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TERRITORIALITE DE L'IMPOT

Le principe de la territorialité de l'impôt est basé sur la notion du


domicile fiscal, celle de la source du revenu et sur le droit d’imposer attribué au
Maroc dans le cadre d’une convention de non double imposition conclue avec un
certain nombre de pays. Ainsi, sont passibles de l'I.R en vertu de l’article 23 du C.G.I,
quelle que soit leur nationalité, les personnes physiques :

 ayant au Maroc leur domicile fiscal, à raison de l’ensemble de leurs


revenus et profits de source marocaine et étrangère ;
 n'ayant pas au Maroc leur domicile fiscal, à raison de l’ensemble de
leurs revenus et profits de source marocaine ;
 ayant ou non leur domicile fiscal au Maroc, qui réalisent des
bénéfices ou perçoivent des revenus dont le droit d’imposition est
attribué au Maroc en vertu des conventions tendant à éviter la
double imposition en matière d’I.R.

I- PERSONNES PHYSIQUES AYANT AU MAROC LEUR DOMICILE


FISCAL

A- DÉFINITION DU DOMICILE FISCAL

En vertu de l'article 23 Ŕ II du C.G.I, une personne physique est


considérée comme ayant son domicile fiscal au Maroc lorsqu'elle y dispose de son
foyer permanent d'habitation, du centre de ses intérêts économiques ou lorsque la
durée continue ou discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours pour toute
période de 365 jours.

Ces critères sont énoncés par ordre d'importance en ce sens que le


foyer permanent d'habitation est pris en considération en premier lieu et ce n'est
qu'à défaut de celui-ci qu'il est tenu compte du centre des intérêts économiques et
enfin de la durée du séjour.

1- Le foyer permanent d'habitation

Le foyer s'entend du lieu où le contribuable réside habituellement et de


manière permanente.

La permanence de l'habitation, condition essentielle, suppose que le


logement aménagé à cette fin, est réservé par le contribuable à son usage et ou à
celui de sa famille de manière continue et non occasionnelle (voyages d'affaires,
stages, vacances ou tout autre court séjour).

Le logement se définit par toute forme d'habitation dont dispose le


contribuable à titre de propriétaire, de locataire, d'usufruitier, d'occupant etc.

2- Le centre des intérêts économiques

Le centre des intérêts économiques s'entend :

- du lieu d'exercice de la ou des activités du contribuable (critère d’ordre


professionnel) ;
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Le contribuable est considéré comme domicilié au Maroc, s’il y exerce son
activité principale.

L’activité principale s’entend de celle à laquelle le contribuable consacre le


plus de temps effectif ou à défaut, celle qui lui procure plus de la moitié de ses revenus
mondiaux.
- du lieu où il possède le siège de ses affaires ;
- ou du lieu où il a effectué ses principaux investissements, qu'il s'agisse de
biens immeubles, d'établissements, industriels ou commerciaux, de prises
de participations, d'exploitations agricoles ou de tout autre placement de
capitaux.

Il suffit donc que le contribuable se trouve dans l'une de ces


situations pour qu'il soit considéré comme ayant au Maroc son domicile fiscal.

3- La durée du séjour au Maroc

En vertu des dispositions de l'article 23 du C.G.I, toute personne


ayant séjourné au Maroc d'une manière continue ou discontinue pendant plus de
183 jours, est considérée comme ayant son domicile fiscal au Maroc.

La période de séjour commence à courir à partir du 1 er jour de


l'entrée de l'intéressé au Maroc.

Pour apprécier la durée du séjour, deux situations peuvent se présenter :

- le séjour est continu : dans ce cas il suffit d'attendre l'écoulement des


183 jours ;
- le séjour est discontinu : dans ce cas il faut attendre l'expiration de 365
jours à compter de la première date d'entrée de la personne au Maroc et
de totaliser les différents séjours.

La période de 365 jours peut chevaucher sur deux années civiles,


dans ce cas la durée de séjour est déterminée selon les dispositions des articles
23 et 27 du C.G.I.

En règle générale, la durée de séjour est réputée remplie, lorsque le


contribuable a résidé au Maroc pour une durée supérieur à 183 jours sur toute
période de 365 jours chevauchant sur 2 années civiles.

Exemple :
Date d’entrée
du contribuable 31/12/2010
31/03/2011

1/12/2010 Janvier février mars

Déclaration 2011 :

Au 31 Mars 2011, la durée de séjour de ce contribuable est de 122 jours.

Si à cette date, le contribuable a l’intention de prolonger son séjour


au Maroc, il doit déposer sa déclaration au titre des revenus dans les délais de
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déclaration prévus à l’article 82 :

 de source marocaine acquis à compter du 01/01/2010 au 31/12/2010 ;


 de source étrangère acquis à compter du 1/12/2010 au 31/12/2010.

Déclaration 2012 :

Si ce contribuable quitte ou prévoit de quitter le Maroc avant le


31/05/2012, il n’aura donc pas séjourné 183 jours et ne sera pas imposable au Maroc
au titre de ses revenus de source étrangère sous réserve des conventions de non
double imposition.

B- CAS DES AGENTS DE L'ETAT EN SERVICE À L'ÉTRANGER

Les agents de l'Etat, qui exercent leurs fonctions ou sont chargés de


mission dans un pays étranger, sont considérés comme ayant leur domicile fiscal au
Maroc, lorsqu'ils sont exonérés, dans le pays étranger, de l'impôt personnel sur le
revenu conformément aux dispositions de l’article 34 de la convention de Vienne sur les
relations diplomatiques et de l’article 49 de la convention de Vienne sur les relations
consulaires.

Il s'agit des ambassadeurs, consuls, agents diplomatiques et consulaires,


attachés militaires, agents comptables et d'une manière générale les fonctionnaires et
employés de nationalité marocaine ou étrangère, placés sous contrat de travail avec le
Royaume du Maroc et exerçant leurs fonctions à l'étranger en cette qualité.

Ces agents sont dans tous les cas imposables au Maroc à raison de
l’ensemble de leurs revenus et profits de source marocaine (traitements et salaires,
revenus et profits fonciers, revenus et profits de capitaux mobiliers etc) conformément
aux dispositions de la convention de Vienne.

Ils ne seront appréhendés à l'impôt, d'après leurs revenus de source


étrangère que s'ils sont exonérés de l'impôt personnel sur les revenus dans le pays où
ils sont affectés.

II- PERSONNES PHYSIQUES N'AYANT PAS AU MAROC LEUR


DOMICILE FISCAL

Ces personnes sont passibles de l'I.R à raison de l’ensemble de leurs


revenus et profits de source marocaine sous réserve des dispositions des conventions
de non double imposition. Il s'agit de l'application du principe général de territorialité
qui veut que les revenus acquis dans un pays soient imposés dans ce même pays,
quelle que soit la nationalité ou le lieu du domicile du bénéficiaire.

III- CONVENTIONS FISCALES DE NON DOUBLE IMPOSITION

Les conventions fiscales conclues entre le Maroc et certains pays


étrangers, peuvent déroger au principe de la territorialité tel qu'il a été commenté
ci-dessus. Ces conventions ont la primauté sur la loi interne.

L'objet de ces conventions est d'éviter la double imposition des revenus


d'un même contribuable en précisant, par catégorie de revenu, le droit d'imposer de
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chacun des Etats contractants et les règles applicables en vue d'éliminer ou d'atténuer
la double imposition.
A- DROIT D'IMPOSER

1- Règle générale

D'une manière générale les conventions fiscales conclues par le Royaume


du Maroc avec des Etats tiers s'inspirent du modèle de l’organisation des nations unies
(O.N.U.) et de celui de l’organisation de la coopération et du développement
économique (O.C.D.E).

En principe, ces deux modèles consacrent le droit d'imposer à l'Etat de


résidence du contribuable.

Toutefois, par dérogation au principe de base précité, les deux modèles


attribuent généralement le droit d'imposer à l'Etat de la source en ce qui concerne
certaines catégories de revenus: bénéfices des établissements stables, revenus et
profits immobiliers, revenus agricoles.

Par ailleurs, le droit d'imposer peut être partagé entre l'Etat de la


résidence du contribuable et l'Etat de la source du revenu en ce qui concerne les
dividendes, les intérêts et les redevances.

Enfin, en ce qui concerne les revenus salariaux, les deux modèles


affirment le principe de l'imposition dans l'Etat de résidence et dans celui de la source.
Ainsi, l'Etat dans lequel l'activité est exercée exonère les revenus salariaux perçus à ce
titre si les trois conditions ci-après sont remplies :

- la durée de séjour du salarié étranger ne doit pas dépasser 183 jours au


maximum au cours de l'année fiscale considérée ;
- l'employeur ne doit pas être un résident de l’Etat dans lequel l’activité est
exercée;
- les rémunérations ne doivent pas être supportées par un établissement stable
que l'employeur a dans l'Etat où l'activité est exercée.

2- Cas particulier

Il est à préciser, également, que sont soumises à l’I.R, les personnes


physiques ayant ou non leur domicile fiscal au Maroc qui réalisent des bénéfices ou
perçoivent des revenus dont le droit d’imposition est attribué au Maroc en vertu des
conventions tendant à éviter la double imposition en matière d’I.R.

Exemple d’ un bénéfice ou revenu do nt les conventions accordent au


Maroc le droit d’imposition: Notion de siège de direction effective

Il convient de rappeler que les dispositions des conventions de non


double imposition signées entre le Maroc et les autres pays prévoient que les
bénéfices provenant de l’exploitation en trafic international de navires ou d’aéronefs
ne sont imposables que dans l’Etat contractant où le siège de direction effective de
l’entreprise est situé.

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Les modèles de convention des Nations Unies et de l’O.C.D.E. ont
précisé dans leur commentaire la notion de siège de direction effective.

A ce titre, cette notion désigne :

- le lieu de direction et de contrôle effectifs d’une entreprise ;


- le lieu où se décident au plus haut niveau les grandes orientations essentielles
à la direction de l’entreprise ;
- le lieu qui joue un rôle de premier plan pour la direction de l’entreprise du
point de vue économique et fonctionnel ;
- le lieu où sont conservés les livres comptables les plus importants.

A titre d’exemple, on peut citer le cas d’une entreprise X qui exerce


une activité dans le secteur de transport maritime international et qui dispose de
bateaux enregistrés dans un port d’attache qui se trouve dans un pays avec lequel
le Maroc a conclu une convention de non double imposition.

Cette entreprise dispose au Maroc d’un bureau qui sert de lieu de


direction et de contrôle effectifs et dans lequel sont prises les décisions les plus
importantes sur le plan de la gestion et sur le plan commercial, nécessaires pour la
conduite de son activité.

Les dispositions de la convention signée entre le Maroc et le pays de


résidence de l’entreprise X prévoient l’imposition exclusive des bénéfices provenant
de l’exploitation, en trafic international, de navires dans l’Etat où le siège de
direction effective de l’entreprise est situé.

Ainsi, ladite entreprise est imposable au Maroc du fait qu’elle y


dispose de son siège de direction effective en application des dispositions
conventionnelles et du droit interne au titre des bénéfices résultant de l’exploitation
des navires en trafic international.

B- MÉTHODES PRÉVUES POUR ÉVITER LA DOUBLE IMPOSITION

Deux méthodes sont prévues dans ce cas, il s’agit de :

 la méthode de l'exonération avec progressivité : Selon cette méthode, le


montant des revenus imposés dans l’Etat de la source sont compris dans la base
imposable au niveau de l'Etat de résidence afin d'atteindre le taux effectif ;
ensuite l'impôt ainsi obtenu est réduit au prorata des revenus de source
étrangère ;

 la méthode de la déduction d'impôt (Imputation) : Dans ce cas l'impôt étranger


dont le paiement est justifié par le contribuable est déduit de l'impôt local dans
la limite de la fraction de cet impôt correspondant au revenu de source
étrangère.

N.B : Il convient de rappeler qu’en absence de conventions de non double imposition,


l’imputation de l’impôt étranger n’est pas accordée.

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Exemple
Un contribuable, ayant son domicile fiscal au Maroc, a bénéficié au
cours de l’année 2010 des revenus et profits suivants :

- loyers de source marocaine : 240 000 DH ;


- dividendes de source étrangère : 380 000 DH inscrits en compte le 02 avril
2010 ;
- profits sur cession de valeurs mobilières de source Française : 460 000 DH mis
à disposition le 05 mars 2010 ;
- impôt étranger : 57 000 Dh.

1) -I.R revenus fonciers :

(240 000 x 60%) x 34% -17 200 = 31 760 DH qui sera émis par voie
de rôle en 2011.

2)- I.R revenus de capitaux mobiliers:

380 000x 30%112 = 114 000 Dh

I.R exigible après imputation du crédit d’impôt :

114 000 - 57 000 =57 000 Dh à verser au plus tard avant le 31 Mai 2010.

Lorsque ces revenus proviennent d’un pays avec lequel le Maroc n’a
pas conclu de convention de non double imposition, le contribuable perd le droit
d’imputation de l’impôt acquitté à l’étranger.

3)-I.R profits de capitaux mobiliers

460 000 x 20% = 92 000 Dh à verser au plus tard avant le 1er Mai 2010.

En application des dispositions de l’article 24 de la convention fiscale


conclue entre le Maroc et la France, les profits résultant des cessions de valeurs
mobilières et autres titres de capital et de créance, sont imposables dans l’Etat du
domicile du cédant.

C- CONVENTIONS FISCALES DE NON DOUBLE IMPOSITION


ACTUELLEMENT EN VIGUEUR

Notons que la publication des conventions n'est pas une condition


obligatoire de leur entrée en vigueur. Celle-ci est en effet précisée par chaque
convention. Généralement, l'entrée en vigueur des conventions coïncide avec la date de
ratification et d'échange des instruments de ratification. Parfois, la convention elle-
même renvoie à la procédure d'adoption telle que prévue par la législation interne de
chaque pays. Dans ce cas, la convention s'applique après que les dernières notifications
aient été faites. (cf annexe n°VII).

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Ce taux a été ramené à 15% à compter du 1er Janvier 2011.

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