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Avant-propos

En publiant ce traité minuscule, nous nous sommes


proposés de prouver à l’amateur, au photographe de
profession et à l’imprimeur, que l’impression
photographique aux encres grasses est un procédé simple
et pratique.
D’autres avant nous ont publié de belles études sur ce
sujet, mais ces auteurs étaient ou des théoriciens, à qui
échappaient certains petits détails de pratique, ou d’habiles
praticiens qui n’ont pas eu le courage de faire connaître les
petits tours de main, les ficelles d’atelier.
Il nous a semblé que cet ouvrage ne pourrait que nous
aider dans la campagne que nous avons entreprise pour
propager en France ce merveilleux procédé qui est français
d’origine, il faut hautement le proclamer.
Il y a quatre ou cinq ans encore, c’est-à-dire trente ans
après la découverte de Poitevin, les quelques maisons
françaises qui exploitaient industriellement l’impression
phototypique, n’employait que des machines allemandes,
des ouvriers allemands et des encres allemandes.
A l’heure actuelle, il n’en est plus ainsi, l’essor est donné
I
( ) en France, mais il nous reste encore beaucoup de
chemin à faire avant que l’emploi si avantageux de la
phototypie se soit généralisé et qu’elle rende dans toutes les
branches de l’art et de l’industrie les services qu’on a le
droit d’en attendre.

I - NOTE DE L’EDITEUR — il est juste de dire que M. Voirin, en installant un laboratoire


modèle, en y donnant des leçons pratiques, en centralisant tous les produits, tous les
appareils nécessaires à ce genre d’impression, a puissamment contribué à vulgariser son
emploi.
AVENIR DE LA PHOTOTYPIE

A l’heure actuelle, la Photographie a conquis ses lettres


de grande naturalisation sur le terrain scientifique. Toutes
les branches d’histoire naturelle et en particulier la
minéralogie, les sciences médicales, la physiologie, la
micrographie, ont recours communément, à l’objectif pour
enregistrer leurs constatations, les phénomènes au milieu
desquels nous vivons.
L’astronomie, l’archéologie, les beaux-arts ont également
besoin de reproduire fidèlement les sujets quels qu’ils
soient qu’ils ont à étudier.
Or, les documents que la photographie va désormais
fournir, la diffusion des études scientifiques et artistiques
exigera que l’on puisse les multiplier, les reproduire
rapidement et avec économie. Il est notoire que le tirage au
châssis positif devient insuffisant et c’est là que la
phototypie sera partout l’auxiliaire indispensable aussi
bien du savant que de l’artiste, aussi bien du maître que de
l’élève.
Dans l’ordre industriel, dans les métiers d’art, où il est
d’usage de faire de grands sacrifices pour mettre sous les
yeux d’une clientèle de choix des travaux d’impression
soignée et luxueuse, la phototypie viendra prendre place à
côté de la lithographie, et de la gravtirç, sur lesquelles elle
aura, outre son cachet d’authenticité, les avantages
appréciables de la douceur des demi-teintes et d’un modelé
très artistique.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Définition. — La phototypie ou plus exactement la


photocollographie (comme le congrès photographique de
1889 a décidé de l’appeler désormais) est un procédé
d’impression photographique aux encres grasses dû au
génie fécond de Poitevin.
Il ne faut pas le confondre avec la photolithographie dont
le principe a été également découvert par Poitevin et qui
comprend un ensemble de procédés où l’action de la
lumière sur certaines substances est utilisée en même
temps que les propriétés classiques de la pierre
lithographique.
Quant à l’albertypie, l’héliotypie, la photochromie,
l’héliochromie, la glyptographie, etc., ce sont des termes
différents mais qui désignent le procédé
photocollographique. Nous lui conserverons le nom de
Phototypie qui lui a été consacré par l’usage.
Avantages. — Le procédé phototypique permet d’obtenir
rapidement et directement sur papier ou étoffe quelconque,
ou par report, sur bois, métal, porcelaine, etc., etc., des
épreuves inaltérables, à un prix bien inférieur à celui de
n’importe quel procédé photographique.
On peut en outre affirmer que les épreuves
phototypiques ont une finesse au moins aussi grande que
celles qu’on obtiendrait d’un même négatif sur papier aux
sels d’argent ou de platine.
-9-
Ses quatre principaux avantages sont donc la rapidité
d’exécution, l’inaltérabilité de la gravure, l’exactitude de la
photographie et le bon marché des épreuves.
Principes fondamentaux. — La phototypie est basée sur
deux principes généraux:
Premier principe. — La gélatine bichromatée qui a été
exposée à la lumière devient imperméable à l’eau, c’est-à-
dire qu’elle a pour l’eau une affinité d’autant moins
grande qu’elle a été plus exposée à la lumière.
Deuxième principe : - Les corps gras et en particulier les
encres d’imprimerie se déposent sur les corps secs et sont
repoussés par les corps humides.
Faisons l’expérience suivante: Exposons à la lumière,
sous un négatif ordinaire, une couche sèche de gélatine
bichromatée ; les parties transparentes du cliché laisseront
passer les rayons lumineux qui modifieront la nature de la
gélatine (en vertu du premier principe), la durciront et la
rendront impénétrable à l’humidité.
Au contraire les régions de la gélatine protégées de
l’action lumineuse par les noirs du cliché conserveront leur
affinité pour l’eau.
Laissons ensuite séjourner dans l’eau la gélatine insolée
pour en éliminer le bichromate, faisons sécher la couche
puis mettons-la sous un bain d’eau glycérinée. Une fois
qu’elle est gonflée, tamponnons-la pour enlever l’excès
d’eau.
Passons maintenant sur sa surface un rouleau chargé
d’encre grasse; en vertu du deuxième principe, les parties
humides de la gélatine, c’est-à-dire celles qui se trouvaient
sous les noirs du cliché, repousseront l’encre ;
- 10 -
au contraire, les autres parties, celles qui ont été insolées en
prendront une quantité proportionnelle à leur degré de
siccité.
Si enfin nous mettons une feuille de papier en contact
avec la surface de la gélatine et si nous donnons de la
pression, le papier recevra une image positive donnant
avec une exactitude minutieuse les moindres détails, les
demi-teintes les plus délicates de l’objet photographié,
Il est facile de voir par ce qui précède quelle analogie
l’impression photographique présente avec la lithographie.
Après les deux opérations de l’insolation et du mouillage,
la couche de gélatine se comporte absolument comme la
pierre lithographique après qu’elle a reçu le dessin et
qu’elle a été lavée à l’eau acidulée, sauf cette différence que
la pierre très poreuse doit être entretenue humide par des
rouleaux mouilleurs, tout le temps du tirage, tandis que la
couche de gélatine donne 50, 100 ou 200 images successives
avant que l’on ait besoin de recourir à un nouveau
mouillage.
PREMIERE PARTIE
______

DU CLICHÉ NÉGATIF
______

Avant d’entrer dans la description détaillée des opérations


nécessaires pour reproduire une image en phototypie, nous
nous occuperons du négatif ou cliché photographique

Nous supposerons que nos lecteurs sont familiarisés avec


les manipulations photographiques élémentaires et nous les
renvoyons aux nombreux ouvrages traitant de la
photographie.
Avant tout, pour faire une bonne phototypie, il faut un
bon négatif, qu’il soit au collodion ou au gélatino-bromure
d’argent. Comme c’est en partie de lui que dépendra la
qualité de l’épreuve phototypique on ne saurait trop
insister sur sa parfaite exécution.
Les clichés durs doivent être rejetés sans pitié et l’on ne
doit se servir que de négatifs harmonieux, sans grandes
duretés dans les noirs et surtout fouillés dans les ombres
(parties claires du négatif). La retouche pourrait, dans une
certaine mesure, corriger ces duretés, mais on n’est pas
toujours sûr d’y réussir. Un cliché bien mode1é, riche en
demi-teintes, donnera toujours une excellente planche
phototypique; s’il est quelque peu doux, on pourra donner
à la planche de l’opposition de l’effet, en se servant
d’encres plus dures, plus compactes.
- 12 -

REMARQUE IMPORTANTE
______

Logiquement il était nécessaire que nous nous occupions


du négatif un premier lieu cependant nous engageons les
lecteurs qui veulent bien nous suivre à ne pas s’arrêter
lonptemps à la première lecture sur toute cette première
partie.
Qu’ils lisent les considérations qui expliquent la nécessité
du retournement du négatif, qu’ils notent comme
conséquence l’utilité des plaques pelliculaires et la méthode
si simple de leur emploi et qu’ils s’attachent de suite à la
lecture attentive de la Deuxième Partie.
Lors qu’ils auront saisi l’ensemble des opérations de la
préparation d’une glace phototypique, qu’ils prennent un
négatif doux et harmonieux dans les clichés qu’ils possèdent
et qu’ils s’en servent tel quel pour insoler une glace
phototypique.
En examinant les premières épreuves encrées, ils
constateront eux-mêmes qu’un retournement préalable du
négatif était nécessaire.
Plus tard quand ils seront familiarisés avec les
manipulations phototypiques proprement dites, ils devront se
reporter à la première partie dont la lecture sera pour eux
pleine de fruits. Ils pourront alors se placer dans chacune
des hypothèses qui y sont admises et employer
successivement des plaques pelliculaires, des pellicules
libres, des clichés au collodion - faire des contretypes -
essayer le procédé au bichromate de potasse, pratiquer des
décollements de clichés au gélatino, et enfin s’exercer à
l’accouplement de plusieurs négatifs sur une même planche.
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De la nécessité du retournement du cliché.


Pour avoir une épreuve phototypique donnant l’image de
l’objet tel qu’on le voit, il est nécessaire de retourner le
cliché - En effet, si l’insolation, de la gélatine bichromatée
était faite sans retourner le cliché, on obtiendrait sur la
glace phototypique une image positive représentant
exactement l’objet à reproduire ; le décalque sur papier
serait donc en sens opposé.
Un exemple nous fera mieux comprendre.
Supposons que nous avons photographié la lettre F en
noir sur fond blanc, le négatif nous donnera en regardant
le côté sensible un F à l’envers en blanc sur fond noir (fig.
1) et la planche que nous ferons à l’aide de ce cliché nous
redonnera l’image positive dans le sens vrai (fig.2), mais
l’épreuve que nous en tirerons (fig. 3) sera à l’envers. Cela
peut ne pas avoir d’inconvénient quand il s’agit d’une
marine, d’un paysage quelconque, d’un portrait de femme
ou d’enfant; mais s’il s’agit d’un coin de ville, d’un
monument, d’un site connu cette, inversion n’est pas
admissible.

Il y a donc nécessité dans la plupart des cas de retourner le


cliché.
Dans les clichés retournés, l’image apparaît dans le
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sens vrai, sur le côte sensible de la gélatine (fig. 4), la
planche est alors imprimée en positive, mais à l’envers, la
gauche à droite et vice-versa (fig. 5), enfin l’épreuve
définitive (fig. 6) est rendue dans le vrai sens.

Les clichés sur verre ne peuvent pas être retournés


purement et simplement ; l’épaisseur du verre qui se
trouverait entre le cliché et la gélatine sensible de la
planche serait beaucoup trop grande, l’image obtenue
serait floue et absolument inutilisable.

En considérant la figure 7 dans laquelle les épaisseurs


ont été exagérées, on verra que la lumière venant dans tous
les sens et ayant à traverser l’épaisseur du verre ; le point
représenté dans le cliché négatif projettera sur la gélatine
bichromatée une ombre plus étendue que le point lui-
même.
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MANIÈRE DE RETOURNER LES CLICHÉS

Clichés neufs au gélatino. - Quand le cliché n’existe


pas encore, le plus simple est d’employer les plaques
pelliculaires au gélatino-bromure(I). Ces plaques se
traitent absolument comme les plaques ordinaires pour la
mise en châssis, le développement quel qu’il Soit et le
fixage; (la seule recommandation pour les conserver en
magasin avant, l’usage est de les mettre dans une armoire
qui n’éprouve pas de variation de température, dans une
pièce ni chaude ni humide). Ces plaques ayant été bien
lavées après le fixage, et sans que l’alunage soit
indispensable, il faut les faire tremper pendant trois ou
quatre minutes dans un bain de 7 à 8 parties de glycérine
pour 100 parties d’eau, en été, et de 3 à 4 % en hiver, et les
laisser sécher naturellement dans une pièce où la chaleur
n’excède pas 15 ou 16 degrés. Sous l’action d’une
température plus élevée, la couche se dessèche trop vite
superficiellement et sur les bords du verre, la gélatine se
tend et se craquelle, ce qui occasionne la perte du négatif.
Quand ces clichés sont bien secs, ce que l’on constate en
passant légèrement le dos d’un doigt à leur surface, on
découpe avec une pointe les quatre bords du négatif en
laissant de 2 à 3 millimètres tout autour, et l’on voit la
pellicule se détacher complètement ; si elle adhère quelque
peu au support du verre, la soulever par un angle,
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et tirer d’une main dans le même sens. Elle doit suivre le
mouvement et se détacher parfaitement.
(Avant ce décollement, faire le silhouettage s’il y a lieu,
voir page 23.)
Les pellicules sont ainsi prêtes à servir et à être mises en
châssis. Elles se conservent dans un cahier de buvard, et à
l’abri de l’humidité. — Nous conseillons de ne pas jeter les
bottes en carton dans lesquelles nous achetons les plaques
sensibles; elles nous serviront d’étuis pour conserver bien à
plat ces pellicules, entre des feuilles de buvard épais, et sur
les couvercles recouverts de papier blanc, nous inscrirons
la liste par catégories des sujets qui y sont renfermés et
classés.
Avec certaines préparations de plaques dites pelliculaires
(nous parlons toujours de couches sur verre talqué) qui
n’ont presque pas d’épaisseur, il est nécessaire d’avoir un
doublement du cliché. En même temps qu’on le trempe
dans le bain glycériné ci-dessus, on plonge un carré de
gélatine en feuille mince du format du cliché qui est à
mouiller dans ce même bain, en l’agitant légèrement pour
qu’il ne fasse pas prise par endroits avec le négatif; une
fois que cette gélatine s’est bien amollie dans l’eau
glycérinée en s’allongeant de quelques centimètres de
chaque côté du cliché, on relève celui-ci et avec lui la feuille
de gélatine que l’on étend parfaitement à sa surface à
l’aide d’une raclette ou d’un rouleau en caoutchouc dont
l’action fait adhérer parfaitement ces deux couches en
chassant lés bulles d’air et l’excès d’eau qui se seraient
interposés entre elles.
Cela fait, on replie sous le verre les bords de la gélatine
qui dépassent le cliché, et on le pose horizontalement sur
un trépied à vis calantes pour l’abandonner à la
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dessiccation. Au cas où ce rebordement de la gélatine sous
le cliché aurait coupé celle-ci à fleur du verre, contre
l’arête vive, il serait bon de coller à cette place ou• sur
toute la longueur de cette arête une bande mouillée de
papier gommé, que l’on appliquerait tout à la fois sur le
cliché et sous le verre, comme pour le border, de façon à
empêcher l’air d’entrer par cette fissure sous la couche et
de la détacher partiellement du verre avant complète
siccité.
Plaques souples. — Les plaques souples Balagny et
cartons pelliculaires Thiébaut trouvent leur emploi tout
indiqué pour la phototypie; il serait désirable de voir les
photographes et les amateurs se familiariser avec Leurs
manipulations et en faire un usage constant, surtout pour
les opérations au dehors de l’atelier.
Nous renvoyons le lecteur aux ouvrages de M. Balagny
qui traitent des plaques souples et procédés pelliculaires.
Clichés neufs au collodion. — Pour faciliter le
décollement du cliché au collodion, il faut avoir soin avant
de couler le collodion de passer sur toute la surface de la
plaque un tampon enduit de talc. Le cliché est développé,
fixé et séché par les moyens ordinaires.
Après séchage complet on verse sur toute sa surface et
comme on le ferait pour du collodion, une solution assez
épaisse de caoutchouc dans de la benzine cristallisable;
mais une fois sèche on verse par dessus une légère couche
de collodion normal additionné d’une assez grande
quantité d’éther et d’alcool. Le but de cette deuxième
couche est d’empêcher le caoutchouc de se coller dans le
cas où la pellicule se replierait. Toutes ces opérations
terminées on coupe la pellicule tout autour avec une
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pointe à découper ; elle se détaché d’elle-même. Pour s’en
servir, il faut la mettre dans l’eau quelques instants puis la
replacer en sens apposé (pour le retournement) sur une
nouvelle glace enduite de gomme arabique très étendue
d’eau, et en l’appliquant sur la glace avec une raclette en
caoutchouc ou un rouleau de gélatine.
Cette méthode est excellente pour grouper plusieurs
clichés sur une même planche, nous y reviendrons dans un
chapitre spécial.
Clichés neufs retournés directement dans la chambre
noire. — On peut faire des clichés tout retournés à la
chambre noire en introduisant un prisme dans l’objectif;
mais ce procédé augmente considérablement le temps de
pose et ne peut guère s’utiliser qu’à l’atelier.
On peut encore faire des clichés retournés en plaçant la
glace à l’envers dans le châssis c’est-à-dire le côté sensible
contre le fond du châssis, le côté verre tourné vers
l’objectif. Il faut, pour la mise en point, tenir compte de
l’épaisseur du verre en avançant d’autant le fond de la
chambre noire. Cette manière d’opérer est bonne avec des
glaces de première qualité, sans défaut; elle est absolument
impraticable avec les glaces toutes préparées qui sont faites
avec des verres dé 2e choix, pleins de bulles et de stries qui
formeront autant de taches sur l’image du négatif.
Clichés anciens retourner. — On n’a pas toujours à
reproduire en phototypie de nouveaux clichés ; on peut en
avoir d’anciens faits sur verre et qu’il faille retourner. De
tous les moyens pour retourner un ancien cliché, le
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plus simple est celui qui consiste à refaire un nouveau
cliché sur plaques pelliculaires ou sur pellicules.
Les moyens de faire un nouveau cliché négatif sont très
nombreux; nous n’en indiquerons que quatre.
1° Faire un nouveau négatif pelliculaire à la chambre
noire en employant une bonne épreuve positive sur papier
aux sels d’argent ou de préférence au charbon.
2° Faire un positif sur verre par contact et avec ce positif
faire un nouveau négatif pelliculaire, par contact ou à la
chambre noire. Ces méthodes sont assez connues pour que
nous nous dispensions de les décrire ici en détail.
3° Procédé au bichromate de potasse.
Ce procédé mis en pratique par M. Balagny peut rendre
de très grands services d’autant plus qu’il permet d’utiliser
de mauvaises plaques ayant ‘vu le jour.
(Il est préférable d’employer des plaques souples avec
lesquelles le contact dans le châssis est plus parfait).
Préparer et filtrer la solution suivante
Eau 1000 gr. — bichromate de potasse 30 gr.
Plonger la glace ou la pellicule dans ce bain pendant 3 ou
4 minutes à la lumière diffuse, la faire sécher sur un
chevalet ou piquée sur un liteau de bois, dans une obscurité
complète, ce qui demande une nuit.
Quand on voudra faire un contre-type directement
négatif, on mettra dans le châssis positif le cliché à
reproduire et la plaque bichromatée en contact. En
ouvrant de temps en temps un des volets du châssis, on suit
la venue de l’image; quand elle est complète avec toutes ses
demi-teintes, on décharge le châssis au laboratoire rouge,
et l'on met le cliché à laver dans une cuvette que l’on
recouvre pour pouvoir aller et venir dans le laboratoire
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car cette opération du lavage demande bien 48 heures, et
c’est d’elle que dépend tout le succès de ce charmant
procédé.
On retire alors la glace de l’eau, et l’ayant placée dans une
cuvette face en dessus> on la porte à la lumière de l’atelier
ou d’une fenêtre où on l’expose de 4 à 6 secondes puis,
rentré au laboratoire obscur, on procède au
développement avec un bain moyen — ni trop vieux, ni
trop neuf, de quelque développement que ce soit. L’image
qui était positive, disparaît petit à petit puis se transforme
en négative. Développer à fond, laver et fixer. Le bain
fixateur au cyanure blanc de potassium à 5 p. o/o est
recommandable; il a l’avantage de ne pas soulever la
couche de gélatine, mais il est dangereux pour la santé et la
plus grande prudence doit être recommandée aux
opérateurs.
Si le nouveau cliché est trop intense, on n’a qu’à le
remettre dans ce dernier bain où il perdra de sa vigueur.
Procédé pour décoller un cliché au gélatino.
- Il faut autant que possible que le ‘cliché ne soit pas verni
et qu’il soit aluné. S’il a été verni, le passer quelques
minutes dans de l’alcool pour le dévernir, puis dans un
bain d’alun à 15 p. % d’eau.
Préparez maintenant deux cuvettes d’un format plus
grand que le cliché; versez dans la première une solution
de 5 à 6 % d’acide azotique ou d’acide chlorhydrique et
dans la deuxième de l’eau pure. Préparez une glace bien
propre plus grande que le cliché primitif pour lui servir de
support transfert après le décollement ; puis plongez votre
négatif dans le bain acidulé de la première
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cuvette. Au bout de 5 à 6 minutes, quelquefois moins, les
bords de la gélatine commencent à friser; c’est à ce
moment qu’il faut aider au décollement en repliant un coin
‘du cliché sur lui-même et continuer ainsi en soulevant une
région de plus en plus grande. Une fois la pellicule
détachée, la saisir en paquet entre les doigts bien
délicatement pour ne pas la déchirer, et la plonger dans la
cuvette d’eau pour la rincer et éliminer l’acide. Dans le
fond de cette cuvette d’eau, se, trouve la glace transfert;
vous étendez à sa surface la couche que ‘vous• avez
retournée, l’ancienne face en dessous, c’est-à-dire contre le
verre, et vous relevez le tout au moment où la couche flotte
en nappe bien unie à sa surface. Vous’ la tendez le mieux
possible à l’aide d’un doigt mouillé sur son support et
l’abandonnez ainsi à la dessiccation.
Ce procédé donne de bons résultats, mais les insuccès
sont assez fréquents; il ne doit donc’ être employé que dans
le cas où le cliché n’a pas une grande valeur ou peut être
facilement remplacé.
De ces quatre méthodes, celle de M. Balagny, la moins
connue encore, est certainement la plus pratique au point
de vue du résultat : nous la recommandons très
sérieusement.
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Caches en feuille d’étain et en papier à aiguille.
Silhouettage des Négatifs.

Avec les négatifs ainsi préparés il serait impossible sans


certaines précautions d’obtenir des marges blanches et des
bords nets aux épreuves phototypiques.
En effet, la planche phototypique est nécessairement plus
grande que le négatif sous lequel elle est insolée
Si donc les marges ABCD qui encadrent l’image
n’avaient pas été protégées contre l’action de la lumière
pendant l’exposition au châssis, à chaque encrage elles
feraient un véritable tableau noir. Les caches ou frisquettes
découpées que l’on emploie avec les diverses presses
phototypiques et qui s’interposent entre les bords de la
planche encrée et la feuille à imprimer se maculeraient,
puis colleraient et se déchireraient dès le début.

Pour obvier à cet inconvénient, il faut coller sur les bords


du négatif, du côté de la couche, des bandes de papier à
aiguille ou mieux de papier d’étain. Ce dernier, laminé
beaucoup plus mince, ne nuit pas au contact du
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négatif et de la planche dans le châssis. On fait déborder
légèrement ces bandes et l’on a bien soin qu’elles forment
un cadre dont l’intérieur soit bien rectangulaire.
Si la glace phototypique que l’on doit insoler sous le
négatif est beaucoup plus grande que le rectangle des
bords extérieurs du papier d’étain on fait une cache en
papier à aiguille. A cet effet on en prend une feuille de la
grandeur de la glace, on découpe au centre une portion un
peu plus petite que le rectangle des bords extérieurs du
papier d’étain et plus grande que le négatif.
Ainsi complété le négatif préservera les bords de la
plaque sensibilisée au bichromate et les épreuves sur
papier auront les marges bien nettes.
Le Silhouettage ou gouachage détache mieux l’objet à
représenter. Nous indiquons ci-après la méthode usitée par
les praticiens.
La gouache épaisse toute préparée que l’on trouve dans
le commerce pour l’aquarelle ; convient parfaitement. Si
elle est trop épaisse et ne glisse pas sous le pinceau, il faut
l’allonger d’un peu d’eau; elle doit être assez liquide pour
couler dans un tire-ligne, de cette façon elle ne forme pas
d’épaisseur sur le cliché.
S’il s’agit de limiter une image rectangulaire, on prend
un tire-ligne doux et sans appuyer on trace les contours
rectilignes du sujet ; ce tire-ligne doit avoir les becs
arrondis; aigus, ils pénétreraient dans la couche de la
gélatine ou dé collodion et la couperaient.
Pour les sujets de formes variées dont les contours n’ont
rien de géométrique, on a recours au pinceau fin, avec
lequel on suit très minutieusement les dessins.
Cette opération doit se faire sur le cliché sec avant qu’il
ne soit détaché de son support de verre et nous
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recommandons d’attendre encore une heure après cette
opération avant de le décoller, car s’il restait humide dans
les parties gouachées, la surface en Serait toute gondolée et
ne permettrait pas un contact parfait sur la glace
phototypique.
Si un de vos correspondants vous adresse des pellicules à
tirer sur lesquelles ces réserves n’ont pas été faites, il est
encre temps de les préparer, mais l’opération sera un peu
plus délicate. Vous posez la pellicule sur la glace dépolie
d’un pupitre à retouche et l’y maintenez à. laide
d’étiquettes gommées) placées sur ses bords. Vous
procédez alors comme pour un cliché sur verre, mais la
couche de gélatine se crispe, se recroqueville en tous sens
sous votre pinceau humide et le cliché ne peut plus être
ainsi mis au châssis. Il faut laisser sécher cette gouache>
puis mouiller deux feuilles de buvard que vous intercalez
dans une main de ce papier pour lui communiquer un peu
de moiteur; glissez-y votre pellicule mais pas directement
en contact avec les feuilles mouillées. Vous chargez ce
cahier de buvard d’une glace assez lourde et changez de
place quatre ou cinq fois la pellicule. Quand elle a absorbé
pas mal d’humidité (au bout de deux à trois minutes
environ) elle est redevenue plane, mais elle est flasque,
molle et ne peut être utilisée. Replacez-la dans un cahier de
buvard bien sec, changez-la de place, en un mot refaites la
même opération que tout à l’heure et quand elle aura
repris sa planimétrie primitive et sera sèche complètement,
elle pourra être mise au châssis.
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De l’accouplement des négatifs sur une même


planche.

L’amateur se soucie fort peu de tirer plusieurs sujets à la


fois. Il préfère insoler un seul cliché par planche, en bien
surveiller la venue et varier ses encres suivant le sujet.
Nous ne le déconseillerons pas de se passer cette fantaisie
qui touche à l’art. Mais l’imprimeur, qui est industriel
avant tout, doit souvent économiser son temps, produire
vite pour livrer bon marché: il aura alors tout intérêt à
grouper plusieurs clichés sur une même planche, pour en
effectuer simultanément le tirage. C’est ce que font
journellement les lithographes, par les reports, pour leur
genre, d’impression.
Supposons que nous ayons vingt négatifs in-4°
(reproductions quelconques) à tirer à mille épreuves pour
une même édition (le papier et le format étant les mêmes) ;
de quelle économie sera pour nous de pouvoir grouper
quatre par quatre ces clichés in-4° pour nous donner une
feuille entière à tirer d’un seul coup ! De cette façon, au
lieu de 20.000 tirages séparés nous n’en aurons que 5.000 à
effectuer. Il y a donc avantage à préparer des planches
aussi grandes que possible quand on dispose de grandes
presses mécaniques pour les travaux industriels.
Avec des clichés sur verre, cet accouplement n’est pas
possible. Les verres ne sont pas rigoureusement de la
même épaisseur et n’ont, pas une planimétrie, suffisante
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pour pouvoir être mis à plusieurs dans le même châssis
presse les uns seraient trop serrés et se briseraient, les
autres n’auraient pas un contact parfait avec la glace
phototypique et l’image serait floue. Le groupement des
négatifs n’est donc possible qu’avec des clichés
pelliculaires.
Clichés au Collodion humide. — Avant de détacher les
pellicules de collodion de leur premier support, on les
recouvre premièrement d’une couche mince de vernis au
caoutchouc (solution à 12 OU 15 o/o dans la benzine
cristallisable), couche qu’on laisse sécher à l’air libre
deuxièmement, d’une couche de collodion normal. Quand
cette couche de collodion est sèche, on incise légèrement
(pour ne pas rayer la glace) le négatif tout autour et à
quelques millimètres des bords de l’image, puis on
débarrasse la glace de tout ce qui est extérieur au sujet.
Ayant fait subir cette même opération à tous les négatifs
qu’il s’agit de transporter sur une même glace, on prépare
une grande feuille de papier fort ABCD pour servir de
guide

au groupement des négatifs, en délimitant à la règle et au


crayon les formats exacts des épreuves et l’emplacement
que les images doivent occuper sur chacun d’eux (i, 2, 3, 4).
- 27 -
Sur cette feuille ainsi tracée, on applique la glace bien
propre qui va recevoir nos clichés, puis on l’humecte à la
surface
D’autre part, on laisse tremper quelques minutes dans
une cuvette d’eau des feuilles de papier mince un peu plus
grandes que les clichés à décoller. On pose sur une surface
polie, couche en haut, bien entendu, le premier cliché et on
applique dessus un de ces fragments de papier mouillé, que
l’on frotte vigoureusement à l’aide d’une raclette de
caoutchouc ou d’un rouleau de gélatine. Quand
l’adhérence est parfaite, ‘on relève tout doucement un
angle de ce papier, on le replie sur lui-même quand un coin
d’un centimètre environ du négatif est à découvert.
Soulevant délicatement l’angle du cliché entre une pointe
de canif et l’ongle, on le rabat sur le papier déjà plié; et,
soulevant cette fois les deux couches ensemble, on continue
le décollement tout le cliché est ainsi transporté. On enlève
Fa glace qui lui servait de support et on pose la pellicule à
sa place sur la surface polie où il était, le papier en dessous.
On applique à la surface retournée de ce cliché une
nouvelle feuille de papier, que l’on fait adhérer de la même
façon que la première et en procédant exactement de la
même façon l’on’ relève la pellicule avec cette dernière
feuille de papier. Il ne reste plus qu’à aller la fixer à
l’emplacement qu’elle doit occuper sur la grande glace
mouillée et quand elle y est exactement, à passer de
nouveau la raclette par dessus le papier pour chasser l’eau
et les bulles d’air qui seraient interposées entre le verre où
il fait prise et le cliché ainsi retourné. En dernier lieu,
enlever le papier et refaire la même opération pour tous les
autres négatifs. Enfin, laisser sécher.
- 28 -
Cette opération est des plus simples et se fait en moins de
temps qu’il ne nous faut à la décrire.
Une fois notre grand cliché gouaché, silhouetté, bordé de
bandes d’étain comme il a été dit au précédent chapitre, il
est prêt à être mis au châssis.
_____________________

Clichés pelliculaires au gélatino


S’il s’agit de clichés pelliculaires au gélatino,
l’accouplement ne saurait se faire de la même façon. Après
les avoir silhouettés et séchés sur leur support respectif on
les décolle du verre et on les place sur la feuille tracée

A. B. C. D. mais directement, sans l’adjonction d’une


grande glace ; et, une fois à la place qu’ils doivent occuper,
on les y fixe par les coins avec des épingles. Puis, ayant
préparé des bandes de papier d’étain (coupées bien droites,
à la règle, sur une surface dure et unie, bandes un peu plus
larges que l’intervalle d’éloignement des négatifs, on les
applique sur les bords de ces clichés, d’abord dans un sens,
puis dans l’autre, en les y fixant
- 29 -
par une trace de colle liquide et en n’enlevant 1es épingles
qu’au fur et à mesure de cette opération.
Un autre moyen consiste à découper dans une feuille

de ce papier d’étain les ouvertures régulières


correspondant aux tracés des images et à coller les
pellicules par les angles sur les bords de ces caches ainsi
préparées.
- 30 -

DEUXIEME PARTIE

PHOTOTYPIE PROPREMENT DITE


- 33 -

DEUXIEME PARTIE
_____________________

Préparation et tirage phototypique

Les opérations nécessaires à l’obtention d’épreuves


phototypiques peuvent être divisées en trois phases :
1° Préparation de la glace et de la couche bichromatée.
2° Insolation sous le négatif.
3° Tirage des épreuves.
La préparation de la glace et de la couche comprend:
Enlèvement de la gélatine d’une ancienne plaque après
usage ;
Nettoyage et ponçage de cette glace ;
Préparation et étendage de la première couche ;
Mise à l’étuve des glaces ;
Préparation et coulage de la deuxième couche ;
Séchage à l’étuve.
L’insolation comprend:
Préparation des négatifs, silhouettage ou réserves,
accouplement, etc. ;
Mise en châssis ;
Insolation proprement dite ;
- 34 -

Insolation au dos ;
Lavage à l’eau courante ;
Séchage
Le tirage des épreuves comprend :
Le mouillage au bain spécial ;
Le calage de la glace sur le marbre ;
La préparation de la hausse et de la cache sur la presse ;
L’encrage;
Et enfin l’impression.
Que cette longue énumération n’effraye pas le
commençant ; toute cette série d’opérations se fait très
naturellement avec un peu de soin et d’habitude. C’est
certainement moins difficile que d’apprendre à faire un
bon cliché photographique.

_____________________
- 35 -

Préparation d’e la glace et de la couche bichromatée


Les glaces qui servent de support à la couche de gélatine
doivent être parfaitement planes, bien doucies, rodées et
biseautées sur leurs bords. Leur épaisseur varie de 7 à 20
millimètres, suivant les formats ; nous recommandons
exclusivement les glaces de Saint-Gobain.
Enlèvement de la gélatine ancienne. — Quand les
glaces ont déjà servi il faut, pour les débarrasser de
l’ancienne gélatine, les faire tremper dans une cuve en grès
contenant une solution de potasse caustique à 10 % d’eau.
Cette solution peut être employée jusqu’à ce qu’elle
n’enlève plus suffisamment la gélatine ; à ce moment on la
renforce quelque peu en ajoutant 4 à 5 % de potasse et
ainsi de suite.
Au lieu de cuve en grès, on peut prendre une cuve en
gutta ou simplement une caisse de bois solide doublée de
plomb. Ce nettoyage demande de un à deux jours pour être
complet.
Quand le temps manque, le bain ci-dessus peut être
remplacé par un nettoyage à l’acide fluorhydrique qui’ est
plus simple et plus rapide ; l’acide étant très dilué (3 à 4
%) n’offre aucun danger. On enlève d’abord l’encre qui
est restée sur la couche de gélatine, avec de l’essence de
térébenthine, puis on laisse tremper celle-ci de 15 à 20
minutes dans l’eau pour la regonfler. A ce moment, on
verse un demi verre de cette solution acide sur la
- 36 -
couche et à l’aide d’un chiffon on l’y promène dans tous les
sens. Bientôt la gélatine se soulève partout et quitte
complètement son support. On lave ensuite à grande eau.
Nettoyage et ponçage de la glace. Quand la glace n’a
plus aucune trace de gélatine ancienne ‘ou si elle est neuve,
on passe sur toute sa surface dépolie un chiffon mouillé
d’acide azotique étendu d’eau ou plus simplement
d’ammoniaque: ce qui enlève toute trace graisseuse.
Puis, à l’aide d’un morceau de pierre ponce que l’on tient
de la main gauche sur la surface de la glace, on frottera
celle-ci jusqu’à complet dépolissage.
Toutefois nous recommandons de préférence de frotter
deux glaces l’une sur l’autre, sur leur côté douci, en les
faisant tourner et en interposant entre elles de l’émeri dit
40 minutes mouillé d’eau.
Quand le dépolissage est parfait, on les essuie avec un
linge bien propre et on les lave à l’eau courante. Une fois
sèches, on passe à leur surface un tampon de papier de soie
imbibé d’ammoniaque et on les remet au casier ou sur le
chevalet en attendant la première couche. Il convient
d’avoir plusieurs tampons ou chiffons et d’en affecter un à
chaque genre de lavage.
Préparation de la première couche. — On prépare
dans un bocal ou flacon à large ouverture une solution de
200 grammes de bière légère et 20 grammes de silicate de
potasse liquide. On mélange le tout entièrement avec un
agitateur et on filtre sur une flanelle sans peluche, en
évitant les bulles d’air et les poussières.
- 37 -
Etendage de la première couche. — On mettra la glace de
niveau sur un pied à vis calantes, la surface dépolie en
dessus (fig. 12), puis l’on passera un blaireau sur toute la
surface.

Tenant alors le récipient de la main gauche, on versera une


petite quantité de cette préparation sur la glace et• on
aidera au liquide à se répandre partout, à l’aide d’un petit
triangle de papier que l’on tient de la main droite, et que
l’en promène dans tous les sens en partant du centre et en
s’éloignant vers les bords en tournant en ronds de plus en
plus grands.
Rejetant alors l’excédent du liquide que l’on recueille
dans un récipient ad hoc, on place la glace à sécher sur
l’égouttoir (fig. 13). Après filtrage, ce liquide en excès peut
servir à nouveau.
- 38 -
Cette couche de bière silicatée adhère fortement au verre
et sert de support solide à la deuxième couche.

Préparation de la deuxième couche. On prendra :


25 grammes de gélatine blanche extra ;
10 - - - de gélatine Nelson n° 2 ;
et on fera tremper le tout pendant quatre ou cinq heures
soit dans une terrine dont on renouvellera l’eau d’heure en
heure, soit dans un robinet d’eau courante. Les ustensiles
les plus commodes pour ce lavage préliminaire
- 39 -
sont les passoires ou les boules à riz que l’on trouve chez
les quincailliers.
Après l’avoir fait égoutter parfaitement, on la pèsera à
nouveau et on ajoutera la quantité d’eau nécessaire pour
faire le poids de 435 grammes au total (soit de 400 gr.
d’eau).
On fera cuire la gélatine au bain-marie pendant une
heure au moins, en ayant soin de ne pas dépasser 70°.
On fera dissoudre :
3 grammes bichromate de potasse,
3 grammes bichromate d’ammoniaque,
dans 100 grammes d’eau à 45 OU 50°.
En hiver et dans les pays froids la quantité de
bichromate d’ammoniaque devra être augmentée; on
mettra alors 3 du premier, 5 du second.
Dans les grandes chaleurs ou dans les pays chauds, il faut
la diminuer un peu.
Après avoir mélangé la gélatine et la solution de
bichromate en versant cette dernière dans le vase de
bohème du bain-marie où la gélatine a cuit on fera la
filtration dans le filtre à chaud.
Ici nous ne saurions trop insister sur la nécessité d’éviter
avec soin les refroidissements au moment de la filtration.
C’est là la cause des insuccès qui ont découragé nombre de
débutants. Nous recommandons vivement l’emploi de
l’appareil à cuire et à filtrer dont nous avons donné la
description page 67.
Avec cet appareil il est facile de maintenir la gélatine
toujours à la même température pendant toute la durée de
la filtration, le double entonnoir étant lui-même rempli
d’eau qui a le même degré de chaleur que celle du bain-
marie où le vase de bohême est plongé et maintenu par
- 40 -
une pince à poignée fixée aux bords de cette bassine.
L’eau du bain-marie doit toujours avoir de 6o à 70
degrés.
Mise des glaces dans l’étuve. - On doit placer les
glaces dans l’étuve (fig. 14) sur trois vis et on les mettra
bien exactement de niveau dans les deux sens en se servant
d’un niveau à bulle d’air. On chauffera l’étuve

tout doucement pour l’amener à la température de 40°; ce


qui demande une heure environ puis on règlera la flamme
pour que la chaleur se maintienne à ce degré.
Afin que l’étuve conserve bien sa chaleur, on met
- 41 -
entre les deux plaques de tôle du double fond une couche
de 3 à 4 centimètres de sable fin bien sec.
Au bout d’une heure environ, lorsque les glaces seront
bien à la température de l’étuve, on procédera à l’étendage
de la deuxième couche.
Etendage de la deuxième couche. - Quand la
gélatine est complètement filtrée, il faut la laisser se
refroidir jusqu’à la température de 40 a 45° environ, puis
porter le vase où elle a été recueillie dans l’étuve, où on l’y
laisse de 10 à 15 minutes pour qu’elle prenne bien le même
degré de chaleur que les glaces elles-mêmes.
Cette précaution est une garantie de réussite.
Quand la solution est bien reposée, on mesure dans tine
éprouvette la quantité de gélatine nécessaire pour faire une
épaisseur d’environ un demi millimètre, soit
Pour une glace de 15 x 21 environ 15 centimètres cubes.
Pour une glace de 18 x 14 -- 22 -- cubes.
Pour une glace de 24 x 30 -- 36 -- cubes.
Pour une glace de 30 x 40 -- 60 -- cubes.
Pour une glace de 40 x 50 -- 100 -- cubes.
En versant la gélatine dans l’éprouvette on aura soin de
la faire glisser le long de la paroi du verre pour éviter la
formation de bulles d’air.
(Avec un peu d’expérience et de pratique, on se passera
bientôt de cette mesure ; on coulera au jugé, ce qui
simplifie l’opération).
Versant cette quantité de sauce en émulsion au centre de
la glace, le plus bas possible toujours pour éviter les bulles
on l’étendra avec un triangle de papier ou mieux avec une
petite raclette en peau de daim, en décrivant avec ce papier
ou cette raclette une sorte de
- 42 -
spirale allant du centre aux bords de la glace. Cette
opération doit se faire en trois ou quatre tours de main et
très rapidement. Eviter de renverser à côté. Pour aider à
égaliser la couche, prendre la glace et lui donner un petit
mouvement de balancement.
Nous conseillons vivement de faire le coulage dans
l’étuve même ce qui supprime toutes les chances de
refroidissement.
Etuvage. - Quand toutes les glaces seront recouvertes de
cette deuxième couche et remises à leur place, on fermera
l’étuve et l’on règlera le chauffage pour que la température
reste pendant deux heures ou deux heures et demie à 40°
environ ; puis on la laissera refroidir doucement sans
ouvrir ses portes. Une fois au même degré de température
que le laboratoire, les glaces peuvent être retirées de
l’étuve et rangées au casier. Ce laboratoire ne doit plus
recevoir de lumière blanche.
Les glaces ainsi préparées doivent être d’un beau jaune
doré, bien transparentes et avoir un grain très fin et
surtout régulier.
Après refroidissement, elles sont prêtes à être mises en
châssis pour l’insolation, mais elles peuvent se conserver
plusieurs jours. Avoir soin de mettre une cuvette pleine de
chlorure de calcium calciné sous le rayon de glaces
bichromatées pour empêcher toute humidité dans la
couche. On reconnaît que les glaces deviennent mauvaises
quand elles prennent une teinte opaline et se piquent par
endroits.
_____________________
- 43 -

Insolation sous le négatif


_____________________
Mise en châssis. — Le cliché négatif est mis dans le
châssis (fig. 15), le côté de la gélatine opposé à la glace du
châssis, s’il s’agit d’un cliché sur verre et le côté détaché de
la glace en haut, s’il s’agit d’une pellicule ; et la glace
bichromatée

est placée par dessus lé négatif, la gélatine contre la


gélatine du négatif, la cache d’étain
- 44 -
entre les deux. On ferme les volets, on rabat les barres et
on ne serre pas trop les vis du châssis.
Le chargement du châssis ne se fait qu’à la lumière
jaune.
Le châssis ainsi préparé est exposé à la lumière du jour
pendant un temps plus ou moins long qui varie suivant
l’état du ciel et aussi suivant l’intensité du négatif.
On suit la venue de l’image en ouvrant de temps à autre
un volet du châssis (un seul, afin que l’adhérence entre le
cliché et la glace sensible ne soit pas dérangée, ce qui
occasionnerait une image doublée et floue).
L’insolation est suffisante lorsque tous les détails sont
bien apparents et que les grands noirs ont une teinte
marron légèrement foncée.
On peut également suivre la durée de l’insolation au
moyen d’un photomètre, mais c’est compliqué, dans ce cas,
l’opération bien inutilement.
Insolation au dos. Quand la glace est suffisamment
insolée, il faut retirer la glace du châssis, puis la mettre sur
une étoffe noire et en exposer le dos à la lumière diffuse
(jamais au soleil pendant trois ou quatre minutes ; cette
opération a pour but d’insolubiliser la couche sous-jacente,
ce qui empêchera l’eau, pendant le mouillage, de pénétrer
entre la gélatine et le verre et de la soulever par endroits.
Pour bien juger du temps que l’on doit exposer au dos, il
est bon de placer un sou ou un objet quelconque sur une
des marges de la glace extérieure au sujet et de l’y laisser
jusqu’à ce que l’ensemble de la couche ait pris un aspect
brun clair, ce que l’on voit très bien par comparaison en
soulevant de temps en
- 45 -
temps le corps opaque placé dans un coin comme nous
venons de le dire.
Lavage à l’eau courante. — Après l’insolation au dos,
les glaces sont mises à tremper dans le bac à dégorger (fig.
16),

on les y laissera cinq à six heures au moins, en changeant


l’eau plusieurs fois, ou ce qui est mieux en plaçant le bac
sous un robinet d’eau courante.
- 46 -
Les glaces devront rester dans l’eau jusqu’à ce que toute
trace de bichromate ait complètement disparu (I).
Séchage. — Une fois bien lavées, les glaces sont mises
sur un égouttoir pour sécher spontanément. Après cela,
elles sont prêtes à être employées, de même qu’on peut les
conserver telles quelles pendant des mois entiers.
Préparation du bain de mouillage. — Pour les glaces
dont les couches ont été préparées suivant les formules des
pages 36 et 38, nous indiquons le bain de mouillage
suivant:
Faire dissoudre 20 grammes d’azotate de potasse dans
500 grammes d’eau. Quand la dissolution est achevée,
ajouter 500 grammes de glycérine officinale à 28°.

_____________________
- 47 -

Tirage des épreuves


________

Mouillage au bain spécial. — Les glaces parfaitement


sèches sont placées de niveau dans les deux sens sur un
pied à vis calantes (fig. 12) et l’on verse au centre une
quantité suffisante de bain de mouillage qu’on étaie avec le
doigt sur toute la glace en suivant les bords, en évitant d’en
renverser et en s’efforçant d’avoir la couche la plus épaisse
possible.
La glace doit rester sous le bain de mouillage pendant
deux à trois heures environ.
On reconnaît que le mouillage est suffisant en passant le
doigt sur la gélatine, l’image a formé un relief dont les
saillies qui étaient très accentuées dans les premiers
moments se sont légèrement adoucies, la glace
suffisamment mouillée est prête à être mise sur la machine.
Pour éviter les pertes de temps, il est bon de mettre
toujours deux ou trois glaces à la fois sous le bain de
mouillage.
Calage de la glace. — La glace doit être bien nettoyée
en dessous, nous ne saurions trop insister sur cette
recommandation. Bien des ruptures de glace seront ainsi
évitées.
La glace est placée sur le marbre de h presse en
interposant 2 feuilles de papier de sa grandeur, elle est
arrêtée par 6 ou 8 griffes à coulisses fixées sur le marbre.
Presses à main n°1. — Les presses à main n° I, 15x21,
sont construites pour des glaces de 7 à 8 mm d’épaisseur ;
- 48 -
- 49 -
- 50 -
avec des glaces d’épaisseur moindre, il est nécessaire de
faire un lit de feuilles de papier. (Fig. 17).
Il est inutile pour un format aussi petit d’employer des
glaces dépassant 8 mm, qui sont plus coûteuses sans
avantage aucun.
Presses à main n° 2. — Dans ce type, on peut régler la
hauteur du cylindre suivant l’épaisseur des glaces. (Fig. i8).
A cet effet après avoir placé la glace sur le marbre, après
avoir rabattu le châssis porte caoutchouc, on amène avec la
manivelle, le milieu du marbre sous le cylindre ; en
agissant de droite à gauche sur la poignée que commande
les coussinets excentrés du cylindre, on fait descendre le
cylindre à sa position la plus basse.
Ceci fait, on serre ou desserre les deux vis à grosse tête
ronde sur lesquels appuient les ressorts à boudin, de
manière à ce qu’il n’existe entre la partie supérieure de la
vis et les coussinets de fer qu’un espace d’environ un
millimètre. Avoir bien soin de régler les 2 vis exactement
de la même manière.
Presses à main n° 3, 4 et 5. — Dans les presses de ce
type, c’est le marbre sur lequel la glace est calée qui peut se
régler de hauteur. (Fig. 19).
Le marbre se compose d’un chariot creux dans lequel on
peut fixer un bloc en fonte reposant à chaque angle sur une
vis.
Pour régler la hauteur du bloc, on desserre les vis de côté
du chariot qui servent à le rendre fixe, on place en avant
du bloc la règle en fer (règle de calage), ses deux talons
sous les cuirs des chemins du chariot. On règle les deux vis
d’avant jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de jour
– 51 -

PRESSE PHOTOTYPIQUE A PRESSION élastique et roulante.


Type 24 X 30, 30 X 40, 40 X 50. - montée sur socle
- 52 -
entre la règle et la glace et que les talons portent bien sur
les chemins du chariot. On s’assure qu’il n’y a pas de jour
entre la glace et la règle en passant une feuille de papier de
soie ou de papier à cigarette sur la règle.
On répète la même opération à l’arrière du bloc, quand
la glace est ainsi calée de hauteur on s’assure que le bloc
n’est pas boiteux en frappant avec le poing sur chacun des
angles, s’il est bien on n’entendra pas de Contrecoup.
Une fois cette distinction faite entre les modes de calage
des glaces sur les trois types de presses à main, le reste des
opérations que nous allons exposer s’effectue suivant une
méthode uniforme peur les trois types.
Préparation de la hausse. - La hausse se fait de la
façon suivante: on colle deux feuilles de carton l’une sur
l’autre, on les place dans le cadre en dessous du blanchet
de caoutchouc, on rabat le châssis sur la glace après avoir
encré~ l’on fait une pression sur le carton, puis l’on
découpe la seconde feuille de carton de la grandeur de
l’image, on décolle le tout en laissant en place la partie
centrale. Le carton est replacé dans le cadre exactement
dans la même position, mais le caoutchouc en dessous de
façon à avoir entre la glace et la hausse en carton une
surface molle. Pour être sûr de remettre la hausse dans la
même position, il faut tracer avec un crayon deux traits sur
le carton et sur le cadre.
Préparation de la cache. — Pour préparer la cache on
fixe dans la charnière en cuivre un cadre en carte un peu
épaisse; l’intérieur de ce cadre doit être plus grand que
l’extérieur de la glace. On colle sur ce cadre une feuille de
papier végétal ou de papier à calquer
- 53 -
on fait sur le papier à calquer une impression et l’on
découpe la cache de la grandeur de l’image.
Encrage. — La glace placée sur la machine il faut
retirer l’excès de mouillage en épongeant, puis en
tamponnant

avec un chiffon sec, ne jamais essuyer en frottant.


L’encrage se fait au moyen de deux encres, et de deux

rouleaux : un rouleau de cuir (fig. 20) avec de l’encre


lithographique additionnée d’un quart de vernis, un
rouleau
- 54 -

de gélatine (fig. 21) avec de l’encre plus liquide que la


précédente.
On commence à encrer avec le rouleau de cuir recouvert
d’une petite quantité d’encre pour garnir les grands noirs
de l’image, puis avec le rouleau de gélatine, on fera venir
les demi-teintes. On remarquera qu’en passant
vigoureusement et rapidement ce rouleau, l’encre au lieu
de se déposer est plutôt retirée ; il sera bon d'utiliser ce fait
dans le cas où l’image se chargerait trop d’encre. Si
l’encrage se fait convenablement, on baisse la cache, on
ferme le cadre du blanchet, on abaisse le levier du cylindre,
on tourne la manivelle jusqu’à ce que le marbre soit à
l’extrémité de sa course, on relève le levier du cylindre, on
détourne la manivelle, on ouvre le cadre, on relève la
cache, on retire la feuille et si l’épreuve est bonne on encre
à nouveau.
Il est très rare que la première épreuve soit satisfaisante.
Différents cas peuvent se présenter. (I)
I° La glace prend de l’encre sur toute la surface d’une
manière uniforme et même en laissant en blanc les creux
qui, en réalité, doivent venir noirs ; il y a dans ce cas
insuffisance de mouillage, il faut remettre la glace sur le
pied à vis calantes et la laisser sous le bain de mouillage
pendant un temps qui varie de 15 à 30 minutes ; au bout de
ce temps, on essaye à nouveau la glace, si après 3 ou 4
essais, elle ne donne pas de meilleur résultat, on peut en
conclure qu’elle a trop d’insolation ; il faut la rejeter.
Avant de remettre la glace au mouillage, il faut

(I) Les remarques qui suivent devront être lues et relues avec la
plus grande attention par les débutants.
- 55 -
avoir eu soin de la nettoyer à l’essence de térébenthine
et l’avoir bien essuyée avec un tampon spécial.
2° La glace ne prend que très difficilement l’encre. On
essaye de passer une dizaine de mauvaises feuilles, après
avoir encré chaque fois. Si à la suite de ces dix feuilles,
l’encrage ne commence pas à être meilleur c’est qu’il y a
trop de mouillage, il faut retirer la glace et la laisser
reposer pendant plusieurs heures; si après plusieurs essais
elle continue à ne s’encrer que dans les grands noirs de
l’image on peut conclure qu’elle manque d’insolation; il ne
faut pas continuer à s’en servir.
3° Au premier encrage l’épreuve n’est pas satisfaisante,
les demi-teintes sont trop accentuées, les blancs et les noirs
ne ressortent pas assez, elle manque de vigueur ; dans ce
cas la glace est généralement bonne.
Après la première épreuve, on passe l’éponge imbibée de
bain mouillage sur toute la surface de la glace, sans avoir
désencré on tamponne avec un linge sec puis on encre à
nouveau ; la deuxième épreuve doit donner de meilleurs
résultats que la première. Après avoir répété sept ou huit
fois au plus cette opération, les épreuves doivent être de
bonne qualité ; dans ce cas, on continue le tirage.
Si après huit ou dix mauvaises feuilles les épreuves ne
sont pas encore bonnes, on lave la glace à l’essence, on
l’essuie bien en tamponnant et on la remet pendant cinq à
dix minutes sous le bain de mouillage puis l’on refait de
nouveaux essais.
Impression. — Quand on a obtenu une bonne épreuve on
continue le tirage en encrant toujours de la même façon
jusqu’au moment où, les blancs redevenant gris,
- 56 -

l’épreuve commence à perdre de sa vigueur. Quand la


glace est bonne cela a lieu après vingt ou trente épreuves et
souvent plus. On lave à l’essence, on essuie, on passe
l’éponge du bain de mouillage, on essuie en tamponnant et
on recommence à encrer ; il n’est pas rare d’avoir deux ou
trois mauvaises feuilles trop heurtées, mais les suivantes
doivent être bonnes.
Une bonne glace peut fournir de 1200 à 1500 épreuves et
souvent plus.
Remarque importante. — Dans le tirage il faut éviter de se
servir du tampon et de l’éponge à essence pour le
mouillage et réciproquement.
Papiers. — Tous les papiers peuvent être employés
pour le tirage des épreuves — nous nous servons de
préférence d’un bon papier sans colle, légèrement laminé
pour laisser un petit grain qui donne aux épreuves un
cachet artistique.
Les papiers satinés donnent également de bons résultats.
Quand on a besoin d’imiter les épreuves
photographiques on fait le tirage sur un bon papier couché
qu’on vernit après le tirage avec le vernis suivant
Gomme laque blanche........... 100 grammes.
Alcool..................................... 300 —
Ammoniaque......................... 300 —
Eau bouillante........................ 6oo —
On pulvérise finement la gomme laque, on ajoute l’alcool
et l’ammoniaque et quand tout est dissous on ajoute l’eau
bouillante en remuant et on filtre.
Pour vernir les épreuves on les met flotter quelques
secondes sur le bain, on les suspend par un coin ou à
- 57 -

une ficelle tendue dans une pièce chauffée au moins 25


degrés.
On peut également, au lieu de vernir les épreuves, le
talquer. On prend chaque épreuve qu’on frotte
vigoureusement avec un tampon de laine chargé de talc.
Cette opération donne un assez beau brillant aux épreuves.
- 58 -

Deuxième Procédé
________

En phototypie les formules et les manières d’opérer sont


très nombreuses et l’on peut presque dire qu’il en existe
autant que d’opérateurs.
Toutes sont basées sur le même principe et ne diffèrent
que dans les quantités ou dans les petits tours de main. -
Notre intention n’est pas de décrire tous les procédés;
cependant nous donnerons une deuxième formule que nous
avons expérimentée souvent et que nous employons
concurremment avec celle que nous venons de décrire.
Dans ce second procédé les différentes opérations se
divisent exactement comme dans notre première méthode.
l’enlèvement de la gélatine- ancienne, le nettoyage et le
ponçage de la glace, la préparation et l’étendage de la
première couche, s’exécutent comme il a été dit plus haut.
Préparation de la deuxième couche. — Les gélatines
employées sont Gélatine Drescher pour phototypie et
gélatine Nelson n° 2, mélangées dans des proportions
définies suivant les saisons. Des expériences de plusieurs
années ont permis de faire un tableau des quantités de
gélatines à employer suivant la température extérieure Ce
tableau, utilement consulté, peut éviter bien des méprises
et bien des tâtonnements.
- 59 -
Température Gélatine NeIson Gélatine Drescher
De — 5 à 0° 30 50
De — 0 à 5° 25 55
De — 5 à 10° 20 60
De — 10 à 15° 17 63
De — 15 à 20° 15 65
De — 20 à 25° 10 70
Pour faire l’émulsion, on procède de la façon suivante :
Supposons qu’on veuille faire une émulsion de 800 gr.
on consulte la température extérieure qui est par exemple
de +. 12° ; le tableau indique que la quantité de gélatine est
17 pour la Nelson et 63 pour la Drescher.
Nous prendrons donc :
Eau........................................ 800 grammes.
Gélatine Drescher................ 63 —
Gélatine Nelson.................... 17 —
Bichromate de potasse........ 12 —
Quelques heures avant de faire la préparation on prend un
blanc d’oeuf frais auquel on ajoute 25 centimètres cubes
d’eau ; on bat le tout en neige et on laisse reposer ; au bout
de cinq à six heures, l’albumine est déposée et la
préparation peut être commencée. Dans le vase de bohème
du bain-marie ou met les 800 grammes d’eau et les 17
grammes de gélatine Nelson, on place le tout sur le feu en
remuant de temps en temps. Quand cette gélatine est
fondue, on ajoute petit à petit les 63 grammes de gélatine
Drescher.
(Quelques opérateurs ajoutent à cette solution de la colle
de poisson ; nous l’avons supprimée complètement pour
plusieurs raisons elle coûte fort cher, elle est très difficile à
faire fondre et nécessite une cuisson préjudiciable
- 60 -
à la gélatine; enfin Sa présence n’apporte à la couche
aucune sérieuse amélioration.)
Quand notre solution gélatineuse est bien faite, nous y
versons l’albumine en remuant vivement l’émulsion
pendant quelques secondes, ce qui permet un mélange plus
intime; puis nous activons le chauffage jusqu a ébullition
de l’eau du bain-marie. A ce moment l’albumine se
coagule, on voit ses flocons se former dans la masse
gélatineuse à la surface de laquelle ils remontent en
formant une crasse de un à deux centimètres d’épaisseur.
On arrête à ce moment la cuisson et on procède à un
premier filtrage sur une mousseline fine la coulée se fait
très rapide. Dans le récipient qui a recueilli la gélatine
filtrée, on verse le bichromate finement pulvérisé et on
remue jusqu’à complète dissolution, puis on filtre à
nouveau, mais cette fois dans l’appareil en cuivre (fig. 24)
Après ce filtrage, la masse gélatineuse a encore 70 ou 80° ;
on la laisse refroidir jusqu’à 40 ou 50° et là on la porte
dans l’étuve où elle doit séjourner une bonne demi-heure
pour prendre exactement la température qui y règne. Ce
point est très important: coulée trop chaude sur des glaces
moins chauffées, la couche filerait, serait très mince et on
aurait des zones à la surface; coulée trop froide, elle
formerait des épaisseurs par endroits, ou du moutonnage
qui marquerait au tirage.
Ce repos d’une demi-heure à l’étuve permet aussi à
toutes les bulles qui se font au filtrage de remonter et de
crever à la surface.
Etuvage. — L’étuvage se fait dans les mêmes conditions
que celles indiquées dans notre premier procédé,
- 61 -
seulement l’étuve n’est chauffée qu’à 35° au lieu de 40.
Le séchage demande de deux heures et demie à trois
heures, suivant la grandeur des plaques. Toutes les autres
opérations sont exactement les mêmes, sauf le mouillage
qui est un peu différent.
Mouillage. - La glace étant posée sur un pied à vis
calantes, on la couvre d’une nappe d’eau pendant dix à
quinze minutes environ; cette eau pure gonfle rapidement
la couche, puis on enlève l’eau, pour la remplacer par la
solution suivante :
Eau........................ 3° parties
Glycérine............... 7° —
On laisse la planche de trente minutes à une heure sous
ce bain (et même toute une nuit si elle est fortement
insolée). Quand on juge que le mouillage est suffisant,
c’est-à-dire qu’au toucher les saillies se sont légèrement
arrondies, on retire le bain, on essuie et on tamponne à
fond, sans frotter, puis on attend une demi-heure avant de
commencer l’impression.
Pendant ce temps, on dispose la hausse et la cache.
Durant le tirage, on se servira de cette même solution
pour mouiller à nouveau la planche. L’impression se fait
comme nous l’avons dit au premier procédé.

____________
- 62 -

DES INSUCCÈS
_____________

Au tirage les planches présentent souvent des défauts


dont les causes sont parfois difficiles à prévenir.
Voici les principaux :
Grin trop fort : Il vient surtout de la différence de
température entre la gélatine et la glace au moment de
couler l’émulsion et aussi de la trop grande quantité de
bichromate dans l’émulsion.
Points noirs. - Bulles dans la sauce au moment du
coulage, bulles dans la première couche ; corps gras on
suspension dans l’émulsion.
Moiré. - Trépidations pendant le séchage des planches.
Zones. - Courant d’air dans l’étuve ; refroidissement trop
rapide de l’étuve ; la gélatine a été coulée trop chaude sur
des glaces presque froides.
Moutonnage. - Une grande quantité de sauce sur la glace,
ou défaut de calage, ou séchage à une température trop
faible.
Epreuves grises. - Manque de mouillage, trop
d’insolation, cliché gris.
Epreuves heurtées. - Trop de mouillage, manque
d’insolation, cliché dur.
La planche ne mouille pas. - Manque de couche, trop
d’insolation, cuisson trop prolongée.
_____________
- 63 -

Instruments et Produits nécessaires


pour faire de la Phototypie
_____________

Des glaces de Saint-Gobain doucies et biseautées ;


Une cuve en grès, en gutta ou en plomb ;
Un égouttoir ;
Un blaireau ;
Un appareil à cuire et à filtrer la gélatine ;
Un thermomètre ;
Une étuve avec thermomètre ;
Châssis à insolation avec support ou chevalet ;
Un bac à dégorger ;
Une table à mouillage ;
Quelques pieds à vis calantes ;
Un niveau à bulle d’air ;
Une presse spéciale à imprimer ;
Un rouleau en cuir et son support ;
Un rouleau de gélatine ;
Un moule à rouleaux ;
Un couteau ;
Une spatule ;
Une table à encrer en marbre ;
Bottes à glaces ;
Une règle ;
Une pointe à découper ;
Une balance et ses poids ;
Un réchaud à gaz ou un fourneau ;
Des vases de Bohème, vases à précipiter, entonnoirs,
ballons, cuvettes, porte entonnoirs, etc.
- 64 -

Produits :
Potasse caustique ;
Acide azotique ;
Emeri en poudre 40 minutes ;
Pierre ponce en pierre et en poudre ;
Ammoniaque ;
Silicate de potasse ;
Bière légère ;
Gélatines de diverses sortes ;
Bichromate de potasse ;
Bichromate d’ammoniaque ;
Glycérine ;
Encres d’imprimerie de différentes teintes ;
Vernis fort et vernis faible ;
Essence de térébenthine ;
Eponges fines, chiffons, papiers divers, cartons forts ;
Papier dioptrique, papier à aiguille, papier d’étain ;
Filtres, etc., etc.

_____________
- 65 -

DESCRIPTION DES APPAREILS


_____________
Glaces ou Dalles. — Les dalles qui servent de supporter
la gélatine sont en glaces de St-Gobain; elles doivent être
parfaitement planes et partout d’égale épaisseur ; elles sont
doucies d’un côté, c’est-à-dire qu’elles sont

complétement dépolies avec un grain obtenu au moyen


d’émeri 40 minutes; leur épaisseur varie de 7 à 20 milli-
- 66 -
mètres suivant les dimensions, elles sont biseautées en
dessus, c’est-à-dire que les arêtes en sont très fortement
arrondies.
Cuve en grès ou en plomb. - La cuve en grès qui
contient la potasse caustique doit être rectangulaire et de

dimensions suffisantes pour contenir les plus grandes


glaces; à défaut de cuve on grès, on peut faire
confectionner une cuve solide, en forme de caisse
rectangulaire, en bois d’essence dure, comme le chêne ou le
hêtre, et la doubler de plomb.
Egouttoir. - Comme l’indique la figure 21, l’égouttoir
pour les petites glaces (12 places jusqu’à 24 X 30 inc-
- 67 -
clus) est de même forme que ceux dont on se sert en
photographie; les rainures sont cependant de plus grandes
dimensions.
Pour les grands formats, on se sert de l’égouttoir (fig 22)
qui est. plus solide> contient 25 glaces, et est monté sur des
roulettes, ce qui permet de le déplacer plus facilement.
Blaireau. — Le blaireau dont on se sert pour les glaces
phototypiques doit être fin, à longs poils, et de forme plate,
comme l’indique la figure 23.

Appareil à cuire et à filtrer la gélatine. — Le principe de


cet appareil est la réunion et la simplification de deux
appareils qu’on employait jadis séparément ; le premier
pour faire cuire la gélatine, le deuxième pour la filtrer à
chaud aussitôt qu’elle est cuite.
L’avantage de cette réunion est la suppression du
refroidissement qu’il était difficile d’éviter au moment de
la filtration ; avec ce nouvel appareil, la gélatine est
récoltée après filtration dans le bain-marie même ; elle est
donc maintenue continuellement à bonne température.
L’appareil, fig. 24 et 25 se compose essentiellement d’une
bassine en cuivre servant de bain-marie, sur laquelle est
rivée latéralement une tige en fer qui s’élève d’environ 25
centimètres au dessus du- bord supérieur de la bassine.
- 68 -
Cette tige sert de support à l’appareil à filtrer à chaud,
qui peut ainsi monter ou descendre.
L’appareil à filtrer à chaud est constitué par un
entonnoir en cuivre à double paroi. On peut introduire de
l’eau au moyen de la petite tubulure de gauche dans cette
paroi

creuse et cette eau sera maintenue à température élevée


quand la grosse tubulure qui forme appendice viendra
plonger dans le bain-marie.
- 69 -

Avant de mettre la gélatine dans le bain-marie, on


remplira donc d’eau chaude l'intérieur de l’entonnoir, on
- 70 -
baissera l’appareil à filtrer aussitôt la gélatine placée dans
le verre de Bohème et on opérera la cuisson.
Lorsque la gélatine a cuit dans le bain-marie, on élève
l’appareil à filtrer le long de la tige ; puis on prend par la
poignée le verre de Bohème où se trouve la gélatine et on la
verse dans l’entonnoir (fig. 25). Aussitôt après, on replace
le verre dans le bain-marie où il reste en équilibre, bien
que vide, — maintenu qu’il est par sa poignée — on fait
redescendre l’appareil à filtrer de manière à faire plonger
son appendice dans l’eau du bain-marie. La gélatine qui
filtre est ainsi recueillie sans avoir à subir le moindre
refroidissement.
Autres avantages :
1° Un petit support maintient constamment un
thermomètre dans le liquide, et permet d’en contrôler la
température durant toute l’opération ;
2° L'opérateur n’a plus à craindre de se brûler les doigts
quand il retire le serre de Bohème du bain-marie, grâce à
la poignée dont il est muni.
Etuve. — L’étuve, fig. 26, a la forme d’une grande caisse
en bois ; elle est divisée dans a hauteur en deux parties,
séparées par deux plaques de tôle distantes de 3 à 4
centimètres ; l’espace entre ces deux tôles de fond est
rempli par du sable bien sec dont le but est de conserver
plus longtemps la chaleur ; ce sable doit âtre renfermé
hermétiquement entre ces a tôles afin que la poussière ne
s’en échappe pas pour aller retomber sur les planches
pendant la cuisson.
La partie inférieure et intérieure de l’étuve est
entièrement doublée en tôle et se trouve traversée par une
- 71 -
rampe à gaz ; si l’on ne peut avoir le gaz dans son
laboratoire on peut remplacer la rampe par deux ou trois
appareils à pétrole.
La partie supérieure ou étuve proprement dite sert &
recevoir les glaces; elles portent sur des vis arrangées en
quinconce

fixées dans la bines de fer transversales, lesquelles glissent


sur des tasseaux apposés sur les parois longitudinales de
l’étuve.
Une trappe pratiquée sur le devant de l’étuve donne à la
main un libre accès pour le réglage des vis.
A la partie supérieure, le couvercle est formé d'un
- 72 -
châssis à charnière garni d’une étoffe rouge. Dans le
panneau supérieur du devant, on a pratiqué une ouverture
(fermée par un verre jaune qui permet de voir dans
l'intérieur de l'étuve. On suit la température au moyen
d’un du thermomètre gradué sur la tige, dont le réservoir a
mercure plonge a l’intérieur de l’étuve par un petit trou
percé dans le couvercle.

Chimie & Insolation. — Le châssis est du même type


que les châssis positifs qui servent pour la photographie ; il
permet de recevoir des glaces plus épaisses que les cliches
ordinaires, il est beaucoup pins solide, et les ressorts sont
remplacés par des vis en bois.
- 73 -
Pour les glaces de grandes dimensions, le châssis porte
deux tourillons qui peuvent tourner dans les coussinets
d’une sur le de chevalet, fig. 27.
Presse à main. — Une bonne pressa à main doit
remplir un certain nombre de conditions.
Elle doit être solide, d’un fonctionnement facile et rapide.
La pression doit y être élastique et roulante pour éviter le
bris des dalles et l’arrachement ou la déformation de la
pellicule.
La surface sur laquelle se place la glace doit être plane,
on doit pouvoir caler cette glace rapidement.
Il est nécessaire que la presse possède des moyens de
fixer commodément la cache et la hausse nécessaire à tout
tirage phototypique.
Les presses a râteau qui écorchent la gélatine et brisent
fréquemment les glaces ne sont pas à recommander, il est
impossible d’y entreprendre un tirage de quelque durée.
Toutefois les imprimeurs qui possèdent une presse a bras
lithographique peuvent s’en servir pour leurs premiers
essais.
Presse à main à pression élastique et roulante.
— Nous allons donner la description de la presse à main à
cylindre que nous avons créée pour les tirages
phototypiques ; elle répond aux desiderata énumérés plus
haut. La presse que représente la figure 28, et que nous
décrivons ci-après, est le type des formats 24 X 30, 30 X 40,
40 X 50 et au-dessus. Les presses des formats inférieurs en
sont des simplifications et n’en diffèrent, comme on a pu le
voir page 50 (chapitre des tirages) que par le moyen de
régler la glace de niveau.
- 74 -
Le bloc ou marbre sur lequel la glace est calée au moyen
de griffes spéciales est placé dans un chariot ou des vis
permettent de le maintenir latéralement une fois sa
hauteur réglée suivant l’épaisseur de la glace (voir page
50).

Le chariot peut glisser sur deux coulisses en V faisant


partie du bâti en fonte de la presse.
Une manivelle actionnant le pignon qui engrène avec
- 75 -
la crémaillère fixée sous le chariot lui donne son
mouvement de va-et-vient ; en tournant la manivelle dans
un sens on fait passer le chariot et par suite la glace sous la
pression du cylindre puis en tournant en sens inverse on le
fait revenir en arrière.
A l’avant du chariot une charnière en cuivre sert à
recevoir la cache et permet à chaque épreuve de la relever
avant l’encrage et de l’abattre après, sans avoir besoin de
la repérer.
Un châssis en fer garni d’un blanchet de caoutchouc bien
tendu forme également charnière> on y peut fixer la
hausse qui se trouve ainsi toujours bien repérée. (Pour
faire la cache et la hausse, voir page 52).
Le cylindre est en fonte parfaitement tournée et polie. Il
donne une pression élastique grâce à deux ressorts à
boudin qui appuient sur l’extrémité de la tige en fer fixée
aux coussinets du cylindre.
Les cuirs qui garnissent les côtés du chariot
communiquent au cylindre un mouvement de rotation qui
accompagne la glace quand elle arrive en pression. Les
coussinets proprement dits du cylindre sont en fonte ; les
tourillons du cylindre actionnent dans des coussinets
excentrés en bronze, mobiles eux-mêmes à l’intérieur des
coussinets en fonte. L’entretoise à poignée dit cylindre rend
les coussinets excentrés solidaires l’un de l’autre ; en
agissant sur la poignée de droite à gauche on amène le
cylindre à la position de l’impression. En agissant de
gauche à droite on l’élève grâce à l’excentrage des
coussinets en bronze de 7 à 8 millimètres, ce qui permet au
chariot de revenir en arrière sans subir une nouvelle
pression.
- 76 -

fig. 29
Table de mouillage. — La table de mouillage se
compose d’une table en bois formant cuvette et recouverte
- 77 -
de zinc (fig. 29), à la partie inférieure se trouve un
égouttoir servant à ranger les glaces qui sortent du
mouillage ; de chaque côté il y a une petite tablette l’une
sert à recevoir le bain de mouillage qui tombe de la table et
l’autre permet de poser les éponges et autres objets.

Pied à vis calantes. — Sur la table de mouillage sont


placés deux ou trois pieds à vis calantes qui servent à
mettre les glaces de niveau (fig. 30).
Le pied à vis calantes est une sorte de trépied ; la partie
supérieure est formée par un triangle à pointes sur
lesquelles repose la glace. La partie inférieure porte trois
vis à tête moletée qui permettent de placer la glace
parfaitement horizontale au moyen d’un niveau à bulle
d’air.
- 78 -

Bac à dégorger. - Le bac à dégorger (fig. 31) se


compose d’une cuve rectangulaire en zinc, avec robinet à la
partie inférieure et d’une sorte de panier en zinc dit
intérieur mobile, dont deux des parois ont des rainures

permettant d’y mettre des glaces de 7 à 20 millimètres


d’épaisseur suivant les grandeurs.
Nous recommandons comme plus commode 1’intérieur
mobile nouveau modèle (fig. 37) dans lequel la disposition
- 79 -
des rainures permet de placer, avec sécurité, des glaces de
toutes les dimensions inférieures au format du bac.
Rouleau de cuir. - Le rouleau de cuir est comme ceux
dont se servent les lithographes, mais seulement en cuir à
grain et jamais on cuir lisse.
Il a pour rôle de distribuer l’encre ferme, dans les parties
foncées.
Avant de se servir d’un rouleau pour la première fois, il
faut qu’il soit ce qu’on appelle fait, c’est-à-dire qu’il soit

imprégné de vernis. Pour faire le rouleau, on étend sur la


table à encrer une assez grande quantité de vernis moyen.
Pour enduire avec abondance toute la surface du rouleau,
on le roule dans le vernis pendant cinq à dix minutes, puis
on le gratte avec le dos d’un couteau dans le sens du cuir et
l’on recommence l’opération jusqu’à ce que le rouleau
refuse de prendre le vernis et qu’il n’y ait plus de peluches
sur le cuir. Après cela, on le roule sur la table à encrer
chargée de noir ferme et l’on gratte de nouveau. Au bout
de quelques heures de ce manège, le rouleau est enfin prêt,
mais il n’est véritablement bon qu’après plusieurs jours de
service.
- 80 -
Moule à rouleau. - Le moule à rouleau est un tube
cylindrique en cuivre supporté par un pied percé d’un trou
(fig. 32) ; à la partie supérieure il y a une etoile ou
fourchette qui sert à maintenir l’axe du rouleau au centre
du moule.

Rouleau de gélatine. - Le rouleau de gélatine (fig. 33)


distribue l’encre plus fluide pour donner aux demi-teintes
toutes leurs délicatesses. Il se compose d’une monture en
fer avec manches en bois, d’un axe autour duquel est
coulée une pâte spéciale de gélatine. Pour couler la pâte, on
la fait fondre au bain-marie et lorsqu’elle est liquide, on la
verse doucement dans le moule en la filtrant sur une grosse
mousseline qui retient les matières en suspens.
- 81 -
Préalablement, on a enroulé autour de l’axe du rouleau
une corde fortement serrée et on a dû graisser l’intérieur
du moule avec un tampon bien imprégné d’huile pour que
le rouleau, une fois la pâte refroidie, puisse se détacher
facilement.

Couteau et spatule. - Pour prendre et étendre les


couleurs on se sert d’un couteau et d’une spatule en acier

(fig. 34). Ces instruments ne doivent pas être aiguisés de


peur de couper les rouleaux.
- 82 -

Table à encrer. — La table à encrer est généralement


en marbre blanc; elle est d’une assez grande dimension

pour recevoir les deux rouleaux (fig. 35). Elle peut être
supportée par un meuble en bois qui sert à ranger les
divers ustensiles.
- 83 -
Boîtes â glaces. — ll est bon d’avoir des boîtes à glaces
de différentes dimensions pour conserver le glaces. (Fig.
36)
- 84 -
PHOTOTYPIE EN TEINTES VARIÉES
_____________

Nos lecteurs trouveront dans ce traité deux planches


phototypiques, l’une en vert foncé (paysage), l’autre en
sanguine (portrait de fantaisie), tirées toutes deux par la
maison Royer, de Nancy. Ils pourront ainsi mieux
apprécier les effets que l’on peut obtenir de l’emploi
judicieux des teintes phototypiques. A ce sujet nous devons
dire quelques mots de la manipulation des couleurs, car en
ce qui concerne leur choix, le goût, le sentiment artistique
de l’opérateur doivent le guider plus sûrement que toutes
les généralités que nous pourrions écrire.
Deux rouleaux ne peuvent suffire à toutes les couleurs.
Il importe principalement d’avoir plusieurs rouleaux de
cuir car le rouleau de cuir ne se nettoie qu’au couteau et
par suite très imparfaitement. Ne jamais laver un rouleau
de cuir à l’essence qui dessèche trop vite les fibres du
derme. On comprend qu’un rouleau qui est imprégné de
noir ne puisse convenir à un tirage en couleur claire. Il
faudrait faire l’encrage pendant des heures entières et
racler souvent la couleur salie qui résulterait du mélange
forcé de l’ancien noir et de la couleur claire, avant
d’obtenir une teinte bien homogène. On ne peut pas
davantage mettre du noir ferme sur le rouleau de cuir et de
la teinte sur le rouleau de gélatine au bout de quelques
tirages, les teintes se mélangent et on obtient une série
d’épreuves de plus en plus foncées ou salies le tirage ne
saurait être uniforme.
- 85 -
Nous conseillons donc l’achat de deux ou trois rouleaux
de cuir à l’amateur qui veut s’adonner aux tirages en
couleurs ; il en réservera un pour les teintes claires, jaunes
et rouges, un autre pour les bleus, violets et verts, et
finalement le troisième pour les noirs, bistres, sépias, et en
général pour tous les tons foncés.
Pour conserver aux rouleaux de cuir dont on ne se sert
pas très souvent toute leur souplesse, bien les racler après
usage et les enduire d’une couche de suif épuré, puis les
envelopper de papier pour que l’humidité et la poussière
n’aient aucune prise sur eux.
Les rouleaux en cuir lisse ne conviennent pas en
phototypie.

_____________
- 86 -

CONSEILS AUX DÉBUTANTS


_____________

Le lecteur qui nous aura suivi pas à pas est sûr de réussir
avec un peu de persévérance ; s’il est arrêté dans certains
cas, qu’il ne se décourage pas, que les tâtonnements, les
insuccès partiels inévitables aux débuts, ne le rebutent pas.
Qu’il cherche toujours à se rendre compte de la cause de
son échec. Pour cela qu’il travaille tout spécialement le
chapitre des insuccès et les explications de la page 54.
Il sera bon aussi qu’il procède aux trois expériences
suivantes qui lui feront saisir le rôle de l’insolation et du
mouillage.
Première expérience. — Insolez une planche en en
masquant successivement une partie ; supposons que le

négatif mis au jour demande une heure d’insolation ;


couvrez dès le début de l’insolation les deux tiers de la
plaque, B et C pendant une demi-heure, puis la partie C
pendant une autre demi-heure, finalement laissez tout
- 87 -
découvert pendant le même temps. Vous aurez une planche
inégalement insolée, C pendant une demi-heure, B pendant
une heure, A pendant une heure et demie. A aura trop de
pose, B une pose normale et C une pose insuffisante.
Vous remarquerez attentivement les différences que vous
obtiendrez au tirage, cela sera pour vous un guide
précieux.
Deuxième expérience. — Faites la même expérience
au dos de la plaque insolée régulièrement du côté sensible,
en prenant comme durée normale d’exposition, quatre
minutes. Vous jugerez mieux ainsi de l’effet produit par
cette ingénieuse application de l’insolation de la couche
sous-jacente et vous vous réglerez d’après les résultats
obtenus.
Troisième expérience. — Mouillez inégalement sous le
bain spécial une planche bien préparée ; vous vous rendrez
compte facilement du degré de mouillage que doit avoir
une planche phototypique pour donner une bonne
impression.
Enfin, dernier conseil, ayez un cahier de notes spécial où
vous consignerez jour par jour, planche par planche, les
résultats obtenus avec telle ou telle formule, tel ou tel degré
de cuisson, telle ou telle position dans l’étuve.
Voici un modèle de cahier de notes que nous vous
engageons à vous constituer. (Pages 89 et 90).

Et maintenant, si malgré ces quelques conseils vous ne


réussissiez pas, ne craignez pas de nous demander avis,
nous mettrons toute la complaisance possible à vous
- 88 -
indiquer les causes de vos déboires et nous essaierons de
vous sortir d’embarras.
Le mieux, si vous êtes à Paris ou si vous pouvez y venir,
sera de passer à notre laboratoire modèle, 79, rue de
Rennes, où vous trouverez centralisés tous les produits,
tout le matériel nécessaire à l’impression phototypique.
Vous pourrez assister à des démonstrations ou bien sous la
direction du préparateur qui y est attaché reprendre vos
essais et surmonter les difficultés qui vous auraient arrêtés.

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