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Capsulite

Capsulite adhésive

Il s'agit essentiellement d'un tableau d'épaule enraidie d'origine primitive ou secondaire à une série de facteurs dont
la pathogénie est probablement multifactorielle : tendinite de la coiffe des rotateurs, immobilité de l'épaule,
perturbation du système neuro-végétatif, etc. Certains considèrent la capsulite adhésive comme l'expression d'une
algodystrophie réflexe ( syndrome épaule-main ).
Historiquement, Duplay décrivait, en 1896, la périarthrite scapulo-humérale qu'il imputait à une bursite adhésive
sous-deltoïdienne. En 1945, Neviaser décrivait la "capsulite adhésive" dont le nom a été retenu.

Pathologie

La capsulite adhésive est secondaire à un épaississement fibreux de la capsule articulaire avec rétraction de la
capsule. La synoviale peut ne pas être affectée et une décalcification de la tête humérale apparaît après quelques
mois d'évolution.

Étiologie

Primaire

Le tableau clinique s'installe progressivement, sans raison décelable. Coventry a décrit un profil de personnalité bien
défini et stéréotypé prédisposé à la capsulite adhésive, caractérisé par des traits anxiodépressifs, chez des
personnalités passives dotées d'un seuil bas de tolérance à la douleur. Si on ne retrouve pas nécessairement ces
traits chez tous les sujets, il arrive par ailleurs assez souvent que le tableau débute dans un contexte anxiogène de
grandes préoccupations ou de stress.

Secondaire

Le tableau 22-2 présente les conditions médicales les plus souvent rencontrées chez les malades affectés de
capsulite adhésive. De ces facteurs soulignons l'importance des tendinites de l'épaule, particulièrement la tendinite
de la coiffe des rotateurs, surtout si elle s'accompagne d'une attitude cyphotique du rachis cervical chez la personne
âgée, ou d'un diabète. La capsulite est aussi fréquente chez la personne âgée à la suite d'une fracture du col de
l'humérus due à une chute.

Tableau 22-2

Clinique

On reconnaît habituellement à la capsulite adhésive primitive trois phases d'une durée totale moyenne de 30 mois
(12 à 42 mois) :
- phase de douleur d'une durée de 10 à 36 semaines ;
- phases d'enraidissement d'une durée de 4 à 12 mois - plus cette phase est longue, plus longue est la récupération ;
- phase de récupération spontanée de 5 à 26 mois ; la récupération n'est pas toujours complète.

L'interrogatoire recherche toujours un facteur causal de capsulite adhésive qui, dans certains cas, pourrait être
réversible (médicaments). L'affection survient habituellement entre 50 et 60 ans, plus souvent chez la femme ; elle
est parfois bilatérale, notamment chez le diabétique(7,45).

L'examen montre essentiellement une limitation d'importance variable des mouvements actifs et passifs de l'épaule,
un spasme douloureux au niveau du trapèze, surtout au début de la maladie et, parfois, des changements trophiques
et des raideurs aux articulations de la main, si le syndrome épaule-main est complet. Le rythme scapulo-huméral est
nécessairement perturbé.
L'arthrographie montre la rétraction capsulaire : réduction de la capacité articulaire et diminution des dimensions de
l'image arthrographique.

Traitement

Idéalement, il est préventif. Sachant, en effet, que n'importe quelle affection de l'épaule peut entraîner un
enraidissement capsulaire, il convient d'avertir le malade et de lui recommander les mesures appropriées (exercices)
pour prévenir cette complication. Il importe aussi d'établir le bon diagnostic et de s'assurer que le blocage des
mouvements (actifs et passifs) n'est pas imputable à une arthropathie scapulo-humérale avancée.
Le diagnostic de l'affection doit être précoce pour qu'un traitement actif soit amorcé rapidement. La durée du
traitement est proportionnelle à la perte de mobilité de l'épaule. Dans le cas d'une mobilité très diminuée, le malade
devra s'astreindre à une longue rééducation et pourra rester avec une certaine incapacité.
Le traitement actif, quoique variable(28), vise deux objectifs, après avoir bien informé le malade, notamment de
l'évolution habituelle de la maladie et de son caractère réversibilité.

Calmer la douleur

• Infiltrations cortisonées intra-articulaires ou au foyer douloureux (tendon bicipital notamment).


• Bloc du nerf sus-scapulaire préparant aux étirements passifs de l'articulation scapulo-humérale.
• Blocs stellaires, s'il existe une composante d'algodystrophie réflexe.
• Modalités physiques : glace, électrothérapie antalgique et thermothérapie.

Améliorer l'amplitude articulaire

• Étirements actifs assistés de l'articulation scapulo-humérale, précédés de modalités antalgiques et d'un


programme d'exercices d'amplitude articulaire dans le but de retrouver une amplitude fonctionnelle.
• Mobilisation de l'articulation scapulo-humérale sous anesthésie générale ou locale intra-articulaire (10 ml de
lidocaïne 1% par exemple), habituellement couronnée de succès si le gain articulaire est maintenu
activement par la suite par le personnel soignant et le malade, malgré les déchirures des tissus mous
inhérentes à la méthode(48).
• Distension capsulaire par dilatation intra-articulaire au cours de l'arthrographie dans les cas légers à
modérés de capsulite adhésive.

Les malades présentant une capsulite adhésive limitant de façon significative la mobilité de l'épaule doivent suivre
assidûment un programme de rééducation comportant des exercices d'étirement ou des mobilisations articulaires
exécutés par un thérapeute. Dans ces cas, le malade laissé à lui-même risque d'abandonner ses exercices à cause
de la douleur qu'ils provoquent. Le suivi du malade étant compris, ce dernier consulte à nouveau, mais tardivement.
Le traitement doit alors être repris mais il sera beaucoup plus long à cause de la perte accrue de la mobilité de
l'épaule. Il faut alors souvent soumettre le malade à une manipulation de l'articulation scapulo-humérale sous
anesthésie générale ou locale. La manipulation sous anesthésie doit être réservée aux malades chez qui persiste
une limitation fonctionnelle de la mobilité de l'épaule après un traitement de rééducation. Cette manipulation est
suivie d'une infiltration de la bourse sous-acromiale pour soulager la douleur consécutive à la manipulation doit
s'accompagner d'une rééducation très précoce, dans les 24 heures qui suivent.