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Impacts des pratiques agricoles sur l’environnement et la santé - Correction

Exercice 01 : Vérification des connaissances


Choisir la bonne ou les bonnes réponse(s).

1. Les cultures alimentaires de l’humanité ont parfois des répercussions sur l’environnement et la santé.
Les cultures alimentaires :

a. Locales ont un bilan carbone (libération de CO2 dans l’atmosphère) moins bon que les denrées
d’origine lointaines.

b. Utilisent des pesticides qui protègent les plantes cultivées mais se retrouvent concentrés dans les
plantes et animaux sauvages consommés par l’Homme.

c. Peuvent s’associer au semis « d’engrais verts » après la récolte ce qui permet de retenir les excédents
d’engrais chimiques pour éviter de polluer les nappes phréatiques.

d. Désherbées chimiquement peuvent provoquer des coulées de boue.

2. Les pratiques alimentaires agricoles

a. Peuvent contribuer à détruire des écosystèmes naturels

b. Entraînent, quelles qu’elles soient, une libération de gaz à effet de serre en quantités équivalentes.

c. Doivent prendre en compte l’environnement car les ressources sont limitées.

d. Ont un impact faible sur l’environnement.

3. Certaines pratiques agricoles peuvent avoir un impact positif sur l’environnement :

a. L’agriculture écologique a un impact positif sur l’environnement car elle permet de limiter l’apport
d’engrais dans les sols.

b. L’irrigation massive de surfaces désertiques peut avoir un impact positif sur l’environnement car elle
utilise beaucoup d’eau.

c. La forte consommation de viande peut avoir un impact positif sur l’environnement car elle permet de
diminuer les surfaces de cultures végétales consacrées à l’alimentation animale.

d. La consommation d’aliments cultivés localement peut avoir un impact positif sur l’environnement car
elle permet de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires.

4. La production agricole durable :

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a. Respecte la biodiversité.

b. Doit permettre de nourrir une population mondiale toujours croissante.

c. Ne doit pas éliminer les ennemis des cultures.

d. Doit pratiquer une utilisation rationnelle des engrais chimiques.

Exercice 02 : Agriculture et gestion de la ressource en eau

Le lac Koronia, situé au nord de la Grèce, près de Thessalonique, est en train de disparaître. Quatrième
lac de Grèce, il s’étendait sur 45 km2, mais il a perdu un tiers de sa surface en trente ans, et sa profondeur
est passée de cinq à un mètre, parfois moins. A l’été 2009, le lac, presque sec, se traversait à pied.

Document 1 : La décision de la cour européenne

A bout de patience, la Commission européenne a décidé, en janvier 2011, de traduire la Grèce devant la
Cour de justice de l’Union européenne pour ne pas avoir protégé le lac alors que cette même commission
avait donné en 2004 son aval pour un financement de 20 millions d’euros pour un plan de restauration du
lac.

Document 2 : Au nord de la Grèce, le lac Koronia se meurt

Situé dans une région agricole, le lac


a souffert dans les années 1980 de
l’intensification de l’agriculture mais
aussi de l’industrialisation. Les
entreprises rejetaient leurs eaux usées
dans le lac, notamment des usines
textiles très polluantes en raison de
l’utilisation de bains colorants.

Les eaux usées de la ville voisine de


Lagadas viennent aussi s’y déverser.
La station d’épuration, construite en 2001 avec le soutien financier de l’Union européenne, n’a toujours
pas été raccordée à la ville.

A la fin des années 1970, les agriculteurs ont troqué leurs cultures maraîchères pour celle du maïs, plus
gourmande en eau, avec la bénédiction de Bruxelles à l’époque. Ils ont continué à faire comme leurs

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parents : puiser l’eau dans le sol, mais avec des puits électriques -souvent illégaux- allant jusqu’à
cinquante mètres de profondeur.

C’est ainsi que les eaux du lac ont baissé. Tous les poissons sont morts à la fin des années 1990. Une
tentative de réintroduction en 2001 a été vaine.

Du plan de restauration, seule a été respectée la création d’un bassin qui permet de détourner le cours de
deux rivières vers le lac. Début février, le bassin était vide, faute de précipitation pour alimenter les
rivières. Toutefois, depuis un an, le bassin a permis de maintenir le niveau du lac autour d’un mètre. « Ce
n’est plus un lac », explique Maria Moustaka, biologiste à l’université de Thessalonique. A l’entendre, il
s’agit plutôt d’un bouillon de culture, où algues et microbes résistants aux matières toxiques prolifèrent.
D’après l’article Au nord la Grèce, le lac Koronia se meurt, Le Monde, 16 février 2011.

Document 3 : Apports et pertes d’eau annuels du lac Koronia


Apports d’eau (en million de m3) Pertes d’eau (en million de m3)
Par les rivières 25.3 Par évaporation 137.1
Par les pluies 147.6 Par les eaux souterraines vers le lac voisin 5.1
Par les eaux souterraines 22 Pour les usages domestiques de la population 2.1
Total 194.9 Pour l’irrigation des cultures et l’élevage 70.2
Pour les besoins industriels 4
Total 218.5

La décision de la cour européenne, s’appuie sur le fait que la gestion des agrosystèmes doit prendre en
compte les impacts des pratiques agricoles sur l’environnement dans la perspective d’un développement
durable.

Préciser les facteurs qui ont contribué à dégrader l’environnement du lac Koronia et justifier la nécessité
de protéger ce lac pour ne pas compromettre l’avenir de l’agriculture dans cette région.

Développer votre argumentation en vous appuyant sur les documents et vos connaissances.

Trente ans à peine, c’est ce qu’il aura fallu au quatrième lac de Grèce pour s’assécher.

Quels sont les facteurs qui sont à l’origine de cette catastrophe écologique en Europe et comment protéger
ce lac afin d’éviter sa disparition ?

Le document 1 révèle que le lac a souffert à la fois de l’intensification de l’agriculture, mais aussi de
l’industrialisation. A la fin des années 1970, un changement de pratiques agricoles a eu lieu autour du lac
Koronia. Les agriculteurs se sont tournés vers la culture intensive d’une céréale très exigeante en eau : le
maïs. De grandes quantité d’eau d’irrigation nécessaires à cette nouvelle culture ont été prélevées dans

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les nappes phréatiques et en particulier, comme le souligne le document 2, dans les zones proches du lac
où le nombre de pompes est important.

Les conséquences de ces prélèvements sont présentées par le document 3 sous forme d’un bilan des
apports et des pertes d’eau annuels pour le lac. On constate effectivement qu’une partie des apports d’eau
(environ 25 %) est réalisée par les eaux souterraines, mais également par les rivières. Les prélèvements
liés à l’irrigation des cultures et à l’élevage constituent en revanche, une partie très importante (environ
32%) des pertes annuelles en eau du lac Koronia. Ils restent de loin bien plus élevés que les autres
prélèvements humains (pour des usages domestiques ou industriels). Ainsi, le prélèvement d’eau
« agricole » dans les eaux souterraines et l’irrigation plus gourmande en eau que pour les cultures
maraichères initiales expliquent l’assèchement du lac qui présente un déficit annuel en eau de 23.6
millions de m3. L’impact du changement de culture sur l’environnement n’a donc pas été pris en compte.

De plus, le rejet des eaux usées dans le lac par les industries et par la ville voisine de Lagadas a enrichi les
eaux du lac en matières toxiques. Cette pollution, combinée à l’assèchement, a conduit à la mort des
poissons.

Il y a donc nécessité de protéger le lac Koronia et les nappes phréatiques aux alentours, car leur
assèchement rapide, causé par l’irrigation intensive, a pour conséquence de compromettre à moyen terme
la culture du maïs, qui ne pourra plus bénéficier d’un stock d’eau suffisant. On peut même supposer
qu’une fois les ressources en eau épuisées, le retour à des cultures plus sobres en eau sera difficile. Une
des solutions possibles serait d’autoriser un prélèvement d’eau maximum de 23.6 millions de m3 pour
l’irrigation afin que les apports en eau compensent les pertes et éviter ainsi la disparition du lac.

De même, le raccordement des eaux usées de la ville à la station d’épuration et le traitement des eaux
rejetées par les industries éviteraient l’enrichissement des eaux du lac en matières toxiques et
permettraient ainsi la préservation de sa biodiversité.

La décision de la Commission européenne de traduire la Grèce devant la Cour de justice de l’Union


européenne pour ne pas avoir protégé le lac Koronia est donc parfaitement justifiée, car le plan
restauration du lac qu’elle a fiancé en 2004 n’a pas été complètement appliqué afin d’éviter ce désastre
écologique et permettre des pratiques agricoles dans la perspective du développement durable.

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