Vous êtes sur la page 1sur 6

See discussions, stats, and author profiles for this publication at: https://www.researchgate.

net/publication/281653155

Approches psychiatriques, associatives et cliniques du hikikomori

Conference Paper · November 2012

CITATIONS READS
0 288

1 author:

Nicolas Tajan
Ritsumeikan University
12 PUBLICATIONS   30 CITATIONS   

SEE PROFILE

Some of the authors of this publication are also working on these related projects:

Social withdrawal - hikikomori View project

All content following this page was uploaded by Nicolas Tajan on 12 September 2015.

The user has requested enhancement of the downloaded file.


Approches psychiatriques, associatives et cliniques du hikikomori 203
Approches psychiatriques, associatives et cliniques du hikikomori

NICOLAS TAJAN
Université de Toulouse II Le Mirail

APPROCHES PSYCHIATRIQUES,
ASSOCIATIVES ET CLINIQUES DU HIKIKOMORI

Depuis la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui,


l’augmentation croissante du nombre de personnes en retrait social
a contribué à positionner le hikikomori comme une préoccupation
importante des autorités ministérielles nippones (Kôseirôdôshô
2001). Dans un premier temps, une synthèse d’articles publiés
par les psychiatres dans des revues internationales nous permettra
de mettre en valeur leur consensus mais aussi leurs difficultés à
traiter des patients qu’ils rencontrent peu. Nous nous interrogerons
donc dans un second temps sur la manière dont s’organise le soin
sans les psychiatres, à travers notre enquête dans l’association
« N.K. ». En effet, ce sont surtout les associations à but non-
lucratif qui s’occupent, au quotidien, de sortir les hikikomori
de leur isolement et de les réinsérer dans la vie sociale. En
conclusion, nous indiquons les perspectives ouvertes par notre
étude du point de vue de la psychologie clinique1.

LE CONSENSUS DES PSYCHIATRES SUR LE HIKIKOMORI

Le nombre de personnes en situation de retrait social


(hikikomori) se situe au Japon entre 260000 et 700000
personnes, définies comme ne sortant pas de chez elles pour au
moins six mois, n’ayant aucune activité sociale (école, études,
1. Nos recherches ont été financées par une bourse de la Fondation du
Japon (2010) et de la JSPS (2012) « Post-Doctoral Fellowship (short-term) for
North American and European Researchers, through a Nominative Authority
(CNRS) ». Ces financements nous ont permis d’être accueilli à l’Institut de
recherches en sciences humaines de l’Université de Kyôto lors d’un premier
séjour du 14 avril 2011 au 30 août 2012, puis lors d’un second séjour du 1er
octobre 2012 au 30 septembre 2013. Nous remercions la fondation du Japon, la
JSPS, le CNRS et l’Institut de recherches en sciences humaines de l’Université
de Kyôto pour leur soutien à nos recherches.
204 Nicolas Tajan Approches psychiatriques, associatives et cliniques du hikikomori 205

travail) et aucune relation amicale (Kôseirôdôshô, 2010). Nos al. 2011 ; Furuhashi et coll. 2013). Alors qu’une partie d’entre
premières questions sont les suivantes : le hikikomori est-il une eux associe le hikikomori à la dépression (Kato T., Shinfuku
pathologie psychiatrique ? Les hikikomori ont-ils une pathologie N. Sartorius N., Kanba S., 2011), une autre équipe démontre
psychiatrique ? Trois propositions sont repérables. qu’il serait plutôt une forme sévère du trouble de l’anxiété sociale
Les hikikomori ont tous une pathologie psychiatrique déjà (Nagata et al. 2011). En outre, l’un de ces psychiatres affirme
répertoriée dans le DSM IV-TR ou la CIM-102. avoir guéri un cas de hikikomori américain, bien qu’il indique
Une partie de la population hikikomori a une pathologie simultanément que celui-ci souffrait d’un trouble de l’humeur
psychiatrique et l’autre partie n’a pas de pathologie psychiatrique. (bipolaire) avec retrait social pendant les phases dépressives (Teo
Il s’agit de la distinction entre hikikomori secondaire et primaire 2012). Enfin, au Japon, une investigation (kondo et al. 2011)
(Suwa et al. 2003) a recensé que parmi les 337 cas de leur cohorte, un seul n’était
Une partie de la population hikikomori est porteuse d’une pas diagnosticable selon les catégories psychiatriques existantes.
pathologie psychiatrique déjà répertoriée dans le Dsm IV-TR ou Si, dans les articles précédents, les psychiatres diagnostiquent le
la Cim-10 et l’autre partie souffre d’une nouvelle pathologie : hikikomori soit comme une dépression, soit comme un trouble de
on pourrait l’inclure dans le glossaire des « syndromes liés à la l’anxiété sociale, soit comme un trouble de l’humeur, les résultats
culture » aux côtés du taijin kyôfushô3. Cette dernière proposition de cette investigation conduisent à répartir cette population
ayant reçu un large écho dans un certain nombre de revues en trois sous-groupes : schizophrénie, troubles de l’humeur et
internationales, nous allons brièvement en examiner les arguments troubles de l’anxiété (33,3%) ; troubles du développement (32 %)
principaux afin de dégager ce qui nous semble être un consensus ; troubles de la personnalité (34,7). Le 0,7 % restant correspond
au sein des psychiatres. a un individu inclassable selon les critères diagnostiques actuels,
Dans un article récent, des chercheurs américains veulent d’où la nécessité d’inclure un item au sein du glossaire des
fournir « la preuve du hikikomori comme nouveau trouble syndromes liés à la culture afin de le prendre en compte.
psychiatrique » et affirment que les hikikomori sont « souvent Au terme de ce bref survol des données psychiatriques, un
mais pas toujours » classifiables dans le Dsm IV-TR ou la Cim-10 consensus se dégage : à l’étranger, les personnes hikikomori sont
(Teo et al. 2010 : 446 ). Pour ceux qui ne le sont « pas toujours toujours porteuses d’une pathologie psychiatrique ; au Japon,
», ils proposent d’inclure le hikikomori parmi les syndromes ces cas existent mais il y a aussi des individus qui souffrent
liés à la culture de la prochaine version du Dsm4. Pourtant, les d’un syndrome lié à la culture. Ceci étant dit, il est nécessaire de
psychiatres de divers pays (Australie, Bangladesh, Iran, Inde, rappeler que la psychiatrie japonaise s’est progressivement unifiée
Corée du Sud, Taiwan, Thaïlande, Etats-Unis, France) attestent pour devenir une bio-psychiatrie avec conscience sociale, et sans
de la présence de cas de hikikomori en dehors du Japon (Kato et psychothérapie5. Aussi, l’idée que ce sont les psychiatres qui
rencontrent les hikikomori (Tateno et al. 2012) ne correspond pas,
2. Le Dsm est le manuel de diagnostic des troubles mentaux publié
par l’Association de psychiatrie américaine. IV-TR indique qu’il s’agit de la au Japon, à la réalité. Concrètement, ils ne voient qu’une partie
quatrième version révisée (Apa 2005). Cim-10 est la dixième version du manuel des hikikomori, et ce sont les cas qui sont les plus susceptibles
de classification internationale des maladies (Cim) publié par l’Organisation de donner lieu à un diagnostic psychiatrique. Un grand nombre
mondiale de la santé. de personnes en situation de retrait social sont soutenues par des
3. Au sein du Dsm IV-TR figure une annexe intitulée « Esquisse d’une
formulation en fonction de la culture et glossaire des syndromes propres à une 5. Actuellement, la psychiatrie nippone est majoritairement inclue dans
culture donnée ». Le but de cette annexe est d’aider le clinicien à évaluer et à un courant mondial dénommé « psychiatrie biologique » ou « bio-psychiatrie ».
rendre compte de l’impact de la culture sur l’individu. Au sein du glossaire de Dans le cadre du traitement de la dépression, par exemple, l’originalité des
ces syndromes, l’on trouve l’item taijin kyôfushô (anthropophobie) défini ainsi psychiatres japonais consiste toutefois en ceci qu’ils ne se contentent pas de
: « Phobie culturellement distincte au Japon, qui ressemble d’une certaine façon prescrire des psychotropes mais joignent des mouvements sociaux dont l’objectif
aux phobies sociales du Dsm-IV. Ce syndrome concerne le comportement de vise à modifier des conditions de travail perçues comme causes de la dépression.
certains individus craignant intensément que leur corps, une partie de leur corps Certains vont même jusqu’à convoquer le supérieur hiérarchique d’un employé
ou le fonctionnement de leur corps ne déplaise, n’embarrasse ou n’agresse les dépressif hospitalisé afin que celui-ci puisse réintégrer son lieu de travail
autres par l’apparence, l’odeur, les expressions faciales ou les mouvements. » dans des conditions optimales. Dans ce sens, c’est une bio-psychiatrie « avec
(Apa 2005 : 1022). conscience sociale », excluant une psychothérapie qui demeure impopulaire
4. Il s’agit de la cinquième version du Dsm, le Dsm-5, paru en mai 2013. parmi les psychiatres japonais (Kitanaka 2012).
206 Nicolas Tajan Approches psychiatriques, associatives et cliniques du hikikomori 207

associations à but non-lucratif fonctionnant sans psychiatres. Nous du quotidien des jeunes et coopération avec une équipe externe
allons ici présenter l’une d’entre elles. qui s’occupe de leur réinsertion. Un café géré par l’association
emploie des anciens hikikomori et accueille chaque mois «
l’université du café commun » (cafe comonzu daigaku). Cela
NOTRE ENQUÊTE DANS L’ASSOCIATION « N.K. » ressemble au « café philo » français, lieu où l’on débat de
questions de société avec des invités.
N.K.6 est une association à but non lucratif crée en l’an Décrivons maintenant plus en détail comment cette association
2000 dans une ville du Kansai, et qui a progressivement a élaboré l’aide destinée, non pas aux anciens hikikomori, mais
mis en place un système de soutien des familles et de prise aux hikikomori eux-mêmes pendant leur période d’isolement.
en charge des hikikomori-nîto7. Une des premières actions Tout commence avec la décision des parents de prendre
envers le jeune en retrait est d’effectuer une visite à domicile contact avec N.K., en général suite à une annonce dans les
(katei hômon). Ensuite, lorsqu’il sort de son isolement, le journaux ou via leur site internet9. Ils sont alors conviés à une
hikikomori devient nîto, et peut être hébergé au sein d’un des réunion d’information avec d’autres parents et peuvent participer
lieux dont dispose l’association : à un groupe de parole régulier. Dans le cadre d’un entretien, les
• Une maison partagée par quatre ex-hikikomori8 et un parents peuvent prendre un forfait de plusieurs séances qui stipule
ex-hikikomori devenu membre de l’équipe qu’un membre de l’association va effectuer des visites à domicile
• Deux appartements occupés par trois ex-hikikomori pour selon une méthodologie précise. D’abord, il est nécessaire de
l’un, et par deux ex-hikikomori pour l’autre. convenir d’un contrat oral avec la famille, sans l’enfant, car le
• A ces trois « colocations » s’ajoutent deux appartements mot d’ordre de cette association est d’« ouvrir la famille »
individuels séparés. (kazoku wo hiraku)10. Puis, un membre de l’équipe envoie des
En tout, l’association héberge donc onze personnes (qui ont lettres au hikikomori en se présentant (tegami jikoshôkaisuru) :
vécu une expérience de retrait social antérieure) pour une équipe c’est généralement une carte postale (hagaki), sans enveloppe,
de sept à huit salariés dont le travail se répartit en plusieurs pour que la personne hikikomori voie directement les caractères
activités : visites à domicile, groupe pour les parents (teireikai), écrits, ce qui le dissuaderait de la jeter (cette procédure précise
entretiens individuels et avec les parents, accompagnement a été pensée dans ce sens par l’équipe). Ensuite, une lettre
contenue dans une enveloppe l’informe d’un appel téléphonique
6. Nous avons fréquenté l’association N.K. entre les mois d’avril et août à venir. Lorsque l’appel est passé, le parent le transmet à l’enfant
2012. Nous avons rencontré le leader de cette association Monsieur T., et nous qui, dans 90% des cas, le rejette. A nouveau, une carte postale
nous sommes entretenu avec lui pendant trois heures, en présence de Ueyama est envoyée et l’informe, cette fois-ci, d’une visite. Le jour J,
Kazuki, un ancien hikikomori devenu célèbre pour avoir écrit un livre sur son quasiment tous refusent d’ouvrir la porte. Ceux qui répondent
expérience (Ueyama 2001). C’est lui qui nous a présenté à Monsieur T. et
a organisé le rendez-vous. Par la suite, nous avons participé à deux réunions- signifient leur opposition. Quelques uns quittent le domicile
déjeuners sur deux demi-journées (les anciens hikikomori hébergés, certains avant l’heure du rendez-vous. Dans un cas, une jeune fille était
anciens hikikomori aujourd’hui devenus employés et revenus pour l’occasion, absente car elle avait commencé à travailler. En général, le visiteur
quelques parents, le personnel et des membres de leur famille se réunissent le parle derrière la porte et glisse une carte. A partir de ce moment
dimanche autour d’un déjeuner). Ensuite, nous avons pris part à un voyage de là, entre 30 % et 40 % commencent à changer, entre 20 % et
quatre jours complets avec certains membres de l’association et des anciens
hikikomori. Enfin, nous avons participé à une séance de « l’université du café 30% deviennent violents, et le reste demeure silencieux. Ceux
commun ». qui commencent à changer se coupent les cheveux, sortent faire
7. Lorsque le hikikomori est sorti de son retrait, il est un ancien
hikikomori. Les personnes sorties de leur retrait qui ne travaillent ni ne 9. L’ensemble des données qui suivent ont été recueillies auprès de
s’engagent dans une formation rentrent dans la catégorie des nîto. La création Monsieur T.
du mot nîto trouve son origine dans les NEET anglais, acronyme désignant les 10. Le sens de cette expression renvoie d’une part à la nécessité de rétablir
jeunes Not in Employment, Education or Training. Un nîto est donc un jeune qui une communication intra-familiale défaillante et d’autre part à la possibilité d’un
n’est ni employé, ni étudiant, ni en formation. « double-hikikomori » : le jeune devient hikikomori et la famille cache cette
8. Nous sommes ici obligé d’employer le terme ex-hikikomori et pas nîto, situation à l’entourage et au voisinage, d’où la nécessité de « s’en ouvrir » à
car certains d’entre eux travaillent, étudient ou se forment. d’autres afin de sortir de cette situation.
208 Nicolas Tajan Approches psychiatriques, associatives et cliniques du hikikomori 209

des courses, rangent leur chambre, se lavent (alors qu’ils ne le souvent une valeur traumatique à ce qu’ils ont vécu pendant la
faisaient plus, d’où des problèmes dentaires fréquents). Dans période de haute croissance économique (kôdo keizai seichô),
certains cas, ils ouvrent la porte eux-mêmes, ou attendent dans entre 1955 et 1973. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Les
le salon à l’heure du rendez-vous. Dans d’autres cas, ils frappent travailleurs sociaux sont-ils formés à traiter ces questions ?
derrière la porte. Plus rarement, ils ouvrent la porte et poussent Une approche en psychologie clinique11 pourrait-elle permettre
le visiteur mais lorsqu’il y a de la violence, elle est surtout d’augmenter l’efficacité de ces associations tout en permettant
dirigée contre les parents. L’arrivée de l’étranger provoque dans d’éclairer d’un nouveau jour la complexité du phénomène
deux tiers des cas un déséquilibre de la vie familiale : soit des hikikomori ? Ce seront quelques-unes des questions auxquelles
changements positifs adviennent, soit de la violence intrafamiliale nous tenterons de répondre dans la suite de nos recherches qui se
se manifeste. Quelquefois, le rôle du visiteur s’oriente vers un donnent pour objectif de comprendre les mécanismes familiaux
accompagnement dans un hôpital psychiatrique, et lorsque la contribuant à une situation de retrait social d’un enfant, tout en
violence est terrible, il incite les parents à appeler la police dont mettant en valeur la position subjective de celui-ci, au cas par cas.
l’intervention a systématiquement pour effet de stopper les actions
violentes envers eux. Selon Monsieur T., 10 % ont un diagnostic
de schizophrénie et 30 a 40 % des cas ont consulté un psychiatre.
Il est très important de le mentionner, car cela va à l’encontre
de l’idée selon laquelle ce serait les psychiatres qui verraient les BIBLIOGRAPHIE
hikikomori (Tateno et al. 2012). Fort de son expérience de douze
années à s’occuper de ces jeunes, Monsieur T. affirme que 60 à 70 Association de Psychiatrie Américaine (Apa). Manuel diagnostique et
% n’ont jamais rencontré de psychiatre. Ceci est corroboré par les statistique des troubles mentaux (Dsm IV-TR). Paris, Masson, 2005.
Furuhashi Tadaaki. Tsuda Hitoshi. Ogawa Toyoaki. Suzuki Kunifumi.
travaux de l’équipe de recherche en psychiatrie de l’Université de Shimizu Misako. et al.. « État des lieux, points communs et différences entre des
Nagoya qui soutient également le point de vue selon lequel ils ne jeunes adultes retirants sociaux en France et au Japon (hikikomori) », L’évolution
rencontreraient que certains d’entre eux (Suzuki 2009 : 5). psychiatrique, 78(2), 2013 : 249-266.
Guyotat, Jean. « Traumatisme et lien de filiation », Dialogue, n°2, 2005,
168 : 15-24.
Halfon, Olivier. Ansermet, François. Pierrehumbert Blaise. Filiations
PERSPECTIVES DE RECHERCHES EN PSYCHOLOGIE
psychiques. Paris : PUF, 2000.
CLINIQUE Kato Takahiro. Tateno Masaru. Shinfuku Takaoka. Fujisawa Daisuke.
Teo, Alan R.. Sartorius, Norman. et al. « Does the hikikomori syndrome
Une partie des recherches en psychologie clinique vise of social withdrawal exist outside Japan? A preliminary international
l’amélioration des techniques d’entretien. Dans cette perspective, investigation », Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, June 25th,
2011.
nous avons souhaité connaître les questions posées durant les Kato Takahiro. Shinfuku Takaoka. Sartorius Norman. Kanba Shigenobu.
entretiens avec les parents. Pour Monsieur T., la conversation se « Are Japan’s hikikomori and depression in young people spreading abroad?»,
limite à « comment ils se sont mariés, comment ils ont trouvé un The Lancet, vol. 378, September 17th, 2011.
travail » et à leur situation sociale actuelle. Pour obtenir davantage Kitanaka Junko. Depression in Japan, Psychiatric Cures for a Society in
d’informations, nous avons témoigné de certains enseignements Distress, Princeton : Princeton University Press, 2012.
Kondo Naoji. Sakai Motohiro. Kuroda Yasukazu. Kiyota Yoshikazu.
de la pratique clinique française : nous avons évoqué la présence, Kitabata Yuji. Kurosawa Mie. « General condition of hikikomori (prolonged
dans certains cas, de traumatismes transgénérationnels liés à la social withdrawal) in Japan: Psychiatric diagnosis and outcome in mental health
Seconde Guerre mondiale ou à la guerre d’Algérie (Halfon et welfare centres », International Journal of Social Psychiatry, 2011 : 1-8.
al., 2000 ; Guyotat 2005). Ces points peuvent émerger dans les
consultations des Français, et nous demandons si c’est le cas dans 11. On peut s’étonner ici de l’absence des psychologues cliniciens dans
leurs entretiens. Pour nos interlocuteurs, Messieurs T. et Ueyama, le soin aux hikikomori. Elle s’explique dans la mesure où la diffusion de la
ceux qui s’entretiennent avec les parents ne les questionnent pas psychologie clinique au Japon est récente : elle date de la fin des années 1990
sur leur propre enfance (contrairement aux cliniciens français). et du début des années 2000, période où s’est accru le nombre de psychologues
cliniciens affectés dans les établissements scolaires. Cette question fera l’objet
En revanche, Monsieur T. évoque le fait que les parents attribuent d’une publication ultérieure.
210 Nicolas Tajan

Kôseirôdôshô (Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales)


- Jûdai/nijûdai wo chûshin to shita “shakaiteki hikikomori” wo meguru
chiiki seishin hoken katsudô no gaidorain [Directives pour la prise en charge en
santé mentale locale des adolescents et des jeunes adultes en retrait social]. 2001.
- Hikikomori no hyôka/shien ni kansuru gaidorain [Directives pour
l’évaluation et le soutien du hikikomori]. 2010. Accessible en ligne : http://
www.mhlw.go.jp/stf/houdou/2r98520000006i6f.html
Nagata Toshihiko. Yamada Hisashi. Teo, Alan R.. Yoshimura Chiho.
Nakajima Takenori. Van Vielt, Irene. « Comorbid social withdrawal
(hikikomori) in outpatients with social anxiety disorder: Clinical characteristics
and treatment response in a case series », International Journal of Social
Psychiatry, 2011 : 1-6.
Suwa Mami. Suzuki Kunifumi. Hara Koichi. Watanabe Hisashi.
Takahashi Toshihiko. « Family features in primary social withdrawal among
young adults », Psychiatry and Clinical Neurosciences, n°57, 2003 : 586-594.
Suzuki Kunifumi. « A propos du phénomène de hikikomori », Abstract
psychiatrie, n°41, 2009 : 4-5.
Tateno Masaru. Woo Park Tae. Kato Takahiro. Umene-Nakano Wakako.
Saito Toshikazu. « Hikikomori as a possible clinical term in psychiatry », BMC
Psychiatry, n°12, 2012 : 169.
Teo, Alan R.. Gaw, Albert C.. « Hikikomori, a Japanese culture-bound
syndrome of social withdrawal? A proposal for DSM-5 », The Journal of Nervous
and Mental Disease, vol. 198 n°6, 2010 : 444-449.
Teo, Alan R.. « A new form of social withdrawal in Japan: A review of
hikikomori », International Journal of Social Psychiatry, vol. 56 n°2, 2010 : 178-
185.
Teo, Alan R.. « Social isolation associated with depression : A case report of
hikikomori », International Journal of Social Psychiatry, 2012 : 1-3.
Ueyama Kazuki. Hikikomori datta boku kara [De moi qui était hikikomori].
Tôkyô, Kôdansha, 2001.

View publication stats