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1.

Les linguistes affichent volontiers le primat qu'ils accordent à la langue parlée, au moin
s depuis Saussure. Pourtant, une prise en compte de l'oral en tant que tel n'est guère
manifeste dans le rapport courant qu'ils entretiennent à la langue, qui véhicule en général
le même préjugé scriptiste que celui de l'ensemble des locuteurs. Au contraire, une
réflexion approfondie sur la langue orale ou écrite devrait permettre de soulever la
question : en quoi le fait qu'un énoncé soit produit par oral a-t-il des incidences sur la
forme de langue pratiquée ? http://gerflint.fr/Base/France5/fgadet.pdf

2. Les topicalisations, particulièrement sous la forme des dislocations, ont toujours été
cité es comme caractéristiques du langage spontané et de l'oralité. Même lorsqu'on les
rencontre dans des écrits anciens, ce "schéma prolepse-anaphore" serait, comme le dit J.P.
Seguin (1992: 3), la marque du retour de l'oralité dans l'oeuvre écrite .
http://gerflint.fr/Base/France5/fgadet.pdf

3. Aucune théorie linguistique, quelle qu'elle soit, n'a jamais isolé le fonctionnement des
langues spé cialisées de celui des langues naturelles en gé néral. Que l'on se tourne vers la
théorie du signe issue de Saussure, vers la théorie de la proposition issue de la tradition
logique, vers celle de la phrase au sens des grammaires formelles ou vers la théorie de
l'énoncé élaborée depuis les années soixante, les avis convergent sur deux points
essentiels : d'une part une langue spé cialisée n'est pas une simple nomenclature, d'autre
part la production de textes scientifiques et techniques suppose la mobilisation de
compétences linguistiques plus larges. http://asp.revues.org/2926

4. La langue reflète le degré de prise en compte de la pré sence de l'autre. (...)La langue
des cités est pour toute une jeunesse « oublié e » une manière d'affirmer son identité et de
se démarquer des autres. Pour communiquer dans un groupe de pairs, il faut en effet un
langage commun. Zouhour Messili et Hmaid Ben Aziza

5. Le plaisir de maltraiter le franç ais officiel appris à l'école, le français des adultes, le
français de la société des « inclus » signifie en quelque sorte la revendication de
l'exclusion à travers un langage hermétique à ceux qui sont étrangers au groupe. Avec ce
langage, les jeunes placent le français de souche dans le statut d'étranger, dans le rôle de
l'Autre. En créant leur propre code, ils rendent leur réseau communicationnel hermétique
par rapport à ceux qui les dominent et deviennent ainsi les maîtres du jeu. Les jeunes
mobilisent des stratégies qui consistent à affirmer une identité communautaire. Le
langage fonctionne pour eux comme un refuge, un lieu de repli sur l'entre-soi. Zouhour
Messili et Hmaid Ben Aziza

5. Selon Alain Rey, le directeur des dictionnaires Le Robert:


"il faut préserver la variété de sa langue. À trop suivre les modes, nous risquons de perdre toute une
richesse d'expression. Défendre notre langue, c'est aussi défendre notre culture ."
Source : http://users.skynet.be/fralica/refer/theorie/annex/histlitter/histlguef.htm

7. Une des leçons de la sociolinguistique, transmise en premier lieu par


William Labov, c'est que tous les locuteurs sont « pluri-styles », quelle que soit la
langue (d'oralité ou de littéracie), quel que soit le type de société, et quelle que soit
la position qu'ils occupent dans une organisation sociale.
Cette caractéristique est à ce point répandue dans l'usage des langues, qu'il y a bien
lieu d'en faire une propriété des langues. Je l'appelle style, plutôt que variation
stylistique, car le terme de variation apparaît trop fixiste pour exprimer des
propriétés qui se manifestent dans une fluidité et dans une plasticité souvent
ténues (Gadet & Tyne 2004). F. Gadet

8. On peut donc entendre le style comme lieu de manifestation d'un savoir


linguistique, dont la palette n'est complète que dans la communauté (point déjà
établi par Labov), et plus ou moins réparti entre les locuteurs.
F. Gadet