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Sécurité dans les Opérations

OPÉRATIONS DE MISE À DISPOSITION ET REMISE EN SERVICE

FLUIDES AUXILIAIRES
H1 -2
Ingénieurs en
Sécurité Industrielle

I - DIFFÉRENTS TYPES DE FLUIDES AUXILIAIRES.................................................................. 1

II - VÉRIFICATIONS SYSTÉMATIQUES AVANT UTILISATION ................................................... 1

III - UTILISATION DES FLUIDES AUXILIAIRES............................................................................. 3

1 - Azote ............................................................................................................................................ 3
2 - Autres gaz inertes ........................................................................................................................ 8
3 - Eau liquide .................................................................................................................................10
4 - Vapeur d'eau .............................................................................................................................. 15
5 - Air ...............................................................................................................................................18
6 - Gaz combustible.........................................................................................................................18
7 - Solvants .....................................................................................................................................19

SE OPE - 01815_A_F - Rev. 4 26/04/2005

 2005 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


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H 1 -2

I- DIFFÉRENTS TYPES DE FLUIDES AUXILIAIRES


Pour effectuer l'ensemble des opérations de “Mise à disposition” et de “Remise en service”, il est très souvent
nécessaire d'avoir recours à un fluide auxiliaire ou fluide "utilité" fourni ou non par un réseau utilités.

Les fluides utilisés peuvent être :

- un gaz inerte tel que l'azote, l’hélium ou un hydrocarbure chlorofluoré,, un mélange azote-
gaz carbonique appelé “gaz inerte”
- l'eau liquide dont il existe diverses qualités : eau industrielle, eau déminéralisée, eau
potable, eau de nappe phréatique, eau de mer, eau de rivière, …
- la vapeur d'eau disponible à diverses pressions
- un gaz combustible tel que le fuel-gaz
- l'air si le fluide procédé n'est pas inflammable
- un solvant de rinçage
- des produits chimiques divers (acides, bases, …)

II - VÉRIFICATIONS SYSTÉMATIQUES AVANT UTILISATION


Pour utiliser ces fluides en sécurité, il faut vérifier :

- leur compatibilité avec le produit contenu dans l'appareil ou avec le revêtement interne de
l'appareil lui-même
- l'impossibilité d'incident créé par le fluide auxiliaire en aval de l'installation (dans un
réseau de purges ou d’égouts par exemple) ou dans l'installation elle-même (réseau azote
en service dans une unité en travaux par exemple)
- leur conformité avec la température et la pression de service ou de calcul de l'appareil et
l'existence de soupapes de sûreté convenablement tarées et appareillées
- l'existence d'un clapet anti-retour sur la ligne d'injection de fluide auxiliaire pour éviter les
retours de produits dans le réseau "utilités". Son installation (position horizontale ou
verticale) doit être compatible avec son bon fonctionnement

Axe
D MEQ 1078 A

Clapet à battant Clapet à bille


(montage horizontal recommandé) (montage horizontal)

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Néanmoins, un clapet peut ne pas être étanche, aussi faut-il s'assurer que la pression de
l'utilité reste supérieure à la pression "procédé" pendant ces manoeuvres

PSV

Réseau
fermé Soupape en service

F O
Fluide auxiliaire

F P2

P1
TOUJOURS RESPECTER
P2 > P1

D PCD 2190 B

Pression du fluide auxiliaire à assurer

- l'état des lignes de transfert des fluides auxiliaires. Bien souvent l'installation comporte
des liaisons fixes, cependant certaines opérations nécessitent l'emploi de connections
provisoires par flexibles à partir de prises "utilités".
Avant utilisation, contrôler l'état des flexibles (aspect extérieure, indices de détérioration,
raccords,...) et leur compatibilité avec le fluide véhiculé (température, pression, corrosion)

- la conformité des "prises utilités". Chaque fluide doit être facilement repérable (couleur
conventionnelle, pancarte,...). Par l'emploi de raccords différents, il doit y avoir impossibilité
d'utilisation erronée.

AIR EAU VAPEUR AZOTE


D MEQ 1079 A

PV

Raccord "tête de chat" Raccord rapide,


ou autre Raccord à visser type "Staubli" ou autre

Exemple de prises "utilités" recommandées

- le démontage ou l'isolement des instruments de contrôle qui, de par les matériaux qui
les constituent ne supporteraient pas ces opérations (prises d'échantillon vers analyseurs,
capteurs, certaines vannes automatiques, membrane de transmetteur de pression, …)
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III - UTILISATION DES FLUIDES AUXILIAIRES

1- AZOTE
a - Propriétés de l'azote

L'azote est un gaz dans les conditions ordinaires (15°C, pression atmosphérique). Il est incolore,
inodore et insipide. C'est le composant principal de l'air (78,8% en volume). A la pression
atmosphérique, pour des températures inférieures à – 196°C, c'est un liquide incolore, un peu plus
léger que l'eau.

• Propriétés physiques :

- T ébullition = –195,8°C à la pression atmosphérique

- masse volumique = 1,25 kg/m3 à 0°C et 1 atm


(voisine de celle de l'air : 1,29 kg/m 3 dans les mêmes conditions)

- 1 litre de liquide libère 691 litres de gaz (à 15°C et 1 atm).

• Propriétés chimiques

L'azote est pratiquement inerte, c'est à dire qu'il ne se combine à d'autres corps que sous certaines
conditions sévères (température élevée : 900°C, pression élevée, catalyseurs).

• Propriétés physiologiques

L'azote, bien que physiologiquement neutre, peut être dangereux en créant une atmosphère sous-
oxygénée et agir comme “asphyxiant”.

La respiration est une fonction vitale dont le but est de fournir au sang l’oxygène nécessaire aux
cellules et de le débarrasser du gaz carbonique qu’elles produisent.

Cet échange entre l’air et le sang se produit au niveau des vésicules pulmonaires (hémoglobine
transformée en oxyhémoglobine).

De ce fait, l’air que nous inspirons et celui que nous expirons, n’ont pas la même composition.

Oxygène 16,5%
Oxygène 21%
Gaz carbonique 4,5%
Azote 78%
Gaz rares 1% Gaz rares 1%
D CH 1045 A

Composition de l'air inspiré Composition de l'air expiré


(sans tenir compte de la vapeur d'eau) (sans tenir compte de la vapeur d'eau)

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Pour que la respiration s’effectue correctement, c’est-à-dire pour que le sang reçoive la quantité
d’oxygène dont il a besoin, il faut que l’air inspiré contienne au moins 20 % d’oxygène.

DANGER
0 10 20
25

D SEC 1060 A
Teneur en O2

Vue d’un oxygènemètre (alarme à 19 %)

En dessous de 19 % d'oxygène, l'atmosphère peut être considérée comme sous-oxygénée. Les


cellules nerveuses n’étant pas assez oxygénées, les fonctions sensorielles diminuent.

En dessous de 11 %, la perte de connaissance peut être immédiate, le cœur s’arrête en quelques


minutes et les risques qui en découlent sont généralement mortels.

Le tableau ci-dessous résume l’influence approximative sur l’être humain du taux d’oxygène dans l’air.
Les symptômes dépendent beaucoup, en effet, de l’activité physique de l’intervenant.

Effet approximatif
Négligeable Sous-oxygènation Baisse des Evanouissements Perte de connaissance
facultés (possible) (rapide) "immédiate"

Trouble de RISQUES MORTELS


l'équilibre

D SEC 1061 A
21% 19% 14% 11% 8% 6% 0%

Pourcentage d'oxygène
Effet physiologique, sur l’être humain, du taux d’oxygène dans l’air

Dans une ambiance sous-oxygénée, généralement les personnes non averties prennent conscience
du danger lorsqu'elles ont atteint le stade d'incapacité de se mouvoir et d'appeler efficacement.

Ainsi, dans une ambiance totalement dépourvue d'oxygène, en quelques secondes, la concentration
en oxygène dans le sang artériel tombe à des valeurs faibles, ce qui se traduit par une perte de
connaissance.

La mort intervient par arrêt cardiaque si de l'oxygène n'est pas fourni dans les 2 à 4 minutes.

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Par ailleurs, l'oxygène étant un comburant puissant, une atmosphère sur-oxygénée peut être
dangereuse pour l’être humain (hyperoxie).

75 % O2 100 % O2

Crampes
Nausées
Vertiges Effet de l’hyperoxie
Gêne respiratoire
Hypothermie
Ralentissement du rythme cardiaque
Syncopes

D SEC 1065 A
Crises convulsives
Mort

b - Utilisation de l'azote
• Azote gazeux

Il est principalement utilisé :

- pour éviter le contact avec l'oxygène de l'air de substances inflammables, pyrophoriques


ou oxydables (telles que hydrocarbures, certains catalyseurs,...) lors d'opérations de
stockage (inertage), de transport, de dégazage, de désaération, …
- pour mettre en légère surpression des appareillages électriques afin d'éviter les risques
d'allumage de mélanges explosifs
- comme gaz instrument dans les installations fonctionnant à très basse température, dans
les mesures de niveau par bullage, …

• Azote liquide utilisé :

- pour alimenter un réseau gazeux après évaporation


- à l'atelier pour emmancher certaines pièces
- au laboratoire comme source de froid
- pour congeler certaines portions de tuyauteries dans le but de créer un isolement
temporaire (à condition que le métal soit approprié aux basses températures)

c - Risques et précautions
• Création d'une atmosphère dépourvue d'oxygène :

- avoir toujours à l'esprit que l'azote peut priver le corps humain d'oxygène dans toute
enceinte, voire même à l'air libre, et que rien ne peut laisser supposer un manque
d'oxygène, notre odorat ne pouvant nous mettre en garde

- effectuer des mesures de teneur en oxygène avant d'entrer dans une capacité :
• si la capacité a été dégazée à l'azote, puis ouverte à l'air libre, l'atmosphère peut
demeurer irrespirable même après plusieurs jours si la ventilation n'est pas
suffisante. En effet, l'air et l'azote diffusent difficilement l'un dans l'autre
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• sans avoir été dégazée à l'azote, une capacité peut être sous-oxygénée.
Ceci est en particulier dû à la consommation d'oxygène lors de l'oxydation de
certains dépôts internes ou du métal lui-même (corrosion intense).
Exemple : x Fe + y O2 → Fe2O3 + Fe3 O4
Cela concerne entre autre les capacités ouvertes à l’air libre depuis un certain temps.

D MEQ 1088 A
PRÉSENCE DE ROUILLE
=
DÉFAUT D'OXYGÈNE ?

Risque dû aux capacités ouvertes à l’air libre

• de l'azote liquide répandu dans une pièce fermée peut entraîner un risque d'asphyxie
(par exemple 10 litres d'azote liquide en se vaporisant dans une pièce de 50 m 3 font
descendre la teneur en oxygène à 17%)
D CH 1047 A

10 l azote liquide 50 m3 d'air 17% oxygène

Risque dû à la vaporisation d'azote liquide

- avant de pénétrer dans une capacité, déconnecter les tuyauteries d'arrivée d'azote et
obturer par joint plein les piquages sur l'appareil
- isoler les tuyauteries d’azote en “limite d’unité” lors de travaux sur l’ensemble de
l’installation

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- signaler à l'attention du personnel les réservoirs de stockage inertés à l'azote en service
normal (couverture d'azote) et prévoir des consignes particulières d'accès

N2

“DANGER : réservoirs inertés à l'azote


Présence obligatoire de 2 personnes
pour échantillonnage et barêmage

D MEQ 1017 B
Précautions particulières à observer”

Risque dû à l'inertage par l'azote

- particulariser le réseau de distribution d'azote pour éviter toute confusion avec l'air
comprimé :

- couleur conventionnelle AFNOR (couleur de fond orange, couleur d'identification


noire)
- plaque signalétique "AZOTE"
D SEC 1063 A

DANGER D'ASPHYXIE
AZOTE

Exemple de signalisation du risque azote

- raccords rapides spéciaux sur les prises utilités et raccords du même type sur les
flexibles. Aucune installation de fortune ne doit être utilisée

- ne jamais utiliser de l'azote gazeux à la place de l'air comprimé

- vérifier l'identification des bouteilles d'AZOTE comprimé (nom marqué et ogive


noire), ne jamais les stocker dans des locaux clos non ventilés

- en cas d'accident : alerter, mettre un ARI, aérer, amener la victime à l'air libre,
pratiquer la respiration artificielle (secouristes).

• Risques de gelures

L'azote liquide à –195,8°C provoque des lésions des tissus cutanés analogues à des brûlures.

La manipulation de l'azote liquide nécessite une protection efficace (gants, lunettes,...).

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• Risques pour la tenue mécanique des équipements

L'azote gazeux est disponible sous pression élevée dans la majorité des cas : bouteilles sous 100
ou 200 bar sous forme de “cadre d’azote” ou réseaux d'usines à une pression de quelques bars à
quelques dizaines de bars.

Veiller à ne pas dépasser la pression de calcul de l'équipement. Vérifier que les organes de
protection contre les surpressions (soupapes, …) sont opérationnels.

Vérifier le bon fonctionnement du ou des détendeurs.

FONCTIONNEMENT
CORRECT
DES DETENDEURS ?

D MEQ 1080 A
Risque dû à l'utilisation d'un cadre d'azote

L'azote liquide utilisé pour geler une portion de tuyauterie peut entraîner des ruptures fragiles.

2- AUTRES GAZ INERTES


a - L'hélium et les hydrocarbures fluorés (HFA)

Utilisés dans certaines usines comme fluide de dégazage et de désaération.

Les risques sont sensiblement identiques à ceux de l'azote.

b - L’air “appauvri”

Il s’agit d’un mélange constitué d’environ 1/3 d’air et 2/3 d’azote afin d’abaisser la teneur d’oxygène
aux environs de 6 %.

L’intérêt de l’air appauvri par rapport à l’azote est généralement d’ordre économique.

La nécessité d’avoir un taux d’O2 minimal dans le procédé (catalyseur par exemple), en est une autre
raison.

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c - Le "gaz inerte"

Le gaz dit "inerte" est généralement fabriqué par combustion contrôlée d’un hydrocarbure, puis
refroidi à la température ambiante pour condenser la vapeur d'eau et éliminer les suies éventuelles.

Sa composition moyenne est la suivante :

Gaz carbonique : ≅ 13 %
Azote : ≅ 86 %
Oxygène : ≅ 0,5 %
Oxyde de carbone et hydrogène : ≅ 0,5 %
No x : 100 à 200 ppm

Son utilisation est très courante sur les cuves de navires (pétrole brut et produits finis)

Il est :
- soit généré par une centrale à gaz inerte indépendante
- soit constitué par les fumées de combustion issues de la cheminée puis traitées

Son but est de maintenir en légère surpression les citernes des navires pour éviter la présence d’air
ambiant et ainsi limiter les risques d’incendie :

- lors du chargement : le gaz inerte est chassé au mât, du fait de la montée du niveau
liquide
- lors du voyage : la pression de gaz inerte est contrôlée et maintenue à une valeur
légèrement supérieure à la pression atmosphérique
- lors du déchargement : le gaz inerte compense la baisse de niveau due au pompage de la
cargaison

Garde
Refroidissement hydraulique
+ lavage des fumées
"Gaz inerte"

Chaudière
D MTE 2076 A

Installation de “gaz inerte” de cuves d’un navire

À terre “le gaz inerte” a pratiquement disparu au profit de l’azote.

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Risques et précautions :

- sous oxygénation due à l'azote et toxicités aiguës de l’oxyde de carbone et relative du gaz
carbonique.

Avant de pénétrer dans une citerne : ventiler, vérifier la teneur en O2 et en CO

- explosivité possible lors de l’utilisation, si oxygène en excès : d’où contrôle de la


combustion (analyseur de O2 et de CO)

3- EAU LIQUIDE
Les principaux risques et les précautions à prendre qui en découlent sont les suivants :

a - Vaporisation

Une vaporisation rapide entraîne une brutale augmentation de volume donc une brutale surpression
dans une enceinte fermée avec risque d'éclatement, d'arrachement de tuyauteries, ruptures de lignes
ou de joints, etc.

1600 l de vapeur d'eau à 100 °C

N
TIO
SA
RI
PO
VA

1 l d'eau liquide à 100 °C


D MEQ 1081 A

APPORT DE CHALEUR

Risque dû au changement de volume de l’eau lors de la vaporisation

Ne pas utiliser lorsque la température de l'équipement ou du produit contenu dans l'équipement


est supérieure à la température d'ébullition de l'eau à la pression d'utilisation.

L'eau résiduelle provenant des épreuves hydrauliques et de lavage des installations doit toujours être
éliminée au cours de la mise en service avant que sa température de vaporisation soit atteinte.

Par apport de chaleur, l’eau peut provoquer une vaporisation importante de produits légers
dont la température d’ébullition est inférieure à 0°C (exemple : propane, propylène).

Ne pas arroser une fuite de gaz liquéfiés non solubles dans l’eau. À l’inverse la pulvérisation d’eau sur
un gaz ou un gaz liquéfié soluble (exemple : NH 3 , Cl 2 ) permet de “rabattre” le nuage.

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b - Émulsions-moussages

L'eau portée à une température supérieure à sa température d'ébullition peut, au contact de certains
liquides, se vaporiser en créant une émulsion avec émission de mousse foisonnante dont le
volume est 20 à 30 fois supérieur à celui du produit considéré.

ÉMULSION !

D MEQ 1082 A
Risque d’émulsion avec l’eau

Ne pas utiliser avec des produits stockés à plus de 90°C, même dans des serpentins de réchauffage
à cause des fuites possibles.
Lors des purges et des prises d'échantillon, s'assurer que les récipients ou les exutoires destinés à
recevoir le produit sont exempts d'eau.

c - Gel

L'eau est la seule substance commune qui augmente de volume en se solidifiant, entraînant des
surpressions considérables capables d'endommager n'importe quel équipement (vanne, tuyauterie,
capacité, …).
Par grand froid, l'eau accumulée en point bas, peut geler. Le bouchon formé peut s'opposer à
l'écoulement de liquide et la fuite n'apparaître qu'au redoux :

GLACE = BOUCHON !

Atmosphère
D MEQ 1083 A

Risque de gel avec l'eau

Vérifier en hiver le bon état du calorifuge des lignes d’eau et le bon fonctionnement du traçage
électrique ou vapeur.
Toutes les tuyauteries de purge doivent être soigneusement vérifiées à la mise en route afin de
s'assurer qu'elles ne sont pas bouchées par de la glace.
Bien entendu, ne pas mettre de l'eau au contact de produits dont la température est inférieure à 0°C.
De plus, l'eau peut former, avec les gaz liquéfiés, des hydrates solides à des températures
supérieures à 0°C (par exemple hydrate eau-éthane à 35 bars et 14°C).

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H 1 -2

d - Masse

Certains équipements et leur supportage (charpente, fondations, …) ne sont pas prévues pour être
remplis d'eau car leur résistance mécanique est insuffisante pour supporter cette masse
supplémentaire.

C'est le cas, par exemple :

– de lignes de vapeur de tête de colonne à distiller

RÉSISTANCE À LA
MASSE DE L'EAU ?

CONDENSEUR

D MEQ 131 D
COLONNE À DISTILLER

Risque dû à la masse de l'eau

– de certaines parties d'un réseau torche

Calcul des tuyauteries et supports

Diamètre Lignes

Jusqu'à 10" (DN 250) Pleines de liquide

De 12" (DN 300) à 16" (DN 400) À moitié pleines

De 16" (DN 400) à 36" (DM 900) Pleines au 1/3

Au-delà de 36" (DN 900) Pleines au 1/4

Résistance au "poids" d'un réseau torche

e - Dégradation de nombreux catalyseurs

De nombreux catalyseurs sont détruits par l'eau ou au moins "sensibles" à l'eau.

En conséquence, ne pas utiliser l'eau avec ce type de catalyseur ni sur l'ensemble des équipements
qui s'y rattachent.

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H 1 -2
f - Réaction avec des acides et des bases

• Corrosion

L'eau rend plus corrosifs les acides forts, tels que l'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique.
L'attaque des métaux par les acides ainsi dilués dégage de l'hydrogène et entraîne des risques
importants d'inflammation.

Ventiler en permanence ou “travailler à chaud” sous atmosphère d’azote.

Utiliser une solution neutralisante (carbonate de sodium ou de calcium) avant l'introduction d'eau ou de
vapeur d'eau dans les équipements ayant contenu des acides.

• Élévation de température

Un mélange rapide acide-eau, base-eau est exothermique. Il peut provoquer une augmentation
importante de température incompatible avec la tenue mécanique de l'équipement en particulier avec
les matières plastiques.

• Projections dangereuses avec les acides et les bases

Dans les mêmes proportions, les mélanges eau + acide (ou eau + base) et acide + eau (ou base
+ eau) dégagent la même quantité de chaleur.

Néanmoins, pour différentes raisons (conductibilité thermique, viscosité, chaleur latente de


vaporisation, …) les conséquences sont différentes.

EAU
ACIDE +
+ ACIDE
EAU
EAU ACIDE

ACIDE EAU
D SEC 1062 A

NON ! OUI !

Risques dus aux mélanges Eau-Acide

Ne jamais mélanger brutalement.

Ne jamais introduire l'eau dans l'acide ou l'eau dans la base mais verser lentement l'acide ou la
base dans l'eau par petites quantités et en agitant sans arrêt.

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H 1 -2

g - Brûlures par l'eau chaude

À partir de 55°C il y a brûlure plus ou moins grave en fonction de la température et du temps


d’exposition.

D SEC 1066 A
Risque dû à l'eau chaude

Se méfier des appellations trompeuses : eau chaude au lieu de condensats de vapeur.

Se méfier lors de vidange, purge ou d'ouverture d'équipements.

Signaler par un pictogramme normalisé la présence de température élevée.


D SEC 1234 A

MATIERE A HAUTE
TEMPERATURE

Exemple de pictogramme de sécurité

h - Électricité statique

L'eau mélangée, même en faible quantité à des liquides peu conducteurs accroît les charges
électrostatiques.

Ne jamais déplacer à l'eau une ligne de produit très inflammable et peu conducteur tel que le
kérosène, certains solvants, …

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H 1 -2
i - Dissolution et désorption de l'air

Un m 3 d'eau dissout par exemple 20 l d'air à 15°C et à la pression atmosphérique.

La solubilité diminue quand la température augmente (10 l d'air dissous par m3 d’eau à 50°C) et
entraîne la libération de l'air.

Lors de déplacement à l'eau de capacité ayant contenu des produits inflammables, il peut donc se
former des mélanges explosifs par accumulation d’air en point haut.

4- VAPEUR D'EAU
Les principaux risques et les précautions à prendre sont les suivants.

a - Condensation

Au cours d'un dégazage d'installation, si le débit de vapeur disponible devient insuffisant ou nul, il peut
y avoir condensation rapide par refroidissement dû aux pertes thermiques et mise sous-vide avec
écrasement des capacités. Cela peut se produire, même, évents ouverts.

Un gaz inerte doivent être immédiatement disponibles pour suppléer le défaut de vapeur.

Le même phénomène peut se produire lors de la désaération. Dans ce cas, ouvrir toutes les
entrées d'air possibles.

Lors de ces manoeuvres, utiliser temporairement un manomètre pression-vide installé sur le sommet
du récipient. Ne pas oublier de l'enlever après utilisation (repérage particulier à effectuer).

0 2

-1 3
bar
DIRA 1026 A

Manomètre pression-vide

b - “Marteaux d'eau”
La présence de condensats dans les lignes de vapeur trop rapidement mises en service ou rarement
utilisées entraîne des à-coups de pression (jusqu'à 500 à 600 bars) appelés “Marteaux d'eau” ou
parfois “coups de bélier”. Les condensats entraînés à vitesse élevée par la vapeur heurtent les
coudes, les accessoires et peuvent entraîner des ruptures.

MARTEAU D'EAU ! = RUPTURE POSSIBLE


Vapeur
D SEC 1067 A

Condensat

Risques liés à la présence de condensats dans la vapeur d'eau


01815_A_F

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H 1 -2
Avant d'utiliser une ligne de vapeur :
- éliminer les condensats présents
- mettre en service lentement pour réchauffer

c - Incompatibilité avec le produit


Risque de vaporisation du produit si sa température d'ébullition à la pression de la capacité est
inférieure à celle de la vapeur.
Risque d'émulsion avec certains produits de température d'ébullition élevée.
Ne pas utiliser la vapeur dans ces différents cas avant élimination complète des produits.

d - Incompatibilité avec le matériel


• Dégradations dues à la température élevée ou aux chocs thermiques :
- revêtements intérieurs de capacité anti-corrosif (résine Epikote, PTFE, émail, résines
fluorocarbonées, …)
- lignes ou équipements en matière plastique ou élastomère, émaillés, …
- joints de vannes, de garnitures de pompes, …
- calorifuge pour service froid (liège aggloméré)

D MEQ 1085 A

Robinet à boisseau
sphérique Revêtement Débimètre
en PTFE électromagnétique

Exemples d’équipements revêtus de PTFE

• Dilatation thermique importante des tuyauteries qui risquent de sortir de leur support.

01815_A_F

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H 1 -2

e - Dégradation de catalyseurs

Même problème qu'avec l'eau.

f - Brûlures - visibilité

Les brûlures avec de la vapeur sont très douloureuses et très longues à guérir.

Un jet de vapeur surchauffée est invisible et donc particulièrement dangereux. Par contre un nuage
de vapeur saturée pose des problèmes de visibilité.

Isoler les lignes de vapeur avant de pénétrer dans une capacité.

g - Génération d'électricité statique

Les jets de vapeur peuvent produire des charges importantes d'électricité statique.

Celles-ci sont transmises à un objet isolé qui se décharge par la suite sous forme d'étincelle.

Il y a risque d'explosion si de la vapeur est envoyée à grande vitesse dans un milieu


inflammable.

La lance d'un flexible vapeur doit être mise à la terre soit par prise de terre extérieure séparée, soit
par le flexible avec tresse métallique intégrée.

Ce dernier doit être vérifié régulièrement pour s'assurer de la continuité électrique.

Tresse Bande rouge


métallique
D MEQ 1086 A

Flexible de vapeur en caoutchouc (exemple de marquage)

01815_A_F

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H 1 -2

5- AIR
• Risque de création d'un mélange explosif

Ne jamais introduire d'air dans un équipement ayant contenu des produits combustibles avant qu'ils
n'aient été complètement éliminés.

• Inflammation possible

Inflammation possible de composés pyrophoriques non passivés et maintenus insuffisamment


humides.

• Risque dû à l’énergie emmagasinée

Ne pas diriger vers les personnes un jet d’air comprimé : la force d’impact d’un jet ponctuel peut
provoquer des lésions internes graves.

Toute épreuve de capacité ou de tuyauteries au moyen d’air, ou de tout autre fluide gazeux
compressible est interdite (sauf dérogation). En cas de rupture les éclats deviennent de véritables
missiles.

L'énergie libérée par l'éclatement d'un appareil sous pression de gaz est en effet 10.000 fois
supérieure à celle libérée par le même appareil sous pression de liquide.
Sauf exception, les épreuves et réépreuves (requalifications périodiques) sont toujours
hydrauliques.

6- GAZ COMBUSTIBLE
Il peut s’agir de gaz naturel commercial (méthane essentiellement) ou de gaz résiduel d’usine, type
fuel-gaz (méthane, éthane, …).

• Risque de formation d'un mélange explosif

Ne jamais introduire le gaz dans un équipement contenant de l'oxygène ou de l'air avant qu'il n'ait été
correctement désaéré.

• Risque de mise sous-vide

Risque de mise sous-vide d'une capacité isolée par absorption du gaz sur le produit traité dans
l'installation, puis risque de mise en surpression au cours de la montée en température.

Ces deux éventualités se présentent principalement lors de la mise en service et ne se produisent que
si gaz auxiliaire et produits traités ont la même nature chimique (hydrocarbures par exemple).

Veiller à ce que la nature du gaz utilisé soit telle que l'absorption par le produit traité soit négligeable.

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19
H 1 -2
Fluide auxiliaire

MISE SOUS VIDE


Gaz combustible F

ABSORPTION

D PCD 2190 M
Risque de mise sous vide par absorption de gaz auxiliaire dans le liquide

7- SOLVANTS
Utilisés principalement pour diluer des produits lourds ou figeant facilement et permettre leur
évacuation.

• Risque de vaporisation brutale

Risque de vaporisation brutale en cas d'injection dans un équipement à température supérieure à la


température de bulle.

Ne pas injecter si la température de l'équipement est trop élevée. S’assurer que la température
d’utilisation est inférieure (10°C à 20°C) au point d’éclair.

• Risque d’inflammation dans le cas de solvant combustible

Ne pas injecter si l'équipement contient de l'oxygène.

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