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BIBLIOGRAPHIE & OUVRAGES A EMPRUNTER

En partenariat avec la Bibliothèque municipale d’Asquins

Bouché Geneviève, Changeons de civilisation, Ed. Kawa (2015)

Bresson Yoland, Le revenu d’existence, ou la métamorphose de l’être social : Les fonde- ments philosophiques du revenu d’existence, Ed. L’Esprit Frappeur (2000)

Bresson Yoland, Une clémente économie, au-delà du revenu d’existence, Ed. L’Esprit Frappeur (2008)

De Basquiat Marc, Koenig Gaspard, LIBER, un revenu pour tous, Editions de l’Onde

(2015)

Ferry Jean-Marc, L’Allocation universelle, pour un revenu de citoyenneté, Ed. Cerf (1996)

Liegey Vincent, Stéphanie, Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot, Un projet de décroissance - pour une dotation inconditionnelle d’autonomie, Ed. Utopia

(2013)

Méda Dominique, Le travail, une valeur en voie de disparition ?, Ed. Flamarion (2010)

Mylondo Baptiste, Ne pas perdre sa vie à la gagner, pour un revenu de citoyenneté. Ed. Homnisphères (2008)

Mylondo Baptiste, Un revenu pour tous, précis d’utopie réaliste, Ed. Utopia (2010)

Mylondo Baptiste, Pour un revenu sans condition, garantir l’accès aux biens et aux ser- vices essentiels, Ed. Utopia (2012)

Van Parijs Philippe et Vanderborght Yannick, L’Allocation universelle, thèses et débats, Ed. La Découverte, Coll. Repères (2005)

Vicherat Denis (Dir.), Mouvement Utopia : Le travail, quelles valeurs ?, Ed. Utopia

(2012)

Revue L’économie politique n°67, “Faut-il défendre le revenu de base ?” (2015)

L’Inconditionnel, journal diffusé gratuitement sur certains points référencés sur le site du magazine où l’on peut aussi le télécharger gratuitement au format pdf : http://lin- conditionnel.info/

Temps de cerveau disponible

Les débats du Collectif Citoyen Vézelien

BIBLIOGRAPHIE & OUVRAGES A EMPRUNTER En partenariat avec la Bibliothèque municipale d’Asquins Bouché Geneviève, Changeons de

Un revenu pour tous :

utopie ou réalisme ?

Intervention d’Alexandre Laurent-Duhamel 19 décembre 2015 - Café les Hirondelles (Asquins)

www.tempsdecerveaudisponible.org

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. (

...

)

Toute personne

a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa

famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médi- caux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. » Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948

« le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. » Définition du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB)

« Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue. » Victor Hugo

Il y a quelques mois, dans le cadre de ce cycle de conférences, Julien Gautier décrivait les crises répétées dont fait l’objet le capitalisme. La crise présente se traduit à la fois par une forte hausse des inégalités et par des profits réalisés de plus en plus en dehors de l’industrie manufacturière. Ce qui aboutit à la fois à une baisse du temps global du travail rémunéré et à une panne de la croissance. Dès lors que ces problèmes sont mis en évidence, le revenu de base – universel, individuel et inconditionnel – peut constituer une partie de leur solution ou a minima contrer leurs effets néfastes sur notre société.

La première apparition d’un revenu universel a lieu au XVIème siècle dans l’Utopie de Thomas More. Il y est alors question de la lutte contre la criminalité. Le revenu universel revient à la fin du XVIIIème siècle par l’intermédiaire de Thomas Paine, figure des révolutions américaine et française. Il développe dans son ouvrage La justice agraire l’idée d’une dotation inconditionnelle versée à chaque adulte au nom de la propriété commune de la terre et du juste partage de ses fruits. Depuis, différents intellectuels se sont intéressés au sujet, à l’image du philosophe décroissant André Gorz, lui-même convaincu par l’économiste Yoland Bresson qui porta l’idée d’un revenu d’existence sur le territoire national pendant de longues années.

De nos jours les notions de travail et d’emploi sont fréquemment confondues au point que certaines valeurs relevant des bienfaits mobilisateurs, socialisants et formateurs de l’activité brute, du travail, sont décrites de plus en plus comme in- dissociables de l’emploi. Et ce, alors même que la société souffre de la rareté crois- sante de ce dernier. Pour pallier ces difficultés d’emploi et d’accès à un re venu,

des dispositifs de protection sociale existent. C’est le cas du Revenu de Solidarité Active qui a pour mission de venir financièrement en aide aux personnes dis- posant de faibles revenus et d’encourager le retour à l’emploi. Cependant, le RSA ne parvient pas à remplir pleinement sa mission première. Ainsi, seulement 70% des personnes ayant droit au « RSA socle » en faisaient la demande en 2012 et 32% pour le « RSA activité ». De plus, le montant du RSA alloué est variable en fonction de la composition du foyer. Un effet de cette conditionnalité est la dépendance d’un membre vis-à-vis d’un autre, créée au sein du foyer.

Le premier enjeu de la mise en œuvre d’un revenu de base est l’inclusion de chacun à travers un droit commun et automatique. Les effets recherchés par les défenseurs du revenu de base vont de l’émancipation du citoyen à la sim- plification de la protection sociale, en passant par une réduction choisie et un meilleur partage du temps de travail. Un revenu de base, en s’appuyant sur un financement via une taxe carbone, permettrait aussi d’obtenir des résultats dans le domaine de la transition environnementale en favorisant l’achat de produits et services respectueux de l’environnement.

Différents montant sont aujourd’hui avancés et discutés, depuis l’idée d’un re- venu minimum nécessaire (autour de 450 €) jusqu’à celle d’un revenu suffisant (1000 € et plus). Les financements envisageables sont également variés : impôt sur le revenu, taxe sur la consommation, rente associée à l’automatisation, une taxation plus efficace du patrimoine, en s’appuyant sur la taxe carbone voire la distribution d’un « dividende universel ». Les modalités de mise en place font aussi l’objet de réflexions et de travaux, et le “Mouvement français pour le rev- enu de base” travaille actuellement sur ce que pourrait être une instauration par étapes d’un revenu de base en France.

A l’international le revenu de base fait son chemin, aussi bien auprès des popu- lations que dans les débats politiques. En Finlande plusieurs versions de revenu de base seront expérimentées à partir de 2017. La Suisse organisera en 2016 une votation nationale. Aux Pays-Bas près de 50 communes se disent prêtes à expérimenter un revenu de base. En Hongrie et en Bulgarie des personnali- tés politiques, syndicats et organisations de la société civile se mobilisent pour l’instauration d’un revenu de base. Le collectif anglais Positive Money propose quant à lui que la BCE face du quantitative easing pour le peuple. Autrement dit qu’elle procède au versement de 60 milliards d’euros aux citoyens européens et non pas aux banques comme c’est le cas actuellement. Ce versement constitu- erait un dividende universel mensuel de 150€. Cette initiative pourrait dès lors contribuer au financement d’un revenu de base. Enfin, la région Aquitaine a récemment voté une motion pour l’expérimentation d’un RSA automatique. Un premier pas vers un revenu de base en France ?