent ensuite les constituants séquestrés
proviennent soit de lysosomes primaires, soit des lysosomes secondaires
renfermant déjà du matériel exogène et dont les membranes fusionnent avec
celles du réticulum.

Un autre mode de formation des vacuoles autophagiques consistent en


l’invagination de la surface d’un lysosome (1° ou 2°) d’où se détachent des
vésicules contenant du matériel cytoplasmique qui est ensuite dégradé par les
enzymes lysosomales.

Enfin de digestion les vacuoles autophagiques se transforment en corps résiduels


dont les déchets sont ou non rejetés hors de la cellule.
151

9.3.3. Lysosomes et Pathologie

Les lysosomes interviennent dans divers processus pathologiques et sont parfois


directement à l’origine de maladies.

Soumis à des conditions défavorables (jeûne, anoxie, substances toxiques,


irradiation aux rayons X), les cellules forment des vacuoles autophagiques.

Dans le cas du jeûne, la digestion intracellulaire des propres constituants de la


cellule fournit des aliments et compense le manque de nourriture.

Au cours du vieillissement des mammifères, les déchets non digestibles non


rejetés par exocytose s’accumulent progressivement dans des corps résiduels
contenant des pigments de couleur brune qu’on nomme lipofuschines et qui sont
de nature lipidique.

Avec l’âge, les granules de lipofuschines augmentent en nombre et en volume,


leurs activités hydrolasiques diminuent, notamment dans le péricaryon des
cellules nerveuses.

A la mort de la cellule, végétale ou animale, les enzymes lysosomales sont


libérées dans le hyaloplasme, ce qui entraine une lyse rapide des structures.

Chez l’homme, l’ingestion par les granulocytes ou les macrophages de certaines


particules, provoquent la rupture de la membrane des lysosomes secondaires dans
lesquels elles ont été enfermées à la suite d’un processus hétérophagique. Les
dégâts produits par la lyse des cellules phagocytaires sont responsables des
troubles observés dans les maladies comme la goutte ou la silicose.
152

La figure n° …. : Formation e la goutte

La goutte est un trouble du métabolisme des purines caractérisé par une


production excessive d’acide urique chez les hommes adultes surtout chez qui,
la concentration d’acide urique dans le plasma sanguin est telle que des cristaux
d’urate de soude précipitent dans le liquide synovial des articulations. Ces
cristaux sont phagocytés par les granulocytes et des enzymes lysosomales sont
déversées par dégranulation dans la vacuole d’endocytose. De nombreuses
liaisons d’hydrogène s’établissent alors entre la surface de cristal et la face
luminale de la membrane de la vacuole digestive (-OH de l’urate et atomes
153

d’O2 des pôles hydrophiles des phospholipides). Attachée en plusieurs points


le long du cristal rigide, la membrane de la vacuole ne peut plus se déformer
librement et elle est rompue par les courants cytoplasmiques. La lyse des
granulocytes libère dans le liquide synovial des hydrolases acides qui
déclenchent une réaction inflammatoire des articulations ou arthrite, signe
clinique de la goutte.

Une autre maladie issue du même processus est la silicose, provoquée par
inhalation des particules des silices par les mineurs et les carriers, dans les
poumons où cela entraine la formation d’une fibrose du tissu pulmonaire, suite à
la destruction des macrophages qui largue dans le milieu extracellulaire un
facteur qui stimule la synthèse du collagène par les fibroblastes voisins.

X : PEROXYSOMES

10.1. Définition

Les Peroxysomes tirent leur nom de leur capacité à oxyder des molécules
organiques avec l’aide de l’oxygène, en leur enlevant des atomes d’hydrogène,
produisant le peroxyde d’hydrogène qui est toxique pour la cellule et doit être
éliminé. Il y a environ 400 peroxysomes par cellule. Ils sont particulièrement
importants dans le foie et les reins où ont lieu les réactions de détoxication.

La plupart des mammifères, des protozoaires, des plantes ont des organelles
désignées microsomes ou peroxysomes, la deuxième étant à cause de leur
habileté à utiliser le peroxyde d’hydrogène. Ils sont petits (0.5-1,5 micron de
diamètre) et sont sphériques ou ovales avec un fin réseau de tubules dans leur
matrice. Ils varient dans leur fonction et leur nombre entre les cellules. Plus de 50
enzymes catalysant les réactions d’oxydation et de biosynthèse ont été identifiées
dans les peroxysomes de différents tissus.

Les peroxysomes sont les sites essentiels pour l’oxydation de très longue
chaîne d’acides gras et la synthèse de glycolipides, de plasmologènes et des
isoprénoides.

10.2. Rôles physiologiques

Dans la souris, les peroxysomes ont été démontrés d’avoir un rôle physiologique
significatif dans la synthèse et la dégradation des lipides.

Ils contiennent aussi des enzymes qui oxydent les D-amino acides variés, l’acide
urique et les 2-hyroxyacides variés utilisant l’oxygène avec formation de
peroxyde d’hydrogène.

La catalase catalyse la conversion de H2O2 en eau et oxygène et l’oxydation des


composés variés par H2O2 selon les réactions suivantes :
154

2H2O2 → 2H2O + O2
RH2 + H2O2 →R + 2H2O

Bien que le gros de l’oxydation des acides gras se fait dans les mitochondries,
une fraction significative a lieu dans les peroxysomes de foie, de rein et
d’autres tissus. La bêta oxydation dans les peroxysomes est un processus
différent de bêta oxydation dans les mitochondries à trois niveaux :

Primo, la déshydrogénation initiale est accomplie par un système oxydase qui


utilise l’O2 et produit le H2O2 selon la réaction ci-dessous :

CH3-(CH2)n-CH2-CH2-CO-SCoA
Flavoprotéines H2 O2

Flavoprotéines-H2O 2O2
CH3-(CH2)-CH=CH-CO-SCoA

L’eau oxygénée est consommée par la catalase. En ayant à la fois le


H2O2 produit et les enzymes utilisant le peroxyde dans un compartiment, les
cellules se protègent elles même de la toxicité de H2O2.

Les étapes restant sont similaires à la β-oxydation dans les mitochondries.

Secundo, les enzymes mitochondriales et peroxysomiales diffèrent dans leur


spécificité ; les enzymes peroxysomiales préfèrent les acides gras ayant plus de
huit carbones :

Tertio, la β-oxydation dans les peroxysomes de foie s’arrête à l’octanoyle CoA


(C8), ce qui est différent des mitochondries qui réalisent une oxydation complète
jusqu’à l’acétyle CoA.

Ainsi, les peroxysomes raccourcissent les longues chaînes d’acides gras à un


point où la β-oxydation peut être complétée dans les mitochondries.

D’autres réactions peroxysomiales raccourcissent les chaînes dicarboxyliques,


convertissent le cholestérol en acides gras et la formation d’éther des lipides.

Plusieurs classes des xénobiotiques incluant l’aspirine, conduisent à la


prolifération des peroxysomes dans le foie. Plus de vingt cinq maladies
impliquent les peroxysomes.
155

XI : MEMBRANES PLASMIQUES

11.1. Définition

Les membranes plasmiques forment des compartiments fermés autour du


protoplasme cellulaire pour séparer les cellules les unes des autres et assurer ainsi
aux cellules leur individualité.

La membrane plasmique a une épaisseur d’environ 7nm et une constitution


fondamentalement semblable dans toutes les cellules dont la charpente de base
formée des phospholipides.

La membrane plasmique possède une perméabilité sélective et elle agit à la façon


d’une barrière en maintenant de différences de composition entre l’intérieur et
l’extérieur de la cellule.

Les perméabilités sélectives sont assurées par des canaux et les pompes pour les
ions et les substrats et au moyen des récepteurs spécifiques pour des signaux, tels
les hormones.

Les membranes plasmiques échangent également du matériel avec


l’environnement extracellulaire par exocytose et endocytose, et des régions
spécifiques des structures membranaires, les jonctions communicantes,
permettent aux cellules adjacentes d’échanger du matériel.

Les membranes forment aussi des compartiments spécialisés au sein de la cellule.


De telles membranes intracellulaires sont à l’origine de plusieurs structures
morphologiquement distinctes (organites) comme les mitochondries, le réticulum
endoplasmique, le réticulum sarcoplasmique, l’appareil de Golgi, les granules de
sécrétion, les lysosomes et la membrane nucléaire.

11.2. Composition des membranes

Les membranes sont des structures complexes composées de lipides, de protéines


et de glucides. Selon qu’elles sont intra- ou intercellulaires, elles possèdent des
compositions différentes comme le montre le rapport protéines/lipides dans la
figure ci-dessous.
156

Figure ….. : Rapport des concentrations en protéines et lipides dans différentes


membranes

Des molécules protéiques particulières sont ancrées dans les membranes où elles
accomplissent des fonctions spécifiques aux organites, à la cellule ou à
l’organisme.

Les principaux constituants lipidiques des membranes chez les mammifères


sont les phospholipides, les glycolipides et le cholestérol.

Les deux principaux phospholipides présents dans les membranes sont les
phosphoglycérides et les sphingomyélines. Les phosphoglycérides sont les plus
répandus. Les acides gras les plus rencontrés dans les phospholipides sont l’acide
palmitique et l’acide stéarique. Il existe une deuxième structure de base de
phospholipides de la membrane cellulaire ; c’est la sphingomyéline, dérivée de la
sphingosine.
157

Figure …... : Représentation schématique d’un phospholipide ou d’un


autre lipide membranaire.

La membrane plasmique des cellules eucaryotes est particulièrement riche en


cholestérol. Il possède une fonction –OH ; mais étant très lipophile, il peut être
incorporé dans la membrane et lui conféré une stabilité et une fluidité, en se
fixant au niveau des chaînes carbonées des phospholipides. Si on estérifie le
groupement –OH du cholestérol, on obtient un ester du cholestérol qui n’est plus
utilisable pour la formation des membranes. Le cholestérol est généralement le
plus abondant vers la face externe de la membrane plasmique.

Dans les membranes cellulaires, les résidus glucidiques sont liés au céramide qui
est formé d’une sphingosine et d’un acide gras. Les Glycolipides contribuent
avec les glycoprotéines à la formation de glycocalix, formé des chaînes
oligosaccharidiques qui contiennent du glucose, du galactose, du mannose, du
fructose, et aussi des osamines. Elles confèrent à la surface membranaire une
identité et une spécificité qui servent à la reconnaissance cellulaire.

Dans la double couche lipidique, des protéines sont incorporées parmi


lesquelles : les protéines membranaires périphériques (libres ou fixes) et les
protéines transmembranaires qui traversent la membrane grâce aux acides aminés
hydrophobes. Les protéines forment des canaux qui permettent la circulation des
ions et de petites molécules, et elles servent de transporteurs des molécules plus
grosses qui autrement ne pourrait traverser la double couche.

La membrane plasmique contient près de cent protéines différentes


parmi lesquelles il y a des enzymes, des protéines de transport, des protéines
structurales, des antigènes (d’histocompatibilité par exemple) et de récepteurs
pour diverses molécules.

Tous les constituants lipidiques importants des membranes contiennent des


régions hydrophobes et des régions hydrophiles et sont dites « amphiphiles ».
158

Figure ….. : Structure d’un phosphoglycéride montrant les résidus


d’acides gras, le glycérol et l’alcool phosphorylé

Le caractère amphiphile des phospholipides suggère que les deux


régions de la molécule ont des solubilités incompatibles de telle sorte que en
solution aqueuse, elle forme une structure ressemblant à un feuillet où les régions
hydrophobes des phospholipides sont protégées de l’environnement aqueux, alors
que les régions hydrophiles sont immergées dans l’eau comme le montre la
figure suivante.

Figure n° …. : Les régions hydrophiles et hydrophodes des phospholipides

Le modèle de la structure membranaire largement accepté est celui


de la mosaïque fluide comme présentée dans la figure suivante.
159

Figure n° ….. : Modèle mosaïque fluide de la structure membranaire

La membrane bilamellaire est formée de molécules de phospholipides.


Seules les extrémités ou les bords de ce feuillet lamellaire sont exposés à un
environnement défavorable, mais ces bords peuvent être éliminés par un
repliement de la bicouche sur elle-même, qui forme une vésicule close sans
extrémités. La bicouche ainsi formée constitue l’une de ses propriétés essentielles
des membranes. Elle est imperméable à la plus part des molécules hydrosolubles,
car ces molécules seraient insolubles dans le cœur hydrophobe de la bicouche.

Des gaz tels que l’oxygène, le CO2 et l’azote, qui sont de petites molécules
interagissant avec les solvants, diffusent facilement à travers les régions
hydrophobes de la membrane. Les molécules dérivées des lipides, telles les
hormones stéroïdes, traversent facilement la double couche. Les molécules
organiques (non électrolytes) diffusent à des coefficients dépendant du partage
eau : lipides telles que présenté dans la figure suivante.

Figure ….. : Coefficients de perméabilité de l’eau, de quelques ions et autres


petites molécules dans les membranes bi lamellaires lipidiques
160

12.3. Rôles physiologiques

Les rôles les plus importants d’une membrane plasmique sont :

- La limitation de la cellule, la séparant avec le monde extérieur et la


formation des compartiments intracellulaires (pour les membranes
intracellulaires) ;
- La formation de barrière vis-à-vis de certaines substances grâce à la
semi perméabilité et à l’extérieur de transporteurs spécifiques permettant
un passage contrôlé des substances ;
- La captation des signaux extérieurs par les récepteurs membranaires qui
les transmettent à l’intérieur de la cellule dans un langage propre à la
cellule ;
- L’établissement des contacts intercellulaires qui permettent de
maintenir l’architecture des couches cellulaires des tissus et des organes ;
- La formation des gradients chimiques pour les membranes
mitochondriales pour la formation d’ATP.

XII. CYTOSQUELETTE

12.1 Définition

Le cytosquelette est un réseau de filaments fibreux qui permet aux cellules qui
n’ont pas de paroi rigide, de maintenir leur forme caractéristique évitant de
s’affaisser.

On distingue fondamentalement trois types de filaments protéiques qui sont


caractérisés non seulement par leurs sous unités mais aussi par leurs différentes
fonctions dans la cellule. Il s’agit des filaments d’actine, des microtubules et
des filaments intermédiaires.

12.2. Composition et Rôle

Les filaments d’actine (environ 6n, de diamètre) sont aussi appelés micro
filaments. L’actine représente 5 à 10 pourcent de protéines cellulaires qui
forment un réseau dans l’ensemble du cytoplasme mais particulièrement sous le
cytoplasme, appelée parois couche corticale cytoplasmique. On distingue chez
l’homme six actines différentes qui peuvent être classées en rois groupes en
fonction de leur structure chimique: les actines qui se trouvent dans les cellules
musculaires avant tout, les actines et gamma qui se trouvent dans les cellules
non musculaires.

Les filaments d’actine jouent un rôle de motilité, par exemple dans la


contraction musculaire, grâce à l’interaction avec la myosine, la dynéine et la
kinésine. La dynéine est impliquée dans le mouvement ciliaire et flagellaire
tandis que la kinésine est une force de conduite pour le mouvement de vésicules
161

et organelles le long de microtubules spécialement dans les axones neuronales.


Ils sont responsables de la stabilité de la membrane cellulaire et sont impliqués
dans l’ancrage du cytosquelette. Ils jouent aussi un rôle dans le maintien de
microvillosités des bordures en brosse de différents épithéliums.

Figure n° ….. : Filaments d’actine

Les filaments intermédiaires (environ 10nm de diamètre) sont stables et


maintiennent la forme mécanique de la cellule. Ils sont formés de toute une
variété de protéines dont la composition est fonction du type cellulaire, par
exemple la kératine dans les cellules épithéliales.

On peut les classer en quatre groupes différents : les filaments de kératine


caractéristiques des cellules épithéliales, les filaments de vimentine se trouvant
dans les cellules mésodermique, les neurofilaments présents dans les cellules
nerveuses avant tout dans les axones, et enfin les lamines nucléaires qui se
trouvent à l’intérieur de la membrane nucléaire formant le lamina sur les quels se
fixent les chromosomes.

Figure n°….. : Filaments intermédiaires

Les microtubules (environ 25 nm, de diamètre) composés de tubuline qui


représente un pourcent de l’ensemble des protéines cellulaires, la moitié étant
polymérisée en microtubules, l’autre moitié restant libre dans le cytosol.
162

Figure n°…. : Microtubules

Ils assurent un rôle de maintien de la stabilité de la cellule, de la mobilité des


organelles et de transport des molécules à l’intérieur de la cellule. En outre, ils
forment le fuseau mitotique. Les microtubules prennent toujours leur départ
d’un centre organisateur, le centrosome, au milieu duquel se trouve soit un
centriole, soit un corpuscule basal.

RESUME DES COMPARTIMENTS CELLULAIRES


ET LEUR FONCTION

Membrane plasmique :
- transport des ions et des petites molécules ;
- reconnaissance ;
- récepteurs de petites et larges molécules ;
- mouvement et morphologie de la cellule ;

Noyau :
- Synthèse et réparation du DNA ;
- Synthèse des RNA ;
- Développement de RNA et synthèse des ribosomes dans les
nucléoles ;

Réticulum endoplasmique :
- synthèse des membranes ;
- synthèse des protéines et lipides pour quelques organelles et
pour export ;
- synthèse des lipides et de stéroïdes ;
- Réactions de détoxification ;

Appareil de Golgi :
- Modification (sulfatation, glycosylation, phosphatation) et
raccourcissement des protéines pour leur incorporation dans
les membranes et organelles, et pour exportation ;
- exportation des protéines ;
163

Mitochondries :
- production d’ATP ;
- respiration de la cellule ;
- oxydation pyruvate, acides aminés et acides gras ;
- synthèse de l’urée et de l’hème ;

Lysosomes :
- digestion cellulaire : hydrolyse des protéines, des
carbohydrates, lipides et acides nucléiques ;

Peroxysomes :
- oxydation des lipides ;
- réactions oxydatives impliquant l’oxygène ;
- utilisation H202 ;

Cytosol :
- métabolisme de carbohydrates, acides aminés, nucléotides et
synthèse des acides gras et de protéines ;

Cytosquelette (microtubules, micro filaments):


- morphologie cellulaire ;
- motilité cellulaire ;
- mouvements intracellulaires.