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Séance I : 21/02/2018

AVANT PROPOS
L’objectif de ce cours consiste à lier l’efficacité du système financier à la création de la richesse, il nous faut cependant caractériser le
système financier, bien le comprendre dans son rôle et son fonctionnement. Puis concevoir ses conséquences sur la croissance économique.
Quelques thèmes essentiels
o Libéralisation financière (apports et objectifs)
o Années 80 (croissance économique ; système financier)
o Interaction : développement su système financier (SF.) – Croissance économique (CE.)
o Mobilisation de l’épargne (S)
Qualificatifs d’un SF. Performant
Question problématique
 Par quelle façon un SF. Jugé performant arrive-t-il à réaliser à la fois une bonne constitution du Stock de Ressources Financières
(SRF) et une dynamisation -et des projets d’Investissement (I) –et une meilleure distribution et allocation des Ressources
Financières (RF)
THEORICIENS DE REFERENCES
PAGANO (1993 ; 1995) / LEVINE (1995 ; 2003 ; 2010 ; 2015) /J.STIGLITZ (1982) /HUNG (2012 ; 2014) /ARCAND (2012 ; 2014)
Séance II : 28/02/2018
PARTIE I : TOUR D’HORIZON THEORIQUE : de l’interaction et interdépendance entre SF. et CE
MOTS CLES : Bon SRF. ; Bonne récompense de S ; Maximum de solutions de placements possible pour les épargnant et pour les
investisseurs
Les canaux développés par PAGANO :

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(1). Un accroissement de la proportion de S transmise au financement des investissements par une réduction des coûts de transaction
impliqués dans la collecte de l’épargne. Il analyse ces coûts de transaction cités ici comme étant « une perte d'une partie de l'épargne »,
par ailleurs il a également avancé que les coûts de transaction élevés constituent un handicape à la constitution d'un bon stock des RF.
(2). [réf. Rémunération de S, augmentation du taux de S (SRF)] : Sachant que le revenu des agents économiques peut s'éclater au départ
par une partie consommée et une autre épargnée ( R C S ) alors, si les niveaux des taux de rendement dans le système financier sont
importants cela encourage les agents économiques à renoncer à la consommation (augmenter la proportion à l’épargne du R) pour épargner
davantage, par conséquent « toute amélioration du rendement est tributaire à une amélioration des taux de l'épargne (donc du SRF) ainsi
on constate un accroissement de la productivité marginal du capital ( Pm (K ) ). Enfin un SF. performant est celui qui est capable d’allouer S
vers les projets I les plus rentables.
(3). Le développement d'instruments d’épargnes (solution d’épargnes) fiables et efficaces conjugué à une bonne rémunération de S aura
pour conséquence une amélioration des taux de l’épargne et une maximisation des solutions de placements et celles de financement.
CONSTAT
Il existe donc bien une interaction et une proportionnalité entre le SRF et le niveau de production (CE.). Les trois canaux parviennent
bien à justifier qu'une « amélioration de l'efficience et l’efficacité du SF. engendre par conséquent un accroissement du niveau de la
production qui génère un accroissement des taux d'épargne qui accroit le niveau du SRF et ainsi de suite. »
Par ce constat, le développement de la croissance économique annonce « une augmentation de la richesse créée », une partie de cette
richesse va être distribuée sous forme de rendement et récompense de l'épargne (récompense d’une renonciation à la consommation).
L’épargnant par conséquent observe sa richesse améliorée donc son revenu aussi améliorée, ce qui améliorera par suite à la fois son niveau
de consommation, et par défaut celui de la production des investissements préalablement financés et en mémé temps celui-ci (l’épargnant)
se verra dans la capacité d’épargner d’avantage, acte qui aura comme conséquence une augmentation du stock de S d’où une amélioration
du financement d’un maximum d’investissement possible.
LEVINE (2005 ; 2009)

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Etant en parfaite concordance avec Pagano sur la contribution du SF. dans la croissance économique, LEVINE avance que le
développement financier est le « processus (la façon) par lequel les instruments (marché, intermédiaire financier,…) améliorent le
traitement de l'information », ainsi la mise en œuvre des contrats, et la réalisation des transactions, permettant au système financier
d’exercer parfaitement ses fonctions.
MOTS CLES : Information, Fonctions du SF.
 De l’information :
Pour LEVINE un SF. développé doit assurer une fiabilité et une bonne qualité des informations, il doit se porter garant de la crédibilité de
toute information faisant l’objet de partage de la part des investisseurs, l’importance se constate en cas de défaillance de cette dernière :
les épargnants se retrouvent obligés de revoir leurs décisions de financement des projets d’investissement voire carrément un refus de les
financer, ce qui aura donc comme conséquence une réduction du financement soit une réduction du SRF et par suite une réduction de la
richesse et enfin une réduction du niveau de la CE.
Séance III : 07/03/2018
 Les cinq fonctions du SF. selon LEVINE
1. Ajustements entre capacité et besoin de financement
Pour financier les projets d’investissement et financer leurs achats des matières premières, les moyens d’équipements et d’immobiliers, les
entreprises et les ménages doivent passer en première lieu par l’autofinancement, il s’agit de l’épargne brute, pour les entreprises c’est le
résultat non distribué et pour les ménages il s’agit de la partie du revenu non consommée : il s’agit d’une solution de financement interne,
par contre ce type financement (autofinancement) dans la plupart des cas s’avère être insuffisante raison pour laquelle les agents
économiques déficitaires qui réclament un besoin de financement vont recourir au financement externe.
- Le financement externe offre deux alternatives : un financement DIRECT et un financement INDIRECT
*Dans le cadre d’un financement externe direct : Les agents économiques se rencontrent dans une façon direct, c’est à dire sur le marché
des capitaux où ceux qui ont un besoin de financement émettent des titres de propriétés (obligation) ou de créance (actions), qui sont

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achetés par ceux qui ont un excédent donc une capacité de financement, en l’occurrence les ménages. Le prix de ses titres est fixé à la
rencontre de l’offre et de la demande.
*Le financement externe indirect : Sur ce second volet du financement externe, il s’agit ici d’un financement externe indirecte où il y a
existence d’un intermédiaire financier entre les épargnants et les investisseurs, ce dernier joue à la fois un rôle qui encourage la constitution
d’un bon SRF et aussi celui de drainer une partie de ce stock au financement des projets d’investissements.

1.1. ROLES DES INTERMEDIAIRES FINANCIERS


a. collecter les dépôts et les utiliser pour financier les projets d’investissement
Il s’agit d’une quantité d’épargne qui existe déjà, donc le financement dans ce cas-là est un financement qui passe par une création non
monétaire.
b. Dans le cas où le stock de l’épargne est insuffisant
La banque comble cette insuffisance par l’octroi de crédit qui donne naissance à l’apparition d’une nouvelle quantité de moyens de
paiement donc il s’agit ici d’une création monétaire.
2. Mobilisation et collecte de l’épargne
Questions :
(1)Comment selon LEVINE un bon SF. améliore le SRF ?
(2) Comment le SF. arrive-t-il parfaitement à drainer l’épargne vers les projets d’investissement ?
Eléments de réponses :
(1) L’amélioration du SRF. passe par l’encouragement d’un grand nombre d’épargnants même des plus petits (ceux avec des faibles
ressources) à confier leurs épargne afin d’augmenter le stock de l’épargne.
(2) La multiplicité des solutions de financement et de placement, ce qui s’explique par la diversité des caractéristiques propres à chaque
épargnant et à chaque investisseur (cout / moyen / long terme ; niveau de risque/niveau de rendement)

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La deuxième fonction du SF. permet de constituer et d’améliorer le SRF. à partir de la contribution non-coordonnée d’un grand nombre
d’épargnants où même les plus petits possédant des petites épargnes y sont sollicités à confier leurs épargnes. À ce niveau-là cette
deuxième fonction doit assurer le rôle d’un garant qui augmente le niveau de confiance nécessaire à chaque épargnant. Un rôle tant assuré
par les marchés financiers que par les intermédiaires financiers.

Les marchés financiers proposent dans un contexte institutionnel encadré par des autorités de régulation (Autorité Marocaine des Marchés
Financiers : AMMF) et divers instruments proposent :
- Divers instruments et l’intermédiaire financier quant à lui attire l’épargne par leurs capacités et par leurs réputations à garantir
l’épargne et la faire fructifier.
- La garantie de cette épargne passe par la présence des autorités de contrôle telle que la banque centrale (BC), le conseil de la
monnaie et de l’épargne (CME).
3. Facilitation des échanges de biens et de services
Le SF. facilite les échanges de Biens et Service en réduisant les coûts de transaction et également l’accès aux informations associées à ces
échanges. Ici le rôle du SF. est de faciliter le paiement en apportant une dimension inter-temporelle, donc le lien avec la CE. passe par
l’interaction (développement) des échanges, la spécialisation, l’efficacité productive et l’innovation (nouvelles solution de financement et de
placement).
Cette interaction se produit autant sur le niveau international que national. Le développement des échanges ayant contribué à la mobilité
des capitaux qui à son tour améliore la vigueur du commerce international et au final la création de richesses et la CE.

4. Production des informations sur les investissements envisageable et accumulation du capital.


Le système financier joue un rôle important dans l’accumulation du capital à travers l’acquisition d’informations suffisantes et de qualité
concernant la profitabilité et le risque des projets d’investissements. Le rôle du système financier ici, est d’éviter toute sorte de problème

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d’asymétrie d’information (le non partage de certaines informations), cette fonction est essentielle pour que le système financier soit
capable d’orienter l’épargne vers les utilisations les plus optimales.

Question : Selon cette fonction, s’agit-il d’une sélection des investissements telle que discuté dans les années 80 ? autrement dit est-ce qu’il
y aura une discrimination des projets une fois le maximum d’informations publiées?
« La publication d’un maximum d’informations vise à la détermination des profils ayant les meilleurs couples rendements/risques.
Séance IV : 14/03/2018
o Expliquer le lien entre la qualité de l’information et l’accumulation du capital.
o Expliquer le rôle des banques dans l’amélioration de la qualité d’informations partagées.
La qualité de l’information implique un niveau de confiance élevé dans SF., il s’agit plus précisément d’une confiance en la capacité du
système financier à partager dans la transparence le maximum d’informations possibles, autrement dit à neutraliser les problèmes
d’asymétrie d’information.
La banque quant à elle (en tant qu’intermédiaire financier) participe au développement de la qualité d’informations en réduisant au mieux
les coûts liés à la production de celle-ci (l’information).

5. Répartition, diversification de portefeuille et gestion de risque


« Comment un portefeuille diversifié améliore-t-il le rendement et minimise le risque ? »
L’agent économique cherche une compensation entre les actifs financiers à la fois par une compensation du risque et du rendement, ce qui
va encourager les épargnants à placer leurs épargnes dans les positions dites risquées. Un système financier développé doit faciliter au
maximum la gestion de risque et la diversification de portefeuille (solutions) en permettant donc, aux épargnants de détenir des
portefeuilles d’actif diversifiés. Cela permet aux agents économiques d’être amené à investir malgré le risque dans des projets plus risqués
et dont la rentabilité reste tout de même forte.

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De la Liquidité : Cet effet de diversification des marchés des capitaux permet aussi la gestion du risque en fonction de la liquidité c’est-à-
dire la possibilité de convertir des actifs financiers en pouvoir d’achat (monnaie) dans des brefs délais, lorsque les instruments sont liquides
les épargnants peuvent par conséquent être prêt à les détenir, et ce même s’ils servent au financement de projets d’investissements risqués
à long terme.

Question : Quelle sont les limites de l’interaction entre le développement du système financier et la croissance
économique ?
L’interrogation porte encore une fois sur le lien entre le développement du système financier et la croissance économique selon les débats
déjà discutés entre LEVINE et Pagano qui ont été positifs et favorable au développement du système financier qui impacterai
positivement aussi croissance économique.
Ce lien est expliqué par les trois canaux de transmissions (PAGANO) et par l’existence d’un système financier qui fonctionne parfaitement
(LEVINE).
Par contre un certain nombre des théoriciens remettent relativement en cause cette liaison (SF.-CE.).
HUNG (2009)
Il propose une théorie qui s’établi de la sorte « tant que le crédit pour les projets d’investissement soutienne la croissance, celui octroyé à
la consommation exerce en effet une influence négative ».
Pour ce théoricien, dans les pays ou le système financier est peu développer, son émergence permet à l’économie de s’approcher à la
frontière de capacité de production via le soutien de l’investissement, mais une fois cette frontière atteinte, le développement du système
financier passe par la suite via le crédit à la consommation qui génère des effets bénéfiques du système financier jusqu’à les annuler.
Une seconde critique adressée au lien entre le système financier et développement économique est adressée à la nature même des
indicateurs quantitatifs de ce lien. Une exigence dans le système financier peux s’avérer être le signe d’une situation de bulle spéculative ou
de forte instabilité économique.

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RAJAN et ZINGALES (2003-2010)
Ces deux théoriciens montrent qu’un SF. bancarisé peux améliorer la croissance économique à long terme mais de façon optimal en
mettant en avant la préservation des relations à long terme et d’interconnexion avec le secteur privé à recherche de la seule efficacité
économique, tandis qu’un système de marché et plus à même de sanctionner les entreprises défaillantes.
Séance V : 21/03/2018
o Expliquer le débat des courants théorique vis-à-vis du financement de l’économie
o Expliquer l’importance du rôle de la banque vis-à-vis du financement de l’économie. Le rôle de la banque est-il limité au simple
financement, ou bien la banque joue-t-elle un rôle encore plus important ?
LES LIMITES AVANCEES PAR « PETERSON »
Selon les travaux de Peterson, la même liquidité est interprétée positivement (comme par LEVINE (2005)), elle permet à l’épargnant de
gérer ses risques à la baisse et en même temps de lui permettre une conversion de ces actifs financiers en pouvoir d’achat à tout moment et
en des brefs délais, en revanche cette liquidité combinée à la volatilité peut provoquer des spirales de perte, selon Peterson une baisse des
cours des actions peuvent d’autant plus s’amplifier si le marché est liquide puisque les épargnants peuvent plus facilement liquider et
revendre leurs positions en amplifiant par conséquent la baisse des cours et ainsi de suite (la liquidité augmente à la fois la demande à la
vente, comme celle à l’achat, une fois que la demande à la vente dépasse celle à l’achat on assiste à une baisse des cours des actions).
PARTIE II : FINANCEMENT DE L’ECONOMIE et ROLE DE LA BANQUE
Question problématique :
Quel est l’impact du développement du système financier sur la croissance économique ?
Eléments de réponse :
Le lien entre le développement du système financier et la croissance économique est un lien soit tellement positif en se référant aux travaux
de Pagano et Levine. «Tout développements du système financier doit contribuer à une création de la richesse via le financement d’un
maximum d’investissement productif de richesses et par conséquent une croissance économique, en revanche certaines limites apparaissent

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dans les travaux de HUNG, RAJAN et ZINGALES. Peterson annonce des limites : -le lien entre le développement du système financier et
croissance économique peut se concevoir dans un sens contraire.

Le financement de l’économie est une opération complexe composée d’un ensemble de pratiques, d’institutions, de marchés qui permettent
de concilier les préférences financières des agents économiques.
 À la base, le financement de l’économie est scindé en deux groupes :
 LE FINANCEMENT INTERNE
Il signifie que l’agent économique résout seul son problème de financement en usant de ses propres moyens : il s’agit de sa capacité à
générer des résultats positifs et de constituer un bon autofinancement. Une attention particulière: une entreprise avec des besoins de
financement ne signifie pas qu’elle a réalisé un résultat négatif mais juste qu’elle a besoin de moyen de financement en permanence car sa
survie dépend des projets d’investissement proposé.
 LE FINANCEMENT EXTERNE
Avant de citer les types de financement externe il est question d’abord de discuter les deux groupes d’agents économiques sujets du
financement externe.
*Premier groupe : (agent économique excédentaire)
Les agents ayant une capacité de financement disposent des ressources qui dépassent leurs emplois il s’agit par conséquent d’un solde
positif qui améliore le stock des ressources financières. Généralement ce sont les ménages qui disposent de cette capacité de financement on
considère également les investisseurs institutionnels, les mutuelles, les assurances, la caisse de retraite.
*Deuxième groupe  agent financier déficitaire
À l'inverse du premier groupe, le deuxième groupe affiche un besoin de financement par leurs emplois dépassant leurs ressources, il s’agit
principalement des entreprises et de l’état (le trésor, établissements publics, entreprises étatiques et collectivités territoriales).

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Séance VI : 28/03/2018
 Le rôle de la banque est-il important uniquement dans le financement indirect ou également dans le financement direct ?
 Expliquer comment la banque joue un rôle important à la fois dans le financement direct et indirect ?
 Pourquoi le financement direct est une priorité pour les néoclassique ?
Avant de discuter du financement direct, il est essentiel de rappeler que ce type de financement est une priorité pour les néoclassique. Pour
ces derniers « l’épargne est une renonciation à la consommation immédiate vers une consommation différée dans le temps », du point de
vue Néoclassique : le revenu implique un taux d’intérêt, et ce revenu sera utilisé à la consommation ou à l’épargne. C’est par souci de
maitriser le taux d’inflation que le financement doit au maximum à travers la quantité de moyens de paiement qui existent déjà, donc
l’amélioration du stocks des ressources financières passe d’abord par une renonciation à la consommation immédiate et à travers la
présence de taux d’intérêt important sur le marché financier.

Le financement direct (ou les techniques de distribution) correspond à une confrontation de l’ensemble de l’offre et la demande des
capitaux, des titres de propriétés et de créances, des placements CT et LT. L’apporteur de fonds est en relation direct avec l'emprunteur

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final grâce aux mécanismes de marché et à l’échange de titres, ce qui signifie que unités déficitaires empruntent auprès des unités
excédentaires en vendant des titres financiers.
 Le financement indirect :
Il s’agit d’un financement largement défendu par les keynésiens, selon eux, « la banque joue un rôle très important : leur octroi de crédit
va permettre à l’économie de se développer, » Ici le développement est expliquer en partie par l’amélioration des ressources financières
suite à la création monétaire assurée par les banque.
Pour les keynésiens l’épargne est un résidu qui dépend de l’importance du revenu :
R C S or R C r S ou préférence à la liquidité

Keynes avance que dans le cas où le revenu est faiblement important, il n’est pas question de réduire le niveau de consommation car elle
peut avoir des effets néfastes sur la production des entreprises (une production non consommer peux causer un ralentissement économique)
donc il est du mieux de garder le même niveau de consommation et d’améliorer le stock des ressources financière via la création monétaire.
REMARQUE : Le débat théorique entre les néoclassique et les keynésiens porte essentiellement sur « la capacité d’une économie à
améliorer son SRF. »
Le rôle de la banque dans le financement indirect
Mots clés :
(1) Transformation des échéances courtes vers le long terme ; (2) Transformation des petits montants en grands montants ; (3)
Transformation de risques relativement faibles vars des risques particulièrement élevés
Le financement indirect (ou les techniques d’intermédiation) font appel à des institutions financières qui demandent des actifs financiers
primaires (directs) aux prêteurs ultimes, et fournissent des actifs secondaires (indirects) aux emprunteurs ultimes. Le rôle des
intermédiaires financiers à été mise en évidence par deux théoriciens : Gurley et Shaw (1960).

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L’intermédiation financière passe par la présence d’un intermédiaire financier (banque, établissement de crédits) interposé entre un agent
ayant la capacité de financement et un agent ayant un besoin de financement. Cet intermédiaire financier mobilise l’épargne et la
transforme en solution et source de financement.
Le gain de ces intermédiaires financiers est la différence entre intérêts versés aux préteurs et intérêt reçus par les emprunteurs.
L’intermédiation par conséquent implique une transformation des actifs et une prise de risque.
- La banque supporte alors des risques sur l’emprunteur final et s’adapte à ses besoins par une transformation des échéances courtes
vers des échéances longues et génère entre-temps la liquidité nécessaire au financement de ses emprunteurs.
- Le fond des épargnants se caractérise par des petits montants et des échéances courtes, un niveau de risque faible, par contre le
financement demandé par les emprunteurs se caractérise par de grands montants, des échéances longues et des risques élevés.
La transformation permet alors de ranger et accommoder les besoins des unités en surplus et de ceux en déficit. Il s’agit d’un rôle joué par
la banque qui est en parfaite adéquation avec la fonction d’ajustement entre la capacité avec besoin avancée par LEVINE.
En outre, l’intermédiaire joue un rôle très important dans le système financier, puisqu’il :
 réduit les coûts de transaction,
 améliore la qualité des informations,
 améliore le partage des risques
 neutralise le problème d’asymétrie d’informations. (Ce dernier point il est également parfait adéquation avec la fonction de
production d’information des investissements envisageables et de la fonction de répartition et gestion de risque.)
 Les OPVCM actions font-ils partis du financement direct ou plutôt du financement indirect ?
Avant de répondre à cette question il est important de faire remarquer qu'à partir des années 80 et aux années 90, on a assisté à un
développement des systèmes financiers où il s'est avéré difficile de distinguer la frontière entre le financement direct et indirect.
La frontière entre les deux est devenue floue suite à « l'innovation financière » à « l’institutionnalisation des marchés » et à « la
machination des opérations financières. »

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- Pour notre question la majorité des financiers place les OPCVM actions sur le volet direct et leur argumentaire est le suivant :
« Il n'y a pas prise de risque à la place des épargnants comme avancée au financement indirect. »
CONSTAT :
Les banques et institutions financières dans le financement direct commencent à prendre une place très importante car ils aident les
marchés à fonctionner parfaitement et permettent aux petits épargnants et aux emprunteurs également de bénéficier du marché financier
par -la réduction des coûts de transaction, et -facilitent l'accès aux informations -la gestion du risque et principalement à travers le
« conseil » et « l'accompagnement » dans les opérations de placements et de financements,
Autrement dit : rendre facile le lien direct entre agents excédentaires et agents déficitaires.
Types de banques et leurs rôles dans le financement de l’économie
1. banque de dépôt : (banque commerciale, banque de détail)
Ce type de banque collecte les ressources financières et monétaires des épargnants et prête les ressources financières aux agents déficitaires
(entreprises et ménages).
NB : L’épargne collectée par ces banques est sous deux formes : -S monétaire et -S financière,
S monétaire : elle s’agit des dépôts collectés dans l’objectif d’améliorer la capacité de la création monétaire
S financière : elle est collectée en vue de la prêter aux agents déficitaires, il s’agit d’une création non monétaire.
Sur le volet crédit, il s’agit essentiellement de trois types de crédit (consommation, équipement et investissement).
Crédit consommation : il est de court terme (inférieur à 2 ans) il s’agit purement d’opérations de consommation et de régularisation de
trésorerie.
Crédit équipement : ce sont des crédits de moyen terme (entre 2 et 7 ans) ces crédits sont accordés pour l’achat de biens d’équipements
durables pour les entreprises et les ménages (machines, voiture …).
Crédit investissement : Il s’agit de crédit de long terme (supérieur à 7 ans), ce type de crédit est destiné à l’achat d’installations
industrielles pour les entreprises et de logement pour les ménages.

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Les rendements et les bénéfices réalisés par ces banques sont principalement liés à la différence entre intérêts reçus des emprunteurs et
intérêts versés aux prêteurs.
Les banques de détail se livrent alors d’une double intermédiation :
- Les établissements de crédit collectent les fonds à court terme pour les transformer en prêt de long terme, il s’agit par conséquent
d’une création non monétaire
- Les banques de dépôts assument le risque que ne veut pas prendre les épargnants, donc il s’agit aussi d’une création non monétaire.
Séance VII : 04/04/2018
2. Banque d’affaires
Ce second type de banque n’est pas du tout spécialisé dans la collecte de dépôts et à l’octroi de crédit. Par ailleurs ce sont les banques qui
opèrent dans le financement direct. Les principales opérations assurées par ces banques sont l’augmentation de capitaux, l’introduction en
bourse, opération de fusion/absorption, émission d’obligations et autres formes de titres financiers.
Le rôle joué par ces banques est de faciliter la rencontre entre agent déficitaire et agent excédentaire, leurs tâches résident par conséquent
dans l’accompagnement et le conseil de ces deux agents.
Le type de banque est scindé en deux sous-types : (-banque d’investissement et -banque privées)
o La banque d’investissement et de financement
Elles sont spécialisées dans le montage financier et l’ingénierie financière, ces banques accompagnent les agents excédentaires et déficitaires
sur des opérations d’augmentation du capital, introduction en bourse, fusion et absorption, émissions obligataires et émissions de toutes
autres actives financières.
Elle accompagne également le trésor public lors des opérations d’adjudication soit à une émission de bon du trésor.
NB : ces banques d'affaires peuvent prendre position dans le financement dans certaines opérations de financement, elle joue par
conséquent le rôle d'un agent excédentaire (prise de participation de capital, capital-risque, achat du bon du trésor et autres titres
financiers).

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o La banque privée
Ce sont des banques spécialisées dans la gestion de patrimoine et dans le conseil financier pour des agents excédentaires fortunés.

3. Les banques universelles


Ces banques vérifient à la fois le métier de la banque de détail et celui de la banque d’affaire, il s’agit de grands conglomérats financiers
ayant la capacité de se confronter à des niveaux de risques très élevés. Elles sont devenues une nécessité primordiale dans tout système
financier développé. Par ailleurs leur capacité à faire face à des niveaux de volatilité élevée assure une stabilité à toute l’économie.

Remarque : Les moyens de paiement et de financement assurés par ces banques passent par trois types :
(1) Les fonds collectés sous forme de dépôt à vue et à terme.
(2) Les capitaux propres de ces banques apportés par les propriétaires après les bénéfices accumulés.
(3) Les fonds empruntés suite à l'émission des certificats de dépôt (CT) et émission obligataire (LT) sur ce, elle joue le rôle d'un
agent économique déficitaire.
NB : Les gains de ces banques est la marge d'intérêt entre ceux versés et reçus, les plus-values entre achat et cession des titres financiers
(Ex: un capital risque réalise des plus-values importantes entre le prix d'acquisition d'une entreprise en difficulté et le prix de cession après
redressement)
PARTIE III : PRINCIPALES REFORMES DU MARCHE MONETAIRE MAROCAIN
Vers la fin des années 80 le paysage financier marocain et le règlement bancaire du pays souffre d’autant d’éléments handicapant qui
empêche le développement de l'économie, il était incomplet, archaïque et inadapté aux conditions du développement économique. Pour y
remédier, la période en elle-même est marquée par plusieurs réformes sur le système financier qui portent l’objectif d’adapter ce dernier aux
attentes finales autrement dit l’amélioration de la croissance économique.

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o Quels sont alors les principales réformes et principaux accords de la restructuration du système bancaire marocain ?
I. Première réforme de 1993
Cette réforme a porté sur quatre axes importants :
1. Unification du cadre juridique
2. Renforcement de la protection de la clientèle
3. Renforcement du contrôle exercé par les autorités monétaires
4. Renforcement de la concertation à l’échelle national
UNIFICATION DU CADRE JURIDIQUE
L’objectif recherché par cette réforme est d’instaurer et instituer un cadre unique traitant tous les établissements du crédit de la même
façon, ce qui a fait procéder à la suppression des organismes financiers spécialisés appelés OFS (crédit agricole, CIH …) qui handicapé
vraiment le développement du système financier marocain. Ces derniers sont devenus des banques ordinaires similaires aux autres banques
qui existent déjà. Parmi les résultats escomptés par cette unification : il s’agit principalement d’augmenter le niveau de concurrence et
rendre les taux d’intérêt flexibles et convenables. Sur ce point la BC
RENFORCEMENT DE LA PROTECTION DE LA CLIENTELE
Il vise à la protection des déposant à travers la création d’un fonds de garantie de dépôt et l’apport de soutien financier des banques en
difficulté, l’objectif derrière cette apport est d’augmenter le niveau de confiance au système bancaire afin d’améliorer le SRF. et d’améliorer
la marge (dépôt–crédit) pour que les banques puissent octroyer plus de crédit. (Réf : droit d’ouverture de compte, augmentation du taux
de bancarisation, SRF.)
RENFORCEMENT DE LA CONCERTATION A L’ECHELLE NATIONAL
Le cas présent porte sur les décisions les plus importantes qui tendent au conditionnement de la structure de l’économie, il s’agit des
décisions de la politique monétaire visant à améliorer la qualité des décisions. Cette réforme va instituer la création de trois organes
consultatifs :

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o le conseil national de la monnaie et de l’épargne
Ce conseil chargé de livrer son avis sur les orientations de la politique monétaire
o le comité des établissements des crédits
Il est consulté sur les questions relatives à l’activité des établissements de crédit ainsi que sur le respect des règles prudentielles, les
techniques et instruments de la politique monétaire. (Il s’agit vérifier le respect des contraintes réglementaires et prudentielles dictées par
des autorités et recommandée à l'échelle internationale).
o la commission de discipline
Elle est chargée de réaliser des rapports de discipline à l’encontre des banques qui ne respecte pas les contraintes réglementaires de
prudence exigées par les autorités monétaires (dont la BC). Autrement dit d’instaurer des décisions disciplinaires et le cas échéant des
sanctions en l’encontre de ces banques
L’objectif de ces réformes reste principalement le renforcement des banques qui devraient normalement jouer un rôle pivot sur le
développement du système financier et bancaire. À noter également que la banque centrale suite à ces réformes (ceux de 1993 et leurs
aménagements en 1994 et 1995) a connu une modification de son statut et principalement une modification sur l’orientation de ses
instruments opérationnels directs vers des instruments indirects.
Séance VIII : 02/05/2018
II. LA LOI BANCAIRE DE 2006
1. on du cadre juridique
2.
3.
4. entrale

1. Unification du cadre juridique

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La loi bancaire de 2006 a été étendue en matière de surveillance et de contrôle sur tous les organismes ayant une activité bancaire et
para-bancaire tel que la caisse des dépôts et de gestion (CDG), caisse épargnes national(CEN), caisse centrale de garantie, les banque
d’offshore et les associations de crédit. Cette loi elle a soumis également un contrôle des exercices lié à l’ingénierie financière, montage
financier et l’intermédiation pour le transfert de fonds. L’objectif recherché ici est le même que celui de la loi de 1993 à savoir
l’augmentation de la concurrence et augmentation de libéralisation financière, cette nouvelle unification du cadre juridique trouve une
explication dans la définition de la banque universelle qui touchait à plusieurs domaines d’activité donc la banque centrale doit être
dotée de mécanismes et de cadre réglementaire appropriés pour les contrôler.
REMARQUE : La banque centrale à travers l’unification du cadre juridique visait une bonne stabilité financière à travers le contrôle
parfait de la quantité de monnaie en circulation.
2. Élargissement du cadre de la concertation entre les autorités monétaires et établissements des crédits

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Attention !  Illustrer à travers un schéma bien commenté la prise de décision par la banque centrale
Vu l’importance de la décision prise par la banque centrale les autorités monétaires ont pour objectif de rendre ces décisions plus efficaces
et optimales, par ailleurs la loi de 2006 a essayé de répondre à l’impératif de l’élargissement de la concertation par la mise en place
d’instances de supervision sous la tutelle du ministère des finances, ces organes consultatifs sont : le Conseil national de crédit et de
l’épargne, le Comité des établissements des crédits et la Commission de discipline des établissements des crédits. Les différents rapports
hebdomadaires, mensuelles et trimestriels portent sur un niveau de détail très élevé, les informations évoquées sur ces rapports portent sur
des informations sur les finances publiques, balance de paiement, balance commerciale, situation politique, sociale à tant à l’échelle
nationale qu’à l’échelle internationale, l’objectif derrière cela est de rendre la décision prise encore optimale.
3. Renforcement de la protection des déposants et des emprunteurs
L’amélioration de la protection des déposants et des emprunteurs passe par la détermination des cadres réglementaires et prudentiels
efficace, les autorités monétaires marocaines s’inspirent du cadre réglementaire initié par le comité de Bales en adoptant également des
spécificités propres au paysage financier marocain
Indicateurs
a. LES FONDS PROPRES DES BANQUES : Le capital minimum des banques fixées à 100 millions de DH (2006)
b. LE RATIO DE LIQUIDITE : les banques sont tenues de respecter de façon permanente un rapport minimum égale à 100%
entre :
Actifs liquides
Ratio de liquidité
Engagements
 Les actifs liquides et réalisables à court terme : les actions, obligations des entreprises, bons du trésor à court terme,
créance interbancaire
 Les engagements par signature reçu et donné, et leur exigibilité à court terme : dépôt des clients, les bons de caisse, les
obligations et tous autres titres financiers émis par la banque.

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Le ratio de liquidité explique la capacité de la banque à faire face à des engagements par les actifs liquides et disponibles, ce ratio annonce
traduit aussi la capacité de la banque à récupérer de la liquidité dans l’immédiat pour faire face à une sortie de liquidité à très court terme.
c. LE RATIO DE SOLVABILITE
Selon les normes internationales édictées par Bales II, ce ratio impose aux établissements de crédit de couvrir leurs risques à hauteur d’au
moins de 8% par les fonds propres. Sur le cas national les autorités monétaires sont plus exigeantes : il était de 10%
(Actuellement le ratio de solvabilité en Europe est de 9% au Maroc il est de 12%)
d. LE RATIO DE CLASSIFICATION ET PREVISION DE RISQUE
La loi bancaire de 2006 a exigé aux banques de classer les créances en souffrance sur trois types :
o Créances pré-douteuse : elles sont couvertes par des provisions à hauteur minimum de 20%
o Créances douteuses : elles sont couvertes par des provisions à hauteur minimum de 50%
o Créances compromises : les prévisions sont à 100%
Remarque : Ces mesures annoncent une possibilité pour la banque de couvrir pleinement tout risque, ce qui rend la banque moins
vulnérable.
4. Accroissement le pouvoir de contrôle et de décision de la banque centrale
La loi bancaire de 2006 a évoquée deux obligations importantes pour les établissements des crédits
(1). Se doter d’un système de contrôle interne visant à identifier, mesurer et surveiller l’ensemble des risques qu’ils encourent et mettre
en place des dispositifs qui leurs permettent de mesurer la rentabilité de leurs opérations.
(2). Disposer d’un devoir de vigilance concernant toute opération dont le caractère économique et dont le caractère légal n’est pas
apparent. Il convient de souligner que ces règles sont destinées à prévenir les risques et la lutte contre le blanchiment d’argent et la
criminalité financière.
Séance IX : 05/05/2018
III. Les grandes lignes de la loi bancaire mars 2015 et les ajustements 2017

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Le système fin développé doit impérativement répondre d'une façon permanente aux exigences des investisseurs et des épargnants. Comme
ces exigences sont en développement continuel, alors le système Financier doit encore plus se développer.
Pour le cas du Maroc le développement du SF. dans le cadre de ses lois a été dicté par deux principales contraintes :
La première est rendre le système financier plus solide face aux crises économiques et financières. La deuxième l'amélioration du stock des
ressources financières à travers l'amélioration du taux de bancarisation et d’attractivité de capitaux étrangers.
1. Les principaux apports
*Prévention des risques systémiques et la stabilité financière *L'arrivée des banques participatives *L’arrivée de la monnaie électronique et
des établissements de paiement
a. Prévention des risques systémiques et la stabilité financière
La mission de la BC selon la loi de 2015-2017, a été enrichie, puisqu'elle devra contribuer à la prévention des risques systémiques et au
renforcement de la stabilité financière. Ce risque systémique est associé à une présence d'un risque politique, économique et social à l'échelle
nationale qu'à l'échelle internationale qui a un impact fatal sur la stabilité financière. Le Maroc est doté actuellement d'un score
important : « Investissement Grad » soit un climat d'affaire favorable. Et dans ce volet on a attribué à la banque centrale un siège au sein
du comité de coordination et de surveillance du risque systémique. (La banque centrale peut s’opposer à une prise de
participation des établissements de crédit au sein d'une entreprise non financière, si elle juge que cette prise de participation est risquée.).
Le champ d'intervention de la banque centrale a été élargi sur autant d'activités hors système bancaire pour gérer les risques et la
résolution des problématiques de crise. Le gouverneur de la banque centrale est devenu plus que jamais le conseiller attiré du ministre des
finances dans le but d'assurer une meilleure cohérence entre les politiques macro-prudentiels et monétaires avec les autres outils de
politique macroéconomique. Le nouveau statut selon cette nouvelle loi, accorde au parlement un droit de regard sur la banque central, le
WALI de la banque peut être entendu par les élus de la nation sur des thématiques telles que la politique monétaire et tous autres sujets
en rapport avec la mission de la banque centrale.

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Sur le volet politique de change la banque centrale dispose d'une carte blanche pour utiliser les réserves de devises dans un objectif de
défense et de préservation de la valeur du dirham marocain dans le cadre d'un régime de change flexible. Toujours en relation avec cet axe
la nouvelle loi a cherché une amélioration du cadre de la concentration, la banque centrale doit prendre également la décision après avis de
trois organes de plus à savoir :
o Comité de stabilité financière
Il est chargé d'évaluer les risques et menaces pensant sur la stabilité du système financier ainsi que d'examiner les mesures pour leur
atténuation, elle est chargée d'évaluer la cartographie des risques systémiques, et des vulnérabilités du système financier, également
d’examiner les instruments et les mesures macro-prudentielles visant à l’atténuation des risques systémiques.
o Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques
Il est présidé par le Wali de la BAM. Ce comité est composé d'autorités chargées du contrôle des assurances et prévoyances sociales. La BC
est chargée du contrôle des marchés des capitaux et du ministère de l'économie et des finances, ce comité elle a pour mission de coordonner
les actions de ses membres en matière de supervision des établissements soumis à leurs contrôles, de coordonner la surveillance des
organismes qui contrôle les entités constituant des conglomérats financiers, de déterminer les établissements financiers ayant une
importance systématique.
o Comité de crise
Ce comité est présidé par le ministre de l’économie et des finances composé des mêmes membres du comité de coordination. Elle a pour
mission de coordonner les actions des autorités qui le composent dans la gestion des crises financières susceptibles de requérir l’intervention
de l'État.
b. L'arrivée des banques participatives
Dans un souci d'amélioration du paysage financier marocain, mais également l'augmentation du taux de bancarisation et d'attractivité
économique en matière de capitaux, l'arrivée des banques islamiques est devenu une variante qui répond à la fois aux exigences et attente

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de nouveaux investisseurs et nouveaux épargnants. Il s'agit d'un objectif d'augmentation du taux de bancarisation vers les 80 % et
vérification des exigences des investisseurs étant des pays du Golf.
Les Banques participatives sont également sous le contrôle de la banque centrale et des mécanismes, structure et activités bancaires. Selon
ce dernier point les lois est porté sur l'instauration d’instances de conformité (la Charia), la loi prévoit une clarification dans l'implication
du conseil supérieur des Oulémas, leur rôle consiste désormais à émettre des avis de conformité sur les champs d'activités des banques
participatives, cette intervention et nécessaire pour préciser la responsabilité, la suivie et le contrôle de conformité émis par les Oulémas.
REMARQUE : Les activités et les produits des banques participatives sont principalement : MOUDARABA, MOUCHARAKA,
MOUNABAHA, NIJAR, SOUKOUK. Cette loi de 2015-2017 prévoit également la création de fonds de garantie des déposants dans les
banques participatives.
Les banques participatives sont tenues de mettre en place un comité d'audit chargé d'identifier les risques de non-conformité, de veiller à
l'élaboration de manuelles et des procédures d'activités.
c. L’arrivée de la monnaie électronique et des établissements de paiement
Parmi les avancés majeures dans le développement du système financier marocain, la nouvelle loi bancaire de 2015-2017 complète le champ
d’application des paiements en y ajoutant la monnaie électronique définit comme étant toute valeur monétaire représentant une créance
sur l’émetteur étant stockée sur un support électronique (carte prépayée ; téléphones portables), mais également la naissance de nouvelles
catégories d’organismes assimilés aux établissements des crédits désignés par le terme « paiement » (mobi-cash)
REMARQUE : il ne s’agit pas de crypto monnaie (bitcoin, petro …) ces dernières ne vérifient pas les fonctions de la monnaie dont
principalement la réserver la valeur nominale, par ailleurs elles sont très volatiles. D’ailleurs la banque centrale et les autorités monétaires
locales en interdit l’usage sur l’échelle nationale.
Un autre apport qui porte sur les BAD BANK (banques défaillantes), il s’agit de détecter les banques en situation difficile afin de prendre
les mesures nécessaires pour les accompagner.
PARTIE IV : MARCHE MONETAIRE ET FINANCEMENT DE L’ECONOMIE (Séance X : 09/05/2018)

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Le marché interbancaire c'est une composante principale pour régulariser la liquidité et la trésorerie des banques, il ne s'agit pas d’une
opération de financement car elle passe par la présence de deux agents de même identité en l’occurrence des agents financiers sur le marché
financier, le type de monnaie objet de ces échanges sur ce marché interbancaire est uniquement la monnaie centrale.
I. Cas premier : situation de déficit
1. Les avances sur sept jours
Ici le marché monétaire souffre d'un manque de liquidité (assèchement de liquidités). Pour régulariser cette liquidité, la banque centrale
intervient à travers les avances sur 7 jours il s'agit d'une intervention bien étudiée après analyse détaillée de la liquidité bancaire, des taux
d'intérêt monétaire, taux de crédit consommation, taux d'inflation, et comportement des agents excédentaires. Cette analyse est réalisée de
façon hebdomadaire par le comité monétaire de la banque centrale, les banques commerciales formulent et adressent leurs demandes de
monnaie centrale à la banque centrale avant les 10h :30 min de chaque mercredi et plus précisément à la direction monétaire et des
changes. La BC procède au calcul du volume total et après analyse détermine le volume à servir (RIEN, PARTIEL, TOTAL), cela dépend
de l'analyse réalisée, la contrepartie que la banque doit payer à la banque centrale n’est autre que le taux directeur.
REMARQUE : Ce processus de la banque centrale est une adjudication à la française où les banques doivent formuler le montant voulu et
également le taux à appliquer, ne seront servi que les banques proposant des taux supérieurs au taux fixé par banque centrale.
EXEMPLE :
Montant Apres analyse la banque centrale décide d’injecter la somme d’un volume de 1000
BANQUES Montant Servi
Demandé Commentaires : La banque centrale va servir les banques en suivant une adjudication au
A 300 300
1000 :(=166,67) prorata autrement dit chaque banque sera servi selon la grandeur de sa demande
1800

B 400 400
1000 :(=222,22) autrement dit si elle a formulé un pour pourcentage de 20% de demande totale elle va être
1800
500 :(=277,78) servie à hauteur de 20% de l'offre totale comme dans notre exemple la banque A va être
C 500 1000
1800
servie sur une hauteur 16,76% la contrepartie que les banque doivent payer à la banque
1000 =333,33
600
D 600
1800
centrale n'est autre que le taux d’intérêt directeur qui est actuellement de 2,25%.
TOTAL 1800 1000
24
2. Avances sur 24 heures
Il faut signaler d’abord que les avances sur 24h ont un objectif de régularisation de la trésorerie des banques qui affichent un solde débiteur
donc il s'agit d'une banque qui ne respecte pas les contraintes réglementaires et jurisprudentielles dictées par la banque centrale d'où une
intervention de la banque centrale pour régulariser sa situation de trésorerie sur 24h contre un taux d’intérêt dit d’ « enfer » , plafond qui
égale au taux directeur ajouté de 100 points de base (actuellement le taux directeur sur 7 jours = 2,5% taux de 24 h = 3,25%)
II. Cas deuxième : Excédent de liquidité
Toujours dans le même cadre, la banque centrale doit intervenir pour retirer (éponger) la liquidité excédante mais certainement après
analyse de la liquidité bancaire, des taux d'intérêt monétaire, taux de crédit consommation, taux d'inflation, et comportement des agents,
dans les mêmes conditions des avances sur 7 jours à la seule différence qu'elle réalise une reprise de liquidité à travers non pas uniquement
un seul taux d’intérêt fixe mais également des taux d’intérêt variables, la banque centrale va servir d'abord les demandes des taux d’intérêt
les plus faibles.
REMARQUE : Les banques formulent des demandes associées à des taux d’intérêts variables formulés par des tranches de 25 points de
base
EXEMPLE :
BANQUES Apres analyse la banque centrale décide de retirer 1400
TAUX TOTAL
A B C Commentaires : La banque centrale par obligation doit retirer l'excédent de
2% 300 0 500 800 liquidité va procéder en commençant d'abord par les taux le plus faible dans
2,25% 200 300 400 900 notre cas, elle va prendre la totalité de la demande pour 2% à savoir un
2,5% 0 200 200 400 total de 800 millions comme ce montant n'éteint pas la totalité recherchée
2,75% 500 300 200 1000 donc il reste donc pour la banque centrale un montant à retirer du système
3% 0 0 200 200
bancaire établi à 600 (1400-800), la banque centrale elle doit passer au taux

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suivant à savoir 2,25% comme le montant proposer par les banques dépasse le reliquat à lever (600)la banque centrale passe par une
adjudication prorata.

1. Les facilités de dépôt sur 24h


Elles sont à l'initiative des banques commerciales et bien sûr après accord de la banque centrale ce dernier procède à lever les fonds
excédents sur 24h contre un taux d'intérêt qui égale au taux directeur diminué de 100 points de base.
REMARQUE : Selon la situation du marché (excédentaire ou déficitaire), la banque centrale détermine le taux directeur, autrement dit il
y a un taux directeur déterminé sur le marché excédentaire et un autre sur le marché déficitaire.
Séance XI : 10/05/2018
 Qu’elle est la relation entre les banques commerciales en termes de régulation de liquidité ?
 Qu’elles sont les opérations de régularisation de liquidité entre banques commerciales ?

Les taux moyens pondérés sur le marché interbancaire : il s'agit d'un taux monétaire issu d'une négociation de liquidité entre banque
déficitaire et excédentaire. Ce Taux Moyen Pondéré au Jour le Jour (TMPJ) il est en parfaite corrélation avec le taux directeur et il est
conditionné par la situation de liquidité sur le marché interbancaire.
 Si le marché interbancaire est serré en matière de liquidité (cas de la grande fête de Ide) où les agents économiques procèdent à une
transformation de la monnaie scripturale en monnaie fiduciaire, ce qui cause pour les banques une baisse de la marge entre dépôts et
crédits donc une limitation du pouvoir de la création monétaire des banques, par conséquent elles vont augmenter leurs demandes
de liquidités (monnaie centrale) donc le Taux Moyen Pondéré au Jour le Jour va augmenter,
 en revanche dans le cas situation où le marché est liquide, il y’aura baisse du TMPJJ causé par une baisse de la demande de
liquidité.

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REMARQUE : Ce TMPJJ sur 24 h est réservé à une négociation uniquement entre banques commerciales par contre il y a un taux sur 24
h fixes suite à une demande de liquidité émanant d'une banque commerciale adressée à la banque centrale
Les modalités de régularisation de liquidité hors intervention de la banque centrale, 3 types de régularisations soit 3 types d’opérations
pour régulariser la trésorerie: (1) : Les avances en blanc ; (2) : La cession temporaire de titres et (3) : Les opérations fermes
a. Les avances en blanc
Elles consistent à un échange de liquidité d'entre banques sans aucune garantie ou contrepartie c'est un simple jeu d’écriture au niveau des
comptes des banques à la banque centrale ce type d’opération se base sur un niveau de confiance élevé, le règlement de ses opérations se
fait en monnaie centrale en contrepartie d'un TMPJJ.
b. La cession temporaire de titres
Ce type d'opération est composé de trois sous-types :
- Les pensions interbancaires ordinaires (pensions non livrées)
Il s'agit d'un prêt ou emprunt contre des effets commerciaux ou titres de créance négociable, mais il n’y a pas remise desdits effets ou
livraison des titres, la banque déficitaire (l’emprunteur) conserve les titres présentés comme garanties.
- Les pensions livrées (REPO)
Cette opération consistent à obtenir d'un préteur banque excédentaire, une créance d'un montant déterminé contre une garantie
constituée de titres de créance négociable il y a livraison de la garantie qui est entre les mains de la banque excédentaire.
- REMERE
C'est une vente de titres dans laquelle le vendeur se resserve le droit de les racheter dans un délai précis et négocié avec le prêteur.
Dans ce délai l’emprunteur dispose d'une option de rachat de ces titres, c'est la raison pour laquelle ils sont notés en tant qu'une vante
temporaire.
c. Les opérations fermes

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Il s'agit d'un achat ou d'une vente définitive de titre. Dans ce type d’opérations la banque qui est à la recherche de liquidité cède une
partie de ses titres contre la liquidité où la banque déficitaire n'est pas tenue de payer un taux.
 Expliquer l'importance des TCN dans le financement de l’économie et plus précisément dans le financement des
entreprises.
Le développement du marché des TCN porte sur la multiplicité des solutions offertes aux entreprises, autrement dit toute entreprise quelle
que soit les conditions et ces exigences de financement, avec le développement du TCN peut trouver la solution qui la convient : pour les
entreprises qui ont un problème de trésorerie à très court terme, ces dernières peuvent passer par l’ émissions de billets de trésorerie, par
contre une entreprise qui a des besoins de financement et d'investissement à moyen long terme ; celles-ci peuvent passer par l’émission
d’obligations (il y a autant de types d'obligations allant des moins risquées aux plus risqués) mais également sur les TCN il y a les
certificats de dépôt pour les banques et les bons de société de financement (BSF) pour les sociétés de financement
Pour conclure la contribution des TCN pour le développement du financement des entreprises passent par la multiplicité des solutions de
financement optimales et adéquates qui arrange parfaitement les contraintes des entreprises.
 Mécanismes de financement du trésor :
Avant de discuter des mécanismes, il est question d'abord d'analyser le trésor en tant qu’entreprise (agent non financier) qui a un besoin de
moyen de paiement, ses besoins sont dictés par la nature de ses dépenses et également l’écart entre recettes et dépenses. S'il a besoin de
couvrir ses charges de fonctionnement (paiement de salaire), le trésor lève des fonds sur le court terme (sur le court terme il y a 4 types de
bons du trésor : des bons du trésor sur 13 semaines, sur 26, sur 52, et de 2 ans)
Par contre s'il a besoin de lever les fonds sur équipement ou un certain nombre d'investissements, il lève les fonds sur le moyen terme (5
ans), dans le cas où le trésor envisage une politique d'investissement il peut lever des fonds sur le long terme (10 ans, 15 ans, 20 ans, 30
ans).

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Il s'agit des principales caractéristiques des bons du trésor (maturité) : à signaler que les levés du trésor passent par des levés
hebdomadaires mais ce avant le début de chaque année. Le trésor annonce au grand public son besoin annuel qui est le déficit financement
annoncé dans la loi de finances réparti sur un besoin mensuel, repartie encore une fois sur des levés hebdomadaires.
 Procédure d'adjudication
Quasiment dans les mêmes mécanismes similaires à l'intervention de la banque centrale sur le marché interbancaire, le trésor lève les fonds
par une adjudication à la Hollandaise.
EXEMPLE
Investisseurs Levé de Le trésor procède à un appel d’offre d’adjudication comme
TAUX TOTAL
A B C fonds illustré sur le tableau, par ailleurs le trésor décide de 2500
2% 600 400 700 1700 1700
2,5% 500 300 700 1500 700 Commentaires : Le trésor avant de lever l'argent, doit
2,75% 300 200 - 500 100 d’abord analyser la situation de ses finances publiques
3% 200 100 300 600 0 (recettes et dépenses) et également les niveaux de liquidité
disponible sur marché des capitaux, les niveaux des taux, les grandeurs macroéconomiques nationales et internationales pour décider le
montant à lever. Pour notre cas et selon les adjudications à la hollandaise, le trésor commence par le taux le plus bas et ainsi de suite
jusqu'à combler ses besoins, il procède à une adjudication au prorata.
REMARQUE : Le trésor n'est pas dans l'obligation de lever la totalité des montants proposés mais plutôt prendre en considérations ses
caractéristiques et conditions spécifiques raison pour laquelle il cherche à minimiser la charge d’intérêt (et commence donc toujours par le
taux le plus bas)

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