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Le dopage dans le sport et son pendant : la lutte française contre la corruption

J’aime beaucoup Mediapart. Ils ont créé un style journalistique pour l’écriture en ligne qui n’a rien de vraiment
innovant, mais s’annonce assez efficace. « Boîte noire » pour associer un tantinet le visitorat (le lectorat) aux
méandres de la démarche d’enquête, mise en ligne de l’intégrale des documents consultés. Parodie furtive à
géométrie maçonnique contrariée, avec ce début d’interrogation sur le rôle du Service central de Prévention
de la corruption…

Incipit : à Jean-François Porchez, de la et des Monde, et non de la Mondaine… ce petit divertissement. Je suis
l’un des personnages très secondaires d’une nouvelle de Didier Daeninckx, tu mérites bien d’être associé au
nombre 813… Écoute, écoute… c’est comme du temps du Grenier de la chanson, il est question de chanson-
niers, de chansonnettes, et de corruption. Pas déjà d’excipit ni de colophon, c’est comme le titrait Casterman, à
suivre…

En juin 2002 :
« À la date de rédaction de ce rapport, le service est composé de : »
• Claude Mathon, magistrat, chef du service ;
• Philippe Mettoux, magistrat, secrétaire général ;
Les conseillers ou chargés de mission sont :
• Bernard Bouchez, conseiller de chambre régionale des comptes ;
• Jean-Pierre Bueb, chef de service administratif de l’équipement ;
• Rachel Ferrari, commissaire principal de la police nationale;
• Laurence Giovacchini, administrateur civil ;
• Josette Hervet, chef de service départemental à la D.G.C.C.R.F ;
• Francis Ohling, officier de la gendarmerie nationale ;
• Noël Pons, inspecteur des impôts.

« Trois autres postes ne sont, pour l’heure, pas encore pourvus. D’autres devront certainement être créés prochainement
pour répondre aux missions nouvelles du service. »

« Le secrétariat est assuré par Véronique Astre, Myriam Rodriguez et Christiane Marquetoux, la comptabilité par
Séverine Romagnoli. Éric Caraman est le conducteur automobile du service. »
Juin 2002 ; donc…

Dans son rapport 2001 (juin 2002), il était déjà relevé :


« L’activité du S.C.P.C. ne saurait être réduite aux seuls avis qu’il donne aux autorités habilitées à lui en demander.
Comme il est indiqué plus haut, son champ d’intervention est beaucoup plus vaste.
Cependant, le service demeure sous-employé de ce point de vue, particulièrement par l’autorité judiciaire alors qu’il est
placé directement auprès du garde des Sceaux. Pour la période considérée, c’est seulement à quatre reprises que le service
a été sollicité par des magistrats de l’ordre judiciaire appartenant au siège ou au parquet. S’il est facile de comprendre
que les juridictions de grande importance, dotées d’un pôle économique et financier ou d’un service spécialisé, peuvent se
dispenser de recourir aux compétences du S.C.P.C., tel ne paraît pas être le cas des tribunaux de moyenne ou petite taille,
susceptibles de bénéficier d’une “expertise” indépendante et pluridisciplinaire sur des sujets de haute technicité
financière et juridique.
Ce raisonnement est d’ailleurs transposable aux élus des collectivités locales et territoriales à la recherche d’un avis
discret et argumenté dans des domaines aussi délicats que la prise illégale d’intérêt ou la passation des marchés publics.
De même, il est facile d’imaginer que les consultations du S.C.P.C. puissent servir aux représentants de l’État dans
leur tâche de contrôle de la légalité de certains actes administratifs. »
J’aime ce S.C.P.C. avec les points abréviatifs. L’actuel SCPC me semble bien moins gouleyant. C’est un peu du
bulk wine en regard du champagne de Suisse (canton de Vaud).
(…)
« Le nombre de saisines du service (55) reste, pour la période considérée, étale par-rapport à l’année précédente (58) et
par référence à la moyenne des dossiers reçus depuis sa création (53).
Ce nombre peut paraître étique comparé à la capacité opérationnelle du S.C.P.C. ou rapporté au total des condamna-
tions prononcées par des juridictions pénales au cours de la même période (…). Il est en effet loisible de constater que si
jusqu’en 1996 et 1997, les courbes s’épousaient ou connaissaient une tendance identique, elles ont accusé une divergence
très sensible en 1998-1999, qui s’est nettement aggravée depuis lors. Comment expliquer cette dernière évolution?
Doit-on imaginer que par un “système de vases communicants” la progression des affaires instruites par l’autorité
judiciaire se fait au détriment des saisines du service? Ou faut-il incriminer une connaissance toujours confidentielle,
par les autorités habilitées à la saisir, de cette institution qui n’a pas encore fêté ses dix années d’existence ?
Encore convient-il de faire deux observations. D’une part, le nombre des condamnations pénales prononcées en matière
de manquement général au devoir de probité est lui même faible (323 en 2000, le pic le plus élevé ayant été de 338 en
1999). D’autre part, ces chiffres ne recensent qu’une facette de l’activité du S.C.P.C., les autres étant constituées de solli-
citations verbales, actions de formation, participation à des travaux parlementaires ou ministériels, intervention ou as-
sistance à des colloques nationaux et internationaux, coopération à l’étranger, etc., qui sont difficilement quantifiables. »

30 septembre 2005 – blogue de Bruno Fay, journaliste indépendant :


http://investigation.blog.lemonde.fr/category/corruption
Bruno Fay cite des extraits du livre du même Bruno Fay et de Laurent Ollivier, Le Casier judiciaire de la Répu-
blique (Ramsay, jan. 2002). « Le SCPC, créé par la loi du 29 janvier 1993, relative à la prévention de la corruption
et à la transparence de la vie économique, a été installé par le ministre de la Justice en mars 1993, avec un effectif de
sept fonctionnaires. Son chef, un magistrat de l’ordre judiciaire, est nommé pour quatre ans par le président de la
République. Aussi discrets que ses activités, les locaux du SCPC sont situés 129, rue de l’Université à Paris, au cin-
quième étage d’un immeuble anonyme. Il est composé de fonctionnaires atypiques et passionnés, tous détachés d’autres
administrations (justice, police, gendarmerie, impôts, douanes, équipement…). Cette diversité, voulue comme une force,
constitue aussi sa faiblesse, puisque dès sa création, les trois postes de magistrats pourtant prévus par la loi ne sont pas
pourvus. Un comble pour un service placé sous l’autorité du Garde des sceaux. Aujourd’hui encore, huit postes sont
vacants, faute de volonté des différentes administrations et de restriction budgétaire.
“Un eunuque impuissant”
Scpc2004_1Inconnu du grand public, le SCPC est notamment chargé de centraliser toutes les informations relatives à
la corruption et de rendre des avis aux différentes autorités qui l’interrogent (maire, ministres, préfets…). Il fonctionne
un peu comme un observatoire de la corruption… du moins en théorie. Initialement, la loi qui a créé cet organisme lui
donnait de réels pouvoirs d’investigation, mais cette possibilité lui a été retirée par le Conseil constitutionnel avant
même que la peinture des nouveaux locaux n’ait le temps de sécher. Dans les bureaux, certains évoquent une décision
qui a fait du SCPC un «eunuque» impuissant. “Dans ces conditions, l’utilité du SCPC n’est malheureusement pas
prouvée”, confie même, fataliste, un membre du service. Depuis, inlassablement, le SCPC réclame auprès de son minis-
tère de tutelle une réforme de ses statuts. Les ministres passent, indifférents, et les demandes restent toujours lettre morte.
De fait, le SCPC est davantage devenu une cellule d’experts qu’un organisme d’enquête participant à la répression ac-
tive contre la corruption. Il rend en moyenne une cinquantaine d’avis par an depuis sa création. Ces avis ne sont jamais
rendus publics et restent en principe confidentiels. La saisine du SCPC par les simples citoyens n’a pas été prévue par la
loi. De nombreux courriers lui sont pourtant adressés, et le SCPC s’efforce d’y répondre, tout en regrettant que la déci-
sion du Conseil constitutionnel l’empêche d’écarter les tentatives de manipulation. Afin d’éviter d’être instrumentalisé
dans les enjeux politiques locaux, le SCPC se permet néanmoins de transmettre copie de son avis au premier magistrat
de la commune lorsqu’il est par exemple saisi par un conseiller municipal.
(…)
Malgré cela, le SCPC continue à publier chaque année un rapport, qui détaille plus spécifiquement plusieurs aspects de
la vie publique (En 2003 par exemple, les dérives du monde associatif, ou en 2004 les carabistouilles dans l’attribution
des prix littéraires…)
(…)
L’hiver 2003, face à l’absence de volonté politique de nos gouvernants, le service central de prévention de la corruption
a voulu jeter un pavé dans la mare en faisant part publiquement de son sentiment de frustration. “Nous souhaite-
rions pouvoir récupérer des pouvoirs d’investigation, d’enquête, de transmission de pièces, de manière à pouvoir
travailler dans des conditions plus efficaces”, déclarait lors d’une conférence de presse à Paris le secrétaire général
du SCPC, Philippe Mettoux. “Il nous apparaît aujourd’hui important de pouvoir récupérer ces prérogatives»,
ajoutait le chef du service, l’ancien procureur de la République de Lille Claude Mathon, précisant que cela permettrait
au SCPC de «faire beaucoup plus et beaucoup mieux”.
(…)
Douze mois plus tard, le pavé a coulé à pic et aucune vague n’a atteint le rivage. Les conclusions du rapport 1999 res-
tent toujours d’actualité : “l’outil n’est qu’un moyen. Encore faut-il la volonté de s’en servir, donc la conscience
des ravages causés par la corruption et de la nécessité de la combattre, même parfois au risque de son confort
personnel.”. Au fait, c’est quand le prochain conseil des ministres ? »

Du SCPC, depuis 2004, on n’entend plus guère parler, si ce n’est lors de la remise de ses rapports annuels, ou
incidemment. Par exemple, sur le blogue-notes de son président, Claude Mathon, magistrat, qui, dans un texte
mis en ligne en mars 2005, intitulé « Corruption et mensonge – Un nécessaire recours à la morale », s’appuie
sur l’ordonnance de Philippe Le Bel, roi de France, du 23 mars 1302, Sur la Réforme du Royaume.
Dans ce texte personnel, tout comme dans les rapports, foin d’exemples concrets franco-français, mais certaines
affaires de corruption à l’étranger sont mises en exergue.
On y lit toutefois de nombreuses allusions générales à la France. Ainsi de :
« Le traitement de faveur dont jouit le phénomène de la corruption – qui est tout de même inégal selon les médias – at-
tire l’attention sur le comportement délictueux de quelques-uns et contribue à déconsidérer toute une profession, toute
une catégorie socioprofessionnelle, toute une classe sociale. En effet, comme seuls ces comportements malhonnêtes font
l’objet d’une information et que plus personne ne parle aujourd’hui de devoir, de morale ou d’honnêteté, le comporte-
ment qui est dénoncé vient à être considéré comme normal et habituel pour toutes les personnes du groupe mis en cause.
L’exception devient la règle.
L’opprobre est jeté successivement sur l’un, puis sur l’autre et, finalement, toute la société est atteinte. Il y a des corrompus,
il y a des corrupteurs ; il y a des responsables, mais il n’y a plus de coupables puisque c’est la Société qui est la cause de ce
comportement, dont on ne peut plus dire qu’il s’agit d’une dérive tant il est parfois considéré comme normal. »

Tiens, tiens, tiens donc… Une info à creuser : le diplôme universitaire « Prévention des fraudes et du blanchi-
ment » de l’université Robert-Schuman (Strasbourg), subsiste-t-il encore après la réforme des diplômes de
second cycle ?
Oui, mais il semblerait qu’il ait « ripé » vers l’École de management de Strasbourg.
Rien que 2 426 euros (droits d’inscription inclus) pour la formation continue. De quoi décourager des seniors
chômeurs.
Apparemment, cette « business school de la première université de France » n’est pas passée sous l’égide (ou plutôt,
dans le giron) de la Chambre de commerce & d’industrie et de ses « capitaines ».
À tout hasard, j’ai demandé par courriel si cette option sera maintenue pour l’année 2011-2012.
Peut-être contacter Chantal Cutajar… Courriel envoyé : « Les marchés entre les ministères et Carlson WagonLit
Travel vous évoquent-ils quelque chose ? Si positif, une déclaration off, des documents, une appréciation publiable ? ».

Question sur le schmilblick d’Antoine Garapon, de l’émission « Le Bien commun » sur France Culture :
« La question secoue beaucoup d’entreprises françaises aujourd’hui : faut-il instituer un mécanisme de whistleblowing ?
Ce qui veut dire en français le déclenchement d’alerte; si on veut être plus expéditif et plus cru, de dénonciation. La
pratique qui se répand dans nombre de pays anglo-saxons consiste à permettre aux salariés d’alerter leurs dirigeants
ou un comité ad hoc, voire les autorités, d’une irrégularité ou d’un mauvais comportement qu’ils ont constaté dans leur
entreprise. »
Réponse de Claude Mathon :
« en ce qui nous concerne nous, quand je dis «nous» je parle du Service Central de la Prévention de la Corruption, on
aimerait bien savoir ce qui s’est passé aux États-Unis, avoir une sorte d’audit de ce qui s’est passé aux États-Unis pour
savoir s’il est nécessaire d’introduire chez nous de telles notions. En ce qui concerne les sociétés filiales américaines qui
sont chez nous, il y a eu deux exemples récents, je pense qu’on peut citer les sociétés, c’est Shell et Kodak, qui sont en train
d’introduire des systèmes de whistleblowing sur notre territoire, avec d’ailleurs des fortunes diverses, puisque si je me
souviens bien, la société Kodak se heurte aux syndicats de l’entreprise qui sont opposés à ce qu’ils considèrent comme, pour
reprendre le terme que vous avez employé tout à l’heure, de la délation. »
Kodak, Shell… Pourquoi pas British Petroleum et ses plates-formes pétrolières dans le golfe du Mexique. Un
exemple plus près de nous ? Carlson WagonLit Travel, là, au hasard ?

***
Lu dans Le Point du 19 jan. 2007 :
« “Notre rôle est de rendre service aux élus, pas de leur faire de mauvaises manières”, estime son chef, Claude
Mathon, un magistrat de 56 ans. ». On ne saurait mieux dire.

Claude Mathon a préfacé le Cols blancs et mains sales – Économie criminelle, mode d’emploi, de Noël Pons, déjà
auteur, aux mêmes éditions Odile Jacob, d’un Audit et fraude. Cela n’a rien à voir à mon schmilblick, mais Noël
Pons évoquait, en 2006, la balle au pied et le sport en général. Entretien du Monde du daté mer. 29 sept. 2010
avec Pierre Bondy, qui démissionne de la présidence de l’Agence française contre le dopage. Titre : « Touche
pas à mon sport spectacle ».
Le SCPC est-il à la politique-spectacle ce que l’AFLD est au sport-spectacle ?
En écriture journalistique (anti-journalistique, même) Ouaibe 2.0, cela ferait un mauvais titre, mais pas for-
cément une mauvaise accroche de châpô. Le sport intéresse bien davantage que la politique, et le mot-clef
« sport » (sports), est sans doute plus recherché (pas le temps d’aller vérifier dans les classements de Google).
Tiens, le sport encore.
La Ligue de Football professionnel s’est adressée à Claude Mathon :
« “Partout où il y a de l’argent, il y a un risque de dérives”, a rappelé le président de la LFP, Frédéric Thiriez, ven-
dredi. Le football n’échappe pas à cette règle. En conséquence, la Ligue a signé vendredi une convention de partenariat
avec le Service central de prévention de la corruption (SCPC), service interministériel placé auprès du ministère de la
Justice, devenant la “première institution sportive à inaugurer un tel type de partenariat.”.
Cette convention s’appliquera “dans le cadre des actions de prévention, de professionnalisation et d’investigation
que développe la LFP afin de se prémunir contre les actes délictueux susceptibles de nuire à ses intérêts et à
ceux du football professionnel”, a précisé la LFP dans son texte. Selon Claude Mathon, magistrat et chef du SCPC,
qui a signé la convention avec M. Thiriez, “ce partenariat est l’aboutissement de dix ans de réflexion du SCPC
sur les phénomènes de corruption et de blanchiment liés au sport en général”. »
Comme le disait la Zazie de Voltaire et Rousseau à la Convention : « convention, mon c… ! ». Les poulets
ne sont aux abois en périphérie des stades que lorsque des hooligans troubleraient un peu trop l’ordre public.
Et Bernard Tapie est un grand sportif. Il sait jouer magnifiquement aux billes. Et tac ! Queneau aurait adoré
Bernard Tapie.
Une recherche linéaire de base fait ressurgir des trucs que je ne me souviens pas avoir été soulevés par Le Canard
enchaîné (quand donc localisera-t-il ses archives en ligne ?). Ainsi ce passage d’une lettre de Thierry Zubanovic,
dit Thierry Z pour son blogue-notes http://thz.kazeo.com.

Il est de Toulon. Ah, la DGA, les arsenaux militaires… « Nous envisageons désormais être en présence d’une escro-
querie à grande échelle au cas où d’autres fournisseurs que STS se sont retrouvés en liquidation judiciaire suite à non
paiement par les sociétés ABP et GTCM pour la fourniture de matériels ou de services à destination de la Société
CLIMESPACE concessionnaire de la Ville de Paris. Auquel cas, les faits remontant à plus de dix ans en arrière,
STS est probablement une des dernières sociétés si ce n’est la dernière société à pouvoir se porter partie civile contre CLI-
MESPACE. En outre à quel usage auront servis les finances versées par CLIMESPACE encaissées par GTCM et
ABP et jamais reversés à leurs destinataires contractuels. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons concevoir la hâte à faire
disparaître STS, avec un arrêt entaché d’irrégularités grossières et de vices de forme. ». La lettre est datée du 11 août
2003 et adressée à Claude Mathon.
Serait-il question de cette affaire dans le rapport annuel 2004 du SCPC ? Dans celui de l’Inspection générale
des services judiciaires (IGSJ) ?
Du même en jan. 2004.
« Nos courriers et documents portant sur le fond de notre dossier ignorés au plan juridique par la Cour d’Appel d’Aix
en Provence ne relèvent désormais plus du strict domaine juridique de par sa responsabilité exclusive et ont désormais
également valeur de documents dont nous pouvons disposer sans règle de confidentialité juridique, de plus ces documents
et surtout les informations contenues ont été portés à la connaissances des autorités juridiques compétentes sur les sujets
abordés, in extenso concernant le Président de la Commission Nationale de Discipline au sein de la Cour de Cassation,
et pour partie concernant le Président de la Cour de d’Appel de Aix en Provence. ».
J’attends une réponse d’un courriel adressé à Thierry Zubanovic. On ne sait jamais…
La méthode de la spirale (partir de la périphérie pour centrer progressivement) donne parfois de bons résultats,
mais c’est long, fastidieux…
Postface de Claude Mathon pour le Cahier de l’Observatoire (des risques juridiques des collectivités territo-
riales) nº ? (à vérifier ultérieurement au besoin) intitulé « Le Délit de prise illégale d’intérêts »‘ :
« La bonne foi de certains élus peut si facilement être surprise qu’ils sont parfois tentés de ne plus rien décider, même
quand ils sont certains d’agir dans l’intérêt de leur commune. Bien sûr, c’est avec clairvoyance et dans le cadre de leur
pouvoir d’opportunité des poursuites que les parquets traiteront ces affaires. Mais il n’en reste pas moins que les élus qui
auront été mis en cause devront subir la réaction de ceux qui se sentiront évincés et qu’en tout état de cause, la divul-
gation des faits par voie de presse aura jeté sur eux un discrédit souvent irréparable. C’est pourquoi, en cas de doute sur
une opération, ils peuvent saisir pour avis le SCPC dont on peut seulement regretter, mais en espérant une évolution
législative favorable, qu’il ne soit pas doté de pouvoirs d’investigation, de communication de pièces ou de convocation
des parties, ce qui a au moins l’avantage de ne laisser aucun doute sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un organisme de ré-
pression. Comme nous aimons à le répéter : “les affaires ne nous intéressent pas; seuls les failles, les systèmes de
corruption retiennent notre attention” pour alerter ceux qui pourraient en être victimes”. » Ou bénéficiaires sur
le point d’être pincés s’il s’agit de hauts fonctionnaires ou de membres de cabinets ministériels ?
Ah, ces « chiens », s’ils se « lâchent », ils pourraient insinuer n’importe quoi !
Au fait, il a toujours tenu ce genre de propos, Claude Mathon, depuis sa nomination, ou bien sa prose a-t-elle
sensiblement évolué ? Je ne dispose plus de sémanticiens dans mon carnet d’adresses depuis trop longtemps.
Pour la suite, demander à une néologiste, Claudie, qui y figure encore, des réflexions sur les formations à base
d’éthique et de mercatique…

À propos d’Haïti et d’autres tsunamis ou catastrophes naturelles, Claude Mathon relevait :


« Dans son rapport 1995 relatif au secteur de la santé, le SCPC mettait déjà en garde contre “ce foisonnement qui ne
va pas sans quelques graves dérives”. Il dénonçait le fait de se “jouer du malheur et de la solidarité, de la générosité
publique, en abusant de la confiance générale”, et il ajoutait : “II paraît indispensable de tenter d’empêcher que
la vie associative serve de vecteur aux démarches corruptrices, sans pour autant décourager l’initiative et l’esprit
inventif.”. »
Bernard Kouchner vient de se rendre en visite officielle à Haïti, histoire de rappeler les sommes annoncées lors
de l’ouragan (et de glisser sur celles déjà versées), et aussi de poser une première pierre devant des caméras. De
retour à la vie associative après remaniement ministériel, Bernard Kouchner consultera sans doute le SCPC
régulièrement, histoire de ne pas se retrouver victime… de divulgation de faits par voie de presse ?

Or donc, Claude Mathon n’est plus le directeur du SCPC depuis le 2 janvier 2006.

Bernard Clavel vient de mourir. Gaulliste contrarié, comme Maurice Clavel, que j’appréciais et qui me l’a
brièvement rendu en m’incitant à devenir correspondant de l’Agence de presse Libération pour l’Alsace. Ce fut
aussi bref : les « maos » pas trop « spontex » ne souhaitaient pas qu’un électron libre vienne sur un terrain de
chasse qu’ils avaient négligé. Dommage que l’APL n’ait jamais été vraiment remplacée : le SCPC l’aurait sans
doute intéressée. Ô tempora, ô mores. Mais la « vieillesse » de la presse alternative n’est pas tout à fait un nau-
frage, comme pourrait le dire Pascal Leplongeon, officier de la Gendarmerie nationale, depuis les histoires de
la DGA et de l’arsenal de Toulon… Ou prendrais-je mes désirs pour des prémisses de réalité ? Je sais, je sais :
naufrage, Leplongeon… Ne jamais reculer devant la facilité ! Claude Lefort, chercheur, philosophe de la et du
politique, savait affronter la difficulté du totalitarisme. Il est mort le 3 octobre dernier. Salut à l’officier !

Philippe Metoux, de la Direction des affaires criminelles, a été nommé au SCPC fin février 2002. Hop, autre
navigateur, autre recherche : « L’ex-procureur de Sens (ndlr. jolie, la possible métaphore), ex-conseiller justice à
Matignon sous Villepin… » (Auxerre TV). Le SCPC, placard pour les collaborateurs de Villepin qu’on ne
voudrait plus trop actifs ? Chiche récolte. D’Amnesty Intl France, à propos de la Journée de dénonciation des
violences faites aux femmes, de décembre 2006 : « Le groupe de militant·e·s tente de joindre Philippe Metoux,
conseiller du Premier ministre. En réunion, il ne rappellera pas de la journée… »

En 2004, le SCPC est encore composé de :


Le service est composé de :
• Claude Mathon, magistrat, chef du service ;
• Philippe Mettoux, magistrat, secrétaire général ;
• Bernard Bouchez, premier conseiller de chambre régionale des comptes ;
• Jean-Pierre Bueb, chef de service administratif de l’équipement ;
• Pascal Leplongeon, officier de la gendarmerie nationale ;
• James Linet, commissaire principal de la police nationale ;
• Hervé Loriod, directeur adjoint des douanes ;
• Pascal Maysounave, administrateur civil hors classe ;
• Noël Pons, inspecteur des impôts ;
• Pierre-Christian Soccoja, administrateur civil de première classe.

Jean-Pierre Bueb jouit d’une retraite active, il se consacre à la formation. Un lien familial avec cet autre Al-
sacien, Francis Bueb, ancien de Libération (stringer à Mulhouse), de la Fnac, et Sarajévien d’honneur ? Le
patronyme est assez répandu en Alsace. Ne pas chercher du côté du baron de Münchhausen, mais en grande
banlieue parisienne. Son épouse me communique gentiment son courriel : il est en cours avec ses étudiants.
Réponse à son retour (vue sa teneur, je pense pouvoir le citer) : « Je n’ai aucune information sur ces personnes et je
ne peux pas avoir d’avis sur l’évolution d’un service que j’ai quitté depuis trois ans. ». Encore fallait-il le tenter. Il y a
d’autres pistes, mais autant ne pas les consigner dans un document public… Parfois, on a très envie de tourner
la page, de poubelliser ses dossiers. J’ai poubellisé Ishaï, Ishaï, Ishaï (les Groucho martiens du RPR et du FN)
et quelques autres dossiers… Nobody’s perfect.

James Linet, 52 ans à la présente date, est-il toujours directeur du service sécurité et proximité (commissaire
dirigeant la « tenue ») à Melun ? À vérifier.

Quel est au juste le poste d’Hervé Loriot à direction régionale des Douanes de Champagne-Ardenne, et ses
réelles attributions ?

Quel localier contacter pour tracer Pascal Maysounave ? Un confrère du Lot-et-Garonne ? De Nantua dans
l’Ain ? De Tournefeuille (près de Toulouse) ? Il était secrétaire-général de l’Institut des hautes études de la sé-
curité intérieure en 1998. Une « fausse barbe » de formation ? Il était l’adjoint de Bertrand Munch au ministère
de l’Intérieur en 1997. Quel lien avec un homonyme ou parent cadre chez Airbus Industries ? Est-il l’auteur du
livre sur Oradour cité en référence de From Enthusiasm to Disenchantment : The French Police and the Vichy
regime, de Simon Kitson ? Qu’est qui a tant désenchanté Pascal Maysounave ?

Association d’idées purement gratuite et fortuite : le Service d’action civique, dont certains membres étaient
bien rôdés à la torture et aux exécutions sommaires du bon temps des colonies et de l’OAS, surpris en train
d’éliminer un gêneur, « buterait » ou non tout témoin ? Je ne parle pas vraiment du SAC mais de ce qui a dû
le prolonger ou en prendre le relais, pas forcément au service des mêmes. Faute de pouvoir coller une étiquette,
une appellation, choisissons un terme au hasard : Al-Quaïda non-islamique francophone ?

Le nouveau-nouveau journalisme, celui qui prolonge Fear and Loathing in Las Vegas : A Savage Journey to the
Heart of the American Dream, de Hunter Stockton Thompson et Ralph Steadman, ou Le Bûcher des vanités
de Tom Wolfe (j’en avais traduit une « bonne feuille » pour le machin de Bergé), voire les Prières exaucées de
Capote (idem, mais en douce), ou certains essais et romans de Tom Coraghessan Boyle, est un vieux faux-vrai
et vrai-faux anti-journalisme journalistique (vous avez remarqué ? j’aime bien les allitérations tordues). Ce sont
les même ficelles qui n’arrivent pas à la cheville de Dos Passos ou de Studs Terkel dont les fixe-chaussettes
avaient une toute autre tenue, et l’élastique est beaucoup trop mou (vous avez remarqué : j’aime bien les incises,
les phrases longues…), en tout cas pour convaincre vraiment. J’aime bien évoquer Studs et les Chaussettes à clous,
chantées par Boris Vian.

Très mutines, toujours accortes


Elles donnent à qui les portent
Une grâce virile et forte
Et toujours de très bon aloi
Dépouillées de toute équivoque
D’un noir d’encre, sans rien qui choque
Cuir de vache ou bien façon phoque
Elles prennent force de loi.

Ce sont les chaussettes à clous


Compagnes chéries des chastes gendarmes
Oyez le plaisant vacarme
C’est là tout le charme
Des chaussettes à clous

Toujours placer une chanson. Toujours jouer le bouffon, le jester. Rime avec « peur ».
Mais rassurant. Rassérénant.

Le vrai-vieux et vieux-vrai journalisme en a encore à apprendre au nouvel anti-journalisme. Ainsi de l’usuel


dialogue avec le chauffeur de tacot au compteur parfois trafiqué qui vous amène à destination depuis l’aéroport
ou la gare la plus proche. Éric Caraman, le chauffeur du SRPC, possède un compte Facebook.
Lui parler de jazz, de batterie, du restaurateur du Lion d’Angers, ancien batteur dans la cave de La Huchette,
période Boris Vian.
Se renseigner sur Milito Simpson (pas la personne, l’inspiration du prénom). Vérifier avec l’ami de la Grande
Île si le patronyme de Julie V. est bien malgache… Pourquoi un « autre » Caraman à Toulouse ? Pas déjà éjecté
d’un échafaudage, comme, figurativement, dans La Mort dans une voiture solitaire ? Stupide parano.

C’est rigolo, les séries américaines : séquence obligée, tous les noms sur un tableau avec des flèches partout. Joue
pas ta flèche, Jef, tu n’es qu’un volant de badminton (pour l’écriture en ligne : toujours personnaliser, comme au
bon vieux temps du « social, du vivant, de l’humain » des salles de rédac’ de BD).

Tiens, une Gabriela Caraman, de Chisinau, Moldavie. Téléphoner à Liliana, journaliste moldave, à tout ha-
sard… Et un Catalin Caraman, de Roumanie. Voir le lien avec Dimitri « Miti » Craciun, agent triple, peut-être
sorti de route un peu trop brutalement quand il était « géomètre » (et franc-maçon ?) en Algérie.

Dropping names… Banier, François-Marie.

Tout le monde savait, de longue date, pour Woerth et Bettencourt et Sarközy et de Sérigny, la baronne Amiel
& consorts, de longue date, sauf le SCPC, bien évidemment.

Ou pas. Tous les échantillons de l’eau du pourtour d’Arros étaient peut-être dans les verres d’eau di Léman et
les flûtes de champagne Krug du SCPC. C’est sympa, les à-côtés des Douanes, depuis Colbert ?

L’inspecteur Canardo, de l’ami Sokal, a prélevé dans des fioles. Malheureusement, les multiples services des
écoutes ont siphonné presque tous les crédits de la police scientifique. Pas de résultat à attendre avant au moins
un lustre. Ce sera trop tard. Les gazettes auront d’autres chats à fouetter, d’autres canards à répandre, plus aux
goûts du jour…

Il est temps d’aller faire un tour… Passe, passe, les jeux ne sont pas faits, mais rien ne va plus. Jusqu’à l’une nuit
prochaine.

(À suivre…)