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N° 21 SEPTEMBRE 2018
N° 21
SEPTEMBRE 2018

ÉDITO

Obsolescence déprogrammée

Si vous achetez un appareil électroménager ou un produit high-tech, ne vous attendez pas à ce qu’il fonctionne plus de quelques années. Les industriels ont bien compris qu’ils avaient tout intérêt à fragili- ser délibérément certaines pièces pour contraindre les consommateurs au remplacement pur et simple du produit (impossible à réparer). C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée. Rien de tel dans le corps humain ! La cellule possède son propre système de nettoyage, réparation et recy- clage de ses déchets et pièces défectueuses. Une sorte de « contrat d’entretien » pour une durée de vie prolon- gée ! Cette découverte est si importante que deux prix Nobel ont été attribués aux scientifiques qui ont mis au jour ce mécanisme : le premier en 1974, et le deu- xième plus récemment en 2016, au Japonais Oshumi. Malheureusement, il arrive que ce mécanisme appelé « autophagie » s’enraye. Alors, les toxines et les dépôts de protéines s’accumulent, l’ADN se détériore et les cellules ne sont plus capables de fonctionner norma- lement. On sait désormais qu’il est impliqué dans le déclenchement de la maladie d’Alzheimer et même de certains cancers. Aujourd’hui, les scientifiques cherchent à savoir comment réactiver sans danger ce « superpouvoir » des cellules, pour leur permettre de continuer à fonctionner sans dommage à tout âge. Jean-Luc Morel, médecin anti-âge, a épluché les publications scientifiques consacrées au sujet. Il connaît tous les moyens pour stimuler l’autophagie, et vous révèle ceux qui ont fait leurs preuves dans ce numéro. Ils sont à notre portée, vous pouvez commencer dès demain! Bonne lecture.

Élisabeth Honoré

commencer dès demain! Bonne lecture. Élisabeth Honoré DOSSIER Autophagie : activez le pouvoir rajeunissant de

DOSSIER

Autophagie : activez le pouvoir rajeunissant de vos cellules !

1

INTERVIEW

Le végétarisme est-il une option pour les seniors ?

8

COIN COSMÉTO

Le baume à lèvres parfait !

10

LES COMPLÉMENTS AU BANC D'ESSAI

Vitamine B12 : pas que pour les végétariens !

11

BIEN DANS MON ASSIETTE

Le gingembre : épice anti-âge par excellence

14

FORME ET VITALITÉ

Faire de l’exercice avec une hernie discale

15

Autophagie :

activez le pouvoir rajeunissant de vos cellules !

Imaginez que vous chauffiez votre maison avec un poêle à bois, comme au temps jadis. Et que le jour où vous n’avez plus de bûches pour l’alimenter, ce poêle se mette à chauffer malgré tout, en brûlant la suie et les cendres déposées au fil du temps. Vous auriez du chauffage gratuit, et retrouvé un poêle comme neuf ! Cela tiendrait du miracle. Et pourtant, vos cellules en sont capables.

du miracle. Et pourtant, vos cellules en sont capables. Par le Dr Jean-Luc Morel médecin anti-âge

Par le Dr Jean-Luc Morel

médecin anti-âge

Ce miracle s’accomplit chaque jour en nous, entraînant un véritable « rajeunissement des cellules ». Notre corps entier en bénéficie pour améliorer sa santé et se régénérer. C’est l’autophagie cellulaire.

Ce processus de régénération, connu depuis les années 1960, est mieux cerné et très étudié aujourd’hui (il a valu au Japonais Oshumi 1 le prix Nobel 2016). On sait désor- mais que ce phénomène ralentit avec l'âge. Ce ralentisse- ment serait un mécanisme central et commun à beaucoup de facteurs du vieillissement (tels que l’oxydation, l’in- flammation, les dépôts de toxines, etc.), et impliqué dans les maladies dégénératives et chroniques 2 .

Mais les chercheurs découvrent régulièrement des façons de le réactiver, ouvrant de nouvelles perspectives pour améliorer notre santé et notre longévité.

1.  Ohsumi Y. (interview by Caitlin Sedwick), « Autophagy from beginning to end », J. Cell. Biol., 2012 Apr 16, 197 (2) : 164-165. 2.  Rubinsztein D.C. et al., « Autophagy and aging », Cell, 146, no. 5 (2011) : 682-695.

DOSSIER

Vos cellules savent rajeunir

Une usine de recyclage

Chaque jour, sur les millions de réactions qui se produisent dans nos cellules, certaines ont des « ratés » et produisent des compo- sants anormaux ou défectueux. Par l’autophagie, une sorte de « recyclage des pièces défectueuses » de la cellule se fait.

Littéralement, « autophagie » signifie que nos cellules se mangent elles-mêmes. Plus exactement, elles sont capables de digérer ces parties abîmées d’elles-mêmes ou usées par le temps : organites, protéines… comme elles le font pour des corps étrangers de type polluants ou virus.

On peut ainsi classer ces pièces cellulaires défec- tueuses parmi nos fameuses toxines qui, avec le temps, « encrassent » notre corps. Ici, il s’agit de toxines intracel- lulaires par opposition aux toxines circulant en dehors de nos cellules (dans le sang, la lymphe, le milieu extracellu- laire dans lequel baignent nos cellules…). Ces dépôts intra- cellulaires s’observent avec le vieillissement, en particulier dans des maladies comme l’Alzheimer. Ainsi, l’autophagie fait partie de nos processus naturels de détoxication.

Il n’y a pas si longtemps, quand des praticiens en médecines alternatives ou des naturopathes parlaient d’éliminer nos « toxines » pour combattre la maladie, rares étaient les pro- fessionnels de santé les prenant au sérieux. C’est de moins en moins le cas aujourd’hui. Beaucoup d’études scientifiques ont montré que cette vision de la maladie avait des fondements. Elle est d’ailleurs centrale en médecine ayurvédique, où il est dit que la maladie n’est, le plus souvent, que la conséquence d’une accumulation de toxines (qu’elle appelle ama) dans le corps.

Mais non seulement les cellules éliminent ces « déchets » ou toxines par l’autophagie, mais en plus elles peuvent se réparer, comme une automobile qui réparerait ses pièces défectueuses

3. 1. 2. 4. 7. 6. 5.
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5.

1. Déchets, toxines, proteines endommagées, virus

3.  Autophagosome, une sorte de « sac poubelle ». 4.  Lysosome, contenant des enzymes recycleuses. 5.  Fusion. 6.  Contenu digéré, dégradé, recyclé. 7.  Acides aminés recyclés

2.  Phagophore.

toute seule! Les protéines endommagées et/ou des compo- sants cellulaires défectueux sont conduits vers des petits sacs d’enzymes dans nos cellules (les lysosomes). Ces enzymes vont « démonter » les déchets en fractions protéinées plus petites qui pourront être utilisées à nouveau par la cellule. On peut dire que les cellules « font du neuf avec du vieux ».

De l’énergie en plus grâce à l’autophagie

L’autophagie est aussi décrite comme une source alterna- tive d'énergie pour la cellule… Pendant des périodes de stress (comme le jeûne, la baisse du sucre dans le sang ou la priva- tion d’oxygène), la cellule manque de nutriments : elle va alors générer de l’énergie avec ses déchets. C’est un merveilleux recyclage énergisant – pour un temps limité, bien sûr.

Une cellule qui répare sa chaudière toute seule

Parmi les composants importants de la cellule, vous avez peut-être entendu parler des mito- chondries, ces « petites chaudières » qui brûlent oxygène et nutriments pour produire l’énergie nécessaire à notre corps.

Étant le siège de fortes réactions d’oxydation à cause de cette combustion intense et permanente, elles peuvent plus facilement produire des radi- caux libres en excès. Elles sont en première ligne pour en subir les effets néfastes. Leur mauvais fonctionnement ou leur détérioration sont très préjudiciables à notre santé. Sans énergie, point de salut. Après avoir abîmé ses mitochondries, les radicaux libres s’attaqueront à d’autres éléments de la cellule (voire à son ADN qui contient nos gênes) et sortir de la cellule pour assaillir d’autres tissus. Ainsi, ces réactions d’oxydation vont se poursuivre jusqu’à ce que notre système antioxydant les neutra- lise. Des études ont montré des corrélations entre ces phénomènes et l’accélération du vieillissement, le cancer et des maladies dégénératives.

L’autophagie va en partie enrayer ce processus

en permettant que les mitochondries défec- tueuses soient « recyclées » et génèrent moins

de radicaux libres.

L’autophagie pour combattre la maladie

En dégradant des particules indésirables, l’autophagie est utile dans des maladies infectieuses comme la grippe ou encore contre des excès de polluants et de toxines… Elle est aussi impliquée, mais souvent défaillante, dans les troubles neurodégénératifs (Alzheimer, Parkinson…), le cancer 3 , le diabète, certaines maladies cardiovasculaires 4 , etc.

3.  Sheen J.-H. et al., « Defective regulation of autophagy upon leucine deprivation reveals a targetable liability of human 4.  Levine B., KroemerG., « Autophagy in the pathogenesis of disease », Cell, 132, no. 1 (2008) : 27-42.

», Cancer Cell, Volume 19, Issue 5, 613-628, 17 May 2011.

DOSSIER

Des études sur les maladies neurodégénératives ont montré que les neurones pouvaient éliminer leurs toxines et dépôts intracellulaires et régénérer leurs mitochondries abîmées (leurs petits « générateurs d’énergie ») grâce à l’autophagie 5 . Celle-ci peut être déclenchée, au niveau du cerveau, lors d’un jeûne intermittent (ou alterné) et serait ainsi nettement plus efficace qu’avec les autres diètes restrictives 6,7 (nous y revien- drons plus loin). Il a aussi été montré que l’autophagie pou- vait améliorer l’état des reins abîmés par le diabète 8 .

Comment activer l’autophagie dans les cellules

L’autophagie a évidemment suscité beaucoup d’intérêt chez les chercheurs depuis sa découverte. C’est peut-être notre fonction principale pour protéger notre santé et ralentir le vieillissement de notre corps. Hélas, on l’a vu :

comme beaucoup d’autres fonctions vitales, ce fabuleux mécanisme de régénération a tendance à s’endormir avec l’âge (et une mauvaise hygiène de vie). Mais vous pouvez le réveiller pour retrouver la forme et protéger votre corps des maladies. Parlons donc maintenant des moyens à notre disposition pour le mettre à profit et le réactiver.

L’autophagie s’effectue sur un métabolisme bas, c’est pourquoi le jeûne sera son allié majeur, la situation dans laquelle elle va facilement s’activer.

Dans son troisième livre, le Dr Hiromi Shinya parle d’« enzyme de rajeunissement » et cite les recherches sur l’autophagie du Pr Mizushima de Tokyo 9 . Il préconise des mini-jeûnes de 16 à 24 heures. Il se base aussi sur les études du Pr Panda (La Jolla, Californie) qui a montré ce qui suit.

Les souris ayant une alimentation riche en graisses et en calories, mangeant tout au long de la journée, pendant 100 jours, voient leurs paramètres de santé se détériorer (obésité, excès de graisses et de sucres dans le sang, problèmes hépa- tiques…). En revanche, des souris qui mangent exactement la même chose, en même quantité, mais pendant seulement 8 heures de la journée (elles jeûnent donc pendant les 16 autres heures) ne présentent pas ces troubles. Elles voient même leur forme s’améliorer. A priori, le métabolisme du corps est positivement modifié par l’autophagie déclenchée lors de ces périodes de jeûne bref (en tout cas, pour les souris).

Le Pr Malene Hansen a, quant à lui, montré que des périodes de jeûne induisant l’autophagie, chez le ver, pouvaient rallon- ger sa durée de vie de 25 % ! D’autres études vont dans ce sens 10 .

Jeûne et tradition

La plupart des populations riches en centenaires ont connu des périodes de disette où l’on ne mangeait pas forcément tous les jours ni à tous les repas. Cela a-t-il contribué à leur santé d’acier et à leur longévité ? C’est possible.

La médecine traditionnelle ayurvédique préco- nise rarement des jeûnes longs. En revanche, elle a recours à des jeûnes de 24 heures (tou- jours à adapter selon la constitution et la sensibi- lité de chacun) pour améliorer bon nombre de troubles de santé. Dans certains cas, elle pré- conise un jour de jeûne par semaine lors de périodes de détoxication, ou tout simplement pour gagner en santé et en longévité.

Jeûner : la technique anti-âge par autophagie

Il y a bien longtemps que les vertus du jeûne sont connues et employées dans les médecines traditionnelles. Il y est dit que le corps en état de jeûne utilise d’abord et surtout sa graisse pour fonctionner, mais aussi ses tissus abîmés et les déchets qui y sont accumulés. C’est bien ce que vient de constater la science moderne en découvrant l’autophagie, entre autres.

Le jeûne aurait une action détoxicante qui va plus loin que tous les régimes hypotoxiques car, en plus de stopper toute ingestion de toxines, il active leur élimination à l’intérieur même de nos cellules grâce à l’autophagie. C’est très inté- ressant, car beaucoup de techniques de détoxication visent plutôt l’élimination des toxines à l'extérieur des cellules.

Une étude de 2013 a montré que 24 heures de jeûne peuvent faire monter nos taux d’hormones de croissance (jusqu’à 20 fois !) et baisser les signes de risques cardiovas- culaires et diabétiques.

Une fois de plus, la science nous confirme que ces concepts issus de la tradition n’étaient pas qu’imaginaires.

Un bémol toutefois: il n’est pas conseillé d’activer en perma- nence l’autophagie. Il semble que nos cellules aient aussi besoin de temps de repos. D’où l’intérêt d’une approche cyclique, comme dans le cas du jeûne intermittent. D’ailleurs, la méde-

5.  Hung S.Y. et al., « Autophagy protects neuron from A?-induced cytotoxicity », Autophagy, 2009, 5 : 502-510. 6.  Donati A. et al., « Age-related changes in the autophagic proteolysis of rat isolated liver cells : effects of antiaging dietary restrictions », J. Gerontol. A. Biol. Sci. Med. Sci., 2001, 56 : B375-383. 7.  Longo V.D. et al., « Starvation-dependent differential stress resistance protects normal but not cancer cells against high-dose chemotherapy », Proc. Natl Acad. Sci. USA, 2008 Jun 17, 105, 24 : 8215-8220. 8.  Tanaka Y. et al., « Autophagy as a therapeutic target in diabetic nephropathy », Ex. Diabetes Res., 2012. 9.  Dr Hiromi Shinya, L’Enzyme de rajeunissement, Guy Trédaniel éditeur, 2013. 10.  Cuervo A.M. et al., « Autophagy and aging : the importance of maintaining clean cells », Autophagy, 1 (2005), 131e140.

Sachant qu’une période de jeûne peut favoriser les phé- nomènes d’autophagie et que celle-ci évite d’accélérer le vieillissement, il n’y avait qu’un pas pour dire que le jeûne pouvait être considéré comme une technique anti-âge.

il n’y avait qu’un pas pour dire que le jeûne pouvait être considéré comme une technique

3

DOSSIER

Le jeûne intermittent : mode d’emploi

En fonction de ce qui a été vu ici, il existe deux possibilités simples :

des jeûnes de 16 heures, une à trois fois par semaine, en sautant le petit déjeuner ou le repas du soir et en mangeant assez léger au repas pré- cédant le jeûne, afin que sa digestion soit la plus courte possible ;

des jeûnes de 24 heures une fois par semaine ou par quinzaine (par exemple).

Bien entendu, même en période de jeûne, on peut boire de l’eau à volonté.

On entend aussi parler aujourd’hui de warrior diet, le « régime du guerrier ». Il s’agit de ne faire qu’un seul repas par jour pendant plusieurs jours.

Dans l’immense majorité des cas, ces jeûnes inter- mittents seront faciles à faire et salutaires. Mais, comme toujours, ils ne conviennent pas à tout le monde ; leur durée et leur fréquence doivent être adaptées à chaque situation et à chaque per- sonne selon sa constitution. Certaines personnes très fragiles ne devraient s’y lancer que sous avis médical. Avant tout, il est important d’écouter son corps, d’être attentif à ses sensations.

cine ayurvédique fait toujours suivre les périodes de détoxica- tion, qui sont restrictives, par des périodes de renutrition (abon- dantes en nutriments) pour retrouver l’équilibre salutaire.

Les autres activateurs de l’autophagie

Nous avons vu que l’autophagie se déclenchait lors d’un stress tel que la privation de nutriments comme le glucose, les protéines, l’oxygène… Un stress physique peut aussi enclencher l’autophagie. Il peut s’agir :

d'un effort physique court et intense. Une méthode en vogue aujourd’hui est d’ailleurs l’entraînement sportif à haute intensité par intervalles courts (HIIT) ;

d'un effort physique dit « contre résistance » : il peut s’agir de musculation, mais aussi bien du maintien de postures de yoga ;

d'une activité physique en apnée (plongée sous-marine, par exemple) ;

d'une exposition à une chaleur forte ou à un froid intense, que l’on retrouve dans de nombreuses traditions de santé : sauna des pays nordiques et bains de neige, ham- mams méditerranéens, caissons de sudation ayurvédiques, douches glacées des Tibétains, etc. Plus récemment, l’expo- sition au froid est devenue tendance avec les bains d’azote (utilisés depuis assez longtemps par les médecins russes), l’immersion dans des eaux glacées, la douche froide… ;

d'une exposition modérée aux UV du soleil et sa pro- duction de vitamine D ;

de la cétose. C’est une situation métabolique où notre production d’énergie se fait en brûlant des graisses (voire des protéines) plutôt que du sucre (glucose). On atteint généralement l’état de cétose par la modification du régime alimentaire, en adoptant un régime dit « céto- gène ». Celui-ci consiste à augmenter les bonnes graisses, à ne manger que des glucides fibreux et 20 % maximum de protéines. Il permettrait d’obtenir les effets du jeûne tout en s’alimentant quand même : il entraîne la forma- tion de corps cétoniques dans le sang et une augmen- tation de l’autophagie 11 . Ce phénomène est particuliè- rement important dans les neurones et il a été montré que les diètes cétoniques pouvaient améliorer certaines maladies neurologiques comme la schizophrénie.

Enfin, on découvre régulièrement des substances alimen- taires ou médicamenteuses capables d’activer l’autophagie. La liste s’en allonge, mais la science doit y apporter encore des éclaircissements. Nous retiendrons, néanmoins, des substances naturelles connues pour « mimer » les consé- quences du jeûne ou de la restriction calorique et ayant des effets semblables : des extraits du raisin (le resvératrol), l’épicatéchine gallate du thé vert, l’hydroxycitrate, le nico- tinamide (ou vitamine B3) 12 . Mais aussi : le curcuma, le ber- béris, la spermidine, le tréhalose de certains champignons, le sulforaphane contenu en abondance dans les brocolis…

Parmi les autres substances identifiées par les chercheurs, on trouve aussi des médicaments connus pour être utili- sés en médecine anti-âge, comme la rapamycine, la met- formine, le lithium 13 … Attention : ces substances ne sont pas forcément dénuées d’effets et délivrées uniquement sur prescription médicale. L’avis d’un médecin compétent est hautement souhaitable.

Sans risque ?

Surfant sur la vague déclenchée par les découvertes du Pr Oshumi, l’Américaine Naomi Whittel a écrit un best-sel- ler outre-Atlantique expliquant comment se revitaliser, améliorer sa peau et perdre du poids avec l’autophagie… Ne nous emballons pas. Certains chercheurs ont déjà tempéré les choses en faisant remarquer que ce processus pouvait, dans certains cas, protéger aussi des cellules cancéreuses en début de formation 14 . Tout cela est complexe.

Notre point de vue est qu’il faut avant tout employer les méthodes naturelles pour renforcer ce mécanisme normal de réparation et de vitalité dans notre corps, sans croire que c’est une panacée. Il faut préférer celles qui ont fait

11.  Finn P.F., Dice J.F., « Ketone bodies stimulate chaperone-mediated autophagy », Journal of Biological Chemistry, 2005 280 (27) : 25864-25870. 12.  Mariño G. et al., « Caloric restriction mimetics : natural/physiological pharmacological autophagy inducers », Autophagy, 2014, 10(11) : 1879-1882. 13.  Zarse K. et al., « Low-dose lithium uptake promotes longevity in humans and metazoans », European Journal of Nutrition, 2011, 50 (5) : 387-389. 14.  http://www.larecherche.fr/une-arme-%C3%A0-double-tranchant-contre-le-cancer ; https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25605458

DOSSIER

Le resvératrol

C’est un grand classique des remèdes anti-âge, un antioxydant que l’on trouve dans la peau du raisin noir, les myrtilles, le cacao ou les cacahuètes. Il favorise la production d’énergie dans nos cellules, renforce le système vasculaire, et prévient de nombreuses mala- dies liées au vieillissement (diabète, cancer, athéros- clérose…), selon de nombreuses études. Notons que les polyphénols en général (qui sont des antioxydants) auraient un effet similaire d’activation de l’autophagie.

Le thé vert

Il contient de l’épigallocatéchine gallate, qui lui aussi a le pouvoir d’activer le processus d’autophagie. Riche en polyphénols et flavonoïdes, le thé vert est un antioxy- dant puissant et un anti-inflammatoire. De nombreuses études existent sur son action préventive sur les cancers (digestifs, sein, poumon…), de ses effets contre la formation du mauvais cholestérol et de son action protectrice de la sphère cardiovasculaire. C’est enfin un stimulant des défenses immunitaires.

Le curcuma

Il agit sur l’autophagie grâce à sa teneur en curcu- mine, son principe actif. Il a aussi des vertus anti- inflammatoires et antioxydantes bien connues.

La berbérine

La berbérine est le principe actif de la plante appe- lée berbéris. Elle fait aussi baisser le sucre et les graisses dans le sang.

La spermidine

Elle fait partie des « polyamines », des molécules

dérivées de l’acide aminé ornithine. La spermidine (présente dans le sperme, ce qui lui a valu son nom)

a augmenté la durée de vie de levures et de vers,

ainsi que de cultures de cellules humaines. On en trouve en abondance dans les fromages un peu forts (comme le reblochon, le roquefort…), les pois, fèves et lentilles, le raisin, la banane, ainsi que dans des céréales…

Le tréhalose

On le trouve dans certains champignons comme

le fameux shiitaké (mais aussi dans le tapioca et la levure de bière). Lui aussi active l’autophagie.

Il a également allongé la durée de vie de vers dans

certaines expérimentations. De plus, il peut aider

à traiter les problèmes de stéatose hépatique (graisse dans le foie).

L’hydroxycitrate de calcium

On le trouve en abondance dans un fruit exotique qui pousse en Asie (Garcinia cambogia) et qui a des propriétés anticancer, comme le souligne le Dr Schwartz 1 . Il pourrait aussi empêcher les cel- lules adipeuses de stocker des graisses à partir des sucres que nous mangeons. Ce fruit est donc utilisé pour aider l’amaigrissement.

1.  Dr Laurent Schwartz, Cancer, un traitement simple et non toxique, Thierry Souccar éditions, 2016.

la preuve d’un effet positif sur la longévité et la santé – à commencer par l’amélioration de son hygiène de vie (ali- mentation plus saine et moins calorique, exercice physique régulier). Ici, aucun risque de se tromper.

Ensuite, opter pour un sport ou un entraînement physique intermittent à haute intensité est le plus souvent salutaire et demande d’y consacrer peu de temps. Trente minutes suf- fisent et peuvent être répétées plusieurs fois par semaine. Cet entraînement n’est pas réservé aux athlètes de haut niveau. Il peut s’agir d'activités comme les sports de balle, le football, le vélo… où l’on alterne des périodes d’effort soutenu avec de courts moments d’effort intense. Il est accessible à chacun, mais devra être adapté à chaque cas selon son âge et son état de forme. Marcher très vite pendant une minute, puis moins vite pendant trois minutes peut déjà être considéré comme un sport d’effort intermittent.

Les jeûnes courts (et/ou intermittents) ne présentent pas de risques pour la santé. Beaucoup d’études médicales ont maintenant été menées et en ont montré les effets positifs. À vous d’essayer différentes possibilités et de voir ce qui vous convient le mieux.

Certains se trouveront bien avec un régime cétogène. Par expérience, je pense que celui-ci est intéressant dans cer- taines situations, mais ne convient forcément pas à tout le monde et il est plus difficile à suivre. À vous de voir.

Il est possible d’accentuer les effets des jeûnes ou de la cétose sur l’autophagie avec les produits naturels vus plus haut. On s’orientera donc plus vers les raisins, le thé vert, le brocoli, le curcuma, le curry, les fromages très fermen- tés… Pour les compléments alimentaires plus spécifiques, il n’est pas question de tout prendre systématiquement. Comme toujours, il faudra choisir les plus pertinents en fonction du contexte. Par exemple, le tréhalose si vous avez un foie surchargé, le resvératrol si vous avez un stress oxydatif marqué ou des troubles circulatoires, etc. Un thé- rapeute saura vous conseiller à ce sujet.

Comme le plus souvent, c’est la voie du milieu qu’il faudra privilégier et éviter les extrêmes. In medio veritas.

Dr Jean-Luc Morel

Le Dr Jean-Luc Morel est rédacteur sur le site www.antiageintegral.com

In medio veritas .  Dr Jean-Luc Morel Le Dr Jean-Luc Morel est rédacteur sur le

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L'ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE EN UN COUP D'ŒIL

L'ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE EN UN COUP D'ŒIL

Contre Parkinson, tout est bon dans le… poisson ?

Si certaines personnes sont allergiques au poisson, c’est à cause des parvalbumines, des protéines présentes en très grandes quantités dans plusieurs espèces de poissons (rouget, hareng, carpe, sau- mon, morue), et notamment en automne après des

périodes d’exposition au soleil. Mais il semblerait que

ces parvalbumines aient bien caché leur jeu. Testées

in vitro, elles auraient aussi le pouvoir d’empêcher

la formation des corps de Lewy, caractéristiques de

la maladie de Parkinson, qui consistent en un agglo- mérat de protéines telles que l’alpha-synucléine. Cette découverte encourageante sera prolongée par de nouvelles études quant à l’effet des parvalbu- mines sur d’autres maladies neurodégénératives :

particulièrement Alzheimer et Huntington. Seul pro- blème : il faudrait les isoler, car la pollution croissante des mers fait des poissons de véritables concentrés de mercure, d’arsenic, de dioxines…

Wittung-Stafshede P. et al., « Abundant fish protein inhibits α-synuclein amyloid formation », Scientific Reports, avril 2018.

L’ail combat les inflammations de bas grade

L’ ail combat les inflammations de bas grade Discrète, sournoise et pourtant systémique et authentique,

Discrète, sournoise et pourtant systémique

et authentique, l’inflammation de bas grade

est difficile à détecter cliniquement. Il n’empêche

que ses conséquences sont graves : maladies

chroniques, telles que les maladies cardiovascu- laires, diabète, dépression, obésité, etc.

Un légume, cependant, contribue à la combattre :

l’ail. Sous sa forme de complément alimentaire,

on

l’appelle « ail vieilli », car il a passé environ

dix

mois à température ambiante après avoir

été

immergé dans de l’éthanol aqueux à 15-20 %.

C’est une récente étude américaine, effectuée

sur

51 personnes obèses, en double aveugle,

qui

a présenté les nouvelles prétentions de l’ail

vieilli. Comparées au groupe placebo, les per- sonnes ayant bénéficié de 3,6 g d’ail vieilli en

plusieurs prises par jour, pendant six semaines,

ont vu leurs marqueurs de l’inflammation s’amé-

liorer, notamment grâce à une nouvelle répar- tition des cellules immunitaires. Et ce n’est pas tout. Le cholestérol LDL sanguin avait également baissé. Antioxydant, anticancéreux, fibrinolytique capable de dissoudre les caillots de plaquettes,

l’ail n’a pas fini de nous étonner !

Xu Changjie et al., « Aged garlic extract supplementation modifies inflam- mation and immunity of adults with obesity », Clinical Nutrition Espen, avril 2018.

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Vers la télémédecine en oncologie

D’après l’Institut de cancérologie de l’Ouest, les patients atteints d’un cancer du poumon qui suivraient l’évolution de leurs symptômes sur une application web verraient leur chance de survie accrue comparativement à ceux dont le suivi serait plus classique (scanners réguliers). Effectuée sur 133 personnes pour lesquelles le système de télésurveillance médicale a été assigné au hasard, cette étude française a été confirmée par des chercheurs américains lors du Congrès sur le cancer à

Chicago en juin. En effet, pouvoir informer les équipes soignantes de leur état de santé, au jour le jour, grâce à leur téléphone mobile et

à une application spécialisée permettrait aux

malades d’accéder à une meilleure qualité de vie, de détecter plus tôt les complications et rechutes, d’effectuer des visites moins fréquentes à l’hôpital et de mieux tolérer les traitements. Au bout d’un an, 75 % des patients ayant utilisé le suivi des symptômes via l’application web étaient encore en vie, contre 49 % parmi ceux n'ayant pas bénéficié de la technologie.

Au cœur des discussions, la télémédecine sera mise en place auprès des patientes atteintes d’un cancer du sein de l’hôpital Saint-Louis

à Paris. Fièvre, transit, humeur, fatigue,

nausées… : elles rempliront quotidiennement un questionnaire pour évaluer leurs effets secondaires, permettant ainsi aux oncologues de mieux anticiper des problèmes dont les conséquences pourraient être graves.

Denis F. et al., « Overall survival in patients with lung cancer using a Web- application (…) », Clin. Oncol., 2016.

Manger des pruneaux réduirait le risque d’ostéoporose

Riches en vitamine K et en polyphénols, et pauvres en calories, les pruneaux ont

des effets anti-inflammatoires et un impact positif sur la densité minérale osseuse. Au point que, selon une étude de la San Diego State University aux États-Unis, ils ralentiraient et préviendraient la perte osseuse. Cette étude

a été effectuée sur trois groupes

de femmes ménopausées, les- quelles peuvent subir une perte annuelle de 1 à 1,5 % de leur densité osseuse. Ainsi, seuls les deux groupes ayant consommé de six à douze pruneaux séchés par jour ont vu leur marqueur de résorption osseuse diminuer dans la durée, contrairement à celui du groupe témoin.

Une telle quantité de pruneaux

peut cependant avoir des réper- cussions sur votre transit.

Il semblerait donc plus judicieux

de se limiter à deux ou trois pru- neaux par jour et de compter sur les autres facteurs préventifs de l’ostéoporose : l’activité phy- sique surtout, les vitamines D, K, C et B6, le zinc, le silicium…

Wallace T.C. et al., « Dried plums, prunes and bone health (…) », Nutrients, avril 2017.

Ayurvéda et probiotiques :

le nouveau duo gagnant de la longévité

Un cocktail de probiotiques (Lactobacillus plantarum, Lactobacillus fermentum et Bifidobacteria longum) associé à une sélection de trois plantes issues de la médecine traditionnelle indienne (l’amalaki, un fruit puissamment anti-inflammatoire, le bibhitaki, un fruit aux propriétés antioxydantes qui protège les tissus et les cellules, et le haritaki, une plante médicinale à l’action régénéra- trice, notamment au niveau des systèmes cardiovascu- laire, nerveux et digestif) a été administré à des mouches drosophiles dont la biologie est très proche de celle des mammifères (plus de 70 % de similitude). Le résultat des tests des chercheurs de l’université McGill à Montréal est étonnant : les mouches ayant reçu cette préparation ont vécu jusqu’à 66 jours, soit 26 jours de plus que leurs congé- nères qui n’en avaient pas bénéficié. Au-delà du prisme de l’ayurvéda, qu’il faut encore comprendre et analyser, cette nouvelle étude met en lumière la communication particulièrement sensible entre le microbiote et les fac- teurs du vieillissement, tels que l’inflammation, l’insulino- résistance et le stress oxydatif, qui étaient moins marqués dans le groupe ayant reçu ce cocktail.

Prakash S. et al., « Longevity extension in Drosophila through gut-brain communication », Scientific Reports, mai 2018.

Prakash S. et al., « Longevity extension in Drosophila through gut-brain communication », Scientific Reports, mai

Le mauvais cholestérol, un bon anti-dépresseur ?

C’est ce que vient d’établir une étude mexicaine réalisée auprès de 261 patients atteints de dépres- sion, dont les taux de cholestérol total, de choles- térol HDL (« bon » cholestérol) et de cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol) ont été comparés à ceux d’un groupe témoin en bonne santé de 206 personnes. Résultat : l’hypocholestérolémie – le manque de cholestérol, notamment de mauvais cholestérol – était quatre fois plus fréquente chez ceux qui souffraient de dépression sévère. Or la

sérotonine – un neurotransmetteur influant sur les états d’anxiété, de stress et de dépression – est dépendante du cholestérol pour que ses récepteurs fonctionnent. Le manque de cholestérol réduit donc l’activité de la sérotonine et constitue un facteur de risque de dépression et de mauvais contrôle pulsionnel. Des études ont déjà montré une très nette augmentation des risques d’accident et de mort violente chez les personnes ayant un cholestérol bas.

Segoviano-Mendoza M. et al., « Hypocholesterolemia is an independent risk factor for depression disorder and suicide attempt in Northern Mexican population », BMC Psychiatry, janvier 2018.

factor for depression disorder and suicide attempt in Northern Mexican population », BMC Psychiatry, janvier 2018.

77

INTERVIEW

Le végétarisme est-il une option pour les seniors ?

Le Programme national nutrition santé (troisième du nom), qui a accouché du fameux slogan « Cinq fruits et légumes frais par jour », devait être retravaillé en 2015. En 2018, on en attend toujours la refonte. Mais à écouter le Pr Massimo Nespolo, grand promoteur d’une alimentation végétarienne, y compris pour les seniors, il est plus que temps d’en finir avec lui !

Massimo Nespolo est profes- seur à l’université de Lorraine (de minéralogie et de cristallo- graphie). Il s’est passionné pour la nutrition, domaine qu’il étudie depuis trente ans. Il dispense régulièrement des conférences sur ce sujet et il est très actif dans la défense et la promotion du régime végétarien.

Le PNNS 3 diffuse les recommandations officielles en matière de nutrition visant à améliorer la santé de la popu- lation. Pourtant, quand on vous écoute, on a l’impression que c’est tout le contraire…

Pr Massimo Nespolo : Le PNNS est un plan bâti pour satisfaire les intérêts d’une certaine industrie agroalimen- taire. La preuve : il recommande de consommer des protéines animales une à deux fois par jour et des produits lai- tiers deux fois par jour 1 pour les adultes. Ce dernier chiffre peut grimper jusqu’à quatre pour les enfants et les personnes âgées ! Il passe, bien sûr, sous silence le fait que les produits animaux sont bourrés de graisses saturées et de cho- lestérol, qu’ils sont souvent riches en sel (charcuterie, fromages) et pauvres en magnésium et en potassium. Cerise sur le gâteau : il fait croire que ces produits sont meilleurs que les protéines végé- tales. Ce qui, selon moi, n’est pas le cas.

Quels problèmes posent les produits animaux selon vous ?

Pr M. N. : L’organisme humain possède une hormone baptisée IGF-1 (« facteur de croissance 1 »). C’est le facteur de croissance le plus puissant de l’orga- nisme : il joue un rôle de levier dans la croissance des cellules. Abondant chez les enfants, sa production baisse avec les années parce que l’organisme en a moins besoin. Les animaux produisent aussi cette hormone. Chez la vache, la structure moléculaire de cette hor- mone est exactement la même que chez l’humain. Quand nous consom-

mons un steak ou buvons du lait, nous ingérons cette IGF-1. Nous ajoutons donc à la production endogène (celle fabriquée par l’organisme) une quan- tité exogène (celle de l’animal) d’IGF-1, car cette hormone n’est détruite ni par traitement thermique, ni par pasteuri- sation, ni par traitement UHT.

La présence de cette hormone constitue un problème dans la mesure où elle sti- mule aussi la croissance des cellules can- céreuses. Nous avons tous des foyers can- céreux dans l’organisme. La plupart sont détruits sous l’action de notre système de défense, mais si on nourrit ces cel- lules avec un excès de ce facteur de crois- sance, il y a un risque qu’elles dépassent la capacité de réaction de l’organisme et finissent par grossir et se propager. Des études ont d’ailleurs établi un lien entre les régimes alimentaires riches en proté- ines animales – dont la caséine (protéine du lait) – et le développement de mala- dies coronariennes et de cancers 2,3 .

Devenir végétarien, n’est-ce pas s’exposer à des carences ?

Pr M. N. : Dans nos sociétés occiden- tales, on meurt des excès et on a peur des carences! Lorsque l’on est végétarien, certaines carences sont à redouter, mais, hormis celles en vitamine B12 qu’on ne trouve que dans des produits animaux, elles n’ont rien à voir avec la consomma- tion de viande ou de produits laitiers.

Même les « carnivores » ont intérêt, passé la cinquantaine, à surveiller leur niveau de B12, car au fil des années, la production gastrique du « facteur intrinsèque », indispensable à l’ab-

1.  http://www.mangerbouger.fr/Les-9-reperes/Les-9-reperes-a-la-loupe/Viande-poisson-oeuf 2.  Colin T. Campbell & Thomas M. Campbell, The China Study. The most comprehensive study of nutrition ever conducted and the startling implications for diet, weight loss and long-term health, Dallas, Benbella Books, 2006. 3.  https://web.archive.org/web/20090223222003/http://www.nutrition.cornell.edu/ChinaProject/

INTERVIEW

sorption de cette vitamine, diminue. Une supplémentation peut alors s’avérer nécessaire.

Quelles sont alors les autres carences qu’il faut surveiller passé un certain âge ?

Pr M. N. : Il faut faire attention aux carences en vitamine D, surtout si l’on habite une région peu ensoleillée et/ou que l’on s’expose peu au soleil. Dans ces cas, omnivores ou végétariens, même combat : il faut se supplémenter !

J’invite également les seniors à prendre des vitamines B6 et B9 (acide folique) une à deux fois par semaine. Associées à la vitamine B12, elles permettent de contrôler l’augmentation du taux d’homocystéine (un acide aminé). Sauf cas de rares maladies génétiques, le taux d’homocystéine est contrôlé par l’organisme, car il s’agit d’une petite molécule extrêmement toxique, responsable, si elle est présente en excès, d’un grand nombre de pathologies, notamment cardiovasculaires et neu- ropsychiatriques, ainsi que d’une augmentation du risque de fractures. Avec l’âge cependant, le taux d’homocystéine tend à augmenter, en partie à cause de la réduction de l’activité rénale. Les végétariens sont moins concernés par ce problème, car les végétaux sont naturellement riches en B6 et surtout en B9, mais seulement s’ils suivent une supplémentation en B12.

Le PNNS 3 suggère de privilégier la viande rouge et le boudin noir pour éviter les carences en fer. Ce conseil s’appliquerait principalement aux femmes et, plus encore, aux femmes enceintes.

Pr M. N. : J’aimerais vous soumettre une réflexion. Pourquoi la majorité des femmes sont-elles carencées en fer alors que la nature est si bien faite? Des études 4 ont montré que le déficit en fer constituait, en fait, un mécanisme de sauvegarde de l’espèce. L’explication en est simple: pour se développer, les bactéries ont besoin de fer. Lorsque l’organisme est attaqué, il séquestre le fer disponible dans des protéines comme la ferritine pour éviter de se le faire « voler ». Un environnement sans fer ne peut pas développer de pathogènes. Ces soi-disant carences protègent la femme fertile des maladies infectieuses, mais aussi cardiovascu- laires, et de certains cancers. Car le fer agit comme un puissant oxydant qui produit des radicaux libres responsables de dégâts dans les parois des artères et sur l’ADN.

Aujourd’hui, les taux de fer considérés jusqu’alors comme normaux commencent à être remis en cause 5 par certains scientifiques, qui les jugent un peu trop élevés. Certes, les végétariens ont en moyenne un taux de ferritine un peu moins haut que les omnivores, mais il se pourrait que ce soit en réalité plutôt une bonne nouvelle ! Bien évidem- ment, il ne faut pas tomber en carence, parce que le fer joue un rôle fondamental dans l’organisme, notamment dans le transport de l’oxygène. Mais il ne faut pas oublier qu’il est aussi coresponsable du vieillissement cellulaire.

4.  F.S. Facchini, The Iron Factor of Aging, Tucson, Fenestra Books, 2002. 5.  F.S. Facchini, op. cit.

Les femmes enceintes, c’est une chose. Mais que dites-vous aux femmes ménopausées et aux hommes ?

Pr M. N. : Je leur dis d’abord de ne pas se ruer sur la pre- mière bavette saignante venue par peur de manquer de fer ! Contrairement aux vitamines B6, B9 et B12, le corps ne sait pas réguler l’excrétion du fer, mais seulement son absorp- tion. En surdose, il oxyde les tissus des différents organes et provoque une dégénérescence prématurée de l’organisme.

Il ne faut pas prendre pour argent comptant l’idée selon laquelle les aliments d’origine végétale n’apportent pas le fer dont nous avons besoin. Pour bien comprendre la situa- tion, il faut établir une distinction entre le fer héminique – que l’on trouve dans l’hémoglobine et la myoglobine, autrement dit dans le sang et le muscle de la viande – et le fer non héminique – que l’on retrouve dans tous les autres aliments : œufs, lait et végétaux.

On entend constamment dire que le fer non héminique est moins bien absorbé que le fer héminique, d’où un risque plus élevé de carence chez les végétariens. En réalité, c’est plus com- pliqué que cela. Lorsque l’on consomme des végétaux, l’orga- nisme augmente ou baisse l’absorption de fer non héminique selon ses besoins. Au contraire, le fer héminique est absorbé à raison de 25 % environ, peu importent les stocks déjà pré- sents dans l’organisme. Cela signifie que la grande majorité du fer ingéré va stagner dans l’intestin. Contrairement au fer non héminique, le fer héminique est très réactif. Il est capable de produire des radicaux libres dont on sait qu’ils peuvent endommager les parois intestinales et contribuer au déve- loppement du cancer colorectal. Il est donc important que ces 75 % soient évacués rapidement par le transit. Or les pro- duits animaux sont dépourvus de fibres, indispensables à un transit intestinal rapide. Une alimentation riche en produits animaux et pauvre en fibres implique un transit lent ; l’orga- nisme d’un gros consommateur de produits animaux peut avoir besoin de 72 heures pour éliminer les déchets !

Parmi les végétaux, les légumineuses sont particulière- ment intéressantes, parce qu’elles possèdent un très bon équilibre entre fibres hydrosolubles (qui se dissolvent dans l’eau) et fibres non hydrosolubles. Les premières agissent dans le contrôle du mauvais cholestérol, des graisses et du glucose. Les secondes favorisent un transit régulier. Elles sont donc efficaces dans la prévention du cancer colorectal.

Les légumineuses ne sont-elles pas, néanmoins, des protéines incomplètes, c’est-à-dire qui ne contiennent pas les neuf acides aminés essentiels ?

Pr M. N. : Voilà encore une idée fausse ! Au même titre que les produits animaux, certains végétaux contiennent les vingt-deux acides aminés – dont les neuf essentiels (c’est-à-

animaux, certains végétaux contiennent les vingt-deux acides aminés – dont les neuf essentiels (c’est-à- 9

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INTERVIEW

dire que l’organisme ne peut pas synthétiser) – qui entrent dans la structure des protéines : le soja, le quinoa, l’ama- rante, le chia. Il n’est donc pas forcément nécessaire de les associer à des céréales, comme on le lit souvent. Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir les tables de composition des aliments 6 . Cette notion de protéines soi-disant incomplètes n’apparaît pas dans le rapport FAO/OMS/ONU qui décrit les besoins en protéines et acides aminés chez l’homme 7 .

Je recommande également aux plus sceptiques de regarder du côté de l’indice chimique, qui calcule la qualité de la protéine d’un aliment, en fonction des acides aminés pré- sents. Quand elle oscille autour de 1, on dit que cette qua- lité protéique est bonne, et quand elle est supérieure à 1, on dit qu’elle est excellente. Les légumineuses ont un indice chimique qui varie entre 0,91 (lentilles) et 1,60 (petits pois verts). Elles sont donc loin d’être incomplètes et n’ont nul- lement besoin d’être associées à une céréale. La plupart des aliments végétaux riches en protéines ont un indice chimique proche de 1, voire supérieur.

Loin d’être idéales, les protéines animales sont plus riches en acides aminés soufrés, lesquels augmentent la produc- tion d’homocystéine, et plus acidifiantes que les légumi- neuses. Pour compenser cette charge acide, l’organisme devra donc puiser dans les réserves de calcium (basifiant) du squelette. Si c’est occasionnel, ce n’est pas un problème ; mais si la situation se répète dans le temps, gare aux pro- blèmes d’ostéoporose !

En parlant de calcium, le PNNS recommande trois à quatre produits laitiers par jour…

Pr M. N. : C’est un excellent conseil si l’on veut fragiliser son sque- lette! Les besoins en calcium varient, en réalité, d’un individu à l’autre. Le rapport FAO/OMS sur les vitamines et minéraux 8 a, par exemple, montré qu’ils sont plus importants chez les individus qui consomment davantage de sel et de protéines animales que chez les végétariens. Les parents gavent leurs enfants de produits laitiers pour qu’ils aient des os solides, comme si leur squelette était un capital à faire fructifier, alors que tous les dix ans envi- ron, il est renouvelé 9 . La santé osseuse se manifeste sous deux formes: d’une part, l’obtention et la conservation d’une masse osseuse satisfaisante et, d’autre part, la capacité cellulaire pour la renouveler. Si cette dernière est réduite, le fait d’avoir atteint une masse osseuse importante pendant sa jeunesse ne protège pas de l’ostéoporose. Ces deux processus (formation de la masse osseuse et capacité de renouvellement) dépendent d’un équilibre minéral délicat, dont le calcium – duquel les végétaux sont aussi de très bonnes sources – n’est qu’un des acteurs. Pour avoir des os en bonne santé, il faut aussi, entre autres, du magnésium, du potas- sium, du bore et de la vitamine D, éviter les excès de sel, etc. Les légumineuses répondent précisément à ces besoins, alors que les laitages, très pauvres en magnésium et potassium (et les fromages, très riches en sel), représentent plutôt une menace.

Cela dit, révolutionner le contenu de son assiette, cela ne suffit pas. Vous serez sans doute étonnée, mais l’une des meilleures préventions contre l’ostéoporose, c’est une paire de baskets !

Propos recueillis par Sandra Franrenet

6. Souci, Fachmann, Kraut, La Composition des aliments. Tableaux des valeurs nutritives, 7e édition, MedPharm, Taylor and Francis, 2008. Retrouvez les tableaux complets ici : https://www.

7. Protein and amino acid requirements in human nutrition. Report of a joint WHO/FAO/UNO Expert Consultation, WHO technical report series n° 935, 2007. 8. Vitamin and mineral requirements in human nutrition (Second edition), WHO/FAO, 2004 (http://www.who.int/nutrition/publications/micronutrients/9241546123/) 9.  C.J. Rosen, « Nutrition and bone health in the elderly », in Michael F. Holick et Bess Dawson-Hughes (dir.), Nutrition and Bone Health, Humana press, 2004.

COIN COSMÉTO

Le baume à lèvres parfait !

En deux temps, trois mouvements, vous pouvez vous confec- tionner un onctueux baume à lèvres riche en actifs naturels nourrissants, hydratants et protecteurs, un indispensable pour garder les lèvres douces et rebondies. Enrichi en huile essen- tielle de géranium, reconnue pour ses vertus régénérantes, ce baume est aussi intéressant pour préserver le contour des lèvres.

Ingrédients 1  :

5 g (1 cuillère à café) de beurre de karité ;

5 g (1 cuillère à café) d’huile de coco ;

2 g (½ cuillère à café) de cire d’abeille ;

1. Ingrédients et contenants : www.aroma-zone.com

2 gouttes d’huile essentielle de géranium rosat (facultatif) ;

1 petit pot stérilisé ou un stick à lèvres.

Préparation :

1. Faites chauffer la cire d’abeille au bain-marie, ajoutez le beurre de karité et l’huile de coco. 2. Coupez le feu et mélangez pour obtenir une texture lisse. 3. Ajoutez l’huile essentielle, mélangez à nouveau. 4. Transvasez rapidement dans le pot ou le stick vide et laissez refroidir.

Le baume s’applique et pénètre facilement. Il se conserve 6 mois.

Annie Casamayou

LES COMPLÉMENTS AU BANC D'ESSAI

Vitamine B12 : pas que pour les végétariens !

Indispensable à la fabrication des cellules sanguines ainsi qu’au bon fonctionnement du cerveau et du système nerveux, la vitamine B12 n’est pas une préoccupation seulement pour les végétariens. Son absorption est facilement défaillante si nous ne sommes pas vigilants quant au terrain d’accueil que nous offrons à cette vitamine si rare et si complexe.

que nous offrons à cette vitamine si rare et si complexe. Par Sabrina Chabanel pharmacienne et

Par Sabrina Chabanel

pharmacienne et nutrithérapeute

Le corps n’en produit pas

Ni les hommes, ni les animaux, ni les plantes ne peuvent fabriquer cette vitamine (cobalamine). Elle est synthétisée par les bactéries, les microchampignons et les microalgues. Grâce à la lente digestion des fibres végétales chez le rumi- nant, une population abondante de bactéries peut se déve- lopper dans ses intestins et produire la vitamine B12 qui se retrouvera dans sa chair.

C’est pourquoi la source principale de B12 est l’alimentation animale (poissons, fruits de mer, viande rouge, œufs, lait, fromage). Cependant, il semblerait que la vitamine B12 des produits laitiers et du poisson serait mieux assimilée que celle provenant de la viande et des œufs 1 . À savoir aussi : la B12 étant très sensible à la chaleur 2 , le mode de conserva- tion et de cuisson de l’aliment peut affecter son activité. Il vaut mieux stocker les aliments à l’abri de la chaleur et de la lumière, puis les cuisiner à la vapeur ou les manger crus.

Notons enfin qu’il est possible de la trouver également sous forme de traces sur les fruits et légumes crus et non net- toyés (il y a plus de bactéries à leur surface), ainsi que dans l’algue rouge nori 3 . Néanmoins, même si l’homme n’en a besoin quotidiennement qu’en très petites quantités 4 , la source végétale en vitamine B12 n’est pas suffisante pour maintenir un bon état de santé.

Focalisez-vous sur son assimilation

Pour autant, même les mangeurs de viande peuvent souf- frir de carences. Cette vitamine est facilement détruite ou évacuée si elle ne trouve pas un environnement gastro-in- testinal propice pour l’accueillir, elle doit subir un long voyage avant d’être emportée dans la circulation sanguine au niveau de l’iléon, à l’extrémité de l’intestin grêle.

Trois conditions sont nécessaires à la bonne assimilation de la vitamine B12 :

un environnement acide de l'estomac, permettant la libé- ration du complexe vitamine B12-protéine R salivaire ;

un bon fonctionnement du pancréas, qui déverse les enzymes nécessaires pour séparer la B12 de la protéine

R salivaire ;

la présence du « facteur intrinsèque », une protéine transporteuse libérée des cellules pariétales de l’estomac

et indispensable pour la pénétration de la vitamine B12

dans le sang au niveau de l’iléon.

Même si l’apport alimentaire est suffisant, si l’absorption de la vitamine ne se fait pas correctement grâce à un environne- ment gastro-intestinal équilibré, elle passera « tout droit » et finira son périple au fond de la cuvette des toilettes…

On estime que la carence en vitamine B12 touche de 10 à 30 % des personnes de plus de 50 ans, à cause essentielle- ment d’une faible acidité gastrique 5,6 . Mais le problème de l’assimilation de la B12 se pose aussi pour les personnes souf- frant d’une maladie gastro-intestinale (gastrite, pancréatite, maladie cœliaque) ou simplement prenant un médicament antiacide. Autre situation courante : une longue période de stress, qui affecte le bon fonctionnement des organes digestifs.

Conséquences d’une carence

Grâce à une précieuse réserve de vitamine B12 (2-5 mg, dont la moitié se trouve dans le foie et le reste dans les cellules plasma- tiques), notre corps peut supporter un déficit épisodique causé par une maladie intestinale ou le stress. Seulement, si l’apport en vitamine B12 est limité, le corps puise dans ses réserves: la carence s’installe alors progressivement, sur deux à huit ans 7 .

Au début, il n’y a pas de symptôme spécifique. Puis, elle peut entraîner une légère anémie, une baisse de concentration, une irritabilité, une fatigue ou encore des aphtes et des troubles de l’appétit. Lorsque la carence s’aggrave, différents troubles neu- rologiques apparaissent, parfois graves et irréversibles : fourmil- lements, tremblements, vertiges, dépression (burn-out), troubles du sommeil, mais aussi inflammation intestinale et buccale 8 .

1.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19190073 2.  https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00886612/document 3.  Watanabe F. et al., « Vitamin B12-containing plant food sources for vegetarians », Nutrients, 2014 May, 6 (5) : 1861-1873. 4.  2,4 µg/jour en moyenne pour une personne en bonne santé, selon les recommandations officielles. 5.  https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=vitamine_b_12_ps 6.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14750639 7.  Chanarin I., The Megaloblastic Anaemias, Oxford, Blackwell, 1979 (2nd ed.). 8. La manifestation la plus grave de la carence est l’« anémie pernicieuse », également appelée maladie de Biermer. Les personnes atteintes de cette maladie auto-immune ne fabriquent pas le facteur intrinsèque indispensable à l’absorption de la vitamine B12. Une complémentation en vitamine B12 est alors vitale, sous surveillance médicale et sous forme injectable uniquement (1 000 µg/semaine). Ce cas extrême n’est pas l’objet de cet article.

et sous forme injectable uniquement (1 000 µg/semaine). Ce cas extrême n’est pas l’objet de cet article.

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LES COMPLÉMENTS AU BANC D'ESSAI

Bien choisir sa vitamine B12

Vous trouverez la B12 sous quatre formes différentes 9 : 10

Les formes de vitamine B12 disponibles sur le marché

Assimilation

Durée

Champs d’action spécifiques en plus de l’anémie

d’efficacité

Méthylcobalamine

Bonne

Moyenne

Fatigue, dépression, burn-out, démence sénile et troubles de la concentration, détoxification du cyanure contenu dans la fumée de cigarette 10

(naturelle)

Hydroxocobalamine

Élevée

Très bonne

Forme de « stockage », utilisée pour la réserve corporelle ; stress oxydatif, détoxification du cyanure contenu dans la fumée de cigarette

(naturelle)

Adénosylcobalamine

Bonne

Moyenne

Énergie, fatigue chronique, faiblesse musculaire, fibromyalgie, problèmes hépatiques

(naturelle)

Cyanocobalamine

Faible

Faible

Pas de bienfait particulier

(synthétique)

Si vous recherchez un complément alimentaire de vita- mine B12 sous forme orale, je vous déconseille la cyano- cobalamine, bien qu’elle soit moins coûteuse. Outre son faible taux d’assimilation (quatre transformations sont nécessaires avant qu’elle ne soit active) et sa faible durée d’efficacité, la molécule comporte un groupe chimique cyano : elle produit du cyanure lors de sa métabolisation en vitamine B12 active. Même en quantité infime, il est préférable de se passer de cette substance toxique pour l’or- ganisme, surtout si vous êtes fumeur.

Notre corps se sert différemment des trois formes naturelles. C’est pourquoi je préfère les compléments qui les contiennent toutes les trois, afin de couvrir tous les symptômes.

Les formes méthylcobalamine et adénosylcobalamine sont instables et sensibles à la lumière, d’où l’importance d’un bon conditionnement (flacon en verre teinté, blister).

Mode d’emploi

En cas de forte carence, pour reconstituer une réserve de 2 mg (2 000 µg) dans l’organisme, il est recommandé de prendre de 1 à 3 mg par jour pendant plus de six mois 11,12,13 (les symp- tômes cliniques disparaîtront après le troisième mois).

Pour les personnes ayant des difficultés d’assimilation ou lors de périodes de stress, de baisse de concentration ou de convalescence, une dose de 0,5 à 1 mg/jour comblera le déficit.

Enfin, en entretien, les végétariens et végétaliens ont besoin de 100-250 µg/jour.

Les compléments se présentent souvent sous forme de cap- sules. S’il y a des difficultés de déglutition, la forme liquide ou sublinguale sera de préférence choisie.

Quelques précautions

À haute dose (> 1 000 µg/j), la vitamine B12 peut déclen- cher une éruption cutanée passagère (type acné ou eczéma). Sinon, elle est totalement inoffensive sous forme de com- plément alimentaire oral.

Cependant, sa prise ne doit pas être concomitante de celle de médicaments qui réduisent l’acidité gastrique tels que les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et les antago- nistes des récepteurs H2, qui interfèrent avec la produc- tion acide de l’estomac.

La metformine (antidiabétique oral) et le chloramphéni- col (antibiotique) interfèrent également avec l’absorption de la vitamine B12 en la diminuant.

Complémenter l’action de la vitamine B12

En association avec la vitamine B9 (acide folique), la B12 per- met de faire baisser le taux sanguin d’homocystéine, un com- posé dont l’excès est impliqué dans les maladies cardiovascu- laires. Les carences en ces deux vitamines sont étroitement liées.

Prise avec les oméga-3, le coenzyme Q10, la vitamine B9 et le zinc, elle a un effet positif sur les capacités cognitives et, par conséquent, elle pourrait avoir un effet préventif sur la démence sénile 14 .

9.  Hall C.A., Begley J.A., Green-Colligan P.D., « The availability of therapeutic hydroxocobalamin to cells », Blood, 1984 Feb., 63 (2) : 335-341. 10. Shepherd G., Velez L.I., « Role of hydroxocobalamin in acute cyanide poisoning », Ann. Pharmacother., 2008 May, 42 (5) : 661-669. 11.  http://www.vitamine-b12.net/reserves-organisme/ 12.  https://www.revmed.ch/RMS/2012/RMS-346/Carences-en-vitamine-B12-et-fer-du-diagnostic-au-suivi 13.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9694707 14.  https://www.revmed.ch/RMS/2008/RMS-175/Hypovitaminose-B12-challenge-diagnostique-et-therapeutique

LES COMPLÉMENTS AU BANC D'ESSAI

Quatre compléments à la loupe

FORMULE VITAMINE B12 MHA BIOACTIVE 1 000 µg - Sunday Natural 120 mini-capsules : 14,90 €, soit 0,12 €/capsule de 1 mg de B12. Posologie conseillée par le laboratoire : 1 capsule par jour avec 200 ml d’eau, 30 minutes avant le repas.

 

Composition pour 1 capsule :

 

vitamine B12 (méthylcobalamine 333 µg, hydroxocoba- lamine 333 µg, et adénosylcobalamine 333 µg), poudre de graines de psyllium bio 1 .

Mon avis en bref :

 

bon rapport qualité/prix.

Les + : ■
Les + :

■les trois formes naturelles de la vitamine B12 hautement biodisponibles ;

■prix accessible ;

■conditionnement en verre protégeant de la lumière.

Les – :
Les – :
 

■capsules pas forcément faciles à avaler, beaucoup d'eau nécessaire.

1.  Le laboratoire propose un autre complément qui a la même composition mais avec, en plus, 400 µg d’acide folique.

ADVANCED B-12 COMPLEX, 5 mg + 400 µg ACIDE FOLIQUE - Source Naturals 60 comprimés sublinguaux : 19,71 €, soit 0,32 €/com- primé de 5 mg de B12 + 400 µg acide folique. Posologie conseillée par le laboratoire : 1 comprimé/jour.

Composition pour 1 comprimé :

 

vitamine B12 (méthylcobalamine, hydroxocobalamine et adénosylcobalamine), acide folique 400 µg, sorbitol, mannitol, arôme naturel de cerise, acide stéarique (E570) et stéarate de magnésium (E572).

Mon avis en bref :

 
Les + :
Les + :

■les trois formes naturelles de la vitamine B12 hautement biodisponibles, à dose élevée ;

■présence du cofacteur acide folique ;

■forme sublinguale pour une administration facilitée.

Les – :
Les – :

■coût au comprimé ;

 

■contenant en plastique ;

■présence d’additifs chimiques (E570 et E572).

VITAMINE B12 METHYLCOBALAMIN 1 000 µg - Nutrixeal

 

90 comprimés sublinguaux : 19 €, soit 0,21 €/comprimé sublingual de 1 mg de B12. Posologie conseillée par le laboratoire :

1

à 2 comprimés/jour.

 

Composition pour 1 comprimé :

 

fibres d’acacia de source biologique, vitamine B12 (1 000 µg de méthylcobalamine), arôme naturel de fraise, stévia.

Mon avis en bref :

Les + :
Les + :

■forme naturelle bioactive de vitamine B12 ;

■forme sublinguale pour une administration facilitée ;

Les – :
Les – :

■une seule forme de vitamine B12 bioactive :

 
 

moins complète ;

■contenant en plastique.

 

LIQUID METHYLCOBALAMIN VITAMIN B12 1000 µg - Bluebonnet

Flacon de 59 ml : 14,71 €, soit 0,25 €/ml à 1 mg de B12/ml. Posologie conseillée par le laboratoire :

1

ml par jour à jeun.

 

Composition pour 1 ml :

 

vitamine B12 (méthylcobalamine 1 000 µg), eau purifiée, fructose, saveur de framboise, acide citrique (E330), benzoate de sodium (E211).

Mon avis en bref :

 
Les + :
Les + :

■forme naturelle bioactive de la vitamine B12 ;

■vitamine B12 directement absorbée par la muqueuse buccale ;

■gouttes faciles à doser (pipette) et dosage personnalisé.

Les – :
Les – :

■une seule forme bioactive de B12 : moins complète ;

■coût à la dose ;

 

■présence de fructose et de conservateurs (E330 et E211) ;

■doit être conservé au frais après ouverture.

Note de l’éditeur : Tous les compléments présentés ici sont de qualité. Sabrina Chabanel est sans conflit d’intérêts avec les laboratoires, elle nous livre ses conseils pour bien choisir ses com- pléments alimentaires en toute indépendance. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne remplacent pas une alimentation équilibrée. Il est recommandé de toujours consulter son médecin traitant avant d’entreprendre un traitement alternatif.

Sabrina Chabanel

de toujours consulter son médecin traitant avant d’entreprendre un traitement alternatif. Sabrina Chabanel 13

13

BIEN DANS MON ASSIETTE

Le gingembre : épice anti-âge par excellence

ASSIETTE Le gingembre : épice anti-âge par excellence par Rose Razafimbelo médecin généraliste Lentilles

par Rose Razafimbelo

médecin généraliste

Lentilles parfumées au gingembre

Ingrédients (pour 4 personnes)

■200 g de lentilles beluga bio ■400 g de marrons nature bio déjà cuits et pelés

■2 c. à s. de baies de goji bio (sans sulfites)

■Jus frais d’oranges bio fraîchement pressées

■Vinaigrette à l’huile de colza bio ■2 c. à s. de poudre de gingembre bio

■Eau minérale riche en silicium ■6 c. à s. d’huile d’olive extra-vierge ■Quelques zestes d’orange bio

Préparation

1. La veille, laissez tremper les lentilles dans de l’eau minérale salée. Réhydratez les baies de goji en les faisant mariner dans le jus d’orange, au frais, dans un récipient hermétique.

2. Le jour J, rincez les lentilles

à l’eau froide, cuisez-les à feu

moyen (petite ébullition) dans l’eau minérale non salée pen-

dant 20 min environ.

3. Feu éteint, ajoutez les marrons, le gingembre, l’huile d’olive. Brassez et laissez reposer

à couvert pendant 10 min.

4. Égouttez si besoin est, et incorpo- rez délicatement les baies de goji avec le jus de marinade. Servez sans attendre et décorez avec les zestes d’orange. La vinaigrette sera servie à côté.

les zestes d’orange. La vinaigrette sera servie à côté. Saupoudré ou haché menu, le gingembre épice

Saupoudré ou haché menu, le gingembre épice tous vos plats

Le gingembre est un puissant antioxy- dant. Moulu, il se situe au troisième rang, quant à son contenu en antioxy- dants, parmi plus de 1 000 aliments analysés 1 ! Ses molécules (notamment des gingérols et des shogaols) com- battent les radicaux libres, particules qui détruisent nos membranes cel- lulaires. Il a donc un effet préventif contre l’oxydation cellulaire, protège le système nerveux central et parti- cipe à la lutte contre le diabète et les troubles cardiaques ou hépatiques 2 .

C’est aussi un anti-inflammatoire 3 effi- cace contre les douleurs de l’arthrose. Une vaste étude sur l’arthrose du genou

a montré qu’en vingt-quatre heures à

peine, son effet est supérieur à celui d’un placebo pour atténuer les douleurs 4 .

De nombreuses études documentent également ses effets antinauséeux dans toutes les circonstances 5,6 , du mal des transports à la chimiothérapie 7 .

C’est enfin un stimulant stomachique, qui accroît le flux salivaire, développe

la musculature intestinale et prévient

les ulcères d’estomac (il est capable d’inhiber la croissance de l’Helicobac- ter pylori, bactérie généralement res- ponsable des ulcères).

À consommer sans modération

Son petit goût frais et piquant rehausse toutes vos assiettes : plats chauds, salades, sauces, marinades, soupes, thés, etc.

Ainsi, dans une recette de cuisine, lorsque vous lisez « une pincée de poivre » (qui est, au contraire, inflam- matoire), remplacez cette dernière par « une touche de gingembre ». La quantité sera fonction du goût de cha- cun. Autre avantage à ne pas négliger :

accommoder ses plats avec du gingem- bre permet d’y mettre moins de sel, ce qui réduit les rétentions d’eau pour les personnes sujettes à ce problème et, surtout, est bénéfique pour celles atteintes d’hypertension artérielle.

Pour profiter de tous ces bienfaits (après 6 à 8 semaines de prise), les études montrent qu’il faut en consom- mer, si possible, tous les jours :

5 à 10 g de gingembre frais/jour (râpé avec une râpe spécifique ou coupé en fines tranches) ; ou 1 à 2 g de gingembre sec/jour (beaucoup plus pratique, comme dans la recette d’aujourd’hui).

Conservez-le au sec et à l’abri de l’air et de la lumière, dans un récipient inerte (verre, métal), hermétique.

1.  Halvorsen B.L., Carlsen M.H. et al., « Content of redox-active compounds [i.e. antioxidants] in foods consumed in the United States », Am. J. Clin. Nutr., 2006, 84 : 95-135.

, 3.  Frondoza C.G., « An in vitro screening assay for inhibitors of proinflammatory mediators in herbal extracts using human synoviocyte cultures », In vitro Cell Dev. Biol. Anim., 2004, 40 (3-4) : 95-101. 4.  Wigler I., « The effects of Zintona EC (a ginger extract) on symptomatic gonarthritis », Osteoarthritis Cartilage, 2003, 11 (11) : 783-789. 5.  Ernst E. et al., « Efficacy of ginger for nausea and vomiting : a systematic review of randomized clinical trials », Br. J. Anaesth., 2000, 84 (3) : 367-371. 6.  Chaiyakunapruk N. et al., « The efficacy of ginger for the prevention of postoperative nausea and vomiting : a meta-analysis », Am. J. Obstet. Gynecol., 2006, 194 (1) : 95-99. 7.  Levine M.E. et al., « Protein and ginger for the treatment of chemiotherapy-induced delayed nausea », J. Altern. Complement Med., 2008, 14 (5) : 545-551.

2.  Semwal R.B., Semwal D.K., Combrinck S., Viljoen A.M

« Gingerols and shogaols. Important nutraceutical principles from ginger », Phytochemistry, 2015 Sep., 117 : 554-568.

FORME ET VITALITÉ

Faire de l’exercice avec une hernie discale

Lorsqu’on souffre de hernie discale, il est souvent impossible de faire du sport, tellement la douleur est invalidante. Certains sports sont même déconseillés. Mais il ne s’agirait surtout pas de rester sédentaire ! Il existe des gestes doux qui pourront soulager votre douleur et renforcer vos muscles sans vous faire mal.

votre douleur et renforcer vos muscles sans vous faire mal. par Valérie Colletta, professeur de Pilates

par

Valérie

Colletta,

professeur

de Pilates

Quand le disque qui sert d’« amortisseur » entre deux vertèbres se fissure et laisse échapper une par- tie de son noyau gélatineux (cela arrive souvent dans le bas du dos, au niveau des lombaires), la douleur est intense et ne se résorbe pas toujours d’elle-même. Cependant, le Pilates a une réponse à apporter. Je vous présente une version modi- fiée de l’exercice dit du Swan (« cygne » en anglais).

Exercice

Durée : 5 min, 1 fois par semaine ou toutes les deux semaines.

Accessoire : un tapis.

Remarques :

■Limitez l’amplitude afin de vous concentrer sur la justesse du mouvement.

■Maintenez le pubis sur le tapis afin de ne pas créer de pression sur les lombaires.

■Accordez de l’importance au travail abdominal.

■Si l’extension est doulou- reuse ou intolérable, arrêtez immédiatement l’exercice !

L’objectif principal de cet exercice est de soulager la pression entre les disques intervertébraux. Pour cela, l’extension du dos permet de « créer de l’air » entre les articulations. Le deuxième objectif est de renforcer les muscles extenseurs de la colonne (mais aussi les muscles ischio-jambiers et fessiers), tout en sta- bilisant la ceinture scapulaire (épaules et haut du dos). Cette mobilisation des muscles est essentielle à la rémission.

1. Allongez-vous à plat ventre, la tête placée dans l’alignement de la colonne, le visage face au sol et le front posé sans appui sur le tapis. Les jambes sont écar- tées de la largeur du tapis (c’est-à-dire un peu plus ouvertes que la largeur du bassin). Elles sont tournées en rota- tion externe à partir des hanches, les genoux vers l’extérieur, ainsi que les pointes des pieds. Les bras sont placés le long du corps, la paume des mains face au plafond. (Figure A)

2. Inspirez par le nez, contractez le périnée et allongez votre sangle abdo- minale en veillant à ne pas exercer de pression vers le bas sur les organes – au contraire, faites comme si vous vou- liez affiner votre taille (imaginez que vous enfilez un pantalon trop petit). Plaquez votre pubis sur le tapis en enroulant en légère rétroversion votre bassin (vous avez la sensation de décol- ler votre nombril du tapis). Étirez les bras vers l’arrière, ouvrez les clavicules (stabilisez les omoplates dans le dos) et donnez la direction du mouvement à l’aide du sommet de la tête (la tête est le

fil conducteur et c’est bien la colonne vertébrale qui fait l’extension) en cher- chant toujours à vous étirer. La cage thoracique est légèrement surélevée. (Figure B)

3. Expirez par la bouche, en gardant les abdominaux engagés, ventre et périnée toujours contractés et pubis plaqué. Redescendez en cherchant à déposer le haut du corps le plus loin possible vers l’avant pour trouver un maximum d’étirement au niveau des vertèbres. (Figure A)

4. Effectuez ce mouvement trois à six fois maximum. Il sera optimal si vous contrôlez l’extension sans mettre de pression sur le bas du dos et le cou.

sans mettre de pression sur le bas du dos et le cou.  Les informations contenues
sans mettre de pression sur le bas du dos et le cou.  Les informations contenues

Les informations contenues dans cette revue sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Il existe des contrindications possibles pour les produits cités. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette revue, et il est fortement recommandé aux lecteurs de consulter des professionnels de santé dûment accrédités auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être.

Le Journal de la Médecine Anti-Âge - n°21 - septembre 2018 - Directeur de la publication : Vincent Laarman - Rédactrice en chef : Élisabeth Honoré Santé Nature innovation - SNI Éditions SA - Am Bach 3, 6072 Sachseln - Suisse - ISSN : 2504-1886 (Print) - 2504-1894 (Online) Pour toute question concernant votre abonnement, contactez le service client par téléphone au +33 (0)1 58 83 50 73 -

Ou écrire à http://www.santenatureinnovation.com/contact ou adresser un courrier à : SNI Éditions - CS 70 074 - 59 963 Croix Cedex - FRANCE

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Crédits photos : © B-D-S Piotr Marcinski – © FreeProd33 – © innakreativ – © Kateryna Kon – © Swapan Photography / Shutterstock.com | © Valérie Colletta

COURRIER DES LECTEURS

« J’ai lu dans vos publications qu’une supplémentation en coenzyme Q10 était indispensable aux pa- tients sous statines. Mon mari prend des statines depuis plusieurs années, mais aussi un anticoagu- lant (Préviscant). Dans ce cas, le coenzyme Q10 est-il conseillé ? Merci d’avance de votre réponse. » Françoise-Étienne M.

Bonjour Françoise-Étienne. Oui, les statines empêchent une bonne production du coenzyme Q10, indispen- sable au bon fonctionnement des centrales énergétiques des cellules. Par ailleurs, il joue des rôles antioxydants importants – qui contribuent à la prévention des mala- dies cardiovasculaires. La dose pour compenser les

effets anticoenzyme Q10 se situe autour de 50 mg, mais celle qui est protectrice est supérieure, plutôt autour de 200 mg.

Il n’y a pas d’incompatibilité avec l’anticoagulant.

Jean-Paul Curtay

« J’ai eu une extraction dentaire difficile d’une dent couronnée très abîmée il y a maintenant 15 jours. Je souffre toujours (un peu moins depuis hier, suite à une goutte de clou de girofle que le dentiste a fait péné- trer dans la gencive). La gencive ne cicatrise pas, le dentiste parle d’une alvéolite. Il y a à la base une grosseur que l’on sent en passant le doigt en bas et à l’extérieur de la joue. Que faire ? Merci pour votre aide. » Chantal A.

la joue. Que faire ? Merci pour votre aide. » Chantal A. Bonjour Chantal. Il faut vérifier

Bonjour Chantal. Il faut vérifier qu’il n’y a pas de composante infectieuse. Sinon, contre l’inflammation, prenez des polyphénols (thé vert, curcuma…) et en compléments (comme Flavodyn de chez Bionutrics, ou Physiomance DNair de chez Thérascience). Pour faciliter la reconstruction de l’os, vérifiez le taux circulant de vitamine D et optimisez-le à 50/60 ng/ml. Enfin, prenez un complexe généraliste comprenant du zinc (sans fer ni cuivre), par exemple Physiomance Multi (Thérascience) ou Multidyn Senior (Bionutrics).

Jean-Paul Curtay

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Cette rubrique n'est pas une consultation médicale et ne remplace pas une visite chez votre médecin. Vous êtes nombreux à nous écrire, nous ne pouvons malheureusement répondre à chacun d'entre vous. C'est pourquoi nous nous efforçons de répondre aux questions susceptibles d'aider le plus grand nombre. Merci de votre confiance et de votre compréhension.

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