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Table des matières

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Quelques conseils sur le choix du sujet d’étude

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Les intentions liées au choix du sujet

7
La méthode GENESIS: l’application

9
Définir la problématique

9
Comment définir sa problématique ?

10
Un problème ?

10
Comment identifier un problème ?

12
La formulation de la phrase qui constitue la problématique

12
L’exemple de Jérôme

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Quelques mots de l’auteur

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Quelques conseils
sur le choix du sujet d’étude

• Choisissez un sujet qui vous intéresse et qui vous tient à coeur.

• Ne vous laissez pas imposer un sujet qui ne vous motive pas.

• Pensez à un sujet original, cela fait toujours son effet. Gardez-vous cependant d’être
trop extravagant.

• Il est recommandé de choisir un sujet d’actualité, c’est-à-dire dont on parle, qui


suscite la discussion et le débat. Il est souvent plus facile de trouver beaucoup
d’informations sur un sujet d’actualité, contrairement à un sujet plus ancien sur lequel
rien n’a été écrit récemment.

• Veillez à ce que la documentation relative à votre sujet soit accessible (consultable) et


soit assez conséquente pour mener à bien votre étude.

• Assurez-vous que votre sujet n’est pas déja été traité. Si c’est le cas, vous pouvez
toujours l’aborder sous un angle nouveau.
Voilà quelques sites sur lesquels vous pourrez consulter des thèses et des mémoires
sur des sujets divers : Thèse.fr, dumas.ccsd.cnrs.fr, doc-étudiants.fr

• Evitez les sujets trop ambitieux. Vous risqueriez d’être débordé par l’ampleur de la
tâche.

• Précisez soigneusement votre choix d’étude, faites attention aux sujets trop vastes
(peu intéressants et fastidieux à traiter)

• N’hésitez pas à affiner votre sujet en délimitant un cadre spatio-temporel précis.

Exemple : L’échec scolaire chez les adolescents issus des quartiers défavorisés dans les
années 80 en Martinique.

• Vous pouvez également choisir un sujet en relation avec vos objectifs


professionnels. Cela vous donnera un avantage certain quand vous serez par la suite
sur le marché de l’emploi.

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Les intentions
liées au choix du sujet

Maintenant que vous avez choisi un sujet, il serait judicieux de votre part de vous
interroger sur ce choix, car Il n’est pas anodin. Pourquoi avoir choisi ce sujet en
particulier ? Le choix du sujet est intimement lié à vos intentions. Et une bonne
connaissance de vos intentions facilite la définition de la problématique.
L’ intention est une « disposition d’esprit par laquelle on se propose délibérément un
but ». Cependant les intentions sont parfois profondes voire même inconscientes.
Pour les deviner il est nécessaire de s’interroger soi. Et cela passe par l’introspection.

C’est ce que va permettre la méthode « GENESIS ».

La méthode GENESIS

Qu’est-ce que la méthode « GENESIS » ?

Eh bien c’est une méthode basée sur l’introspection que j’ai découvert et expérimenté
en décembre 2012, soit 6 mois avant mon diplôme (licence).
À l’époque je ne parvenais pas à trouver de problématique de projet ni de sujet fixe
d’ailleurs. J’étais bloqué ! Face à cette situation j’ai eu l’idée d’écrire mais d’écrire sur un
sujet précis : Moi.

Le principe est simple, en cherchant dans notre passé ce qui a pu déterminer notre
choix de sujet aujourd’hui, on est en mesure de comprendre nos intentions (ce que
l’on veut faire vraiment) et de définir plus aisément notre problématique.

L’ennui, c’est qu’on a tendance à procédé selon une méthode rigide consistant à
trouver un sujet, ensuite à questionner ce sujet, puis à formuler une problématique
à partir de ce sujet précis. Mais bien souvent ce procédé nous dirige vers de fausses
pistes qui ne correspondent en rien à ce que l’on veut faire vraiment. Au final on est
obligé de changer de sujet à de nombreuses reprises ce qui nous fait perdre un temps
précieux. Alors qu’en cherchant dès le départ nos intentions profondes dans notre
vécue on peut éviter de se retrouver à quelques mois du diplôme sans problématique
claire et établie.

Voyons comment faire maintenant !


La méthode Genesis: l’application

[Etudiants en art visuel]

Étape 1: Quoi ?

La première chose à faire est de « s’imprégner » de son travail. Il faut rassembler


ses travaux et s’en entourer. Observer les et analysez les. Posez-vous ces questions :
Qu’est ce qui ressort de tous ces travaux ? Quelles idées ? De quoi parle mon travail
? Qu’est-ce que j’exprime dans ce travail ? Qu’est-ce que cela représente pour moi ?
Qu’est ce qui est récurrent dans mes travaux ? Notez absolument tous ce qui vous
vient en rapport avec ce qu’est votre travail.

Étape 2: Pourquoi ?

Posez-vous ces questions : Pourquoi mon travail parle de ça ? Pourquoi ces idées
précisément ressortent de mon travail ? Pourquoi ces éléments sont aussi récurrents
dans mon travail ? Pourquoi ce choix d’exprimer telle ou telle chose par mon travail ?
Cette étape permet d’amorcer une recherche pour déterminer l’origine de ce que vous
créez aujourd’hui. De ce fait vous saurez véritablement ce qui anime votre pratique, ce
qui vous habite en tant que créateur. Mais surtout vous pourrez avoir une idée sur vos
intentions.

Etape 3: L’introspection

L’étape de l’introspection est cruciale, elle permet de mettre le doigt sur l’origine de
ce que vous créez et la raison de vos choix. Faire son introspection est un moment
intime, gênant mais nécessaire pour la suite. Il ne faut pas hésiter à ce dire les choses
à soi-même et accepter l’embarras.
Qu’est ce qui est à l’origine de ce que je crée aujourd’hui ?
Vous devrez fouiller dans votre passé à la recherche de l’origine de ce que vous créez
aujourd’hui. Ça peut-être une personne, une expérience, une période marquante, un
événement, une éducation, une influence, un environnement particulier, une situation
(qui perdure peut-être jusqu’à maintenant), une rencontre, une lecture…Notez
absolument tous ce qui vous vient.

Analysez ce qu’il ressort de cette introspection ! Quelles conclusions en tirez-vous ?


Vous avez là de précieux éléments de réponse desquelles extraire vos réelles
intentions. Vous êtes à présent mieux disposer a trouver une bonne problématique

Consultez l’exemple de Jérôme à la page 12

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[Etudiants des autres domaines]

Étape 1: Pourquoi ?

Posez-vous ces questions : Pourquoi ai-je fais ce choix de sujet ? Qu’est-ce que sujet a de par-
ticulier pour moi ? Qu’est-ce que je souhaite montrer/exprimer en traitant ce sujet ?

Cette étape permet d’amorcer une recherche pour déterminer l’origine de ce que votre choix
aujourd’hui. De ce fait vous saurez véritablement ce qui anime votre démarche, ce qui vous
habite en tant qu’étudiant dans le domaine qui est le vôtre. Mais surtout vous pourrez avoir
une idée de vos intentions.

Etape 2: L’introspection

L’étape de l’introspection est cruciale, elle permet de mettre le doigt sur l’originede votre
choix. Faire son introspection est un moment intime, gênant mais nécessaire pour la suite. Il
ne faut pas hésiter à ce dire les choses à soi-même et accepter l’embarras.
Qu’est ce qui est à l’origine de mon choix aujourd’hui ?
Vous devrez fouiller dans votre passé à la recherche de l’origine de ce qui vous a décidé à trai-
ter ce sujet. Ça peut-être une personne, une expérience, une période marquante, un événe-
ment, une éducation, une influence, un environnement particulier, une situation (qui perdure
peut-être encore à ce jour), une rencontre, une lecture…Notez absolument tous ce qui vous
vient.

Analysez ce qu’il ressort de cette introspection ! Quelles conclusions en tirez-vous ?


Vous avez là de précieux éléments de réponse desquelles extraire vos réelles intentions. Vous
etes à présent mieux disposer a trouver une bonne problématique

Consultez l’exemple de Jérôme à la page 12


Définir la problématique
Qu’est-ce qu’une problématique ?

Une problématique est une question que l’on se pose sur un sujet donné.Cependant
la problématique n’est pas une question qui apporte une réponse fermée, qui se
limite à « oui » ou « non » (réponse fermée). La problématique est une question qui
prête à discussion, qui fait l’objet d’argumentations, de théories diverses.

Exemple : Qu’est-ce que l’art brut ?


La question amène une simple définition. Ce n’est pas une problématique.

Comment se distingue l’art brut des autres mouvement artistiques ?


La question appelle une réponse sous forme de catalogue : il s’agit de lister les
caractéristiques propres à l’art brut. Ce n’est pas une problématique.

Dans quelle mesure l’art brut peut-il sortir des créateurs de leur isolement social ?
La question prête à discussion, elle suppose une analyse qui combine les notions d’art,
de créateur et d’isolement social. C’est une problématique !

Comment définir sa problématique ?

Pour définir sa problématique il convient avant tout d’identifier un «problème» dans le


sujet de recherche.

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Un problème ?

Un problème est une situation ou un phénomène qui vous intrigue, qui vous interpelle
dans votre objet de recherche. (Le choix du problème est aussi lié à vos intentions)

Attention un problème n’est pas systématiquement de l’ordre d’un


disfonctionnement. Il peut également constituer une situation particulière jugée
pertinente à étudier pour en améliorer la connaissance.

Si par exemple vous traitez «L’échec scolaire chez les adolescents issus des quartiers
défavorisés dans les années 80 en Martinique», vous serez peut-être interpellé par la
spécificité de la situation familiale de ces adolescents.

Comment identifier un problème ?

Documentez-vous le plus largement possible sur votre sujet d’étude. Une bonne
connaissance de ce dernier vous permettra d’identifier plus aisément un problème à
traiter et l’angle sous lequel l’aborder. Cette étape est primordiale dans la définition
prochaine de la problématique.
Pour ce faire, une recherche bibliographique est essentielle (ouvrages, études, revues,
articles, enquêtes, etc). L’idéal est de consulter une documentation spécifique, liée à
votre sujet dans les bibliothèques et les médiathèques. Aidez-vous des mots clés du
sujet pour vous aiguiller dans votre recherche.

Exemple : adolescence, quartiers défavorisés, échec scolaire…

Notez les références bibliographiques de chaque document, au fur et à mesure que


vous les consultez. Ainsi vous n’aurez aucunes difficultés à les retrouver par la suite. Au
cours de votre investigation et à mesure que vous consoliderez votre maîtrise du sujet,
différentes idées et interrogations vous viendront en tête. Prenez systématiquement
le temps de les noter et de les examiner. Ces éléments sont la preuve que vous êtes
traversé par votre sujet, et que vous questionnez ce dernier.

Quelles idées semblent se détacher le plus ? Quels sont les éléments récurrents ?
Qu’est-ce qui vous semble pertinent dans ces données ?
Tentez d’extraire l’essence même de toutes ces informations. L’analyse de ses
précieux éléments vous aidera à affiner vos intentions. De surcroit certaines questions
ou/et idées pourraient faire l’objet de parties qui seront développées dans votre
mémoire.

Quelques questions à se poser pendant et après les investigations :

• Quels aspects de votre sujet ont déjà été abordés par d’autres chercheurs?
• Quels sont les enjeux en lien avec votre domaine?
• Quelles sont les questions importantes que se posent les chercheurs?
• Connaît-on des théories proposant des explications sur votre sujet?
• Comment vos résultats de recherches vont-ils contribuer à l’avancée de la connaissance
actuelle?

Situations légitimant un problème de recherche

1 Un nouveau phénomène de recherche.


2 Deux ou plusieurs théories qui se contredisent quant à
l’explication d’un phénomène.
3 L’ajout de nouvelles variables à d’autres connues et analysées
lors de recherches précedentes.
4 Un doute sérieux et fondé quant à la validité des résultats
obtenus dans une recherche.
5 Vérifier des résultats obtenus dans un paradigme en les
soumettant à un autre paradigme.
6 Répliquer une étude en y apportant quelques changements
jugés significatifs.
7 Analyser des données d’une recherche antérieure en fonction
d’un nouveau cadre conceptuel et analytique.
8 Passer de la description simple de variables à la mise en
relation de ces variables.

Source : Donald Long, Définir une problématique de recherche, 2004, page 20.

*Paradigme : Un paradigme est en épistémologie et dans les sciences humaines et sociales une
représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent du monde qui
repose sur un fondement défini (matrice disciplinaire, modèle théorique, courant de pensée).

Gardez toutefois en tête, que la connaissance n’est pas systématiquement gage de


succès, elle la favorise seulement. En effet, la façon de concevoir un problème de
recherche est assez complexe.

«L’élaboration d’une problématique résulte d’une activité intellectuelle qui varie


selon l’individu d’abord et ensuite, selon diverses sources d’information externes à
cet individu». Donald Long 11
La formulation de la phrase
qui constitue la problématique
Ordonner toutes ses idées et intentions dans une seule et même phrase n’est pas
aisé.

• Commencez par rédiger des phrases simples et courtes qui résument votre
questionnement. En posant le questionnement avec de simples phrases, celui-ci
devient plus claire, plus fluide. Les informations seront plus faciles à assimiler ainsi
vous serez mieux disposé à réfléchir.

• Mettez ensuite ces phrases sous forme interrogative en vous aidant des termes
suivants : en quoi, dans quelle mesure, par quels moyens, comment, pourquoi.
Les choses se précisent un peu plus dans votre esprit. Vous vous projetez. L’intellect
commence à entrevoir ce qui pourrait se rapprocher d’une possible problématique.

• Tentez à présent d’englober ces questions en une seule phrase interrogative


plus élaborée (simple et précise) qui constituera votre problématique. Tout votre
travail se confirme ici. A ce stade un réel effort de réflexion est exigé. Il faut réfléchir
une phrase ou un court paragraphe qui résume vos intentions concernant un sujet
précis. Ce processus peut être plus au moins long selon les individus donc ne vous
découragez pas. Pensez à décliner autant que nécessaire vos tentatives jusqu’à
trouver la juste formulation.

L’exemple de Jérôme
Jérôme est étudiant en 3ème année option art. Il est perdu car il n’arrive pas à définir sa
problématique. Il décide alors de s’enfermer dans son atelier pour prendre le temps
d’observer et d’analyser son travail. Il a quelques dessins, trois petites peintures, deux
gravures et une sculpture. Il constate que les fleurs apparaissent souvent dans ses
créations. Effectivement, son travail est souvent lié à la beauté de la nature et à son
amour pour celle-ci.

Jérôme se demande maintenant pourquoi la nature l’intéresse autant ? Et la


réponse simple qui lui vient c’est : « Parce que j’aime la nature». En effet, pour lui, elle
représente un bien précieux et essentiel, un héritage à transmettre. Donc il la met en
avant dans son travail.

Mais il sait pertinemment que cette réponse est insuffisante. Jérôme décide alors de
mener une introspection, de réfléchir à son vécu et ses expériences. Il se rappelle
qu’enfant, il vivait à la campagne avec sa mère. Il cultivait la terre dans un petit
jardin potager où poussaient également des fleurs. Il aimait planter et contempler
la croissance des légumes. S’occuper du potager pour en récolter les fruits était un
véritable plaisir. Son amour de la terre s’est développé pour devenir avec le temps un
l’amour de la nature.
Les années sont passées et le potager a fini par laisser la place à une cour.
Il remarque que son environnement a énormément changé : il y a de plus en plus de
constructions, au dépend des espaces verts. Même dans les écoles, jardins, pelouses
et arbres ont tendance à disparaître.

Jérôme prend alors conscience que sa société pert peu à peu un rapport avec la
nature, surtout dans sa localité. Cette situation l’affecte. Il se dit que la présence de
la nature dans son travail est peut-être en réalité le reflet de son inquiétude face à
cette connexion avec la nature qui s’efface. En fait, il souhaiterait que les gens tissent
ou gardent un lien avec celle-ci, qu’ils lui portent le même intérêt que lui. Peut-être
serait-t-il pertinent de démontrer aux gens les bénéfices qu’ils peuvent tirer à
préserver cette relation avec la nature ? Ou alors, leur montrer les conséquences
négatives si ils perdent cette attache.

Jérôme tente à présent de formuler ce qu’il veut faire sous formes de questions
simples :

• Comment démontrer aux autres les bénéfices qu’ils peuvent en tirer s’ils préservent
cette relation avec la nature ?
• Comment conscientiser les gens sur cette nécessité ?
• Comment faire comprendre aux autres les bienfaits à garder un lien avec la nature ?

L’étudiant continue à chercher et à réfléchir. Il parvient enfin à formuler sa


problématique :

Comment la création artistique peut-elle éveiller les consciences


sur la nécessité de garder un lien avec la nature ?

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J’espère que ce modeste document saura
vous éclairer dans cette recherche au combien
importante de la problématique. Ayez confiance
en vous et persévérez.

Bon courage !
Quelques mots
de l’auteur

Salut,

Je suis Ford Paul plasticien d’origine guadelou-


péenne et fondateur du site artfordplus.
Quand j’étais étudiant en art, je rencontrais des
difficultés sur certains aspects de mon cursus et
notamment sur la question de la problématique
pour le mémoire. Malgré l’encadrement des ensei-
gnants et les cours de méthodologie, la tâche res-
tait très ardu.

C’est à force de recherches, de réflexions et d’in-


trospections que j’ai réussi à définir une probléma-
tique et obtenu mon diplôme.

Aujourd’hui je constate grâce à mes lecteurs, que


la compréhension, la recherche et la formulation
de la problématique reste quelque chose de très
obscure pour les étudiants et ça quelque soit leur
domaine.
Cette situation m’a poussé à réaliser plus d’articles
traitant ce type de sujet sur artfordplus. Mais aussi
des livrets visant à apporter une aide significative
aux étudiants.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’envoyer


un message à l’adresse:
ford.paul@artfordplus.com

A bientôt,

Ford PAUL

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