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Caractéristiques

des produits pétroliers

par Jean-Claude GUIBET


Docteur ès sciences de l’université de Louvain
Coordonnateur carburants à l’Institut français du pétrole
Professeur à l’École nationale supérieure du pétrole et des moteurs

1. Méthodes de classement des produits pétroliers K 325 - 2


2. Caractéristiques générales prises en compte
pour l’ensemble des produits — 2
2.1 Couleur — 2
2.2 Masse volumique — 3
2.3 Courbe de distillation — 3
2.4 Viscosité — 4
2.5 Pouvoir calorifique — 4
2.6 Teneur en soufre — 5
2.7 Composition chimique — 6
2.8 Présence d’autres impuretés — 6
3. Caractéristiques spécifiques de différents produits — 7
3.1 Essences et GPL carburant — 7
3.2 Gazole et FOD — 14
3.3 Carburéacteurs — 16
3.4 Fuels lourds et carburants pour moteurs Diesel marins — 18
3.5 Lubrifiants, huiles industrielles et graisses — 19
3.6 Combustibles spéciaux — 23
3.7 Bitumes — 23
3.8 Paraffines, vaselines et cires — 24
3.9 Solvants pétroliers — 26
4. Exemples de caractéristiques de produits commerciaux — 28
Pour en savoir plus Doc. K 325

e pétrole est à la fois une source d’énergie primaire utilisée pour la produc-
L tion de carburants et de combustibles, une matière première de
l’industrie chimique et un générateur de produits spéciaux aux usages les
plus variés ; dans cette catégorie se rangent notamment les solvants, les lubri-
fiants, les cires, les paraffines, les bitumes.
Nous n’examinons ici que les produits directement extraits du pétrole dans les
opérations de raffinage. La description des composés pétrochimiques sort évi-
demment du cadre de ce document.
Il importe de souligner, en outre, que les produits pétroliers sont des mélanges
très complexes de constituants individuels et ne présentent pas, de ce fait, des
propriétés physico-chimiques rigoureusement constantes. Celles-ci peuvent
varier, en effet, à l’intérieur d’un domaine plus ou moins étroit, mais de toute
façon réglementé par des spécifications qui seront décrites en détail. Nous four-
nirons également quelques exemples de caractéristiques typiques de produits
commerciaux.

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CARACTÉRISTIQUES DES PRODUITS PÉTROLIERS _____________________________________________________________________________________________

1. Méthodes de classement 2. Caractéristiques générales


des produits pétroliers prises en compte pour
l’ensemble des produits
Le pétrole brut, que l’on appelle fréquemment or noir, fournit
deux grandes catégories de produits : les premiers sont des liquides
presque incolores que les raffineurs désignent fréquemment par le Il s’agit de propriétés physiques ou physico-chimiques figurant
terme blanc ; ce sont les essences classiques ou spéciales, le carbu- dans les spécifications de plusieurs types de produits quel que soit
réacteur et le gazole ; leur particularité commune est d’être tous dis- leur usage.
tillables à pression atmosphérique. Les autres produits pétroliers,
liquides ou solides, sont de couleur brune ou noire ; il s’agit essen-
tiellement des fuels lourds, des lubrifiants, des bitumes et, dans cer-
tains cas, du coke. En raffinerie, cette distinction entre produits 2.1 Couleur
blancs et noirs n’est pas artificielle : elle engendre, le plus souvent,
des compétences et des activités différentes.
Cette caractéristique s’applique aux produits dits blancs mais, en
Une autre méthode de classement des produits pétroliers réalité, plus ou moins colorés depuis le jaune très pâle jusqu’au
concerne le type d’application auquel ils sont destinés (tableau 1). brun foncé.
Il existe deux méthodes d’estimation de la couleur des produits
pétroliers :

Tableau 1 – Classification générale des produits pétroliers — la technique Saybolt (suivant normes ASTM D 156 64 et
NF M 07-003) : la détermination consiste à faire décroître graduelle-
Applications Produits blancs Produits noirs ment la hauteur d’une colonne de prise d’essai jusqu’à ce que sa
couleur soit devenue de toute évidence plus claire que celle d’un
Applications GPL (1) Fuels lourds étalon. La couleur Saybolt s’exprime par un nombre en relation avec
énergétiques Essences classiques et carburants la hauteur de la colonne et compris entre + 30 (pratiquement inco-
Carburéacteurs marins lourds lore) et – 16 (légèrement coloré). Les niveaux requis doivent être
Gazole généralement supérieurs à 20 pour les produits pétroliers légers
Fuel-oil domestique (FOD) (limite minimale : 21 pour le pétrole lampant, 22 pour le white spirit,
Applications Essences spéciales Lubrifiants 25 pour le pétrole lampant désaromatisé) ;
non énergétiques Solvants Bitumes — la technique colorimétrique classique : la détermination
Bases pétrochimiques s’effectue à l’aide d’un colorimètre (suivant normes NF T 60-104 et
(1) Gaz de pétrole liquéfiés. ASTM D 1500) par comparaison avec des étalons de verre coloré.
L’échelle varie de 0,5 à 8. Cette caractéristique s’applique essentiel-
lement à des produits pétroliers moyens comme le gazole. Bien qu’il
n’existe pas, en France, de spécification officielle dans ce domaine,
Certains, représentant en tonnage un pourcentage élevé de la on admet qu’une valeur satisfaisante correspond à un niveau de
consommation de pétrole brut, sont des producteurs d’énergie couleur entre 1 et 2 (jaune paille), alors qu’une note 5 (brun-orangé)
mécanique ou thermique. Dans cette catégorie, on distingue encore serait totalement inacceptable. En effet, une teinte foncée traduit,
deux grands ensembles : très souvent, une détérioration chimique du produit, annonciatrice
d’inconvénients en service (formation de dépôts, encrassement du
— les carburants, utilisés dans les moteurs (d’automobile, moteur).
d’avion, de navire ou de tout autre engin muni d’un moteur ther-
mique) ; Indépendamment de leur coloration intrinsèque, certains produits
pétroliers sont volontairement teintés par adjonction d’additifs colo-
— les combustibles, servant à la production d’énergie thermique,
rants, afin d’éviter des fraudes lors de leur utilisation. Ainsi, en
dans des foyers, des fours, des chaudières, à usage domestique ou
France, l’essence sans plomb est teintée en vert par adjonction de
industriel.
deux colorants :
Il faut noter qu’un même produit énergétique peut être un carbu- — l’un bleu, le 1,4-bis-(butylamino)-9,10-anthraquinone de
rant pour certains usages, un combustible pour d’autres. Ainsi le formule :
fuel-oil domestique (FOD) est utilisé tantôt pour le chauffage, tantôt
pour l’alimentation des tracteurs agricoles. De même, le principal O NH Bu
débouché du fuel lourd est son emploi dans les foyers et grandes 9 1
industries, mais il peut aussi constituer la source d’énergie des
moteurs Diesel assurant la traction des navires. 10 11
O NH Bu
Un autre ensemble est constitué par les produits pétroliers dits
non énergétiques. Ceux-ci ne représentent, dans le bilan pétrolier — l’autre jaune, le 4-(diéthylamino)azobenzène de formule :
général, qu’une faible part en pourcentage, mais exigent, chacun,
N N
une préparation spécifique et soignée. La gamme est particulière- Et
ment large, puisqu’elle va des essences spéciales et solvants N
jusqu’au coke, en passant par les lubrifiants, les cires, les paraffines Et
et les bitumes.
dont le nom commercial est oil yellow DE ou oil yellow DEA ou oil
Enfin, on extrait encore, du pétrole brut, des coupes d’essences
yellow ENC.
lourdes, appelées naphtas, utilisées pour la production des grands
intermédiaires ou des produits finis de la pétrochimie (éthylène, Les doses utilisées sont très faibles (2 mg/L pour chacun des deux
autres oléfines, composés aromatiques). Ce très vaste domaine additifs précédents) et ne modifient donc, en aucune façon, les
d’application ne sera évidemment pas traité ici. caractéristiques du carburant.

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De même, le fuel domestique reçoit un colorant dit rouge écarlate On a, entre ces deux caractéristiques, la relation suivante :
ou encore scarlet red ou fat ponceau R, le 1-[4-(o.tolylazo)-o.tolyl-
azo]-2-naphtol, à la dose de 10 mg/L, afin de le distinguer du gazole, d s = 1,002 d 415
et qui a pour formule :
Le degré API d’une coupe pétrolière s’exprime par la relation :
CH3 CH3 HO
141,5
N N N N °API = --------------- Ð 131,5
ds

Il est donc d’autant plus élevé que la densité est faible.

2.2 Masse volumique


2.3 Courbe de distillation
La masse volumique des produits pétroliers liquides est générale-
ment déterminée à 15 °C, au moyen d’un aréomètre (méthode Cette caractéristique ne s’applique communément qu’aux pro-
NF T 60-101) ; elle s’exprime en kg/m3 avec une précision de 0,2 à duits blancs distillables à pression atmosphérique ; elle représente
0,5 selon la catégorie d’appareils utilisés pour la mesure. l’évolution de la fraction distillée en volume, en fonction de la
Les valeurs observées s’étagent de 550 à 580 kg/m3 environ pour température, dans un appareillage approprié (selon norme
les gaz de pétrole liquéfiés (GPL) à 950 et à 980 kg/m3 pour les fuels. NF M 07-002). Le plus souvent, on définit sur cette courbe quelques
Les domaines caractérisant chaque type de produit sont indiqués repères : le point initial (PI) correspondant à la première goutte de
dans le tableau 2. distillat recueilli, le point final (PF) associé à la dernière goutte et les
fractions distillées en pourcentage (volume) à une température don-
née.
Exemple : pour une essence, les sigles E70, E100, E180… repré-
Tableau 2 – Masse volumique des principaux produits sentent les fractions distillées à 70, 100, 180 °C… ; pour un gazole,
pétroliers en kg/m3 à 15 °C E 250 et E 350 seront les fractions distillées à 250 et 350 °C.

Dans les applications non énergétiques (solvants, pétrole lam-


Domaine Produit (1) Domaine Produit pant), l’intervalle de distillation est déterminé de façon à respecter à
550 à 600 GPL 740 à 780 Essences la fois des contraintes de sécurité des personnes (inhalation de
pour moteurs vapeur, explosivité) et d’efficacité des opérations techniques effec-
tuées (extractions, teinturerie, dégraissage…).
600 à 650 Essence G 780 à 810 Carburéacteurs
Dans les usages énergétiques, on souhaite que le carburant pré-
650 à 700 Essence A, B, C 810 à 860 Gazole sente une volatilité suffisante pour être mis commodément en sus-
FOD pension dans l’air, pendant la phase d’admission. Cependant, les
700 à 740 Essence D, E, F 860 à 890 Fuels lourds essences, en particulier, ne doivent pas être non plus trop volatiles,
White spirit afin de limiter les pertes par évaporation et de réduire les risques
Pétrole lampant d’explosion ou d’incendie lors des opérations de distribution.
(1) Les lettres A, B, C, D, E, F, G désignent différents types d’essences Le tableau 3 présente une vue synthétique de l’intervalle de dis-
spéciales utilisées comme solvants (cf. § 3.91). tillation des principaux produits pétroliers ; des indications plus
détaillées sont fournies dans les tableaux de spécifications.

La masse volumique constitue une caractéristique importante,


principalement pour les carburants, car elle conditionne le dimen-
sionnement et les particularités technologiques des organes d’ali- Tableau 3 – Intervalles de distillation des principaux
mentation (pompes, injecteurs) ; de plus, sur un système installé, produits pétroliers blancs (ordres de grandeur)
une utilisation de carburants de masses volumiques largement dif-
férentes, entraînerait des modifications de réglages de combustion Produit PI à PF Produit PI à PF
avec des répercussions sur la puissance maximale, le rendement et °C °C
les émissions de polluants. C’est pourquoi, les spécifications des
carburants fixent un intervalle de variation admissible de la masse GPL ,0 Essences 35 à 180
volumique. (carburants)
Exemple : cet intervalle est restreint entre 725 et 780 kg/m3 pour Essences spéciales (1) 40 à 160 Carburéacteurs 150 à 250
l’essence sans plomb, entre 820 et 860 kg/m3 pour le gazole. Pétrole lampant 190 à 250 Gazole 160 à 380
Dans un certain nombre de documents techniques d’origine White spirit 140 à 200 FOD 170 à 390
anglo-saxonne, on utilise souvent les notions de densité standard,
(1) Larges variations selon le type d’essence (cf. tableau 25).
de densité à 15 °C, de degrés API (American Petroleum Institute). Il
convient donc de définir ces grandeurs.

Une autre caractéristique associée à la volatilité des fractions


La densité standard ds est le rapport entre la masse volu- pétrolières liquides est le point d’éclair.
mique du produit à 15,55 °C (60 °F) et celle de l’eau à la même
température.
Le point d’éclair est la température à laquelle il faut porter
Elle diffère de la densité à 15 °C, notée d 415 , qui est le rapport l’échantillon pour que les vapeurs émises brûlent spontanément
entre la masse volumique du produit à 15 °C et celle de l’eau à 4 °C. en présence d’une flamme.

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Il existe plusieurs techniques de détermination (vase clos, vase produits, à minimiser la variation de viscosité en fonction de la tem-
ouvert), selon le produit testé. Cette propriété n’est en fait mesurée pérature. Le résultat s’exprime par l’indice de viscosité (cf. § 3.3.3).
habituellement que sur les coupes moyennes, du white spirit au
Le tableau 4 montre les plages de variation de viscosité des pro-
gazole ou au FOD.
duits pétroliers, selon leurs températures habituelles de mise en
Exemple : les valeurs minimales requises sont de 30 °C pour le œuvre. La figure 1 représente des relations viscosité-température
white spirit, de 38 °C pour le pétrole lampant et le carburéacteur, de pour différents types de fuels lourds.
45 °C pour le pétrole lampant désaromatisé, de 55 °C pour le gazole.
Le point d’éclair constitue un critère de sécurité lors des opéra-
tions de stockage et de distribution, notamment pour les carburants,
en station-service ; en outre, pour l’Administration et les services
Tableau 4 – Domaines de viscosité cinématique
des Douanes, les produits pétroliers sont répartis en plusieurs clas- des produits pétroliers à différentes températures
ses selon leur point d’éclair, qui ne doit donc pas être transgressé.
Domaine de température Viscosité
Le point d’éclair (PE) des produits pétroliers dépend étroitement Produit cinématique
de leur point initial de distillation. On cite fréquemment à ce sujet °C mm2/s
une relation empirique :
PE = PI Ð 100 Essences 20 0,5 à 0,6

PE et PI étant exprimés en °C. Carburéacteurs − 20 2,0 à 4,0


Ainsi, sur des coupes légères du type essences, le point d’éclair Gazole 40 2,0 à 4,5
serait largement inférieur à 0 °C. En pratique, la mesure n’est jamais FOD 20 3 à 7,5
effectuée dans cette zone de température.
Fuels lourds 50 110 à 600 (1)
100 18 à 40 (1)
Lubrifiants 100 4 à 25 (1)
2.4 Viscosité
(1) Selon les grades.

La viscosité traduit la résistance qu’apportent les molécules à une


force tendant à les déplacer les unes par rapport aux autres. Si, au
sein d’un fluide, un élément de surface S glisse à la vitesse dv en 2.5 Pouvoir calorifique
opposant la force résistante F, sur une couche de même superficie
distante de dx, la viscosité dynamique absolue µ s’écrit :
F dx Le pouvoir calorifique massique ou volumique d’un carburant
µ = ---- -------
S dv ou d’un combustible représente la quantité d’énergie dégagée
par unité de masse ou de volume du produit, lors de la réaction
Elle s’exprime en pascals-secondes ou, plus fréquemment, chimique de combustion complète conduisant à la formation de
en millipascals-secondes, correspondant à l’ancienne unité, la CO2 et H2O.
centipoise.
On utilise plus fréquemment la viscosité cinématique absolue ν,
quotient de la viscosité dynamique par la masse volumique ρ : Le carburant est pris, sauf mention contraire, à l’état liquide et à
µ une température de référence, généralement 25 °C. L’air et les pro-
ν = --- duits de combustion sont considérés à cette même température.
ρ
ν s’exprime en m2/s ou, mieux, en mm2/s. L’ancienne unité, le On fait la distinction entre le pouvoir calorifique supérieur (PCS) et
centistoke, équivaut à 1 mm2/s. le pouvoir calorifique inférieur (PCI), selon que l’eau obtenue par
combustion se trouve à l’état liquide ou à l’état gazeux. La seule
La viscosité cinématique est déterminée par la mesure du temps grandeur véritablement utile en pratique est le PCI puisque, dans les
d’écoulement du produit liquide dans un tube capillaire calibré produits de combustion rejetés par les moteurs et les brûleurs, l’eau
(selon norme ASTM D 4445 ou NF T 60-100). Elle est évidemment se trouve sous forme de vapeur.
d’autant plus élevée que la température est basse. Elle intervient de
façon prépondérante dans la mise en œuvre et la combustion des La mesure du pouvoir calorifique supérieur massique s’effectue
produits pétroliers moyens et lourds. au laboratoire (selon norme ASTM D 240), par combustion d’un
Ainsi, pour un moteur Diesel, il est nécessaire que le gazole ne échantillon de carburant sous atmosphère d’oxygène, dans une
soit pas trop visqueux sous peine d’augmenter les pertes de charge bombe calorimétrique renfermant de l’eau. L’effet thermique est cal-
dans la pompe et les injecteurs, de réduire la pression d’injection et culé à partir de l’élévation de température du milieu et des caracté-
de détériorer la finesse de pulvérisation, ce qui affecterait finale- ristiques calorifiques de l’appareillage.
ment le processus de combustion. À l’inverse, une viscosité insuffi- Les techniques calorimétriques fournissent le PCS massique
sante pourrait provoquer le grippage de la pompe d’injection. (PCSm) ; pour déterminer le PCI massique (PCIm), il faut connaître,
Les fuels lourds, beaucoup plus visqueux que le gazole, doivent en outre, la teneur massique en hydrogène wH du carburant.
être réchauffés avant leur emploi, afin que la pulvérisation s’effectue À partir de l’enthalpie massique de vaporisation de l’eau à 25 °C,
convenablement dans le brûleur. La température de réchauffage on obtient la relation :
doit être telle que l’on obtienne, au niveau des brûleurs, une visco-
sité comprise, selon les technologies utilisées, entre 15 et 70 mm2/s. PCIm = PCSm – 212 wH
Les lubrifiants doivent correspondre à des critères de viscosité où PCIm et PCSm sont exprimés en kJ/kg et wH en % masse.
bien précis ; en effet, ils doivent être suffisamment fluides à basse
Pour obtenir le PCI volumique (PCIv), on introduit la masse volu-
température pour réduire les pertes par frottements, mais aussi
mique ρ et on obtient la relation :
assez visqueux à haute température, afin d’assurer une bonne lubri-
fication des pièces en mouvement. On cherche donc, pour ces PCIv = ρ PCIm

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Viscosité cinématique Tableau 5 – Pouvoirs calorifiques massique et volumique


(mm2/s) des principaux produits pétroliers à usage énergétique (1)

Type de produit PCI massique PCI volumique


1 000
kJ/kg à 25 °C kJ/dm3 à 25 °C
750
500 GPL 46 000 25 300
400
Essences 42 700 32 200
300
Carburéacteur 43 500 34 100
200
Gazole et FOD 42 600 35 800
110 Fuel lourd 41 400 39 300
100 (1) Ordres de grandeur.
80
60
Il existe des formules de corrélation relativement simples entre le
40 pouvoir calorifique des carburants et certaines caractéristiques
comme la masse volumique, la composition par familles chimiques
d’hydrocarbures ou encore la teneur en soufre.
Ainsi, pour les essences, on utilise fréquemment les relations :
20 PCIm = 4,18 (106,38 PAR + 105,76 OL + 95,55 ARO)

15 PCIv = 4,18 (10 672,05 ρ – 8,003 ARO)


14
13 et, pour le fuel lourd :
12
11 PClm = 55 500 – 14 400 ρ – 320 S
10
avec PCIm et PCIv respectivement PCI massique et volumique
9
(kJ/kg et kJ/dm3) ;
8
7
PAR, OL, ARO teneurs en paraffines, oléfines et aroma-
tiques (% vol) de l’essence, déterminées
6 selon la procédure dite FIA (ASTM D 1319) ;
40 50 60 80 100 120 140 160 180 ρ masse volumique en (kg/dm3) à 15 °C ;
Température (°C)
S teneur en soufre (% masse).
Les flèches indiquent les niveaux de spécifications des fuels lourds n°2
en France :
– à 50 °C, minimum 110 mm2/s
– à 100 °C, maximum 40 mm2/s 2.6 Teneur en soufre
Figure 1 – Diagramme de viscosité cinématique de différents types
de fuels lourds
Le soufre est présent en quantités très variables (entre 0,5 et 5 %)
dans les différents pétroles bruts. Il se trouve toujours en plus forte
concentration dans les fractions les plus lourdes (fuels, résidus), où
où PCIv et PCIm sont exprimés respectivement en kJ/dm3 et kJ/kg et il est engagé dans des structures chimiques très complexes
ρ en kg/dm3. (dibenzothiophènes).
Le tableau 5 fournit quelques valeurs typiques de pouvoirs calori- Exemple : dans un pétrole brut renfermant 1,8 % de soufre, on
fiques massique et volumique des produits pétroliers utilisés admet qu’une molécule sur 2 000 seulement contient du soufre dans
comme carburants et combustibles. Des variations relatives de 1 à la coupe essence, alors qu’une molécule sur deux est soufrée dans le
4 % entre différents produits commerciaux de même appellation résidu de distillation atmosphérique.
sont possibles.
Il n’existe pas de spécifications imposant un pouvoir calorifique Le soufre est dosé, généralement, en déterminant la quantité de
minimal, sauf pour le carburéacteur où le niveau requis pour le PCIm dioxyde de soufre (SO2) formée par la combustion d’un échantillon
est 42 800 kJ/kg. Cette valeur est d’ailleurs atteinte ou dépassée, de produit. La teneur s’exprime en % (ou p.p.m.) masse.
dans tous les cas, sans difficulté pour le raffineur. Il existe, pour tous les produits pétroliers, des réglementations
Bien que non réglementés, les pouvoirs calorifiques des produits strictes de teneur maximale en soufre, par exemple 0,05 % pour les
pétroliers présentent un grande importance sur le plan pratique, essences, le gazole et le white spirit, 0,2 % pour le fuel domestique.
surtout les PCIv, car les tarifications et les consommations sont Pour certains produits comme les carburéacteurs et les essences
exprimées le plus souvent en choisissant le litre comme unité. spéciales, les spécifications de teneur en soufre sont également de
Il faut savoir, par exemple, que le PCIv du gazole est supérieur 0,2 %, mais les teneurs observées dans les produits commerciaux
d’environ 10 % à celui de l’essence ; cette dernière présente elle- sont beaucoup plus basses (de l’ordre de 500 p.p.m.). Enfin, les fuels
même un PCIv 20 à 25 % plus élevé que celui du GPL carburant. lourds se répartissent en trois catégories selon leur teneur en soufre
limitée respectivement à :
Pour le fuel lourd, les transactions s’effectuent sur la base du PCIm
qui est plus faible que celui des autres produits pétroliers, surtout — 4 % (fuel classique) ;
lorsque le produit contient des quantités notables (de 1 à 4 %) de — 2 % (fuel à basse teneur en soufre ou BTS) ;
soufre. — 1 % (fuel à très basse teneur en soufre ou TBTS).

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Tableau 6 – Plages de composition par familles chimiques de quelques produits pétroliers


Composition par familles (%)
Produits
Paraffines Naphtènes Oléfines Aromatiques Alcools Éthers Esters
GPL 60 à 100 0 à 40
Essences 40 à 65 0à5 0 à 20 20 à 50 0à5 0 à 15
Carburéacteurs 50 à 65 20 à 30 0à2 10 à 20
Gazole et FOD 50 à 65 20 à 35 0 10 à 35 0à5
Fuels lourds Indéterminé Indéterminé Indéterminé Indéterminé

Les réglementations sur les teneurs en soufre des produits pétro- Quant aux produits oxygénés, ils peuvent être présents seule-
liers sont mises en place pour plusieurs raisons ; la principale est la ment en faibles quantités (de 5 à 15 %), uniquement dans les essen-
nécessité de diminuer la pollution atmosphérique par le dioxyde de ces et le gazole. La teneur globale en oxygène est alors inférieure à
soufre SO2 qui, dans l’atmosphère, s’oxyde en trioxyde de soufre 3 % dans la formule (2) précédente, le coefficient z est alors proche
SO3, puis en acide sulfurique H2SO4. Cet objectif est particulière- de 0,03.
ment justifié pour les combustibles (fuel domestique, fuel lourd) Enfin, la teneur en soufre ne peut atteindre que 4 % dans les cas
dont la combustion génère des quantités notables de SO2. extrêmes, de sorte que le coefficient t est inférieur ou égal à 0,02.
Dans les carburants (essences et gazole), on restreint très forte-
ment les teneurs en soufre afin de faciliter le fonctionnement (mise ■ Une autre façon d’exprimer la composition des produits pétro-
en action, taux de conversion) des catalyseurs traitant les polluants liers consiste à regrouper leurs constituants par familles chimiques
classiques (oxyde de carbone, hydrocarbures imbrûlés, oxydes d’hydrocarbures (paraffines, naphtènes, oléfines, aromatiques) ou
d’azote) dans les gaz d’échappement. d’autres composés organiques (alcools, éthers, esters). Le tableau 6
montre, selon les types de produits, les plages de variation les plus
Enfin, dans le cas particulier des moteurs Diesel, la présence de couramment observées. Ce mode de représentation appelle deux
soufre dans le gazole contribue à accroître le taux d’émission de par- types de commentaires :
ticules, car le dioxyde de soufre formé s’oxyde rapidement, surtout
— les plages de variation possibles sont toujours assez larges ; en
en cas d’utilisation de pot d’échappement catalytique, et l’acide sul-
effet, les niveaux de spécifications peuvent être atteints, sauf excep-
furique obtenu s’associe à l’ensemble des produits recueillis sur le
tions rares, avec plusieurs types de composition possibles ; le raffi-
filtre utilisé lors de la mesure.
neur choisit alors celles correspondant le mieux aux installations
Nota : la désulfuration des fractions pétrolières constitue une des opérations majeures
du raffinage moderne ; elle s’effectue par action de l’hydrogène, sous pression (10 à dont il dispose et qui se révèlent les moins coûteuses ;
20 bar), à température moyenne (380 °C) et en présence de catalyseurs spécifiques. Le — le classement par familles d’hydrocarbures n’est vraiment pos-
soufre est éliminé sous forme d’hydrogène sulfuré (H 2S), puis à l’état libre, après plusieurs sible que pour les fractions légères ou moyennes ; pour les produits
transformations successives.
lourds, constitués de molécules très complexes, chacune d’entre
elles peut présenter simultanément des groupements de nature dif-
férente (paraffinique, naphténique, aromatique, oléfinique…).
2.7 Composition chimique Pour certains produits, des critères de toxicité, de réduction des
émissions par évaporation ou dans les produits de combustion, de
fonctionnement satisfaisant des moteurs ou des brûleurs, contri-
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour caractériser la buent à imposer des niveaux maximaux de certains constituants
composition chimique des produits pétroliers. individuels ou de familles de composants. Le tableau 7 montre quel-
ques exemples de réglementations dans ce domaine.
■ La première consiste à déterminer et à considérer la teneur glo-
bale en carbone et hydrogène qui sont les principaux constituants,
à laquelle on peut ajouter la teneur en oxygène si des composés
organiques oxygénés (alcools, éthers) ont été ajoutés au moment de 2.8 Présence d’autres impuretés
la formulation, et la teneur en soufre, cet élément étant considéré
comme une impureté.
La formule globale s’écrit alors : Ces impuretés se retrouvent préférentiellement, tout comme les
produits sulfurés, dans les fractions moyennes ou lourdes. Ce sont
( CH y ) n (1) des sédiments solides, des cendres minérales ou, tout simplement,
de l’eau.
si le produit ne contient que des hydrocarbures, ou : Ces substances ne peuvent être présentes qu’à l’état de traces
( CH y O z S t ) n (2) dans les produits pétroliers, sans quoi elles provoqueraient des inci-
dents très sérieux : obstruction de filtres, usures d’organes d’ali-
s’il existe de faibles quantités de produits oxygénés et sulfurés. mentation ou de combustion, présence de cristaux de glace, risques
de contamination bactériologique.
Dans ces formules, le coefficient n ne présente pas d’importance Nota : la détermination de la teneur en sédiments consiste en une série d’extractions
pratique, car il n’agit pas sur le comportement du carburant, lors de par solvants et en une pesée du résidu non extrait, séché (selon norme DIN 51419).
la combustion. Pour l’ensemble des produits pétroliers, la valeur de La teneur en cendres s’obtient également par pesée après calcination d’un échantillon
y est comprise entre 1,7 (fractions lourdes) et 2,5 (constituants du de produit à 800 °C.
GPL), ce qui correspond à des teneurs en hydrogène variant de 11 à L’eau est dosée, le plus couramment, par la méthode dite de Karl Fischer (selon norme
17 %. Le plus souvent, pour les produits liquides, y évolue dans une NF T 60-154). Le titrage s’effectue de manière électrométrique à l’aide d’un réactif spéci-
fique à base d’iode, de pyridine, de méthanol et de dioxyde de soufre. On peut distinguer
plage encore plus restreinte, entre 1,7 et 1,9 (teneur en hydrogène entre la concentration d’eau dissoute qui, en général, ne peut dépasser 100 p.p.m., et la
comprise entre 12 et 14 %). quantité d’eau libre, en suspension.

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3.1 Essences et GPL carburant


Tableau 7 – Exemples de contrôles de composition
de produits pétroliers
Les critères particuliers pris en compte pour ces produits alimen-
Type de limitation imposée tant les moteurs à allumage commandé sont : la pression de vapeur,
Produit les indices d’octane et, dans certains cas, pour les essences, la
Constituant Teneur maximale
teneur en plomb.
% vol.
C3 50 (1)
GPL carburant 3.1.1 Pression de vapeur
Diènes 0,5
Benzène 5 (2)
Aromatiques 25 (3) La pression de vapeur π d’un produit pur à une température
déterminée est la pression pour laquelle ce produit se vaporise
Essences Méthanol 3
à la température considérée.
Éthanol 5
MTBE (4) 15
Généralement, à partir de la connaissance de la température
Gazole Ester méthylique 5 d’ébullition d’un produit à pression atmosphérique, il est possible
de colza
d’estimer la pression de vapeur à toute température. Les figures 2 et
FOD Ester méthylique de 5 3 montrent deux abaques relatifs aux hydrocarbures purs dans le
colza ou de tournesol domaine des pressions de vapeur basses (de 10–5 à 1 bar) ou éle-
Pétrole lampant Aromatiques 5 vées (de 0,1 à 100 bar).
désaromatisé Dans une solution dite idéale comportant i constituants, la pres-
White spirit Aromatiques 5 sion de vapeur π obéit à la loi de Raoult et s’exprime par la relation :
désaromatisé
i
(1)
(2)
Teneur minimale : 19 % vol.
Projet : 2 %, voire 1 %, en 2000.
π = ∑ πi xi
(3) Réglementation relative aux essences reformulées californiennes. 1
(4) MTBE : méthyltertiobutyléther.
où π i et x i désignent respectivement la pression de vapeur et la
fraction molaire du constituant i.
Le plus souvent, cependant, les solutions ne sont pas idéales ; leur
pression de vapeur est tantôt inférieure, tantôt supérieure à celle
fournie par la loi de Raoult, de sorte que la prévision de la volatilité
Tableau 8 – Teneurs admissibles de différents types par le calcul n’est pas simple.
d’impuretés dans les produits pétroliers
De plus, pour les produits pétroliers, on ne détermine pas la pres-
Niveaux maximaux d’impuretés autorisées sion de vapeur vraie, mais une grandeur associée appelée pression
p.p.m. de vapeur Reid (PVR). La procédure consiste à mesurer la pression
Produit relative développée par les vapeurs issues d’un échantillon liquide
Sédiments d’essence disposé dans une enceinte métallique à une température
Eau Cendres Insolubles
mg/kg de 37,8 °C (100 °F).
Carburéacteur 200 0 On notera que la PVR est une pression relative, c’est-à-dire un
écart par rapport à la pression atmosphérique. Les PVR des essen-
Gazole 200 24 100 ces sont en général comprises entre 350 et 1 000 mbar.
FOD 1 000 Pour ces produits, il est nécessaire de respecter à la fois un seuil
Fuel lourd 9 000 2 500 minimal et une valeur maximale qui seront d’ailleurs différents
selon les saisons. En effet, la volatilité de l’essence doit être suffi-
sante pour assurer, par temps froid, le démarrage rapide et la mise
en action satisfaisante du véhicule. Inversement, lors du fonctionne-
Le tableau 8 montre les niveaux de concentration en sédiments, ment à chaud, il convient de limiter la volatilité, afin d’éviter certains
cendres et eau, admissibles dans quelques produits pétroliers incidents : perte d’agrément de conduite ou calages dus à la forma-
typiques. tion de tampons de vapeur dans le circuit d’alimentation, difficulté
ou impossibilité de démarrage après une période d’arrêt, en été, par
exemple sur un parking ou aux abords des zones de péage d’auto-
route.
3. Caractéristiques Actuellement, les exigences des véhicules se manifestent davan-
spécifiques de différents tage à chaud qu’à froid pour diverses raisons (amélioration de
l’aérodynamisme, disposition transversale du moteur, élévation
produits générale des températures sous capot), de sorte que les construc-
teurs d’automobiles souhaitent plutôt une réduction qu’un accrois-
sement de la PVR.
Pour exprimer et quantifier le comportement des différents À ces contraintes d’ordre technologique, il faut ajouter une préoc-
produits pétroliers, chacun dans leur domaine d’utilisation, on est cupation croissante de limiter les pertes par évaporation qui, pour
conduit à définir des caractéristiques spécifiques. Celles-ci vont être les moteurs à essence, sont une source importante de pollution
décrites et explicitées dans ce qui va suivre. atmosphérique.

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Pression Pression
de vapeur de vapeur
Température (atm) (mm)
(°F) 0,00001
1 200 0,01
1 100 0,00002
0,02
1 000 0,00003
0,00004 0,03
900
0,04
0,00006
800 0,00008 0,06
ture
péra 0,0001 0,08
700 Tem ullition 0,1
b
d'é ale (°F)
norm 00 0,0002
600 12 0,2
0,0003
0
1 10 0,0004 0,3
0 0,4
500 1 10 0,0006
0,0008 0,6
900 0,001 0,8
1,0
400 800 0,002
2,0
0,003
350 700
0,004 3,0
4,0
0,006
300 600
0,008 6,0
0,01 8,0
10
250 500
0,02
20
TE 0,03
200 400
0,04 30
40
TN 0,06
300 0,08 60
150 0,1 80
100

0,2 PV
200
100 200
0,3
150 0,4 300
400
100 0,6
0,8 600
50 1,0
50

On rappelle la correspondance entre température Fahrenheit (°F) et température Celsius :

θ °C = 5 ( θ °F – 32)
9
et 1 atm = 1,01325 x 105 Pa

Pour obtenir, à une température TE, la pression de vapeur PV d'un hydrocarbure dont la
température d'ébullition à pression atmosphérique est TN, on relie par une ligne droite les
points TE (échelle de gauche) et TN (échelle centrale); puis, on prolonge la ligne jusqu'à
l'échelle de droite où se lit la pression de vapeur PV.

Figure 2 – Pression de vapeur des hydrocarbures : domaine des basses pressions (10−5 à 1 atm)

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Pression Pression
Température de vapeur de vapeur
(°F) (atm) (psi a)
re
atu
1 200 pér n 0,1
Tem ullitio ) 1,0
d'é ale (°
1 100 b F
m
1 000 nor 2,0
0
1 20
0
900 1 0
1 0,2 3,0
0
800 1 00 4,0
900 0,3
5,0
700 800 0,4 6,0
0,5 7,0
600
TE 700 8,0
0,6 9,0
0,7 10
600
0,8
0,9
500 1,0
500
20
400
400
TN 2,0 30
350 300
40
3,0
60
300 4,0 60
200
5,0 70
80
150 6,0 90
250
7,0 100
100 8,0
9,0
10
200 50
200
PV

150 20 300

400
30
500
100 40 600
50 700
800
60 900
70 1 000
80
90
50 100 1 500

On rappelle la correspondance entre degré Fahrenheit et degré Celsius (°C) :

θ °C = 5 ( θ °F – 32)
9
et 1 atm = 1,01325 x 105 Pa 1 psi = 6,894757

Pour obtenir, à une température TE, la pression de vapeur PV d'un hydrocarbure dont la
température d'ébullition à pression atmosphérique est TN, on relie par une ligne droite les
points TE (échelle de gauche) et TN (échelle centrale); puis, on prolonge la ligne jusqu'à
l'échelle de droite où se lit la pression de vapeur PV.

Figure 3 – Pression de vapeur des hydrocarbures : domaine des hautes pressions (0,1 à 100 atm)

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sous une pression de 13 bar. Si la température s’élève à l’intérieur


Tableau 9 – Spécifications de pression de vapeur du réservoir, en période d’été par exemple, la pression doit être
des essences en Europe (1) (répartition par classes) maintenue à un niveau compatible avec les règles de sécurité. C’est
pourquoi la pression de vapeur du GPL-C doit, selon les spécifi-
Numéro Pression Pression cations en vigueur, rester inférieure à 1 550 kPa (15,5 bar) à 40 °C.
de classe de vapeur de vapeur Par ailleurs, en période d’hiver, il faut que le GPL-C soit suffisam-
FVI (2)
minimale maximale ment volatil pour permettre un démarrage aisé à basse température.
mbar mbar
Exemple : en France, compte tenu des conditions climatiques
1 350 700 900 habituelles, la pression de vapeur du GPL-C mesurée à – 10 °C, doit
2 350 700 950 être supérieure à 250 kPa (2,5 bar) entre le 1er novembre et le 15 mars.

3 450 800 1 000


4 450 800 1 050 3.1.2 Indices d’octane
5 550 900 1 100
Les indices d’octane des essences constituent un mode de repré-
6 550 900 1 150 sentation de leur aptitude à éviter un phénomène de combustion
7 600 950 1 200 anormale appelé cliquetis.
Nota : rappelons que, dans le moteur à essence classique (dit encore à explosion ou à
8 650 1 000 1 250 étincelle), le processus normal de dégagement d’énergie consiste en une combustion
rapide, mais progressive, du mélange air-carburant, grâce à la propagation d’un front de
(1) La France a opté pour les classes 1, 3 et 6. flamme issu de l’étincelle jaillissant entre les électrodes de la bougie d’allumage.
(2) FVI = PVR (mbar) + 7 E70 (% distillé à 70 °C). Le phénomène parasite est le cliquetis : il s’agit d’une auto-inflammation instantanée et
en masse d’une partie de la charge non encore brûlée et portée à température et pression
élevées par le mouvement du piston et par le dégagement d’énergie dû à la propagation
du front de flamme. Il en résulte une augmentation locale de la pression suivie de vibra-
Les spécifications européennes des essences (norme EN 228) tions de la masse gazeuse qui créent un bruit caractéristique évoquant un tintement métal-
lique, d’où l’origine du terme : cliquetis. La fréquence fondamentale correspondante est de
définissent, en matière de volatilité des essences, 8 classes pos- l’ordre de 5 000 à 8 000 Hz.
sibles de produits, comme l’indique le tableau 9. Selon ses condi-
tions climatiques, chaque pays d’Europe opte pour 3 classes qui cor- Le cliquetis doit être absolument évité, car son existence perma-
respondent aux produits effectivement distribués sur son territoire, nente entraînerait des contraintes mécaniques et thermiques très
respectivement en été, automne ou printemps, et hiver. sévères, génératrices à brève échéance d’incidents destructifs de
divers organes du moteur : rupture du joint de culasse, grippage ou
Exemple : ainsi, la France a opté pour les classes 1, 3 et 6 avec le fusion partielle du piston, détérioration grave de la culasse et des
calendrier suivant : soupapes.
— du 20 juin au 9 septembre (été) : classe 1 Pour caractériser le comportement des essences ou de leurs cons-
— du 10 avril au 19 juin (printemps) : classe 3 tituants vis-à-vis de la résistance au cliquetis, sans faire appel à
— du 10 septembre au 31 octobre (automne) : classe 3 des critères de composition chimique dont l’emploi se révélerait
— du 1er novembre au 9 avril (hiver) : classe 6 complexe et difficilement quantifiable, la méthode universellement
employée consiste à introduire la notion classique d’indice
On définit également, pour les essences, un indice de volatilité,
d’octane.
souvent appelé Fuel Volatility Index (FVI), qui s’obtient par la rela-
tion : L’essence testée est comparée à deux hydrocarbures purs choisis
comme référence. Il s’agit respectivement du 2,2,4-triméthylpentane
FVI = PVR + 7 E70 ou isooctane de formule :
avec PVR pression de vapeur Reid (mbar), CH3
E70 pourcentage d’essence distillée à 70 °C. CH3 C CH2 CH CH3
Des essais réalisés sur véhicules ont montré que l’indice de vola-
tilité ainsi défini constitue un indicateur satisfaisant du rôle du car- CH3 CH3
burant dans le comportement à chaud du véhicule. Les
très résistant à l’auto-inflammation, auquel on attribue arbitraire-
spécifications des essences stipulent donc une valeur maximale de
ment l’indice 100, et du n-heptane de formule :
FVI, applicable à chaque classe (tableau 9).
CH3 (CH2)5 CH3
Exemple : en France, le FVI ne peut dépasser 900, 1 000 et 1 150
respectivement en été, printemps ou automne, et hiver.
peu résistant, qui reçoit l’indice 0.
En ce qui concerne plus précisément la pression de vapeur, la ten-
dance actuelle est de substituer progressivement à la PVR des tech-
Une essence présente un indice d’octane X si elle se
niques plus modernes et plus significatives. En effet, la PVR ne
comporte, dans des conditions expérimentales bien définies,
fournit pas une valeur de la pression de vapeur vraie de l’essence,
comme un mélange de X % en volume d’isooctane et de
en ce sens qu’elle englobe la contribution des gaz solubilisés dans le
(100 – X ) % de n-heptane.
liquide et désorbés lors de l’élévation de température de 0 °C à
37,8 °C. Des appareils plus élaborés (méthode Grabner, norme
ASTM D 4953) permettent de contourner ce phénomène parasite et Des indices d’octane supérieurs à 100 peuvent également être
d’atteindre la pression de vapeur vraie (PVV) à diverses tempéra- définis : le produit de référence est alors l’isooctane additionné de
tures. L’abaque présenté sur la figure 4 fournit des corrélations entre faibles quantités (de 0 à 0,02 %) de plomb tétraéthyle.
la PVR et la PVV à différentes températures, en fonction des caracté- La mesure de l’indice d’octane s’effectue au moyen d’un moteur
ristiques de la partie initiale de la courbe de distillation. de laboratoire appelé CFR (Cooperative Fuel Research). Le moteur
Le GPL carburant (GPL-C) doit, tout comme l’essence, respecter CFR est monocylindre et présente une structure très robuste, afin de
des valeurs minimales et maximales de pression de vapeur. Il est en résister sans incident à un cliquetis prolongé ; il fonctionne à pleine
effet stocké habituellement, à l’état liquide et température ambiante, admission et à faible régime de rotation (600 ou 900 tr/min selon la

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Pression Pression
Température de vapeur de vapeur
(°F) vraie (psi a) vraie (mm Hg)
180 0,7
0,8 40
170 0,9
1,0 50

160 60
70
1,5 80
150
90
2,0 100
140
Pente
(psi)
130
0 1234 3,0 150
2
120 2
Pression de vapeur
Reid à 100 °F 3 4,0 200
3
110
4 4 5,0
5
100 5
6 300
6 6,0
7
90 7
9 7,0
11 9 8,0 400
80 14 11 9,0
16
18 10 500
70 14
20 16 11
18 12 600
60
20 13
14 700
50 15
800
16
17 900
40 18
19 1 000
20
30

20

10

On rappelle la correspondance entre degré Fahrenheit (°F) et degré Celsius (°C) :

θ °C = 5 ( θ °F – 32)
9
et 1 psi = 6,894 757 x 103 Pa 1 mm Hg = 133,322 4 Pa

Exemple d'utilisation de l'abaque


Détermination de la pression vapeur vraie à 32 °F, 100 °F et 150 °F d'une essence présentant
les caractéristiques suivantes :
pression de vapeur Reid : 9,0 psi
T5 (température correspondant à 5 % évaporés) : 120 °F
T15 (température correspondant à 15 % évaporés) : 160 °F
La pente p du début de la courbe de distillation est :

p = 160 – 120 = 4 °F par % évaporé


15 – 5

On repère sur le réseau de courbes central le point de coordonnées 9,0 (pression de vapeur
Reid) et 4 (pente). Ce point est joint par une ligne droite, à la température 32 °F, 100 °F, 150 °F
(échelle de gauche) ; la ligne est prolongée jusqu'à l'échelle de droite, afin d'obtenir la
pression de vapeur vraie : 2,8 psi à 32 °F; 9,9 psi à 100 °F; 21,4 psi à 150 °F.

Figure 4 – Corrélation entre pression de vapeur Reid (PVR) et pression de vapeur vraie (PVV)

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méthode normalisée choisie). Le taux de compression variable peut Le supercarburant classique avec plomb se caractérise par des
être réglé en marche en déplaçant verticalement le cylindre par un valeurs de RON et MON minimales de 97 et 86, respectivement. Ce
ensemble manivelle-crémaillère. fut, jusqu’en 1995, le type d’essence le plus diffusé ; il est mainte-
Nota : le principe de la mesure d’indice d’octane consiste à augmenter progressivement nant en régression et sa part dans le marché des essences va
le taux de compression du moteur CFR jusqu’à l’obtention d’une intensité standard de cli- décroître progressivement, jusqu’à sa disparition totale, prévue vers
quetis, repérée par un détecteur implanté dans la chambre de combustion. Le taux de com-
pression critique ainsi enregistré est encadré par deux valeurs relevées avec deux
l’an 2000.
systèmes binaires heptane-isooctane de compositions voisines. L’indice d’octane est cal- Les essences sans plomb sont apparues en Europe et en France à
culé par interpolation linéaire en estimant la composition du mélange primaire de réfé-
rence présentant exactement le même comportement que l’essence testée. partir de 1988 et représentent actuellement plus de 50 % du marché
(jusqu’à 80 ou 90 % dans certains pays comme l’Allemagne, les
Il existe deux procédures normalisées de détermination des in-
Pays-Bas, la Suisse, etc.).
dices d’octane : la méthode Recherche et la méthode Moteur. Les
indices correspondants sont désignés par les Research Octane Ces produits se divisent eux-mêmes en deux types :
Number RON symboles () et Motor Octane NumberMON (). — l’Eurosuper, défini par la directive européenne du 16 décembre
Les distinctions entre les deux procédures conduisant respective- 1985, doit présenter un RON minimal de 95 et un MON minimal de
ment au RON et au MON portent essentiellement sur le régime de 85 ; encore à peine majoritaire dans certains pays comme la France,
rotation, les températures d’admission et l’avance à l’allumage. il devrait devenir, à court terme, le type d’essence le plus répandu ;
Ainsi, lors de la détermination du RON, le moteur CFR fonctionne — le Super sans plomb 98 (SP 98) (parfois appelé Superplus) pré-
à 600 tr/min, avec une avance à l’allumage fixe (13° de rotation du sente des RON et MON supérieurs ou égaux respectivement à 98 et
vilebrequin avant la position correspondant au sommet de la course 88. Ces deux valeurs ne correspondent pas à des spécifications offi-
du piston) et sans réchauffage du mélange air-essence. Le MON cor- cielles, mais à des critères fixés dans le cahier des charges qualité
respond, quant à lui, à un régime de rotation de 900 tr/min, une des constructeurs d’automobiles français. Ainsi, sur le strict plan de
avance à l’allumage variable (de 14° à 26°) avec le taux de compres- la réglementation, le SP 98 ne constitue qu’une variété haut de
sion et une température de mélange carburé de 149 °C (300 °F). gamme d’Eurosuper.
Le MON des essences commerciales est toujours plus faible que Il faut ajouter qu’il existe encore, dans certains pays comme
le RON ; la différence, qui atteint en moyenne 10 à 12 points, est l’Allemagne, des essences dites ordinaires dont le RON ne dépasse
appelée sensibilité ; elle constitue, en effet, une indication de la sen- pas 93-94. Ces produits ne semblent pas devoir se développer, à
sibilité du carburant à une modification des conditions expérimen- court ou moyen terme.
tales et, plus particulièrement, à un accroissement de température,
tel qu’il est réalisé dans la procédure MON. Enfin, le GPL carburant se voit attribuer, lui aussi, une spécifica-
tion d’indice d’octane : son MON doit être nécessairement supérieur
La connaissance du RON, du MON ou des deux indices ne suffit
à 89.
pas à prévoir le comportement réel d’une essence sur un moteur de
série ; dans ce cas, en effet, l’évolution de la pression et de la tempé- Lorsque le constructeur connaît les indices d’octane de l’essence
rature en fonction du temps, dans les gaz soumis au risque de cli- qui sera disponible, il peut, au stade de la conception et de la réali-
quetis, est généralement différente de celle observée sur le moteur sation du moteur, optimiser les performances par une adaptation
CFR. judicieuse, par exemple, du taux de compression et de l’avance à
Le plus souvent, on accorde une attention toute particulière, sur l’allumage. On admet ainsi que tout accroissement de 1 point de
véhicule, au risque de cliquetis à haut régime (au-delà de l’indice d’octane (RON ou MON) permet d’augmenter de 1 % – en
4 000 tr/min) dont les conséquences, sur le plan mécanique, sont les valeur relative – le rendement énergétique et la puissance spécifique
plus redoutables. Entre le RON et le MON, c’est le second qui reflète du moteur.
le mieux la tendance au cliquetis à haut régime. Inversement, le Parallèlement, l’accroissement des indices d’octane lors de la for-
RON sera plutôt un meilleur prédicteur du risque de cliquetis à bas mulation des essences se révèle toujours coûteux, aussi bien sur le
régime (de 1 500 à 2 500 tr/min), surtout gênant en ce sens qu’il nuit plan énergétique qu’économique. À partir d’un certain niveau, les
à l’agrément de conduite. dépenses de raffinage deviendraient plus importantes que les gains
Les deux indices présentent donc chacun leur utilité spécifique, ce de rendement des moteurs. On parvient ainsi à une situation d’équi-
qui explique qu’ils soient, le plus souvent, pris en compte, l’un et libre, définissant une valeur ou une plage étroite d’indice d’octane
l’autre, dans l’élaboration des critères de qualité des essences. optimal ; c’est dans cette plage que se situent le RON 95 et le MON
La plupart des essences classiques se rangent dans un domaine 85, caractérisant l’Eurosuper.
de RON compris entre 90 et 100, tandis que le MON se situe entre 80 Il importe de souligner que, lorsqu’un moteur a été conçu pour
et 90. utiliser un carburant d’indices d’octane donnés, le fait de l’alimenter
Le tableau 10 montre comment se répartissent, en fonction de avec un produit de RON ou de MON supérieurs à ces valeurs seuils
leurs indices d’octane, les différents types d’essences distribués en ne procure aucune amélioration sur le plan du rendement ou des
France et en Europe. performances, contrairement à ce que pensent beaucoup d’utilisa-
teurs !
Nota : en Europe, tous les véhicules immatriculés depuis 1992, doivent obligatoirement
Tableau 10 – Classement par indices d’octane être adaptés à l’Eurosuper ; il est donc inutile de les approvisionner avec du SP 98 ; ce pro-
duit est en revanche recommandé pour la plupart des véhicules anciens exigeant, depuis
des différents types d’essence et de GPL-C distribués leur conception, une essence de RON supérieur à 97.
en Europe
La préparation des essences s’effectue en raffinage à partir de
Indice d’octane mélanges de fractions pétrolières d’origine et de composition diver-
Type Présence minimal ses. Les indices d’octane RON et MON de ces fractions sont liés à
de produit de plomb leur teneur en différents types d’hydrocarbures ou d’autres compo-
RON MON sés organiques (alcools, éthers). Le tableau 11 indique les valeurs
de RON et MON de quelques composés typiques susceptibles d’être
Supercarburant classique oui 97 86 utilisés comme carburants dans les moteurs à explosion ou d’être
Essence ordinaire non 93 83 incorporés, à des concentrations diverses, dans les essences. La
figure 5 fournit, par ailleurs, une vue d’ensemble des particularités
Eurosuper non 95 85
de chaque famille, en ce qui concerne le RON.
Sans plomb 98 non 98 88
Quelques informations sur les relations générales entre structure
GPL-carburant non 89 chimique et indices d’octane méritent d’être rappelées ici.

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Tableau 11 – Valeurs de RON et MON de quelques hydrocarbures et autres produits organiques oxygénés
susceptibles d’intervenir dans la composition du GPL-C et des essences
Nom du constituant RON MON Nom du constituant RON MON
Propane . 100,0 100,0 2-Méthylpent-1-ène 95,1 78,9
n-Butane 95,0 92,0 2,3-Diméthylbut-2-ène 97,4 80,3

Oléfines
2-Méthylpropane . 100,0 99,0 2-Méthylhex-2-ène 90,4 78,9
n-Pentane 61,7 61,9 2-Méthylhept-1-ène 70,2 66,3
2-Méthylbutane 92,3 90,3 2,2,4-Triméthylpent-1-ène 106,0 86,5
2,2-Diméthylpropane 85,5 80,2 Méthylcyclopentane 91,3 80,0

Naphtènes
n-Hexane 24,8 26,0 Cyclohexane 83,0 77,2
Paraffines

2-Méthylpentane 73,4 73,5 74,8 71,1


Méthylcyclohexane

3-Méthylpentane 74,5 74,3 Benzène . 120,0 114,8


2,2-Diméthylbutane 91,8 93,4 Toluène 120,0 103,5

Aromatiques (1)
2,3-Diméthylbutane 103,5 94,3 Éthylbenzène 107,4
n-Heptane 0 0 o-Xylène . 120,0 103,5
2,2-Diméthylpentane 92,8 95,6 m-Xylène 117,5 115,0
2,2,4-Triméthylpentane 100,0 100,0 p-Xylène 116,4 109,6
2,2,3-Triméthylpentane 106,1 99,4 n-Propylbenzène 111,0 98,7
2-Méthyl-3-éthylpentane 80,8 88,7 Isopropylbenzène 113,1 99,3
But-1-ène . 100,0 80,0 1,3,4-Triméthylbenzène 110,5 106,0
But-2-ène 100,0 83,0 Méthanol 126 96
oxygénés (1)

Pent-1-ène 90,9 77,1 Éthanol 120 99


Oléfines

Composés

Pent-2-ène 98,0 80,0 Tertiobutanol 113 100


2-Méthylbut-1-ène 102,5 81,9 Méthyltertiobutyléther 118 101
Hex-1-ène 76,4 63,4 Éthyltertiobutyléther 117 101
Hex-2-ène 92,7 80,8 Tertioamylméthyléther 114 100
(1) Les valeurs indiquées ne sont que des ordres de grandeur, compte tenu de l’imprécision des méthodes de mesure, pour des indices d’octane supérieurs
à 100 et des particularités physiques des alcools (chaleurs de vaporisation élevées).

Dans la catégorie des n-paraffines, le RON, très élevé pour les


Indice d'octane constituants les plus légers, décroît régulièrement lorsque la lon-
(RON) gueur de la chaîne augmente et s’annule par définition pour le
n-heptane. Le RON augmente toujours avec la ramification, c’est-à-
Aromatiques dire avec le nombre et la complexité des chaînes latérales. Le MON
des paraffines est généralement inférieur – de 2 à 3 points – au
RON ; comme pour ce dernier, la ramification est un facteur favo-
rable d’accroissement du MON.
Isoparaffines
100 Les indices d’octane des oléfines, comme ceux des paraffines,
dépendent étroitement de la longueur et de la ramification des
chaînes. Le RON des oléfines est généralement supérieur à celui des
Naphtènes paraffines de même squelette carboné. Le déplacement de la double
liaison vers le centre de la molécule tend à améliorer le RON, tout au
50 moins pour les premiers termes de la série. Le MON des oléfines est
Oléfines
toujours plus faible que leur RON, en moyenne de – 10 à – 15 points,
normales traduisant ainsi une forte énergie d’activation dans les processus de
Paraffines cinétique chimique conduisant à l’auto-inflammation. En pratique,
normales dans les carburants commerciaux, le MON est toujours fortement
corrélé avec la teneur en oléfines.
0
Les indices d’octane des naphtènes – RON et MON – se situent
dans une gamme moyenne, le plus souvent entre 80 et 90 ; mais ils
0 50 100 150 sont cependant supérieurs à ceux des n-paraffines de même
Température d'ébullition (°C) nombre d’atomes de carbone.
Les aromatiques présentent tous des RON largement supérieurs à
Figure 5 – Indices d’octane des différentes familles chimiques 100 (jusqu’à 115-120) ; il s’agit là uniquement d’ordres de grandeur,
d’hydrocarbures compte tenu de la précision médiocre de la procédure de mesure

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dans cette plage. Le MON des aromatiques est également élevé, 3.2 Gazole et FOD
supérieur à 100, mais plus faible que le RON d’environ 10 points. Il
n’est guère possible de discerner des écarts majeurs d’indices
d’octane entre les constituants aromatiques possibles des Le gazole alimente les moteurs Diesel de voitures particulières et
essences : benzène, toluène, xylènes, éthylbenzène, cumène… À de véhicules utilitaires depuis les camionnettes jusqu’aux gros por-
vrai dire, tous présentent un comportement excellent dans ce teurs. Un produit de caractéristiques voisines – le fuel domestique
domaine. (FOD) – est également utilisé en France dans les tracteurs agricoles
et les engins de travaux publics munis de moteurs Diesel.
En dehors des hydrocarbures, certains produits organiques oxy-
génés comme les alcools et les éthers peuvent désormais entrer Dans leurs usages comme carburants, le gazole et le FOD doivent
répondre à des spécifications précises en matière de comportement
dans la composition des essences. Il s’agit essentiellement du
à basse température et d’indice de cétane.
méthanol, de l’éthanol, des propanols et butanols, ainsi que des
éthers méthyliques ou éthyliques obtenus à partir d’oléfines en C4 et
C5 : méthyltertiobutyléther (MTBE), éthyltertiobutyléther (ETBE),
tertioamylméthyléther (TAME). Tous ces produits – alcools et éthers
3.2.1 Comportement à basse température
– se caractérisent par des RON très élevés, jusqu’à 120-130 pour le
méthanol et l’éthanol ; les MON sont également largement supé- Le gazole doit traverser un filtre à mailles très fines (quelques
rieurs à 100, mais la sensibilité (RON – MON) est importante, de micromètres) avant son arrivée dans la pompe d’injection du
l’ordre de 15 à 20 points. moteur, car celle-ci constitue un organe d’une très grande précision
mécanique dont le fonctionnement risque d’être perturbé par des
Dans les opérations de préparation d’essences en raffinerie, les impuretés et des particules en suspension dans le liquide.
effluents provenant de différents procédés sont mélangés dans des Or, certains hydrocarbures paraffiniques présents dans le gazole
proportions qui dépendent de leurs caractéristiques et, en parti- peuvent cristalliser partiellement à basse température et colmater le
culier, de leurs indices d’octane, afin de parvenir à un produit com- filtre disposé sur le circuit d’alimentation, ce qui risque d’entraîner
mercial conforme aux spécifications. La prévision de l’indice une immobilisation complète du véhicule. Pour pallier ce type
d’octane final n’obéit généralement pas à des lois d’additivité d’incident, les constructeurs peuvent avoir recours à des dispositifs
linéaire, en particulier pour les produits oxygénés qui se comportent technologiques (réchauffage des filtres), mais il est nécessaire, en
très souvent mieux en mélange que ne l’indique leur indice d’octane outre, d’adopter des règles strictes en matière de comportement à
individuel. Il n’existe pas, dans ce domaine, des règles absolues ; en froid du gazole.
réalité, chaque raffineur s’est forgé sa propre expérience, qu’il ne Les caractéristiques prises en compte dans ce domaine sont le
souhaite évidemment pas divulguer… point de trouble, le point d’écoulement et la température limite de
filtrabilité.
■ Le point de trouble, le plus souvent compris entre 0 et – 10 °C, est
3.1.3 Teneurs en plomb déterminé visuellement (selon norme EN 23015) ; c’est la tempéra-
ture à laquelle des cristaux de paraffine, normalement dissous dans
la solution constituée par l’ensemble des autres composants,
Depuis 1922 et jusqu’en 1975 environ aux États-Unis et au Japon
commencent à se séparer et à affecter la limpidité du produit.
et 1985 environ en Europe, toutes les essences contenaient systé-
matiquement de faibles quantités de plomb tétraéthyle Pb(C2H5)4, ■ À température plus basse, les cristaux augmentent de taille,
de plomb tétraméthyle Pb(CH3)4, des mélanges de ces produits ou s’organisent en réseaux qui emprisonnent le liquide et l’empêchent
bien encore des composés chimiques mixtes renfermant différentes de s’écouler ; on atteint alors le point d’écoulement qui peut varier
combinaisons possibles de groupements CH3 et C2H5, de formule de – 15 °C à – 40 °C.
Pb(CH3)x (C2H5)y avec 0 < x et y < 4 .
■ La température limite de filtrabilité (TLF) est la température mini-
Les teneurs en plomb correspondantes étaient comprises, selon male pour laquelle un volume déterminé de gazole traverse, en un
les époques et les types d’essence, entre 0,4 et 1 g/L. Ces additifs temps limité, un appareil de filtration bien défini (selon normes
sont des inhibiteurs d’auto-inflammation qui, par conséquent, aug- NF M 07-042 et EN 116). Pour des gazoles classiques, utilisés en
mentent les indices d’octane. hiver, en France par exemple, la TLF est le plus souvent comprise
entre – 15 et – 30 °C.
Les voitures à essence récentes, qui sont équipées de systèmes Pour l’ensemble de l’Europe, la classification des gazoles selon
de post-traitement catalytique des gaz d’échappement, ne peuvent leur comportement à froid s’effectue comme l’indique le tableau 12.
supporter l’emploi de carburants additivés avec des alkyles de Les produits sont répartis en deux catégories et dix classes : six pour
plomb, car ceux-ci empoisonnent les catalyseurs à base de métaux les climats dits tempérés, quatre pour les zones dites arctiques.
précieux. En outre, on tend à développer le plus possible les essen- Dans la première catégorie, on ne spécifie que la TLF ; dans la
ces sans plomb, afin de réduire les rejets de ce métal toxique dans seconde, on fixe des valeurs maximales à la fois pour la TLF et le
l’atmosphère. point de trouble.
Chaque pays adopte telle ou telle classe en fonction de ses condi-
C’est pourquoi les essences modernes sont et seront de plus en
tions climatiques. Ainsi, la France a choisi les classes B, E, F respec-
plus sans plomb ; les teneurs résiduelles, qui pourraient être appor-
tivement pour les périodes d’été, d’hiver et de grand froid. La
tées par la circulation et le stockage des produits dans des canalisa- première va du 1er mai au 31 octobre, la seconde du 1er novembre
tions ou des cuves anciennes, sont limitées impérativement à au 30 avril, la troisième, quant à elle, n’est pas fixée de manière
0,013 g/L. En réalité, les essences sans plomb contiennent désor- autoritaire et correspond à d’éventuelles vagues de froid ponc-
mais moins de 0,005 g/L de plomb (parfois même, moins de tuelles.
0,001 g/L).
Les moyens dont dispose le raffineur pour améliorer les caracté-
Quant aux essences avec plomb, promises à un rapide déclin et ristiques à froid du gazole sont les suivants :
réservées actuellement aux véhicules anciens adaptés pour ce type — abaissement du point final de distillation, compte tenu de
de carburant, elles ne peuvent contenir, partout en Europe, que la présence fréquente de n-paraffines dans les fractions les plus
0,15 g Pb/L au maximum. lourdes du gazole ;

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3.2.2 Indice de cétane


Tableau 12 – Spécifications de comportement à froid
des gazoles en Europe
Dans le moteur Diesel, le déclenchement de la combustion est
Valeurs maximales requises provoqué par auto-inflammation du carburant injecté dans de l’air
Référence °C comprimé. Il est donc nécessaire que le gazole présente une struc-
Type de climat de catégorie ture chimique propice à ce processus. Cette qualité s’exprime par
ou de classe Point l’indice de cétane.
TLF
de trouble Le comportement du gazole est comparé à celui de deux hydro-
carbures purs, choisis comme référence :
Tempéré A +5
— le n-cétane ou n-hexadécane : CH3 (CH2)14 CH3 auquel on
B (1) 0 attribue l’indice 100 ;
C −5 — l’α-méthylnaphtalène de formule :
D − 10 CH3
E (1) − 15
F (1) − 20
0 − 20 − 10
qui reçoit l’indice 0.
1 − 26 − 16
Arctique 2 − 32 − 22 Un gazole présente un indice de cétane X, s’il se comporte
3 − 38 − 28 comme un mélange binaire de X % (en volume) de n-cétane et
de (100 – X) % d’α-méthylnaphtalène.
4 − 44 − 34
(1) Classes retenues par la France, respectivement en été, hiver et périodes
de vagues de froid. En pratique, on utilise plutôt, comme référence basse, non pas
l’α-méthylnaphtalène, mais le 2,2,4,4,6,8,8-heptaméthylnonane
(HMN), isomère ramifié du n-cétane. Le HMN présente un indice de
cétane de 15. Dans un système binaire contenant Y % de n-cétane
— abaissement du point initial, impliquant un recouvrement plus et (100 – Y ) % de HMN, l’indice de cétane IC sera, par définition :
prononcé avec la coupe kérosène ;
IC = Y + 0,15 ( 100 Ð Y )
— choix de fractions plus naphténiques et aromatiques que
paraffiniques ; dans ce cas, l’origine du pétrole brut exerce une Nota : la mesure normalisée de l’indice de cétane s’effectue sur un moteur CFR sem-
blable à celui utilisé pour la détermination des indices d’octane, mais présentant évidem-
influence considérable. ment une chambre de combustion de type Diesel. On ajuste, pour le gazole testé, le taux
de compression du moteur, de sorte que l’auto-inflammation, repérée sur un diagramme
Une dernière possibilité, largement utilisée en pratique, consiste à pression-angle de rotation vilebrequin (°V) se produise exactement au point mort haut
(PMH), alors que l’injection de carburant a lieu exactement 13 °V avant le PMH. Le taux de
incorporer des additifs dits fluidifiants. Ceux-ci interviennent en compression ainsi enregistré est encadré par deux valeurs relevées, dans les mêmes
favorisant la dispersion des cristaux de paraffine et en les empê- conditions de combustion, avec des mélanges de référence constitués de n-cétane et d’α-
chant ainsi de s’organiser en réseaux de grande taille, responsables méthylnaphtalène (ou de HMN). L’indice de cétane est ensuite calculé par interpolation
linéaire.
de l’obstruction des pores de filtres. Les additifs fluidifiants clas-
siques agissent essentiellement sur la TLF et le point d’écoulement, Un gazole commercial de bonne qualité présente généralement
mais ne modifient pratiquement pas le point de trouble ; ce sont un indice de cétane proche de 50. Cette caractéristique ne joue pas
généralement des copolymères, formés, par exemple, à partir de le même rôle essentiel que l’indice d’octane dans l’optimisation
motifs d’éthylène et d’acétate de vinyle : moteur-carburant ; en particulier, elle n’exerce pas d’incidence
directe sur le rendement du moteur. Cependant, un indice de cétane
[ CH CH2 CH2 CH2 CH CH2 CH2 CH2 CH ]n trop bas entraîne des détériorations des qualités d’utilisation :
démarrage difficile, bruit plus intense, notamment au ralenti à froid,
O O O émissions plus élevées de fumées au démarrage. Ces tendances
sont d’ailleurs plus accentuées sur les voitures particulières que sur
C 0 C 0 C 0
les véhicules utilitaires.
CH3 CH3 CH3 La procédure de détermination de l’indice de cétane sur moteur
CFR n’est pas extrêmement répandue, compte tenu de sa
Avec des doses comprises entre 200 et 600 p.p.m. (masse), les complexité, du coût de sa mise en œuvre et de sa relative impréci-
réductions de TLF et de point d’écoulement peuvent atteindre aisé- sion. Aussi existe-t-il plusieurs méthodes permettant d’estimer
ment 6 à 12 °C. Au-delà de cette plage, toute surdose d’additif pour- l’indice de cétane des gazoles à partir de leurs caractéristiques phy-
rait se révéler inutile, voire nuisible. siques et de leur structure chimique.
L’indice de cétane calculé, appelé cétane index en anglais, s’ex-
En ce qui concerne le FOD, ses caractéristiques à froid sont égale- prime par deux formules, conduisant à des résultats très proches.
ment surveillées pour assurer un fonctionnement correct des
moteurs qui l’utilisent (tracteurs, engins agricoles ou de travaux La plus anciennement utilisée (selon norme ASTM D 976) est :
publics), mais les contraintes sont moins sévères que celles inhé-
rentes aux véhicules routiers. ICC = 454,74 Ð 1641,416 ρ + 774,74 ρ 2 Ð 0,554 ( T 50 ) + 97,803lg ( T 50 )

Ainsi, en France, le FOD doit présenter des valeurs de point de avec ICC indice de cétane calculé,
trouble, TLF et point d’écoulement respectivement inférieures à
ρ masse volumique (kg/dm3) à 15 °C,
+ 2 °C, – 4 °C et – 9 °C ; de tels niveaux sont généralement atteints
sans recours à l’additivation. T50 température (°C) correspondant à 50 % distillés.

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Une autre formule plus moderne et plus précise (selon norme D’autres techniques de prévision de l’indice de cétane font appel
ASTM D 4737 ou ISO 4264) fait intervenir, non plus un seul point de à l’analyse chimique. On peut utiliser la chromatographie en phase
la courbe de distillation, mais trois. Elle s’exprime comme suit : gazeuse, la résonance magnétique nucléaire (RMN) ou encore la
spectrométrie de masse.
ICC = 45,2 +0,0892 T 10N + ( 0,131 + 0,901 B ) T 50N + ( 0,0523 Ð 0,402B )
Le tableau 14 présente les indices de cétane mesurés d’un certain
T 90N + 0,00049 [ ( T 10N ) 2 Ð ( T 90N ) 2 ] + 107B + ( 60B ) 2 nombre d’hydrocarbures purs susceptibles de figurer dans la
composition d’un gazole. Les relations propriétés/structures, dans
avec B = exp [− 3,5 (ρ − 0,854)] − 1 ASTM D 86, ce domaine, découlent de celles déjà exposées dans l’étude des
T10 = température (°C) correspondant à 10 % distillés, indices d’octane. Il est donc logique que :
T10N = T10 − 215, — l’indice de cétane des paraffines augmente avec la longueur de
la chaîne principale, mais diminue avec le nombre et la complexité
T50N = T50 − 260, des ramifications ;
T90 = température °C correspondant à 90 % distillés, — les oléfines présentent des indices de cétane inférieurs à ceux
T90N = T90 − 310. des paraffines correspondantes ;
L’indice de cétane calculé est tantôt supérieur, tantôt inférieur — la cyclisation, correspondant à la structure des naphtènes,
(situation la plus fréquente) à l’indice mesuré sur moteur CFR, mais, tende à réduire l’indice de cétane ;
le plus souvent, l’écart ne dépasse pas 2 points. — les aromatiques se caractérisent ici par un comportement
médiocre, atténué cependant lorsque la longueur de la chaîne aug-
Le tableau 13 montre les spécifications d’indices de cétane mente.
mesuré et calculé requises dans différentes régions d’Europe, selon
que celles-ci sont considérées comme tempérées (France et pays Lors de la formulation du gazole en raffinerie, le raffineur prend
limitrophes) ou arctiques (pays scandinaves). On notera que les en compte la structure chimique et l’indice de cétane des effluents
indices de cétane sont plus faibles dans les régions où il est néces- disponibles, afin d’obtenir, par mélange, une aptitude à l’auto-
saire d’obtenir un bon comportement à froid. En effet, le raffineur ne inflammation proche de celle requise par les spécifications.
peut généralement pas assurer un haut niveau de qualité simultané-
Cependant, pour ajuster l’indice de cétane au niveau souhaité, on
ment pour ces deux caractéristiques.
peut faire appel à des additifs appelés procétane. Ce sont des pro-
duits oxydants particulièrement labiles dont la décomposition
génère des radicaux libres et favorise ainsi l’auto-inflammation.
Deux familles de produits organiques ont été expérimentées : les
Tableau 13 – Spécifications d’indices de cétane peroxydes et les nitrates ; ces derniers sont pratiquement les
dans les gazoles en Europe seuls utilisés en service, en raison d’un meilleur compromis coût-
efficacité-facilité de mise en œuvre. Les plus connus sont des
Niveau requis
nitrates d’alkyle, plus précisément le nitrate de 2-éthylhexyle.
Classe de produit (1) Indice de cétane Indice de cétane Généralement, avec des doses d’additif comprises entre 300 et
mesuré calculé 1 000 p.p.m., il est possible d’augmenter de 3 à 5 points l’indice de
AàF 49 46 cétane d.’une base correspondant initialement à un niveau de 45 à
(climats tempérés) 48.
0 47 46 On notera que l’additivation augmente, certes, l’indice de cétane
mesuré, mais reste sans effet sur l’indice calculé, puisque celui-ci est
1 47 46
lié à des caractéristiques physiques (masse volumique, courbe de
2 46 45 distillation) qui ne sont pratiquement pas modifiées par incorpora-
3 45 43 tion d’un constituant supplémentaire, à une teneur inférieure à
0,1 %.
4 45 43
Nota : les constructeurs de moteurs Diesel tiennent à ce que l’aptitude à l’auto-
(1) Les classes 0 à 4 correspondent à des produits distribués en régions inflammation du gazole soit obtenue, pour une large part, grâce à une structure chimique
arctiques (Scandinavie). adaptée (limitation de la teneur en aromatiques, par exemple). C’est pourquoi, ils
accordent un intérêt particulier au respect de la spécification d’indice de cétane calculé.
Cela étant réalisé, ils sont évidemment favorables à un accroissement d’indice de cétane
mesuré, notamment par additivation.

Un autre critère, utilisé depuis très longtemps pour apprécier En ce qui concerne enfin le FOD, son emploi pour l’alimentation
l’aptitude d’un gazole à l’auto-inflammation, est le Diesel Index (DI). de certains moteurs Diesel (tracteurs agricoles notamment)
Celui-ci se définit par la relation : implique le respect d’un indice de cétane minimal, qui est fixé à 40
dans les spécifications françaises.
( PA ) Ð °API
DI = -------------------------------
100
avec °API degré API du gazole (cf. § 2.2),
PA point d’aniline. Précisons que le point d’aniline
3.3 Carburéacteurs
est la température (en °F) à laquelle un mélange
en volumes égaux d’aniline et de gazole devient
homogène. Les carburéacteurs constituent la source d’énergie des avions à
réaction qui ont maintenant totalement supplanté les appareils
Quelques formules empiriques ont été proposées pour relier munis de moteurs à piston ; ces derniers ne sont plus utilisés, en
l’indice de cétane au Diesel Index ou même directement au point effet, que par de rares particuliers à des fins de tourisme ou
d’aniline ; nous en citons deux ici, afin de situer ces grandeurs les d’affaires.
unes par rapport aux autres :
Après avoir précisé le mode de classification des carburéacteurs,
— indice de cétane = 0,72 DI + 10 nous décrirons deux caractéristiques importantes de ces produits :
— indice de cétane = PA − 15,5 ; leur aptitude à produire une flamme peu rayonnante et leur stabilité
avec PA en °C. thermique.

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Tableau 14 – Indices de cétane Encadré 1 − Différentes utilisations des carburéacteurs


de quelques hydrocarbures purs
Le carburéacteur utilisé par l’ensemble de l’aviation civile
Hydrocarbure Indice de cétane internationale est du type Jet A-1. Le symbole OTAN correspon-
dant à ce produit est F-35 ; une variante du Jet A-1 est le Jet A
n-Heptane 56 qui alimente les avions de lignes intérieures américaines ; sa
n-paraffines

n-Décane 76 seule particularité réside dans son point de congélation un peu


plus élevé : – 40 °C au lieu de – 47 °C.
n-Tridécane 88 Certains carburéacteurs militaires sont très proches du
n-Hexadécane (cétane) 100 Jet A-1 ; leur principale particularité est la présence quasi systé-
matique d’additif antiglace (empêchant la cristallisation des
n-Octadécane 110 traces d’eau), alors que le Jet A-1 n’en renferme pas. Leur appel-
2,2,4-Triméthylpentane (isooctane) 12 lation diffère selon les pays : TRO (TR pour turboréacteur) en
France, AVTUR (AViation TURbine) en Grande-Bretagne, JP-8
4,5-Diéthyloctane 20 (Jet Propelled ) aux États-Unis, où l’additivation est obligatoire.
2,5-Diméthylundécane 58 Dans ce dernier cas, le symbole OTAN correspondant est F-34.
L’aéronavale utilise, quant à elle, un carburant plus lourd que
Isoparaffines

4-Propyldécane 39 le Jet A-1, à haut point d’éclair, ce qui permet de le stocker sans
5-Butylnonane 53 danger dans les soutes de porte-avions. Les symboles OTAN
sont F-44 ou F-43, selon qu’ils contiennent ou non un additif
2,7-Diméthyl-4,5-diéthyloctane 39 antiglace. Les appellations courantes sont TR5 et JP-5, ce der-
5-Butyldodécane 45 nier étant obligatoirement additivé.
Il existe aussi des carburéacteurs de type large coupe, avec
7-Butyltridécane 70 un point initial de distillation très bas (proche de 70 °C). Ces pro-
8-Propylpentadécane 48 duits sont désignés par les sigles Jet B ou F-45 s’ils ne contien-
nent pas d’additif antiglace, F-40 s’ils en contiennent. Leurs
9, 10-Diméthyloctadécane 59 autres appellations courantes sont TR4 en France, JP-4 aux
Tétradéc-1-ène 79 États-Unis (uniquement en cas d’utilisation d’additif antiglace).
La volatilité élevée de cette catégorie de carburéacteurs entraîne
Hexadéc-1-ène 88
Oléfines

des risques lors de leur manutention et de leur emploi ; aussi


5-Butyldodéc-4-ène 45 sont-ils presque exclusivement réservés à des applications mili-
taires.
7-Butyltridéc-1-ène 36 Signalons encore l’existence, aux États-Unis, d’une autre
8-Propylpentadéc-8-ène 45 qualité de carburéacteur appelé TS (Thermally Stable) ou JP-7.
Celui-ci est destiné à des usages particuliers requérant une
Cyclohexane 13 grande stabilité thermique, par exemple lors de vols à vitesse
Méthylcyclohexane 20 supersonique.
Enfin, nous ne ferons que citer ici l’existence de carburéac-
Bicyclohexyle 53
Naphtènes

teurs de synthèse à haute énergie volumique, destinés aux mis-


3-Cyclohexylhexane 36 siles. Les produits appelés RJ-4, RJ-5 et RJ-6 (RJ pour Ram Jet)
sont utilisés dans des engins équipés de statoréacteurs. Le JP-9
2-Méthyl-3-cyclohexylnonane 70
et le JP-10 alimentent des missiles propulsés par des turboréac-
Décaline 48 teurs.
n-Propyldécaline 35
On peut considérer qu’il existe essentiellement trois sortes de car-
Tertiobutyldécaline 24 buréacteurs classiques ; la première est de type kérosène, la
n-Hexylbenzène 26 seconde kérosène à haut point d’éclair, tandis que la troisième est
appelée large coupe.
n-Octylbenzène 31
Aromatiques

n-Nonylbenzène 50
n-Dodécylbenzène 68 3.3.2 Aptitude à une combustion peu rayonnante
Diphényle 21
Diphénylméthane 111 Afin de maintenir un rendement énergétique élevé du réacteur et
d’assurer la longévité des matériaux constituant la chambre de
β, n-Butylnaphtalène 6
combustion, la turbine et la tuyère, il est nécessaire d’obtenir une
β, n-Octylnaphtalène 18 flamme claire, minimisant les échanges de chaleur par rayonne-
ment et limitant la formation de dépôts de carbone. Ces qualités
sont déterminées par deux procédures fournissant respectivement
le point de fumée et l’indice de luminométrie.
3.3.1 Classification
■ Le point de fumée correspond, pour une lampe à mèche normali-
Cette classification est rendue complexe par la distinction entre sée, à la hauteur maximale possible de la flamme sans formation de
les usages civils et militaires, mais aussi par le fait que des produits fumée (normes NF M 07-028 et ASTM D 1322). Les valeurs obtenues
quasi identiques peuvent être désignés par des sigles différents aux couramment sont comprises entre 10 et 40 mm. Le point de fumée
États-Unis et dans d’autres régions du monde. Le tableau 15 montre est directement lié à la structure chimique du carburant ; il est élevé,
le mode de classification proposé par l’OTAN. On trouvera en donc satisfaisant, avec les paraffines linéaires, plus faible avec les
encadré 1 un résumé des différentes utilisations de ces carburéac- paraffines ramifiées et nettement plus bas encore avec les naph-
teurs. tènes et les aromatiques.

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Tableau 15 – Classification et nomenclature des principaux types de carburéacteurs


Type de carburéacteurs Présence d’additif antiglace Symbole OTAN Symbole ASTM D 1655 Appellations courantes
Oui F-34 TRO, JP-8, AVTUR
Kérosène
Non F-35 Jet A-1
Haut point d’éclair Oui F-44 TR-5, JP-5
Non F-43
Oui F-40 TR4, JP-4 TRO, JP-8, AVTUR
Large coupe
Non F-45 Jet B
Haute stabilité thermique Oui T5, JP-7
Haute énergie volumique Oui RJ-6, JP-9, JP-10
Non RJ-4, RJ-5

Il ne faut pas confondre point de fumée (Smoke Point) et indice de rement lors de vols supersoniques où l’échauffement cinétique pro-
fumée (Smoke Volatility Index) ; cette dernière caractéristique, appli- duit une élévation notable de température dans les réservoirs.
quée fréquemment aux carburéacteurs du type large coupe, La technique de mesure la plus connue pour estimer la stabilité
s’obtient par la relation numérique : thermique est appelée Jet Fuel Thermal Oxydation Tester (JF TOT).
indice de fumée = point de fumée + 0,42 Z Elle exprime la tendance du produit à former des dépôts sur une
avec Z pourcentage distillé à 400 °F. surface métallique portée à haute température. Dans la méthode
normalisée (norme ASTM D 3241), l’échantillon passe sous une
■ L’indice de luminométrie (ASTM D 1740) est une caractéristique pression de 34,5 bar au contact d’un tube en aluminium chauffé (à
moins utilisée que les indices d’octane ou de cétane. Il se détermine 260 °C pour le Jet A1). On enregistre, après 150 min d’essai, la perte
sur la lampe normalisée citée précédemment, mais équipée, en de charge à travers un filtre de 17 mm, placé à la sortie du réchauf-
outre, de thermocouples permettant de mesurer les températures feur.
correspondant à différentes hauteurs de flamme, et d’une cellule
photoélectrique, afin d’évaluer la luminosité. Le carburéacteur testé Exemple : pour le Jet A-1, la perte de charge doit être inférieure à
est comparé à deux hydrocarbures ; la tétraline et l’isooctane, aux- 25 mm Hg (33 mbar), et la cotation visuelle du tube doit correspondre
quels on attribue respectivement les indices 0 et 100. Les valeurs à un niveau maximal de trois sur une échelle de référence ; pour des
couramment obtenues sur les produits commerciaux varient, le plus carburéacteurs spéciaux à haute stabilité thermique (JP-7 et TS), les
souvent, entre 40 et 70 ; la valeur requise pour le Jet A-1 est de 45. conditions opératoires sont plus sévères, en ce qui concerne les tem-
pératures du tube qui atteignent respectivement 335 °C (TS) et 355 °C
En pratique, l’indice de luminométrie dépend directement de la (JP-7) ; dans ce dernier cas, la durée de l’essai est doublée (300 min au
teneur en constituants monoaromatiques et diaromatiques. Pour lieu de 150). La limite admise de perte de charge est toujours de
cette raison, on s’efforce de ne pas dépasser, généralement, une 33 mbar.
teneur maximale en aromatiques de 22 % (volume) dans le carbu-
réacteur. On surveille plus particulièrement la teneur en naphtalène La stabilité thermique des carburéacteurs dépend étroitement de
déterminée par la méthode ASTM D 1840. Cette teneur est, le plus leur structure chimique. Elle sera généralement meilleure en pré-
souvent, inférieure à 3 % (volume). sence de constituants paraffiniques et isoparaffiniques qu’avec des
En ce qui concerne les spécifications, il faut noter qu’elles ne hydrocarbures napthéniques et aromatiques.
portent que sur l’une ou l’autre des grandeurs thermochimiques Les impuretés exercent également une action notable sur la stabi-
qui viennent d’être explicitées. Un carburéacteur de type Jet A-1 lité thermique. La présence d’oxygène dissous, par exemple, favo-
devra, en effet, respecter : rise les réactions en chaîne de condensation et de polymérisation
— soit un point de fumée minimal de 25 ; mises en cause dans ces processus. Les composés azotés, présents
— soit un indice de luminométrie minimal de 45 ; à l’état de traces, agissent probablement dans le même sens.
— soit un point de fumée minimal de 19 et une teneur en naphta-
lène inférieure à 3 % (volume).
Le plus souvent, le dosage des aromatiques et la mesure du point
de fumée se substituent à la détermination de l’indice de lumino-
3.4 Fuels lourds et carburants
métrie qui n’apporte pas d’informations véritablement nouvelles. pour moteurs Diesel marins
D’ailleurs, l’ASTM propose la relation suivante entre l’indice de
luminométrie (IL) et le point de fumée (PF) :
Ces deux types de produits présentent des caractéristiques voi-
IL = Ð 12,03 + 3,009 PF Ð 0,0104 ( PF ) 2 sines, mais les critères de qualité pris en compte dans les spécifi-
cations qui les concernent ne sont pas nécessairement les mêmes.
Ainsi, les fuels lourds utilisés comme combustibles dans l’industrie
3.3.3 Stabilité thermique sont caractérisés par des propriétés classiques : masse volumique,
viscosité, point d’éclair, teneur en soufre et en impuretés (eau, inso-
Le carburant circulant dans certaines zones chaudes de l’avion lubles…).
peut atteindre des températures élevées, d’autant plus qu’il est par- Dans les carburants marins, on détermine en outre le résidu de
fois utilisé comme fluide de refroidissement pour le lubrifiant, le carbone, la teneur en asphaltènes et en métaux. On se préoccupe
liquide hydraulique ou l’air conditionné. Il est donc nécessaire de enfin d’obtenir une compatibilité satisfaisante entre produits corres-
contrôler la stabilité thermique des carburéacteurs, plus particuliè- pondants à des approvisionnements différents.

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3.4.1 Classification des produits 3.4.3 Teneur en métaux


■ Le vanadium, présent dans le pétrole brut, se concentre inévita-
Le fuel lourd n° 1, qui n’est pratiquement plus utilisé, présentait
blement dans les fractions lourdes où sa teneur massique peut
une viscosité à 50 °C inférieure à 110 mm2/s. Le seul produit indus-
dépasser largement 100 ppm. Ce métal forme avec le sodium, pré-
triel actuellement diffusé est le fuel lourd n° 2, de viscosité supé-
sent lui aussi à l’état de traces, des sels complexes devenant forte-
rieure à 110 mm2/s (à 50 °C). Il en existe trois variantes :
ment corrosifs lorsqu’ils se déposent à l’état liquide, notamment au
— l’une classique, de teneur en soufre inférieure à 4 % ; voisinage des soupapes d’échappement. Il existe plusieurs moyens
— la seconde, dite à basse teneur en soufre (moins de 2 %) ou technologiques pour combattre la corrosion vanadique ; néan-
BTS ; moins, pour chaque type de fuel lourd, dans les catégories DM et
RM, une teneur maximale en vanadium, comprise, selon les cas,
— la troisième, dite à très basse teneur en soufre (moins de 1 %) entre 100 et 600 mg/kg, est requise.
ou TBTS.
■ L’aluminium et le silicium, présents dans les fuels sous forme de
Les normes internationales ISO 8216 et ISO 8217 définissent les silicates d’alumine extrêmement durs, proviennent de contacts avec
modes de classement et de désignation des carburants dits marine, les catalyseurs (notamment de craquage), lors des différentes opé-
puisqu’ils sont utilisés dans les gros moteurs Diesel assurant la trac- rations de raffinage. Ces métaux exercent une action abrasive très
tion des navires. dangereuse sur différentes pièces du moteur (cylindre, segments,
La catégorie de carburant est caractérisée par un ensemble de chemises, pompes d’injection). Ils doivent donc être en partie élimi-
trois lettres : la première lettre (D ou R) désigne le type de produit nés avant utilisation du carburant, par centrifugation et filtration.
(distillat ou résidu), la seconde (M) se réfère à l’usage (marine), la Puisque ces opérations ne sont pas d’une efficacité absolue, il est
troisième (de A à L, ainsi que X) a pour but de différencier les pro- nécessaire de limiter à 80 mg/kg les teneurs en aluminium + silicium
duits en fonction de leurs propriétés. Enfin, dans la famille des rési- des fuels du type RM ; sur les produits moins lourds (DM), la teneur
dus, l’identification du carburant est complétée par un nombre (10, en impuretés métalliques, hors vanadium, est même limitée à
15, 25…) indiquant la viscosité cinématique maximale (mm2/s) à 25 mg/kg.
100 °C. C’est ainsi que l’on définit et distingue les produits DMX,
DMA, DMB, DMC, puis RMA10, RMB10, RMC10, RMD15, RME25,
RMF25, RMG35, RMH35, RMK35, RMH45, RMK45, RML45, RMH55, 3.4.4 Compatibilité entre fuels
RMK55, RML55 ; leurs spécifications sont indiquées dans les
tableaux 16 et 17. Nous nous bornerons ici à décrire quelques cri- Les mélanges de deux fuels d’origines différentes peuvent modi-
tères spécifiques de ces produits pétroliers lourds. fier les équilibres régnant entre leurs différents constituants et créer
des phénomènes de démixtion plus ou moins prononcés. Ainsi, on
observe, dans certains cas, une précipitation assez rapide des
3.4.2 Résidu de carbone Conradson et teneurs asphaltènes créant l’embourbage de centrifugeuses, le colmatage
de filtres, l’obstruction de canalisations…
en asphaltènes
Certains tests de laboratoire permettent d’apprécier les risques
d’incompatibilité entre fuels. Le plus connu est l’essai dit à la tache,
Le résidu de carbone Conradson (selon norme ISO 10370) qui consiste à comparer l’aspect des taches laissées, sur un papier
renseigne sur la tendance relative du fuel lourd à former du coke, filtre, par deux fuels et leur mélange (norme NF M 07-072).
après pyrolyse. Il s’agit en réalité d’un critère de stabilité thermique
qui indique la tendance à former des dépôts, en particulier sur les
injecteurs.
3.5 Lubrifiants, huiles industrielles
Nota : la procédure de détermination consiste à chauffer l’échantillon, à haute tempéra-
ture, dans un creuset ; les vapeurs dégagées sont enflammées et le résidu est pesé après et graisses
refroidissement. Le résultat s’exprime en % masse par rapport à l’échantillon traité ; celui-
ci est constitué soit du produit pétrolier tel quel (cas du fuel lourd), soit de la fraction repré-
sentant les dix derniers pour-cent distillés (cas du gazole et du FOD). La gamme des produits classés sous cette rubrique est extrême-
Le résidu de carbone d’un fuel lourd atteint fréquemment 5 à ment large et il n’est pas possible d’en fournir ici une description
10 %, parfois même 20 %. Les spécifications exigent des niveaux détaillée, les domaines d’application étant eux-mêmes très nom-
compris entre 0,3 et 2,5 % pour les produits de type DM, entre 10 et breux et variés. Nous nous contenterons de rappeler quelques
22 % pour les composés de type RM. Sur les gros moteurs marins, caractéristiques générales des grands types de produits et, tout par-
les conséquences néfastes d’un résidu de carbone Conradson trop ticulièrement, des huiles pour moteurs.
élevé sont combattues par des moyens technologiques tels que
l’émulsion d’eau dans le carburant et l’accroissement de la pression
d’injection. 3.5.1 Classification générale
La norme ISO 8681 relative à l’ensemble des produits pétroliers
Les asphaltènes sont des molécules lourdes, complexes, regroupe tous les lubrifiants, huiles et graisses dans la classe L.
contenant un grand nombre d’éléments autres que le carbone Cette dernière se subdivise elle-même (norme ISO 6743/0) en dix-
et l’hydrogène (soufre, azote, nickel, vanadium…), et dans les- huit familles ou catégories en fonction des usages (lubrification des
quelles prédominent des structures polyaromatiques reliées par turbines, des compresseurs, des engrenages, travail des métaux,
des chaînes saturées. graissage, utilisation comme fluides hydrauliques, lubrification des
moteurs…).

La teneur en asphaltènes se détermine le plus souvent par préci- La classification ISO des huiles pour moteurs n’est pas achevée,
pitation en présence de n-heptane. Elle peut varier de 4 à 5 % sur les car les conditions de lubrification varient selon les technologies, en
distillats, jusqu’à 15 ou 20 % sur les produits les plus lourds. Bien particulier entre l’Europe, les États-Unis et le Japon.
qu’il n’existe pas de spécification officielle de teneur maximale en On utilise en pratique la classification américaine dite Society of
asphaltènes des carburants marine, on accorde toujours une grande Automotive EngineersSAE () qui existe depuis 1911 et qui a connu,
importance à cette caractéristique, qui est liée à la qualité de au fil des années, plusieurs révisions dont la plus récente en 1995 ;
combustion (fumée, formation éventuelle de dépôts…). cette dernière est désignée par le sigle SAE-J300-1995.

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Tableau 16 – Spécifications des carburants marine de type distillats


Désignation ISO-F
Caractéristiques Méthodes
DMX DMA DMB DMC
Masse volumique maximale à 15 °C ....... (kg/ (1) 890,0 900,0 920,0 ISO 3675 ou ISO 12185
m3)
Viscosité minimale à 40 °C (2) ................ (mm2/s) 1,40 1,50 ISO 3104
Viscosité maximale à 40 °C (2) ............... (mm2/s) 5,50 6,00 11,0 14,0 ISO 3104
Point d’éclair minimal .................................... (°C) 43 60 60 60 ISO 2719
Point d’écoulement (qualité hiver) (3) ........... (°C) −6 0 0 ISO 3016
Point d’écoulement (qualité été) (3) .............. (°C) 0 6 6 ISO 3016
Point de trouble .............................................. (°C) − 16 (4) ISO 3015
Teneur maximale en soufre ................ (% masse) 1,0 1,5 2,0 2,0 ISO 8754
Indice de cétane minimal ...................................... 45 40 35 ISO 5165
Résidu maximal de carbone (5) (sur le résidu 0,30 0,30 ISO 10370
10 % de distillation) ............................. (% masse)
Résidu maximal de carbone (5) .......... (% masse) 0,30 2,50 ISO 10370
Teneur en cendres ............................... (% masse) 0,01 0,01 0,01 0,05 ISO 6245
Sédiments maximaux ......................... (% masse) 0,07 ISO 3735
Sédiments totaux existant
(valeur maximale) ............................... (% masse) 0,10 ISO 10307-1
Teneur maximale en eau ......................... (% vol.) 0,3 0,3 ISO 3733
Teneur maximale en vanadium .............. (mg/kg) 100 ISO 14597
Teneur maximale en aluminium
+ silicium .................................................. (mg/kg) 25 ISO 10478
(1) La masse volumique n’est pas spécifiée, sauf dispositions particulières dans quelques régions du monde.
(2) 1 mm2/s = 1 cst.
(3) Il est recommandé que les acheteurs s’assurent que ce point d’écoulement convient au matériel de bord, surtout si le bateau navigue d’un hémisphère à l’autre.
(4) Ce carburant est utilisé à des températures allant jusqu’à − 15 °C sans nécessité de chauffage.
(5) Par une méthode microanalytique.

Tableau 17 – Spécifications des carburants marine de type résidus


Désignation ISO-F
Caractéristiques
RMA RMB RMC RMD RME RMF RMG RMH RMK RMH RMK RML RMH RMK RML Méthodes
maximales
10 10 10 15 25 25 35 35 35 45 45 45 55 55 55
Masse volumique ISO 3675 ou
à 15 °C .............. (kg/m3) 975,0 981,0 981,0 985,0 991,0 991,0 991,0 991,0 1010,0 991,0 1010,0 − 991,0 1010,0 − ISO 12185
Viscosité cinématique
à 100 °C ........... (mm2/s) 10,0 10,0 10,0 15,0 25,0 25,0 35,0 35,0 35,0 45,0 45,0 45,0 55,0 55,0 55,0 ISO 3104
Point d’éclair .......... (°C) 60 60 60 60 60 60 60 60 60 60 60 60 60 60 60 ISO 2719
Point d’écoulement
(qualité hiver) (1) .... (°C) 0 24 24 30 30 30 30 30 30 30 30 30 30 30 30 ISO 3016
Point d’écoulement
(qualité été) (1) ....... (°C) 6 24 24 30 30 30 30 30 30 30 30 30 30 30 30 ISO 3016
Résidu de carbone
...................... (% masse) 10 10 14 14 15 20 18 22 22 22 22 − 22 22 − ISO 10370
Teneur en cendres
...................... (% masse) 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,15 0,15 0,20 0,20 0,20 0,20 0,20 0,20 0,20 0,20 ISO 6245
Teneur en eau .. (% vol.) 0,5 0,5 0,5 0,8 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 ISO 3733
Teneur en soufre
...................... (% masse) 3,5 3,5 3,5 4,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 ISO 8754
Teneur en vanadium
........................... (mg/kg) 150 150 300 350 200 500 300 600 600 600 600 600 600 600 600 ISO 14597
Teneur en aluminium
+ silicium (% masse) 80 80 80 80 80 80 80 80 80 80 80 80 80 80 80 ISO 10478
Sédiments totaux
...................... (% masse) 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 ISO 10307-2
(1) Il est recommandé aux acheteurs de s’assurer que ce point d’écoulement convient au matériel de bord, surtout si le bateau navigue d’un hémisphère à l’autre.

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Tableau 18 – Classification des huiles selon leur grade de viscosité (SAE - J300 - 1995)
Viscosité cinématique
Classe de viscosité Limite maximale Viscosité maximale à 100 °C (3) Viscosité minimale
SAE de viscosité à froid (1) et température limite sous cisaillement
de pompabilité (2) mm2/s à 150 °C (4)
mPa.s à (°C) mPa.s à (°C) mPa.s
mini. maxi.
0W 3 250 à (− 30) 60 000 à (− 40) 3,8
5W 3 500 à (− 25) 60 000 à (− 35) 3,8
10 W 3 500 à (− 20) 60 000 à (− 30) 4,1
15 W 3 500 à (− 15) 60 000 à (− 25) 5,6
20 W 4 500 à (− 10) 60 000 à (− 20) 5,6
25 W 6 000 à (− 5) 60 000 à (− 15) 9,3
20 5,6 , 9,3 2,6
30 9,3 , 12,5 2,9
40 12,5 , 16,3 2,9 (5)
40 12,5 , 16,3 3,7 (6)
50 16,3 , 21,9 3,7
60 21,9 , 26,1 3,7
(1) Selon norme ASTM D 5293 CCS.
(2) Selon norme ASTM D 4684 MRV.
(3) Selon norme ASTM D 445.
(4) Selon norme ASTM D 4683 (et méthode CEC L-36-A90).
(5) Pour classes 0 W - 40,5 W - 40 et 10 W - 40.
(6) Pour classes 15 W - 40,20 W - 40,25 W - 40 et 40.

Sur les moteurs thermiques actuels, il est nécessaire que le lubri- 3.5.2.1 Les bases
fiant ne soit pas trop visqueux à basse température afin de minimi-
Les bases pour lubrifiants peuvent être minérales, c’est-à-dire
ser les pertes par frottement, mais suffisamment visqueux à haute
d’origine pétrolière, ou bien synthétiques.
température afin d’assurer un contact satisfaisant entre les pièces.
Ces exigences ont conduit à définir des huiles dites multigrades. Les bases minérales sont des fractions pétrolières classiques
choisies ou préparées en fonction de critères bien définis : viscosité,
Le tableau 18 montre les différents grades de viscosité SAE. Le point de congélation, absence d’impuretés. Les structures
grade aW (W comme Winter) correspond à une limite de viscosité chimiques les plus recherchées sont de nature naphténique ou iso-
maximale à basse température ; par exemple, pour le grade 10W, la paraffinique. On opère par traitement à l’hydrogène (hydroraffi-
viscosité doit être inférieure à 3 500 mPa.s à – 20 °C, la mesure étant nage), séparation et extraction par solvant afin d’enlever les
effectuée sur un viscosimètre dynamique rotatif appelé CCS (Cold constituants aromatiques.
Cranking Simulator). De plus, on estime, à froid, la température Les bases synthétiques peuvent être :
limite de pompabilité au moyen d’un autre viscosimètre dit MRV — des polymères d’oléfines, ou poly-α-oléfines (PAO), de prix éle-
(Mini Rotary Viscosimeter). Les valeurs maximales de viscosité vés, mais présentant de hautes performances ;
déterminées selon cette technique, à une température fixée, sont — des polyisobutènes (PIB) ;
fournies, pour chaque grade hiver, dans le tableau 18. — des dialkylbenzènes (DAB) ;
— des esters obtenus par réaction entre alcools et acides orga-
Les différents grades été sont, quant à eux, définis par une four- niques ;
chette de viscosité cinématique à 100 °C et par une valeur minimale — des polyglycols, qui sont des polymères obtenus à partir
de viscosité absolue à 150 °C. d’oxyde d’éthylène ou de propylène ; les polypropylèneglycols sont
les plus répandus ;
Une huile multigrade est désignée par le sigle aW-b (par exemple, — des esters phosphoriques, réservés à des usagers particuliers
10W-40, 15W-50, 5W-50) qui garantit l’obtention des caractéristiques et actuellement en régression, compte tenu du caractère irritant,
de viscosité recherchées, à la fois à froid et à chaud. voire toxique, de leurs produits de dégradation ;
— des produits spéciaux : silicones, polyphényléthers, composés
chlorés ou fluorés.
3.5.2 Composition et mode de formulation
3.5.2.2 Les additifs
des lubrifiants
Un lubrifiant moderne peut contenir jusqu’à 15 ou 20 % (en
masse) d’additifs divers. Ceux-ci se répartissent en plusieurs catégo-
Toutes les huiles ou graisses sont constituées d’un composant ries selon leur fonction et leur mode d’action. Le tableau 19 indique
principal appelé base, auquel sont ajoutés des additifs afin d’obtenir les principaux effets recherchés et les types de produits le plus sou-
les propriétés spécifiques à chaque type d’application. vent utilisés.

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des huiles de référence d’indice 100 et 0, présentant la viscosité Y à


Tableau 19 – Principaux types d’additifs pour lubrifiants 100 °C.
L’indice de Dean et Davis est donné par la relation :
Fonction recherchée Structure chimique
Amélioration de l’indice Polyméthacrylate d’alkyles (PMA) LÐU
VI = 100 --------------
de viscosité Copolymères d’oléfines (CPO) : LÐH
Copolymères mixtes (PMA-CPO)
Copolymère butadiène-styrène Les tables ASTM fournissent les valeurs de L et H, mais seulement
hydrogéné lorsque Y est inférieur à 70 mm2/s à 100 °C ; si Y dépasse ce seuil, on
Copolymère isoprène-styrène calcule L et H par les relations :
hydrogéné
Abaissement du point Polyalkylnaphtalènes L = 0,8353 Y 2 + 14,67 Y Ð 216
d’écoulement Polyméthacrylate d’alkyles
L Ð H = 0,6669 Y 2 + 2,82 Y Ð 119
Caractère antioxydant Alkylphénols
α-Naphtylamine L’indice de Dean et Davis ne donne pas entière satisfaction ; en
Dialkyldithiophosphate de zinc
effet, deux huiles équivisqueuses, c’est-à-dire présentant une visco-
Caractère détergent Alkylsulfonates de calcium sité constante en fonction de la température, peuvent, selon la défi-
et dispersant Alkylphénates de calcium nition précédente, présenter des VI très différents selon leur niveau
Succinimides intrinsèque de viscosité ; de même, deux huiles présentant la même
Alkylphénates de calcium sulfurés viscosité à 40 °C et des viscosités différentes à 100 °C peuvent avoir
Action antimousse Polysilicones le même indice de Dean et Davis. Pour s’affranchir de ces difficultés,
on a créé un nouvel indice de viscosité, pour les huiles d’indice
supérieur à 100.
3.5.2.3 Cas particuliers des graisses Dans ce cas, l’huile n’est comparée qu’à une huile de la famille H
présentant la même viscosité Y à 100 °C.
L’indice de viscosité s’écrit alors :
Une graisse est, par définition, un produit semi-solide obtenu
par dispersion d’un agent gélifiant dans un lubrifiant liquide. 10 N Ð 1
VI = ---------------------- + 100
0,00715
De nombreuses associations sont possibles entre différents types
de bases liquides et de gélifiants ; parmi ces derniers, on fait la dis- lg H Ð lg U H
avec N = ------------------------------- ou Y N = ----
tinction entre : lg Y U
— des produits inorganiques (silice, bentonites ou silicoalumi-
nates…) ; H est une fonction parabolique de Y :
— des produits organiques du type savon simple ou complexe.
H = 0,1684 Y 2 + 11,85 Y Ð 97
Les savons simples sont obtenus par réaction d’acides gras d’ori-
gine animale ou végétale, avec une base (lithine, soude, chaux). En pratique, des tables fournissent directement l’indice de visco-
Les savons complexes résultent de réactions entre les produits sité d’une huile, en fonction de sa viscosité cinématique à 40 °C et
précédents et d’autres comme l’acide acétique, l’acide 12-hydroxy- 100 °C. Les huiles pour moteurs présentent actuellement des indices
stéarique, l’acide benzoïque, l’isopropylate d’aluminium. Il n’est évi- de viscosité compris entre 140 et 200.
demment pas possible de décrire ici, dans le détail, le mode de for-
mulation des différents types de graisses. 3.5.3.2 Indices de neutralisation
On considère à la fois l’indice d’acide (Acid Number ) et la basicité
3.5.3 Principales caractéristiques des lubrifiants (Base Number).

Nous nous bornerons ici à l’étude des huiles pour moteur, en pré- L’indice d’acide est, par définition, le nombre de milligrammes
cisant quelques critères de qualités spécifiques tels que l’indice de de potasse nécessaire pour neutraliser les produits à caractère
viscosité, la basicité, la teneur en cendres. acide présents dans un gramme de lubrifiant.

3.5.3.1 Indice de viscosité


Les huiles neuves peuvent présenter un indice d’acide non négli-
C’est un nombre caractérisant, dans une échelle conventionnelle, geable, à cause de la présence de certains additifs, comme le dithio-
la variation de viscosité de l’huile en fonction de la température. phosphate de zinc. Au cours du vieillissement, l’indice d’acide
Plus cette variation est faible, plus l’indice de viscosité est élevé, ce augmente en raison de la pollution de l’huile par certains produits
qui, évidemment, constitue un critère de qualité. de combustion (par exemple, l’acide sulfurique apporté par la pré-
L’échelle qui, à l’origine, s’étendait de 0 à 100, a été ensuite extra- sence de soufre dans le carburant).
polée à des indices supérieurs à 100. Examinons tout d’abord la défi- Pour combattre l’action néfaste des impuretés et des produits
nition de base correspondant à l’indice dit de Dean et Davis. d’oxydation qui, au cours du temps, s’accumulent dans l’huile, on
On choisit deux familles d’huiles de référence, l’une caractérisée ajoute des additifs alcalins ou alcalinoterreux qui ont une action
par une faible pente viscosité-température, l’autre présentant au détergente et dispersante. Ces produits ont un caractère basique.
contraire une pente élevée. La première famille de nature paraffi-
nique est désignée par le sigle H (High), l’autre, à caractère naphté-
nique, est représentée par le symbole L (Low). Elles se voient attri- Par définition, l’alcalinité (Base Number ou BN) est exprimée
buer respectivement des indices de viscosité de 100 et 0. Consi- par le nombre de milligrammes de potasse qui aura, pour un
dérons une huile commerciale présentant une viscosité cinématique gramme d’huile, le même pouvoir neutralisant vis-à-vis des pol-
(mm2/s) Y à 100 °C et U à 40 °C. Soient H et L les viscosités à 40 °C luants acides (ASTM D 4739).

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À l’état neuf, le BN d’une huile varie selon le type d’usage auquel — les bitumes soufflés résultant d’une oxydation partielle par
elle est destinée (6 à 8 mg KOH/g pour une application essence, 9 à l’air ; ces produits présentent généralement un point de ramollisse-
10 mg/g et jusqu’à 15 mg/g pour une utilisation diesel) ; au cours du ment très élevé.
temps les valeurs précédentes peuvent descendre jusqu’à 4 mg ; à
ce moment, la vidange devient utile, voire nécessaire.
Nota : on peut s’étonner du fait que l’on puisse mesurer, à la fois, dans un 3.7.2 Domaines d’application
même lubrifiant, un indice d’acide et un indice de base ; en réalité, le caractère
acide, obtenu par neutralisation à la potasse, est dû à la présence de dithio-
phosphate de zinc et de certains produits de combustion du soufre ; le carac- Les bitumes purs, fluidifiés ou fluxés, ainsi que les émulsions,
tère basique, déterminé par neutralisation à l’acide chlorhydrique ou perchlo-
rique, provient des détergents alcalins et alcalinoterreux. sont essentiellement utilisés dans les revêtements routiers ; les
bitumes soufflés trouvent, quant à eux, de nombreuses applications
dans les travaux d’étanchéité (joint), d’insonorisation, d’isolation
3.5.3.3 Teneur en cendres électrique.

La teneur en cendres d’une huile est le pourcentage en masse,


par rapport au produit initial, recueilli après calcination 3.7.3 Principales caractéristiques
complète d’un échantillon dans des conditions bien détermi-
nées. Les différents types de bitumes sont classés en fonction de cer-
taines propriétés spécifiques dont les plus importantes sont le point
Le plus souvent, les cendres constituées d’éléments métalliques de ramollissement et la pénétrabilité à l’aiguille. D’autres propriétés
(zinc, calcium, baryum, magnésium) sont ensuite traitées par l’acide que nous décrirons brièvement ici sont également utilisées pour
sulfurique pour être transformées en sulfates. Le résultat s’exprime répertorier et distinguer les principales classes de bitumes
en teneur en cendres sulfatées (% masse), selon la procédure (tableau 22).
NF T 60-143.
La teneur en cendres sulfatées, comprise, selon les types d’huiles, 3.7.3.1 Pénétrabilité à l’aiguille
entre 0,8 et 1,5 %, renseigne sur la teneur en additifs inorganiques.
Elle ne doit pas être trop élevée, afin d’éviter certains phénomènes
de combustion parasite comme le préallumage. C’est la profondeur, exprimée en dizièmes de millimètre, à
laquelle pénètre, dans un échantillon de bitume testé à 25 °C,
une aiguille d’acier normalisée appliquée pendant 5 secondes,
sous une charge de 100 g (norme NF T 66-004).
3.6 Combustibles spéciaux
3.7.3.2 Point de ramollissement
Dans cette catégorie entrent :
— les gaz de pétrole liquéfiés (GPL) répartis eux-mêmes en deux C’est la température à laquelle un produit bitumineux devient
classes : suffisamment mou, dans des conditions normalisées.
—le butane commercial ;
—le propane commercial ;
— le combustible liquide destiné aux appareils mobiles de chauf- La mesure s’effectue selon la méthode dite bille et anneau
fage. (NF T 66-008). Une bille d’acier, de dimension et de masse fixées, est
placée sur une pastille de bitume enchâssée dans un anneau métal-
Ces produits sont utilisés soit dans des usages domestiques lique. L’ensemble est chauffé progressivement. Lorsque la pastille
(chauffage, cuisine), soit pour la fourniture d’énergie thermique de bitume est devenue assez molle pour que la bille la traverse et
dans l’industrie. parcoure une hauteur de 2,5 cm, on atteint la température corres-
Leurs spécifications concernent essentiellement les propriétés pondant au point de ramollissement. Celle-ci est fréquemment
physiques (distillation, pression de vapeur, viscosité...) et les notée TBA (Température Bille et Anneau).
teneurs en impuretés (soufre, benzène, aromatiques...) ; elles sont
présentées dans les tableaux 20 et 21.
3.7.3.3 Résistance au durcissement
Le bitume subit un vieillissement artificiel par oxydation à chaud
(méthode NF T 66-032) ; on compare ses propriétés physiques, et en
3.7 Bitumes particulier sa dureté, avant et après le test d’oxydation. La procédure
est généralement désignée par le sigle RTFOT (Rolling Thin Film
Over Test). Les tests précédemment décrits de pénétrabilité à
Les bitumes appartiennent à la catégorie des liants hydrocarbo- l’aiguille et de point de ramollissement peuvent être effectués, non
nés, définis et classés dans la norme française NF T 65-000. seulement sur le bitume tel quel, mais aussi après vieillissement.

3.7.1 Classification 3.7.3.4 Point de fragilité Fraass


Cette caractéristique renseigne sur la fragilité du bitume à basse
On fait la distinction entre : température. La procédure (NF T 66-026) consiste à mesurer la tem-
— les bitumes purs directement issus du raffinage du pétrole pérature à laquelle apparaissent des fissures sur un film de bitume
(tableau 22) ; étalé sur une lame soumise à des flexions successives.
— les bitumes fluidifiés, résultant du mélange des produits précé-
dents avec des solvants pétroliers plus ou moins volatils ; 3.7.3.5 Ductilité
— les bitumes fluxés dans lesquels le diluant est une huile de vis-
cosité élevée ; La ductilité s’exprime par l’allongement (en cm), au moment de la
— les émulsions de bitumes obtenues par dispersion dans une rupture d’une éprouvette de bitume étirée à une vitesse et à une
phase réceptrice, en général aqueuse ; température déterminées (NF T 66-006).

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Tableau 20 – Principales spécifications des gaz de pétrole liquéfiés utilisés comme combustibles
Propriété Butane commercial Propane commercial
Définition Mélange d’hydrocarbures composé Mélange d’hydrocarbures composé
principalement de butanes et de butènes, d’environ 90 % de propane et de propène,
contenant moins de 19 % (vol.) de propane pour le reste d’éthane, d’éthylène
et de propène de butanes et de butènes
Masse volumique minimale (1) .................... (kg/m3) 559 à 15 °C 502 à 15 °C
Pression de vapeur relative minimale (2) ......... (bar) − 8,3 à 37,8 °C
11,5 à 50 °C
Pression de vapeur relative maximale (2) ........ (bar) 6,9 à 50 °C 14,4 à 37,8 °C
19,3 à 50 °C
Teneur maximale en soufre (3) ................ (% masse) − 0,005
Composés sulfurés (4) ................................................ Doctor Test négatif (absence de réaction −
à l’essai au plombite de sodium)
Corrosion maximale à la lame de cuivre (5) .............. 1b −
Évaporation (6) ............................................................ Point final d’ébullition inférieur à 1 °C Point final d’ébullition inférieur à − 15 °C
(1) Selon norme NF M 41-008.
(2) Selon norme NF M 41-010.
(3) Selon norme NF M 41-009.
(4) Selon norme NF M 41-006.
(5) Selon norme NF M 41-007.
(6) Selon norme NF M 41-012.

3.7.3.7 Pseudoviscosité
Tableau 21 – Spécifications du combustible liquide destiné
aux appareils mobiles de chauffage C’est une caractéristique qui s’exprime par le temps de passage
du produit dans un viscosimètre, constitué d’un tube comportant un
Caractéristique Niveau requis Méthode orifice calibré (NF T 66-005). Le résultat s’exprime en secondes ; il
existe deux diamètres possibles du tube (4 et 10 mm) ; la mesure
Aspect .................................... clair et limpide − s’effectue soit à 25 °C, soit à 40 °C ; les différents grades de bitumes
à 20 °C fluidifiés se répartissent en fonction de leur pseudoviscosité
Couleur minimale (tableau 23).
Saybolt .................................. 30 NF M 07-003
Point final minimal 3.7.3.8 Volatilité
de distillation ................. (°C) 175 NF M 07-002
Celle-ci peut être caractérisée de différentes façons :
Viscosité maximale
à 25 °C ..................... (mm2/s) 3,0 EN ISO 3104 — point d’éclair (NF T 66-009) ;
Teneur maximale — perte de masse au chauffage (NF T 66-011) soit avant, soit
en soufre ............. (% masse) 0,0005 NF EN 24260 après RTFOT ;
Teneur maximale — fraction distillant au-dessous d’une température donnée ; plu-
en benzène .......... (% masse) 0,0001 Absorption UV sieurs paliers peuvent être considérés entre 190 °C et 360 °C. Cette
dernière caractéristique concerne les bitumes fluidifiés.
Teneur maximale
en aromatiques ... (% masse) 0,1 IP 391
Point d’éclair minimal ... (°C) 61 NF EN ISO 22719 3.7.4 Classement des différents bitumes
Corrosion maximale
à la lame de cuivre ................ 1b NF EN ISO 2160
Les tableaux 22 et 23 montrent les répartitions par classes, en
Point d’écoulement France, des différents types de bitumes purs et fluidifiés, en fonction
maximal ......................... (°C) − 15 NFT 60-105 des critères précédemment décrits.

3.7.3.6 Solubilité 3.8 Paraffines, vaselines et cires


On définit la teneur en bitume dans un produit bitumineux
comme la partie soluble dans un solvant bien défini tel que le sul- Ces produits solides sont constitués, comme leur nom l’indique,
fure de carbone, le trichloréthylène, le tétrachlorure de carbone ou d’hydrocarbures paraffiniques linéaires ou à très faible taux de rami-
le tétrachloroéthylène (norme NF T 66-012). Dans les différentes fication. Ils sont extraits des bases pour lubrifiants, dans l’opération
classes de bitumes purs, la solubilité doit dépasser 99,5 %. dite de déparaffinage.

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Tableau 22 – Classement et caractéristiques des bitumes purs


Méthodes Classes
Caractéristiques normalisées
de référence 20/30 35/50 50/70 70/100 180/220
Point de ramollissement bille et anneau (TBA) ............ (°C) NF T 66-008 55 à 63 50 à 56 45 à 51 42 à 48 34 à 43
Pénétrabilité à 25 °C (100 g/5 s) .......................... (1/10 mm) NF T 66-004 20 à 30 35 à 50 50 à 70 70 à 100 180 à 220
Densité relative à 25 °C ......................................................... NF T 66-007 1 à 1, 10 1 à 1, 10 1 à 1, 10 1 à 1, 07 1 à 1, 07
Perte de masse au chauffage ......................................... (%) NF T 66-011 <2
Pénétrabilité restante après perte de masse
au chauffage ................................................................... (%) NF T 66-011 > 70
∆T bille et anneau après RTFOT (1) ............................... (°C) T 66-032 <8 <8 <8 <9
TBA minimale après RTFOT (1) ..................................... (°C) T 66-032 > 57 > 52 > 47 > 44
Pénétrabilité restante après RTFOT (1) ......................... (%) T 66-032 > 60 > 60 > 60 > 55
Point d’eau ...................................................................... (°C) NF T 60-118 > 250 > 250 > 230 > 230 > 230
Ductilité à 25 °C ............................................................. (cm) NF T 66-006 > 25 > 60 > 80 > 100 > 100
Solubilité ......................................................................... (%) NF T 66-012 > 99,5 > 99,5 > 99,5 > 99,5 > 99,5
Teneur en paraffine ........................................................ (%) NF T 66-015 < 4,5 < 4,5 < 4,5 < 4,5 < 4,5
Point de fragilité Fraass (2) ............................................ (°C) < Ð 10 < Ð 13
(1) L’essai doit se pratiquer à 163 °C ; RTFOT : Rolling Thin-Film Over Test (essai de durcissement).
(2) Caractéristique complémentaire, à titre indicatif.

Tableau 23 – Classement et caractéristiques des bitumes fluidifiés


Classes
Caractéristiques
0/1 10/15 150/250 400/600 800/1 000
Pseudoviscosité (NF T 66-005) mesurée au viscosimètre
d’orifice 4 mm à 25 °C .................................................................................. (s) , 30
Pseudoviscosité (NF T 66-005) mesurée au viscosimètre
d’orifice 10 mm à 25 °C ................................................................................ (s) 10 à 15 150 à 250 400 à 600
Pseudoviscosité (NF T 66-005) mesurée au viscosimètre
d’orifice 10 mm à 40 °C ................................................................................ (s) 80 à 200
Densité relative à 25 °C (au pycnomètre) (NF EN ISO 3838) ........................... 0,9 à 1,02 0,9 à 1,02 0,92 à 1,04 0,92 à 1,04 0,92 à 1,04
Distillation fractionnée (1) (NF T 66-003) :
fraction distillant au-dessous de 190 °C .................................................... (%) ,9
Distillation fractionnée (1) (NF T 66-003) :
fraction distillant au-dessous de 225 °C .................................................... (%) 10 à 27 , 11 ,3 ,2 ,2
Distillation fractionnée (1) (NF T 66-003) :
fraction distillant au-dessous de 315 °C .................................................... (%) 30 à 35 16 à 28 6 à 15 5 à 12 3 à 11
Distillation fractionnée (1) (NF T 66-003) : , 47 , 32 , 20 , 15 , 13
fraction distillant au-dessous de 360 °C .................................................... (%)
Pénétrabilité à 25 °C (100 g.5 s) (NF T 66-004) du résidu à 360 °C
de la distillation ............................................................................... (1/10 mm) 70 à 250 70 à 200
Point d’éclair (vase clos, appareil Abel) (NF T 66-009) ............................. (°C) 21 à 55 55 à 100
(limites comprises) (limite inférieure non comprise)
(1) Résultats exprimés en pourcentage du volume initial.

3.8.1 Types de produits. Domaines d’application culier pour l’emballage ; elles peuvent également servir à l’impré-
gnation des papiers ou des cartons et trouver des applications en
On fait généralement la distinction entre vaselines et paraffines emballage domestique et industriel.
d’une part, cires d’autre part ; les premières sont issues de distillats
légers, les secondes de distillats moyens ou lourds.
Les vaselines ont essentiellement des usages pharmaceutiques ; Les cires sont utilisées en cosmétologie et aussi dans la fabri-
les paraffines sont employées dans l’industrie alimentaire, en parti- cation des bougies, des encaustiques, des cirages…

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Tableau 24 – Classement et caractéristiques des vaselines, paraffines et cires


Température Masse Pénétrabilité au cône Viscosité
de figeage volumique Huile Couleur cinématique
Désignation à 70 °C Travaillée Non travaillée à 100 °C
% naturelle
°C kg/dm3 25 °C 25 °C mm2/s
Procédure NF T 60-128 NF T 60-132 NF T 60-119 NF T 60-120 NF T 60-100
Vaseline brute > 30 , 0,942 , 350 . 4,5
Vaseline autre > 30 , 0,942 , 350 > 30 < 4,5
Paraffine > 30 , 0,942 , 350 , 80 , 3,5 ,9
Résidu paraffineux > 30 , 0,942 , 350 , 80 > 30 ,9
Cire brute > 30 , 0,942 , 350 , 80 .3 9 < ν < 46
Cire raffinée > 30 , 0,942 , 350 , 80 <3 9 < ν < 46
ou autre
(1) Mesuré au thermomètre tournant selon la norme NF T 60-128 (ASTM D 938).

Tableau 25 – Classification et types d’usage Tableau 27 – Principales spécifications du white spirit


d’essences spéciales
Couleur Saybolt (minimum) ...................................... 22
Masse Intervalle Courbe de distillation : PI maximal ..................... (°C) 135
volumique de
Désignation Courbe de distillation : PF minimal .................... (°C) 205
approximative distillation Types d’usage
du produit à 15 °C Courbe de distillation : écart maximal E5-E90 ... (°C) 60
kg/dm3 °C Courbe de distillation : résidu maximal ....... (% vol.) 1,5
Essence A 0,675 40 à 100 Colles, teinturerie, Courbe de distillation : pertes maximales ... (% vol.) 1,0
dégraissage Teneur maximale en soufre ..................... (% masse) 0,05
Essence B 0,675 60 à 80 Extraction des Corrosion maximale à la lame de cuivre (1) .............. 1a
corps gras, huilerie
Point d’éclair maximal ......................................... (°C) 30
Essence C 0,700 70 à 100 Extraction
des corps gras, Teneur maximale en aromatiques ............... (% vol.) 5 (2)
chauffage (1) Estimation visuelle décrite dans la norme NF M 07-015.
Essence D 0,710 95 à 103 Déshydratation (2) Uniquement pour la qualité désaromatisée.
d’alcools
Essence E 0,730 100 à 130 Industrie
du caoutchouc,
teinturerie, Tableau 28 – Principales spécifications du pétrole lampant
dégraissage
Essence F 0,740 100 à 160 Industrie Type de produit classique désaromatisé
du caoutchouc,
teinturerie, Courbe de distillation : point initial
dégraissage minimal ...................................... (°C) − 180
Essence G (1) 0,645 30 à 75 Parfumerie Courbe de distillation : E210
maximal ..................................... (%) 90 90
(1) L’essence G est fréquemment appelée éther de pétrole.
Courbe de distillation : E250
minimal ...................................... (%) 65 65
Tableau 26 – Principales spécifications de l’essence H (1) Courbe de distillation : E285
minimal ...................................... (%) 80 −
Masse volumique à 15 °C ............................ (kg/dm3) , 0,765
Courbe de distillation : intervalle
Courbe de distillation : E70 .................................. (%) . 10 de distillation maximal ............. (°C) − 65
Courbe de distillation : E140 ................................ (%) . 50 Couleur Saybolt minimale ............... 21 25
Courbe de distillation : E195 ................................ (%) . 95 Teneur maximale en soufre
Courbe de distillation : résidu ............................. (%) , 2,5 ......................................... (% masse) 0,13 0,13
Courbe de distillation : point final ...................... (°C) , 205 Corrosion maximale à la lame
de cuivre (1) ...................................... 1b 1b
Courbe de distillation : écart E5-E90 ................... (°C) . 60
Acidité maximale totale
Pression de vapeur Reid .................................... (bar) , 0,7 ........................... (mg KOH/100 cm3) 3 3
Teneur en gommes actuelles ............. (mg/100 cm3) , 12 Point d’éclair minimal ............... (°C) 38 45
Teneur en soufre ....................................... (% masse) , 0,2 Point de fumée minimal ......... (min) 21 35
Corrosion à la lame de cuivre (2) ............................... 1 b maximum Teneur maximale en aromatiques
(1) L’essence H est utilisée dans les lampes à souder.
.............................................. (% vol.) − 5
(2) Estimation visuelle décrite dans la norme NF M 07-015. (1) Estimation visuelle décrite dans la norme NF M 07-015.

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____________________________________________________________________________________________ CARACTÉRISTIQUES DES PRODUITS PÉTROLIERS

3.8.2 Principales caractéristiques 3.9.3.2 White spirit


Le white spirit est un solvant plus lourd que les essences
Le tableau 24 présente la classification et les critères de qualité de spéciales ; sa masse volumique est en effet comprise entre 0,750 et
ces différents produits. On considère : 0,780 kg/dm3. Il est utilisé principalement comme solvant des pein-
— la température de figeage, qui doit être supérieure à 30 °C ; tures. Les caractéristiques sont précisées dans le tableau 27. Les
qualités classiques et désaromatisées ne diffèrent que par la teneur
— la masse volumique à 70 °C (inférieure à 0,942 kg/dm3) ; en aromatiques, inférieure à 5 % vol. dans le second cas.
— la viscosité cinématique à 100 °C ;
— la couleur exprimée selon une échelle de cotation par compa- 3.9.3.3 Pétrole lampant
raison avec des verres colorés.
Il est utilisé pour l’éclairage, la signalisation de secours, mais
On considère également d’autres propriétés spécifiques comme aussi comme solvant dans des usages particuliers. Il se rapproche,
la teneur en huile et la pénétrabilité du cône. par ses caractéristiques physiques, du carburéacteur avec une
La teneur en huile constitue une façon d’exprimer la pureté du masse volumique de l’ordre de 0,780-0,800 kg/dm3 et un intervalle
produit. C’est, par définition, la fraction (% masse) soluble à – 32 °C de distillation s’étendant de 150 °C à 280 °C environ. Le tableau 28
dans la méthyléthylcétone. montre les principales spécifications du pétrole lampant classique et
de sa version désaromatisée.
La pénétrabilité au cône (selon normes NF T 60-132 et
NF T 60-119) est, comme dans le cas des bitumes, une façon
d’exprimer la dureté du produit.

4. Exemples
3.9 Solvants pétroliers de caractéristiques
de produits commerciaux
Les solvants issus directement du pétrole se répartissent en plu-
sieurs catégories en fonction des usages auxquels ils sont destinés. Les tableaux 29, 30, 31 et 32 montrent, pour quatre grands pro-
duits pétroliers, soumis aux spécifications les plus sévères (essence,
gazole, carburéacteur, GPL-carburant), des exemples de caractéris-
3.9.1 Classification générale tiques typiques comparées aux valeurs strictement exigées. On peut
observer que, sauf exceptions rares, les critères de qualité requis
On distingue, dans cette famille de produits : sont parfaitement respectés.
— les essences spéciales séparées elles-mêmes en 8 sous-
groupes notés de A à H (essence A, essence B, …, essence H) ;
— les white spirits ; Tableau 29 – Spécifications de l’essence sans plomb
— les pétroles lampants. « Eurosuper » et exemple de caractéristiques
Les deux derniers peuvent, en fonction des usages, être utilisés d’un produit commercial
tels quels ou désaromatisés (moins de 5 % vol. de constituants aro-
Exemple
matiques).
de résultat
Spécification
Caractéristique d’analyse
(EN 228)
d’un produit
3.9.2 Caractéristiques spécifiques commercial
Masse volumique ............... (kg/m3) 725 à 780 765
Tous les solvants sont répertoriés selon des caractéristiques
simples, les plus importantes étant la masse volumique, la volatilité Pression de vapeur .............. (mbar) 350 à 700 660
(intervalle de distillation, point d’éclair), la composition chimique. Indice de volatilité ............................ 900 max 842
Ce dernier critère est important, car il conditionne à la fois le pouvoir
solvant et la sécurité d’emploi. Courbe de distillation : E70 ....... (%) 15 à 45 26
Courbe de distillation : E100 ..... (%) 40 à 65 46
Courbe de distillation : E180 ..... (%) 85 min 94
3.9.3 Domaines d’utilisation et niveaux de qualité Courbe de distillation : PF ......... (°C) 215 max 210
requis
Indice d’octane RON ........................ 95 min 96,1
Nous examinons successivement le cas des essences spéciales, Indice d’octane MON ....................... 85 min 85,5
du white spirit et du pétrole lampant. Teneur en plomb .................. (mg/L) 13 max 2
Teneur en benzène ............. (% vol.) 5 max 2,8
3.9.3.1 Essences spéciales Teneur en soufre ............ (% masse) 0,05 max 0,015
Le tableau 25 indique, pour chaque type d’essence spéciale, les Teneur en MTBE ................. (% vol.) 15 max 4,0
secteurs d’utilisation les plus courants. Les usages sont très variés : Composition chimique :
industries des colles, teinturerie, extraction des corps gras, du paraffines ............................ (% vol.) − 52,4
caoutchouc, parfumerie, etc. Les essences spéciales se distinguent,
les unes des autres, essentiellement par leur masse volumique et Composition chimique :
leur intervalle de distillation (tableau 25). Cependant, l’essence H oléfines ................................ (% vol.) − 4,7
est soumise à un certain nombre de spécifications plus précises Composition chimique :
(tableau 26). aromatiques ........................ (% vol.) − 42,9

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Tableau 30 – Principales spécifications du gazole Tableau 31 – Principales spécifications du GPL-C


et exemple de caractéristiques d’un produit commercial et exemple de caractéristiques d’un produit commercial
Exemple Exemple
de résultat de résultat
Spécification Spécification
Caractéristique d’analyse Caractéristique d’analyse
(EN 590) (EN 589)
d’un produit d’un produit
commercial commercial
Masse volumique ............... (kg/m3) 820 à 860 845
Teneur en propane + propylène
Courbe de distillation : E250 ..... (%) 65 max 35 .............................................. (% vol.) 19 à 50 47
Courbe de distillation : E350 ..... (%) 85 min 94 MON minimal ................................... 89 89,9
Courbe de distillation : E370 ..... (%) 95 min 100
Teneur en diènes ................ (% vol.) 0,5 max 0,1
Viscosité à 40 °C ................. (mm2/ 2,00 à 4,50 2,6
s) Teneur en soufre ............ (% masse) 0,02 max 0,005
Teneur en eau ..................... (mg/kg) 200 max 60 Corrosion à la lame de cuivre .......... 1 max 1
Teneur en sédiments ......... (mg/kg) 24 max 10 Résidu d’évaporation ......... (mg/kg) 100 max 100
Indice de cétane calculé ................... 46 min 49,0 Pression de vapeur à 40 °C ..... (bar) 15,5 max −
Indice de cétane mesuré .................. 49 min 51,5
Température correspondant
Stabilité à l’oxydation ........... (g/ 25 max 1,9 à une pression de vapeur absolue
m3) de 2,5 bar ................................... (°C) − 10 max −
Point d’éclair .............................. (°C) 55 min 78 Pression de vapeur absolue
Point de trouble ......................... (°C) − 5 max −6 à − 10 °C .................................... (bar) − 2,26
Température limite de filtrabilité
.................................................... (°C) − 15 max − 22
Teneur en soufre ............ (% masse) 0,05 max 0,045
Résidu de carbone (sur le résidu
correspondant à plus de 90 %
distillés) .......................... (% masse) 0,3 max 0,05
Teneur en ester méthylique
de colza ................................ (% vol.) 5 max 0

Tableau 32 – Principales spécifications du carburéacteur (JET A-1) et exemple de caractéristiques


d’un produit commercial
Caractéristique Méthode ASTM Spécification AFQ RJ0S (1) Exemple de résultat d’analyse
(ou IP) d’un produit commercial
Masse volumique .............. (kg/m3) D 1298 ou D 4052 775-840 796
Point d’éclair ............................ (°C) D 56 38 min 53
Courbe de distillation : T10 ..... (°C) D 86 205 max 158
Courbe de distillation : PF ....... (°C) D 86 300 max 267
Température de disparition
des cristaux .............................. (°C) D 2386 − 47 max − 54
Viscosité à − 20 °C ............ (mm2/s) D 445 8,0 max 2,8
PCI ...................................... (MJ/kg) D 4809 ou D 3338 42,8 min 43,8
Corrosion à la lame de cuivre
(cotation visuelle) ........................... D 130 1 max 1a
Corrosion à la lame d’argent
(cotation visuelle) ........................... IP 227 2 max 0
Stabilité thermique à 260 °C :
∆p du filtre ....................... (mm Hg) D 3241 25,0 max 5
Stabilité thermique à 260 °C :
cotation du tube ............................. D 3241 3 max 1
Conductivité électrique ...... (pS/m) D 2624 50-450 400
Teneur en soufre total .. (% masse) D 1266 ou D 2622 0,30 max 0,10
Teneur en soufre (mercaptan)
....................................... (% masse) D 3227 0,0030 max 0,0002
Point de fumée ..................... (mm) D 1322 25 min 30
(1) Réglementation internationale : Aviation Fuel Quality for Jointly Operated Systems.

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P
O
U
Caractéristiques R
des produits pétroliers
E
N
par Jean-Claude GUIBET
Docteur ès sciences de l’université de Louvain
Coordonnateur carburants à l’Institut français du pétrole
S
Professeur à l’École nationale supérieure du pétrole et des moteurs
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Bibliographie
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Normalisation

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pétrole.
NF M 07-002 5.70 Distillation des produits pétroliers.
NF T 60-128 12.74 Produits pétroliers. Détermination du point de figeage
NF M 07-042 10.81 Combustibles pour moteurs Diesel et pour installa- des paraffines, des cires, des vaselines et des pétro-
tions de chauffage domestique. Détermination de la lata issus du pétrole.
température limite de filtrabilité.
NF T 66-008 7.79 Détermination du point de ramollissement des pro-
NF M 07-028 9.82 Détermination du point de fumée des pétroles lam- duits bitumineux. Méthode « bille et anneau ».
pants et des carburéacteurs.
NF T 66-012 7.79 Solubilité des produits bitumineux.
NF M 41-006 12.85 Gaz de pétrole liquéfiés. Butane commercial. Essai au
plombite de sodium et soufre. T 65-000 9.79 Liants hydrocarbonés. Définitions et classification.
NF T 60-154 6.84 Produits pétroliers. Dosage de l’eau. Méthode Karl
NF M 41-009 7.88 Produits pétroliers. Gaz de pétrole liquéfiés. Dosage
Fischer.
du soufre total. Dosage à la lampe ou au brûleur oxhy-
drique. NF T 66-015 12.84 Produits noirs. Détermination de la teneur en paraf-
fine des bitumes routiers.
NF M 41-012 12.90 Gaz de pétrole liquéfiés. Volatilité des gaz de pétrole
liquéfiés. NF T 60-143 1.86 Produits pétroliers. Détermination des cendres sulfa-
tées dans les huiles lubrifiantes contenant des
NF M 07-072 11.94 Produits pétroliers. Détermination de la stabilité des additifs.
fuels lourds. Essai à la tache.
NF T 66-004 12.86 Pétroles et dérivés. Produits bitumineux. Pénétrabilité
NF T 66-006 3.69 Détermination de la ductilité des produits bitumineux. à l’aiguille.
NF T 66-009 3.69 Point d’éclair en vase clos des bitumes fluidifiés et des NF T 66-005 12.86 Bitumes fluidifiés et bitumes fluxés. Détermination de
bitumes fluxés au moyen de l’appareil ABEL. la pseudoviscosité.
NF T 60-119 5.70 Produits pétroliers. Détermination de la pénétrabilité NF T 66-011 12.86 Pétroles et dérivés. Produits bitumineux. Détermina-
au cône des produits paraffineux. tion des pertes de masse au chauffage.

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est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Constantes physico-chimiques Doc. K 325 − 1
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R T 66-032 8.92
couleur par comparaison avec une échelle de couleur.
Bitumes purs. Détermination de l’effet de la chaleur et
soufre. Méthode par spectrométrie de fluorescence X
dispersive en énergie.
de l’air sur un film mince de liant bitumineux en renou- ISO 3675 1993 Pétroles bruts et produits pétroliers liquides. Détermi-
vellement permanent. Essai de durcissement simulé nation en laboratoire de la masse volumique ou de la
« RTFOT ». densité relative. Méthode à l’aréomètre.

E T 66-026 8.92 Bitumes purs. Détermination du point de fragilité


FRAASS. Effet de la baisse de température sur la fragi-
lité d’un film mince de liant hydrocarboné.
ISO 6245
ISO 10307-1
1993
1993
Produits pétroliers. Détermination des cendres.
Produits pétroliers. Insolubles existants dans les fuel-
oils résiduels. Partie 1 : Détermination par filtration à
N NF T 60-132 4.93 Produits pétroliers. Pénétrabilité au cône et résistance à
l’eau des graisses lubrifiantes.
ISO 10307-2 1993
chaud.
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ment. de vieillissement de référence (publiée actuellement en
anglais seulement).
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ISO 10370 1993 Produits pétroliers. Détermination du résidu de car-
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A NF EN 589 9.93 Carburant pour automobiles.


méthodes d’essai.
GPL. Exigences et ISO 3016 1994 Produits pétroliers. Détermination du point d’écoule-
ment (publiée actuellement en anglais seulement).

V NF EN 590 9.93 Carburant pour automobiles. Combustibles pour


moteurs Diesel (gazole). Exigences et méthodes
d’essai.
ISO 3104 1994 Produits pétroliers. Liquides opaques et transparents.
Détermination de la viscosité cinématique et calcul de
la viscosité dynamique.

O NF EN 22592 3.94 Produits pétroliers. Détermination des points d’éclair et


de feu. Méthode Cleveland en vase ouvert (remplace
ISO 10478 1994 Produits pétroliers. Détermination de l’aluminium et du
silicium dans les combustibles. Méthodes par spectros-
copie d’émission à plasma induit et spectroscopie
NF T 60-118, janv. 1986).
I EN 23015 9.94 Produits pétroliers. Détermination du point de trouble.
d’absorption atomique (publiée actuellement en
anglais seulement).
NF EN 24260 9.94 Produits pétroliers et hydrocarbures. Dosage du soufre.
R NF EN ISO 4256 6.95
Méthode de combustion Wickbold.
Gaz de pétrole liquéfiés. Détermination de la pression
ISO 4264

ISO 8217
1995

1996
Produits pétroliers. Calcul de l’indice de cétane des dis-
tillats moyens par équation à quatre variables.
Produits pétroliers. Combustibles (classe F). Spécifica-
de vapeur. Méthode GPL (remplace NF M 41-010 tions des combustibles pour la marine.
déc. 1985).
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NF EN ISO 6251 6.95 Gaz de pétrole liquéfiés. Action corrosive sur le cuivre.
P Essai à la lame de cuivre (remplace NF M 41-007
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American Society for Testing and Materials (ASTM)

L NF EN ISO 2160 11.95 Produits pétroliers. Action corrosive sur le cuivre. Essai
à la lame de cuivre (remplace NF M 07-015 sept. 1982).
ASTM D 1298 1985 Practice for density, relative density (specific gravity),
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products by hydrometer method.

U NF EN ISO 3675 12.95 Pétroles bruts et produits pétroliers liquides. Détermi-


nation en laboratoire de la masse volumique ou de la
densité relative. Méthode à l’aréomètre (remplace
ASTM D 2386
ASTM D 1322
1988
1990
Test method for freezing point of aviation fuels.
Test method for smoke point of aviation turbine fuels.

S NF T 60-101, déc. 1988).


NF EN ISO 3993 12.95 Gaz de pétrole liquéfiés et hydrocarbures légers. Déter-
mination de la masse volumique ou de la densité rela-
ASTM D 4737 1990 Test method for calculated cetane index by four varia-
ble equation.

tive. Méthode de l’aréomètre sous pression (remplace ASTM D 976 1991 Test methods for calculated cetane index of distillate
NF M 41-008 juil. 1979). fuels.

NF EN ISO 3838 3.96 Pétrole brut et produits pétroliers liquides ou solides. ASTM D 1266 1991 Test method for sulfur in petroleum products (lamp
Détermination de la masse volumique ou de la densité method).
relative. Méthodes du pycnomètre à bouchon capillaire ASTM D 1500 1991 Test method for ASTM color of petroleum products
et du pycnomètre bicapillaire gradué. (ASTM color scale).
NF EN ISO 3104 8.96 Produits pétroliers. Liquides opaques et transparents. ASTM D 4445 1991 Method for testing fungicides for controlling sapstain
Détermination de la viscosité cinématique et calcul de and mold on unseasoned lumber (laboratory method).
la viscosité dynamique (remplace NF T 60-100, janv.
1985). ASTM D 240 1992 Test method for heat of combustion of liquid hydro-
carbon fuels by bomb calorimeter.
EN 116 1981 Voir norme NF M 07-042, octobre 1981.
ASTM D 938 1992 Test method for congealing point of petroleum waxes,
International Organization for Standardization (ISO) including petrolatum.
ISO 3735 1975 Pétrole brut et fuel-oils. Détermination de la teneur en
ASTM D 1840 1992 Test method for naphthalene hydrocarbons in aviation
sédiments. Méthode par extraction.
turbine fuels by ultraviolet spectrophotometry.
ISO 3733 1976 Produits pétroliers et produits bitumineux. Détermina-
ASTM D 3227 1992 Test method for mercaptan sulfur in gasoline, kerosine,
tion de la teneur en eau. Méthode par distillation.
aviation turbine and distillate fuels (potentiometric
ISO 6743/0 1981 Lubrifiants, huiles industrielles et produits connexes method).
(classe L). Classification. Partie 0 : Généralités.
ASTM D 3338 1992 Test method for estimation of heat of combustion of
ISO 8681 1986 Produits pétroliers et lubrifiants. Système de classifi- aviation fuels.
cation. Définition des classes de produits.
ASTM D 4684 1992 Test method for determination of yield stress and appa-
ISO 2719 1988 Produits pétroliers et lubrifiants. Détermination du rent viscosity of engine oils at low temperature.
point d’éclair. Méthode Pensky-Martens en vase clos.
ASTM D 5293 1992 Test method for apparent viscosity of engine oils
ISO 3015 1992 Produits pétroliers. Détermination du point de trouble. between − 5 and − 30 °C using the cold-cranking simu-
lator.
ISO 5165 1992 Carburants pour moteurs Diesel. Détermination de la
qualité d’inflammabilité. Méthode cétane. ASTM D 56 1993 Test method for flash point by tag closed tester.

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____________________________________________________________________________________________ CARACTÉRISTIQUES DES PRODUITS PÉTROLIERS
P
O
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U
ASTM D 4953 1993
turbine fuels (JFTOT procedure).

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R
blends (dry method).
by digital density meter.
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ASTM D 4683 1995 Test method for measuring viscosity at high shear rate

ASTM D 156 1994


petroleum products by the copper strip tamish test.

Test method for Saybolt color of petroleum products


and high temperature by tapered bearing simulator. E
ASTM D 445 1994
(Saybolt chromometer method).

Test method for kinematic viscosity of transparent and


ASTM D 4739 1995 Test method for base number determination by poten-
tiometric titration. N
opaque liquids (the calculation of dynamic viscosity). ASTM 4809 1995 Test method for heat of combustion of liquid hydro-
carbon fuels by bomb calorimeter (intermediate preci-
ASTM D 2622 1994 Test method for sulfur in petroleum products by X-ray
sion method).

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spectrometry.

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S
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products by fluorescent indicator adsorption.
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nation in highly fluid petroleum products.
A
V
O
I
R

P
L
U
S

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