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Topographie byzantine de la région de Gaza

Le premier relevé topographique moderne se lit sur une carte de Kiepert1. Les
explorateurs du XIXe s., jusqu’au Français Guérin dans les années 18602 et à l’Anglais
Conder dans les années 1870 (carte XIX du PEF, au nord du wadi Ghazzeh)3, n’ont
généralement pas accordé un grand intérêt à la topographie de la région de Gaza. Un
article de l’Allemand Schumacher, rédigé à la suite d’un voyage bref mais bien
organisé, apporte d’utiles compléments4, que l’on peut comparer à un rapport du même
style, à la fin du siècle, dû à Musil5. Ultérieurement, la contribution d’Abel se distingue
par son ampleur de vues et sa connaissance des sources littéraires6. Étant donné le
nombre fort restreint des fouilles archéologiques dans la région — celle de Petrie à Tell
al-‘Ajûl dans les années 30 est pratiquement la seule7 — l’utilisation des souces
littéraires se révèlent non moins importantes que l’exploration du terrain.
Les relevés correspondant aux cartes au 1/20.000e du Mandat britannique ont été
rassemblés en 1976 dans une publication de la Direction des Antiquités israëlienne8.
Après le relevé réalisé et publié par les Israëliens eux-mêmes en 19649, une inspection
du territoire au sud du Wadi Ghazzeh a été effectuée à partir des années 70. La
publication de ce relevé, sous la direction d’Éliézer Oren professeur à l’université de
Beer Shéva, devrait paraître incessamment, comme une partie de l’inspection du
territoire de la région Néguev ouest. D’ici là, nous disposons de deux bons répertoires
topographiques récents, tous deux accompagnés de carte historique et de références
encyclopédiques: celui de la tabula imperii romani et celui de l’Atlas de Tubingue.10

1 Pour l’histoire de la cartographie palestinienne ancienne, v. H. Fischer, “Geschichte der Kartographie


von Palästina”, ZDPV 62 (1939), 169-189 et 63 (1940), 1-111 (p. 49 et 70 pour Kiepert); pour les cartes
utilisées ici, v. en bref J. Elster, “Cartography” dans D. Amiran et alt., Survey of Israel. Atlas of Israel.
Cartography, physical geography, human and economic geography, history (1e éd. héb. 1964),
Jérusalem (min. du Travail), 1970, pl. 1-13.
2 GUÉRIN, I. Judée, II, Paris, 1869 (carte détachée).
3 Avec le commentaire dans CONDER & KITCHENER, Survey, III, Londres, 1883.
4 SCHUMACHER, “Researches in Southern Palestine”, PEF 1886, 171-197 (avec une carte).
5 MUSIL, II/1, 1907, p. 215 ss: 28 mars 1898, de Gaza à el-Arish (v. aussi p. 198 ss).
6 ABEL, “Le Sud Palestinien d’après la carte mosaïque de Madaba”, JPOS 1924, 107-117; “Les confins
de la Palestine et de l’Égypte”, RB 1940, 55-75.
7 Aucun reste byzantin n’est signalé sur le site lui-même: F. Petrie, Ancient Gaza, I, Londres, 1931, p. 1.
La localisation de l’ancienne Gaza à Tell el ‘Ajûl n’est pas acquise. Sur ‘Ajûl (ou ‘Ajûr ou ‘Ujûl) plutôt
que ‘Ajjûl, v. Gatt, ZDPV 1884, p. 12; SCHUMACHER, p. 176 et Geographical List, p. 194.
8 Geographical List of the Records Files 1918-1948, Jérusalem, 1976 (à partir du survey britannique).
9 Certains sites ont été enregistrés dans la liste officielle des sites historiques israëliens (!), liste émanant
de la Direction des Antiquités israëlienne et publiée sous la responsabilité de A. Biran en 1964: Yalqu†
ha-pirsumim, 1091 (18 mai 1964), p. 1477-1479.
10 TIR d’une part (cinq cartes en annexe) et d’autre part: REEG, 1989 et SCHMITT, 1995 avec la carte B
VI 10, intitulée “Palästina. Siedlungen in spätrömisch-byzantinischer Zeit (ca. 300-640 n. Chr.)”. Je n’ai
pas disposé à temps pour cet article du répertoire de C. Dauphin, La Palestine byzantine. Peuplement et
populations (BAR Int. Ser. 726, 3 vol.), Oxford, 1999.
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Topographie byzantine

Ce qu’on lira ici rassemble uniquement les lieux de l’époque byzantine dont il
existe une trace publiée. Les délais et les moyens qui m’ont été accordés m’ont permis
seulement de travailler à partir de ce matériel. Une vérification systématique sur le
terrain n’a pas pu être entreprise.

1. Nom de pays: le nom

1) Les auteurs byzantins nous font connaître certains toponymes en usage à l’époque
byzantine, qui représentent autant de sites à identifier. Le cas de “Gaza” est le plus
simple à résoudre: le site n’a pas cessé d’être occupé et porte toujours le nom qu’il avait
à l’époque byzantine. Mais à côté de cette localisation générale, il est difficile de
retrouver tous les détails de la ville byzantine dans le paysage actuel.
La Vie de Porphyre est un bon document sur la ville de Gaza vers la fin du IVe
siècle. Elle nous renseigne sur l’existence, à l’ouest de la ville, d’une “vieille église”
fondée par Asklépas, le premier évêque ayant siégé à Gaza, ainsi que du “saint tombeau
du glorieux martyr Timothée” (Vie de Porphyre, § 20).11
Le martyrium des saints Eusèbe, Nestabos, Zénon et Nestor était à l’entrée de la
ville d’après Sozomène.12
Chorikios, auteur de la première moitié du VIe s., situe dans ses Discours (CPG
7518), une ancienne église “à la campagne”, à 50 stades de la ville (II, Éloge de
Marcien, § 19), et parle aussi de la restauration du sanctuaire des Apôtres non loin du
rempart13, qui pourrait bien être l’un des deux martyria indiqués antérieurement.
En ce qui concerne Gaza intra muros, la Vie de Porphyre (§ 18.62.77) cite la pre-
mière église, qui avait été fondée par l’évêque Irénion au IVe s.; et elle raconte longue-
ment comment le Marneion, temple du dieu Marnas, fut détruit, en 402, pour faire place
à l’église, appelée Eudoxiana en l’honneur de la principale donatrice (§ 19.65-94). On
aimerait pouvoir identifier ces deux églises avec les deux bâtiments croisés que Gaza
possède encore: la première parce que l’Irénion, avant la christianisation de la ville,
devait être une fort petite église, comme l’église grecque-orthodoxe actuelle — le
bâtiment croisé pourrait en effet avoir succédé à une construction byzantine14; la
seconde parce que l’Eudoxiana était au sommet de la cité. Après avoir été reconstruite

11 H. Grégoire & M.A. Kugener, Marc le Diacre. Vie de Porphyre évêque de Gaza (coll. byz., Budé),
Paris, 1930, p. 17.
12 Histoire ecclésiastique, V 9 (9-10).
13 II, Éloge de Marcien, 17-20; v. Abel, “Gaza au VIe siècle d’après le rhéteur Chorikios”, RB 40 (1931),
5-31, p. 27.
14 Ch. Clermont-Ganneau, Archaeological Researchs in Palestine during the years 1873-1874, II, Lon-
dres, 1896, p. 381-383.
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Pays

par les Croisés (sous le nom de saint Jean-Baptiste), elle est devenue la mosquée
centrale de la ville.15
Au tournant du Ve-VIe s., Procope de Gaza décrit deux curiosités locales: une fres-
que, non localisée, dépeignant les amours de Phèdre et d’Hippolyte (CPG 7437); et une
horloge mécanique indiquant été comme hiver les douze heures du jour (CPG 7438)16.
L’horloge est peut-être dessinée sur la mosaïque de Madaba, près du tétrapylon.
Chorikios nous apprend encore qu’il existait à Gaza une église Saint-Étienne “vers
la porte orientale de la ville” (II, Éloge de Marcien, § 28), et une église Saint-Serge
“vers le nord de la ville… sur la gauche à partir de l’agora” (I, Éloge de Marcien, §
17)17. Ces deux églises ne sont pas représentées sur la vignette de Gaza de la carte de
Madaba, car on ne voit plus que la partie sud de la ville. Dans le coin sud-ouest, on voit
tout de même deux églises; c’est la région de l’actuelle église grecque-orthodoxe, qui
est appelée, depuis le début de ce siècle seulement, “Saint-Porphyre”.18
Le rhéteur Chorikios indique d’autres bâtiments publics dans ses discours: une basi-
lique royale, un théâtre d’été et un autre bain pour la saison d’hiver (III, Éloge
d’Aration et Étienne, § 53-56). L’oraison funèbre de Procope de Gaza parle aussi de la
création d’un bain (VIII, 52). Le bain d’hiver comportait une vaste fresque représentant
symboliquement les éléments du Cosmos, fresque qui est décrite en détail par Jean de
Gaza19. Quant au théâtre, ce serait celui qui est représenté dans le coin sud-est de la
carte de Madaba.
L’éloge de Marcien fait aussi allusion à son rôle dans la restauration du rempart (I 7,
II 16, III 53-56)20, rempart dont une inscription a peut-être conservé le nom de l’entre-
preneur21, et dont les fondements demeurent enterrés quelque part sous le tell de la ville
moderne.22
On aura fait le tour de la topographie ancienne de Gaza en relevant le nom d’ “cAl-
dioma” dans la Vie de Porphyre (§ 79) pour désigner la colline orientale, que les pèle-
rins de l’époque byzantine n’ont toutefois pas eu l’idée, à ce qu’il semble, de rattacher à
Jg. 161-3.

15 Bâtiment minutieusement étudié par Clermont-Ganneau, ibid.


16 Une reconstitution de la fresque est proposée dans KEEL & KÜCHLER, p. 88. Le texte du discours sur
l’horloge est toujours celui de l’édition introuvable de Boissonade, Paris, 1846, où il est attribué à
Chorikios.
17 MUSSIES conjecture qu’elle n’est autre que l’église bâtie par Porphyre (ANRW II/18.4, p. 2456-2457),
mais cela est pure spéculation.
18 Grégoire & Kugener, p. 145-147.
19 Voir Abel, RB 1931, p. 11, citant l’édition de Friedlænder.
20 Ibid., p. 28.
21 Ibid., p. 94-95 (avec photo).
22 Une trace de rempart a été signalée (J.P. Peters, “The Walls of Gaza”, PEFQS 1921, p. 60-61), mais il
s’agit d’une époque apparemment bien antérieure à Justinien. G. Gatt (avec H. Guthe), “Legende zum
Plane von Gaza”, ZDPV 11 (1888), 149-159 et tb. dessine un rempart purement virtuel (“Die alte
Stadtmauer ist überall dem Abhang entlang geführt worden”, p. 150). Autre plan de Gaza dans BAGATTI,
p. 157.
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Topographie byzantine

2) “Raphia” est un nom également conservé, bien que la ville actuelle de Rafa˙ ne soit
pas exactement sur le site antique, abandonné23. Le site de Rafa˙ est déjà sur la carte de
Jacotin en 1817, avec le tracé de la route qui le relie toujours à Gaza. Schumacher,
visitant le site en juin 1886, est le premier à distinguer nettement le bTell Rafa˙ sur la
côte, du aKhirbet Rafa˙, avec le Bir Rafa˙, sur la route à la frontière égypto-turque.
Comme le dit Oren: « … two related settlements in pairs: the coastal site with its
anchorage and fishing facilities, and the central settlement at some distance farther
inland. For example, the principal town of Raphia was built at Tell esh-Sheikh
Suleiman Rafah (or Tell es-Sultan), and the maritime settlement at Tell Raphia (R-21)
on the seashore. »24

3) Outre Gaza et Raphia, la région comprenait au moins quatre autres villes épiscopales,
relevant toutes de la Palestine première (et dépendant donc de Jérusalem)25. Il est
remarquable que l’onomastique arabe en ait chaque fois conservé le souvenir26. En ce
qui concerne “Sykomazon”27, Musil est le premier à relever le toponyme Sûq Mâzen et
à le relier à la ville de Sykomazon28. Sur la carte britannique, Süq Mäzin est à plus d’un
km. au sud de “Darib Esh Sh. Hammude”, mais le répertoire de 1976 ne distingue pas
les deux noms, que les cartes israëliennes identifient: “Daribat esh-Sheikh Hammudeh
(Shuq Mazey)”.29

4) Le nom el-Mîneh, qui vient du grec limhvn, port, apparaît sur la carte XIX de Conder
& Kitchener (1879), mais n’est pas commenté dans les Memoirs des mêmes auteurs.
L’identification avec Maïouma, port de Gaza d’après les récits de pèlerins30, n’en était
pas moins possible à partir des restes de murs que l’on avait montrés à Gatt31. La
découverte d’une synagogue et d’autres restes d’une ville byzantine, allaient donner
toute sa valeur à cette identification32. L’exploration sous-marine en donnera-t-elle un
jour confirmation ? Le nom de Maïouma pourrait signifier “jour(s) de mai”.33

23 TIR, p. 212; SCHMITT, p. 288.


24 E.D. OREN, “Northern Sinai”, NEA, IV, 1386-1396, p. 1396.a.
25 F.M. ABEL, Géographie de la Palestine, II, 1938, p. 200-201 (liste des évêchés).
26 Pour Ménoïs, v. plus loin n°21.
27 TIR, p. 238; SCHMITT, p. 320-321, donnant l’un et l’autre les références au targum sur Nb. 34, 15. Le
site n’est pas repris dans REEG, qui n’a pas enregistré les lieux dans les targums. On notera que le
toponyme apparaît ainsi comme une des villes de la frontière de la terre d’Israël; ce qui est au sud n’était
donc plus considéré comme israëlite…
28 MUSIL, Arabia Petraea, II.1, p. 222.303, sans référence au targum, donc comme un toponyme arabe;
mais on notera que Oren n’a pas l’air de retenir cette identification (v. la citation plus loin 20).
29 Geographical List, p. 196. Les coordonnées fournies par TIR, p. 238 (091/090), semblent erronées.
30 TIR, p. 175; SCHMITT, p. 165-166. Maïoumas est la forme grecque d’un mot araméen.
31 ZDPV 1884, p. 4. On notera toutefois que sur la carte de Madaba, la ville est représentée sans rempart.
32 Voir le plan très précis de A. Ovadiah, RB 1977, p. 419 et le commentaire, malheureusement sans
photos, p. 418-422. Les coordonnées de TIR, p. 175 (097/104) sont erronées.
33 MUSSIES, ANRW II/18.4, p. 2452-2453.
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Pays

5) “Anthédon”34, est également conservé dans l’onomastique moderne, mais comme


fossilisé, car ce n’était pas un site habité, et quand il le redevient aujourd’hui, c’est sous
un autre nom (camp de Shatti). La localisation précise tient dans le récit du fondateur de
la paroisse latine de Gaza, Georges Gatt: « Da begegnete mir ein alter Fischer; ich
beschloss, ihn etwas auszufragen. Was ist denn da droben gewesen ? lautete die erste
Frage, indem ich auf das Plateau [= Blachije] hinaufzeigte. Der Mann war aber sehr
einsilbig und schrie nur einzelne Worte heraus. Der erste Schrei lautete: mulk “eine
Herrschaft”. Diesem folgte bald ein anderer: medïne, “eine Stadt”. Der Vorwitz plagte
mich noch und ich fragte: Wie hat sie denn geheissen ? Ich glaubte fest, der alte Mann
werde nur den vulgären Namen el-Blachije herausschreien. Allein dem war nicht also;
denn nach einigem Nachdenken schrie er: “Teda”. »35
Les fouilles récentes font remonter le site à l’époque du Fer36. Les découvertes
byzantines se limitent, à l’heure actuelle, à un “cimetière romano-byzantin à environ
400 m du palais” et à une chapelle cimétériale… à 10 m au nord des tombes
fouillées”.37
Aux sources byzantines citées par Schmitt et le TIR, il faut probablement ajouter la
carte de Madaba. Vincent avait lu ]IN sur le dessin qui accompagne la carte de Lagrange
dans RB 1897, lecture adoptée par Schulten (n°109), Avi-Yonah (n°108), etc. Mais les
lettres w N sont clairement lisibles sur les photos de Germer-Durand et de Donner38. Il
faut donc lire, jusqu’à preuve du contraire, [ANQHD]w N. Le mot serait ainsi à l’est du
mot “Gaza”, et la vignette aurait été, au mieux, au nord-est de la vignette de Gaza, dans
la partie mutilée. Il semble qu’il n’y avait plus de place entre Askalon et Maïouma pour
y mettre Anthédon le long de la mer, comme il aurait fallu le faire.

6) L’onomastique arabe a transmis d’autres toponymes anciens, dont la localisation


exacte demanderait le secours de l’archéologie. C’est le cas de Deir Bala˙ que l’on fei-
gnait d’appeler, à l’époque croisée, “Deir Rûm” et qui est en fait “Darûm”, toponyme
qu’on retrouvait à Gaza pour l’ancienne porte méridionale (“Bab ed-Darûn”)39. La
notice du relevé britannique écrit: “Remains of church beneath mosque (el Kha∂r).
Inscriptions in mosque. Including er Rasm to east and T. esh Shuqaf (surface
pottery)”.40

mosaïque animalière entre Deir Balach et Khan Younis, sur la côte, Picirillo,
Gaza, p. 114 !!

34 TIR, p. 63; SCHMITT, p. 55-56.


35 Gatt, ZDPV 1884, p. 6-7 (v. aussi Phytian-Adams, PEFQS 1923, p. 15 [Tidah] avec la note de RB
1923, p. 319).
36 Voir J.B. Humbert & Y. Matar Abu Hassaneh dans “L’Archéologie palestinienne”, Dossiers d’Archéo-
logie, 240 (janv.-fév. 1999), p. 52-53 (avec photos); Sadek, ibid., p. 50-51.54 (avec photos).
37 Sadek, ibid., p. 51.
38 GERMER-DURAND, photo de la carte n°7; v. DONNER, n°110 et PICCILLIRO, n°118.
39 TIR, p. 110 et 162; SCHMITT, p. 132. Voir Abel, RB 1940, p. 69-70.
40 Geographical List, p. 193.
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Topographie byzantine

7) Le village de aBethéléa, patrie de Sozomène (Histoire ecclésiastique, V 15), est Beit


Lâhiyeh.41

8) D’autres sites ont été abandonnés, alors que l’onomastique conserve vaguement leur
souvenir. Le village d’Asalea de la carte de Madaba serait aujourd’hui, selon la sugges-
tion de Schmitt, Kh. Aßlân.42

9) Le village natal de saint Hilarion, Thauatha, se situe, selon son biographe saint
Jérôme, à 5 milles de Gaza43. Or voici ce que découvre Musil: « So liegt am rechten
Ufer des w. R\azze tell ‘A√√ûl und ihm gegenüber am linken Ufer tell en-N€êd, wo
man verschiedene Altertümer findet. Südwestlich davon, durch einige Oliven- und
Feigenbäume bezeichnet, liegt ∆. umm et-Tût; im SSW. zeigt sich der Palmenhain von
ed-Dejr oder Dejr el-Bela˙ »44. Umm et-Tût se trouve à une dizaine de km. de Gaza,
donc environ six milles45. Comme le disait Clermont-Ganneau: “Peut-être même une
enquête approfondie montrerait-elle que ces noms [Thauatha, Magdal Toutha,
monastère d’Hilarion, Beth Dalthâ] sont simplement tombés en désuétude et n’ont pas
tout à fait disparu de la tradition locale”46. L’information recueillie par Musil pour
Umm et-Tût semble donc répondre à cette attente47. Toutefois, étant donné le peu de
matériel archéologique visible à cet endroit, d’aucuns lui préfèrent un site plus à l’est, le
tell an-Nuqed (= tell es-Sannan, v. n°21)48. Ceci ne sera tranché qu’après une fouille de
la colline, connue également sous le nom de Sheikh Shoubâni.
On pourrait se demander s’il n’y a pas eu un évêque de Thauatha au début du Ve
siècle49. Un certain Isaac signe en effet, au concile d’Éphèse (431): “episcopus civitatis

41 TIR, p. 81; SCHMITT, p. 102-103. Voir A. Alt, “Nachträge von Bitolion und Bethelea”, ZDPV 49
(1926), 333-335, p. 335; ABEL résume: “Les gens du village exploitent un site voisin, à l’est, le bKh.
‘Asqab dont les ruines leur fournissent des matériaux de construction. Entre ce site et Beit Lahya, deux
tells [103/106] sont parsemés de céramique byzantine et arabe” (RB 1940, p. 225). Les cartes indiquent
un cTell el Khirbeh.
42 SCHMITT, p. 69; et non en-Nazleh (TIR, p. 68 et ABEL, JPOS 1924, p. 115) qui serait plutôt Kefar
Óobra (v. plus loin n°17).
43 “Circita quinque millia a Gaza urbe Palaestinae ad Austrum” (Vie d’Hilarion, 2; PL 23, col. 30).
44 MUSIL, II 1, p. 220, avec la note p. 301.
45 Jérôme voulait-il dire la cinquième borne milliaire ? Ou faut-il comprendre que le toponyme désignait
à l’origine tell eß-Íannam, qui est un peu moins loin que Umm et-Tût (9 km. de Gaza: entre 5 et 6 milles)
?
46 CLERMONT-GANNEAU, II, p. 13.
47 Comme le notait déjà Abel, JPOS 1924, p. 117.
48 SCHMITT, p. 327-328 (où il pointe une référence possible à Thauatha dans une chronique samaritaine).
TIR, p. 246 semble confondre le village natal d’Hilarion et son monastère (v. 16).
49 Au VIe s. en tous cas, l’épigraphie du monastère, inédite pour le moment, semble indiquer qu’il se
trouvait directement sous l’autorité de l’évêque de Gaza Ambrillios, attesté en 516: E. Schwartz, Acta
Conciliorum Œcumenicorum. Tomus tertius: Collectio sabbaitica contra acephalos et origeniastas
destinata; insunt acta synodorum constantinopolitanae et hierosolymitanae a. 536, Berlin-Leipzig, 1940,
p. 80, n°30, 29.
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Pays

Tauatensium definiens suscripsi”50. Dans cette hypothèse, cet évêché aurait été érigé à
cause de l’importance prise par le monastère d’Hilarion, un monastère qu’il fonda,
comme on va le voir, non loin de son village. Le toponyme serait donc passé du village
au monastère, ce que semble aussi suggérer l’indication topographique correspondant au
monastère de Séridon (v. n°10), de même que l’importance des ruines de Umm ‘Amr.

10) En visitant le site en 1886, Schumacher ne remarquait encore que l’abondance des
tombes autour du “sacred tree Shejarat Umm ’Amir” (p. 178), site qui figure aussi sur la
carte du PEF, XIX (“Umm ’Amir”). En 1972, l’endroit est fouillé par des Israëliens de
la Direction des Antiquités, qui écrivent: “À l’ouest de Zaharat Umm ‘Amr, à 300 m. à
peu près du bord de mer, se trouve un tell qui est appelé par les habitants du lieu Umm
‘Amr. Le tell s’élève à 2-3 m. au-dessus du paysage alentour. Sur une surface assez
étendue de plusieurs dizaines de dounams, des tessons des époques romaine tardive et
byzantine sont dispersés”51. Schmitt, en relevant dans la liste des sites datant du Mandat
britannique la mention de marbre et de tuiles, conclut: “Da normale Häuser nicht mit
Ziegeln gedeckt waren, wohl Hinweis auf eine Kirche” (p. 328). Judicieuse remarque;
il faut toutefois attendre un article récent de Sadek, directeur des Antiquités de
l’Autorité palestinienne à Gaza, pour avoir le compte rendu suivant: “En 1991, dans les
dunes de sable du Tell Umm ‘Amir, entre la région de al-Zawayda et al-Nuseirat […] le
bureau israëlien des Antiquités de Gaza avait mené des fouilles”52; “le Département des
Antiquités de Palestine entreprit des fouilles dans l’église et ses environs ainsi qu’à
l’extrémité nord-est du tell”53. Les fouilles israëliennes n’ont pas été rapportées dans le
journal officiel de la Direction des Antiquités, Ĥadashot arkeologiot. Le journal que la
Direction palestinienne des Antiquités est en train de mettre en place remédiera à
l’avenir, on l’espère, à ce genre de problème.
La localisation de Umm ‘Amr convient à peu près au monastère de saint Hilarion54
par la distance donnée par son biographe, qui parle de 7 milles “per littus euntibus
Aegyptum” entre Maïouma et ce monastère (Vie de saint Hilarion, 3)55. Il y a 9, 8 km.
(= six milles) entre la synagogue d’el Mîneh et l’église de Umm ‘Amr.

50 E. Schwartz, Acta Conciliorum Œcumenicorum. Tomus primus: Concilium universale ephesenum.


Volumen tertium. Pars prima: Epistularum ante gesta collectio. Actio prima, Berlin-Leipzig, 1935, p.
257, l. 23.
51 Óad. Ark. 41-42 (1972), p. 31 (non signé).
52 Sadek, Dossiers d’Archéologie, 240 (1999), p. 57.
53 Ibid., p. 64, avec deux photos; vue générale du site, p. 57.
54 C’est sans doute ce que veut dire Sadek: “Certains savants situent l’établissement de cette communauté
sur le site de Khirbet Umm al-Tut, dans la région de al-Nuseirat, à environ 500 m au nord de tell Umm
‘Amir. Selon mon opinion Khirbet Umm al-Tût se trouve plutôt près de Thauatha mais ne correspond pas
au site lui-même” (ibid., p. 64). De même Humbert & Abu Hassuneh, ibid., p. 66: “un monastère que nous
proposons d’identifier avec le Thauatha de la Carte de Madaba. Le monastère serait alors celui érigé près
du village où serait né saint Hilarion, célèbre fondateur du monachisme palestinien et où ses disciples
l’auraient enterré”.
55 PL 23, col. 30.
8

Topographie byzantine

Si cette approximation est recevable, le site ne convient pas à la distance de 20


stades entre Thauatha et le monastère, donnée par Sozomène (Histoire ecclésiastique, III
1423). Il n’y a guère plus qu’un ou deux stades entre Umm et-Tût et Umm ‘Amr. Sauf
découverte en sens contraire, il paraît donc que Sozomène s’est trompé, soit dans
l’indication de la distance, soit plutôt dans le village indiqué par les 20 stades. Cette dis-
tance conviendrait assez bien à “Beit Damtâ”, qui serait le lieu du monastère d’abba
Isaïe56 (les ruines auxquelles fait allusion Schumacher57 commencent environ à 1, 2
km. de Umm ‘Amr). Une autre solution consisterait à calculer 20 stades entre Umm
‘Amr et tell eß-Íannam, où il y a en effet 2, 2 km. Mais, comme nous l’avons vu (n°9),
si Thauatha est à tell eß-Íannam, il faudrait expliquer — par des découvertes
archéologiques — que le toponyme a été déplacé à Umm et-Tût.
Il est possible que la chapelle funéraire adossée à l’église soit la tombe de saint
Hilarion58. Une telle découverte n’est pas sans importance pour l’histoire des
institutions chrétiennes: ce serait le premier exemple avéré du culte d’un saint qui
n’était pas un martyr. On comprend d’autant mieux que Jérôme se soit emparé de cette
figure palestinienne pour l’opposer à l’Égyptien Antoine (voire aux Scétiotes
“origénistes” de la mouvance de Silvain !).
D’autre part, on a remarqué que le monastère de l’abbé Séridon, maître de Dorothée
de Gaza, était situé eij" Qauaqav, “à (ou près de ?) Thauatha”59. Il y a donc une certaine
vraisemblance à identifier ce monastère à celui de saint Hilarion. Dans la première
moitié du VIe s., ce monastère abrita les cellules des deux célèbres vieillards Jean et
Barsanuphe60. C’est donc dans ces environs que se trouverait la fameuse cellule de Bar-
sanuphe.61
Les ruines découvertes à Umm ‘Amr sont celles d’un véritable village, voire d’une
ville avec ses quartiers industriels. La disproportion entre ce site et le village de Thaua-
tha, s’il s’agit bien de Umm et-Tût, peut indiquer que la population se serait en quelque
sorte déplacée autour du monastère fondé par Hilarion, ce qui expliquerait, soit dit en
passant, qu’Hilarion ait fui son monastère vers la fin de sa vie.
On lit sur la carte de Madaba: TO [TOU AGIOU] I[LARIWNOS]62, lettres qui ne
sont pas lisibles sur les anciennes reproductions (Vincent, Schulten, etc.); il semble que
du plâtre avait débordé sur la carte. Elles apparaissent clairement, en tous cas, sur les

56 Isaïe semble avoir vécu à Beit Damtâ dans les années 430-450, donc à l’époque où Sozomène, origi-
naire de Bethéléa, écrivait.
57 Cité plus loin note 74.
58 Humbert et Abu Hassuneh, ibid., p. 66.
59 Apophtegmes du parisinus grec 1596, p. 609-610; F. Nau, PO 8, p. 176; la source est citée par
SCHMITT, p. 327.
60 Leur correspondance est en cours d’édition, par F. Neyt, dans la collection SC; v. déjà SC 426 et 427.
61 D’après l’histoire racontée par Évagre, Histoire ecclésiastique, IV 33 (PG 86, col. 2764).
62 D’après la photo n°8 de GERMER-DURAND.
9

Pays

photos d’avant la restauration de 196563 et d’après la restauration64. Donner & Cupper


semblent être les premiers à avoir lu correctement.65

11) « … Khirbet vulgairement connu parmi les fellahs sous le nom de Khirbet Tabaka;
mais les Bédouins lui donnent celui de Khirbet Takaba, qui, prononcé à la manière
égyptienne, est précisément le nom antique de Tabaga66, que portait cette localité. Dans
les Actes des saints (Bollandus, Acta sanctorum, t. II, p. 326), il est fait mention d’un
bourg des Tagabéens, situé à douze milles de Gaza […]. Aujourd’hui, l’emplacement de
ce bourg est en partie livré à la culture et en partie hérissé d’énormes chardons. Sauf
quelques citernes et silos assez bien conservés, il ne présente qu’un amas confus de
matériaux ».67
La citation remonte à la Vie de saint Euthyme (fêté le 20 janvier) par Cyrille de Scy-
thopolis (v. ch. 57 de l’édition de Schwartz). Bolland a rendu ajpo; Bhtagabaivwn dans
le ms. n (variantes: Bhtakabevwn OLV; Bhtogabewn C) par “in vico Tagabaeorum”68,
qu’il explique en note comme étant une corruption de Thabatha, village d’Hilarion.
Reland, qui est ici la source de Guérin69, identifiait l’endroit, d’après le contexte, à
Éleuthéropolis.
Bagatti, qui écrit curieusement “Tababense”, lui donne le nom de Tell Harasha70.
On lit en effet dans le relevé britannique, au point 086/092: “e† Êabaqa (T. el Ĥarasha).
1933 e† Êabaqa: Artificial mound with brick foundations, surface pottery”71. Ce site se
trouve à vol d’oiseau à 16, 6 km. de Gaza (dix milles), ce qui peut répondre aux 12
milles de la Vie de saint Euthyme.

12) Bethaglaïm dans l’Onomastikon d’Eusèbe (“à 8 milles de Gaza”) correspondrait,


selon Abel et Schmitt, à Sheikh ‘Ajlîn sur la côte plutôt qu’au tell al-‘Ajûl72. Aucun des
deux sites ne répond d’ailleurs exactement à l’indication d’Eusèbe.

13) Beit Daltâ73, lieu du monastère d’abba Isaïe, est situé dans la Vie de Pierre l’Ibère à
4 milles de “Magdal Tûtâ” (= Thauatha), où Pierre se trouvait en séjour auprès d’un

63 H. Donner & Cupper, Die Mosaikkarte von Madeba. I. Tafelband (Abh. des Deut. Pal.-ver.), Wies-
baden, 1977, p. 70.116-117; Abb. 38.84-85.
64 Ibid., p. 159, Abb. 125.
65 C’est le n°121 de DONNER, 1992.
66 Comprendre Tagaba .
67 GUÉRIN, Judée, II, p. 294.
68 Bolland, Acta sanctorum, Janvier, II (1e éd. Anvers, 1643), Venise, 1734, p. 326.
69 H. Reland, Palaestinae ex monumentis veteribus illustratae. Liber primus in quo de Palaestinae
nominibus, situ, terminis, partitione, aquis, montibus et campis agitur, Utrecht (Trajecti Batavorum),
1714, p. 628.
70 BAGATTI, p. 178.
71 Geographical List, p. 193.
72 ABEL, “La Syrie et la Palestine au temps de Ptolémée Ier Soter”, RB 44 (1935), 559-581, p. 567-575
(en particulier p. 574); SCHMITT, p. 100; contre TIR, p. 79 et contre ABEL dans RB 1936, p. 156 !
73 TIR, p. 81; SCHMITT, p. 95.
10

Topographie byzantine

notable du pays. Clermont-Ganneau se demande si le toponyme n’a pas été corrompu


dans le texte syriaque, qui est une traduction du grec: « D’meîta, qui affecte la forme
d’un diminutif autorisant à supposer un primitif Damtâ, aurait-il quelque rapport avec
celui de Beth Dalthâ ? Je n’ose m’arrêter à l’idée que la graphie atld serait une corruption
de atmd, Damthâ, par suite de la confusion d’un mem avec un lamed ; cette confusion,
toutefois, n’est pas impossible, les deux lettres étant caractérisées toutes deux par une
grande tige qui, dans certains types d’écriture a la même longueur et la même ligne de
pente. »74
Certains écrits d’abba Isaïe, mort le 31 décembre 49175, ont été conservés (CPG
5555, 5556).76
L’identification ne sera vérifiée que lorsque des fouilles auront été réalisées.

14) On doit à Clermont-Ganneau une autre proposition de localisation. « Peut-être Gaza


la païenne avait-elle dans sa banlieue, à l’instar d’Alexandrie, “sa petite Canope”,
quelque lieu de plaisir et de débauche où l’on allait faire la fête, le kanwbismov" comme
l’appelle Strabon (XVIII, 80). Je ne vois rien sur le terrain qui réponde à cette
Kanôpis77; car je n’ose m’arrêter à l’idée de la mettre à Khirbet en-Nâmoûs, qui serait
cependant bien à la distance et dans la position requises. Nâmoûs, entre autres sens, a en
arabe celui de “moustique”. L’on pourrait être tenté de dire que ce nom a pour origine
quelque étymologie populaire ayant établi un rapport, tout à fait arbitraire, bien entendu,
entre Kavnwpi" et le mot kwvnwy, génitif kwvnwpo", qui veut dire “moustique”. Mais c’est
là un rapprochement qui me paraît trop risqué pour que j’y insiste. »78
La carte britannique et le relevé qui l’accompagne donnent un certain poids à ces
spéculations: “Ruined cisterns, surface pottery, marble fragments”.79

15) « Le gouverneur de Khan Younès m’avait signalé quelques ruines, à vingt minutes
de ce bourg, vers l’est, et appelées Khirbet Ma’an Younès. Je m’y transporte avec son
fils, qui m’y conduit en me faisant suivre une route bordée de jardins fertiles. Ces ruines
sont fort indistinctes, étant dispersées dans des champs depuis longtemps livrés à la cul-
ture; mais le nom qui y est demeuré attaché est indubitablement antique. […] Dans la
Notice des dignités de l’empire romain il est fait mention des equites promoti
Illyriciani Menoidæ, établis dans la Palestine première. Cellarius (Notitia orbis antiqui,

74 CLERMONT-GANNEAU, II, p. 14. Outre la carte XIX du PEF, v. SCHUMACHER, p. 193: “Taking
still a northern direction along the cultivated plain, we soon pass the dry but wide Wâdy es Sleka, and
arrive at 8.40 at the Shejarat el Maghazâ, situate on the Khurbet ed Dmeita. The Shejarat is the finest
sidri tree I ever came across […]. It shades the well-attended tomb of Sheikh el Maghazâ. Khurbet ed
Dmeita is a very extensive ruin”. C’est donc l’emplacement de l’actuelle ville de Meghâzi. Les coordon-
nées dans TIR, p. 81 (090/092) semblent erronées.
75 P. Devos, “Quand est mort l’abbé S. Isaïe de Scété ?”, AB 86 (1968), p. 350.
76 Voir aussi Plérophories, 12 et Nau dans PO 8, p. 27, n. 2; p. 164-165.
77 À deux milles au sud de Gaza (Vie de Pierre l’Ibère, RAABE, p. 132).
78 CLERMONT-GANNEAU, Études d’Archéologie orientale, II, Paris, 1897, p. 14-15.
79 Geographical List, p. 198; un autre site du même nom est trop à l’est (ibid., p. 141).
11

Pays

III, XIII) rapproche avec raison ce nom de Minoïs ou Menoïs du Menœnum castrum, cité
dans le code Théodosien (l. XXX, De erog. milit. annon.) avec le castrum Versabini ou
de Bersabée ».80
Guérin ne distinguait pas entre le castrum et la ville de Ménoïs elle-même (v. n°25).
Cette distinction est faite pour la première fois par Alt81 et est enregistrée par Schmitt.82

16) La Direction palestinienne des Antiquités a fouillé à partir de 1996 une église et un
complexe monastiques à l’est du village de Jabâlîyeh, sur l’ancienne voie de chemin de
fer83. La zone est appelée el Mkheitim sur la carte britannique.84
On lira dans ce volume la publication des fouilles, auxquelles l’École biblique et
l’Université de Varsovie se sont jointes pendant deux étés consécutifs (1996 et 1997).
L’inscription n°10, sans doute la plus ancienne mosaïque datée de Palestine, men-
tionne l’évêque de Gaza Marcien, premier du nom, à la date de 444-445.
Un chapitre de l’Histoire ecclésiastique de Sozomène semble bien faire allusion à
cette fondation: “Avant son installation à Chypre85, il séjourna encore quelque temps en
Palestine sous le présent règne86, à une époque où s’illustraient dans les monastères de
cette contrée les frères Salamanès, Phouskôn, Malachiôn, et Krispiôn. Ils pratiquaient la
philosophie du côté de Bethéléa, village du nome de Gaza dont ils étaient parmi les
notables. Ils avaient reçu cette philosophie d’Hilarion.” (Histoire ecclésiastique, VI 325-
87
6)
Un cimetière romano-byzantin adjacent à ce monastère a également été découvert et
fouillé.88

17) Sozomène dans le passage qui vient d’être cité localise un autre monastère, ou tout
au moins une cellule, à 10 stades (environ 2 km.) d’el-Mukheitim, dans la région d’un

80 GUÉRIN, Judée, II, p. 230-231.


81 A. Alt, “Limes Palaestinae”, Palästinajahrbuch des D. ev. Inst.…, 26 (1930), 43-82, p. 53-54.
82 SCHMITT, p. 247-248; TIR, p. 183 cite les sources mais ne reconnait pas le nom Ma‘an, à distinguer
de Kh. Ma‘in, 6 km. plus à l’est. L’erreur est commise aussi dans NEA (article “Maon”) et est dénoncée
par KEEL & KÜCHLER, p. 123.
83 Sadek, Dossiers d’Arch., 240 (1999), p. 62-63; J.B. Humbert & Y. Matar Abu Hassuneh, ibid., p. 66-
67.
84 À distinguer de “el Mukheimil (Mukaimin)” plus au sud (Geographical List, p. 197; Yalqu† ha-pirsu-
mim, 1091, p. 1478).
85 Il s’agit d’Épiphane, que les habitants de Chypre ont choisi comme évêque (parav kai; Kuprivoi",
par∆oi|" hJ/revqh th`" mhtropovlew" th`" nhvsou ejpiskopei`n, p. 288, l. 3-4).
86 Théodose II, 408-450.
87 pro; de; th`" eij" Kuvpron ajpodhmiva" e[ti ejn Palaistivnh/ dievtriben ejpi; th`" parouvsh"
hJgemoniva", hJnivka dh; ejn toi`" th`/de frontisthrivoi" eu\ mavla dievprepon Salamavnh" te kai;
Fouvskwn kai; Malacivwn kai; Krispivwn ajdelfoiv: ejfilosovfoun de; ajmfi; Bhqelevan kwvmhn tou' nomou'
Gavzh". kai; ga;r dh; kai; eujpatrivdai tw`n e[nqen h\san. didaskavlou de; tauvth" th`" filosofiva"
e[tucon ÔIlarivwno", ajf∆ ou| levgetai ktl. (éd. Bidez, p. 288, l. 13-18).
88 Sadek, Dossiers d’Arch., p. 48.
12

Topographie byzantine

village qu’il appelle Kefar Ĥobra (ou obra, Kobra, Qobra)89. Si le monastère d’el-
Mukheitim est celui de Salamanès, comme c’est fort probable, il y a tout lieu
d’identifier ce village à en-Nazleh, qui se trouve à 1, 9 km. des ruines du monastère et
où l’on signale d’anciennes colonnes.90

Conclusion
La topographie des sources byzantines permet de dresser une liste de dix-sept lieux
identifiables avec plus ou moins de vraisemblance dans la Bande de Gaza. L’identifica-
tion des deux derniers noms est nouvelle. Dans la plupart des cas, une confirmation
archéologique est encore nécessaire.
D’autres sites byzantins attestés dans les textes nous sont connus, mais n’ont pas été
conservés dans l’onomastique et restent sans identification, comme le monastère de
Sévère (“dans le voisinnage du monastère de ses Pères, près de Maïouma de Gaza”)91 et
comme celui de Dorothée, disciple de Séridon (“près de Gaza et de Maïouma”)92. En ce
qui concerne le monastère de Pierre l’Ibère, de même qu’un village appelé “Tamaris”,
une identification est possible (v. 18 et 20), mais m’a paru trop conjecturale pour
mériter de figurer dans cette liste.
Remarque sur
En ce qui concerne les routes, nous n’en savons pas grand chose: aucune n’est attes- les routes
tée sur le terrain. L’antique Via maris qui relie l’Égypte à la Phénicie (par Raphia et
Gaza) n’a pas laissé de bornes milliaires. Deux autres routes ont été presque sûrement
pavées par les Romains: de Gaza à Éleuthéropolis au nord-ouest (route de Jérusalem)93
et de Gaza à Élousa vers le sud-ouest (route de Pétra). Des routes secondaires existaient
aussi par exemple de Gaza à Bersabée ou de Gaza directement à Aila (sans passer par
Élousa). La carte de Madaba suggère, comme le remarquait Abel (dans JPOS 1924),
diverses voies de communication secondaires vers les villages autour de Gaza.
2. Nom de pays: le pays

Il est exclu d’énumérer tous les sites où quelque fût de colonne, céramique ou bout
de mur, aurait été signalé. Il est toutefois intéressant de relever ceux qui ont fait l’objet
d’une inspection récente, voire d’un début de fouilles.

89 kai; ∆Ammwvnio" de; wJsei; devka stadivoi" touvtwn diestw;" w[/kei ajmfi; Cafarcovnbran (var.
cafarconbravn B; cafarcobra;n C), kwvmhn Gazaivan ajf∆ h|" to; gevno" ei[cen, ajnh;r ajkribw`" o{ti
mavlista kai; ajndreivw" ajn th`/ ajskhvsei diagenovmeno" (éd. Bidez, p. 288, l. 22-25). Le passage suit la
phrase que nous citons plus haut.
90 GUÉRIN, I/2, p. 177; Geographical List, p. 139.
91 Vie de Sévère par Zacharie le Scholastique; PO 2, p. 97.
92 plhsivon Gavzh" kai; tou' Maiüoumav (Pré spirituel, 166); v. L. Regnault - J. de Préville, Dorothée de
Gaza. Œuvres spirituelles (SC 92 [1963]), p. 26-29.
93 D’après Schmitt (TAVO B VI 10) et les premières cartes d’I. Roll; mais le TIR auquel Roll a participé
montre l’existence du début d’une route partant au sud d’Éleuthéropolis vers Bureir, où l’on sait que la
route passait (ainsi ABEL, 1938, p. 225); la route arriverait alors non directement à Gaza mais plus au
nord, à mi-chemin de la route conduisant à Ascalon. En attendant une argumentation plus développée,
j’adopte la solution habituelle.
13

Pays

18) La construction d’un immeuble rue al-Fawayda, entre Gaza et Maiouma94 a permis
de dégager une mosaïque et quelques restes byzantins, désormais inaccessibles. Ce n’est
certes pas suffisant pour permettre de conclure à un bâtiment ecclésiastique, mais le
monastère de Pierre l’Ibère, situé, comme nous dit son biographe, “entre Maïouma et
Gaza”95, n’en était certainement pas très éloigné. C’est aussi la région du “sanctuaire de
saint Victor” de la carte de Madaba.96

19) À ‘Abasan el Kebir: “le pavement en mosaïque qu’on y a découvert fait 9 x 4 m


[…] endommagé […]. Juste au nord de cette mosaïque de pavement, une tombe
byzantine en grès a été mise au jour […]. La tombe possédait les restes de piédroits sur
trois de ses côtés, le quatrième ayant disparu; cela peut indiquer qu’elle était couverte
soit par un dais soit par une voûte”.97
Un bout de la mosaïque, mentionné aussi dans le relevé britannique98, est en fait
déjà aperçu par Musil le 30 mars 1898.99
« À quelque 200 m. à l’ouest du tombeau de Khalil al-Rahman, se trouve un autre
site archéologique qui est connu parmi la population locale sous le nom de Sidrat Umm
‘Amir, le “lotus100 d’Umm ‘Amir” »101. Ce site “romano-byzantin” a été classé comme
chantier archéologique.
On peut penser, à la suite d’Abel et de Schmitt, que le site appartenait à l’ancienne
ville de Ménoïs, dont d’autres restes, ainsi que le toponyme, sont indiqués plus à l’est
(v. 25).

20) « Evidence of prosperous Byzantine towns with public buildings was revealed at el-
‘Arish and Bir Mazar, and the extensive remains of another town, perhaps Sykomazon

94 M.M. Sadek, article dans “L’Archéologie palestinienne”, Dossiers d’Archéologie, 240 (janv.-fév.
1999), p. 60 (avec deux photos).
95 Raabe, p. 50 (v. aussi p. 45, 126). Il est aussi question de ce monastère dans la Vie de Sévère (M.A.
Kugener, “Vie de Sévère par Zacharie le Scholastique”, PO 2, p. 96-97; Id., “Vie de Sévère par Jean
supérieur du monastère de Beith-Aphthonia”, PO 2, p. 229); dans les Plérophories 6, 10, 44, 106 (F. Nau,
“Jean Rufus, évêque de Maïouma. Plérophories, c’est-à-dire témoignages et révélations [contre le concile
de Chalcédoine]”, PO 8, p. 239, 243, 359, 367); et dans la tradition historiographique: (Jean Moschus, §
55), Évagre, Hist. eccl. II 5 et 9; III 33 (PG 86, col. 2513, 2521, 2668); Théophane (PG 108, col. 357,
367); Nicéphore Calliste (PG 147, col. 32, 49, 175).
96 Bien que le Pèlerin de Plaisance le situe à Maïouma même (v. J. Wilkinson, Jerusalem Pilgrims before
the Crusades, Jerusalem, 1977, p. 85).
97 Sadek, Dossiers d’Arch., 240 (1999), p. 65 (avec une photo de la mosaïque); Humbert & Abu
Hassuneh, p. 66: “tombe du Sheikh Ibrahim à Abasan el-Kebir, une chapelle funéraire pavée de
mosaïques […]. La chapelle est vraisemblablement la maison transformée d’un saint byzantin dont la
sépulture occupe une chambre latérale. Le culte s’y est heureusement prolongé avec la vénération d’un
saint musulman”.
98 Geographical List, p. 196 (“Mosaic pavements, marble columns and bases”).
99 Musil, II 1, p. 223; v. aussi Schumacher, p. 191-192.
100 Zizyphus lotus (Abel, Géographie de la Palestine, I, p. 211). C’est semble-t-il l’arbuste que Guérin
appelle régulièrement, dans sa description de la région, “acacias mimosa”.
101 SADEK, Dossiers d’Arch. 240 (1999), p. 58.
14

Topographie byzantine

on the Medeba map102, were recently located on the coastal ridge near Deir el-Bala˙ (Y-
12). Salvage excavations in 1973 by V. Tzaferis on behalf of the Israel Department of
Antiquities and Museums uncovered sections of a well constructed bathhouse and, near-
by, a crude mosaic floor of some public (?) building. The survey team of Ben Gurion
University located a major pottery workshop and estimated the town was at least 25 a.
in size. »103
Les monnaies découvertes dans le bain sont du début du VIe siècle104. L’endroit se
trouve au sud de Tell Ruqeish (périodes Bronze II - Perse), qui est appelé couramment
Tell ‘Aqluq, du nom d’un propriétaire récent. Le nom qui figure dans le relevé britan-
nique (Umm el Ĥajar: “source de pierres”)105 n’est plus connu, et pour cause: toutes les
pierres du site ont dû être emportées.106
Un village appelé Kefar Biana107 est mentionné dans une anecdote relative à abba
Isaïe, anecdote éditée par Nau d’après le manuscrit de Paris déjà cité (n°1586, p.
610)108. Nau le rapproche du syriaque bînô, qui veut dire “tamaris”, ce qui suggère le
rapprochement avec Umm el-A®el, autre nom de ce site.

21) Tell en-Neqeiz109 correspondrait à l’endroit où une statue monumentale de Zeus-


Sérapis, aujourd’hui à Constantinople, a été retrouvée110, endroit où l’on a donc une
chance de découvrir un important Serapæum. Il semble toutefois que le site ait été
endommagé par de récents travaux agricoles.
Ce site est situé à 180° au sud de Thauatha sur la carte historique du TIR, conformé-
ment aux coordonnées de la notice (qui indiquent 090/095). Mais il s’agit très probable-
ment d’une erreur, car le commentaire dit correctement “on the southern bank of Wadi
Ghazze, near the sea”, et les cartes plus anciennes n’indiquent aucun site sur la ligne
droite entre Thauatha (Sheikh Shubâni) et Beit Da[m]tâ (Kh. Meghâzi). Sur la carte
XIX du PEF, on lit Tell Nujeid; sur la carte et dans le commentaire de Schumacher: Tell
en Keiz (p. 177); chez Musil: tell en-Nېd (p. 220); sur la carte britannique: tell es-
Sanam; et les cartes israëliennes: tel aß-Íannan.

22) Une équipe du seqer israel a effectué en 1975 une inspection au nord de la Bande
de Gaza. Le rapport publié contient un élément intéressant l’époque byzantine: « Restes
de ferme (coordonnées 1076/1045). Sur une petite colline de kurkar, dont la surface est

102 Sykomazon se trouve plutôt à Shuq Mazîn (v. ci-dessus).


103 OREN, NEA, p. 1396.
104 Óad. Ark. 48-49 (1974), p. 7 (avec un plan au début du volume).
105 Geographical List, p. 193.
106 Ibid. Noms enregistrés par les fouilleurs: El ‘Aqlûq; Muntaqat el Abdallah; Umm el A®el (= tamaris).
107 Ou Kampabiana (Campus Biana ?) d’après le coislin 257, XIe s., f. 78v (PO 8, p. 164, n. 2).
108 Duvo monacoi; w[/coun eij" Kaparbiavnan th;n kwvmhn Gavzh", ejn diafovroi" kellivoi" ktl (PO 8, p.
164).
109 TIR, p. 244; SCHMITT, p. 327-328.
110 La provenance n’est pas pu être enregistrée clairement par Guthe dans ZDPV 2 (1879), 183-188, mais
v. SCHUMACHER, p. 177.
15

Pays

de 7 dounams, affleurent les restes d’un édifice en brique (30 x 40 m.). À l’est, on
trouve des restes d’un autre édifice (20 x 30 m.) fait de pierres de kurkar. De nombreux
tessons sont dispersés à la surface et au pied de la colline. Découverte de tessons des
périodes du Bronze II, perse, hellénistique, romaine et arabe ancienne.
“Sur une surface de 10 dounams environ à l’ouest, sont dispersés des tessons des
mêmes époques111. À 500 m. au nord du site, une nouvelle surface, de 12 dounams
environ, a été examinée; des tessères de mosaïque, des bris de verre et de nombreux
tessons sont dispersés à cet endroit, dont la période va des Perses aux Byzantins, Mam-
louks et Turcs. Une vingtaine de pièces de bronze ont été recueillies, du temps de Cons-
tantin Ier, Constance II, et Constantin II, et 3 pièces de bronze de l’époque ottomane,
qui furent frappées en Égypte.”112
C’est dans la même région que Y. Huster a récemment découvert une église
byzantine datée de 544, sur un site qui porterait le nom de “Tel a-Shakef”.113

3. Du côté de chez Swann

La carte qui accompagne cette étude est un rectangle où l’on rencontre en dehors de
la division politique actuelle plusieurs sites byzantins importants, qu’il est nécessaire de
présenter au moins sommairement.

23) Le site de Sheikh Nuran (Magen)114 a révélé en 1958 une mosaïque et a fait l’objet
de quatre campagnes de fouilles à partir de 1976. La publication est exemplaire115. Le
site se compose de quatre parties, trois églises et un baptistère. “Two occupational strata
were distinguished throughout the complex. The earliest, Phase I, was dated to the late
4th an early 5th centuries A.D., and is represented by Building B and the earlier phase
of Building C. Phase II dates to the late 5th and the 6th centuries; it is identified in
Buildings A and D, and in additional construction in Building C. […] Buidings A and D
apparently were constructed subsequent to the abandonment of buildings B and C. The
entire site was abandoned in the seventh century and never resettled”.116

111 “Ce site porte le nom de ez-Za‘atan”.


112 Óad. ark., 54-55 (1975), p. 47. Les membres de l’équipe étaient A. Berman, Y. Park (ou Pereq), et N.
Tsviali.
113 Jerusalem Post, 8 mars 1999, p. 1 et 2.
114 TIR, p. 174.
115 V. Tsaferis, “An Early Christian Church Complex at Magen”, BASOR 258 (1985), 1-16, p. 1 (v. aussi
RB 1978, 106-108 et Y. Tsafrir éd., Ancient Churches Revealed, Jérusalem, 1993, 283-285).
116 Tsaferis, BASOR 258, p. 1. Pour la datation, v. en particulier dans le même volume l’article de N.
Freig, “Glass and Coins from Magen”, BASOR 258 (1985), 33-40.
16

Topographie byzantine

“[Le complexe] appartenait vraisemblablement à un village repéré plus au sud”117.


Il s’agit apparemment du site à l’ouest de la route Magen-Mivta˙im indiqué dans la liste
de 1964.118

24) La tombe de “Sheikh Nuran”119 a également révélé des traces d’occupation byzan-
tine, avec un pavement de mosaïque “that probably belonged to a church or a
cupola”.120

25) On peut pointer sur la carte trois sites archéologiques appartenant sans doute à la
ville épiscopale de Ménoïs, toponyme conservé dans l’arabe Ma‘în121: a) Une
synagogue est découverte en 1957122; b) “A large mosaic paved building at Baikat
’Umm Ĥuseyn (near Nirim) seems to represent the ruins of a church (not yet
investigated)”123; c) les cartes israëliennes enfin indiquent Ĥorvat Ma‘on à l’ouest de la
synagogue.
Cette ville était considérée à l’époque byzantine, d’après l’Onomastikon repris par
la carte de Madaba, comme étant le Medebhna de Jos. 1531124, le Madebhna d’Is. 1031.

26) Une mosaïque avait été repérée par les inspecteurs britanniques dès 1930 environ à
Raqîbat el Wazza (Raqbat el Wazze)125. L’église, non loin du qibbuß de Kissoufim, a
été fouillée en 1977126. L’épigraphie la date de 576-578.
Cohen écrit au début de son rapport de fouilles: « The site (map ref. 0959 0893) is
located about 1 km. north-west of Tel Gamma, and is designated on old maps as
Raqîbat el-Wazza or Birqet Abu Radi »127. Ce dernier toponyme ne se trouve guère que
sur la carte britannique au 1/100.000e. L’article est réimprimé deux fois presque mot
pour mot128, mais au lieu de “Raqîbat el-Wazza or Birqet Abu Radi”, on trouve

117 RB 1978, p. 108.


118 Yalqut ha-pirsumim, p. 1478 (coord. 0935/0755).
119 La localisation par rapport au site principal est confuse: à 300 m. à l’est (p. 25); à 200 m. au nord-
ouest sur une colline (p. 14); à 500 m. à l’est sur un tumulus important (RB 1978, p. 108). Voir Yalqut
ha-pirsumim, p. 1478 (coordonnées 0949/0784)
120 Ibid., p. 30-31.
121 TIR, p. 183; SCHMITT, p. 247-248. Rappelons qu’il faut distinguer entre la ville épiscopale de
Ménoïs et le castrum de ce nom (n°15).
122 S. Levy et alt., “The Ancient Synagogue of Ma‘on (Nirim)”, Louis M. Rabinowitz Fund for the
Exploration of Ancient Synagogues. Bulletin, 3 (1960), 6-40.
123 S. Yeivin, A Decade of Archaeology in Israel. 1948-1958 (Nederlands Hist.-Arch. Inst.), Istanbul,
1960, p. 46. Ce site est indiqué sous les coord. 0935/0812 dans le Yalqu† ha-pirsumim, p. 1478 et
correspond probablementau à la citerne (“c”) indiquée sur la carte britannique.
124 ABEL, JPOS 1924, p. 116.
125 Geographical List, p. 197.
126 TIR, p. 168, s.v. Kissufim.
127 IEJ, 1977, p. 254.
128 Qadmoniot, 12 (1979), 19-24 (en héb.) et dans Y. Tsafrir éd., Ancient Churches Revealed, Jérusalem,
1993, 277-282. Quatrième édition, un peu différente et sans indiquer les toponymes arabes, dans Bibl.
Arch. Rev. VI 1 (1980), 16-23.
17

Pays

désormais, toujours sans référence, “Birket Abu Radi or Birket el-Wazza”129. Le nom
“Raqibat el Wazza” apparaît dans la liste de sites historiques de 1964.130
Cohen ajoute à la fin de son article: « It would seem that this site should be
identified with the settlement of Orda appearing on the Byzantine map of Madeba. B.
Mazar proposed that Orda be sought in the vicinity of Tel Gamma »131. Mazar
rapprochait en effet “Yursa”, comme frontière sud de Canaan dans des documents
égyptiens du XVe s., de ∆Iorda comme frontière sud de la Judée dans un texte de
Josèphe; comme Tell Jemmeh conviendrait pour “Yurza”, il faudrait trouver “Iorda-
Orda” près de ce site. Or le toponyme “Birket Abu Radi” répond assez bien à cette
attente (Orda < Radi).132
Toutefois, nonobstant les spéculations de Mazar, celles de Cohen doivent nous
mettre en garde contre une identification de la ville épiscopale133 de Orda avec l’église
de “Abu Radi”. Abel identifiait Orda avec Umm ‘Adra entre Tell esh-Sheri‘a et Beer
Shèva134. D’ailleurs d’après l’épigraphie — une inscription parle de Théodore comme
“diacre, moine, paramonaire et higoumène de Saint-Élie” —, il s’agit d’un monastère,
non d’une ville. En outre, l’église date de 576-578 alors que Cohen ne signale pas de
traces d’une église antérieure, ce qui serait pourtant nécessaire puisqu’un évêché à
Orda-ajrdwn est attesté au début du VIe siècle.

27) « It would appear that Tell Jemmeh135 was abandoned at the end of the Persian
period. As was the case with many other towns and villages, the settlement re-
established itself at a nearby point, perhaps on the eastern side Wâdi Ghazzeh, and
continued under the same name. The evidence suggests the later Yorda-Orda is to be
found in one of the larger ruins in the neighbouhood of Tell Jemmeh. »136
Les fouilles américaines sous la direction de G. Van Beek n’ont pas encore été
publiées. Les divers comptes rendus qui en ont été faits ne prennent pas position sur
l’article de Maisler. Dans RB 1978, p. 576, on lit un compte rendu d’une fouille dans
“un petit secteur d’essai… dans le terrain byzantin qui se trouve au sud du tell”. Ceci
pourrait correspondre à la mosaïque signalée dans le relevé britannique (097/088, aKh.
Jammâ).137

129 De même dans l’article de 1979 en hébreu.


130 Yalqu† ha-pirsumim, p. 1477.
131 Ibid., p. 256 (= Qad., p. 24 = Ancient Church Revealed, p. 282). Voir l’article de B. Maisler, “Yurza.
The Identification of Tell Jemmeh”, PEFQS 1952, 48-51.
132 Cette conclusion est acceptée par SCHMITT, p. 65.269.
133 Alt rapprochait le toponyme “Orda” de celui de ajrdwn dans une liste d’évêchés des synodes de 518 et
536. Il proposait d’identifier “Orda” sur la carte de Madaba, entre Séana et Photis, avec Kh. ‘Irq. Cette
identification est suivie dans TIR (p. 198 et cartes).
134 JPOS 1924, p. 116.
135 TIR, p. 156.
136 Maisler, PEQ 1952, p. 51. Sur l’identification avec Orda, v. plus haut le point de vue d’Abel.
137 Geographical List, p. 197.
18

Topographie byzantine

Dans Ĥad. Ark. 65-66 (1978), on apprend que la région fut passée au peigne fin, et
que 48 sites de l’époque romano-byzantine ont été inventoriés, parmi lesquels “la
plupart sont de grandes villes établies le long des grands wadis. La concentration des
sites est plus grande dans la région du Nahal Besor, entre la Bande de Gaza et Tell
Jemmeh” (p. 48).
Une inscription hébraïque a été retrouvée entre Kissufim et la Bande de Gaza, donc
approximativement à hauteur du btell Jummeiz, un site qui ne figure pas sur les cartes
anciennes138. Certains pensent que cette inscription aurait été déplacée de la synagogue
de Ménoïs (25.a), mais c’est une solution de facilité qu’il ne faut pas accepter a priori.
Jummeiz, qui se trouve sur la frontière, n’a pas été fouillé.

28) À propos d’un passage de la Vie de Pierre l’Ibère — “… zum Zeno, welcher zu
jener Zeit in dem Dorfe K≤far s≤ârta, fünfzehn (röm.) Meilen von Gaza…
wohnte”139 — Clermont-Ganneau écrit: « Avant de devenir évêque de Maioumas,
Pierre demeura pendant quelque temps dans un monastère situé entre Maioumas et Gaza
[v. plus haut 18]. Il se rendait de là fréquemment à un certain village atres rpb, Kephar
Se‘artâ, où résidait un pieux anachorète appelé Zénon, qui était en quelque sorte son
directeur de conscience. Ce village dont le nom semble bien vouloir dire “le village de
l’orge”, était distant de Gaza de 15 milles. M. Raabe n’en propose pas d’identification.
Je le reconnais dans une localité, déserte aujourd’hui, portant en arabe le nom de
Khirbet Cha‘artâ, qui nous a conservé fidèlement la vieille forme araméenne. Cette
localité se trouve dans la région nord-est de Gaza, à 2 1/2 kilomètres au sud-est du
village de B’reir, sur le bord septentrional du ouâd al-Hesy. Cette ruine était encore un
village habité à l’époque croisée etc. […]. Je signalerai dans les parages de Gaza, à 10
kilomètres dans le sud, une autre localité absolument homonyme de celle-ci. Mais l’on
ne saurait songer à y reconnaître la résidence de Zénon; la distance, beaucoup trop
faible, s’y oppose d’une façon absolue, et il ne résulte nullement du texte que Kephar
Se‘artâ fût au sud de Gaza. »140
Zénon et son monastère de Kefar Sé‘arta apparaissent aussi dans les Plérophories
141
(8) ; Jean Rufus, auteur des Plérophories et biographe de Pierre l’Ibère, dit qu’il était
disciple de Silvain (Vie de Pierre, p. 47); ce dernier “avait rassemblé une très grande et
très illustre communauté d’hommes très bons” ejn Geravroi" ejn ceimavrrw/, “aux
Guérars dans un wadi” (Sozomène, Hist. eccl. VI 328; v. aussi IX 174).

138 “Nous ne savons pas si la pierre a été trouvée dans une ruine ou dans un champ”, Y. Naveh, ‘Al
Psephas we-even. Ha-ketovot ha-aramiot we-ha-‘ivriot me-kitvei-ha-knesset ha-‘atiqot, Jérusalem, 5738,
p. 91.
139 RAABE, p. 51 (v. aussi p. 47-48).
140 Études d’archéologie orientale, II, p. 15; v. TIR, p. 165.
141 Nau éd., PO 8, p. 20-21; v. p. 163-164.
19

Pays

L’identité de Zénon ne fait pas de doute, étant donné que la tradition des Sentences
des Pères du Désert a conservé de lui plusieurs apophtegmes142, où il apparaît aussi
comme un disciple de Silvain.
Si l’on pouvait affirmer que ejn Geravroi" désigne Umm Jérar (v. plus loin), il y
aurait une bonne raison de privilégier la seconde identification, repoussée par Clermont-
Ganneau. La proximité des deux sites, Umm Jérar et “Khirbet Sh’arta” (carte XXIII du
PEF)143 non loin de Tell Jemmeh, montrerait que Zénon n’avait qu’un ou deux km. à
faire pour visiter son “directeur de conscience”. Un apophtegme également édité par
Nau144 montre dans Silvain un père spirituel allant justement visiter les solitaires
dispersés dans des ermitages autour de son village, “près du fleuve” (o{ti para; to;n
povtamon, plhsivon th`" kwvmh" e[nqa oJ makavrio" Silouano;" dih`gen ejn Palaistivnh/
ktl).145
Dans sa liste des toponymes palestiniens (Loca sancta, 1907), Thomsen semble
avoir écrit par erreur, en citant Chabot qui s’appuyait lui-même sur Clermont-Ganneau,
que Kefar Se‘artâ se trouvait à 18 km. au sud-est de Gaza. Avi-Yonah, suivi par Bagatti
et le TIR, privilégie en tous cas le site qui se trouve au sud, en indiquant les
coordonnées correspondantes (Gazetteer, 1976, p. 73). Peut-être a-t-il basé son
jugement sur la notice du Geographical List, p. 195: “Traces of foundations, mosaics,
cisterns, Roman and Byzantine Sherds”146, alors que rien n’est signalé pour le
toponyme situé au nord. La distance de 15 milles indiquée par le biographe serait donc
erronée (il y a 11 km. entre Gaza et Kh. She‘arta au sud contre 18 km. jusqu’à Kh.
She‘arta au nord). Ce site, sur la carte britannique, est appelé “Kh. el Kutshän”.
Bagatti lit une allusion à ce monastère dans le nom Se˙artha d’une lettre synodale
publiée par Chabot à partir d’un ms. syriaque (B.M. add. 14602)147. Cette hypothèse,
acceptée dans TIR (p. 165), suppose que le nom primitif était prononcé avec un ˙et
devenu ‘aïn, phénomène qui est assez régulier, notamment pour des toponymes.148
Il semble que seules des fouilles dûment publiées pourront mettre au clair l’identi-
fication de Kefar Se‘artâ.

142 Ils ont été réunis par M. van Parys, “Abba Silvain et ses disciples. Une famille monastique entre Scété
et la Palestine à la fin du IVe et dans la première moitié du Ve siècles”, Irénikon, 61 (1988), 315-331 et
451-480, y compris à partir de la tradition éthiopienne (traduite de l’arabe). .
143 Cartes israëliennes: Óorbat Se‘orah (0984/0907).
144 PO 8, p. 178 (coislin 127, fol. 136 v).
145 C’est une forme de monachisme dont les fouilles des Kellia en Égypte nous ont récemment fourni un
tableau en trois dimensions; v. en dernier lieu le n°116 (1999) du Monde de la Bible.
146 De même dans le Yalqu† ha-pirsumim, p. 1477, s.v. Khirbet She‘arta “Restes de fondation, pavement
de mosaïque, citernes, tessons et blocs de pierre sur le sol”. De même BAGATTI, p. 174 et TIR, p. 165.
147 I.B. Chabot, Documenta ad origines monophysitarum illustrandas (CSCO 103; sc. syr. 37), Louvain,
1933, p. 114 et 120; BAGATTI, p. 175.
148 Par exemple Beit Ĥoron - Beit ‘Ur. Voir spécialement E.Y. Kutscher, Studies in Galilean Aramaic,
Ramat Gan, 1976, p. 70-78.
20

Topographie byzantine

29) Nous venons de voir que Silvain, d’après Sozomène et le coislin 127, avait son
village dans un wadi, “aux Guérars” (pluriel). L’abondance des sites byzantins dans le
Na˙al Besor - Wadi Ghazza justifierait assez bien ce pluriel (v. plus haut 27), et con-
duirait donc à Umm Jérar. Cependant, cette identification, qui était refusée déjà par
Clermont-Ganneau149, ne semble toujours pas acquise150, et seule l’archéologie, encore
une fois, pourra dire le dernier mot sur cette question. La documentation littéraire est
particulièrement embrouillée. Le TIR distingue trois sites151:
- Birsama (p. 91): ce toponyme, qui apparaît dans la liste des sites de Palestine Ière par
Georges de Chypre (savltwn Gerai>tikov" h[toi Barsavmwn) serait à Kh. el Far, hébraïsé
récemment, à ce qu’il semble, en Ĥorvat Beer Shema‘ (coord. 106/074).152
- Gerar, Saltus gerariticus (p. 132): malgré la rubrique qui vient d’être citée, il faudrait
mettre Guérar, au centre du savltwn Gerai>tikov", à Tell Abu Ĥureira, hébraïsé Tel
Ĥaror (coord. 112/087). Le monastère de Silvain se serait donc trouvé dans un village
de cette région, et le fleuve dont il est question dans Sozomène et l’apophtegme du
coislin 127 serait le wadi Jerar.
- Ĥ. Gerarit, Kh. Umm Jerar (p. 133): “proposed identification with Gerar” (coord.
096/091).

30) « Seikh Nebhân (C x). — There seems to have been a church here, afterwards
converted into a mosque, and rebuilt partly with mud […]. In the north-east and north-
west corners of the courtyard are two chambers, each containing a Moslem cenotaph.
Visited 28th April 1875. »153
Bagatti pense, d’après les détails fournis par Conder, qu’il s’agissait d’une église
croisée154. Le Geographical List écrit simplement: “Ruins of Maqâm on foundations of
church, architectural fragments, Arabic inscriptions” (p. 195).

31) « Sur la quatrième ligne [à partir de Gaza] nous rangeons EDRAI>N d’abord; c’est la
leçon [du ms. Alexandrinus] pour rendre ÚÕ„Œ¯ de Josué 1521. Quelle que soit la
valeur de l’identification dans le cas présent, Edraïn de la carte est représenté par el-
‘Adar, ruines notables à sept kilomètres au sud de Gaza sur la rive droite du Ouâdy

149 Ch. Clermont-Ganneau, Recueil d’archéologie orientale, III, Paris, 1900, p. 238 suivi par ABEL,
JPOS 1924, p. 113-115.
150 SCHMITT met en avant le texte des Plérophies où le village en question serait nommé “Aftâ”, qu’il
propose d’identifier aux restes attestés à aå-Åallâla (102/079), p. 43.
151 Voir aussi SCHMITT, p. 167-169.
152 La fouille de l’église (en 1989-90) semble avoir découvert le mot “Gerar” dans une inscription: D.
Gazit - Y. Lender, “The Church of St. Stephen at Ĥorvat Be’er-shem‘a”, Tsafrir éd., Ancient Churches
Revealed, 273-276, p. 274.
153 CONDER & KITCHENER, Survey, III, p. 252-253.
154 BAGATTI, p. 175.
21

Pays

Ghazzeh »155. Carte du PEF, XIX: Kh. el ’Adâr; carte britannique 9/9: Kh. el Adar;
carte israëlienne (1/50.000): Ĥorvat ‘Edraïm.

32) « Se placent sur le troisième rayon [à partir de Gaza] dirigé vers Phôtis SEANA et
ORDA. La première de ces localités n’est pas à identifier avec le Khirbet eß-Íâne‘ qui se
trouve au sud de Fe†is. Il est inutile de supposer ici un désordre dans le groupement des
villes, d’autant plus que nous avons à dix kilomètres de Gaza une ruine portant le nom
de Si˙ân d’après les cartes (Cf. GUÉRIN, Judée II, p. 289; SWPMem III, p. 252; MUSIL,
Edom II, p. 198) et que nous avons entendu prononcer Se˙ân et Sa˙ân par les bergers
bédouins. Elle répond comme position et onomastique au Seana de la mosaïque. »156

33) Sur le bord de notre carte, près de Kh. Umm Tabun (au sud de Or ha-Ner)157, un
hypogée comprenant des fresques d’époque romaine fut fouillé en 1941 et redécouvert
en 1960. À 500 m. à l’ouest se trouve la colline de Kh. Umm Tabun, où se trouvent des
restes d’époque byzantine (colonnes, céramique, mosaïques). La publication, qui
indique des découvertes similaires dans la région d’Ascalon, est fort bien faite.158

Conclusion
La topographie de la région de Gaza comporte des villes épiscopales (1-5.25)159,
des villages dont on connaît le nom ancien (6-9, 11-12.14.17, peut-être 20 et 21), ou
dont le nom ancien n’est pas connu (19-22.23.27.31-32), un nombre assez considérable
de monastères (10.13.16, peut-être 18, 26.28-29) dont on connaît parfois le fondateur et
qui forment une véritable chaîne de maître-disciple (Silvain, Isaïe, Zénon, Pierre l’Ibère,
Sévère et, pour le côté chalcédonien, Séridon [avec Jean et Barsanuphe], Dorothée); on
trouve aussi certaines tombes ou chapelle funéraire (19a.24.30.33), dont le nombre
pourrait sans doute s’accroître après une inspection sérieuse des nombreux maqâm,
wélis, “Sheikh” qui parsèment encore la région de Gaza. Le castrum de Ménoïs (15) est
à relier à une série de castra sur la frontière sud de la Palestine romaine.

Abbréviations:

ANRW: Aufstieg und Niedergang der Römischen Welt


BASOR: Bull. Am. Or. Sch. of Or. Res.
CPG: Clavis Patrum Græcorum
IEJ: Israel Exploration Journal

155 ABEL, JPOS 1924, p. 116; v. TIR, p. 115. SCHMITT, p. 137: « Hätte besser als “nicht lokalisiert”
behandelt werden sollen. Der griechische Name führt auf einem Stamm dr‘ oder ƒr‘ mit Vorschlags-
Alif. » Mais c’est oublier la leçon du codex Alexandrinus.
156 ABEL, JPOS 1924, p. 115 suivi par TIR, p. 225 et SCHMITT, p. 303.
157 TIR, p. 198.
158 Y. Tsafrir, “A painted Tomb at Or ha-Ner”, IEJ 18 (1968), 170-180 et pl. 13-19.
159 Peut-être Tell Jemmeh (27) s’il faut l’identifier à Orda.
22

Topographie byzantine

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