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Baccalauréat L

Session 2018

Épreuve : Littérature

Durée de l’épreuve : 2 heures

Coefficient : 4

PROPOSITION DE CORRIGÉ

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Question 1 (8 points)

Un critique déclare qu’à la fin des Faux-monnayeurs « tout rentre dans l’ordre ». Qu’en
pensez-vous? Vous fonderez votre réponse sur votre connaissance du roman Les Faux-
monnayeurs et du Journal des Faux-monnayeurs.

Introduction :
[Pb et annonce du plan]

I- Une intrigue qui rentre dans l’ordre

a- la bâtardise de Bernard semble oubliée : il rentre dans sa famille


« Bernard est retourné chez son père […] c’est ce qu’il avait de mieux à faire »

b- les personnages retrouvent leur place

c- la justice est rendue


un ordre narratif, du point de vue du roman et du romancier

II- un roman sans conclusion

a- un roman ouvert
Gide suit en cela les préceptes de Flaubert : « L'ineptie consiste à vouloir conclure.
Oui, la bêtise consiste à vouloir conclure. »

Gide : « Dans la vie, rien ne se résout; tout continue. On demeure dans


l'incertitude; et on restera jusqu'à la fin sans savoir à quoi s'en tenir; en attendant,
la vie continue, tout comme si de rien n'était. »

b- La boucle de Caloub
Le roman s’ouvrait avec ce personnage bien peu exploité durant le roman, il
fait à nouveau son apparition à la toute fin du roman, annonçant des suites
possibles et d’autres romans.
Anagramme de Caloub : boucla. Le personnage ferme la boucle du roman.

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Question 2 (12 points)
André Gide avait d’abord envisagé d’inscrire les réflexions d’Edouard sur le roman dans un
premier chapitre pouvant servir de préface. Il y a pourtant renoncé. Selon vous, pourquoi ?
Vous fonderez votre réponse sur votre connaissance du roman Les Faux-monnayeurs et du
Journal des Faux-monnayeurs.

Introduction :
Le roman de Gide publié en 1925 a pu dérouter le lecteur de roman traditionnel par sa
construction caléidoscopique. Gide assume un roman nouveau et le nourrit de réflexions sur le
genre. Le personnage du romancier Edouard lui en donne l’occasion en nourrissant le roman
de ses réflexions sur la création de son propre roman.
[Pb et annonce du plan]

I – Edouard, producteur de réflexions sur le roman

a- Edouard produit une réflexion sur le genre romanesque


- En particulier dans son journal
- Lors de l’échange avec Mme Sophroniska (IIe partie chap 3)
Il développe « ses idées sur le roman ».
« Il n’y a de vérité psychologique que particulière, il est vrai ; mais il n’y a d’art que
général. Tout le problème est là, précisément ; exprimer le général par le particulier ; faire
exprimer par le particulier le général »
« Mon roman n’a pas de sujet. Oui, je sais bien ; ça a l’air stupide ce que je dis là.
Mettons si vous préférez qu’il n’y aura pas un sujet… »

b- le journal d’Edouard, un élément participant à la mise en abyme.


« Pour obtenir cet effet, suivez-moi, j’invente un personnage de romancier, que je pose en
figure centrale ; et le sujet du livre, si vous voulez, c’est précisément la lutte entre ce qui lui
offre la réalité et ce que, lui, prétend en faire »
Ce personnage de romancier est par bien des égards le double de Gide et son journal, je
double du Journal des Faux-Monnayeurs.

II- Le journal des faux-Monnayeurs, la réflexion de Gide sur le roman

a- un journal du roman, histoire de sa construction qui raconte la genèse du roman

b- la marque des hésitations


Il est intéressant de constater que certains éléments évoqués dans le journal ne trouvent pas
leur place dans le roman fini. Les éléments absents sont aussi représentatifs de ce que Gide
choisit.

c- réflexions plus larges sur le genre


Au-delà de la seule création des Faux-Monnayeurs, Gide livre également une réflexion sur la

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création romanesque en général.
« Si vous voulez, ce carnet contient la critique de mon roman ; ou mieux : du roman en
général. Songez à l’intérêt qu’aurait pour nous un semblable carnet tenu par Dickens, ou
Balzac ; si nous avions le journal de L’Éducation sentimentale, ou des frères Karamazov !
l’histoire de l’œuvre, de sa gestation ! Mais ce serait passionnant… plus intéressant que
l’œuvre elle-même… »

III – le 1er chapitre des Faux-Monnayeurs : l’action avant la réflexion

a- un incipit qui dit ce que sera le roman


« L'expérience instruit plus que le conseil. » Gide met en œuvre un incipit in medias res où
ses choix narratifs s’imposent.

b- Une mise en scène à l’image du roman


« C’est le moment de croire que j’entends des pas dans le corridor» se dit Bernard. Dans
ce 1er chapitre. Gide joue avec les niveaux de fictions.

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