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L’ONDE ULTRASONORE

PROPRIETES PHYSIQUES
SEMIOLOGIE
ET
ARTEFACTS

GULLO GIUSEPPE AVRIL 2007


PROPRIETES PHYSIQUES
Les catégories de son
• Les sons sonts classifiés en quatre
catégories, selon leur fréquence:
¾Infrasons 0-20 Hertz
¾Sons audibles 20 Hz-20 kHz
¾Ultrasons 20 kHz-1 GHz
¾Hypersons >1GHz
• En médecine les fréquences utilisées se
situent entre 2 et 20 MHz
Définitions
• L’onde sonore est une onde mécanique qui
nécessite un milieu matériel élastique et
déformable pour se propager
• L’onde sonore consiste en une propagation
de proche en proche d’une déformation qui
provoque localement des variations de
pression et des oscillations des molécules
autour de leur position d’équilibre
Caractérisation
• L’onde sonore est une onde de pression
longitudinale, les molécules vibrant dans la
direction de propagation de l’énergie
• Le passage de l’onde induit des zones de
détente et compression
Caractérisation
• L’onde sonore est définie par sa longueur
d’onde λ et sa fréquence f qui sont liées par
la relation
λ= c/f
• c correspond à la vitesse de propagation de
l’onde dans le milieu, il est constant pour
chaque milieu et dépend de son élasticité E
(capacité du milieu à retrouver sa forme et
taille d’origine) et de sa densité ρ (proximité
des molécules)
c = (E ρ-1)1/2
Caractérisation
L’élasticité
• L’élasticité dépend principalement de
la température et de la pression .
Ces dernières étant ~ constantes dans
le corps humain , cela rend ce
paramètre négligeable dans le domaine
médical
Vitesses de propagation
Tissu c (m/s)
Eau 1480
Air 340
Sang 1566
Os spongieux 1450 - 1800
Os cortical 3000 - 4000
Graisse 1450
Muscle 1550 - 1630
Peau 1600
Cerveau 1530
Foie 1560
Moyenne tissus mous 1540
L’impédence acoustique
• L’impédence acoustique Z représente la résistance
du milieu à la propagation de l’onde
Z = ρc = A/Vm
Tissu Z (kg m-2 s-1)
Eau 1.48*106
Air 440
Sang 1.66*106
Os cortical 4.11 - 8*106
Graisse 1.38*106
Muscle 1.65 – 1.74*106
Cerveau 1.55*106
Foie 1.65*106
Moyenne tissus mous 1.63*106
Interface
• Une interface acoustique est définie
comme étant la surface de séparation
entre deux milieux de Z différents.
L’onde entrant en contact avec cette
interface subit de nombreux
phénomènes qui selon leur importance
et leurs combinaisons définiront
l’image finalement restituée
Les phénomènes d’interaction
• Transmission
• Réflexion
• Réfraction
• Diffusion
• Absorbtion
• Atténuation
Ils obéissent aux mêmes lois que la lumière
(lois de Descartes) et sont responsables de
nombreux artefacts
Phénomènes d’interaction
Transmission
• Lorsqu’ une onde passe d’un milieu à un
autre, une partie de l’énergie incidente est
transmise et l’autre est réfléchie au niveau
de l’interface séparant ces deux milieux
• La transmission est directement liée à
l’impédence acoustique du milieu traversé
Itransmi / Iincident = 4Z1Z2 / (Z2+Z1)2
Réflexion
• Le faisceau réfléchi repart avec un angle
identique à l’angle d’incidence
θ réfléchi = θ incident
• La réflexion est aussi directement liée à
l’impédence acoustique du milieu traversé
Iréfléchi / Iincident = (Z2-Z1)2 / (Z2+Z1)2
Réflexion
• Plus la différence d'impédance acoustique entre
deux tissus est élevée, plus la réflexion est grande
• Si la réflexion à lieu sur une surface irrégulère,
elle sera omnidirectionnelle et de faible amplitude
Réfraction
• Le faisceau transmi ne conserve sa direction
initiale que dans le cas où il est perpendiculaire à
l’interface. Dans tous les autres cas il est
partiellement dévié ce que l’on appelle la
réfraction
• La réfraction se produit avec un angle qui est
fonction des différentes impédences acoustiques,
donc des vitesses
• On la défini par la loi de SNELL
sin θincident / cincident = sin θréfraction / créfraction
Réfraction
• Plus la différence de vitesse de propagation est
grande, plus la réfraction est importante

Angle
V2>V1 V2<V1 Critique
Diffusion
• Correspond à la réémission dans toutes les
directions de l’espace d’une fraction minime de
l’énergie ultrasonore
• Elle dépend de la taille des structures internes des
organes et de son rapport à la longueur d’onde
• Diffusion directionnelle si Φ > λ
• Diffusion antérieure et postérieure si Φ = λ
• Diffusion omnidirectionnelle si Φ << λ (∝d6f4)
Diffusion

Omnidirectionnelle Antérieure et postérieure Directionnelle


ou de Rayleigh Φ=λ Φ>λ
Φ << λ
Absorbtion
• Elle est due a la transformation de l’énergie
mécanique en chaleur par des phénomènes
de friction interne (liés à la viscosité) et au
temps de relaxation des molécules (durée du
retour à leur position initiale entre chaque
onde)
Atténuation
• Au cours de sa propagation au sein du tissu
l’énergie de l’onde est atténuée par de multiples
mécanismes (réflexion, réfraction, diffusion,
absorbtion et divergence du faisceau)
• Elle est décrite par une décroissance exponentielle
Ix = Io e-μx
• Ou par la réduction d’intensité en dB
R=βfx
x = épaisseur traversée
μ et β = coefficient d’atténuation
Atténuation

I2/I1

dB
• Les ondes de fréquences les plus élevées sont plus
facilement absorbées et diffusées que les ondes de
fréquences plus basses
SEMIOLOGIE
Sémiologie
Science dont l’objet est l’étude des signes, en
l’occurrence échographiques en liaison avec
les informations qu’ils révélent
Sémiologie
• L’image échographique est une image par
réflexion
• Il est important que les interfaces que l’on
souhaite visualiser soient les plus
perpendiculaire possible à la ligne de tir
pour que les échos réfléchis soient
enregistrés par la sonde
Principe de réception de l’onde
• Les sondes sont à la fois émettrices et récéptrices
• L’émission de l’onde ne représente que 1% du
temps total (~ 1ms), le reste du temps la sonde est
en mode réceptrice (émission pulsée)
• Chaque fois que le faisceau rencontre une
interface une fraction en sera réfléchie
• L'onde ultrasonore réfléchie est détectée par le
transducteur, amplifiée et numérisée
• La profondeur de l’écho est calculé selon son
“temps de vol” à la vitesse de 1540 m/s
• Les niveaux de gris sont rendus en fonction de
l’intensité de l’écho
Echogénicité
• Sur l’image les différentes structures
du corps humain sont rendues dans une
échelle de gris variant du noir au blanc,
chaque structure possédant sa propre
faculté à produire un écho appelé
échogénicité
Echos d’interface et de structure
• Deux types d’échos composent l’image finale :
¾Les échos aux interfaces régis par des
réflexions au niveau des interfaces des
structures macroscopiques
¾Les échos de structure régis par une réfléxion
diffuse de faible amplitude au niveau tissulaire
(diffusion et dispersion de l’onde par les micro-
hétérogénités tels que les capillaires, le tissu
conjonctif, la graisse, les îlots cellulaires…)
Anéchogène
• Dit d’une zone noire vide d’échos, aussi appelée
transsonore

Anéchogène
Hypo, hyper et isoéchogène
• L’importance des échos au sein du tissu
permettra de les décrire comme
hypoéchogène, échogène ou hyperéchogène
en fonction de nombre d’échos réfléchis
(peu à beaucoup)
• Deux structures de même échogénicité
seront appelées isoéchogènes
Hypo, hyper et isoéchogène

Hyperéchogène

Hypoéchogène Isoéchogène
Interface et paroi
• Une interface représente une limite sans
épaisseur physique séparant deux milieux
d’impédance acoustique différents
• Une paroi est une structure anatomique
supérieure à 2 mm séparant deux milieux
d’impédance acoustique différents ou
identiques
Homogène et hétérogène
• La répartition de l’échogénicité (régulière ou
variable) au sein d’un tissu permettra de le décrire
comme homogène ou hétérogène

Homogène Hétérogène
Déscription de différents tissus
• Les liquides purs comme l’urine, le sang, la bile,
le liquide libre sont visibles en noir
• Les liquides impurs comme la vieille urine ou
l’épanchement pleural ont des échos variables
• Les tissus mous ont des zones d’impédance
acoustique variables séparées par des parois
• La graisse est plus échogène que le muscle
• L’hématome frais est hyperéchogène, puis en se
liquéfiant il devient hypoéchogène
• Les structures solides cristallines (calcifications,
os) et les gaz possédent des interfaces
hyperéchogènes
La description de l’image
• Une description précise de l’image
échographique repose sur trois éléments :
¾La localisation
¾La caractérisation
¾La synthèse (conclusion du radiologue)
La localisation
• Reconnaître la structure anatomique et la
visualiser dans l’espace
• Définir l’emplacement des anomalies au
sein d’une structure
La caractérisation
• Topographie
¾ Contours (réguliers, irréguliers)
¾ Forme (rond, ovale, oblong, spiculé)
¾ Dimensions (mesure)
• Echostructure
¾ Échogénicité (anéchogène, hypo, hyper)
¾ Homogénicité (homogène, hétérogène)
¾ Artéfacts complétant la caractérisation (cône
d’ombre, renforcement postérieur)
• Vascularisation
¾ Sens du flux (s’approche ou s’éloigne)
¾ Vélocité (f Doppler = 2 vsang f cosθ / c tissus mous)
¾ Index de résistance IR (indépendant de l’angle)
La synthèse
• Informations obtenues en temps réel
• Analyse des structures et anomalies
visualisées dans le contexte des indications
cliniques
Types de lésions

Anéchogène Hypoéchogène

Isooéchogène Hyperéchogène
Types de lésions (suite)

Hyperéchogène Complexe

Entouré d’un halo Complexe


Exemple
• Localisation : partie
antéro-supérieure du lobe
droit de la thyroïde
• Caractérisation : structure
à contours réguliers,
ronde, de 7.4mm,
hyperéchogène entourée
d’un fin liseré
hyperéchogène,
homogène, sans cône
d’ombre, vascularisée
• Temps réel du radiologue
et synthèse
ARTEFACTS
Les artéfacts
• Ils sont la conséquence de phénomènes
physiques qui modifient les images
échographiques
• Ils sont en général liés à des problèmes
d’absorbtion du faisceau ou à des réflexions
inadéquates
Les différents types d’artéfacts
• Atténuation
• Ombre acoustique
• Renforcement postérieur
• Révérbération (queue de comète)
• Miroir
• Volume partiel
• Lobe latéral
• Effet de bord
• Anisotropie
• Vitesse du faisceau
Atténuation
• L’atténuation du faisceau selon une
décroissance exponentielle entraîne un
affaiblissement de l’intensité de l'onde
provenant des zones profondes, elle est
représentée à l’écran par une zone
hypoéchogène
• Les structures en profondeur sont donc plus
difficiles à observer
Atténuation

Echelle log.
Ombre acoustique
• Produit à chaque fois que le faisceau rencontre une
structure avec une impédance acoustique très
différente.
• Toutes les ondes sont réfléchies au niveau de la
structure (os, gaz, calculs), ce qui se traduit par un
cône d’ombre (en noir car il n’y a aucune
information) postérieurement à la structure
réfléchissante
• Le cône d’ombre permet d’identifier la présence
d’un calcul ou d’une calcification, mais il peut
aussi masquer des organes se situant derrière des
gaz ou des structures osseuses comme les côtes
Ombre acoustique
Renforcement postérieur
• Produit à chaque fois que le faisceau traverse une
structure liquidienne anéchogène
• Postérieurement à la structure il y a une zone
hyperéchogène due à la non-atténuation des échos,
les ondes des structures voisines étant elles
atténuées
• Le renforcement postérieur marque la nature
liquidienne de la structure, mais il peut aussi
induire une mauvaise interprétation de l’image
située dans son prolongement
Renforcement postérieur

Atténuation
Echelle log.
Révérbération (queue de comète)
• Survient lorsque deux interfaces très échogènes et
parallèles sont situées sur le trajet de l’onde
• Certaines ondes se retrouvent prisonnières et font
plusieurs aller-retour avant de repartir au détecteur
créant ainsi des lignes parallèles et équidistantes
placées à des profondeurs excessives sur l’image
• La queue de comète est un cas particulier de
réverbération créé par des micro-bulles d’air ou
des cristaux de choléstérol qui formeront une ligne
échogène composée de multiples échos contigus
Révérbération (queue de comète)
Miroir
• Survient lorsque le faisceau se réfléchi sur une
interface linéaire très échogène
• L’onde incidente se réfléchi avant d’atteindre une
autre structure, au retour les échos reprennent le
même chemin, se réfléchissant à nouveau contre
l’interface linéaire avant d’atteindre la sonde
• L’appareil interprettant toujours l’onde en ligne
droite, il replacera l’écho derrière l’interface
créant une fausse image symétrique à la vraie par
rapport à l’interface
Miroir
Volume partiel
• Rencontré lorsque l’épaisseur du faisceau
interresse à la fois une structure liquidienne
et les parties molles adjacentes
• Une fraction des parties molles sera intégrée
à la structure liquidienne, introduisant
faussement des échos dans cette structure
Volume partiel
Lobe latéral
• Lié au retour d’énergie ultrasonore vers la sonde
en dehors de l’axe
• La sonde émet un faisceau ultrasonore principal et
plusieurs lobes secondaires d’intensité moindre
• Seul le faisceau principal est pris en compte pour
le retour des échos, ceux générés par les lobes
secondaires seront placés alors par erreur dans la
direction du faisceau principal générant un artéfact
Lobe latéral
Effet de bord
• Lié à la réflexion de l’onde sur la paroi d’un
objet arrondi
• La réflexion oblique sur les bords entraîne
une déviation du faisceau et de ce fait des
zones où aucun écho est détecté
Effet de bord
Anisotropie
• L’échogénicité de certaines structures dépendent
de l’orientation du faisceau, elles sont alors dites
anisotropiques
• L’échogénicité est maximale lorsque le faisceau
incident arrive perpendiculairement à la structure
et elle diminue lorsque l’obliquité augmente
• C’est principalement le cas de structures
tendineuses (β perpendiculaire aux fibres 3.3, β
parallèle aux fibres 1.2)
Anisotropie
• Faisceau à 90°

• Faisceau à 60°

• Faisceau à 30°
Vitesse du faisceau
• La vitesse de propagation du faisceau varie
selon les milieux biologiques, mais pour les
calculs du « temps de vol » l’appareil prend
en compte la vitesse moyenne dans les
tissus mous qui est de 1540 m/s
• Il peut en résulter une localisation spatiale
aberrante causée par une trop grande
différence entre la vitesse réele et la vitesse
calculée
Vitesse du faisceau

c = 2200 m/s
d = 21 mm

c = 1540 m/s
d = 21 mm c = 1540 m/s
d = 30 mm