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CONVAINCRE ET/OU PERSUADER

Références bibliographiq ues :


Claude Peyroutet, Expression - Méthodes et Techniques, Nathan, 1992;
Alain Boissinot, Les fexfes argumentafifs, Bertrand-Lacoste/CRDP de Toulouse, 1992.
Baril (D.), Guillet (J.), Antoniadis (G.), Techniques de l'expression écrite et orale, ï. 2, Sirey,1992.
Michel Gey, art. "L'argumentation", N.R.P., no 8, avril 1994.

1) Ne pas confondre "démontrer" et "argumenter".

Même si une argumentation est conduite avec la plus grande rigueur et se présente sous la
forme d'une série de raisonnements bien enchaînés, ainsi que procèdent la logique et les
mathématiques, on devra comprendre qu'il s'agit là d'une apparence et non d'une réalité. Car la
démonstration d'un théorème de géométrie, par exemple, est opérée à partir de vérités
intangibles, les axiomes, et, si elle est menée correctement, elle possède une force contraignante :

elle ne peut être contestée, et donne une réelle satisfaction, car on parvient à une certitude absolue.
Mais cela n'est vrai que des systèmes fermés ; dès que nous raisonnons sur une question politique,
sociale, économique, juridique, etc., nous nous trouvons dans des systèmes ouverts et nous quittons
le domaine de la démonstration pure pour entrer dans celui, beaucoup plus vaste, de
l'argumentation. (Denis Baril et al., op. cit.)
Une démonstration est souvent mécanisable. Une argumentation, en revanche, même
quand elle englobe une démonstration, part d'une conclusion (l'opinion, la thèse à faire passer) et en
cherche les raisons, les justifications, les prémisses. Elle n'est pas mécanisable, la thèse
dépendant des valeurs (morales, esthétiques, religieuses) adoptées, variables selon le temps et le
lieu. (Claude Peyroutet, op. cit.)
Dans I'argumentation rhétorique, les arguments se fondent sur des vérités d'opinion,
admises par la plupart des hommes et le plus souvent : on comprend alors qu' une dimension
relative apparaît qui laisse une part parfois non négligeable au subjectif et à I'affectif. C'est ce qui
fait que tout peut être discuté, plaidé, défendu, attaqué. (Michel Gey, op. cit.)

2) Ne pas confondre "convaincre" et "persuader".

Un argument est un raisonnement plus ou moins explicité, par lequel nous nous efforçons de
persuader (ou convaincre ?) quelqu'un, c'est-à-dire de lui faire acquérir ou modifier une opinion, de
lui faire entreprendre ou infléchir une action. (d'après Denis Baril et al., op. cit.)
On différencie d'ordinaire l'art de convaincre et celui de persuader : on se fonde pour cela soit
sur les moyens utilisés, soit sur les << facultés >> auxquelles on s'adresse (intelligence, sensibilité,
imagination), soit sur le résultat cherché. Mais ces distinctions sont fragiles : en particulier, l'homme
ne doit pas être conçu comme coupé en deux (intelligence, affectivité) et tout discours, qu'il ait une
dominante intellectuelle ou affective, s'adresse à l'homme tout entier. (Denis Baril et al., op. cit.)
Néanmoins voici une manière de distinguer ces deux opérations, proposée par Claude
Peyroutet:
CONVAINCRE, c'est justifier la thèse qu'on a choisie pour la faire adopter par autrui ; les
arguments utilisés sont d'ordre rationnels et logiques.
PERSUADER, c'est s'adresser davantage aux désirs inconscients et irrationnets de
l'individu qu'à sa raison et à ses intérêts bien compris.

Pascal avait déjà, au XVll" siècle, évoqué l'opposition entre démontrer et agréer dans
l'opuscule De l'art de persuader (Opuscules,troisième partie, De l'esprit géométrique, section 2, éd.
Brunschvicg) :

<< Personne n'ignore qu'il y a deux entrées par où les opinions sonf reçues dans l'âme, qui
sonf ses deux principales puissances, I'entendement et la volonté. La plus naturelle est celle de
l'entendement, car on ne devrait jamais consentir qu'aux vérités démontrées ,' mar.s la plus
ordinaire, quoique contre la nature, est celle de la volonté; car tout ce qu'il y a d'hommes sonü
presque toujours emportés à croire non pas par la preuve, mais par l'agrément. Cette voie est
basse, indigne, et étrangère ; aussi tout le monde la désavoue. )) (cité par Boissinot, p.6)
« ll paraît de là que, quoi que ce soit qu'on veuille persuader, il faut avoir égard à la personne
à qui on en veut, dont il faut connaître l'esprit et le coeur, quels principes il accorde, quelles choses 17

aime ; et ensuite la chose dont il s'agit, quels rapports elle a avec les principes
remarquer, dans
avoués, ou avec /es ob7'efs délicieux par les charmes qu'on lui donne. De softe que I'aft de
persuader consiste autant en celui d'agréer qu'en celui de convaincre, tant les hommes se
gouvernent plus par caprice que par raison ! » (cité par Boissinot p. 10)

En résumé, dans l'âme humaine, les convictions peuvent se former de deux manières : par Ia
compréhension et par Ia volonté de croire ce qui nous plaît. Si, d'une part, les faits paraissent
être une conséquence nécessaire de principes généraux, si, d'autre part, ils correspondent aux
désirs de notre coeur, ils sont aussitôt acceptés sans répugnance. Au contraire, un conflit intérieur
naît lorsque les vérités reconnues s'opposent à nos désirs : conflit dont la solution est incertaine. ll
faut tenir compte de ce fait lorsqu'on veut convaincre quelqu'un. ll faut savoir à quels principes
adhère le sujet en question, et ce qu'il désire. (Extrait du Dictionnaire des oeuvres de Laffont-
Bompiani, art. « De l'esprit géométrique »)
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LA PERSUASION

lon dit que la publicité est synonyme de liberté. C'est faux. Le système publicitaire
est impérialiste. I1 s'impose partout par la force de l'argent (affiches, boîtes aux lettres,
revues, spots, etc.). I pénètre par effraction dans nos cerveaux (coupures de frlms). I1
étend son empire sur la presse, puisqu'elle dépend de la. publicité pour survivre. La
Spublicité est aussi le moyen, pour les grandes firmes, d'étouffer les petites : les
campagnes des mauvais films à "gros budgets," font ignorer l'existence des bons films
aux moyens modestes. La publicité est une anne, dont le public est la victime.

On dit que la publicité "informe". C'est faux, Au sens propre, le mot "publicité" a
bien ce sens : faire connaître ce qui est d'intérêt public. Mais voyez la réalité : comparcz
101'énorme volume occupé par les pubs dans les médias et le peu d'informations
objectives que vous entirez sur les produits! La publicité ne cherche pas à informer, mais
à vendre. Elle n'éclaire pas le public, elle flatte ses désirs inconscients ; elle le manipule.

On affirme aussi que la publicité favorise la "vie économique". C'est encore faux.
Les publicités servent avant tout les marques, non l'utilité de l'économie. Elles poussent
15au gaspillage, ou sont inutiles (à quoi sert la concurrence entre les diverses mæques
d'essence?). I1 est d'ailleurs prouvé que l'augmentation du pouvoir d'achat aide bien
davantage la consommation que toutes les publicités réunies.

On dit que la publicité favorise le bonheur, en offrant des modèles d'existence


que chacun peut atteindre, par l'acquisition des mille et un produits "qui facilitent la vie".
20C'est faux. Ces modèles ne sont jamais atteints, puisque la course aux nouveaux
produits est infinie.

En vérité, ce que favorise la publicité c'est la surconsoflrmation de ceux qui ont


déjà les moyens de consommer, au détriment des milieux défavorisés qui peinent à
satisfaire leurs besoins élémentaires (logement, nourriture, habillement, etc. ). Quel peut
25être l'effet de la pub sur les SDF ? En répandant partout les images "heureuses" de
modes de vie dits "supérieurs", la publicité accroît le sentiment d'exclusion des pauvres.
Censée apporter la "'joie de vivre", elle ne fait qu'attiser la frustration.

Quant au mode d'existence vanté par la pub, il est lui-même fondamentalement


décevant. Faire croire que le bonheur est dans la consommation, que le rêve peut
3Os'acheter, qu'il suffit de "s'éclater" avec des produits comme on "s'envoie en l'air"
avec des drogues, c'est répandre une grande illusion dont beaucoup sentent confusément
le mensonge. Ils savent bien que ces images sont fausses, qu'il n'y a pas de vraie joie
sans participation de l'intériorité, ni de vraie convivialité sans générosité. Mais ont-ils le
loisir d'en prendre totalement conscience?

35Bien des jeunes restent esclaves des modèles publicitaires parce que ceux-ci les
empêchent de découvrir, au fond d'eux-mêmes, leur idéal personnel de vie authentique.

F.Brune, Un pavé dans la gueule de la pub, Ed. Parangon,2004.


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lRien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux
armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons,
formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons
renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté; ensuite la
Smousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui
en infectaient la surface. La baibnnette fut aussi la raison suffisante de la mort
de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine
de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux
qu'il put pendant cette boucherie héroïque.

l0Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum, chacun dans
son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. I1
passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village
voisin ; iI était en cendres : c'était un village abare que les Bulgares avaient
brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups
lSregardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs
mamelles sanglantes; 1à des filles, éventrées après avoir assouvi les besoins
naturels de quelques héros, rendaient les derniers soupirs; d'autres, à demi
brûlées, criaient qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient
répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.

20Candide s'enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des


Bulgares, et des héros abares l'avaient traité de même. Candide, toujours
marchant sur des membres palpitants, ou à travers des ruines, arriva enfin hors
du théâtre de la guerre [...]

Voltaire, Candide, extrait du chapitre 3, 1759.

L'art de ader ou l'art d'influencer

Voici les principaux procédés d'écriture pour influencer le lecteur :

o Présence et marques de l'émetteur


o Présence et marques du récepteur
o Présence de verbes d'opinion et de modalisateurs (degré de conviction du locuteur)
o Emploi d'un lexique valorisant / dévalorisant (mélioratif / péjoratif)
o Emploi d'une ponctuation affective (point d'exclamation / points de suspension)
o Emploi de questions rhétoriques
o Emploi de figures d'insistance (répétitions / parallélisme de construction)
o Emploi d'images fortes pour frapper f imagination : métaphores, comparaisons...

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LE CIRCUIT ARGUMENTATIF OU PROGRESSION ARGUMENTATIYE

lMultiples sont les motifs que nous avons de protéger la nature.


Et d'abord, en défendant la nature, l'homme défend I'homme : il satisfait à I'instinct de conservation
de l'espèce. Les innombrables agressions dont il se rend coupable envers le milieu naturel (envers
<<l'environnement>>, cofirme on prend coutume de dire) ne vont pas sans avoir des conséquences funestes
5pour sa santé et pour I'intégrité de son patrimoine héréditaire.
Protéger la nature, c'est donc, en premier lieu, accomplir une tâche d'hygiène planétaire. Mais ily a,
en outre, le point de vue, plus intellectuel mais fort estimable, des biologistes, qui, soucietx de la nature
pour elle-même, n'admettent pas que tant d'espèces vivantes (irremplaçable objet d'étude) s'effacent de la
faune et de la flore terrestres, et qu'ainsi, peu à peu, s'appauvrisse, par la faute de I'homme, le somptueux
10et fascinant Musée que la planète offrait à nos curiosités.
Enfin, il y a ceux-là - et ce sont les artistes, les poètes, et donc un peu tout le monde -, eui, simples
amoureux de la nature, entendent la conserver parce qu'ils y voient un décor vivant et vivifiant, un lien
maintenu avec la plénitude originelle, un refuge de paix et de vérité, parce que, dans un monde envahi par
la pierraille et la fenaille, ils prennent le parti de l'arbre contre le béton, et ne se résignent pas à voir les
lSprintemps devenir silencieux.

J. Rostando extrait de la Préface au livre dfEdmond Bonnefous:


«Lthomme ou la nature» (Librairie Hachette, Éditeur, 1975\

lCeux qui jugent et qui condamnent disent la peine de mort nécessaire. D'abord, - parce qu'il
importe de retrancher de la communauté sociale un membre qui lui a déjà nui et qui pourrait lui nuire
encore. - S'il ne s'agissait que de cela,la prison perpétuelle suffirait. À quoi bon la mort ? Vous objectez
qu'on peut s'échapper d'une prison ? faites mieux votre ronde. Si vous ne croyez pas à la solidité des
Sbarreaux de fer, comment osez-volrs avoir des ménageries ? Pas de bourreau où le geôlier suffit.

Mais, reprend-on, - il faut que la société se venge, que la société punisse. - Ni I'un, ni I'autre. Se
venger est de f individu, punir est de Dieu.

La société est entre deux. Le châtiment est au-dessus d'elle, la vengeance au-dessous. Rien de si grand
et de si petit ne lui sied. Elle ne doit pas "punir pour se venger" ; elle doit corriger pour améliorer.
L0Transformez de cette façon la formule des criminalistes, nous la comprenons et nous adhérons.

Reste la troisième et dernière raison, la théorie de I'exemple. - Il faut faire des exemples ! il faut
épouvanter par le spectacle du sort réservé aux criminels ceux qui seraient tentés de les imiter !- Voilà
bien à peu près textuellement la phrase éternelle dont tous les réquisitoires des cinq cents parquets de
France ne sont que des variations plus ou moins sonores. Eh bien ! nous nions d'abord qu'il y ait exemple.
L5Nous nions que le spectacle des supplices produise I'effet qu'on en attend. Loin d'édifier le peuple, il le
démoralise, et ruine en lui toute sensibilité, partant toute vertu.

V.Hugo, Préface du roman Le dernier jour d'un condamné (1829)


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Français - A.Gissat

lEt voilà que l'on écrit partout que mes personnages sont tous également ignobles, qu'ils se
vautrent dans la paresse et dans l'ivrognerie. Vraiment, est-ce moi qui perds la tête ou sont-ce les autres
qui ne m'ont pas lu ? Examinons mes personnages :
I1 n'y en a qu'un qui soit un gredin, Lantier. Celui-là est un malpropre, je le confesse. J'estime que
Sj'ai le droit de mettre un personnage malpropre dans mon roman, comme on met de l'ombre dans un
tableau. Seulement, celui-là n'est pas un ouvrier. [...]
Voyons les autres maintenant.
Les Lorilleux. Est-ce que les Lorilleux sont des fainéants et des ivrognes ? En aucune façon. Jamais
ils ne boivent. Ils se tuent au travail, la femme aidant le mari de toutes les forces de ses petits bras. Certes,
10ils sont avares, ils ont une méchanceté cancanière et envieuse. Mais quelle vie est la leur, dans quelles
galères ils s'atrophient ? [...]
Gouget. Est-ce que Gouget est un fainéant et un ivrogne ? En aucune façon. Ici, j'ai trop beau jeu.
Gouget, dans mon plan, est l'ouvrier parfait, l'ouvrier modèle, propre, économe, honnête, adorant sa
mère, ne manquant pas une journée, restant grand et pur jusqu'au bout. N'est-ce pas assez d'une pareille
l.Sfigure pour que tout le monde comprenne que je rends pleine justice à l'honneur du peuple ?

E.Zolar lettre au directeur dt Bien publicr1877.

RAPPEL

Les constituants d'un texte argumentatif sont :


o Le thème
o La problématique
o La thèse
o Les arguments
o Les exemples
o Les connecteurs logiques
o Les paragraphes

Le circuit argumentatif peut suivre trois voies :


1. L'étayage de thèse
2. La réfutation de la thèse adverse
3. La réfutation concessive

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Critères de réussite

Dans les premiers fempg seruez-vous de ce tableau pour faire vos résumés. Mettez
une croix dans la dernière colonne pour chaque étape effectuée.

Ge que je dois faire Goncrètement je dois... Vérification


pour réussir un résumé
Gomprendre Ie sens global ldentifier le thème, la thèse, les
du texte arouments et les exemoles du texte
Respect de la composition Repérer le circuit argumentatif du
du texte et sélection des texte
idées essentielles
Respect de l'énonciation Respecter les personnes et les
adoptée oar l'auteur temos emolovés
Supprimer ce qui n'est pas Supprimer les informations
essentiel secondaires comme les exemples
illustratifs ou les redites (répétitions,
énumérations)
Fidélité maximale à Ia - Je m'interdis tout ajout
pensée du texte personnel
- Je m'efforce de rendre
compte de façon claire et
exacte des idées essentielles
Reformulation et Reformuler les propos de l'auteur
orig i nalité de l'expression (construction des phrases et
vocabulaire). Je m'exprime donc
aussi personnellement que possible
Essayer de faire des Sans pour autant conserver
paragraphes l'ossature en paragraphes du texte
initial, essayer de séparer la thèse et
les différents arguments entre eux
par l'emploi de paragraphes (ne pas
oublier les alinéas !)
Syntaxe correcte Vérifier la construction de mes
(expression correcte) phrases et m'assure qu'elles ont
toutes un sens.
Pas de répétitions Relire et éliminer les répétitions en
me servant de pronoms ou de
SVNONVMES.
Bonne liaison des Utiliser des connecteurs logiques
arquments entre eux
Orthographe correcte Vérifier mes accords, les
conjugaisons des verbes ainsi que
les mots difficiles
Respecter le nombre de Vérifier que je suis bien dans la
mots fourchette de 10% proposée par le
suiet
Sujet de type { : question de vocabulaire
o Cette question est notée sur 2 points
o Elle doit être traitée en 20 minutes maximum

Notions à connaître :

- La différence entre « mot >> et << expression >>

- La classe grammaticale des mots (voir photocopie)


- La formation du mot (mot simple, mot dérivé, mot composé)
- La dénotation et la connotation d'un mot
- Le sens propre et le sens figuré

Méthode de la question de vocabulaire r

Pour bien répondre aux questions de vocabulaire, il faut absolument :

1. Répondre en deux paragraphes.

2. Dans le premier paragraphe, donner la classe grammaticale du mot


etsaformation. Puis donner le ou les sens dénotés (celui ou ceux du
dictionnaire).

3. Dans le deuxième paragraphe, expliquer le mot dans son contexte


c'est-à-dire le sens que lui a attribué l'auteur dans le texte.

4. Se relire

N.B. : lorsqu'il s'agit d'une expression, il faut donner dans le premier


paragraphe la nature grammaticale, la formation et le(s) sens du mot le plus
difficile. Puis, dans le second paragraphe, expliquer l'expression complète dans
son contexte.
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Français - A.Gissat

LES CLASSES GRAMMATICALES DES MOTS (Ou NATURES)

La Nature ou la Classe Grammaticale du mot est en quelque sorte sa carte d'identité. I1 ne faut pas la
confondre avec la fonction d'un mot. La classe grammaticale d'un mot ne change pas.

I. Les classes grammaticales variables (dont la forme peut changer)

Les noms il désigne une chose (<< voiture >), un être («fueù, ou une abstraction
(<< liberté »). Il existe les noms communs et les noms propres (<< France >>,

<< Julien >>

Les déterminants I1 est toujours devant un nom et le détermine en geffe et en nombre. Ex : << La
voiture >>, << Une fée », << Ta liberté >>, << ces messieurs >>, << trois enfants »

à ma, ta, sa, mon, ton, ces, cet, cette, un, une, des, le, la, les, deux, cinq. etc.

Il exprime une action (<< manger >>, << lire >>, << pow.§ili!!.e_ >) ou un état (« être >>,

<< sembler >>. << paraître >>, << ressembler >>, << dellenir >>, << avoir l'air >>. etc.

Les adjectifs qualilTcatifs Ilexprime une caractéristique, il précise un nom avec lequel il s'accorde. Ex:
« Une voiture bleue >>, << IJne maqnifïque fée », << Les libertés humaines >>.
, gentil, inquiet, bête, etc.

Les pronoms Il remplace un nom, il reprend un nom déjà énoncé (« Les frites, je les aime ! >),
ou bien il renvoie à un être ou une chose (« Je t_'aimo ! )), ( Donne-moi le tien. »).
à je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles, on, le, la, les, lui, me, le sien, les miens, etc.

II. Les classes grammaticales invariables (dont la forme ne change JAMAIS)

Les adverbes Il modifie le sens d'un verbe, d'un adjectif ou d'un autre adverbe. Ex : «Une très
grande voiture >>, << IJne fée vraiment géniale >>, << La liberté, c'est super bien ! ».
) très, extrêmement, nt, demain, hier, ici, là, etc.

Les prépositions lElle introduit un mot ou un groupe. Ex : « Habites-tu à Palaiseau ? », « Il est


très content de sontravail ».
à a dans par porr en vers avec de sans sous (elle marque souvent une position
dans 1'

de
Les conjonctions lElle relie deux mots ou deux groupes de mots. Ex : « lean et Marie s'ennuient >>,

coordination | « J'aime ton regard car il est charmant ».


) Mais, ou, est, donc, or, ni, car.

de
Les conjonctions lElle introduit une proposition subordonnée. Ex : « J'aime ce cours Wg.g._W'i|
subordination lm'intéresse »
à si bien que, que, pour que, alors que, tandis que, lorsque, dès que, puisque, etc.
Les interjections Elle reproduit une exclamation, exprimant un sentiment ou un ordre, elle
constitue à elle seule un énoncé. Ex : « Ah !Elle est bien bonne cette blague ! »
t Oh ! Hé ! Ah l. Zutl etc.
Lesonomatopées lPetitmotreproduisantunbruit.Ex:«Pan!>>,«Boum!»,«Paf !», «Ding !»
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Français - A.Gissat

DAEU - session de juin 2004 Sujet de l'Université de Pau et des pays de L'Adour

Vocabulaire
a, Expliquez le mot << expérimentation » (I.1)
b. Expliquez l'expression << des raisons d'éthique » (t.16)
Résumé
Résumez ce texte en 130 mots (une marge de plus ou moins lO Vo sera tolérée). Le nombre
de mots dewa être recopié sur la copie.

Discussion
Pensez-vous, coinrne H. Saint-Girons, que « I'expérimentation sur I'animal reste une
nécessité >> ?

Lo souffrcrnce n'erl pos inéluctoble


æ
o. Au stode octuel de notre civilisolion, l'expérimentolion sur l'onimol resle uàe
o nêcessilé el réclorner so suppression relève de l'utopie. ter membres des liguer
È qui s'opposent à ce qu'ils oppellenl improprement lo viviscclion utilisent
§ d'oilleurs, commê toui le monde, les ressources de lo phormocopée moderne ef
o_
-û ne sonl sons doula pos I'ou3 yégétorien§. Celo dit, il resle légitime de s'interoger
Ê rur lo monière doni est proliguêe cetle expérimenrotion, de lo collecte des oni-
o
E moux ô leur morl.
o
ll est exoc| gue les. opérotions songlonteo sonl mointenont presgue touiours
arr.
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protiquéet sous onesthésie. Je connoir cependonl quelques exceptions qui ne
7 sonl por toutes scienlifiquement iuiiifiêes. En ouhe, 3urrout en phormocologie, les
lgl inieclions de produits ô tesler sont loitec sons précoutions, guelle que soil leur
., nohrre. De toute monière, il est rore que l'onimol soil ensuite mointenu lous onelF
co thêsie. ou lroul ou moins sous onolgésiques, même lorsque les suites de l'interwn,
to lion sont exkêmemenl pénibles. Or ce seroit non seulement possible, mois techni-
o quemenl souhoitoble.dons lo pluport des cos. Quelques services le font déjô,
a
.D pour des roirons d'êlhique, ou simplement por souci de perfection mêthodoio-
a gique. Cette protique pourroit ûocilement être élendue à lous les loborotoires da
6 recherche bndomenlola. ÊJle se heurleroil, évidemment, è plur dc difficultés lors
ô des üasls phormoeologiques, lou! ou moins lors de lo première phose, qui se pro-
c h:que sur des Iots impoltonls de rols et de souris. Mois c'est uniquement une quee
e
I
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tion de remps êl d'orgent. Enftn, nombre d'onimour doivent âhe lr.rêc (rurvivonlt
expêrimen?oux, lémoins ô outoptier ô tihe de comporoison. etc.l. Je regrctte
U} d'ovoir à dire que l'opérotion n'est pos louiours réqlisée d'une mqnière cônve-
I noble.
un ouheproblème err calui da lo vie des onimoux ovont l'expérimenhlion, ou
oprês. si cellcci o êtô bénignc ê] pcut rc rêpêter. cos conditions sonl s6nôrol€-
rnerrl convenoblcs pour ler pelitr rongâu.3. ôlqvês dons des coges sbnJord pcu
coûlcules.
Il n'en c_sr por da môme pour les onimoux plur grondr, chotr ot rurrout chiens
el sïnges. Cerloanos « onimoleries , ionl podbitcàcnt rcondolcuser at loissànt
d'oillsurs pcrplexc quont à lo quolité rciàn$fiqua des rêsultots oblenus sur ter
suiets. qui y vivent. D'oulr.es sonl plus modsrncs el mie-ux lenues,
-mois lrop sou.
venl il n'y est bit oucun effor! pour un minimum de coofoil pophologiqu" ér, po,
exemple, des espèccs fondomenElcmeot socioles sont moinienr.üànr t,üàt*
menl.
on évoque sowênr, ô ce suiet, le monque de crêdits, et le foit csr quc caux.ci
sonl oclucllcment insuffisonlr. Mois. il y o une quinzoine d'onnées. iors d,un;
période fuste pour.ler disciplines biomêdicoles, les oaimolcries onl presque iou
iours ôré-socrificé - et ce porfois ou profir d'un suréquipemênt m'oniËsr. Je
connoil des loboroloires qui ont ocquis rons nêcessilé réclla dcs opporcils cog.
bux, démodês o\ronr d'ovôir été utilisés, olors quc leurs onimoux càitinuoient ô
vivre dons des conditions lomentobler.
lndép-endommcnt des lroitements subis por les onimoux d,expérience, te
nombre de ceux qui sonl utilisés mêrite ousii d'ôrro exominé. ce nombre'asi
monifeslemcnt oxcesrif,-pour del roirons multiples pormi lesqueller oo peul citer
le monque d'homogénéité des lots, de mouvois pàtocoles expÉrimantoux, une
utilisoiion routinière de lo smfisfiquc, de fréquenti doubles e-plois ct, ênfin, dos
expériences jnutiles. ll vo de soi qu'en rechcichs fondomentole der lô-tonncmcnts
sont inêyiroblas, ovoc un.e. proporrion d'ôchccs ôlevêe. Moir, torsque dcux
équipes concur.entêi trovoillent sur lc mêrne suiet. ovec les mêmer méthâder. leur
seul souci ert d'orriver lo première et le gorpillàge der ooimsux lour importe peu.
D.A.E.U. 2012-2013 - Faculté Jean Monnet - Université Paris Sud 11
Français - A.Gissat

DAEU - session de septembre 2004 - Université Michel de Montaigne - Bordeaux lll


Résumé - 8 pts
Résumez le texte ci-dessous en 120 mots (+ ou - tO%).

Vocabulaire - 2 pts
a. Expliquez le mot « démystificateur » ligne 41.
b. Expliquez l'expression « ascendant culturel » ligne 4.
Discussion - 10 pts
Pensez-vous, comme Jean Cazeneuve, que notre Société accorde aux vedettes un statut illégitime ?

Les rnagazines, le cinérna, la radio et surtout la télévision, relayant et


rnultipliant les ruûreurs et les irnages des stades, des music-halls, sont en
train de devenir les grands ordinateurs de Ia réussite. Les triornphateurs de
la cornpétition, ce ne sont plus ceux qui ont d'abord le rang, lt=.scendant
5 crrltrrrel, Ia puissance otr I'argent et qui en tirent prestige, rnais, de plus en
plus, ceux qui ont le statut de wedettes. f)e cette prornotion découlent torts
Ies succès, y cotrrpris celui de Ia fortune.
Charnpions du sport, chanteurs en vogue, acteurs à Ia rnode, ils devien-
rrent les véritables rnodèles à qui vont toutes les faveurs. Sans dorrte les
4o écrans petits et grands, les journaux illustrés font-ils quelque place aux
grands not-ls de la politique, des arts, de Ia littérature ou rrrêrne de Ia
science. I\4ais, dans le cas des vedettes, I'ordre des confirrnations est
inversé. C'est parce qu'on a pu panrenir sur le de,vant de la scène qu'on
obtient une sorte de passeport pour les voies où se récoltent tous les autres
15 avantages que Ia société peut accorder aux statuts prééminents- [...]
I-e .statut de vedette comporte d'autres caractéristiques qui Ie rendent
incornparable aux a.rrtres- D'abord, il ne requiert aucun titre préalable et
sernble anriver courrne par rrlagie. Le spectateur peut s'identifier à la
vedette, car aucune barrière d'origine ou de forrnation ne le sépare <le son
lD idole. Sans cloute faut-il souvent beamcoup de talent et de travail pour
. réussir dans Ie << strow-business »- Mais cela n'apparalt pas sur I'écran, et
tout adolescent peu irnaginer que, si Ia ctrance lui souriÇ la rnêrrre ascen-
sion foudroyante lui est prornise. A quoi.bon de loagues étrrdes ? IJargent,
Ia gloire sont à ponée de la rnain-
25 I-e vedettariat est d'ailleurs polyvalent. Il confère la possibilité de
briller partout- Le ctranteur err renona devient acteur de cinérna, et vice
versa.'Tout individu touché par cette grâce sena appelé à exprirrrer ses opi-
nion§ sur Ies ondes, à parler de politique si cela lui fait. plaislr, à devenir
conseiller patenté en tous genres.
' Enfin, le trait le plus rernarquable de cette nouvelle z!.ristocratie, c'est
b qu'elle
ne suscite pas I'trostilité qui s'attache généralernent à la fortune.
Elle est en rrrarge ou au-dessus de la luüe des classes, absoute de tout
péché à tel point qu'il est parfois de bon ton que le chanteur rriilliardaire
se fasse le porte-drapeau du prolétariat et de la révolte contre la société
I5 dont il est le prernier privilégié. Au lieu d'être une tare., la richesse est ici
facteur de popularité- Les ctrroniqueurs font état des villas somptueuses,
des voitures de prix, des cachets fabuleux pour stirnuler la dévotion des
adrnirateurs§.,
Cêttë-éÿolution est-elle tàtale, irréversible ? Elle I'est sans doute
davan-
ho tage dans la rnesure.où elle n'est pas décelée, repérée. Elle peut être frei-
née par une éducation du public, Èar rrn travail dérnystificàteur et aussi
Peut-être par Ie reclassernent des valeurs que produit èouvent la satiété ou
la retonlbée des modes-

Jean Cazeneuve
La, Vte rlÂrvs ua soctËrË MaDEF.NE 1Éorrorus GA,LLIMARDT 19a2)
l. Résumer Ie texte de Louis LEPRINCE-RINGUET en 9O mots (lOYo
de plus ou de moins).
<< L'espoir pour demain ? »

1 Le gigantisme des cités apporte son cortège de troubles, d'insatisfactions, de


contraintes à subir.
Le temps perdu d'abord. Dans les files de voitures immobilisées à touche -
touche, que faire d'intéressant ? C'est un véritable esclavage, sauf pour les puissants
5 qui téléphonent de leur voiture, dictent des lettres, presque comme au bureau.
La monotonie et I'ennui ensuite, dus à la répétition des formes dans la
construction des immeubles : d'où une banalisation qui est une forme d'esclavage.
Un des fruits amers du gigantisme, c'est la solitude, le rejet. On est beaucoup
plus seul dans une grande cité que dans un de nos villages. On se croise dans les
10 rues, par milliers parfois, sans se rencontrer une seule fois. On peut, si l'on vit
sans famille, ce qui est le cas de beaucoup, être malade, mourir chez soi, sans que
personne le sache. D'où un terrible anonymat dans la vie, dans la souffrance, dans la
mort.
Je connais deux femmes seules, âgées, I'une à Paris, I'autre en Bourgogne, à la
15 campagne. Cette dernière vit dans sa petite maison. Son mari est décédé. Ses
enfants sont loin et ne viennent parfois qu'à l'occasion des vacances. Elle marche
très difficilement, reste toujours chez elle (elle a heureusement la télévision).
Pourtant, elle ne se plaint pas, ses voisins passent chaque jour sur la route devant
sa porte, ils entrent. Cette chaleur amicale la réchauffe.
20 La parisienne, dans son petit " deux pièces " du quartier des Archives, est
désespérément solitaire. Pratiquement pas de visites. Comme elle perd un peu la
tête, ses voisins redoutent qu'elle n'ouvre par mégarde le robinet du gaz ou ne mette
le feu. lls souhaitent presque sa disparition.
Alors, on cherche à parquer les vieillards. lls passent entre eux la fin de leur
2Sexistence, sans participation à l'animation quotidienne, tandis qu'au village le vieux
reste intégré à la ferme. On ne les parquait pas, on était habitué à leur présence.
Le gigantisme inhumain rejette les marginaux.
Nous devons à tout prix éviter ce cloisonnement, cette forme de " ségrégation "
indigne des civilisés. Déjà des groupements se constituent pour la réinsertion du 3"*"
30 et du 4"'" âge. Mais la structure de nos grandes villes ne s'y prête guère.

Louis LEPRINCE-RINGUET, L'espoir


pour demain ?

ll. Questions de vocabulaire.


a. Expliquer le mot << ségrégation » ligne 28.

b. Expliquer l'expression « Le gigantisme inhumain » ligne 27.


Gorrection

l. Résumé du texte de Louis LEPRINCE-RINGUET, L,espoir pour demain ?

L' immensité urbaine est contraig nante.


D'abord elle est une perte de temps, dont les premières victimes sont les automobilistes.
Ensuite, son architecture stéréotypée provoque l'ennui.
Un autre point négatif est la mise au ban des plus faibles. Malgré la multitude, l'anonymat
règne en ville, et, contrairement à la campagne, on peut y décéder sans que personne ne s'en
rende compte.
C'est pourquoi, en agglomération, on réunit les vieux dans un lieu isolé de la vie, en
attendant qu'ils meurent.
Malgré les difficultés propres aux métropoles, notre devoir est de réintégrer les personnes
âgées dans la société.

Résumé en 95 mots

ll. Questions de vocabulaire.

a. Expliquer !e mot «< ségrégation »» ligne 23.

<< ségrégation »> est un nom commun et il s'agit d'un mot dérivé possédant le suffixe « -

ation » qui marque une action. Dans son sens le plus courant, ce mot signifie mettre à part, à
l'écart d'un groupe de personnes.
Dans le texte de Louis LEPRINCE-RINGUET, le mot « ségrégation >> est employé à la
ligne 23 dans son sens dénoté. En effet, l'auteur utilise ce terme pour parler de la mise à l'écart
des personnes âgées dans les grandes villes avec la création des maisons de retraite qui les
fait vivre en vase clos.

b. Expliquer l'expression «« Le gigantisme inhumain » ligne 24.

« gigantisme » est employé ici comme un nom commun. ll s'agit d'un mot dérivé
possédant le suffixe « -isme » qui marque un constat. ll est souvent employé dans son sens
dénoté pour renvoyer à ce qui est démesuré et gigantesque. « inhumain » est un adjectif
qualificatif. ll s'agit d'un mot dérivé construit avec le préfixe << in->> qui sert à former les
contraires. « inhumain » désigne donc ce qui manque d'humanité, ce qui est cruel, insensible.
Dans le texte, l'expression « le gigantisme inhumain » à la ligne 24 renvoie aux
dimensions colossales des métropoles modernes qui noient le citadin dans la multitude.
L'auteur insiste sur le fait que le caractère démesuré de la ville entraîne inéluctablement
l'anonymat et par voie de conséquence l'absence de relations humaines.
D A E U 2012-2013 - t"Flj,,io*i3l université Paris sud 11
XË:::,
DEVOIR SUR TABLE Nol - lgnacio RAMONET, Le Monde diplomatique, 1993.

1La presse écrite est en crise. Elle connaît, en France et ailleurs, une baisse
notable de sa diffusion et souffre gravement d'une perte d'identité et de personnalité.
Pour quelles raisons, et comment en est-on arrivé là? Indépendamment de
I'influence certaine du contexte économique et de la récession, il faut chercher, nous
5semble-t-il, les causes profondes de cette crise dans la mutation qu'ont connue, au
cours de ces dernières années, quelques-uns des concepts de base du journalisme.
En premier lieu, I'idée même d'information. Jusqu'à il y a peu, informer, c'était, en
quelque sorte, fournir non seulement la description précise - et vérifiée - d'un fait,
d'un événement, mais également un ensemble de paramètres contextuels
lOpermettant au lecteur de comprendre sa signification profonde. C'était répondre à
des questions de base: qui a fait quoi? Avec quels moyens? Où? Comment?
Pourquoi? Et quelles en sont les conséquences? Cela a totalement changé sous
I'influence de la télévision, qui occupe désormais, dans la hiérarchie des médias, une
place dominante et répand son modèle. Le journal télévisé, grâce notamment à son
1Sidéologie du direct et du temps réel, a imposé peu à peu une conception
radicalement différente de l'information. lnformer, c'est, désormais, <<montrer I'histoire
en marche>> ou, en d'autres termes, faire assister (si possible en direct) à
l'événement.[...] Peu à peu s'établit dans les esprits I'idée que I'importance des
évènements est proportionnelle à leur richesse en images. Ou, pour le dire
2Oautrement, qu'un événement que l'on peut montrer (si possible en direct et en
temps réel) est plus fort, plus intéressant, plus éminent que celui qui demeure
invisible et dont I'importance est abstraite. Dans le nouvel ordre des médias, les
paroles ou les textes ne valent pas des images. Le temps de I'information a
également changé. La scansion optimale des médias est maintenant I'instantanéité
25(le temps réel), le direct, que seules télévision et radio peuvent pratiquer. Cela
vieillit la presse quotidienne, forcément en retard sur l'événement et, à la fois, trop
près de lui pour parvenir à tirer, avec suffisamment de recul, tous les enseignements
de ce qui vient de se produire. t...1 Un autre concept s'est modifié. Celui,
fondamental, de la véracité de I'information. Désormais, un fait est vrai non pas parce
3Oqu'il correspond à des critères obiectifs, rigoureux et vérifiés à la source, mais tout
simplement parce que d'autres médias répètent les mêmes affirmations et «
confirment »... Si la télévision (à partir d'une dépêche ou d'une image d'agence)
présente une nouvelle et que la presse écrite, puis la radio reprennent cette nouvelle,
cela suffit pour I'accréditer comme vraie. C'est ainsi, on s'en souvient, que furent
3Sconstruits le mensonge du «charnier de Timisoara>> et tous ceux de la Guerre du
Golfe. Les médias ne savent plus distinguer, structurellement, le vrai du faux. Dans
ce bouleversement médiatique, il est de plus en plus vain de vouloir analyser la
presse écrite isolée des autres moyens d'information. Les médias (et les journalistes)
se répètent, s'imitent, se copient, se répondent et s'emmêlent au point de ne plus
40constituer qu'un seul système informationnel au sein duquel il est de plus en plus
ardu de distinguer les spécificités de tel média pris isolément. A tous ces
chamboulements s'ajoute un malentendu fondamental. Beaucoup de citoyens
estiment que, confortablement installés dans le canapé de leur salon et en regardant
sur le petit écran une sensationnelle cascade d'évènements à base d'images fortes,
4Sviolentes et spectaculaires, ils peuvent s'informer sérieusement. C'est une erreur
majeure. [...] Vouloir s'informer sans effort est une illusion qui relève du mythe
publicitaire plutôt que de la mobilisation civique. S'informer fatigue, et c'est à ce prix
que le citoyen acquiert le droit de participer intelligemment à la vie démocratique.
D.A.E.U. 2012-2013 - Faculté Jean Monnet - Université Paris Sud 11
Français - A.Gissat

1.Résumé-8pts
Vous résumerez le texte joint en 150 mots (+ ou - 10%).

2.Vocabulaire-2pts
a. Expliquez le mot << objectifs » ligne 30.
b. Expliquez l'expression << la véracité de I'information » ligne 29.
D.A.E.U. 2012-2013 - Faculté Jean Monnet - Université Paris Sud 11
Français - A.Gissat

Gorrection du devoir sur table n'{

l. Résumé du texte de lgnacio Ramonet du Monde diplomatique.

Globalement, la presse écrite se délite : les lecteurs sont moins nombreux et elle ne sait plus
trop qui elle est. Pourquoi cette faillite ?
Hormis la crise actuelle, les raisons se trouvent dans le métier même de journaliste.
ll y a encore quelques années la condition incontournable était la compréhension des faits,
mais depuis la suprématie de la télévision et du direct, le «voir maintenant » prime sur l'exhaustivité
de l'information.
C'est pourquoi la presse écrite a toujours un temps de retard sur la télévision et la radio,
renvoyant ainsi l'image d'un média d'un autre âge.
En outre la fiabilité des sources ne nécessite plus d'investigation : le simple fait de diffuser
accrédite ou non l'information. Ainsi télévision, radio, presse écrite forment un tout informe qui traite
des mêmes sujets.
Enfin beaucoup de personnes se fourvoient en pensant que l'on peut s'informer passivement
face à un déversement d'images. ll faut a contrario s'impliquer intellectuellement et physiquement.
Cette implication est en elle-même un acte civique.

Résumé en 165 mots

ll. Questions de vocabulaire,

a. Expliquer Ie mot «« objectif »» ligne 26.

« objectif est employé ici comme adjectif. ll s'agit d'un mot dérivé possédant le suffixe « -if »
>>

qui marque une qualité. Dans son sens le plus courant, ce mot signifie « sans prejugé >>,
« impartial ». C'est le contraire de << subjectif ».
Dans le texte, le mot « objectif » est employé à la ligne 26 dans son sens dénoté. En effet,
l'auteur utilise ce terme pour parler des critères de véracité d'une information. !l faut donc
comprendre ici les preuves concrètes et indiscutables qui accréditent ou non l'information.

b. Expliquer l'expression «« Ia véracité de l'information >» ligne 25.

« véracité >> est employé ici comme un nom commun. ll s'agit d'un mot dérivé possédant le
suffixe « -ité » qui sert à former un nom à partir d'un adjectif. ll est souvent employé dans son sens
dénoté pour renvoyer au vrai, à la vérité.
Dans le texte, l'expression « la véracité de l'information » à la ligne 25 renvoie au concept
d'investigation journalistique qui a pour dessein de vérifier les sources avant de diffuser telle ou telle
information. C'est ce qui manque, selon l. Ramonet, aux médias d'aujourd'hui qui ne vérifient plus
leurs sources mais créent de toutes pièces I'information en fonction de leur propre interprétation des
faits.