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UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

DÉVELOPPEMENT D’UNE MÉTHODE DE SIMULATION DE POMPAGE AU


SEIN D’UN COMPRESSEUR MULTI-ÉTAGÉ

MARTIAL DUMAS

DÉPARTEMENT DE GÉNIE MÉCANIQUE

ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL

MÉMOIRE PRÉSENTÉ EN VUE DE L’OBTENTION

DU DIPLÔME DE MAÎTRISE ÈS SCIENCES APPLIQUÉES

(GÉNIE MÉCANIQUE)

AOÛT 2013

© Martial Dumas, 2013.


UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL

Ce mémoire intitulé:

DÉVELOPPEMENT D’UNE MÉTHODE DE SIMULATION DE POMPAGE AU


SEIN D’UN COMPRESSEUR MULTI-ÉTAGÉ

présenté par : DUMAS Martial

en vue de l’obtention du diplôme de : Maîtrise ès sciences appliquées

a été dûment accepté par le jury d’examen constitué de :

M. REGGIO Marcelo, Ph.D., président

M. VO Huu-Duc, Ph.D., membre et directeur de recherche

M. TRÉPANIER Jean-Yves, Ph.D., membre


iii

DÉDICACE

À ma famille,
iv

REMERCIEMENTS

Je tiens tout d’abord à exprimer ma profonde gratitude envers mon directeur de recherche,
professeur Huu-Duc Vo, pour m’avoir accepté, fait confiance, et fournit un projet intéressant
pour la validation de ma maitrise. Je le remercie également pour tous ses conseils judicieux, son
encadrement et sa grande disponibilité lors de la réalisation de ce projet.

Je souhaite également remercier Eddy Petro, associé de recherche, ainsi que Engin Erler,
ancienne collègue de bureau aujourd’hui diplômée, pour l’aide fournie pendant ces deux années,
notamment sur l’utilisation du logiciel CFX. Leurs commentaires constructifs, leur ouverture
d’esprit ainsi que leur sens critique m’ont permis d’apprendre et de débloquer des situations
délicates rencontrées lors de la réalisation de ce projet. Sans oublier Alain Robidoux, spécialiste
des laboratoires d’enseignement, qui a permis d’effectuer cet accomplissement dans des
conditions de travail optimales, notamment grâce à sa rapidité et son efficacité hors du commun.

D’autres parts, je souhaite souligner l’appui de l’entreprise partenaire de ce projet, Pratt &
Whitney Canada, pour leur soutien financier ainsi que leur appui technique. Je souhaite remercier
plus particulièrement Hien Duong pour sa disponibilité et ses précieuses informations fournies.

Je voudrais aussi remercier tous les étudiants que j’ai pu rencontrer ici à Polytechnique,
pour tous les bons moments, inoubliables, passés ensembles. Un grand merci notamment aux
joueurs de Hockey de l’AÉCSP, qui m’ont permis de découvrir ce sport fabuleux, et m’ont
parfaitement intégré au groupe (et ce malgré mon piètre niveau).

Mes pensées vont également à ma famille, et plus particulièrement à mes parents, qui sans
leur soutien, n’aurait pu rendre ce grand projet réalisable. Leur éducation m’a notamment permis
de devenir qui je suis aujourd’hui.

Enfin, je tiens spécialement à remercier ma conjointe, Gwendoline Cressent, pour avoir


cru en moi et m’avoir suivi jusqu’ici au Québec. Sa présence et son soutien ont été inestimables
dans la réalisation de ma maîtrise.
v

RÉSUMÉ

Le pompage est un phénomène instationnaire, qui peut apparaître lorsque le compresseur


opère à un débit trop faible par rapport à son point de conception. Cette instabilité aérodynamique
est caractérisée par de grandes oscillations de pression et de débit, résultant en une perte de
puissance soudaine de la turbine à gaz et pouvant créer des dommages importants sur les
composants du moteur.

La méthodologie développée à travers ce mémoire permet de simuler le comportement du


fluide au sein d’un compresseur multi-étagé pendant le phénomène de pompage, et de ce fait
prédire, lors de la phase de conception, la variation temporelle des forces aérodynamiques
appliquées sur les pales, ainsi que la pression et la température aux points d’extraction d’air dans
le compresseur pour le refroidissement des turbines.

Bien que le compresseur soit l’élément d’intérêt et déclencheur du phénomène de


pompage, le comportement du fluide durant cette instabilité est également dépendant des autres
composants du moteur (chambre à combustion, turbine, conduites). Cependant, une simulation
numérique de l’intégralité de la turbine à gaz ne peut être effectuée de façon pratique avec les
technologies actuelles. L’approche utilisée consiste en un couplage d’une résolution numérique
(CFD) 3D des équations moyennées de Navier-Stokes (RANS) du compresseur, avec des
équations unidimensionnelles (qui représentent le comportement des autres éléments) appliquées
sous forme de conditions limites dynamiques. La méthode fut mise en pratique avec un code
commercial CFD RANS (CFX), dont certaines options facilitent l’implémentation des équations
1D aux conditions limites dynamiques du modèle CFD. De plus, afin d’obtenir des temps de
calculs raisonnables, un seul passage d’aube par rangée d’aubes du compresseur fut simulé pour
capturer le phénomène essentiellement unidimensionnel qu’est le pompage.

Cette méthodologie fut appliquée à plusieurs géométries de compresseurs, aux


caractéristiques bien particulières. Des simulations sur un compresseur axial multi-étagé, basse
vitesse (incompressible), ont notamment permis de valider les résultats obtenus numériquement
avec des données expérimentales, montrant que l’amplitude des oscillations en pression et en
débit étaient bien capturées. La forte dépendance de la fréquence des oscillations envers le
volume du plénum (chambre à combustion) fut notamment mise en avant. Les simulations du
second compresseur démontrèrent l’adaptabilité du modèle pour un compresseur multi-étagé de
vi

configuration axial-centrifuge. Finalement, l’application de la méthode à un compresseur


transsonique de Pratt & Whitney Canada permit de démontrer que l’outil fonctionne pour une
configuration combinant un étage de type mixed-flow et d’un étage centrifuge opérant en régime
hautement compressible. Les simulations avec ce dernier compresseur ont notamment mis en
avant certaines limites de l’outil, comme la robustesse numérique d’une succession d’interfaces
rotor/stator dans un compresseur haute vitesse face à de grandes variations temporelles de débit,
ainsi que les temps de calculs nécessaires pour l’obtention de plusieurs cycles de pompage.
vii

ABSTRACT

Surge is an unsteady phenomenon which appears when a compressor operates at a mass


flow that is too low relative to its design point. This aerodynamic instability is characterized by
large oscillations in pressure and mass flow, resulting in a sudden drop in power delivered by a
gas turbine engine and possibly important damage to engine components.

The methodology developed in this thesis allows for the simulations of the flow behavior
inside a multi-stage compressor during surge and, by extension, predict at the design phase the
time variation of aerodynamic forces on the blades and of the pressure and temperature at bleed
locations inside the compressors for turbine cooling.

While the compressor is the component of interest and the trigger for surge, the flow
behavior during this event is also dependent on other engine components (combustion chamber,
turbine, ducts). However, the simulation of the entire gas turbine engine cannot be carried out in
a practical manner with existing computational technologies. The approach taken consists of
coupling 3-D RANS CFD simulations of the compressor with 1-D equations modeling the
behavior of the other components applied as dynamic boundary conditions. The method was put
into practice in a commercial RANS CFD code (ANSYS CFX) whose integrated options
facilitated the implementation of the 1-D equations into the dynamic boundary conditions of the
computational domain. In addition, in order to limit computational time, only one blade passage
was simulated per blade row to capture surge which is essentially a one-dimensional
phenomenon.

This methodology was applied to several compressor geometries with distinct features.
Simulations on a low-speed (incompressible) three-stage axial compressor allowed for a
validation with experimental data, which showed that the pressure and mass flow oscillations are
captured well. This comparison also highlighted the strong dependence of the oscillation
frequency on the volume of the downstream plenum (combustion chamber). The simulations of
the second compressor demonstrated the adaptability of the approach to a multi-stage compressor
with an axial-centrifugal configuration. Finally, application of the method to a transonic
compressor geometry from Pratt & Whitney Canada demonstrated the tool on a mixed flow-
centrifugal compressor configuration operating in a highly compressible regime. These last
simulations highlighted certain limitations of the tool, namely the numerical robustness
viii

associated with the use of multiple stator/rotor interfaces in a high-speed compressor with high
rates of change of mass flow, and the computational time required to a simulate several surge
cycles.
ix

TABLE DES MATIÈRES

DÉDICACE ................................................................................................................................... III

REMERCIEMENTS ..................................................................................................................... IV

RÉSUMÉ ........................................................................................................................................ V

ABSTRACT .................................................................................................................................VII

TABLE DES MATIÈRES ............................................................................................................ IX

LISTE DES TABLEAUX ............................................................................................................XII

LISTE DES FIGURES ............................................................................................................... XIII

LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS ............................................................................XVII

LISTE DES ANNEXE ............................................................................................................... XIX

CHAPITRE 1 INTRODUCTION ............................................................................................... 1

1.1 Généralités sur les compresseurs...................................................................................... 2

1.2 Les instabilités aérodynamiques du compresseur ............................................................ 5

1.3 Problématique................................................................................................................... 8

1.4 Organisation du mémoire ............................................................................................... 10

CHAPITRE 2 REVUE BIBLIOGRAPHIQUE : LE POMPAGE ............................................ 12

2.1 Le modèle de Greitzer : la Base ..................................................................................... 12

2.1.1 Emmons, le précurseur ............................................................................................... 12

2.1.2 La modélisation de Greitzer ....................................................................................... 12

2.1.3 Le coefficient B .......................................................................................................... 15

2.1.4 Avantages et limites du modèle ................................................................................. 17

2.2 L’état de l’art .................................................................................................................. 19

2.2.1 Modèles analytiques ................................................................................................... 20

2.2.2 Modèles Numériques (CFD) ...................................................................................... 21


x

2.3 Résumé de la revue bibliographique .............................................................................. 25

CHAPITRE 3 MÉTHODOLOGIE ........................................................................................... 27

3.1 Approche ........................................................................................................................ 27

3.1.1 Principe général .......................................................................................................... 27

3.1.2 Modélisation des conditions limites dynamiques....................................................... 28

3.1.3 Couplage des conditions limites dynamiques à la CFD ............................................. 32

3.2 Implémentation numérique ............................................................................................ 35

3.2.1 Le Logiciel CFX......................................................................................................... 35

3.2.2 Le modèle de turbulence ............................................................................................ 35

3.2.3 Autres options CFX .................................................................................................... 36

3.2.4 Les interfaces.............................................................................................................. 37

3.2.5 Les conditions limites classiques ............................................................................... 38

3.2.6 Les conditions limites d’entrée et de sortie du domaine de calcul ............................. 40

3.2.7 Prise en considération de la conduite ......................................................................... 42

3.3 Description des compresseurs étudiés ............................................................................ 43

3.3.1 Le MIT GTL-LS3....................................................................................................... 44

3.3.2 L’ajout du centrifuge .................................................................................................. 49

3.3.3 Le compresseur de Pratt & Whitney Canada ............................................................. 51

3.4 Démarche suivie lors de la simulation d’un pompage ................................................... 55

Étape 1 : Point Pré-initial ....................................................................................................... 55

Étape 2 : Création du fichier initial ........................................................................................ 55

Étape 3 : Paramétrage de la simulation .................................................................................. 55

Étape 4 : Simulation du pompage .......................................................................................... 56


xi

CHAPITRE 4 RESULTATS DU MIT-GTL-LS3 .................................................................... 59

4.1 Étude régime stable ........................................................................................................ 59

4.2 Étude Régime instationnaire : Pompage ........................................................................ 61

4.2.1 Résultats ..................................................................................................................... 62

4.2.2 Étude paramétrique .................................................................................................... 67

4.2.3 Comparaison avec les résultats expérimentaux .......................................................... 72

4.2.4 Adaptation du modèle numérique .............................................................................. 75

4.3 Résumé des résultats pour le compresseur GTL-LS3 .................................................... 81

CHAPITRE 5 ADAPTABILITÉ ET LIMITES DU MODÈLE ............................................... 83

5.1 L’ajout du centrifuge ...................................................................................................... 83

5.1.1 Régime stable ............................................................................................................. 83

5.1.2 Simulation du pompage .............................................................................................. 84

5.2 Le compresseur de Pratt & Whitney Canada ................................................................. 88

5.2.1 Régime stable ............................................................................................................. 88

5.2.2 Simulation du pompage .............................................................................................. 88

5.3 Discussion sur l’adaptabilité et les limites du modèle ................................................... 92

CHAPITRE 6 CONCLUSION ................................................................................................. 93

BIBLIOGRAPHIE ........................................................................................................................ 96

ANNEXES .................................................................................................................................. 100


xii

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 3.1: Caractéristiques géométriques du compresseur du MIT ........................................... 46

Tableau 3.2: Résumé des principales caractéristiques du compresseur du MIT ............................ 48

Tableau 3.3: Principales caractéristiques géométriques de l’impulseur ........................................ 49

Tableau 3.4: Principales caractéristiques du compresseur modifié de Pratt & Whitney Canada .. 54

Tableau 3.5 : Répartition du nombre d’éléments suivant les différentes directions ...................... 54

Tableau 4.1: Résumé du temps de calcul pour chaque ............................................................. 68

Tableau F.1 : Résumé des différents maillages pour le MIT GTL-LS3 ...................................... 114

Tableau G.1 : Caractéristiques des différents maillages pour l’impulseur et le diffuseur ........... 117

Tableau H.1 : Caractéristiques des différents maillages pour l’ensemble MFR+S1+S2 ............. 119

Tableau H.2 : Caractéristiques des différents maillages pour l’impulseur et le diffuseur ........... 120
xiii

LISTE DES FIGURES

Figure 1.1: Exemple d'un turboréacteur [1] ..................................................................................... 1

Figure 1.2: Schéma d'un étage axial (gauche) et centrifuge (droite) ................................................ 2

Figure 1.3: Courbes caractéristiques d'un compresseur ................................................................... 3

Figure 1.4: Points de fonctionnement d'un compresseur ................................................................. 4

Figure 1.5: Comportement du compresseur lors du décrochage tournant ........................................ 6

Figure 1.6: Comportement du compresseur lors d’un pompage profond ........................................ 7

Figure 2.1: Schéma du modèle 1D développé par Greitzer ........................................................... 13

Figure 2.2: Comparaison des résultats expérimentaux et analytiques de Greitzer [12] ................. 14

Figure 2.3: Validation du coefficient critique B expérimental et théorique [12] ........................... 16

Figure 2.4: Comparaison expérimentale de 2 pompages de même coefficient B [12] .................. 16

Figure 2.5: Courbe caractéristique axisymétrique complète d'un compresseur à vitesse donnée .. 17

Figure 2.6: Résultat de pompage pour deux compresseurs de longueur différente, B=0.67 [14] .. 19

Figure 2.7: Variation temporelle de débit et de la pression adimensionnels lors d’un pompage
simulé par Niazi [27] .............................................................................................................. 22

Figure 2.8: Résultats de pompage obtenus par Vahdati [28] ......................................................... 24

Figure 2.9: Résultats de pompage obtenus par Guo pour deux volumes de plénum différents [31]
................................................................................................................................................ 25

Figure 3.1: Principe général de la méthodologie utilisée ............................................................... 27

Figure 3.2: Représentation schématique du modèle 1D ................................................................. 29

Figure 3.3: Conditions limites d’entrée et de sortie en régime stationnaire (stable) ...................... 32

Figure 3.4 : Conditions limites d’entrée et de sortie en régime instationnaire, débit positif ......... 33

Figure 3.5 : Conditions limites d’entrée et de sortie en régime instationnaire, débit inversé ........ 34

Figure 3.6: Localisation des différentes conditions limites pour un passage d'aube...................... 38

Figure 3.7: Succession de rotors/stators dont les interfaces sont simulées par l'option Stage ....... 39
xiv

Figure 3.8: Vue globale du compresseur trois étages du MIT [42]................................................ 45

Figure 3.9: Représentation schématique des positions des aubes du compresseur et des points de
mesures [36] ........................................................................................................................... 45

Figure 3.10: Géométrie finale 3D du compresseur du MIT ........................................................... 47

Figure 3.11 : Maillage d’un rotor (R2) et d’un stator (S2) ............................................................. 48

Figure 3.12: Aperçu de la roue et d’un seul passage de l’impulseur conçu ................................... 50

Figure 3.13 : Maillage final de la roue centrifuge .......................................................................... 50

Figure 3.14: Vue de coupe du compresseur de Pratt & Whitney Canada ...................................... 51

Figure 3.15: Compresseur centrifuge de PWC avec mise en avant de la différence de profondeur
à l'interface impulseur/diffuseur ............................................................................................. 52

Figure 3.16: Géométrie PWC modifiée.......................................................................................... 53

Figure 3.17: Maillage final du compresser de PWC ...................................................................... 54

Figure 3.18: Courbe de variation du débit en fonction du temps lors d'un pompage .................... 57

Figure 3.19: Courbe de variation de la pression en fonction du temps lors d'un pompage ........... 57

Figure 4.1: Courbe caractéristique (stable) simulée en incompressible et en compressible


comparée à la courbe expérimentale du compresseur du MIT GTL-LS3 .............................. 60

Figure 4.2: Résultat du cycle de pompage représentant la variation du coefficient de pression en


fonction du coefficient de débit .............................................................................................. 63

Figure 4.3: Variation des coefficients de pression et de débit en fonction du temps adimensionnel
................................................................................................................................................ 63

Figure 4.4: Un cycle de variation du coefficient de pression en fonction du temps ...................... 64

Figure 4.5: Un cycle de variation du coefficient de débit en fonction du temps ........................... 64

Figure 4.6: Représentation de l'écoulement lors de l'inversement du flux du gaz à l'envergure


moyenne du rotor 3 ................................................................................................................ 65

Figure 4.7: Variation temporelle de la force adimensionnelle axiale appliquée sur le Rotor 3 lors
d’un cycle de pompage ........................................................................................................... 66
xv

Figure 4.8: Variation temporelle de la pression adimensionnelle entre les rangées d’aubes S2 et
R3 lors d’un cycle de pompage .............................................................................................. 66

Figure 4.9: Variation du coefficient de pression et de débit en fonction du temps adimensionnel


pour différents pas de temps................................................................................................... 69

Figure 4.10: Variation temporelle de pression à différents étages pour deux différents .......... 70

Figure 4.11: Variation temporelle des coefficients de pression et de débit pour différents nombre
de sous-itérations .................................................................................................................... 71

Figure 4.12: Comparaison du cycle de pompage numérique et expérimental ............................... 73

Figure 4.13: Variation expérimentale de la vitesse du fluide obtenue par fils chaud, pour trois
positions circonférentielles différentes, en fonction du nombre de révolutions [42] ............. 74

Figure 4.14: Comparaison de la variation temporelle des coefficients de pression et de débit pour
=3.66 m³ et =9.66 m³ .................................................................................................... 76

Figure 4.15: Variation de fréquence en fonction du volume du plénum .................................. 78

Figure 4.16: Influence de l'ajout d'une conduite de sortie de 0.44 m modélisée numériquement . 79

Figure 5.1: Comparaison des courbes caractéristiques compressibles et incompressibles pour le


compresseur axial-centrifuge de quatre étages....................................................................... 84

Figure 5.2: Résultats de pompage avec l'ajout de l'étage centrifuge .............................................. 85

Figure 5.3: Représentation schématique de la condition limite de sortie du domaine de simulation


(vue de face) juste après l'inversion moyennée du flux d'air. ................................................ 86

Figure 5.4: Résultat de pompage avec la géométrie modifiée ....................................................... 90

Figure A.1 : Schéma expliquant la propagation du décrochage tournant .................................... 100

Figure A.2 : Schéma représentant les différents types de décrochage tournant ........................... 101

Figure B.1 : Courbe caractérisant les instabilités statiques et dynamiques d'un compresseur ..... 102

Figure B.2 : Différents modèles de compresseur utilisés pour décrire les instabilités................. 103

Figure C.1 : Schéma du modèle du résonateur d’Helmholtz ....................................................... 105


xvi

Figure C.2 : Schéma du modèle de Greitzer ................................................................................ 106

Figure C.3 : Système masse ressort analogue au phénomène de pompage.................................. 109

Figure E.1 : Schéma du tube utilisé pour la simulation ............................................................... 112

Figure E.2 : Variation de la pression en fonction du nombre d’itérations ................................... 113

Figure F.1 : Variation de la pression en sortie du compresseur en fonction du nombre d’éléments


.............................................................................................................................................. 115

Figure G.1 : Variation de la pression en sortie de la roue centrifuge en fonction du nombre


d’éléments ............................................................................................................................ 116

Figure G.2 : Variation du rendement isentropique en fonction du débit massique de l’étage axial
.............................................................................................................................................. 117

Figure G.3 : Variation du rendement en fonction de la vitesse de rotation de l’impulseur ......... 118

Figure H.1 : Variation du débit en fonction du nombre d’éléments pour MFR+S1+S2 .............. 119

Figure H.2 : Variation du débit en fonction du nombre d’éléments pour la roue centrifuge ....... 120

Figure H.3 : Maillage du diffuseur tube ....................................................................................... 121

Figure H.4 : Cycle de pompage avec la géométrie initiale et l’interface Frozen ......................... 122

Figure H.5 : Variation du coefficient de pression et de débit en fonction du temps adimensionnels


pour différents ................................................................................................................. 123

Figure I.6: Variation de pression en fonction du temps adimensionnel à différents étages pour
deux différents ................................................................................................................. 124
xvii

LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS

AV Additionnal Variable

CEL CFX Expression Language

CFD Computational Fluid Dynamics

IGV Inlet Guide Vane

MFR Mixed Flow Rotor

MIT Massachusetts Institute of Technology

NACA National Advisory Committee for Aeronautics

PWC Pratt &Whitney Canada

RANS Reynolds Averaged Navier Stokes

SST Shear Stress Transport

B Coefficient de Greitzer

c Célérité du son

Fréquence d’Helmholtz

Coefficient de la vanne

Longueur effective du compresseur

Longueur adimensionnelle du compresseur

Nombre de Mach

̇ Débit massique

N Vitesse de rotation du compresseur en tr/min

Nloop Nombre de sous-itérations


xviii

Pression

Rayon moyen

Section effective du compresseur

Température

Temps

Vitesse au rayon moyen du compresseur

Volume du plenum

Vitesse du fluide

Coefficient adiabatique

t Pas de temps

Temps adimensionnel

Masse volumique

Force adimensionnelle

Délai de réponse du compresseur

Débit massique adimensionnel

Pression adimensionnelle

Pulsation d’Helmholtz
xix

LISTE DES ANNEXE

ANNEXE A - APPARITION DU DÉCROCHAGE TOURNANT ....................................... 100

ANNEXE B - INSTABILITÉS STATIQUES ET DYNAMIQUES ...................................... 102

ANNEXE C - COMPLÉMENTS SUR LES MODÈLES ANALYTIQUES ......................... 105

C.1 Résonateur d’Helmholtz ............................................................................................... 105

C.2 Modèle 1D de Greitzer simplifié .................................................................................. 106

C.3 Modèle linéaire ............................................................................................................. 108

ANNEXE D - IMPLÉMENTATION NUMÉRIQUE ............................................................ 110

D.1 Code variable additionnelle .......................................................................................... 110

D.2 Implémentation CEL .................................................................................................... 110

ANNEXE E - IMPORTANCE DE LA VARIABLE ADDITIONNELLE ............................ 112

ANNEXE F - ÉTUDE DE MAILLAGE DU MIT GTL-LS3 ................................................ 114

ANNEXE G - ÉTUDES COMPLÉMENTAIRES DU COMPRESSEUR CENTRIFUGE ... 116

G.1 Convergence du maillage ............................................................................................. 116

G.2 Amélioration de la vitesse de rotation .......................................................................... 117

ANNEXE H - ÉTUDES COMPLÉMENTAIRES POUR LE COMPRESSEUR PRATT &


WHITNEY CANADA ................................................................................................................ 119

H.1 Étude de maillage ......................................................................................................... 119

H.2 Problème de convergence du diffuseur tube ................................................................ 121

H.3 Résultat de pompage du compresseur PWC avec diffuseur tube et interface Frozen.. 122

H.4 Étude du pas de temps du compresseur Pratt & Whitney Canada .............................. 123
1

CHAPITRE 1 INTRODUCTION

Les turbomachines sont aujourd’hui utilisées dans de nombreux domaines, comme la


production d’énergie, l’automobile, la propulsion aéronautique, … Leur fonctionnement est basé
sur le transfert d’énergie entre une partie mécanique tournante et un fluide. Cet échange peut être
à la fois génératif (compresseur) comme réceptif (turbine).

Au sein des moteurs d’avion à turbine à gaz, les deux types d’échanges sont effectués.
Quel que soit la nature du moteur (turboréacteur, turbosoufflante, turbopropulseur,…), leur
principe physique de fonctionnement reste le même. Le fluide va dans un premier temps voir sa
pression augmenter, à travers un compresseur. Puis au sein de la chambre à combustion,
l’énergie totale du fluide est augmentée par un apport calorifique (combustion du kérosène).
Enfin, le fluide est détendu à travers une turbine qui va redistribuer son énergie au compresseur et
à la charge utile (hélice, soufflante,…). C’est en général cette dernière, en collaboration avec
l’expulsion de fluide par la tuyère, qui crée la propulsion nécessaire au déplacement de l’avion.

Figure 1.1: Exemple d'un turboréacteur [1]


2

1.1 Généralités sur les compresseurs


Les compresseurs sont des composants critiques des turboréacteurs car leurs performances
vont avoir des conséquences directes sur le fonctionnement global du moteur (rendement,
consommation de carburant,…). Ils sont généralement constitués de plusieurs étages, qui peuvent
être axiaux comme centrifuges. Un étage contient toujours une roue d’aubages (ou de pales)
tournante à grande vitesse (rotor ou impulseur), permettant d’augmenter la vitesse absolue du
fluide, et une roue fixe (stator ou diffuseur), qui va transformer cette énergie cinétique en
pression.

Les moteurs d’avion sont aujourd’hui fréquemment dotés d’un compresseur multi-étagé
composés de plusieurs étages axiaux en amont suivi d’un étage centrifuge en aval. Dans les
compresseurs centrifuges, contrairement aux compresseurs axiaux, le fluide est évacué
perpendiculairement à l’axe de rotation, leur permettant d’avoir des meilleurs rapports de
pression (pouvant aller jusqu’à 10 par étage, contre seulement 1,5 pour un étage axial).
Cependant, comparés aux compresseurs centrifuges, les compresseurs axiaux supportent un débit
d’air beaucoup plus élevé. De plus, ils peuvent être assez facilement combinés en série,
contrairement aux compresseurs centrifuges qui ont besoin d’un système de connexion plus
complexe.

Figure 1.2: Schéma d'un étage axial (gauche) et centrifuge (droite)


3

La performance des compresseurs en régime permanent est représentée par des courbes
caractéristiques dont l’abscisse indique le débit massique et l’ordonnée le rapport de pression.
Comme il est possible de l’observer sur la Figure 1.3, pour une courbe caractéristique donnée
(représentant une vitesse de rotation fixe), plus le débit diminue, plus la pression augmente.
L’ensemble des courbes caractéristiques du compresseur, obtenues en faisant varier la vitesse de
rotation, s’appelle carte du compresseur.

Figure 1.3: Courbes caractéristiques d'un compresseur

Pour une vitesse de rotation donnée, le point de fonctionnement en régime permanent


correspond à l’intersection de la courbe caractéristique et de la courbe de réseau (appelée
également courbe de charge ou de vanne, Figure 1.4). La courbe de réseau correspond, en réalité,
à la charge demandée par la turbine (perte de pression à travers la turbine pour un débit donné)
qui va être compensée par l’augmentation de pression fournie par le compresseur.
4

Expérimentalement, il est possible de représenter le comportement de la turbine par une


simple vanne. Ainsi, en variant l’ouverture de la vanne, il est envisageable d’obtenir plusieurs
points de fonctionnement du compresseur. Plus la vanne est fermée, plus la pente de la courbe
sera importante.

En réalité, pour une vitesse de rotation fixe de la turbine (souvent identique à celle du
compresseur), la courbe de charge de la turbine est unique. Ainsi, en régime permanent, pour
chaque vitesse de rotation, un seul point de fonctionnement existe. L’ensemble de ces points est
représenté par ce que l’on appelle la ligne de fonctionnement (Figure 1.3).

Figure 1.4: Points de fonctionnement d'un compresseur

Il est possible d’observer sur les Figures 1.3 et 1.4 que la plage d’utilisation d’un
compresseur à vitesse fixe peut être relativement faible. En effet, la courbe caractéristique est
limitée par deux phénomènes : l’étranglement (choke) pour les débits les plus élevés
(augmentation de pression quasi nulle), et les instabilités aérodynamiques sous forme de
pompage ou de décrochage tournant pour les plus faibles débits.
5

1.2 Les instabilités aérodynamiques du compresseur


Pour commencer, il semble important de bien comprendre ce que signifie le terme
stabilité. La définition utilisée par Betchov and Criminale [2] est la suivante : la stabilité peut
être définie comme la capacité d’être insensible aux petites perturbations . En d’autres termes,
notre système sera instable si, suite à une petite perturbation (de débit par exemple), le
compresseur ne retrouve pas son point de fonctionnement.

À vitesse de rotation fixe, lorsque le débit au sein du compresseur diminue en dessous


d’une valeur critique, représentée sur la Figure 1.3 par l’intersection d’une courbe caractéristique
avec la ligne de pompage, des instabilités aérodynamiques apparaissent. Emmons [3] fut le
premier à remarquer que ces instabilités pouvaient aboutir à deux types de phénomènes : le
décrochage tournant ou le pompage.

Le décrochage tournant (Rotating Stall) est une instabilité généralement bidimensionnelle


pour laquelle le flux d’air n’est plus uniforme suivant la direction azimutale (schéma de la Figure
1.5). Des cellules de décrochages (avec une déficience en vitesse méridionale) sont présentes sur
certaines pales, et elles se déplacent circonférentiellement à une vitesse ( ) inférieure à la vitesse
de rotation du rotor [4]. La présence de ces cellules va induire un blocage partiel du flux au sein
du compresseur, ce qui va engendrer une chute de débit et du taux de pression. Ces instabilités
sont souvent responsables de phénomènes vibratoires qui peuvent créer des dommages à la
machine [5]. La théorie d’Emmons [3] pour l’apparition et la propagation de ces cellules est
décrite dans l’Annexe A.

Une des caractéristiques du décrochage tournant est que le comportement moyenné du


débit et de la pression en sortie est stationnaire dans le temps, alors que le comportement interne
au sein du compresseur est instationnaire. La Figure 1.5 représente tout à fait ce phénomène,
puisqu’il est possible d’observer qu’après avoir franchi la ligne de pompage, le compresseur s’est
stabilisé en un point de fonctionnement fixe, mais bien inférieur en rapport de pression à ce qu’il
pourrait produire.
6

Figure 1.5: Comportement du compresseur lors du décrochage tournant

L’apparition du décrochage tournant est parfois assez difficile à observer, mais il est
souvent précurseur à son homologue [6], beaucoup plus dangereux et destructif : le pompage.

Le pompage (Surge), contrairement au décrochage tournant, est une instabilité


unidimensionnelle, caractérisée par une oscillation quasi-axisymétrique du débit à travers la
turbine à gaz. Ce phénomène survient lorsque le compresseur n’arrive plus à fournir la pression
nécessaire pour maintenir celle présente dans la chambre à combustion. Un refoulement partiel
ou total de l’écoulement vers l’avant du moteur peut alors être observé. Une fois la chambre à
combustion vidée, le compresseur arrive de nouveau à permuter le sens d’écoulement du flux
d’air et à augmenter la pression dans la chambre, jusqu’à l’atteinte d’une pression critique de
décrochage. Le compresseur rentre donc dans un cycle qui se répète perpétuellement.

Le retour de gaz lors du pompage peut créer des dégâts critiques sur les aubages du
compresseur à cause des contraintes et des températures importantes présentes (le flux provenant
de la chambre à combustion) pendant le phénomène.
7

Le pompage est donc caractérisé par une grande variation du débit et de la pression au
sein du moteur. Contrairement au décrochage tournant pour lequel les oscillations sont rapides
(50-100Hz), les cycles de pompage du compresseur sont beaucoup plus long (3-10Hz) [7]. De
plus, le flux à travers le compresseur est cette fois-ci instationnaire mais circonférentiellement
quasi-uniforme.

Il existe quatre catégories de pompage [8] :

 Un pompage moyen, avec des petites oscillations qui sont proches de la résonnance
d’Helmholtz.
 Un pompage classique, qui correspond à de grandes oscillations de débit et une faible
fréquence, mais pas d’inversion de flux.
 Un pompage modifié, qui est un mixte du pompage classique et d’un décrochage
tournant.
 Un pompage profond, qui correspond à un pompage classique beaucoup plus violent,
pendant lequel l’inversion du flux a lieu.

La Figure 1.6 montre la réponse du compresseur lors d’un pompage profond, qui correspond
souvent au cas observé industriellement.

Figure 1.6: Comportement du compresseur lors d’un pompage profond


8

Afin de mieux comprendre la différence physique entre le pompage et le décrochage


tournant, il est intéressant de s’appuyer sur les Figures 1.5 et 1.6. À vitesse constante, le facteur le
plus influent est le volume de la chambre à combustion [9, 10]. Plus ce dernier augmente, plus le
système sera susceptible au pompage. En effet, lorsque le point critique d’instabilité est atteint, le
compresseur n’alimente plus en air la chambre à combustion. En revanche, l’air de la chambre
continue de s’échapper à travers la turbine. La vitesse à laquelle la pression au sein de la chambre
à combustion va diminuer sera donc proportionnelle à la quantité de masse d’air stockée, c’est-à-
dire au volume de la chambre. Ainsi, lors du pompage de la Figure 1.6, la vitesse à laquelle la
pression diminue est suffisamment lente pour que le flux soit inversé, contrairement au cas du
décrochage tournant de la Figure 1.5 où cette diminution est beaucoup plus rapide.

Quel que soit le phénomène engendré (décrochage tournant ou pompage), il est crucial
pour le bon fonctionnement et la durée de vie du compresseur d’éviter à tout prix ces instabilités.

Cette limite à ne pas dépasser est représenté sur la Figure 1.3 par la ligne de pompage.
Afin de s’assurer de ne pas dépasser ce seuil, la notion de marge de stabilité (ou de pompage) a
été mise en place. Elle représente une distance de sécurité entre la ligne de pompage et la ligne de
fonctionnement (Figure 1.3).

Une valeur élevée de marge de pompage est nécessaire puisque la ligne de pompage va
bouger en fonction des conditions de fonctionnement du moteur. Des paramètres comme la
l’uniformité de l’écoulement d’entrée, la variation du jeu d’aube par dilatation thermique ou
usure du carter, ou encore l’accélération/décélération du moteur peuvent modifier la localisation
du seuil de stabilité. Ainsi, en prenant une valeur élevée de marge, le concepteur s’assure que le
pompage ne survient jamais. Ce dernier perd cependant une plage de fonctionnement dans
laquelle le rapport de pression et le rendement du compresseur peuvent être maximaux.

1.3 Problématique
L’occurrence du pompage est inévitable pour un compresseur, notamment lors de sa
phase de développement. En effet, il est nécessaire de caractériser expérimentalement
l’enveloppe d’opération du compresseur, incluant les instabilités aérodynamiques menant vers le
pompage du moteur.
9

Pour éviter que les composants du moteur soient sévèrement endommagés, il est
nécessaire de connaître le comportement du flux d’air dans le compresseur lors du pompage,
notamment dans le but de calculer les forces exercées sur les aubes ainsi que les pressions et les
températures extraites dans le compresseur pour le refroidissement des turbines.

Le pompage est une instabilité dynamique [7] dont le comportement dépend non
seulement du compresseur, mais également des composants qui l’entourent (chambre à
combustion, turbine, conduites,…détail en Annexe B). Ainsi, afin de modéliser et de caractériser
un pompage au sein d’un compresseur, il est nécessaire de prendre en compte tous les
composants du moteur [11].

L’utilisation de la CFD pour la représentation d’un tel phénomène n’existe pas


aujourd’hui, faute de moyen technologique. En effet, il serait nécessaire de mailler et résoudre de
façon instationnaire les équations de Navier-Stokes pour le passage du flux d’air dans l’intégralité
du moteur (compresseur, turbine, chambre à combustion,…).

Des modélisations analytiques 1D ou 2D ont alors été créés par Greitzer [9] notamment.
Cette théorie repose sur le principe « actuator disk ». Chaque élément du moteur est représenté
par un disque d’épaisseur infinitésimale, gouverné par une ou plusieurs équations. Bien que ce
modèle permette de représenter rapidement et assez fidèlement le pompage au sein du
compresseur, il ne peut être utilisé par les ingénieurs lors de la conception du compresseur. En
effet, cette théorie s’appuie sur des courbes caractéristiques axisymétriques qui couvrent le
domaine stable et le domaine instable du compresseur, ce dernier ne pouvant être que
difficilement obtenue expérimentalement (la simulation numérique étant trop délicate à converger
dans la zone instable du compresseur).

Ainsi, en l’absence de méthodes de prédictions fiables des conditions d’écoulement lors


d’un pompage, les motoristes aéronautiques sont vulnérables à des excédents de coûts et de délais
qu’impliquent une revue de la conception des aubes lorsque les dommages subis sur le prototype
sont critiques.

L’objectif de cette étude est donc de mettre en place un outil pratique qui permettrait, lors
de la phase de conception, de prédire les conditions d’écoulement dans le compresseur lors du
pompage afin de prédire les forces subies par les aubes ainsi que conditions limites du système
d’extraction d’air de refroidissement de la turbine.
10

Les constructeurs misent aujourd’hui fortement sur la simulation numérique afin


d’effectuer dans son intégralité la conception de compresseurs multi-étagés, permettant entre
autre de diminuer fortement les essais expérimentaux, et ainsi de réduire les coûts. L’ajout d’un
module supplémentaire au logiciel de volume fini (dans notre cas CFX), permettant de simuler le
pompage, apparaît donc dans la continuité de la volonté des concepteurs de compresseur.

Afin de rendre technologiquement réalisables des calculs de pompage, il est nécessaire de


minimiser le domaine de simulation numérique tout en gardant la physique nécessaire pour
représenter adéquatement le phénomène. L’idée est de pouvoir coupler des simulations
numériques effectuées sur le compresseur (CFD) avec des modèles mathématiques qui
représentent le comportement des autres éléments du moteur (turbine, chambre à combustion,
tuyères,…). La simulation d’un compresseur multi-étagé au complet étant impraticable à moyen
termes faute de ressources, l’aspect quasi-axisymétrique du pompage permet de réduire le
domaine de simulation en incluant qu’un seul passage d’aube par roue. Il faut noter que cette
approche implique l’impossibilité de capturer le décrochage tournant qui est, rappelons-le, un
phénomène bidimensionnel, pendant lequel l’écoulement varie dans la direction circonférentielle.

1.4 Organisation du mémoire


Le mémoire est divisé en cinq principales parties.

Suite à l’introduction précédente, le chapitre 2 présente un état de l’art des différentes


méthodologies développées ces dernières années pour simuler le pompage au sein d’un
compresseur. La méthodologie de Greitzer, ainsi que ses résultats sont détaillés. Puis les modèles
numériques les plus pertinents par rapport aux objectifs de cette étude sont résumés et discutées.

Le chapitre 3 présente la méthodologie proposée pour simuler le pompage au sein d’un


compresseur multi-étagé. Les différentes équations utilisées y sont développés, et les conditions
limites finales utilisées sont décrites. Les géométries des différents compresseurs simulés sont
également détaillées, ainsi que les étapes suivies pour simuler leur pompage.

Le chapitre 4 expose les résultats obtenus pour le compresseur basse vitesse. Une fois tous
les paramètres validés, ces résultats sont comparés avec les données expérimentales disponibles,
permettant d’améliorer certains points de la modélisation.
11

Enfin, l’adaptabilité du modèle et sa robustesse sont testés au travers du chapitre 5, grâce


à deux géométries de compresseurs aux caractéristiques différentes, qui permettent de mettre en
avant les avantages ainsi que les limites du modèle.
12

CHAPITRE 2 REVUE BIBLIOGRAPHIQUE : LE POMPAGE

Dans le chapitre précédent, le rôle important du compresseur au sein d’un moteur d’avion,
notamment lors de l’apparition du pompage a été abordé. Des objectifs vis-à-vis de la
connaissance en phase de conception de cette instabilité ont été fixés.

Ce chapitre résume dans un premier temps, les principales caractéristiques de la théorie


développée par Greitzer, qui constitue, aujourd’hui, la base de toutes recherches sur les
instabilités aérodynamiques des compresseurs. Ensuite, un état de l’art sur le comportement
transitoire du compresseur lors du pompage est présenté, comparant l’adaptabilité des modèles
développés à la problématique dictée lors du chapitre précédent.

2.1 Le modèle de Greitzer : la Base

2.1.1 Emmons, le précurseur


Emmons [3] fut le premier à noter la présence de deux phénomènes instables, observables
sur différents compresseurs étudiés : le décrochage tournant et le pompage. Bien qu’il réussisse à
proposer une explication physique de l’apparition et de la propagation du décrochage tournant, il
ne fut pas capable d’élucider les paramètres déterminant la prédominance d’un des deux
phénomènes. Il associa cependant le pompage au résonateur d’Helmholtz (voir théorie en
Annexe C.1). Cette analogie lui permis notamment d’obtenir un ordre de grandeur de la
fréquence ( à laquelle oscillait le système en fonction du volume la chambre à combustion ,
de la longueur et de la surface du compresseur, ainsi que de la vitesse du son c.

√ (2.1)

2.1.2 La modélisation de Greitzer

Greitzer [9] fut le premier à réussir à modéliser les instabilités du compresseurs et à


comprendre les différents facteurs rentrant en jeu dans la démarcation des phénomènes de
décrochage tournant et de pompage.
13

Sa théorie fut inspirée de celle d’Emmons. En effet, il comprit que le meilleur moyen de
comprendre et de modéliser les instabilités du compresseur était d’étudier le moteur dans son
intégralité, et non pas chaque roue d’aubes du compresseur séparément.

Sa modélisation du moteur (Figure 2.1) contient un compresseur, suivi d’une conduite de


longueur non négligeable, d’un plénum qui représente la chambre à combustion, et enfin une
valve qui décrit le comportement de la turbine. Son système est supposé purement axial et
incompressible. Seule la compressibilité de fluide au sein du plénum est prise en compte. La
taille de ce dernier est supposée suffisamment importante pour que la vitesse du fluide soit
considérée comme nulle, et que la pression, la masse volumique et la température soient
supposées uniformes.

Chambre à
Conduite
combustion

Compresseur Turbine

Figure 2.1: Schéma du modèle 1D développé par Greitzer

Il utilisa la théorie « actuator disk », qui considère le compresseur comme un disque


d’épaisseur infinitésimale et se concentre sur le comportement des variables en entrée et en sortie
de celui-ci. Pour un débit donné, l’augmentation de la pression de l’air à travers le compresseur
est déduite de la courbe caractéristique en régime permanent du compresseur, auquel des termes
sources représentant son comportement instationnaire (inertie et délais des pertes) sont greffés.

Les autres éléments du moteur sont également mis en équation par des principes
physiques de base. La conduite d’entrée est représentée par l’équation de la quantité de
mouvement, tandis que la conservation de la masse est utilisée au sein du plénum. En ce qui
concerne la vanne, l’équation de perte singulière, reliant la pression au débit massique, est
utilisée. Le détail des équations est résumé en Annexe C.2.
14

En linéarisant ces équations, une analogie avec un système masse ressort est fréquemment
utilisée. Cette dernière permet également de mettre en avant la différence entre instabilités
statiques et dynamiques [7] (Annexe C.3).

La Figure 2.2 compare les résultats théoriques obtenus par Greitzer avec les résultats
expérimentaux. Le graphe représente la variation de pression adimensionnelle en fonction du
débit adimensionnel. Le cycle de pompage obtenu théoriquement est qualitativement proche de
celui obtenu expérimentalement.

Résultats expérimentaux

Résultats théoriques

Figure 2.2: Comparaison des résultats expérimentaux et analytiques de Greitzer [12]

Malheureusement, Greitzer ne présente pas dans son article de comparaison


théorique/expérimentale de la variation de pression et de débit en fonction du temps. Par
conséquent, aucune confrontation des fréquences obtenues par les deux méthodologies ne semble
avoir été effectuée.
15

2.1.3 Le coefficient B

Il ressort de la modélisation de Greitzer un coefficient B nommé par la suite à son nom.


Greitzer remarqua, suite à de nombreuses simulations numériques, qu’en dessous de la valeur
critique B=0.8, le système instable aura tendance à faire apparaître du décrochage tournant, tandis
que le pompage sera présent pour les valeurs de B supérieures à 0.8.

√ (2.2)

Ce paramètre dépend de deux variables importantes, le volume de la chambre à


combustion ( ) et la vitesse de rotation ( ) du compresseur. Une augmentation de vitesse du
compresseur et/ou une augmentation du volume du plénum va avoir tendance à amener le
système vers le pompage.

Ce coefficient peut notamment s’écrire en faisant apparaître la pulsation de résonnance


d’Helmholtz, montrant le lien fort du modèle de Greitzer avec celui d’Helmholtz.

(2.3)

Greitzer valida l’hypothèse de B critique expérimentalement en faisant varier la vitesse de


rotation ainsi que le volume du plénum. La Figure 2.3 compare les résultats expérimentaux et
théoriques.

Greitzer démontra par la suite que le coefficient B se comportait comme un coefficient de


similitude pour les simulations de pompage. Ainsi, pour le même coefficient B, le comportement
transitoire du compresseur sera le même lors d’un pompage. La Figure 2.4 valide cette hypothèse
en comparant deux résultats expérimentaux. Pour les deux cas, le coefficient B est le même, et
l’écoulement est toujours supposé incompressible. Dans le premier cas, le volume du plénum est
élevé et la vitesse de rotation basse, alors que le deuxième cas a été effectué avec une vitesse de
rotation élevée et un volume de plénum faible. Les cycles de pompages obtenus sont à toutes fins
utiles identiques dans les deux configurations.
16

Figure 2.3: Validation du coefficient critique B expérimental et théorique [12]

Figure 2.4: Comparaison expérimentale de 2 pompages de même coefficient B [12]

Cependant, de nouveau, Greitzer n’a pas comparé les variations temporelles de pression et
de débit entre les deux configurations. Par conséquent, aucune conclusion ne peut être tirée quant
à la similitude du coefficient B par rapport à la fréquence des oscillations.
17

Enfin, l’autre variable que Greitzer essaya de faire varier expérimentalement est la valeur
de la longueur effective du compresseur . Cependant, l’ajout d’une conduite plus longue
viendrait venir modifier la courbe caractéristique du compresseur. Greitzer prétendit donc que des
comparaisons avec et sans cet ajout ne peuvent être effectués. Néanmoins, il semblerait, d’après
les résultats qu’il a obtenu expérimentalement (données expérimentales non présentées dans
l’article), que l’influence de la longueur du compresseur sur son comportement lors du pompage
soit semblable à ceux du volume du plénum et de la vitesse de rotation du compresseur.

2.1.4 Avantages et limites du modèle

Le modèle de Greitzer est très intéressant puisqu’il permet d’obtenir presque


instantanément de bons résultats sur le comportement de la pression et du débit en sortie du
compresseur lors du pompage.

Cependant, certains paramètres de la théorie s’opposent à une utilisation simple et rapide


du modèle pour les concepteurs.

Plage instable Plage stable

Figure 2.5: Courbe caractéristique axisymétrique complète d'un compresseur à vitesse donnée
18

Comme cité précédemment, la théorie doit s’appuyer sur la courbe caractéristique


complète axisymétrique du compresseur. Celle-ci comprend non seulement la courbe
caractéristique stationnaire (régime permanent) du compresseur, mais également les courbes
caractéristiques décrochées et de flux inverses qui se situent en dehors de la plage stable de
fonctionnement du compresseur (Figure 2.5).

La caractéristique axisymétrique de la plage instable reste très difficile à obtenir, que ce


soit expérimentalement, puisqu’il est nécessaire de forcer et le débit (en imposant une soufflante
en entrée et/ou en sortie du compresseur) et l’axisymétrie de l’écoulement, ou encore
numériquement, puisque la convergence d’une telle situation non physique est très compliquée à
obtenir. Ainsi, les courbes caractéristiques décrochées et flux inversées doivent être souvent
supposées ou extrapolées à partir de la courbe caractéristique stable.

La complexité d’obtention de ces courbes ne rend pas l’outil utilisé pratique pour les
concepteurs. De plus, la solution obtenue avec le modèle de Greitzer étant fortement dépendante
de ces courbes, une mauvaise estimation de ces dernières peut grandement affecter et remettre en
question les résultats.

Qui plus est, la méthode 1D initiale de Greitzer ne permet pas de prédire le comportement
du fluide au sein du compresseur, mais seulement en sortie et en entrée de celui-ci. Par ailleurs, le
modèle ne se limite qu’à prédire les pompages pour des compresseurs axiaux et à basses vitesses
(incompressibles).

L’application et l’utilisation du coefficient B de Greitzer peut également être remis en


cause. Day, suite à une étude expérimentale [6], a démontré que la valeur du B critique n’était pas
universelle, car elle ne prenait pas en compte de nombreux critères comme par exemple le
maximum de pression atteint par le compresseur lors du décrochage.

Il propose donc un coefficient ̃ , inspiré de celui trouvé par McCaughan [13], qui permet
d’obtenir de meilleurs résultats en considérant le maximum de pression ( ) et son débit
correspondant ( ). Cependant, ce coefficient critique n’est toujours pas universel puisque la
valeur critique obtenue se situerait entre 1.1 et 1.3.

̃ (2.4)
19

Enfin, Du [14], avec son modèle de résolution 1D des équations d’Euler, simula des
pompages possédant le même coefficient B, mais de longueur de compresseur et de volume de
plénum différents. La Figure 2.6 compare le cycle de pompage (pression en fonction du débit)
ainsi que la variation de débit en fonction du temps. Ces résultats viennent contredire les
suppositions de Greitzer. En effet, bien que le cycle de pompage entre les deux cas soit quasiment
identique, il n’en est pas de même pour la fréquence des oscillations. Ainsi, il semblerait que le
coefficient B ne puisse être considéré comme un coefficient de similitude.

Figure 2.6: Résultat de pompage pour deux compresseurs de longueur différente, B=0.67 [14]

Malgré cela, le modèle de Greitzer est aujourd’hui encore très utilisé et constitue la base
de nombreuses recherches dans ce domaine.

2.2 L’état de l’art


Suite aux résultats de Greitzer, de nombreuses recherches et modélisations du phénomène
de pompage ont été effectués, principalement dans deux directions.

La première repose sur l’apparition du décrochage tournant. En effet, Day [6] démontra
que le pompage d’un compresseur était toujours précédé, lors d’une très courte période, par
l’apparition du décrochage tournant. Ainsi, en trouvant les phénomènes précurseurs au
20

décrochage tournant, il serait possible de mettre en place des moyens de contrôle repoussant cette
instabilité et par extension le pompage.

La deuxième conduit à l’étude du comportement du flux et son impact sur les différents
éléments lors du pompage (post stall). Beaucoup moins d’études ont été effectuées là-dessus,
puisque le raisonnement des chercheurs est basé sur le fait que si l’on évite l’apparition du
décrochage tournant, on évite le pompage.

L’objectif principal de cette étude étant de déterminer le comportement du flux d’air


pendant le pompage, c’est-à-dire après l’apparition du décrochage, seules les recherches liées au
deuxième concept ont été étudiées et sont résumées ci-dessous.

Ces recherches peuvent être résumées en deux sous-catégories : méthodes analytiques ou


numériques (CFD).

2.2.1 Modèles analytiques


La première sous-catégorie consiste à poursuivre le travail effectué par Greitzer en y
apportant des améliorations. Ce dernier n’étant valable que pour un compresseur axial
incompressible, Hansen [15] démontra expérimentalement que le modèle de Greitzer pouvait
également être adapté à un compresseur centrifuge. Cependant, dans son cas, il nota que le
coefficient B critique délimitant la frontière entre le pompage et le décrochage tournant ne
correspond pas de la valeur fournit par Greitzer (0.105 au lieu de la valeur attendu 0.8). Il est
donc possible de conclure que ce coefficient B (ou ̃ ) ne possède plus aucune signification
lorsque le compresseur se compose d’un élément centrifuge. De plus, à ce jour, aucune
corrélation permettant de distinguer pompage et décrochage tournant n’a encore été trouvée lors
de la présence d’un compresseur centrifuge [16].

Takata et Nagano [17], puis Moore et Greitzer eux-mêmes [18], ont par la suite travaillé
sur un modèle 2D, permettant entre autre de décrire le comportement des cellules de décrochage
tournant (nombre, vitesse, taille,…) et de démontrer l’existence d’un couplage entre le
décrochage tournant et le pompage.

La plupart de ces études sont basées sur l’hypothèse d’écoulement incompressible. Dans
le cas des compresseurs hautes vitesses, les modèles précédents ne permettent pas d’expliquer
tous les phénomènes observés expérimentalement (comme par exemple la position du point
21

limite de stabilité se situant pour des débits plus élevés). Ce n’est qu’au début des années 1990
que des travaux ont été effectués sur l’effet de la compressibilité sur le pompage. Davis [19] et
Eveker [20] ont développé des modèles 1D, mais ces derniers ne pouvaient que représenter le
phénomène de pompage. Bonnaure [21] a lui développé un modèle 2D, proche de celui de Moore
et Greitzer, permettant de mettre en avant les effets de la compressibilité sur le pompage et le
décrochage tournant, mais s’appuyant sur certaines corrélations pour les pertes et la déviation de
l’écoulement au bord de fuite des aubes qui apportent une perte de précision dans les résultats.
Enfin, certaines études ont été effectuées sur l’influence de la variation de la vitesse de rotation
sur le pompage, comme celles de Gravadahl et Egeland [22], analysant ainsi la possibilité d’un
contrôle du phénomène par modification de cette vitesse.

2.2.2 Modèles Numériques (CFD)

L’utilisation de la CFD, ou plus précisément de la résolution numérique des équations de


Navier-Stokes, correspond à la deuxième direction dans laquelle les recherches sur le pompage se
sont dirigées. Il n’est cette fois-ci plus question d’utiliser un modèle général « actuator disk »,
mais bien d’utiliser une résolution par éléments finis (ou volumes finis). Cette méthode reste
assez récente et limitée : en effet, afin de simuler le pompage au sein d’un compresseur, il est
nécessaire de prendre en compte le système dans son intégralité, ce qui nécessite des ressources
et des coûts de calculs très importants. La plupart des recherches dans ce domaine ce sont donc
malheureusement limitées à l’étude de l’apparition du décrochage tournant, pour lequel des
résultats peuvent être obtenus en étudiant seulement les pales d’un seul rotor ([23, 24]).

Des codes numériques 1D [14] et 2D [25, 26] furent, malgré tout, développés au cours de
ces dernières années pour simuler le pompage au sein des compresseurs. Un tel choix permet
notamment de diminuer de façon non négligeable les coûts de calculs. L’un des résultats les plus
intéressants (et également plus récent) a été exposé par Du [14]. Il utilisa un code numérique 1D
représentant les équations d’Euler, auquel il vient ajouter des termes sources de pertes et de
déviations. Le moteur, comprenant le compresseur, les conduites, et le plénum sont maillés et
simulés. Seule la condition de sortie est adaptée aux pertes singulières provoquées par la vanne.
Les résultats numériques obtenus (Figure 2.6) sont très satisfaisants pour le modèle 1D qui est
très rapide à résoudre. Ils ont été validés en les comparants avec des mesures expérimentales.
Malheureusement, les expressions de pertes et de déviations basées sur des corrélations
22

empiriques s’appuient sur la courbe caractéristique complète du compresseur, difficile à obtenir


lors de la phase de conception.

Débit
adimensionnel

Pression
adimensionnelle

Temps adimensionnel

Figure 2.7: Variation temporelle de débit et de la pression adimensionnels lors d’un pompage
simulé par Niazi [27]
23

Niazi [27] fut, le premier à utiliser un code CFD RANS de recherche 3D, instationnaire,
compressible, pour simuler le pompage au sein d’un compresseur composé d’un seul rotor . Le
rotor fut maillé dans son intégralité, et une fonction 1D ajoutée en sortie permit de simuler le
comportement de la chambre à combustion lorsqu’elle celle-ci possède un débit constant. Il ne
prit donc pas en compte l’influence de la turbine ni celle de la conduite dans son modèle. Les
résultats obtenus sont présentés Figure 2.7.

Ces résultats sont assez intéressants puisqu’il est possible d’observer la répétition cyclique
des oscillations, ainsi que la possibilité d’un retour de flux. Cependant, ces cycles ne semblent
pas parfaitement réguliers comme laisse sous-entendre les résultats expérimentaux de Greitzer
(Figure 2.2) et numériques de Guo (Figure 2.6). Malheureusement, les résultats numériques
obtenus n’ont pas été confrontés à des résultats expérimentaux.

Niazi, dont l’objectif principal était de valider un code numérique 3D permettant


d’observer le décrochage tournant, était conscient que le débit constant imposé en sortie du
plénum ne représentait pas la réalité, expliquant qu’il serait intéressant de prendre en compte
l’influence de la turbine. De plus, son modèle permet de simuler le pompage au sein d’un seul
rotor, et non un compresseur dans sa totalité.

Vahdati [28] utilisa lui aussi un code CFD RANS 3D de recherche pour simuler le
pompage au sein d’un compresseur compressible, purement axial, composé de huit étages. Pour
ce faire, il n’utilisa qu’un seul passage d’aube par étage, ces derniers étant reliés par des plans
mélangés (mixing planes). Afin de représenter les autres éléments du moteur (chambre à
combustion et turbine), il ajouta en sortie une simple tuyère convergente, de volume important,
incorporée dans le domaine de simulation dans laquelle la résolution des équations de Navier-
Stokes est également effectuée. La pression atmosphérique est imposée en sortie du système.
Ainsi, pour modifier le point de fonctionnement du compresseur, Vahdati fait varier le diamètre
de la tuyère. La géométrie de celle-ci, ainsi que le maillage associé, doivent donc être modifiés
pour chaque point de fonctionnement du moteur désiré, ne rendant pas l’outil utilisé pratique. Les
résultats qu’il obtint sont présentés dans la Figure 2.8.

Les mêmes commentaires que ceux effectuée pour Niazi peuvent être attribués à ces
résultats, qui nécessitent, pour chaque diamètre de tuyère, trois à quatre semaines de calcul. De
nouveau, aucune comparaison expérimentale n’a été effectuée et ne peut être effectuée. En effet,
24

il est difficile avec ce modèle de tuyère convergente de quantifier et de comparer l’influence de


certains paramètres (par exemple le volume de la chambre à combustion) correspondant aux
éléments liés au compresseur (turbine, chambre, conduite,…).

Figure 2.8: Résultats de pompage obtenus par Vahdati [28]

Ainsi, le type de modèle utilisé par Niazi, qui mixe résolution numérique des équations de
Navier-Stokes et modèle mathématique 1D, semble plus intéressant que celui développé par
Vahdati, puisqu’il permet de trouver un juste milieu entre temps de calcul et précision, tout en
facilitant la comparaison entre le modèle numérique et le moteur réel.

Schmidtmann [29] eut une idée similaire de couplage numérique avec modèle un 1D . En
effet, il simula un pompage au sein du compresseur en résolvant les équations 2D (x-θ) d’Euler
entre chaque roue, mais utilisa le modèle « actuator disk » pour représenter le comportement de
chaque étage. De nouveau, l’appui des courbes caractéristiques totales est nécessaire, ne rendant
pas l’outil développé pratique pour les concepteurs.

Guo [30, 31] s’inspira beaucoup du travail effectué par Niazi. Il utilisa un code CFD
RANS commercial 3D instationnaire (ANSYS-CFX) pour étudier le comportement de
l’écoulement au sein d’un seul compresseur centrifuge, simulé dans son intégralité. Il modélisa le
comportement du plénum par une équation 1D. Cependant, il effectua la même erreur que Niazi
en considérant un débit constant en sortie du plénum, et en ne prenant par conséquent pas en
compte l’influence de la turbine. Les résultats obtenus (Figure 2.9), subissent, d’après l’auteur de
25

ce mémoire, les conséquences d’un tel choix. En effet, les cycles de pompages obtenus sont peu
satisfaisants (cycles de pompage non réguliers) comparés à ceux observés par Greitzer
expérimentalement (Figure 2.2).

Figure 2.9: Résultats de pompage obtenus par Guo pour deux volumes de plénum différents [31]

2.3 Résumé de la revue bibliographique


Les méthodes analytiques développées ces dernières années pour le pompage ont
l’avantage de donner rapidement à l’utilisateur de très bons résultats en termes de variation de
pression et de débit à l’entrée et la sortie du compresseur. Malheureusement, ces dernières ne
permettent pas de décrire l’évolution de ces variables au sein du compresseur. De plus, la théorie
s’appuie sur des courbes caractéristiques complètes et axisymétriques du compresseur qui sont
très difficiles à obtenir lors de la phase de conception.

En revanche, les méthodes par simulation numérique de l’écoulement (CFD) permettent


d’avoir accès, lors du pompage du compresseur, à n’importe quelle information, peu importe sa
localisation.

Néanmoins, les modèles numériques (CFD) 1D et 2D doivent s’appuyer sur des


corrélations empiriques peu pratiques qui reposent, comme pour les méthodes analytiques, sur les
courbes axisymétriques complètes du compresseur en régime stationnaire. De plus, ces codes ne
se situent pas dans la continuité des méthodes actuelles de conception qui favorisent l’utilisation
de codes 3D.
26

Les modèles CFD RANS 3D semblent donc être les plus intéressants pour la réalisation
des objectifs. Le frein principal de leur utilisation est le temps de calcul nécessaire pour
l’observation d’un cycle de pompage au complet. La méthode scientifique utilisée initialement
par Niazi [27], qui consiste au couplage de la simulation numérique avec un modèle analytique
1D semble la plus adaptée. Cependant, contrairement à ses travaux, l’outil développé doit
permettre de simuler un pompage dans un compresseur multi-étagé, qu’il soit axial et/ou
centrifuge. L’utilisation d’un seul passage d’aube, reliés par des interfaces moyennées, utilisés
par Vahdati [28], semble être un bon compromis entre précision et temps de calcul. Enfin, la
possibilité du couplage de l’équation 1D , qui représente le comportement de la chambre à
combustion, à un code commercial déjà validé, comme l’a effectué Guo [31], semble être une
option intéressante qui suit la logique des concepteurs de turbomachines. Cependant,
contrairement aux auteurs cités précédemment, le modèle 1D doit représenter tous les éléments
constituant le moteur (notamment chambre à combustion et turbine) qui doivent être facilement
quantifiables par rapport au modèle réel.
27

CHAPITRE 3 MÉTHODOLOGIE

Ce chapitre présente la méthodologie développée par l’auteur permettant de simuler le


pompage au sein d’un compresseur multi-étagé. Dans la première partie, le principe utilisé, c’est-
à-dire un couplage entre résolution numérique et analytique est tout d’abord présenté. Par la suite,
l’implémentation numérique des équations analytiques est décrite. Puis les principales
caractéristiques géométriques des compresseurs simulés sont détaillées. Enfin, la démarche
utilisée afin d’obtenir les résultats de pompage est exposée.

3.1 Approche

3.1.1 Principe général


Comme cité précédemment, l’approche du problème est dans la lignée de celle de Niazi
[27] et de Guo [30, 31]. Le but est de créer un modèle hybride couplant résolution numérique des
équations 3D de Navier-Stokes (CFD) et analytiques 1D (Figure 3.1). L’intérêt d’une telle
combinaison est de trouver un juste milieu entre précision des résultats apporté par la CFD, et
réduction des coûts liés à l’utilisation d’un modèle 1D.
Chambre à
Compresseur combustion Turbine
Conduite

CFD Équation 1D = Condition limite


dynamique de sortie de la CFD

Figure 3.1: Principe général de la méthodologie utilisée


28

Tel qu’illustré sur la Figure 3.1, le compresseur est l’élément simulé en 3D par CFD
puisqu’il représente le corps principal, déclencheur du pompage. Les autres éléments (conduites,
turbines/vannes, chambre à combustion/plénum) seront eux représentés par des équations 1D,
directement implantées comme conditions limites dynamiques à la sortie du domaine de
simulation.

À l’inverse des auteurs cités précédemment (Niazi [27] et Guo [30, 31]), l’outil développé
doit permettre de simuler un pompage dans un compresseur de plusieurs étages. Afin de rendre
cette tâche réalisable, c’est-à-dire avec des ressources de temps de calcul raisonnables, chaque
roue (stator ou rotor) n’est représentée que par un seul passage d’aube. Cet élément constitue
l’hypothèse principale de cette recherche. En effet, le pompage est un phénomène axial quasi-
unidimensionnel. Il a donc été supposé qu’un seul passage d’aube serait suffisant. La
conséquence principale d’un tel choix est que le décrochage tournant, phénomène 2D rotationnel,
ne peut être simulé. Il faut certifier que la simulation effectuée corresponde bien à un pompage et
non pas un décrochage tournant « axisymétrique » n’ayant aucune signification physique. Pour
cela, le coefficient B est utilisé pour les compresseurs axiaux basses vitesses (incompressibles),
ainsi que la fréquence théorique d’ Helmholtz, qui proche de celle du pompage, doit se situer aux
alentours de 3 et 10 Hz [7]. Pour les compresseurs centrifuges, malheureusement, aucun critère
n’existe aujourd’hui [16]. Les seules certitudes sont que le pompage est prédominant pour les
compresseurs (axiaux, centrifuge, multi étagés) tournant à haute vitesse utilisés dans l’industrie,
et que la fréquence obtenue une fois la simulation effectuée doit également se trouver aux
alentours de 3 à 10 Hz. Ce sujet sera rediscuté plus tard dans le mémoire.

3.1.2 Modélisation des conditions limites dynamiques


Comme cité précédemment, la chambre à combustion et la turbine sont essentielles à
l’observation du pompage au sein du compresseur. Leur modélisation 1D s’inspire de celle
effectuée par Greitzer [9]. La chambre à combustion sera considérée comme un plénum de
volume , dans lequel la pression P, la température T et la masse volumique sont uniformes,
tandis que la vitesse du fluide est nulle. La turbine quant à elle sera modélisée par une vanne
dont l’ouverture peut être modifiée.
29
Plénum de volume 𝑉𝑝
Vanne

𝑃, 𝑇, 𝜌 uniformes
𝑚̇ 𝑜𝑢𝑡
𝑚̇ 𝑖𝑛 𝑣=0
𝑃𝑎𝑡𝑚

𝛥𝑃𝑣

Figure 3.2: Représentation schématique du modèle 1D

Lors du développement des équations suivantes, chaque variable sera suivie d’un indice
indiquant la station: p pour plénum, v pour vanne, c pour compresseur, s pour statique et enfin in
et out comme les valeurs en entrée et en sortie du modèle de la Figure 3.2.

Tout d’abord, la conservation de la masse ( ̇ est appliquée au plenum :

( ) ( )
̇ ̇ (3.1)

Or d’après la loi des gaz parfait:

̃ (3.2)

Avec ̃ = , constante universelle massique des gaz parfaits pour l’air

On suppose le système isentropique au sein du plenum pour appliquer la relation suivante :

(3.3)

Avec
30

En combinant (3.2) et (3.3) on trouve :

( )
(3.4)
̃

Avec = vitesse du son dans l’air

On obtient donc le résultat final suivant pour la conservation de la masse de l’équation (3.1) :

̇ ̇ (3.5)

Cette équation permet de connaître la variation temporelle de pression au sein du plenum


en fonction des débits massiques entrant ̇ et sortant ̇ , ainsi que du volume du plenum
et de la vitesse du son .

Il est d’usage, lors de l’étude des turbomachines, d’utiliser des variables adimensionnelles
afin de caractériser leurs performances. Ces variables adimensionnelles permettent, entre autre,
de comparer différentes géométries en éliminant un certain nombre de paramètres (vitesse de
rotation, gaz utilisé,…).

Ainsi, l’équation (3.5) adimensionnelle donne :

(3.6)

Pour laquelle les variables adimensionnelles sont définies comme:

 : coefficient de débit adimensionnel


,
 : coefficient de pression totale à statique adimensionnel

 : coefficient de temps adimensionnel

 √ : coefficient B de Greitzer, voir section 2.1.3

 : longueur adimensionnelle, avec R comme rayon moyen du compresseur


 ∶ vitesse au rayon moyen du compresseur
 : masse volumique statique d’entrée, constante
31

Il est souvent coutumier de négliger le phénomène d’inertie au sein de la turbine, car en


pratique la longueur de celle-ci est négligeable par rapport à celle du compresseur [32, 33]. Le
modèle de la turbine, représenté par une vanne, peut s’écrire comme une perte de charge
singulière de coefficient qui est de la forme :

(3.7)

Or, si on suppose que la pression statique à la sortie de la turbine correspond à la pression


totale à l’entrée du compresseur (cas de la turbine à gaz typique), alors l’augmentation de
pression totale-à-statique fournie par le compresseur ( ) correspond à la perte de pression
statique turbine ( ), ce qui donne en adimensionnel :

(3.8)

En combinant (3.6) et (3.8), on obtient l’équation adimensionnelle finale suivante :

( √ ) (3.9)

Cette équation différentielle permet de relier l’évolution de la pression au sein du plénum


en fonction du débit qui y entre. C’est notamment grâce à cette dernière équation, reliée aux
conditions limites du modèle CFD, que le pompage pourra être simulé au sein d’un compresseur
multi-étagé.

Il est important de noter que, d’après la théorie de Greitzer, la variable comprend la


longueur physique du compresseur, mais également celles des conduites d’entrée et de sortie. Le
choix de ce coefficient, et de l’ambiguïté qu’il a pu poser, sera notamment discuté par la suite.

De plus, lors d’étude de cas incompressibles, comme c’est le cas avec la théorie de
Greitzer, le coefficient sera simplifié et considéré comme égal à 1. Selon nos simulations

sur le compresseur du MIT basse vitesse, l’erreur imposée par cette approximation est inférieure
à 3%.
32

3.1.3 Couplage des conditions limites dynamiques à la CFD

Afin de faciliter et d’alléger les notations, le référentiel choisi est maintenant le


compresseur. Ainsi, les indices in et out suivants correspondent aux variables en entrée et en
sortie du compresseur.

Le schéma de la Figure 3.3 représente les conditions limites standards les plus stables lors
de l’étude numérique (CFD) d’un compresseur en régime stationnaire. Une pression et une
température totales, avec un profil d’angle d’écoulement, sont imposées en entrée, tandis qu’une
pression statique est dictée en sortie du compresseur.

Compresseur
multi-étagé

Conditions frontières Condition frontière


(entrée compresseur) (sortie compresseur)

 Pression totale constante


 Pression statique constante
 Température totale constante

 Angle de l’écoulement

Figure 3.3: Conditions limites d’entrée et de sortie en régime stationnaire (stable)

En revanche, lors du pompage du compresseur, il est nécessaire d’imposer une pression


dynamique qui correspond à celle dictée par le plénum.

Pour ce faire, il est tout d’abord considéré que les variables en sortie du compresseur
(pression, température, masse volumique, débit) correspondent à celles du plénum. Ainsi, en
utilisant une forme discrétisée de l’équation (3.9), il est possible d’évaluer la pression statique en
sortie du compresseur donnée par l’équation (3.10) qui correspond en permanence à la pression
statique du plénum.
33

̇
( √ ) (3.10)

La pression statique en sortie du compresseur à un instant peut donc être


déterminée à partir de la pression statique et du débit massique à l’itération temporelle
précédente . C’est cette pression statique qui est appliquée en condition limite de sortie du
compresseur. Lorsque le débit au sein du compresseur est positif, la situation peut être résumée
comme sur la Figure 3.4.

Compresseur
multi-étagé

Conditions frontières Condition frontière


(entrée compresseur) (sortie compresseur)

 Pression totale constante


 Pression statique variable
 Température totale constante
𝑃𝑠 𝑓 𝑡, 𝑝𝑙é𝑛𝑢𝑚, 𝑡𝑢𝑟𝑏𝑖𝑛𝑒
 Angle de l’écoulement

Figure 3.4 : Conditions limites d’entrée et de sortie en régime instationnaire, débit positif

Malheureusement, durant un pompage profond, la direction de l’écoulement de l’air au


sein du compresseur peut s’inverser. Afin que la résolution du problème reste stable tout en
capturant le phénomène, il est nécessaire qu’une pression et qu’une température totales soient
imposées pour le fluide entrant dans le domaine (sortie du compresseur), et qu’une pression
statique soit dictée à la frontière où le fluide sort du domaine (entrée du compresseur).

Ainsi, une pression totale doit être appliquée en sortie du compresseur, elle-même reliée à
la pression statique du plénum et au nombre de Mach (M) du fluide de l’itération précédente
(relevé à la sortie du compresseur) à l’aide d’une relation isentropique (3.11).
34

(3.11)

Une température totale a également besoin d’être appliquée à la sortie du compresseur


lors du refoulement d’air. Pour ce faire, l’écoulement peut être considéré comme adiabatique et
réversible. Ainsi, les relations isentropiques (ou Loi de Laplace) peuvent être appliquées :

(3.12)

Ce qui permet d’obtenir :

(3.13)

En ce qui concerne la condition à l’entrée du compresseur, lors du refoulement du flux, la


pression statique à imposer correspond physiquement à la pression atmosphérique, et n’a donc
pas besoin d’être modifiée.

Les conditions limites imposées lors du refoulement du fluide peuvent se résumer comme
sur la Figure 3.5 suivante :

Compresseur
multi-étagé

Condition frontière Conditions frontières


(entrée compresseur) (sortie compresseur)

 Pression statique constante  Pression totale variable

𝑃𝑡 𝑓 𝑡, 𝑝𝑙é𝑛𝑢𝑚, 𝑡𝑢𝑟𝑏𝑖𝑛𝑒

 Température totale variable

𝑇𝑡 𝑓 𝑃𝑡

Figure 3.5 : Conditions limites d’entrée et de sortie en régime instationnaire, débit inversé
35

3.2 Implémentation numérique

3.2.1 Le Logiciel CFX

Contrairement à certains auteurs cités précédemment qui ont développé leurs propres
codes universitaires de recherche, il a été choisi d’utiliser un code commercial déjà existant. CFX
est un code de dynamique des fluides, qui utilise la méthode des volumes finis pour résoudre les
équations moyennées de Navier-Stokes (RANS) en 3D, ainsi que de conservation de la masse et
d’énergie. Lors de cette étude, la version 13 du logiciel a été utilisée.

Plusieurs éléments justifient le choix d’utilisation de ce logiciel. Tout d’abord, CFX est un
logiciel parfaitement adapté à l’étude des écoulements de fluide au sein des turbomachines
puisqu’il contient des onglets spécialisés pour la mise en place (CFX Pre) et l’analyse (CFX Post)
de problèmes numériques. De plus, il permet la résolution des équations de Navier-Stokes
instationnaires et possède des options d’interfaces rotor/stators très pertinentes. CFX possède
également des CEL (CFX Expression Language) permettant de faciliter l’implantation de
conditions limites dynamiques. Enfin, la compagnie Pratt & Whitney Canada (PWC) avec
laquelle la collaboration de ce projet a été effectuée, recommande et utilise CFX pour les études
de turbomachines. L’utilisation de ce logiciel pour ce projet permet donc de faciliter la
communication entre les deux parties.

Les détails à propos de CFX, exposés dans ce chapitre, proviennent essentiellement de la


documentation d’aide du solveur CFX [34].

3.2.2 Le modèle de turbulence

De nombreux modèles de turbulence ont été développés afin d’approximer la turbulence


basés sur le Reynolds Averaged Navier Stokes (RANS).

Il est important de noter que l’option Scalable Wall Function est incluse dans tous les
modèles de turbulence de CFX. Cette méthode permet, grâce à des équations empiriques,
d’obtenir de bonnes approximations du comportement du fluide près des surfaces solides au sein
de la couche limite sans avoir besoin d’avoir un maillage très fin dans cette zone. Contrairement
aux lois de parois classiques, l’option Scalable Wall Function ne limite pas la plage d’utilisation
de l’y+.
36

Deux modèles de turbulence dans CFX semblent initialement être les plus appropriés pour
cette étude : le model K-Epsilon et le modèle SST.

Le modèle K-Epsilon est très certainement l’un des plus utilisé dans les codes de CFD
aujourd’hui. Il possède la caractéristique d’être stable et robuste numériquement, et de donner des
résultats de bonne qualité. De plus, comparé à certains de ses homologues, notamment le modèle
SST, il est peu coûteux numériquement.

Cependant, contrairement au modèle SST, le modèle de turbulence K-Epsilon ne permet


pas d’obtenir de très bons résultats en termes de décollement de couche limite. En effet il a été
observé, toujours d’après l’aide de CFX [34], que ce dernier avait tendance à avoir un certain
retard quant à l’apparition du décrochage d’une pale. Le modèle SST capture mieux le
comportement de la couche limite durant un décrochage, mais nécessite généralement un
maillage plus fin.

Étant donné l’état très chaotique du fluide lors du pompage, et la possibilité de


l’inversement du flux, il a été choisi d’utiliser le model K-Epsilon qui est beaucoup plus robuste.
De plus, l’intérêt général de l’outil n’est pas de s’intéresser à l’apparition du décrochage sur une
pale, mais bien au comportement global du compresseur lors du pompage. Il est donc supposé
que le possible retard du décrochage n’aura pas une grande influence sur le comportement
qu’aura le compresseur suite à ce décollement.

3.2.3 Autres options CFX


En ce qui concerne le schéma d’advection, trois options sont disponibles sur CFX.
Upwind, Specified Blend Factor et High Resolution. La première, Upwind, permet une résolution
très robuste du problème en considérant les termes d’advection comme du 1er ordre. Cependant,
cette option est très peu recommandée pour l’obtention de résultats finaux. En effet, ce schéma va
avoir tendance à créer de la diffusion numérique. L’option Specified Blend Factor permet de
choisir, pour la simulation, la valeur de l’amplitude du facteur de correction au deuxième ordre
servant à corriger les effets de diffusion numérique. Celui-ci peut se situer entre 0 et 1. Plus le
facteur sera proche de 1, plus la solution obtenue sera précise, mais beaucoup plus difficile à
converger. Enfin, la dernière option, High Resolution calcule pour chaque élément du maillage, à
chaque itération, le coefficient le plus adapté. Le calcul du facteur est basé sur l’évaluation des
37

gradients : plus ces derniers seront faibles, plus le coefficient sera proche de 1, et vice versa.
L’option High Resolution a été choisie puisqu’elle permet, malgré un coup de calcul légèrement
plus important, d’obtenir le coefficient pour le schéma d’advection le plus approprié.

Pour les termes transitoires (Transient Scheme), les différentes options sont fortement
similaires: First Orders Backward Euler et Second Order Backward Euler. Le premier schéma,
très analogue au schéma d’advection Upwind, est plus robuste et fonctionne sur le modèle
d’itération implicite du 1er ordre. Cependant, il a tendance à créer de la diffusion numérique. Son
homologue, le Second Order Backward Euler, fonctionne également par itération implicite mais
du 2ème ordre. Étant recommandé fortement pour la plupart des simulations par l’aide CFX [34],
c’est ce dernier qui a été utilisé lors de cette étude.

3.2.4 Les interfaces

Au sein du logiciel CFX, trois types d’interfaces permettent la transition entre deux
domaines possédant un référentiel différent: Frozen, Stage et la Transient [34].

L’interface Frozen permet le changement de référentiel entre deux domaines, peu importe
le nombre de pales par roue. En revanche, pour cela, la position d’un domaine par rapport à un
autre est considérée comme fixe. Ainsi, si un léger déplacement suivant la direction θ
(Rotationnel Offset) est appliqué à un des domaines, les résultats obtenus par la suite seront
différents. Ceci ne représente en aucun cas la réalité puisqu’il y a en permanence un mouvement
relatif entre le rotor et le stator. De plus, avec ce modèle, les effets transitoires à l’interface ne
sont pas modélisés. Cependant, l’interface Frozen requiert peu de ressources informatiques. C’est
pourquoi cette interface est généralement utilisée afin d’avoir une première itération des résultats
obtenues, pour l’utilisation éventuel de ces résultats comme estimation initiale du champ
d’écoulement lors de futurs simulations.

La deuxième option d’interface, Stage, est la plus utilisée lors de la simulation de


compresseurs multi-étagés. Elle permet, comme l’interface Frozen, un nombre de pale différents
entre chaque roue. Cette fois-ci, contrairement à l’interface Frozen, une distribution radiale des
propriétés moyennées circonférentiellement est transférée d’un domaine à l’autre. Ce type
d’interface est donc logiquement plus gourmand numériquement que son prédécesseur, mais
38

toujours beaucoup moins que le dernier, l’interface Transient. L’interface Stage ne peut
cependant représenter les interactions transitoires entre les différents domaines.

Enfin, l’interface Transient doit normalement être utilisée lorsque les effets transitoires à
l’interface sont importants. En effet, c’est la seule option d’interface de CFX qui peut capturer
toute l’interaction entre les deux passages d’aubes en rotation relative. Pour cela, tout d’abord,
une simulation de type stationnaire doit être effectuée. Puis à chaque pas de temps, le domaine du
rotor, se déplace par rapport à celui du stator, comme dans la réalité. Cette méthode est donc très
coûteuse numériquement, et par conséquent peu adaptée à la simulation du pompage. De plus,
elle ne permet pas d’avoir des nombres de passages différents entre chaque roue, à moins que la
totalité ou une portion de nombre entier de passages d’aubes pour chaque roue soit simulée.

L’interface Stage a donc été choisie pour cette étude.

3.2.5 Les conditions limites classiques


La Figure 3.6 ci-dessous représente les différentes conditions limites usuelles lors de la
simulation d’un seul passage dans une seule rangée d’aube isolée.

Figure 3.6: Localisation des différentes conditions limites pour un passage d'aube
39

Différents éléments sont identifiables :

 L’aube (ou aubage), correspond à la partie solide de la roue. Une condition limite de type
« mur » (wall), c’est-à-dire de vitesse nulle dans le référentiel choisi, est appliquée à
toutes les mailles frontières de la pale.

 Une condition de type « mur » est également appliquée sur le moyeu. Cependant, en
fonction du type de rangée d’aube (stator ou rotor), et par conséquent, du référentiel, la
condition de vitesse du mur change.

 Pour le carter, qui représente la partie extérieure du compresseur, ce sont les conditions
limites inversent au moyeu qui sont imposées. En effet, la vitesse imposée est nulle pour
le stator, alors que l’option counter rotating est utilisée dans le référentiel tournant du
rotor.

 Les conditions périodiques sur les surfaces latérales du domaine de calcul permettent la
simulation du flux d’air au sein du compresseur grâce à un seul passage d’aube,
reproductible par la suite par symétrie circulaire.

Interfaces stage

Condition
Limite d’entrée
Stator
Rotor
Stator
Rotor
Stator Condition
Limite de sortie
Rotor

Figure 3.7: Succession de rotors/stators dont les interfaces sont simulées par l'option Stage
40

Les seules conditions limites non abordées précédemment correspondent à celles d’entrée
et de sortie du domaine d’une rangée d’aubes. En effet, la condition imposée dépendra de la
position du domaine par rapport aux autres roues. La Figure 3.7 ci-dessous, représente une
succession de rotors et de stators, dont le nombre de pales par rangée d’aubes est différent. Ainsi,
entre chaque domaine, une interface de type Stage est utilisée.

3.2.6 Les conditions limites d’entrée et de sortie du domaine de calcul


Seules les conditions limites à chaque extrémité (entrée et sortie) du domaine de calcul
dans son intégralité ont besoin d’être imposées (Figure 3.7).

Les conditions limites en régime stable d’entrée Inlet Boundary Condition et de sortie
Opening Boundary Conditions ont tout d’abord était modifiée en Opening Boundary Conditions
afin de pallier le problème du refoulement expliquée dans la section 3.1.3 (ce que n’a pu faire
Escuret [24]). Cette option dans CFX permet par la suite au fluide aussi bien d’entrer que de
sortir du domaine par cette frontière. La sous-condition Opening pres. and dirn est la plus
appropriée au cas du refoulement expliqué dans la section 3.1.3 puisqu’elle permet d’imposer une
pression et une température totales lorsque le fluide entre dans le domaine par la frontière en
question, tandis qu’une pression statique est imposée lorsque celui en sort.

Ainsi, en ce qui concerne l’entrée du compresseur, les conditions classiques de simulation


en régime stationnaire ont été imposées (c’est-à-dire pressions et températures, avec angle
d’écoulement si nécessaire).

Pour ce qui est de la condition de sortie, il est nécessaire d’imposer une pression qui
correspond à celle dictée par le plénum, et qui varie avec le temps, telle que décrite par l’équation
(3.10). Cette pression statique est donc appliquée en sortie du compresseur, par le biais d’une
CEL (CFX Expression Language) sur CFX. Afin de réutiliser la pression de la précédente
itération , une AV (Additional Variable) est utilisée, dans laquelle est implantée l’option
TRANS_LOOP. Cette option permet à la variable additionnelle de mémoriser la valeur de
l’itération précédente (les détails du code sont donnés en Annexe D.1).

Pour la mesure du débit à l’instant t ( ), une CEL est également utilisée, avec une
fonction dite locator based, qui permet de relever tout type d’information (moyenne surfacique,
41

volumique,..) pour toutes les variables connues par CFX. Dans le cas présent, l’option mass flow
est utilisée.

Il est important de noter que la variable additionnelle utilisée pour la récupération de la


pression statique de l’itération précédente est indispensable. Cependant, contrairement à la
mesure du débit massique, elle ne peut être remplacée par une fonction locator based (voir
Annexe E).

Tous les autres coefficients (U, B, Lc,..) sont également représentés par le biais de CEL.

Afin de convertir la pression statique en pression totale lors du refoulement de


l’écoulement, une condition step est utilisée et appliquée au débit massique. Cette fonction
attribue la valeur 1 lorsque la variable associée est positive, et 0 autrement. Ainsi, la pression
statique donnée par l’équation (3.10) est appliquée lors d’un débit positif tandis qu’une pression
totale, donnée par l’équation (3.11) est appliquée lors du refoulement. Pour réponde à ces requis,
la condition limite de pression appliquée en sortie du compresseur est représentée par l’équation
(3.14).

̇ ̇ (3.14)

Où vient de l’équation (3.11) et s’écrit sous la forme :

̇
( √ ) (3.15)

(3.16)

̇ ̇ (3.17)

Le détail du code final utilisé est résumé en Annexe D.2

Malheureusement, en ce qui concerne la température totale à la sortie du compresseur, le


logiciel CFX ne permet pas, sans la modification de certains registres, l’application d’une CEL.
La valeur attribuée doit être constante et ne peut varier comme souhaité avec l’équation (3.13)
(Section 3.1.3).
42

Il a donc été choisi, par défaut, de fixer la température de sortie du compresseur comme
égale à la température moyenne calculée à la sortie du compresseur juste avant le refoulement.
Cette hypothèse reste cependant cohérente, puisque la variation de température totale au sein du
plénum dépend essentiellement de la période de refoulement qui est, généralement, assez courte.
Il a été calculé suite à des simulations pour un compresseur haute vitesse (compressible) qu’une
telle hypothèse engendrait une erreur sur la valeur de la température de sortie inférieure à 3%.

3.2.7 Prise en considération de la conduite

Pour le moment, l’influence de la conduite présente entre le compresseur et le plénum n’a


pas encore été discutée. En effet, celle-ci varie sensiblement en fonction des différents cas.

Dans un premier temps, il est nécessaire de comprendre qu’elle peut provoquer deux
phénomènes physiques importants : une perte de charge totale ainsi qu’un phénomène d’inertie.
Dans les deux cas, le coefficient de la conduite sera déterminant. Ainsi, en considérant

que la surface annulaire S de la conduite et du compresseur sont les mêmes, les effets de la
conduite sur le phénomène de pompage peuvent être négligés si sa longueur est très faible par
rapport à celle du compresseur.

Afin de faciliter le problème, cette hypothèse sera tout d’abord effectuée pour toutes les
géométries. En effet, dans un moteur d’avion, l’espacement entre le compresseur et la chambre de
combustion est généralement minimisé, afin de diminuer au maximum le poids et la longueur du
moteur.

Cependant, il arrive que l’influence de cette conduite ne puisse être négligée, notamment
pour les géométries de bancs d’essais. Dans ce cas, deux possibilités existent.

La première consiste simplement à ajouter numériquement, à la sortie du compresseur, un


domaine maillé représentant la conduite en question. Cette solution, plutôt robuste, permet de
prendre en compte les deux phénomènes physiques créés par la conduite. Elle a cependant
l’inconvénient d’augmenter la taille du maillage, et par conséquent augmenter le temps nécessaire
de calcul. De plus, il est nécessaire de s’assurer, en fonction de la longueur, qu’aucun effet de
dissipation numérique ne soit présent.
43

Enfin l’autre solution consiste à représenter la conduite, plus exactement son inertie, par
un modèle 1D. Ainsi, en appliquant la conservation de la quantité de mouvement (∑
⃗) au volume de fluide présent dans la conduite et en supposant les frottements négligeables, la
variation de pression due à l’inertie se traduit comme [9]:

̇
(3.18)

Cette méthode possède l’avantage d’être peu chère numériquement et assez rapide à
mettre en place. Cependant, cette méthode ne prend pas en compte les pertes de charges et est
̇
relativement instable numériquement à cause du terme .

La comparaison entre les différentes méthodes sera discutée par la suite dans cette étude.

3.3 Description des compresseurs étudiés


La méthodologie précédente a été appliquée sur plusieurs géométries, aux caractéristiques
bien différentes, détaillées ci-dessous.

Dans un premier temps, il a été jugé important de valider les résultats donnés par l’outil
en les comparants à des résultats expérimentaux. Afin de s’appuyer sur la théorie développée par
Greitzer [9], il a semblé raisonnable d’essayer de reproduire le pompage dans un compresseur
axial, multi-étagé, basse-vitesse (incompressible). Un tel choix permet également de grandement
simplifier l’étude en éliminant certains effets néfastes pour la convergence (compressibilité,
ondes de choc,…). La résolution du problème est donc beaucoup plus robuste et beaucoup plus
rapide étant donné la moindre qualité nécessaire du maillage pour un écoulement basse vitesse.

À cause du côté destructeur et de la difficulté de mesure (fréquence) que peut entraîner le


pompage, les données expérimentales sur ce phénomène sont assez rares. Ainsi, trouver dans la
littérature un compresseur axial multi-étagé, dont la géométrie est parfaitement détaillée, sur
lequel de telles expérimentations ont été effectuées, a été un travail très laborieux, voire
impossible.

Les meilleurs résultats obtenus portent sur le compresseur axial, de trois étages,
actuellement présent au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Même si ce dernier a été
modifié au cours des années, de nombreuses études sur le décrochage tournant et le pompage ont
44

été effectuées sur ce compresseur [35-42]. Ainsi, en regroupant et triant toutes ces données, il a
été possible d’acquérir le maximum d’informations nécessaires pour la réalisation numérique et
comparaison expérimentale du pompage au sein de ce compresseur.

Par la suite, il a semblé intéressant d’étendre le domaine de l’outil et de regarder si ce


dernier pouvait s’adapter à un compresseur centrifuge. Il a donc été choisi de créer et d’ajouter en
sortie du compresseur axial précédent un étage centrifuge.

Enfin, des calculs sur un compresseur haute-vitesse, compressible, utilisé par Pratt &
Whitney Canada, ont été exécutés. Ceci a notamment permis de tester la robustesse de l’outil lors
de la présence d’ondes de choc, ainsi que sa facilité d’adaptation à des géométries quelconques,
incluant un compresseur de type mixed flow.

3.3.1 Le MIT GTL-LS3

La première étude effectuée porte donc sur un compresseur axial de trois étages précédé
en amont d’une rangée d’aubes directrices (IGV ou Inlet Guide Vanes). Son diamètre maximum
est de 610 mm, avec un ratio moyeu/carter de 0.88, leurs rayons respectifs étant constant.

Le compresseur a particulièrement été adapté par Protz [42] afin de pouvoir observer le
phénomène de pompage (Figure 3.8). Pour ce faire, un plénum de 9.66 m³ a été ajouté en sortie
du compresseur, ce qui permet d’atteindre un coefficient B égal à 1. Il est d’ores et déjà important
de noter que la longueur du compresseur effective ( ) prise en compte pour le calcul du
coefficient B contient la longueur nominale du compresseur (0.67 m), mais également la longueur
de la conduite d’entrée (0.86 m) ainsi que celle de sortie (0.44 m). Ce qui nous donne une
longueur totale de 1.97 m pour la valeur de . La Figure 3.9, produite par Gamache [36], donne
une bonne aperçue de la position et de la forme des différentes pales. De plus, elle nous informe
sur la position des différents capteurs du champ d’écoulement.

En sortie du plénum se situe une vanne, elle-même suivie d’une conduite de diamètre non
négligeable (0.91 m). La présence d’une soufflante (exhaust fan) en sortie de cette conduite
permet notamment de forcer un débit négatif au sein du compresseur, et ainsi d’obtenir la courbe
caractéristique complète indispensable lors de l’application du modèle de Greitzer au
compresseur [37]. Cette soufflante était cependant non opérationnelle lors des expériences
effectuées par Protz [42].
45

Figure 3.8: Vue globale du compresseur trois étages du MIT [42]

Figure 3.9: Représentation schématique des positions des aubes du compresseur et des points de
mesures [36]
46

La vitesse du compresseur pour laquelle la plupart des mesures ont été effectuées est de
2600 tr/min, ce qui donne une vitesse circonférentielle U=78 m/s. Cette dernière est cependant
différente de la vitesse de conception du compresseur, qui est de 5926 tr/min [35]. Les conditions
d’entrée et de sortie du banc d’essai sont les conditions atmosphériques. Une pression de
référence égale à la pression atmosphérique sera considérée durant l’étude numérique de ce
compresseur.

Le détail de la géométrie des pales disponible publiquement en regroupant toutes les


données de tous les articles [35-42] est résumé dans le Tableau 3.1. La plupart de ces donnée
proviennent de Gamache [36]. Malheureusement, des informations plus précises sur la forme des
pales n’ont pas été publiées. La géométrie des aubes fut estimée en tenant compte du fait que la
performance à basse vitesse est moins sensible à la forme exacte des aubes, surtout lorsque les
angles d’entrées et de sortie, ainsi que les pertes visqueuses, sont reproduites assez fidèlement.

Jeu Bord Bord de


Nombre Corde Cambrure Décalage
d'aube d'attaque fuite
de pales (mm) (degrés) (degrés)
(mm) (degrés) (degrés)
IGV 125 20,1 11,0 8,1 0,0 0,0 10,0
Distance IGV-R1 100,0
1Er étage
R1 54 45,2 17,0 42,8 1,0 50,0 41,0
Distance R1-S1 20,0
S1 85 31,4 27,0 11,0 0,8 18,0 -1,0
Distance S1-R2 20,0
2ème étage
R2 55 44,8 18,0 43,5 0,9 54,5 36,5
Distance R2-S2 20,0
S2 88 31,3 25,0 12,0 0,9 27,5 2,5
Distance S2-R3 20,0
3ème étage
R3 49 50,7 20,0 44,6 0,9 58,0 38,0
Distance R3-S3 18,0
S3 90 31,4 53,0 5,5 0,9 36,5 -17,0

Tableau 3.1: Caractéristiques géométriques du compresseur du MIT


47

Afin de reproduire la géométrie des pales en 3D, le logiciel Bladegen de ANSYS a été
utilisé. Ce dernier est très pratique puisqu’il permet d’obtenir facilement le design des aubes à
partir de certaines informations géométriques (nombre de pales, corde,…) et de transmettre la
géométrie créée directement dans le logiciel de maillage ANSYS Turbogrid grâce à des fichiers
.curve. Afin de pallier le manque d’information cité précédemment, certaines hypothèses ont été
effectuées sur le profil des aubes.

Le profil choisi pour les pales est un NACA 0010, standard, impliquant un ratio
épaisseur/corde de 10%. Les données du Tableau 3.1 correspondent aux caractéristiques
géométriques de chaque aubage à l’envergure moyenne (c’est-à-dire entre le carter et le moyeu).
Une extrapolation de ces données suivant la direction radiale a donc été effectuée en fonction du
rayon et de la vitesse. Enfin, les jeux d’aubes ont été considérés comme constants et égaux aux
valeurs indiquées dans le Tableau 3.1.

La Figure 3.10 représente un passage d’aube de chaque roue de la géométrie finale


obtenue tandis que le Tableau 3.2 résume les principales caractéristiques du compresseur du MIT.

Figure 3.10: Géométrie finale 3D du compresseur du MIT


48

é
0,287 m 0,67 m 0,86 m 0,44 m 1,97 m

9,66 m³ 0,0662 m² 1 2600 tr/min 78 m/s

Tableau 3.2: Résumé des principales caractéristiques du compresseur du MIT

L’étape du maillage est l’une des plus importantes lors de la simulation numérique
puisque la plus grande partie des erreurs ou problèmes lors de la résolution proviennent d’erreurs
de maillage. Elle est d’autant plus décisive que la simulation d’un pompage coûtera très cher
numériquement : en effet, la fréquence du pompage variant généralement entre 3 et 10Hz, il est
nécessaire d’effectuer des simulations de l’ordre de grandeur d’une seconde en temps réel. Il est
donc essentiel de trouver un juste milieu entre précision des résultats et rapidité de la résolution
du problème, surtout lorsque le nombre d’étages est élevé.

Une étude de maillage a été effectuée (voir Annexe F) menant au choix d’un maillage de
1 011 635 éléments avec environ par passage d’aube 72(axial) x 28(circonférentielle) x 42(radial)
éléments. Le jeu d’aube est également constitué de 12 éléments, et la valeur moyenne de l’y+
proche des parois est de 22.

La Figure 3.11 suivante présente le maillage d’un rotor (R2) et d’un stator (S2).

Figure 3.11 : Maillage d’un rotor (R2) et d’un stator (S2)


49

3.3.2 L’ajout du centrifuge

L’ajout d’un compresseur centrifuge en sortie du compresseur axial n’a pour objectif
principal que de tester et d’adapter l’outil sur un système mixte, combinant axial et centrifuge,
caractérisant une grande partie des moteurs de PWC. La géométrie créée pour ce faire est donc
seulement théorique et n’existe pas réellement. Les résultats obtenus ne pourront donc pas être
comparés directement avec des résultats expérimentaux.

Le Tableau 3.3 résume les principales caractéristiques de l’impulseur modifié.

Bord
Nombre de Décalage Jeu d'aube Bord de fuite
Corde (mm) d'attaque
pales (degrés) (mm) (degrés)
(degrés)
25 224,0 31,6 0,9 60,0 31,0

Tableau 3.3: Principales caractéristiques géométriques de l’impulseur

La conception de l’impulseur a grandement été inspirée de celui présent dans les tutoriels
du logiciel Turbogrid [43]. La géométrie a été adaptée au compresseur axial en diamètre mais les
principales caractéristiques géométriques (bord d’attaque, de fuite,…) ont été conservées. Le
logiciel Bladegen a de nouveau été utilisé pour reproduire en 3D la géométrie de l’impulseur. La
Figure 3.12 donne un aperçu de la géométrie obtenue.

À la sortie de l’impulseur a été ajouté un diffuseur sans vannes dont la géométrie


correspond simplement à un allongement radial du domaine de 0.144 m choisi arbitrairement.

Le détail de l’étude de maillage se trouve en Annexe G.1. La Figure 3.13 présente la


maille finale du centrifuge de 261 550 éléments dont 82(méridionale) x 38 (circonférentiel) x
35(envergure) avec 12 éléments dans le jeu d’aube et avec un y+ moyen égal à 24 afin de rester
cohérent avec la partie axiale.
50

Figure 3.12: Aperçu de la roue et d’un seul passage de l’impulseur conçu

Figure 3.13 : Maillage final de la roue centrifuge


51

La partie axiale du compresseur et l’impulseur n’ayant pas été conçus pour fonctionner
ensemble, il a été nécessaire d’adapter certaines caractéristiques initiales de la partie centrifuge.
Pour ce faire, la vitesse de rotation du système radiale a été fixée de telle façon que l’efficacité de
la partie radiale et celle axiale soient maximum pour le même débit massique, soit 3.68kg/s (voir
étude détaillée en Annexe G.2). Il a été trouvé que la vitesse du compresseur centrifuge la plus
appropriée était de 4100 tr/min.

3.3.3 Le compresseur de Pratt & Whitney Canada

La géométrie fournie par Pratt & Whitney Canada représente un compresseur utilisé dans
un moteur aéronautique. Elle est composée d’un compresseur de type mixed flow composé d’un
MFR (Mixed Flow Rotor) de 15 aubes et de deux stators S1 et S2, de 39 aubes chacun, suivis
d’un impulseur de 11 aubes et enfin d’un diffuseur avec 21 tubes. Un profil d’angle
circonférentiel est appliqué à l’entrée du MFR selon les angles d’écoulement en sortie d’un IGV
(non simulé). La Figure 3.14 donne un aperçu de la position et de la forme des différents
éléments du compresseur.

Figure 3.14: Vue de coupe du compresseur de Pratt & Whitney Canada


52

La géométrie initiale fournie par PWC incorpore une cavité d’extraction d’air, qui se situe
au centre de l’impulseur, et une autre extraction d’air à la sortie de l’impulseur (Figure 3.15). Les
deux stators, ayant un moyeu fixe, ne possèdent pas de jeu d’aube. Enfin, il est important de noter
sur cette figure que la surface de sortie de l’impulseur n’est pas de même largeur que celle du
diffuseur. L’air s’infiltre à l’arrière de l’impulseur et permet de contrebalancer les forces des
pressions axiales appliquées sur ce dernier.

Figure 3.15: Compresseur centrifuge de PWC avec mise en avant de la différence de profondeur
à l'interface impulseur/diffuseur
53

La vitesse de rotation du compresseur de 46 946 tr/min donne un rapport de pression


supérieur à 12. De plus, le nombre de Mach relatif étant supérieur à 1, l’écoulement au sein du
compresseur est hautement compressible avec la présence d’ondes de choc.

L’obtention d’une solution stationnaire pour un domaine avec plusieurs rangées d’aubes
(six sous-domaines de calcul) à haute vitesse élève les risques de problèmes de convergence. Afin
de remédier ces problèmes (voir section 5.2), plusieurs modifications géométriques ont été
effectuées sur la géométrie.

Figure 3.16: Géométrie PWC modifiée

Premièrement, pour améliorer la vitesse de calcul et simplifier le problème, la cavité a été


supprimée et remplacée par un mur. Deuxièmement, un jeu d’aube au moyeu a été ajouté au 1er
stator pour éviter une convergence difficile en régime stationnaire suite à un décrochage à
54

l’emplanture. Finalement, un problème d’interface entre l’impulseur et le diffuseur à tubes a


obligé le diffuseur de forme tubulaire à être remplacé par un diffuseur sans vannes, qui
correspond à un simple rallongement radial de l’impulseur. La Figure 3.16 représente la
géométrie modifiée, utilisée lors de cette étude, tandis que le tableau 3.4 résume les principales
caractéristiques de ce compresseur.

R U Lc Vp Sc Nspeed
0,064 m 314 m/s 0,521m 0,09 m³ 0,0010278 m² 46946 tr/min
Tableau 3.4: Principales caractéristiques du compresseur modifié de Pratt & Whitney Canada

L’étude de convergence (Annexe H.1) a mené vers un maillage de 1 594 554 éléments
présenté sur la Figure 3.17 et dont la répartition des éléments est détaillée dans le Tableau 3.5.

Figure 3.17: Maillage final du compresser de PWC

MFR S1 S2 Impulseur
Envergure 58 55 53 56
Circonférentiel 42 36 38 62
Méridional 81 92 82 152
Jeu d'aube 14 12 20

Tableau 3.5 : Répartition du nombre d’éléments suivant les différentes directions


55

3.4 Démarche suivie lors de la simulation d’un pompage


Cette partie décrit le déroulement des opérations suivies sur CFX afin d’obtenir une
simulation de pompage au sein d’un compresseur multi-étagé.

Étape 1 : Point Pré-initial

Avant de commencer, il est nécessaire de simuler et d’obtenir avec la géométrie choisie


un point stationnaire (stable) en appliquant les conditions limites classiques (pression et
température totale en entrée, avec un profil d’angle d’écoulement au besoin, et une pression
statique ou un débit massique en sortie). Le fichier .res (fichier de résultats de CFX) servira de
condition initiale pour la prochaine étape.

Étape 2 : Création du fichier initial

À partir du fichier .cfx (fichier de définition de la simulation) de la simulation précédente,


la variable additionnelle (AV), qui permet par la suite d’enregistrer la valeur de la pression de
l’itération précédente, est créée et ajoutée dans le dernier sous-domaine de calcul du compresseur.
Elle est associée à la valeur de la pression obtenue en sortie du compresseur lors de l’étape
précédente. En utilisant exactement les mêmes paramètres de l’étape 1, ainsi que le fichier .res
comme condition initiale, quelques itérations seulement (5-10) sont simulées. Cette étape permet
d’initialiser l’AV. En effet, cette dernière, avec l’option TRANS_LOOP, récupère la valeur de
l’itération précédente. Il est donc nécessaire de lui donner une valeur initiale, qui correspond au
point de fonctionnement du compresseur obtenu lors de l’étape 1.

Le fichier .res obtenu lors de cette étape est également utilisé par la suite.

Étape 3 : Paramétrage de la simulation

Toujours en utilisant le même fichier .cfx, le paramétrage de la simulation pour le


pompage a ensuite été effectué. Les CEL nécessaires (pressions variables, calcul du débit,…)
sont ajoutées, les conditions limites d’entrée et de sortie sont changées en Opening pres. and
dirn , la fonction Papplyoutlet est appliquée en sortie du compresseur, l’AV est associé à la
variable PstaticOutlet et enfin le mode de simulation est passé de Steady à Transient.
56

Trois paramètres doivent être déterminés : le pas de temps de la simulation , le nombre


de sous-itérations par pas de temps Nloop, ainsi que le coefficient de fermeture de la vanne .

La valeur de et Nloop sont déterminés via des études classiques de convergence (voir
section 4.2.2) tandis que l’évaluation initiale de est effectuée à partir de l’équation (3.8) et du
point d’opération stable obtenu lors de l’étape 2.

Par la suite, en utilisant le fichier .res de l’étape 2 comme fichier initial et en appliquant
les différents paramètres cités ci-dessus, un nouveau fichier .res est obtenu.

Étape 4 : Simulation du pompage

Le calcul de pompage effectué numériquement à travers cette méthode reproduit en


quelque sorte la procédure expérimentale. En effet, sur un banc d’essai, afin d’obtenir le pompage
avec un compresseur suivi d’un plénum et d’une valve, il suffit de fermer progressivement la
vanne jusqu’au pompage du compresseur (Figure 1.4).

Ainsi, en reprenant de nouveau les paramètres de la simulation précédente, il suffit de


réitérer les mêmes calculs, en augmentant cette-fois ci le coefficient . Afin de gagner du temps,
il est recommandé d’utiliser à chaque fois le fichier de la simulation précédente.

Si le nouveau point de fonctionnement obtenu lors du choix du nouveau est stable,


l’évolution de la pression adimensionnelle (ψ) et du débit adimensionnel (Φ) en fonction du
temps (ξ convergerait vers une valeur fixe ou vers une oscillation de très faible amplitude autour
d’une valeur fixe.

En revanche, lorsque atteint la valeur critique associé au pompage, de fortes


oscillations de pression et de débit adimensionnels peuvent être observées, telles qu’illustrées sur
les Figures 3.18 et 3.19.
57

Figure 3.18: Courbe de variation du débit en fonction du temps lors d'un pompage

Figure 3.19: Courbe de variation de la pression en fonction du temps lors d'un pompage
58

Durant la résolution du problème instationnaire (CFX-Solver), il est possible d’afficher


l’évolution temporelle de n’importe quelle variable, peu importe la localisation souhaitée (à
condition de les avoir précisées préalablement lors de la définition de la simulation). Les résultats
obtenus peuvent ensuite être facilement extraits vers des fichiers Excel, sans avoir besoin
d’utiliser l’outil de post-processing (CFX-Post) peu pratique lors d’études temporelles.

Les forces appliquées sur chaque pale peuvent être relevées, permettant ainsi de connaitre
les contraintes qu’elles subissent durant un cycle de pompage. De plus, la fréquence des
oscillations peut être mesurée et comparée à la fréquence naturelle des aubes (étude de
résonnance). Enfin, l’évolution durant un cycle de pompage des pressions et températures aux
points d’extraction d’air est accessible et peut être évaluée.
59

CHAPITRE 4 RESULTATS DU MIT-GTL-LS3

Ce chapitre présente les résultats de simulation de pompage obtenus avec la géométrie du


MIT-GTL-LS3. Une étude en régime stable a tout d’abord été effectuée dans le but de valider le
maillage, puis de vérifier si les résultats obtenus sont cohérents avec les données expérimentales.
Ensuite, une étude paramétrique a permis d’évaluer les effets de certaines variables et de valider
les choix effectués. Enfin, une comparaison avec des résultats expérimentaux a été effectuée,
permettant d’observer les limites du modèle numérique et ainsi y apporter certaines
modifications.

Le temps de simulation représente le critère le plus critique de cette méthodologie et est


l’élément le plus décisif quant à la possibilité d’utilisation de l’outil dans l’industrie. Ainsi, la
plupart des choix effectués par la suite en sont grandement influencés. L’optimisation du temps
de résolution du problème a par conséquent été en permanence prise en considération.

4.1 Étude régime stable


Après avoir validé numériquement le maillage utilisé (Annexe F), il a été nécessaire de
justifier l’utilisation de l’option incompressible, ainsi que de prouver la cohérence des résultats
obtenus en les comparant avec des résultats expérimentaux.

Le compresseur du MIT a notamment été choisi pour la simplicité qu’impliquait l’étude


d’un écoulement incompressible (Mach<0.3) au sein d’un compresseur. Par conséquent, afin de
faciliter la convergence et augmenter la vitesse de résolution du problème, il a été choisi de
résoudre le problème numérique en considérant l’air comme un gaz incompressible, dont les
propriétés sont fixées pour une température de 298 K.

Pour s’assurer qu’une telle hypothèse influence peu les résultats obtenus, la courbe
caractéristique du compresseur a été obtenue avec les deux modèles (compressible et
incompressible). La Figure 4.1 montre que la différence entre les deux modèles reste faible et
peut être considérée comme négligeable. Il est intéressant de noter que suite à plusieurs
simulations, la différence des pentes proche du point d’instabilité entre les modèles compressible
et incompressible n’influence pas les résultats de pompages.
60

1,2

Expérimetal
0,8
Numérique
incompressible
ψ

0,6
Numérique
compressible
0,4

0,2

0
0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8

Φ
Figure 4.1: Courbe caractéristique (stable) simulée en incompressible et en compressible
comparée à la courbe expérimentale du compresseur du MIT GTL-LS3

Avant de s’attaquer au phénomène de pompage, il est également important de s’assurer


que les résultats obtenus numériquement sont significatifs par rapport à ceux obtenus
expérimentalement.

Protz [42] a fourni à travers sa thèse les équations obtenues à partir de mesures
expérimentales qui reflètent assez fidèlement le comportement du compresseur dans les trois
régimes existant (courbe caractéristique stable, courbe décrochée et courbe flux inversé).

La Figure 4.1 compare, pour la partie stable du compresseur, les résultats expérimentaux
de Protz avec les résultats numériques obtenus.

Les pressions numériques exposées ci-dessus correspondent à des moyennes surfaciques


effectuées en sortie du compresseur. En effet, l’écoulement de sortie étant purement axial, il est
supposé que la pression relevée expérimentalement sur le carter y est uniformément répartie.

Les courbes expérimentales et numériques sont proches, pour lesquelles le maximum de


rapport de pression semble avoir lieu à un coefficient débit similaire, ce qui est plutôt satisfaisant.
61

La petite différence de pression entre les courbes caractéristiques expérimentales et numériques


est très probablement due à l’approximation faite sur la géométrie des aubes du compresseur.
Néanmoins, les résultats obtenus restent suffisamment convenables pour attester que l’étude
numérique du compresseur multi-étagé est vérifiée, et que les résultats obtenus sont cohérents
dans sa partie stable.

4.2 Étude Régime instationnaire : Pompage


Afin d’obtenir un pompage numérique du compresseur, la méthodologie de la Section 3.4
a été suivie. Il a été trouvé que le coefficient de la vanne permettant le pompage vaut 8.8.

La fréquence des oscillations lors du phénomène de pompage n’est pas directement


proportionnelle à la vitesse de rotation du compresseur. Elle se situe généralement entre 3 et 10
Hz pour les compresseurs industriels hautes vitesses, et est couramment un peu plus faible pour
les compresseurs basses vitesses [7]. Par conséquent, le pas de temps a été choisi en fonction du
cycle de pompage plutôt qu’en fonction de la vitesse de rotation. Afin de s’assurer d’obtenir au
moins 1000 points de mesure par cycle de pompage et d’avoir un temps de calcul qui reste
raisonnable, la valeur du pas de temps a été fixée à 0.0002s (soit 1667 itérations pour une
fréquence de 3Hz). Le nombre de sous-itérations Nloop à lui été fixé à 4. La validation de ces
coefficients est détaillée par la suite (section 4.2.2).

Contrairement à la géométrie réelle, le modèle actuel ne prend pas en compte les


conduites d’entrée et de sortie (hypothèse de la section 3.2.7). La longueur du compresseur
considéré avec ce modèle est donc de 0.67 m (au lieu de 1.97 m).

Afin de rester cohérent, en s’appuyant sur l’hypothèse de similitude de Greitzer [12], le


volume du plénum a tout d’abord été choisi de telle sorte que le coefficient B reste identique à
la géométrie initiale. Ainsi, le volume du plénum permettant de conserver un coefficient B=1 est
de 3.66 m³, au lieu de la valeur initiale de 9.66 m³.

Finalement, toujours dans l’objectif de gain de temps de simulation, il a été choisi de ne


pas utiliser l’option Double Precision. En effet, elle n’est pas nécessaire dans le cas où les
gradients de pressions sont relativement faibles [34].
62

4.2.1 Résultats

Les Figures 4.2 à 4.8 représentent les résultats obtenus lors de cette première simulation.
La variation du coefficient de pression en fonction du coefficient de débit est décrite sur la Figure
4.2. Ces valeurs sont prises en entrée et en sortie du compresseur. La pression est moyennée par
rapport à l’aire du compresseur. Le cycle obtenu semble typique d’un pompage qualifié de
« profond ». En effet, une partie de la courbe se situe du côté des débits négatifs, indiquant un
inversement de flux pendant le cycle. Ces résultats sont similaires à ceux observés par Greitzer
(Figure 2.2).

La Figure 4.3 montre la variation des coefficients de pression et de débit massique en


fonction du temps adimensionnel. Les courbes obtenus, fortement semblables à celles de la
théorie (Figures 3.18 et 3.19), montrent l’aspect instable mais cyclique du pompage au sein du
compresseur. Plusieurs cycles répétitifs peuvent clairement être identifiés. Une période de chaque
variation (pression et débit) est représentée à travers les Figures 4.4 et 4.5.

Il est possible d’identifier sur les Figures 4.2, 4.4 et 4.5 quatre zones principales du cycle
de pompage. La zone 1 correspond à la partie stable du compresseur, c’est-à-dire à sa plage
fonctionnelle. Lors de l’augmentation de la charge (augmentation de la fermeture de la vanne), la
pression à la sortie du compresseur va progressivement augmenter, tandis que le débit diminue.
Au-delà du sommet de la caractéristique, le compresseur n’arrive plus à fournir l’augmentation
de pression nécessaire pour maintenir celle présente dans le plénum. Le débit diminue alors très
rapidement au sein du compresseur, jusqu’à en devenir négatif. En revanche, la pression en sortie
du compresseur, qui est reliée à la quantité de masse stockée dans le plénum, diminue lentement.
Cette étape, très rapide, correspond à la zone 2. Lors de la zone 3, le plénum continue de se vider
progressivement, non seulement du côté de la turbine, mais également du côté du compresseur
(débit négatif). La variation de débit au sein du compresseur devient alors similaire à celle au sein
de la turbine. Elle est proportionnelle à la racine carrée de la différence de pression entre le
plénum et l’atmosphère, et diminue régulièrement mais beaucoup plus lentement que lors de la
zone 2. Puis, une fois la pression au sein du plénum relativement faible, le compresseur arrive de
nouveau à « pomper » le fluide. Cette étape correspond à la zone 4. Le débit va donc augmenter
soudainement jusqu’à l’atteinte d’un point stable de la zone 1. Si, par rapport à la période
63

précédente, les conditions physiques n’ont pas changées, le même cycle de pompage se répète
perpétuellement.

1,0
0,9
2
A 0,8
0,7
1
0,6
3 0,5
ψ

0,4
0,3
0,2 4
0,1
0,0
-0,2 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8
Φ

Figure 4.2: Résultat du cycle de pompage représentant la variation du coefficient de pression en


fonction du coefficient de débit

1,0 0,8

0,8 0,6

0,6 0,4
ψ

0,4 0,2
0,2
0,0
0,0 0 100 200 300 400
0 200 400 -0,2
𝛏 𝛏

Figure 4.3: Variation des coefficients de pression et de débit en fonction du temps adimensionnel
64

1,0

0,9

0,8

0,7 3
0,6
1 1
ψ

0,5

0,4

0,3 2 4
0,2

0,1

0,0
60 70 80 90 100 110 120 130
𝛏
Figure 4.4: Un cycle de variation du coefficient de pression en fonction du temps

0,8
0,7
0,6
2
0,5
0,4
0,3
1
Φ

3 1
0,2
0,1
0,0
60 70 80 90 100 110 120 130
-0,1
4
-0,2
A
-0,3
𝛏

Figure 4.5: Un cycle de variation du coefficient de débit en fonction du temps


65

Jusqu’ici, seuls les pressions et les débits moyennés en sortie et en entrée du compresseur
ont été analysés. Cependant, la CFD permet, contrairement aux modèles 1D analytiques, d’avoir
accès à toutes sortes d’informations, peu importe la localisation au sein du compresseur.

Par exemple, la Figure 4.6 représente l’état chaotique du flux d’air au sein du
compresseur, à l’envergure moyenne du rotor 3, lors de l’inversement de l’écoulement (point A
des Figures 4.2 et 4.5).

Figure 4.6: Représentation de l'écoulement lors de l'inversement du flux du gaz à l'envergure


moyenne du rotor 3

Il est également possible, à l’aide du graphique en temps réel de CFX-Solver (ou de CFX-
Post), de mesurer temporellement les forces exercées sur chaque aube, ainsi que de relever les
pressions entre chaque étage. Le graphe de la Figure 4.7 présente la variation temporelle de la
force axiale adimensionnelle ( ) appliquée sur le rotor 3, tandis que la Figure 4.8

présente la variation de pression moyennée entre le stator 2 et le rotor 3.


66

0,007

0,006

0,005

0,004
σ

0,003

0,002

0,001

0,000
60 70 80 90 100 110 120 130
𝛏
Figure 4.7: Variation temporelle de la force adimensionnelle axiale appliquée sur le Rotor 3 lors
d’un cycle de pompage

0,7

0,6

0,5

0,4
ψ

0,3

0,2

0,1

0
60 70 80 90 100 110 120 130
𝛏

Figure 4.8: Variation temporelle de la pression adimensionnelle entre les rangées d’aubes S2 et
R3 lors d’un cycle de pompage
67

4.2.2 Étude paramétrique

Une brève étude paramétrique a été effectuée dans le but de déterminer l’influence des
paramètres de calculs , Nloop et Double Precision, dans le but d’obtenir le meilleur rapport
précision/temps de calcul et de valider les choix effectuée dans la section 4.2.1.

Double Precision

L’option Double Precision permet notamment d’augmenter la précision des calculs en


passant du 32 bits au 64 bits. La mémoire utilisée dans ce cas sera donc deux fois plus
importante, pour un même calcul. Cette option est fortement recommandée par l’aide CFX [34]
lors de grandes variations de pression ou de taille des mailles.

Pour s’assurer que la non utilisation de cette option n’influence pas les résultats obtenus,
des calculs de pompage avec et sans l’option ont été effectués. Il s’avère qu’aucune différence
n’a été notifiée en ce qui concerne la variation de la pression en sortie du compresseur,. Ceci
s’explique notamment par des gradients de pression assez faibles.

Qui plus est, le temps de calcul lors de l’utilisation de l’option Double Precision est
quasiment deux fois plus élevés que Single Precision.

Il n’est donc pas nécessaire d’utiliser cette option lors de la simulation de pompage avec
le modèle géométrique du compresseur du MIT GTL-LS3.

Pas de temps

Le pas de temps est incontestablement, avec le maillage, le paramètre le plus influant


sur la durée de simulation. Plus celui-ci sera élevé, plus les résultats seront obtenus rapidement.
En revanche, la qualité du résultat pourrait en être grandement diminuée.

Une étude de convergence du pas de temps a donc été effectuée, en ayant comme
objectif de trouver le meilleur couple temps de calcul/précision des résultats. Pour ce faire, il a
été choisi de fixer le paramètre de sous-itérations Nloop égal à 4.

Les Figures 4.9 et 4.10, ainsi que le Tableau 4.1, regroupent les résultats obtenus pour un
pas de temps variant de 0,001s (258 itérations par cycle) s à 0,0001 s (2582 itérations par cycle).
68

Les résultats de la Figure 4.9 sont forts intéressants puisqu’ils démontrent que le
n’influence pas la taille des amplitudes de la pression et du débit massique en sortie du
compresseur. Ainsi, si l’intérêt d’un futur utilisateur porte sur ces variations d’amplitude, un pas
de temps élevé pourra être utilisé.

En revanche, le pas de temps modifie légèrement la fréquence des oscillations


périodiques. Plus le pas de temps diminue, plus la fréquence d’oscillation semble diminuer et
converger vers une valeur finale.

Cependant, les plus grosses différences induites par le choix du pas de temps
n’apparaissent pas en sortie du compresseur, mais bien aux différentes interfaces. La Figure 4.10
compare l’évolution de pression en fonction du temps entre chaque rangée d’aubes pour des pas
de temps de 0,001s et de 0,0001s. Il est intéressant de noter que ces graphes mettent en avant les
trois étages du compresseur, chaque étage étant composé d’un rotor et d’un stator. Lors des
changements brusques de débit massique (zones 2 et 4 de la Figure 4.2), il est possible d’observer
qu’un pas de temps élevé va filtrer et inhiber les sous oscillations, comparé à un faible. Ainsi,
le pas de temps aura un rôle crucial sur la précision des variations de pression (et de débit) aux
interfaces lors des variations rapides de débit.

Le Tableau 4.1 quant à lui résume le temps de calcul pour obtenir trois cycles de pompage
avec huit processeurs en parallèles. Le calcul est assez simple, puisqu’une division du par
deux augmentera deux fois le nombre d’itérations, et par conséquent le temps de calcul par deux.

Le choix du pas de temps permettant un meilleur rendement précision/temps de calcul est


0.0002 secondes pour cette géométrie, tel que choisi dans la section 4.2.1.

Nombre Nombre de cycle Nombre


Temps de calcul
itérations/cycle obtenus processeurs
0,0001 s 2582 160 h 6,7 jours 3 8
0,0002 s 1291 80 h 3,3 jours 3 8
0,0005 s 516 32 h 1,3 jours 3 8
0,001 s 258 16 h 0,7 jours 3 8

Tableau 4.1: Résumé du temps de calcul pour chaque


69

1,0

0,9

0,8

0,7

0,6 0.001 s
ψ

0,5 0.0005 s

0,4 0.0002 s

0,3 0.0001 s

0,2

0,1

0,0
0 20 40 60 80 100 120
𝛏
0,8

0,7

0,6

0,5

0,4
0.001 s
0,3
Φ

0.0005 s
0,2
0.0002 s
0,1
0.0001 s
0,0
0 20 40 60 80 100 120
-0,1

-0,2

-0,3
𝛏

Figure 4.9: Variation du coefficient de pression et de débit en fonction du temps adimensionnel


pour différents pas de temps
70

Variation de pression à chaque étage pour un pas de temps de 0,0001s


1,0

0,8

0,6

R1/S1
ψ

0,4
R2/S2
R3/S3
0,2

0,0
0 20 40 60 80 100 120

-0,2

Variation de pression à chaque étage pour un pas de temps de 0,001s


1,0

0,8

0,6

0,4
R1/S1
ψ

0,2 R2/S2
R3/S3
0,0
0 20 40 60 80 100 120
-0,2

-0,4

𝛏
Figure 4.10: Variation temporelle de pression à différents étages pour deux différents
71

Nombre de sous-itérations Nloop

La Figure 4.11 montre la variation du coefficient de pression et de débit en sortie du


compresseur en fonction du temps adimensionnel pour différents coefficients Nloop.

1,2

1,0

0,8
Nloop=1
ψ

0,6 Nloop=4

Nloop=7
0,4
Nloop=10

0,2

0,0
0 20 40 60 80 100 120
𝛏
0,8

0,6

0,4
Nloop=1
Φ

0,2 Nloop=4

Nloop=7
0,0
Nloop=10
0 20 40 60 80 100 120

-0,2

-0,4

Figure 4.11: Variation temporelle des coefficients de pression et de débit pour différents nombre
de sous-itérations
72

L’étude effectuée dans le but d’attribuer le nombre de sous-itérations est similaire à la


précédente. Cependant, celle-ci ne sert qu’à confirmer les conseils fournis par l’aide CFX [34].
En effet, il est indiqué qu’il est préférable d’améliorer le pas de temps d’une simulation plutôt
que de modifier le nombre de sous-itérations, dont la valeur doit de préférence être supérieure à
3. En d’autres termes, le réglage du nombre de sous-itérations est secondaire par rapport à celui
du . C’est pour cette raison que l’étude du pas de temps a été effectuée en première et
séparément de celle du nombre de sous-itérations. Pour cette étude, le pas de temps a été fixé à
0,0002 secondes (1291 itérations/cycle).

Les résultats obtenus confirment ceux indiqués par l’aide CFX. Même si le nombre de
sous-itérations semble peu influencer l’amplitude des oscillations, seule la fréquence obtenue
pour le coefficient Nloop=1 est différente. Les résultats obtenus pour les valeurs égales ou
supérieures à 4 sont quasiment identiques. Ainsi, un nombre de sous-itérations de 4 semble
largement suffisant.

4.2.3 Comparaison avec les résultats expérimentaux

Les données expérimentales du pompage du compresseur proviennent essentiellement de


la thèse de Protz [42], dans laquelle il fournit la variation de pression en fonction du débit
massique lors d’un pompage profond (Figure 4.12) ainsi qu’une courbe de variation de débit
massique en fonction du temps (Figure 4.13).

La Figure 4.12 compare les résultats obtenus numériquement avec les valeurs
expérimentales de Protz. Par manque de précision sur la position exacte des capteurs utilisés par
Protz, il a été choisi de mesurer une variation moyennée surfacique de pression en sortie du
compresseur. Les résultats sont plutôt satisfaisants puisque les courbes obtenues ont des
tendances et des amplitudes similaires. Les différences de pression maximum et minimum sont
très probablement liées à l’approximation géométrique de la forme des aubes du compresseur,
dont l’effet était déjà présent lors de la comparaison des courbes caractéristiques en régime stable
dans la section 4.1. Il est donc probable que sans ces erreurs initiales, les amplitudes obtenues
soient identiques. Dans les deux cas, un retour de flux semblable peut être observé, même si
l’amplitude maximum de l’expérimental semble légèrement plus faible.
73

1,2

0,8

Expérimetal
ψ

0,6

Numérique
0,4

0,2

0
-0,2 0 0,2 0,4 0,6 0,8
Φ

Figure 4.12: Comparaison du cycle de pompage numérique et expérimental

La Figure 4.13 montre la variation expérimentale de débit en fonction du nombre de tour


de l’arbre, à trois positions circonférentielles différentes, mesurées par Protz [42]. Afin de
pouvoir les comparer, les deux courbes supérieures ont été artificiellement décalées par Protz en
ajoutant une valeur constante à la vitesse réellement mesurée. Ce principe est généralement
utilisé lors de l’observation du décrochage tournant, ce qui permet de faciliter l’observation la
propagation circonférentielle des cellules décrochées. La courbe inférieure de ce graphique
semble indiquer que la vitesse mesurée est en permanence positive. Ceci s’explique notamment
par la nature des capteurs utilisés, les fils chauds qui ne peuvent pas déceler la direction de
l’écoulement, mais seulement son intensité. Afin de s’assurer que l’écoulement a bien été inversé,
des tests de fumée avaient été effectués pendant le pompage du compresseur. Ainsi, Protz a
inversée le signe des valeurs de vitesses obtenues lors du pompage pour tracer le cycle de
pompage de la Figure 4.12. Enfin, l’aspect identique et l’absence de décalage temporelle entre les
74

3 courbes de la Figure 4.13 indique le comportement axisymétrique du pompage et permet de


valider l’hypothèse 1D effectuée en simulant qu’en seul passage d’aube.

La tendance ainsi que les amplitudes des variations de pression et débit ayant été validées
grâce au graphique de la Figure 4.12, seule la fréquence de ces oscillations reste à vérifier. Pour
ce faire, la période d’une oscillation a été calculée à partir du graphique de la Figure 4.13.

La vitesse de rotation étant de 2600 tr/min et la longueur d’une période semblant proche
de 37 tours, il est possible de déduire que la fréquence d’oscillation expérimentale se trouve aux
alentours de 1.17 Hz. En revanche, en s’appuyant sur la Figure 4.3, la fréquence des oscillations
obtenue numériquement est proche de 3.88 Hz, soit plus de trois fois plus élevée.

Figure 4.13: Variation expérimentale de la vitesse du fluide obtenue par fils chaud, pour trois
positions circonférentielles différentes, en fonction du nombre de révolutions [42]

En résumé, les résultats numériques obtenus permettent d’obtenir un pompage similaire à


l’expérimental en termes de comportement (même type d’oscillations) et d’amplitudes.
75

Cependant, certains ajustements du modèle numérique ont besoin d’être effectués en ce qui
concerne la fréquence de ces oscillations.

4.2.4 Adaptation du modèle numérique

Bien que les résultats des simulations numériques soient satisfaisants, il a été nécessaire
de réviser certains paramètres de simulation afin que la fréquence obtenue se rapproche au
maximum de la valeur expérimentale. Pour ce faire, différentes pistes ont été suivies, notamment
celles cherchant à représenter le plus fidèlement possible le compresseur expérimental.

Modification du volume du plénum

Les principaux paramètres de l’étude numérique ayant été fixés et justifiés, l’un des seuls
degrés de liberté semble provenir de l’équation 1D ajouté en sortie du compresseur, plus
exactement du calcul de la pression statique au sein du plénum représenté par l’équation (3.10).
L’une des principales hypothèses pouvant être remise en question est celle de la similitude du
coefficient B. En effet, lors de la simulation précédente, il a été choisi d’adapter le volume du
plénum du compresseur à sa longueur effective, de telle sorte que le coefficient B soit égal à 1
(soit = 3.66 m³). D’après Greitzer, les résultats obtenus auraient dû être identiques. Cependant,
les résultats de Du [14] (Figure 2.6) démontraient que cette similitude ne semble pas être valable
lors de l’étude de fréquentielle.

Ainsi, une simulation de pompage a de nouveau été effectuée, en affectant cette fois-ci le
volume réel du plénum, soit =9.66 m³. La Figure 4.14 présente les résultats obtenus.

La comparaison entre les deux coefficients est forte intéressante. En effet, l’amplitude
du coefficient de pression entre les deux cas n’est que légèrement modifiée alors que celle de
débit semble identique. La fréquence des oscillations, en revanche, est elle grandement modifiée.
Elle diminue de 3.88 Hz à 1.69 Hz, se rapprochant donc de la fréquence expérimentale (1.17 Hz).

Ainsi, une augmentation du volume du plénum semble grandement diminuer la fréquence


des oscillations en ne diminuant que légèrement l’amplitude des pressions.
76

1,0

0,9

0,8

0,7

0,6
Vp= 9.66 m³
ψ

0,5

0,4
Vp= 3.66 m³
0,3

0,2

0,1

0,0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
𝛏
0,8

0,7

0,6

0,5

0,4
Vp= 9.66 m³
Φ

0,3

0,2
Vp= 3.66 m³
0,1

0,0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
-0,1

-0,2

Figure 4.14: Comparaison de la variation temporelle des coefficients de pression et de débit pour
=3.66 m³ et =9.66 m³
77

Il est possible de justifier variation de la fréquence des oscillations en s’appuyant sur


l’équation (3.10). En éliminant l’influence de la discrétisation de cette équation (c’est à dire le
et le ), deux principaux coefficients (α,β) peuvent être identifiés, tel qu’indiqué par
l’équation (4.1).

̇
( √ ) (4.1)

Où :

(4.2)

√ (4.3)

Le coefficient entre parenthèses de l’équation (4.1) correspond à la différence de débit


massique entre l’entrée et la sortie du plénum. Ainsi, naturellement, cette différence va avoir
tendance à essayer de converger vers zéro. C’est ce qu’il se passe lorsque le choisi correspond
à un point stable de la courbe caractéristique. Ce coefficient β modifiera donc essentiellement la
stabilité du système ainsi que la taille des amplitudes.

Le coefficient α en amont va, quant à lui, jouer sur la vitesse à laquelle l’écart entre le
débit sortant et entrant va être comblé. Il est une sorte d’accélérateur, d’amplificateur du
coefficient entre parenthèse. Plus sa valeur va être élevée, plus la pression au sein du plénum va
être modifiée rapidement. Il parait donc logique, au vu de ce raisonnement, que la fréquence
d’oscillation sera fortement dépendante du coefficient α.

Il est d’ores et déjà important de noter que le choix de la valeur du coefficient


n’influence ni le coefficient α ni l’équation 1D pour la pression statique en sortie du compresseur.
Ce coefficient a simplement été ajouté virtuellement afin de faire apparaître le coefficient B de
Greitzer. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que la longueur réelle du compresseur ,
prise en compte pour l’instant à travers le modèle CFD (maillage) n’influence pas le pompage.
78

La seule variable « libre » du coefficient α est le volume du plénum . Plus le volume va


augmenter, plus le coefficient α va diminuer, et par conséquent, plus la fréquence des oscillations
sera basse.

La Figure 4.15 présente la variation de la fréquence des oscillations en fonction du


coefficient obtenue par simulations numériques. Pour chaque simulation, seul le volume du
plénum a été modifié. La tendance de la courbe observée est très similaire à la fréquence
d’Helmholtz calculée. Il semblerait que la variation de la fréquence en fonction du volume du
plénum suive l’équation (4.4), pour laquelle le coefficient b serait égal à 0.85 et A=11.7.

(4.4)

10

6 Fréquence Numérique
Fréquence

Fréquence Tendance
5
Fréquence Helmotz
4

0
0 5 10 15 20
𝑉𝑝

Figure 4.15: Variation de fréquence en fonction du volume du plénum

La valeur du coefficient correspond maintenant à la valeur réelle/physique du plénum


présent en sortie du compresseur. Cependant, en s’appuyant sur la Figure 3.8, ce plénum est suivi
d’une conduite dont le diamètre, et par conséquent le volume (de 2.3 m³) est non négligeable.
79

Il parait indéniable que ce volume, qui contient plusieurs éléments pouvant agir comme
vanne (telle que la soufflante immobile), aura une influence sur les résultats de pompage. En
considérant le cas le plus simplifié où le volume total de cette conduite s’ajoute à celle du
plénum, le volume du plénum du modèle s’élèverait à 12 m³. Pour cette valeur, la fréquence de
pompage simulé est de 1.39 Hz. Soit une erreur de 14.6% entre l’expérimental et le numérique,
bien meilleure la différence initiale de 332% .

Prise en considération des conduites

Jusqu’ici, les simulations effectuées ne prenaient pas en compte la longueur totale


effective du compresseur =1.97 m (qui inclue 0.86 m pour la conduite d’entrée et 0.44 m pour
celle de sortie), mais seulement la longueur physique du compresseur ( =0.67m), ce qui donne,
avec un = 12 m³,un coefficient B de Greitzer égal à 1.7.

Afin d’observer l’influence de cette variable, la conduite de sortie de 0.44 m a tout


d’abord été modélisée puis simulée avec les deux méthodes décrites dans la section 3.2.7 (c’est-
à-dire analytique et numérique). vaut maintenant 1.1 m, soit une augmentation de 64 %. Pour
les différents cas, un volume de plénum de 12 m³ a été considéré.

La première méthode étudiée pour la modélisation de la conduite de sortie est la méthode


numérique, ajoutant en sortie du domaine CFD une conduite de diamètre constant au moyeu et au
carter. La Figure 4.16 présente les résultats obtenus.

1,00
0,90
0,80
0,70
0,60
Vp=12 m³;
ψ

0,50 Lc=1.1m
0,40
0,30
Vp=12 m³;
0,20 Lc=0.66m

0,10
0,00
0 50 100 150 200 250 300 350
𝛏
Figure 4.16: Influence de l'ajout d'une conduite de sortie de 0.44 m modélisée numériquement
80

Les résultats sont forts intéressants puisque, en plus de modifier légèrement l’amplitude
des oscillations (notamment à cause des pertes engendrées), l’augmentation de réduit la
fréquence des oscillations. Celle-ci passe de 1.39 Hz à 1.34 Hz, ce qui représente une différence
de 3.6%. Ainsi, une augmentation de la longueur de la conduite semble diminuer la fréquence,
mais son influence est moindre comparée à celle du volume de plénum. La variation de la
fréquence en fonction de la longueur du compresseur ne peut donc être comparée à la fréquence
d’Helmholtz, qui considère qu’une même variation de longueur du compresseur ou de volume du
plénum permettra l’obtention de la même fréquence.

La deuxième méthode, de nature analytique, avait pour principal objectif de faciliter la


modélisation de la conduite (pas de problème de dissipation numérique due à la longueur
importante des conduites), ainsi que de gagner du temps de calcul en diminuant la taille du
domaine de calcul.

Cependant, la mise en place de ce modèle s’est avérée beaucoup plus complexe que
̇
prévu. En effet, le terme de variation temporelle de débit massique ( ) a tendance à créer des

instabilités numériques, notamment lors des grandes variations de débit de la zone 2 de la Figure
4.5. Le réglage des paramètres de simulations (valeur initiale, pas de temps variable,..) se
trouvant relativement lourd, la mise en place d’un tel modèle ne rend pas l’outil développé
pratique.

Les résultats obtenus avec cette méthodologie sont cependant similaires aux résultats
précédents, puisque la fréquence des oscillations obtenue est de 1.33 Hz. Ainsi l’influence de la
longueur du compresseur sur la fréquence supposée précédemment semble se confirmer.

Malheureusement, à cause de problèmes de dissipations numériques importants avec la


première méthode, et de manque de stabilité des résultats avec la deuxième, il n’a pas été possible
d’obtenir des résultats satisfaisants en considérant la longueur du compresseur dans sa totalité
(c’est-à-dire en ajoutant la conduite d’entrée de 0.86 mètres). Il semble cependant censé de
supposer que la conduite d’entrée aurait de nouveau eu tendance à diminuer la fréquence des
oscillations, et ainsi à rapprocher la valeur obtenue numériquement de celle mesurée
expérimentalement.
81

4.3 Résumé des résultats pour le compresseur GTL-LS3


Les résultats de pompage obtenus avec la géométrie du compresseur multi-étagé basse
vitesse (incompressible), du MIT, sont très satisfaisants. En effet, en plus d’être semblables à
ceux obtenus théoriquement par Greitzer, les résultats expérimentaux et numériques sont très
similaires : cycle de pompage quasi-identique, avec le comportement et l’amplitude du débit
massique et de la pression en sortie semblables. Seule la fréquence des oscillations était différente
au début. Cependant, en ajustant le modèle numérique pour représenter le plus fidèlement
possible le montage expérimental, l’erreur de fréquence des oscillations a été diminué à de 332%
à 12.6%. Cette erreur restante peut être expliquée par plusieurs paramètres. Par exemple, la
longueur du compresseur n’a pu être modélisée dans son intégralité. Il paraît fort probable, à la
vue de l’étude précédente, que la prise en considération de celle-ci aurait eu tendance à diminuer
la fréquence des oscillations. Il est également plausible que l’approximation de la géométrie des
pales ont un rôle à jouer dans la différence de fréquence des oscillations observée entre
l’expérimental et le numérique.

Une étude paramétrique a notamment permis d’optimiser le ratio entre temps de calcul et
précision des résultats. Il a été démontré qu’un nombre de sous-itérations de 4 semblait
amplement suffisamment, comme le laisse supposer l’aide CFX [34]. Le pas de temps a
également été optimisé pour l’étude du compresseur du MIT. Il serait cependant intéressant de
voir si cette étude pouvait être extrapolée vers d’autres compresseurs notamment en utilisant un
nombre similaire d’itérations par cycle de pompage.

Avec l’appui des résultats obtenus lors de recherches précédentes (notamment Du [14]),
cette étude a permis de démontrer que le coefficient B développé par Greitzer ne peut être
considéré comme un coefficient de similitude. En effet, bien que les résultats obtenus en terme du
cycle pression-débit concordent, les fréquences des oscillations sont fortement différentes pour
un même B si le volume de la chambre et la longueur du compresseur sont différents.

Enfin, l’influence du volume du plénum et de la longueur du compresseur ont également


été étudiées. Bien que la variation du premier semble avoir une tendance similaire au résonateur
d’Helmholtz, la modification de la longueur effective du compresseur joue ici un rôle secondaire.
82

Son impact sur la fréquence est moindre comparée à celui du volume de la chambre.
Contrairement au banc d’essai expérimental du MIT, les conduites d’entrée et de sortie des
compresseurs sont généralement relativement courtes dans les moteurs d’avion. Leur influence
sur le cycle de pompage peut donc être considérée comme négligeable, surtout que la
modélisation de celles-ci peut s’avérer être assez délicate.
83

CHAPITRE 5 ADAPTABILITÉ ET LIMITES DU MODÈLE

L’outil ayant été validé lors de l’étude précédente, l’objectif de cette partie est d’étudier
sa facilité d’adaptation avec différentes géométries de compresseurs, au sein desquelles les
écoulements peuvent être beaucoup plus complexes. Pour ce faire, le modèle a été testé sur deux
géométries différentes de compresseur, de difficulté progressive.

Le premier correspond à un simple ajout d’un impulseur et d’un diffuseur en sortie du


compresseur axial du MIT. L’aspect centrifuge, ainsi que compressible (Mach relatif >0.5), a été
testé avec cette géométrie.

Le compresseur de Pratt & Whitney Canada, quant à lui, permet notamment de tester la
robustesse de l’outil face à des écoulements à vitesses transsoniques, compressibles, avec
présence d’ondes de choc, sur un compresseur ayant un étage mixed flow.

5.1 L’ajout du centrifuge

5.1.1 Régime stable

Après que l’impulseur ainsi que son diffuseur aient été maillés à l’aide du logiciel
Turbogrid, une étude de convergence de ce maillage a été effectuée sur cet ensemble pour une
vitesse de 4000 tour/min. Le détail de cette étude se trouve en Annexe G.1.

Une fois le maillage validé, la vitesse de rotation de l’impulseur a été fixée de telle sorte
que l’efficacité des deux compresseurs (centrifuge et multi-axial) soit maximum pour le même
débit massique. Le détail de cette partie se trouve également dans l’Annexe G.2.

La comparaison des courbes caractéristiques simulées en mode compressible et


incompressibles du compresseur axial-centrifuge résultant est présentée sur la Figure 5.1. Elle
permet de démontrer que l’hypothèse d’incompressibilité ne peut plus être considérée cette fois-
ci. En effet, le nombre de Mach se trouve être au maximum supérieur à 0.5 au sein de
l’impulseur. Les effets de compressibilités vont avoir tendance à modifier la pression fournie par
le compresseur, dont la plage de fonctionnement se situera pour des débits plus faibles. La courbe
caractéristique obtenue, bien différente de la précédente, doit sa forme aplatie à la présence de
l’étage centrifuge [44].
84

4,5
4
3,5
3
2,5
ψ

2 Compressible
1,5 Incompressible
1
0,5
0
0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1

Figure 5.1: Comparaison des courbes caractéristiques compressibles et incompressibles pour le


compresseur axial-centrifuge de quatre étages

5.1.2 Simulation du pompage

Afin de simuler le pompage au sein du nouveau compresseur de quatre étages, l’équation


de condition limite de sortie a été adaptée. La vitesse axiale du fluide au sein du compresseur,
utilisé par Greitzer, a été remplacée par une vitesse de sortie normale au domaine de simulation,
obtenue à partir du débit massique mesuré. De plus, lors de l’inversement du flux, la pression
totale utilisée est celle calculée à partir du nombre de Mach, et non pas l’approximation
incompressible ( ) de la pression dynamique ajoutée à la pression statique.

En ce qui concerne les autres paramètres de simulations, ils sont quasiment tous restés
identiques au cas précédent. Il a été considéré que les études effectuées sur le compresseur axial
( , Nloop=4, single precision) pouvaient être extrapolées pour cette simulation,
étant donné que trois étages sur quatre sont identiques au précédent. Les coefficients U et R
utilisées correspondent également à ceux du cas axial (c’est à dire U=78m/s et R=0.287 m). Seul
le coefficient a été adapté à 1.05 m, ce qui correspond à longueur de la ligne moyenne du
compresseur axial-centrifuge. Un tel choix n’influera pas sur les résultats obtenus, seulement leur
adimensionnalisation. En effet, le coefficient B définit par Greitzer n’a plus aucune signification
85

pour les compresseurs centrifuges [16]. Afin d’obtenir les cycles de pompage le plus rapidement
possible (c’est-à-dire de fréquence la plus élevée possible) le volume du plénum a été fixé
comme égal à 3.66 m³. Cette valeur est suffisante pour l’observation d’un pompage puisque
l’ajout d’un étage centrifuge tournant à plus haute vitesse va avoir tendance à amener le système
vers le pompage [15], déjà présent pour cette valeur de plénum pour le cas axial seul.

Le coefficient a été augmenté jusqu’à 36, première valeur pour laquelle les cycles de
pompage, présents sur la Figure 5.2, sont apparus.

4,5

4,0

3,5

3,0

2,5
ψ

2,0

1,5

1,0

0,5

0,0
-0,4 -0,2 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2
Φ
4,0 1,2
3,5 1,0
0,8
3,0
0,6
ψ

2,5
Φ

0,4
2,0 0,2
1,5 0,0
-0,2 0 100 200 300 400
1,0
-0,4
0 100 200 300 400 𝛏
𝛏

Figure 5.2: Résultats de pompage avec l'ajout de l'étage centrifuge


86

Les résultats obtenus restent qualitativement similaires à ceux du compresseur axial,


notamment au niveau du comportement de la variation des coefficients de pression et de débit.
Ces variations sont cependant beaucoup plus importantes, étant donné les pressions plus grandes
fournies par le compresseur en régime stationnaire. La fréquence des oscillations est de 1.78Hz,
soit plus de deux fois plus faible par rapport au compresseur axial seul, pour des conditions de
simulations identiques (même volume de plénum). L’ajout d’un élément centrifuge, tournant à
plus haute vitesse que l’axial, semble donc diminuer la fréquence des oscillations.

Il est possible d’observer sur le cycle de pompage représentant la variation de pression


adimensionnelle en fonction de la variation de débit adimensionnel, une légère augmentation de
pression lors de l’inversion du flux d’air (zones encerclées sur la Figure 5.2). Afin de mieux
comprendre cette erreur numérique, il est nécessaire de s’appuyer sur la Figure 5.3 qui est une
représentation schématique de la frontière de sortie du domaine CFD, maillée, vue de face,
valable juste après l’inversion moyennée du flux.

Figure 5.3: Représentation schématique de la condition limite de sortie du domaine de simulation


(vue de face) juste après l'inversion moyennée du flux d'air.
87

La cause la plus probable responsable de cette erreur numérique provient de


l’approximation effectuée sur la condition limite de sortie. En effet, il a été considéré que le flux
d’air en sortie était, lors de l’inversion de l’écoulement, uniforme, ce qui ne représente pas la
réalité (observable dans cette zone avec l’outil CFX de post-processing). Seule la moyenne des
débits massiques au sein des différentes cellules se trouve être inversée.

L’option Opening pres. and dirn effectue le changement pression totale/pression statique
élément par élément, en fonction du sens du flux local, et non pas en fonction du sens du flux
moyenné à la frontière. Ainsi, comme il est possible de le voir sur la Figure 5.3, juste après
l’inversion moyennée de l’écoulement, la valeur attribuée à chaque élément correspond à la
valeur de la pression totale du plénum. Cependant, pour les cellules où l’écoulement local n’est
toujours pas inversé, la valeur de la pression totale du plénum est donc appliquée à ces cellules
identifiées par le solveur comme une pression statique. Cette erreur numérique va avoir tendance
à augmenter la pression statique moyenne en sortie du compresseur puisque la pression totale est
toujours supérieure à la pression statique.

Il est important de noter que cette erreur était déjà présente pour le cas purement axial,
mais beaucoup plus faible et donc plus difficile à relever.

L’une des solutions possible permettant de remédier à ce problème serait d’appliquer


individuellement à chaque élément la fonction step détaillée dans la section 3.2.6, et non pas
l’appliquée de façon moyennée sur toute la surface de la frontière de sortie.

Cependant, les conséquences de cette approximation sont relativement faibles. En effet,


proche du refoulement, le débit massique étant proche de zéro, la différence entre la pression
statique et la pression totale est infime. De plus, la période pendant laquelle le flux à la frontière
n’est pas uniformément du même signe est très faible comparée à la période d’un cycle de
pompage (250 fois plus petit).
88

5.2 Le compresseur de Pratt & Whitney Canada

5.2.1 Régime stable

L’étude en régime stable du compresseur industriel s’est avérée beaucoup plus complexe
que prévue. En effet, obtenir une solution convergée d’une telle géométrie dans son intégralité,
dans laquelle des phénomènes d’ondes de choc sont présents est un défi, surtout lorsque l’étude
du pompage qui en découle nécessite un maillage adapté, dont le nombre d’éléments doit être le
plus faible possible (voir étude de maillage en Annexe H.1).

L’obtention d’une solution convergée pour chaque rangée d’aube isolée, dont les
conditions limites ont été correctement fixées, n’est pas un obstacle. En revanche, la succession
des différents domaines réunis par une interface Stage est la principale raison des difficultés
rencontrées. Afin de pallier ce problème, il fut nécessaire d’appliquer à chaque domaine des
conditions initiales différentes, et d’instaurer un coefficient de relaxation variable dans le temps,
dont la valeur est beaucoup plus faible que celle assignée par défaut dans CFX.

De plus, la géométrie du compresseur elle-même a été modifiée. Il s’avérait qu’avec les


conditions limites fournies par PWC (section 3.3.3), un décollement de la couche limite
apparaissait sur l’extrados du stator 1 proche du moyeu, créant donc une augmentation des
résidus pouvant engendrer des problèmes de convergence de la solution. Afin de solutionner ce
problème, un jeu d’aube de 0.12 mm a été ajouté au niveau du moyeu.

La présence de forts gradients rend l’utilisation de l’option Double Precision


indispensable. Qui plus est, suite à des résultats de simulations de pompages, il s’avére que
l’option Single Precision ne permettait pas de mémoriser correctement la valeur de la pression du
pas de temps précédent (manque de chiffres significatifs), faussant ainsi le mécanisme itératif.

5.2.2 Simulation du pompage

Comme lors des cas précédents, le coefficient a été augmenté jusqu’à l’apparition d’un
cycle de pompage ( =694).

En ce qui concerne les paramètres de simulations, le nombre de sous-itérations est


identique aux cas précédent (Nloop=4). En revanche, pour un compresseur haute vitesse la
fréquence des oscillations lors de pompage est généralement beaucoup plus élevée que pour le
89

cas du compresseur basse vitesse du MIT. Ainsi, en supposant le pire cas (10 Hz), le pas de
temps (0.0001 s) initial a été choisi de telle sorte que 1000 points de calcul soient obtenus par
cycle. Le coefficient correspond lui à celui fourni par PWC.

Bien que le début d’un cycle de pompage fut observable (augmentation puis diminution
de la pression, ainsi que diminution du débit massique), toutes les simulations divergèrent et
s’interrompirent proches de la zone de refoulement d’air (zone 2 de la Figure 4.5), et ce, malgré
la modification et l’essai de nombreux paramètres (voir Annexe H.2)

Il fut observé, quelques itérations avant la divergence de la solution, que des résidus très
élevés étaient présents au niveau de l’interface Stage entre l’impulseur et le diffuseur. En effet,
comme présenté sur la Figure 3.15, il s’avère que la largeur des deux domaines n’est pas
identique. Des interpolations complexes, positionnant des murs sur les surfaces non jointes, sont
donc effectuées par le solveur lors de la résolution des équations. Ces estimations mathématiques
semblent ne pas supporter de grandes variations de débits massiques rapides. La géométrie du
diffuseur en tube étant la source probable du problème de convergence, il fut remplacé par un
diffuseur simple, sans vannes, représentant un allongement de l’impulseur. L’interface Stage
permettant de connecter les deux domaines est cependant toujours utilisée.

Malheureusement, après plusieurs essais, les résultats obtenus furent semblables aux
précédents, des résidus très élevés étant cette fois-ci présents au niveau de l’interface du domaine
d’entrée et du MFR.

La position relative de ces domaines n’ayant physiquement aucune importance, il a été


choisi de changer l’interface Stage en Frozen. Un tel choix permet en règle générale d’obtenir
une résolution plus robuste et plus rapide du problème.

Les résultats obtenus avec ces conditions sont représentés sur la Figure 5.4. Comme lors
de l’étude stationnaire, l’interface Stage parait avoir créé des problèmes de convergence. Il
semblerait qu’une succession de ce type d’interface ne supporte pas les grandes variations
temporelles de débits massiques. En effet, contrairement au cas du compresseur basse vitesse du
MIT, le gradient temporelle est avec le compresseur PWC 16.5 fois plus élevé dans la zone 2 du
cycle de pompage (voir zone 2 de la Figure 4.5).
90

Le cycle de pompage obtenu est cette fois différent des précédents, bien que la variation
de la pression en fonction du temps reste similaire. C’est donc le débit au sein du compresseur
qui ne semble pas réagir de la même façon à la pression imposée, probablement à cause des effets
de compressibilité et de la présence d’ondes de choc. La fréquence des oscillations est de 10.61
Hz, donc beaucoup plus élevée que celle du compresseur axial basse vitesse, ce qui correspond
aux résultats attendus par rapport aux articles trouvés dans la littérature, selon laquelle le
pompage d’un compresseur haute vitesse se trouverait aux alentours de 3-10 Hz [7].

5
ψ

0
-0,15 -0,10 -0,05 0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0,30 0,35

8 0,4
7
0,3
6
5 0,2
4
ψ

3 0,1
2 0
1 0 500 1000
0 -0,1
0 500 1000
-0,2
𝛏 𝛏

Figure 5.4: Résultat de pompage avec la géométrie modifiée


91

Toutefois, ces résultats ne représentent pas ceux du compresseur initial, puisque le


diffuseur en tube a été remplacé par un diffuseur plus simple. Un résultat de pompage, utilisant
l’interface Frozen entre l’impulseur et le diffuseur tube, a malgré tout été obtenu (Annexe H.3).
Bien que les cycles de pompages soient observables, il est possible d’observer que ces derniers ne
sont pas réguliers et que de nombreuses sous-oscillations sont présentes notamment lors du
refoulement du fluide. Ce résultat doit être pris avec un certain recul puisque le type d’interface
Frozen ne représente pas la physique de l’interaction entre ces deux domaines.

La meilleure solution pour pallier ce problème serait d’utiliser une interface Transient, en
simulant non pas un mais deux diffuseurs tubes. Ainsi, la taille de passage serait quasiment
identique de chaque côté. Néanmoins, cette solution, beaucoup trop coûteuse numériquement, n’a
pu être expérimentée. En effet, pour les résultats de la géométrie modifiée, près de 80 heures de
simulations avec 16 processeurs sont nécessaires pour observer deux cycles complets de
pompage.

Le maillage pouvant difficilement être réduit, seul le pas de temps ( ) peut être modifié
pour améliorer le temps de simulation. Une étude de ce paramètre a de nouveau été effectuée et
est présentée en Annexe H.4. Plusieurs simulations avec des pas de temps différents (de 0.0004s,
soit environ 250 points par cycle, à 0.00005 s, soit environ 2000 points par cycle) ont été
effectuées. Les résultats obtenus sont forts intéressants, puisqu’ils montrent de nouveau que le
va très peu influencer les variations de débit massique et de pression en sortie du compresseur,
mais que son choix modifiera, de manière plus importante que pour le compresseur basse vitesse,
la précision des variations de pression entre les étages. De plus, il semblerait qu’un nombre de
1000 itérations par cycle soit suffisant pour l’évaluation du pas de temps.

Malheureusement, PWC n’ont pu fournir des données expérimentales évaluant les


variations de pressions et de débit lors du pompage du compresseur. Seule la force maximum
appliquée sur l’axe du compresseur durant le pompage a été mesurée (F=11.29 kN). Même si les
détails des mesures n’ont pas été fournis (instruments de mesure, prise en compte de la force
axiale exercée par la turbine,…), la force maximum calculée numériquement (avec la
configuration du diffuseur sans vanne) de 11.94 kN est du même ordre de grandeur que la force
mesurée expérimentalement, rendant les résultats très encourageant.
92

5.3 Discussion sur l’adaptabilité et les limites du modèle


Le modèle développé peut facilement s’adapter à des compresseurs de géométries
quelconques, d’écoulement compressible, et permet d’obtenir des résultats très plausibles.
Cependant, cette étude a également mis en avant les limites de l’outil lors d’écoulements haute
vitesse (Ma>1) avec la simulation du compresseur de PWC. En effet, il semblerait que la
succession de plusieurs interfaces de types Stage ne supporte pas les variations du débit massique
rapides (dans le temps) et importantes lors du refoulement de l’air. La diminution du pas de
temps ou l’augmentation du nombre de sous-itération ne semble pas améliorer les résultats
(Annexe H.2). Seul un raffinement du maillage au niveau des frontières ou une modification de la
géométrie n’a pas été essayé et peut être envisagé comme solution à ce problème. Néanmoins, ce
problème est à prendre avec du recul étant donné que certains problèmes étaient déjà présent lors
de l’étude du compresseur en régime stable.

De plus, les temps de calcul nécessaires pour l’obtention de plusieurs cycles de pompages
commencent à devenir assez important (plus de 80 heures) à cause du pas de temps plus petit que
nécessite ce genre de compresseur. Il est d’ailleurs intéressant de notifier qu’un nombre de 1000
itérations par cycle de pompage semble pouvoir se généraliser à tout type de compresseur. Ainsi,
il serait important de trouver et confirmer un critère de ce type qui pourrait s’appliquer à tout type
de compresseur et éviterait une étude de convergence pour le qui serait coûteuse
numériquement.

Il est également essentiel de noter que pour des compresseurs de géométries quelconques,
le coefficient B de Greitzer ne peut plus être utilisé comme critère de démarcation entre le
pompage et le décrochage tournant [16]. Cependant, il peut être intéressant de s’appuyer sur la
fréquence des oscillations obtenues, et également de la variation de cette fréquence en fonction
du volume de la chambre, pour qualifier la nature physique ou non du pompage obtenu
numériquement. De plus, les contraintes subies par les aubages sont beaucoup plus importantes
lors du phénomène du pompage que lors du décrochage tournant. Par conséquent, même si le
phénomène observait ne correspond pas à l’instabilité réellement développée, les forces
appliquées sur les pales calculées numériquement seraient supérieures à celles présentes dans la
réalité, évaluant ainsi le pire scénario.
93

CHAPITRE 6 CONCLUSION

Un outil pratique, pour simuler le pompage dans un compresseur multi-étagé, utilisable


lors de la phase de conception, a été réalisé et validé pour un compresseur basse vitesse. Cet outil
est basé sur la simulation CFD du compresseur avec un seul passage d’aube par rangée d’aubes
couplée à des conditions limites dynamiques représentées par un modèle 1D des composants en
aval. Les résultats obtenus lors de cette étude décrivent assez fidèlement la réalité, puisque seule
la fréquence des oscillations de pompage est légèrement différente. L’influence des différents
paramètres, et notamment du volume de la chambre à combustion, sur cette fréquence, a été
étudiée. Il s’avèrerait d’ailleurs, d’après cette étude, que le paramètre B de Greitzer ne peut être
utilisé comme coefficient de similitude entre différents pompages d’un même compresseur.

La méthodologie développée semble plus intéressante que le modèle analytique conçu par
Greitzer, puisqu’elle peut être utilisée en phase de conception et ne nécessite pas de s’appuyer sur
des résultats expérimentaux. De plus, elle est adaptable à chaque type de compresseur (axial
comme centrifuge), et semble fournir des résultats cohérents pour les compresseurs hautes
vitesses (régime compressible). Enfin, elle permet, contrairement au modèle de Greitzer qui
utilise le principe « actuator disk », d’avoir accès à tous types d’informations (pression,
vitesse,…) à n’importe quelle localisation du compresseur.

Cependant, cette méthode est plus dispendieuse. En effet, il s’avère que, pour des
compresseurs hautes vitesses dont le maillage est relativement fin, les temps de calculs sont
relativement longs (plusieurs jours). Il est donc préférable que le maillage créée préalablement
soit optimal, et contienne un nombre minimum mais adéquat d’éléments. L’autre critère crucial
sur le temps de simulation est le pas de temps utilisé. Un des travaux futurs, fort intéressant,
serait d’optimiser le temps de simulation en créant un pas de temps variable en fonction de la
zone de pompage dans lequel le compresseur se situe. Ainsi, lorsque les gradients temporelles de
débit massique sont élevés, le pas de temps utilisé serait petit (gain en précision), alors qu’il
pourrait être beaucoup plus grand lors des gradients assez faibles (réduction du temps de calcul).
Par ailleurs, il serait judicieux d’élaborer un critère, en lien par exemple avec la fréquence des
oscillations du pompage et le nombre d’itérations par période, qui permettrait l’évaluation facile
et rapide du pas de temps à utiliser, et qui éviterait par conséquence une étude de convergence.
94

La succession d’interfaces de type Stage peut venir poser des difficultés, comme le
démontre l’étude du compresseur haute vitesse de PWC. Cependant, ce problème doit être
relativisé puisqu’il était déjà présent lors de la simulation de l’écoulement en régime stable du
compresseur. En revanche, comparer les résultats numériques avec des données expérimentales
pour un compresseur haute vitesse aurait pu être enrichissant.

Le coefficient B de Greitzer ne permet pas, pour un compresseur de géométrie


quelconque, de démarquer le pompage du décrochage tournant. Aucun autre critère fiable
n’existe aujourd’hui. Il pourrait cependant être intéressant de s’appuyer sur la fréquence des
oscillations obtenues, ainsi que leur variation lors de la modification du volume de la chambre
pour valider la physique du phénomène obtenu. De plus, les compresseurs industriels, dû à leurs
hautes vitesses, vont généralement avoir tendance à développer un pompage au lieu d’un
décrochage tournant, plus fréquent pour les compresseurs basses vitesses. Enfin, lors d’une étude
de structure des aubes, les conséquences du pompage étant beaucoup plus critiques que celle du
décrochage tournant, la simulation non physique du pompage ne ferait que surévaluer les forces
subies par les pales, menant ainsi à une conception plus conservatrice, plutôt que des cassures
prématurées des composants.

D’autres améliorations peuvent être envisageables pour ce modèle. Il serait par exemple
désirable de correctement évaluer la température totale appliquée en sortie du compresseur lors
du l’inversion du flux d’air. En effet, faute d’autres solutions, celle-ci a été considérée comme
constante lors du refoulement. L’utilisation d’un autre code d’éléments finis, ou la modification
des registres de CFX, permettant la variation de cette quantité, serait intéressante.

La condition de pression appliquée en sortie pourrait également être revue. Même si


l’hypothèse effectuée à travers ce mémoire n’implique pas de modification drastique de la
solution, il serait intéressant de pouvoir appliquer la pression de sortie à chaque élément de la
sortie du domaine de calcul afin d’éliminer l’augmentation de pression « numérique » présente
dans les premiers instants du refoulement du fluide. Qui plus est, la modélisation utilisée pour
calculer la pression totale lors du retour du flux peut être remise en question. En effet, lors du
refoulement, la pression totale en sortie du compresseur aurait pu être considérée comme égale à
la pression statique du plénum. Cependant, l’influence d’un tel choix est très minime étant donné
la faible valeur de la pression dynamique lors du refoulement du flux.
95

Enfin, l’utilisation de cet outil pourrait être élargie envers tous les concepteurs de
compresseur, et non pas se limiter uniquement à ceux qui s’intéressent aux cycles de pompage
puisqu’il il semblerait que la fonction ajoutée en sortie permette une meilleure convergence et
stabilisation des résultats en régime stable. Il est bien connu, qu’avec le logiciel CFX, il est
difficile d’obtenir les points de la courbe caractéristique proche du point d’instabilité
aérodynamique avec une condition standard de pression statique ou de débit fixe à la sortie.
L’utilisation de la condition limite de sortie de type vanne permet d’obtenir ces points de
fonctionnement. Vahdati [45] observa un résultat similaire avec l’ajout d’une tuyère en sortie du
compresseur. Ainsi, il serait peut être intéressant d’effectuer une étude dans cette direction et de
démontrer qu’une telle fonction variable en sortie permet d’améliorer la convergence proche du
point d’instabilité du compresseur.
96

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[39] J. Haynes, G. Hendricks, and A. Epstein, "Active stabilization of rotating stall in a three-
stage axial compressor," ASME Transactions Journal of Turbomachinery, vol. 116, pp.
226-239, 1994.

[40] C. A. Mansoux, D. L. Gysling, J. D. Setiawan, and J. D. Paduano, "Distributed nonlinear


modeling and stability analysis of axial compressor stall and surge," in American Control
Conference, 1994, 1994, pp. 2305-2316.

[41] H. D. Vo, "Active control of rotating stall in a three-stage axial compressor with jet
Actuators," 1997.

[42] J. M. Protz, "Nonlinear active control of rotating stall and surge," Massachusetts Institute
of Technology, 1997.

[43] T. Ansys, "Release 13.0, Turbogrid Tutorials," 2010.

[44] P. Jean-Marc, "Pompage des compresseurs," Techniques de l'ingénieur Machines


aérodynamiques et compresseurs, vol. base documentaire : TIB176DUO, 1999.

[45] M. Vahdati, A. Sayma, C. Freeman, and M. Imregun, "On the use of atmospheric
boundary conditions for axial-flow compressor stall simulations," Journal of
Turbomachinery, vol. 127, pp. 349-351, 2005.

[46] R. C. Pampreen, Compressor surge and stall: Concepts Eti Vermont, 1993.
100

ANNEXE A - Apparition du décrochage tournant


Une explication de l’apparition du décrochage tournant a été proposée pour la première
fois par Emmons [3], à partir d’un schéma équivalent à celui de la Figure A.1, qui présente une
vue plane d’aubes à aubes à un rayon donné.

Figure A.1 : Schéma expliquant la propagation du décrochage tournant

Il est supposé que le compresseur est proche de son maximum de pression, que le débit
massique est relativement faible et que l’angle d’incidence sur les aubes est proche de la valeur
de décrochage. Si une légère perturbation (diminution) non uniforme apparaît, en face d’une pale
B par exemple, elle va engendrer un décollement de la couche limite. Le blocage résultant au-
dessus de la pale B dévie le fluide entrant aux passages adjacents, comme l’indique les flèches
sur les pales A et C (Étape 2, Figure A.1). Cette divergence va avoir tendance à augmenter
l’angle d’attaque en C et diminuer celui en B. Ceci aura pour conséquence une apparition du
décrochage en C (Étape 3, Figure A.1), mais diminuera fortement l’angle d’attaque en A, faisant
ainsi bouger la cellule de décrochage de B vers C.
101

C’est de cette façon que se propagent les cellules de décollement. La vitesse de rotation
des cellules peut varier de 30 à 80 % de la vitesse de rotation du rotor, et leur occupation peut
représenter de 30 à 100% de la surface annulaire totale [4, 5]. Leur nombre peut varier de 1 à plus
de 10 en fonction du compresseur. En général, deux types de cellules sont discernés [46]. Les
cellules dites Full Span (Figure A.2, a), où la cellule occupe la hauteur totale de l’aube. Elles sont
généralement peu nombreuses (1 ou 2). Et les cellules dites Part Span (Figure A.2, b), beaucoup
plus nombreuses, pour lesquelles le décrochage n’est pas présent pour toute la hauteur de
l’aubage. Il a été démontré d’après les travaux numériques de He [24] et expérimentaux de Day
[4] que le nombre de cellule n’était pas toujours constant dans le temps, et que des paramètres
comme la vitesse, le rapport des rayons extérieurs/intérieurs, le nombre d’étages avaient une
grande influence sur le nombre de cellules et leur type.

b) Full Span Stall a) Part Span Stall

Figure A.2 : Schéma représentant les différents types de décrochage tournant


102

ANNEXE B - Instabilités statiques et dynamiques


En ce qui concerne les compresseurs, lorsque le débit devient trop faible, deux types
d’instabilités sont possibles [18].

La première instabilité est dite instabilité statique. Afin de mieux définir cette notion, il
est nécessaire de s’appuyer sur la Figure B.1 ci-dessous.

Figure B.1 : Courbe caractérisant les instabilités statiques et dynamiques d'un compresseur

La Figure B.1 représente la courbe caractéristique d’un compresseur, ainsi que deux
courbes de réseau. Soit un système composé seulement d’un compresseur et d’une valve en sortie
(Figure B.2, cas 1) opérant à un point A situé sur la partie positive de la pente du compresseur.
Une petite diminution du débit va apporter une augmentation de pression au sein du compresseur,
point A’c, mais une diminution au niveau de la charge, point A’v. La différence entre la pression
fournie par le compresseur et celle « utilisée » à travers la turbine devient positive, et va par la
suite se rééquilibrer naturellement pour retrouver son point de fonctionnement.
103

En revanche, si le compresseur opère au point B, lors d’une diminution du débit


massique, la pression fournie par le compresseur (B’c) devient inférieure à celle demandée par la
charge (B’v). Il est donc impossible pour le compresseur de fournir la force nécessaire lui
permettant de retrouver son point de fonctionnement. Le point B est donc un point instable.

Il est possible de conclure en disant qu’un compresseur est statiquement stable tant que la
pente (variation pression p en fonction du débit massique ̇ ) de sa courbe caractéristique est plus
faible que celle du réseau.

é (B.1)
̇ ̇

Malheureusement, ce critère, assez simple, ne décrit pas tout à fait les instabilités du
compresseur, puisqu’il ne prend pas en compte l’aspect dynamique du système (inerties,…). Ces
instabilités dynamiques apparaissent généralement avant les instabilités statiques [7].

Figure B.2 : Différents modèles de compresseur utilisés pour décrire les instabilités

Soit un modèle similaire au précédent, qui cette fois-ci comprend un plénum (chambre de
combustion), de volume important, entre le compresseur et la vanne (Figure B.2, cas 2). Ce
plénum possède une importante quantité de gaz stockée, à pression de sortie aussi élevée que
celle de sortie du compresseur. Lorsque le compresseur opère proche du point C (point maximum
de la courbe), si une petite diminution de débit massique apparait, la pression fournie par le
compresseur diminue, mais la pression au sein du plénum reste la même pendant un certain lapse
de temps (le temps que ce dernier ne se vide). Ainsi, malgré le fait que la pente du compresseur
104

soit supérieure à celle de la charge, le compresseur ne peut pas fournir la pression nécessaire pour
retourner à son point stable : le point C est donc dynamiquement instable.

Une turbomachine peut en plus comprendre, entre le compresseur et le plénum, une


conduite (Figure B.2, cas 3), dont l’inertie du fluide a l’intérieure va avoir tendance à stabiliser le
système.

Ainsi l'instabilité dynamique du système se situe généralement, entre le point C et le point


B, juste après le maximum de la courbe caractéristique, mais reste aujourd’hui très difficile à
déterminer avec exactitude.
105

ANNEXE C - Compléments sur les modèles analytiques

C.1 Résonateur d’Helmholtz

Soit un système équivalent à la Figure C.1, dans lequel l’air est considéré comme un gaz
parfait et dont les effets dissipatifs sont eux considérés comme négligeables. Le volume du
réservoir, supposé thermiquement isolé, communique seulement avec une conduite de longueur
et de section , elle-même imposée à une pression extérieure .

Section 𝑆𝑐
Pression 𝑃 Réservoir 𝑉𝑝

Longueur 𝐿𝑐

Figure C.1 : Schéma du modèle du résonateur d’Helmholtz

Une perturbation extérieure x est alors appliquée à l’entrée de la conduite, correspondant à


la variation de volume dV suivante :

(C.1)

La relation fondamentale de la dynamique peut être appliquée à cette colonne d’air :

∑ (C.2)

Or en appliquant la loi de Laplace (la transformation étant isentropique):

(C.3)

Ce qui donne en combinant (C.1), (C.2) et (C.3) l’équation différentielle suivante :


106

(C.4)

Cette équation est typique d’un oscillateur harmonique linéaire du 1 er ordre, dont on peut
identifier la pulsation :

(C.5)

Avec :

√ √ (C.6)

Où c représente la vitesse du son dans le fluide.

C.2 Modèle 1D de Greitzer simplifié

Le raisonnement utilisé par Greitzer s’appuie sur la Figure C.2 où il est possible
d’identifier les différents éléments importants : le compresseur, la conduite, le plénum ainsi que
la vanne. Le fluide est considéré incompressible excepté dans le plénum.

Chambre à
combustion

Conduite

1 2 3 4 5

Compresseur Turbine

Figure C.2 : Schéma du modèle de Greitzer


107

Il est possible de représenter chaque élément par une équation 1D :

 Conservation de la quantité de mouvement au sein de la conduite (inertie):

̇
(C.7)

Avec ̇ ̇

 Conservation de la masse dans le plénum

̇ ̇ (C.8)

Avec

 Perte de charge de la vanne

̇ (C.9)

Avec ̇ ̇

 Comportement transitoire du compresseur

(C.10)

Avec et =délai de réponse du compresseur en transitoire

Puis en combinant ces équations numériquement et en s’appuyant sur la courbe totale


caractéristique du compresseur, Greitzer réussit à obtenir la variation des pressions et des débits
de chaque élément en fonction du temps.
108

C.3 Modèle linéaire

Il est possible en linéarisant les équations précédentes d’obtenir un modèle linéaire plus
simple à résoudre qui permet d’obtenir une bonne idée du comportement des éléments du moteur
lors du pompage. Chaque variable est considérée comme étant égale à sa valeur moyenne plus sa
perturbation :

̅ et ̇ ̅̇ ̇

Avec ̅ et ̅̇ qui correspondent aux valeurs moyennes de pression et de débit, et et ̇


aux valeurs instationnaires des perturbations.

En soustrayant la partie stationnaire, on obtient donc les équations suivantes :

 Compresseur : La pression totale d’entrée est supposée constante

̇ (C.11)

Avec f : gradient du compresseur, supposé constant

 Conduite

̇
(C.12)

 Plénum

̇ ̇ (C.13)

 Vanne : le débit est supposé constant à la sortie

̇ (C.14)

Avec g : gradient de la vanne, supposé constant


109

Les équations (C.11) à (C.14) peuvent être combinées, ce qui permet d’obtenir une simple
équation différentielle d’ordre 2, écrit sous forme de x, pouvant représenter une perturbation de
pression comme de débit.

( ) (C.15)

Grâce à cette relation, il est possible d’effectuer une analogie avec un système masse-
ressort-amortisseur, présenté sur la Figure C.3.

Masse du fluide
Masse du fluide Compressibilité du dans la vanne
dans la conduite fluide dans le (faible)
plénum

Amortissement
positif lié à la
M
vanne

Amortissement
(positif ou négatif)
lié au compresseur

Figure C.3 : Système masse ressort analogue au phénomène de pompage

Les deux types d’instabilités, statiques et dynamiques, sont mises en avant dans cette
équation. En effet, le système sera stable tant que les coefficients devant les dérivées seront tous
positifs. Ainsi, le système peut devenir instable si :

: Instabilité statique du compresseur

: Instabilité dynamique du compresseur.


110

ANNEXE D - Implémentation numérique

D.1 Code variable additionnelle


LIBRARY:
&replace ADDITIONAL VARIABLE: VariableP
Option = Definition
Tensor Type = SCALAR
Units = [Pa]
Update Loop = TRANS_LOOP
Variable Type = Specific
END
END

D.2 Implémentation CEL


LIBRARY:
CEL:
EXPRESSIONS:
Alpha = ENTER density *ENTER U*ENTER U*ENTER timestep/(4* B Greitzer*B \
Greitzer*ENTER Lc)
B Greitzer = ENTER U/(2*ENTER c)*sqrt(ENTER Vp/(ENTER Soutlet \
Total*ENTER Lc))
Beta = sqrt(2/(ENTER density*ENTER Kt))
Boost = 1
Calcul Ktini = 2*(Pstatic-ENTER PtotInlet)/(ENTER density*Velocity \
Outlet Normal*Velocity Outlet Normal)
Coeff Supp = Density Outlet/ENTER density
CoeffReverseFLow = \
(1+(GammaOutlet-1)*(MachNumberOutlet^2)/2)^(GammaOutlet/(GammaOutlet-1\
))
Density Outlet = areaAve(density)@S3 Outlet
ENTER ImpellerRPM = 2600 [rev min^-1]
ENTER Kt = 8.8
ENTER Lc = 0.66[m]
ENTER NOutlet = 90 []
ENTER PtotInlet = 0 [Pa]
ENTER Radius = 0.287[m]
ENTER Soutlet Total = 0.000735796[m^2]*ENTER NOutlet
ENTER U = 78[m s^-1]
ENTER Vp = 3.66 [m^3]
ENTER c = 340[m s^-1]
ENTER density = 1.185[kg m^-3]
ENTER timestep = 0.0002[s]
Flow Coefficient = Velocity Outlet Normal/ENTER U
GammaOutlet = 1.4
111

MachNumberOutlet = areaAve(Mach Number in Stn Frame )@S3 Outlet


MyX = x
Omega = ENTER ImpellerRPM *2*pi /1[rev]
Papply Outlet = Pstatic+step(-Velocity Outlet Normal /1[m \
s^-1])*0.5*((areaAve(Velocity in Stn Frame )@S3 Outlet)^2)*ENTER \
density
Pdelay = areaAve(VariableP )@S3 Outlet
Pstatic = Pdelay+Boost*Alpha*Coeff Supp*(Velocity Outlet Normal-Beta \
*sqrt(Pdelay-ENTER PtotInlet))
Velocity Outlet Normal = -massFlow()@S3 Outlet*ENTER NOutlet/(Density \
Outlet*ENTER Soutlet Total)
END
END
END
112

ANNEXE E - Importance de la variable additionnelle


Cette étude démontre qu’une variable additionnelle est indispensable afin de récupérer la
pression statique imposée lors de l’itération précédente.

Pour ce faire, différentes simulations ont été effectuées sur une géométrie simple et rapide
à résoudre : un tube d’une longueur de 10 m et d’un diamètre constant de 1m (Figure E.1).

Figure E.1 : Schéma du tube utilisé pour la simulation

Seulement trois conditions limites ont été imposées à ce tube : une à l’entrée, une à la
sortie, et une sur les murs. Un maillage tétraédrique de 250 000 éléments a été effectué. Pour ces
simulations, le modèle de turbulence K-Epsilon a été utilisé ainsi que les options Double
Precision et le schéma d’advection High Resolution.

Une première simulation, Steady, a tout d’abord été effectuée. Une pression
atmosphérique de référence de 1 atmosphère a été choisie, dans le but d’augmenter la précision.
Par conséquent, une pression totale relative de 0 Pa a été appliquée en entrée, ainsi qu’une
pression statique relative de -300 Pa en sortie. Le critère de convergence de la solution a été basé
sur la stabilisation du débit massique en sortie, ainsi que sur les résidus et les balances.
113

Une fois cette simulation convergée, les mêmes paramètres ont été appliqués, mais cette
fois ci en régime transitoire. Une CEL de type locator based a été implémentée de telle sorte que
la pression en sortie du tube soit mesurée. Les deux types de mesures de moyennes (surfacique et
par débit) ont été testées.

Cette CEL a ensuite été appliquée en sortie du tube, puis la simulation a été effectuée en
utilisant le résultat de la simulation précédente comme fichier initial. L’option continue history
from a été choisie de telle sorte que la simulation transitoire continue dans la lancée de celle en
régime permanent.

Ainsi, en théorie, la pression appliquée en sortie devrait être de -300 Pa, puisqu’à chaque
itération, la pression appliquée en sortie correspond à celle mesurée de l’itération précédente.

Plusieurs pas de temps et nombre de sous-itérations Nloop différents ont été essayés, mais
le résultat reste toujours similaire à la Figure E.2.

Variation pression sortie compresseur


-275
Pression sortie relative (Pa)

-280
Résultat obtenu
-285 2 zone1 : stationnaire
1
-290 zone2 : transitoire
Résultat attendu
-295

-300

-305
200 250 300 350 400 450

Nombre d'itérations

Figure E.2 : Variation de la pression en fonction du nombre d’itérations

Ainsi, il est possible d’observer qu’à chaque itération, la pression appliquée en sortie du
compresseur ne correspond pas exactement à celle de l’itération précédente, mais est en
permanence inférieure (voir zone 2, Figure E.2).

Les fonctions locator based ne peuvent donc pas être utilisées dans des systèmes itératifs.
114

ANNEXE F - Étude de maillage du MIT GTL-LS3


Une étude de maillage a été effectuée afin de trouver le maillage le plus approprié à nos
besoins, qui, rappelons-le, doivent être de trouver le meilleur rapport précision/temps de calcul.
Pour chaque maillage (Tableau F.1), une pression totale a été appliquée en entrée, ainsi qu’un
débit massique en sortie.

Le maillage du compresseur est une étape de longue haleine, puisqu’il est nécessaire
d’effectuer un maillage similaire pour les sept rangées d’aubes (1 IGV+3 rotors+3 stators) pour
chaque étude de maillage. Le Tableau F.1 présente quatre maillages permettant de mettre en
avant cette étude.

Maillage 1 Maillage 2 Maillage 3 Maillage 4


Nombre de nœuds 721 023 1 089 849 1 503 744 1 852 354
Nombre d'éléments 661 414 1 011 635 1 412 259 1 743 527

Tableau F.1 : Résumé des différents maillages pour le MIT GTL-LS3

Pour toutes les simulations, l’option Scalable Wall Function a été utilisée. Celle-ci
permet, grâce à des relations empiriques, d’obtenir une bonne approximation du comportement
du fluide près de la paroi au sein de la couche limite. Ainsi, il est possible d’économiser du temps
de calcul en grossissant la taille des cellules proche des parois (y+ plus élevé). De plus, cette
option ne limite pas la plage autorisée de l’y+ proche des parois (contrairement à la loi de paroi
habituelle qui nécessite un y+ compris entre 30 et 300, préférable proche de 30). Il a donc été
choisi, afin d’avoir un point d’observation dans la zone intermédiaire entre les couches laminaires
et turbulentes, de fixer un y+ moyen égal à 22.

Plusieurs débits massiques, correspondant à des points de fonctionnement en régime


stable, ont été appliqués en sortie, afin d’observer l’influence du maillage dans différentes
conditions. Il s’avère que la plus grande différence entre les différents maillages est observable
proche de la limite de pompage, où le débit massique est de 3.1 kg/s. Ainsi, le débit appliqué en
sortie pour l’étude de maillage a été fixé à 3.1 kg/s.
115

Le principal critère de convergence choisi, est la pression en sortie du compresseur. Le


graphe de la Figure F.1 résume les différentes pressions obtenues en fonction de la densité du
maillage.

6700

6650

6600
Pression (Pa)

6550

6500

6450

6400

6350
0 500 000 1 000 000 1 500 000 2 000 000
Nombre d'éléments

Figure F.1 : Variation de la pression en sortie du compresseur en fonction du nombre d’éléments

Le maillage le plus intéressant correspond au 2ème maillage, puisqu’il permet d’obtenir de


bons résultats en limitant le nombre d’éléments nécessaires pour les calculs de pompages.
116

ANNEXE G - Études complémentaires du compresseur


centrifuge

G.1 Convergence du maillage

Cette étude a été effectuée pour une vitesse de rotation de 4000 tr/min, qui correspond à la
1ère vitesse calculée grâce à la théorie des triangles de vitesse. Celle-ci a été revue et améliorée
par la suite (Annexe G.2). Comme expliqué dans l’étude de maillage du compresseur axial
(Annexe F), qui doit précéder cette roue centrifuge, la zone de fonctionnement du compresseur
dans laquelle les résultats varient le plus en fonction du maillage est celle proche du pompage.
Ainsi, un débit de sortie de 3kg/s a été imposé.

Cette fois ci, quatre maillages ont été effectués et comparés afin de choisir le maillage le
plus approprié à l’étude. Un débit massique de sortie a été appliqué à l’ensemble
impulseur+diffuseur, tandis qu’un profil de pression totale et d’angle d’écoulement
(correspondant à la sortie du compresseur axial) a été appliquée en entrée. Afin de rester cohérent
avec la partie axiale, un y+ de 24 a été utilisé (avec l’option Scalable Wall Function).

La Figure G.1 compare les différentes pressions obtenues en fonction de la densité du


maillage tandis que le Tableau G.1 répertorie les caractéristiques de ces maillages.

17400

17200

17000
Pression (Pa)

16800

16600

16400

16200
0 100 000 200 000 300 000 400 000 500 000 600 000 700 000 800 000
Nombre d'éléments

Figure G.1 : Variation de la pression en sortie de la roue centrifuge en fonction du nombre


d’éléments
117

Maillage 1 Maillage 2 Maillage 3 Maillage4


Nombre de nœuds 178 462 295 780 578 146 785 246
Nombre d'éléments 146 784 261 550 532 254 728 662
Tableau G.1 : Caractéristiques des différents maillages pour l’impulseur et le diffuseur

Le choix du maillage le plus approprié pour l’étude de pompage est le maillage 2. En


effet, il est important de comprendre que l’objectif de cette étude est de démontrer l’adaptabilité
de l’outil pour un compresseur centrifuge, qui n’existe que virtuellement. Ainsi, bien qu’une
erreur de 0.7% existe, le nombre d’éléments présents (quasiment deux fois plus faible dans le 2ème
que dans le 3ème maillage) permet donc, dans l’objectif de cette étude, un meilleur ratio précision
des résultats/vitesse de calcul.

G.2 Amélioration de la vitesse de rotation

Comme citée précédemment, la vitesse de rotation de l’impulseur a ensuite été révisée de


telle sorte que l’efficacité de l’ensemble axial et de la roue centrifuge soit maximum pour le
même débit. La Figure G.2 présente la variation du rendement isentropique du compresseur en
fonction du débit massique. Il est possible d’observer que le rendement maximum est atteint pour
un débit proche de 3.68 kg/s.

0,9

0,89
Rendemen isentropique

0,88

0,87

0,86

0,85

0,84
2,5 3 3,5 4 4,5 5
Débit Massique

Figure G.2 : Variation du rendement isentropique en fonction du débit massique de l’étage axial
118

En fixant la condition de sortie de la roue centrifuge seule à 3.68 kg/s, plusieurs


simulations à différentes vitesses de rotation ont été effectuées. La Figure G.3 trace la variation
du rendement isentropique en fonction de la vitesse de rotation de l’impulseur. Il s’avère que le
rendement maximum se trouve être aux alentours de 4100 tr/min, vitesse qui a été utilisée par la
suite pour l’étude du pompage.

95

94,9

94,8
Rendemen isentropique

94,7

94,6

94,5

94,4

94,3

94,2

94,1
3 250 3 450 3 650 3 850 4 050 4 250 4 450 4 650 4 850
Vitesse (tr/min)

Figure G.3 : Variation du rendement en fonction de la vitesse de rotation de l’impulseur


119

ANNEXE H - Études complémentaires pour le compresseur


Pratt & Whitney Canada

H.1 Étude de maillage

L’étude de maillage a été effectuée en deux parties, afin de simplifier la convergence des
éléments. L’ensemble MFR+S1+S2 a donc été étudié séparément de l’impulseur et du diffuseur.

MFR+S1+S2

De nouveau, la convergence des maillages a été effectuée proche de la zone de pompage. Une
pression totale atmosphérique avec angle d’écoulement a été imposée en entrée de cet ensemble.
Cependant, afin d’améliorer la convergence, une pression statique (180 000 Pa) a été imposée en
sortie du compresseur. Ainsi, le critère de convergence n’est plus basé sur la variation de la
pression en sortie mais sur celle du débit massique. Le Tableau H.1 suivant résume les
caractéristiques des différents maillages utilisés lors de l’étude. Cette fois ci, un y+ moyen de 31
a été utilisé (toujours avec l’option Scalable Wall Function). Les résultats de l’étude de maillage
sont eux présentés dans la Figure H.1.

Maillage 1 Maillage 2 Maillage 3 Maillage 4


Nombre de nœuds 509 823 832 164 1 325 983 1 817 271
Nombre d'éléments 471 732 777 334 1 251 092 1 724 846

Tableau H.1 : Caractéristiques des différents maillages pour l’ensemble MFR+S1+S2

2,525
2,52
Débit massique (kg/s)

2,515
2,51
2,505
2,5
2,495
2,49
0 500000 1000000 1500000 2000000
Nombre d'éléments

Figure H.1 : Variation du débit en fonction du nombre d’éléments pour MFR+S1+S2


120

De nouveau, le deuxième maillage est suffisant pour l’étude de pompage, puisqu’il permet
d’optimiser le rapport entre précision et temps de calcul, et ce, malgré l’erreur produite (0.16%).

Impulseur+Diffuseur

Comme pour l’étude des roues MFR+S1+S2, une pression statique (815 000 Pa) a été
imposée en sortie du diffuseur sans vanne. En entrée, un profil de pression totale avec angle
d’écoulement, provenant de la sortie des simulations de l’ensemble MFR+S1+S2, a été imposé.
Le Tableau H.2 résume les différents maillages utilisés, pour lesquels l’y+ moyen est de 33,
proche de celui utilisé pour l’ensemble précédent. La Figure H.2 montre la convergence de
l’étude de maillages.

Maillage 1 Maillage 2 Maillage 3 Maillage 4


Nombre de nœuds 552 470 862 389 1 246 012 1 611 046
Nombre d'éléments 520 210 817 220 1 186 840 1 556 490

Tableau H.2 : Caractéristiques des différents maillages pour l’impulseur et le diffuseur

2,545

2,54

2,535
Débit massique (kg/s)

2,53

2,525

2,52

2,515

2,51

2,505
0 200000 400000 600000 800000 1000000 1200000 1400000 1600000 1800000
Nombre d'éléments

Figure H.2 : Variation du débit en fonction du nombre d’éléments pour la roue centrifuge
121

Le 2ème maillage reste, malgré l’erreur produite (0.23%), le plus intéressant.

En ce qui concerne le diffuseur en forme de tube, le maillage utilisé par l’entreprise Pratt
& Whitney Canada a directement été utilisé et est présenté sur la Figure H.3.

Figure H.3 : Maillage du diffuseur tube

H.2 Problème de convergence du diffuseur tube

Lors des tentatives de simulations de pompage au sein du compresseur initial de PWC


(c’est à dire avec le diffuseur tube), la valeur des résidus ainsi que celle des balances au sein de
l’impulseur et du diffuseur augmenta soudainement lors de la forte variation de débit (zone 2 de
la Figure 4.2), jusqu’à l’arrêt total de la simulation. L’erreur affichée fut alors la suivante :

« c_fpx_handler: Floating point exception: Overflow”

Afin de remédier à ce problème, plusieurs modifications furent essayées. Le pas de temps


de simulation fut diminué jusqu’à secondes, le nombre de sous-itérations Nloop fut
augmenté à 10, le modèle de turbulence fut changé de K-Epsilon vers SST, le schéma
122

d’advection fut changé en Upwind, le volume du plénum fut augmenter et la condition step de
sortie du compresseur fut supprimée, appliquant ainsi en permanence en sortie une pression
statique proche de la pression totale dans cette zone du cycle de pompage. Malheureusement,
aucune de ces suggestions n’améliora la convergence du problème.

Les seules solutions possibles non testées seraient d’améliorer le maillage du diffuseur
(difficilement réalisable étant donné la qualité du maillage fournie par PWC), mais surtout de
modifier la géométrie du tube, ou plus exactement la profondeur au niveau de l’interface (voir
Figure 3.15), et ainsi l’adapter à celle de l’impulseur.

H.3 Résultat de pompage du compresseur PWC avec diffuseur tube et interface Frozen

Des résultats de la géométrie initiale du compresseur de PWC, c’est-à-dire avec le


diffuseur tube en sortie, ont malgré tout été obtenus. L’interface Stage entre l’impulseur et le
diffuseur posant problème, elle a été remplacée par une interface Frozen beaucoup plus robuste.
Cependant, cette option ne représente pas la réalité physique de l’interface, comme le démontre
les résultats peu satisfaisants (oscillations importantes dans la zone de débit négatif, cycles non
réguliers) de la Figure H.4.

5
ψ

0
-0,1 -0,05 0 0,05 0,1 0,15
Φ
Figure H.4 : Cycle de pompage avec la géométrie initiale et l’interface Frozen
123

H.4 Étude du pas de temps du compresseur Pratt & Whitney Canada

5
0.0001 s
ψ

4 0.00005 s

3 0.0002 s

0.0004 s
2

0
0 100 200 300 400 500 600
𝛏
0,35

0,3

0,25

0,2

0,15 0.0001 s
Φ

0,1 0.00005 s

0,05 0.0002 s

0.0004 s
0
0 100 200 300 400 500 600
-0,05

-0,1

-0,15
𝛏

Figure H.5 : Variation du coefficient de pression et de débit en fonction du temps adimensionnels


pour différents
124

8
Δt=0.00005 s
7

5
Sortie
4
ψ

Impulseur/
3 Diffuseur

2 MFR/S1

0
0 100 200 300 400 500 600
-1

𝛏
8
Δt=0.0004 s
7

5
Sortie
4
ψ

Impulseur/
3 Diffuseur

2 MFR/S1

0
0 100 200 300 400 500 600
-1

Figure H.6: Variation de pression en fonction du temps adimensionnel à différents étages pour
deux différents