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La préparation physique est un domaine qui est régit par une connaissance

approfondie des différents facteurs de la performance en football. Dellal Alexandre et


ses collègues, tous praticiens, ont souhaité présenter les différents principes
fondamentaux de l’entraînement de la condition physique en association avec leurs
applications pratiques. Cet ouvrage est précis, complet, scientifique et accessible à
tous, de l’amateur au professionnel. Il présente :
• Une analyse de l’activité du footballeur de haut niveau spécifique au poste
(plus de 300 matchs analysé dans les plus grands championnats
européens) ;
• Une analyse des différents facteurs de la performance (vitesse, endurance,
stretching, coordination, force, échauffement) ;
• Une étude sur les différents moyens de gestions et de contrôle des charges
d’entraînement,
• Une analyse de l’évaluation spécifique au football ;
• Une présentation des différentes blessures du footballeur (origine,
description et moyens de rééducations) ;
• Une approche spécifique de la préparation physique en équipe nationale ;
• Une présentation des exigences d’entraînement et de condition physique
des arbitres ;
• Un dictionnaire du football en 6 langues.

Chacune des parties est spécifiquement accompagnée d’avis d’experts du football


de haut-niveau. José Mourinho, Jürgen Klinsmann, Vahid Halilhodzic, Didier
Deschamps, Claude Puel, Bruce Arena, Christian Gross, Jean-Marc Furlan, Frédéric
Antonetti, Philippe Lambert, Philippe Delgove, Pr Jaeger, Dr Jean-Marcel Ferret,
Frédéric Mankowski, Robert Duverne, Georges Gacon ont contribué à cet ouvrage.

Ainsi, ce livre permet d’affiner vos connaissances afin d’élaborer vos charges
d'entraînement (intensité, durée, forme) avec plus de précisions, en ayant pris
conscience des réponses physiologiques qu'elles occasionnent sur le plan
métabolique, cardiorespiratoire et musculaire. Il vous servira à construire ou à étoffer
votre méthodologie d’entraînement conformément à votre cohérence et votre logique.
La science est accessible à tous, mais la réussite de vos entraînements et de la gestion
de votre équipe ne tient qu’à vous, qu’à votre ressentit, à votre capacité à sans cesse
vous adapter et à votre réflexion.

Cet ouvrage collectif intéressera l’ensemble des entraîneurs, préparateurs


physiques, kiné du sport, médecin du sport, joueurs, étudiants, chercheurs,
universitaires en STAPS, formateurs au BE football… tout ce qui touche au domaine
de la condition physique du football que l’on soit amateur ou professionnel.

Une partie des fonds est directement


reversée à l’association Diambars au
Sénégal et en Afrique du Sud. Son
objectif est de former des footballeurs
de haut niveau et de faire du pouvoir
d’attraction du football, un véritable
levier pour l’éducation.
PARTIE B

LE SUIVI DES
JOUEURS

⇒ Chapitre 1 : Gestion de la charge d’entraînement en football


⇒ Chapitre 2 : Tests d’évaluations
⇒ Chapitre 3 : Les blessures du footballeurs
Contrôle et suivi de
l’entraînement en
football : Périodisation et
charges d’entraînement
Aaron Coutts, Karim Chamari, Franco Impellizzeri et Ermanno Rampinini

« Nous effectuons un travail individualisé, à la carte. Le staff technique doit agir


comme un cuisinier, en modifiant les menus de chaque joueur selon les besoins du
moment de chacun. Tout le groupe doit être dans un même état de performance.
L’individualisation des charges constitue une des bases de la préparation physique du
football moderne. Nous devons adapter selon différents paramètres tels que les temps
de jeu, le suivit physiologique… Ainsi, nous effectuons des séances communes et
d’autres à la carte, individualisé », Claude Puel.

« Le football de haut-niveau moderne entraîne un enchaînement et un nombre de


match très dense dans des périodes très courtes. La gestion de l’entraînement est
primordial dans ce cas : il faut anticiper les périodes de grosses charges de matches en
aménageant l’entraînement avant et après ces périodes. Il faut gérer à bon escient le
calendrier, c'est-à-dire programmer le calendrier correctement en fonction des charges
de matches », Dr Jean-Marcel Ferret.
« L'entraînement, consiste à imposer à l'organisme un ensemble de charges
paramétrées, planifiées dans le temps et qui engendrent une certaine fatigue. Après
une phase de récupération, on constate que le joueur récupère de cette fatigue et
atteint un niveau de condition physique supérieur à celui qu'il avait auparavant. S'il est
clair que pour progresser, l'organisme doit être soumis à des charges d'entraînement
élevées, celles-ci doivent impérativement être associées à des charges plus faibles
dans un souci d'équilibre. Une attention toute particulière doit être portée non
seulement sur le juste choix des composantes de la charge proprement dite mais
également sur le dosage adéquat du couple charge-récupération que ce soit au niveau
de la séance que dans la planification car tout déséquilibre est fatal et débouche tôt ou
tard sur le surentraînement », Georges Gacon.
1. Introduction

Il est largement reconnu que la périodisation appropriée de l’entraînement est


fondamentale pour l’obtention de performances optimales en sport. Jusqu’à
récemment, il était très difficile de quantifier les Charges d’Entraînement (CE)
réalisées par les footballeurs à cause des difficultés de mesure des divers types de
stress d’entraînement subis pendant les séances. Cependant, au cours de la dernière
décennie la méthode RPE de contrôle de la CE est devenue un outil très utilisé pour
contrôler les périodisations d’entraînement dans divers sports, et certaines équipes de
football (FB) ont adopté cette approche. Cette méthode permet aux entraîneurs de
contrôler les perceptions individuelles des CE des joueurs et de suivre les
périodisations ou programmations de l’entraînement. Dans ce chapitre, nous
examinons l’utilisation de cette méthode, sa validité scientifique, et présenterons les
procédures d’utilisation de la méthode pour améliorer le processus d’entraînement en
FB. Enfin, nous présentons aussi des exemples de périodisation de quelques équipes
de Football (au sens large du terme avec les différentes formes de football à travers le
monde), et quand cela est possible, nous insistons sur des données provenant d’études
sur le football (au sens Européen du terme – soccer en Anglais).

2. Modèles de Périodisation Existants

Il existe une multitude de références sur les stratégies de périodisation de


l’entraînement dans les divers sports (Woodman et Pyke, 1991 ; Kibler et Chandler,
1994 ; Jenkins, 1995 et 1996 ; Dawson, 1996 ; Martin et Coe, 1997 ; Daniels, 1998 ;
Rowbottom, 2000 ; Norris et Smith, 2002 ; Noakes, 2003 ; Gamble, 2006), cependant
la plupart des modèles présentés dans la littérature sont basés sur des
expérimentations informelles des entraîneurs. La littérature traditionnelle étudiant la
périodisation la décrit comme une structure dédiée aux charges d’entraînement (CE)
programmées et aux variations systématiques des paramètres de l’entraînement dans
le but d’optimiser les adaptations à des sports particuliers (Martveyev, 1982 ; Bompa,
1996). Pour certains sports d’équipe, les modèles typiques de périodisation incluent
les phases suivantes : Préparation générale, Préparation spécifique, Pré-compétition et
Compétition (Woodman et Pyke, 1991 ; Dawson, 1996 ; Kelly et Coutts, 2007).
Cependant, tous les sports collectifs ne suivent pas obligatoirement ce modèle à cause
de plusieurs facteurs : une longue saison compétitive, la forme de compétition, des
interférences climatiques et les pratiques religieuses (exp. Ramadan). A cause de ces
facteurs, il peut être ainsi difficile de distinguer entre les phases spécifiques dans
certaines équipes de FB qui participent à des championnats professionnels de haut
niveau. Plus communément, ces équipes professionnelles réalisent couramment 3-5
semaines de préparation suivies par une longue période de compétition. En plus, dans
le sud de l’Europe par exemple, il existe une autre interruption qui dure en moyenne 3
semaines appelée la pause hivernale, alors que dans le nord du continent cette pause
est plus longue à cause des conditions hivernales plus rudes.
Indépendamment du modèle adopté pour la périodisation en sport, l’efficience
d’un programme d’entraînement dépend de la manipulation réussie du stress total
d’entraînement qui est le produit du volume et de l’intensité de l’entraînement. A
présent, il existe peu d’évidence empirique supportant une quelconque approche
tentant de manipuler ces variables en FB, et le savoir existant est principalement basé
sur les enseignements de l’expérience des entraîneurs de haut niveau.
3. Bases scientifiques de la périodisation

Les justifications de la périodisation sont basées sur les effets que peuvent
avoir une augmentation du stress (exp., une séance d’entraînement) ou une période de
régénération sur la forme d’un athlète (Selye, 1956). Quand l’homéostasie est
perturbée par la surcharge d’entraînement (Martveyev, 1982), un nombre
d’évènements cataboliques ont lieu entraînant une destruction des protéines
structurales et une déplétion des stocks d’énergie (Viru et Viru, 2000). En
conséquence de ce catabolisme, la performance décroit temporairement et le corps
œuvre à ré-établir les stocks énergétiques et augmenter la resynthèse des protéines
dans un processus appelé régénération. Il est suggéré qu’il y a une surcompensation
de la performance une fois que l’athlète s’adapte au stress imposé par une séance
d’entraînement (Bompa, 1996). La périodisation est basée sur ce principe, et il est
communément admis que les effets cumulatifs des surcharges d’entraînement
résulteront en un stimulus plus puissant entraînant des adaptations, pourvu que qu’une
récupération appropriée soit programmée (Martveyev, 1982 ; Bompa, 1996).
Il existe trois importantes assomptions qui émanent des fondements scientifiques de la
périodisation (Rowbottom, 2000) :
 Une augmentation de CE entraînera une adaptation de performance (Foster et
al, 1996 ; Rowbottom et al, 1997),
 Il existe un point de saturation au-delà duquel des augmentations
supplémentaires des CE ne seront plus tolérées et les adaptations de
performance n’auront plus lieu (Coutts et al, 2007b ; Coutts et al, 2007c) etc,
 Une période de récupération de faibles CE devrait entraîner une augmentation
transitoire de la performance (Mujika et al, 2004 ; Bishop et Edge, 2005 ;
Coutts et al, 2007c ; Coutts et al, 2007d).
Sur la base de ces assomptions, il est désormais universellement admis que les
programmes d’entraînement soient systématiquement périodisés avec des cycles
d’entraînement de surcharge et de récupération. Une terminologie spécifique a été
développée pour décrire chaque cycle d’entraînement pour aider les entraîneurs à
mettre en place des plans d’entraînement périodisés. Ces plans sont souvent décrits en
cycles de 12 mois (plan annuel) qui sont subdivisés en cycles plus courts. Les sous-
cycles les plus longs (quelques mois) sont communément appelés macrocycles. Ceux-
ci sont à leur tour subdivisés en cycles moyens (quelques semaines) : les mésocycles.
Enfin, ces derniers sont divisés en des unités plus petites, souvent une semaine,
appelées microcycles. Pour simplifier la planification, l’entraînement est
communément subdivisé en ces petits cycles hebdomadaires. Chaque cycle possède
ses propres objectifs spécifiques d’entraînement qui sont liés au but final de la
performance. Un plan d’entraînement bien construit voit ces cycles systématiquement
planifiés pour optimiser les capacités physiologiques et de performance d’un athlète,
et lui permettre ainsi de mieux atteindre ses objectifs de performance. Cependant,
malgré cette planification systématique, de nombreux entraîneurs de FB ont été bien
incapables de vérifier s’ils avaient effectivement bien mis en place leur
programmation étant donné qu’ils étaient incapables de mesurer objectivement
l’entraînement subi par leurs joueurs.
4. Périodisation des charges d’entraînement en Football

Il est largement admis que la clef du succès pour la plupart des athlètes passe
par un plan d’entraînement à long terme composé de périodisation de cycles bien
précise (Fry et al, 1992 ; Foster et al, 1999). Par exemple, des études antérieures ont
clairement démontré que l’entraînement devrait être périodisé pour alterner des
séances dures-légères sur une base quotidienne (Bruin et al, 1994 ; Foster et
Lehmann, 1997). La charge d’entraînement (CE) devrait être graduellement
progressive tout au long de la période de préparation (Dawson, 1996 ; Rowbottom,
2000) et les athlètes devraient subir une période d’affûtage (tapering en Anglais)
avant la compétition (Mujika et Padilla, 2003 ; Coutts et al, 2007c). Nombreux sont
ceux qui pensent que ces principes fondamentaux de périodisation devaient être
appliqués aux sports d’endurance autant qu’aux sports d’équipe. Cependant, il est
décevant de s’apercevoir qu’à ce jour, relativement peu d’études ont examiné ou bien
décrit les stratégies de périodisation pour les sports d’équipe tel que le Football
(Dawson, 1996 ; Filaire et al, 2001 ; Foster et al, 2001 ; Andersen et al, 2003 ; Coutts
et al, 2003 ; Impellizzeri et al, 2004 ; Putlur et al, 2004).
La plupart des études publiées qui ont décrit la périodisation en sports
d’équipe comme le FB ont seulement examiné l’influence de périodisation de 1-2
mésocycles (<12 semaines) sur des mesures physiologiques et la performance
subséquente. Par exemple, Putlur et al (2004) ont décrit que des pathologies et des
réductions de niveaux d’immunoglobulines salivaires étaient associés à des CE
élevées durant 9 semaines sur un groupe de joueuses de FB universitaire. Il a en outre
aussi été rapporté par d’autres auteurs des changements de force, puissance
musculaire, vitesse et puissance aérobie au cours d’un mésocycle de 6-8 semaines au
cours des périodes de préparation et de compétition de joueurs de rugby-league semi-
professionnels (Coutts et al, 2007b). Il a aussi été démontré qu’une réduction de la CE
de pré-saison chez des joueurs de rugby-league semi-professionnels d’une saison à
l’autre réduisait la prévalence des blessures tout en permettant une augmentation
importante des performances lors des tests physiques (Gabbett, 2004b). A notre
connaissance, une seule étude a précisément décrit les stratégies de périodisation en
FB sur la durée d’une saison entière (Coutts et al, 2008).
La périodisation des CE sur des semaines de compétition est certainement
d’un grand intérêt pour les entraîneurs et les joueurs de sports d’équipe. Par
opposition à la plupart des sports d’endurance, les sports collectifs sont en
compétition continue tous les 4 à 9 jours sur 6 à 8 mois de l’année. Dans certains cas,
il se peut qu’une équipe ait à jouer jusqu’à 3 matchs en une semaine. Ces contraintes
compétitives exercent un stress physiologique et psychologique significatif sur les
joueurs. Ceci est d’une importance cruciale, puisqu’il a largement été démontré qu’un
déséquilibre entre le stress et la récupération entraîne des diminutions de performance
de force, puissance et d’endurance chez les joueurs de sports d’équipe (Elloumi et al,
2003 ; Kraemer et al, 2004 ; Coutts et al, 2007b ; Coutts et al, 2007c). Ces
informations suggèrent qu’une périodisation appropriée pour permettre une
élimination de la fatigue et un maintien de l’état de forme au cours de la période de
compétition chez des joueurs professionnels d’équipes est une tâche difficile. Pour
illustrer ceci, Dawson (1996) a suggéré que les entraîneurs ont des difficultés dans
l’élaboration des procédés d’entraînement appropriés qui permettent aux joueurs de
récupérer d’un match, effectuer l’entraînement de milieu de semaine et ensuite
effectuer un mini affûtage d’avant match en 4 à 9 jours de microcycle. Dans ce
contexte, il existe peu d’évidences scientifiques à notre disposition décrivant ou
comparant de réelles stratégies de périodisation chez des joueurs d’équipe de haut
niveau (Coutts et al, 2008).

A. Méthodes de quantification de l’entraînement en Football

Une raison majeure du peu d’informations disponibles sur les stratégies de


périodisation optimales pour les sports d’équipe comme le FB est qu’il existe peu de
méthodes valides et fiables de quantification de l’entraînement qui puissent facilement
être appliquées dans un environnement d’équipe. Il existe un certain nombre de
méthodes qui peuvent être utilisées pour quantifier l’entraînement en équipe et celles-
ci peuvent être utilisées pour mesurer que ce soit le travail externe effectué par les
joueurs (exp. distance parcourue) que le travail interne subi par ceux-ci (exp.
fréquence cardiaque, lactatémie ou bien perception de l’effort).
Certaines des techniques qui sont actuellement utilisées pour quantifier la CE
dans les sports d’équipe nécessitent l’utilisation de cardiofréquencemètres pour
mesurer la fréquence cardiaque (FC) et/ou de GPS (système Global Positioning
Satellite). Bien que ces méthodes puissent donner des informations très précises sur le
stress d’entraînement subi par les joueurs, elles présentent certains facteurs limitants
qui peuvent freiner leur utilisation généralisée dans les clubs de FB. Plus précisément,
ces appareils peuvent être onéreux, demander un haut niveau d’expertise technique, et
l’analyse des données nécessite beaucoup de temps. De plus, ces méthodes ne peuvent
pas être utilisées pour comparer le stress imposé par diverses formes d’entraînement
communément utilisés en sports collectifs (exp. entraînement aérobie vs. entraînement
de puissance). Combinés, ces facteurs limitent l’utilité pratique de ces techniques pour
contrôler la périodisation des CE au sein des équipes.
Heureusement, la méthode de quantification des CE par la méthode RPE a été
développée (Foster et al, 1995). Cette méthode-RPE permet désormais aux entraîneurs
de FB de quantifier l’entraînement que leurs joueurs effectuent et par conséquent, de
mieux contrôler la périodisation de l’entraînement.

B. Explication de la méthode-RPE

La méthode-RPE pour contrôler la CE chez les joueurs d’équipes nécessite


que chaque athlète donne sa perception de la difficulté de l’effort (RPE, Rating of
Perceived Exertion en Anglais) pour chaque séance d’entraînement (Voir Tableau 1)
avec une mesure de la durée de la séance (Foster et al, 2001). Pour calculer l’intensité
de la séance, les joueurs sont questionnés dans les 30 minutes suivant la fin de la
séance par une simple question ‘’Comment as-tu ressenti la séance ?’’ Un simple
nombre représentant l’amplitude de la CE est ensuite calculé par la multiplication de
l’intensité de la séance (RPE du tableau 1) par la durée de la même séance (min).

CE = RPE de la séance x durée (min)


Par exemple, pour calculer la CE pour une séance de 40 min de durée avec des
joueurs ayant donné une RPE de 5, les calculs suivants sont effectués :
CE = 5 x 40 = 200 UA (Unités Arbitraires)
Tableau 1. L’échelle modifiée de RPE (rating of perceived exertion, ou note de fatigue perçue :
utilisée par les joueurs pour classifier leur perception de l’intensité de chaque séance d’entraînement,
Foster et al (2001).

Note Description
0 Repos
1 Très, Très Légère
2 Légère
3 Modérée
4 Assez Dure
5 Dure
6
7 Très Dure
8
9
10 Maximale

De simples calculs successifs de ‘’Monotonie’’ et de ‘’Contrainte’’ de


l’entraînement peuvent aussi être effectués à partir des variables de RPE. La
Monotonie d’entraînement est une mesure de la variabilité jour-par-jour qui a été
corrélée au début du surentraînement, quand un entraînement monotone est combiné à
des CE élevées (Foster, 1998). En effet, il a auparavant été démontré dans ce contexte
chez des chevaux de course, qu’une constance de la CE est aussi importante que la
somme des CE en elles-mêmes (Bruin et al, 1994). Il a été observé que les chevaux
pouvaient tolérer des augmentations progressives de la CE tant que des journées
d’entraînement légères venaient s’intercaler entre les journées à charges élevées.
Cependant, une fois que les CE des journées de ‘’récupération’’ étaient augmentées,
les performances des chevaux diminuaient et ils montraient des signes de fatigue
aigue (overreaching en Anglais). Ces données peuvent avoir d’importantes
implications en FB et suggèrent qu’un entraînement avec une monotonie basse (c’est
à dire une plus grande variation des CE) pouvait prévenir la survenue de blessures, de
pathologies et améliorer la performance. La Monotonie d’entraînement est calculée à
partir de la moyenne des CE quotidiennes divisées par l’écart type de la moyenne des
CE calculées sur une semaine. Nous présentons ci-dessous comment déterminer la
monotonie d’entraînement:

Monotonie d’entraînement = CE quotidienne moyenne / écart type


Par exemple, pour calculer la CE pour l’entraînement décrit dans le tableau 2, les
calculs suivants seraient effectués :
Etape 1: Calculer la CE quotidienne moyenne pour la semaine.
Somme (Σ) toutes les CE quotidiennes divisées par le nombre de jours
Σ (0, 244, 240, 210, 315, 100, 135, 540)/7 = 223 UA

Etape 2: Calculer l’écart type des CE quotidiennes moyennes sur la semaine


Ecart type (ET) = √((Σd2)/N-1))
Score de CE CE quotidienne – CE Différence2
quotidienne hebdomadaire moyenne
X (X - 223) d2 (d x d)
0 0-223 = -223 (-223)2 = 49715
244 244-223 = 21 2
(21) = 432
240 450-223= 227 (227) = 2
51529
315 315-223 = 92 (92)2 = 8470
100 100-223 = -123 (-123) = 2
15121
135 135-223 = -88 2
(-88) = 7739
540 540-223 = 317 (317)2 = 100509
Σ 233514

N = Nombre de jours (7),


∴ N-1 = 7-1 = 6

∴ ET = √(233514/6) = √(38919) = 197.


Etape 3: Monotonie d’entraînement = 223/197 = 1.13 UA

Tableau 2. Exemple de CE d’une semaine typique, avec la monotonie et la contrainte d’entraînement


au sein d’une équipe professionnelle de FB en cours de saison compétitive.

RPE Durée CE
Jour Activité
Séance (min) Quotidienne
Lundi Repos 0 0 0
Mardi TecTac et Endurance 3.25 75 244
Mercredi Force et Puissance Aérobie 4 60 240
TecTac 3 70 210
Jeudi Sprints et Jeu d’application 3.5 90 315
Vendredi TecTac et Coordination 2 50 100
Samedi TecTac, Agilité et sprints
courts 2.25 60 135
Dimanche Match 6 90 540
CE hebdomadaire 1784
Monotonie ([CE Moyenne / ET]) 1.13
Contrainte ([CE x monotonie] = 1784 x 1.58) 2019
TecTac : séance technico-tactique

Une mesure globale de la Contrainte d’entraînement peut aussi être calculée


à partir des scores de CE et de monotonie. Cette contrainte d’entraînement est un outil
très utile pour contrôler l’entraînement quand les joueurs subissent des CE élevées. En
football, ce type de charges élevées est communément atteint seulement en
préparation physique générale quand la saison compétitive n’a pas encore commencé.
L’avantage de contrôler cette contrainte d’entraînement chez les joueurs de FB est que
la récupération ne devient fondamentale que quand les joueurs subissent des CE
élevées. Par exemple, quand les CE sont élevées et qu’il n’y a pas assez de temps de
récupération entre les séances, la contrainte d’entraînement est élevée. Ce type de
programmation a été associé avec une incidence accrue de pathologies et de baisse de
performance (Putlur et al, 2004). Par opposition, la contrainte d’entraînement est
basse quand les joueurs effectuent des CE élevées ou basses avec des périodes de
récupération régulières entre les séances à CE élevées (c-à-dire une monotonie basse).
Nous présentons ci après comment calculer la contrainte d’entraînement:

Contrainte d’entraînement = CE hebdomadaire x monotonie

Un exemple de calcul de la contrainte d’entraînement hebdomadaire pour


l’entraînement illustré dans le tableau 2, est obtenu par les calculs
suivants :

(Σ(0, 244, 240, 210, 315, 100, 135, 540)/7) x 1.58 = 2815

Contrainte d’entraînement = 1784 x 1.58 = 2815 UA

Bien que ces calculs puissent paraître compliqués à première vue, avec l’assistance
d’une feuille de calcul sur tableur (exp. Excel), ou par assistance d’un logiciel ‘on-
line’ (www.trainingload.com, Acceleration Australia, Brisbane), les calculs sont
simplifiés et à la portée. De plus, en saisissant les données sur une feuille de calcul ou
une base de données, les tendances de l’équipe entière, des sous-groupes de joueurs
dans une équipe, ou bien des joueurs bien déterminés peuvent être illustrées sur des
graphiques pour déterminer si la CE ou la contrainte d’entraînement reflètent bien
celles qui sont planifiées préalablement pour la semaine ou la saison (Figure 1)

2500
Daily Training Load
Weekly Training Load
Predicted Weekly Load

2000
Training Load (AU)

1500

Matches
1000

500

0
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41 43 45 47 49
Day

Figure 1. Un exemple de CE prévue et observée pour une équipe professionnelle durant la période
compétitive.
C. Bases Scientifiques de la méthode-RPE

Il a été démontré que la méthode-RPE est une technique simple et valide pour
quantifier l’intensité de l’entraînement dans les activités d’endurance (continue)
(Foster et al, 1995 ; Foster et al, 2001), d’endurance intermittente (Foster et al, 2001 ;
Impellizzeri et al, 2004), et de force (Day et al, 2004 ; Sweet et al, 2004). En effet, des
recherches récentes ont comparé la méthode-RPE avec la méthode de quantification
de la charge par la mesure de la fréquence cardiaque (FC) qui a été démontrée comme
une méthode précise d’évaluer le stress d’entraînement (Banister, 1991,). Cette étude
originale a évalué la validité de la méthode-RPE en deux parties. La première partie a
comparé ces deux méthodes de quantification de la charge d’entraînement au cours de
huit séances d’interval-training contrôlées en laboratoire chez 12 cyclistes bien
entraînés. Dans la seconde partie, 14 joueurs Universitaires de basket-ball ont été
évalués au cours de séances normales d’entraînement sur le terrain en utilisant les
deux méthodes (RPE et FC). Les résultats ont montré qu’il y avait une forte
corrélation significative entre ces deux méthodes de quantification de la charge, même
si la méthode-RPE a fourni des résultats absolus plus élevés en termes de scores pour
les séances d’interval-training et les entraînements sur le terrain. Plus récemment,
Impellizzeri et al, (2004) ont montré l’existence de corrélations significatives
modérées à fortes (de r=0.50 à 0.91) entre la quantification de la CE par la FC et celle
de la méthode-RPE chez 19 joueurs juniors de FB sur 479 séances d’entraînement. La
combinaison de tous ces résultats fournit un support scientifique pour l’utilisation de
la méthode-RPE pour le contrôle de l’entraînement en sports d’équipe.
D’autres études récentes ont aussi montré de bonne corrélations entre la CE
mesurée soit par la méthode-RPE soit par l’utilisation de cardiofréquencemètres chez
des joueuses de FB d’élite sur 623 séances d’entraînement (Alexiou, 2007). Il est
intéressant de noter que cette étude a montré des corrélations plus basses pour les
activités plutôt intermittentes comme les séances de renforcement musculaire (r=0.25,
p<0.001) ou les matchs (r=0.49, p<0.001) que pour les séances d’entraînement
technico-tactique (r=0.68, p<0.001) ou l’entraînement d’endurance (r=0.74, p<0.001)
(Alexiou, 2007). La faible corrélation entre ces mesures est plus probablement due à
la contribution de l’acidose musculaire associée avec l’exercice intense sur la
perception de l’effort. Pour tester cette théorie, nous avons récemment conduit une
étude pour déterminer si la RPE était une mesure globale plus précise de l’intensité de
l’exercice que la FC ou la lactatémie [La-]. Pour cela nous avons mesuré la FC, la [La-
] et la RPE chez 20 joueurs de FB au cours de 67 jeux réduits dans des séances
d’entraînement de FB (Coutts et al, 2007a). Les résultats ont montré que la
combinaison de la [La-] et de la FC au cours des jeux réduits était mieux corrélée à la
RPE que les mesures de FC ou [La-] prises séparément. Ceci suggère que la méthode-
RPE est une méthode valide d’estimation de l’intensité globale d’entraînement en FB
comparativement aux variables de FC ou [La-] considérées indépendamment.
Toutefois, parce qu’elle constitue une mesure valide de la CE dans divers types
d’entraînement, la méthode-RPE est désormais utilisée par plusieurs équipes de FB de
haut niveau pour contrôler l’entraînement de leurs joueurs.
D. Pourquoi la méthode-RPE est-elle utile dans l’entraînement de
football ?

Une séance d’entraînement en sports d’équipe peut être composée d’un de ces
composants ou plusieurs à la fois : échauffement, entraînement de la vitesse ou de
l’agilité, le travail technique, l’entraînement de l’endurance, des séances lactiques,
l’amélioration de la puissance aérobie, le renforcement musculaire, le travail de la
puissance et le retour au calme. De plus, plusieurs activités peuvent aussi être
effectuées au sein de ces composantes, augmentant encore la variabilité des stress
d’entraînement. Les interactions physiologiques complexes du développement de ces
capacités physiques au cours de ces séances rendent difficile pour un entraîneur ou un
préparateur physique de mesurer avec précision la CE en utilisant des mesures de
durées de séquences, de FC, de lactatémie ou des distances mesurées par GPS.
Cependant, heureusement qu’en utilisant la perception de la difficulté de l’effort
(RPE) par le joueur pour chaque séance d’entraînement, il est possible de calculer un
score global pour le stress total de chaque séance.
La méthode RPE pour le contrôle du stress d’entraînement est aussi utilisable
pour le contrôle des sports d’équipe puisqu’elle permet à l’entraîneur de précisément
combiner les CE de différentes modalités d’entraînement et d’obtenir une estimation
précise de la CE globale. Auparavant, en utilisant d’autres méthodes de contrôle
comme les TRIMPS basés sur la FC (Banister et al, 1975), ou les durées
d’entraînement, il était difficile pour chaque entraîneur de quantifier précisément et de
comparer le stress des différentes modalités d’entraînement au sein d’une séance
d’entraînement ou bien entre les différentes séances (exp. séances techniques par
rapport à des séances de renforcement musculaire). Cependant, heureusement que la
méthode-RPE permet de mesurer les différentes activités d’entraînement dans la
même unité, permettant donc de combiner ces différentes activités pour obtenir un
score global pour la CE totale.

E. Utilisation de la méthode-RPE pour contrôler l’entraînement en


Football

En adoptant une approche contrôlant régulièrement le stress d’entraînement, il


est désormais possible de mieux comprendre et objectiver le stress physiologique que
les joueurs subissent. Avec un peu de temps et d’expérience, les tolérances
individuelles à l’entraînement peuvent être suivies et une meilleure compréhension
des CE optimales peut être développée, résultant en une optimisation de la
performance. En utilisant les indices d’entraînement décrits par Foster en 1998)
(Tableau 2), les possibilités d’atteindre des charges excessives sont réduites,
diminuant par là même les chances de surentraînement ou de survenue de blessures.
En effectuant cette mesure pratique de la CE, une meilleure compréhension de
l’entraînement optimal sera développée, aboutissant à une performance sportive
optimale en match.
Un autre avantage de contrôler les CE avec cette méthode est que combiné à
un test de performance spécifique (exp. Yo-Yo Intermittent Recovery Test), il est
possible de précisément suivre les changements de performances en réponse aux CE
subies. Par exemple, à la fin de chaque macrocycle, la performance peut être contrôlée
afin de vérifier si vos CE prescrites ont aboutit à une adaptation positive à
l’entraînement (c’est-à-dire une performance améliorée).
Pour un entraîneur, la réelle valeur du contrôle des CE chez les joueurs vient
quand on commence à s’intéresser aux scores individuels plutôt que s’intéresser
seulement aux scores de groupes ou d’équipes. En effet, le suivi de la CE d’une joueuse
ou d’un joueur peut permettre une meilleure compréhension de sa tolérance à
l’entraînement. Ceci permet à l’entraîneur de modifier les plans d’entraînement futurs
pour mieux s’adapter à son cas particulier. Nous présentons ci-dessous une liste des
moyens d’utilisation de la méthode-RPE pour améliorer l’entraînement de vos joueurs.

F. Contrôler les charges par rapport aux charges prévues

D’importantes informations peuvent être tirées en contrôlant l’entraînement des


joueurs par rapport à la charge prévue et prescrite par l’entraîneur. En contrôlant le
niveau d’adéquation entre la charge planifiée et la charge réellement perçue par les
joueurs, l’entraîneur peut déterminer si son entraînement a été conduit correctement, si
les joueurs sont fatigués ou bien s’adaptent à l’entraînement. Par exemple, si un joueur
commence à reporter des perceptions d’effort plus élevées que le reste du groupe alors
qu’auparavant il répondait comme certains de ses co-équipiers, et qu’aucune
augmentation de l’entraînement subi n’est décelable, cette dissociation entre la CE
prévue et réellement subie peut être un indicateur précoce que le joueur concerné
n’arrive pas à supporter le stress d’entraînement (Figure 2). Ceci pourrait suggérer que le
joueur n’a pas récupéré de façon adéquate des séances d’entraînement précédentes à
cause d’une augmentation des dégâts musculaires (Marcora et Bosio, 2007), ou de la
diminution des stocks musculaires d’hydrate de carbone (Jeukendrup et al, 1992 ;
Snyder, 1998). Des études scientifiques bien contrôlées ont montré que ces
modifications physiologiques peuvent causer une augmentation de la perception de
l’effort à des séances d’entraînement standard (Jeukendrup et al, 1992 ; Marcora et
Bosio, 2007).

4000 Individual TL
Team TL
3500

3000
Training Load (AU)

2500

2000

1500

1000

500

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50
Week

Figure 2. La dissociation entre la charge planifiée et la charge observée pour un joueur peut déceler
son inadaptation au stress de l’entraînement
G. S’assurer d’obtenir des périodisations appropriées.

Il a été suggéré qu’alterner des séances dures-légères, réduisait la monotonie et


pouvait participer à la prévention du surentraînement et des pathologies (Foster,
1998). En suivant les CE quotidiennes il est possible de garder un contrôle rapproché
de la périodisation réellement réalisée par les joueurs et s’assurer d’éviter le
surentraînement, les pathologies ou la survenue de blessures. Par exemple, au cours
de la saison compétitive avec des équipes de FB, vous pouvez suivre avec attention la
CE pour chaque joueur à chaque séance et au décours de chaque match. Aussi, il est
possible de s’assurer que les joueurs ne s’entraînent pas trop fort deux jours
consécutifs et faire particulièrement attention à appliquer des charges quotidiennes
légères (usuellement <200 UA) au cours des deux jours consécutifs aux matchs.
Les entraîneurs de FB appliquent communément les charges les plus élevées
en milieu de semaine (c-à-dire 3-4 jours avant le match –mercredi et jeudi pour les
semaines où le match est joué le dimanche). En effet, une étude de cas dans une
équipe professionnelle Tunisienne (données non publiées) a montré que si les CE,
appliquées au cours des jours 3-4 avant le match, étaient dans la fourchette de 500-
600 UA, alors la réduction de charge (affûtage) précédant le match permettait une
bonne récupération et une bonne performance physique en match. Cependant, une
attention particulière doit être apportée si les charges risquent de dépasser les 650-700
UA sur les jours 3-4 précédant le match, puisque dans ce cas, même si les charges
sont fortement abaissées pour les 2 jours précédant le match (exp. CE<150 UA pour
chacune des séances de vendredi et samedi (séances légères), ceci risque de faire que
les joueurs se sentent ‘’lourds et fatigués’’ pour le match du dimanche.
Il est aussi possible de vérifier les tendances hebdomadaires de chaque joueur
par rapport aux autres joueurs et par rapport à lui-même. En particulier, il est
recommandé de scrupuleusement vérifier les CE des joueurs présentant des valeurs
majorées d’un écart type par rapport à la moyenne du groupe et de surveiller leur
évolution afin de vérifier s’ils s’adaptent au stress d’entraînement ou s’ils auraient
besoin d’une éventuelle récupération majorée par rapport aux autres joueurs (Figure
2).

H. Détecter les joueurs qui ne s’adaptant pas à la charge


d’entraînement (CE)

Notre expérience a montré que les jeunes joueurs (ceux débutant dans la
catégorie senior pour la première année), les joueurs plus âgés, et ceux présentant des
capacités physiques diminuées tendaient à fournir des scores de RPE plus élevés pour
des séances similaires au cours de périodes d’entraînement intense. En suivant de près
leurs CE il est possible de vérifier s’ils arrivent à s’adapter au stress d’entraînement.
Par exemple, nous avons observé que souvent les jeunes joueurs débutant chez les
pros pour leur première année percevaient presque toujours leurs charges ~10-15%
plus élevées que leur coéquipiers plus expérimentés. Cet effet pourrait provenir du
fait que les jeunes joueurs n’ont pas déjà établi une forte base physiologique et obtenu
de fortes qualités fondamentales tel que dans les domaines de la force et de
l’endurance. De plus, il se pourrait qu’il faille une saison entière d’entraînement pour
que les jeunes joueurs s’adaptent aux demandes physiologiques de jouer et de
s’entraîner au FB de haut niveau. En outre, les joueurs à capacités physiques
relativement faibles peuvent percevoir un entraînement standard comme bien plus
‘’lourd’’ que leurs coéquipiers jouissant de bonnes qualités physiques. Par
conséquent, il apparaît que les joueurs donnant des CE plus élevées pourraient
présenter des niveaux plus faibles de forme physique.

I. Contrôler les charges de sous-groupes dans une équipe

Dans certains sports, différents postes de jeu / certains joueurs pourraient soit
tolérer, soit être appelés à effectuer des CE différentes des autres. La méthode-RPE
peut permettre de suivre les CE de différents sous-groupes au sein d’une équipe. En
outre, avec l’amélioration des compétences des staffs de préparateurs physiques et
scientifiques des équipes, les entraînements des joueurs de FB sont devenus de plus
en plus individualisés. Par exemple, nos données montrent que les gardiens de but
perçoivent des CE bien différentes de celles des joueurs de champs. Cependant, il
apparaît aussi qu’à moins qu’un entraînement spécifique ne soit effectué pour un
sous-groupe bien déterminé (ailiers ou avants), les CE tendent souvent à être
relativement homogènes au sein d’une même équipe de FB. Il est cependant
recommandé aux entraîneurs de suivre d’éventuels groupes de joueurs de façon
différenciée si cela s’avérait nécessaire. Ceci est certainement le cas d’autres sports
d’équipe comme le volleyball ou le basketball où les passeurs/meneurs de jeu peuvent
subir des CE bien différentes des autres joueurs. Par conséquent, nous recommandons
une bonne base de données qui puisse permettre de dégager les CE de sous-groupes
de joueurs au sein d’une équipe et de les comparer à d’autres groupes.

J. Contrôler la charge d’entraînement en réhabilitation après une


blessure

Un autre avantage de la méthode RPE est qu’elle peut être utilisée pour
s’assurer que les CE ne progressent pas trop rapidement et/ou que des entraînement
appropriés ont été appliqués avant le retour à la pratique du sport compétitif. Par
exemple, des critères de CE à effectuer peuvent être établis par un staff avant qu’un
joueur blessé ne revienne s’entraîner avec le groupe et reprenne la compétition. En
outre les CE par la méthode-RPE peuvent être mesurées chez des joueurs en
réhabilitation (d’une blessure) pour s’assurer qu’ils réalisent bien les doses
d’entraînement qui se rapprochent progressivement de celles de l’équipe (Figure 3)
3500
Individual TL
"Team TL"
3000

2500
Training Load (AU)

2000

1500

1000

500

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50
Week

Figure 3. Un exemple de la manière dont le contrôle de la CE peut être utilisé de façon sûre et
graduelle avant le retour à l’entraînement avec le groupe après une blessure sérieuse.

K. Comment planifier la charge durant la phase compétitive

Un problème commun aux entraîneurs est de déterminer les CE appropriées à


prescrire au cours de la phase de compétition pendant la saison. La simplicité de la
méthode-RPE lui permet d’être largement appliquée à tout joueur d’une équipe de FB.
Nous avons récemment suggéré un système utilisant la méthode RPE où les
entraîneurs peuvent objectivement planifier les CE entre les matchs au cours de la
saison compétitive en FB (Kelly et Coutts, 2007). Ce système a été développé pour
tenir compte des divers facteurs qui affectent la quantité d’entraînement qui puisse
être prescrite entre les matchs (Figure 4). Ces facteurs sont : la qualité de l’opposant,
le nombre de journées d’entraînement disponibles entre les matchs, et tout éventuel
voyage associé avec les matchs disputés en déplacement. Nous avons suggéré que la
combinaison de ces facteurs peut être utilisée comme guide de la planification des CE
des semaines entre les matchs. Par exemple, une équipe préparant un match jugé
relativement difficile (exp, adversaire performant, peu de temps de préparation, et
voyage assez lourd) pourrait planifier une semaine légère pour minimiser toute fatigue
résiduelle. Par opposition, un match à domicile contre une équipe relativement à la
portée avec une période d’entraînement plus longue pourrait offrir l’opportunité
d’augmenter la CE pour améliorer la forme physique des joueurs.
Predict Factors that Affect Match Difficulty
 Opposition
 Days between matches
 Travel
 Climate
 Recovery from previous match

Review
Periodise Training Loads

Monitor Training Loads

Figure 4. Un modèle schématique suggéré pour planifier l’entraînement au cours de la phase


compétitive en FB, Kelly et Coutts (2007).

5. Exemples de périodisation en Football

Déterminer les charges optimales pour vos joueurs de FB est une tâche
difficile. Nous présentons des exemples de diverses stratégies de périodisation pour
des joueurs de FB. En particulier nous présentons aussi des exemples de la quantité et
de la distribution des CE réalisées au cours de divers cycles d’entraînement.

6. Charges hebdomadaires

Nos données de joueurs d’élite d’équipes professionnelles montrent que les


charges hebdomadaires sont généralement plus élevées dans la phase de préparation
d’avant saison (Figure 5 et 6). Il est intéressant de noter que plusieurs équipes de FB
(au sens large du terme) paraissent réaliser des CE qui sont plus élevées que les
valeurs (> 3200 UA) qui ont été associées à une baisse de performance physique dans
les sports d’équipe (overreaching ou fatigue aigue) (Coutts et al, 2007b ; Coutts et al,
2007c). Cependant notre expérience montre aussi que plusieurs joueurs peuvent
tolérer des charges bien au-delà de cette valeur, en rugby, notamment. En effet, il est
communément observé des joueurs avec des CE >4500 UA au cours de la préparation
de pré-saison dans les championnats qui permettent des périodes de préparation avec
des macrocycles relativement longs (c-à-dire 8-14 semaines), et ceci, sans effet
significatif sur leur performance. Contradictoirement, de récentes études de cas en FB
professionnel Italien avec de courtes périodes de préparation (~3 semaines) ont
montré que quand les CE étaient très élevées au cours de ces brèves préparations
(~3000-3200 UA), la performance était alors compromise en début de saison. La
diminution de performance au décours de ces brèves et intenses périodes
d’entraînement peut être due au fait que les joueurs accumulent de hauts niveaux de
fatigue avant la saison. En effet, pour appuyer cette suggestion, des études
précédentes en FB ont montré que les joueurs commençant la saison compétitive avec
des symptômes de fatigue aigue, montraient des réductions de leur performance
pendant les 11 semaines de la saison de FB (Kraemer et al, 2004).
Il a été rapporté de larges plages de CE de la part de joueurs dans les
différentes formes de FB (incluant les différentes formes de rugby) dans le monde à
travers les différentes périodes de la saison. Par exemple, Gabbett (2005b ; 2005a ;
2006a ; 2006b), a décrit des charges hebdomadaires très faibles allant de ~200 – 450
UA au cours d’une saison de faible niveau de rugby-league. Il est intéressant de noter
que ce chercheur rapporte des fréquences de blessures abaissées en relation avec ces
CE réduites (Gabbett, 2003 ; 2004a). En outre, Coutts et al, (2007b ; 2007c) ont décrit
des symptômes d’overreaching (fatigue aigue) associés à des performances physiques
d’endurance et de force diminuées quand les charges étaient > 3200 UA pendant la
dernière semaine d’une phase progressive de surcharge d’entraînement chez des
joueurs de rugby-league. D’autre part, Putlur et al (2004) ont décrit une incidence
élevée de pathologies et de blessures chez des joueurs Universitaires quand les CE
variaient de 2000 – 3600 UA au cours d’une période de 9 semaines. Impellizzeri et al,
(2004 ; 2005) ont aussi démontré que les CE moyennes de jeunes joueurs de FB
talentueux étaient d’approximativement ~2400 UA. Ces recherches montrent qu’il
existerait une charge d’entraînement ‘’seuil’’ chez les footballeurs au dessus de
laquelle toute augmentation ultérieure de charge aurait un impact négatif sur leurs
performances.
Cependant, indépendamment de ces valeurs, nous recommandons fortement
aux entraîneurs d’interpréter les CE qu’ils prescrivent seulement en comparaison à
leurs propres joueurs avec une attention particulière sur les changements des valeurs
individuelles par rapport aux valeurs individuelles antérieures et aussi en comparaison
avec les autres membres de l’équipe. Dans ce contexte, nous suggérons qu’un suivi
régulier des CE pendant 2 à 3 mois amènerait l’entraîneur à connaître les plages de
CE de ses propres joueurs avec les valeurs correspondant à une bonne forme physique
et celles au dessus desquelles les joueurs sont particulièrement fatigués ou bien
ressentant les ‘’jambes lourdes’’ sur le terrain au cours des matchs.
3700 3225

3500
2932
3300
2783 2753 2807
2821
2728 2536
3100 2724 2650
2720
2649 2709 2705 2499 2586
2513
2900
Training Load (AU)

2340 2525
2381
2390
2371
2700 2321
2385 2270 2298
2173
2173 2189 2273
2500 2241 2244 2185
2213
2091
2300 2016

1901
2100
1804 1767

1900

1700

1500
7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45
Week

Figure 5. Un exemple des CE (±Ecart type) calculées par la méthode-RPE pour une équipe
professionnelle Italienne au cours d’une saison entière

Il apparaît aussi qu’il y a une assez large variation des CE au cours de la


saison, et que par conséquent il y ait des monotonies assez basses associées chez les
joueurs de FB (Figure 6 et 7). Les monotonies d’entraînement de la plupart des
équipes en FB paraissent se situer en dessous des valeurs considérées comme
préoccupantes pour les athlètes (<2.0) (Foster et Lehmann, 1997). En effet, étant
donné que la plupart des équipes de FB programment une à deux journées de repos
dans la semaine en cours de saison, il devient évident que le risque élevé
d’entraînement monotone ne puisse avoir lieu qu’en début de saison pendant la phase
préparatoire ou bien pour un joueur ayant été sérieusement blessé et attaquant une
longue période de réhabilitation.
A)
General Preparation
2500
Pre-competition
Competition
Ramadan
2000
Training Load (AU)

1500

1000

500

B)

2.50

2.00
Monotony (AU)

1.50

1.00

0.50

0
C)

6000

5000
Training Strain (AU)

4000

3000

2000

1000

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49

Week
Figure 6. Charge d’entraînement (A), Monotonie (B) et Contrainte (C) d’entraînement pour les joueurs
professionnels d’élite dans une équipe Tunisienne de FB.
6000 2.50

Training Load
Strain
5000 Monotony
2.00

4000
Training Load (AU)

Monotony (AU)
1.50

3000

1.00

2000

0.50
1000

0 0.00
General Preparation Pre-Competitive Competition Period 1 Ramadan Competition Period 2
Training Phase

Figure 7. Moyenne (±Ecart type) des Charge d’entraînement, Monotonie et Contrainte d’entraînement
au cours des macrocycles majeurs d’une équipe Tunisienne professionnelle de FB.

7. Charges de divers types d’entraînement en Football

La Figure 8 montre les CE moyennes subies par des joueuses anglaises de football
au cours d’une saison. Il est intéressant d’observer que les CE les plus élevées
proviennent des matchs et des séances d’entraînement Technico-tactiques. Ceci a
aussi été déjà décrit dans d’autres sports d’équipe comme dans le rugby-league
professionnel (Coutts et al, 2008) ou bien pour les jeunes joueurs de FB (Impellizzeri
et al, 2005) et ceci suggère donc que des moyens de récupération devraient suivre de
telles doses élevées de stress physiologique.

1500
Session-RPE (AU)

1000

500

Conditioning Matches Speed Technical Weights


Type of Training

Figure 8. Graphique des Charges d’entraînement selon la méthode-RPE (UA) pour chacune des
majeures modalités d’entraînement effectuées au cours de la saison chez des joueuses de FB, Alexiou
(2007).
En outre, il a aussi montré que la plupart des équipes procédaient par
périodisation des différentes modalités d’entraînement (Coutts et al, 2003 ; Gabbett,
2004b ; Impellizzeri et al, 2004 ; Gabbett, 2005b ; Impellizzeri et al, 2005 ; Coutts et
al, 2007c ; Coutts et al, 2008). Par exemple, la Figure 9 montre que les CE les plus
élevées pour l’entraînement d’endurance et de la force sont effectuées pendant la
période de préparation générale en FB par rapport aux autres périodes pré-
compétitives ou compétitives au cours de la saison.

3500
Match
Other
3000 * Skills
Strength
Conditioning
2500
Training Load (AU)

2000

1500

1000

500

0
General Specific Match Practice Competition
Figure 9. Distribution des différentes catégories d’entraînement dans une équipe professionnelle de
rugby-league au cours des différent macrocycles de la saison, Coutts et al (2008).

8. Périodisation entre les matchs

Il n’y a eu que quelques études décrivant les CE réalisées entre les matchs au
cours d’une saison compétitive (Impellizzeri et al, 2004 ; Coutts et al, 2008). La
Figure 10 montre les CE quotidiennes typiques prescrites dans une équipe
professionnelle de rugby-league au cours de la saison.
Il est intéressant de noter que les CE quotidiennes moyennes sont réduites quand la
période inter-match est courte (exp, 5 jours). Il faut aussi noter les charges réduites au
cours des 48 heures suivant le match permettant une restauration physiologique (c-à-
dire re-stockage des réserves énergétiques et resynthèse des protéines structurales). En
effet, nous recommandons que les charges soient légères pendant cette période et que
les sollicitations musculaires excentriques soient strictement évitées pour assurer une
bonne récupération post-match.
Notre expérience nous mène aussi à recommander une séance courte, intense,
spécifique et basée sur la technique la veille ou le matin d’un match (pour les matchs
du soir). Nous recommandons aussi de ne pas prescrire des charges supérieures à
2100 UA (match inclus) pour permettre une bonne performance des joueurs lors du
match. Nous avons trouvé que des charges hebdomadaires inter-matchs comprises
entre 1800 - 2100 UA étaient dans les normes chez des joueurs Australiens de rugby-
league alors que les valeurs normales de joueurs d’élite Tunisiens de FB professionnel
étaient plus basses se situant autour de 1600 – 1900 UA. Cependant, nous
recommandons que ces valeurs soient interprétées avec précautions puisque des
charges hebdomadaires régulièrement basses entraîneront automatiquement une
diminution des capacités physiques des joueurs. Ceci est particulièrement vrai pour
les joueurs remplaçants qui subissent chaque semaine des CE plus basses que les
joueurs titulaires et qui après quelques semaines/mois subiront une baisse inexorable
de leur niveau de capacités physiques. Par opposition, si les CE inter-matchs sont trop
élevées, les joueurs pourraient tomber malades, se blesser ou montrer des symptômes
de fatigue aigue (overreaching) associés à une performance diminuée (Lehmann et al,
1992 ; Filaire et al, 2001 ; Andersen et al, 2003 ; Filaire, Lac et al, 2003 ; Putlur et al,
2004 ; Coutts et al, 2007b ; Coutts et al, 2007c).
Cependant, les données obtenues des joueurs Italiens professionnels de FB
montrent que les CE hebdomadaires normales au cours d’une saison compétitive se
situent aux alentours de 2500-2600 UA (match inclus) avec 600-700 UA provenant
des matchs. En outre, l’analyse des performances sur le terrain en match montrent
qu’une charge hebdomadaire excessive au cours de la saison compétitive (match
inclus) se situent autour de >2800-2900 UA et que des charges < 1900 UA semblent
insuffisantes pour permettre un maintien des capacités physiques.

1000
5 Days 6 Days
1000
900
900
800
239 ± 19 AU 800 283 ± 35 AU
700
700
Training Load (AU)

600
Training Load (AU)

600
500
500
400
400
300
300
200
200
100
100
0
0
1 2 3 4 5
1 2 3 4 5 6
Day
Day

1000
7 Days 1000 8 Days
900
900
800
800
700 278 ± 26 AU 700
262 ± 23 AU
Training Load (AU)

600
Training Load (AU)

600

500
500

400
400

300 300

200 200

100 100

0 0
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 7 8
Day Day

Figure 10. Charges d’entraînement quotidiennes moyennes effectuées par une équipe professionnelle
de rugby-league au cours d’une saison pour des microcycles inter-match de 5, 6, 7 et 8 jours. Les
colonnes rouges représentent les charges des matchs.

Un autre facteur important à prendre en considération en planifiant les charges


hebdomadaires en FB est la durée disponible pour s’entraîner pour les matchs, et pour
récupérer juste après. Dans certaines compétitions, la participation à 2 ou même 3
matchs par semaine n’est pas rare. Au cours de ces périodes, la ‘’récupération’’ est
impérative et constitue un facteur clef de la réussite. Par exemple, Impellizzeri et al
(2005) ont décrit les charges d’équipes Italiennes professionnelles de FB dans des
microcycles hebdomadaires d’un ou de deux matchs (Figure 11). Il est intéressant de
noter que même quand deux matchs sont programmés en une seule semaine, la
journée de repos est maintenue. En effet, il est communément considéré que le jour de
repos suivant un match est fondamental pour la récupération du joueur, non seulement
sur le plan physiologique mais aussi sur le plan psychologique. Il est aussi intéressant
de noter la séance légère réalisée le vendredi (pour les semaines à un seul match
disputé le dimanche) dans le but de récupérer du pic de charge accumulé pendant les
deux journées du mercredi et jeudi où des doubles séances sont programmées.

A)
1000
900
800
Training Load (AU)

700
600
500
400
300
200
100
0
Monday Tuesday Wednesday Thursday Friday Saturday Sunday

B)
1000
900
800
Training Load (AU)

700
600
500
400
300
200
100
0
Monday Tuesday Wednesday Thursday Friday Saturday Sunday
Figure 11. Un exemple des charges d’entraînement quotidiennes (A) semaine à un seul match, et (B)
deux matchs dans la semaine. Colonnes noires (matchs) et colonnes blanches (journées
d’entraînement).

Il est intéressant de noter que les données obtenues dans cette étude étaient
mesurées chez des Footballeurs Italiens professionnels de division 3 (Serie C)
habitués à des charges élevées. En effet, les charges combinées pour les journées de
mercredi et jeudi (pour les semaines à un seul match) se situent autour de ~1200 UA,
et que les charges hebdomadaires sont situées au dessus de 2400 UA. Ces charges
sont bien au-delà de ce qui a été décrit pour des joueurs professionnels Tunisiens de
première division (Ligue 1). L’explication la plus plausible de ces différences de
charges mesurées se situe certainement au niveau du style de jeu dans ces deux
nations et aussi au niveau de la philosophie des entraîneurs à la base de la stratégie de
chaque équipe. Aussi, le passé des joueurs, et notamment les charges d’entraînement
qu’ils ont subies quand ils étaient jeunes joueurs en formation, pourraient expliquer
ces différences. Au lieu d’utiliser ces figures comme un guide pour tous les joueurs de
FB, nous suggérons que les données guident les entraîneurs et scientifiques du sport
pour développer leurs propres plans individuels pour leurs joueurs/équipes.
Il apparaît aussi que les CE effectuées par les joueurs avant chaque match
affectent la performance de match. La figure 12 montre une étude de cas comme
exemple de relation entre les CE pré-match (c-à-dire les charges excluant les matchs)
et la performance physique en match (c-à-dire la fréquence d’actions par minute) chez
des joueurs de FB-Australien. Les résultats montrent que plus la CE est élevée avant
un match, moins les joueurs sont actifs pendant le match concerné. Même si la
corrélation est relativement faible (r = -0.61), elle est significative et suggère la
tendance d’une relation inversement proportionnelle entre la performance physique de
match et la quantité d’entraînement précédant ce match. Ces données montrent qu’il
est extrêmement important de contrôler les CE réalisées par les joueurs dans une
équipe sur une base individuelle pour s’assurer que leurs programmes d’entraînement
inter-match n’affectent pas leur performance physique de match.

2500
y = -562.67x + 2493.2
r = 0.61, p<0.05

2200
Weekly Training Load (AU)

1900

1600

1300
0.30 0.50 0.70 0.90 1.10 1.30
Game Activity (skill involvement/min)

Figure 12. Etude de cas montrant la relation entre les charges d’entraînement inter-match et un indice
d’activité au cours des matchs (fréquence d’actions par minute) successifs à ces semaines chez des
joueurs professionnels de FB-Australien.

Une méthode pouvant être utilisée pour contrôler la CE et de programmer les


charges prévues/planifiées sur une base de données/feuille de calculs et d’ensuite
suivre les charges observées par séance et vérifier si l’entraînement a bien été conduit
comme prévu. Ce système ou bien cette façon de procéder permet au préparateur
physique ou à l’entraîneur de mieux ajuster les charges quotidiennes d’entraînement
et d’effectuer un meilleur contrôle du processus d’entraînement des joueurs. Un
exemple de contrôle de la CE sur une feuille Excel (Tableau 3) est fourni pour une
équipe professionnelle de FB Tunisien (Fig. 13). Notez que les sommes des CE
quotidiennes sont notées pour chaque jour de la semaine, ceci permet d’ajuster les CE
des jours successifs en tenant compte des CE observées. Dans le Tableau 3 ci-
dessous, la sommes des CE réalises à l’entraînement jusqu’au samedi (avant le match)
est notée en jaune. Ceci représente le but à atteindre en terme de CE sur la semaine
avant d’attaquer le match. L’exemple ci-dessous montre une semaine d’entraînement
où le contrôle a été correctement effectué puisque les charges observées sont restées
très proches des charges programmées.

600
Training Load (AU)

500
400
300
200
100 Planned
Actual
0
Monday Tuesday Wednesday Thursday Friday Saturday Sunday

Figure 13. Un exemple de contrôle de la CE montrant les charges prévues et les charges observées sur
une semaine compétitive en Football professionnel Tunisien. Les colonnes rouges représentent les
charges programmées et les autres colonnes de couleurs diverses sont réservées aux charges observées
chez 10 joueurs de champs titulaires.
Tableau 3. Un exemple d’une feuille de calcul Excel qui puisse être utilisée pour contrôler le degré d’accord entre les CE programmées et les charges réellement observées
chez des joueurs professionnels de FB Tunisien.
Week 49
Player

TL Planned Vol RPE TL Daily TL Actual TL 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 RPE Vol TL Daily TL Cumulative

Monday Monday
70 3 210 210 210 2.75 2 3 3.25 3.5 2 2.75 3 3 3.5 2.88 74 213 213 213
Tuesday Tuesday
80 3 240 240 450 3.5 2 4 3 3.5 3 2.5 4 3.19 72 230 230 442
Wednesday 60 4 240 Wednesday 4 4 5 3.5 3 4 3.5 3.5 4.3 3.86 65 251
240 690 251 693
Thursday Thursday
75 3 225 225 915 2.75 2 3.5 5 3 3 2.5 2.75 3.25 3 3.08 76 234 234 927
Friday 50 2 100 Friday 3 2 2.5 2 2.5 3 2.5 2 2.5 2.44 47 115
100 1015 115 1042
Saturday 70 2.5 175 Saturday 3 3 2.5 3.25 2 2.5 2.75 2 3 2.5 2.65 51 135
175 1190 135 1177
Sunday Sunday
90 6 540 540 1730 5.5 5 5.5 5 6.5 6 5 5 5.44 97 527 527 1704
Σ Planned TL Total 1730 Σ Actual TL Total 1704
Monotony 1.79 SD 138 Week Sess 7 Monotony 1.80 SD 136
9. Conclusion

Une approche structurée pour programmer et contrôler l’entraînement peut offrir


plusieurs avantages pour le développement à long terme du FB et pourrait aider à optimiser la
performance des équipes à travers l’amélioration de la performance des joueurs eux-mêmes.
La charge d’entraînement (CE) subie par les joueurs est influencée par le volume et l’intensité
de l’entraînement. Une compréhension claire et précise des CE au cours du processus
d’entraînement peut être bénéfique pour l’entraîneur et les joueurs. L’entraîneur peut utiliser
ce feed-back de l’entraînement pour systématiquement modifier les plans d’entraînement
futurs afin d’optimiser les performances futures. Les joueurs peuvent aussi utiliser ce feed-
back comme motivation pour les entraînements à venir. La CE peut être contrôlée de
différentes façons, cependant nous recommandons l’utilisation de la méthode-RPE pour
quantifier l’entraînement parce qu’elle est simple d’utilisation, facile à comprendre et à mettre
en place. A partir d’une perspective des Sciences du Sport, la validité et la fiabilité des
mesures de la CE permettent d’évaluer de façon efficiente les différentes modalités et séances
d’entraînement en FB. Cette méthode peut être utilisée pour s’assurer que d’une part, des
charges suffisantes sont prescrites et que d’une autre part, elles ne soient pas excessives.
Enfin, avec un peu de temps et de la pratique dans la mesure précise des CE, l’entraîneur
connaîtra mieux les plans d’entraînement optimaux pour son équipe et pour ses joueurs pris
individuellement. Ceci pourrait sans doute amener à de meilleures performances sur le terrain
des footballeurs.
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