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Hermann Hesse

Hermann Hesse (né le 2 juillet 1877 à Calw, Royaume de


Wurtemberg, Empire allemand – mort le 9 août 1962 à Hermann Hesse
Montagnola, Suisse) est un romancier, poète, peintre et essayiste
allemand puis suisse. Il a obtenu le prix Goethe en 1946, le prix
Bauernfeld en 1905 et le prix Nobel de littératureen 1946.

Sommaire
Sa vie
Enfance et jeunesse
La naissance d'un écrivain
Entre le lac de Constance et l'Inde
La Première Guerre mondiale
La Casa Camuzzi
Le Jeu des perles de verre
Importance de l'œuvre
Réception critique
Œuvre Hermann Hesse en 1927, photographié par Gret Widmann.
Romans
Nouvelles et textes divers Naissance 2 juillet 1877
Poèmes Calw, Empire allemand
Iconographie Décès 9 août 1962 (à 85 ans)
Correspondance Montagnola, Suisse
Notes et références Activité Écrivain
Notes principale
Références
Distinctions prix Goethe
Annexes prix Bauernfeld
Bibliographie
prix Nobel de littératureen 1946
Articles connexes
Liens externes Auteur

Œuvres principales

Sa vie Demian (1919)


Siddhartha (1922)
Le Loup des steppes (1927)
Enfance et jeunesse Narcisse et Goldmund (1930)
Hermann Hesse est issu d'une famille de missionnaires chrétiens Le Jeu des perles de verre(1943)
de confession protestante. Ses parents furent tous deux engagés
pour la Mission protestante de Bâle (de) en Inde, où sa mère,
N1
Marie Gundert, était née en 1842 . Son père, Johannes Hesse,
né en 1847 dans la famille d'un médecin, était d'origine germano-
balte et la famille vécut à Weissenstein (aujourd'hui Paide en Estonie). Dans la petite ville de Calw, en Forêt-Noire, la famille tint à
partir de 1873 une maison d'édition missionnaire sous la direction du grand-père maternel de Hesse, Hermann Gundert. Il eut huit
frères et sœurs, dont trois moururent prématurément. Il grandit ainsi avec Adèle,
Marulla et Hans Hesse, ainsi leurs deux demi-frères Theodore et Karl Isenberg, que
leur mère avait eus de son premier mari défunt Charles Isenber
g.

Le monde dans lequel Hermann Hesse vécut ses premières années était totalement
imprégné de l'esprit du piétisme souabe. En 1881, la famille s'installe à Bâle pour
cinq années, mais revient ensuite à Calw. Après avoir achevé ses études latines avec
succès à Göppingen, Hesse rejoint en 1891 le séminaire évangélique de Maulbronn
(dont il fera le cadre de son roman L'Ornière). Là se révèle en mars 1892 son
caractère rebelle : échappé un jour du séminaire, le garçon de quinze ans ne sera
rattrapé que le lendemain, en pleine nature.

Dès lors, sur fond de violents conflits avec ses parents, commence une odyssée à
travers divers établissements et écoles. Hermann Hesse était en fait dans une phase
dépressive de son trouble bipolaire, au point d'exprimer dans une lettre du
20 mars 1892 des pensées suicidaires (« Je voudrais partir comme le coucher de
soleil »). En mai suivant, il fait une tentative de suicide dans l'établissement de Bad Maison natale de Hesse àCalw.
Boll dirigé par le théologien et directeur de conscience, Christoph Friedrich
Blumhardt. À la suite de cela, Hermann est placé dans la maison de santé de Stetten
im Remstal, et plus tard dans un établissement pour enfants à Bâle. Fin 1892 il entre au lycée de Cannstatt, à Stuttgart. En 1893, il y
obtient son diplôme probatoire de première année, mais interrompt ses études.

Il commence alors à Esslingen am Neckar un apprentissage de libraire qu'il abandonne après trois jours, puis devient au début de l'été
1894 apprenti mécanicien pour quatorze mois, dans la fabrique d'horloges Perrot à Calw. Le travail monotone de soudage et de
limage renforça chez Hermann Hesse le désir de se tourner à nouveau vers une activité spirituelle. En octobre 1895, il se sentit prêt à
entamer un nouvel apprentissage de libraire, à Tübingen, et à s'y consacrer sérieusement. Plus tard, il relata ces péripéties de son
enfance dans son romanL'Ornière (« Unterm Rad »).

La naissance d'un écrivain


Hesse travailla à partir du 17 octobre 1895 dans la librairie Heckenhauer à Tübingen. L'essentiel du fonds traitait de théologie, de
philosophie et de droit. La tâche de l'apprenti Hesse consistait à collationner, emballer, classer et archiver les livres. Après sa journée
de travail de douze heures, il continuait à enrichir sa culture en solitaire, et les livres compensaient encore son absence de contacts
sociaux pendant les longs dimanches fériés. Hesse lut des écrits théologiques, puis l'œuvre de Goethe, et plus tard Lessing, Schiller et
des textes de la mythologie grecque. En 1896, son poème Madonna est publié dans une revue viennoise.

En 1898, il devient assistant libraire et dispose désormais d'un revenu respectable, lui assurant une indépendance financière vis-à-vis
de ses parents. À cette époque, il lisait surtout les œuvres des romantiques allemands, et tout particulièrement de Clemens Brentano,
Joseph von Eichendorff et Novalis. Dans une lettre à ses parents, il exprima sa conviction que « la morale est chez les artistes
remplacée par l'esthétique ». Alors qu'il était toujours libraire, Hesse publia à l'automne 1898 son premier petit recueil de poèmes,
Romantische Lieder (Chants romantiques), et à l'été 1899 le recueil en prose Eine Stunde hinter Mitternacht (Une heure après
minuit). Les deux ouvrages furent des échecs commerciaux. En l'espace de deux ans, seuls cinquante-quatre des six cents exemplaires
de Romantische Lieder furent vendus. Eine Stunde hinter Mitternacht fut également tiré à seulement six cents exemplaires et ne se
vendit que très lentement. L'éditeur leipzigois Eugen Diederichs était cependant convaincu de la valeur littéraire de l'œuvre, et voyait
ces publications dès le départ comme des encouragements pour le jeune auteur
, plutôt que comme une entreprise rentable.

À partir de l'automne 1899, Hesse travailla dans une librairie d'occasion à Bâle. Ses parents ayant d'étroits contacts avec les familles
bâloises érudites, un royaume spirituel et artistique des plus stimulants s'ouvrit à lui. En même temps, le promeneur solitaire qu'était
Hesse trouva à Bâle l'occasion de retraites grâce aux nombreuses possibilités de voyages et promenades, ce qui servit sa quête
artistique personnelle, en développant en lui l'aptitude à transcrire littérairement une observation sensorielle, aptitude sans cesse
confrontée à une aventure nouvelle. En 1900, Hesse fut exempté du service militaire en raison de sa faible vue. Ses difficultés de
vision durèrent toute sa vie, de même que sanévralgie et ses maux de tête.

En 1901, Hesse put réaliser l'un de ses grands rêves en voyageant pour la première fois en Italie. La même année, il entre chez un
nouvel employeur, le libraire Wattenwyl, à Bâle. À la même époque, les occasions de publier des poèmes et de petits textes littéraires
dans des revues se multiplient et, désormais, les rémunérations de ces publications contribuent à ses revenus. Très vite, l'éditeur
Samuel Fischer s'intéresse à lui, et le roman Peter Camenzind, pré-publié en 1903 et publié officiellement en 1904 chez Fischer,
marque une rupture : Hesse pouvait maintenant vivre de sa plume.

Entre le lac de Constance et l'Inde


La consécration littéraire permit à Hesse d'épouser en 1904 la photographe Maria
Bernoulli (1868–1963), de s'installer avec elle à Gaienhofen au bord du lac de
Constance, et d'y fonder une famille comptant trois fils, Bruno, Heiner et Martin. Il y
écrivit son deuxième roman L'Ornière, paru en 1906. Par la suite, il rédigea surtout
des nouvelles et des poèmes. Son roman suivant, Gertrude (1910), évoque la crise
de créativité de Hesse. Il acheva péniblement cette œuvre, et la considéra plus tard
comme ratée. Les désaccords se multipliaient aussi dans son ménage, et pour
prendre de la distance, Hesse fit en 1911, avec Hans Sturzenegger, un long voyage à
Ceylan et en Indonésie. Il n'y trouva pas l'inspiration spirituelle et religieuse espérée,
mais ce voyage imprégna fortement ses œuvres ultérieures, à commencer par Table de travail de Hermann Hesse
au musée qui lui est consacré à
Carnets indiens (1913). Après le retour de Hesse, la famille déménagea en 1912 à
Gaienhofen-Höri.
Berne, mais ce déplacement ne résolut pas les problèmes du couple, comme le
dépeignit Hesse en 1914 dans son roman Roßhalde.

La Première Guerre mondiale


À la déclaration de la Première Guerre mondiale en 1914, Hesse se présenta comme volontaire à l'ambassade d'Allemagne, car il ne
pouvait supporter de rester inactif, pendant que d'autres jeunes écrivains mouraient au front. Il fut néanmoins déclaré inapte au
combat et affecté à Berne à l'assistance aux prisonniers de guerre, auprès de l'ambassade d'Allemagne. Dans sa nouvelle fonction,
Hesse fut dès lors occupé à rassembler et expédier des livres pour les prisonniers de guerre allemands. À cette époque, il était
coéditeur de la Deutsche Interniertenzeitung(Journal des internés allemands, 1916-1917), éditeur du Sonntagsbote für die deutschen
Kriegsgefangenen (Courrier dominical des prisonniers de guerre allemands, 1916-1919), et responsable de la « Librairie des
prisonniers de guerre allemands ».

Le 3 novembre 1914, il publia dans la Neue Zürcher Zeitung l'article « O Freunde, nicht diese Töne » (« Mes frères, cessons nos
plaintes ! », premier vers de l’Ode à la joie), dans lequel il appelait les intellectuels allemands à ne pas tomber dans les polémiques
nationalistes. Il en résulte ce que Hesse qualifia plus tard de grand tournant de sa vie : pour la première fois, il se retrouva au milieu
d'une violente querelle politique, la presse allemande l'attaqua, il reçut des lettres de menace et de vieux amis se désolidarisèrent de
lui. Il fut soutenu par son ami Theodor Heuss, mais aussi par l'écrivain français Romain Rolland, à qui Hesse rendit visite en août
1915.

Ces conflits avec le public allemand n'étaient pas encore apaisés, que Hesse subit une suite de coups du sort qui le plongèrent dans
une crise existentielle plus profonde encore : la mort de son père le 8 mars 1916, la grave maladie de son fils Martin et la crise de
schizophrénie de sa femme. Il dut interrompre son travail d'assistance aux prisonniers et commencer un traitement
psychothérapeutique. L'intense travail de psychanalyse qui s'ensuivit, au cours duquel Hesse fit la connaissance de Carl Gustav Jung,
déboucha finalement sur un nouveau point culminant de sa créativité : en septembre-octobre 1917, Hesse rédigea en trois semaines
d'un travail frénétique son romanDemian. Le livre fut publié après la guerre, en 1919, sous le pseudonyme d'Emil Sinclair
.
La Casa Camuzzi
Lorsque Hesse put reprendre sa vie civile, son couple était désuni. Une grave
psychose s'était entre-temps déclarée chez sa femme et, même après sa guérison,
Hesse ne put envisager aucun avenir commun avec Maria. La maison de Berne fut
vendue, et Hesse emménagea mi-avril dans le canton du Tessin, où il habita tout
d'abord une petite maison paysanne à l'entrée de Minusio près de Locarno. Puis il
vécut du 25 avril au 11 mai à Sorengo. Le 11 mai, il s'installa dans le village de
Montagnola, près de Lugano, comme locataire de quatre petites pièces dans un
bâtiment ressemblant à un château, la « Casa Camuzzi ». Là, il ne reprit pas
seulement son activité d'écriture, mais commença aussi à peindre, ce qui apparaît
clairement en 1920 dans son grand récit suivant, Le Dernier Été de Klingsor. En
1922 parut le roman indien Siddhartha, où s'exprime son amour de la culture
indienne et des sagesses orientales auxquelles il avait été familiarisé déjà dans la
maison de ses parents. Hesse épousa en 1924 Ruth Wenger, fille de la femme de
lettres suisse Lisa Wenger et tante de Meret Oppenheim (après le mariage avec
Hesse, elle eut comme fils l'acteur Ezard Haußmann). Hesse obtint cette année-là la Hermann Hesse (1925).
nationalité suisse.

Les principales œuvres qui suivirent, Le Curiste en 1925 et le Voyage à Nüremberg en 1927, sont des récits autobiographiques teintés
d'ironie, dans lesquels s'annonce déjà le plus célèbre roman de Hesse, Le Loup des steppes (1927). Pour son cinquantième
anniversaire, qu'il fêta cette année-là, parut également sa première biographie, publiée par son ami Hugo Ball. Peu après le succès de
son roman, la vie du solitaire loup des steppes Hesse prit un nouveau tour par sa relation avec Ninon Dolbin, originaire de
Czernowitz en Bukovine, et qui devint plus tard sa troisième femme. Le résultat de cette conversion à la vie de couple fut le roman
Narcisse et Goldmund (1930).

Hesse quitta en 1931 la Casa Camuzzi et s'installa avec Ninon dans une plus grande maison (la Casa Hesse, parfois aussi appelée
Casa Rossa) dans les hauteurs de Montagnola, qui avait été construite selon ses souhaits et mise à sa disposition par son ami Hans C.
Bodmer. Cette maison est actuellement un bien privé et ne peut être visitée.

Le Jeu des perles de verre


1
Dans une correspondance du 4 mai 1931 , Hermann Hesse déclare vouloir défendre
sa « profession de foi » qui permet de« remplacer le culte des idoles contemporaines
[.par.] les éléments d'une croyance à partir de laquelle il serait possible de vivre
(l'Amour dans Siddhartha, lesImmortels dans Le Loup des steppes par exemple) ».

En 1931, il commença à composer sa dernière grande œuvre, Le Jeu des perles de


verre. Il publia en 1932 un récit préparatoire, Le Voyage en Orient. Hesse observait
avec beaucoup d'inquiétude la prise de pouvoir des nazis en Allemagne. En 1933,
Bertolt Brecht et Thomas Mann s'arrêtèrent tous deux chez lui dans leurs voyages
vers l'exil. Hesse essaya à sa manière de contrer l'évolution de l'Allemagne : il
publiait déjà depuis des décennies des comptes rendus de lecture dans la presse
allemande, désormais il s'y exprima plus fortement pour les auteurs (juifs ou non)
pourchassés par les nazis. À partir du milieu des années 1930, aucun journal
allemand ne publia plus d'articles de Hesse. Le refuge spirituel de Hesse contre les Monument Hermann Hesse à Calw.
querelles politiques et plus tard contre les nouvelles terribles de la Seconde Guerre
mondiale était le travail sur son roman Le Jeu des perles de verre, publié en 1943 en
Suisse. C'est en grande partie pour cette œuvre tardive que lui fut décerné en
1946 le prix Nobel de littérature.
Après la Seconde Guerre mondiale, la créativité de Hesse déclina : il écrivit encore des nouvelles et des poèmes, mais plus aucun
roman. Il était par ailleurs sollicité par un flot intarissable de lettres, ce qui était le prix de sa gloire renouvelée auprès d'une nouvelle
génération de lecteurs allemands, qui cherchaient aide et conseil auprès du « vieux sage » de Montagnola. Hermann Hesse mourut le
9 août 1962 et fut enterré au cimetière de Sant’Abbondio près de Montagnola, où
Hugo Ball repose également. Le fonds d'archives de
Hermann Hesse se trouve auxArchives littéraires suissesà Berne.

Importance de l'œuvre
Les premières œuvres de Hesse restent dans la tradition du XIXe siècle : son lyrisme doit tout au romantisme, et il en est de même de
la langue et du style de Peter Camenzind, un livre que son auteur présentait comme un roman initiatique dans la lignée du Henri le
vert de Gottfried Keller. Sur le fond, Hesse s'opposa à l'industrialisation croissante et à l'urbanisation, ce par quoi il rejoignit une
tendance des mouvements de jeunesse allemands. Hesse abandonna plus tard cette tradition néo-romantique de la forme et du fond.
En revanche, la structure antithétique dePeter Camenzind, avec le contraste entre ville et campagne et l'opposition masculin-féminin,
est encore présente plus tard dans les chefs-d'œuvre de Hesse (par ex.Demian et Le Loup des steppes).

La connaissance des archétypes décrits par le psychologue Carl Gustav Jung eut une influence déterminante sur l'œuvre de Hesse,
visible à partir du roman Demian : le chemin d'une jeune personne vers soi-même devint l'un de ses thèmes de prédilection. La
tradition des romans initiatiques se poursuit également avec Demian, mais dans cet ouvrage (comme dans Le Loup des steppes),
l'histoire ne se déroule plus sur un plan réel, mais dans un « paysage spirituel » intérieur
.

Un autre aspect essentiel de l'œuvre de Hesse est la spiritualité, particulièrement présente dans le roman Siddhartha. La thèse
principale de Siddharta soutient que la plénitude spirituelle ne peut être trouvée ni dans le renoncement aux réalités du monde ni dans
2
la doctrine de Bouddha, mais dans l'expérience des sens . Les syncrétismes religieux (christianisme, bouddhisme) et intellectuels
(Nietzsche, Jung) qui s'y expriment sont la profession de foi de Hesse, fondée sur l'ouverture au monde, sur la découverte d'une
3
transcendance où s'unissent la vie et l'esprit . L'auteur reprendra ces éléments dans une ébauche de théologie (Ein Stückchen
Theologie) et dans le texte Mein Glaube (Ce que je crois).

Tous les ouvrages de Hesse comportent une part autobiographique, particulièrement visible dans Le Loup des steppes, qui est
précisément un modèle de « roman de crise existentielle ». Cette caractéristique ne disparaît que dans ses œuvres tardives. Dans les
romans apparentés, Le Voyage en Orient et Le Jeu des perles de verre, Hesse traita un thème qu'il avait déjà abordé dans Peter
Camenzind : l'opposition entre vie active et vie contemplative. En partant du contexte de son époque, Hesse conçut dans Le Jeu des
perles de verre une utopie pour l'humanité et pour l'âme, les deux éléments s'équilibrant dans un jeu d'échanges dialectiques. Bien
qu'écrivant encore un roman initiatique « classique », il le fait de façon moderne, inversant les termes de la problématique
maître/esclave hégélienne et nietzschéenne (dont il était un lecteur fervent) et répondant à distance au roman de Goethe, Les Années
N2
d'apprentissage de Wilhelm Meister, qu'il considérait comme le chef-d'œuvre de la littérature allemande . En effet, le héros de
Goethe s'appelle « Meister » (le « maître »), tandis que celui de Hesse se nomme « Joseph Valet », ceci de façon délibérée, Hesse
considérant que seuls l'humilité et le « lâcher prise » étaient des solutions pour l'âme humaine, et l'esprit allemand en particulier (ce
en quoi il s'oppose à Thomas Mann).

Réception critique
La qualité littéraire et l'importance de l'œuvre de Hermann Hesse étaient déjà controversées de son vivant, et le débat continue
aujourd'hui. Des collègues comme Thomas Mann ou Hugo Ball le tenaient en haute estime, cependant qu'à l'opposé Kurt Tucholsky
disait : « Je tiens Hesse pour un écrivain au don d'essayiste bien supérieur à ses qualités lyriques. » Alfred Döblin parla même d'une
« ennuyeuse limonade ». Les premières œuvres de Hesse furent cependant en majorité jugées positivement par les critiques littéraires
contemporains.

L'accueil de son œuvre dans l'Allemagne des deux Guerres mondiales fut marqué par les campagnes de presse contre l'auteur, en
raison de ses prises de position contre la guerre et le nationalisme. À partir de 1937, les ouvrages de Hesse ne pouvaient être vendus
que précautionneusement. De ce fait, une grande partie de la jeune génération ne découvrit Hesse qu'après
1945.
Plus de dix ans après que Hesse eut reçu le prix Nobel de littérature, Karlheinz Deschner écrivit en 1957 dans son pamphlet Kitsch,
Konvention und Kunst(Kitsch, convention et art):

« Le fait que Hesse publia une écrasante quantité de vers absolument nuls est un déplorable manque de discipline,
une barbarie littéraire »

et n'émit pas non plus un jugement favorable sur sa prose. Une partie de la critique littéraire allemande adopta ce jugement pendant
les décennies qui suivirent, et Hesse fut qualifié par certains de « fabricant de littérature décadente et kitsch ». C'est ainsi que l'accueil
fait à Hesse poursuivit son mouvement cyclique : à peine avait-il sombré au plus profond dans les années 1960 en Allemagne,
qu'éclata aux États-Unis un « Hesse boom » qui atteignit jusqu'à l'Allemagne. Le Loup des steppes en particulier devint un livre à
succès international (au point qu'un groupe de rock dont le chanteur était d'ailleurs d'origine allemande lui emprunta son nom :
Steppenwolf), et Hesse devint l'un des auteurs allemands les plus traduits et lus dans le monde : plus de 100 millions de ses livres
furent vendus. Dans les années 1970, les éditions Suhrkamp commercialisèrent des disques où Hesse récitait à la fin de sa vie des
extraits de ses œuvres. En effet, dès le début de sa carrière, Hesse se voua à la lecture publique, et il transcrivit cette expérience
particulière dans un texte inhabituellement joyeux,Autorenabend (Soirée d'auteur).

Œuvre

Romans
Lauscher (écrits et poèmes laissés par Hermann Lauscher)(1900)
Peter Camenzind (1904), traduction avec le même titre français d'Emile Straub, Paris, Belin, 1945,
FRBNF32243917
L'Ornière (1906)
Gertrude (1910)
Rosshalde (1914)
Knulp (1915)
Demian (1919) (sous le pseudonyme d'Emil Sinclair)
Le Retour de Zarathoustra(1919)
Le Dernier Été de Klingsor(1920)
Siddhartha (1922)
Le Curiste (1925)
Le Loup des steppes (1927). Édition française : Le Loup des steppes, Paris, Calmann-Lévy, 2004, 313 p.
(ISBN 9782253002932).
Voyage à Nuremberg (1927)
Narcisse et Goldmund (1930)
Le Voyage en Orient (1932)
Le Jeu des perles de verre(1943)
Mon enfance (autobiographie)

Nouvelles et textes divers


Berthold, nouvelles
Brèves nouvelles de mon jardin
Carnets indiens (1913)
Description d'un paysage
Éloge de la vieillesse
Feuillets d'album
Fiançailles, nouvelles
Guerre et Paix - Considérations politiques
Histoires d'amour, nouvelles
Histoires médiévales
La Bibliothèque universelle
La Conversion de Casanova, nouvelles
La Leçon interrompue, recueil de cinq nouvelles (Mon enfance, Histoire de mon Novalis, Le mendiant, Mon
camarade Martin et La Leçon interrompue), Paris, Calmann-Lévy, (ISBN 978-2-253-17496-7).
L'Art de l'oisiveté (1899-1962)
Le Loup
Lecture-minute
L'Enfance d'un magicien
Les Contes merveilleux
Les Frères du soleil
Lettres (1900-1962), Paris, Calmann-Lévy, (ISBN 978-2-7021-0411-8).
L'homme qui voulait changer le monde
Magie du livre
Musique
Robert Aghion
Si la guerre durait encore deux ans
Souvenirs d'un Européen
Tessin
Une ville touristique du Midi
Voyages en Italie
Une petite ville d'autrefois
Le Poète chinois
François d'Assise, septembre 2015, Salvator(ISBN 978-2-7067-1291-3)
La Foi telle que je l'entends, Éditions de la Coopérative, 2017(ISBN 979-10-95066-12-5)

Poèmes
Elisabeth 1900
Wie eine Welle 1901
Soirée 1902
Julikinder 1904
Im Nebel 1905
Bücher 1918
Vergänglichkeit 1919
Der Liebende 1921
Für Ninon 1927
Klage 1934
Stufen 1941

Iconographie
1927 - Hermann Hesse Photo de Gret Widmann
1957 - Buste de Hermann Hesse, bronze par Otto Bänninger (1897-1973), sculpteur suisse.

Correspondance
Hermann Hesse et Romain Rolland, D'une rive à l'autre : correspondance, Paris, Albin Michel, 1972.
Hermann Hesse et Thomas Mann, Correspondance, Paris, José Corti, 1997.

Notes et références

Notes
1. Son grand-père, Hermann Gundert, est un missionnaire et un érudit spécialiste duMalayalam
2. Voir ses Lettres (1900-1962), éd. Calmann-Lévy.

Références
1. Hesse 2004, p. 7
2. Horst Hombourg, Siddharta, Hermann Hesse, Romans et Nouvelles, Le Livre de poche, p. 771
(ISBN 978-2-253-13267-7).
3. Hermann Hesse, À la recherche du moi perdu, Jean-Louis Bandet, Hermann Hesse, Romans et Nouvelles, Le Livre
de poche, p. 17 (ISBN 978-2-253-13267-7).

Annexes

Bibliographie
Hugo Ball, Hermann Hesse, sa vie, son œuvre, Dijon, Les Presses du Réel, coll. « L’Écart absolu », 2000, 188 p.
(ISBN 9782840660460)
1ère biographie historique à partir des interrogations de H. Ball avec H. Hesse.

François Mathieu, Hermann Hesse, poète ou rien, Paris, Calmann-Lévy, 2012, 544 p. (ISBN 9782702143377)
François Mathieu, biographe, est interviewé sur France Culture« Hermann Hesse : Entendre battre le cœur
de la terre », sur France Culture, 4 octobre 2017 (consulté le 12 novembre 2017).

Articles connexes
Littérature germanique
Exilliteratur

Liens externes
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Gottschalk
(de) Hermann Hesse à Cannstatt
(de) Hermann Hesse relu thèse, 2005
Article Hermann, Hesse du SIKART en ligne.
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