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Après les pesticides, aurons-nous bientôt de la radioactivité dans nos assiettes...

Nous savons déjà (Professeur Belpomme) que l’augmentation importante des cancers et de la stérilité masculine est en grande partie liée à la contamination chimique de notre alimentation et de notre environnement. Mais qu’en est-il de la contamination radioactive ?

Après les pesticides, aurons-nous bientôt de la radioactivité dans nos assiettes... Nous savons déjà (Professeur Belpomme)

La radioactivité est une pollution récente et sournoise.

60 ans à peine ... C’est peu pour que les hommes en aient vraiment pris conscience ... Et dès maintenant, on peut se demander si elle n’est pas responsable en partie du développement des maladies à travers la contamination de notre alimentation.

Depuis Hiroshima et Nagasaki en 1945, plus de 500 bombes atomiques ont explosé dans l’atmosphère pour des essais nucléaires. Parallèllement, l’industrie nucléaire s’est considérablement développée. Ces installations civiles ou militaires disposent d’autorisation de rejets d’effluents radioactifs dans l’air, les fleuves, les mers… Les végétaux peuvent-ils être touchés ? Et notre alimentation peut-elle en pâtir ?

Alimentations radioactives ?
Alimentations
radioactives ?

Par Annie et Pierre Peguin

Plusieurs évènements (Tchernobyl, vétérans des essais nucléaires, travailleurs du nucléaire, militaires US d’Irak) nous ont appris que l’irradiation accidentelle peut engendrer de graves maladies et atteindre le cœur du vivant en provoquant des mutations génétiques dont les répercussions se transmettent aux générations suivantes.

Les enfants de Tchernobyl, nés bien longtemps après la catastrophe, nous apprennent que contaminés par leur nourriture (lait, légumes et fruits), ils sont affaiblis et subissent diverses pathologies correspondant à un vieillissement prématuré de leur organisme. Les végétaux peuvent donc capter des atomes radioactifs et les transmettre aux animaux et aux humains. A contrario, quelques enfants, accueillis en France, ont eu de la pectine de pomme dans leur alimentation et ont vu leur radioactivité corporelle diminuée notablement.

Après les pesticides, aurons-nous bientôt de la radioactivité dans nos assiettes... Nous savons déjà (Professeur Belpomme)

La contamination alimentaire.

C’est à dire la présence dans nos aliments d’atomes radioactifs, soit qu’ils aient été déposés sur les plantes par la pluie, l’air et les poussières, (par exemple le thym contaminé lors des retombées de Tchernobyl) soit que ces atomes présents dans le sol soient absorbés par la plante et se fixent dans l’un de ses éléments. En particulier le Césium et le Strontium radioactifs sont métabolisés respectivement comme le potassium et le calcium s’intégrant ainsi aux organismes vivants !

Si les sols riches en humus retiennent assez fortement les polluants

Après les pesticides, aurons-nous bientôt de la radioactivité dans nos assiettes... Nous savons déjà (Professeur Belpomme)

Fruits Oubliés n°35 février 2005

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Deux projets vont

Deux projets vont

radioactifs, protégeant ainsi en partie les plantes qui y sont cultivées, il

n’en est pas de même pour les sols pauvres en éléments minéraux et les milieux forestiers.

complètement changer la donne :

Le premier émane de la commission du Codex Alimentarius

En particulier, les massifs montagneux reçoivent

 

une structure placée sous

plus de pollutions du fait des précipitations,

Les milieux nucléaires disent :

la double responsabilité de l’OMS et de la FAO,

et c’est ainsi que champignons, plantes aromatiques, voire sangliers se sont révélés contaminés par les mesures de la CRII-

«il n’y a pas de preuve que les faibles doses de radioactivité aient un effet néfaste sur la santé»

à la demande de l’AEIA, Agence internationale de promotion du nucléaire civil. Elle est sur le point d’adopter une norme

RAD. Le lessivage des sols par la pluie entraîne en profondeur les contaminants, mais ceux-ci sont recyclés par les racines et reviennent en surface. C’est également par les feuillages que légumes cultivés et végétaux peuvent absorber les éléments radioactifs. On sait qu'après Tchernobyl les autorités françaises auraient dû, comme dans les pays voisins, recommander de ne plus consommer temporairement de produits frais, de nombreuses maladies auraient pu être évitées.

Grâce à l’action de la CRIIRAD

Actuellement l’absence de

la norme et lorsqu’une pollution

autorisant l’importation et l’exportation des denrées alimentaires contaminées, autorisation délivrée sans limitation de temps et sans qu’il soit nécessaire de la justifier par une situation de crise. La seule condition requise est qu’elle soit inférieure à 1 becquerel par kilogramme (Bq/Kg) pour les produits les plus radio toxiques comme le Plutonium ; jusqu’à 10 000 Bq/Kg pour les produits supposés moins radio-toxiques comme le Tritium. Rien n’est dit sur l’accumulation dans le corps humain, pour nous qui

Les milieux nucléaires disent «il n’y a

Sous la pression du lobby nucléaire,

en1998-2001, la réglementation française stipule que tout ajout de radioactivité dans les aliments est strictement interdit.

sommes en fin de chaîne alimentaire. Le second émane de la CIPR (Commission internationale de protection radiologique). Elle recommande pour 2005 l’installation de «seuils d’exclusion».

contamination des aliments est

En dessous de ces seuils la contamination des déchets, matériaux, sols, objets et aliments

par la radioactivité artificielle est constatée elle est considérée comme accidentelle et peut donner lieu à des recherches de responsabilité. Des limites de contamination dites «acceptables» ont été fixées aux niveaux nationaux et internationaux, mais elles ne s’appliquent qu’en situation de crise et pour une durée limitée.

la légalisation de la contamination des aliments est programmée pour 2005 ! La norme ne sera plus l’absence de pollution mais une contamination déclarée acceptable par les autorités.

ne sera plus prise en compte : la radioactivité n’aura plus d’existence légale, nous n’en serons plus protégés et on pourra la retrouver dans le fer à béton comme dans nos casseroles.

pas de preuves que les faibles doses de radioactivité aient un effet néfaste sur la santé» mais il n’y a pas plus de preuves qu’elles n’en aient pas, de plus en plus on pense même que c’est le contraire ! Rien n’a été fait pour connaître l’impact réel et l’on peut être sûr que ces faibles doses cumulées s’ajoutant à la radioactivité naturelle auront un impact sur les générations futures, nous en serons alors responsables !

Deux projets vont radioactifs, protégeant ainsi en partie les plantes qui y sont cultivées, il n’en

L’irradiation des aliments.

Insidieusement, l’industrie nucléaire intervient aussi dans notre alimentation par l’irradiation des aliments : ce procédé consiste à exposer des aliments à de hautes doses de radiations

ionisantes, soit par rayons gamma (issus de substances radioactives, le Cobalt 60 ou le Césium 137), soit par des électrons projetés à très

grande vitesse. Il existe 7 centrales d’irradiation en France : quatre par rayons gamma (Le Mans, Nantes, Lyon, Marseille), et trois par électrons accélérés (Région parisienne, Troyes, Morbilhan).

L’Europe n’autorise que l’irradiation des épices et des herbes aromatiques séchées. En France par contre, une quinzaine de denrées alimentaires peuvent être soumises à ce traitement (épices, herbes aromatiques séchées ou surgelées, oignons, ail, échalotes, légumes et fruits secs, corn flakes et muesli, viande de volaille, cuisses de grenouilles, crevettes), mais pour ne pas inquiéter le consommateur on parle d’ionisation.

Deux projets vont radioactifs, protégeant ainsi en partie les plantes qui y sont cultivées, il n’en

Son mode d’action

Les radiations ne sont pas assez énergétiques pour toucher aux noyaux des atomes de nos aliments, les aliments ne deviennent donc pas eux-mêmes radioactifs. Par contre elles touchent les électrons périphériques des atomes, et des molécules de la substance, brisent leurs liaisons, les ionisent et modifient leurs structures. Plus les structures sont complexes, plus elles sont vulnérables : l’ADN des cellules, les tissus germinatifs, les tissus embryonnaires.

Les industries agroalimentaires y voient un moyen rêvé pour arrêter la germination des pommes de terre, oignons… détruire les œufs et les premiers stades larvaires dans les farines et les grains, stériliser les insectes adultes ; une solution miracle contre les maladies d’origine bactérienne alimentaire (salmonellose, infections à E. coli…)

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Ses méfaits.

D'une part, l’irradiation détruit une grande partie des vitamines et nutriments présents dans les aliments. De plus, elle détruit certaines bactéries qui sont pourtant très utiles puisqu’elles agissent sur l’apparence (pourrissement, odeur) et permettent ainsi aux consommateurs de repérer les aliments douteux. Les aliments irradiés paraissent sains, mais ne le sont pas toujours. L’irradiation peut être utilisée comme substitut à de bonnes pratiques alimentaires.

Des études récentes montrent qu’une substance particulière créée par l’irradiation des aliments, l’alkylcyclobutane, pourrait être facteur de cancer. Des animaux de laboratoire nourris d’aliments irradiés sur de longues périodes souffrent de maladies génétiques, de problèmes de reproduction, de déformations et de mortalité précoce.

Enfin, l’irradiation, en allongeant la durée de vie des produits risque d’accentuer la délocalisation des produits agricoles, elle favorise la production d’aliments par des multinationales dans des conditions sociales et environnementales déplorables et elle met en péril la biodiversité par le développement des monocultures au Nord comme au Sud. Cela favorise la multiplication des transports et un gaspillage énergétique monstre. En conclusion , des aliments produits dans de bonnes conditions sanitaires et commercialisés dans des délais raisonnables n’ont pas besoin d’être irradiés.

Ses méfaits. D'une part, l’irradiation détruit une grande partie des vitamines et nutriments présents dans les
Que pouvons-nous faire ?
Que pouvons-nous faire ?
Ses méfaits. D'une part, l’irradiation détruit une grande partie des vitamines et nutriments présents dans les

Nous vous proposons deux pistes non exclusives :

  • La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendant sur la Radioactivité créée après Tchernobyl face à l’incurie de l’Etat, et ultime rempart scientifique français face au lobby du nucléaire- appelle à signer la pétition « contre la commercialisation des aliments radioactifs ». De plus, comme la Criirad gêne, il faut la soutenir. Adresse : Criirad, Le Cime, 471 Ave Victor Hugo, 26000 Valence.

  • Le Réseau Sortir du Nucléaire qui fédère plus de 600 associations appelle à une action légale et non violente pour s’opposer à la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, l’EPR. Pour cela il est demandé à chacun de renoncer au prélèvement automatique de ses factures (simple coup de téléphone à EdF), et de régler en plusieurs chèques en indiquant en leur dos la référence de la facture. Adresse : Réseau Sortir du Nucléaire, 9 rue Dumenge,69317 Lyon Cedex 04.

Fruits Oubliés n°35 février 2005

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Appel National pour l'interdiction de

des l'irradiation aliments

Nous, citoyens, consommateurs, travailleurs, organisations de défense de la santé publique, de protection de l'environnement et luttant pour une économie plus juste et plus solidaire, affirmons notre refus de l'irradiation des aliments et demandons l'interdiction de ce procédé.

La production et la consommation d'aliments irradiés représentent de nombreuses menaces pour la santé publique (perte de nutriments et de vitamines dans les aliments irradiés, augmenta- tion des risques de cancer, de malformation, et de carences nutritionnelles) et pour l'environ- nement (multiplication des risques liés au transport et à l'utilisation de substances hautement radioacti- ves dans les centrales d'irradiation des aliments).

L'irradiation des aliments se géné- ralise sans aucun débat démocra- tique, et cela alors même que ce procédé touche au quotidien de tous les citoyens : à notre alimen- tation, à notre santé, à la qualité de notre environnement et à la survie de l'économie locale, et notamment de l'activité agricole.

Des aliments produits et transformés selon des normes sanitaires rigoureu- ses n'ont pas besoin d'être irradiés. L'irradiation, partout où elle est pratiquée, encourage la détérioration des conditions d'hygiène en amont de la chaîne.

  • Allonger la durée de conservation des aliments pour permettre le stoc- kage et le transport sur un temps plus long, et ainsi supprimer le dernier obstacle à la circulation mondiale des produits, à la globalisation des échan- ges agricoles et alimentaires.

Ces deux usages n'ont d'intérêt ni pour le dynamisme de nos écono - mies locales, ni pour les consomma- teurs. Bien au contraire : ils encouragent la délocalisation de nos agricultures et de l'industrie de transformation qui y est liée, contribuent à la dégradation des conditions de production des produits alimentaires et empêchent les consommateurs de juger de la fraîcheur et de la qualité des aliments achetés.

Face à cette situation, nous exigeons :

  • l'interdiction de l'irradiation des produits alimentaires ;

En fait, l'irradiation des aliments est utilisée avec deux objectifs principaux :

Réduire les coûts de production en contournant les normes sanitaires :

Appel National pour l'interdiction de des l'irradiation aliments Nous, citoyens, consommateurs, travailleurs, organisations de défense de

l'irradiation permet d'éliminer en bout

  • l'interdiction de la commercialisa- tion d'aliments irradiés.

En outre, dans les plus brefs délais, nous demandons :

Un dispositif d'in- formation transparent pour les habitants des

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Signez la pétition sur le site

d'Action Consommation :

www.actionconsommation.org

Ou l'obtenir par courrier à :

Action Consommation, 21 ter, rue de Voltaire, 75011 Paris

de chaîne certaines bactéries et insectes qui infectent les aliments. Ce procédé est utilisé prioritaire- ment par les industries dont les pratiques sanitaires sont douteu- ses.

communes où sont situées les centra- les d'irradiation des aliments, tout particulièrement lorsque celles-ci utilisent des substances radioactives (conditions de stockage, transport, mécanisme en cas d'accident, etc.) ;

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    • Le respect de la Loi concernant l'étiquetage des aliments irradiés, commercialisés en France. Pour que la Loi soit respectée, les autorités pu- bliques doivent mettre en place des programmes d'analyses et d'enquêtes sur les aliments irradiés commer- cialisés illégalement. Ces enquêtes

devront viser particulièrement les catégories de produits pour lesquel- les la Commission Européenne a repéré un grand nombre de fraudes (fines herbes, crustacés, cuisses de grenouilles, champignons, etc. 29% des compléments alimentaires testés dans l'Union Européenne en 2002 étaient irradiés).

  • L'application de sanctions effectives contre les entreprises qui ne respec- tent pas la législation. Les entreprises de distribution qui commercialisent illégalement des produits irradiés devraient être soumises à des amen- des substantielles. Le rapport de la Commission Européenne sur le trai- tement des denrées alimentaires par ionisation pour l'année 2002 signale :

"il est apparu que certaines entrepri- ses qui sont établies en France et qui appliquent le traitement par irradia- tion ne satisfont pas aux dispositions

en matière d'étiquetage des denrées et ingrédients alimentaires. Les autorités compétentes françaises ont

donc rappelé à ces entreprises les dispositions en question". Ces entreprises devraient se voir im- médiatement retirer leur agrément ;

  • La signalisation de tous les aliments irradiés ou contenant des ingrédients

irradiés distribués dans la restaura- tion, et tout particulièrement dans les cantines scolaires.

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