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Livre de 384 pages, le fabuleux pouvoir de vos gènes demande de l'attention et de la

persévérance. J'ai mis plusieurs semaines à le lire parce que je me suis essayé à effectuer un
certain nombre de choix faciles dans différents domaines, alimentation, activités, méditation...
Ce sont des choix pour la vie, il n'y a donc pas lieu de se précipiter, il faut évaluer ce qui nous
convient. Ce n'est pas un livre de prescriptions, c'est un livre de conseils que chacun est libre de
suivre selon ses besoins, ses désirs, ses buts. Il y a donc lieu de faire le point, une sorte de bilan,
un peu comme le dit l'inscription d'un cadran solaire non loin de chez moi : si tu ne sais pas où tu
vas, arrête-toi, fais la pause et regarde d'où tu viens.

Je ne vais pas décrire mes choix et décisions. Chacun doit les faire pour lui-même s'il est
convaincu de l'intérêt profond de ce qui est proposé. Que ces choix et décisions soient
complètement fondés scientifiquement, rien n'est moins sûr. Mais la probabilité est grande. Et
surtout, le fait de croire aux effets positifs de ce que l'on décide se suffit comme le prouve le
fameux effet placebo. Nos convictions, croyances sont agissantes.

Avec ce livre, il en est de même avec le précédent, le fabuleux pouvoir de votre cerveau, Deepak
Chopra fait le point sur ce que nous savons, met en question les hypothèses, évalue les effets
possibles de ce savoir évolutif sur les gènes. C'est une somme, vivante, non une bible, sur les
usages possibles au quotidien d'un savoir récent, en construction, qui met à mal nombre de
certitudes, de lieux communs nous venant d'un savoir précédent, devenu obsolète en grande
partie, mais qui continue à être colporté, diffusé, partagé. La réactivité de la "communauté"
scientifique aux avancées techniques, scientifiques est freinée par des lourdeurs, des enjeux de
prestige, de profit, par des cabales, des résistances dogmatiques. La réactivité de la société est
bien entendue en résonance avec celle de la "communauté" scientifique, « communauté » étant
un euphémisme. Selon le niveau de culture, le statut socio-professionnel et autres
déterminations plus ou moins agissantes, les groupes et les individus seront plus ou moins en
phase ou plus ou moins en décalage avec l'état actuel des connaissances, avec l'état actuel des
polémiques, avec l'état actuel des incertitudes.

Au sortir de ce livre, ce qui domine pour moi est l'impression d'avancées, de percées aux
potentialités considérables mais aussi le sentiment que nos savoirs sont plein d'incertitudes,
qu'ils ne sont pas acquis durablement, qu'ils sont instables. Il faut donc avoir une curiosité
scientifique inlassable, hélas difficile, imposssible à satisfaire car les domaines concernés sont
très spécialisés, que les spécialistes sont souvent seuls à se comprendre, que la vulgarisation
n'existe pas ou peu, que les passeurs de ces savoirs évolutifs, voire révolutionnaires, sont rares.
Autrement dit, l'objectif de vivre avec son temps, avec son temps scientifiquement parlant, qu'il
s'agisse de nous, notre corps, notre esprit, qu'il s'agisse de la Terre, de l'Univers, est un objectif
inatteignable mais auquel, pour ma part, je préfère ne pas renoncer. Me voir et me vivre selon ce
que nous savons aujourd'hui de nous, vivre dans un Univers selon ce que nous en savons
aujourd'hui me semble une tentative difficile mais aux effets bénéfiques, en tout cas préférables
aux effets sclérosants des modèles précédents obsolètes ou en cours d'obsolescence. Et pour
tout dire, je préfère passer une partie de mon temps à me mettre au courant (expression
intéressante) de l'état actuel des recherches qu'à m'indigner en permanence des histrions qui
occupent le devant de la soi-disant scène qui compte.

Obsolète, la séparation inné-acquis. Obsolète, l'ADN, signature immuable d'un individu.


Obsolète, la démarche par causalité linéaire : un symptôme, une « maladie », un traitement.
Obsolète probablement, le darwinisme pur et dur confiant au hasard seul, le moteur de
l'évolution.

À reconsidérer, les rapports corps-esprit ou corps-mental. Le rôle, la place de la mémoire, des


mémoires (le domaine à mon avis, le plus important comme le montre l'ADN, mémoire vivante,
agissante en permanence de 3,5 milliards d'années d'évolution, c'est cette mémoire qui est à
considérer comme intelligence créatrice, évolutive; l'IA -intelligence artificielle- a beaucoup à
nous apprendre sur comment un système se corrige, se développe...). À reconsidérer, nos
croyances sur la mort, les représentations que nous en avons. Faire appel à de nouveaux outils,
concepts et réalités, la causalité nébuleuse, l'intelligence auto-organisationnelle par rétro-action,
feed-back, homéostasie, le génome et sa plasticité, l'épigénome et ses capacités réparatrices ou
destructrices découvertes par l'épigénétique selon qu'il y a activation ou désactivation par
méthylation , le microbiome (les milliards de bactéries, plus nombreuses que nos cellules qui
nous colonisent, très lointaines ou très anciennes et sans lesquelles nous ne pourrions digérer et
nous défendre...) et ses interactions au plus petit niveau avec nos cellules. Admettre que nos
corps fonctionnent bien, en harmonie, que nous n'avons presque qu'à laisser faire, sauf dans les
domaines essentiels de l'alimentation, du sommeil, du stress, de l'activité physique, de
l'environnement dans lequel nous vivons, que les dérèglements sont rares, peuvent être
partiellement prévenus par une bonne hygiène et qualité de vie, la diversité des cellules et des
organes n'étant pas régie par la seule loi de la survie pour chacune et chacun, auquel cas ce
serait la guerre permanente en nous mais aussi par une autre loi, le service de l'ensemble, le
vivre ensemble si je puis dire, chacun restant spécialisé mais en lien avec le reste, avec
l'ensemble, ce n'est pas seulement chacun pour soi, c'est chacun pour tous (à relever le fait que
cette diversification, cette spécialisation des cellules et des organes, 79 organes dans le corps
humain dont un vient d'être découvert et nommer - il s'appelle le mésentère et est situé dans le
système digestif, reliant l'intestin aux parois abdominales, on ne connaît pas encore ses
fonctionns -; cette diversification est obtenue à partir d'une cellule qui se divise par mitose, 2
donnent 4 puis très vite on est à des milliards, d'où problème métaphysique, l'indéfiniment
grand est-il engendré par division de l'unité ou faut-il postuler l'infini pour en dériver tout ce qui
est fini, comptable ?). Ne pas s'énerver quand des paradoxes surgissent et ils sont nombreux,
contribuant à nous déstabiliser. Porter un regard différent, nouveau sur nos maladies,
l'Alzheimer (pour se faire une idée de comment on a avancé dans ce domaine, on lira L'éclipse
de Rezvani où celui-ci décrit avec force détails, sorte de confession implacable, le
développement de la maladie chez sa femme, Lula), les cancers, le diabète, l'obésité, nos
dépressions. Ne pas croire à la toute puissance de nos choix de vie. Ne pas croire à leur inutilité
pour retomber dans les mêmes compulsions de répétition. Avoir plutôt une approche holistique,
corps-esprit, une approche tenant compte du contexte environnemental (vit-on en zone
fortement polluée ou a-t-on la chance d'y échapper partiellement, ai-je échappé au nuage de
Tchernobyl ou pas ?), interrogeant les comportements, remontant dans la psycho-généalogie
pour découvrir de possibles héritages par transmission sans doute épigénétique après avoir été
culturels et familiaux, une approche consciente de l'impact des mémoires qui nous constituent,
donc des durées historiques dont nous sommes les héritiers et les passeurs. Je pense même qu'il
faut élargir cette conscientisation jusqu'aux étoiles dont nous sommes des poussières.

Évidemment, je dis tout cela avec mes mots, pour me rendre accessible ce que j'ai retiré de ce
livre stimulant, offrant un nombre important de nouvelles connaissances, portant sur la place
publique les différends traversant la « communauté » scientifique dont l'ultime différend,
métaphysique, primat de la matière, du hasard créateur, option matérialiste dominante chez les
scientifiques, primat de la Conscience, d'une Intelligence créatrice, option spiritualiste,
minoritaire chez les scientifiques, (il ne semble pas nécessaire de considérer cette Intelligence
comme ayant à voir avec « Dieu », avec le créationnisme; comme je l'ai signalé plus haut, je
pense que c'est la mémoire qui se constitue, qui se transmet, qui évolue, qui s'adapte, le moteur
de cette intelligence créatrice). J'opte pour un mixte des deux, pour une approche corps-esprit,
étroitement reliés.

Un exemple de la fécondité de cette approche. L'ADN de chacune de nos cellules, déplié, fait 2,5
m. Sont mémorisés 3,5 milliards d'années d'évolution des espèces avec 4 lettres A, C, G, T
enroulés en double hélice, ingéniosité de stockage, ingéniosité de reproduction, de réparation...
Par exemple, le chromosome1 humain, qui est le plus grand des chromosomes humains,
contient environ 220 millions de paires de bases pour une longueur linéaire de 7 cm. L'ADN
recèle toute l'information génétique permettant aux êtres vivants de vivre, de croître et de se
reproduire. Certains constituant de l'ADN, l'adénine, la guanine semblent avoir été formés dans
l'espace. Cette mémoire n'est pas une mémoire figée, c'est une mémoire évolutive dans le
temps, l'évolution continuant, évolution dont on peut penser qu'elle s'accélère avec ce que
l'épigénétique nous apprend, à savoir que des modifications acquises de comportements,
transmises culturellement sont, dès une ou deux générations, aussi transmises
épigénétiquement, transmission dont on ne sait pas dire encore sur combien de générations elle
s'effectuera. Ces découvertes modifient l'approche inné-acquis, obligent à reconsidérer les
rapports nature-culture (pour le dire clairement, il y a une intelligence créatrice de la nature, de
l'univers, de la vie, du corps qui est sans doute sous-estimée par rapport à l'importance accordée
à l'éducation, à la culture comme vecteurs de transmission; la tentation cartésienne, l'homme
maître de la nature, est toujours dominante; humilité SVP; les mémoires de la Vie sont
autrement plus efficaces que cette "mémoire" qu'on appelle Histoire, leçons de l'histoire;
l'homme en société n'est pas capable pour le moment de s'auto-réguler, s'auto-corriger; des
individus par démarche personnelle évoluent considérablement; un mouvement de fond semble
se dessiner mais évidemment les accrocs au fric et au pouvoir veulent se servir au passage d'où
le développement de toutes sortes de techniques et stages de bien-être). Cette mémoire est
agissante à tout instant car les cellules meurent plus ou moins vite, certaines très rapidement, de
l'ordre de la seconde, cellules gastriques par exemple, et donc elles doivent se reproduire à
l'identique, se répliquer quasi en permanence (nous avons un corps nouveau, le même et un
autre tous les 5 ou 6 mois). Autre information et non des moindres, notre ADN a une durée de
vie d'1 million et demi d'années après notre mort. Le clonage a de beaux jours devant lui et donc
une certaine immortalité. On ne s'explique pas autrement les recherches à visée très
messianiques et lucratives de géants de l'IA comme Google et d'autres. Dernière information:
seulement 10% de notre ADN est utilisé pour la fabrication de protéines. C'est ce sous-ensemble
d'ADN qui intéresse les chercheurs occidentaux et qui est actuellement examiné et catégorisé.
Les autres 90% sont considérés comme de l'ADN junk, l'ADN poubelle dit Deepak Chopra.
Cependant, les chercheurs Russes, convaincus que la nature n'est pas stupide, ont rejoint les
linguistes et les généticiens en entreprenant d'explorer ces 90% de d'ADN poubelle. Leurs
résultats et conclusions sont tout simplement révolutionnaires ! (voir le 1° article en lien ci-
dessous).

L'ADN étant utilisé par les êtres vivants pour stocker leur information génétique, certaines
équipes de recherche l'étudient comme support destiné au stockage d'informations numériques
au même titre qu'une mémoire informatique. Les acides nucléiques présenteraient en effet
l'avantage d'une densité de stockage de l'information considérablement supérieure à celle des
médias traditionnels avec une durée de vie également très supérieure. Il est théoriquement
possible d'encoder jusqu'à deux bits de données par nucléotide, permettant une capacité de
stockage atteignant 455 millions de téraoctets par grammes d'ADN monocaténaire demeurant
lisibles pendant plusieurs millénaires y compris dans des conditions de stockage non idéales; à
titre de comparaison, un DVD double face double couche contient à peine 17 gigaoctets pour
une masse typique de 16 g, soit une capacité de stockage 400 milliards de fois moindre par unité
de masse.

Prospective personnelle. Il me semble qu'on peut aborder le paradoxe never more, for ever sous
l'angle de la mémoire. Tout ce que nous vivons d'immatériel, ce que nous pensons, éprouvons,
ressentons, tout cela passe, ne reviendra pas, est passé une fois pour toutes, never more; il n'y a
que l'instant présent en déduisent certains, vivons l'instant présent devient un mot d'ordre,
rétrécissant, réducteur. Or, il sera toujours vrai que ce qui a passé a eu lieu, for ever, il sera
toujours vrai que mon amour pour toi au jour le jour, instant par instant, a duré 50 ans. Outre
que je m'en souviens avec plus ou moins de fidélité (en réalité nos mémoires construisent des
fictions, des légendes; les chercheurs montrent aujourd'hui que se souvenir c'est se tromper), la
mémoire au jour le jour de cet amour existe. Il en est de même de tout ce que j'ai pensé,
éprouvé, ressenti, de mon premier cri à mon dernier souffle. J'écris donc un livre non pas
d'éternité mais d'immortalité, infalsifiable, véridique, pas écrit d'avance ni utilisé pour un
quelconque jugement dernier, livre que je rends en rendant l'âme, expression à revisiter en
dehors de toute référence religieuse. Où est stocké ce livre d'immortalité ? Filant la métaphore
du livre, on imagine une bibliothèque de tous les livres de chacun, une Babel cosmique. Il me
semble que ce livre qui s'écrit instant après instant doit se mémoriser instant après instant dans
notre cerveau, dans 4 neurones de notre hippocampe (4 neurones suffisent vu ce que j'ai dit
plus haut sur la capacité de stockage dans les nucléotides), peut-être même se mémoriser
épigénétiquement. Mais je ne suis pas un chercheur, seulement un questionneur.

J'espère vous avoir donné l'envie de faire votre usage personnel d'un livre qui peut permettre de
vivre sa vie, autrement, « mieux », plus sereinement, plus responsablement, de façon plus
élargie (le corps comme enveloppe est une notion un peu trop limitée, de même le corps comme
machine, on est, on n'est qu'échanges, vie et mort cellulaire en permanence, toujours le même,
toujours renouvelé), plus ouverte (sur les autres, à appréhender comme personnes plus que
comme groupes, foules, masses, sur la Terre comme auto-organisation de mondes se survivant
(la loi du plus fort, la loi du mieux adapté) et en même temps inter-dépendants (la chaîne
alimentaire, les éco-systèmes...), l'univers comme le grand milieu ayant rendu possible sous
certaines conditions et constantes, la Vie, vivre de façon plus consciente et plus libre, plus
créative, plus intelligente, comme un Grand Jeu.

Mais ne soyez pas dupe de la présentation dithyrambique de l'éditeur :

« Selon les auteurs du best-seller Le fabuleux pouvoir de votre cerveau, contrairement à une
croyance profondément ancrée, nous ne subissons pas nos gènes : nous pouvons en tirer parti.
Les perspectives soulevées par la génétique nouvelle sont palpitantes. Vous découvrirez dans cet
ouvrage comment influencer vos gènes de manière à transformer votre vie comme vous le
souhaitez. Car vos gènes sont dynamiques et réagissent à tout ce que vous pensez, dites et
faites.
Les Drs Deepak Chopra et Rudolph Tanzi vous indiquent les éléments clés pour ne plus subir
votre patrimoine génétique : alimentation, sport, méditation, sommeil et gestion du stress et des
émotions, tels sont les leviers que tout un chacun peut utiliser pour obtenir des effets sans
précédent sur la prévention de la maladie, l’immunité, le vieillissement et les troubles
chroniques.
• ouvrage révolutionnaire, qui prend le contre-pied de croyances obsolètes dans les milieux
scientifiques et au sein du grand public
• ouvrage à la pointe de la science, mais très accessible à un public non averti
• des clés pratiques et éprouvées pour agir sur ses gènes et sa vie
• des connaissances illustrées par des récits touchants et bien réels
• ouvrage bénéficiant du soutien d’une partie de la communauté scientifique ».

Jean-Claude Grosse, 4 janvier 2017

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Le corps quantique / Deepak Chopra - Blog de Jean-Claude Grosse


le corps quantique, collection J'ai lu Le corps quantique de Deepak Chopra C'est grâce à une
amie virtuelle de FB devenue amie réelle dans la vie que j'ai découvert Deepak Chopra
lorsqu'elle m'...