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Les hiéroglyphiques de Jan

Pierre Valerian, vulgairement


nommé Pierius. . Autrement
Commentaires des lettres et
figures [...]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Pierio Valeriano, Giovan Pietro (1477-1560). Auteur du texte. Les
hiéroglyphiques de Jan Pierre Valerian, vulgairement nommé
Pierius. . Autrement Commentaires des lettres et figures sacrées
des Aegyptiens , autres nations, oeuvre réduicte en cinquante
huict livres ausquels sont adjoincts deux autres de Coelius Curio,
touchant ce qui est signifié par les divers. 1615.

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LFS
HIEROGLYPHIQVES
DE IAN-PIERRE VALERIAN
â; "VVLGAIR.EMENT NOMME'
! '::
tói'íV P I E R I V S.
A HAVLT
ET PVISSANT SEIGNEVR
MESSIRE ANNE DE LEVY,
PVC DE VENTADOVR ,
PAIR DE
FRANCE, LIEVTENANT GENERAL
pour le Roy au Languedoc.

siter fès compatriotes FraçoùJ'y estoù obligeprinctpalemét,parceque ïauois cflé comme


le premier instigateurde fa produBion f$accessoirementcause d'ieelle, parles deniers
,
contribuez^ a le façonner. Deux considérations neantmoins mont longuement retenu di en-
^
térinerjon defir. L'vne efioitla bassesse de mon esprit au chou d'vnï'uteurreleué, qui
eujî lesparties ou naturelles, ou acquises à fa manutention : l'autre» l'appréhensionque
ïauois,efìrc tenu pour téméraire voire descheoir, comme vn autre Icare, de fèspréten-
,
dons , fiie maddresfois a quelque Grand, quimefbrifeafì mapetitesse, Ç^icftyle d'vne
epiflre inférieur de beaucoup à fa haulteffe. Neantmoins la faueur du Ciel voulant non
feulementfauorifermon dessein,ains léleuer au saisie de fapersec~iion,vQus a choify seul
capable de cette tutele,, auec le consentement de tom les interesjel^ ou ayans droiól. Et de
faiffî, fi lan-Pierre Valerian ( ainsi nommé auant que Adarc Antoine Sabellique
son Précepteur levsl changé a Venise en celuy de Pieriiu ) a donné l'ejlre àfonoeuure
auec tant de diuerfitez^,que Pausiasperdrait &pinceau Ç$couleursa les imiter, neplus
ne moins quezi, bouquets fiartifiement ageancez>par Glycera : Qui pourra ou voudra
aller au pair des vertus diuersèment resplendissantesfus lasplendeur de vofire Nomì
Quipourra encores^ou voudra s'appariera l antiquité non-discutable de vofre Mai-
son? Et vojla en peu de mots quant à la nature de voslre Grandeur. Les faicls Héroï-
ques de voX Prédécesseurs font ìe reuers de la médaille. De combien de Lauriers glorieux
ont~ils coronnéleurs chefs eXJbonnes occasions., £5>fourlesòuftenement de cette Coronneï
* %
ÌDet téù» ces mefmes Lauriers ont-Us pas tellementremrày en voflre personne , quàs por-
tent voflre renom iufques dans les voûtes aXureesi*Foute l'Hifloire en faitfy, "Toute la
France a veu, reconnu , î§resfentj\es efifeclssalutaires rendus a fa conferuatwnpar vo-
flregénérosité naturelle,fuyuie de prudence^douceur £$ longanimité. Le Roy, & la Freine
fa Aíere ont faiétpreuue devoflre muiolablefidélitéau sèruice de leurs zïfrtajefleZp, eZ
affairesplus déplorables t§ defejpere\du Royaume.Bref, le brillant efclat des dons di-
uins ǧ humains efclatte par tout ï Vniuers a voflre Aspect, de mefme forte > âue les
rayons du Soleil efclairent fur tous les voyans.
VExcellence, est la qualité essentielle qui
vomfait honnorer, la magnanimité,leCroissant de vól^affiionsgenereufes'Jalargesse ou
munificencede progré\de voflre lozjy la tempérance,vne recommandationperpétuellede
toutesvo& oeuures'jléquité,vnesympathie auecla luflice mesme\lapieté,vn cosert de tou-
tes les meilleures facultéZL>d'vne ame bien-heureuses le courage, vn débrisgêneraide toits
ceux qui l'oferoyent impudemmentaffronter *,la dignité, vn rapport
conuenable, voire
cóèsfentiela la prerogatiue que vouspossedél^dignemetde Duc f^Pair de France, la vi-
gueur ,vne résolution qui ne cédera iamaù'aux efforts que luy pourroìt oppopr quelque
contraire cm maraffre Fortunes Foyja ChantésEfperace, fontfinalement lesgraca {$
perfections, qui animent voflre ame a la iouyjptnce des biens celefies, vous égalans dez,j a
présent aux Esprits bien-heureux.Marchésdoc,SH Á .S R O G L TP H l QV E $,
en toute feuné fous le bouclier <£vnfi
grandsvertueux Héros, ff^ne dy-ie vertueux?
Ains plufl)(l le paragonde toutéVertuS,renélKa,u tour fus cet Astre benin^i relmst au
Ftrmamét FrancoissveneZj,dy~ieSfamcrainte.Voïds obtundre^viéloirecertainefur tous
les Zoïles de voflre réputation. Voflre progeniteur vous auoit áuúfeíL, en cinquantehmB
liures, tâdedicXf comme Ion void encore s )-a autant depersonnagesparticuliers,qui en
prisent le foin selon le mérite dvn chafcun de vom - íaintenant vous efles ta:guéî de la
pmjfante autorité d\m seul > auquelft al le mérite de tom autres ne peut efire semblable
^
m m^mmt tout de le Monde. D'ailleurs, ilvous at<:oii ainsi dressez* fj'diffteryre\aplu-
sieurs deses amis,pourarrhe de l!amitié qu illeurpori-î\ Vous effesremis aprefent fopts
la talion d'vn Seigneur, qui iugeat de vous endroiéture, prendra en main voflre défense
fans aífeBátion dautre chofè que de la fyncerité quifera troxuee en vous. Ceft aufii
à quoy vous imite, M. QNSEIGNEVR, le malheur de ce iemps, lequelpro-
duit fort peu d esprits amoureux des" bonnes lettres : mais beaucoup dignorans Censir'-
fur lesquels voflre Gloire triomphera>fi les affaires d Sfiat vovts donnas du relafche,vous
àâipnfi^ voir noflre Tierius de ï oeilaccouffuméde voflre bien-vueillancc > aux pieds de
laquelle le vient humblemet appendre celuy, qui ayant pleine cognoiffance de uoz^pouuoir
i§ a %torité, ne Y(spire que z,offre sèruice, Ç$ n a autre intention que de fe captiuer toute
fa vtefous VOZJ tommandemens. Ceff

MONSEIGNEVR,

Vostxe trcs-humblc,& tres-


obeiííànt seruitcui:,
P A V L F R B L L O N.
Extraies du Prìuilege.
E N R Y par la grâce de Dieu Roy de France 3c de
Nauarre; A nos araez òc seaux Conseillers,les gens tenans nos Cours de
Parlement de Paris.Roùen, Tholoze,Bordeaux,Preuostd c Paris, Sencí^
chaux de Lyon, & Poictou, & leurs Lieutenants, & à tous Iusticiers, &
Officiers qu'il appartiédra. Salut. Nostrc cher &c bien ame Paul Freflon,
marchant Libraire, demeurant en nostre bonne ville de Lyon > nous a
faict remonftrer, qu ayant cy deuant faict imprimer vn liure intitule, loannisPirnj Va-
leriani'~Belltmenfis Í .eroglyphicaseudefacrù JEgypwrum&liarùmqueGentiumlitemCommentarij,
in Ubros qtimquaginta ofôo redafii, il a de nouueau 1 grands frais recouuré les manuscriptsde
l'Autheur,& autres ^auans personnages, contenansla suitte &c compliment de l'ouuragc,
diuisé en íix liuresj & outre, vne grande augmentation du liure intitulé, Emfdem Authoris
Poè'mata. Lequel liure il auoit auííì cy deuant faict imprimer, íans ladite augmentation, &c
outre, a faict a grands frais traduire & reduire en nostre langue ledit liure des Hiérogly-
phiques & pour l'ornement de l'vn &c de l'autre faict tailler grand nombre de figures re-
,
présentas les emblèmes & hiéroglyphiques expliquez audit liure, lequel il dcíircroitim-
primer ou faire imprimer, & mettre cn lumière, tant en Latin qu en François: mais d'au-
tant qu'il lu y a cousté deíla beaucoup, & coul'tcra encorcs a auantage pour dresser ladite
copie, & faire lìuipixíïìon defdits liuresuì doute qu'âpres qu'il 1er a u* a exposez e\: m(J en
vente,quclques Libi\ ;res,& Imprimeurs de Paris,Roùen, Lyon, ou autres villes ' cestuy
nostrc Roy aumejes veuillent semblablement imprimer, &. íuícitcr les autres Imprimeurs
de Geneue, ou autres estrangersà ce faire, qui feroit par ce moyen frustrer ledit exposant
des frais par luy faicts, & rendrefa peine, diligence, & trauaii inutils, & luy fíi'R reccuoir
perte, & dommage. Pour à quoy remédier, à fin que ledit Frcllon , qui trauaille pour le
bien public, ayant íourny ce qui estuk i • ciíaire,pour auancer ledict labeur, ne íoit pnué
du fruict qu'il doit attendre d'iccluy;N o v. s pour ces causes & autres coníideraucyas à ce
nous moúuans,auons de nostre grâce spéciale, pleine puissance, & aurhoritc Royalle par
ces présentss signet :>. ;: aostre main, donné &octroyé, donnons & octroyons ci^iige, li-
cence, &: permisson audit iicîloii : ruiner ou faire imprimer lesdits liures intitulez,
ìvAjoannitPterijHieroglyphtcade;tou
a .; vitimaeditioneaiíua>emendatatâinlibrosfexagin-
ta ,)iiWior redaFa : L autre, Eiufdem Authnm Formata, ex autographo iVim r,mltù m loas au-fia
&purgáid; en telle langue,soit Latin,ou François,feparement,ouconioinctement,en, telle
ror.'-nc.c- nctere, vilîe,& lieu que bon luy semblera : Faict & faisons inhibitions & dessen-
ces a tous autres imprimeurs & Libraires, de quelque part qu'ils soient, & autres períon-
ncs.,de quelque estât & condition qu Jko íoicnt,de les imprimer ou faire imprimer, ven-
dre ne débiter cn cestuy nostrc Royaume, pays & terres ^e nostre obeyfiance, contrefaire
ne altérer, soir, par extraicts, ou abbregez,de Tordre & merhode de ceste nouucíle, & der-
niers édition, ùy pouuoir r'imprimcr lesdirs liures íur aucune des copies cy deuant impri-
mées aLyon, en ÂManagnc, Vcnise,& autres lieux, ne meíme susciter les Gcncuois,& au-
tres estrangers à cc. faire,íans le congé, & permission expresse dudit F/eìlon, durât le temps
& terme de dix ans, à compter du ionr que chascun ìesdits liui*. s fera parachcuéd'impri-
mcijlurpeine de mil liures pour chascun Hure ou exemplaire, íans aucune diminution, &
^c punition corporelles amande, dont la moitié nous appartiendra, £: l'autre moi :é au-
cuct Frcllon, & tous dépens, dommages &c interdis entiers ledit exposant, & cc íur peine
•uïín de confiscation dcídicts exemplaires, qui feront faits
ou imprimez par autres, íans le
•M-
,
oensentcmet dudictErellon. De cestuy nostrc Priuiìege faire iouytySc vfer ledit expofiut;
spécial, & de procéder à l'en-
yous donnons pouuQÌr,authorité,cornmisiion, mandement
contre de ceux qui contreuiéndront, par toutes voyes deuës & accoustumees ; & par les
peines (ufclites, nonobstant toutes lettres, arrests, oppositions, pu appellationsquelcon-
queSoPour lesquelles,fans preiudi.ee d'icelles3ne vouions estre différé. Et pource que de cçs
présentes î/expofant pourroit auoir affaire en plusieurs & diuers endroits ; Nous voulons
qu au ncjìdimus d'ieeìîe faict fous feel Royal, ou par l'vn de nos amez & seaux Conseillers,
Notaire &ç S.GcrAtaire,foy soit adioustee,cp.mrneau présent original. Et si voulons &c raari-
£ions,que mettant par bref le contenu du présent Priuilege,aucommencement ou à la fin
defdicts liúres,qu il aye forme de signification, tout ainsi que si f original estoit particuliè-
rement signifiéa, yn chafcun,& que celasoit de tel effectôe yertu,commesi lesdictes lettres
leur aupient expressément, & particulièrement esté moristrees àc signifiées. Car tel est
nostrc plaisir. 'Donné à. Paris le j8. iour de Marsj fan de grâce mil six cens dix, &de
rostre règne le vingt-vniesme.
far le Roy, HENRY.
POTIER. •

Extraíct: des Registres de Parlement,

VE F ^Potier,
par la lettes patentes du dixhuicliefme
Cour les
féifèellees du grand fèeipdr
moùfigneesHenry, ($r plus laspar le
de ce
inclinant à la supplication de Paul Frellon,
lesquelles
Roy}
marchant Libraire à Lyonjuy ejìre permis imprirner,&faireimprimeries liures intitulésd''Pn7loa.hms
jPicrij Hierogiyphica d r. mno in hac yltima editione aucta, emendata, & in Iibros íexa-
ginta quatuor redacta. L'autre > Eiufdem Poëmata ex autographo illius multis in locis
aucta & purgata. En ícelle langue, Latin m François?feparemtnt^ouconiomfiemeni,ffî ains que
,$
contiennent lefditlzs lettre's.Sa». que autres fuissent ce sure pendant dix ansfur les peints ainfíque
contiennent lefdtfôes lettres. Requejle par luy présentée afin d'entérinement d'icelles, conclusions dp
procureur ornerai d:t Roy. Tout considérésLadifïe Cour entérinant lesaisies lettres, ordonne que l'im-~
petrant iouïra du contenu in icellesfelon leur forme & teneur, Fiifï ?" Parlement le %(>. Mars, mil
six cens dix.

V OIS IN.

^çheiic d impnincr pour la première impressionle -/.Septembre i6iv


QVATRAIN.
Tu as icy depeinBs Içs Monuments antiques,
Que fguroii Memphis ses Tableauxsacres
en \
Qui par l'inuention ^termes véridiques
Du doóiç P1E RIE or te font consacres
TABLE DES CHAPITRES
CONTENVS AVX LVIII LIVRES
Des Hieroglyphiques,ou Commentaires de lan
Pierre yalerian,dict vulgairement
PIERIVS.
Le premier nombre demonslrele Chapitres lesecond lefolio.
La Lune. 27. idem
De ce qui est signifié par le Le Soleil, 18. idem
Lyon. Le dompteur de la volontés affeflion. is
lefmChriflTfieu & homme.. 19. idem
LIVRE I. Reucrenceàlaluflice. 30. idem
Vobéissance des enfansàleurspères. 31. idem
A magnanimité, chap.r. p.i Vagriculture. 32. 16
t
Les forces de Esprit Vicloireafliaque. .)
. . .
& duCorps. z. 2 Douceur ayant d'efpouillé la fierté.) 33. idem
Laforce corporelle. 3 idem
• 'Pétulanced'amour. 34. idem
La vigilece fts garde. 4. 3 Les trois parties de íartdubien dire.. 35. 17
L'efpouuantable, $• 4 Les cljosessainfies %$ religieuses. 36. idem
Le dominateur. 6.idem jÇhtesignifient les Lyons de tamis. 37. idem
Vextrême ruse ^finesse. 7. idem ^juesigmfient les Sphinges. 38, idem
Vhommequi aura vaincufa férocité
ou bien cellcd'autruy. 8. s " '
'v-
"*' "" ~ '
» ' - ' '^ ' " '
' — --- M

Lafureurindomptée. p. 6 De ce qui estíìgninVpai l'Ëlephaiat


Celuy qui a trouué remède contre la ôc le Rìnôccrot.
fieure. 10. 7
Celuy qui efl en peine a cause dufeu. 11. 3 LIVRE II.
La crainte religieuje ou fcruptdufe. 12. idem
'Vinnondaûon ou desbordement d'eau.15. 9 L 'Hommepuissantde parfoy. chap. p.iy
r.
Femme d'vne feule litee. 14- I0 Le^Roy. 2. idem
La clémence. u. idem Coefar.... 3. Idem
Le chafiiment. 16. idem L'afrique. 4. 20
Lavengeance. 17. u La ^.Légion, s. Idem
Le présage Royal. 18. idem \Jorient. 6. idem
L''an tâ les mots. ibidem •SVLanificence. 7. idem
idem ,
L'exces au boire %$ manger. 20. Tempérance. 8. 21
Laputain. 21. 12. Equité, p. idem
Lesilence. 2L. idem Celuy quifuit lafolie. 10. idem
Les dyzjceniens. 13. idem Levain babil euité. il. idem
Le Lyon d'Hercule.
La vertu
24. 13 Le Roy qui s'adonne à choses viles ^
z$. idem de néant.
12. 22
Laforce cède à la prudence. 26. idem Le peureux. 13. idem
Laforce cède àl'éloquence.
14 Chose de long ejfefl. 14. idem
Table des Chapitres.
Prouijton de viures. 15. idem lupiter. 30. idem
Effefísdeconcordesdiscorde 16. idem Diane.
r y. 4l
Efonnement. Pallas.
17. 23 32. idem
Pieté. 18. idem Bacchm. 33. idem
Douceur. Pontde bithon.
i<). 24 34, idem
Courroux harcelle. 20. idem Pieté. 3$. 4Z
Du rinocerot. 21. 26 Defpeche &foudainetéd'affaires. 36. idem
Colère sautant plusfelone quelle efl 'Race diserte. 37. idem
tardiue. 22. idem C.mfeiljecret. 38. idem
*^>y puissant affailly par Ïartifice Vicloire. 3p. idem
d'vnplusfoible. *j. idem SainsiLuc Euangeltfle.
Lerobujle. 40. idem
24. idem l^ebonnairetté. 41. 43
Férocité euitable. 41. idem
De ce qui est signifié par le « <-. : 1 i
*ri
Taureau ôc toutes bestes De ce qui est signifié par le
Bouines. Chenal.
LIVRE III. LIVRE IV.
TEmperance. chap.i.p.zy LAguerre. chap./.p.^
élvlodeflie.
2. 30 Desir de fe battre. 2. 46
Mors de pétulance. 3. idem Ctierite m vitesse. 3. idem
Oeilladeamoreufe. Le S'ilsd.
4. 31 4. 47
Obéissanceaux bons. idem Lubricitéde la vie humaine. idem
s. /.
Lignée masculine &féminine. 6. idem La renommée. 6. idem
Ouyeprompte. 7. 33 Lefugitif ou exilé. 7. 48
Jsleptun. 8. idem Férocité réprimée. 8. idem
Lesriuieres. idem L'empire i$commandement. 9.
p. 49
Le tounerre.
10. 34 Repos âpres le trauail. 10. idem
loyè ou liesse. n. idem L!Italie. 11. so
Poison t$ disette de viures. 12. idem La mauretanie. 12. idem
Terrefertile. I3. ^ ^Maureshardis ç$furieux. 13. idem
implorationde secours. Vifïoireàcheual. 14. idtm
14. idem
abondance defruifls.
luflicc.
ij. idem Lesfracu ains. f Jj. idem
16. idem Lestarentins. 16. $1
Argent. I7. 36 Archers des vieilles bandes de U-
Première voyelle. 13. 37 uant. 17. idem
L'italie.
i9t idem Lesseconds Theodotiens 18. idem
Le bourgeois oppressé par ïefran- Confiance. 19. idem
ger. 20. idem Impetuofìtè brusque & immodérée. 20. idem
Befongne ç£ trauail, 38 Desbauche changéeen attrampance. 11. idem
%\.
Prutcldes trauaux. %t. idem
Raisons conuoiûfe. 22. s2
Chose absurde.
23. 39 OrgueilyOpiniafreté,chopement,inso-
Leslmfs. lence. 23. idem
i4. idem
Les Apoflres. Lafciuetécourt)fanesque.
15. idem 24. 53
Le vicieux. %6. idem Le prophane. 2s. ss
Lepodagre. '• í7. idem Vauthorité. x6. idem
Repos âpres le trauatl. 28, 46 Les vertus de Fabius le dilayeur. 27. s6
Les encéphales.
j,p. idem Deffaut courage* 28. idem
de
difficulté
Table des Gh^pitres.
difficulté. 29> fdem
font ,
A quels dieux les Cheuaux con- De ce qui est signifie parle Cyno-
sacrés. 3U idem céphales par lè Singe.
' LIVRE VI.
De ce qui est signifié par le
Chien. DVCynophale. chap. u pag.70
LIVRE V. La Lune. 2. idem
idem
La naissance de la Lune. 3-
L 'Homme qui saisi profession des
Sainfies lettres, çhap, ï. fag.ss
Les oequinoxes ost nuisis efgalçs au
ioursf 4. .72
Le,"Prophète. 2, idem Repos. 5.
idem
f,agarde. 3> 60 Les lettres» 6. idem
Lesjaresott dieux domestiques. 4- idem D'ou vient que les AEgyptiens reue-
^
V'arbitre le génie. " jy 61 royent les befles brutes. 7. -73
Le fossoyeur secretain ou marguil- Le Prestre. 8. idem
lier. <>> idem Lacircumcifion, 9. 74
JJhomme qui rècognoifi le bien L'ouuertesimplicitéde c#ur, idem
10.
saisi. 7, idem La colère. idem
11.
.
La mémoire. 8. idem Secrets à taire. 12. 7s
J^afoy. St> 62 Pointessubtilité dEsprit. 13. idem
L'amitié, 10. idem Choses dminesfecrettes & cachées. 14. idem
philosophiecommuniquée, 11, idem Le nageur. is. idem
Anubù. \t. 63 Lemonde. 16, j$
L'orizsn, 13. idem Du Singe.
§aturne, 14. idem
Héritiermaluoulu. idem
Le Prince. is. idem 17.
Le Soldat. 16. 64 L'homme de néant Qfs mauuais. 18. idem
tes menapiens. J-J.
Le dissimulateurdes vices.
idem 19. 77
Les tiers dixeniers. is. fdem Impudencespétulance. 20. idem
Obéissance. 'Remède àla fleure, zi. 78
jç. 6s
Leflateurtèbouffon, 20. idem
Uadmirateurdefòy-mefme. zz. idem
Lafaim. %u idem
Lecomtemtibleoumefprìfé. xi. idem De qui est signifié
çe par
Lafuite. 23. 66 le Cerf.
Présage de dessaisie, 24. idem
Présage de Viffoire.
Lesale amoureux.
2s. idem
idem
LIVRE VIL
26.
Vices de rate. 27. idem L*Hommeruinéparlesflateurs.ch. 1. pag.8o
£'odorat ouïeflair. 28. 67 La brusque ^fòudaine bouíee. 2. 81
Le w. idem Mauuatfìié domptée. 8z
2ym • 3.
Légèreté en moeurs. idem JSiaturelfuyard.
3o. 4. idem
Honneur & reuerence portée au Repospar mterualles, 5. idem
chien. i({em Efpouuante.
3It 6, 83
A quels dieux les chiens font fa- Véhément defir. 7. 84
c™s. 5l. gg Crainte leuee. g, idem
Impudence. idem Ouyefítssurdité.
leuneffepétulante.
i3% 9. idem
34. g9 L'hommeadonné auxfemmes\ 10. 8$
f 1 Repen
Table des^Chapitres. %
^Hepentancede lafciueté. u. idem L'homme muni contre les dangers. 18. 99
Honte de rebut. 12. idem 'Dommages du delay. 29. idem
Vappareil de guerre Jans vn grand
coeur t^ vain. 13, 86 De ce qui est signifie' par
Afiaon. 14. idem
Viuacité. le Porc.
//. 87
L'hommeaccomplide tous points.
Férocitétournée en timidité.
16. idem
ijr.
LIVRE IX.
88
Des Cornes.
RVinetédegafl. cbap, 1. pag.101
Sfnsgrossier té brutal. 2. idem
Inconstance de fortune belle en ap-? Vain Babil. 3. ior
parence. 18. idem
d
force esprit afoiblie. 4. idem
Sophistes. idem
Três^facree dignité. 19. 89 Les 5.
L'homme eflongné de bonnes moeurs. 6. idem
Difiinflion. 7. 103
De ce qui est signifié par la Le penser. 8. idem
Formi, L'escarbot, ôC Leprophane. 9. 704
L'heriíson. Nabuchodonofòr. 10. idem
Indocilité. 11. IOS
LIVRE VIII. Stupides tépefans. Iz. 106
^Délices luxurieuses. 13. idem
REcherche, chap.i. pag.91 Tauerneou cabaret. 14. idem
Prouidence. 2. idem Saoul deplu/ieursTfiandes. 15. IOJ
Trauailindefatigable. 3. idem Luxure té <$€' idem
1(>.
Pieté. 4. 92 Certain nombre d'années. 17. idem
inégalité. s. idem Brigand. 18. 108
Opulence, 0. idem 'Boutée ou impétuosité. 19. idem
Trouppeennemie. 7. 93 ASsté (jìjs hyuer. 20. idem
Trefpas. g. idem Venus. 2.1. 109
d
Concours auditeurs, «j. idem Adonis. xx. idem
Vainegloire. I0. idem Le Caos. Z3. idem
Désolationy?faccagement.
u, idem Vénération duporc, a.4. idem
Santé. \%m ^4 Ordre militaire. 2s. no
Cachettes. idem
r^ idem Leslouiens. 26.
DeYefcarbof. idem
l4, 9S Leshonoriens. 27.
Le monde. JS, idem Le Laboureur. 28. idem
Génération. 16. idem Expiationpour cause desens efgaré. 29. idem
Leseul né. J7, 9g Sacrifice. 30, 111
Wieu en corps humain. jg. idem Serment. 31. idem
L'homme i^père. i9. 47 Solemnitéde nopces. 32. us
Vaillantguerrier. i0, idem La terre té lunon. 33>
idem
Le Soletl. 21. idem Hoftie de corps humain. 34- idem
La Lune. 22. idem -. _
éMercur*. 23. idem
De ce qui est signifié—..-
n 'ï—
par quelque
-. —— — ..... ., _1

Fieure mortelle de par le SoleiL Z4. -98 .menubestail.


Vertu enerueepar délices. 2s< idem LIVRE X.
Del'berifonterreste. 26. idem
f/homme quifçait empoigner ïoppor- DEPromptitude
la cheure.
douir.
chap. '/. pag.ns
idem
portumtc. %T idem 2.
Cenfer
Table des Chapitres.
Cansternaiiowdepopulace. 3. tdem L'homme qui craint choses *vAines. 6. idem
chap. 4.. Fuitefans perte. 7. idem
116 Seure retraite. idem
Lamachinede l'vniuers, /. 8.
Paillardise. 6> "7 Auortement. 9* 132
Lafieure. 7- *dem L'homme renforcéparses aduerfitezjio. idem
Naissanced:'Auguste. 8. idem Jguì ne peut endurer lafaim. 11.
idem
Laputain. 9> idem Hastiueté. iz. 133
Forfaiflureendesbordément, 10. 118 L'homme qui ne fçait à quoy fe re-
Lediable. II. idem fouldre. 13. idem
Pétulance domptée. 12.. 119
Preferuatifcotreles enforcellemens. 14. idem
Mari de lafemme adultère, 13. idem L'estranger. 15. idem
rDel'orix. H- 1ÍO ^Macedo. 16. 134
Le Mathématicien, 15. idem Les Saliens. 17. idem
Sobriété. 16. idem Augure de mort. l8. idem
peLo'ùatlle. 17. idem Pestilence. 19. idem
Polie. 18. idem Prospérité. 20. idem
Dofîeur de njertu. 19. 1 zi Vhytene. 21. 13s
innocence. 20. idem Ennemirvaincu. 22. idem
Douceur ou debonnairetté, zi. idem Ennemi victorieux, zj. idem
Opulence, 22. izz Inconstancede moeurs, 24. idem
^Félicité. 23. idem ^Dompteur d'aduerfefortune. x$. 136
Ledeuoirdelafemme. 24. 1Z3 Outrageuxenuers les Esprits des tre-
Foecundité. 15. idem fpajfezj, x6. idem
Pecune. 26. \x\ De lapanthère le plus adroit té plu*
Phthiriafe ou maladiepedtculaire. xy. idem vaillant batupar le chétif. xy. idem
'Discorde. 28. izj L'infatïable. 28. idem
Du mouton ou bellier* 29. idem Espritdissimulé, 19. 137
Laguerre, 30. idem
íurognerie. 30. idem
Riualité. 31. ixC Variété de moeurs. 31. idem
Venus. 32. idem 'DuTygre. 32. 138
Amoureux de ^vielles. 33. idem Le Soleil. 33. idem
Salubrité^. 34. idem Férocité ramolie, 34. idem
Lagarde, 3s. idem Vengeance. 3s. idem
Hammon, 36. ixy Vifleffe. 36. 139
'Dmistonpar regalesportions. 37, idem *Amour enuersses ewfans 37. idem
*
Commencementd'aimée, 38. idem Ennemi de musique. 38. idem
Du lynx ou once. 39. idem
De ce qui est signifié par le Loup, Veu'étresaiguë. 40. idem
De tours. 41. 740
L'hiame, le Lynx, L ours, la Pan- Amendementauecïaage.
thèreJe Tygre,8de boeuf 42, idem
^Maigreur à faute de manger moeur
sauuage. ocultes. 43. idem
LIVRE XI. Hommage. 44. idem

D Vloup,
Apollon.
cbap, i.pag.ixy
idem
tAagedefille^
Trouidence.
45. 141
46 idem
2. Ire ou courroux, 47. idem
^Jars- 3, idem Prince imbccille. 48. 14Z
Lerauifeur. idem T)e ívre ou boeufsauuage.
Effronterieputanefque,
4. 49. idem
s. 131 Impatient de captiuité* jo. idem
Table des Chapitres^ jj

Pe ce qui est signifié


» — .,

le Cha- De qui est signifié


t n 11 I..~.J» m ii ' IL 1 i^P————»—w—w»».r
par ce par le Lieure,
meau,le Mulet,ÔC l'Aíjiç, le Renard ÔC autres animaux
,
de moindre eípece.
LIVRE XIL
IGnorant & les hommes té h*
LIVRE X11 L
dieux.
Pétulance*
ch.i. p.144 DV heure.
Vigilance.
chap.i. pag.ifi
idem
2. 14s z.
Impudence. 3. idem Ouye. 3. idem
Peuple Iudaïque. 4. idem Mollesse efféminée, 4- idem
Eflongné de Dieu té des choses $ain- Crainte. 5. idem
cJes. /> idem Gentileffe. 6. tí9
Beau commencement tostdélaissé. 6. 146 Foecundité. 7. 160
Moquerie ou rifee d'vn lourt oupe- L'hommefhlitudinaire* 8. idem
sant naturel* j. idem Contentionpour l'honneur. 9. idem
Indocilité. 8. idem Vefpagne. to. i£f
^Moquerie. 9. 147 La Compagniedes terjunges. n. idem
Niaiseries des Sophistes.
jo. idem LesVdentiens. ii>. idem
Allechemensdestateurs. 11,
idem Du'Renard. 13. idem
paresse. 12. idem rRufefraudelufe. 14. idem
Vhermite. 13. 148 éMauuaifè pensée 15. Wz
femme reuefche. 14, idem Grand effort aufcdol, 16. idem
Femme dissimulantfagroffep* is. idem Arraisonnement ou discours. 17. 165
l>esolstice ou temps annuel. 16. idem Garantie. p. idem
Bon mefnagerfemmeprodigue. 17. 149 TjuBieure. O. idem
fere de famille^chiche enfans prodi- Supplice de Pétulance, 20. idem
gués. i8r idem loursjnoirs &feritiux. fi. 164
v
Bonne encontre. 19, idem SPelataulpe. 22. idem
Le vigneron. 20. tdem Aueuglement. X3. idem
\\cRoyOchtié. 21. iso Ouyrdeloing. 24. idem
Trauailindefatigabletéferufl. 22.
idem Présage, *>"• tdem
'Pu mulet. 23. /// rDelarRe1lete» x6. 1*5
£ebastard. 24. idem L'Arufpex. vj. idem
Ejloigné d'amour. 2s. is2 ^Malencontre, 28, idem
Stérilité. 26. idem Vhommage. 29. idem
L'impudictté des dames. X7. idem Du'Rat. 50. idem
Euenemens non attendus, z8. idem Dommage. 31» idem
4mourvoluptueuse. X9. 153 Qhoix ou option, 3*~ 166
Offices mutuels.
30. idem lmbecúité, 33- idem
Du chameau. 31. K4 Délices amoureuses. 34» idem
Discoureur impertinent. 32. idem Puretté nonflétrie. 3y idem
Cuisses téiambes tortes, Habitant d'Argos. \6j
33. idem 36.
1,'hommejort. ^DuChat. 37. idem
34. ///
L*riche. 35. idem Implorationdesecours. 38. idem
Jalousie. 3<Í. idem La Lune. 39- **$
T^euerenceenuers les mères.
37. idem Commencement Çjs fin des cho-
Humeurtraifiable. 3g. 156 ses. 40- idem
^Abstinenceduboire&>manger. lubricitéfoeminme. 4/. idem
39. idem
\ghfi
Table dés Chapitres^
'ghúdifsimulesav'danie. tf9 £ontinencet 34. idem
41.
d
La Compagnie «Auguste. 43* id*m Finesse té ruzf. if- idem

Les Alpins.
44. idem
Les heureux des vieillesbandes.
4'- idem
ii M ^ 11 — 11

Du Serpent selon qu'il se void en


.
1
.
1 •- ' *
quelques enseignes de guerre
De ce qui est signifié par le Serpét òC du Caducée.
en gênerai. XV. LIVRE
LIVRE XIV. L'Empereur. chap. 1. pïi$6
DVLaSerpent.
Machinedu
chap.i. p.171 Ofcus. 2. idem
idem
monde, z. idem lunon. 3.
L'homme rajeuni, 3. 173 lunon Conferuatrice. 4. idem
Le temps. 4* idem Seigneurie du monde. 5. 187
Calamité. 5. »74 DeuxPrincesfouuerains. 6. idem
Lamaffedu monde., ~<>.
idem Seigneur dvneprouince. 7. idem
Van. 7- idem- *Roy tres-bon. 8. idem
JEole. 8. idem Roy tutelaire. 9- idem
Le Basilic. 9- 17/ Le héros. 10. 188
/Eternité. lo, idem Epaminondas. 11. idem
Affligé de calumnies. u. idem Grandeur de nom (§jr de ranc. 12. 189
Les'yeux des Dieuxi it. 17^ Dommaine oufouueraineté. 13. idem
L'Efprit. 13. idem ÎAsie. 74. idem
Les Boules d'ALole, 74. idem Qolonnel de l'infanterie. 1/. 190
Succès de Voeu. 1$. idem Enseignez,des compagniesdesgens
Sacrée Prestrife. 16. m de pied. 16. idem
La force de la bouche. 17. idem Les JMenapiens des vieilles Ban-
Fureur implacable. 18. idem des. 17. idem
Contumace. 91. idem Les Qortonasiens. 18. 191
LesThaipsaliens. 19. idem
De la Vipère. Les Commissaires de lafabrique. 20. idem
Les Sagunniens. 21. idem
Femme qui hait fin mary. 20. idem LesBianniens. xx. idem
Enfans qui conspirent contre leur Les nouueaux Honoriens. Z3. idem
mère. xr. vj8 Les Marcomans. X4. idem
Auortement. 2X. 179 Les leunes Quriatiens. xr. idem
*Playe amoureuse. 23. idem Les Maurialites. %6. idem
Des Syrtes aux pieds deserpent. 24. 180 L'intendant de lafabrique. 27. i$i
Faune Serpent. x$. 181 Les Deffenfeurs. x8. idem
Le sens deceu par laafolupté, té Lasixiefmeparthique. 29. idem
Vesprit par le sens. 26. idem Les<sAugleuariens. 30. idem
Les cinq cens. 27. \8x Les Qornuts. 31.
idem
•Marnais damon. x8. idem Lesfauconniers. 31. idem
*Delefîation. 29, idem Les Mangeurs, idem
33.
«Antidote contre les appétits de la Les «Archers neruiens. idem
34.
chair. Les Hollandois.
30. 183 y. 193
La fin de pétulance. 31. idem Les ieunes^Marcomansl 36. idem
Voluptésupprimée de bonne heure, jz. idem Les vieux CMarcornans. idem
37.
Araxa, 33. 7^4
î. 4
Table des Chapitres.
Lesnouueauxatecotes» 38. idem Appétit ou conuoitife. zf. 306
Les excultateurs. 39. idem De méduse, 30. idem
f Lesportebrayes. 40. idem Terreur ou efpòuuante. idem
31.
Du Caducée. 41. idem Prudence té ruse. yx. idem
Génération. 42. idem Estonnementté admiration. 33. idem
^Menacesté paix* 43. 194 Prudence. 34. 207
La terre. 44. idem De Thydre. - 3f. idem
Concorde, 4$. idem Les Sophistes. 36. idem
Paix. 46. I9S Enuie. 37. idem
Félicite, 47. idem Vice domptépar la vertu, 38. 208
Eloquence. .48. idem
Sagesse. _^_— ., _... —1 1 «. i —1—-.

Vrayescience té discipline.
49. I9<;
De ce qui est signifié par la Cy?
so. idem gognèje Merops,lâCucuphe
L'ibis, ÔC la Grue.
De ce qui est signifié par Esculape,
les Gorgones, les Hydres,ÔÇ LIVRE XVII.
choses semblables. Pieté. chap. 1. pag. ZII
LIVRE XVI. Pietépréféréeà l'impieté. 2. ziz
A Esculape.
Droifis d'hospitalité.
chap. l. pag.19%
Du Merops.
De la Cucuphe.
idem Celuy qui recognoist le bien re-
3.
4.
idem
213
2.
Sauueur. idem
3. ceu. f. idem
Salut ousauuete'. 4. idem Le printemps. *r. idem
Prudence. /. ip9 Garantiecontreles embûches fç)for~
Ruine. g. 200 iileges, 7.
idem
Les Geans. y. idem Médecine. 8. 214
Chose effroyable, g. idem Veilles té guet* ?• idem
Excejsiuegrandeur. 10. idem
9. idem "Discipline militaire.
Le Volume. I0. 2.01 Ennemi dessaisi té *****eít route. u. idem
Trophonius.
n. idem ^Moquerie. u. 21s
'Boreasoulabkç. j2. idem Dieu. 13. idem
Vufcorpion. l3. idem Esprit ententif aux choses diui-
^Mutuelle deffaited'ennemis. 14. idem nes. 14. idem
Doltéfallace.
202 Dissipation voluptésté mauuaiifes
15.
de
Manuaistienoninuisible. JÔ. idem afstiflions. 15. 216
Concupiscence ou plaisir desbordé. 17. idem Courage raualè aux choses abiefies. 16. idem
La terre.
«Afrique.
^
^em "Del'ibis. 17. a.17
Ip. idem L'agypte. 18. idem
Delafalemandre. 19? ldem
2o. 203 Lecteur.
L'homme non offencé par lefeu qui Santé 10. idem
íenuironne.
xu i^m tMalheur fûiui de bons commence-
Confiance.
Z2i. i^m mens* 21. u%
Vamoureux. Voeufans effefî. 11. idem
23. idem
Nourritured'amour; Z4. idem Lapremierevoyelle. 13*
x^em
Les hrpes ou hirpins.
%e 2Q^ Dudagnù. *4« idem
Corrupteurd'vn chascun. 26. idem Iurognerie. 15*
idem
Dudipfai.
%Jt 20f rDelagrue. 26. 11?
Extrême altération, $,8. idem Garde ou vigilence, 27. idem
'Demv
Table des Cíiátóitres.
Demotrane. i8. idem «Apothéoseou déification. 4. 238
"Prudence. *9« idem Roy pieux té miséricordieux, 5, idem
L'homme qui recherche chofès hau- - ' Bénignité, '-'< > <>. idem

tes. 30. 220 Pareillei'eueuè'pourvnplaisir reeeu. 7. Z39


Perfèuérant enson naturel. 31. idem éMespfìs-doutrage receu. 8. idem
J>hfi gardeson rang. 32. idem Perèbaigneux & difficile. 9. idem
patientau trauail. 33. idem Solitude!de règne. io. idem
^Abondance de biens. 34. idem 1-ruijfdrieepernicieuseÌ ''>' JJ.- 240
Printemps & biuer. tf. idem Dofîe impur. 12. idem
rDu milan. 36. « zzi L'èfpritmalin. • 13. Z41
Leprintemps. 37. idem LeFritìfe qui naduife qu'à fmpro- '-
Le riche. 38. idem ' 'sit.c 14. idem
Rapacité. 39- idem Celtty qui meurt de faim. 15. idem
Nautgatiàn, 40. idem leùnejfè Venouuellee. 16. idem
LèsApòstres.
- 17. idem
Espritprompt tésiudain. 18. 141,
De ce qui est signifié par le
Le Nil. 19. idem
Vaultour.
Haute ou profonde pensée. 20. idem
LIVRE XVIII. Sainfîlean. zi. idem
Siègefermementestabli.
DV vaultour.
L'annee.
chap. i.pag.xx$ La domination de la
terre.
xx. x/\ 3
X3. Z44
z. idem «Armoiries timbrées d'aigles. 24. idem
Centaine dannées. 2,2.4 Le milieu de la terre.
3. zs. idem
La mèreou le génie de nature. 4. 22 s Les Lacedemomens. zti., idem
Pitié ou commisération, r. 226 Clearche. idem
%7*
lustice, % g. 227 Les nouueaux herculiens. z8. 24s
But ou deffain. 7, idem Les herculiensdes vielles bandes. 29. idem
Terme. g. idem louinians des vieilles f£) nouuelles
Deuinementouprésage. 9. idem bandes. idem
• 30.
^uíprétendquelque hoirie^ zz8 Quartedecimains,
J0. 31. idem
Funérailles. rim
idem
L'estranger.
IL, idem De cc qui est signifié par le Phoe-
Concupiscence.
í3. 220
niXjle Pélicans quelques au-
%nme- 14. idem
Diuineprouidence.
Ir. idem tres oy seaux.
Perfefhon.
Pallas té lunon.
lG. idem LIVRE XX.
J7m 230
L'art M'Esprit. l8m tàm REfìauration. chap. 1. p. 147
Feudouble. Longueabsence. ^.48
19, 3}I x.
Deux drachmes ou le coeur. 20. 232 LeSoleú. idem
3.
Prestance. 4. idem
De ce qui est signifié par Dupélican. 5. idem
. Folie. 6. 249
Laigle.
Pieté ô? amour enuers les enfans. 7. idem
LIVRE XIX. Compassion. 8. Z50
Solitude. 9. idem
DEl'àgle. dap. i.pag,23s Du Crauant autrement oye nonnette. 10. idem
Bon heur téprospérité. 2. idem Lefils. H. idem
éMaiestéImpériale.
^ %„ De la Cbcueche. 12. idem
éMinerite
T^bfôrfes Chapitres.
Síinerue. ^ idem
*>#,.< L'ame,. %x. idem
Vi
Sagesse. 44,. idem frud^nce. 13. Z64
Efludede'-vainesagesse, ( .. .
idem
15. /*&>/# cAttrempance? J4.
.
JMonoyeesmarquéesàlorçheu.echer j£f jd[«» Force. 15. idem
HJifioire.
Argent.monoyé,
'-.:..-Í.7. 2/^
\%r idem
Iustke.
Lesang.
16. idem
26s
17.
L4 «w/. 19. /$?# Vifioire tégloire, 18. 266
pertes mutuellesd'ennemis. 20. 453 VIfíoireperpétuelle.
19. idem
rL'abstemie3c'està dire qui ne boitpoint, Céléritéoupromptitude.
20. x6y
:*
ctfe
"1//#. -ZI. «/«£ Vair, zi. idem
.
Secoursimploré en Vain. az*
*^«? Vefprit, 22, 268
ike tyran, 2Í. 154 LaPrefirife. 2.3. idem
h'hipocrite, 3-4- idem
Humilité de lefus-Christ. 15» '</«» L)e ce qui est signifié par la Cp-
De la corneille. £6. //&/# Jumbe la Tourte, ÔC L'a-
ií,í //e/z tífe mariage. xj. 2ff 3
Concorde.
rondelle.
28. idem
La ville de corone.
JBakl ou caquet.
Z9. idem LIVRE XXII.
30. idem
Fidélité de messager. 31. idem
VEfte perfeuerant1 en conti-
.prospérité de vie. nence, çhap. i.pagx7o
$x. 2S6
Sagacité ou subtilité de la ieuneffe Çorreflwn. 2. xy\
préférée d Cexpérience de la vieL Attraifis anioureux. 3. idem
leste. Charité,, 4.. .17?.
33, idem
Inquiétude, L'air. s, . 2 73
34. 2S7
L'byuer. 35. idem
Impie & ingrat, 6. idem
Wu moineau ou de lapasse. 36. idem
Chafíeté. 7. idem
, Effrontéelubricité de Sémiramis, 8. ideni
La<-vied'vnan. 37, idem
, Prefage%oyal,
-Amoureusecomplexion-, 38. idem 9> 274
Lés Sirènes. 39. 2s8 Pfyn colère defoy naturel. IO. idem
pétulance pernicieuse.
40. idem Peur ou crainte. 11. Z?/
Eloquence. Santé. 11. idem
4!. idem
^Médecineaprife desdieux. 13. idem
Félicité des âmespour l'aduenir. 14. 276
Deçequi est signifié parle sa- 'pe la tourterelle. l$. 277
cré d'^Egypte. Viduitétres-chaste. tf. idem
LIVÏIE XXI. Pudicttè. 17. 278

D Vsacré.
Le Soleil.
chap.i.pagi.260
2. idem
i
Prouidence.
'Dance.
ìnteleflJEtheree.
18. idem
19. idem
zo. idem
Dieu. 3, idem De l'arondelle. zi. Z79
Hauteffe ousublimité. x6i Egalité. 22. idem
4.
Humilité. idem Institution. Z3. idem
j.
Vefprit. 6. idem eArchitefiure. Z4. idem
Mars & Venm. 7. idem Patrimoine. z$. idem
Rapine. g, 2g2 Secoursrequis. z6. 280
Defaâueud'enfans. 9. idem Ami inutile, xj. idem
Fie vitale. I0. idem Leprintemps. 28. idem
«Affligé d'ennuis, Babil. 29, idem
u. x6x
Dueil
Table des Chapitres.
Dueil & complainfle. 30. z8i
Voyage. 31*z^t De ce qui est signifié par le Paon,le
.
^Amendement. 3z. idem Coq,ìa Poulie, la Bécasse, l'Oye,
la Perdrix St la Caille.
De ce qui est signifié par le Cygne,le LIVRE XXIV.
RoíìgnoUe Perroquet 6>C quel-
ques aucres oyíeaux. IVnon. chap.i. p.296
Saletéde richesses. x. idem
LI V RE XXIII. TZjcheffes'-uicijsitudinaires. 3. idem
Lanuifí. 4. idem
Vieillardmusicien. chapj. p.2%4 Le tour. 5. idem
Lepoè'te. x. idem
Le glorieux. 6. 297
Outrageuxà ses concitoyens. 3. z 85 Le prodigue. 7. idem
Coeurfranc. 4. idem Concorde. 8. idem
^Aiguillon de gloire. 5, idem
Consécration defemmes. 9. idem
La musique. 6. z86 De la poulie. JO. 298
Apollon wùant de la 'X/iole. 7. idem Latribade. 11. idem
Orphée. 8. idem Le defpensier. iz. idem
Heureuse nauigation. 9. idem Perdition & ruine de biens. 13. idem
Du %o/ignol. 10. Z87
Foecundité oufoison. 14. idem
La musique. II. idem Santé. 15. idem
Le bourgeon. Iz. idem Seureté. 16'. ^^^>
Estude ou veilles, 13. idem D» Coq. 17. idem
'Duperroquet. 14. z88 Lafaueté de lEmpereur Tibère. 18. idem
Eloquence. 15. idem
Pureté d'Esprit. /$>,
jslfe/»
De la pie. 16. idem Apollon, 20. 300
Le caquet. ìj.idem Garde ou sentinelle. xi. idem
Feintée. 18. 289 Prophètes fëj Dofïeurs. 2z. idem
Du Camard- colin ougrifard>efpecede Ardeur au combat. 23. idem
mouetteJaros en Grec. 19. idem Soldats prefans. 24. 301
L'homme qui frustre lattente d'au- Les Suejfams. 2s. idem
tmy- 20. idem Vtfloire. x6. idem
'Du cepphos en Grec 3fulica en Latin, Sauuetè des vignes. xy. 302
poulied'eax en François, 28. idem
zi. 290 Impieté.
Lefat ousot té lourd.
zz. idem De la gaïïinago. x<). idem
Dugryphon. Bienuetllant ou débonnaire.
23. idem 30»
idem
apollon. 24. idem Del'Oye. 31.
idem
Grandnez^ Guette ousentinelle. idem
2s. Z91 3t.
Du corbeau. 26. idem Silenceopportun. 33, 303
<Qvi déshériteses enfans. idem Complexion lubrique. idem
xj. 34.
ptu7es- z8. Dommage. idem
292 35.
Discorde militaire. idem
29. idem Vain accusateur. 36.
Couard oupoultron. ^ut nafoing que dessiens.
30. idem 37. 304
Rebut ignominieux. De la perdrix.
3,# idem 38. idem
Le%heteur. Amourd'eshonneste. idem
3t. 19J 3p.
^oUon' Excez^enpaillardise.
33. idem idem
Wf 34. Z94 «Aduancement trop hastifté dejfai-
40.
top*/***. fonné.
3S. idem 4I. 305
Retour
Table des Chapitres,
Retour au droit chemin. 42. idem lunon, 31. idem
idem
Concorde au mefnage. 43. Nopces. 32. idem
Astuces des plus cauteleuses à efqui- Printemps. 33. 316
uervn péril. 44- idem DelaHargeLagelaste. 34. idem
Voutrageux. 4** De la Huppe ou puput présage de
306
Finesse malitieufe, idem
46- bonnevinee. 3s. idem
De la faille, idem Remèdecontrelyureffe.
47- 36. idem
Impureté, idem Du bruyant.
48- 37. 317
Extrêmemalignité. 3of Leselon vaincupar le débonnaire. 38.
49- idem
Dulynot. 39. idem
\niurervengee. 40. idem
De ce qui est signifié'par l'Austru- Quifuit l'amitiéd'autruy. 4T. idem
che ôC quelques autres me- Duheron. 4Z. 318
nus oyseaux. Tourmente, 43. idem
Du Cinname l'Efpicier. 44. idem
LIVRE XXV De toyfèau dit velia aymatfes ayles.4S. idem
Delasiooumoyenduc. 46. idem
DE l'Austruche, chap.i. p.309 Le bouffon.
,
4.7. 319
lustice, 2. idem Lescornut-z. 48. idem
Créneaux de murailles, 3. idem Dutercououtercot. 49. idem
Concorded'Elemens. 4. idem Raillerie. so. idem
L'homme qui veut beaucoup, s. 310 Enchantement. 51. idem
Vheretique. 6. idem Véhémentecupidité. 51. idem
Vhipocrite. 7. idem l
De effraye ou frefaye ou petit chat
polie. ' 8. idem huant-,pernicieuse compagnie, 53. 320
De la Chauuefouris. 9- idem De la gnue trompé par ses propres
Efleué de bas en haut lieu. 10. idem artifices. 54. idem
Offices mutuels. n» 311 Surdité. ss. idem
Faculté nourrifsiere. 12. idem De la Rubeline ougorge rouge soli-
Tenebrion ou quifuit la lumière. 13. idem citudmaire. 56. idem
Delay ouséjour. 14- idem De la beccaffine dite cincluá ,pauure
Ignorance. is. idem &souffreteux. 57. 32.1
^Assurance. 16. 312 Bohémiens ou diseurs de bonne aduen-
L'homme d'ame impure ouprephane. 17. idem ture. s8. idem
De lotis. 18. idem Eftranger, 59. idem
Lefoible qui s'abaisse deuant vnplus
fort. 19. idem
Esprit ou courage rauallé. 20. 313
De ce qui est signifié par L'abeille
Obsiinè ou contumaxi zi. idem ÔC autres tels bestiaux.
De Valcedon. 22. idem
Tranquillité. 23. idem LIVRE XXVI.
Vacations. 24. idem
L'homme retiré des compagnies. 2s. 314 PEuple obéissant afin Roy. chap.i. p.yi^
,
De lafauuette, 26. idem Lc'Rpy. x. idem
f
En ans d'autruy nourrirpoursiens. 27. idem Le^Royaume. 3. 3x4
Du Cocu crainte pour la moindre Eloquence agréable. 4. idem-*
chose du monde. xS.idem Plaisir de poésie. s. 31?
L'homme transmué, Z9. 315 L'heurdusiécleaduemr. 671dem
Deffaut de puces. 30. idem «Appétit des choses douces. 7. idem
Heur
Table des Chapitres;
Heur de longuesanté. 8. 326 Inégalité de loix, joí idem
Laputain, 9? idem Dialetique. si, idem
Dotlrine estrangere, so. 317 Diï njerm difípar les l^atins 77-
De douce vie amertume, 11. idem pula. S2, idem
Fuite populaire, iz. idem Légèreté. 53. idem
loyesuruenue en tristesse. 13. idem
Les Oraclesdes Prophètes. 14. 328
Concorde. idem
15»
De ce qui est signifié par le
Chasteté. i#- idem
Dauphin ÔC le
testateur. w* 3%9
/.8.. idem Poulpe.
Vengeance,
Artifice. '9* idem
LeSolstice. zo. idem
LIVRE XXVII.
D» moucheron. 2t, 330
^wy 00 désireux d'aigreur. xx. idem LE Dauphin fauueté, chap. r. p.540
d
Afflifíion esprit. X3.
idem Tarai. z. idem
Dialeflique. Z4. idem Bacchus. 3. idem
Apollon Delphique. 4. 341
Des Coíïes ou Cosspns. 'Perd efchapé. idem
5.
Scadron;ou multitude. x$. 331 VEmpire de la mer- 6. idem
D» bourdon. x6, idem Vittejfe. 7. 342
Proufitdulabeurd'autruy. 27. idem VisUe nauigation, 8. idem
Delaguefpe. z8. idem ^Maturité. 9. idem
Ruyne efehapee* 2% idem «Amour enuers la ieuneffe. 10. idem
L'homme recognoifjant. idem
Humeurguerrière. 30. idem 11.
^Moeurs Ctutlesimpatsaisies. 3/. yx Lafctueté. ix. 343
Le perturbateur. 32. 333 Infideltté desstateurs. 13. idem
De la mouche. 3$. idem Vousté. 14. idem
idem
Importunité fél impudence» 34. idem Soûl d'amour impudic. 1$
Op'yiiastreté. 35. idem Du Poulpe, 16. 3,44
Prouessefaite de prés. 36. 334 L'amajfeur de biens. 17. idem
indocilité. 37. idem Le prodigue qui mange tout. 18. idem
Les Cyniques. 38. /W<?*w J$>ui mes-'-ofe de fa ^viflçire. 19. idem
*Î>Í Vhephemere. 39. 33 r Le Tyran. xo. 34J
Z//> dP?» wur. 40. «ta# J>)ui s'acommode aux complexions
*Z><? /a Cygale. 41. iflfe?»d'autruy. zi. idem
Confrère de chosessacrées, 2X. 346
4X. idem Du Cham&leon.
43. idem Cault té rusé.
Qhastment de trop laser. 2$. idem
Vain babil. 44, idem Delatarande. a.4. idem
Noblessede%ace«
4f. idem Qonflernation d'efbrit estonnê. xy idem
La musique, 46. 337 Poésie. x6. idem
Delaraigne. ^rj.tdem Subit partement. xj. idem
Guurâge mutile. 4g. idem Fermeté d'amour. 2%. idem
-
Lapluye. 4i>. 33g Solstice dhyuer.
ff 1% 348
De
M3UT 3;p
Table des Chapitres.
lopez* de dissimulation.
$4, idem
De ce qui est signifié par la tortue, Mensonge, 35. idem
le limaçon, l'escreuísse & au* Vices ou desbauches, *>6. 357
Les lettres. 3*7. idem
tres telles escailles,ou «Amour de mary mersfa desloyaile
coquilles. femme. 38. idem
îì y a erreur au 16. pour le 15. & ainsi Tourmente* 39. idem
rimprimeur a continué. Du Pourpre, 40. idem
Mefdifant. 41. idem
LIVRE XXVIII. Puniparfageulc 42. 358
Tué d'vnseul coup. 43. idem
Notez que ce liure ne contient que ^Retraite. 44. idem
5ï.Chapitres, De l'herijfon. 45. idem
Hargneux té chagrin. 46. idem
DElatourtue. chap.i. p. 350 *Rigeurs de iugemens, 47. 3^
"Réduit fous la domination du Seurenauigation, 48. idem
plus puissant. x. idem ±Maigreur. 49. idem
ïMefpris des aduersite%, 3. idem Instauration. 50 idem
Garde dessilles. 4. idem De la couche, 51. 411
Rampartoudeffence'* /. 3// Larmes* $x. idem
éMort difficile, 6, idem
Paresse. 7. idem
Médisance. 8. idem De çe qui est signifié par le Croco^
Les Peloponensiens. 9. idem dil &C quelques doubles
Du Cancre ou de l*Esireuìjfef 10. 3SI vies.
Ceux de Chio. n. idem
Frustrant l'esjerance. ix. idem LIVRE XXIX.
Inconstancei 13. idem
Le Sophiste. 14. idem DVCrocodiU chap. 1, p, 361;
Oppression des Sophistes^ 16. idem Dieu, 2. idem
Secretz^reuelès. 17. 353 Orient. 3. 362-
Inquilin. 18. idem Occident. 4. idem
Grands desseins rompus. 19. idem Ténèbres ou chosefuneste. $. idem
De la Nacre. xo. idem Ttyyne & perdition. 6. 363
£fui abefoindel'ayded'autruy. xi. idem Salacité. 7. idem
Luxurieux desfa ieuneffe. 2X. ,754 Fureur. 8. idem
Des huîtres. 2$. idem brigandage. ?• idem
Çenre humain. Gourmand. 10. idem
Z4. idem
De la Langouste, xs. idem Roturierennoblis U- 3^4
Séditieux. %6. 3$$. Inuincible. iz. idem
Tempérance. irj. idem AEgypte- ?3- idem
tafaìm. 2$. idem DuÇfheualderiuiere. 14. idem
Les pieds. 2.9. idem Impieté. 15. 3*5
Du Limaffon. 30. 356 Pieté
préférableà l'impieté. 16. idem
«Addonnéà choses terriennes, 31. idem
éAdefihancetédomptée cédant à la
De lasèche. 32. idem Vertu, Î7. idem
Beaux commencemens d'au la fin efl Les heures. 18. idem
laide. 33. idem Du Veau marin ou
marfoin. 19,., 366
Chetis té Ibommecoauert) des enue- Endormi V* idem.
Prefer
Table des Chapitres.'
Treseruatifcontre-megrande infor. Du BarbeauoufurmuletDianelucine.14. 377
tune. "• ta^m Du Sargon prossit du labeur $au-
Le nageur. **- idem truy, l$. idem
De lamurenetélamproye. 23. idem De la pastenague de
Amoureux des estrangeres. 14* idem mer ou ta-
Complexionsdu.maryfuportables. t$. idem reçonde.
Adultère. 26- 'dem
Suppliéedeparricide. rf, idem
Cruautéoculte, 27. idem
idem
Du nebrias ou belette de mer.
Deí'angutlle. ?8. Gourmandiseinsatiable.
idem 17. idem
Né pourluyseul, W- De la foulguede
^Mémoire estante âpres U mortf idem mer.
30.
Songneux deson mesnage, 18, 378
prophane. 3t- tf>8
idem De
laT^aye le trompeur. 19. idem
Impatient d'<-vnestranger. 3Z.
pourfitiurece quifuitfans efpoiy de De la Scolopendre ou Chenille
l'atemdre. 33. idem de mer.
Certaine espérance d'vne chose dou-
teuse. ;' 34- idem Esprit repurgé de vices. 20, idem
Enrichipar les guerres ciuiles. 35. idem Dupholts louïjfantdeses acquêts, 21, idem
De la quenouille, 36. $69 De l'efquaye le Charpentier. 22. idem
Imparfaifl, 37* idem De la Clupe le corps de la Lune. 2$. 379
Eshonté. 38. idem De l'anchoye ou Celerin 24. idem
Curiosité. Hasttueté. idem
39. idem 2s,
L'hommequi chemine âpres vne lon- De la Sangsue. x6. idem
gue maladie, 40. 370 Sanguinaire. X7.
idem
Sophiste, 4t. idem Insatiable z8. idem
Sermons. 4Z. idem Du lieure marin dommagesmutuels. 29. 380
Poètes. 41, idem Del'efponge, #©. idem
\Biberon ougrandBeuueur, 31- idem
Silence*
44. idem
Rusticité, Abolition1, idem
4s, idem 31••
Mollesse, 33' idem
»^i .-!.,— I..I »l.»<.n.lyinww»P »,«^—
mM.IW Duglanis. 381
Pece
1 1
i i

qui est signifié par quelques Diligencepaternelle à 34>


nourrirses en-
espèces de poissons. fans, 3/. idem
LIVRE XXX. Dusilure.
DuTium.
36. idem
37. idem
De la torpille, chap. h p.y?3 Teuxbicles. 38. idem
Preferuateurdeplusieurs,
x. idem
Dela^Remore.
3, idem De qui est signifié par le poisson
Empêchement. ce
4. idem
Salut.
374
5.
en gênerai pms âpres de la
Facilité denfanter. mer emplement.
c. idem
De Ibantie ou barbitr de
,
Seuerité depérils.
mer. 7, idem LIVRE XXXI.
g, idem
Affèurance oysiue. idem Qhofeprophane.
DuQepbalelhommeàieun. 9, I. p. 38,3
10. 373 Double condition de l'homme. 3. idem
Habilité ou expertise k efauiuer^n
Purification 4. 384
teriL
11. idem Dommage O*profit, 4. idem
DuScare,
12. idem Silence, /, idem
Çlouton.
v. idem Condition de la vie humaine. 6, 38$
55 *
Table dés Chapitres.
Hayne. 7- idçm Du triple chefles Geryons. 2$. idem
Séparationdes chosesdiurnes dìauec Hefpagne. 2.4.. idem
les humaines. $. 38.6 LaLune ouïe Mois, xr. 405
Lubricitéou appétit charnel. 9. 387 Secoftrables. 2.6. idem
Ferme amitié, 10. 3%$ LeSouleil. 2,7. idem
L'homealiéné des tnufestédesgraces.u. idem Jupiterpropice <&fauoTahle. 2%. idem
Cabaret, ' iz. 3B9 Diane. x?. idem
Lésâmes. 13. 390 Quatrechef quatrefaisons délan. 30. 406
Innocence. 14. idem Les quatre filles de lanus. 31. idem
Mauuaisdamops. 15. 3^1 Manaffes à cinq chefs. 32. idem
Payens ou Gentils^ \6, idem
Image a sept testes.
Ignorance. p. idem
Les Eaux. 1$. idem VHommeprudent en toutessciences. 3Z. idem
Facelttis. 19. idem De lacheuelure.
34. 407
Derceto. zo. idem Seruitude. 35. idem
Liberté'. 56. 408
\_
Effeminfs té mois. 37. idem
TABLE DV II. VQLVME. Duchefmycheuelu. 38. idem
sigaifie chef. Voyages d'ofiris. '
39. idem
De ce qui est par le
Mortdemafles. 4.0, idem
Notés que ce liure ne contient que Mort defemmes. 41. idem
Voyez^, du Soleil,
L X. Chapitres, il y a erreur 42. 409
Vielleffe misérable, idem
le
au 45. pour 44. 43.
Perte. 44. idem
LIVRE 2CXXIÍ. Superstu'itezjretranchees, 45. idem
Ornementde vertu, 4.6. idem
LE Principe^ çhap.i. p. 59$ Dupoil chenu la Vielleffeì
47. 410
Diuinité. ?-• 3?2 Dieu le Père. 48. idem
Seigneurie. 3. idem De la barbe. 49. idem
\.aMafchinedu monde» 4. idem L'homme. 59 idem
Enrichissement. *' 400 Les créaturesvielliffent. 51. 411
Gain ou lucre. 6. idem ignorance. 5Z. idem
Salut. 7. idem Duchynonduco], 53. idem
Eminentsen doflrine fts> commande- Orgeutl. s4. idem
8. idem Fierté ou féloniey
ment. $5. idem
Prospérité. $. 401 Audace. 56. 41Z
DiurneProuidence. 10. idem Humilité téfitbmifion. 57 idem
<£Mw^e. n- 402 Du dos. /S, idem
Terreur ou effroy. ' iz. idem Fuite.
59. idem
Aduerfairef ••«• ^ títem Des efpaules lafarce.
Rome. •>). , I4> ìfcm
idem
60: idem

Du double chejlagarde. }$. De ce qui est signifié par les yeux


Dieux infernaux. 16. 403 les aureilles, le nés,la bouche
Çhastiment%igoureux. 17.: idem
>
idem ôC }es parties d'icelles.
Prudence. - : 18.,
>Van commençant. ibidem LIVJIE XXXIII.
'Bénéficesde Saturne. ,yo. idem
f1* 4°4 IVflice.
Inconstance. cbap.i. p. 414
Fermetéouperfeuerance en honcofeil.,2X\r<tdèm Síoderateur. x. 415
Ver
Table des Chapitres.
Soleil. idem
Vertu téforce du 3'
! llls II ""- "11- «r «k«MM«»MMM««.*iM^
4- idem II Hl !! II .! IWIM I II III -
Garâten.
idem
De ce qui est signifié par le coeur
5-
Dieu.
6- 4I 6 humain ÔC les vaisseaux qui fer-
Les Anges.
Le discours. 7. tdem uent à la génération.
sóntempteuroumocqueurdeDieu,8, idem
LIVRE XXXIV,
*• 4*7
Faueur.
L'aueugle* io. idem
4î8
DV coeur par&ïïe dhomme de
bien. Sap, 3, ^43©
Le luxurieux. H.
Excellence. **- idem Conseil. 2, idem
Vie & mort. *3* idem Zfie humaine. 3. idem
^Météores. H- idem Déluge du nil. 4. 431
Prouidenee de Jupiter, 15. idem L'AJgypte. f. 432
Seuerité. *&• 4*9 zArdente oraison, C idem
loyeufeté. 17- *dem Le CteL 7, idem
Deuil. ï*- idem Fourneau^ conscience examines au
lunon. *9- idem feu. S. 433
Nombreuse lignée. 2&. idem t^Miflererfacréj. 9- idem
Perte denfansou de parens, .?/. 420 DelapoêHe, 10. idem
Exemptiondefoucy. 22. idem Amendementoureàpiffeme. M. 434
Aueuglement. 23. idem Du gril, IZ, idem
Equitable domination* 14. idem Ire ou corroux, 13. idem
Sagesse. ZJ. 4ZI Poenitence, 14. idem
Dunez^fagacitê. 26, idem Sepulchre. is. idem
La mort. 27. idem Concorde. 16, 43 s
Seruitude. 28. 422 Delefptnedudos, v?. idem
Longueferuitude. x$. idem Chatouillement. 18. idem
Surcroît defamille* 30. idem Tempérance. 19. 437
Gain ou lucre. 31. idem Desparties honteuses, 20. idem
Contemplation, 3Z. idem Magnanimité. 21. idem
Obeisance,
33. idem Qraintifté couard. 22. 43B
Obstiné. Innocence crime. idem
34. 42.3 23.
Qalumniateur. 35. idem Ingrats enuers leursparens, 24, 439
Ouurage futeur ou ce qu'il faut Foecundité du Ciel. 2s. idem
faire, 36. idem ^Mercure ou parole d'efficaffe. x6. idem
Docilité. Desbaucheinueteree, idem
37. idem x?.
Indocilité. 38. idem Propos vain. z8. 440
Lalangue, l^euenu. idem
3 p. 424 29.
Mercure, 40. idem Continence. 30. idem
Lessciences. 4l. 42f Venus en amourvergongneufì, idem
31.
Lefommeil. Appétitde luxure efiraint.
4.2,. idem 3t. 441
.
Silence. Coelefie cabinet ou magasin de toutes
43. t^em
Vugouíf. choses, idem
44t 41(í 33,
De là bouche té des dents, 45. 42,7 Le Soleil. 34. idem
Dommage. 4<f. ^em Du nombril, 3/. 44Z
Vergongne.
47, yem Lapatrie. 36. idem
Reculement. 4g. ijem Le milieu. 37. idem
Horoscope.
4% tjm Lafin. 38. idem
99 3
Table des Chapitres.
Chastetévenant de concupiscence. 39* 443 Auarice. I
33. idem
Duventre. 40. idem Laparotte* 34, idem
Lr Principe. 41. idem Dialefîique, 35. 4;? ! í
La mer. 41. idem Eloquence, 36. idem Ifs
Insatiable. 43» 444 Prières. 37. idem i*
Faultes humaines. 44. idem Des pieds. 38. idem %
De la peau. 4s. idem Entrepnnfe vaine. 3^. 458 $(1
Tribulation. 46. 44s Esbranstement ou charnellement.
40. idem *||
La mort. 47. idem Fondement. 41, idem if
Putains ou Courtisans. 48. idem. Purificateur. 42. 4^ ; |
Le Camp ou appareil de guerre, 48, idem Richeauaritieux.
.
43. idem f
Seruitude. 44, idem
Triumphateur, idem
De ce qui est signifié par les mains, 4s..
Lavoye. 46. idem
&, les pieds. Solsticed'hyuer. 47, 4.60
LIVRL XXXV. Voluptueuses affefiions, 48. idem
Lafin.
DE la main. çhap.i. p. 447 Iniquité.
49. idem
so. idem
Oeuure. idem jìffaut.
2. p. idem
Innocence. 3. 448 Retraite. f§
51. 4(si
zAuthonté. 4. idem Paresse ou repos. 53. idem íH
*Parejfe. 449 Dujalon.
5. 54. idem
Naturelarronefque. 6. idem Fauxpreiugé. v|
55. idem
Applaudissement, idem
7.
idem
Le bout téfi*<> s6. idem Jj
Empefchement. 8. Dugenou. 57. 462
Liberté. idem Lmpefchement.
9. s8. idem
La mère Venus. 10. 450 Miséricorde. s9. idem
Libéralité. n. idem Humilité. 60. idem
Le printemps l'hyuer le Soleil. 12. idem Enclin à vice. 61. idem
Deuoirsmutuels. J3- 451 Trauaux degefstnefoulages, 62. idem
Donnersecours. I4> idem
Fléau.
Pieté.
u. idem
i<í. idem
Des doigts ÔC mesures. |
Le panuresuppliant. 17. 45Z LIVRE XXXVI. *
Çaptiuité. 18. idem
Pacificateur. 19. idem DV doigt engênerai.
Le Samfi Esprit.
chap.. 1. p.464 *
v
^Restaurateur. 20. idem x, idem f
Salutation. 21. idem Les Prophètes. 3. idem '.
^Adoration ousupplication. xx. 453 Méditation ou vengeance. 4. idem
Consentement. i\. idem Lafaue mollesse. 5. 46s ì
Alliance. 24. idem Société. 6. idem 1
Lafoy. i$. tdem Furies d'Orefies. 7. idem
Félicité, 26. 454 Pacification. 8. idem f
Le luge. 27. 4ss Faueur. 9. idem
La force de Dieu. 28. idem Cruauté. 10. 466;
Lereuenu. 2$. idem Force. idem
Les liens. 30. idem
Inutile à la guerre.
11.
iz. idem | §:

Espérance vaine. 3 r.
idem Du doigt[Indice. 13, idem ;\
Sèruice ou ^Ministère, 31. 4^ Silence. 14. idem
Ve -:í
Table des Chapitres.
f)ep*iîêftteflaifir, //• 461
Dumilteu. IÓ- idem Touchant le nombre des doigts,
L'efiomach. 37- idem
Infamie.
.
/<?- 468 LIVRE XXXVII.
19- idem
Doigtanulaire
Le coeur. 20, idem D Es doigts.
L'vmtè.
Sap. 1. p. 479
£Maria?e. 21. idem 2. 481
Lelyen. 22. idem Le nombre de cent, 3, ^2x
idem
Seruitude, 23. 469 Le deux, 4.
immondice* y idem
Congé, 24., idem Le corps (§jr
6, idem
Du doigtauriculaire, 2s. idem Deux cens.
Fréquenteitération, %6. idem Trois. 7. idem
Le Sainsi Esprit. idem Vame ou Dieu, s, idem
%7.
Perfefîion, z8. 470 Trots cens. 9. 483
idem
Le cours de la vie humaine, 29. idem Trois censsoixante cinq, 10.
idem
Dimension, 30. idem D^ombredequatre. U.
Le doigt. sombrede quatre cens, ìx. idem
31- 471
Lune. 3t. idem Nombre de cinq. 13. 484
idem
Deux vnces. 33. idem Lesens. 14.
idem
Lepalme. 34- idem Cinq cens, 15.
De la mesure dite d'oron,. idem
3/. idem- Six, 16.
Bricsùeté de Vie. 36. 47Z Six cens, 17. idem
idem
37. idem Sept & sept cens,
dochmé 18.
Spithamê. 38. idem Le centenier, 19* idem
Dieu. 39. 473 Dieu, 20, 485
£ourte vie, 40. idem Pallas, 21, idem
idem
Le pied. 41. idem Huifîté huiflcens, 22.
idem
Le coude. .41. idem Neufté'neufcens, X3.
ideni
Tempérance, 43. idem Multitude. 24.
Le délicieux. idem
44. 474 Dixaines. Z5.
Le degré. 4s, idem D^ombre d'vnzç3dowzftéat*tm* *<>- 487
Le pas. 4<r, idem V^ombredefeizj, 27. idem
idem
Orgyie. 47. idem La volupté. 28.
L'aulne. 48, idem L'exces, 29. idem
La mesure de dix pieds. idem
49. 47r Le nombre de vingt. 30.
La mesure dite aflus, idem ^uesignifient les marques 0* lettres
jo.
Le demi arpent de terre, 51. idem icy. VOT, XX, 31. 488
Lestade. idem
32. idem Multitude. 3i'
La mesure de cent pieds dite ple- Deux mille. 33. idem
idem
trum. 53. idem Nombre de trente. 34.
Le diable. s4, idem Lesnopces, 3$- 489
Le Hippique, idem
fj. 47<f Trois mille. 36.
Lemilliaire. 56. idem V^ombre de quarante, 37. idem
Le aolichus. i8. idem
57. idem Ignominie.
Laparafangue. 58. idem Rédemption. 39 490
La mesure dite lefchoenus. idem
59. idem Quatre mille. 40,
Laportion héréditaire ou lefort. 60 idem Nombrede cinquante. 41. idem
Le progrès de la vie. 61. 477 '^émission ou Indulgence. 4Z. idem
Le Sfathme, 62, idem Qaduc ou caste de corps.
f9 4
43. 491
Table des Chapitres*
Plusieurs. 44. 49t Eaux claires. 30.
idem
Nombre de cinq mille. 4s, idem Les puits. 3s. idem
sombre desoixante. 46. 49Z
idem —*-t^i
Vtduité, ' ' 1- .

47: De ce qui est signifié par Isis, pat le


Septante &sept mille. 48. idem
Huifiante té buit mille. idem
quarré d'vn Ioumau ÔC quel-
49.
^Adoration. so. idem ques autres peintures.
tHonante té'neuf*mille. idem LIVRE XXXIX.
.
51.
Tacitumité. S2, 493
D'ifis* cbap. 1. p. 510
II >quel
— - 1 !..— — MM II l.l——llll I —^—Jl\l » II
L'eSpace de quatre ans, idem
Par moyen les lettres ÔC disci- La Lune.
x,
idem
plines font hieroglifiquement 3.
La matière té laforme. 4. su
signifiées. Le Principe. idem
j.
LJVRE XXXVIII. Du cercle,
L'Eternel & perpétuel.
6. 51Z

D Es lettres AZgyptiaques. çhap.í. p. 49s


Institution. 2. 496
Dieu.
«Adoration.
7.
s.
9,
idem
idem
idem
Le scribe Sainsi. 3. 497 Perfeflion. 10. 5/3
L'homme d'vne parfaifle sagesse. 4. idem Van. 11, idem
Le borne du but. 5. 498 Le genre de poème. n. idem
Lesscienceshumaines. 6. idem Contrariété. 13. idem
Les diuinessciences. 7. idem Fraiz^. publiques téprivés. 14. idem
L'encyclopoedie. 8. idem De la figure Sphérique. 15. s14
Ladialeflique. 9. s00 L'éternité. 16. idem
La Philosophie naturelle. 10. 450 Le Ciel. "17. idem
LaTheólogie. 11. idem Lafirtune, a v
18. idetn
Trois parties dessciencesfuiuantSar Le monde, 19, 51$
lomon. i2. idem Mobilité, 20, 5i£
£e qui est signifié par le Ciel Brui- DelatRíoue. 21. idem
neux ($r par certaines espèces Les Roues des Dieux. 22. idem
d'eaux. 13. 501 Les'Rpueshumaines. X3. idem
Vinstitution. 14. sox Les cRpues des bas lieux. 24, idem
Ld doctrinedes gentils. is. idem L'eaudeTrayan. x$. 517
La dofirme Coeleste. 16. idem Leprogrès de nostre vie. x6. idem
Les autres eaux. 17. 504 LaTheologie. 27. idem
D^ues Trophetes. 18. idem Le précipice des ignorons. 28. idem
Fontaines liures. 19. sos Du Carré. 29. 5/8
THiuieres lefus Qhrist 20. idem Vansolaire. 30. idem
LèTorrent. 21. so6 Sapience, 31. idem
Çdtaráffe ou brisement de cbauf. éMercure. 3%,
idem
fi. xx. idem Iupiter. 33' idem
La mer-. 2-3.
idem L'hommede bien. 34. idem
Perdition. 24. 507 Excellanspersonnages. 3$' S19
Violence hostile. x$. idem Lastatue defemme. 36. idem
(salamitees. 26. idem L'ancienne Rome. 37. idem
Le déluge. 27, idem Delaborne. ,?8.
s20
L'abtfme. 28. Í08 Lafin. 39 idem
Lacune t$'fosse. 29. idem Dunombre de trois. 40. j«
La
Table des Chapitres.
ta Trinitédes choses. 41, idem Vbabitou liuree rouge, #4. 53Z
Le Cube ou Carre. 42- idem Houpelande ou casaque. 3$. idem
jLalustice, 4*- td*"* L'habit bigarré. 36. idem
éMinerue, 44* idem Des habits de lin. 37. idem
Vhumamtê' 4f* $ÏP Lafoy lubrique. j8. idem
^Dissolution demoeurs. 46. idem Qe qui estremisfanslasoy. 39. idem
Correfíion. 47. idem Lapratexte ou habit long brodé. 40. 533
Stature diabolique, 48. idem La robepalmée tépeinte, 41, idem
Lapttdeur, 4Z. idem
' ~
cjuelques Soldat d'vne Chambre de dix hom-
- 1 1 •

De ce qui est signifié par


habillemens, mes. 43. idem
Lapenule, 44. J34
L I VR E XL. La cinture ou bandier. 4s, idem
D Vbonnet,
Noblesse.
chap. 1, p.$X4>
x. idem
Liens de mariage,
Venfantement.
La tempérance.
46, idem
47. idem
48. syf
Liberté. 3. idem
De la bourcegibecière tépoche. 49. idem
Libérateurs de la patrie. 4. sx$ La ceinture de leremie.
50. idem
Mefchancetè feruille, 5. idem Lapureté. 536
si.
Les Theodostens. 6, idem Destin.
5Z. idem
LesfegondsTheqdofiens. ?. idem La chasteté,
53. idem
l>es troifiefmes Theodostens. 8. idem Lefruit de loraison.
54. idem
Triple liberté. 9f idem Le des chosesparlesoulier. 55. idem
progrès
LesPrestresapelêsflamines, 10, idem
Hippocrates. ij, idem
La 'forme anciçnnedu bonnet? iz. idem De ce qui est signifie par la Bulle
Des habits. 13. 5Z7 L'anneau, quelques exquises
Le Romain, J4. idem pierres ÓC autres pa*-
Le Qiuil oupolitiquet idem
Lapaix.
15. rures.
\6f tdem «
Laguerre. s i7m
idem LIVRE XLI.
Lapopulace. 18. /z8
ìltthye. J9. idem DElaBulleouColier. chap.i. p. 538
Dupodere, 20. idem Jshfilfaut auoir du coeur. 2. idem
Pudiaté. ;U idem Le Conseil. 3-
idem
Les blanches. 22, «9 La vérité. 4. idem
Vierges vestales. X3. idem Le prefefuatif d'enuie, 5. idem
Liberté. 24%
idem Leglorieux. 6. idem
Modestie.
2.5, idem L'humainefragilité, 7. 540
Les Loix anciennes té nouuetles, x6, idem De l'anneàu lafoy, 8. idem
Del'eflolle.
.;<27.
;^m Le coeur. 9* idem
LeBâptefme, 28, idem. Laparêjfe en honneur» 10. 54/
Des sacrificateurs enhabit noir. La noblesse, ih idem
D>u Diadème, iz idem
Lessacrificateurs dMgypte, 1$, idem
29. 53/ Puissance T^oyatte.
De Qeres té duPrestredefalacre. 30. idem La <z/ifloire. 14- f4%
Le misérable, % idem Du titre. //. idem
U nappe. 3t- idem Lesacrificateur. /6. idem
La Cote d'armes, 33t ^em L'excellenceRoyalle, 17. idem
^Pallas
Table âzs Chajpitim
Tallqt 18, idem Le repentir, u. tdem
protée? • |^. idem Le ciel. \x, idem
La rveritè. 20. idem Lavitejfe ou légèreté. 13. idem
Jaes causes des ornemens ou deuifeú 21. idem Contrariété, 14. sy$
JLdi cause de la nourriture des ani- Férocitébelliquerompue. $5. idem
maux. 22, 544 Lesperfis. \6, idem
Lesloix. X3. s4s Lape/tilence, f7. idem
Laioyeufeté, 24. idem Condemnation, /8. idem
Les cornes. Z5. idem Dela piqueforce desapience, 19. idem
Les murs. x6, idem LaRenommeè. 2,0. 5/7
Lesforces. 27. $46 Ennemi capital. 2t. idem
D)u Sceptre, 2$^ idem Repentence d'iniurefaifife, xx. idem
Le'Royftume. 29. idem Souuera'mhonneur. X3. tdem
TDescarquans té dorures. 30. idem Vaillant. Z4. idem
Véritésolide. 3 s. idem Laguerre. x$, idem
Qeuures louables. 32. 547 Lacharge. x6. idem
Des braffeletz, 33. idem Qoniunftion maritale, 27. 51g
Dudiament. 34, idem Les dieux. z8. idem
Laforce té constance. 35. idem Les dieux pénates ou domestiques. 29. idem
^inexpugnable. 36. f^S Dieux tutelaires. 30. 551?
Jmpetraûon de ce qu'on demande à Delaframea7lance ouiaueline. 31. idem
Dieu. 37. idem La mort. 3*. idem
J^efaphir. 3%. 549 Des targes ou rondelles. 33. idem
Le dixiefmèQiel, 39. idem Le vaillant. 34. idem
L'efmeraude. 40. idem Lesalut. jy. idem
Lelafpelagrâce, 41. idem Laforme du pauo'is en croissant. 56. idem
Lagrâceté beauté. 42,. idem Lapremière targe «Armenique. 3-j. 561
Lesperles les larmes. 43. 550 T,aseconde «Armenique. 38. idem
L'améthystesobriété\ 44. idem Les Menapiens. 39. idem
,
Du peigne. 4s. idem LesVefontes. 40. idem
Zìenus. 46. idem Les petits boucliers. 41. idem
Du miroirguette. 47. 5// Lasapience. 42. idem
Lefaux. 48. idem Lapeur ou effroy, 43. idem
Hymne, 49. idem La deffence- 44. 56Z
Reddition. 4/. idem
Le commencement du choc. 46. idem
Pe ce qui est signifié par les armes. tApplaudistément, 47. idem
LIVRE XLII. Les honneurs. 48. idem
Les Lacedemoniens. ^9. 563
Le droit aux âmes. chap. 1. p. 5/3 Les éMeJfeniens. 50. idem
Vertufaminine. %. idem ^Morosité. si. idem
<5Wars vengeur. 3. idem Des lettres. 2. (^- K\ s2. idem
Guerre dénoncée 4. idem U^efaste.. 53. idem
L'arc té k*flefthes tumulte. j. s^4 Les Saliens: ^4. ^4
Les rayons dusoleil. 6, idem Pu coutelas. 55. idem
De la trousse ou Carquois, 7. idem Là cruauté* 56. idem
Lecoeurtéleconfed. ». idem Méchanceté. 57. idem
Lesplayes d'amour. 9. x/5 OchusT^pydes Perses, /8.. tdem
L'amour. 10. idem Lèsparplles. s$. idem
„,
le.
Table des Chapitres;
ÓO. idem Le triomphe. 15.
idem
Le dangereux,
6l- S'S ^Amplificateurd'Empire, 16. 577
UUfiice,
yìgaffementouirritation. 6z. idem ZJiÈoire maritime, n. idem
valeur. *3- tdem VEmpire. /8. idem
Oeuure de nulle
Casar. 6*> íd'm Les nopees. 19. idem
U Pontife. 6S- >dw La Terre. xo. 578
M- idem Lanauigationdébattus, 21. idem
Veffrit retourne àfoy,
La mort. '7- 56« leux Cyrcenfès. xx. idem
VEmpire. tf8- tàem Quel est le Cocher céleste* X3.
idem
Pela cognée. h- idem Diurne Matesté, X4. idem
teRoy de Lydie. 7°- idem Dufoudre* x$. 581

Les Consuls de Rome. 71. idem Ittpiter. x6. idem


Qjaftiment. 1Z> /
67 Renomméeloingeflendue. 27. 58Z

^Mémoire durable, 13. idem Cellerité. z8. 583

<Z><?la Faux. 74- idem Cellebrité. 29. 584


L'agriculture. 75- idem Force d'elhquence, 30. idem
ÇÙstiment. 76- idem La (Clémence. 31. idem
77- *dem
DelaSye,
^Médisance, 78. idem -»' i.i" « i.i «• 1 .. 1 m . 1 1 ia "-— ••!! 1 i .. . . *p.«

Combat douteux. "79, 568


De ce qui est signifié par le Soleil,
80. idem
la Lune,Ôc les Estoilles.
Le secours.
Duheaume. 81. idem LIVRE XLIV
fommencemens ocultes, 8z. idem
Zonie, 8j. idem DVDieufouuerain
Soleil, chap. 1. p.fiÇ
Trelestlla. 84, idem ,tout bon {g}
Pendes. 85. *V«# tout puissant. x, idem
Du Corcelet. 86. $69 VVmtè, 3, idem
Des dagues. 87. idem La Vérité, 4, idem
Du Camp, 88. idem lefus Christ, 5. 587
Celuy quiset'ecognoist'té*s'amende. 6. idem
De ce qui est signifié par la Celle La Clairté. 7. idem
La fouueraine Mdiestédel'Empire. 8, idem
lç çhariot,& le foudre. La vie humaine. idem
9.
LIVRE XLIII. Vannée, 10. idem
Les Grecs. n. idem
DE laselleduree,siège.
ou chap. 1, p. 573 Tere^Mere^Enfans. \x. 58.0
Longue x. idem Grossessedefemme. idem
13.
VEternité, 3. idem De la Lune. 74. idem
La Déesse Vesta. 4. 574 Nature humaine. idem
j$.
Le Diuin ou Canonisé, y idem Vassemblée desfidelles. 16. 790
La tranquillité. é. idem L'Eternitè. 17. idem
Larges du Prince,. 7, idem LeéMois. 18. $9%
Le Secretain ou Marguillier, g, idem VJEgypte. 19. idem
La doftine. Les Sophistes,
$% S7S 20, 594
Consultation. i^m Sottise.
Cessation. I0, 21, idem
II# 576 Les Perses. 22. idem
Implorationdesecours
iz. idem La noblesse. X3. idem
DesALdilesCurulci.
Du Chariot. I4< ^
13, tdem Del'Eíìoille.
Dieu de l'Vniuers.
24. s$3
x$, idem
Pan
Table des Chapitres
£40. z6. idem Du hameçon. 30. 6orf
Célébrité. 27. idem Déception. 31. idem
Laprospérité. 2%. p 4 Du trident. 3Z. idem
J^e destin. 29. idem Force ouuerte. 33. idem
De l'Estodlefirius ou Canicule. 39. s9s
31. idem
!. .111
Les Esprits Célestes. , 1
îi .1 ~> | ,

De ce qui est signifié par les Cru-


Le temps. 3.2. 596
Laguette ou efpiernent. idem ches du nil, la lanterne & les
33* ,,
La garde. idem falots,l'encensoir ÔC la
34-
\!ame. 3$* /97 phiole, en somme |
».
Griesue maladie. 36. idem par le feu Ô£ les !
Lepoinfldu tour. 37. idem
eaux. ! ]>

De ce qui est signifié par le Nauire LIVRE X L V L


&C quelques autres parties DEsiroisQrucbes. chap. 1. p.611 |-
d'iceluy. " Vagriculture, Ctx
x.
LIVRE XLV. Le nil. 3:. 613 l h

f|
D V Nauire.
Arriuee ou de/part, 2.
De la lampe.
chap.i. p.6ox La vie té lEsprit.
idem Qu'il nefaut boiter '-volontairement
4. idem
5. idem
4
Félicité. 3. idem ~ ses tours. 6. idem
Salut. 4. idem %Acroist d'enfans. 7. idem
Lesuccès de la Religion £hrifiienne. 5. idem L'homme. 8. idem
Sauueté. 6. 603 La vie diuine. 9.. 6/5
Assautmanifeste. 7. idem Ornement tg) enseigne de l'Smpera- j?
*
Secret assaut. 8. idem frix, 10. idem
Voyture de la Lune. 9. ó"P4 X,es Dofleurs. JI. idem
ïnuenteurs té autheurs de la nauiga- La noblesse & renom, ii. 616 j||
tion, to. idem Deuxmanieredemort. 13. idem '('
Vifioire naualte. n. idem Pieté. 74. idem $.
Delanchre.
"J^uilfefaùthaster.
ix. idem Ruyne & perdition. 75. idem |
13. idem La guerre. \6. idem
Garde & refuge. 14. 605 Les enseignes deguerre. IJ. 618
Establiffement oùfermeté. 15. idem Les ombres. 18. idem
L,!'interprète. 16. Ç06 Amour defemme. 19. idem
Fraim où bride. 17. idem Les veilles ou ferees. 20. idem
brigine i$r naissance de Sekuchus. 18. idem Desflambeaux. 21. 618
Possession. 19. idem L'amour. 22. idem
Du Timon. \o. 6oj Amour mutuel. zj. 619
Vè^Regimeougouuernement. zi. idem cAmoureux morts, 24. idem
LaPortunc. 22. idem Les nopces. z$. idem
inconstance. 23. idem Çerees. 26. 6x0
Fortune té retour. 2,4. idem Ilithyie. X7. idem
Des Rets. x$. 608 De l'encenfòirté pbiple* %$. idem
Lestlence. 26. idem Discorde. 2$. idem
La persuasion. 2j. idem Purité. 30. idem
Embûche. 28. idem Vesta. 3t. Cxi
Désolation. xy. tdem La purité nuptiale. 3%. Gxx
Misères
Table des Chapitres.
jtftseres-& calamités 33*
*dem De la lettre. Y. 29. idem
La nécessité. 34- idem De la lettre, A. 30. 636
3'- idem 'Du pentalpha. 31. idem
La<vie.
Les commodités du mariage. tf. idem L'infini. 3Z. 63J
violence d'nsnegrande lumière. 37. 623 Le commencement & la fin. 33. idem
La
La DtuimtéouDeité. 38. idem Le Destin. 34 idem
L'efpreuueté^y- 39- idem Du liure. 35. idem
De lafumée. 4°- 6i4 L'antiquitê. 36. 63%
Le feu. 41- idem
La perdition. 4Z- idem De ce qui est signifié par Tenclume
Solicitudes. 6M
43-
idem
le marteaiijla charrue, le fouet
'Bonne volonté offusquéepar erreur. 44- labride,le laeqs., les chaî-
Uignorance. 45. idem
nes, les iougs Ôí le
croc.
De ce qui est signifié par la Lyre
ôC quelques autres instrumens LIVRE XLVIII.
de musique.
DElenclume, chap. 1. p,640
LIVRE XLVIÏ. Quilfault pacienter. x.. idem
La terre téleau. 3. idem
COncorde. chap.i. p.6x~j Du marteau. 4. idem
lugement composé ou rassis. 2. idem Vinstigation à mal. 5. 641
Comorde d'inégaux. 3. 62.8 Dufi(tre. 6. idem
"Bonne dofirine. 4. idem Changement ou vicissitude des cho-
La raison. 5. idem ses. 7.
idem
éMariageconcordant. d 6x9 Du trident. 8. 64.2
Musique. 7. idem La mer. 9. idem
Vomponius muse. 8. idem Les ircezjniens. 10. idem
tAmour. 9. idem éManttnee. 11. idem
Esprit accoise. 10. idem Lavingtiefmelégion. 12. idem
Lavie humaine. u. 6$o De la Charrue. ffeptre Royal. 13. idem
La forme de U lyre. iz, idem Démolition. 14. idem
Delaflufie. 13, ^t Vagriculture. 75. 643
Résipiscence. 14. idem Du fléau le mois d'Aoust. 16. idem
Flatterie. l$, iJem L'Empire, 17. idem
De la trompette. 16. idem Tollerance. \8. idem
Célébrité. tdem 'De la bride le 1{py, idem
J7m 19.
Signe defieuerson coeur. 78. 632 Temperancei xo. 644
Desflufles. *De la toupie des enfants.
I% tdem xi. idem
Lesens. zo< idem La véhémence agitation d'esprit. 2X. idem
Temps devacquer aladeuotion. Delaqttenoilìetédususeau.
21. idem X3. 64s
Du tambour. xx. % Le destin. xa.. idem
De la cloche. tdem Le mariage.
X}m 2s. idem
Dessept Ians. H. tdem Chosefaite peu a peu. 26. idem
La mufe-
25. idem La mort. 27. 646
Les muses auec eApollon.
í(f, 634 Du laeqs ou piège. 28. idem
De la lettre. A.
T* la lettre. B. ^
J7# 6 L'amour.
ìdm Venus.
29. idem
"30. idem
Table des Chapitres.
Diane, 31. tdem Fermeprospérité. 4, 657
Diane estranglee, 52. 64J Fermeté de no/ireT^eligion. 5. idem
Fermeté. 33. idem lefus Christ. 6. idem
Lelunonien. 34. idem Rebut de mauuaifespensées. 7. 6/8
Force d'esprit té tempérance. 3$. idem T>efpourueu de sens. 8. idem
tfMinerue^Arcadienne. 36. idem De la meule. 6/9
9.
Lasemence au ventre, 37. 648 Commerce de la vie humaine. 10. idem
Ouurage artificiel. 38. tdem T>es autels temples fg) Ianus. u. idem
Lafcheté ou noblesse. idem Lasapiencede Dieu. idem
39* ix.
Le ^veneur. 40. 0*49 Lapietè. 13. idem
Les viures & provisions. 41. idem Refuge ou fauueté. 660
14.
Tromperies occultes<&>secrètes. 4X. idem Lapitié té compassion. 15. 661
Dela chaîne. Forceouuerte, 43. 650 Les douzjt Colonies de Ianus. \6. idem
Lesrvices. 44. idem La terre. 17. idem
Mariage. 4s. idem Le monde. 18, idem
*T>u ioug. 46. idem Tous les Dieux. f 19. idem
Couple pareille. 47. idem Ianus. 662
20.
Subiugation. 48. idem Les changeurs. idem
21.
Seruitude. 49. è$i Laùaix. Laguerre. idem
22,
Les loix. /o. idem Prouidence, ì.3. idem
Patience. 51. idem Salut lunon diuin. 24. idem
luptter. 5t. idem Qeuxaufquels onfaifoitdes temples
Du clou, 53. idem à defcouuert, x$. idem
Arrester. 54. idem lAufcjuels à la dorique. 2,6. 66$
Preseruation oufauuettê. 55. 6$x nAufquels à la Corinthienne. X7. idem
L'an. S7. idem Aufquels à l'tonique. z8. idem
*Ducoin. 57. idem Des colomnes. xy. idem
Séparation. /8. idem Terme. 30. idem
Du croc, 59. 655 La sublimité de gloire. 31. idem
Du plomb. 60. idem T>es Obélisques ou aiguilles typier*
Lourdifè. Cl. idem re. 3t. 664
luiquité, 6x. idem Les héros. 33. idem
Des grues à leuerfardeaux. 63. idem Vifloire de leftu Christ. 34. idem
L'art viflorieuxfur la nature. 64. idem ^Morts pour la deffence du pays. 35. 0*0*3
De la des. 6$. ú^ Gloire £?• célébrité par les efcrits des
Lahonteté^ergon^ne* $6> idem poètes, 36. idem
La fleurette té repos. 6j. idem TelefiUai 37. idem
portun, <S8. idem Ifocrates. 38. tdem
L'enfantement. 69. idem Apollon Agyiee. $9. idem
Vtftoire emportée des Perses, 40. idem
L'opprobre té la hontedes Caryates. 41. idem
De ce qui est signifié par la pierre
La guerre. 42. 666
6C quelques parties d'é-
Repos tétranquillité. 43. idem
difices. Fermeté. 44- idem
LIVRE XLIX. Colomnesdefemmes,
Colomnes de viergesi
45. idem
46. idem
DE la pierre, cbap. 1. p.6$6 LecophindeCeres. 47. 6 6y
Perpétuité. z. idem Des mutilées. 48. tdem
Vermeté daliances, idem
3. Atlas, 49. idem
Du
Table des Chapitres.
masson & charpentier, ro. idem Thierre îe Bouleau, Kf &C
Vu plomb d idem
,Famandier. 9
Vedification ou bastiment. n.
Droifle teneur. 9- 66%
idem
LIVRE L L
<Diígond. 53-
zAuthorité ou charge fouueraine. S4. idem DV chap. Sauueur de £ itoyens.
chesne.
idem 1. p.6%x
Trestres Cardinaux. 55.
Preseruatif. 683
z.
La vertu. 3, idem
est signifié la palme La force, 4, idem
De ce qui par
Le long espace de temps, idem
ô£ le laurier. 5.
Empireferme té stable, 6, 684
LIVRE L. Osiris.
La Principauté.
7.
8.
idem
idem

DE la palme.
Van tir le mois,
chap.i. p. 670 Ferité,ou inhumanité,
z. idem
ViUanie.
9.
10.
idem
idem
idem Ire adoucie. u. 685
Longueur de temps. 3-
thierre, idem
Egalité. 4- &7l De ìx.
idem Bacchus. 13. idem
luftice. 5-
6* idem
Nuisancecouuerte. 74. idem
Le Soleil
Forte prise té ténacité, idem
Va njiftoire, 7. idem 15.
Défenseur. \6. 6$6
La Iudee. 8. 0*7Z
perte. 9> idem Les njtenfìles té instrumens de "Bac-
idem ch'*s. 17.idem
Les nopces. ï".
673
Le Poe'te. 18. idem
L'innocence. n.
La vie des bons. iz. idem L'antiqui/é.. 19. 687
La fureur Poétique. 20. idem
Du laurier. 13. 0*74
Prophétie ou deuination, 675 Du fmilax ,ou tfi ou liseron. 21. 688
14.
idem Ce qui estfuneste. 22. idem
La garde ou destinée. 75
676 De
l'amandier. 6%9
La vertu de Poésie. 76. X3.
Vautborité des chefs d'armes, ou La ieuneffe. 24. idem
Laviellejfe. x$. tdem
Lieutenans Généraux &l'hon-
Le fruifí de continence. x6. 690
neur triomphal. 17. idem
Tùrgation. De la noix de noyer. Les nopces. X7. idem
\8. 6-J-J
Des cappres, z8. idem
Vifïoire. 19. idem
Le querelleux. xo. idem
Le remède. xi, idem Des arbres funestes & quelques
Du cèdre. 2x. 67% guirlandes ou couronnes.
L'homme excellent, 25. idem
Du myrte.Legénie ffl la volupté. Z4. idem LIVRE LU.
Venus. Z5. idem
cReiouystance publique. x6. 679 DV Cyprès. chap. 1. p. 69Z
Toyeufeté ou gayeté de coeur. idem Lieu poilu par mort. x. tdem
X7. idem
Armes de guerre. Vifle de Crète. 3.
z8. idem
Playes d'amour. Les Sépulcres de Noblesse. 4. 695
Ganymedes.
29.
30.
6%o
idem La mort. idem /
La vifîuire de Papirius. idem Pluton. 6. idem
31.
lunon. 7- idem
Orphée. 8. idem
De Ct qui est signifié par le chesne, Beautéfansfruifl. idem
ff9 9*
-
Table des Chapitres. |
Lapevpetmté, 10. idem Greffe oufoyson té abondance. 13.
idem
Du pin, 77. 604 loyeufeté. 14.. 707
.
Lamort, 12. idem Espérance. u. idem f
Les teux Ifihmtens, 13. idem Frugalité ou abstinence, 16. idem [
La nature. 14. idem Dela^vigne. 17. 708 l
Çybelle. 15. idem Ioye ou liesse, 18. idem
,/ESCVLAPE,» 16. 695 ^Aigreur. 19. 709 $r
Dupublier. 17. idem Gayté, 20. idem t
Lesfunérailles. 18. idem Liberté. ' xi. 710
Le Temps. 19. idem Félicité. xx. 711 ì
De tache ou persil, 20. idem Labeur. x$. idem \
Le raainqueuraux tournoisnaneens.21. idem Plaisir té chatouillement. z4. idem
Dueil ou pleur. 22, 696 Le sang. • 2^. idem
Du myrte. 2$. idem Abondance ou fertilité. x6. idem í

Du faulx. 24. 697 Vastemblee des gens de bien. x~. icfew '^
,

Le lien. 2s. idem De la figue. z8. idem j


j
La Chasteté. x6. idem La douceur. 19, idem a
À)
Stérilité. X7. idem Douceur oítee. 30. 714.
[
',„ J
Loyfìr. z8. idem Fatuité. 31. yif hà
^Accroissementmeur deuant le temps.xg. 6y8 Contemptible. $x. idem M
Ddmeurier. 30. idem '\Bacc\mtJycites. 33. idem 4
Prudence. 31. idem Progrezjcu acheminement. 34. idem ,„j
Dufiguierfauuagetempérance. idem M
3X. Le Septentrion. 35. idem
lunon. 33. 699 Vhumeur ou membre génital, 3Ç. 71.6 m
Du lot. 34- idem Deleflation té plaisir. 37. idem m
Le leuer du Soleil, y. idem Autres fueiUes. 38. idem m
La confrairie desZJestales. 56. idem Nourriture. 39. 717
fi
.
Vaduenementde Dieu. Vhomme addonnê à fiaterie. !|f
37. idem 40. idem.
La machine du inonde remplie de Douceur de la vérité. 4.1. idem í*$

Dieu. 38. idem Pieté des Cyremens enuers Satur- '»$

ne. 4.2. idem m

De ce qui est signifié paiTOliuier,


la vigne 6c le figuier. De ce qui est signifié par la pom- M

me d'Italie, par la pesche,ôC 1


LIVRE LUI. par la grenade. 1
DE L'oliuierlapaix. cbap.i. /7.70Z LIVRE LIV
1
Dureeéramollie*
L'agriculture.
Félicité.
x.
3.
4.
idem
idem
703
D V Pommier.
Vamour.
chap.i. p.719
t. idem
9
m
Pardon. s. idem oAduenementté propres d'amour. 3. 720 jÉ

\*aumône. 6. 704. Amour mutuel. 4. idem m


Suplication. 7. idem Amourdésespéré. 5. idem I
Douceur & mansuétude. 8. 70 j Amour inique. 6. 1
VEternité. 9. idem FoUateries de filles,
711
7. idem i
Le manège ou lieu d'exercijfe. 10. idem Venus. S. /*/<'"# |i
Lueurs ou netteté^. 11. 706 ZN^emefis. 9> idem
ZJifloire. Lesacrifice d'Hercules. /^*# 1
iz. idem 10.
nApollon I
Table des chapitres.
n' yx% Santé non offencee ni interrompue. 18. idem
Apollon,
d'Hercules. ìx. idem De la verge ou férule. Çhafiiment
Us trou -vertus
Ingénu. 19• 737
Les astres®? le
Soleil. 13. ;7*3
amitié?
- idem
Ufruifid'nmevraye ^
14.
De la pèche. La milice de Perse. 75. idem De qui est signifié par l'Espic,
16. idem
ce
L'homme subtil &> industrieux. ôc quelques armes de
Celuy quifi treuue mieux té efl
med-
* * Ceres.;
kur en nm air efirange. 17. 7Z4 •
Le silence, **• idem
jdem
LIVRE LVÏ., J".'.'
U coeur.
la vérité.
,
*-?•
zo.%jdefn
idem
DE lesfic, ''""' chap. z, p.,739
^Meurtre té' ocafion diuerfè, 21, 'Qeres. x. idem
Diuerssoucis. 22. idem Prouifìon de l'annee. - 3. idem
Biens qui coulent
soudain. 2j. idem L'Afsriqué; r i .4, idem
De la grenade. 24. idem La compagnie des soldats appeliez^ '\ ':
Multitude de peuple. x$. 7x6 Braccati.fÇu porte^ brayes. 5. 740
.
lunon. 2-6. idem Trente ou reuenu. 6. idem
LesCartaginois. 2.7.
idem L'eíté ensemble hnuenteur desgrains, idem
7.
x\,asociété de plusieurs nations. • 2.8. idem La moisson. 8. idem
La tàfche du visaget 29. idem Le temps; ; 9. fìdem
Le simulateur, 30. 7x7 L'agriculture. > ïo. 74/
Vice amendé. 5J. idem Lesfrer.es charnpefíres. 11.
idem
Amitié. SL. idem LesPrefires des champs,^ jz. idem
La paix. 13. idem
_____ 1— 1— ——» —————
Sacre de Diane à trois chefs. 14. idem
De ce qui est signifié par la Rose Del'yuroye, 75 idem
8C autres fleurs, tant de ^Moeurs defprauez., %6. idem
jardins que dç Du milieu millet. 17. 74 2
buissons. Innombrable. 18, idem
Du boisseau. 19. idem
LIVRE LV Foison defruifls. xo. idem
L'eau. xi. idem
1<3\dbecilité humaine. chap. 1. p. 719 Canopus.
^z. 743
Eflire le bien du mal. x. 730 Qu'il ne faut paresseusementchom- "
Des buissons té' ronses forfaifls. 3. 737 mer. 2$. idem
Hame. 4. idem LaDialefîiqué. Z4. idem
Affrété, idem Vefprit.
5. Z5. idem
'Perturbations té safiheries, 6. idem La persuasion. x6. 744
Lefoucy des biens té riches. idem 'Plaisirs té volupté^.
7. z.7. idem
Grâce. 8. 732 Humaines affefiions. 2.8. 74/
Du lis.
734 Vefprit vuide.
p. 29, idem
lefus Christ les tAnges. v 10. idem La parolle.
30. idenh
'Beauté.
Is, 73 r ilfaut oublier le mal. 31. idern
Pudicité.
I2(. ùkm Il faut endurerlafafcheufe Comple-
luno. ^ idem
Du chardon nommé artichaud. 74. idem Seruageouferuitude.
xion des grands. 33. idem
ìmbecilité humaine. 33. 746.
IJ. idem Confirmation d'amitié, 34. idem
éJlîaladies. 7,6 Concorde. 3 r. idem
\$m

f ff
Du paffeucloux* i7. idem Clémence, ?7. r+~
i
Table des Chapitres.
Libéralité. 37. idem Désireux d'ataindre à choses hau-
^Abondance oufoyfon. 38. idem tes. 30. idem
Supplice Capital, 39. idem
Sapience. 40. 748
De la corne d'abondance. 41. idem
De ce qui est signifié par 1 oignon
Bénignité tres liberaile. 4X, idem
& quelques autres herbages
loyeufeté, 43. idem de iardins.
Fortune amoureuse. 44. 749
Pots à vin. 4s, idem LIVRE LVIII.
esprit bening,
Arts &sciences vaines.
4$. idem
47. idem
D El oignon.
La Lune.
chap.i. p.762
Vraye foecundité. 48. 750 x. idem
Profanation, 3. idem
.!— . »—-»€—'
t m ! mi _
1^11 . y 'Un .m • UN
Les larmes, 4. idem
De ce qui est signifié par le papier, Illustré par inimitié. 5. idem
la febue, les pois chices, le L'ailLa milice. 6. 793
roseau,Ôc le Seneué. Laraue, Le Soleil. 7. idem
Le potiron. 8, idem
LIVRE LVII. Chosesaisiesoudain té' inefperément.9. idem
Fatuité. 10. 764
DVpapier le miure, chap.I. p. 75Z De la courge. 11. idem
Qontent de peu. 2. idem Espérances ^vaines, 12. idem
Anciennerace, 3. 7/4 Salubrité. 13. idem
Prestrife ou Sacerdoce;w 4. idem Du pauot. 74. idem
De lafebue. 5. idem Ceres. 75. idem
Deité non prophanable, 6. 755 lustice. 16, idem
Le mortuaire ou dueil. 7. idem Vernis, 17. jCf
Lefrain ou bridede volupté*. 8. idem L'amour. \8. idem
Jguilfaut euiter les affaires publi- Les nations, J9. idem
ques. 9. idem Les testes. xo. idem
Chasteté. io. idem De la veruaine. xi. idem
Des poix (Chices, u. 750* Les chefs des Dieux. 2x. idem
Qictron. \.x, idem Le chef de fainfi lean précurseur. X3. 766
Preferuation. 13. idem La nouuelle mariée. X4. idem
Le m&uton, 14. 757 De la fougere.Le vol. 2s, idem
^Manificence. 15. idem Seuretè. 26. idem
Du roseau. \6. idem Haine mortelle. 27. idem
Les lettres. 17. idem De laluyne3ouabsinthe, 2%. tdem
Les fiefiches. 78. idem Qhastimentsalutaire, 29. 767
Celuy quife recognoiíí, 79. idem La Prestrifiyou Sacerdoce. 30. idem
«Fragilité. xo. 758 Santé. 31. idem
Calamité, 2t. idem Vhyfope.Lauement. 32. idem
Inanité. zz. idem Des asperges. Douceur de ïafpretè. 33. idem
La mesure. X3. idem Chose saisie en moins dvn rien. 34. 768
Surdité. Z4. idem De la Câpre. 3$. tdem
Du Seneué. 2^, idem De la mandragore, 36. idem
Foecundité. x6. 755) Vendormy. 37. idem
L'Ejficace de l'intelefl, 27. idem Breuuage d'amour. 38. idem
Fermette de Doflrine, z8. 760 loye ou liesse, 39. idem
^Reueil. Des efchalotes. 9{opces. 40. idem
29. idem
La
Table des Chapitres.
4i- 770 LefymulacredelaLune. 8. idem
Langue..
Chasteté. 4*- tdem Pluton. Conseilssecrets. 9. idem
Supplice. 43- «&« Puissanceintérieure. 10.
idem
Delarue.Qbasteté. 44- «&w ' Silence.éMouuementspirituel. 11. 780
Z)ulcain. Lefeu.
*D* fWf auxpulees,
dicle commu- iz. idem
nément eneenfiere. Safraniere ou Hercules.Eloquence. 13.
idem
fripetout. 45* 77* Le débat de la raison auec lappé-
Celuy qui délaisse la chose aitnee. 46. idem tit. 14. 781
De leliotrope téfi^otrope. 47. 77Z Vefprit ou vertu d'intelligence. 75. 78Z
Du Lupin. 48. 773 Prométhée. Les aArtsJ'esprit3oules
Les heures. 49- idem inuenteurs des arts. 76. idem
Puisantpar ces propres forces. 50. idem rEtecognoijfance dnjn bien-faiflre-
DelaLunana. si. idem ceu. 17. 78.?
Delablette.Fat&fot. sx. idem Punition du délit, ou la ^vengeance
De la blette ou iote. 53. idem dtuine. 18. idem
Mollefe ou lafcheté. s4. 774 Mercure, parole3ouéloquence. 19. idem
De l'herbe nommée cheueux de Venus Lesens leger,oulintellefì agent. xo. 784
'P^medeàliuresté. 55. idem Fermeté tégraueté
de la parole. zi. idem
Vachefàuuage. 'Peuple retenu par Le marchand3ou la marchandise. 2x. idem
loix. 56. idem Le larron & le trompeur. 25. idem
Des choux. 57. idem L'argentrvif. Z4. idem
loye troublée. $8. idem Talomeresyellocité. x$. tdem
Le Caducée. La puissance téforce du
Fin de la table des cinquantehuict:liures destin. x6. 785
des Hiéroglyphiquesde lan La concorde. X7. idem
Pierre Valerian. Argue. ^Machine du monde. 28. idem
D'Endymton la mort desfidclles. 29. 786
Geste pacificateur. 30. idem
Comment les anciens faifòyent le
TABLE DES CHAPITRES portraiflde la faueur &* deson
contenus aux deux liures des contraire. Ì\. 787
Hiéroglyphiques de Le DteuFidiuSilafoy. yx. idem
Celius Curion. Sommeil vrais té'fauxsonges. 33. idem
L'honneur & la vertu. 34 788
LIVRE I. Hecate. LaLune. 35. 789
Terfèphone,ou Ptofèrpine,la vertu
De Eneph Dieu des Egyptiens. té génération des semences. 36. 780
Créateur @r création du monde, ch.i.
p.777 d
Diontfe ou Denis vertu engendrer
Pan Dieu d'Arcadie Satires té Paunes. lesplantes indifféremment. 37. idem
Vvniuersaoule monde. x. idem lunonies quatre elemens. 38. idem
Natif du pays>ou noble. 3, 778 Les Changemens des faisons e>* les
Lapatolle. chosessecrètesse descouurent auec
4. idem
Le monde. le temps
j. idem 39. idem
Lesimulacre du Soleil. 6. idem L'efperance trompeuse. 40. 787
Osiris.Coniuncliondu Soleil O* dela Europe.-Vestat de lame au corps de
Lune.
-. jyt) l'homme. 41. idem
Dia
Table des Chapitres.
*t)iam Changementdes choses. 41. idem des peuples. 47. 79$
Des trois charités ou grâces. 48. idem
Danaé auec la pluye dor.La b ' t-
té de l'efprit té lafluencedes b^ns Des Gorgones.Trois âmes ou esprits
célestes. 43. idem ènîhomme, 49, 794
Pasiphaé.L'ameauec <vn char enl'air Vierge aux cheueux droifls. Statu-
humaine, 50. idem
ou céleste. 44. 792 re
idem Fille raiee timbecUitê {£? la mort.
Pandore. 45 idem
'Eurydice. Vappétit. 46. idem chap. si.
Qybelle l'agriculture ou la victoire Astreela ïustice. /z. 79s

V I N D E L A T A B L £
des Chapitres. x^v7^x
HIE R O G L¥ P HIQV E S
COM ME NT A III ES D ES
B
LETTRES ET FIGVRES SACREES
des ^Egyptiens &C autres nations.

De ce qui est signifié par le Lion. ,T;


LIVRE PREMIER. ;

CHAPITRE I. ' ï
,

c
2 Hiéroglyphiques du Lion.
soit vn proufitqu'il auoit à dos.Au reste on void en vne medalled'Antonin vne telle face de Lio A
ainsi horriblement crespu ou hérissé en façond'vn porc-espic irrité, ressemblantà ceux que les
./Égyptiensattellerët au carrosse du Soleil,pourmonstrerl'affinité qu'ils semblent auoir auec ce
Dieu àToccasionde leurs iubes. Car ceux qui les .ont plus courtes Sc plus crespues,forlignet oi>
dinairement, & fontplus laschés^fdus craintifs. G est ce qu'entend l'Escripturesaincte disa«t>
Nomb. 13.
que le peuple de Dieu sé dressé comme le faon du Lion ,& s eslance comme vn Lion: Car sònt-
ce pas de bien grads signes d'vrt coeur magnanitjie & veïtueux,quand quelqu vn chargefa croix
pour suyure I E S V S-C H R I S T ? quandil ne fait conte des fureurs ni de la rage des Princes,
&,mefpriíb leurs inhumains& cri?elsisoipptìces.?qaandjen somme prest d'estre esgprgé comme
lajbirebifr,i| ne mpnstll; ni par murjpute nì-p|r pla|nte,aiïcunecJnstiernationni defaúltde coura-
ge ?-quáffdmesmeayatíf surmonté toute peur & crainte du monde, &: mis soubs le pied tous lés
tourments & peries du corps,on le liure au feu,aux feestes & aux bourreaux? Car il mésestime &c
Apoc.5.5.
contemne tout ce qui est en la puissance de l'homme,imitantceluy qui s'appelle Lion dé U tribu
de Iudà. Etcestuf est le personnage sans peur, tefqué Democrit demandoit pour exemple & pa-
tronla'vn fouùerain bien ; sçauoir est, qui eust l'esprit franc & ïibre de toute crainte &: frayeur.
LES FORCES DÉ L'ESPRIT ET DV CORPS. CHAP. II.
Lion & Sa»
glier accou-
ON dit qu'Admet Roy de Thessalie fit accouplerà vn
plez. Lion auec vn Sanglier;voulant,comme il est pré-
supposer entendre l'vnion qui est entre les forces dé l'e-
sprit & du, corps. Car comme nous dirons en son lieu, on
interprète par le Lion, la vigueur de l'esprit; &: par le San-
gliersforce du corps.On adiouste,que pour mefme sub-
ject il fut tres-agreable à Apollon& à Hercules,desquels
il auoit acquis les bonnes grâcespar le moyen de fa pru-
dence & vertu naturelle. Dauátage les Poètes Grecs sont
coustumiers de nommer les braues & vaillants à la guerre,
d'vn mot qui vaut autantque hardis &c frémissants com-
me Lions.
LA FORCE CORPORELLE.
CHAP. 111.
VOici qui est encore hiéroglyphique,par la partieantérieure du Lion signifier la force; dau-
• NttMment tant que cest animal a cesa membres là plus nerueux & robustes. Car les ^Egyptiens ti-
la teste (jr '* royent leurs significationsde la plus excellentequalité de chasque chose. Lucrèce la bien expri-
foiBral, ce mé disant
ditPlin.1.8. , que
chap. 3 6. Laforce a Us Lions ér leplus selon aage
Des le commencement garanti deferuage.
i>Vourquoyo%' b Et la cause pour laquelle on a rangé le Lion parmi les signes du Zodiaque, n est autre, suyuanç
Va ragé par-
tny lesjigneii
le dire de plusieufs,íinon que pource qu'en la saison qu'il passe par ce signe,il est en sa plus grande
célestes. force;&qu'elle s'assoiblit,quand il décline & s'approche vers la queue d'icelluy.D'ailleurs, parce
que ( comme dit Pausànias)il est expédientque l'homme de guerre venant aux mains contre son
ennemi,metteen arriére toute compafsion,toute douceur & clemence;lesLacedxmoniensqua-
lifièrent Mars d'vn nom qui dénote ferité. Et telle estoit ( à ce qu'il dit ) l'intentiond'Homère,
quand íl parangorihoit Achilleà vn Lion enflé de fureur.Certainsauteurs nous apprennes qu'on
voyoit vn telligneau sépulcrede Simand tres-renomméRoy d'Egypte ; lequel vous eussiez veu j->
soubs là forme d'vn Lion chausserdes espérons à ses ennemis,& les tourneren fuite; de manière
qu'on en pouuoitimaginer,& le courage,&la force,&la vigiláce dudict Roy.En-outreIon void
ceste force en vne medalle de l'EmpereurNeruaTrajan,figuréede sorte qu'vne massue est cou-
chée fur la testç d'vn Lion. Or áuons nous dict au traicté de la force,que par lamassue la force est
signiíîée,& par là teste du Lion nous entendonsvn coeur genereux.Carquiconque désire de s'ap-
proprier à bons titres le nom d'inuincible Capitaine,abesoing de tous les deux.Et quant à ce qui
ï* force- touche la force du Lion,nous lisons que Hylle fils de Hercules,fut surnommé Lion de Cythero,
pourcequ'il estòit extrêmementfort:& que Eucheme Arcadien l'ayant occis, les Megariens l'e-
îeurent pourrégner fur eux,suyuant latraditio d'vn certain oracle, Qu'ils acceptassent celuy qui
auroic tué vn Lion. Pareille aduenture eut Diocletian,àqui l'oracle auoit predict, qu'il paruien-
droit à la souucraineté de 3'Estat aussi tost qu'il auroit faict mourir vn Sanglier. Pource apres cn
auoir abbatu plusieurs, il se plaignoit par manière de risée, qu'il faisoit mourir tous les iours des
Sanglicrs,&: ne scroit Jamais neanrmoins installé à l'Empire, qu'il n'eustestranglé qucîquvn qui
se
Liure Premier. 3

se nommast sfper,cc&à
dire Sanglier. En vne fort belle medalle de Caius fils de Quintus Pobli-
suffoquevn Lion ayant vne massue couchéeà ses pieds,&:
cius on void vne image de la Force qui
deuant elle son carquois auec vne trousse de fleches.LePoète Hippothoon a descript ceste forcé
du Lion par vn galant sixain que .nous auons trouue dedans les oeuuresde Iean Stobarc,confor-
mémentà ce que dit le bon-home és Gueípes-mouches d'Aristophane. Hippothoon escrigt que
la vieillesse du Lio, vault mieux que la plus
fleurissanteieunesse des faons diceïïuy:&: le bon-ho-
sitsdict préfère par vénterieson aage chenu a la plus verte ieunesse de plusieurs iouucnceáux.
me
Et Ciceró és Officés,dit que láforce est autat propre &í peculiere au Lion, que la ruse au Rtenard...Lion. re au
Vernlii

LA VIGILANCE ET GARDE. CHAP. IV.


D'Ailleurs les prestres d'Egypte par la teste du Lion,
entendoyent la vigilance & la garde : disants pour
leur raison,qu'il est seul de tous les animaux ayans les on- Le'Lion ani-

cles crochues qui void aussi tost qu'il est né. Pour ceste
dBase Plutarque.estime que l'on repute le Lio pour vn ani-
mal solaire, c. ayant quelque co/nformité auec le Soleil.
Ceux qui recherchent les étymologies, afferment que ce
donné du verbe Grec Aoía qui signifie voir &
.nom luy' fut
contempler. D'auantage il ne dort gueres, & en dormant
il a les yeux resplendissants,&c entre-ouuerts. ce qu'Sont
pris pour vn signe de garde. JBÉg faict plusieurs ont creu
les Liôs ne dormét point^Pout. Manetho égyptien
que
entre autres escriuant à Herodote.Ce qui le leur a fait ainsi
croire,cst(comme aucuns ont remarqué )qu'en reposant il
remue incessamment la queue. II est toutesfois incroyable, selonTopinion d'Aristote,qu'aucun,
animal puisse tousiours veiller : mais ceux qui mettent en auant tellqfrobscruations, se sont per-
suadez cela,pourceque le Lion a les yeux grands, &c les paupières si petites, qu'elles ne peuuent
cnuelopperî'oeil tout entier.tellement que quiconque l'enuisage, apperçoit ceste grande splen-
deur qu'il eslance des prunelles de ses yeux.& pourtant il semble ne dormir iamáis. Parquoy Ion
posoitfort pertinêment,'' des Lions,non seulement aux portes de Mycenes,rtìaisaussi des autres
édifices, & notammentbaux portaux des temples & places religieuses,comme pour leur com-
mettre la garde des reliques &: choses sainctes, ainsi qu'on void en diuers lieux. Et ceux qui tien-
nent qu'ils ne dorment point, les estiment pour ceste raison dédiez au Soleil, créature de mesme
condition'& qualité que le Lion comme qui regarde perpétuellement&: sans fatigue la terre
' d'vn oeil ouuert& luminevix.Orpuis , qu'il confiequ'Alexandrele Grand,outre les
autres grâces
&c perfectios de fa personnesesté tres-vigilant ( comme nous auons dict ailleurs en vn exemple
emprunté de la Grue ) ie ne m'esbahis pas, quoy qu'on en puisse alléguer d'autres raisons, si on
luy void en quelquesmedalles le chef affuble d'vne peau de Lion ; desquelles le reuers porte l'i-
mage de Iupi'teftkant,appuyé de la main gauche fur vn ballon, & tenant Vn Aigle de la droicte,
auec son nom marqué en lettres Grecques;corrrme descendant d'Hercule de-par Caran premier
Roy de Macédoine, Car on void par-tout Hercule remarqué par la dcípouille du Liáft qu'il tua
clans la forest de Ne marc ou bien pour en auoir deffaict vn de merucilleusc grandeur à la veue
;
d'vn Ambassadeur de Sparte. Si ne fuis ie pas ignoraiit,qucle "Roy Philippe,apres auoir espousé
Olympie, songea qu'il auoit scelé le ventre áe la Roine fa femme, d'vn grand seau dont la scul-
pture portoit l'image d'vnJfcn. à quoy les plus expers deuins respondirént, que la Roine estoit
enceinte, & qu'elle accoucheraitd'vn fils plein de courage. Ainsi Alexandre pour l'amour de fa
,-j
mereaima fort ensuite à s'esquipper d'vne peau dq>Lion'&: pour ceste mesme cause ayant par
l'aduis d'vn sien songe basti la villed'Alexandrieen iEgypte,l'appella Leontopolis, que nous poll-
uons dire Lionvillc. bien que ses successeurs lavent mieux aymé nommer Alexandrie,du nom
de son fondateur. Quant au sommeilou dormir du Lion, Adamance dit que les '' Physioîogues
cícnpucntdu faon de Lion,qu'aussi-tòstqu'il est né il dort trois iours & trois nuicts;& que puis-
apres le père ayant par son rugissement faict trembler& mouuoir le lieu de son gistc, lc faon qu i
dort se resueille. C'est à cela mesme que rapporte aussi le susdict Auteur ceste parole de Iacob cn
laíainctcEscripture:Ctf«2/»£>lefacndu Lion de ludatu esmonté à la proye,monfls; reposant tut'es couché
comme le Lion & comme In Lìonne-.ejr qui le resttcillera ?Et ceste autre prise de la deuxiesme responsc
deBalaam: Il reposeracouché comme k Lien ejr comme*U Lionne $& mi lofera resueiiler? cc qui sans
doubtc appartient à la sépulture de Icsus-Christ. Et de faict nòxis
pouuons dire qu'il adormy
comme vn Lion,parcc que ses yeux brilloycntcn dormant, à ce que nous {cachions que fa diui-
ma ne fut ìamais aucunementassopic quand. &-luy.Et quant à cc que nous auons adiousté tou-
chant les yeux qui resplendissent dormant c'est afin de resueiiler quclqucs-vns, lesquels
en ; au-
f-remc.'-ît ívgaalcz cn doctrine U pieté, ont neantmoins bronché en cc qu'ils ont cuidé que l'amc
A z
4 Hiéroglyphiques
• du Lion.
*

de Iesus-Christa souffert au* enfers candis que son corps fut renfermé dans le sépulcre. Ce que \ S
la nature humaine des fidèles a mesrriement horreur d'entendre. Et sçachez en paíìam, que h.
version Latine d'Origeneest fort corrumpueen cest endroit, comme quasi par-tout.
L'ESP O V V ANT AB LE. CHAP. V.
AVssi representoyent ils l'homme effroyablequi de son seul regard estonnoicvn chascun,.
" Bouclier par le mefmesigne qu'ils fîguroyent laforce & vigilance. Pausanias tesmoigne que ala ron-
A'Agamem- ~\dache
Q
4'Agamemnon auoit vne telle image, pour donner crainte & frayeur aux autrcs.:&: que
«ton.
ceste
C rondache fut plusieurs années pendue au temple d'Olympie, auec ceste inscription en vn
vvers Grec; ' »
Voicy l'efsroy du monde ; Agamemnon ie porte.
* Plin. I. g. Or tel est le naturel du Lion,h qu'encore qu'il ne médite rien de mauuais ou de cruel, il es-,
eh.j 6. neantmoins ceux qui le regardent.tellc
est la force de ses yeux,telle fa majesté.Póurce
pouuante
F
1 Poètes Grecs ô£ Latins ayans à descripre la terreur ou l'effroy, cn ont
les volontiers emprunt^jfci
\ccoparaisonde ia férocité de cest animal. C'est doneques à bon droict que Chabrias General des
t Atheniens,ou(
j comme les autres,veulent dire )PhilippeRoy'de Macedoine,souloit dire qu'vne
armée de Cerfs est plus redoutablesoubs la conduicte d'vn Lion, que de Lions soubs celle d'vn g
Cerf.
i Au demeurant ceste tant incomparableforce &c vigueur d'vn animal autrementtreírobu-
r Force du• {ste, semble tellement * consister toute es VWLX que s'ils sont le moins du monde offensez, on le
Lio, esyeux.' voidaffoibly
,
par delà toute croyahcejfi que l'obiect du plus leoÉflÉiibarras ou rencontre,cst ca-
pable
1 de le redre plus lasehe &C plus couard qu'vne brebis. Rorrn(P souuêtes-foisainsi csprouué
«•Plinc.lieu1 jsur ses théâtres aux ieux publics:& '' l'exemplcde Lysimache en fait foy,lequelenfermé par Alc-
susdict. & xandre Grand dedans
Plut, en A-. 3
le certaines barrières auec vn Lion eh furie veint aux prises auec la fere,
lexand. ]la combátit,l'abbatit& l'estouffa laissant le Roy tout estonné & par ce stratagèmesauuât sa
; vie,
mérita
] que cest acte graué jjyur les monnoyes courantes, la mémoire en fust prolongée. Mais cc
n'est
1 pas feulement aux yeux, ains au rugissement aussi que consisteceste terreur.pource Pinda-
re
1 es Olympiesle qualifie Loing-rugijfant, en l'ode d'Agesidamus,commenous dirons au traicté
du
i
Renard. Ce qu'il fait auec vn tel effroy de toutes autres bestes, que ( suyuant le tesmoignage
de
t
S. Ambroise& de S. Basile ) plusieurs animaux ayants de vistesse eschappé les pattes & la vio-
ìlence d'iceluy, à l'ouye neantmoins de son horrible voix quand il se courrouce,
comme frappez
d'estonnement
i
demeurent abbatus & surpris,voiremaintes-foistellement faillis de courage &
perdus
\ de crainte,qu'on les prend fans aucune pçene. DauantagcCeluy qui dormant aura songé
' Artemid. .
auoir
:
la tested'vn Lion, les « interprètes des songes veulent q|ie celasignifie qu'il sera terrible & (
liu. i. ch. reboubté des ennemis, & quclquesfois des principautez Sc seigneuries. Et de la force
49-
. acquerra
d'vn tel rugissement, sainctMarc,-l'vn des quatre Euangelistes,selon que Daniel l'a preueu est
,
f Figurehie-- iencore auiourd'huy signammentfiguré parf l'image du Lion,pourcc que dés le commencement
nglyphique de son Euangile il
tonne à plenc boucheproférant hault & clair la voix de celuy qui cric au dc-
de S. Marc
Euangtliste. íèrt. Ainsi l'expòsc Eucherius.
.
L E D OMIN ATE f
R. GHAP. VI.
^ "

SAinct Basile met le Lion pour dominateur &: surintendant des animaux irraiíònnablcs.&:
S Tim* en-
a-on remarqué ° es monstres & prodiges, que si d'adupnture vne femme enfantoit vn Lion,
fumant vn
Lionfrogno-
il aduiendroit que l'estat auquel cestemalencontBe feroit arriuée ,tumberoit en la puissance
,.
stic it chan-
; d'autruy. Ce qui n'a lieu tant seulement alendroit du genre humaj^ mais aussi selon l'auis des
gement d'E- deuins, de
star. tout autre animal de diuerfeforme. XDn a veu par expérienceen l'Iflc de Cô, qu'vne
h Prodige h brebis du trouppeau d'vn certain Nicippe, hommedu tiers Estât, ayant enfanté vn Lion, telle
* aduenturenc fut vaineni fans effect. car ilenpritsubiect d'vsurpereii suiteela domination &
d'vne brebis
enfantât vn
£, Lion. seigneurie du pays.Dc là vient ceste société leonine,qui prend povir fa part beaucoup plus qu'el-
le n'en laisse ; de laquelle Aristo Iurisconsulterapporte que Cassiusreípondit suyuant la doctri-
T
ctrine d'Vlpian, que la société ne se pcult entretenir,dont i'vn ne reçoit que du profit,& l'autre
* Société du d-ommagc.&:qu'on l'appcllc coustumierement,' Société Léonine.L.ff.XVIl.T. Pro focio. L.XIX.
Leomnc. &C Dion Chrysostome au sermon de la Royauté, dit qu'Homère a sagementparangonné Aga-
Vnemnon auec lc boeuf en cc vers:
ilexcelloit chascun tant qiïvn boeuf les brebis.
& ne l'a voulu dire ressembler au Lion ni à l'Aiglc, pource que ce sont exemples de domination.
L'EXTREME RVSE ET FINESSE. CHAP. VII.
i- T ne
- Fable île-' E feray point scrupule d'alléguer fur ce subiectk vne ancienne fable, de laquelje on pourra
**r.ie. J.recueillirvn proufitableenseignement. Le bruit de l'oracle donné parlupiter Ammoncstoit
espandu parmy lc monde, QiVAlexandrc de Macédoine le viendroit bien-tost trouucr, lequel il
aduoiioit
Liure Premier. * 5
p. aduouoit pour son fils : pourtantexhortoit il les Rois de la terre à luy vcmr rendre hommage.
Dés lors íé mirent ils en deuoir à l'enuy pour gaigner à force de présents les bonnes grâces òc
faueurs de ce Prince.& fur tous Ptolomaee Roy d'^Ëgypte,pour faire honeur au fils de ion Dieu,
fit prouision d'vne grande quantité de finances, fçauoir est tout lereuenu qui luy próuenoic en
des imposts & péages de la ville de Mephis. Or ces deniers C'est
vn iour des ports & passages du Nil, , Amour
recueillis par cy par là de diuerses maletoltes,montoyent à quelques milliers de talents.toute la- d'iifjl'grâd
<
quelle somme il fit porter en gros S£ fans triage à Alexandre en pur don. A ceste couruee se pré- (.itìie.
sentèrent volontairement& de leur propre motif, vn Mulet, vn Cheual, vn Asnc, & vn Cha-
meau;& prindrent la charge de porter fidellement ces finances.A peine estoyentils à deux iour-
nees par-delà Memphis,commevoicy qu'ils rencontrentvn Lion, lequel ayant d'ailleurs appris
signalé sacrificeà Hercule,pour mieux
que le Roy Alexádre estoit en chemin pour aller faire vn
faire ses besongnes s'acheminoit aussi vers la Macédoineà desseing de faire la reuerence au Roy.
Ainsi s'cstans entrésaluez de part St d'autre, &: communiqué comme de coustume ia route que
chascun prenoit, ils |gcpiuent le Lion en leur compagnie, comme pour les garantir & défen-
dre alencontre des voleurs &: bandoliers qu'ils pourroycnt rencontrer. Ce compagnonayant
esuenté qu'ils portoyent de l'argent, leur fait entendre qu'il auoit aussi quelque^ sommé dc_
r>
drachmes,qu'il portoit pour le voyage, mais qu'il en estoit extrêmement incommodé, pour n'a-
uoir pas accoustumé de porter le bast. que s'ils se vouloyent surcharger de quelque pairie, qui
moteroit à peu partagée par égaies portions à chascun, il le tiendra pour vn singulierbicn-faicl,
' & leur cn aura vne bien grande obligation. Ils y consentent fort courtoisement.&z diuiíhnsrs cc
$? peu de drachmes qu'auoit lc Lion,chacun les fourre dedans fa poche, puis continuent leur che-
* l min. Les voila dans ces riches campagnes d'Asie. Icy le Lion ayant dcscouucrtvn grand tr.oup-
1 peau d'aumailles, s'aduise que c'estoit son meilleur de sciourner là quelques iours. II fait le las &
ij|$, le recreu,qu'il a grand besoing de se refraisehir quelque espace de temps; &: redemande l'argent
?ÉI dont ils s'estoyent chargez. Ils pèsent quand'& quand leurs poches,&: les ouurants, luy. permét-
':« "i tcntde prendre ce qui luy appartenois. Le Lion ayantveu dedans chasque poché vh grand Pliu.lih.7.
nombre d'autres pièces de mefme coing que les siennes, iette vn grand & hault rugissement de
ioye.&:,Mesdrachmes ( dit-il ) ont châtaine produit plusieurs drachmes. &c s'empare de toutes
celles qui ressembloyentaux siennes. Et ne dit-on pas que Hannon de Carthage, homme de
marque, duquel Pline fait mention, fut banny & chassé pour auoir accoustumévn Lion à por-
ter lé bast & la somme ? Car ( disoit-on,aurapport dePlutarqueés discours politiques à l'Empe-
C reur Traian ) quiconque aura le sens &C l'industrie d'appriuoifer vn Lion, pourra bien aspirer à
choses beaucoup plus grandes.
L'HOMME QVI AVRA VAINCV ET DÒMTE'SA FEROCITE',
ou bien celle
%autruy. CHAP. IIX.
1> "0^r mcUTlc prodige »
M. Antoine accoupla des Lions à ses chariotsde triomphe : comme í.e.s I.'cU de
*
Aí. AvtoÌM-
JL voulant inférer & donner à cognoistre la ciuilc ií fcròit faire ioug plus
que par guerre aux
gráds courages de son siécle. Ce que luy reproche Ciceró en ses Philippiques,disátque son char
attelé de Lions présuppose vn homme impérieux de qui affecte vne dominationsouueraine. Et
cn ses Epistres à Atticus, qui apprehendoit cest augure; Gardebien {ce dit-il) de redouter les Lions
d'Antoine.iln'y a rien défiplaisant que cest hommelà&c ce qui s ensuit.Certespar leLion qu'vn hom-
me aura domté,nousentedoi\s celuy qui par art,industrieou autorité s'astubiettit & íbusmet Vn
plus puissant que luy attendu qu'il bien le pouuoir d'assopir & rembarrer l'audace & la fé-
; a eu
rocité d'vne fere autrement tres félonne &tres valeureuse. Nazianzene vsc de ceste comparai-
D son, quand il dit que sainct Basile gaigiia non seulement Eusebc,maisl'attira tellement à son ad-
uis Sxi opinion, qu'on le vid en fuite obeïr en tòut & par tout aux conseils & remonstranecsd'i-
ccluy. Les histoires nous
apprennent comme il en prid aux Megariens,chez qui " Cassius laissa hDc Caffius.
les Lions qu'il auoit appareillez
pour les ieux des ^Ediles,&c comme à la prise de leur ville par
Calenus, iceuxMegariens ouurirent lc
parc aux Lions, & les lascherent, à cc que les oppoíàns
aux efforts de leurs ennemis,ils contrepointassentleur violence cependantqu'ils prendrovent le c' Laisstx.aux
temps &: le loisir d'aduiser à leur íauueté. Mais il cn aduint tout autremet.car ces Lions se ruans Megariens.
aAtistop.cs
u vne forcenée rage fur les citadins,firet vne si cruelle boucherie de ces pauurcs gens désarmez, Grenouil-
!
aslajlîans, abbatans, deschiranstous les & Va-
ceux qu'ils rencontroyent, que ce fut vna tres milérablc & jlcr., Mix.li.
tres piteux spectacle aux ennemis mesmes. Mais pour laisser beaucoup de tels discours, Pytha- 7.ca- de sa-
iroras nous defend de nourrir les bestes aux ongles crochues; enseignât par là qu'il faut estoigner pienter di-
route rapacité dWnc ville. C est ce que veut ^Eschyle, disant qu'il n'est pas bon de nourrir cn la £tis.
v: .'.e vn Lionceau ; encore moins vn Lion, car
Jgui veut en faire nourriture*
Faut que leurs humeurs il endure*
A 5
6• Hiéroglyphiques du Lyon. ^
Euripide passe plus outre ; qu'il ne les faut aucunement souffrir,fuyuant le précepte de P y thago- A $
ras. pour ce ^Eschyle a raisonde dire, parlant d'Alcibiades, qu'il ne faut point receuoir
des hom- |'f|
mes qui ne sepeuuent commanderaque les ayant receus,ilfaut endurer de leurs complexions.
Mais EuripideseommeleDenys d'Aristophane s'escrie en la comédie des Grenouiilcs)en a parle $
plus ingenuement; attendu que comme dit Homère, '
f
a L'homme auec le Lion n'apoint de ferme foy. \£
Liure Premier. 7
A tier &C véhément, désireux surtout de se vanger, & qu'il se sert de sa queue ainsi que l'homme de
la main,J laquelle'il frappe ordinairement contre l'autre quand il est en cholere: tout de mefme sert ** Le Lion ps

de courroux cerchent quelque soulagement & modération par ceste façon queue *, de ta m.
ces animaux outrez com-
de faire quand se
ils ne peuuerft vanger ce de qui les Outrage.La fureur est doneques familière & me
" l'homme
Lion, pour ce dit Virgile, le courroux,des Lions. Sc Oui de ; Saface a du courroux. C'est de IA main.
commune au
pourquoy les Postes appellent spécialementle Lion, Fere. ainsi Callimache:
Sur l'ejpiiuleportantla peau de cefle Fere.
Quantà ce qu'on le"peignoir desbrisant ses petits, c'est parce qu'il n'a ou peu ou point de moel-
le & qu'il semble auoir les os plus solides Sc plus fermes que tous autres animaux ; comme lì de
,
là croissoitsafurgu r, d'autant qu'il trouue plus de peine que de profit à les casser, attendu qu'il y
il les si durs, que les froissant l'vn contre l'autre, on cn rire du
a peu que succer. Outrcplus a os
feu commed'vne pierre à fusil.k pource est-il fort subjectà la fièvre. Or il est certain par le con- •>llcfífub- i>

sentemet de tous les Médecins, que la fièvre n'est autre chosc,qu'vneexcessiue & surabondante iefr " à la
f.ev.re.
de
chaleur tout le corps.&de faict les Grammairiens enseignent, que les Grecs l'ont nommée
depyr,qui signifie,feu ; & les Latins àefiruor, ferueur,ou chaleur bouïllante;&:dit on que
•n pyretos,
les Lions sont trauaillez de ce mal tout le temps de leur vie. Pour ceste cause Lucrèce qualifie la
semence des "Liom,trifle ejr morne.be de laie prouerbe/Z^ Lyon a rií,quand nous voyons quelque 'C'est • pltt-
rare exemple de liesse &C
gayeté. Thucydide s'en est scrui pour dénoter la mefehaceté de CyIon, (la(i (< rcebin
sçauoir est lors que le peuple Athénien se fafchant que Cylon par ses pernicieuses ligues & fa- ciac '' rx.
ctions troublast î'estat paisible de la Republique, & comme âpres vne lcmgue tristesse &c faschc-'
rip, il fust cn fin reuenu à se regaillardir ; on se rua de telle furie fur cest homme, & lc poursuyui-
ì rent se sauuant au temple de la Déesse inuiolable, auec telle outrance qu'il en fut tiré, hors, &:
I massacré au grand contentement du peuple.
I CELVY QVI A TROVV.E' REMEDE CONTRE
t fi fièvre. *C H.AP.X.
Ainsi donc les Lions sont trauaillez de ceste incom-
modité bien qu'vn seul Albert nie qu'ils soyent fub-
,
jects à la fièvre, mais aduiscz s'il le faut plustost croire en ce
dit du Lion, luy qui est né, noarry & eleué en Allema-
P qu'il
gne,où il a passé quasi tout le temps de fa vie ; que les Mgy-
ptiens, nez par manière de dire parmy les Lions, & qui les
ont hantez toute leur vie. Quant à moy,fuyuantleurs tra- ' Plin. ià
mesme.
ditions en cecy, ie di qu'on a veu par expérience,aqu'vn
Lion ayant lafievre,voire au plus fort de son accez,& ï'eust
il si chaude &c si ardente qu'il en fust prest d'enrager, se gué-
rit en mangeant vn singe. Pour ce les prestres d'^Egypte,
voulansexprimer vn hommefebricitat,& cerchantfa guer-
rison,estoyentcoustumiersde pourtrairel'Hieroglyphique
d vn Ifcion mangeant vn Singe. Car le Lion porte telle haine au Singe -', qu il n'y a aucun animal, l,Lc Lio hait
duquel il désire la ruine & la mort tant que de cestuy là. la cause est la pétulance de cest animal le Singe mor- y
1

fretillartt,quitourmente le Lion de mille 8c mille indignitez. Car aussi tost qu'il a trouue le mo- tellement.
yen de faulter fur le Lion,ou de quelquearbre,ou d'vn autre lieu scur & caché,il pèse auoir beau-
coup gaigné de s'attacher à la queue & aux fesses d'iceluy f, &c ainsi se mocquer de son Roy par ' Lc Si"ge ".

toutes manières de risées qu'il peut, ce que le Lion portant auec beaucoupd'impatience,vient à dorme à fixi- .
D s'en ressentir d'vne estrangefaçon,&luy fait mauuais party,ainsique nous auons plus amplcmct té au Lion.
déduit au Traicté du!' Cynocéphale. Mais pour ne nous estonner qu'vne bestc tant-ignoble &:'. K Voyez, que
vile donne de la peine à vn si généreux & brusque animal nous sçauons que les mouscherons. c'est andicl
;
mesmes font,bien tellement la guerre aux Lions qu'ils les font souuentesfois mourir par troup- comm'etaire.
,
peaux. Car il y a vne infinité de Lions aux cannayes des marescages, aux taillis, &: riuages desì
fleuries de:' Mésopotamie,du
temps que l'hyuer y est fort doux, qui ne font point de mal : mais hRegiod'A- *
leste venu,quad l'air s'cschauffe,qucle haflebruste & hauit quasi tout en ces pais là,ils sont tou r- stt fit tue en-
-
mentez,tant par la chaleur, que par la multitude des moucherons,quicouurent toute la campa- tre deuxi'Eu- fleu
gne a grands essains & gros tas,lesquels conuolansà la splendeur de leurs yeux, comme a la plusS phmte ues ,
ó> le
numide partie qui soit en eux,vicnnent à les assaillir, & s'attacher à leurs paupières. Ainsi estansç C'ygte, eom-
les Lions forcenez de ragc,s'cn rcmede,dcsquel- meforte l'e-
vont ietter aux riuieres pour y trouuer quelque - tymologie
les ils sontcngloutis;oubien perdent les
y yeux ', dont ils enragent plus outrément. & fans cela,' du non:.
Vtitdiincc
toute ceste contrée qui est de grande estendue vers l'Oricnt, scroit pleine de ces animaux. Am- 'du Singe
~ i3>
mian Marccllinau dixhuictiefmc de ses Mémoires, tesmoigne auoir vne certaine cognois- de; ivîouche-
en _
íanc;-. rom coxtre
le don.
A u.
8 Hiéroglyphiquesdu Lion.
CELVY QVI EST EN PEINE A CAVSE DV FEV. CHAP. XI. A

g * L* Lien CEst
J *
*
animal craind principallementle feu,bien qu'il luy soit naturel, & qu'il le porte caché
»

traindle
fiu.
\* dedans ses os. de façonqu'il n'appréhende rien tant que les,flambeaux,qu'on met au de-
uant de luy:chose degrandeefficace& vertu pour domter la
U
férocité de son courage, ce qu'aussi
tefmoigneHomère,
V disant;
,
Et lesflambeaux,qu'ilcraind,nonobstantson courage. *
îEt Pindare aux Nemees;
' Apres auoirvaincu laforce
Du feu qui toute choseforce,
L'ongle aigu ejr l'horribledent ' W
Du Lion au combatardant.
Et comme les prestres ^Egyptiensfussent esmerueillez de ceste grande crainte, pour monstrer
vn homme craintifuementsoucié,& comme tout effaré à l'occasion du feu,ilsrepresentoyent la
V
ligure d'vn Lion, auec yn petit flambeau. En quoy ie ne pouuois qu'à peine croire les auteurs,
deuant que i'eusse veu qu'à Florence, &: depuis à Rome, on se sert principallementde ce moyen
d
pour domter les Lions. I'ay veu ce simulacre graué en vne piece de marbre,qu'on auoit tirce des "
P
sepulchres des Empereurs, à Rome en la rue aux Lions, qui meine droit à l'Eglisc qu'on appelle
fi
á
delpopolo. On y voyoit vn Lion assis à terre, haussant la teste, & la tournantarriére. A trauers
estoit
e grauee vne torche de Pin, auec vne noix au bout d'en-haut, & yn ruban qu i pendoir de-
puis
P la torche iufques au dos du Lion. Et combien que ie trouue en escritchez les auteurs, que
' b Hitrogly- b cest Hiéroglyphe
ne signifie autre chose, que (comme nous auons dit)celuyqui a peur du feu: íì
fht de celuy
qui craind toutesfois
t' il m'est loisibled'entremester icy ce qu'il m'en semble, ie diray que ceste figure démo- i
1, {eu. stre la fureur domtee. Les Péripatéticiens tiennent, que le Lion craind si fort le feu, pour ce que
fl
la principaìle force de cest animal consiste auacyeux : &que plus ils les ont secs & chauds, pljjs
1;
abhorrent
a ils le feu. On pourroit alléguer en mefme sens lafeuille d'yeuse mise sous le pied du
« Lafueille I \
Lion car les Mages disent que le Lion demeure tout estourdi 3
ayant marché sur ceste feuille.
d'yeuft e- Zoroaster
sourdit U
^ (non pas cest ancien, mais vn autre qui fut depuis Plutarque) a monstre que la feuille í
Lion. de
Q *
resquille est de mesme efficace. |
* ou oign5 \
d'iEg/ptc. LA CRAINTE RELIGIEVSE , OV* SCRVPVLEVSE.
CHAP. XII. C j

Et-crainte
pour ne m'efloigner de mon propos touchant la
du Lion pareillement
il a
; vne extrême peur
du
C
Coq,& fur tout du blanc, comme dit sainctAmbroise;
* Pourquey 1( lequel mesme Pythagoras défend de manger. d ce que
U Lio craind quelques
le Coq.
~
'~j vns veulent dire estre vn symbole de la reuera-
e Parce qu'il t
ble Diuinité. ' attendu que le Coq( de qui Lucrèce dit que
est sacri au les Lions pleinsde rage
mois gV mtf Nepcuuent(òustcnirl'd$è~tnyle visage
sager des
heurts. Du Coq chante^matin, que destituer leurs corps
A la fuite ils nefoyentincontinent recors ) monstreie ne
íçay quoy de diuin en soy, commenous auons amplement
discouruau Commentairetouchant ce volatil. Or toute
puissance terrienne redoute &: reuere la Diuinité, ioinct
que les Lions iont dédiez a la 1 erre mère des dieux ; comme ainsi íoit que cc qui relte outre les p r
iubes,tient de la terre,ainsi que nous auons dict ailleurs. Neantmoins Proclus au liure de la Ma-
gie nous donne vn autre subiectde ceste crainte. Car il dit, que le Coq & le Lion principalle-
ment sont animaux solaires, c. tenants de la qualité du Soleil. Mais quant à ce que le Lion re-
doubte le Coq, $juc nous n'en pouuons tirer la cause ni de la matière ni du sens commun ; ains \
seulement de la cosideration de Tordre establi d'en-haut,sçauoir est, que la présence St l'cnergie \
de la vertu du Soleil agit auec plus d'efficacealendroitdu Coq que du Lion. Ce qu'il semble re-
cueillir de ce qu'vn chacunscaitquepar son chantmatinal il fait la bien-venue au Soleil quand
il se leue, SC par manicre de dire appelle son aube ; lors notammentque partant du milieu de la
.
religion des Ànripodes, il prend fa route deuers nous. D'autre part il asterme, qu'aucuncs-fois [
sont apparus certains Anges solaires cn forme de Coqs ; lesquels estants creez fans forme quant j
à eux,sc sont toutesfois faict voir en telle forme à nous qui sommes creez auec vne certaine for- '
me. Qu'au contraire Ion a veu quelques-fois des Daemons oumauliais esprits en forme de (
Lions,leíquelsen leur présentant vn Còq,sc sont soubdaincfuanouiz cn l'air:& pourtant ont de >'
coustume cnc.orcs auiourd'huyceux qui tiennent ceste superstition, de leur sacrifier vn Coq j
pour l
Liure Premier. 9
A pour les attraire afin d'en auoir de l'aduis & du conseil. En-outré aucuns Grecs qui suyueiit
la doctrine des ^Egyptiens, enseignent,que l'onrappelloit& faisoitretourner l'àrne deGe-
esté changé eh Lion) en luy sacrifiantau ftreallable quelques
crops ( qu'ils Cuidòyent auoir
Coqs, souseriptsde certains caractères ; te qu'elle léùr âpparoissoit.Ce que neantmoins ^Eneius
Euxitheus maintient estre Vne resuerie&: illusion diabolique, par laquelle les malins esprits
trompent ainsi ceux qui les inuoquent. * Quant à ce qu'aucuns diables apparus en forme de ïa apparition Raison de
Lions,scsoyent esuanouysen leur présentantvn Coq, Proclus en donne la raiíbn,& dit que des de quelques
choses constituées en vn mefme degré, les inférieures & moindres sont contraintes de redoub- diables en
tousiours les plus grandes ainsi que plusieurs sages & modestes personnages, considérants forme de
ter : Lions-
les images de quelques hommes diuins, craignent pafrcest aspect de commettre aucun acte vi-
lain & reprochable.Mais Lucrèce suyuant les préceptes de fa secte, dit que les Lions
.-~^-ont cçriaine semence *
Dedans leurs corps,laquelleestant pat influencé;
^ Transmise dans les yeux du Lion rugissant,
Leurcreué la prunelle : ejrcefl humeur, cuisant
Le^ tourmentest fort, que souffrirne la pèuuent.
B Mais c'est vne chose merueilleusc,que les anciens ont obscrué, queb l'hcrbe mefme qui porte le h L'herbe du
grandement Lion hait
nom du Lion, s'erttournant par surgeons, & nuisible, abhorre tellement le Coq, me'fmsmem
que si vne fille vierge, ayant neantmoinsses fleurs, nue & descheuelee se promenéautour d'vn *li Coq.
champ couuert de quelques legumes,tenantvn Coq entre ses mains;ellefera du tout flaistfir &
dessécher ceste herbe. Quoy qu'il en soit,Dcmocrite,commcdit Sotion, l'a toutefois enseigné.
Mais ceux qui sont plus estoignez de supcrstition,& qui remarquent icy quelque feerctte vertu
de nature,dientqu'il faut arrouscr les semences auec du sang de Coq ; &; qu'ainsi semées cllfcs ne
l, seront point endommagées de ceste herbe de Lion.
'
' LTNVNDATION, ou, DESBORDEMENT D'EAV.
CHAP. XII I.
LEs ./Egyptiens voulants donner à cognoistre lec desbordement du Nil qu'ils appellent én c Le Lion,
leurlangue NVM, qui signifie nouuéau &c récent* faisoyent aussi lc pourtràit d'vil Lion, Car Hiéroglyphi-
de des-
quád le Soleil passe au derrière du signe du Lio Herculeeri,il cause le desbordement du Nil;A de que (
bordement
,
façon que,tandis que le Soleil y sciourhe,il y a de l'eau au double, qui s'espand par toute la plaí- d'eau. '
'8c de faict,
ne large & spatièuse d'ifigypte, laquelle en est rendue tarit preigne ec fertile, que non seulement d Ce Nil
les originaires ou habitantsdu pais en recuilienc deqúoyse nourrir,maÌs én aident hiesmé là plus '
double set
grande partie du monde. Et à cause de ceste redundanced'eaux qu'ils ésprouuent leur âduehir ltieaux fouit
signe du
tous les ans par le bénéfice du Lion,la coustumé est venue, & desia receuë par le consentement Lion. ;
de tous peuples de la tcrre,quecles canaux, conduicts& tuyaux qui iectent l'eau, la poulscnt au Tefíes de
L'on d'Scien
de
moyen certains souspiraux trouez à des testes de Lions que Ion faict ietter en fonte pource vfzgc
; pour
desscingHi lieux commodes, en forte que les Lions mesmes semblent la regorger &: vomir. les ' vuidan-
Vitruuc enseigne bien au long comme il faultaccommoderces testes de Lioiis,principalÌement ges d'eaux.
es lieux cauez,dc queí ordre les arranger, Ôi comment percer feulementiusques au canal qui re-
çoit l'eau de pluye parles gouttières, celles qui feront contre des colomnes, les autres d'éntre-
deux demeurants solides, depeurque la quantité d'eau qui tumbedè la gouttière oii du toict
dans le conduict, deuallc par-entre les colomnes, &: mouille les passants ; mais que celles seule-
ment qui sont iouxte les colomnes, poussent par la gueule ces gros rendons d'eau. Car il auoit
remarqué, que par le Lion les ./Egyptiens entendoyent la redundance & íurnagement ou des-
bord des eaux,&l'auoit ainsi veu pratticquer en tous les édificesdes anciens.En somme,les fon-
taines & tuyaux de tous aqueducts estoyentenrichis de telles figures de Lions ; comme fadmi-
rable structure rie la fontaine de Viterbe tcfmoigne ceste anciennetradition.Et pour en obmet-
tre plusieurs autresjon void à Rome en la place de S.lan de Laterâ,deuant la statue de lj«:onzc de
M. Aurcle,deux Lions de marbre noir,lefquels fans doute scruoyét aux fontaines de son temps.
Leurs bouches percées à gueule ouuerte en font foy ioinct que leurs pertuys d'embas donnenr
;
nuques au gosier, & qu'ils ont entre les pieds vers le poictral vn petit tuyau creux pour receuoir
&: rendre l'eau. I'ay
veu quelque chose de semblable à deux milles de Bresse hors la porte qui
tire vers le Lcuant ; là où fur le chemin tout abbruué de grands ruisseaux & surgeons d'eaux qui
íedcriuentcndiuers héritages, vn Lion de marbre, d'ouuragc tres-antique, enflé comme vn r*' Poitrquoy 1
les s'aiscic
ouyre, ouure ainsi la gueule pour faire couller &z respandre l'eau.s Mais on n'accommodoit pas yansentir à cest
lculemcnt les effigies des Lions à ce qui sert pour ietter l'eau; ains aussi pourautantque le Lion 7vfage.
( 1 entends le céleste ) semble
ouurir &z fermer les cataractes & raliincs d'eaux. Et de faict on aux ,
Ponrquoy
&
serrures
na point encore auiourd'huy perdu ceste ancienne coustumé, Kd'orner de gueules bées de Ò> < anneaux
Lions ses ferrures, les clefs, &c les qu'on fiche Tj^eon és com-
des
' portes.
anneaux aux portes, ce que &
mentaircs
io Hiéroglyphiques du Lion.
mentairesfur le Poète Arat, escript auoir.esté practiqué par les ^Egyptiens, brenxjue quant aux ^
portes cela se doibue, à mon aduis plustost. rapporter à ceste garde dont nous auons faict men-
tion
t: cy-dessus, qu'aux eaux coullantes. Si ne yeux-ie obmettre ce queHprus Apollo nous ap-
* Tourquoyy p
prend,a qu'es processions qui sefaisoyentpour.auoir de la pluye, plusieurslnarions.auoyçntaç-,
en lauoitde'e coustumé de lauer les gueules des Lions aueçdu vin. Sçachez toutefois,-que les copies .çseJîlòrus.
vin leurs
gueules. 1sont communément corrompuesen ce passage.

FEMME DVNE &EVLE, tÏTTRE. CHA^' XIV. :


* Lionne, LEs ^Egyptienssçachantsque Mes Lionnesne font qu'yne littee en jeur vie ( ce qu'aueç Hé-
Hiéroglyphe rodote plusieurs autres ont enseigné )ont accoustumé de repreíenter par Timage d'vne
que d'vne ', Lionne, la femme qui n'auêit iamais eu qu'vn enfant. S ur quoy nous,auons dedans j^Elope vne
femme mèrere '
d'vn seul fable] d'anciennetradition:aComme la Regnarde, pour exalter ía générosité, vantoit à la Lion-
enfant.
c Fable ne fa fecundité, & luy reprochoit qu'elle n'engendroit qu vne fois (j SÊ ne portoit qu'vn faon en
]
^
d'&sope. \toute fa vie : la Lionne fit refponsc,qu'à la vérité elle n'engendroit qu'vne, fois, &c qu'vn seul,
mais que c'estoitvn Lion. Plusieurs se sontestorcezde donner raison de ceste rareté.& ont prin-
cipallemerit trouue celie-cy les péris Lionceaux estans dedans le des
g
* Plin.liur. : que encores ventre, que
r [ deschirent
S.chap.i 6. les ongles leur sont venues, la matrice de leur mère, &: sortent, apfes l'auoir lacérée
pair la pointe de leurs griffes ; ou bien qu'auec son premier fruíct elle perd l'amarry. Mais Ari-
.

stote dit que c'est vhé resuerie fabuleuse, &c afferme qu'il a veu en Syrie des Lionnes porter mes-
mesiusques à cinq fois; que leur première littee est de cinq, puis viennent à diminuer d'vn tous
les. ans, iusques à la derniere qui n'est que d'vn : &: de là en auant demeurent tousiours stériles.
Elles en portet le plus souuet vne couple,ce qu'5 a veu par experiêce l'espace de plusieurs années
à Florence : mais communément íìx, quelquesfois vn tout seul. Philostrate dit que les experts
tiennent qu'elles engendrent trois fois en leur vie : pour la première, trois ; puis deux, puis vn;
'la Raisin de que neantmoins s'est veu vne Lionne,lâquelle en a porté huict d'vne Ventree.'Maisla raison que
"t les Philosophes se sont efforcé de rendre quant à ceste rareté d'engendrer,Basilele Grand la rap-
rareté tu
multiplicité
,eee
de semence porte
àla prouidence de Dieu, par l'ordonnance duquel il aduient que les animaux aiscz à pren-
tn aucuns dre,font bienplus fceconds que les aurres;& que pourtant les lieures,les dairns5 &: les buailles,cn
animaux.
portent quasi tousiours deux ,.& plus encore à la fois, à fin que le genre des bestes rajustantes &:
f Les ftrts,
es,
qui viùent âe sang &: de chair, île défaille point : mais il est certain ques celles qui mangent &
moins fve-f" deuorent les autres,sont beâ§coupmoins fcecondes.pour ce( dit-il )qu a peiné la Lionne est me- C
codts que les
autres bt... re
d'vn seul Lion. Et puisque ceste rareté u enfanter ne se rencontre point auec plus de certitu-
fies. de en aucuneautre espèce d'animaux : à bon droict les ^Egyptiens regardants aux plus fréquen-
tes aduentures, designoyent par le Hiéroglyphiquede la Lionne, la femme qui n'enfante qu'v-
ne feule fois.
LA CLEMENCE. CHAP. XV.
OVtre les susdictes significations Hiéroglyphiques du Lion, il s'en trouue d'autres que ie
toucheraybrefucrhent, pour neles auoir trouuécs és auteurs qui ont interprété les ictrcs
Hiéroglyphiques,mais d'autant qu'elles me semblent plustost introduictes par obseruation,
* L* Lionhn Entre autres " la clémence, que Ion dénote par le Lion & l'homme couché par terre ,.en sorte
seul entre'^les neantmoins
feres -vfe de
que le Lion soit sain Sc sauf, pourceque le Lion, bien que l'homme luy ait donné
clémence a-».
les plus funestes trauerscsqu'il aura peu, moyennant qu'il ne l'ait point blessé ; ne luy donne pas
â" vn coup degriffe,nine luy fait aucun mal; ains se contente de le secouer & porter
lendrott des
suppliâts,& par terre: puis
pardonne à l'ayant ainsi estonné, le laisse en tel estât. C'est ce que dict Ouide;
' D
ceux "'
qui K^AULion courageux suffit les corps abbatre.
font iotig
ly.
deuant luy.
En mefme sens ay-ie veu en vne medaìe de l'EmpereurSeuerUs Pius,l'effigied'vne femme seant
Piin. cyY fur vn Lion estendu, laquelle tient d'vne main vn espieu fiché en terre, &C de l'autre le foudre,
dtffus.
non en posture de le vouloir lancer , ains comme le laissant choir ; auec ceste inscription,
• INDVLGENTIA A KG. IN CAR. & s'en peult lire dauantage..
ne
LE CHASTIMENT. CHAP. XVI.
Lion
, «xi-
w- T'Ay d'ailleurs appris,quc outre la clémence on remarqueau Lion vn indice de chastiement.ee
mal vinàìn JLcfuc ie tiens d'vne histoire.qu'vEliari allègue d'Eudomus qu'vn certain maistre nourrissoit
extis. ; en
* & vne mefme loge, vn Lion, vn Ours. & vn Chien, lesquels vesquirent quelque temps fort paisi-
blement ensemble fans offense mutuelle, comme feroyentanimaux priuez, & de mesme espèce.
Mais qu'ayant l'Ours d'vne impétueuse saillie deschiré lc Chien son camcriílc,lc Lion outré de-
voir la loy d'hospitalité meschammentviolée, s'eflança contre l'Ours, le mit pareillement cn
pièces, & veneea l'outrage faict à son hostc.
m -LA
Liure Premier. n
LA VENGEANCE. CHAP. XVII.

M Ais à contre-sensaucuns ont voulu demonstrerle désir de vengeance pârvn Lion trans- Remarquât
celuy qui l'ct
percé d'vne-fleche. Car le Lion blessé remarquemerueilleusement bien celuy qui a faict ',outragé.
le coup,& le sçait sort bien choisir en quelque grande compagnie qu'il soit : & si on le laisse faire,
le deschire & desmembre sans-mercy.On dit que Iuda Roy de Mauritanie estoit ordinairement
accompagné d'vn ieune homme de grand courage s & que comme il trauersoit auec son armée
les déserts d'Afrique,pour pacifier ses Estats,voicyse présenter fur le chemin vn Lion,qui blessé
dans la forest prochaine. Vn an âpres commeayant iceluy
par ce mefme ieune homme sc retira affaires,
Iuba donné tel ordretm'il desiroit à ses ramenoit ses trouppes par ledict chemin;ce mes- Appert
- far
me Lio espia celuy qùi l'auoit
outragé,le choisit d'vne si nombreuse multitude de soldats,se rua ' & exemple.

d'vne extrêmementviolente roideursur luy,& fans qu'on y peust donner empeschement,le des-
chira misérablement; puis content de ceste vengeance se retira fans en asiaillir aucun autre.
Au reste les Pythagoriens disoyent auoir apperceual'ame de Cambyses Roy d'Egypte au corps *" Par l'ame
d'vn Lion: que pourtant cstoit-il poffedé d'vne extrême couoitise de regner,meditanttousiours ses ' Camby-
de
transfu-
quelque hault desseing. Mais on en peut alléguer aussi ceste raison ; que c'estoit l'homme plus se j au corps
enclin à vengeancequi fust de son temps. &c de faict il ne cessa iamais de faire la guerre à cor & selon
d'vn
' Lion,
la me-
à cry aux ^Egyptiens, ny de les incommoderdes plus outrageux actes d'hostilité qu'il se pult tepsychpse.- de
imaginer ; les poursuyuant à outrance,iusqu'à ce qu'ayant conquis toute 1'./Egypte, profané les PythagoraA.
]
choses fainctcs, & exterminé la religion, il fut plustost las que saoul de tyranniser les peuples de
toute la contrée. A cecy fait encore, que les augures & deuins tiennent, lcb prodige d'vn Lion '*! Présage
apparu, presagir le commencement d'vne guerre, ce qu'vn Poète *reca gentiment exprimé d'vn ' Lion
rencontré
f- par cevers: M
j
Voir des fers Lions les images,
Sont d'horribles guerres présages.
LE PRESAGE ROYAL. CHAP. XVIII.
CAr autrement,cles Lions apportent ordinairementquelque présageaux Roisscomme ce- c Présage
luy qui se présentadeuant l'Empercur Iulian âpres qu'il eut outrepassé le sépulcre de Gor- aux
' Princes
dian,& d'vne excessiue & prodigieuse stature veint affronter ses gents, qui l'abbatirènt à coups far des
Lions-
de traicts. Car ( ce dit Ammian ) cela predisoit la mort de ce Prince prochaine. Mais peu de , Sc
temps auparauant,l'Empereur Maximin estant prest de venir aux prises auec Narsce Roy des
Perscs,on luy présentasemblablement vn Lion &c Vn Sanglier, grands à merueilles, & tous deux
tuez par ses trouppes. & neantmoins adueint qu'il s'en retourna sain & sauf, ayant vaincu ceste
félonne & barbaresque nation. Et Sandrocot Indien, homme de basse qualité, ayantpar la vi-
stesse & légèreté de ses pieds eschappé la fureur d'Alcxandrc,s'endormit
en vn bois,las & recru;
sentit vn Lion luy essuyer de la langue & lécher la sueur de son visage. Et de faictil tua despuis
les Lieutenants d'Alexandre,& s'empara du Royaume d'Indic,commcTrogus l'cscript.

L'A N ET LES MOIS. CHAP. XIX.*


ET puisque nous sommes fur lc discours des présages inconuenient de raconter
,*il ne sera
que'1 la Lionne qui portoit huict Lionceaux cn son ventre, prise en Mésopotamie par des J' Par la lig-
chasleurs, efuentrée comme Apolloine Tyancc passoit par là, signifia selon l'interprctation ne "& prise cn
Mésopota-
qu'il en donna, qu'il demeureroit
vn an & huict mois auec Barsancs cn Babylone. Et comme mie. »
aucuns de ses compagnons luy demandassent pourquoy plustost il ne les prenoit pour neuf
J} ans,puisquc Calchasen Homère par le présage d'vn passereau & huict poulets deuorez par
vn
scrpent,en auoit autant prédit: Ceux
que veit ' Calchasestoyent desiaesclos(respondit Apolloi- ff Iliad. z.
ne ) mais les faons qui estoyent au ventre de la Lionne n'estoyent encores en leur perfection,
pour ce vault-il mieux les rapporteraux mois, qu'aux ans.
L'EXCEZ AV BOIRE ET MANGER. CHAP. XX.
AVcuns veulent aussi dénoter par les Lion deuorant des pieecs de chair, l'homme qui se r Voracité
saoule & mange iusquesau d'autant que cest animal mange excessiuement, & lu Lion.
creuer,
engloutit plusieurs choses toutes entières fans les mafeher puis estant saoul,
; ne mange rien de
deux outrois iours.Iuucnal touche ceste voracité, disant
llfault beaucoup de chair pour nourrir Lion. Et de làquevient que l'halcnc luy put tousiours à
vn
^aufe de la crudité des viandes qu'il deuorc. Pour
ceaucuns voulans exprimer vne mauuaifc &
puante haleine, font vnLion à gueule bée. A cause de ceste puanteur, Martial semble auoir
nom me Lion la partie honteuse de la femme;
Ligella, s'il te reste aucun honteux ressort,
, Ne
12 Hiéroglyphiques du Lion.
Nevueilles arracher la barbe au Lion mort. A
Car il la taxe de ce qu'estant vieille,elleessayoit de s'arracherle poil. Autres à Foccasionde telle
puanteur,
P1 appellent le bordeau puant, bien qu'aucunsrapportent l'interpretationde ce passage,
ai Cenchrenes,que Nicandreappelle Lions.car ceste maniéré de serpents fuccent le sang par
* Serpents aux"
leurmorsure.orles Médecins consententque lá semencegénitale sc faict de la meilleure & plus
tachetez, & Jg
venimeux. décoctiondu-sang, pour ce dit Iuuenal.
jjjPlin. 1. 10. pretieuse
pJ
ch.ii. Or-fus >qu'elle recoiuevn salaire de sang.
LA PVÍAIN. CHAP. XXL
PLusieurs escrits & monuments anciens nous appren-
6 Putains "j
âtfigntespar j
le nom de -J nent , que lesb putains sont designées par le nom de
lionnes. Lionnes.
L Vous auez quelque chose de semblable en ;Ari-
stophane,oùLysistrate dit au serment des femmes : le nese-
st
* Tyrocnefle tt ray point Lionne auc Tyrocnefle. A cause de ceste pétulance&c
signifie fre- laseiueté
J£ Ezéchiel appelle la ville de Hierufalem, Lionne;
cest
outil de cui- _Heliachim,
frement son faon, qui fut mené captif en ^Egypte; &c
ST
sinepercé qui \{ Ioachim,son autre faon, quéNabucadnezar transporta en
sert à gra- p Babylone dans vne cage scion les Septante Interprètes
tuiferdu fro c
mage ou tel- Ç Grecs de la Bible. Michel, de By.zance dit qu'on appelloit
le autre den- ad Sphinges
liquide.
certaines courtisanes de Mégare, pource-qu'ayas
ree
d Ainsi dites la la teste de femmes,ellesfaisoyent mine d'auoir quelquehu-
d'vn mot manité & douceur mais reste du
Grec, qui st-
_ ; re corps qu'elles auoyent
gnifie lier,ou de d Lion,monstroitl'auarice,rapine & maistrise qu'elles exerçoyet íur leurs amans.& que le nom
enlacer. J SphingesMegariennes sc donnoit par opprobre& vergongneaux filles de ioye,pour les íales
de
Plin. 1. S.
ch.ii. n
moeurs des Megariens,quetous les anciens auteurs blasmcnt. A ce propos fait ce vers d'vn ga-
Mythol. lant Poète Grec;

l.?.ch.i8.
La Lionne ejr lafemme en cruautépareilles
II y auoit mesmes à 1 entrée de Corinthe vn temple dédié à la Déesse Venus, soignant lequel
II
estoit
e: le tumbeau de Lais, auquel on voyoit la figure d'vne Lionne, tenant vn bélier entre ses
pattes de deuant.ce qui declaroitla laseiueté coustumiere du bélier, comme i'en ay tçaicté à pro-
P
pos,en
P vn autre endroict.
LE SILENCE. CHAP. XXIl. C

ON ( signifioit deux choses par la figure de la Lionne fans langue,qucles Athéniensauoyent


fait faire de bronze,ouuraged'Iphicrates.La Lionne demonstroitle nom de la courtisane;
Aíle me- t & le défaut de la langue,la taciturnité d'icelle. Car comme ' Harmodius & Aristogiton eussent
morable prins
y aduis ensemble de libérer leur patrie de la puissance des tyrans, & que leur coniuration ívx
d'Harmo-
dita & A- descouuerte,
.
C
les tyrans firent empoignerleur courtisane que tous deux aimoyent vniquement;
rOlogiton. £& la bourreleítnt des plus horribles supplices & tourments du monde,s qu'elle endura patiem-
Sc
f Constance ment iusquesà la mort, & n'en defcouurit neantmoins aucun : laissant vn exemple notable de
*
remarquable -\vertu & constance,qui surpasse Firrfbecillité de la femme;pour laquelle honnorcr,lesAthéniens,
ttvne loyale voulans toutesfois auoir le bruit de faire honneur à vne paillarde, furpt d'aduis que l'on dres-
concubine. ne
i

í vne statue d'vn animal de mesme nom,lcquel n'eust point de langue, à cause qu'elle n'auoit
sast
8 Remar- rien reuelé. A Tertullian allègue ceste courtisane
quée par
pour vn exemple de singulièreconfiance, à fin
Tertullian. d'encourager
i les Chrestiens à supporter les tribulations qui leur aduiennent,veu que pour peu
de
i chose,sc sont trouuees des femmes mesmes qui n'ont seulement mesprifé les plus griefs tour-
mens pour sauner la vie de leurs amoureux,mais de leur propre mouuement les ont meímcmêt ~
1

augmentez. Car comme dit Tertullian, le bourreau estant desia las de tourmenter & gehenner
ceste
i
femme,clle cracha finalemct au visage du cruel Tyran,sa propre langue qu'elle auoit tron-
içonnée a
belles dei:s,à fin que par mefme moyenelle crachast par manière de dire fa parole, pour
n'accuser
] les coniurez,quandmefme vaincue & succombantaux douleurs,cllc lc voudroit faire.
LES CYZICENIENS, CHAP. XXIII.
SI quclqu'vn rencontre de la monnoyc,quiporte d'vn costé limage d'vn Lion,&: fur le rcucrs,
51 Le furhauf de Cybcle mère des Dieux : qu'il sçachcqnc ccíìc monnoyc est des Cyzicenics,fortestimée,
sèment des
lc coing que pour lc prix, comme se mettanc pour vingt huict drachmes Attiques la
rnonnoyei a 'tant pour ,
dt'icrfijìé cc'' quelle somme reuient à deux ducats d'or, &: quelque d'auantagc.car la drachme d'argent
prix-
, peu :'

1Superfli- '
est du poids d'vn Marcel de Vcnise,qui vaut enuiron quatre sols tournois. Er tels font les stace-
tienfc rroy.ï rcs des Cyziccnicns,qui monstroyentla piece estre mêmement bien faicte.Or ' la superflition
] r
ce des Ma des Mages,considcré l'alegrcssc & légèreté du Lion à courir, s'est imaginé
ges. ' que la dem d'vne be-
lette
' LiutçPíemiéfi,'-' 13
^ lette attachée à vne peau de Lion, est propre à desenfler & renforcer les pieds. Tychiades s'en
préférant
différendmeuentre Qeodeme & Pinòmache Médecins ; Fvn
ille en Lucian, fur vn
celle duC^
laoéau de'Lion-,l'autre assistance, voicy
malade Et cependant que ce pauure homme imploré misérablement leùr
êstriuent,leqG.eldes deux,ou du Cerf ou du Liôn,a:meilléurés iambès,&-'duquellácbúrTejti
eu ils aiai<*re:'& diíposte. C'est donCques raison que FiEneé deVirgile: défiiìè à Salie "i*-*>iEn.lib.5-
est plus auec
ïrand' peaud:vnLion Çrtwtóá, pourde prix &^
frerrùerhonneur de ìa carrière, s'il n'en eiìst esté dèstka^u^^ ;e

QJE SIGNIFIE LE LÍO>í DE\H.Ejtó^ÈÌ^f^;'.'^U-1


CHAP. %>%$&., \-:f::\ /''/ "
Í * -" " ' '•rf '
' '/:.';:' '.: .-
. . . .'
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CE si commun & vulgaire;, qu'il ^esthesc^ing^eníaiç-
.
que veut direb le Lion de Herculeest h-;Liìh-.tift-i
'
Si veux-ie oublier à dire, queparjé Lion s'entend cést:tíercule^3gypWen^culten. ' \ 1
re lon<r récit. ne
u lequelauec, Osiris(comme enseignent les escriuainsdes:Antiquité
•''''"li'-f'-V.'"'

fascheusc scruitude des Géants, &: non point aucun autre.far .les historiensvArrwn^çPitj^r<g,
? cestuy^çy.pòrtalçpre^ier^^tous feliseigne-ô^ >

eseriuet qu'il y a eu plusieurs Hercules; mais que


la defpouille du Lion.Au reste, Heraclit de Ponte dit„quê feint£>4u>Liqn
la vainçu^par^ H^cuif%>...'.
est venue de.cc que l'Hercule d'Argos,dont les Grecs ont esçripttant de
tnerv^iltes^
y
surmonta finallement céste fureur qui le trauailloit outrénient àì'occasion d'vne humeur me-
lancholiqué, Car il appqrf astez de Ce que nous auons-dictfyrdessijs,queçessanirnal, à cause de
son impatience&C courage immodéré,se laisse fort aisément tránsporterenfrénésie. Aucuns
neantmoins entendent mystiquementc par Hercule lalumiere duÇolest.Orestant le Lion 4edi,i;, lift; c Maerob.
Soleihlon void àdèfcouuert quëisigriifìeritHercules le LiontCar|hes^ Sàtftiîí.'
,' i.eaç;a.í.''^
au Porté^o^fr,pòiitcejëu'elíeeifeahaíarí^íè1fïdetìrÌ
Latins appellent /á&irïestoillcaPhòsphore,oU L iSjuí amt*

guise des mbes de Lion.


b .;... : . '. .) :. •;Ï1Ì.:-:--'-V
..,.,., ..
-> neí'aubt
,.
7-.--•; ^oií^e; px ': ::rc::-;.. .:.'.. • :??.n
{iour.
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%
X
A>VE:ílTY..^'j^
.
>i

QVòy que soit.'. la defpouille du Lion est le Hiéroglyphiquedeniaivertus, pptìreeiest eUedeá\.'de Lio, Hie- VcípouiUe
diée aHercule,que les anciés ont pris ppurlaye^.jpaesmefEjc^e^iictf Diogçne regaídá%i 'oglyphiqtie
vn certain qui sc plaisoit en
soy^mesme,% piaftoit auç<| yii, tejl ç^^^^t^Et-pturq^^Uipeii^s^de vertu. * |
( luy ditril)ïaccouftrtmtnf de vertus Certes que çe fuit la cpuftumedes illustres perípnnages^dg f Oiogcn.
. Lacit. itt '
s'habiller non seulement des peaux de Lions, mai§ aussi d'autres animaux, nous J'auons appris
S Diogín.
des Commentaires d'Àpolloine,oúle Poëtc dit
- - > ^ :-} :r<-'~: i c-\ —- Cyn.
Estant du dos aux piedscòuùertd'vnçmrdebmf. ~: :
Et 8 l'Ëuandrede Virgile, '. ' • "'; ;:-:'V •.- én';/'
''•'.''"'"\ ' '
:
;
"^ "K "t «iEneid.
-----fàrobede'panthère,: "• '-'"'_;' ' -r/: : "'".'•'.',v- ..."./''" Ve *T• iibr.8.
Pendant ducostê'gauche;:iltroussepar'demerti y:. >

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CEDE À LA P^R Vp N CJE?


. •• .

LA FORCE E \T?
CHAf. ;XXry.-I..-. **' ,-; '
' " z
'''ï

ON void hen lamònoye d'Antiòclmsvn Liòriquasi


X

fc tfítrogly-
couché par terre, auec yne Cheuèche volant désllis phique du
Lion en la
luy.ee.qu'aucunsont pensé signifier le iour saillant au soir:
monoye
pource que la huict,qu'ils entendent par cest oiscàu,se; lëue d'AntiO'
lors que le Soleil sc couche. Quant à moy i'ay opinioiì chus.

que la feinte de cest Hiéroglyphique monstre qtiéla force


cède à la prudence. Car ces Commentaires enseignent
ailleurs que le Lion représente la force; fie la Cheuechë,
Mincrue Déesse de prudence. I'estime que le Lion qui se
void cn vne piece de monoye auec ceste inscription,.
M i A H T a N, ' D« Milefiens, est de mesme sens, lequel des ' Ì)ts Mìle~
pieds de deuant se baisse contre terre ;& audestusyavn siens.
Caducée debout, c'est à dire la
verge de Mercure; pour
monitrerque la plus félonne & violente force se soubsmet à l'eloquence des sages. I'ay veua
B
14 Hiéroglyphiques du Lion.
LA FORCE CEDE A L'EL O.QJEN CE. A

*Ttus,deU ceste monoye chez les Maffees à Ròme>%uant àa l'image


(
lunon d'Ar» de
gos. '
Iuno qui estoit enla ville d'Argos enguirlandéed'vne
branche de pampre, ayantjiessjbubsses pieds la peau d'vn
1
Lion ; elle signifioiç que^este marástre estoit merueilleu-
semènt siere d'aupir íuppëdité lés deuxálsdesonefpoux
Iupirer. & dit-on que ceste inuentioii fut dé Çàllimàehé;,
lequel selon le tesiiioignage de Tertullian, attribua la^^vi-
gne à la Déesse Iuhò. Ì;J J, :
LA LVNE. CHAP. XXVII.
* Imugi ie /^SkN vpyp^ * Firnagëdt Diane au tërhplë dvOîympie,;
la Diane
Olympienne.
XÍ^àuéc dès ailes, tenant dé la mairi droicte vnè Pári-
tnere,&deláûttëynLiori. Nous ppuUOhs entendreparles ailes;-, k-c^rshâitir delaLune,
qui fait le tòiirduZodiaque en vingtseptióúrs,qu'à pcïhe se Soleil acheue en vh. LaPanthete B
démònstfèles dîners & variables changementsd'icelie, lesquels nous aùòhs récitez aílleUrs les ^
p
dëfígriâht^par leurs douze noms en cKafqdëmois. Le Lion signifie lá force & vertu du Soleil,
de§tti iàLonère^pit sá clàirté,luisaiít de la partie scuïemêt qui est escláirée des rayons d'iceUiy.
< ;,

>' " ';'; !V;"?: ' LË sb LË IL." : CH^'Ï." XXVTLL


.
'Liens
Images de EJES anciens faisoyent aussi e certaines images rayon-
rayon- nées} en sprtp neantmoins queIesrayos de l'vnc mon-
nes
tóyent tóus en-háut,& ceux de l'autre deuallòyentcontre- v
bas. & ainsi façonnez on les faisoit porter à des Lions. Or
est-il à noter, que suyuant l'interpretationde Vectíus, les
anciens ont par ceste feinteentendu le Soleil & la Terre,
que les Assyriens nòmmoyent A D A D, & A DA G A R. T I S.
sçauoir est par A D A r>, léSoleil, qui ëflançantses raiz con- l
ttfe^bas, viuifié, riòurrit Sc ehtretiëttoutes lès créatures qiii
C
fcrit soubs lâ vouste duciel.c'ârîlengéhdfè\toutcéque la '
teíre produit : & par A D A G A RTi s,ìà Terrëjqui rëhùóye
èoirìtte-montla mefme force & vertu qu'elle a cònceuëdes
rayons du Soleil. Ainsi resemblant àleípousequi ajrypéte
Ion mary (,pour empruntercelte parole de riaton ) ayantautour d eue vu equippage ae tout ce
qu'elle rapporte,elle ouure son sein,&s'abaiyloniíe pour iouyr de son corps. Certes l'effigie du
Lion semblereprésenter l'vn Sc l'autreHiéroglyphique; attenduque par lapartie de deuant elle
figure lc Soleil ; & par celle de derrière, la Terre. Toutesfois Vectius Baíïus au Commentaire
de Germanique,quiescriuit les Phaenomenesijparlant d'Erigone,tientque Ce nom d'A D A G A R-
1* i s se prend pour la Terre : Plusieurs ont estimé ( ce ditr-il ) que Ceres efl apyelléevierge, à raison des
ejpicsqu'elleporte, lés autres ayment mieux que cesoit Adagàrtis,autres encore veulent que ce soit For-
tune, pource qu'elle est inférée íans teste parmy lesastrës* Nigidius Figulus croid que cela de-
note la Iustice, ou l'^Equité. nom que nous auons prouué ailleurs estre aussi donné à la Terre.
Liur.io. St
de faict vous trouuerezque les Poètes qualifient ordinairementCeres du tiltre de Donne-loy,
comme celle qui establit &: maintient la iustice. ce qu'on ne doit trouuerestrange, attendu Fac-
çord Sc sympathie qu'elle a auec la Terre tres-iuste. Et pourtantVirgile, pour heureux présage p
de subiuguër le pays auquel abordoit Mneç, dit que fa galère Capitaineslë auoit
Des Lions Phrygiensaudeuant de la proue..
â Homme, Comme aussi Ion void aucunesfois <•vn homme seaht fur vn Lion, qu'iltouche d'vn aiguillon.
séant fur vn1 ce qui semble signifier proprement celuy qui régit & maistrise ses affections& volontez.
Lion, quel
car ce
Hiérogly- que dit Virgile d'^Enee ne sc rapporte pas seulement aux vz &c sacrées cérémoniesqui sc fai-
phique. soyent au pays en Fhonneur de Cybclc : &c ne regardepas seulement ce bon office,qu'Idafut
Aux 7'roiens fugitifs propice ejr débonnaire, comme dit le Poète en suite.
Ibidem.
IE
Liure Premier. 15
LE DOMTEVR DE SA VOLONTE' ET AFFECTION.

Les Lions qui sont mis Sc attelez au carroce de la grande


Dcefle , cirent aussi quelquefois celuy du Soleil : ainsi
escrit en diuersc maniere,sc rapporte
ce que les anciens ont Bries lc Lion estant de téllë natu-
fin à vn mefme sens.
cn choses céleste? par fa-.partie de de*
re, qu'il représenté lescelle de derrière : peutaiíement foUr;
uànt, Sc la Terre par
cÉçe ceste qucstio, par laquelle aucuns s'esbahiísent que l'ef-
fii&íé du Lio s'attribue en la saincte Escriture, ' Ores à Iefus-
(Êhrift,ores au Diable.car comme nous auons monstre cy s
dlçmis il est en plus d'vn endroit, prins par 3efePrppfeet.es
1, :
pbur lesos-Christ: &: S. Pierre le prenant pour le malin ef-
rffit,ensa premièreepistre, l'appelle .L/0# rugissant. Dauid
lìareillement prie Dieu,qu'il luy plaise débuter son ame des
Lions. A quoy iefesponds,que les parties.de deuant du Lion, signifient la prouesle.&^ertu
o
Royale, Sc ainsi se prend pour Iesus-Christ, Car Irénée demonstrant que le mystère de, Dieu sc
declaire par ses ceuures Sc faicts vertueux, par fa domination, par la force &aurorite qu!ilafur;
soutes choses ; dit.q.uc.ïimage du Lion signifioit ce que i'ay dit, laquelle mefmeb est attribuée à >>A
rvndes quatre Euangclistes :•& que celle de derrière, comme, partie-terrestre, est indice deíuit^ rv.
Sc detromperies. Car il met en fuyant la queue soubsson ventre,de laquelle
il frappe. 4e. trauers M
cn trahison: cc qui nous depeind au vif le diablç,n'yayant riçu qui plus
fuyelc bien quç luy,rien
qui pourchasse phis de mal à l'homme.
IE..S V S-C H R I S T DIEV E T H O M M E.
...*...
.
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. ....,-.

CHAP. XX I X..._.
r " "."'":-.":'"»
, .
EN "
somme, pour philosopher
^
:
aussi d'vne autre façon le Lion quant àv la partie de deuant est
,
céleste;. &: pourtát les ceúures miraculeuses de Iesus-Christ nous mettent deuant les yeux si
parfaicte Sc vraye diuinité. car personne, dit Nicodème, s'il;n'est de Dieu, ne peut faire eequ'if
fáisoit. Quant à la partie de derrieré'Jl semble tenir de la terre,laquelleest froide, &c pourtant 1|
Q Lion "' s'espeuïe, Sc prend la fuite , pour la moindre chose qui soit ; comme 'l s'il oit chanter vri c'
coq, ou s'il void vne torche ardente, s'il rencontre quelque haillon, voire mefme vn singe, des t'it
fucilles d'yeusc,ou de squille. Et Icstìs-Christ homme craind la mort,bien qu'il n'ignorast point pc
la perpétuelle immortalité qui s'en deuoir bien-tost cnsuyurë : il essaye d'en euiter le tourhient:, ^
&: p#c. son Pcre, que cc calice tant amer passe arriére de luy.íypire en est tellement affoibli, que
de grande crainte Sc tremblement il nc se peut tenir sur pieds. Or si l'vne Sc l'autre nature se
trouue en Iesus-Christ, &c que lc Lion est tcl,c'cst à bon droict que FEscripture .saincte l'acconif-
mode tantost à Dieu, tantost aux hommes.
........ „_
REVERENCE A LA IVSTICE. CHAP. XXX..
/"""ì'Efl principallementpour ceste raison que i'approuue
V.yl'qpinion de ceux qui tiennent que cest Hiéroglyphi-
que monstre que mefmec les plus scions Sc plus altiers cou-
rages s'assubicttissent à la Iustice; pource qu'ó a de fraische
uatee trouue- à Gauarcc lez Bcllun grande quantité.de pie-
de
JJ ces monoyc,ayantsd'vn
costé .vne femme assise, equip-
pee d'vne couronne, Sc vestuc d'vn longpalletoc, allon-
geant la main vers la poignée d'vn estoc renucríe en sorte
que lc pommeau luy remplit la paume de la main, &: por-
te ces lettres grauées, IVSTITIA, La Influe. Et fur lc
rcucrs, íevoid aussi l'cffìgic d'vne femme presque nue,
dont rhabillcmcnt luy pend sur lc derrière vers la main
droicte qu'elle y porte, Sc la gauche fur la teste d'vn Lion
qui lc lied fur les piedsde dcrricrc.&s pour blason ,LEONIS H V MILITA $;L'bumiL té du Lion
L'OBEISSANCE DES ENFANS A LEVRS PARENTS.
CHAP. XXXI.
M Ais Lucrèce expose autrement les Lions domtez & attelez au chariot de la grande
r
Décile, Cybclcmercdes Dieux. Sc veut qucccstc fiction signifie,quc les cnfants,quoy que
teueíches& hautains, doiueht obéir à leurs parens.car il dit
que #
B i
i6 Hiéroglyphiques du Lion
Us ont adiointl les feres & %
.
son char,
KJÌ pour-autant que les plus indomtez,
Et plus rebours enfants doyuent estre domtez, k
Par le refouuenirdes bien-faiéfsde leurspères. ^ I

V A G RI C VLT VRE. CHAP. XXXII.


* t>IUSt «•
marques de
VArrontoutesfois semble auoir considéréadeux cho-
Varron fur ses au chariot de Cybêle ; a seauoir que le Lion est le
le Chariot symbole
de Cybele. dela terre,eome ie disois nagueres; puis d'autant
que ceste forte d'animaux se trouue ën des pais bien estoi-
gnez de nous,il infère qu'il n'y a lieu fur la terre^tant loing-
tain féit-il, qu'on ne dpiue labourera fâire valoir.ainsi
chacun
<
accommode à son art Sc aía profession ce qui est
Hiéroglyphique, ou du moins emporte quelque sens ca-
éhe S&mystique. Mais Diodore,suyuantsâcoustume,con-
tróuúë;des histoires à fa poste ; disant que l'on feint les
B
Lions1accouplez polir tirer le char de Cybde, par cè qu'ils
Font nourrie.Au demeurantil ne sert pas beáucoup,quant ï
;

a la signification, de scauoír si ceste Deësse est portée fus vn


Monoye de chariots Ou bien si elle'est assise fur
Taustint. vn siège, car en vne mcdalc de Faustinc Ion void. Cybcle >
)
auec vne couronne à plusieurstours,assise Sc tirée par des Lions,&:tenant vn globe entre fa main
Sc ses genoux auec èestë escripture, MATRI MAGNÍ,/Í la grand' Mère.
I
\
. \

VICTOIRE ACTIAQVE. DOVCEVR AYANT


CHAP. XXXIII. defpouille la fierté.

aVant à ce qu'en plusieurs monuments antiques, Sc principallement és coemetiercs, on •


void vn Lion tenant quelqueanimal, comme vne brebis, vn taureau, vn serpent, ou autre
* Naturel
semblable : •• on peut aisément présumerde là, que le defuncttenoi/: du naturel de la bestequ'on |
des defunBs representoit. Car si c'est quelque brebis, ou quelque agneau, (comme Ion void cn vne íëpul- |
reprtseté par
ture à Rome au portail du temple d'^Eseulape) on pourra entendreque l'homme ayant destruit \
quelque ani-
mal confor- son naturel barbare Sc sauuage,s'est rangé à l'humanité: si vh taureau,à la tempérance: si vn ser-
me à leur pent, à la prudence ; Sc ainsi des autres, selon que la significationde la beste retenue le requerra.
humeur. ;
Mais si c'est quelque animal prins hostilerhent, ou defehiré, on pourra iuger qu'vn ennemy te- I) i
nant de ce naturel a esté mal traicté. Car on void en vne monoye d'argent de FEmpcrcur Au-
guste Cesar,vn Lion de haute Sc puissante taille,abbatant vn Cerf, &: luy fourrant les dents bien |

auant à l'espaule : ce que d'auenturese peut r'apporter à la victoire Actiaquequ'il emporta par la i

-
faueur d'Apollon,en laquelleau dire de Virgile;
Chacun tourna le dos, Arabes ejrSaboees. j

car nous auonsdesia dict ailleurs,que ïc Cerf est indice de crainte.


J
PETVLANCE D'AMOVR. CHAP. XXXIV.
* Voyez la
QVclqu'vn me pourra demander que veut dire ce que c la Chimairc auoit lc deuant de
Mytholog. Lion.car Homère la descript ayant
lib. j.ch. j.
Le deuant, de Lion; de Dragon, le derrière,
Et le milieu de Cheure. S cachez que plusieurs renommez auteurs veulent qu'elle
signifie ceste pétulance ou lubricité d'amourque Bellerophon contrequarra. Car les commen-
cements.
Liure Premier. 17
céments d'amour sonttels,que du premier choc il semble nous
assaillir d'vne brusque Sc léonine
A
ferité.Pour ce le comique Epicharme dit qu'il faut dompter la mollesse d'amour par la force du
Lion. A cela semble auoir esgard Ho|jLce parlantd'vn ieune hommeeíperduëment amoureux:
Puisque la trisorme Chimaire *.
Te tient enreté dansses lacs,
A peine t'enpourroit deffaire
Pegafr domté par Palliís.

La Cheure signifie lubricité & inclination au fol amour, auquel résista courageusement Belle-
rophon monté sur le Pégase. Et le Dragon, ou serpent, les assauts Sc dangereux combats
qu'il liure, toutes lesquelles choses sont expliquées chascune en son lieu par Commentaires
particuliers.
LES TROIS PART IE' S] D E V ART D V
bien dire. CHAP. XXXV.
MRhétorique
Nazianzene,
Ais &: l'Interpretë d'Hesiode,en tendentn par la Chimaire les trois parties de *' Trois par-
à sçauoir la Iudicielle,par le Lion,à cause de la frayeur qu'elle donne aux cri- ties
' de Rhé-
;
D minels : la Demonstratiue,parla Cheurc,pourcequ'en celle-cy l'Orateur se gogaye par manière torique notées
i
dc~
jj»r la
de dire,&: prend plaisir de sc donner carrière : Sc la Deliberatiue, par le Dragon,ouserpent, Chimaire.
pour '
la diuersité des arguments,longs circuits Sc connillements desquels il faut vscr en persuadant.
Pour ce aussi Hésiode la fait fille d'vn monstre qu'il appelle b Echidne, par laquelle on veuten- b Onid.lib.
tendre vn esprit bien mesté,.&:qui sçait beaucoup, orné de plusieurs &: diuerscs sciences. j.Fast.

LES CHOSES SAINCTES ET RELIGIEVSES.


CHAP. XXXVI. .

AVssi ne faut-il pas oublier cestec face de Lion, qu'Ezéchiel veid toute la première, par la- e Vace de
quelle les experts en ceste sciencetiennent, que nous sommes aduertis de songer à ce qui Lio veue far '
Ezéchiel.
concerne le faict de la religion Sc des choses sacrées. &: qu'il la veid notamment, pource que les
peuples se conforment ordinairement à l'exemple Sc patron de leurs Princes,& que leur vie scrt
de règle Sc de loy. «Pourtant met-on par tout des Lions aux portaux des temples pour soustenir
tantost les posteaux,tantost le surseuil, tantost le portail ; à fin que siiyUant le dire de Virgile,ou
plustostl'exprez Sc principal commandementde Dieu, nous apprenions à le scruir& reuercr, Sc
C sçachiós qu'il n'y a natió si barbarc,ni courage, si farousche,qui se puisse appriuoiser
ne par le bé-
néfice de la rcligion,& s'addoucir de telle façon,qu'ilne refusera aucune charge qui en dépende.

QVE SIGNIFIENT LES LIONS DE TARVIS.


« CHAP. XXXVII.
' e

IL y a deux Lions deuant la porte de Taruis,comme les plus beaux temples en ont presque par d Lions de
tout;Fvn desquels au costé droict du portail, de l'Eglise cathédralefoule vn Dragonailé luy fi- Tarait.
chant les grifícs dans la chair;& le Dragon au réciproque contournantle col empongne le Lion
L
par 1 cftomach à belles dcnts.eequi veut dire, qu'vn valeureux courage contrelutte Sc terrasse
fans peine les mauuaiscs pensées que le
coeur a conecues. Et à gauche vn autre Lion tie^ief-
soubs son ventre vn Lionceau qu'il
empongne;*demonstrantqu'vn généreuxSc galant courage
fe maistrisc Sc surmonte soy-mesme.

C^V E SIGNIFIENT LES SPHINGES.


CHAP. XXXVIII.
QVant aux 0 Sphinges qui sc trouucntcn diucrs lieux au seuil des temples auec la teste de* ' Sphinges
n Ile, Sc lc reste du corps de Lion, aucuns exposentceste figure toute Hiéroglyphique,enl des temples.
tel sens, qu'elle nous aduisc
que la nature humaine fur-passe en excellence tous les autres ani-
maux. Car ailleurs nous auons deelairé que la prééminenceou principauté sc designe par lc
chef. Or il est certain
que lc Lion est le prince de tous animaux brutes, lequel estant vnc-fois S
lousmis au pouuoir de l'homme, entraine
tous les autres quand Sc soy. Et ' la saincte Escripturc; f Gcn- cha.
nous apprend,quel'homme a commandement& seigneurie fur toutes les bestes brutes.Au reste, i.
Adamance escript que " Mytholog.
par les fictions Grecques la Sphinx auoit le visage Sc le corps de fille. Lc<S L9.cha.18.
autres l'intcrprctcnt,quc la domination Sc seigneuriede toute la terre cède à la rchgion,à laquelleC
« plus farouschej animaux s'assubicttisscnt,&:reçoiuent commandement d'elle.
B 5
i8

LES
m

HIEROGLYPHIQVES,
OU,
COMMENTAIRES DES
LETTRES ET FIGVRES SACREES
des -/Egyptiens & autres nations.
B
Dece quiestft'gnifiépar í'Eléphant &le Rhinocéros.
LIVRE DEVXIESME.
A TRES ILLVSTRE ET TRES REVEREND GVI
ASCAGNE SFORCE Cardinal de Saincte Fleur.

S TA NT fur lepoinfôde faire voir te monde à nos Hiéroglyphiquesdes a&


maux terrestres,i ay voulupour le premier mettre en campagne le Liqp» comme
leur seigneur,soubs la protection de Tres-haut & Tres-puijfant COSMEÍ/Í
I
M E D i c I s Duc de Florencestantpourceque ceste tres-excettenteville a tous-
iours estéfortsoigneuse de nourrir des Lions\enpublic, ç£ les entretenir honora-
blementpresque a la manière des Aïgyptiens s comme d'autant que la généreuse magnanimité C
eticeuxparoist ç£fe remarqueen ce Vrincepar tant de louables exemples, qu'vn telsubie5í ne fe
ì
démit dealer personne autre. L'Eléphantfuyuoit âpres, animalplus vaste O4 plus monfîreux
que Nature ait produit, ayant neantmoins embelli la deformité d'icehypartant defigrandes %£
bettesgrâces, quest cesse bèsie brute nesurpasseen tout le cours de fa vie le genre humain (que les
Poètes qualifient sainct animalJ au moinssemble-elle le desfier ,& Vouloir marcher du pair
auec luy. Or l'Eléphantexcelle en ce que de-parfòy, nature le luysuggérantsfefaçonne en vertu
f£ bonnes moeurss ce que les hommes aduouëront qu'ils nefiauroyent acquérirfans précepteurs.
VoiWmefmeont-Us esté contraints d'emprunter^luy maintes choses,^l'imiter
comme vne idee
cy* modelé de bonnes moeurs.CartEléphant est noble ç<$ recommandablepourfa naturelle largejje
& munificenceìfignalépourfatempérance, ç£ remarquablepourfagrande équité s fuyant toute
niaiferie,ennemi de vaines ac7ions,amateur depieté, ç<$ tettemet notable en humanité, qu'à abhor-
re mefinementla cruauté d'autruy, defdaignede combatre les moins vaillantes bestes que luy-A^
n entre lamaù en cholere, s'il n est aupreattable aigri de quelque iniquité, @r harcelle d'vn énor-
me outrage.Ensomme (pour nefaire icy quelque mont-joye deses mentes) Usait auffien tout £<
par tout monstre d'vn courage royal. Cest ce dont ie me délibèrede vous discourir en ce Traic7é^
Tres-reuerendifSimeseigneur >& vousprouuer
mon dire par exemples ; non pourvous enseigner
(car ceferoit à moy téméritéde l'entreprendre)maispour vous en refraifihirfeulement la me
moire. OrneUpouuoà-ieni plusproprement,m plus conuenablement donnerà personne de Vo-
^
flre robe, qu'à celuy que l'on tient, quife monstre en effecí recommandable en humanité, en
foy, en pieté, «<$ plufieurs autres vertus qui fie trouuenten vous plusgrandes que vostre aage.
Bien vous soit.
L'HOM
Liure II. 19
L'HOMME PVISSANT DE-PAR SOY. CHAP. I.
A •'
^^^ OVK. commencer doncques à ce que les JEgyptiens ont escrit de l'Elephant , ils íigni-
M WkM fioyenthieroglyphiquementparcest animal,voiremefme fa feule trompe,rhornme
*; >
3» Hiérogly-
phique de
par P-
l'Elephant.
JgjJSlIffc opulent for
tous autres,qui est puissant de ses propres forces, qui n'a que faire d'autruy,
qui peut asseurémehtàite,Toute mon espérance gistenmoy; qui peut en
somme recouurer ce qui luy
fait besoing comme à.le flairer seulementSc sans peine. Le subject en prouenoit de l'admiration
qu'ils auoyent conceuë luy voyansvne telle Sc si longue trompe, qu'elle seule luy suffit presque
à tous vsages; qu'il s'en sert au heu de main, qu'au moyen
d'elle il porte àla bouche son boire Sc
se rend
son manger, qu'il la tend & présente à son gouuerneur, aux commandemensduquel il
fort obéissant, soit qu'il la luy vueille faire leuer. sur le chaignon du col,ou la baisser contre-terre.
Qui plus est il en renuersc des arbres, il en arrache en vne bataille les armes des mains des çom-
batans, il en fait perdre les estriers aux gents de cheual, Sc les porte par terre, il en empoigne les
o-ents de pied,&
les estancela part qu'il veut} & s'il passe vne riuiere à nage, il en respire Sc prend
halene la pt>rtant haut esteuee. C'est doncquesd'vne propre Sc galante compositionque Lucre-
B Elephans ^yfnguimainsïc.zyxïiS mains de serpent;à cause qu'il plie Sc replie, accour-
ce appelleles d'vn serpent. Aucuns
cit Sc allonge,coulevrine Sc recourbe fa trompe où bon luy semble à guise
certifient que de nostre temps on a veu des Elephans porter vile efpee longue de deux coudées
attachée à leur trompe, Sc en faire d'horribles chaircutis à la guerre. Certes quant à leur force,
Caton l'aisné dit en Cicéron, qu'estantieune il ne souhaita iamais la force du Taureauni de l'E-
lephant. Ce qui tesmoignesans doute, qu'entre les bestes brutes les*TaureauxSc les Elephans
deuancenttous autres cn force.
LE ROY. CHAP. II.
AV surplus les égyptiens signifioyent vn Roybleparplusle pourtraictd'vn Eléphant, non seule-
vieil est le conducteur des
b1 ìiey dejigni

ment pource qu'allahs tousiours en trouppe autres ( &: phant.


pur
I l'Ele--

c'estqit l'ordinaire à plusieursnations en l'election des Roys,de donner ceste charge aux plus an- '
ciens. pource l'Estat des Hebrieux estoit conduit Sc gouuerné par les anciens du peuple : celuy
des Athéniens,par les plus aagez, Sc celuy des Romains, par les Sénateurs ) mais aussi d'autant
qu'il a ceste peculiere remarque de coeur royal,cqu'il ne fleselíit point le genouil si apparemmet c Vourqwg
l'Elephât ne
C que les autres animaux,ainsseulementrecourbe vn peu le talon. Car ne ployât point le genouil, fléchit j le ge-
iimonstre indubitablementqu'il ne se peut raualler aux prieres:&: fleschissant le talon, il tefmoi- nouil.
;

gne la singulière humanité dont il est prouueu. Car les Philosophes qui façonnent les moeurs,
tiennent queJ le pied est l'indicede ceste contenance qu'on accommode aux humbles.Or celuy Pifd indi- A

qui est clcué cn puissance souueraine, il est expédient qu'il ait l'humanité en rÉbommandation, ce té.
d'humili-
Sc s'csmcuuc des accidens humains : mais certes il n'est pas raisonnable qu'il fléchisse le ge-
nouil. Aufiì sot trouue prodigieuxl'Elephantqu'on donna à Aurelian, long temps deuát fa pro-
motion à l'Empirc,l qui luy fut vn signe Sc présage de royallc grandeur. Sc bfen qu'il fust encore ' Eléphant
homme priué, l'Elephant neantmoins ne s'addonnaqu a hiy seul, comme nous lisons cn Fl. Vo- présage de
piseus. Pareillement ' Sandrocot,homme Indien, issu de bas lieu, qu'Alexandrele Grand auoit royale gran-
deur à slu-
commandé qu'on íìiï mourir pour la mauuaiíe languc,s'estant sauué à la ruite,&: ayant leué grád rrlian.,
& *
nombrede bandoliers pour faire la guerre aux Lieutenants d'Alexandre,Sc deliurer l'Indie de f à Sandra-
leur domination; vn Eléphant d'clmcrucillable grandeur sc veint de soy-meímc présenter à luy, cot.
Sc d'vne certaine debonnaireté l'cnlenafur son dos. Ce qui fut pris pour augure Sc présage qu'il
regneroit.De faict l'issue ne le trompa point. Car ayant desfaict les Licutenans fufdicts , il s'em-
D para de la couronne d'Indie, Sc sc rendit si redoutable que SclcuqYiesuccesseur d'Alexandre au
Royaume de Pcrle,desirát s'approprier aussi celuy d'Indie,luy laissa la couronc &: lc tiltre Royal,
bien aise d'accorderauec luy.*D'auantage nous trouuons par escrit, que * les Eléphants ont vne S Guerre co-
iuree des Ele
perpétuelleguerre auec les Serpents. Or auons nous entre autres significations rapportées cn phans
contre.
leur endroit monstré,quc les Serpents signifient le mf>nde, les prouincesSc contrées de la terre, les Serpents.
attendu la diuersequalité de leurs situations Sc bigarrures. & qui les voudra conquer#, il est ex-
pédient qu'il ait de grandes sorecs, beaucoup de biens Sc de richesses pour faire les prouisions
,
nécessaires à la guerre, Sc tousiours auoir les armes en main pour contenir ses peuples dessoubs
a ce me semble galamment défait Sc
le mors d'obcïslance. Et pourtant Nature dcschissré par
cei 1 exemple la cognoissanec des astaires de cc monde. Car elle a premuni l'Elephant de forces
•compétentes,l'a ail orti des ornement-, couucnablcs à vn Roy, Sc luy a fur tous autres animaux
n-ìeralemcnt cflargi les conditions & vernis requises pour régner, comme nous déduirons cn
luite.Quantà ce qui touche la conquest^ des prouinces, nous voyonscn vne mcdallcde C.Car-
av, vn Eléphant auec fa trompe dressée contre îcquel se roidit vn serpent comme pour lc corn-
.
batre.;& eu vue autre,vn serpes: qh'vu Eléphant foule à ses pieds.auec ceste inscription,C«SAR.
B 4
2o Hiéroglyphiques de l'Elephant.
Par ceste-là pouuez vous entendre qu'il fut prouoqué à prendre les armes Sc par cestc-cy, qu'il A
;
mit fin à la guerre.Au demeurant ie sçay bien,que les Maures appcHént en leur langue l'Elephát,
Casa, comme Spartian le remarque en la vie d'^lius Verus. Sc quea le premier qui l'on donna
'Césarpour. Cc a
le nom de Cadar, ce fut pour auoir mis à mort vn Eléphant. Mais ie trouue ceste raison ineptc:&:
quoypremie- 1„
rement ainsi
nomnìè. croy plustost que ceste inscription sc rapporte à la munificence Sc largesse que Carlar exerça
Cl
quand
q il fit voir au peuple Romain des Eléphants és ieux publics qu'il défraya.
L'AFRIQVE. CHAP. IV.
QVant
I
à l'Elephant qui se void en vne medalle de C. Marius, auec des Cigongnes, ie croy
*> Hierogly- queb cest hiéroglyphique demonstre qu'il subiugual'Afrique, Sc prolongea les bornes de
phtqnti de
tôqaestes & í'Empxre
l iusqu'en Egypte. < Pompée le Grand fit tirer son chariot par des Eléphants lors qu'il
viBoires. trrumpha
f de fAfrique. Vne autre fort belle piece d'argent portoit le nom de Scipion Empereur,
* Au second tJ
Consulat il Oou Colonnel, dont le heaume ressembloit à la teste d'vn Eléphant, auec vne charrue en bas, Sc
fit entrer au vnespic
». de bled ait deuant. toutes lesquelles choses exprimentletriumphe d'Afrique ,&c la
Cirquevingt
~Zleçh*nts grande
g quantité de grains & prouisions qui en furet amenées.L'inscriptionestoit,0<METELLVs.
four comba-
tre. LA CINQVIESME LEGION. CHAP. V.
A Eléphants
ES
enseignes de-guerre on peignoit"1 des Eléphants és drappeaux dclacinquiesme légion;
de la j. lé- par ce que durant la guerre ciuile entre C. Csesar & L. Scipion, ceste légion demanda la
gion. charge de combatre les Elgphants ; Sc l'ayans faict en gents de bien, furent cause d'vne victoi-
rre entière.
L'ORIENT. CHAP. VI.
• Monoyes
d'Auguste
M
Ais le Sénat Sc le peuple Romain ordonnèrentcqu'on graueroit és monoyes d'Auguste
Cassar vn chariot attelé de quatre Eléphants ; pource, à mon aduis, qu'il en rcueint victo-
pourqttoyba- "
tues au coing rieux
I ôitriumphantchargé des defpouïlles du Leuant. Tibère Csesar ayant obtenu l'Empire fit
d'vn cha- cest. honneur à son père, comme l'inscriptionle tesmoigne :TIB. C A S A R DIVI A V G. F.
à
tiot quatre
Eléphants. AVGVST. P. M. TR. PO. xxnx. DIVO. AVGVST. S. P. Q^R. par laquelle appert que par
À

* 1le consentementdu Sénat Sc du peuple Romain,Tibère fils Sc successeur d'Auguste fit grauer
ceste
< monoye en l'honneur Sc mémoire de la victoire obtenue contre les Lcuanrins. Claude Q
Cassar fit faire le mesme honneur à son ayeule Liuia à la pompe du Cirque, luy faisant décerner
<

vn chariot tiré par des Eléphants tout semblable à celuy d'Auguste. L Empereur Vcspaíìan fit m
* Celle de batre au cas pareilf vne monoye auec vn chariot attelé de deux paires d'Eléphants,dont l'in-
1

Vejpasian. jscription du
reu^s contenoit les autres honneurs de son troiíìesmc Consulat.car il d toit raison-
nable
1 que celuy qui par son mérite & valeurestoit monté au faiste de la dignité Impériale, a\V,nt
bien faict la guerreen Leuant, fust honnoré de mesme qu'Auguste son deuancier. Ain íì l'Ele-
1
phant
I
accouplé signifiera en termes hiéroglyphiques la conqueste du pais originaire de cest ani-
mal. II se trouue aabondant vnò medallede l'Empercur Philippe, cn laquelle on void vu Elé-
phant qui chemine âpres son maistre, auec ceste escriturc J£TERNITAS Ave. L'éternité
,
à'Auguste. •
MVNIFJCENCE. CHAP. VII.
S Uoyís aux*
T A munificenceou largesse est e l'vne des principales vertus royales, par laquelle les Grands
TrinceS de J /S'acquièrent ordinairementla bien-vueillance&: bonne grâce des peuples. Pour en faire
captiuer la
bien.vucil- monstre Sc parade,lcs grands Princes se sont bien souuentaidez d'Eléphants. Et de faict on void D
lâce des peu-
ples.
' en vne medalle de l'Empereur Antonin le Pie, vn Eléphant qui voijste fa trompe contre-mont
en façon d'vn demi-ccrclc ou croistant; auec ceste inscription, M y N I F I C E N T I A A V G. Mu-
nificence ou Libéralitéd'Auguste Pareillcmet cn vne autre medalle de l'Empercur L.Scptimius Se-
uerus Pertinax, vn Eléphant auec satromge vouscee de la mesme façon, Sc ceste mefme parole,
M v N i Fifcc E N T i A A v G. S. C. Munificence d'Attriste pur arre/l du Sénat. Dont il appert qu'ils
ont faict voir des Elephans aux festes Sc solennitez publiqucs.& d'icy faut recueillir la singulierc
largesse des Empereurs qui les ont ores faict: iouster l'vn contre l'autre, ores voltiger à sauts &
passadcs,ores marcher fur vne corde souspenduc. Que si vous voulez aussi rapporter ces termes
à la libéralitéde ces animaux certes vous les esprouucrez munifiques Sc libéraux, soit enuers
,
h Sttab. h leurs maistres Sc gou'uerneurs soit
, enuers les ' filles dont ils se monítrent amourachez. Car
k ./Elian nous apprend qu'ils portent vne merucilleusemcnt bonne aíìcv.tion aux hommes Sc
lib,í 5.
^lin.iib.S.
H ,
ch.j. tesmoignent vne incroyable gratitude à ceux qui lesnourriiscnr&lestraictcnt. ce qu'il preu-
^JElian. 1.'•
uepar l'cxcmplcdeceluy qui combatif de tous sesclforts Sc longuement pour son maistre ; puis
7. ch. 43. le voyant mort,l'enlcuade fa trompc,& l'cmporta dedans fa loge.
TEMPE
Liure II. 2i
^
TEMPERANCE. CHAP. VIII.
M Ais que vous semble de ce que * pour signifier la tempérance, ou celuy qui sçait garder
moyen en toute^choses,ilsrexprimoyentparvn Eléphant
paiííantíCar accoustumé qu'il
est à certaine mesure de prouuende, si vous luy baillez quelque chose dé sur-escot Sc plus que de
coustume,iln'en prendra qu'autant que monte son ordinaire. On en nòurrissoit vh en Syrie prí-
uément, dont íe maistrereceuant vne mesure d'orge pour luy bailler, en destracquoittous les
la présence du' seigneur U luy donna samesure tout'eri-
iours la moitié. Aduint qu'vne fois eh
tiere. alors l'Elephant, apperceuantfa portion doublee, sépara cest orge auec fa trompe en
deux
parties autant égales comme qui les eùst mesurées au boisseau : SC laissant vne partie des deux à
son maistre,mangeala portion qu st auoit accoustumé* Plutarqueb fait mentionde cecy.

ÌËQJ'ITE'. ! CHAP. IX.

A Vssi ne faut-U pas oublier vn afitre exemple, qui nous fera confesser que ce mefme
animal
g j[\.c
fçait fort bien quex est qtfàíiquité. Vn qertain mauuais homme mestoit du grauier Sc de
la poussière dans la mesure qu'on fournissoit à son maistre, pour en soustraire quelque chose,Sc
h rendre neantmoinsau poids. Cest Eléphant v.id vn iour que la marmite bquïlloit chez luy; &:
s'approchát,pourluy rendre la pareille, prind des cendresdu foyer, Sc les fourraídedanssonpot.

CELVY QVI FVIT LA FOLIE. CHAP. X;' s


.

C'Est vne chose vrayement ' Royale que fuir les fols
pour cc les égyptiens representoyenten
Sc les fats,
termes hiéroglyphiques vn Eléphant Sc vn Bouc ,pour si-
gnifier l'homme doué de telle prudece, qu'il ne veut rien
auoir de commun auec eux. I'ay escrit du bouc en soli
commentaire, &enay dit ce qu'il falloit. Lacause dece^-.
ste effigie,est,selonleur dire,quec l'Elephant s'enfuit, aussi
tost qu'il aveule Bquc:tant sont ils différents &,de nature
Sc de moeurs, que la vertu ne peut aucunementsupporter
C lc vice. A quoy fait l'ancienne ordonnance en la loy de
Moyse, où les Princes sont aduertis de sacrifier vn Bouc
pour leurs péchez : au lieu que ceux qui n'ont point dé
charge publique, ossroyent cn sacrifice vne Cheure ou
vn Agneau.
LE VAIN BABIL EVITE'. CHAP. XI.
DEsirans notervne espece de causeurs &: vains en pa-
roles mesprisez de quelqueRoy qui les fçait fort
bien euiter,; ils ncignoyeiit vn Eléphant ' Sc vn Porc, car
l'Elephants'enfuit aussi tost qu'il oit gronderle Porc, ne
plus ne moins que les bons cheuaux, principalemétceux
de Scythie, abhorrent extrêmement d'ouïr vn asne brai-
re. L'exemple de Darius en fait foy.Or n'est il rien de plus
jj conuenablene mieux scant au Prince, que de chasser ar-
riére de fa maison tcuite causerie & vain babil, comme
chose nuisible à son Estât. De là vient ce vaude-villepar
lequel on atteste la foy du Prince paur acertener ce que
nous voulos estre pris pour tres ferme vérité.sQuantaux
Porceaux que les Megarienspoissèrent, puis flambants ^
22 Hiéroglyphiques de l'Elephant.
LEROY QVI S'A DEONNE A CHp>S E S V LL E S E T A
de néant. CHAP. X ï I.

a Le Roy re-
ET
|it pource.quea l'Elephant a les cornes plus grandes &c
mes-,
présenté par plus exquises que toutautre anirhai,;aussi-pour la
l'Elephant.
r me cause represente-iileRoy.Çal^les;ce^ile^/cojmmen1ous(,
m
auons escrit^u^Commentairej^u Cerf).sQnt0le symbole'
av
d'honneur Sc ',de, prééminence.\ Les égyptiens doncques.
d'
voulâns
v< designer; yn-pçrsonuíaae,honnorédei quelque notar
bje„tiltxe& dignité,addonn^çtoutesfois.£.de§.riiaiseries St.
bj
saletezsans aucun :eigar,d à fà grandeur &\qju,arité ; propo-
fa
soyet l'hieroglyphique d'vn Ëlephant qui chassast aux sou-
sc
ri ; occupationindigne certes dj/vn si grand corps Sc lourde,
ris
* Suetonc mafise.De
rr. mefme blafmefaut ilmárquer le faict deb Dòmi-"
en Domi-j1tian,lequel desia creé Empereur nous lisons auoir, esté gaus-
tian,ch.3. i-
íí ce .qu'il ìard^
sç.de
*.Suet.en n me son péirec Véspàsiáh qúi'lëuòït tribut ,des vfines ; bien que l'òdeur de cé petit gaiiígnuyierri- B
Vespas. ch.'
,
,
" bla'stbonne.Ndus
, auons vhprduèrbèsuï'cepVopos,C Eléphant desdaignèíessouris. Et pôùr rem-
tbarrer ceux qui se vo'udroyerit railler,' dïïans 'que l'Eléphant à des beilés Sc longues dents, lion
des cornes; PâûTàhíás soústiëht que ce sdiit cófncs,tant parl'exemplede quelques animáux,aus-
<3

quels
c croissent des cornes ou fur le sourcil., ou fur le nez ; comme de ce que corrompues au bout
c quelques anhees elles viennent à choir, Si d'autres noùuclles y furcròissent;Sc de ce qu'elles
de
s'amollissent
S au feu.ee qui n'aduient pas aux dentsjjoinct qu'elles ont leur origine au crâne.
\ '" ;- LË..-^ETREVXr^: ..:..CH.AP.' XIII.
.
* .Grandeurir ìT, 'Es Rois sont quasi tous de ce naturel, queJ leur ombre par manière de dire leur fait peur.
nrdinaire- ;JL-^tant la puiílancé & grandeur la crainte de chasque chose ! Or est il certain
met accom-
a pour compagne
,_
fagnee de <que
l'Elephant est l'hieroglyphiquede frayeur' ;'hotamménts'il est peint fuir le bord d'vne èau si
crainte. claire
.
quiìs'y puisse contempler comme^^ dàhsvh miroir. Car il ri'apprehendè,voire mèfmen'aD
de se voir, pource la bbiit il tousiourstrouble. Et pour ce mefme fúbjcct,
v 1hprre rien tant que
quandles
<
Indiens ^ chez qui les Elephantíssettòùûeht à grands tròuppeaux ; ont quelque rïuicre C
à passer auec eux, ils sont eoustumiers d'efpïèrdés plus sombres Sc plus troubles nuicts aïi défaut
de la Lune. ' l ì ' '' '"' "';'' "
(
'''"' " ' :';
"
CHOSE DE LONGo/EEFECT.— CHAP. XIV. T
,,
AVcuns vouìans signifier quelque chose efrectúee long temps apres le desseing, figurentvn
poullain d'Eléphant, à qui les dents n'ayent encore percé. Car Thcophrastc escrit que îa
J- mère le porte en son ventre l'espace de dix ans ; bienr qu'Aristote., ./Elian, Sc antres, mettent va
e PHn.l'al-
legue enlca
la bien plus court. Quoy que soit, de là vient ce vaudeville,Vn éléphant attroit plufloft enfantés
préface de terme
íbnhiit.na-
ia-
quand nous'vouionstaxerla longueur Sc tardiueté d'vn affaire. Et de cc qu'on désespère peu-
tur. uoir aduenir,Na?uius a dict que Pluflofilasauterelleengendrerawnba'ufLucain.Çlaxc'est ainsi que les
Romainsont du commencementappelle les Eléphants, pour ce que ce fut en Lucanie qu'ils cn
virenrpour la première fois.
PROVISION DE VIVRES. CHAP. XV.
f w,,."VTOus lisons
Eléphant, aussi dedans Horife vn notable f hiéroglyphique à propos de l'Elephant : que
T _L-N s'ils vouloyent représenter vn; bon mesnager Sc fort soigneux de faire ses prouisions ; ils
hiéroglyphi-
que du bon
tnefnager. pourtrayoyentvn Ëlephant qui.cachoit ses dents en terre. Car on di t qu'aussi tost qu'il les sent
.
prestes à tumber, il se les arrache luy mefme, Sc les enterre. Máis ie croy qu'il scroit meilleur de
lire en Horus,vit4'/û<eprosticientemsQict,vic7HÌ. ccífcïídirc,&ouuoyantàsavie, plustost c\ucaJon'ui-
ure. & que Philippe s'est peut-estreabusé par l'aequiuoque du vocable égyptien. Cat il esteer-
•'tain-pat-letesmoignaged'auteurs approuuez & croyables, que les Eléphants fichent leurs dents
à des arbrcs,&: se les tirent ainsi, si d'auenturc la chasse les leur a esbranleesvfçachans bien qii'on
les poursuit à cause d'elles ; à fin qu'abandonnans la proye ils mettent leur vicien scuretc. Et de
peur que les veneurs les dcscouurent, quand elles nimbent de vieillesse, ils les enfouissent aussi
dans terre. Chacun neantmoins cn peut croire ce que bon luy semble.
z^oro'dc & EFFECTS DE CONCORDE ET DISCORDE. CHAP. XVI.
ígu
discorde figu
U
rees par l* À La fus dicte explication nous adiousteronscn fuite ccllc-cy, qu'aucuns par vne nouucllc
Fo'tni&l'E
lephunt. JLX. inuention, non toutesfois mal à propos, se sont aduisez d'exprimer ceste sentence de Sal-
inité;
Liure IL 23
luste ; P** cofíc0rde les petites
figurans d'vne part
choses croisent ; par discorde les plusgrandes dechetnt
;
Formi qui croist Sc grossit en forme d'Eléphant par l'oppositiondu Caducée : Sc de l'autre,
vne s'appetisse Sc déchet en Formi par 1 adiunction du feu Sc de l'eau, créatures du tout
vn Eléphant
contraires. Mais si de cestefiction vòus mettez à quartier Ie Caducée, l'eau Sc le feu,elle pourra
signifier aussi l'homme accompli en science ; sçauoir est celuy lequel auroit acquis vne parfaicte
Êôgnoissancedes plus petites Sc des plus grandes choses, Sc qui de plusieurs sciences n'en auroit
de dire faict qu'vne feule. Orjë ne nie pas que chacun n'aitson libre arbitrede ceste
t>ar manière
bien_quëde l'autre. Mais quelqu'vnpótirrademanderquellecomparaisonil
intefpretationaussi
de l'Elephant à lâ Formi. Certes Plutarque âpres auoir magnifiquementdiscouru de la Foìr-
y a
ittide moindre de tous lès animaux; promet aussi de dire choses non dissenibiablesdu pluàgrad.
' • ;E'#ONN:EM'ENT.". ÇHAP; XVIL^';..::V\:::>-/.".'
.
!>~VRccstànimàl qui adonné tant de preuués d'vn sihguliër entendemét^Ôc par lëtèlrnòïgna^
\jl gc de Cicéron mesmeau premier liure de la nature des Dieux,le plus sage Sc mièui
àdùisé
l'éstonstettierife
de tous les aútresjatoutesfoisscrui (siiyùantl'expôsition d'áucuhs)poufmasquer
acausc de savasté&: defmesuree grandeur, ainsi qu'on peut voir en Diogëfiiàh ; cëqiie "Philo- * i
strate semble soussignetaussi, disantqu'il n'y a nulle cbnuëhance de rElephànthi de sès dëhts ^ vi
auec le Lut, du autres
instrumentsde musique, non pas mefme aiiëc les gents de lëttrës^ce qui
seroit conforme àce qu'on dit de l'Afne j ll'na que faire auecieLut. A cë hièíhié proposPlantes^
affubled'vne seau d'ìdéph
Mon mdiflre(ccàït-\\)cft

louEt les Grecs à mefme entente ; Vn Eléphant ejr toy ce n'est ^«V#.Tertulliàri aussi l'áppëllelâ plus
sotte & plus niaisebeste qui.soit ; bien qu'en la saincte Ëscriture il figure Sc représentéquelqúè Eì
chose.Euchere dit que par le signed'iceluy s'efítélid l'homme coulpabléde grands èid'enbrrhfcs "'
crimes. Sc pour preuue de son dire, il allègue ce passage de Salomon : Et amenoycntaSklòmôndès
Singes & des Ekpbants.kúreste,bicn que ceux d'Indie soyent les plusB farbtischesdë'tòùs^tóak ».
aisczà appriuóiserùls esçoutent neantmoins àttentifueriientìe son dèsinstrunìéts de mufique,& c
prestent volontiers1'oreillë aux chansons Sc voix harmoriieùTes,&:erí fòiit tèilemët^ri^^ù'bïi *
nc trouue point demeiileurexpëdientde
rabatte leur férocité pour lës* tendre doux& traictà1-
bles.On nous fait 'trois manières d'Elephants,márescagèUx,montagnards ,champestres. Sc dit"*
on que les mareseageux sont ordinairement fols & volages} lès iriòntàgriardá,malicieux Ô£ "
traistres ; les diampestres,plus fáicìles à s'appriùoiser, SC bëáùcóup plus dociles ; lesquelshé sont
pas estimezlourdáuts par ceux quimaintiennent que sëlbh lë teshiòignàgede plusieurs,òn a re-
represchtë^s théâtres,!les chahge-
cognu qu'ils entendentce que veulent dire lès figures qu'on
mens Sc varierez qui s'y font. Mesmes on dit qu'vne sois àRome ainsi qu'oivleur riaònstroit a
tourner les voltes,aiier à courbetcs&: passades, il s'en tróùïìa yn plus indocile & grossierquëfòs
compagnons,leqúelsonmaistre ayant tancé &batu,on.videssayant, méditant, &: recordàntala
faueurde la Lune ce qu'on luy auoit enseigné. Mais on ne tróuuera pas pèuf>estre tant estrange
cc quec la faim les contraint d'apprendre. &: s'esbahira-on plustost qii 'ils facent çë qu'ils font, «
fans addresse ni instruction d'aucun:& qu'en probité,prud'homrnie Sc ëquité,à peiheTbntils de- n
uancez par aucun autre animal. ..•••--:.
PIETE'. CHAP.* XVIÍÌ. T"""'
ET que dirons nous, que de leur propre mouuement, f
Nature par son instinct les esleuât aux choses hautes, [
f ils ont la piejé
en recommandationsla religionen ami- ç
^c ? Car à toutes les nouuellcs Lunés, ils se purifient eux-
meímes dans vne riuicre cOurantc,és lieux ausqueis ils vi-
uent en leurs droicts &: iouissent de pleine liberté.Si quel-
que maladie les affligeais implorent laide des Dieux, iet-
tans des herbes vers le cicl,pàr1 entremisedesquelles leurs
prières y sont portées. Ceste contenance Sc façon de faire
doment practiquer ceux qui voudront exprimer la pieté
parle pouftraict de l'Elephant. * Ils approchent fort du
Jens humain,ilsentendentle langage du pais, briguent les
aonneursSc prééminences : Sc si on les flaistrit de quelque
24 Hiéroglyphiques de l'Elephant.
DOVCEVR. CHAP. XIX. A

ORdation
ayants l'equité & la douceuren telle recomman-
qu'il est impossibleles contraindre de scruir
,
à la cruauté d'aùtriiy, comme il apparut iadís par levain
effort de Bocchus;' ils ne veulent s'attacher aux atitfés be-
ttes plus foibles, ny mesmes aux plus grandes & plus puis-
santes s'ils ne sont prouoquez. Quand ils marchent a
,
trauers vn trouppeâU de brebis, ils font retirer du chemin
auec leur trompe celíes qu'ils rencontrent, de peur que
<
saris y penser ils lës foulent'au-pied; Çarb ils portent.vn tél
' respectà ce menu bestàil, que mesnié envoyât le mouton,
ils s'ap^riuoisenc merueilléiisement &; deuienneiittraicta-
bleSjÇortìrne recite Plutarqueau xn.des banquets. Et que
" dirons nóuîr de ee quec trouuans vn homme seul,egaré du
' cherrirn, tant s én faut,qu'ils le tuent^ ou luy facent aucun outrage. ^ qu'ils luV font compagniej Ï<
luy 'sentent de guidesmonstrentle chemin,auecbeaucoup de courtoisie ?'• Quant ace que i'ay g
" dictqu'ilsdentendentlà langue dupais,,Oppiaii enseigne qu'ils ont vn certain langage
entre
'] eux, mais entendu par leurs maistres seulement. Au reste on a de ïnostre temps cogriu par ex-
perienee,qu'ilsprit croyance Sc obéissentà leurs rhaistres,foit qu'il faille aduâneer,ouqu'il faille
reculer, Cognoiíïàns bien à leur parole-ceux qu'ils doiúent frapperjou s en abstenir, quels assail-
lk,& où, tempérer leur courroux. Ce qui fait aue£raison confirmer ceste opiriion,que rEleplianr
a quelque correspondance& conformité auec le genre humain. Parquoy veú que l'Elephant
» semble aucunementcreprésenter la forme d'vn juste Empire Sc bien réglé, à bon droit s'est-41
le noni de Roy,tant à raisonde ses vertus cy-dessus mentionnées, que notamment pour
^ acquis
ceste debonnaireté.& clémence. M. Anconìn surnommé Philosophe, disoit(- qu'il n'y a rien qui
£ rende l'Empereur Romain plus recommandable à l'endroit des autres nations, que la clëmen-
•r ce : & en
ceste considération, ne voulut qu'on ysast de rigueur contre ses rebelles. C'est; elle qui
«vfiitrangerCxsârparmyles Dieux. C'est elle qui consacra Auguste»c'est elle qui dònna le sur-
nomde.Pie. en somme pourcçste mesme cause le Senac Romain deliuré de la crainte dont l'a-
wúoit saisi l'horrible cruauté de 1'EmpereUr Maximin -,» fit dresser des statues auec des Eléphants
* auxtrçs-çlementsEmpereurs Maxime Balbiii& Gordian. bien que pour autre subiect on aye
ú décernépour la troisiesmefois à Gordian vn chariotattelle de quatre Eléphants afin que celuy C
;
qui auoit vaincu Sc subiugue les Perses triomphait d'vn triomphe Persique. Mais quelle fut la
te
douceur de cest animalbrute que récite Plutarque? i>Comme quelques babouins d'enfants euí-
& senten fripponanc à Rome donné des çpups de poinçons en la trompe d'vn Eléphant, indigné
™ de cest outrage il en prindvn
pour le rouër«n l'air :& les autres efpeurez s'estants escriez d'vne
''' extrême& plaijitifue clameur, déplorants le mal-heur de leur Compagnon qu'ils voioyent
en
danger .dé mourir;F Eléphantesineude si piteuselamétation,posatout bellement à terre l'enfan t
qu'il auoit empoigné, contant d'auoir par ceste crainte chastié céste audace &: témérité puérile,
CO VRRÒ VX *H ARC EL LE'. CHAP. XX-
ET combien que les Eléphants foyent d'vnetant dou-
ce & débonnaire nature; ils sont neantmoins extrê-
mement sobiects à s'aigrir Sc courroucer : Sc quand on les
âmis en colère par quelque outrage, ils s'effaroulchent
d'vne estrange Sc despiteuse façon.Car( comme dit la sain-
cte Escripture )le iuste deuient p8fe quand il est courroucé,
pour ce sont-ils fort à craindre tant à leurs ennemis qu'à
leurs conducteurs. C'est pourquoy Annibal cognoissant
le naturel de ces animaux en fit bien son proufit.Carcom-
me il ne peust induire ses Eléphants à passer vne grosse
riuicre, Sc n'eu st aucune matière pour faire des vaisseaux;
il commanda que Ion bicíiast soubs l'aurcillc lc plus selon
Sc plus rebours de tous les Elcphai'its, Sc que celuy qui
Liure II. 25
^jen que sur ce il confesse y auoir diuerses opinions. Les Maures afferment que l'Elephanta a ' Double
. coeur à l'E-
double coeur : l'vn, par lequel il est induit à courroux : l'autre, à douceur, de là vient qu'il exé- lephant.
cute mieux qu'on ne sçauroit croire ce qui est propre à l'vn Sc l'autre. On a
à estimé iusques
auiourd'huy en Italie que ce que l'on disoit des Elcphâs n'estoit que mensonge Sc chose friuole,
«5£ personne ne
se pouuoit imaginer, qu'vne si grosse,lourdeSc difforme beste excellast en tât de
vertus Sc perfections dont les auteurs la signaloyent. Car iaçoit que depuis trois cens ans l'Em-
pereur Frideric 11. aye faict amener vn Eléphant du pais d'Idumee, Sc qu'au parauant oh
eneustveu vn autre en Italie; tant y a qu'outre la desmesurée grandeur de leur corps, il ne
s'en trouuoit aucune remarque notableni digne de mémoire. Mais k l'Elephant Hanno a bien ''(hât Hanno Ele
vérifié lejçecit de ceste ancienne histoire,lequel Emmanuel Roy de Portugal ,Sc triomphateur ple d'admi- exem-

des Indes, comme i'ay dict au commencement,enuoya au Pape Léon x.Sc lequel i'ay veu à Ro- rable docile,
d'vn docilité té.
me , donner des preuues tel esprit, entendement Sc en ce bas aage ( car il n'auoit
que quatre ans quand on Fameha) que nous croyons non seulement ce que les auteurs en ont
escrit, mais aussi estimons que comme enuieux contre ces animaux, ils ont paflé fort légère-
ment fur beaucoup de leurs vertus &: mérites, qu'il falloit esclaircir Sc releuer de paroles bien
plus magnifiques,pour ce me fuis ie el tendu à déduire au long les significations du Lion, Sc
g leurs causes, cardeuant qu'auoir veu la beste, ie çraignois qu'on teinst pour fable la plus grand'
partie de ce que i'en dirois.Or vous puis-ie bien asseufer,que quant aux autres animaux,i'aquie-
see à l'autorité des eferipuains, en ce qui semble estre par-delà toute croyance. Mais quant
aux merueilles qu'on escript de l'Elephant, nous en auons veu àl'ceilde pareilles en cest Han-
no , voire beaucoup plus grandes que ces anciennes là. l'en appelle à tesmoing la ville de Ro-
me mesme, le plus fréquent Sc plus auguste théâtre qui soit au monde. Si ne veux-ie point dissi-
muler en cest endroit ce que ' Michel Syluius( pour lors Ambassadeurde son Roy vers fa Sain- c Christ, à
cteté, homme de singulière intégrité Sc digne de foy ) Sc autres ont raconté touchant le na- Coda au
, traiiré des
turel de cest Hanno,Sc Font renforcé par letesmoignage de plusieurs. Comme lcRoyD. Efyicc ries,
Emmanuel eust délibéré de Fenuofer à Rome, pour en faire vn présent au Pape ; Sc que mef- allègue vu
presque
me le nauire pour l'embarquer fust desia fretté, Sc prest à faire voile, il ne fut possible en plu- semblable
sieurs íours de mener Hanno vers le nauire ; ou, si d'aduentureil en approchoit, de le faire em- exemple.
barquer,tant il semonstroit rebours à faire ce voyage. Le Roy desplaisantSc fort ennuyé de
ceste obstination,ínuite par grandes promesses quiconquevoudroit entreprendre auec essect
de conduire ou transporter Hanno. Personne ne s'y présente. En fin on donne aduis à fa
Majesté, que tout cela sc faisoit par la ruse Sc malice du maistre de la beste, lequel aymoit esper-
C duement vne fille, Sc luy faschoitd'aller si loing. que pourtant auoit-il persuadé Hanno de ne
sc laisser emmener, luy faisant accroire que le pays estoit stérile, malagreable, barbarelque,qu'il
y seroitexposé à toutes risées, à tous outrages, comme animal estranger Sc de pays ennemy;
qu'on ne tiendroit conte de luy fournir les choses nécessaires ou duisibles tant pour "son viurc
que pour son ornement: que le voyage estoit long,& incommode,qu'il falloit trauerscrvne
grande mer ;Sc qu'en somme ilvalloic mieux qu'on luycouppast la gorgclàoùilestoicpour
lors, que par des chemins si difficiles & fascheux s'en aller crainer vne misérable&calamiteu-
se vie. Le Roy,
ces choses ouyes, fait à Finstant mefme venir le maistre de Hanno ; Sc luy dit
qu'il a bien descouucrt fa ruse: que pourtant iladuisedc faire crt.sorte que Hanno s'embarque
dans trois iours ; que s'il y manque, il le fera mourir, pour exemple aux autres qui seroyent si
hardis & témérairesque d'auoir en mespris les commandements de fa Majesté. Le maistrede
l'Elephant estonné de telle rigueur du Roy, voyantque le delay ne scruoit de rien ,Vaddrcsse à
a son Escholier, Sc luy fait entendre qu'il a esté séduit par la fraude d'aucuns mal-vucillants,
enuieux du bon-heur de l'vn Sc de l'autre, & peu soucieux d'obeïr au meilleur Roy du monde,
qu il en va tout autrementque leurs menteries ne portent, qu'ils n'auoyent point à aller parmy
des gens de mauuaischumeur ni discourtois ains
; en vne ville dame du tout le mondc,assisc cn
lieu fort plaisant, qui foisonne
en toutes denrées Sc délices que peut souhaitter la plus conuoi-
tcuie crcamre du monde, qu'il y a là vn Prince, auquel presque tout le monde fait honneur, qu i
le chérira comme son mignon & lc fera nourrir aussi délicatement Sc douillettementqu'vn
; pe-
tit poussin de rossignol.qu'il prenne doncques bon courage, & face estât de s'embarquer alai-
grement Sc de-hait au premier iour auec luy. que les Dieux feront propices Sc fauorables à leur
nauigation,&béniront tout lc cours de leur voyage d'vne incroyable félicité. Ainsi Hanno
changeant d'aduis à Finstigation de sondict maistre, s'embarqua volontairement au son de la
trompette,& ne refusa iamais rien de cc qu'on luy commandatout le long du voyage.

C
26 Hiéroglyphiques du Rinocerot.
; _ A
DV RINOCEROT. CHAP. XXI.
tëKîS» E v x qui ont veu la monoye-de Domitian marquée d'vn Rinocerot, sont coustumiers
In^^ra de demanderque veut dire ce coing. Ie croy quant à moy qu'il fut faict pour applaudir
«Sas» Sc gratifier à ce Prince, qui fit voir tels animaux és spectacles publics, quel fut le présent
que Valere Martial fait sonner si haut:
Le fier Sìnocerot defsm l'arène mis,
K^d liuré des combats qu'il n'auoit paspromis.
Oh de quelle fureur ardoit il, defa corne
&
Faisant bondir en l'air le Taureau parefiorne!

COLERE D'AVTANT PLVS FELONNE QU'ELLE


est tardifue. CHAP. XXII.
a Rinocerot, AVcuns entendent par le Hiéroglyphique de cest
a
Hiéroglyphi- animal, vne humeur lente Sc tardifue à se courrou-
que d'hu- B
meur lete á> cer, mais qui ne peut en
fuite donner aucun mors à fa co-
tardifue à lère, les auteurs s'accordent en cecy, qu'il faut extrê-
car
courroux. mement aigrir Sc harceller le Rinocerot deuant qu'il sc
courrouce: mais qu'estant vne fois irrité, fa colère est ou-
trément furieuse, ce qu'aussi Martial exprime en vn autre
épigramme :
De leur Rinocerot le maistreauec effroy
K^4Ìguisoit le courroux.&ceste lourde fere
Tardoit a recueillir dedansfoy fa colère;
%
Comme on defifperoit de voir le defarroy
Et les combats -promis, mais à la fin fut veu'é
Cefle fureur guerrière auparauant cognue.
Car de fa double corne il fit son Ours voler
K^Ainfi que le Taureau poulfie vne plote en Vair. Q
ROY PVISSANT ASSAILLI PAR L'ARTIFICE
d'vn plus foible. CHAP. XXIII.
hT>'vnpuis-
sant Prince
A V tres vouláts signifierk vn puissant Prince trauersé
par les artifices d'vn plus foible, pourtrayentvn Elé-
moleflé par
•vn plus
foi- phant deffié par le Rinocerot. Car il est naturellementen-
ble. nemy de l'Elephant, quasi de mefme longueur que luy,
mais beaucoup plus court de iambes, & de la couleur du
m buys, comme dit Pline. II lime ses cornes &: les aiguise à
des pierres pour se préparer au combat. Sc venant aux pri-
scs,s'attachenotamment au ventre, (cachant que la partie
est mollc.&l'ayant vne fois entasmé, il demeure aussi-tost
maistre de'l'Elephant.

LE ROBVSTE. CHAP. XXIV.


c De fhom- PAr l'image duRinocerot,commedit Euchere,la saincte Escripturcentend l'hommefort Sc D
*
me fort &> robustes pour preuue de son dire, il allègue ce passage de lob : ' Le Rinocerot te veut dfiruir?
rt>!>iiïfc.
A lob.3 8. Le Rinocerot ( ce dit-il) est vne terrible Sc monstrueuse beste, ayant deuxeornes aux narines.
I %. Ainsi Fanons nous apperecuen des medallesde Domitian;&Martial ledescript tel. Dauantage,
celuy qu'on apporta nagueres de la basse Indicau Roy de Portugal, dont nous auons veu le
pourtraicìcnuoyé au Pape Lcon X. a bien vne corne en la narine, Sc vne autre qui luy sort au-
dcssiis, non du-tout si grande, mais forte àmerncillcs, au dire de tous les Portugais qui virent
ceste beste. Mais il fuit ciplucher cecy plus curieusement. En plusieurs endroits des soincts
f ttfoixeero/ Cahiers lc Monoccrot & lc Rinoccrot(comcqui diroit Vnicorne Sc Naricorne)sc prennet con-
çV kinocr fufément mefme chose,tat par les modernes que par les anciens Thcologicns,lcsqucls
rott pn< pott
" pour vne
•t/)" mefme iguorats î'histoire,ont estimé que deux diucrscs créatures ne fussent qu'vncainsi trouucrezvous
chef,- abtt'"
,
fixcnierit. que les vns inettent Vnicorne, Sc les autres Naricomecw vn mefme endroit. Ce que ie pense estre
aduemijde cc que ( comme nous auons dict )la plus part d'iceux ont cuidé que lc Rinocerot Sc le
Monocerot
Liure 11 27
vionocerot nc fussent qu'vn, au lieu qu'ils sont bien différents ; ioinctquc Pline mefme en trai-
ctc séparément. Car au liure
huictiesme, chapir. vingt-vniesme, il dit que le ' Monoccrotestt 'Dtscri'-iiv,
tres-felpnne beste,-ressemblant de corps auCheual,de la teste au Cerf., des pieds à l'Ele- d:> '.\;<->.v,:
vne rot , jílí/J
phant, de la queue au Sanglier ; qui heurle fort hideusement,& porte vne corne noire au milieul Vline'.
du front, longue de deux coudées. Laquelle description dcíìgne celle qu'on appelle commu-
nément Halicorne,ouLicorrie,tantamic( ce dit^on )dc pudicité ,b qu'elle ne peult-cstrc attrap-- h Mcji-en de
pée linon par le moyçn d'vne fille vierge, que les veneurs font asseoir là où ils sçauent que la be-. i.' prendre à
la bauge.
ste s'en va boire Sc viander. Car la Licorne accourt vers çestç pucelle, se"couche aupf es d;cllc
&pose la teste en son giron, puis s'endort d'vn bien-profond''sommeil.Sc ÌÍI fille dbnhant %c {{-
enal aux chasseurs ; ils viennent hastifuement, Sc prennent la fere fans aucune peine ; Sc cc pour
sc preualoir seulement de fa corne, que Ion rient auoir " beaucoup de vertu contre les poisons, e Sa vertit
la seule raclure en est de grande efficace pour les guairir. Sc dit-on que mettant vne piece de., contre les
car poisons.
ceste corne fur le couuert, íi d'aduenture on a senti quelque viande empoisonnée, la corne sc
prend à tressuer. Mais Pline parlant du Rinoccrotdiurc'susdict',cha'p.X Xduy donne vne corne
non pas au front, mais bien au
muffle, adioustantqu'âpres le Dragon, l'Elephant.n'a point de
plus cruel ennemy , Sc ce que nous auons cy-dessus allégué touchant leur combat. Certes Eu-
chere( comme nous auons dict cy-dessus ) remarque tant fur le passage de lob nagueres allégué,
qu'en autres lieux de la saincte Escripture, que le Rinocerot est FHieroglyphique de l'homme
fort Sc robuste.Ainsi trouuerez vous en Balaam,'1 Duquella force efl comme du Rinocerot,corne,por-- ll Notnbr.
tent quasi toutes les interprétationsLatines ; bien que Sanctés ait vsé d'vn mot qui signifie ani-
mal vnicorne. S'il est doncques loisible d'en dire mes coniecturcs; attendu qu'au XXI. Pfalme
la comparaison se rapporte aux robustes & indomtables animaux., Sc que le Pfalmiste implore
l'aide de Dieu contre leur effort Sc violence.ioinct que les Chaldéens &: Arabes Font tourné en
ce sens ;. Sattue moy du fier tresfort romme le Lion ,&du Roy
puissant, duauel la puissanceefl comme celle
duNaricorne{ c.qui à la corne fur le nez, ou fur le muffle )Sc que plusieurs approuuënt cestë
leçon; ie ne doubte point qu'il ne faille lire en cest endroit, Rintccrot. Et là où est faicte mention
au X X V111. Pfalme de la plus amiable Sc plus
gracieusebeste;vcu que les Hebrieux appellent
Sarion ce que les Grecs Sc Latins ont tourné mot à mot, aimé comme le fils des Licornes ; ioinct
qu'aussi la vieille traductio a ce mot de Vnicornes ', ie croy que personne ne doubtera qu'il ne soit
meilleurde lire au Grec,Monocerot. Voila, Monsieur,ce que mes occupationsm'ònt donné loisir
de colliger touchant l'Elephant,qúi a ciré quand$£,soy le Rinoçerot.Vpus,quiestes coustumier
d'employer tout vostre aage Sc toutes y os heures à l'estude, en aurez peult-estre rencontré de
plus galantes Sc plus cachées : lesquelles si ie n'ay déscouuertes, il me le saule pardonner. Car
vous n'ignorez pas combien les affaires de plusieurs Princes, & les destourbièrsde maintes oc^
cupatiòns me soustrayeritde mesestudës ordinaires. Parquoy vous ,SC les autres, quisçauez
quelle est ma façon de vittre, soyez moy ie vous prie censeurs & iuges benings,attendu notam-
ment que Virgile proteste, qu'il n'est aucun qui puisse tout. ,
TEM
Liure III. 29
TEMPERANCE. CHAP. 1.
A
^tfi!É£§ ^ s Preftres égyptiens ayantsrecognuvne admirablea continence au Taureau, rcpre-- *Contincve
liJflS* sentoyent l'homme ayant le don de tempérance, (bien que subicct aux astectionshu- du Taureau,
1IIÌP» maines, gardant neantmoins modestie en toutes choses ) par la figure d'vn Taureau de
& robuste taille, quel est celuy que Philostrate me semble auoir deseript en sa Paíìphaé ; le
forte
feignant chef du trouppeau, aspre Sc rude au combat, superbe,
brauache, beau de cornes, blanc
Je pelage, large de gosier, gros d'encollure, les fanons pendants, Sc les espaules hcriílonnces a
les voir, semblable en somme a la figure que nous auons envne picce
d'argent,dont l'inscription
est M. L. THOB.IV S. Pour cause de cest Hiéroglyphiqueles
Philosophes dient, que cest ani-
mal est extrêmement chaud, Sc puissamment b ferme de nerf: fi que n'ayant mefme qu' vne-fois nerf. senne de
l>

sailli la Vache , elle .retient.& se d'aduencureil se escarte du lieu naturel, il la


blesse la part qu'il
assenée d'vn dard pointu ; tant il a le nerf roide.
l'aura atteinte, ne plus ne moins que s'il Fauoit
mefme estant chastré il c Abondant
Au demeurant il abonde tellement en scmence,qu'Aristote escript que en semence.
empreigner la Vache. C'est pourquoy plusieurs anciens aucteurs ont appelle les parties
peut
honteuses de l'homme, Taureau ; & de la femme, Taure. Cestanimal neantmoins,quoy qu'au-
13 trement
chaud Sc furieux en luxure,ne fa illit point plus de deux fois le iour.& quand la,Vache a
effort. Plusieurs tiennent que. la Vache cn est cause,
retenu, chaste Sc sobreil ne luy fait aucun
qui ne peut- endurer sourient le Taureau pour auoir le génital trop roide Sc trop durement
bandé, comme aussi font les Bilches Sc Tortues, que pour ceste raison'' Horace parlant d'vne d Es Epó-
des.
fille fuyarde, dit que
Elle n'a pu le col pl.oy.ible
Dcfsottbs leiows, cjr n efi capable i
D'ecdlsr encer les esbats
Jj)uc doit l.t compagnede couche,
Ni perlerdu T/iraratf firruche
Le sv-x fc ruant arfy ccmb.tts.
Mais que le subicct de cc notable exemple de continence soit au Taureau, il appert de ce, qu'il-
fait de son bon gré quartier à part comme par diuorce quand la Vache est preigne, Sc ne se mon- :
stre le plus souuent de trois mois âpres, notammenten Albanie ; ains errant deçà delà, comme
ditc Virgile; c Eclogue
6.
fur l'hyacinthe cn J'ombre d'vne yeuse,
C Reposant mort fi hanche à lanegettje peau
L'herbe paile il remasche.
' Sc comme escript Aristote., s'escarte du trouppeau Sc de la Compagniedes Vaches pour paistre,'
sLibr.«.dc
nat. ani-
à quartier d'elles. Ccquc i'ay voulu remarquer, afin que chascun sçeust en quelle posture ill ma!.
faut peindre lc Taureau pour signifier la continence. Mais pour retourner au dire d'Aristotes
d'vne histoire en vn prouerbe ; cecy tend à nous faire cognoistre par cc pourtraict, comme il saurí
reprimer la pétulance Sc lubricité d'amour , Sc que la continenceest tousiours à louer. Sc peut-
cftrc fiut-il ainsi prondre cc ternv: prouerbialde Theocrit,
lc Taure AU s'cft retiré dam Icbois.
Mais parce que plusieurs tres-doctes ont bien au long Sc heureusementtraitté ceste matière, en-
tre autres ; Erasme de Rotterdam,nous n'en dirons pas d'auantage. D'ailleurs,ie fçay bien qu'ill « Ci-.il. 1.
y auoit iadis en Albanie des Aumailles qu'on appclloith Pyrrhiqucs,grosses à merueilles,lesquel- Ccistui'.i.
les pour n'auoir iamais esté faillies Sc tousiours séquestrées du Taureau \ s'appelloyent Ataures, "pioucr.43.
A •fia»fi du
, >

comme qui diroit Sans-raweiu. Mais le soing des hommes,non point natur.c,lcur donrioit'cest'- soing auoit Roy
qu'en
le
auantage. Auíîi nc porcoyent elles point le ioug,parce qu'elles estoyent le symbole de pudicité. l'jrrhe. •
On les facrifioit notammet à Mi ncruc,marque de virginité,qùi nc fçait que c'est de porter ioug. ' l'acbes Pyr-
í} De cecy doncques appert que fans doubte lc Taureau nous surpasse en attrempance de luxure; rbiques, bole du pu-
(ym
-
>
animalautrement fort lascif, Sc qui nc peut souffrirde corriuaî. Et partant n'cst-ccTans cause que; dicité.
le Taureau céleste est dédié à Venus, ni que les plus sages Poètes appellent Venus d or,ccllc quii
inspire d'en-haut vne sincère, chaste. 80 pure affection d'engendrer," non-pas des folastresôí: '• Taurra'i
desbordées lasciuctcz, des sales paillardises ni ancres impudicité/,qui ne tournent qu'au dés- rel.fie poi-r-
honneur du genre humain; âpres lesquelles, ceux qui sc laschcnt&aíseruissent aux voluptez, 'Ve/ìtt-!. v/it>y dc:h c ii
,
courants a toute bride par vne extreme incontinenceSc conuoirise des reglée,osent pour couurir
leur impudence de quelque prercxre,cssrontémcntimputer l'excez de leurs desbauches à quel-
que céleste influence qui les y poiilse ; bien que Platon die auec vérité que rien nc procede &.'.
,
'ÌCI qin nc soit tressaincl &: accompli de tous poincts. Or fi les moeurs de laciuile conuerfanoï!.b
i<-'• "ìaructions &: préceptes des sages, si les menaces des loixen somme n'ont peu nous irdu h v
1'u.eiier vue vie honncsteíxi Íansblafmc
;quc lesbestes nous apprennent au-moins déformai-: '
C x
3<D
Hiéroglyphiques du Taures tu
*• hxempks b]bien viurej& suyuants leur instinct & naturel, secouronsnostre infirmité On dit que Drus u s A
singuliersde
eut vn tel don de concinence,quedurant la guerre d'Alemaigne il garda fo v <;;: loyauté à ia fem-
c'
n Ec couchanc ce que nous disions nagueres, que le Taureau fait quarrkr i part, aussi dit-on
continence.
* me.
que Pescenius Niger ne cognent oneques fa femme, sinon entant qu'il estok expédient pour
q
auoir
ai de la lignée. Vous trouuerez aussi de cels exemples aux histoires plus récentes; comme de
Pemon de Bellun, que ceux d'Vcino eleurent pour leur Prince à cause de son intcgrité,iustice,Sc
P
singulière prudence. Si ne fauc-il pas oster au sexe féminin la louangequ'il mérite en cesse par-
si
tie.accendu
ri que les mérites de Zenobia sont mefmehaut loiiez en vne lettre de l'Empcreur An -
relian
r< son ennemy 5 laquelle s'empara de l'Empire, voyant la fainéantise Sc nonchalance de Ga-
lien au gouuernement de FEstat. On dit qu'ayant vne fois eu la compagniede son mary elle
li
accoustumé ,
auoit
a de seconcenir,attendant ses fleurs, pour fçauoir si elleestoic enceinte :
fì non,
quelle donnoit licence a ion mary de reuenir au congrez. Aussi n'est-il pas loysible aux Seres de
cognoistre
c leurs femmes despuis qu'elles ont conceu. En considérationde ceste continence Sc
modestie,
n pour laquelle les Aumailles sont recommandables,commenous auons monstre, M y-
cerin
c Roy d'Egypte, fils-dé Cleops,enseuelitfa'fille, qui s'estoit penduede defpit que son pere
rFeule violée, dans vne Vache de bois couuertede pur or. Et mefme és anciens sacrifices des
Hebrieux,ossrir
r vn Veau signifie auoir vaincu fimpuissance de la chair,comme Origenc l'cxpoíe g
k Vfitge dts sfur le Leuitique,k Or nous encremestonsaucunesfois de tels exemples, parce que nous auons
Hieroglypbi- entrepris
£ ce labeur pour scruir à ceux qui ayment la peinture, à ce qu'outre les secrets d'./Egypte,
ques.
Sc plusieurs autres mystères, ils ayent aussi vne histoire pour l'accommoder au íubiect qu ils
auronr choisi.
í)
MODESTIE. CHAP. II.
IE ne croy pas que les Dames d'Elide priassenc Bacchus ( auquel elles auoyent vne particulière
ePtudeT*H deuotion ) de les venir trouuer enc pas de Taureau, linon pour faire par cc moyen preuue de
_
re*t*, terme leur
t modestie. "" Car rien n'est moins séant à la femme qu'vne précipitation& trop brusque har-
de modeílie.
dJEìieid.4. diesse.
C Pour ce quand * Virgile introduit sa Didon auec de la modestie,il la fait parler en peu de
paroles
F Sc la veuë baissée. Or les Grecs figuroyent leur Bacchus en forme de Taureau, croyants
qu'Osiris
<3 & luy ne fussent qu'vn. de la probité duquel, de fa iustice, &: grands bien-faicts enuers
le genre humain, nous auons à dire beaucoup de choses en beaucoup d'endroits de ces Com-
L
mentaires.
r Au reste ceux d'Argos surnommoyent Bacchus Boeufgenés, comme s'ils Feussenc
voulu
x dire ne de boeuf, ou de la race des Aumailles. Et quant à ce que nous auons dict cy-d.ef-
(sus,que le Taureau célesteinspire des pieux, honnestesSc légitimes amours ; ie n'ignore pas que
IIulius Maternus menace d'impudicité ceux qui auront le Taureauen leur horoscope, i'eusse C
mieux
r aimé qu'il les eust iugé deuoir estre planrureux Sc feeconds en lignée, fans faire cest ou-
ttrage au cicl.On cienc que pour estrele Taureau fercile extrêmement, Sc d'vne semence copieuse
é& soudaine, en desseignaht les premières traces des fondements d'vne nouuelle ville, on souloit
accoupler
a pour bonne encontrevn Boeuf non chastré auec vne Vache, Sc qu'és sacrifices qui se
ffaisoyenttous les cinq ans autour des murailles,on ossroit des animaux entiers. Orphée appelle
1le mois Veau vnicorne.&: Eustathius fur le premier de FIliade,dit que ie mois est nommé Boeuf

ccomme estanc l'operateur de generacion.

MORS DE PETVLANCE.
._: EN-oucre ces gardiensde choses sainctes voulants si-
gnifier c l'homme qui d'vne manière de viuredesbor-
CHAP. III.

couronné Je| dée, vient à mener vn rplus modeste train ; ils proposoyent
figuier, hif
roglyphiqut ]pour
Hiéroglyphiquede ceste vertu,vn Taureau non en fa
dtmoittiit.• simple
J
forme, ains enguirlandé fur le col Sc fur les espaulcs
de feuillées de figuier fauuage. Car appliqué de ceste ma-
1

nière il a ceste vertu de reprimer tellement la nature des D


plus lascifs Sc furieux Taureauxqui puissent-estre, qu'il les
rend presque immobiles, quel est celuy que les Grecs par
vne mystique scbulosicé feingnent Hercule auoir assom-
mé ; comme aussi les ancres monstres abbacus par luy de-
monstrenc hicroglyphiquement que lc vice a cédé à la
vertu, quoy que ie fçache bien, que ce qu'on escript du
laureau d Hercule le rapporte par aucuns a la riuicred'Achclois; dont la fable ck íivulgav.v;
aux cscholcs,quc chacun cn est surbattu.Origenc d'Adamance dit que le sacrifice des Taureaux
qu'il estoitenioinct de faire au tabernacle de FEternel par la loy ludaïque, signiíìe qu'il faut ab
batre Sc fouler aux pieds Forgueil Sc Finsolcnce. Et quant au Veau qu'il falloit offrir cn sacrifice,
il cn escript bien au long cn sadeuxiesme homme sut 1e Leuitique,
OE î L
Liure III. 31
OEILLADE AMOVREVSE. CHAP. IV.
A
SI ne . les plus doctes rapportent ordinairement aux yeux du Tau-
faut il pas oublierà dire,que
prouerbe,
reau % Foeillade amoureuse qui se iette auec modestie. Pour ce trouuerez vous ce
RegardertnTaureau, prins quasi en mefme sens és Banquets tant de Platon que de Xenophon, au
Phaedon, Sc ailleurs : bien qu'aucuns le prennent pour vn regard d'indignacion Sc de disgrâce.
En ceste signifìcacion le prend Aristophane parlancd'^Eschyle,
Baissantlesyeux luy lance vn regard de Taureau. Car il incroduic Eschyle courroucé fai-
sane ceste trongne. Aussi sçay-ie bien que la toruité des Latins, par laquelle ils entendentvn re-
gard de trauers Sc refrongné ( selon qu'enseignentles autheursdes ecymologies,disans que la
toruité n'est autre chose que Faigreur Sc Findignacion du Taureau ) est excraictedela ferocicé
des Taureaux. A ce regard est bien différend le Boopis des Grecs,commequi diroic oeil de Boeuf,
c'est à dire gros-oeil.car ils tiennentque la beauté Sc bonne grâce des yeux cosiste en la grosseur.
Mais ce que nous auons dict du regard amoureux s'entend ainsi, auquel la modestie est notam-
ment requise, or se faict il communément de biais Sc du coing de l'oeil, qui ne peut estre que de
B
trauers.
OBEISSANCE AVX BONS. CHAP. V.
D'Ailleurs pour designer par autre espèce de pour-
rraictb vn homme si modeste qu'on le pouuoit aisé-
ment destracquer des mauuaiscs Sc vicieuses actions, ils
peignoyentvn Taureau garrotté par le genouil droict. car
moyennant ce,vous le trouuerez soupple Sc marchât âpres
fa longe. Vn Charlatan Grec ayant proumené par.toute la
ville de Rome du viuant de Clément V11. vn puissant Sc
rebours Taureau qu'il auoit ainsi lié fur le genouil auec
vne corde bienmenue,fucpris par lepopulas pourvn grád
Magicien. Or ay-ie veu chez George Anselme l'hierogly-
phique c de la fiercé domcee,envne medallequi porcoic vn
Taureau la queue dressée, la ceste baissée, le genouil du
C pied gauche de deuanc ployé deuanc vn cronc de chesne,
j2 Hiéroglyphiques du Taureau.
ies ^Egyptiens entend par les parties dextres du monde, celles qui tendent vers les Solstices ; Sc A
par les sinistres , celles qui vers la Brume. Et Galien parlant de luy : Empedocle (dit-il) tient que les
parties dextresfont vers les Tropiques d'efié; lesfinifires, vers ceux de íhyuer. Aucuns mesmes nous
veulent conter que les premières femmes furent anciennement engendrées de la terre vers le
Leuant Sc leMidy;& les masles,versle SeptentrionSc le Couchant. Mais Pythagoras,PlatonSc
Aristote diuifans le monde d'vne autre manière ; enseignent au dire de Galien mesme, que les
parties Orientales sont les droictes,vers lesquelles se commence le mouuement; Sc les Oecicien-
tales,les sinistres.Au contraireVarron au sixiesme de la langue Latine,dit que le ciel est vn tem-
ple;& qu'on en fait quatre parties;la sinistre,vers FOrientda dextre,vers le Couchant; Fanterieu-
re, vers le Midy,;la posterieure,versle Sepcentrion.Plineest de mefme aduis,disant,que les estoil-
les errantes vont d'vn cours contraire à celuy du monde,sçauoir est tendant à gauche, Sc cestui-
cy tousiours à droict. bien que Festus appelle dextre ceste antérieure partie du ciel que le Soleil
illuminevessie Midy (car ainsi exposc-ìl ce vocable,anterieure) & sinistre, la postérieure vers lc
Septentrion. Alcinous dit qu'on a remarqué és cícrits Sc mémoires des Grecs-, qu'ils ont long
temps practiqué la coustumé de courir alentour des autels en sacrifiât, & commencer leur cour-
se de gauche à droict, comme à la façon du Zodiaque ; dont lc mouuement est autre que celuy

du monde, tendant vers FOrient : puis âpres ils couroyent de droict à gauche, duquel mouue-
ment il est certain que le ciel va roulant. Tite Liue au i. liure dés la fondation de Rome, tient,
contre la doctrine des ./Egyptiens,que par la tradition des Augures ou Deuùis , les parties droi-
ctes regardent le Midy;& les sinistres,le Septentrion. A ceste opinion faict ce que nous lisons au
LXX x i x. Pfalme seh|n les Hebricux ; Tu as treé F Aquilon, ejr la partie dextre ; qu'aucuns exposent
le'Midy,autre$ la mer. Mais les Chaldéens consencenc auec les Hebricux, prenans icy cc terme
pour le Midy. Et de faict non fans apparence de raison le Midy sc prend pour la mer, si Ion ac-
commode la Sphaere droicte en sorte que les pôles enclinent vers l'horizon. Car íes ./Egyptiens,
que Cleomede, auteur non de petite estime, asuiui.s ; ont autrement descrit la forme de tout le
monde,pofansF Aurore pour le chef; le N ord ou Aquilonà droict, le Sud ou Midy à gauche. &
ne mangeoyent aucuns poissons de marée, tant pour autres raisons recensées en leur lieu, que
notamment pource qu'ils croyoyent,qúe le Nil issant de la partie senestre,sçauoirest de la fémi-
nine Sc feecunde i Sc sc rendant vers la partie dextre, fçauoir est la virile Sc stérile (car telles esto-
ni
yent leurs resueries)oùla mer est assisc,se corrompist lcans, car nous discourons ailleurs touchât
ye
» Parité la stérilité de la mer.& ainsi ils prenoyent » pour symbole de perdition,laparcie deXcre, c'est à di- Q
dextre sym-
bole deptrdi- rc re la maritime, eu esgardà la situation d'^Égypte. Ec ne fauc oublier icy,qu'en Euchere, là où il
lion. parle
p: d'Aquilon,lequelil prêd poùr le diable,vous crouuerez que le nom de dextre luy est doné;
& que luy mefme sc donne ceste qualité.Carfainct Hierome mefme dit qu'au quatriefmc camp
&:
* Diuerset d) des HebrieuxF Aquilon est appelle' Dextre,mais que ç'estàfaussesenscignes,attendu qu'il s'en-
raisons du no' tend du diable
K qui domine ce vent là,lequel estant de toutes parts sinistre, suggère aux hommes
de Dextre.
tous sinistres & vicieux souhaits. Euchere toutesfois allègue vne autre raison différente à çcllc-
te
cy touchant Ie nom de Dextressçauoirestqu'il est dextre à celuy qu'il void en train de mal faire.
C)
ci à dire qu'il le fauorise Sc le prend comme par la main dextre pour le guider au péché , lc se-
c'est
condante
o persuadant,& Fattirant au chemin pendanc &: glacé deruine.Caril est certain(cc dir-
il qu'en la saincte Escriture le diable porte le nom d'Aquilon, Sc que ce terme se prend pour
il)
touce chose qui concrepoincteles beaux Sc louables efforcs. Car il esteindFardeur Sc lç zèle des
bbonnes oeuures,& refroidit touces bonnes voloncez.pour ce les infîdeles,les impies,conrumaccs
Sc scélérats sont notez par c'est hiéroglyphique. Pourtant est-il dict que d'Aquilonsortira tout mal.
&
Et parce qu'vne bise véhémenteallume vn feu d'autant plus fort qu'elle est plus froide,il est dict
E
que d'Aquilon s'embraserontles maux dessus la terre. Nos Poètes Latins ont aussi fait mentionc des jy
<3
J^ dextres
. du
* Parties J Sc scnestres parties du ciel. Virgile neantmoinsSc Ouide,
ciel, dextres,
fr finestres. Nonadfireints de iurerfiirles mots d'aucun maiHre, ne les ont pas distinguées. Lu-
cain
C
adhaereà la faction des ^Égyptiens, Sc monstre ce qu'il en pensc,disant;
En vn monde incognu, Arabes, cuidez, estre,
Hsbahis de nc voir aller lapartfenefire
Lesvmbres dessorefis. — c'est à dire ne s'estendre pas vers le Midy. Ainsi cha-
cun selon son sens Sc imagination place le chefde FVniuers où bon luy semble. Ie ne fuis pas
C
toutesfois délibéré d'en dire d'auantage. retournons doncques à l'çxplication des choses mysté-
rieuses,
OVYE
Liure III. 33
A OVYE PROMPTE. CHAP. VII.
ENcre les * animaux à quatre pieds deux onc Fouye
extrêmement subtile, le Cerf &: le Boeuf : encore,
comme i'ay dit au traicté de FAsne,quel'exposiceur d'A-
ristophaneleur préfère la Souris Sc FAsne : dequoy ie me
rapporte aux aucres. Au reste quanc au Cerf, combien
qu'il ait Fouye fore excellence , c'est coucesfois candis
qu'il cient les aurcilles dressées, car les ayanc baissées Sc
abbatues, tanc s'en fauc qu'il oye clair, que mefme il a de
la peine à ouïr. Le Taureau a cousiburs les aureilles pró-
ptes à ouïr ; Sc fur tout lors que la Vache veut chasser, Sc
en beugle d'enuie, qui ne luy dure au plus que trtíis heu-
res, car si le Taureau en ce peu de temps ne vient, la Va-
B
che se refroidit, Sc ne demande le mafle que vingt iours
âpres, ce qui toutesfois aduient peu souucnt ;. pour ce que le Taureau, quoy que bieh ésloigné
de là,b accourtaussi tost qu'il a ouy fa voix.Pource les prestres d'Egypte represcnroyenela sub-
tilité de Foiiye Sc la promptitude de Fobeïssance par le pourtraict de l'aureille du Taureau. La
Genice au cas pareil se rend obéissante au Taureau. Et de faict les égyptiens dédièrent la Va- ,
che à Venus qu'on appelle la Céleste, Sc faisoyent voir le front de leur Déesse Isis equippé de
cornes, à l'oecasion de l'obeïstancequ'elle rend de méfme au Taureau dés qu'elle a recognu par
son mugissement qu'st s'esehauffe pour l'acte vénérien. Or combien que chasque animal ait vne
voixc particulierepour s'entr'inciter au coïtjcommeles Truyes,les Gheures,leS Ouaillesraucun
neantmoins ne l'a plus grosse ne plus forte que la Vache. Es autres espèces d'anirnaux les maf-
les bruyent Sc se font mieux ouïr que les femelles : és Aumailles au contraire,ce dit Aristote, çar
la Vache a la voix plus force & plus eselacance que. le masle.

NEPTVN. CHAP. VIIL .;


.
ET d'aucanc que le mugissement de la mer n'est pas fore dissemblable à celuy du Taureau,
1
sacrifioyencdes Taureauxà Nepcun,& l'appclloyenc Mucyte, à cause de çe beuglement;,
•' ils

comme aussi les prestres Fappelloycntaucunes-foisTaurien. Or falioic il que les Taureaux qu'on
C vouloic immoler à Nepcun fussenrchoisis encieremencnoirsde pelage, afin de represcneer ainsi
la couleur de la mer. car on appelle coustumiercment l'eau de la mér,sombre ^ noir»&: obscure.
Pour cela mefme veut on que F Aigle soit nómé par les Latins Aquila, acausc de lâ Couleur d'eau
(qu'ils appellent aqua ) qui est sorbrune ou noirastre. Sc crouuons mefme le Dieu marin ordinai-
remenc estoffé d'vne perruque bleuc,& d'Vn habillementbleu.Quiplus est On luy fait v.ne forte
Sc puissante poictrine, Sc les espaules charnues à la manière des Taureaux. Pouf ce void on en
vne cres belle medallede Saragocé,vn large porc de merlan milieu duquel est gisant vri Taureau
donc les membres sonc de telle habicudè,& les Dauphins s'èncr'csbarenc alentour. Quant aux
'ieuxqueles Romains appelloyenc Taurien*,ou du Taùreau,iish'estoyencpas ordônez en l'hoii-
Meur de Neptun, mais bien des Dieux infernaux pour faire cesser la pestilencebu contagieuse
maladie qui sous le règne de Tarquin le Superbe affligeoit les femmes enceintes, laquelle ils
croioyentestre prouenue de ce qu'on auoit vendu au peuple de la çháif de TaUrëáu. Et pour lc
regard deNéptun surnommé Taurien, duquel Hésiode fait meiicion aúlîouclier de Hercules les
vns ciennenc que c'estoic acausc du bruit que mènent lés ondes^qui1mugissent, comme nous di-
lions nagueres,àguisc de Boeufs : les aucres,pource que Nepcun pòrtoic Vn heaume ressemblant
a la forme d'vne teste de Taureau.oubien d'autant que les BoeotiehsFappelloyent airisi^ à raison
d'vn Taureau qu'on luy presencoicen sacrificesoletíftel césmoing et qu'en die Virgile:
;
deuxTaurea»x-,jQtìuoïrl'vn
Pourtoy, bel Apollon;/autre pour toy,Nepimi.
LES RIVIERES. CHAP. IX. ;

QVi plus est ils feignent communémentles riùiercs mesmes auoir des cornes à la teste, &r '
çhocquer des cornes comme font les Taureaux. Suyuant quov Virgile parlant du Tybre \
íappelîe ' "
,
Fleuue cornu régnant sur les eaux Hefperées,
Et le Pau front-taurin a deux cornes dorées. {
^
'-omme pareillement Ouide en ses Metamorph.
— Fille au Granique bicorne. Ainsi Horace appelleYAuÛàcTauriforme. De mes- i
mc voyez vous Pindare faisant és Pythies le Taureau que Perille donhá à Phalafis, ressembler à (
la ri
34 Hiéroglyphiques du Taureau.
à la riuiere de Gelon.Ec Timaee afferme que les Agrigentins ietterent dedans la mer ce Taureau, A
bie qu'ainsi dedié,àfin qu'il nc restast aucune mémoire d'vn si cruel cyran.En somme nous trou-
uons qu'en díuers lieuxòh souloit contrefaireles riuieres en forme de Taureaux, comme les La-
cedaemoniensfaisoyent Eurote ; ceux d'ArgoS,Cephife; les Sicyonieiís Sc Phliaíìcns, Asope. le-
quel toutesfois les Athéniens figuroyent en forme humaine, hors-mis les cornes qùi luy sor-
toyent du front ; soit acause du mugissement,queles fleuues Sc riuieres semblent ietter, comme
nous' auons dict, à-la façon des Taureaux, Sc qui ne sont elles mesmes moins atroces que Tau-
reaux,comme dit Festus ; soit de ce qu'on attribué des cornes aux riuieres à raison de leurs cours
& descentessinueuses.
LE TONNERRE. CHAP. X.
philosophess V"~X Vant au mugissement, les * Mythologues tiennent que par les h Aumailles de Gervon
à
qui font pro-'"_ y V. ^que Hercule fit emmenerdl faùt ën terme hiéroglyphiqueentendre lé tonnerre. C'est l'o-
fejfio d'expo- :
fer le sens al-[- pinion
p de ceux qui interpretenMa Philosophie d'Hésiode ; fondez sor ce que les Poètes oyants
legoricdesfa 4 _conner sonc coustumiers de dire quele ciel mugit.Or dit on que Hercule les toucha,pour cc que
blés.•
h Aumailles ÍS ppar Hercule ils entendbyént le Soleil. Ainsi donc la chaleur du Soleil donnant fur les nuces, Sc
de Gtrpn. restreinte
j. par la froideur d'icelles ; aussi tost qu'ayant desrompu les nuées elle s eíchampe & les

i,.'."
hieroglyphi
que du ton- ,. i
fait
^
creuer, cause orduiaíreménç les tonnerres qui ressemblent assez proprement à des mugii-
wrre. fsemencs.
_ f...
IOYE, ou LIE S S F. CHAP. XI.

c Vtaufela-'- jf*~~*\ Est hiéroglyphiqueest assez ordinaire,cde prendre pour ioyc le signe du Veau. Ec de faict
firat en son* | les anciens Lacins vsoyent d'vn mot qui vaut autant que faire lc Veau, pour
ge , h
symbole V_yon trOuue que
de ioye. dire,
( se monstrer ioyeux Sc de hait, de manière que non fans cause les Hebrieux qui font profes-
* ísion d'exposerles songes, dient que songer qu'on void vn Taureau folastrant à bonds Sc gamba-
a PaiJsaM, des,
<
c'est vn signe de ioye à venir;&:ù de gain, si Ion s'imagine de les voir paissants. Or acausc de
signe d* ceste
(
laseiueté folastre,le Pfalmiste s'escrie qu'il est circui de plusieurs Veaux, Sc assiégé de maint
gaing.
gras Taureau. ,:(il;;(:
FOISON ET DISETTE DE VIVRES.'' CHAP. XII.
M Ais puisque nous sommes fur le propos des songes, Sc fur cest hiéroglyphiquedu Boeuf
qui nous promet tout cotentemet&ioyejicnimportuneray personne si ie discours com-
'HartudêAu te menc Sc par quel moyen, fuiuanc rEscfituresaincte, lec haras des Aumailles signifie aucunesfois
1
mailUs,fì^ne"' abondance,auçunefoisdisecce de viures. Car il est assez notoirecommentIoseph le songeur, fils
d'abondance .
Ct> de disette,
u. i
de Iacobjfut vendu par ses frères enuieux de fa prospérité, & mené en ^Egypte, où il fut longue-
1menc en
qualicé de scrf;& qu'il obteint en fuiçe le premier rang chez le Roy Pharaon,apresauoir
declairé
<
lc íqnge qu'il auoit faict assopi d'vn profond fommeil.Ils'estoic imaginé de voir sept Va-
ches,
<
belles de caille, gayes Sc- grasses à layeuë, qui paissoyentdefpuis le riuage du Nil iniques au
]marez, &;
surette inconcinenc accueillies Sc defaictes par sept aucres excremémenc maigres sor-
ties
I
de cest endrpic marescageux. En-apres luy sembla qu'il voyoic sepe espics de bled bien gre-
] nez Sc desia prests à sejerjsuiuis de scpt aucres bien steriles.&ceste seconde vision ioincte à la pre-
mière, luy ferc d'attestation,suyuant la tradition des Toscans cn matière de prodiges,comme
nous l'auons aussi rçmarqué.enla toisqn.de Gedeon. Çc ieune homme des mieux aduisez pre-
dict de ceste aduenturc viigrandrapporc& fertilité de biens l'efpace de sept annecs prochaines, ~
dénoncée par les belles 'Sç bonnes Vaçhesauec les espics plantureux Sc bien fournis qu'il auoit
veuz. Car estant cest animalfur tous seruices propre à labourer la terre, il falloit qu'elles signi-
fiassent vne riche rendón de grains Sc de fruicts; Sc ceste liesse deuoir.proucn.ir de íinundacion
du Nil,d'où les Vaches estoyenc sorcies en apparence.ee qu'aussi demonstroyenc plusclairemcnc
les espics beaux Sc plaifansà voir ; à fçauoir vne agréable foison duranc sepe années ; Sc la vision
couce contraire à celle-ci, vne famine d'autant dannees ,qui fuiuroit incontinent apres ceste
f Marez,in-in- heureuse rente.
Cars le maréz est indice de stérilité} Sc tant les Poètes que les Orateurs l'appellét
'"' comme cela. Orayancestéceste exposició esprouuéc par effect, Pharaon par le conseilde Ioseph
dice de stéri-
lité.
garantit de famine non seulement l'^Egypte, mais eut aussi moyen de fournir des grains avjx
peuples circumvoisins. Pour cc dient les y£gypciens,qu'cn ibuucnancc d'vn íì grand bienfaict,S£
à
>«r- pour en remercier iamais ce
*Serapi> por- personnage, ils luy deccrncréc lc simulacredep Scrapis coiffé d'vn
",'f boisseau fur lateste.Mais
tant vn bois-
seau sur la nous traictcronsailleurs de Scrapis. Au reste on ncfçauroit bonuemet
tífte,dédiéi àk estimer l'honneurque les anciensonc faict à ceux dont rindustrie,oulc soing, ou l'assistcncepar-
Joseph. ticulière donnoyent ordre que le pais ne manquait de viures. Tite Liuc nous apprend que le
peuple sc cottifa pour dresser l'effigic d'vn Boeuf doré hors la porte Trigcminc à Minucc Au--
gurs
Liure III. 35
A oxir > pour auoir reduic à la valeur d'vn asse le fromenc durant les foires franches. Car Verrius
Flaccus escrit que le peuple Romain vesquitde froment Fespacede trois cents ans despuis la
fondacion de la Vstle.
TERRE FERTILE.. CHAP. XIII.
LEs Perses vsoyenc d'vne estrange Sc barbare céré-
a * Manteredc
monie , pour faire sacrifice, car ils ciroyenc d'vne ca- sacrifier des
Verses.
uerne vn Boeuf par les cornes, portant la trongne d'vn
Lion : duquel Papinius die,
Le Taureau indignésuiuoitla mitre aforce.
Car combien que cest animal soie fore terrestre, destiné à
la terre Sc aux puissances infernales : si est ce qu'estant par
ce peuple là
dédié au Soleil,ilscmbloitdemonstrerlafor-
ce Sc vertu que le Soleil exerce fur la terre vniuerselle.
Quant à ce qu'on le tiroit par force hors d'vn antre, c'e-
B stoie pour donner à cognoistre que la force du Soleil est
reserrée aux encrailles de lacerre, pour laquelle cirer de-
hors au profic public Sc fercilicé des champs, ils establiret
ceste manière de íacrihce,donc i'ay parle au Commentaire du Lion. & a la vérité, b la garde d'vn b A quoy tëd
fable
la d'Ar
certain boeuf, par Argus, lequel auoir tant d'yeux, ne se faisoit pour autre sobject, sinon pour gui.
g,
monstrer que le ciel embelli de tant d'estoillesaduisesoigneusement de nuict fur la terre, iuf-
ques à ce que Mercure, c'est à dire le Soleil, le vienne assommer, à laleuee duquel la lumièrede
toutes les estoillcs du ciel s'esteind. Mais que vouloit signifier c ce Boeuf de .charrue, lequel c Prodige
ayant secoué son ioug entra de furie dedans la sale où soupoit Vcspasian,donna la chasse aux fer- d'vn
à Boeuf*
uitcurs ; Sc soudain âpres comme las Sc recru,sc coucha aux pieds de Vefpasian,&:sousmit le col
à sa merci ; sinon que le monde opprimé du ioug de Finsupportable domination des Vitelliens,
imploroit Faide Sc secours de la maison des Flauiens, qui deuoit en bref prendre les refnes de
FEmpire Romain ? Ce Boeuf donc, par ce prodigerepresentoitla terre.

IMPLORATION DE SECOVRS. CHAP. XIV.


CEstel imploration de secours qui se faisoit au moyen d'vn Boeuf,me fait souuenird'vne au-
1 ^l! Implorait»
de sicojtrspar
tre que les Scythes prattiquoyent auec le cuir d'vn Boeuf, qu'ils tuoyent à cest effect. cn la Us
/, Scythes,
peau duquel celuy qui requcroie Faide de ses amis, scoic ieecanc les mains derrière soy : Sc ceux Sc

qui promcccoycnc de le secourir, fouloyenc du pied droict le cuir, declairans quel moyen ils
auoyenc de Fassister. laquelle manière de faire est amplement descrice parLucian au Dialogue
de l'amitié, sous le tiltre de Toxans. Et quant à ce qu'il dit du sacrifice des Homolottes,que fai-
sans alliance ils decoupoyencc vn Boeuf en bien petites pièces la coustumé s'en obscrue encore c alliance
;
entre les Scythes, qui habitent la contrée d'entre Tanaïs Sc Phasis, qu'on appelle auiourd'huy ]les.cotraclee par
Homolet-
Ccrcasses ; quelques vns Zicques. S'ils ont receu quelque griefoutrage, pour implorer Faide de tes. <
leurs amis, ils tuent vn Boeuf, l'cscorchent, en estendent la peau par cerre, Sc se scancs dessus,de-
caillenc le Boeuf cn menus lopins, en donnenc vn à chasque surucnanc;& ceux qui les accepccnc,
le tiennent tellement obligez par ceste forme d'alliance, qu'ils sont prests d'exposer Sc lçurs vies
& leurs biens pour venger Finiure faicte à leur ami qui aura distribué le Boeuf.

ABONDANCE DE FRVICTS. CHAP. XV.


QVant auxf Boeufs qui se voyent accouplez en vne medalle de Vespasian desia Empereur f Boeufs de
Sc Consul pour la cinquiesme fois ; Sc parcillemencvne aucre paire ioincts en vne medalle Vespasian &
d Marins,
de
tic C. Marius C. T. ils declairenc qu'on a donné ordre au faict du labourage, Sc que lc bled ne que
q sigriifiít.
manquastpoint. Car suiuant la coniecture des Dcujns Sc interprètes des songes, commenous
disions cy dessus, s'imaginer des Boeufs qui labourent, prefagit
vne tresagrcable Sc foisonneusc
moisson,auec abondance de tous biens; D'ailleurs les Grecs ont donné nom au Boeuf du verbe"
Ko, qui signifie paistre
ou nourrir ; d'autant qu'il nous nourrit de son trauail, vacquant aux con-
tinuelles façons de la terre. Pour aussi
ce nomment ils Boupharos lc labourage de bonne-encon-
're.appcllants Fagriculture Pháros, qu'ils donnent mefme pour epithete au Boeuf de charrue.
I VS Tï CE. CHAP. XVI.
ET par cc que l'opulencc des biens de la terre est souucnt comprise soubs lc mot de iustice,
& qu'en ce regard les Gentils ont appelle Ceres légifère, c'est à dire porte ou donne-loix:
la sain
36
V Hiéroglyphiquesdu Taureau.
la saincte Escriture encend
a BotuFr-rins1 í par lea Boeuf beaucoup plus conuenablemenc ceux qui porcent le A
ioug
pour ceux JQ^ de iustice, employancs eoue leurcrauailàbonnes Sc proficables oeuures. desquels parlant
qui portent let sainct
~ . Paul allègue ce passage de Moyse, Tune lieraspoint la gueule du Boeufquifoule legrain.ce qu'il
ioug de iujli-- iai
ce. expose
ex en silice, adioustanc; Dieu a il soing des Boeufs ? Ne dit il point totalement ces choses pour nous?
I.Cor.9.9 ellesfont efcritespour nous. Car celuy qui laboure, doibt labourer fous espérance ; ejr celuy qui bat U
Beuc.15.4-. Certes
tyí
bled, fous espérance d'en receuoir dufiuiíf. Hesyche mesmemenc Euesque de Hierusalem, die que le
bli
Boeuf se mec en plusieus passages des saincts Cahiers au lieu de l'homme enceneif aux oeuures

,
í» Offrir -vn" de
'Boeuf, & -v- at
j iustice. Sc c'est ce que FEscrieurc saincte appelle ossrir b vn Boeuf: comme aussi presencer vne

ne OUaiSe, OÍ
oiiaille,c'ests'abstenir de mauuaiscs actions. Ailleurs il est enioinct à Aaron de sacrifier vn Veau
que ces. pour lûy Sc pour sa maison,commeiuste;& vn Bouc,pour le péché. Mais il saur nocer ce que He-
syche remarque, qu'au Leuicique il est défendu au scfiuerain Sacrificaceur, c'est à dire aux Do-
fy
c Entrer en ra
cteurs de la Loy, d'entrer en quelquec tempsque ce soit en F Arche de Falliance; fçauoir est de
ct
VArche deL s'enquérir
_>( auec trop de curiosité comment la Parole a esté faicte chaincomment celuy qui estoit
l'alliance,co-
me s'entend,
la forme de Dieu, a esté faict en forme de Dieu ; comment il s'est anéanti soy-mefme Sc est de-
d. la ,
meuré
U au ciel. Car croire ces choses apporte salut ; Sc la recerche péril. Bien luy est il loisible
,
dd'y entrer, âpres auoir offert le Bouc en holocauste pour le péché, vestu la tunique de lin cou-
,
uert
U ses parties honteuses de brayes de lin, ccinct ses reins d'vne ceinture de lin, Sc aftulé d'vn
oornementde teste faict de lin. c'est à dirc,s'estant reconcilié auec Dieu,purgé d'âme Sc de corps, "
nnet, chaste, iuste, Sc prouueu d'vn entendement plein de la grâce diuine, Sc des ornements du
sainct Esprit, c'est à dire de sapience.
fi

ARGENT. CHAP. XVII.


LEs Athéniens voulans recognoistre vn si profitable labeur, firent l'honncur au Boeuf d'en
à salant en- J marquer leur monoye. C'estoit vnd didrachme,comme l'enseigne Pollux au neufiefme li-
ure. Sc de là le prouerbe Grec, Par la langue trotte le Boeuf, contre ceux lesquels ayans pris argent
ilí u
uìro fiptsets
toum. de
1 l'aduersepartie, preuaricants quittent en fuite la cause dont ils auoyent entreprins la dé-
f ; comme on blafme Demosthene d'auoir faict. qui mefme se venta d'auoir plus receu pour
fense
se taire, que l'aucre auec son long plaidoyé. Ainsi crouuerez vous cn Homère, &: aucres, que les
fi
denrées s'achepcoyencau prix de cercain nombrede Boeufs.commececi du second de l'Iliade,
d
cticeux valant vne hécatombe, c'est à dire cenc Boeufs,ou plustost cenc
-— chascun
Boeuf. Car les
d'or marquées au faict cest honneurc Boeuf, à raison de plu-
pièces
\ anciens one au
e Honneur
í«f ísieurs commóditez Sc scruices que nous tirons de luy, qu'ils grauoyent d'vne part en leur mo-
fait au Boeuf
far les an- .
"' noyé d'or Feffigie d'vn Boeuf;&fur le reuers,la face du Prince. Car que leur monoye ait quelque Q
tiens.
fois
1 esté de cuir de Bceuf,& que le traffic de Dido vise à cela,ie ne l'oserois affermer, encore que
ceste
( doctrine plaise à Tib.Donat. Quelques Grecs nousapprennent aussi, que déliant lc règne
de Numa couroit vnef monoye faicte de cuir ou de peaux,& de briques, ce que Suétone mefme
f Monoye derfe
couché par escrit. Sc tient 011 que largesse fut faicte au peuple de quelques aises de bois Sc de
seaux & de ía
brigues.
.peaux par Numa, qui fit cn fuite marquer des pièces de fer allié auec du cuiure pour cn faire
1largesse. D'ailleurs nous liions que les Empereurs ont souuent à faute de finances payé la sol-

<
de à leur gendarmerie en monoye de cuir ,Sc qu'ayants puis âpres rccouuré de l'argent, ils en
1
rendirenc à chascun la iuste valeur. II y a dans Venise vne bien illustre famille des Michacli,
1
qui porcenc en leurs armes des escus grauez, Sc dienc que ce blason leur suc donné par honneur,
pour
1 ce qu'au voyage de la guerre saincte concre les Sarrasins, estanc Dominique Michaeli Co~
lonnel de l'armee nauale Sc Duc de Venise soubs le Roy Baudouin,commela solde veine à man-
quer aux compagnons& gents de scruice, il s'aduifa de marquer du cuir à pecices pièces pour
monoye les vnes d'argent, les aucres d'or ; Sc les -ayanc distribuées au lieu de paye ordinaire, fit
crier à son de crompe Sc de cambours, que cous viuandiers, pouruoycurs,cabareciers,merciers, p
regratticrs, Sc autres suyuans l'armée, eussent à les receuoir en guise de monoye d'argent à cer-
tain prix, sur peine d'amende aux refusans. ainsi preueint il la nécessité de Farméc. puis estant
de retour en fa maison,pour sc desgagerde la parole qu'il auoit donnéc,il fit assemblertous ceux
qui auoyent de telles pièces marquées à son coing, Sc les paya toutes en aucanc de pièces aiix vns
d'argent, aux aucres d'or. Mais ceste monoye de cuir distribuée par Numa, scruit plustostde
gage Sc de mereau que d'argent, car elle n'eut cours que pour vn temps. Toutefois sainct Hic-
rome recognoist vne monoye de cuir.Car quant à ce que nous disions naguercs du Boeuf qu'on
prenoit pour vne piecc de monoye ; nous lisons en Homère d'vne hécatombe qu'il appelle En-
,
neaboee, fiucte de neuf Boeufs, laquelle aucuns Interprètes veulent entendre auoir esté acheptee
sc p1 ix àc neuf Boeufs,c'està dire neufpieecs deg monoye au coing du Boeuf. Les loix de Dra-
B Pxuftstt-
este-
»»)*• con faisoyent mention d'vne certaine amende qu'il nomme
ce de monoye.
Decaboec. Es icux solennels qu'on
eclebroit cn Dclos, la coustumeestoic de faire publier par vn herauld, que le vainqueur auroit
tant de Boeufs, d'où quelques vns ont pris fubject de croire que lc Boeuf fust vne monoye cou-
rant
Liure III. 37
A rant plustost à Delos qu'à Athènes. Au demeurant Plutarque escrit que Thesee fit le premier
grauer la figure du Boeuf és monoyes, soit à cause du Taureau de Marathon qu'il assomma ; soit
eíi considération du Capitaine de Minos qu'il combatif en duel ; soit qu'en faisant cest hon-
neur aux Boeufs il voulust induire ses citadins à s'addonner au labourage. Certes comme Plu-
tarque tefmoihgne en la vie de Publicola, le prix d'vn Boeuf estoic de cent a oboles, bien que "
Pollux (comme nous auons enseigné cy dessus ) ne die qu'vn didrachme ; Sc d'vne ouaille, dix. e.
Car deuant qu'on cust l'vsage des monoyes, on chastioit les criminels par l'amende de leurs t
haras Sc trouppeaux. pource ronasouuenc marqué les monoyes au coing d'vn Boeuf, d'vn
Mouton ,Sc d'vn Porc.
* PREMIERE VOIELE. CHAP. XVIII.
M Ais pour reuenir à nostre propos, les Phoeniciens b onc aussi faict honneur au Boeuf, les- '
quels, inuenteurs des leccres, selon le bruit commun, appelloyent ordinairementle Boeuf i
du nom de la première voiele, attendu que'cest animal est tref-necessaire à l'vsage de la vie hu- J
maine. Et ce qui est nécessaire, comme dit Hésiode, ne doibt tenir ni le second ni lc troisiesme
rang, ains le premier fans áoubte. Or la première lettre est A, qui se prononce librement à
pleine bouche& de-par soy mefme, comme n'ayant befoihg de Faide d'aucun instrument, fça-
" uoir est ni de langue , ni des dents, ni des leures, Sc est la première que les enfans prononcent
articulément. D'ailleurs la terre, dont lc Boeufest l'hieroglyphique Sc symbole, est la premiè-
,
re qui a subuenu àl'humaine infirmicé, la première qui luy a fourni dequoy manger, la premie-
re qui a enseigné l'vsage de toutes commóditez à ceux qui l'en ont requis,'& comment on les
.
peult appliquer à son profit.
L'ITALIE.
.
CHAP. XIX.
QVi plus est,c les Romanis ont bien tant faict d'honneur au Bceuf,qu'ils nous veulent faire '
acroire, l'Italie auoir esté jadis ainsi noméc du mot Hale, qui signifioit ce qu'auiourd'huy, '
Boeuf, ou Veau, bien que su hiant la tradition des Grecs, Sc principalement d'Eratosthcne, elle
ait tiré son nom du Roy Itale successeur d'Hermoget.Nonsans propos neantmoins a pensé Var-
ron , que les Boeufs soyent préférables à tout autre bestail, notamment en Italie, tant pour la
commoditéqu'ils apportent, qu'en considération du nom d'icclle. Aussi n'ont point desdaigné
\cs Romains, au récit de Plutarque, d'admettre en leurs familles le surnom de Bubul'aue, c'est à
dire Bouuier ; comme d'aucres n'ont eu honte de sc nommer Porcies Sc Capraires, comme qui di-
C roit PorchiersSc Cheuricrs.

LE BOVRGEOIS OPPRESSE' PAR L'ESTRANGER.


C H A P. X X. 9
*
ON voyoit anciennement en la plac'c publique de la
ville d'Argos,d vn Taureau abbatu par vn Loup.
Cest hiéroglyphique demonstroic lc combat d'entre Da-
naus Sc Gelanor pour la Couronne. Car ce prodige estant
adiienu comme on delayoit de iour à autre la tenue des
Estatsn, Sc le Loup demeuré victorieux les suffrages de
;
tous citadinspancherentvers Danaus, lequel, comme
les
cstranger,ils disoyent estre représenté par le Loup, au lieu
D que Gelanor ayant conucrsé parmi eux, Sc manié les affai-
tes de leur ville, deuoit estre tenu pour citoyen, dénoté
par le Boeuf, qui ne craind point la fréquentation ni la
hantise des hommes. Ainsi donc
ceux d'Argos voulurent
que ceste figure scruist de mémorial à ceste aduenturc ; cc*
38 Hiéroglyphiques du Taureau.
à la congnec. donc adueinc que celle procédure Sc forme de iugemcnc sc pracciquadcspuis cous A
les ans vne fois. Aussi crouuons nous que c'estoic anciennementvn crime capital à Rome,à qui-
conque tueroit vn Boeuf. .
*

BESONGNE> TRAVAIL. CHAP. XXI.

POur
• tíiertgty- -1
phiquedebt- I
exprimer en termes hiéroglyphiques la besongne a Sc le trauail, on pourtrait ordinai-
fongnegV tra J rement les cornes Sc la ceste d'vn Boeuf, si qu'elles signifienc la besongne du maste,le crauail
uail. Sc Fangoisse de la femelle. Or distingue-011 le malle Sc la femelle à la façon des cornes celles
Qi
* >
d Boeufs estans &: plus grandes & plus eorcues, celles des Vaches Sc plus petites Sc n'ataiics
des
q seul repli ou sinuosicé, presque à la façon du Croissanc. Aucuns onc en ceste significacion
qu'vn
accaché
ai aux cornes les sarcloirs, les houes, voire mefme les rasteaux. Aucres, fans faire différen-
ce du masle & de la femelle, prennent la teste d'Aumaille escorchée Sc dcfcharnée, pour hiéro-
c<
glyphique de trauail & tolérance.

FRVICT DES TRAVAVX. CHAP. XXII. B

* "DufruiB
frouenànt d*
ET pour monstrer
"1 b quel fruict ils ont recueilli de leurs labeurs qu'on peigne vne telle teste
,
ses labeurs. J couronnée de fleurs Sc guirlandes, Sc luy pendent aux deux cornes des feuilles Sc chappe-
hlets. quel estoit le ruban ou ceinture qui enuironnoit la tour ^Elia, comme il appert des ma-
sures &,restes de cest ouurage qui sc voyent encore ; soit qu'on prenne cela pour indice des sa-
si
crifices
c de Boeufs, ou quelque chose semblable, attendu qu'on y grauoit vue escuelle platte
ou bassin*touc ioignane, comme nous voyons principalemenc aux frises &canelures ou rayes
o
ddés colomnes des cemples parmi les pièces de graueure. Sc pour ceste causc ces restes là sonc la
p parc couronnées, soit que nous aimions mieux l'exposcr pour vne ample Sc libérale ré-
plus
compense
c des trauaux & scruices ; comme en la mefme structure d'Adrian à Rome, le bassin
tesinoignela
tl munificence & liberalieé de ce Prince ; Sc la ceste d'Aumaille, ses crauaux Sc hauts
faicts d'armes. Car âpres le cours d'vne louable Sc vertueuse vie âpres auoir deuoré maintes
É
,
fatigues Sc crauerses, par arrest du Senac on rangeoic les Empereurs
f; parmi les Dieux, ou bien
con leur dressoir des mausolees,oudes pyramides, ou des colomnes,pour d5ner à cognoistre que Q
les enscuelis leans estoyenc par leurs merices rehaussez par delà la qualicé des morcels. I'ay veu
1.
chez
c Pierre Melin à Rome vne ceste d'Aumaille de bronze, piece antique, fort bien Sc galam-
ment
r mouléc,qui scruoit autresfois à soustenir le bout ou chapiccau de quelque poultre, en cel-
1le posture, qu'elle semble auoir auec beaucoup d'ahan Sc de facigue supporcé quelque bien lour-
de
c charge. Car ayanc le meuffle
affaissé iusqu'à la gorge, Sc les fanons encrefpez, elle refmoi-
gnevn
í grand cfforcjfe qu'il fauc sans doubce rapporterà la significacion de pacicnce& crauail.
(Gerces les anciens Allemands auoyent vne notable coustumé, de donner pour dot à la fille

* Boeufs don-
qu'ils marioyent,c vne paire de Boeufs accouplez,yn Cheualbridé, vne rondacheauec vne
. <
aduiscr la femme (ce dit Tacite) par tels commencements de mariage, que son ma-
fiez, en dot xefpee
-^. ; pour
farlts Aller ' l'efpousoit
mands. >
ri pour entrer en communauté de peines,de trauau;*, Sc de périls ouhazards. qu'elle
*
souffriroic
i Sc fubiroic mefme risque soie en paix soie en guerre, Car les Boeufs joincts dehun-
çoyenc le trauail ; le Cheual harnaché, & les armes, la guerre. Les auccurs Grecs nous appren-
<

]nenc
qu'ils appellenc le Boeufen leur langue dos, moc issu d'vn aucre qui signifie Terre ; par ce
1
qu'il est destiné au labourage de lacerre. Les Mathématiciensenseignent que ceux qui rAisscnt
isoubs le montant du Taureau, seront laborieux Sc destinez à perpétuelle seruitude, d'ancanc jy

a JEdificMtoU que

cest animal est principalemencné pour le ioug. Parquoy dles Tyriens ayans commence d'e-
de Cubage !• difier (
la ville de Carthage, intermirent leut entreprise pour auoir trouue là vne teste de Boeuf,
entremtfepar transportèrent les murailles ailleurs. Car ceste aduenture fembloit ne leur promettre rien
Sc
'
rencontre,
1 que peine, trauail Sc fascherie. iusqu'à ce que rencontrans vne teste dct^heual en fuite, ils la re-
ceurent
i auec alegrcsse Sc ioye commevn signe Sc présage de guerre. Virgile a dissimule l'vn de
1 ces deux poincts. car il escriuoit vne fable,non pas vne histoire, il semble neantmoins ne l'auoir
1 pas ignoré, puis qu'il qualifie les Tyriens,
peuple indomtable en guerre ; mais, auec le temps fort faciles a
vaincre, comme ayants à reccuoirle ioug d'obéissance ou lc mors d'vn commandement
4
,
" f acilcm 1
estranger. bien qu'aucuns Interprètes non mesprifables aiment mieux exposer le e terme de
yìcìu.- Virgile comme voulant dire qu'ils n'auront pas beaucoup de peine à sc pourupir de viures. tel
est l'aduis de Seruius,
CHOSE
Liure III. 39
A CHOSE ABSVRDE. CHAP. XXIIL •

OR à des
fin que ie demeure fur les cermes du BoeufSc du Cheual, cest hiéroglyphique est de
deux; designerquelque chose absurde grossière,
l'vn que poura Sc 1" Chose ab.
on pourcraye vn fttrde défi-'
Boeufauec le bast, ou vn Cheual accelé à la charrue, ce qu'on praccicque pour faire cognoistre^ gnee par le
person- Boeuf
que la chose est absurde, non sortable aux forces, Sc déroge àl'estac & condition de la i
nuché
har

ne. Ce qu'Horace a galamment compris en vn vers; ;

Le Boeuf lent veut íharnois;le Cheual,la charrue.


Ce qu'aussi touche Quintilian , alléguant ce passage, des Epistres de Cicéron à Attique : Cela
#'efi point de ma charge, au Boeufle bast. Car Cicéron dit au cinquiefme liure desdictes Epi-
stres ; L'on a chargé le harnoisfurlc Boeuf Efi il vray? Cela n'efipoint de nofire charge,portons la toutefois.
Mais retournons à nostre propos.
LES IVIFS. CHAP. XXIV.
B -T~\ N la saincte"Escriture ( commè i'ay dit souucnt )b les luiss sont hieroglyphiqueméntdeno- b' luiss de,
JL^tez par le Boeuf. Car Hesyche Eucsquede Hierusalem entend par le Boeuf, l'homme qui notez * par U
obserue simplementles Commandemensde la Loy, comme estant le Boeufsigne de trauail. Eu- Boe«/.
chere accommode ceste signification à tous ceux qui viuent en trauail, Sc gaignent leur Vie
auec peine. Sc prend ceste ordonnanceMosaïque, Tu ne lieras point lagueule au Boeuf qui foule le
grain ; pour vne défense de frauder aucun de son salaire.
LES APOSTRES. CHAP. XXV.
AVssi entend ilc par les Boeufs, les Apostres, qui chargeants lc ioug de Iefus - Christ ont c' Ut apo-
labouré tout l'Vniuers au soc de l'Euangilc. Et cela : On l'a menc comme le Boeuf au picri- stres
J KUjfi.

fie, qu'aucunsestiment estre dict pour lignifier vn manquement de courage, il l'entend notam- &
ment de nostre Seigneunqui pour nostre salut a voulu commettre par manièrede dire ceste sim-
plicité. II y auoit deuant le porche du temple vn cuuier de fonte pour lauer les mains de ceux qui I

y entroyent, soustenu par douze Boeufs, qui ne monstroyentque les testes, cachants toutes les
parties de derrière par dedans. Par ces Boeufs auec telle posture hiéroglyphique, sainct Gregoi-
Q rc entend les Pasteurs des Eglises, dont nous voyons les oeuures en dehors Sc proposées à desr,
couuert : mais c'est à Dieu, non point à nous, de iugCr de ce qu'ils fonc cachémenc, Sc de l'opi-
nion qu'ils fuyuent cn la doctrine, car ( dit-il) c'est ce que signifient leurs parties de derrière
cachées.

,
LE VICIEVX. CHAP. XXVI,
QVant à la Vache, la saincte Escriture, au dire d'Eucherc mesme, signifie par l'hiero-. * Par la Va-
ll

glyphique d'icclle, l'hommerempli des vices Sc souillures corporelles,alléguant cc paf- che


\ ,
le •vi-

sage du Psalmiste, c Entre les Vaches des peuples. Mais ce qui est dict des Vaches qui auoyent; cieux.
' Psal.67.'
fraischement vesié que les Philistins accouplèrent fans guide pour tirer FArche de l'Eternel,
, >
ayan s recenu leurs Veaux en.l'estable chez eux ; il le prendpourles fidèles, qui nonobstanc que
trauaillez en dehors par les affections humaines, qui les tiennent comme encheuestrez ; ne sc
destracquent point toutefois du droict chemin, pour ce qu'ils portent FArche du Seigneur,
>
c'est à dire qu'ils ont ses commandemensbien auant enracinez en leurs coeurs. Et ailleurs escri-
D uant à Valcrian : Alors ( dit-il ) tirons nom droict a Bethfames, quand nous fuyudns le droiíísentier, ejr
quoy oLue destournez, parles asseyions de ce qui nous efl le plus cher,ne nous esgarons point auxprochains
destourbiers d'erreur.

LE PODAGRE. CHAP. XXVII.


M Ais d'où vient que f par le pied du Boeufils entendoyent l'homme podagre ? C'est pour ce: f' Pied de
que le Boeufest principalementfubjectà vn mal d'ongles auec douleur aux ioincturcs.par. Boeuf! desi-
lequel, encore qu'il n'en meure pas, les vnglcs neantmoinsluy tombent aucunes-fois, Sc les gne le poda-
pieds luy enflent estrangement. Pour cc les ./Egyptiens feignent,que le pied du Taureau céleste gre-t
s'auance hors de leur contrée vers les ^Ethiopiens, desquels on fçait que les pieds Sc les ioinctu-
res sont extrêmementsubjects à l'enfleure ; Sc que de cCux qui passent cn Italie, peu s'en trouue
qui ne soyent entachez de la goutte.

* D z
40 Hiéroglyphiques du Taureau,
REPOS APRES LE TRAVAIL. CHAP. XXIIX. A
'Boeufsdes- D'Ailleurs
T*~ ale Boeufdescouplé,&remis à la crèche, monstre qu âpres le trauail oh mérite de
couplet., hie- I se reposer.LesGrecs secondent ce cres ancien Hiéroglyphique iíLgyptien,par vn adage de
roglyphiqut *
dt repos.
mefme
me! sens ; Le Boeufa la crèche, pour designer l'homme deschargé du .maniement des affaires,
auquel
auq est permis viure à Faduenir en repos Sc cranquillicé chez luy. par eè que c'est là coustumé

de remmenerles Boeufs à l'estable âpres leur casche ,Sc leur donner à-manger, bien-qu'aucuns
vueillenc
vue diuercïr ce prouerbe pour en signifier vne plus mollasse façon de viure, &: denocer vn
nacurel
nat qui laisse volotiers vne vie pénible Sc laborieuse pour fuiure ses aises Sc délices.Certes les
Deuins Hebrieux dienc que c'est vn signe de fainéantise Sc lascheté, si quelqu'vn s'imaginevoir
De
en songe des Taureaux dormais. Quoy que soic,ces douze ancies qui de leur propre motif prin-
en]
drent le gouuernemenc du Royaumedl'^Egypce que Sabac auoic laissé ; pour tefmoigner que la
dre
charge de cest Estac leur estoic plus onéreuse qu'honorable, firéc grauer au plancher du coict,qui
cha
constoiede
cor marbre coût d'vne piece en ceste célèbre Pyramide qu'ils firent construire pour se-
pulcre communde toute leur compagnie ; plusieurs crèches & mangeoires, comme pretendans g
pul
^
s'y reposer âpres auoir deuoré cane de trauaux, mis bas Sc secoué cane de soucis. Sc fafchéries. A
cest adage est concraire cestuy-ci,Z>Boeuffous le ioug, touchanc ceux qui crauaillenc incessammet.
ces
Qi
Quant à la profession que nous faisons d'estre affranchis par Icfus Chrïstúl le faut ainsi prendre,
que les luiss ont esté chargez du ioug de la Loy à guisc de serfs, pour les attirer cornepar la chor-
qiu
de à l'obeïssance des commandements ,Sc ainsi leur apprendre Sc les accoustumer au seruice de
de.
Dieu. Caria Loy dit, Tu ne tuerai point, Tu nepaillarder.-.spoint. Et nous,pourestre mis en liberté,
Di«
noi sera-iiloisible de paillarder impunémentîtueronsnous fans crainte ? Nenni ; au contraire,
nous
il nnous est expressémentdéfendu de conuoiter, Sc ne nous est pas mefme permis de nous cour-
roucer.Le
roi ioug donc que nous porcons est plus pefanc que lc leur. Non-est pas, si nous y regar-
dons de prés. Car la Loy commande d'autorité,que ne facions rien mal à propos. Nostre Sau-
do
ueur nous aduife de çoupper broche aux vices, en sorte qu'il ne nous vienne pas mefme en pen*
uei
» Vrayt U- fcefée de rien faire contre droict Sc raison. Or ceste b est la vraye liberté, quand nous mesmes se-
èerté.
couons le ioug des vices,quand nous enfonsons les prisons des appétits Sc voluptez, Sc que sor-
COI
tans des gouffres & fondrières des mauuaises pensées,francs de cous liens Sc encheuestremens,
tar
no
nous encrons en la plaine campagne de sincericé ,Sc nous abstenons de maléfice, non comme
.
serfs de peur du fouée ; mais comme francs, nourris cn piccé Sc sainctecé,comme enfans volon-
fer
tairemenc bons Sc modestes,qui, pour ce que nous aimons nostre pere,raschonsde coutc nostre Q
tai
affection,
ast de touc nostre coeur & puissance, d'obeïr tellemencà ses amiables Sc falucaires remon-
strances,que nous ne voudrions pas fèuíemene f#nger aucune meschancecé. Car ceux qui sonc
str
bons, s'ils ne le sonc de leur bon gré, ils ne recirenr aucun salaire de leur boncé. Car Abraham,
bc
Enoch,Noé,&
Ei plusieurs aucres Patriarches onc pieu à Dieu fans la scruicude de la Loy. Mais la
Loy suc donnée quandd'vne scruile concumaceils commencerenc obstinémenc de n'obcïr non
L<
seulement à Moyse, mais de reieccer mefme les commandemens de Dieu, qui les auoic a ieur
sei
veu ôç sceu recirez de l'oppression des ./Egyptiens, Sc remis cn libercé ; comme sainct Ircnarc dis-
ve
court plusieurschoses à Ce propos. Or paáons déformais à traiteer des diuerscs Deitcz, que Fan»
cc
çjenne superstition a serui soubs Fimage de Boeufs,
Çjl

LES BVCEPHALES. CHAP. XXIX.


chuetphal*s'« Olnc
C fauc il pas oublier en passanc, que ç la marque d'vne ceste de Boeuf imprimée par les
^j3Thessaliens
dtttiessalie.
'" à leurs Cheuaux, leur donna subject de les appeller Buccphalcs. car ainsi nom-
m ceste nacion les Cheuaux qui porcoyenc ceste marque.qucl suc ce cane renommé Bucepha-
moit
le, qu'Alexandrele Grand aima si cheremenc. Au demeurancceux-là sc crompcnc,quipensent D
leS
que ce Cheual sost ainsi nommé pour auoir vne teste de Boeuf, ou des cornes, comme aucuns
tiennent
tu qu'il auoit. Car que les Thessaliensappellastent de ce nom quelques Cheuaux, Aristo-
phane le monstre en F Anargyre. Et quant à l'estime qu'on faisoit des Cheuaux de Thessalie, í'o-
Pi
ra d'Apollon mefme le cesmoigne, disant que
racle
Le CheualThejfalic,tjr la DameSpartaine
Tiennent lespremiers rangs. Scrabo en craicce bien au long.
IVPITER. CHAP. XXX.
•' Iupiter de-
fCr /^'VR
IV^J
. ses Grecs n'ont pas esté seuls à feindre d Iupiter changé en Boeuf: les ^Egyptiens aussi
ligné par le
designé
ont le Boeuf, Sc surnommé Apis, leur grand Iupiter, qu'ils appellent
par cn-outre
Osiris,Pere,Iustc,Çhef,Roy, Sc Conseiller cn leurs letres sacrées. Et luy ont bie faict tant d'hon-
neur Sc reuerence,que plusieurs en ont escrit de gros volumes. Sc mesmes ont poulfe leur vanité
si auant,quc de le dire engendré d'vne Vache brehaigne. Car ils ontereuque la Vache halenée
du
"Liurei- IIL ."'-'--H ..^p
A du fouldre se peust ernpreigner: ÒC suyuant ceste croyance se sont persuadez qu'Apis fust né de
telle conception. Mais estât ceste fable plus notoire qu'aucune autre,ie la laisse passerà desscing,
seuíémét à quellesenseignes Apis est rern^j^trâblé: Iî;eftbìctidifpar tBiït le corp'&
pour spécifier jàforme d'Vh Aï^le' au dos, vh hanap en bouche, & doè^
il auoit vne masque blânehë^àù fròïit ;
blé pòilàkdûeue\&cc^^u'ontrQuiiëériplusieurstrtï^gévde^ pbrtè'ItîssiláflgM
re d'vneLùiiéaù
costé. qùeîèsteeiuy qlídh vòiderfWHÒstel à Rórne pfes l'EglísësáihctMar*
cèî.. Ôrcësta Apis éffle.Oieù de fprtte Cjue ses Hèbtìeïïsi; íse fírentdùrànt le séjourde
Mbfsé^ "' Apis, Dieu
lâ montâenejsuiùans là cM
de fonte des
Hebrititx.
-
-:?t !.?í:) : : ' -''Vìr.rivjÈ^:-: n.LiA ..v..--«.nÎ3J»í..,."-.:;>.„; ••* \ i u few ,-Î'ÎÌ : mi
.
DIANE. CHAP. XXXI.
- . ,.

;,.;XX.(,:..J .cHiii,; -rìA'G ;IT:I:-ÍI/-. r '.. ^ -, : i ;: UDC-ÍIHÍI


AVssi trouuerez vous que la Diane b adorée par les Tauriens, peuples de Scythie, s'appelle Diane Tau . *>

TauïiënneJ car iMa'temoyentpour leur'patrone& tïïtrice^ Elle- est aussi surn^rhniéé!P»wt- \rofBlu^Taé-
rienne, Tau-

tolos,tómmc'pjLt Apoilê^kífé.'$£líàtiìope,pour la conformité de ses coxnesr>:&'


Tmw$wtiW^-n0- ropmfSawtèZZ
>
riens.Pòiîrquey c'est ^òtthíttommoitT/tutppólos, il y admets aduisiLes vns veulent dirçjacau*
A
se que l©Tâutéau*làbdu*feoot. les aucres ^ pour ce qu'aumoyend'#n talion elle sic trotter;.paf
suscité contre Hippólyte. autres, qu'IpFìigenietS'et
g tout le monde le Taureau que Neptun auoit
,

stant sauuée de Scythie cn Afrique, Sc ayanc dédié le simulacre de la Deesse,*fucappelléeDiane


Tauropole, pour auoir estélà transportée du pais des TaurienSi autres encore, que ce nom est
sondé furl'histoire; polir ce, que Nicandrc:dir,quecomme les Grecs estoyent fur le poinctd'irn-
moler l'Infante Iphigcnieen Àulide, Diane íuppofa vn Taureau en fa place, bien que Phanodé- • A, >->-! *.;»>-<i

Bifchc. telle fut la diuersité Sc híconstançè pn cë,-


me die que ce fut vne Ourle : plusieurs, vne
steiuperstition. .# ' ''"

XXI Lv'
.'
DALLAS. --CHAP.'?X
. .
- H.^p?r^,:£ia
.'.' ';>!-!':
'•'
P i'.;•- .•.•'"> ''-' í';.--,',
' •. .';'.- ' .;-: -.
Allas mefme esté dictes Tmropósa}>ôfcpar les tAíidriens
a
••
yTaurípólos.
tr-ct m vy°o v.'/f
•..'•.-••.:..;• J
Car comrne
cust donné vn Taureau à AgamemnonSc Mcncías, il commanda qu'aíendr^^Ql^^auì-
A-j^hrope
c Pallat Tau
ropàla.
.-

^reau sauceroit du nauire en terre, ils dressassent l'€ffigie«deMineruei ^ìec'estóitle moyen d'a-
uoir les bonnes grâces de la Deesse,&: que leur nauigacipprospereroic.Or il aducinc que le Tau-
'Ainsi les Rois se soinicháns dé Ce quiïéur estoit commandé,
reau prihd terre en ì'iste d'Àndròs.
firent crigçr4a,statue,qUj|puisâpres donna ce surnomà Minerue. ,
...... ~
-
'r-wf'^ ;'yB'X;c'C'Hv:S/T: CHS';:x'xx::ni,-;:;:j; -:"v:' *
c1 '"
y
BAcchus 'aussi

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í r.) .- .••» -'•'.;'-•.., '.- c
-r' -"':•:' i
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? ":»:-. i
-'.;.- :-.'.. M
portai lè nom ;dc d Taureau ,cofnáiie:noús auons touché cy dessus, les Grecs pourquty
Biccbus
fur.
. "*.

l'ayans-appelle Takrophàgè (mange-boeuf) âpres que au dire de Sophocle, quiconque faisoit nommé Tau
mieux au Dithyrambe,gagnoit vn Boeufpour sori prixj comme le Bouc estoit jadisí ledoycr des rofhagc.
Tragiques. Aristophane toutefois tousheceriòmaupoète Gratinà des-honneur,gomme le
voulant taxer d'yurongncrié.Âthenaecnous apprendsquéjBàcchus resemble ail TaureauSc à la
Panthère, acausc de la violence des yuróngìiesl car nous dirons enson lieu comme la Panthère
aime le vin. Lycophron-fappelleTaureau toutàfaict: & les poètes chantentv#i Dfâço père de
Taurus. entendanspar ccstúy^là, Iupiter j par cestuy^èi i Bacchus. Mais pour. jçcto,urner;à nostre
Apis,onl'accueilloit en la yiíïe de Memphis à guise du Soleil: Scà-S Hcliopolis le Taureau estoit ' Commequi
sacré au Soleil, lequelils appelloyentiVm/r; Au reste ietien pour: chose fabuleuse, eC qu'on dit d'troit Sot-
ville,nu Ville
à
qu'en la villede Hermès y auoit vn Taureau,qtti changçojt de taches & mouchetures chalque tu; Soleil.
D heure du iour. Macrobéeri fait mention, mais cela ne touché en rien à hos hiéroglyphiques.

FORCE DE BITHÒN. ;
"'XHAP. XXXiy^
,
LE Taureau qu'on voyoit dans f Argos porté furies cspSules d'vn homme, deelairoit lc faict Taureau 1

de Bithon ; qui pour preuue de fa force, comme les ha)>icàns íâcrifiqyenc à Iupicer, chargea, d'An.os,tmr
de la for-
selon le bruit cftrnmun,vn Taiirëau for sesçípaules, çar les anciens tenoyent pour preùuc d'vne que ce de Bithon.
singulière force, éstre plus robusteque lé JTáureaù, Pour çç Thjeocrit fait cas de Milòn, lequel
ayant empongne yn Taureauparle pied, letraina a samíeux-aimée. Sc Biisiris sot ainsi surnoiri-
mé,par cc qu'il traihóit tout seul deux Boeufs la pair qu'il vouloir. Or sot il Roy d'^Egy pte ; taxé
par ses Pocccs pourlc plus cruel homme du monde. La mòhoye de Seleucus porcoic vn Tau-
rcau;&quelques píccesailleurs n'en ont quclèá cornes feulement: àraisoii qu'Alexandre estant
furies termes de sacrifieraiarrestádes deux mains vn Taureauíìiuuagc èschappé.On tròuuc au-
cunes-fois des cornessuradioustécsaux statues d'icéltiy.
D 5
/
42 Hiéroglyphiques du Taureau.
PIETE'. CHAÎ. XXXV. A

(
ON voyoites anciens ouurages deiix jeunesJipimme^açço^^
*Tiet4tU chariot, c'cstoycnt - Bkhon & Oieobis frères. Ce lent^ hi^r.qgíyphiquê tcsiÁoij^ìoit leur
9':tho» ó»
CUàiii. |
pietéjparlaquclseils traînèrent leujmercainsi montée iusques au tçrhple de Iunoru Et la mère
ayant pour récompenses
a
l
lákequi se pourroit donner aux homn^es^tous deux furent l'enden^a^.crpuuezinp^l^d^s leur
-ilict : commeayans les Dieiw iugç, quUl ne^pe^t arrm^^^
"îstre bientost affranchi dés calamitezde ce monde. Pausanias&i autres cn ont esem^^
- ^ '"-
• .-- - f ,0..=?' - -.- -y,
D EP ES CHE ET SO VD AI N ETE' D'AF FAIRES. CHAP. XXXVI.
. .

t Stnge d* , /^XVandson void en songe b deux Taureaux scbataris l'vnconti^ratttiîOjonditqueceíasi-


Tamtmt ' ^fflHfìevné prompte expéditiond'affaires, c^mmel'eiîse^
i
V in-
ientrthuMs.'" terpretationsdessongesi Les Astronomesdisencíqucceluyquij\aist au di^huictiesmedegré du
«c l
Taureau, deuiendrarurieu?ç& pourtantles anciens voulurent remarquer Celieu par deux Tau-
»i

Ireaux qui s'entreheurtent déla corne.


'. '-- *•
RACE
'i' .: -
DISERTE,
:" :

v
-. CHAI».^
r;,
..•;.<}
"";
sv.-.vïrf.-v.,- ,:.
XXXVL|;r ,-J ,.'.,'.-.
..=.
^
...
.,' g

f" T Es plus récents Hebrieux tiennen|: que voir en dormant vn Tàíitcáu cfn'f heurte de * la cor-
nui heurtât
dtUeornt.
I ^neTeftfi^né que les enfans qu'on aura seront dsserts &biendisants.acela regardépéúlr-èstre
Virgile
.
disant que Pollio nourrira vrìTaureau, qui : ' r
Totquc id de lacorh%esparddespieds lefable. *
}D'autant que Pollio faisoit des vers nouueaux,qui sont les fruicts de l'efprit à quoy i'adiouste-
:
ray cecy en passant ( bien que ie (cachela dispute des Grammairiens fur ceste nouuellefaçon de
1
parler)
1 qu'on peut dire que Virgile aeuefgardà ce que Pindare escritjsn llionneurd'Epliarmo-
Ode 9. 1ste aux Olympiques: -ò;rr- L
Loue moyle v'mvitìl,moisies
\j:,.2: CONSEIL SËCÌET.
carmes muueAux. :;.;;: i,
^»Av.''%y^^is^yr::/' i.
r

. .
*DeulUjt-
*- T Es Romains11auoyent diuerses manières de signes ou remarques de guérredésVhs àla voix, Q
gm d*guer-r~. M ^les
autres muets. Les signes de voix estoyent ceuxc[ue le Colonnel ou General donnoit
re aux Re
MNUM I Vt-* aux;
Tribuns;& les Tribuns puis âpres aux bandes,à cc que ou de huíct,ou à faire la garde Sc scn-
tut^rmttt.*' tinelle,ouàespier,ou lors qu'en
vne bataille les ordres estas rompus St toutes choses pesle-mesle
en conrosioir, ils se peussfentrecognoistre l'vn l'autre à tel ou tel mot: Les signes muets se pòr-
i

toyent en diuerses figures d'anunauxjixiais chacun auoit fasignificationparticulière, dont ie re-


*» citeray vn exemple : Lasigure du * Minotaureiêmonstroit pouraduertirles troupes de quelque
'Enseigne du
,
secrète entreprise, car cèst hiéroglyphique monstroit que les desseings & conseils des Princes
ne doiuent estre moins couuerts Sc cachezque fut la demeure du Minotaure, sçauoir est le Lá-
byrinthe.C'estpourquoy ce sageCclótinèl QiGxciliusMacedoniqueenquisparses Gapieamcs
à quel propos il faisoit ainsifrotter deçà delà Tannée; Si iepènfiy (éii-iì) que mdchemffiscmfifnts
defftings, ieU defâiirerok dés ìprifeht,tjrUktteroùaufeu. Car {dit VegeCe) en matière' d'entrepri-
ses & faicts de guerre,ontient que le plus seur est qu'on ne sçaché ce qui est à faire.
v i c f otKt ;í;cHA^nxx!^|x..;'::^^^'\'\
'd'vn
Offrtmá*. T 'Offrande f d'vn,Bceuf,commenous apprenons de plusieurs endroits,estoit ordinairement pj
J—,signe de victf»ire& detriomphe acquis; pruicipallemencentre lesRomaihs. Pour ce dit Iu-

Boeuf,
signe de vi-
cTairt.
uenalacepropos;
.;
#/
du Capitoli
-—menez,
VhgrùsBoeufé^croyê. Ór&utiíndté^
-1
- "'''.'."'
w de foire chuerse de
8 Ou, bUne
y- re
ttmme ereyi. celle des Romains en ceste èjlpeceçlesacrince.Car «ébmtnëainnsoit que les
Romainsayans acquis vne victoire par lâ defàictèi&tuerie'de fcflnemy*cu^^^ de
sacrifier vn Boeuf; 8c quand c'éstoitsiins cou|» FérirScfans en^o^o^eïang^c Brebis : cecrx-cy
sacrifipyent au contraire vn Taureauquand ,Ìè\ír yicltòìré n'eitoitpóím:fënglàîite ,8c s'ils l'ehv
portoyent au sortdu combat,vnCc4;attendu qu^lis estime
l'hôme les exploits qui se font par raison jKprudçcé^tjuèpar là scùíévigueur 8z: force corpòreise.
S. LVC EVANGELISTE, CHAP. XL
ET d'autatque nostreReligion a plusieurschoses conformes a ceste doctrine, que ses saincts
Concilesont par leurs fanctios permis d'exprimerpar images Sc figures,ie ne les veux point
taire;
A «Ure i còriuT(ie*eeU^quiï>arlò Boeuf ailé ?qàtéfbnté S.LucrEutììffélistìè,soit pour ceste mcfmé: *. taeufai/e,
Í^T^P^^^
continence& sobriété S- Luc ála Hiéroglyphi-
J
réputation d'áuoBc^ que de S.Lue
euìe ,&»« p^fiïir^^^^reî^ tì?cofttmWc^HB&ì&ft* l'Euan^tli-
/
fie.

pâûiifrójhèt^dè^iretem^ son tefeà^^erestédou^


ceuí&deDÔnrilrfM^Ï)^
à1â p^èáté^ioìèj^ceqtt^
:
medit^^ër^
4
prestrenommé2&$<^feqtise^ 3*f nâ
.

I '5;!;'-a:':"n;r»E'B^"îkw^îw-*Tr,!n;^f3rte#Asl3x-ííi;'- -"-- --^:^


;| ..
-;'. w; 'n-rfa^-
>;>\->-5.i.-;-,.-y.;.---,-y-^ ;-UO:Ì ?3;: ì:/Lm>r f ri;i,í-ar.ïfi :o;'yyj :;.| ;;JJ..S O.IÌÌM;
^ y**yjpjff.> .;;;'íí!on;)ì.tu,i-*rf;.í.p.t;!Tl?b ;y"yy? U iïxxuósws, 'h'yo'r^iúYO ?í>I y^D ^.Xtfiêrc^i.o'UÍltb.'Ç
? í 1 Vanta la b debonnairete de cest animal, Lucrèce nous en donne ces raisons: b Vtbonnàt-
rete noté»
Le naturel des Boeufs vit bien d'vn air plus doux. fpar le Boeuf.
- - - ""
OÏÏcqïlh'$tTVpmitreWstaMéÀíi^dë^ëùnouxp^, '-'^ U ;;.- w.: Sc
/ '."
':'-: :-:';
-*' jv -. --> x^ -:n
"' '"' V' *'-: ^$&v^tiítiHÌWt -<* ?.aí r.;^íi,-e- .-Viyyo:- SI
-.

í •-. 'ïçijtâdmTM^^ 'úv.-KÌri-,*'-:.^ .ri.-'.^har-J.


1 Or vn peu auparauant, parlant de la variété de l esprit, il aiíbic enseigne que cette Ééoohn'aïrc-
^ te se trouue es corps qui tiennent plus de l'air que d'autre qualité : & d'autant qu'il auoit rendu
raison pourquoy le Lion est d'humeur cholérique,Sc pourquoy le Cerf craintif, fçachant bien
que la nature humaine comprend les espèces de toutes complexions,il adiouste:
Tel est lc,genre humain, qu'encor que la doctrine
^
'% Polifliégalement a d"aucuns ta potcTrinc,
.. . .....
% Bile laisse pourtant de chasque naturel
Les vestiges premiersj dr fin instinftest tel,
g
'p f
Jjhtil ne au It pas cuiderque iusqu'à la racine
Ce qu'il a de mauuais du tout fi defiacine.
L'vn fera plus enclin à s'aigrirde courroux:
í Vn autre plus craintif; fautre* d'humeurtropdoux. m
i
| Et fault qués autres CM nostre nature humaine
Soit fort diuerfi aux moeurs qu'à fa fuite elle emmeine.
J Or selon que l'homme est poulsc^ç|^U^^|i^|$^n%.p%raccompareau naturel de la beste, à
| laquelle il rcsemble au moyen dìè^^ ça.r^§^eftesbrúfcèi&sonr pour plus part d'vne simple na-
i ture, comme nous auons dict de£;;||ïcòirá^

FER O^C\T^::/È^^:.^%:'E:í:-k CHAP. XLII.


:
'":
»3
M Ais c'est vne croyance
-'-';'>. • 'ij- i f,™{
desiaíec^uë . -
ï\
paftôùt,
....

> •
bien,.c|u'en
,; ;
"..
chose fort differente,que démon- 'Férocité
. ,
'
\ pé-
strants la debonnairecé parié pourtraict du Boenf|ils exprimoyent aussi c par le Taureau primée tulante
p
ex-
par le
i la férocité Sz soribunde pétulance,luy fichants''aubout des cornes vn boteaude foin; dont Ho- J
race a pris subicct de dire par forme de prouéroe:
ll a du foin en corne, gagneau pied. ^
% Nostre Píâlmiste vse d'vn semblable terme, quand il dit'au Psolme XLIIII. Par ton moyen nous re-
\ foulfironj de la corne nos ennemis.QM le texte Grec porte cela. & les Théologiensle prennentpour
vn roide & victorieux combat. Aussi lit-on au v i. chapitrede l'Ecclesiastique: Ne fefieuc point
ì tommek Taureau en la pensée de ton ame. Quant au foin, Plutarqueescript que cela se prattiquoit
; pour nous aduertir que le trop manger Sc boire prouoque vne telle dissolution Sç fierté.Ce vau-
\ devilleveintenvsagepar le subiectdvncertain Sicinius, lequel brocardant tout le monde,&
I donnant à chascun son lardo,n'eípargnaneantmoins qu'vn seul M. Craíïus:& commeen luy en
i demandastla raison, il feit response,qu'il portoit du foin en corncLes Romains auoyent de faict
| ceste coustumé^ de lier du foin àl'entour des cornesaux boeufs qui toquent, pour aduiser les
p passants de s'en donner garde. Suyuant trait Hésiode qualifie d'vn nom de mefme entente
k ce
ces rongepeuples, qui par Finsolencede leurs opulentes richesles heurtent Sc foulent leurs pro-
i j chains. II y a quelque chose de semblable Sophocle &le direde Solon à ce propos n'çst pas
Í
en ;
à mcspriser.Maisalléguons plustost qui setrouue auX^I.Psiume:rtí{/fe*wfí4«»A:m'ontenuiron-
ce
D 4
44 Hieroglyphjcju es du Taureau.
né les Taureaux grossiont
,
soifs,fçauoirest leursok^
^«£f, où:,ks ^
rains Sacrificateursj]l^ Scripg? §LA»£9W?Ì#°J^Ç? 8?^ J^
par laquelle Us deuançpyenRJgs, a^r^^r£e/qu#$^^
• Deut. j t." tousautres.3Lí%^4/#^
H- laifié DieuquiJ'afiti&ìçjrn'a t^uúmfft$.Qifius^f^ TTheolo-
gsensecquí selitia^
Scribes,Sc lesauçjfeiiPrincesdj?sJu^rs jlesqupìsjef^^ ,' &
deuoyencfurieuscrriejttpçrseçu^r>IeJ*us QUD^I^ertcest
. endroit^quenqsjfhço^^^^

Sa beauté est comme le premier né du Taureau, car entre les Taureaux, a cáuse de leur dóúblë'dispo-
sition & habitude,T l'vn; est %ouche commçvn luge rFautjaedet^n^rççommejiostre Sau-
JEneid. ueur, qui à fauué le genre humain, duqueí ícs cornes estoyent les extremítez de lMrroix. Car
auísi trouuons nous que les cornes font attribuées a la parcie du nauire qui se nomme antenne;
iibr,3.„.
,
''-'Les'' -'> '''>'' :>': <;'--- >' -t .'..--;>;!.; h.--H;y'-. ,-... .->h :/!•>;;;.nnfìyjb àú k ;;y.V f J
^--^
corues nous tournons dés antennesvoilées,
r

Or par ceste vertude la croix, & de ceste ma^içr^d^cornes^ cçr dix^Terrullians)il esoente enco- B
re auiourd'huy tous peuples Sc nations dela tcrtç, les.efleuant de latçrie au ciel par la foy; & les
éfuehtera par le iujrement ,les abbatant dueicl
lant de Siméon & de Leui i lis ont affaibli leTaureau cn leprcòmuptfix
^
Patriarche par-
pareille-
ment de: IeJusTChrist>dont les prestres notammentont faict attacher les nerfs auec des clouds,
' ' •- ""*": --i ;
>'< '•'3-.-:-..',- ;•• •?:.-:(!. !.^:-.;í.f-:i .f ..
;, :... -;.!-.;,--: j :-. y
. . . .

^yyiy^.V-cvï! ;
^ '••'' ' •-.. • ' :Lir.;(jL.yííií,-.-,,.-iíï1( , .•,-y.yr;.y :yy: y.y ri-• ,:r
.v.--;-vv:V -:;,,,,- HÎEROGLY
45

LES
HIEROGLYPHïQyES'
| : .OU,
j
C O M M E N TA IR ES DES
!
LETTRES ET FIGVRES SACREES
des ^Egyptiens & autres nations.
M

| 'De cequi efi signifié par le Cheual.


| LIVRE TRIESME.
QJV A
A PIERRE, VICTOR! O.

LA G VERRE. CHAP. I. : .
E premier de cousa les Hiéroglyphiques du Cheual, est
iD qu'il signifie la guerre, par le cesmoignage mesme de
Virgile:
pour la guerre i auaace
Des fiers Cheuauxon annexé' de guerre menace
Cefi haras hennissant.- -
Lucrèce aussi nomme les Chcuaux,nr«belliqueusePlutarque nous
apprend que les égyptiens Fout ainsi tenu ;&: nous l'auons tou-
ché au discours du Lion. Cas ils nous contentque Horus âpres
Ion decez apparut à Oiiris, luy monltra 1 viage de pmucurs cnoics ; oc que notaimucmciitpi:,
quel animal estoit le plus nccessùre à la guerre, il responditque c'estoit le Cheual. Et comme
Osiris penfast que le Lion y sost de meilleur scruice,Horus repartit, Qu'il y pcult bien scruir de
fiict;mais qu'ayant vne fois prins la fuite, il ne rcuient iafnàis :'que cependant il est aucunesfóis
force à l'homme de guerre de céder, aucunefois retourner à la charge, la bataille panchant dííia
fur la perte ; & selon lc lieu & lc temps, s'accommoderà l'appetit Sc volonté de fortune ; que par
conséquent
46 Hiéroglyphiques du Cheual
conséquentle Cheual estoit plus duisible à ces offices là. Et pourtant Xcnpphon au troisicsmc ,\
du retour des Grecs ; Les gents de Cheual( cedit-il )ont l'auantageen vn poiníí, qu'ils trouuent lénr
plus ajseuré secours en la fuite. Aristoce en-ses Echiquesloue principallemencau Cheual ceste ver-
tu,par laquelle il est propre à courir& portesThbmme,fans craindre d'assaillir ni d attendre Feii-
nemy de pied ferme. Galien au liure des partie^-des animaux,le qualifie des cicrès de fort ejr ge-
nereux, l'appellanc robustes sanspeur.de là£è1vers.de Virgile}
Leg&i'ermx pouUain bonditemmêlescharnps. ; ,/ r
' J '- x- DE SjM ÏÍ-E1 S% B-AT-R^Ey
..

C ^k A7
p.
"
'il.-
~
i
r

-
1 l
AVssi n'est-ce fans raison que les ^Egyptiens ont escript que
• Guespes, les guespes sont Hieroglyphiquemenc'signisiee?par la cha-
a
Hiereglypht- "
que du Che. rongne du, Cheual. voiré mefme ? qu'elles en sonc engendrées.
t<
moi mon. (Car Hprjìsné dit que ceéy du Chejbil.ôí ce vers crotce pat la bou-
che
C
d'vn chascun:
Les guespes fdìt Cheual -idti Tjiitxeau, les Abeilles,.
(Car ceux qui onc soigneusement recerché les choses naturelles,
que les abeilles s engendrent du derrière de la teste
enseignent B
t
d'vn
C Bceufiles guespes Sc bourdos, du Cheual;& le.scrpenc,du ca- '
dauer
c humain. Si. ne faulc-il pas encendre icy les guespes simp-lethent,ainsce qu ils lignihoyciit
ordinairement
c par la guespe, dont le Hiéroglyphique demonstroit vne extrême cnuie de com-
bbattre, & mal traitterson ennemy.mais nous discourons de. la guespe cn son lieu parmy les
IInfectes.
CE LE R I T E',.»iYï'STES,SE. CHAP. III.
*VisleJsedt. " EN-oucre b le Cheual est indice de vistcsse.& ce que dit Lucrèce toucha nt la •vigueurdu Cheual
signée parle fort, Marcel l'exposc viste ou leger. Sc veulc-011 que Virgile regardast à cela disant;
Cheual.
iEncid.XI. « • ' " quelle vaillance.
».
Si, femmeestant, tu mets ton salut ty fiance
Dessus ton fort Cheual?
où Aruns blasme.Çarnillequi se consioic à la legcrccé de son Cheual plustost qu'à fa propre
vercu. Or crouuerez vous que les auceurs onc beaucoup escric de la légèreté du Cheual : mais ie C
recitéray seulement,que quand l'Empercur Probus eue vaincu les Alains, on trouua parmy le
pillage vn Cheual-,lequel ( comme tesmongnoyenc les prisonniers ) faisoit enuiron cinquante
lieues par iour,& continuoit huict ou dix iours fans se lasser, mais cc Prince mefprifa ceste fuyar-
de vistessc aux Cheuaux de guerre, Sc lc refusant, fit paroistre qu'il conuenoit mieux au gendar-
me soyard,qu'auvertueux ôtvai llant.Hesiode fait mention de laNympheHippothoé,nom que
les Interprètes disent auoir esté feint à cause de la vistesse &: soudaincté des eaux,au moyen des-
quelles les vaisseaux sont emportez d'vne prompte & legere course. Etmcsrncs les Chenaux
que Fonaccribue àNeptun,demonstrent la legere craicce que l'on fait cn nauigeant fur la mer.
Car les nauires seruent commodément au lieu de cheuaux Sc dechariots : Sc pourtant vovens
nous que l'on donne à Neptun des cheuaux Sc vn char : car en Virgile,
Ilpique ses cheuaux ,& volant parla plaine
Va conduisant son char, & tient lafihe la refhe. *
Tant que Cicéron en a faictvn pròuerbe,#cheuaux, ejr * voiles,eseriuantà Qui nt son frère. Et par-
lant aux Offices d'vne chose à laquelle il fault employer toute peine& trauail : llfaut (dit-il)
cpmbatre aueceux à voiles ejr cheuttux, c'est à dire à couce force. Les Astronomes mccccnc le Cheual
àl'ohzieíme degré de la Vierge, pour denocer la legerecé de l'hómmequiserané soubs cède-D
gré. Or montoit-on Nepcun fur vn Cheual donc le deuancauoic la forme d'vn Cheual,& le der-
rière , d'vn poisson retroussant fa queue en rond, comme font voir plusieurs peincturcs & mo-
noyes de Gallienus auec ceste eferiture ,NEPTVNO CONS. AVG. c'est à dire, dédié par Au-
gutfe-a-Neptun D'auahcage la fable est commune, qu'à Fassemblec des Dieux pour impo-
ser stòm à la ville d'Athènes, Neptun frappa vn rocher, dont sortit vn Cheual fougueux, car
lîinterprete de Pindare en tQuche ainsi Fhistoirc.Les anciens appelloyent ordinairementNeptun
Cheualiçr. Sc dit-on au surplus, que ce Cheual que N^cptun feit saillir, s'appclloit Scyphic, tou-
te la Grèce s'estanttousiours si bien accordée cn ses resuerics & mensonges, qu'il v,\ a fable
tant absurde&: grossière soit elle, qui ne soit renforcée de quelque tcímoignage-. Quanta
çc que les Poètes ont feint, queSaturne sc transformacn Cheual, qu'ils exaltent aussi comme
prompt à la course,selon cc qu'en dit Virgile,
Saturne viste- pied fuyant fit retentir
Le
Liure IV. 47
A
Le bault mont Pelion, se prenant a hennir.
passe d'vne
aucuns Astronomes rapporcerit la fable à la legerecé de Fastre, lequel en vn iour S»
"'
soudaine vistesse la grande estendue du ciel, si nous considérons la distance qu'il y a entre icc-
luy Sc les autres planetes,& le grand circuic qu'il fait au-dessus d'elles; bien que par l'autre mou-
raison de ceste
uement qu'ils appellentnaturel, il semble le plus tardif de toutes les planètes. A
vistesse les Théologiens prennent ceste parole du prophète a Abacuc disant, Pource que tu mon- "
FEuangile desquels tous les gents de
teras fur tes cheuaux,pour vne prédictiondes Apostres, par
bien receuroyent soudain leur salut. En somme pour le respect de telle légèreté de pieds VAL-
à le touché le but à
nee de Virgile propose--<v# Cheual riche en bardes, quiconque auroit premier
la course à pied. Et mesme és monoyes ores vn Cheual courant, ores le Pégase graué auec des
ailes, monstre la clfosc auoir esté faicte auec vne allégresse & promptitude.

LE SOLEIL. CHAP. ÍV.


g /""X Velquesfois aussib le Cheual ailé s'attribue au Soleil, car la monoye de l'Empercur Gai- b<
V -Zjicn est au coing d'vnCheual ailé auec ceste inscription, SOLI CONS. A V G.c'està dire ^
Auguste le die au Soleil. Ec en celle de Q^JTicus, qui est aussi marquée du Pegase,commes'il n'ex-
primoic assez dignement fa vistesseSc diligence au maniement des affaires de4la Republique, au
chef barbu d'iceluy graué fur le reuers, on adiousta des ailes,semblablesà celles dont Mercure
sevoidequippé en quelques vieux ouurages. Aucunsveulent encores dire que ces Corinthiens
imprimoyent aussi le Pégase en leurs monoyes,qu'Eubuleen F Anchisc appella le Pôle de Minerue.
D'ailleurs Pin dare dit que Bellerophoncheuauchant le Pégase receut en songe vn mors de bri-
de cfor que Pallas luy donna, d'où veint en fuite l'vsage d'emboucher les Cheuaux ; Sc que par
tel monument les Corinthiens voulurent éterniser la mémoire du faict. Et nostre Virgile escript
que les mors de bride sont de l'inùention des Lapithes,en ce passagedes Georgiques:
c Le Lapithe a donné le mors au Cheual prompt, c<
Et fur son dos astis l'a faiel tourner eh rond:
Ksfu Gendarme apprenantfòubs la lance guerrière
*-4le faire bondir, ejr luy donner carrière.
r s

LV.BRICITE' DE LA VIE H V M A I.N E.


.
CHAP. V.

AVcuns prennent Ales Centaures cn ceste mefme signisica-


cion,&; quant à cc qu'on les pourtrait en forme humaine des-
puis le vencre cn haulc ; Sc le reste, en cheualline,ils veulent dire
que cela signifie lc terme de nostre aage qui s'eseoule d'vne course
extrêmement subite, Sç dont lc panchanc glacé nous efchappe
d'vne estrange lubricicé au defpourueu. Car il ne se trouue per-
sonne cane vieil soíc-il,qui ne pense bié auoir encore vn an dedans
lc vencre. Mais le Cencaure crouuera fa place ailleurs.

LA RENOMMEE. CHAP. VI.


D
IE fçay bien que quelques auccurs maintiennent que c le Pégase
tel que nous voyons par toutes monoyes d'Adrian, de L. Papy-
rius Cursor,&de quelques autres^est plustostla marque Sc Fensei-
gne de renommée que de vistesse &: legereté.Ilnasquit f du sangde
Méduse : car ayant la vertu retranché la peur, elle engendre la re-
nommée. Nous auons monstre que lc chef de Medusc,estl'Hic-
roglyphiquede terreur& d'admiration,quand nous traictions de
la deuisc de Domician, Commencairedu Serpent. Or des que
au
ta renommée ayant pris naissance vieht à troccer
par la bouche des
48 Hiéroglyphiques du Cheual
LE FVÇITIF,Í« EXILE'. CHAP. VIL
a Perseesur-
nommé aujst
M Ais pource que i'envoyqui pensent que Perséea suc aussi porté par le Pegasc, il me faut
erpluchervn passage d'Hésiode, en l'efcu d'Hercule,,, auquel le Poëce appelle Perscc Che-
A

fugitif.
uaucheur.où les Cornmentateurs áduisenc que le moe duquel il vse, signifie fugicif ou réfugié.
Car Acrise ayeul de Persee lechassa.defa maison, Sc n'est la coustumé de Fincroduire comme
* allanc à cheual, ains fendant l'air à tire d'ailes que Mercure luy donna, duquel parle Ouide,
disant,
De part ejr d'autre aux pieds des ailes ilpendit,
Ceignit l'efioc crochu, ejr sejlançant fendit
L'air liquide en hachant de fis plumes legeres.
C'est pourquoy Caculle l'appelle ,pieds-emplumé. Ainsi crouuerez voua NestoV appelle Cheuau-
cheuren Homère, c'est à dire fiigicif ou réfugié, comme les anciens Grammairiens incerpre-
cenc. car il die,
k Puis âpres
* Odyís.j. i. eux parla le cheuaucheur Nestor.
Ec recicenc ceste fable : Que Hercule feic la guerre à Pyle cane pourceque Melce auoic refusé de
le purger Sc luy remettre la sauce qu'il aúoiç commise par le meurtre d'Iphite j que à cause de B
l'insolence de ses enfans. lesquels soubs ombre qu'ils estoyenc douze,sc promettoyent tousiours
monts Sc merùeilles. Ceste guerre dura long temps, &: ne pult-on prendre la ville, cane que
*çt * Periclymenel'vn des fils de Nelee suc
* §ÌH' auoit
ce don de se en vie:mais c5me il se suc cransformé en Abeille,& posé
?- sor le çharioc d'Hercule pour efpier, Pallas le deseouuric, Sc en aduercic Hercule, qui le c.ua,
pouuoir ch^'
(e ptirçd da ville en fuite, la ruina de fond
ger en telle
forme qu'il en comble, Sc fie mourir les vnze frères de Nestor. Car
•voulott. Nestor auoic esté âuparauant enuoyé ver*s les Gereniens, pour Festeuer Sc nourrir.lequel efí;anc
resté :seul,rerournádespuisvBn son pays,y futrestably;&: du lieu auquel il auoit receu nourriturex
fut appelle Gerenien$ mais Cheuaucheur, à cause de lafuite par laquelle il auoit garanti fa vie.
FEROCITE' REPRIMEE. CHAP. VIII.
e Cheual CYEst l'ordinaire de représenter en terme Hiéroglyphiqueparc vn Cheual bridé, l'homme
hridS, hié-
roglyphique y selon &.de courage inuincible, traittabíe neantmoinsSc obeïssanc à la raison. Pour ce die
d'vn coura-
».
Panaxe en Cicéron, que Scipion FAfricain souloit dire, que commeIon mec coustumieremenc
ge inuinci' les cheuauxrebours Sc pleins de fougueencre les mains des efcuyers, à fin de les rendre plus ma-
ble mais
,
maniable niables : ainsi faulc-il amener par manière de dire ail giron de la raison Sc doctrineles hommes Q
far raison.• effrenez pour auoir touces choses àsouhaic,& sceonfiancs parcrop en eux-mefmes. Car le
Cheual est vn farousche animal Sc de grand courage,quicouecsfois obéit,
Et ne refuse point prendre le mors en bouche, comme dit Horace du Cheual lequel implora Faide
ÍSf secours de l'homme, & souffrit qu'on lé bridast.A Virgile au cas pareil:
libr.j. | Toutes/vis lesçCheuduxdés longtemps coufiumiers
; • D'cstre attelés du char rejr bien loing de discorde
:" Souffrir diuers harnais soubs vn ioug de concorde.
Nous auonsvn gajant traict de Scipion quifait à cepropos. Les Romains estants desia passez cn
^.fie contre Antiqç.hus.,& qu/il cust fmaÛement enuoye des Ambassadeursà Scipion pour trait-
* Plutarch.
piì la vie ejr l'Ejcuyer.Mais
f
*• tíeîíapaix x.ì'll le falloit aire {ce dit-il ) dés les commencement, ejr non point âpres auoir receu ejr le mors

d'iceluy. encore sc fault-il aduiscr du prodigede Carthage qui furueint comme ils fouil-
• loyent les fondements de la ville > fçauoir est la ì-encontre,comme dit Virgile,
—da.chefdvnfort C&íW,praesageantque ceste nation scroit vaillante aux armes.& ce qu'il adiou-
ste, facile à vaincre, il ne le fault pas entendre dé là teste d'aumaille, comme Seruius,maisde ce- v
fte mefme cheualline : Sc dire pour expheacionde ceste aduencure, que ce peuple scroic par suc-
cession de temps aisément vainçn.car cecy conforme plus à cc que.veult dire Virgile, combien
"d. qu'au traitté du Taureau noùs ayons tasehé d'efclaircir l'entênte de Scruius.f Les interprètes
*' Artemid,
li. i.ch.i9.
9' des songes, pòur reuenir là, préfument
que ceux qui ont songé auoir vne teste de Cheual, ou de
Chien, ou d'Afné,serontasscruis,;òu tumberont çn quelque autre telle calamité. Car ces trois
animaux sont estrangementfubiects à seruicude. Encore adiousteray-ieceste incerprecacion des-
/s- çíicts S Onirocrices, par laquelle ils dient que songer qu'on est à cheual en dormant, pròmét que
* c. T.xposì-
teurs de la maistressesera facillcment fóufmise à l'obeíssancede son amant, &: se rendra traictablé à l'ad-
Congés.
uenir en son endroit: Car nous féciterohs en fuite les carmes d'Anacrcon,'touchant le poullain
indomté qu'il met en paragon aueçvne fille vierge.En la saincte Escripcure,là où Eíisarc vòid pa r
les yeux ouúercs âc son garçon., la niontaigne couuerce deerouppes de çauallerie à son feruice,
lesquels le Prophète Habacuc áppélle les Cheuaux Sc la gendarmeriedu Seigneur ; Adamancc
entend les ames qui reçoiuent le mors de la saincte doctrine, & portent lc ioug de suauité qui
prouiçnt
Liure IV. ; 49
^ inouient de Dieu mesme, sc laissants conduire par l'efprit d'iceluy. Ec appelle bien-hcureusesj
celles qui onc courbé le dos < pour receuoir la parole de Dieu lèlir Efcuyer, prendre son mors cn
bouche ,-Sc s'acheminerla-partqu'il les voudra poulser;& conduies cn somme par les resiies d'i-
ccluy, marchent non point selon leur appétit^ mais fuyuáiit la volonté drvii si braué Cheuau-
cheur , courent telle carrière, Sc s arrestent quand il luy plaiso Euchere dit qu'on trouue en la
siincte Elcripturc, le Cheual prins pour l'homme sainct &: iuste, &: que les paroles du prophète
Hab.ue.uc.tendent là ; *guj montera* fur tes Cbewtuxj yLes Grecs veulent dire que Pallas fut ainsi * Habac.
nommée pour auoir esté grande Sc mleureúsegùët-rierc,bienexperte à manier vn Cheual. Et de cich, j.
faictçommenòus auons. dict cy-déssus,vousverrez dans Pindare qu'elle inuenta le mors de bri-
de.àCorinthe,dont elle firprcsentíàPclopiiiLesGtecsaussidedierenc à Pallas en la prise de
Troie, \çuxChettal{ ou plustoftmacblnc de bois) k grand commevne montaigne. Or cela lignifie \
que couce férocité, s'amolìic & s'appriuoiseipardoctrine, cc qu'Horace a gencimenc exprimé:
[ib. l."

v
'"
c Personne ries ian,ais sireboiifs dénature,

' Patient il soitfmet:J ' ' ''"'''•

L' E M P I R E )E T CO MMANDEMENT.
'•
J^ushn'appriuoìscen fin ,siH'attreilléa culture
'''
- "
,
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'.'.'.
èc Epift.
h

R
b CHAP. IX. '

NOus apprenons que suyuant. les traditionsdes Augures /' les Cheuaux ont souucnt sigiiir J Cheuaux,
commandement;, comme celuy qui nalquit en la maison-0 de Iules Ca'sar, symbole
fié Empire Sc J.
fr
ayant presque les pieds( d'homme ,dçauoir est la corne des pieds fendue en forme.de doigts, de
d'Empire
j
Car les Dcuins prognostiquerent FEmpirc de coût lc monde, à cestuy la chez qui teFCbcual j comman-
dement.
estoit né. Sc pourtant Ca'sar lcfeit soingneusement nourrir, &: fut le premier qui monta sur luy, 'Sucton.cn
Néron,
^ ch.
nc voulant endurer aucun autre, eicuver ou picqueur ; Sc dédia Fimage
de ce Cheual au tem- 46.4
pic de la mère Venus : bien qu'il ait touiìours tant mésestimé les autres prodiges, que quelques
contraires qu'ils fussent, il n'en fut oiicqucs diuerei ne retardé de son desseing. Mais la mefme
cspeced'animal, * qui luy auoit pradagi son Empire,,luy pramonstra pareillement sa mqrt:car vn ft Cheuaux
peu deuant qu'il fust assassiné, il trouua les haras de
Cheuaux ( qu'il auoit consacrez passant; le affeUiotmtx,
*
Rubiçòii les laissant aìser sajisga^ à leurs mai-
^ strtt.
Certes ses Cheuaux pqrcenc souuenc vne si.grande affection à leursmaistres*qu'ilsen font le
dueU estans morts, ççdít Pline, & de regret en jettent auçuncsfois des larmes, pourtant est-ce
Cbicn.à proposque Virgile dit de Pallas, -.'•:{ r<
Depuis ayant laifié Aethon ardent defirier
Son harnois, va fleurant son vertueux guerrier.
A Fexemplc duquel Siliùs Italiens descrit aussi l'amour d'vn autre Cheual peult-estre non moins
astectionné enuers son maistre;
.
Le Roufiin l!apperceut, ey dressant les aureilles
,
Porte Fagefè 'à terre, hennissant à metueilles ;

i
£)tCil pórioit au combat fur fondos prisonnier^
S'enuole au grand galop ce généreux defirier
D'vne course fougueuse à trauers la campagne,
-',.,..
,!9jii les morts ejr blessez- dans leursang caillé bagnes
Et s'arrejle deuant son Maistreaffreuxde sang,
f Caisse le col, sousmet ejr l'efpaule ejr• le flanc,
Ltty fléchit le genouil, ejr suyuant fit manière,
Tend le dos, trépignantd'vneamour cou(lumière.
Mais pour retourner aux prodigcs;uouÉlisonsqucSNero songea comme fa hacquenee qu'il ai- JNeion.ch.
ESueton.en

yy
moit extremément,auoitesté des" parties de derrière transforméeen guenon, Sc que retenant la 4«.
teste entierc clic nc laissoitdc hennir aussi clairementque de coustume.Cefut vn praefage que la
terocité du Cheual sc conucrcitoic cn risces de singe. Vn Cheual en-outre donna lc signal à
/Elius Pcrcinax,hommc courageux,des'emparer de FEmpirc apres la mort de Commode, Car a
l'hcurc qu'il nasquit,vn poullain de Cheual monta fur les tuiles, s'y teincquclquc peu de temps,
puis se laissa chcoir, Sc mourut. Cç qui luy fut vn prognostic,qu'estant né au bourg de Mars,>
enclin aux armes & capable du faict de guerre, il monteroitau grade d'autoricé souucrainç, qui l

luy seroic neanemoins de petice durec.


REPOS APRES LE TRAVAIL. CHAP. X.
LEs lcccrcs grauées és mcdalles de Ncrua, dcclaircnc que veulent dire les „ Cheuaux desta- p»isfantit»ut
k Chenaux
chez Sc paillants qui s'y voyent IVEHICVLATIONE ITAL. R E M I S S A. La voyturef figent.
d Italie remise, qú'auçuns
ce rapportent au subicct que nous auons traitté du Boeuf à la, crèche.
E
|Q Hieroglyplíi||uesdufGheual.
Mais il vaulc mieux Fentcndredç Fimpost que coure FItalie fouloit payer pour le transportdu
,
bagage des Magistrats, des ârmees,;&:autrcspelles charges publiques.lequelhnpost fur aboli par
Nerua comme trop çnereux à toute FItalie, Ie disepiirrois plusamplemenrsorce fubiecti>si Eab.
VigiLde Spolete, tresr-dócte personnage,ne l'aupiç craitté fort pertinemment.
A '-L'Ì^ÌAIIE^^^^^CHAP, XL. '.:,..';'.'. .'-.'.Z'."
ÀVcunsestiment que lès Ghe-uaux- grauezien quelques monoyes Italiques, signifient FIta-
lie. Sc ce dautant qu'aucujaeSíd?àÉgentí,Sc quelques autres de cuiurë, portent vne teste de
Çheuàl bridéjáuec ceste infcriptioii, R o M A. ayant ceste teíté fur le derrière vn sceptré^aubout
duquel on vqid pareillement la ceste d'vnChenil;& sor lé reuersdtome mefmë aueè:leheaume,
çomme de coustumé, Aucres pieees de.monoves ont <dé chaduii costé vne teste de;Chenal
* Cheual auec ceste escricure. R o M A. Mais ayant
veu eh plusieurs sorcës le ? Cheual aux mônoyesdçs
aux monoyes Lacins Sc des Grecs, iene
des Latinsj veux pas dire qu'il signifie _lT.ta.lie., ni quelque autre prouince, région,
&dss Grecs.• ou ville; mais bien ou la guerre ou des voyages & courses, comme, on plusieurs mo-
noyes de Néron : ou la diligence Sc soudainete,comme eii celles de Papiriùs.;,& aucres choses
declairees en leurs lieux. B
LA. M AVRE T A^NTE. C k a ?.'' Klí. -

SI ce n'est qu'on ayme mieux encendrepar le Cheual la prouince de Mauritanie,prise, àjner-


cy^òuáutreçliosedemesme>vòyàhsen larnÒlíòye d'Haídrìán vn Cheual mené par vn hotn-
mé de;piedj auëç ceste' esentiìré',ì M A v K E -r A N i Á ; cár ainsi est elle par E cn la seconde fy1-
., ,
làbé,-Ofra graue d'vn costé dëfdictësrnoiioyèsle chef d'fladrï'an, &: fur íereuers, vi,i Cheual
còriduict paf vriés femme armée dé deux dàfds :'ceqiudëm6i)strélà minière de guerroyer en
Tèste prouince.
..y; .v'.y HAVRES
'
,
' '' ; ''' u'lr >->.>. '"''fs
H ARDTSí ;E'T" F V -R-TE'' y-X;,,:;'rn

"T TOíre mefme és derniers tëmpS, quelques compagnies qúi estoyent soubs là charge du
y G©htìëstáble,pòrtoyehtdáris yn eseù au champ d'árgentdeux dëriiíchëùááx d'òí ^úï s'en-
trelî^cellòyentâucuriemencycó^ centré & de guéuïés';-Sc s'âppellóyéiit
M iÁ V k! i? F Ë R o c E s, hardis &còùragè'ûx'i ' Qttàhtàcé quejpW<í_júëlq&è3vliës de cesmonóyës',
aucuns rònt pensé que l'Italiesòítdënôtééyc'est peult-éstrê <a cause"qu'audessus dd' Cheual Q
bondissant en celle monoye, ils voyoient vne fleur; &: furie reùërs'i éésteihseriptiòh,R© M A-
JÍ o»R, des Romains. '"';-.•-\. .>:.<. ..•'.
VICTOIRE, A CHEVAL. j'::." CHAP, XIV. !(
M Ais pourquoy n'estimeronsnous plustost que cecce monoye aye esté, battue pour remar-
quer Fhistoirerd'autantqu'en là guerre Punique contre Hannibàl,les Romains commen- -
cerenr ën fin à estre plus fores en cauallerie,àúHeu que rouée leur force cbhsistoir au parauanc en
l'infancerie.car la fleur mise au dessus en cestemôhÒye,presupposecommencementSc espérance
de quelque bonne issue.Certes Virgile n'á obmis à coucher vne chose dç si grande importance,
quand jl dit sor les louanges dç Marcestus;
Ce(luy raffermira d'vn effroyé tumulte
VEstat Romain troublé, renuerfantles^oenois
i^si force de Cheuaux , ejr le mutin Gaullois.
a Les Cephaleniens grauoyenr aussi le Cheuàlen leur monoye, dont Plutarque fait mention.
soustraie]
"** Les S myrniens auoyent le pprtraictde Fortune qu'vmcçrcain Bupale, bon personnage, auoic p

,..'.
de Fortuit
far Bup+ faict, sor le chef dç laquelle seoic vn poullain de Cheual, ôTconoic fa main la
en corne d'Amal-
thee, comme FensegnePauíàhiasés MesteniaqueS;
LES S Y R AG VS AINS. CHAP. XV.
LEs Syracusains marquoyeric aufll leur monoye au coing d'vn Cheual. Car on imprima la
marque d'vii Cheual au fronc de ces Àcheniens qui furenc pris en la desfaicte de Nicias
prés de Syracuse., Sc vendus cpmíne serfs au plus offrauc. Ils auoyenç cn,core vne monoye mar-
NÌCÌ04 pr ví{
quée d'vn Cheual auec son cheuaucheur conccnanc ceste inscription, r' E' P íl N o 2. qui tesmoi-
en ceíic dcj,/
route mo'i''" gne la valeur Sc Fcxpcricncede Hìeronen laconduicte des gens de Cheual, mais principalle-
tut de regn la réputation qu'il auoit remportée de maintes batailles &: rcncontres,pour lesquelles Pin-
en prison. ment
dare a consacré son nom par tant de louanges à Fimmortalité. Plusieurs autres Républiques &;
Princes se sont scruis de la marque du Cheual; de façon que ie nc voy rien qui concerne Ipc-
ciaîlement FItalie,
LES
Liure IV. 51
LES TARENTINS. CHAP. XVI.
A
/"X Vtreplus en la monoye dont l'inscription est T A R A S , se void aussi vn homme d'armesì Taremin
^/branflanr vniauelot,àcauscde Faddresseque lesTarencins onc de combacere à cheual. bons hSmet
à Cheual.
pource rrouuerez vous encre les Grecs des crouppes de Tarencins composées d'ordonnances
auec telles armures.& lecermè Tarentinizer,pour dire,practicquer telle manière de combac.
ARCHERS DES VIEILLES BANDES DE LEVANT. CH. XVII.
QVant aux deux derni-cheuauxde gueules dans vn escu d'azur compassé d'or, faulcancs à L

Fopposite l'vn de l'autre, hors du centre de gueulés qui est dans vn escusson d'or, de force
que dudict escusson se tiroit en long vne ligne de mefme couleur iufques au rond d'or, c'cstoit
l'enscigne de ceste compagnie qu'on appelloit Vieux Archers dOrient, Sc marchoyenc soubs le
commandemenc du Colonnel de Flnfancerie.
LES SECONDS THEOD.OSIENS. CHAP. XVIII.
IL y auoitaustivn Cheual d'or au fond d'vn escussonde sable, dont le centre d'argent estoit
compassé de gueules, vironné d'vn autre d'or. C'estoic Fefcudes Seconds Theodostens com-
,
mandez par ledict Colonnel de Flnfancerie, qui furencleuez soubs FEmpire de Theodosc.
e
R
CONSTANCE. CHAP. XIX.
VNe auere légion porcoic semblablement vn Cheual d'or en vn escu d'azur, ayanc au milieul
vnronddesinople,concre lequel il scmbloicque le Cheual sc bandast de couce fa force.
Elle marchoic pareillemencsoubs ledict Colonnel,Sc s'appelloic Confiantia,pour auoir esté leuée
soubs^FEmpire de Constance.
IMPETVOSITE' BRVSQVE ET IMMODEREE. CHAP. XX.
ClEcy mefme semble m'exhorcer à descouurir vn mystère de Fhistoire sainctequanc au Che-* Mystère
yual. Car il est cercain que le Législateur Moyse prend le Cheual pour vne immodérée Scr quant au
desraisonnable impecuosicé pource qu'il défend au peuple d'establir pour Roy celuy qui nour- Cheual.
,
rira quancicé de Cheuaux.cequ'il saule prendre,suyuant Faduis de Philon, en force que nous cer-
nions pour impropre à commander, celuy qui s'addonnapt à ses plaisirs, cupidicez Sc fainéanti-
ses, ne sc peulc arrester en vn lieu, mais comme die le Poète, tousiours ntafihe sonfrain. la loy mef-
me est expresse au 17. chapitre du Deuteronome 5 Celuy qui fera constitué Roy, ne fie fera amas dee
Cheuaux; ejr ne remenera le peuple en Aegypte, aidé du nombrede gents de cheual, veu que le Seigneur r
votts a commandé de ne retournerplus iamais par ceste voye la. Car celuy qui conçoit telles choses en1
ç
son efprit,ressemble au Cheual efchapé & fougueux, duquel on dit ; Tirez, vous arriére des piedsduy
Cheual; de ce Chëuâl di-ie qui veult tousiours galoper par FiEgypte, c'est à dire par laplaine dess
volupeez Sc plaisirs charnels. & pourtant le faut-il arrester auec mors &cauesson, si nous ncc
voulons courir à bride abatue au pendant glacé de nostre ruine Sc perdition.Carcomme dit pro-
prement Euripide, L'inftttuneestLtfin dufolfans loy,,fansbride.
Le Cheual demonstrebien souuenten la saincte Escripture Thommeesgaré Sc vagabond,qui seb
laisse emporter hors des termes deraison.£xemplc: Le cheualfouit à donnersalut. Sec. Nesoyez- pass
faitf comme le Cheualejrle mulet tesqi*els il n'yapointd'entendement. Antisthenes eut bonne grâce,'>
comme Platon louoit en vlie rriostre de cauallerie,vn Cheual qui par ses fréquents& fougueux
hennissements monstroit auoir vn grand courageduy qui brocardoit volontiers Sc donnoitt
vn coup de bec àla venteriede l'homme://mefimble{cç dit4ï)queyousdeuiendrez, aufiiquelqueiour r
vn bon cheual. Mais comme plusieurs s'esbahissoyentqueThemistocle auparauát lascif Sc disso-
lu se fust rangé à vne façon de viure tempérée & louable:Ne voyezvouspas{ dit-il )que lespoullainss
indomtez, ejrnettfs deuiennenten fin bons cheuauxíÇ'cíïdonc prudemmentque Prudencedescriuantt
Forgueil Sc fierté de courage,dit;
v t
Par les fiaârons espars Arrogance ahault train
D'aduenture trottoit comme vn chenal fansfrain.
DESBAVCHE CHANGEE EN ATTREMPANCE. CHAP. XXI.
QVant à ce que i'ay touché des délices Sc plaisirs des iEgypciens, S. Ambroise,fuyuanc less la Vasque
proposdel'Apostre,dicquelaPafque se célèbre le iour que lc peuple d'Israël laissa VM-„ quâdsecele-
bre-t&quel.
gypee : Sc que celte solennité signifie le passage Sc eschange que font les ajues des vices à la ver- le signifie.
tu , des affections corporelles à la constance d'esprit Sc sobriété, du leuainae malice Sc lascheté,
à la vericé & stable fermecé d'vn sincère propos.car Hadrian reprend la mollesseSc plusieurs au-
tres vices és iEgypciens,& semble désirer que la cité d'Alexandriesoft mieux moriginee. On
lit és liures des Sybilies ceste parole,MILES ROMANE /EGYPTVM CAVE. Soldat Ro-
main garde toy de l'Aeçypte. ce que bien que plusieurs ayent pensé estredict à l'oecasion du grand
Pompec,& que les Romainsayent quelquesfois doubté de rçstablir par armes Prolemare cn son
Royaumc,apprehcndantscest aduertissementrilsemble neanemoins que FOracle sc puisse incer-
E z
51 Hiéroglyphiques du Cheual.
precer en aucre sens, Sc auec plus d'apparence s sçauoir est qu'il leur fust enioinct par celle enue- A
lope,comme leur estanc donné de commanderfur les peuples dëla terre, qu'ils eussenc à se don-
ner garde de Egypte > c'est à dire des délices,lásciuetez, Sc toutes autres choses qui du-defpuis
effeminerenc si vilainement ceste braue & valeureuseespèce d'hommes, aufll-tost qu'ils com-
mencèrentà se desbaufcher,qùe dëslors en auant ils ne firent rien qui vaille,& donnèrent ën fin
du nez en terre ; si que leurEmpire fut ën soice transporté chez ceux qu'ils auoyent non seule-
ment à mefpris & contumelie,mais aussi lés denigroyenc comme haillons SC balieures du mode.
Mais dautanc plus .que FiEgypce estoic malencontreuse au Peuple Romain, d'autant plus heu-
reux soccez promeccoyenc les Oracles aux ^Egyptienspar l'arriuee des Romains en ce pays là.
Car on tro.uuoitescrit en vne colomned'or à Memphis eii leccres ./Ègypciennes, Qu'alors scroic
finallemenc FJEgypce deliuree,quand les faisceaux de verges des Rpmahis,& leur praecexce y sc-
royenc arriuez. ce que Pollio cefmoingne auoir leu dedans Proclus Grammairien. Cerces qui-
conque admec la vertu &í discipline, est libre de vices. Or les Romains estants paisibles Sc par
terre Sc par mer, s'abbruuerenr des molles délicatessesd'Egypte : Sc les iEgypciens, se reeirancs
de leurs desbauches, s'appropriereneen fuìce Fancienne vertu SC industrie des Romains, Mais
nous traitteronsailleursde leurs faisceaux &magistraçures.Quant à ce qui fait pour nostre pro-
pos, Adamance sor ce passage touchant Ioseph , Et obtient la principautéde toute l'Aegypte, philo B
sophe comme s'ensuyt : Il y 4 mis soubs les pieds la cupidité, euité la saineanti(è,domteejr gourme tom
flaifirsejr volupte&de la chair. Car cela s'appelle commanderfer tout le pays d'Aegypte. Voyez si bon
vous semble S, Iean Chrysostome en. l'oraisonqu'il fit à la veille de l'Epiphanie, en laquelle il
discourt plusieurs choses touchant l'^gypte sor ce Jpropos, •
RAISON ET CONVOITISE. CHAP. XXII.
Raison e*» TL y a quelque chose de semblableau Pha:drus de Platon, disant que par deux cheuaux arcel-
Conmitise Xlez, à droict & à gauche,il faultentendrela raisonSc la conuoitise;&commandantde metcre
demonflrtz.
par deux yn rude mors en labouchedu meschant Sc desbordé, tant qu'elle luy saigne de toucesparts.
Cheuaux Tant que tumbe a fis pieds le Palefióy superbe,
fittelUf,.
Et fis flancs téméraireil couche à crud sur l'kerbe.
Alors tu luy rendrai lamain tout doucement,
Tour le rendre ployable à ton commandement.
ORGVEIL. OPINIASTRETE'. CHOPPEMENT.
Insolence. CHAP. XXÍI I.
Quattt vi- CAr aussi Philon remarque quatrevices en Ce Cheual de Moysc,lesquels doibuent estre ict- C
tes remar- tez en la mer auec leur cheuaucheur. Premièrement ce pied leué, qu'ils ont appelle Or-
quez, par le gueil accompagné de l'autre pied,quitraine quand &soy vne panchante fondrière qui menace
Cheual de
Myft- de more, fut laquelle il trébuché fort souvient, & tournoyant comme prest de cheoir à chasque
pas, âpres auoir bienbalance, tumbe en fin dans vne fosse comme vn lourd Sc pesant roussin.
L'vn des pieds de derrière monstre vne subséquente obstination de perseuerer à mal faire:
l'autre, le plaisir & la ioye que les meschantsprennent en leur mauuaise vie. toutes lesquelles
choses descripuent auecmçrueilleusç similitude le Cheual eschàppé & bondissant mentionné
par Platon. Anaçreon Teïen taxant le fastueux & arrogantnaturel des femmes,accompareplai-
samment au poúllain de Cheual, sur lequel aucun n'aiamais monté, vne fille qui comme luy
va trottant à sauls Sz à bonds deçà delà fans arrest,
Poúllain de Thrace pourquoy
tju "ayant tametransterfìe
D'vne oeillade trauerfée
tjrîauuaifefuis-tu àe mtyf
Tu riaspoint encore afprins p
Aucun entregent: mais certe
Ie te rendras plut experte
Si-toft que ie sauray prins
Auec bonne bride\ ejr frains
PouQJfmmúfiler la bouche #
Comme dvn Cheualfarouche,
Et faire aller autre train.
Carie te feray pasfèr
Sans regarder en arriére.
Jusqu'au bout de la carrière,
Et la bute outrepasser.
tMe.is qui fin(l'Escuyer^
Cependant
Liure I^fc - y|
^ Cependantqu'emmf les prees "'" \' '"''"Z*?'".,. : V,-. Z'. "
Totastretuteretrées, '-'] }:;;r'r:' ";"'' '"' ~'J;-fc't : .'..>
gui tapprenneïmanierìs- .•..!.-,:.:•';.. _
•;_UJ! ; '.'.•..'..,•'•
À ce propos fait vne tresgalànteOded'Horace tébçhaÉtTà-Génîrte índòstitéer
_
Lib.i.Odï
Llb-
'••-í Ellé 4'apasletoi"ployable . ... .r.-^'f----.- -rJ-; s'
„ •í-

'Dèjféubs lëièugi&rieft'capable ^ l^ - £ ÏA •-.••-.'•.-.:


y.h D'egaUtrencoi iéïesbdts-;Uv'rVVJ ' '—'?"' '_n'"":U : -'-Y' "^^ '
gue doibt la compavne de touche,
Nt porterdu Taureaufarouche
Lt faix fi ruant aux"combatSi !;''!:;;-;,,1'"-.iíîí;"';"î c ' '• '
De ta geniffe le courage
.
< ÎV-S-.U-w.
Est à fòlastrer fus therbage; ' •, ,w\-.>-\_ ; y1^ v,i ' •••>*
Ou recercher le fiais des eaùx>' .*":.* ; ! < *( ; -; " -" -
Par fois austi elle s'efgaye i\ I-Ì\ .y '-lVi :••'
K^As'esbáudirfoubslafaulfayè ''"''' *~'"'*""
- Auec vn tas de petits veatíxy
'''
'''' "' :> " '

Plus vne autre où sont ces vers touchant vne Poultres ï


" v" V V
J^ui comme la Poultreà trois mois .
Sautelíe ejr bondit
en la plaine, ' • v'v; •' ";"
' -
:'V^ ^
'V.
' -
:n
*

Et ne veult pas souffrir qu'à peine ~ l " '"''"'' " 5 :' ' -'\v' i:''vV''. !''-!
Aucun la touche auec les doigts} . , .j-y ' ^ ;-i.j, ... ^
Ni fçauoir mefme, encor peu sage, - ' ; :'.! ; l * — '; •••.'•
Ruelleest la loy du mariage. '-* v> VA^V.'J', .y y .•. - .
Quant à ce qu'Anacreon appelle vne
_
«..
ïv.\V"--\';>.« v, '•v»>^.
femme dunóm^dçP«uitre^Nicandreenl.fait de mefme,
.
••-» •

continuanc la mefme métaphore auec gracç, quand iittaictoe des cljtofè&quiîsont bonnes concre>e
les poisons, car le laict d'yne ieune fille y est propre.' AuIteudeàxtìÈÎxifí\defiUë+ù. a mis laicJde 'e
pouitre, suyuant le terme d'Anacreon, dUant qu'àcest.éffcct:nest'tòpn\ d'^nfusèrdu laict d'vn
tl
poúllain femelle; & s'il est possible, d'vne puçëlle qui soit étil là plu» vocte fleUrdfe son aage,auecc
du bausine. Ce que les Interprètes entendent non duiaict d'vne potttaeV mais bien d'vne fem- L-
Cme. & le confirmentpar l'autorité d'Erasistrat,quidkiie^^Jaict^esi^meestreVtile
contre les:s'
choses mortelles. .VJWÏ*'iV^.'-" -{ V.\VAV.*V''>> "...
LASCIVETE' COVRTIS'ÀNESÍÍ^'ài^.G^*^vA*-XIV.
LEs Poètes accomparent lés filles de Diomédë(i^htetolcèst cnr^e%'ôt áe íhrace }lcs plus c«
qm:déubrafl^ IS Courtisants
fameuses courtisanes de leur remps,à dés Ghéuáux 4. accíparets À
" dtsahtuat»
«J
auteurs Grecs veulent que soitivenu lepilouefbe, LaheeêfiillÚèDtórièiÉe.";- Ainsi FtíflcBrfd^înter- r- carniuoni.
te d'Aristophane en la comoechcdes Presoh^ I-
loic.tuer seshostes, Sc lesfairémaiigeràsesGheuautf;'fòy&^'''Iáfabìb-cjú-i'lVbyoitMilite' le
par le
consentement de cous les Poètes. Orâ^^ H
selon lç sens que nous auons recueilli des>^ ç%fFFordi-i-
nairedes Grecsdoctes,dappeller Hippobïnt,lhommèíftEtémpërén^éníúddònhPirtrx0^esbaui-
ches.& négoces vénériens : nom qùcch^cun fçait estr^Méduict ár
,
que pour cxcreme.çoritumelie,<quaud^ l-
Jciijecé d'aupun,uousvCòns du terme GreCMppopoïnëPliiih.fâincté Éscr^curé ilBstrtfictà mes- '" Hitroglyphï-
Hl
meçjitçnceiquaucunsse sont affolez aptes les fcmmésiíptfUrautant qiíe chascunhëridiJlbìtaprés *S' quetslti.vo-

DÍasomme defoiipròchain. Le Prophetéaccorniriode àU^lïèrnme,viitenrie Cheual, i luptueux,
/MJ
> propreau
" pour
le taxer d'yne brutale pétulance. .G»<tbuthomméirTést pas hôMnie, selon lé-dirè d'Ada- Í- ' ...
.
mancç: mais quiconque s'áddonne àtelvidô^st hòmmè^clíèAiaì.ainsi c|ue l'hommeefleué érr
honneur, mais»yuideSc defpourueude fapierwô,esthommë^feëste.car*òh l'ëstimesemblable aux IX
beftes fans entendement. Et l'engeance deviperes, dohf bi^lé'riostreSéigneur,sepèult appel- d-'
ler homme-vipetç. Aussi Maxime Tyrien «'entend âUweTchofe mèroglyphiqucmént par la
double forme du Centaure, que l'accouple de volupté. Car toutes fois Sc quantes que les par- tr-
ties brutalesnous maistriscnt, &: que l'ardeurde conubìrisc surprend, accable, Sc s'assubiettit ia la
noblesse de l'efprit, l'homme se conuertit enbeste à raison des lálës &:dësbòrdez appétits qui le
leigneurient. Aristophane dit plaisamment Sc de bonnegraéc;que le fils de Xcnophantés,hom- n-
mc de moeurs rustiques & hagard,est représenté par lesN^iées soiibs la figuré du Centaure. Et:1c le
nom mefme de Çbiyon,fuyuant.Liílignification par laquelle ;ïl signifie âu'flì lë pire de deux, don- n-
na subiectde risce, lors que Diogcne eut apperceu deux G'pntatíres foreinal pourtraicts en vn
tableau, &: s'entrebatans. car il.dcmanda lequel des deux estoit Cliiron y& penfa-on qu'il s'eh- •h-
Huil ï du nom, au lieu qu'il cntcnd'oit à son sens, lequel estoit le pire. Et
pource qu'en la saincte
cte
K 5
$4 Hieroglyp^igu-ffféllCheual.
Escripcure, ceux qui s'employentà des sales Sc immu^jfs ^^^gy^j^Mtf #ffe^^ez bestes lans
.
intelligence; Sc les paillards,bestes addonnées à leur sens Sc ç^i^^^l^^^leur
ventre. He- ,
syche Euesque de Hierusalemles appelle Estalons^ierog^y^^u^ifef^^Sfi1^)^ â celles gents.
Pareillement ^ff^XMik^n^ **#
a entendement,ce que les Interprètes exposent ainsi : J^g,(i^mí laìffip^fupo^r^^vneamoureuserage
enuers les femmes ainsi que cheuaux desbridez, ejr furieu3^^^^'^^^\»^^4S^á^^*^^hennisse-
ments réitérez ils teímoignent Fintemperancede leurs v61upj^,ç^r^^._j_^^i^.itsdu-tout ce
qui est bon ou mauuais, honeste ou vilain. Ccrtej p^^n^ft'f^Qiix^ plu,^mplement ex-
primé
1 ceste pétulancecourtifanefque,dénotéepar ta^ç^^ífe^fl^àj^^ro^yphique de la fi-
igure cheualline, qu'a faict Virgile au 111. des Georgiçp£§:?•-.• ,, \.M; y v : %-l
Voyei la k vne ardente manie ^ .-, -.,.
bV"? y •: -o
Mytholog. ?• Venus mefme engendra quand cellesde<Potnia(; K; rv AÍ ' \i.
li. 8,ch-5.
Les membres de Glaucus defihìrerent aux de^ïs. iy ,. •»« y y;-'O
K^dmourpar la fureur de ses flambeaux ardents <ìï/, uH,»„ v.,/< -,Aíq
,
Les porte outre Gargare ejr le sonnant Asaigne. ; y <y*:S\ *<n\*\ y;: ' V
ERes vont surmontantmainte roide montaig$eir B
Outrepassant maint fleuue ,ej%fi4$qptgljffk$i
r .-Ï Y vo- -.••• -.\AY
.},-nv.-:o nio- ;c •;:.;- - y
Ce feu dedans la soif des mouélles defiçng',
\ -\ *- ' . . -.- --*.*
Plustost fur le prinitemps {car es os fi rallume \\ <?.*
.
K_AU primtemps lauhaleur) elles ont decouffume,^ <\ ^ - .
Lefiont vers les Zephyrsjshauls monts fi planter,
Jlúmerles airs légers iejr,n»erueillea co0er..
Sans maris par le vent fouuent degermé enflées
fuirpar rocs ,par monts, ejrpar baffes vallées,
\
yNm^nkmtí
^SSe^ftÍ/pJ^âA»^ «9bci»>aM0tf (^iior^^ ^i^^ ^
]
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1-MdohniUj^knomAustreHér vì'y;yy,:íiu:,.y!;:.,yy.
:-.; o y ìtëtorfl^
&ç/&^ •:'£lJ<>!' >';"•'.
.
ywìJlfiíàiitfawirw^ •••'"'•" :'!''t^-'V"'>'' '.^^crvìs-^ouc^
,.

r-,-. Entre les pafhreMtX.-, MipsouuneVeMu, r. ÌH-JÏUSÌ T;,-; m:^xn<-<: -A .À/MXX--

Jîhtefouuent la marastre a d'vn coeurnon bénin ' •;•"}\ 'rs'\


'"'"'-':;jr C
: iyjfrafirwtflaÊgeant&sdjfdej.venimeuses, '"'; '*''*_ :_ l i) ? £. A

lêìmfie d*
Chaume.
• t^ebati^a^re^n^
WW hfWfà4fàfà&Hì!i^ taraùaillez de ialbusië'que de »'«ft-
^aj; c^aìíesí^dk^cm) ereSyrie, oùse

tjfcfdejurn^
ture qu£]^ue_£^^ pour la saillir^s'endeípite si óutrément,jqu'il
<&Mff.f^lWItèPfS »^^^-ÏÌ^^^hfmía^h6les parties honteuses^ beUës délits.

f.
Arist.lib.í.
<m?k^F^^^m^^^^rhfm^m^m veult p^s àdraièrtr*le Chéuàl. Si nefaùt-rlóu-
la bíier^, dir^c^^^^jjjift.fej^f4o; VM^mmxì^j&l'cicceflSue impuissance des Chéûaux, &
íh.i x.deÍ• •*
Nat. desí. ^tiS^ÇÍHÉ;^^ que ce poison, cueilli bien soúúént, comme
nou$ Ye^o^d^d^^^mj^^^
animaux.
nommé de la manié ou fureur en la-
WUe$Brç»fi;fc certain ^hormisMàéháUen
•„
Tsiuersts
*!»' ay^^
^4^ y^HiÇ/^feç^^LjB^eJiferQtoW^qu«Bttiy8>d'ArgQs>auoitîextreméméht bien mptó,r
opinionstou-
*** çpm^oj^ufl
chant rap- rr^ Eleensàùoyeht oriihîòhî p
pommt. °Vifçl^4^Wffc^»irï1§fl^îHfl€êkm^fa8d®>fojveipjsoiwa
que les Cheuaux furent ëíprïsdf'^nc
fi %itìfeî»fl» 4^^f/l^> ^^^teíffi»|^^c^ nous;ap-
Pren<ic£Ífebj^W^

maceqyrijï^ ,..,:fy. -:.. y; y, ,;i;y'.) .;-y;ii;,7 yh y/-;;- " -.-." -" ' :>'> i:l :':'"'<.:- '•
( .,

.............
Ty-a#aiM<SW-ìfc$
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pnl^tdivmesttàng* marne,
iesíÇk'euaux.de'mfiVêérp4r»0Jttsà'parvaux;
,£__? -
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Ce que,lí_5víìxpÊÇt_9,^, pra^içs remadr^Qt cn efect. Les autres iççmtrariërtìínt òpmiastfërhthtà
'Çhc.pqfiç, soj^lcnaiíts quje fie B'ejft point^nefilante, & que l'Àrcadie ne jpfôduit riefr dé fehv
hda^lç,|£ tieimenc pour vc#it.4.'fle;.^yTfafopln^eesenpt d'vn petit mòrcèaú de chais, de la
^Qtíeufi4'v«e figue ,qiu; s'ft$tachçja»fewt du poúllainfiraiz-nc. Toutefois Crátéíiastient que
c'est: vnç.p%e,qu'4kp1îteymêw& àla grosseurd'vne figue sauuage,& h feuillé nòirastte
com-
me
z\"jLinm)i iM. $5
A melefauotfgu^ les venesices
^©i«ettX.J>our^
ceste petite bosse quije£^ì^u:ft©nt*^ au lieu
de^^>&3ltt$|i*^^ lípinde^liair..Mais ceque
ïhepcrit çj^uâ^ 4e>tfuip.ïappprter àla, ^nte. car il ne faut pas
croire que Jeíf^uUams seuls ^uiiKusi^ Hjppomanefaufront, veu
que f^sse^c©^^
estcercaifitpe4f&«#ne«í«^ffe#yicy ï^jioçtes4ajSí^qa^eelles quicrcúíïçncen vnrhëu,ont vne
force, ^pj§f$s^^^^
du mot Hippomane, atçi^u qú'd signifiatrois diuerses chose te
esprisedecìialeur^est etjuftutniered^içtter:hors partknacuoee.,dont Virgile;
Gcorg.fi.j.
ce qu'vn ftgaja^tíau^eairífijstime enîdiose; sérieuse*esi^é vraiment ìappellé du 110m de Hippoma-
ar
ne. Tibulle au cas pareil;
^'0^pp^mane;qu'onjvoiddeSe^wdee((uleif,~r '"••-•-
r y
Des Pouíires en chaleur,quandVenusfait couler-,
Les amours dans le ventre aux trouppes indomtées.
Car il appert à leur description', qiílHippomaneÉn^fe^endîfcyitóqîòurvii^planteí,nipour vn m
périt morceau de chair* Aussi ne voyájepointpoudqúoy iíên^áié&hierqmlfetrouue:en*Àfca- a--
die quelque plante .qui cause vne amtíut^r,agée^xiisq^ donnent «t' '

tesmoignajgëïD'aillèurs,Thëò r-
ceau de chair gros qomm&vne fi
auecles dents Sc ne dêuôréyélle n'aurá?ftéfoingneéurcfdèìnsotirriísonitaiit.dequoyrVirgilcj
y, •?
CxftamoHfala-mere,eJranfronÌartd^^ yy..y".yyy;y;i';' > iEneid. 1.4-
Du poúllain nouueau-né,est^encores'cWehév> ">íivòfs:h ZÍIOÌÌR-! *; ^Ì-ÍQV-.^ £.•;.;•;.-. ?;;-,<;
ic ne troutie pointde rajison à s'qpiniastrer au contraire. Aussi ne faut il escoucer ceux qui par
ar
leurs scholies sUrDiofcóridé souftiennent quehi^^^lè^nÌT&îácriè-, MimésâiêìTibulle,n'en- n-
tendçrit.|arFH^pqm^n^^cre ç^Qse ar
tout d.efypriçpoùr vii n^^aiçc1;j£4è^^ û-
fie tro^cWes quiiè^eu^
m
íìt * Zfpttt dt
r1 Piin.li.to.
Arcadie,. dont Çrateua^jdcícrk en !TJ^é^rit& ft_^^ vetòficcs
ëS ch.n.
amatoù-es.ynipou^^ j.: •>Fenoilsau-
de cc4é^umeur,qu^ ,«....
Cl-
"*&•
Plin.li.io.
ilote. ..Qji&cçsitrpis^ tech.i,.
Arca^quc ,,^xeíW Run^ "f'
Peult estre auçayrie çlj^pjus. eì]u^euxence mi^g^iqueìie fáifdfi dé rceduíè ^ue
ie
nous
auphs,entre^wá^a^s, i_l^tqit^es^Q^cí^c: V^f|j;eî-CT^ #e
ae
a
nostrx,aa^,íqjtìpa^
nous eust permis de íoustenir Fhoafe^ & k
)11
h,
tres-grands chascun en son eípece. •"«
D
'$}& 'P R &f A N E. "- 'k C HA P. "ÌXV.
LEÏ^èírMd^*^ dtpar
ar Cheital, hie-
Ín,íeí3$íy|h^ (
le T<£typl>iqu*
mëshìeJo#rÌ^ iu profane.
Itahë_,gu%^
dit.LësauttésinterW ÌC
soft bsen'fáict si à^auttríreìë£rè$re^àbsentôií:PBuYcelmr]^ à^ós preftrës de
lc
pa^e^^ áiris s'ôecuper seulemenc
erauailler,q,è peur..cju^í^ífe soVéhtdìftraicts
à prier T}iëù,Sc lë IpdéVsepe fois se iour. Et ^ It
h
quelesj>remiefs,&: plus vcnëí ables Prélats de^ FË^ifôalHeì^ÍÈhCualpar la Ville, nòcammenc IC
aux iourssoìënnels, fors lé ió^réà^tscúlcnté^ à sainct lean
Lll
de Laceran:caralors àà vòid les Cardinaux Sc^ùfesi^ués ì!accònipàgner fur dés cheuaux blancs,
S. Défendu
i au
Dtffateur
•;;L',AV.TrO-RJT,E/; í.b^,,:fíiiiAîP.y:XXVL :, d'r.Ueràche-
ET comme la dignité du Dictatetir ftist mt^ëilleúfemtíBft reiiérable «ux anciens Romains,S, Plutarque
i
ual.

Viic certaine vieille loy luy defendoic d'alíer1à chcùál. Nutaí-queen la vie de QJFábius Ma-~ \cn la vie de
Fabius.
E 4
56 HicroglyjáBiques du Cheual.
Xìmusen dònne dittersesTaifons. soitqiF/ïls estimassent qu'au faict des armes consistait plus de A

désemparer la placé:soie ^
force en Fînfanterìe ,&c|úé pourtant fáioit il q^

hique au gòuuernerrlëhtde coût l'£stàt;iílsayent neantmoins ySuíi?^tfëtó\!ëëi4èT)ictateur se


recognustinférieuraupëíuSiè: TóMèsfòisïbëiuyEàbiúísdefígineDictateurVa^>tìésrCjH.v'ilseurent
perdu labatâïlléde Tliráfyniene veut lèpres
ble& periljpourfaire paroistrë là hâ|itësse'& grandeurde cestë princïjSâUté, & quë'éhàéun trou-
uast l'aùtorité d'icélle doutant plus rèlëuëè. ' Gàr le Ghëuàl est vn-âriîmál du toutriTiiperb e ; SC
ehéuaucher, semble chosédiònorâbseypó^ Fâbjêctë&'Chèti-
ueconditiòndeDiogerìe^tuïquec'estclìôsefeáueèu^pms¥éh%ulïe^ï ncMK
Jjhte ie voifiìichéùál'iejrqiïvhÈófitíenourr(^ëec\mI)ië^énëS£ plusieurs'aucres troú-
uoyentmoinsconuenableauPhilosophë;*DéfaictPíatbnestantv^ëfoismóhré à cheual, des-
cendit toùt>còurt, dssanríjtì'ìl bfàigrioit d^estrëeÒHtàmmépar ^utí%iëíkstou brauérie cheua-
leresque.
LES VERTVS DËATÁBTVS LË DILAYEVR. B
' cîif.'-x:;xf IF"
Image rn*r-
quMt Us ver-
Mtificeenvn
Ais pour feuenir à nos images yi'ayìveuvne figure de diuers fubject graué d'vn grand ar-
Onyx^Elle a lá testé de Cheual, le visage d'homme barbu iusqu'à Festomach,
tttt dtVttbiut"
Max. les pieds de grue, là queue dëCoq.ôcpoUr deuisc, ces letres,, FA B. Par laquelle feinte on peult
aisémentcôníecturer les v«rtus^ perfections de Fabius IcDi^
teste de Cheualde souuqraití commandem
barbtìeiusqu^Festomadhjsâprudericeiiparlespiedsdg gfu^fa pouruayanec/on delây, fa con
sideration ordinaires-.par la queue de Coq,lá victoire qu'jfremporca. de toutes lesquelles choses
nous auons exposé les raisons chacune eh son endroit; \ -^
'
LÛEEAVTirDE.,:ÇQMÌMÍGE. '"','V 'jC'HAvZ.tt VIIL:'"
Itiereglyphi-
X^!^t7<^*S$$l st^ ^* 4^âêrea^H^Ì?Mò^yP^iqué?par lëqùel oh expríihe lë desespoir, ou
yuc dt defif-
s" JLJÌÇ rh^ençontreuxcpmmencement <íefáenóseqh^h àúrà entrepris,lën pèingnarçc vn Clìe-
fiir tu mal-* uaìquírírohç^
tnanirt.
est cpruirtnee íí par lèpwqëtDé & patíés.âujjitfes: des^tíéíë'ns. Leprouërbe est reí íHeme ride
_&$ìsihnius Sàj^iítoTèÀpiicJ^ désfe
mon hongre,, çe jáîjr Galba. a c}ùi le éoeUr vient ì. faillir
lecommençc^ieritdeqúéf^uebesòn^nyrSarcqmrncSjulpicitìSGàïba'íorrantpour áîléxpren-
drç,ppssesiìp^^ estoit chue dés la porté fié me ri de
n%fnkon^greXt<fà$si^ ni tait qu'à peine
çfifnrnepfé. ÒuantauxaduentureVfcp^omèés^hiufntâpourtoús,dùiàduëintdaíisÂ'rczzoau
Cqnful Flà^ léquél'ëstâhc fasche dë'v'òir lc Carthaginois
' errtrl ([lesia ìufq^u ^U éoeur cfc à sac SC sàhg sans résistance; voire s'adúançant
à grandes iournees pouf assiégerlavúìëdërlomé, mit brusquement les Trouppes éh campagne,
-,
mais ne fut si tost monte, que son Cheual Vëìtit à tumbér í «'pair sa chute fit dohrier ah Consul
de íateste sur le paué. signé á'vhmaìentóhtreux coWrtìëricëment. car" H sot peu de témps âpres
defaict auec toutè son armée ëri ééste honteuse bataillé de Thrasymené; " ' ;

DI f F I Ç V L t E'. GH-Ai>. XXIX.


jtuirt d$1 y^ Vssi né mettronsnouspointmal;àproposentrere^le.speintures.j^aCheualtumbédans
tntsmtstni,
'• jtTjLvnfosséjou plongé dans quelque fondrière, où le limon & la vasf;l£;;etien,^ D
opiniastretéqu'il ne s'en puiiîèdeípestrer!quand nous vouerons donner à çognóístre la diffi-
culté ou Fincommodité de qjùelque a^air^Êt <|ç faict tel estje naturel de^bestes de somme,que
si d'auenture ils viennent à tumber çnquelque^foáseoufondrière, ils y sontcellemët empestrez,
qu'à peine s'en peuuent ils releuer, tant acausc dç leur cíiatge qui les aggrahe,quedu Iímònneux
bourbier auquel ils sont couchez.Delàçe qiv^en Tite Liue Iubellius Taurea de la Campagne re-
partie lórs que las & recru âpres vnïong duel qu'il eue auec Claud.Asêlliiis.Romain, Sc ne tas-
J.ib. ».
Pccad.j
chant qu'à se soustraireou desgager du combat ; Ne sois p,i>s(cc âit-i\)comme lé cheual defemme dans
vnfoffé. Ec comme cestuy-ci ne sceust à quel propos Faucre vsoic de ce cerme, Taurea cousant la
peau du Renard à celle du Lion, luy persuada que mcccanc pied à cerre il descendist eh vne cran-
chee pour lc bacre Sc mesurer leurs espees à pied. Ce que le Romain ayanc faict fur lc champ &c
fans dclay,Taurcaluydonnancde cébrocarda craucrs les ioucs,remoncaprompeemencà che-
ual, Sc s'enfuit, comme voulant dire, qu'il ne luy scruiroitja de bardault, &: n'auoit point cm'.ic
di! deuallcr cn lieu d'où il auroit. de la peine à sortir.
' CERES-
Liure IV. s?7
A CERES. CHAP. XXX.
ORindustrie
à fin de » obmettre aucune chose qui serue pour l'image du Cheual, entant que nostre! L'image de
en pourra fournir : nous Usons que les Phigalieiis auoyent en vne groee le siniu- modéeCeres
' accom
lacrede Ceres, assise fur vne pierre, ayant la teste & le crin d'vn cheual.»Mressemblantau reste à[ à la
nature
» de
vne femme, aurour le chefde laquelleplusieursfigures de serpens lacez ensemble, Sc d'autres l
l'vniuers.
animaux fretilloyent, portant iceluysimulacre vne longue robbenoire, & tenant en vne de ses
mainsvn Dauphin,en l'autre vne ÇolombcMais ie pense que c'estoit le portraict de Venus,bien!
qu'aucuns dient qu'il fust de Ceres. si nous ne disons que îa nourriture Sc opulence signifiée par
Ceres, sert d'allechemencaux délices & desbauches. car de ce que nous auons traitée cy-dessus,
il apperc,quela teste de Cheual ne signifie point mal à propos laseiueté. I'enseigne au eraicté que
i'ayraict du scrpenc,quel'entortillement&: circonuolution d'iceluy, déclare les noeuds Sc les çn-
traues d'amour. Aussi ay-ie ailleurs aueré tant par l'histoire,que par tant d'images de Venus que
l'on accompagne de ceste efpece de poisson, que ie Dauphin est le simulacred'amour. I'ay fina-
lement prouué en son chapitre, qtie la Colombe représente Venus : ce neantmoins veux ie ac-
quiescer à Pausanias attribuant ceste image à Ceres. Mais i'ay déclaré au commentairedu Por-
ceau,que Ceres Sc Venus n'estoyent qu'vn, du temps de Pcolomee l'Asserceur. Au demeuranc
g ceste manière de peincurepeulc bien estre aussi l'hieroglyphique de Nacure mefme. Car la ceste
de Cheual,acause deja naturelle vistesse & légèreté de l'animal,demonstre les soudains moúue-
mens des cieux;lâ Colombe, l'èstenduédeTair,comme nous auons dict en son lieude Dauphin,
la mer,commeen plusieurs monoyes ; les plis Sc replis delaterre, les tours, retours Sc sinueuses
passées de tout ce qui se crouuc fur la terre, desquelles deùise Socrate en Platon, ainsi que nous
faisons voir au çraiccé du Serpenc. Les aucres bestes semblent monstrer tout ce qui vit en terre.
La pierre designe la ferme &: stable assiette de la terre qui se maintient par sa solidité. La grotte
en somme, Sc la robe longue, ceste quantité de secrets touchantles causes Sc l'origine des cho-
ses qui sont encore moins cognues, comme la teste Sc les pieds de marbre noir és simulacres d'I-
fïs, desquels ailleurs. '
A QVELS DIEVX LES CHEVAVX SONT CONSACREZ.
CHAP. XXXI.
QVc le Cheual aie esté premièrement consacré àMars,ilconstedece qu'on luyfacrifioit c Cheualcofa*
le X11. iour de Décembre vn dès Cheuaux qui auoyent vaincu à la main drOicte. Car cré
a à Mars.
Q nous auons dict au traitté du Taureau, que par la droicte onentend les mafles : &: nous voyons
Sc

qu'ordinairement on attribué les courages virils à Mars, nous en discourrons plus au long en
l'exposition du membre viril,& de l'Efchatbot. Orestiment aucunsque la cause de ce sacrifice
fust pour sc rendre Mars propice Sc fauorablc par vne offrande qui luy fust agréable. Et de faict
Pausaniaséícric,que Tyndare ayanc desseing de venger le rapt de fa sille,sit assemblerles Princes
& Seigneurs auec Mcnelas mari d'icélle., & qu'âpres audit sacrifié vn Cheual, il les obligea par
leur scrmenc de raire la guerre aux Troiens. Aucuns tiennent qu'on faisoit au mois d'Octobre
lafolennicé que nous vêlions de meccrè au"X11. de Dècembre.ôc que pour ceste raison ce Che-
ual là s'appelloic aussi Octobre, qu'en-oucre ceux de Saburre eurent à Rome vne grosse quercle
auec les Sacrauiens touchant la teste de ce Cheual, ceux-cy le voulans ficher cpnere la muraille
du Palais, ceu5f-là contre la tour Manilia. Quoy que soit, on immòloit au champ de Mars le
XII. d'Octobre vn Cheual enguirlandé de pains, pour la prospérité des biens de la terre. Et
plustost vn Cheuahju'vn Boeuf, parce qu'estant le Cheual dédié pourla guerre, il semble viser
plustost à la ruine & désolationdes fruicts ,,quà leur accroissement : au lieu que le Boeuf est né
j) pour Faduancemenc& la commodité d'àceux. - Encoreveulent ils dire, que les Romainsne sa-
crifioyent pas les Cheuaux pour s'acquérir la faneur de Mars ; ainspour se venger de celuy par
lequel on fçait que la ville de Troiefut prise,delaquelle ils se proTesioyent originaircs.Mais cer-
tes cela me semble vne bien froide & maigre calumrtiecontre le nom Romain ; qu'vn peuple si-
gnalé par tant de vertus, eust le courage d'ëfgorger ainsi tous les ans cest innocent animal ; Sc
que ceux qui pardonnoyentsi souuenc, de'gjrïefues offenses &gros oucrages à leurs ennemis,
s'attachassentà vne tant obstinéerancuneenuers les Cheuaux. Les Lacedxmoniensaussi,com-.
me remarque Festus, souloyent offrir vn Cheual aux vencsfurla moncagne de Taygcc ; &: l'y
brusler, à fin que les cendres fussent par les vents espandues au long de leur territoire. Au re-
en
ste Pausanias escrit
que les Macédoniens facrifioyent le Cheual au Soleil cn ceste montagne à
l-i façon des Perses. Pour
ce Xenophon fait présent à Curiod'vn Cheual pour lc sacrifier au So- Sacrifié
s. au
kil ; sçchant que les Perses estoyent coustumiers de luy offrir ceste victime. II dit aussi que les&'
Soleil.
Sarmates nourrissoyçnt des Cheuaux Mangépm
pour les sacrifier .& manger, pour ce die nostrc auteur ktiarmates.
k
à Epigrammes,
*
Le
58 Hiéroglyphiques du Chien.
Le Sarmate est venu âpres qu'il s'est repeu A
De la chair du Cheual, ejr lesang en a beu.
Car les Romains appellent Sarmaces ceux que les Grecs nòmmenc Sauromáteî,comme dit Pli-
ne au hure quatrieíme. Srephanus en fait des peuples |hfferens, bien que Fvne Sc l'autre nation
soit Scythique. Les Salentins brusloyent vif vn Cheual par eux dédié à Iupitenni plus ni moins
que les Rhodiens iettbyent tous les ans en la mer, vn char qu'ils auoyent consacré au Soleil;
suyuant la communecroyance, que le Soleil ainsi monté enuironne le monde : comme aussi en
Sclauonie, ils abandónnoyent aux flots marins, de neuf en neuf ans, quatre Cheuaux, par ce
que d'vn coup de Trident ilfaillie vnCheual hors de terrë.On lit en Philostrate aux Héroïques,
que pour obtenir vne victoire, on deuóitsacrifierau Soleil vn Poulain de poilblanc, qui n'eust
point encore senti de mors ni d'esperon. & ce par le conseil de Palamede,les Grecs estansvn
iour estonnez,pòur auoir veu le Soleil éclipser durant le siège de Troie. Or ay-ie bien voulu pa-
rer le Cheual de ces beaux harnois & riches bardes, lesquels i'ay achetez de mes propres de-
niers -, à fin que ceux à qui ils seront agréables s'en seruent : & que ceux qui luy voudront don-
ner vn antre equippage,empruntentai!seurs,ou bien en ache|kent à leurs deí'pens.
B

L E S
HIEROGLYPHIQyES'
OU,
COMMENTAIRES DES c
LETTRES ET FIGVRES SACREES
des égyptiens & autres nations.

*De ce qui efi signifie far le Chien.


LIVRE C I N Q^V I E S M E.
A FLOR. MÀRESE DE BELLVN.
A1 s à qui plustost quà vous deuois-ie donnermon Chien 5 notirri certes AUX
Mosquées d'JEgypte, mats à mon infianceff> poursuite amenépar-deçà Car ^ ì
touteslesfoisque ie considéroisquelles choses cessages hommes ont 'voulu don-
ner à cognoifire parleshiéroglyphiquesdu Chien, exprimans parlafigure d'i-
celuy 91interprète de te/frit dmin, le prestre ou religieux, les Dieux tutelaires
t£ patrons i la recognoijfancectvn bien-fat£t,lesimulacrede mémoire & d'amitié, le Prophète,
le Philosophe, voire Mercure mefme auteur des letrés i la foy, Hobéissance, & plusieurs autres
t
choses : autant defois mefouuenoit il de vous qui efies mon nourrisson, duquel t ay par expérien-
ce d'vne longue fuite d'années ,recognul'ajsec7ion enuers les letres, les bonnes ^ tres entières
moeurs, la recommandablepieté, la candeur&sincérité d'vn tres libre &* bien affeclïonnécou-
la
rage. éMats ie fidtfois peu d'estime de mefgayer en tellepensée ,fi ie nauois auffila volontéde
^
mettre par escrit, ^par ce moyen me combler d'aise contentement au récit d'icélle. le I'ay
doncques trié d'entre tùus autres animaux pour le vous dédier, non point à dejjeing de vous ap-
prendre
Liuî]e V. 59
A prendre- quellesfont les significations du Chien : mais à ce qu'en efcriuánt &
relisantplusieurs
sots, ie rencontrasseplusfouuentvnfubjeSfpóurmefefraifchirla mémoire de voflre bonté, que ^
t
ceplaifìrmedurastplus longuement. Or c'est a vous de contempler par amiable naturel de
ce
Chien la bonne Volonté que te yrous porte,felçn.que iay de cptifiume d'accomparerìagalantife&
gentdeffi de vos moeurs, aux grâces0'perjeòlions qu'on attnhue Chien, affeurant
au m que com-
me il est naturellementprompt à1 contempler les images des Héros ç*> des Dieux : ainsi Vouspro-
poserez^, vous le Chien' (comme vousfaìffiésen effeïï)pour luy conformer
vos acJions. ^Mâtspar
le discours mefine du Chien apprenonsdeformaij\quelefison naturel.

L'HOMME QVI FAIT PROFESSION DES SAINCTES


.-':;.: .-•'•> lettres, CHAP..; I.
Es ./Egyptiens en premier lieuJìgnifioyenc par j'effigie Hiéroglyphi¬
B qu Chien ^eluy <|ui faic profession des leccres;íainctes; ques du
Chien.
pource que l'homme de ceste vacation doit. íur; toutes
choses aduifer, qu il luy faut incessamment abayer à guise d'vn..;
Chiemne cesser iamais de reprendre les vices des hommes,mon-
strer vne. seueritçv? ne s'accosterd'aucun profane commcfaitle
,
Chien enuers ceux qu'il cognojít, à les voir ou flairer, n'estrë deìa
maison de son maistrc.Tels ont esté chez les HçbrieUx;ÉÌic,Bicrc-
mie, Èzçchiel, Osee, Sc plusieurs autres. Tel entre les Grecs a esté
notammentDiogcne surnome Cynique,nom extrai.ct de Kyon, c'est a dire Çhicn;&:dp luy la fa- a-
mille Sc secte Cyniquc,fort recommadableà raison de sa perpétuelle austérité de vìë. A-laquelle lç Se(k
S« Cyni-
nous en auons de ce ceps vne autre assez semblable,espáducpresque par tout lemonde,mais fai- U- *"•
?"
.
lànt profession d'vne vraye- & faine doctrine, gardant vìiëmeilleurereigle Sc plus saincte disci-:i-
pline plus louable au mcfpris qu'elle fait de toutes chpses.profanes: vestue pareillement d'vn m
, Çar
gros drap,& remarquableen ce qu'elle marche tousiours pieds nuds,. eu tout tenips se sont
ut •
trouuezaucuns lesquels ont mcípriséle luxe Scìcs délices de ce monde,1,'fê.concençdns de peu, u>
menans vne bonne & irrépréhensible vie, reprenans tousiours eux mesines les hommesvicieux IX
C Sc malvueilíancs. Or est ce là que sc doit
ranger le bon Religieux, de ne Craindre point qu'on le
blafme d'impudfnce,en reprenant Sc censurant les vices &mal-versationsd'autruy.
LE'PROPHÈTE.'. ']'"'[ àtíA?;\ iíy-:;':"'-:"

A Cause donc de ceste licence Sc liberté de reprendre, i'ay comparé lë Prophète au Chien
abboyant.Horusen donne vne aucre raison;sçauoir est parce qu'ontrê la coustumé des au-
cn
u-
tres animaux ori met les Chiens à garder les simulacresdes Dieux ,Sc qisayans quasi tousiours Chiens gar-
Ij-j; c-
les yeux fichez dessus, ils semblent les admirer, ni plus ni inòirts que le Prophète s'addonnanct àav des des itna-
gt ey des
ges
h méditation dresse vers Dieu tout feffort de fa pensée. Liuius Ahdro'riic appelle les Commis, j;ç templesde
"> s
,
Intendants tic Gardiens dés cémples,dës sacrées reliquës,& des Oracles,Prophetcs: Dieux.

Lors oue d'vn'verdlaurierles Prophcïesenioignent


'S'enguirlanderlechef, ejrsaintement(èfeignent
Des sacrefainilssecrets de.la religion.
D Or est il que Fort se sert du Chien òu pour abboyer,où polir híordrc.Du mordre cn confie assez:
mais quant à l'abboy, vous deùcz entendreque la bouche est lc truchement des choies cachées L> bouchepa
;£<; La
i ré
au coeur. & partant le Prophète est celuy par lá bouche' duquel la grâce de Fesprit tire hors du "tte d? soeur
-*1* delapensce.
plus profond cabinecdu coeur les fierez oracles qu'il annonce. Car la bouche est soeur du coeur;
ir;
& le coeur,la source des paroles.&: ainsi toutes pensées decoulet par la bouchc,commcruisseauxL1X
de la source. Mais d'autant
que cc seroitpeude blasmer,cstonncr Sc desehirer les vices d'aucruy,
iy>
ii le couc nc visoic à mener vne bonne Sc saincte vie, Sc se dirigeoic là contemplation de la di-
ne a
uinité : les prestres d'Egypte ayans remarqué, qu'outré la coustumé des autres animaux, le
Chien(commc nous l'apprcíions des fragmets de Horus)ictce les
yeux fur lís images des Dieux,
Sc les regarde ententifuement lc Prophète
: ayant à faire lë mcsme,c est à dire méditer continuel-
lement à déceler les plus intimes Sc plus cachezsecrets de Dieu,
pour recueillir d'icy la cognoil-
íanec de ce qui doit aduenir ceux
; que l'on tient auoir despuis vne longue fuite dannecs, voire
de ficelés presque innombrables,acquis cest
art de deuiner, suyuant le tesmoignage de Cicéron,
onc tore à propos controuiié cest hiéroglyphique. SC croirois bien que nous tenons deux ce
']u on posa vne statue en Olympie à vn certain Thrasybulcsort cclcbrc entre les Iamidcs, ain-
•' nommez de lame duquel Pindarc fait mention Felpaule droicte de laquelle statue grim-
; par
6o Hiéroglyphiques du Chien.
poit vne.B.eletre,& ynChien ouuert gispiít aupresayant lefoye.hors,duventre. Ce queicprens A.
pour signe de deuinatipn ou proplietje, atcendu-qu'on dtt;-..ce;íThrasybulc/aiioirtrouue pat lc
moyen du Chien Fart de deujner. Çar'aussi tiennenc les Mages , que ]e.coeurd vue Belette mis
dessous la langue à ieun, excite V n espritprophétie. Pausanias jieantmoinsproteste qu'il ne fçait
qui fut le premier auteur de Fart"dedéuihér pátlë nioyèìi du Chien, encore qu'il efcriue que
Thrafybule seul practiqua ceste mániè'rë dedeuinàtiòn; Sç qti'tíiì le peult coniecturer de la sta-
tue qui luy fut posée.estQlympie. ' Majs pour-reuenirau Propliëte, iainct Grégoire disantque
les Professeurs des loix s'appellent aussi prestres^adipuste qu'on les npmme>d'abondant quel-
quefois Prophètes ,pour cc qu'ils doiucnt cstrëde la complexion que npus auons dcícrite au
Chien. Sc sc plaignant que plusieurs le prattiquènt fort mal : Biéhfeuuent( ce dit-il ) les Prélats ejr
Gouuerneurs maladuisez. craignans de perdre les bonnes grâces des hommes, n'osent librement dire la veri-,
te : ejrfeytiantlàparole de laVerUéniesâïè,lnèveillentpis fur leur trouppeau cswimebonspasteurs, ainsfont
office de mercenaires.-parcequ'ils s'ensuyentàia venue du Loupfe cdchanps(ousfilence. Lc Seigneur donc-
ques les tance par le Prophète Efàie, les appellant Chiensmuets qui ne peuttent aboyer. Or afin, que
l'on ne prenne sobject de calomnier les' prestres Ss gents d'Egiiic, de Faducrtisserncntque sainct
Paul donne, Gardez,vousdescbseHÌ\fàarae%vpiisdèsmaunaìsoìturicrs^Saìnâ Ambrpiic'dït qu'il le
«
faut entendre des Chiens marînS,Jqùi fòntseulcihèïTtestât d'engloutir &: deuorer les autres ani-
maux. Mais combien est horrible cë'qu'adioustç Ezéchiel à la menace d'Êsaie : fils de l'homme
f
(dit-il) ie ay donnépour espion à la rriaisòh d'ífrael, ejr oyr,ts la parolede ma bouche, ejr' la leur annoncer,ú
de-par moy. Jgjtandie diray au méschaïil,turnòùnas de mort,ejr que tu ne lé luyaums annoncé, ejr r/eparie-
ras point a luy i'afin qu'ilJe defioìirhè de fà tresmauuaift•voye,ejr. qu'ilviue, ce niefehant mourra en son
impieté,mais ie redemanderayde ta main'le sàn£d'iccluy- Çe qui est d'autant plus dangcrcux,dit He-
syche,que plusieurs fpíitentachez*dëceste négligente. Çar le prestre nonchalant, ou qui pechc,
ou qui ne réprend poirit'íes pécheurs , attire les sihïples à choses semblables., pour cç lç Législa-
teur au Leuitique appe^
LA GARDE, CHAI>, III,
•- /""^Ecy
se rapporte auflì,'suyùát 1 opinío de S'. Ambroise,à. la garde &: sentinelle que l'Ó fait pour
V_>lascurete des Seigneurs, difàiit que nous detíons auoir la parole à comínahdc>nent,de pciir
que l'on ne nous impute d auoir comme Chien s muets abandonné par vn lìleiicc de prauárica-
tipn,la garde de la soy qui nous a esté Commise.Lcs Théologiensprermenc cn ceste mefme íîgni-
ficaeiOh cëcy du Pseaumc i. x v 11, Lu langue de tes chiens fera teinte au sang de tes ennemis, où par C
les chiens ils entendent les Prélats dé fEglise : car ils sc doiuent cenir prests à Fenconcre des ad-
uerfaires, qui veulenc surprendre le croupeau des fidèles, à fin que les ouailles soyenc cn scureté
garanties cotre Feutrage des ennemis. Cc que Platon au secod liure de la Republique a ensuiui,
ou il adu jse le soldat Commis à la garde de la cité, de son deuoir : disant que le naturel d'vn ieune
homme de coeur, nourry a la discipline militaire, n efi point diffèrent de celuy d'vn bon Chien : o^tc l'vn-ejr
l'autre doit vser d'vnegrandevigilance, débonnaire eauers les sens, ejr maupiteux À (es ennemis. Car le
naturel d'vn galant Chien est de fi>ter de la queue ceux qu'il cognoist, gronder &: aboyer aux
estrangers, lesquels aussi cóst qu'il a veuz, il faic paroistre cn estre malcontant, encorcs qu'ils nc
luy ayent fait auçun mal,_?c qu'il a prpu desobject d'inimitiéssi celuy qui iuruienc n'est de la mai-
son.Ce n'est donc fans cause que çcux qui escriuenc la vie de sainct Bernard,lequcl a bien auancé
a- la religion Chresticnnc, disenc que la merc enceincc'de luy, songea qu'elle portoit cn
son ventre
7ci vn Pct*r Chien blanc, rouge par lc dos Sc aboyant : acausc dequoy luy fut dit par vn sage per-
,
sonnage, qu'elle seroit mere d'vn tres-bon Chien, qui garderoit le temple de Dieu, Sc aboycroieL
assiduellcmentcontre les mefehans Sc infidèles.Pour cc aussi F Ange est par le chemin accompa-
gné du Chien que Raphaël au liure du Prophète trpuua bpnde s'adjpindrc, Sc à Tobic son fils,
^ ,
à fin de les suiurc,
LES LARES, ou DIEVX DOMESTIQVES. CHAP. IV.

r.
T^Gur mefme sobject les Payens faisoyent garder à des Chiens
**
X Fidolë de leurs Lares, ou Dieux familiers,.&les Romains ha-
billovct les mesmes Dieux de peaux de Chiens;pour cc que cpmc
les Chiens íont humajns Sc gracieux aux domcstiqucs,mais scions
& redoutables aux estrangersde mqsmc.croioyct ils des Lares, auí-
quels ils commctt.oycnt le soing de toute leur famille. Lon escrit
qu'il v auoit cn Daulie vn temple de Mineruc d'Ilion,où l'on nour-
risloit des Chiens, qui nc se monstroyent doux Sc courtois ni nc
,
careíìoyent pcrlonne que les Grecs, fiers, atroces pleins de cour-
,
Liure V- 61
A des nations barbares, qui nourrissent leurs Chiens
de la chair des cadauersde leurs ennemis en Au A nouueatt
quelque part qu'ils en puissent recouurer; puis les mènent à la guerre,& les haflants contre l'en- m monde.
Plin.ii.8.
nemi, leur voyent aucunefois faire vn merueilleux carnage, soignant l'image d'Esculapequ'on ch.40. cj
voyoit en Epidaure, faicte par ThrafymcdeParien fils d'Arignot, estoic vn Chien cizelé, Sc le
Dieu seanc en vn chrone tenoit vil baston en la main droicte ,8c allongeoit la gauche fur la teste
d'vn Dragon.Paufanias en fait mention ; Sc dit que le sobject de ceste histoire, fut, parce qu'Es-
culape exposé sur lacrouppe du mont de Titthee par son ayeul Phlegyas,duquelApollon auoit
cachément forcé la sille,fut nourri par vne Cheure,& gardé par vn Chien.
L'ARBITRE & LE GENIE. CHAP. V.
M Ais on die que Chrysippe a donné vne autre raison, pourquoy les Lares estoyent affublez Larespour-
de peaux de Chicns.fçauoir est qu'ils représententles Génies ou bons Anges,qui sont c5- quoy
t
?* iieftut
de peaux de
mis pour nous garder comme arbitres, chastier nos mauuaisesactionsSc paroles,vanger nos ini- Chiens. Cl
quitez Sc maluerfations, toutes les fois que mettans en arriére l'humanicé nous gauchissons au
B train Sc façons de faire brutales,queles génies mesmes ont en horreur,&: nous en font la guerre,
aboyas par manière de dire apres nous à guise de ChienSrC^eft cc qu'en soustiët Censorin,apres
auoir allégué les opinions de plusieurs aucres. adioustác que cels~esprics nous gueccenc de si prés,
qu'ils ne s'efearcenciamais de nous. Sc sont eux qui nous poussentaucunesfois, qui nous rappel-
lent soutient, selon que nous souhaitionschoses ou duisibles Sc salutaires, ou nuisibles Sc perni-
cieuses. Mais fans apprendrececi d'ailleurs, F Auteur de nostre religion nous asseure que les An- Match.
^ 18.
ges onc charge de nous garder,& qu'ils assistent fans cesse deuant la face de Dieu le Pcre. A bon
droict doncquesle Chien, comme animal tutelaire, estoit en terme hiéroglyphiquedédié aux
Lares, puis qu'on les appelle aussi Genies,& nous les auons mieux-aimé dire Anges. Au reste ic
ferois confeiéce d'oublierce que i'ay leu en des vieux Efcriuains,qu'il y auoit vn temple de Vul-
cain au Montgibel en Sicile,dont le bofeage estoit gardé par des Chiens,qui faisoyet de grandes
caresses à ceux qui le visitoyentauec chaste & saincte intention mais comme prarfagissants le
,
cas par quelque instinct diuin, deschiroyencmisérablement en pièces les profanes &: poilus,
LE FOSSOYEVR, SECRETÀIN, «*
iMarguillier. CHAP. VI.
C'Est pourquoyles Egyptiens ont représenté par l'effigie du Chien le Fossoyeur,le Cóm- Tojfojeurt,
mis fur les enterrementsSc funérailles, Sc le Secretain, MarguillierSc Gardien des famctes &i Marguil-
Uirs repré-
reliques, considéré ce ferme Sc immuable regard duquel cest animalcontemple les images des sentez fi par le
Dieux Sc des hommes qui luy sonc donez en garde. Car comme ainsi soie que sclo les vz Sc cou- Chien.
stumes des Egyptiens, ils gardassenc longuemenclés cadauers cn du verre, non pas en du sein
de Porc, commeaucuns sc sonc abusez en leur incerprecacion ;,Sc qu'ils auoyenc gencs destinez
pour la garde des sépulcres : ie croy que le Chien que i'ay veu chez les Maffari à Rome, gifanc à
terre en vne niche de fort bel ouurage, mais regardant la teste dressée ceste inscription:
C. IVLIO VRBANO. ET IVLIE OPTATE A C.IuliusVrbanm.&àluliaOptata
CONTVBERNALI. ET C. I VLI O > bonne compagne. & à C. Iulim
1

VRBANO PECVLIARI FILIO. POST. Vrbanusfin fils peculier.

D L'HOMME QVI RECOGNOIST LE


bienfaits. .CHAP. VIL
IE fçay bien qu'aucuns soustiennent que par cest hiéroglyphiquedu Chien regardant lc scpul- Hieroglyphi
« -
crc,ou le corps cnscuely,est signifié l'homme qui recognoist lc plaisir qu'il a receu. Et de faict J*
que du Chie
regardant h
le Chien n'oublie iamais ceux qui luy ont faict quelque bien, dequoy ic reciteray quel-
cy apres fit
sépulcre.
ques merueilleuxexemples.
LA MEMOIRE. CHAP. VIII.
CEst pourquoy lc * Chien represente la mémoiredes choses passées : Sc c'est ce que veut di- * Mjcrob.
re au triple chefde Prudcncc,latestede Chien, veu que celle du Lion signifie Fintclligen- ^
cs Satut-
cc,& k considération des choses prescnces:&la ceste du Loup,la prouidence,qui s'estend à ì'ad- rul.cli.io.
uenir, comme i'ay déclaré ailleurs bien au long. Socraces mesmes au Phèdre iurc par lc Chien,
lors qu'il pense auoir bien appris
par coeur la harangue de Lvsias.
F
62 Hiéroglyphiques du Chien.
U FOI C IX. A

luron f»r le ^L
Chien, corn-
M
^I
H A p.
Ais au Phaedon il iure par le Chien, pour monstrer qu'il faut prester foy Sc obéissance à
ceux qui manient les refnes du gouuernement'd'vn Estât. II se trouue vne medalle de C.
mun à So- T"r
Mamilius,qui par arrest du Sénat fut vne fois commis pour mesurer les limites & frontières, en
M2
cotes.
laq
laquelle vn Chien semble luy abbòyër.C'estoit certes pour aduertir celuy qu'on establit en telle
charge,de garder foy & loyauté.
ch:
L'AMITIE'. CHAP. X.
Jtmitti de- OR
/" ayant efgard à ceste fidelicé,le Chien se mec souuencpour hiéroglyphiqued'amicié, en
notee
Chie».
par le V
^ laquelle la foy est principallëmerit requise, soiuant Fopinion dé Cicéron, voire dé tout le
monde;
me 8c puis apres, vne bonne volontéde faire plaisir s'il est besoing. Ec de faictc'est chose
estrange de voir rofsiçieuse adulation Sc Caresse que fohc lës Chiens à leurs maistres.
esti Et ne me
peux garder que ie n?ameiné en cest endroit quelques exemples d'amour & fidélité que maintes
Histoires no-
tables de la Pd
fidélité & foi
fois nous voyons reluire én icëux.Ie laisse à dire que ce fut par le moyen d'vn Chien que Sceda-
Chiens.
r reuenât des champs cogneut que ses trois filles dé Leuctres en Boeoce,violées,puis ruées par B
amour des sUS
sos
quelques
qu ieunes hommes Sparcains,auoyencestéietcées cn vn puits; pour ce que le Chien alloic
souuét abboyer à ce puits,iufquesà ce qu'on s'en appërceust : mais ie reciceray des choses enco-
sot
res plus merueilleuses. On die qu'aux guerres ciuíles ayanc esté vn cicóyen Romain tué, il ne foc
au pouuoir d'aucun de luy trancher la teste,iufques à ce qu'vn Chien qui le gardoit, Sc combac-
toit furieusementpour son maistre,fust mis à mort par les assassins.SainctAmbroise recitequ'vn
toi
a
Chien n'abandonna iamais le corps d'vn soldat son maistreque l'on auoit tué à Antioche : ains
que monstrant par ses tristes cris Sc hursemensle regret qu'il auoit de Ion maistre,il fit assembler
qu(
vne grande multitude de personnes qui accouroyent à la foule pour voir la preuue d'vne gran-
vni
de fidelitéjiufques à ce qu'ayant apperceu le meurtrier de son maistre,il se ietca furieusementsus
luy, 8c ne le lascha point que le faict aueré on le menast au supplice. Ce qu'Elian escric est sur
lu)
tout esmerueillable;Qu'vncertain Colophonien alla auec vn seruitëur & vn Chie en marchan-
toi
dií en la ville de Theon, Sc que le seru.iceur qui porcoic la bourse s'estacescarté du chemin pour
dise
contenter nature, mit bas la bourse, 8c s'en retournafans la reprendre, que le Chien demeura là
COI
pour la garder,iufqu'à ce qu'ils reueihdrent fans eniplete pour n'auoir pas leur argenc,& crouue-
po
rent le Chien en la mefme place qui gardoit la bougete,lequelayant ainsi rendu le depost,mou- ^
rer
rut pour auoir long temps persiste là fans boite 8c fans manger. Mais qu'est ce que Plutarque ra-
rut
conte de Pyrrhus ? Qu'vn iour il rencontra vn Chien qui gardoit le cadaucrde son maistre des-
co
pu trois ìours à ieun. que Pyrrhus fit enscuelir le corps, 8c commanda qu'on luy trakast bien
puis
le Chien. Adueinc que peu de tëmps apres Pyrrhus faisantfaire monstres à son armée, le Chien
le'
costoyoit
co le Roy, triste 8c morne fans bruit : comme voici les meurtriers de son maistre arriuent
pc se faire enrooller ; le Chien se iette incontinent à quartier, les poursuit auec des estranges
pour
abois, &courne àrhafquebout de champ lateste vers Pyrrhus, tant qu'il engendra non seule-
ab
ment à luy,mais aussi à touce Fassistancevn grand soupçon du faict. Ainsi apprehcndez,Ô£ à peu
nu
d'indices conuaincus,ils confessèrent le delict,& furent punis de mort. Vn autre Pyrrhus eut en
d'i
fuite vn Chien de si grande fidclité,quele voyant mort, & posé sur le buscher, le Chien se ietta
su
pareillement
pa au feu, Sc se fit obstinément brufler quand Sc luy. Pôle excellent Comédien entre
les Grecs,eut vn Chien,qui s'estançade tnestne dedans les flammes où son maistre brufloit. Vn
le:
aucre pecie Chien voulue estre enfermé dedans le mefme scpulcre du baladin Théodore. D'ail-
au
leurs on faitgrand cas d'vn Chien qtfauoit ìe poëce comique Eupolis, nommé Augeas, qui se
lei
,
laissa pasmer Sc mourir de regrec apres le trespas de son maistre.
lai '
PHILOSOPHIE COMMVNIQVEE. CHAP. XI.

tìierogìyphi-
que de Cet-
í
CErbere
\r a mcfmemenc son hiéroglyphique. Car quelques Grecs onc estimé ( Sc pculc-cstre
non mal à propos ) que le triplechef Cerbère tiré par le moyen de Hercule hors des plus
bere. sombres fondrières des enfers, monstre que cest Héros a descouuert8c manifesté la Philoso-
Voyez lat 1O
phie, qui iusqu'alors s'estoic cenue scerecemenc cachée. Or elle n'ayanc qu'vn col, sc distingue
Mythol. li.• pi
} chap. 5. eren crois cestes, desquelles Fvne fere à la Raison, l'aucre à la Nacure, la croisiesme aux Moeurs.
Pour ce die on que Hcrcule,outre tant de monstres qu'il domta, cslançaquelques flèches contre
P(
lunon, Sc comme dit Homère, assena mefme Pluton d'vn craict à crois pointes. Car quand le
Philosopheinsiste auec vne soigneusequeste à la recherche des choses sublimes, s'il vient à ren-
contrer quelque gibier digne d'estre couru,il sc sert de son entendementcomme d'vn traict em-
penné, iusqu'à tant qu'il sçache que c'est. Et n'y a lieu quelconque, ni retraite tant escartéc, tant
cachéc,tát !naccejTìble,où la Philosophie n'ait abordé. Car elle sonde les profondirez de la terre;
• *: Sc cela
Liure V. 63
A íz cela s'appelle tirer contre Pluton, voire le frapper, c'est di-ie trouuer la nature des choses. Elle
doniee tant de monstres par tout le monde, car elle addoucit Sc compose les moeurs fauuages, Sc
les foubfmet à des loix ciuiles,honestesSc profitables, comme dit aussi Horaceparlant du Poëte:
llferme les esprits par enfeignemens doux, En Tare
Retranchant l'affrété, l'enuie ejr le courroux. poi-tkjuc.

Elle monte en somme iufqu'au ciel, d'où elle tire tout ce qui est soubsmisà raison Sc iugement,>
considère couces choses, & sonde au niueau si elles sonc droictes. D'auancage Apulée die és Flo-
rides que la Massue par laquelle Hercule domeoic les monstres,denotela Philosophie; les mons-
tres,lesvices de l'efprit. Et pour retourner à Cerbère, aucuns exposent cecy simplement, difans
que les Poètes luy attribués des testés de chien,acause qu'il garde l'enfree des enfers. Hecacee de
Milec en recice neanemoins l'histoire,& dit qu'à Tenar y auoit vn serpent, que l'on appella Chic,
acausc que fa morsure estoit mortelle,lequel Hercule mena à Eurysthee.Mais les Escriuainsont
tousiours vfurpé ceste licence de feindre chacunce qui est à son aduançage. Quant à moy ie
trouue la première exposition meilleure, voyant tant de braues Sc excellons hommes exposer la
chose si doctement.
B A N V B I S. CHAP. XII.
I'Adiousteray encore, que les Egyptiens reprefentoyetpar l'efsigìe du Chien,leur Dieu Anu- Anubis ex-
bis, duquel aucuns vieux historiens ont escrit, que les Géants le chassèrent hors d'Italie auec, primé
\
parle
Osiris. Or feint-011 qu'il auoic vne ceste de Chien, acausc qu'il gardoit les corps d'Isis Sc Osiris;'
Chien.
í

ce qui est fore propre & coustumier auxChiens,commei'ay dict cy deslus:& c'est pourquoy l'on l
grauoicordinairementdes Chiens aux heaumes, ce que i'ay remarqué en plusieurs monoyes an4
ciennes. *
.
* L'ORIZQN. CHAP. XIII.
M Ais Plucarque ayanc philosophé bien plus doctement
furle faict d'Anubis,defcouure les secrets &; obscuritez. '
DIANE DENOTEE.
'
des sciences, difanc qu'es fables le cercle qui diuisc Sc cermine
• - : ..,
la Sphère est denocé par Anubis : & par le Chien és lettres
sacrées Sc hiéroglyphiques. Car il maintient que Nephtys est
ç- en Egypte *
FHemifphere inférieur : Sc Isis le supérieur, ce-
stuy-ci clair 8c luisantd'autre dessous nos pieds,noir 8C obscur:
Sc dit que Anubis participe des deux,quivoidégalement& de
iour Sc de nuict. car Anubis a vne mefme force &,vertu ên E-
gypee qu'en Grèce Hecaté,à laquelle ont este dédiées les cho-
ses d'enhaut Sc d'embas. Car comme ainsi soit qu'on feignist
Hecaté auoir trois testes,l'vne estòic de Chién,l'autre dé Ch£
ual, Sc lacroiiieíme d homme ; mais velue par le viíage:,L SC d vne crongnë villageoue. de laquel-
le peinture Sc hiéroglyphe i'ay declairé la cause au traicté du Cheual,

SATVRNE. CHAP. XIV.


AVcuns par Anubis entendenc Saturne, acausc qu'il engendre toutes choses de-par foy; Sc
ainsi participe à la lumière & aux ténèbres ; par ce que la matière est obscure, & la forme
^ lumineuse. Ceux qui racontent les fables de cc que fit Oromazes au commencement du mon-
de, dient qUe le ciel Sc les cstoilles estans créées, la garde luy en fut donnée, Sc que de là veint lc
sobject de ceste fiction du Chien.

LE PRINCE. C H A p. XV.
OVtre les significations du Chien cy-dessus alleguéesjespre-
stres d'Egypce vòulans signifier le Prince ou Legiflateur,
faisoyent l'hieroglyphique du Chien
auec vn diadeine,oucornet-
te,ou chapperon,&couc le reste du corps,nud,d'aucanc que corne
Son coeurfomne-legerejrfidèlepoiiìrme (pour m'efgayerà limi-
tation des termes de Lucrèce) est occupé à contemplersoigneuse-
ment les simulacres des Dieux ; ainsi faut il que le Prince qui doit
administrer la iustice, contempleà nud le Roy quil'auraprecedé
cn vertueuse réputation,Sc pourpense que veult dire ceste cornet-
te ou chapperon.ee que Ion dit Pcricles Athénienauoir des mieux practique. Car toutes les rois
qu'il entroit cn quelqueMagistrature, il s'arraisonnoit cn haranguant auec les ornements Sc pa-
F z
64 Hiéroglyphiques du Chien.
rures de la dignité qu'on luy deferoic, leurdemandant ce qu'ils vouloyentdire, quel personnage A
ils requeroyet.pui.ss'exhortoitluymefme à manieren homme d'honneur Sc courageux la char-
ge qu'ilalloit prendre, ce qu il disoit auec tant de véhémence Sc d admiration d'vn chacun, qu'à
bon droict disoit on de luy que ses paroles estoyentautant de tonnerres, de foudres Sc d'eí clairs,
Cornete , Sc n les abeilles auoyent emmiellé fa bouche dés le berceau. Or que peste cornete ou ruban
Rr que
marque de
royauté.
( . F vne des marquesroyales, nous lemonstrons au Commentaire des autres ornementsSc pa-
soit
lOlt
rurc royaux. Musses Pce^rophanienspeuples d'Afrique ne reueroyent pas l'efngie d'vn Chien
rures
pour .leur Prince, ains, se le choisirent tout en vie pour Roy, dont ils remarquoyent le mouue-
pou
mei , Sc diceluy,parvue treirçligieuse«uniere de deuination, apprenoyent ce qu ils auoyent a
ment
faire, où s'arrester, où& planter.
faso
LE SOLDAT. CH'A P. XVI.
Chien en les-
•s. T|
E Chien toutesfois fans cornete, mais en lesse ou à Fattache, ne signifie pas mal à propos le
/* JI •soldat obligé par son ferment à la guerre, car la lesse ou ateachereprésente le serment Sc la
je ,JÌ!>nifieU
soldat iuré. promesse d'obeïr : le Chien dénote le deuoir du soldat,dont le principal chefest qu'il soit çnten-
pro
cif au commandemencde son Capicaine,soic pour marcher, soie pour combacre, soit pour se re- ^
tifî
tirer sous son enseigne au son de la retraicte. ceque nous voyons iourncllementobscrué par les
tire
Chiens.Que veut dire que si les chiens s'entrebattcnt,&: qu'ils voyent passer quelquebeste qu'ils
Ch
aye égalementen haine, ils s'accordent incontinent, Sc se ruent ensemblément contre ceste
ayent
beste ? Les soldats en doiuent ainsifaire,& combatre d'vne mefme volontécontre les communs
bef
ennemis",
enr encoresqu'entre eux auçunesfois il sourde quelque différend : comme nous en auons
l'exemple
l'ex és trouppes de L.Sylla,entre lesquelless'estant meuë vne pernicieusesédition, ce Co-
lonnel
Ion leur fit brusquementdire qu'ils auoyent l'ennemy fur les bras, Sc que l'on entendoit desia
le cliquetis des armes, ainsi fut la sédition appaisée, &: nc songèrent plus qu'à faire teste aux en-
lec
* nemis.
Trudence de
*jCI Scorilesou bien fuiuantl'opiniond'aucuns,Coccis,ouCotio) Roy des Daces, ayant oiìy
Scorile ou
Cocrio Roy
>y
dire que par les guerres ciuiles le peuple Romain estoit def-vny Sc bandé l'vn contre l'autre, ne
dir
desVtuet.
' trouuant pas bon neantmoinsde tenter la fortune,ni de rien hazarder, craignant qu'vne guerre
XXQ
estrangereles fist reconcilier : commeses sobjects Fincitoyent auecques instance de ne perdre
est:
vne si bellepçcasion,il fie amener deux mastins en la présence du peuple, aufquels fore acharnez
vm
l'vn contre l'autre, il fit laseher vn Loup _, qui fut fur le champ assailly par les mastins d'vn com-
J'VÍ
UeutirdM accord. 8c par cest exempleempescna ce peuplebarbare d'entreprendrevne guerre,dont le ç
P* br, * miin
m-.
brusque 8c téméraire commencementfcjoit profitable aux Romains,8c Fissue incertaine. Aussi
est requise au braue soldat çeste'generosité8c vertu, de n'attaquerson ennemy par derrière, des-
daigner d'òccire ceux^qui sont en desroure,ne prouoquer au combat des imbecilles 8c estropiez,
da
ou armé des desarmez,ouhomme des femmes & des enfans. L'on trouue ceste mefme vertu Sc
générosité aux Chiens, commeen ceuxque leRoy d'Albanieemioyaà Alexandrede Macedoi-
m. ge
Chiens «t-
ftoyez. à *4- ne.
-*"- jjg car comme de deux que f Albfcnois auoit, il luy en eust donné l'vn, Alexandre voulant ef-
kxandre>AIpar
le R>y d'Al- prouUer
pr le courage 8c la vigueurde Fanimal, fít venir des Ours, puis des Sangliers, puis des
banie. Daims;pourlesquels il nc se daigna bouger. Alexandre offensé de la çoiiardise Sc poltronie d'vn
J);
si grand corps,le fit tuer. Ce qu'estant rapporté au Roy d'Albanie,il enuoya l'autre Chien ; auec
sií
charge de dire à Alexandre,queion plaisir fust de ne l'efprouuer contre des petites bestes. Ainsi
ch
fit il entrer en lice premièrement vn Lion, puis vn Eléphant; lesquels lc Chien abbatit inconti-
nent. Pline a diligemmentdescrit ce combat, au x 11, chap. du x L V I I I. liure.
LES MENAPIENS. CHAP. XVII. D
CE n'est donc pas de merueille qu'au roolle des prouinces 8c de la gendarmerie Romaine
qui despuis Constantin iufques à Theodose, Honorais, Sc plusieurs autres en fuite, porta
les armes soubs f Empereur Romain, y auoit vne rondachc auec vn escusson au champ d'argent
timbré d'vn Chien de gueules ; ayant au milieu,vnerondelled'or ; Sc au bas, vn Chien à la ren-
uerse les pieds contre-mont. C estoitl'enscigne de la compagnie des Menapiens,soubs lc Co-
lonnel de Flnfancerieà la conqueste de Tlirace.
LES TIERSDIXENIERS. CHAP. XVIII.
l'Ay veu pareillement vn Chien renuersé de mesmeposture en vn aurre bouclier, mais d'azur,
cn champd'argent aussi, dont lc centre estoit d'or compassé de gueules, renfermé dedans vn
autre rond d'azur plus obscur. C'estoit l'enscigne de la compagnie des Tertiodecimani,que nous
pouuons dire Tiersdíxeniers,du mefme Régiment que dcssus,& soubs lc mefme Colonnel.
OBEIS
Liure V. 65
K
OBEISSANCE. CHAP. XIX.
-r%Ar vn autre hiéroglyphiqueles prestres d'Egypte voulans si-
ì enisier a Fobeissáce que doir le seruiteur à son maistre,& com-
ií de
nic doit estre prompt reuenir
quand il le rappelle; peignoyent
la teste cn arriére. Or n'y a-il animal plus
vn Chien qui tournoie
obéissant ni plus docile que le Chien, car s'il s'en va, le moindre
rappel le fait reuenir ; Sc bien qu'il soit fur le poinct de happer fa
proye, il la quitte lionlc can ce ;SC vole apres si 011 le lafche. en
somme on le faic aller Sc venir à sa guiseoù Ion veuc. Nos. anciens
Théologiens exposent ce passage de FEcclesiaste,Mieux vaut le
6é Hiéroglyphiques du Chien.
LA F VITE. CHAP. XXIII. A

Chien fer- QVe


fI si nous voulons exprimer»vne soite, nous figurerons pareillemencvn Chien, mais*
\claire qui
*
rât la queue ferre la scs iambes. Aucun de ceux que nous soiuons en ce sobject, n'a de
entre les iam queue encre
bes,figure de cl; la causc de cest hiéroglyphique.I'estime quant à moy qu'elle prend son origine de la chose
fuiH- mefmc,dont
m nous praçtkquos encore auiourd'huy le prouerbe, par lequel pour nocer celuy qui
manque de courage,ou surpris de craince quicce laschementson entreprise, nous disons par ma-
m
nière de reprochequ'il sc retire la queue entre les iambes.Car toutes les fois que les Chips fuyet,
ni
cl
chassez auec affront, ils fourrentla queue comme cela. Ce qu'ayant esté fort bien remarqué au
Loup,Virgileen a doctement escric la façon,commenous disons en son lieu.
L<

PRESAGE DE DESFAICTE. CHAP. XXIV.


> Sjui dtui- -m
ttoyêtpar t'in
PAr
I
la cradicion des b Haruspices, si ses bestes offerces en sacrifice troussoyent ainsi la queue
sptílio» det J entre leurs iambes, c estoit signe de desrouteà-venir Sc si elles la replioyenc, on presomoic
ses difficile de durée,comme
:
entrailles & la
que
q\ guerre oie Sc Didyme.
on peulclire en B
fresfuret des
bestes sacri-
fiées à Xau-
-
PRESAGE DE VICTOIRE. CHAP. XXV.
tel.
CAr autrements'ils courent, soit pourfuiuans le gibbier, soit follastrans entre eux, ils sont
'Queue dref \
constumiers de porterc la queue dressée ou estendue. quelle est l'effigiequi sc void en vne
fee,signe de medalle 4e C-Posthume,où Ionvoid Chien
l" vn la queue ainsi dressée
courat auec contre-mont,
vicJoire.
Sc ce qu'en matière d'offrandes de sacrisice,suiuantla tradition que dessus, estoit présage de victoi-
CC
re à-venir. Mais ce dard que ie voy au dessoubs de ce Chien courant, merfait coniecturer que
ceste
Cí figure signifie vistesseSc celericé. 8c pourtant si nous en croyons tëls Dcuins, cecidenocera
vne chose e promptementexpediée,oubien vne victoire acquise en peu de temps.
* De célérité. VI

LE SALE AMOVREVX. CHAP. XXVI.


'Chienhit- ON
/\ exprime aussi par c l'image du Chien les sales & lascifs amoureux, non pas seulement
ràglyphique pour ce que le mot Knon, c'est à dire Chien, cornrne l'interprere Eustathius, vient du ver-
* s'h b( be Km, qui signifie aimer: mais par ce qu'il court apres les Licures à toute halene 8c d'vne ex-
nmtur. "*
trême affection, desquels nousauons mis la signification entre les plus grandes festardises. Au
tt
demeurant Ouide n eust sceu plus signamment exprimer Fincomparable affection d'Apollo,
d<

que par ceste tant galante comparaisonqu'il nous donne:


<ï Ç
Metam.t. Commele Chien Gaulloisqui voiddans vne plaine
Vn Lteurevistepied, tous deux à toute haleine
Cerchent Cvnfongibbier,ejr Cautre à s'efihapper.
L'vn bande,ejrde bienprés ja le cuidant happer,
Allonge,commeestant ferlepoinilde leprendre,
Et U bouche ejrh coU L'autreprest àst rendre,
Doute s'il est ja pris _; mais s'eflançant plusfort,
Pu pourjuiuantefeuiueejr la dent ejr Feffort,
Et laisse arriéreluy la bouchequi l'harcelle.
De mèfine fontpoulfez,le Dieu ejrla Pucelle.
Cefiuy-la court d espoir, cefte-cìfuit de peur.
Maisceluy quipoursuit estplus viste coureur.
d
Car les pannes Amourluysoulagentfa peine;
Et luy, ne permetpoint qu'elle reprenne haleine.
D
VICES DE RATE. CHAP. XXVII.
Mal de rate LEs
1 prestres d'Egypte designoyentpar l'hieroglyphiquedu Chien, l'homme malade de la
designé par J
race. Car Ie Chien a la race fore grefle Sc déliée. Sc s'il meure, ou qu'il enrage, cela luy vient
le Chien. de la rate, voire mefme ceux qui veulent guairir vn Chien enragé, gagnent lc mal, 8c en meu-
rrent souuenc. Quiconque aussi fera la distection d'vn Chienenragé, ayanchalené ceste cxhalni-
íson,esprouuera que c'est vne tres-pressante&: morcelle contagion. Qui plus est,l'vrine seule du
Chien enragé for laquelle on aura tant soit peu marché, est nuisibleprincipalementaux vlccrez.
<

l8c son vrine,quoy que non enragé, est de fi pernicieuse efficace, que quiconque pisse dessus, ses
reins
t en sonc appesantis,& deuknt(ecdit on)plus lafche & paresseux à la génération. Ec pourcát
\la rage du Chien est vne tant contagieuse poison, que touc cc qu'il aura mordu enrage, excepee
Fhommc. Car le mal qu'il encoure de ceste concagion, s'appelle manie, comme soustiennenc les
plus doctes de cc ccmps.&: Festus mefme die que la rage est vne maladiepropre au chien. Quant
1 cc qu' Aristote cfcrit,quc les Chiens meurent de cc mal,& ce qui en est morc\\.\,borfinisl'homme;
quelque;»
Liure V- 67
quelquesdoctes lisent, deuant l'homme, Sc veulent dire que tout ce que la dent du Chien enragé.
auraatteint,meurc plustostque l'homme. Mais pour obmettre ce qu'AlbertSc Auicenne ont es-
cript estre aduenu à certaines personnes long temps apres telle morsiire, i'ay leu dans Plucar-
que,que du cemps d'Aristoce on nc cognoissoic point le mal de rage en l'homme, Sc ne lc fçauoit
on discernerd'auec les autres maladies ; Sc que personne defpuis ce temps la iusqu'à celuy d'E-
sculape n'en eut cognoissance. Au reste ie m'en rapporte à ces doctes qui ont entrepris d'esplu-
cher ce subiect. Sc chray cecy d'abondant, que toute morsure de Chien est si pernicieuse,qu'on
tient que l'homme blessé d'vn Chien, fait par vne pestilente contagion tourner les pontes &
couuees des poulies, auorter les bestes, Sc par son approche empirer les blessures d'aucruy.
L'ODORAT, ou LE FLAIR. CHAP. XXVIII.
M Ais pour recourner aux significations du Chien, les prestres d'Egypte exprimoyenc encre'
aucres chosesal'odorac par cest animal,encédahcspar cest Hiéroglyphique celuy qui
tsc *» Odorat
ía
Qi
par' t™ par te
frimé
ex-

queste defcouure ce qui estoic auparauanc caché. Car on sçaic bien que le Chien excelle en la fa-
e Chien.'
culcé de flairer, de la sagacité duquel ( car Cicéron Fattribue nocammenc aux Chiens,& la sou- )U-
^ stienc estre deduicte du verbe (agir, qui vaulc aucanc que flairer subtilement, ou auoir bon nez :z))
il se trouue plusieurs exemples.Carau seul flairir ils recognoissent leur maistre bien qu'il aie esté
sté Plin.libi
Phi g.
long cemps absenc, Sc l'estranger pareillemenr qui furuienc au defpourueu. Ils questenc & Sc chap.
chs 40.
fuyuent le gibbier à la trace, se bandent contre leur lesse pour mener le veneur au giste <de la be-
?e- ~~
ste,encorequ'elle ait mefme passé quelque eau,& sc soit tapie en vn lieu bien escarté. C'est cho- io-
de
se ordinaireaux Chiens, François singulièrement, que si on leur monstrevne pieçc monoye, ye, . '.

qu'on lesface puis-apresretirer, Sc qu'on la cache soubs vn tapis ou couuerture,des qu'ils sont >nt
.

encrez, Sc qu'on leur commande de cercher, au seul flairer ils deseouurent inconcinenr où elle -Ile
est, &: tanc par abois que par caresses donnenc à cognoistre qu'ils Font trouuee.
LE RI S. CH A P. XXIX..
ET par ce que les maux dont nous venons de faire mention, aduiennent au Chien à Fôçca-
ca-
sion de fa rate, Sc que la vie de cest animal semble cOuce dépendre de là, les prestres E^-
cí'E1-
gypte* expliquoyentaussi parle Chien ce qui leur scmbloit du rire. Car les Médecins enseiJ- lëlx bwCe rire ex-
« gnent, que ceux qui sont malades de là rate ne rient qu'auec beaucoupde peine :8c le Chien tìAa pUiiuáfarte
tUi
ceste praerogatiue,queles veneurs cerchent notammentceluy qui semble* à voir famine, le plus , Chien.
lus
melançholique. Car ils.tiennent que c'est le signe d'vn bon Chien;& que ceux qui sont tels,sont
311t
plus vistes, Sc Courent de plus longue haleine. Auicenne nous apprend, que la rate reçoit 8c at-
tire cequi faitvn sang bening,clair,copieux 8c vermeil, que Ion dit estre cause d'alegresse&:
:&
gayété ; pource que telle habitudede sang excite vne quantité d'esprits, dont la claircé resiouitmit
l'ame. Quoy que soit, les c Onirocrices, comme nous voyonsen Artemidore, présument plaisir, isir, c 8$.%*
liesse & contcnccment à ceux qui auront veu vne race cn dormanr. Et puisque les Chiens onc s'j
onc poserles son-
la race fore cenve Sc menue,Sc fore fubiecte à maladic;aussi fault-il par necessicé qu'ils soyenc OU s"
ou S"-
point ou peu esmcuz de ceste gáyc humeur. Or les Égyptiens forgeoyent leurs significations 311S
suyuant les qualitez qu'ils voioyenc ou propres ou eflongnées du nacurel de chasque animal. ìal.
Ec se pëulcfaire aisémenc, qu'il se crouue des hommes de celle humeur, comme M. Crassus, qui qui
suc pour cestecause surnommé Agelaste ( c.qui nc rie poinc ) C.Lxlius, SC Socrace, lesquels nous 3U3
lisons auoir cousiours esté d'vn mefmeair de visage, & d'vne mesme contenance.
LEGERETE' EN MOEVRS. CHAP. XXX.
D
M '
Aisd le rire meíme emporce aussi fa significacion. Car l'Incerprere d'Apólloine die quer. jj.
~
le
ris est signe de legcrccé.pour ce disoicIsocrace sagement, qu'il né saule point prendre plai-
lai-
.
^^Rùsìgnc
Rl
légèreté.
de

sir à rire immodérément & sans propos.


HONNEVR ET REVERENCE PORTE'E
au Chien. CHAP. XXXI.
CErces plusieurs-autres nations onc aussi cefmoigné par beaucoupd'exemples, en quelle esti-
sti-
me ils auoycntlc Chiemtanr que l'on die que c Cvrus,cc Cyrus di-ic louable plus qu'on nc c' tyrm °- *"Mr
peultdirc, suc comme maincicnncnccous ceux de fa nation, nourri par vne Chienne, ce qu'ils ... chìpar vne
>y
"S chienne.
seignirencpeulc-cstrcà fin qu'on Fcust en plus grande reuerence. Les Romains aussi porcoyenc mt
grand respect au Chiemquoy que depuis la surprise Sc crahison du Capicolc on commençait de
les mener
au gibct.car tous les ans f s'en faisoit punition,& les pendoit-on cous vifs à vn arbre de fS»W-luedes
hirc.iu,ci]crc le temple de Iouuancc Sc de Summanus, pourautant qu'on pensoit ceste perte ad- •
^
f •?»
J Chi.iK par
h: Romains-
uenuc p.u- leur ncgligcncc. D'aillcut s. on íacrifioic cn lieu d'hostie, vn petit Chicn-né du matin:111:
'
'
F 4
68 Liure V.
cane ils les estimoyeric bons à manger, Sc propres pour appaiser Fire des Dieux Sc apperc par le A
tesmoignagede noz auteurs, qu'ancicnnemencaux plus friands Sc sompcueux banquecs on scr-
uoit des plats de b pecics chiens; dequoy l'on crouue que Plauee a faict menrion, en Saturio.
A QJ'ELS DIEVX LES CHIENS SONT SACREZ.
CHAP. X X X I I.
IL ne me greuera poinc de dire à quels Dieux les Chiens estoyenc voiiez.car les Romains
les facrisioyenc à Geneeie %Sc les Grecs à Proserpine : Sc facrifìoyenc ordinairementvn Chien
aux feites que les Romains appelloyenc Lupercales , lesquelles ils cclebroyenc en Fhonncur de
Pan Lycieîi, congnoissansque le naturel du Chien est de faire la guerre aux Loups. Les autres
enseignent que c'estoit en faueur de Romule,que Ion tient auoir esté nourry d'vne Louue.Si est
ce qu'aucuns afferment que Euander estabht le premier ces festës, Sc sonc bouclier de ce vers de
Virgile;
Euander
Dejsoubsvn froid rocher luy va monstrer afiife B
La fosse Luçcrcale. a Pan Dieu Lycien
Vouée a la façon du peuple Arcadien.

Au demeuranc ceux d'Argos faisoyencsacrifice de Chiens à Ia déesse b Cyonia, pour facilicer les
couches des femmesjl'estimancsauoir la vercu de donner aisce deliurance. Les Lacedxmoniens
les vouoyenc à Mars, à cause de leur prompeicude Sc hardiesse d'assaillir,car leurs icunes hom-
mes qui s'exerçoyenc en quelque iouste, deuant que commencer, luy facrisioyenc commeau
Dieu le plus vaillat Sc fort qui fust, vn petit Chien, estimas que ce fuit lameilleure Sc plus agréa-
ble victime d'entre les animaux domestiques. Des autres Grecs aucuns,fors les Colophoniens,
ne Font pratticqué, ce die Paufanias.car ceux-cy facrifìoyenc vne Chienne noire à Hecacé. Les
Cariens facrifìoyenc aussi le Chiemde là die- on par forme de prouerbe, Le sacrifice des Car/ens.
Les Romains auoyenc aussi leurs auspices Sc deuinemencsau moyen de quelques Chiens roux
qu'ils facrisioyenc à la porce pour cesteffect nommée CatuUria, de Catulus, petit Chien, comme
dit Atteius Capico, pour les fruictsde la cerre conere laideur Sc rigueur de la Canicule. Ouide
au 4.des Fastes touche ce sacrifice, mais aduouc que la cause en est incognue: C
On immole ce chien pour le chien estoilé:
CMdis pourquoy, fors le nom,nousest encor voilé.
Plusieurs neantmoins dient que c'estoit pour faire meurir les bleds quand ils commençoyenta
iaunir.carl'estoille de la Canicule leur est fort contraire. Or n'ignoronsnous pas,que les Thra-
ces, tant ailleurs qu'à Zerinthe, grotte en la Samothrace, n'offroyent ni ne mangeoyentrien
plus volontiers qu'vn Chien, en mémoire de la mort d'Euripide, qui pour auoir ( ce dit-on ) as-
sommé vn Chien,fur surpris & misérablement deschiré par les Chiensd'Archclaus.bienqu'au-
cuns dient, que Árrideus Macédonien, Sc Craterus Thessalien enuieux &: ialoux du crédit
qu'il auoit enuers le Roy, firent laschcr les Chiens sor luy, ayants gaigné par argent Lyfimache
qui les auoit en garde.
IMPVDENCE. CHAP. X3ÌXIII.
CAr c'est aussi Fvne des significations du Chien. Sc pour ceste cause
Hélène en Homère parlant à Hector se qualifie du nom de Chienne
pour estre l'abominable cause de cane de mal-heurs. Achille blafmc pareil-
lemenc Agamemnon d'auoir desyeuxdc Chien. Car comme nous lisons
cn Pollux, on die celuy auoir vn oeil de Chien, qui est plus que de raison
impudenc. à quoy si vous adioustez enëore l'imporcunicé,vousferez cc que
ledict Homère prend pour vne énorme impudence, Cynomie, fçauoircst
conioingnanc lc naturel de lamousehcaucc celuy du Chien, t'.uthyrnc
prend h Cynomie pour vne especede mouche la plus impudentede tou-
tes , de laquelle est parlé au LXXVII. Psalmc,& nous cn traitions ailleurs-
Catulle exprime ceste impudcncc,quandil est d'aduis de donner lc nom de
Liure V- 69
A IEVNESSE PETVLANTE. CHAP. XXXIV.
IE ne veux oublier icy la compagnie qu'on appëlloic des Ieunes pétulants, ou folastres,.com-
mandée par le Colonnel de l'infancerie en Sclauonie. Car ceux-cy pour resmoigner le nom deGendarmes Pilate
qu'ils s'estoyene donnez par quelque peinture hiéroglyphiqueportoyent en leurs armes vn es- nommez, Chiens.
cusson d'or auec vn Chien de gueules,le Chien ayant les iambes roides estendues contre-mont.
Certes suyuant l'exposicion d'aucuns anciens, les gendarmes Romains de la garde de Pilate
font appeliez Chiens en la saincte Escripture, comme au X XI. Pfalme ; Plusieurs chiens mont
emironȎ.zuitiestoyent ils selon la Loy immundes Sc fort impudents,crachants contre la facro-
saincte face de nostre Seigneur, le frappants fur la teste auecvn roseau, luy fichants Vne cou-
ronne d'efpines, Sc practicquantstoutes sortes d'indignitez Sc d'opprobres concre le Roy du
ciel, ainsi que sonc presque cous ceux de ceste profession. A cecy les Théologiens accommo-
dent ce que dit le Seigneur en FEuangile, £>u'il n'estpas fiant de prendre le pain d'entre les mains
des enfants pour le donner aux chiens. Que si l'on pouuoit effacer celles caches à la race des Matth.7.6.
Chiens, à peine crouueroic-on rifn de phis vénérable que le Chien encre les animaux def-
pourueuz de raison : comme ayancs eu non sculemenc des villes honorées de leur mémoire
B ( tcfmoing ce que fit Alexandrequand il eut. perdu fa Chienne qu'il nornmoit Perthe, au dire
de Theopompe ) mais aussi mérité ce semble plus grandes louanges Sc plus autentiques monu-
ments selon les vz Sc cérémonies des Egyptiens.

LES
HIEROGLYPHIQVES*
c
OU,
COMMENTAIRES DES
LETTRES ET FIGVRES SACREES
des égyptiens & autres nations.

'De ce qui efi signifie par le Cynocéphale.

LIVRE SIXIESME.
A C/£L. CALCAGNIN.
D
A douce ^ courtoise réception que m'auez.faicH l'espace de qutnzj tours con-
tinuels en voHre maison à Ferrare,mefit commuerà mettre en oubli toutes les
^
incommodités que ianois endurées toutes les pertes qui meííoyent adue-
nues cn fi grande reuolutionçtf changement etaffaires. Car comme feffoù
^
en extrême perplexité pour le piteux eflat de Rome, fuyoit les troubles ç$
remuements de la ville de Florence, voire de toute íltalie, désirant me retirer en mon paispoury
Vatre en reposs vous vouluHes que te vous fisse compagnie, fg) fèiournasséchez, vous quelques
tournées, durant lefquelle* inuuantplusieurs dofâes & bien lettres perfonnagcs,vous donnaíles
Vve singulière confelatwn à mes ennuys,çe> par leurs agréablesdiscours dddouctsles taípreté de
toute mon aigreur i notamment par la fréquente conuerfatwn çç} conférence du tres-fçauant
îManard
7o Hiéroglyphiques du Cynocéphale.
t
JManard voíîre-bon amy. Or telle fut humanité de tous deux, qu'il ne me foumcnt point ^
auoir iamais eHè plus gayement aceueiUy de personne, tant l'vn ç£ ïautre vous effor-
ciez, à l'enuy de me donnerdu plaisir %$ contentement par vos veilles, vous, arrachant des ténè-
bres les plus efiongnez,secrets des plus profondes sciences tappts f£ cachez^ chez, les anciens au-
teurs : luy, s*efforçantde mettre en lumière les remèdespour guairir plusieurs passages de Mede- *
cine & Philosophie, té defcouurir leurs sens abSlrus& par vne longue fuite d'années ignorez,
iufqu'auiourd'huy. Tour ce ayant eHè repeu d'vne telle viande, aussi-tofi que iay eu la commo-
dité de retourner à mes CommentairesA^gyptiaques,*ne refouúenant de voflre libéralité, qui ne
mauez. voulu frufirer d'aucun frutéî de vos labeurs ; ie me résolu de vous donner quelque
preuue de ïamitié que iay cy-deuantfiaitHe auec vous pour vne tant hónefle occasion. <iAwfi
vous ay-ievoulu dédier cetraicJé du Cynocéphale, qui nia pieu notamment pour fadiuerfitè.
fubieSÍ peui-éfire (fi ie ne me trompe )non indigned'eflrefeuilleté par vous, homme défi gran-
de érudition, & bien qu'en le lisant, votes qui auez^ deuoré foutes fortes de bons liures, n'y puifi g
fie\ rien rencontrer de nouueau; ie désire toutesfois que ce vous soit vn gageas mémorial de.
ïaffefóion çj bien-vttetUance que ie vous porte.

C H A p. I.

^f|^8 E Cynocéphale, que nous pouuons nommer Chienteste, ou ceste de Chien, a plusieurs
'" H flU* Hiéroglyphiques;Sc les Egyptiens n'auoyent point de plus sainct ni de plus sacré ani-
wÊsfÊ* mal. II est quasi de mefme forme que la Guenon, & pour celle ressemblance oh le nom-
me aussi Cercopithèque: mais celuy dont nous parlons est plus grandde taille, plus fort, Sc plus
farousche,retirantmieux au Chien;& pour ce regard est ainsi nommé des Grecs : bien qu'il y en
ait plusieurs en cesteefpece qui tiennent plus dela face humaine, que de celle du Chien, Sc s'ap-
priuoisent fort aisément en Italie. Les Numides & les Mnismeniens se nourrissent du laict de
ces Cynocéphales, desquels nous traittons, en ont des haras, Sc tuent les mafles, hors mis ceux
qu'ils gardent pour en auoir de la race: ce que i'ay voulu dire expressément à fin que l'on ne
prennecestanimal( comme font plusieurs fans raison ) pour cestenmaniere d'hommes y que Me- .-,
gasthenes 8c plusieurs autres ont escrit auoir des testes de Chien,aboier, au lieu de la parole,s'af-
fubser de la peau de bestes, aller à la chasse aux serpents, Sc les manger, carcommevous fçauez,
Pausaniasescriptqu'vncertain Euphemenatif de Carie aveu telles manières d'hommes sauua-
ges en certaines ifles de l'Ocean, où il fut emporté par fortune de mer comme il. faisoit voile en
Italie.
LA L VNE. C H A P. m I I.
OR le Cynocéphale estoit l'hieroglyphiquede la Lune,
symbolize
pour ce qu'il aucunement auec la conion-
ction de la Lune. Car à l'heure mesme que laLune,ayant per-
du toute clairté, ioincte auec le Soleil, passe, Sc nous semble
du-tout esuanouye : on trouue per expérience que le Cynocé-
phale masle perd aussi la veuë, ne mage point durant ce temps
la, ains est malade, couche à Fenuersfur la terre, comme dé-
plorant le rapt de la Lune. La femelle, outre ce qu'elle est
aussi priuee de l'vsage des yeux, & touchée de mefme maladie
5- que
le maste, iecte du sang par la nature. Parquoy on les nour-
rissoit és temples, à fin notamment de congnoistre le poinct ]
!___
Liure VI. 71
LA NAISSANCE DE LA LVNE.
CHAP. III.
LEs Egyptiens signisioyentle leuerde la Lune parle Cy-
nocéphale dresse debout, & auec ceste posture luy fai-
soyent tendre les mains au ciel,& porter vn diadème fus la
teste 5 d'autant,comme ie viens de dire,qu'il est en grande per-
plexité fur la naissance de 1a Lune, Sc en tourment,voire du-
tout aueugle, quand elle^st en decours.Et pourtantaussi-tost
qu'elle commenceà luire, 8c luy à recouurer la veuë, on le fi-
gure par l'Hieroglyphiqueque nous auons dict, commeren-
dant grâces à Dieu en ceste contenance, 8c reparé de quelque
ornementde prestrise, s'esiouytde h. lumière que tous deux
ont recouurée. Or Font ils voulu peindre debout,par ce que
telle posture est conuenable à celuy qui prie ou adore : laquelle contenance Val. Martial nous
apprend auoir esté tenue par les Romainsmesmes en leurs deuotions:
Pendant quepar mainteprière
Dessus fis vngles de derrière
Aethon salue Iupiter.
Horace touche aussi ceste coustumé d'adorer la nouuelle Lune, SC de leuer les mains au ciel en
prianci
Si quand la Lune va naiffant,
Tu vas au ciel les mains haulfitnt, >
Et d'encens les Lares adores,
Phidilerufiique,ejrdesfiuicís, ; ^ •
£>ui font en l'an mefme prodnicls,
Et d'vne truyeauide encores. ' )
Virgile pareillement monstre que se tenir debouc Sc cendre les naaiiis au ciel est indice d'adora*-
tion : quand il allègue Anchise ayant apperceu ceste prodigieuseaduenture par laquelle la teste
dAscagneson petit-fils fut efprise de feu,&; vid on la flamme voltiger autour de fa molle cheue-
lure fans dommage. Car
——il dressa vers le Pôle,
Tout gay lesyeux ejr mains en prenant la parole. *
Et comme pour attestation 8c renfort on eust incontinent apres ouy vn efclat de tonnerre, Sc
qu'vne estoille chute du ciel crainanc vn flambeau durant les ténèbres eust faict vne longue
course auec beaucoupde clairté, traçant le chemin, donnantde la lumière tout le long d'vne
grande carrière, Sc que toute la campagne d'alentour,
Sent le foulphre ,fur pieds le bon-homme fi campe,
Parle aux Dieux, adorant ceste sacrée lampe.
Au demeurantPhilon dit que la posture de celuy qui sc rient debout, est indice d'vn esprit in-
conuertible,qui s'applique tout à Dieu,qui íans vaciller ne mouuoir aucunement,faitmouuoir
toutes choses. On peult voir cn vne piece d'argent que Profper Publicola de Saincte Croix,icu-
ne homme bien lettré, m'a faict voir à Rome, vne image de ce subicct auec telle inscription,
VOT. PVB. IMP. C ,£ S. T R. A I A N I HADRIANI AV G.Ccst à <\xKC,V<£UXpublicsfditts
t» faueur des Empereurs Ttaian ejr Iladrian Augustes- Or nous trouuonsque les anciens sacrifiants
tout-debout à Iupitcr,luy faisoyenc ainsi leurs voeux Sc prières : mais à la Déesse Ops^assis; mon-
dants par tel signe qu'elle estoit la Terre-mere.Pythagoraspar fa propre cradicion ordonne que
ceux qui voudronc adorer s'asscent ; bien que Plutarque die que telle estoit la practique de Nu-
ma.pournous apprendre que nos voeux &: prières doibuent estre fermes & stables. Quanc à l'e-r
«at de prier debout,nostremaistreS.Paul en aduercic assez souuenc quand il die, Tenez, vous donc ,
firmes, ejr ne soyez, point derechefretenusdu ioug deJerttitude. Ec ailleurs ; Tenez, vous fermes en nofire '
seigneur, ejr vous tournez, a Dieu. Ec ailleurs, Car nous viuons maintenant ,fi vous estes fermes au Sei-
gneur. En la guerre quemena Gedeon, ceux qui fleschirenc le genouil, estansconduics à l'eau, ]_
& se prosternerenc àcerre
pour boire, furenc cassez : mais ceux qui beurenc debouc fans eux '
courber,furenrcnroollez,&: combaccircnc vaillammce.Voire mefme crouuc-on ordonné par le
Concile de Nica»e,que nous rendions nos voeux à Dieu, le priancs debouc aux iours de Diman-
che & de Pencecoste,&depuis le iour de la résurrection du Seigneur iusquesà cerrain cermc,au-
Ucmenc:cc qui n'est de mon desscing car il m'en faudroic recueillir plusieurs cn couce Fannee,
;
^uileroit vne choseennuieuse. Quant au leuer des mains, i'en parlcray plus amplcmenc cn son
011 au commeneaire des mains.
?
LE$
71 Hiéroglyphiques du Cynocéphale.
LES AEQJINÔXES, OV NVICTS EGALES ,\
aux ìours.. C H A p. I V.
LEs prestres Egyptienspour représenter hieroglyphiquement les deux Equinoxes, figu.
royent vn Cynocéphale assis, fondez fur ce que au temps des aequinoxes, cest animal pisse
douze fois, fçauoirest à chacune heure du iour, Sc autant la nuict : Sc pourtant meccoic-onmal \
propos le Cynocéphale assis au coupeau des foncaines, comme pensancs que par ce moyen elles
ne cariroyenciamais. D'auancage à l'heure mefme sofdicte, il sc prend à heurler Sc bruire d'vne
voix fort efclacante par douze fois, fçauoir est à chasque heure, car dúícommencemenron com-
ptoic les heures par le moyen de cercaines cruches qu'on appelloic Clepsydres, donc principalle-
P1
Bonloget m menc l'on vsoic en la ville Achanta, oucre le Nil; là où il y auoic encre aucres choses, vn grand va-
tCtau. se auquel par chacun iour les prestres au nombre de crois cens soixance ( qui est la diuision de
fe
,
l'annee,deduicts
* IuLCttfar l'í les cinq iours * incercalaires,donti'ay parlé au commencairedu Vautour )met~
erdona qu'à toyent
f( à leur tour,de l'eau du Nil; laquelle estanc toucc coulée declairoic par ceste manière d'ho-
tous lei 4. rologe l'heure qu'il estoic
ans en infe- t< : on crouuapar apres le moyen de les faire fçauoir, à la façon du Cy no-
raftvniour, cephale,ou
^ par vn cri public,ou bien au son du cambour. Or comme i'ay dict, c'estoit la coustu-
qui s'appelle
intercalaire, CCmé des Egyptiens de grauer cest animal à leurs horologes d'eau, laquelle distilloit par le penil *
& fait lt troué tr d'iceluy ; prenants garde à la iuste mesure, Sc que le canal ne fust trop estroit, ou trop
biffexte.
VoyezPlu- 01 ouuert, cecy la faisant escouler trop tost, Sc cela la retardant bien souuent. Or peu't-on bien
tarc.és yics n" maintenant fçauoirquelle est ceste efpece d'animaux, de laquelle ( sans la nommer ) Victoriuus
de Numa Rhéteur
&deC*- T, * parle au lieu où Cicéron en ses Rhétoriquesbaille la définition du temps.Caril dit que
fer. T
Trifmegiste estanc en Egypee obserua qu'vn sacré animal dédié à Serapis, pissoic à mefme Sc
Diuision du egal incerualle, douze fois le
_.i iour,& de là croid il que le iour aie esté diuise par la mesure de dou-
iour par les
fituret. ze heures ainsi compassées : bien qu'auçuns disenc que ladiuision du iour en douze heures s'est
Z<
ûfaicte fuyuanc la dimension des cieux, qui selon leur harmonie musicale sonc de mefme diuiscz
en douze parties. Car les Astronomes partissent le iour Sc la nuict, en douze de leurs heures,
C)
quelquenombre
q des nostres que l'vn ou l'autre en contienne. Au reste nos ancestres prenoyent
Cl vn vase autant d'eau qu'il en falloit pour tout vn iour,& la faisants découler par vn bien petit
cn
trou, la diuisoyent en douze parties, 8c d'autant de parties en faisoyentautant d'heures.
ici

REPOS, C H A P. V.
* Siège indi- á/""% Vant au a siège, il semble estre indice de repos,comme Iamblique escript à Porphyre,dont Q
et de repos. \ /nous auons discouru plus amplementau traitté des Arbres, déchirants comme 8c pour-
y
* Arbre de> q
quoyTes anciens souloyentpeindre Dieu scant dessoubs vn h Loté, Sc par la tradition des Na-
ce
famones. Mais aux aequinoxesceste parité d'vne 8c d'autre saison cgalement compartie, peult
plusieurs es f,
fèces , des- '
bien
quilles Théo- D importer quelque indice de repos, attendu qu'estants arriuez au poinct d'icélle, rien ne re-
phrase liu>. fuite
fj qui face trébucher Fvne ou l'autre partie, ains demeurenttoutes deux fermes Sc stables en

y.ch/tp. 1 4.
Lotopisagie
egalc
e balance,
tfi le pays LES LETRES. CHAP. VI.
qui le pro-
duit : Ó» les
peuples qiitt T Es Egyptiens entendoyentaussiles lecres par la figuredu
1

tiennent ce' J /Cynocéphale; parce qu'ils estimoyenc qu'vne cercainc


I
frttiíl en dé- efpece de
lices Lot»- e ces animaux les cognussenc, Sc que pour celle co-
, .
phiges. Au.• gnoissance ilsauoyencaffinicéaueçeux. Cardes qu'on auoic
o
cuits le pren- amené le Cynocepbale au rcmple, pour l'y faire nourrir selon
r.cnt pour ^
T .>ií:;ur. leurs cradicions Sc cérémonies, le prestre meccoic auprès de
J,
ITtAV a r? rf luy i du papier, vne plume & de Fencre, pour efprouuër s'il
te cm Ah'.es
a firyew_,Í estoic C
de l'especcde ceux qu'il falloic reuerer.& si en escripuâc
bi^iph-cdi-\ quelque chose il faisoic
.*.'.- ".le! titit preuue de sa consànguinicé,ils le con-
' l : noíìres. i

facroyenc à Mcrcr;re,auccurcomme Ion estimoic de couces lc-
" ^:tr" fi',"
k ères. Ainsi nouuonsnous désormais croire qu'vn Sinecap-
t
_j vr.'cí par iadis à ioucr au x eschecs ; qu'vn Eléphant traça sor terre des lctrcs Grecquesqu'il auoit ap-
Cynarepha- princ f
h. pris
r à contrefaire ; Sc qu'vn Rat ( ce qu'Albert escript comme chose bien certaine ) esclairant à
PliR.iibr S. ' flambeau. Cecy pourra sembler
çhap 54. ' íceux qu'on auoit inuiré pout festiner, faisoit office de porte
estrangeà animaux,cxcepté l'homc,ont
1 ceux qui approuucnel'opinion d'Anaxagoras, que tous
feulement vne raison actiue ; mais la passiuc, ni par manière de dire Fcntcndcmcnt,ni ce qu'on
appelle interprète ou truchemant de Fcntcndcmcnt, iamais. Neantmoins Sc Pythagoras Sc Pla-
ton semblent afrermer que les âmes participent de la raison , mesmes és animaux qui n'en sont
pas capables, bien qu'ils nc s'en seruent pas, tant pour l'incptc, lourde Sc grossièrecomposition
de leurs corps, que pour n'auoir l'vsage du discours, comme on peult voir és Singes, Sc autres de
Liure VI- 71
A telle efpece qui sçauent.imiter Sc concrefairequasicoucesactions humaines. Qui plus est ,T)io-
gene les faic participants d'incelligence,selon que plus ou moins ils approchentde la figure hur
maine. Au concraire,soyuanc ce qu'Aristoce & autres Naturalistes escriuent, nous considérons
les moeurs Sc complexions de l'homme, scion que Feffigie Sc la taille de son corps approche, 8c
ressembleà quelque animal brute. Exemple; les leures grosses Sc pendantes comme aux Ames}
présupposentvn tardif,pesant Sc stupideentendemenedes baiouës ou maschoirescelles que d'vn
ChienscolereSc fideliréde fronc velu,ridé Sc restressi,comme d'vn Porc, impurecé de moeurs^
nacurel indocile,&ainsi presque cn chasque poinct, on iuge le'nacurel de l'homme selon la con-
formicé qu'il a auec les bestes. Par mëfme raison cienc-on que les Cynocéphales,^; couce efpece
de Singes,donc l'a plus parc retirene par ie ne fçayquellemerueilleuscscmblance',a lafigurehu-
maine;& quanc aux. pieds & mains luy ressemblenc encieremenc; approchentaussi plus du scfís^
de Foperacion Sc des arcs de l'homme, & peu s'en saule qu'ils n'ayenc mefme incelligenceqúç
nous.: Ien'oublieray pas icy furie subicct de celte similicude,que Galien en ses aggressions ou
rraictez Anaeomiques escripe, qu'il a disséqué plusieurs Singes-& Cynocéphales,quand il man--
quoic de corps humains, Sc qu'il leur a trouue beaucoup de ressemblanceSc conformité auecìé
corps de l'homme. Pour ce Ennius a bien raison de dire que
Le plus brut animal, h Singe, nous ressemble.
Mais posons le cas que ceste ressemblance sc rapporte au naturel : que dira-on de l'Elephant, le
plus brut animal,&plus différant de la formehumaine qui soit au monde? Cicéron neantmoins
cn ses a Epistres ne nie pas, suyuant la commune opinion, qu'il n'ait quelque alliance auec lé
genre humain.
D'OV VEINT Q^VE LES AEGYPTIENS REVEROYENT
les bestes bmtes! C H A P. V 11.
AVcuns disent qu'Isis apporta lacoustumede nourrir Sc reuçrcr les animaux despourueuz
de raison,laquelleordonna qu'on fist cest honneur à son mary & frère Osiris,,ayantadjugé
Sc faict distributionaux prestres d'iceíuy d'vnegrande partie de ses terresr&quë du commence-
ment la coustumé estoit de nourrir à cest essect tels animaux qu'on vóuloit,lcsqúëisëstans mores
ils en faisoyenttel dueil que si Osiris sost mortrque depuis on fie le choix de certains ànimaux,&
fucccl honneur faict principallemencau Cynocéphale pour l'exccllencede son nacurel appro-
chanc fort de celuy de l'homme, ce disent les experts en telles choses : mais au dire des píbfanes
C qui se laissent aller à la croyance du vulgaire, pource qu'Osiris prenoit vn singulier plaisir ce^
en
de
ste manière Sacyres, comme sonc encore auiourd'huy plusieurs personnes remplies de vanité.
Les Romains furent aussi sobiects à ce vice. Parquoy Cicéron reprendde luxure vn garnement
de Vedius,pource qu'il l'auoic rencontré auec deux Carroces,vn chariot 8C vne liciere, ayanc vn
Cynocéphaleen carrocc,& mefme ctes afncsses ou mules. Sc pourcanc croid n'auoir onequesveu
homme plus desbordé que luy. D'auancage il appert qu'ils onc esté appeliez Sacyres, donc il sc
erouue grade quaneicé aux montagnes des Indes qui sonc au droic du Soleil, où les Carcaduliens
habicenc:&sont quasi de mefme forme que l'homme, courants soit à quatre soit à deux pieds si
vistc qu'il n'y a moyé de les predre s'ils ne sont vieux ou malades.Etd'icy veine ceste plaisance Sc
ridicule aduéeure aux crouppes d'Alexandre le Grand,qui marchanrs paryn cercain quarcicr des
Indes,commcils apperceurent vn grand nombre de Cercopithequës,rangezpar bandes 8c com-
pagnies à l'exemple & similicude de l'armecqu'ils voioyent d'vn hault s'aduancer en-bas soubs
leurs drappeaux ; sc résolurent de les aller combarre comme ennemis qui fissenc ferme fur la
crouppe des moncagnes.Mais aduercisde leur erreur óu qui proquo par ceux qui fçauoyenc lc
pays, baisserenc les armes non fans rougir.
D LEPRESTRE. CHAP. .VIII.
M Ais pour reprendre nos hicroglyphiques,lcsEgypcicns
signifioyencaussi le prestre par l'hieroglyphique du Cy-
nocéphale ; d'aueanc que cest animal à cc qu'on die ne mange
poinc de poisson, ni de pain faict de poiísons, comme sonc les
Orices, peuples Indiens, qui n'vlene poinc d'aucre viande, lc
despeçans à bellesongles,& faisans rostir Soleil,donc ils sc
au
noulangencdu pain, comme Clycarchc a escripe. Ainsi crois
familles de Babylone viuoycncanciennemenc d'aucre cho-
ne
se que de poissons secs, broyez
au mortier,& sinallemenc re-
Quicts comme en bouillie qui leur scruoic de pain. Ceste reli-
Siost a passe mefme en quelques Conuencs de FEglisc Chre-
74 Hiéroglyphiques du Cynocéphale.
& beaucoupplus louable fubiectque lesáurrës. Toucesfois les prestres estrangers mangeoycnt A
8C du poisson & de ce pain doncseulement les Egyptiens s'àbstënoyenc :"abhorrantsau reste fort
religieusementtòut-ë sorte depo'issoii, ainsi que nous remarquerons au Traicté d'iceluy.Sc pour
ce respect auoyent ils notamment lé Cyhòëep'hâlë en si grándè reuerençe, comme le recognois-
sants touche de la crainte d'Vhe mefme rëligion qu'eux.

;, ' 'st%\ c IJRJC V M;&'Ì% i ò A
N. : ' ; c H AP. ; i x., _;;;-
ïourquoy
ET'còmme
j les Egypciehs eussent receu l'vsage de la Circumcision ,"&rëcognuque les; Cy-
veneré en J nocéphales naissenc circumeis, croyants que cela ilë lëuràdueinst pas temeráij&nïënr ni
saris cause legitime,ains par là volonté de Dieu, ils ses eurent en plus grande venerâtiOii,les ad-
uouánts
U estre de leur parentageSC consaiigùinité. Or que là Circumcision fûst vne tref-áncienne
cérémonie
C 4'Egyptë,& que les luiss en eussent emprunté l'vsage d'eux, Diódore nous le veult
faire accroire; & quelques autres Esoriuaihs en fuite l'on estimé speçial & d'anciennë tradition
f;
.aux
j* Egyptiens,practiqué depuis par les Colçhes, comme originairesd'eux, Sc par les Hebrieux
nourris
r eh Ejgypce.Mais c'est vne rësuefie & fàbulollté de geiits,qui se sonc efforcez d'obscurcir
1l'histoire des fainctés letres rëcëúë partout lë monde despuis vne si longue fuite d'anncës. Stra-
bon neantmoins Sí. Corneille Tacite soussignent leur erreur, affermantsque c'estoit la coustumé
fc

des luiss de circumeire leurs parties génitales. Mais certes ceux qui rccerchcnt plus soigneuse- B
rment les escripts des aneiens,sçauenc qu'Abraham donna la Circumcisio à son peuplé pour mar-
qué
c par laquelle ils fussenc distinguezd'auec les Egyptiens.S.Irenacene diroit doncq pas que les
Egyptiens
1 circúmcisoyenr à la façon du Cynocéphale,mais ceste cérémonieuse maniëre passa
ípour la plus part des Hebrieux aux Egyptiens; lesquels auoyent veu cc personnage demeurant
plusieurs
ï années ën Egypte, Sç tousiours discourant des choses diurnes, selon que plusieurs an-
c Sc modernes Eseriuainsnous l'apprennét.'Mais posé le cas qu'il ne s'en trouue tefmoignagc',
eiës
c que l'histoire m'en apprend,m'est bien vlie plus forte preuue, que la loy de mutiler ancienne-

rment les parties genicales n'ëstoic poinc peculiere aux Egypciens. l'en appelle à tesmoing la fille
de Pharaon, laquelle ayant trouue Moyse au riuage de l'eau, cognut incontinent qu'il estoit cir-
cuncis,
c 8c qu'il appartenois à quelque Hebrieu. Que si c'eust esté des lors la coustumé des Egy-
pciens
I ,„de circumeire, comment ëust-elle cogneu par çe .signe que cest entant estoit Hëbrieuî
IDequoy nous ' pouuons, soupçoner qu'elle n'estoit pas communeà tous les Egyptiens,mais aux
preffrjgs
í seuls pour estre discernez d'auec lë peuple:ce que les Hebrieux onc cousiòurs obserué
encreux. Oh sçaic bien que les luiss ancienhemenc se souflëuercnt concre l'Emperéui: Hadrian
«
qui leur vouluedéfendre là Circumcision. C
L'OVVERTË SIMPLICITE' DE COEVR. CHAP. X.
f4yilique si-
tjr
(*~*\ Vanc aufubiect de ce mystere,presquetous les auteurs en donnent diuers aduis: ils áccor-
ie
gnisicatio de
la Circum-
y ^jdent neantmoins que son principal but estoit de recemmanderl'honeste Sc licite vfage de
'" ce membre. Les autres,que c'estoit vne figure, mais que ses Egyptiens mesmes ne Font gueres
mfíon.
bien entendue. Aucuns, que ceste marque fut fpeciallementdonnée à ce peuplc,à fin de séque-
strer des autres nations ceste nombreuse lignée diuincmët promiseà Abraham.Tousles anciens
Théologiens soustiennent que ç'estoic la figure Sc symbole de la Circumcision du coeur, comme
ayant la partie qu'on cirçucic, quelquesimilicude auec le coeur.mais que le Seigneur auoic voulu
qu'elle demeurastnue,pourmôstrer que nous deuons viure auec vn coeur ouucrc Sc simple,com-
me estant icelle ordonnée d'estre faicte en la parcie du corps que par l'vsage & pudeur quasi de
tout le monde on a coustumé de cachenparce que c'est Findicede l'intcrieure Circumcision qui
se doibt faire au coeur.Cdr nousfemmescircumeis ( ce dit F Apostre ) d'vne circumcision faiffe non de la
main.Les Prophètes aussi cûcntiCircumcifez,la duretédevostre s<r«r.Lactácc,Euchere,S.Irenaee,tous
les Pères Grecs &Lacins,declamencfur ce propos.Gir(dienc-ils)y?«y?£ mutilation de chair aux luiss
nefignifioitla Circumcisiondu coeur, elleferoit certes fans raison.pource que fi Dieu ne demandoitque cela, il
eustdès le commencementcreé l'homme fenspr&puce. Or ay-ie estimé chose superflue de repérer icy ce p
que nostre maistre S. Paul en traiece bien au long, aecendu que cous les fidèles Fonc encre mains,
& qu'il leur est souuencesfois exposé publiquemenc.Ieme concenceray de vous aduiscr que lisiez
ce qu'Origened'Adamanceen escripe au second liure sor le secondch. aux Romains, Sc ailleurs
souuençjen force neantmoinsque ne mections en oubli S.Chrysof.S.Basile,ni pas-vn des nostres.
LA COLERE, CHAP. XI.
Colère expri-
»'t-
T7 N-oucre par le Cynocéphale les prestres d'Egypceexprimoyencla colcre. Car c'est lcplus
k
mée par le
XLcolere Sc plus despiceux animal qui soie poinc.duquclon pculc dire cc que Thcocrit du Pan;
Cynoceph*- Tousiours luyfied au nez, U colère enfiongnée.
Car les auteurs nous donnent les Pans,Satyrcs,Sphinges,Singes,&Cynocephales,quasipour vn
mefme gérc,distincttoutesfois en diuetscs espèces. Au demeurant les Sphinges naissentchez ses
Troglodytes en Ethiopie, non dissemblables au pourtrait qu'on cn monstre; surbrunes de poil,
avants
Liure VI. 75s
avants deux mammelles cn la poictrine, semblables à vn monstre, vn peu plus grasles, Sc d'y n
naturel sort enclin à s'appriuoiscr, capable de plusieurs exercices &: disciplines. Albert aussi les
rccognojst au rang des Singes, Sc dit qu'elles ont deux taches surbrunes en lamaschoire vue-
,
longue queue & de mefme pelage. l'en ay vne à Vérone, ayant les mammelles blanches & fans
poil,qui luy pendoyet de l'estomach:vn charlatan François Famcnoit nouuellcmét de quelques
ifles auparauatincognues.ilmonstroit d'abodantdes conils quatrefois plus gros que les nostres,
aras SC replets à merueilles ; Sc ( ce qu'à peine croira personne qui ne l'aura veu ) ayants chascun
quatre rognons, attachezensemble à la façon Sc semblancc des doigts humains. Mais la Sphin-
ge n'auoit point
de poil en Fcstomach,laface Sc les aurcillcs approchantesde celles de l'homme,
îe dos extremémciitvelu, le poil surbrun, fort long Sc dru. Son gouucrneur auoit lc bras
gau-
che armé d'vn gantelet de fer, duquel il teiioit vne chaine,à laquelle ceste beste estoit attachée:
de la droicte il tenoit vn baston, duquel la menaçant souuent,il la faisoit marcher sur deux pieds
quand &: luy, faultcr par-fois de place en autre,&: par-fois glapir comme vn rcnard;amassant par
ce moyen beaucoupd'argent des spectateurs.
SECRETS A TAIRE. CHAP. XII.
B A V-sorplus les Sphinges és temples des Egyptiens aduisent en termes Hiéroglyphiques, Sphinges fi-
J_\.qu'il saule enlacer de nceds Sc cnuclopcrde difficulccz amigmatiques les traditions mysti- gurez que
dénotent.
ques , les sacrez préceptes &: sainctes ordonnances, pour n'estre profanez par la multitude, les
coseruer inuiolables, Sc ne les traitter qu'en secret, à cause dequoy Octauian Auguste prid long Sueton. ',
en
temps plaisir àsecller ses patentes Sc despefehes de la figure d'vne Sphinge en signe de taciturr fa vie, ch.
iiicé ; done il quiceal'vsage en suice, se semant de l'image d'Alexandre pour bon présage. 50.

POINCTE ET SVBTILITE' D'ESPRIT. CHAP. XIII.


M Ais la Sphinge qu'on mcccoic soubs vne lance, comme en celle stacue de Minerue que
Pline die auoir esté iadis à Aehenes, monstroicque rien n'est si scerec Sc caché qui ne se
puisse bien descouurirSc mererc en cuidence par la poincte Sc fubcilicé de l'efpricrvoilaquanc aux
Sphinges. Mais les Cynocéphales sont laids de Corps, totalement sauuages comme i'ay dit, Sc Les Cynocé-
indomtables, s'enflamment outrément de courroux lans cause &: raison, d'vn sourcil Sc regard phales.
hideux & renfrongné, de façon que l'on .peut iuger à les voir qu'ils sont d'humeur colérique,'
dont ie parlois n'agueres.
CHOSES DIVINES, SECRETTES ET CACHEES.
CHAP. XIV.
IE feray marcher les Silènes apres les Cynocéphales, car Silènes, Sa-
Pausanias escript qu'ils font aussi de la bande des Satyres, yres aagez.
Sonates së-
que Ion nomme Silènes quand ils tirent jasor l'agc:& des- llaíle aux
quels le propre est de signifier la diuinité scerctte Sc cachée cn Silènes.
quelquechosc.Car,scloque nous pouuos recueillir du propos
<TAlcibiade Platonique,-lesSilènes estoyent certaines images
faictes de plusieurspièces, rapportées, & tcllemcnc agencées
qu'elles sc pouuoyent|leuer & desployer : lesquelles estans
ferrées 8c ioinctes nçrjfonstroyent auere chose quVnè ridicu-
le &monstreuse contenancede quelque charlatan :8c quand
elles estoyent ouuertcs Sc desplbyees faisoyent voir vne
,
certaine vénérable deite.Parquoy Alcibiade die au Banquet de Placon,que Socraces ressembloic
aux Silènes, pource qu'il estoic bien aUcrc par lededans qu'il nemonstroicpar le dehors: pour cc
dic-on communémenc, Les Silènes d'Alcibiade, d'vne chose vile & ridicule de prime face, mas
s
admirable à celuy qui Fa regarde par dedans Sc de pres.
LE NAGEVR. CHAP. XV.
ET pour n'obmeccrc les aucres significations du Cynocéphale, ils cncendoyciicencore lc na~ Bon
nageur
geur par Feffigic d'iccluy, accendu que les aucres animaux apprehendancsce dic-on du péril,signifié par
cn nageahc,seherissene Sc rchfrongncnt de craintc.au lieu que le seul Cynocéphale,cóme escrit le Cynocé-
Honis,passeà nageen quelque part qu'il ait cntrcpris,fansappréhension,fans horreur. Or ceste phale. '
facilite de nager,ioincte
auec la cognoissanecdes lctrcs ( choses desquelles on a rccogiiu le Cy-
nocéphaleestre capable ) luy donnent la mefme louange qu'aux cxpcrs& fçauanrs hommes,
Q auoir appris & les serres & Fart de nager.Les Athéniens
au corrairc souloyéc dire des faincancs
°lui nc sonc propres à rien fairc,incapablcs de couc exercice Sc discipline,^ le
^
nager ni les lctrcs.
*-uqucl prouerbe Placon fait metion és liures des Loix,&mefme Aristide
cn vne certaine Apolo-
£1('-Et que
cc fussent scicecs dignes d'vne personne de franche codition,nous lisons cn Suctonc,
G z
76 Hiéroglyphiques du Singe.
qu'Octauian Auguste apprit luy-mefme à ses nepueux&: les letres&: le nager Ï&C autres excr- A
cices. D'ailleurfron tournoiten ignominieà Caligula, qu estant'fort capabled'autres choses, il
t nesçauoit point nager. Au
reste par le Nageur il ne saule pas entendre simplement celuy qui
r fçait la manière de nager ; ains celuy qui sonde &£ fecerche les; chosesiufcju'aufóndí pour ce di-
sons nous des passages difficiles chez les auteurs, qu'ils ont besoing d'vh nageur Delien. car les
Delíens auoyent la réputation d'estre bjràues nageurs.
LE MONDE. CHAP. XVI.,
•-
~f~\Arle mefmeanimal les Egyptiens signisioyenthicroglyphiquementlë inonde. Car com-
'" X me ainsi soit qu'ils fissent estât de soixante Sc deux principales contrées de la terre habita-
ble, que Hali Amberagel mentionne en son dernier traitté d'Astrologie,le grand soing qu'ils
prenoyent à la nourriture de ces animaux, leur fit obseruer qu'áutaiitde parties defaillenr en
cest animal mourant chascune par iour, Sc qu'au soixante Sc deuxiesme iour ce qui luy reste de
son Corps meurt. Or ceste manière de prestres estoyent fort religieux de coupper tous les iours
aux treípassez quelque piece de leur corps, qu'ils enseuelissoyent cmbafmëes ceremonieuseméeB
à leur mode. Ec que ç'aic esté la coustumé des Egypciens d'embaímer ainsi lés cadauers, la fa-
çon en a mefme long cemps esté practiquée par les Clircsticns, commenous le ppuuons conic-
cturer de Tertullian : Si les Arabies {dit-il )fe plaignent,sachent les Sabteensque leurs drogues (t despen-
dent en plus grande ejr plus chere quantité aux sépultures des Chrestcns, qu'a faire des encensements ejr
perfums aux Dieux .Mais pour reuenir au partage de la terre vniuerselle ,1'Eternel( diroic S. Clé-
ment ) qui a pouuoir fur rouées choses, à diuisé cous les peuples de la cerre. en soixance Sc douze
parcies, Sc les a baillées en garde aux principaux Anges, puis-apres Iesus-Christ deuant fa mort
8c passion enuoya autant d'Apostres parmy le monde pour prescher FEuangile. Les Astrolo-
gues , pour leur commodité, n'ont diuisé le monde qu'en soixante portions,;desquelles Proclus
en fa Sphxre dit, que les intervalles des cercles de l'Fniuers ne font pas d'vne mefme distance entre eux,
mais que filon la description des Sphares, on les dispense ejr partage en ce(le manière: Endiuifentchasque
cercle méridional, ensoixante parties, on marque chasque cercle Septentrional par la distancede soixante
portions defpuis le pôle, ejr l'Aequateur ( cercle qui diuiséégalement le monde ) eftestoingné des deux
'tropiques ,de soixante ejr quatre espaces, Vous pourrez apprendre le reste de, Jaques Ziegler ^fort
practiqcn ceste science, lequel, admirant fa doctrine, &: fçáchant qu'il Ji!aupit trouue aucunC
Prince en Italie, non pas mefme en la ville de Rome,qui Feule recueilli,vous ^uez reciré comme
Solon fit Anacharsis,receu en vostre compagnie ; 8c par les commódiéezquëvous luy donnez,
auez faict que çe bon & docte personnagea peu communiquer son fçauoir àlapostericé.
DV SJNGE. CHAP. XVIL\ ^ ~
' l^iure;^WíK--' 77 >
^ Roy des Molossiens cherissoic. Car commeles 'L&c'edaemonienifussent allez vers FOracle d'A-
pollon de Dodone, s'enquérir de la victoire;, &que les .Députez eussenc posé le vase auquel
estoyenc les íorcs,il renuersale vase Sc dissipalc? fores, Or les. Historiens dienejau rapporc de Ci-
céron ,en son liure de la Diuinacion, que lesLacedaenionien^n'eurenconCqucsde plus criste ni
plus malenconcreusc aduencure. Car on diç,que;la«Rèligie,usequipresidoic à FOracle,respondir,
J^ue lt-{ Lacedoemoniens deuoyentsonger a leur felut^ hon point a la victoire. EcPlaiice n'appelle poinc t
mal à propos en diuers lieux le Singe cancost beste de neant,tançostcresmalicieusc;&:en la conie- j
cture de quelques songes il la prend pour vn rrfacquërèau»aecencRiqu'il n'y a rien de plus effron-
té ni de plus détestableque ceste manière de geíit%,desagreables&:desplaisancsau monde, voi-
re comme il parle, la haine des Dieux Sc des hommes^' „
-,

LE DISSIMVLATEVR l5^S YÏCÏÊS. CHAP.' XIX.


D'Auancage,lesEgyptiens voulacs noter vu homme qui dissimule ses vices Sc ímperfectios, Í
Sc quicache la honte de fa maison, pourcraioyenc vn Singe pissanc. Car il est bien si ver- \
irorígìieux, que epueés les fois qu'il vrine, il còuïire de cerre cëst excrément, pu de quelque àui ;
tre chose qu'il rénuerse dessus, comme aussi folie les Chats quand ils onc fiente. Ètdaucanc
g que les
liures imprimez sonc fautifs quant au nom du Singe, voyez si bon vous semble ce que
?
i'en dis, autraitté du Clïat.
I M P V D Ë N C E. CHAP. XX.
7$ Hiéroglyphiques du Singe.
En femme ainsibrattartt U folafire Guenon *
Donne dix mille ennuysau généreuxLion.
Ellèluyfaulteadóiiàuxf^fesipuiss'attacbe
K_AIsa queue,àfisfiahcs,fansreps,fansrelafihe.
{Tant fi trouue de coeur aux petitsanimaux l)
Vagite,le trauerficérluyfaitplusde maux,
plus de tours impmuns que rie musfait la moufihe,
x^ídextrc neantmoins, de labesté faroufihe
u/f la griffe, à la patte, à la dent fi soustrait.
Si que leger de bras, dvn brufijueejr foupple traicì,
ll fe donne carrière,aux dejpendsde fen Prince.
REMEDE A LA FIEVRE. CHAP. XXI,
Lion man- " IL rêftôit à dire comme suyuant les traditions des prestres d'Egypte, ils signisioyent par le
géant vn
Singe.
Lion mangeant vn Singe le remede-à la fieure : mais nousen auons assez discouru au traitée
du
<
Lion. B

L' A D M I R A T E V R D E S Ó Y-M E S M E.
CHAP. XXII.
Singe com-
NOus auons nágueres declairé l'affection du Singe enuers ses petits.eequi nous fait souuc-
paré à ceux nir d'vn autre hieroglyphique.Caraucuns ont voulu dire qu'on peult propremêtentendre
qui s'aymet les 1 Suffenes de Catulle par la Guenon qui à des petits.come gens qui ayment 8c prisent vnique-
eux mesmes. *
rment leurs actions Sc propos qu'ils estiment fans pair. Braue parole de Pindare.'qui se mocquant
de ceste manière de personnes cransporeces de philaucie, c'est à dire d'vne aueugle amour d'eux-
mesmes,dit
s que les flatteurs ne semblent pas gents de bien%i bons amis aux sots,autrementque
les enfants trouuent les Singes beaux. Car il dit aux Pythiqûes : Les enfants trouuent beaux Us
1
Singes. Horace pareillementescript que le flatteur par trop seruiable s'accommodetellementà
£
l'humeur des riches, qu'il semble
1
i^fu basteleur qui ioué vn second personnage.
Or le Singe représente le basteleur, d'autant qu'il contrefaitle mieux du monde& de meilleure
<

grâce
i qu'aucuns autres tout ce qu'il void fairé. A propos de çesté philautie,Synese,personna- v
ige bien letré, recueillant vne fois les epistres qu'il auoit bien soigneusement escriptes, dictqu'il
craignoit
i qu'il ne luy en prinst comme aux Singes, car encore qu'ils engendrent ( dit-il ) les plus
]laids enfantsde tous les animaux du monde, ils les
trouuent neantmoins les plus beaux. Dieu
vueille que ie ne me trompe aùssi de mefme, & qu'ayant employé tant de veilles à la recherche
i
de ces hiéroglyphiques,8c pris canede peine a les eseripre, 8c pensant faire plaisir & recréer les
i
esprits des studieux, ie n'en fois mocqué selon la ccoistume des hommes d'auiourd'huy. Car
( diront-ils ) qu'auons nous à faire des characteres 8c fabùlositez d'Egypte,attendu que la vie de
yingtquatre.
l'homme n'est point trop longue pour bien apprendrela langue Latine ou la Grecque ? N'eust-il
emsempkytx.í pas mieux valu employerçes vingtquatre années qui se sont perdues à façonner & construire
nu recueil quelquescinquantehuict traitiez fur
de ces hiéro-. ce íubiect j ou bien les donner à l'eloquence, ou à traduire
glyphiques. quelquesbons auteurs Grecs?ou,«îi i'auoisUsangautourdu coeurglacé, 8c si peu de hardiesse que de

ne Poser entreprendre, me résoudreplustost de viure à part moy, que m'afHiger le corps en me


sequestrant de tous plaisirs,pourn'en remporter qu'vn fascheux Sc cotinuel chagrin, fansqu'au-
cun des Grands m'en fçeust gré ? Ils diront vray, ie l'aduouë, Mais qtfy ferois-ie? nul n'est fans
faulte. Si toutesfois il y a quelque chose qui ne vous desplaise pas entièrement,ni à trois autres I
de mes amis, ie seray bien contant \ 8c reípondray, Que les Rois gardent leurs Royaumes : Sc si
mon industrie peult auoir Fapprobationpar le iugement au-moinsde trois amis, i'en seray cane
d'estat, que ic meterayquarid-&-quandsor mon liuréde comptes, que ie me tiens pour bien Sc
deuëment fatisfaict de mes peines Sc labeurs. A-Dieu,& faictes mes recommandationsà nostre
£Qrnmunamy Manard, toutefois à la manière que vous auez accoustumé.

LES
Liure VIL 70
A

L E S
HIEROGLYPHIQyES'
OU,
COMMENTAIRES DES
LETTRES ET FIGVRES SACREES
des ./Egyptiens &c autres nations.
3
%)e ce qui est signifié par le Qers. '

LIVRE SEPTIÉSME;
AV M A G N I F I QJV E ACHIL LES
BOCGHIO Bolonois.
O s T R %singulière intégrité &gr0df}auóìr (trêf-nóbU Achillès^Éocchio)
té la fermejfe de nofire amitié continuée iusqu'àprésent, me commandent de
célébrer affiduellement lafbuuenanceque iay de vota,, laquelle
ne mourra, ia-
mais enmon endroit:fbit que la prosefiìon de mefmèsefiudes nous ait ancien-
nement contoinc7s, ou bien quelque égalité defortune,pour ce qu'il nous ad-
C teinten mefmetemps, & par mefme exercice defuture vne mefme^vacation ^science, >-vous a
Tìolongnetâmoy à Romey téfousla protection de mesmes amis té patronsque
nousauons hono-
ré longuement. Si n ay ie point rencontréplus grandfub]e£ïde njous aimer
<>que par vos tres-
agreables, tres-vtiles, & salutaires discours, lors
que durant le piteux estât té de moy &* de
toute tltalie, chafie de Florence auec mes-feigneursde éMedias,ievous allay Visiterà Bolongne
testépassé. Car ayant à ceste occasionperdu totu
mes moyens, ie ne irouuaypersonnequi me ra-
molltfl f$soulageas;la dureté de mes ennuis téfiaficherìes
auec de plussages propos que <-vosamia-
bles f£ tres-offìcieufèsconsolations,
tant te receuots de plaisirsdeprofit à vous efcouterdiscou-
rant des ^vicissitudes, changemens @r reuersdesaffaireshumâmespar la comparaisondespassées
auec celles que nous auons <~veuës en nos tours ! D'ailleurs>la naïfuetêde rc/osparoles tmeffima-
bìegayetéde vostrechere^vostre langagefi ioyeux té récréatif rien plus, addoucijfoit ,
que m telle-
tnent l'amertumede mon coeur, qu'il nefepouuoitrien trouuerni déplus Vtile ni déplus conuena-
blepour mitiguer
mon affitSíion. Auffipaffày-ietous ces tours là, en <-vofíre compagnies ne cej[ay
de meproumener auec-vóus,de mefèoir
auec <-vousytantque njousmefemblastesauoirsecoué de-
t
fur mes effaules laplusgrandepartie de angoisse qui accablait,téfondementaccoifèle
m trou-
ble de
mon esfirit. Mais deffuis qui tafpretéde ce temps làfiefut efchangée en ijneplus douce
fortune yle Pape deliuré deprifòn,les Seigneurs de Medtcis
retourna^aupays, & nousàKomey
mes affairesfieportèrent afjez^bien té ne me repentispoint, rit nefus déplaisant d'auoir deuoré
,
tant défatigues @r ttincommodite^.Car te ne manquay de rienpar la libéralité du Seigneur Hip-
Pyte, té me trouuay libre de corps & dJejfrit. aÂinfime remis-ie à mes efiudes ordinaires, g^
retournayvisiter les Muses que iauois dés long temps abandonnées. Or mon premier defir en ce-
chfut de ne laisserplus long temps moifirles Hiéroglyphiques
que iay comme njousfcaue^autres-r
joù recueillis. Je mefuit doncquesprins à les repolir ;à dessein^d'en mettre tour tantost vn
au
F 4
8o Hierogl)lfpliiqu^s dh Cer£
Commentaire, tantost t'autre rpouméutoutesfo^uemesdò^ dowajfintj^feurs A
VQÌx<CrleursvoÊUx,lftissoury
des plusfçauantsde mes amis, afin que
non plifsfourtaniouY^mòyquflfeutf, ììffùjfint au-
cunementcontraints damender ce quils'xtroufflroyenilmeritercorrection, ëntre iceux ilvous
f doit dédier le Cerfs d'autantqu'à mefoùuteni que lei discours
que nom eufmes en ce temps làfi
plein de misères té cafymltg\,dori^ qife leYaf,
fliSfionSqui deffuts^eiursànnèesènt tmuersì-pltlfie%rs'li[^êiceï^ leè
auons presque veues en toute l'Europe,procedoyentde leur proprefaute,entant que ces Messieurs
là defdaignent par manière de dire leursplusfMcere's& véritables
amis, &pour la pluspartai-
ment yniquement lesfias,'{ereaux<&j-ufez^ efcornifieurs. Et disions que leprincipalHiéroglyphi-
que du Cerfaux i&gyptiens, gfipitjqfee 'ipuldm exprimes vm telle caftiuitési/iugemênt,ilipei-
gnoyent vn, Cerfiam^sé^^en^retesît^pa^lefon^ fiageolsàfin^uefì.À'aduesiiuxe on vouloit
surprendrepar ieÎJeaïtrápé,*l%
•g

L'HOMME RVINE' PAR LES FLATTEVRS.

Hiéroglyphi-^H|^^ Es ^Egyptiens signifioyet par.ce pourtraictl'hom-


que de Vho- W Ì^SLme deceu Sc aftlrbrité par \i ruseíics^flattetirs. Or
tnedeeeupar
les flatteurs.
«feáwií*
que se Cerf soie de ce nacurel de sc laisser piper au
son d'vn flageolet de bergers où de quelque agréable con-
cert de musique, voire s'y délecter tellement qu'il en perd
le sens,& raui hors de foy se laisse prendre fans aucune pei-
ne, ou transpercer de quelque traict dont il ne sc donne
garde; 8c ainsi deuientlaproye de ceux qui l'enkaiiloyent,
pour donrier dequoy rire à ceux qui 'Bâhquetcront à ses
despends, ne plus ne moins que ridicules sonc à leur honce
8c dommage ceux qui se laissent abuser par telles piperies.
Pogen. De sorte qu'AntisthenelePhilosophe auoit raison de dire,
JLaçrt. Siu'ìl vaudroit beaucoup mieux tumberàlamcrci.des Corbeaux
\ que des flatteurs. Ie croy qu ilvous louuient que nous le di-
sions lors de nostre ehtfeveuëà Bolongne, comme vous fuiuanc vostrc coustumé de discourir
doctement : Antisthefle ( Ce veinstes vous à repartir ) auoic raison de faict, qui pour libérer son
ieune aage ( aage sur tous autres sobject à ceste incommodité ) de la ruse 8c caucele du Renard
d'Archiloque, Sc donner vn enseignement profitableà toutes personnes, sonloic dire que les
Cprbeaux ne nuisent point tant aux hommes que les flatceurs. Car les. Corbeauxpochënc seu-
lemenc les yeux du corps, lesquels mefme aiicuns Philosophesde marque onc estimé n'estre pas
t vtiles -.aucuns ausit se ses sonc volontairement creuèz comme empeschans la pleine liberté de
leur contemplación. Mais les flaeceurs arrachenr les yeux de refprir ( partie la plus digne que
nous ayons) c'est à dire qbfcurcissenrl'mrellect Sc se iugemenc, par lesquelsseuls npus.exccllpns
sor les autres _animaux.jS£quand on les a perdus comme eela,il faut necessairemenc qu'il ne reste
plus rien dliumanicé. Le mefme Philosophe disoit auslî coustumiéremënt,Queles Courtisanes
souhaicoyenc à leurs aimants touc heur Sc profpericé,fors que le seul entendement Si la pruden-
ce. Aínsiles flacceurs désirent que ceux qu'ils soiuent,proíperenrenrouées bonnes renconercs,
horfmis en"sagesse &cognoissanced'eU'X-mesmes,Vous adioustastesencore çcque Crifpus Paf-
sienus souloic dirë,qu'il lie saur pas fermer laporce àla,flarcerie,mais.bien l'ouurir ,'çpmmc à son
amie,laque]seplaistquand elle frappe à la porce pourencrer,&plus encores quand elle renfonse.
Car il pensoic que ceci seruist à l'hommepour apprendre de là quel il doic estre. Lors ie fis ref-
ponse,que c'estoit sobtilcmëhtaduifé'àPaflìenus, mais que bien peu de personnes', & feulement
ceux qu'vne eres-ardentevertu aura muni de toutes parcs, onc peu paruenirà cepoinct : & qu'il
y a danger, à raison de l.imbccillit<? humaine, que si les autres y prestencl'oreillc, ils soyent cir-
conuenus comme agneaux encre les loups,sclon l'aduis dc.Crarcs Cynique. Au concrairc ceux
|à onc sagement ordonné leur vie, qui viuenc non pour paroistre deuat les hòmmcs,quine meiv
dient la faueur du vulgairë,áiiis se prbp'òsent la feule Raison poúr leurc guide de leur vie. Voyas
donc que la vérité nous monstre à ríòus sonder SC cognpistre nousmelmeSj&quëlaflaccrie
nous en ,empesche ; que ceste-là loue le sentier de la vercu, & cestc-ci lc chemin des vices ; que
çestç-là nous poulie à complaire aux bons, Sc ceste-ci aux mesehans : chassons arriére de nous lc
flatteur,
Liure VII- 8l
A flatteur,à l'exemple du PhilosopheTimòn,qui frappa d'vn bastòn le flatteur Demeas. Car il n'y
â
point(cë dit Plutarquc) d'espécè d'animaux plus fiésniciéuse que lé flatteunpôiht qui face plus-
tost précipiter la ieunessc ; point qui destruise plus facilementde fond en comble les biens les
,
honneurs, la vie mesme. Pour ce Diogenecnquisquelle beste estoit de plus dangereuse mor-
sure.^ vousdemadez,(dk-ïÌ)des (kuuages,cejìle calomniateur:sidesprivées Jeflatteur. Car connue les
oiseleurs par quelque mignàrdè plpëe & voix* emmiellée empestrentdé leitrs gluaux, ou font
donner dedans leurs rets saillants Ú mirouêrs les simples oiselets : ainsi le flatteur amadoue les
hommes, &c les pousse à toutes mefehaneetez: puis les ayant ainsi plongez en tqlles èriuelopes,
les range en fuite au cours d'vne misérable fecalamiteusevie, &: les engouffrefinalement& par-
la teste &: par les pieds en vn profond abisme de douleurs &: souffrances. Et pourtant Aristohy-
me disoit fort bien, que le bois qui nourrit le fi»,
efixonfamêparluy : & lesbiens qui nourri/sentlesflat-
ttttrs^font dissipez,par eux. Alors prenant laparóleíVous auez raison (ce distes vous)monb on ami
Pierie. Sc me faites souuenir que le PhilosophePhauorin accommode a l'issue des flatteurs la
fable d'ActíEon dëuòré par les Chieijs mesines• qu'il nourrissoit; eux n'ayans autre intention que
de manger &S destruire entièrementleur maistre s'ils peuuenr. Ainsi doneques Antlsthene &
»
Diogene le Cynique auec leur feástdh sontgrandementrecommandables,en ce qu'appercèuans
la plus pernicieuse pêftê qui soit au monde, cestuy la par vn galant vaudeville, &: cestu^-ci par
chaíHementî voulurent aduiser lës Hommes nez pour se façonneren intégrité de moeurs & pru-
dence, de ne se laisser corrompre à ceste maudicte contagion d'escornifleurs,de peur que par
mesgarde ils ne soyent emportez à vau de route au courant des hasards,de cesse vie ; &; qu'expo-
sez à l'ignominie, aux outrages &: risées de tout le monde, ils île se rectígnoissent trop tard abu-
sez Sc perdus par la trahison de ceux áusquels ils s'estoyertt fiez & de leurs biens & de leur vie,
I'adioustay en fuite : Mais à ce qu'on n'estime les Cerfs estre seuls qui se laislent piper à l'oùye de
la Musique l'histoire Persane nous apprend que les Gheuaiixy animaux autrement farousches,
>
font espris auíïl de la mesme suauité» voire aU grailddommage de ceux qui auoyent accouítumé
ces guerriers à des airs & chansons effoeminées. On a veu par expérience que les Murancs & les
Alòzès àUflijêspëcèsde póifíònS, s'âpprochent/átícôtìceiiíèiônnériedesc'lóchësT bien que cc
ne soit,pourle regard des Muracnes, que qùâiid elles frayent, car áfôrïdn dit qu'elles fumenttíc íc
siffle des serpents, & se méfient auec elles. D'ailleursa POtis (piíèau ainsi nommé pour auoir de PHn. ii.io.
grandes aureilles de píumes)est eípris de la chahteric des airs qu'ils oyent, &C comme circumue- IIP-chi}-
u,~- * MeyÎDue,
C nude leurhatrtíoriievorìlevoidbálvóterdes aifles fauleç-Ueï j&chauuir des aureilles tôutde :de 6Ù Htbou
$ j
mesme qtiè s'il ensçàuoitles;acçjórds & çaden,çeSv Mais, laMusiquen'est point nuisiMèÀ rías-vh -v-n cirnu'
d'eux comme aux Cerfs. &poiíttantlesiíLgypticnsen ont mieux aimé emprunter leur hiéro- ro-
glyphique. Aurestcafinqu'on trouue moins estraiige que le Çèrf entende lesaccords de musi- usi-
que , ./Elian escrit qu'il entend le son de la Voix & le langage des Indiens^mieuxque tout autre, trc.
ciicore que Ptoíemíce Philadëlphe ait eu yn Cerf qui entendoit fort, bien l'idiòme Grec; Or
nous estons assez esgayez fur le propos de la Musiquedu Cerf, passons désormais aux autresSsi'7 si-
gnifications decestânitnaL ', .; 'Î •;!.
, i:,,. t

LA 3RVSQJE & SOVPAINE BOV.TEE.


c « À p. r L.: '-..?"
POux exprimer quelque soudain trouble d'esprit, quelque estourdic & brusque surprinse, Le CcifíSìiec
île, la Vipere,bic
comme de ceux qui vont &. viennent ,de place en autre,, &: ne sçaurpyentdire pourquoy f0&bPh'"!ue
joy d'VKC
(qu'elles sont ordinairement les fureurs qu'on appelle Paniques, quand-quelqu'vn fans ' fondai
aucun
D pressant subject se préd a fuïr,& quitte d'vne volage boutée la-besongnequ'il auoit entre mains ins P'"ee imít-
ians la vouloirreprendre ) les égyptiens pomtraîoycntvíi Cerf tla*"
auec yne Vipère. Car il fait la
guerre au Serpent,lc reçerche iuíqucs dedans la tasniere > &í,Ven tire par-force au moyen de Tlia-
lia-
lcnc qui íuy sort des nannes,comme Lucrèce labien exprimé
par ces vers:. -, /
LeCtrfauvijhpiedpark'ventdefonneá .,:, "
;
.
ïaifqtûfter aux Serpents leurstroîisencaufrût^.:Yv..
Et pourtant le perfum de la
,,.-.
corne de Cerf, comme nous lisons en Nicandre,cil vn singulier re-
nicde pour chasser les Serpents. Ncantmoins rigoureuxennemi des Serpents,quiles poursuit
ce
lucc tant d'essort,n'a si tost apperceu par surprise Vn'c Vipefé,qu il gagne incontinent au pied,&
prend la fuite ; poussé comme vous pourriez dire par quelque naturel discord ëc répugnance,
dire du Poète susnommé: au
.
La dissemblable humeur,& dissemblablestraits-
Des accouples entr'èux^drlespremierspouftraits.
Pont mainte chbfe entrerpat le nè'z & íáurálie
Boni les accords dmersfont dijeords à meruéiîle, " '
Au
8z Hiéroglyphiques du Cerf.
Aitemid. Au demeurant les deuineurs dient que ccluy qui songeant de nuict aura pensé voir vn Cerf lt A
w
li.i.ch.jj. isuiuantà dos de loing, craindra des choses qui
ne luy seront point nuisibles ;& pourtant il a
]peur fans
fubject.
MAVVAISTIE' DOMTEE. CHAP. III.
i.
Hiertglyphi- f*\ Ve s'il niest loisible adiouiteraux significationsdes
v_^anciens,
qut d'vn qui
ui attédu que la Vipère est criminelle de tres-
funit seuere-
,â abominables forfaits qu'elle ne cesse de cômettre en tout
tntnt lestn*
hfices. le cours de fa vie, l'vn par le parricide de son mary, l'autre
de fa mère ; Sc que son venin est si violent, qu'il surpasse
commeon dit toute medecine:ilmesemble qu'on pourra
proprement signifier vil Roy, vn Maistre ou vn luge qui
punit rigoureusement les maifaicteurs, par le Cerfqui tire
vne Vipère hors de facaueroe,&: la tient à belles dents.Et
par le mesme hiéroglyphique nous entendrôs aussi l'hom-
me qui corrige & chastie l'impureté de moeurs, efface les
crimes &malefiçes,amende les desbauches, &: comme dit
le Poète,
gui purgeparses diefs véritables le coeur
Des homme's,>finissantleurronuoitifeejrpeur:
gui lesoutierain bien où nous deuonsprétendre
Enseigne clairement; & nou* donne à entendre
Le (entier leplut court qu'il nomfaudra tenir "
,
Afin d'heureusement a ce bienparuenir: .
£>uels reuerspeulteschoir aux affairesdu monde.
Car cela s'appelle tirer le meschant & malin Serpent hors de fa tasnrcre, qui se tient tousiours
aux aguets ; ôctiré qu'il est,le tuer ; puis estant tué,lc deuorcr.
NATVREL FVYARD. CHAP. IV.
fi-/""f Eux qui vouloyent aussi designer en terme hiéroglyphique vn fuyard, descriuoyent vn ^
Tuy/trddtfi-
gnt f«r U
uit V^>Cerf
courant. Or ceste fuyarde humeur est naturelle au Cerf. Pour ce Lucrèce dit à ce pro-
Cffcourit.
pos , que '
Les pjeres a leurs faons donnent Ufuite i/helk,
Et se rendent peureuxpar Upeurpaternelle.
Quant à la vistesse & légèreté des pieds d'Achille tant rechantéepar les auteurs, pour laquelle
Homère le nomme pied de Cerf Sc vifle-pied, aucuns tiennent que c'est pour ce que Chiron lc
nourrit en son enfance pour la plus part de moelles de Cerf. Et de faict Pindare chante es Ne-
-jnecs que
7/ attrappoït les Cerfsfans Chiens, fans rets,fans toiles.
Au reste cc scroit chose superflue de parler de l'agilité du Cerf, attendu qu'il est notamment cé-
lébré parles eserits de tous ;&: que le choeur des Lacedoemonicnnes dit comme par excellence
ou prérogative,en la Lysistrate d'Aristophane,qu'il leur faut saulter du taed à guise de quelque
Cerf. Mais quant à ce que riòus venons de dire touchant la nourritures le nom d'Achille,Na-
zianzene escritqu'il fut ainsi nommé pour auoir esté nourri sans viande, car Chilòs signifie vian-
de & suc : or on l'accoustumá dcbònne heure à ne manger que de la venaison crue. Mais quant p
à ce qu'on dit de son institution & nourriture par Chiron, c'est -merucille qu'Homère n'en fait
aucune mention, veu qu'Apolloine, & quasi tous les Poètes qui sont venus despuis Homère,
dient qu'Achillefut éfleué par Chiron. I'adipustcray d'abondant,queTclephe, fils de Hercule
& d'Auge, qu'Alare perc d'Auge fit exposer à [abandon sur la montagnedePanthie, fut nourri
par vne Bischç,commcescrit rinterprçtcde Lycophron.eeque le nom mesme semble monstrer.
car il signifie nourriture de Cerf, '•••í:i u'--
REPOS- PAR INTERVALLES. CHAP. V.

ì'bemtrst
me T"1 T combien que les yEgypticns entendissent vne vistc & legerc course par l'especc du Cerf
"'/'
qui dunnt X^courant : tant y a que par cc qu'il fait quelques pauses en courant,& s'arrestc fur pieds, tant
Ufcheà ft
t. que son poursuiuant approchc,&: lors il reprend la fuite : c'est pourquoyvoulans signifier l'hom-
mc qui donne quelque relafchc à ses trauaux, ils peignoyentbien vn Cerf courant, mais qui rc-
gardoit derrière luy, veu que pour exprimer seulement ccluy qui fuit, ils luv failoycnt porter la-
telle
Liure; VII §3
h tc'ííc haulte Sc droicte,&; les branches couchéesfur son dos. Or lè Cerf est contraint de se repo-
ji,r &ó prendrehalene en fuyant,pOurèe qu'il a le bóyàù tenye 8£ foiblej qui riièfme se peult rom-
VÌÍÇpour vne bien legere blessure,le cuir demeurant entier. Ensoffime le Cerfest vn animal tant nt
jaibecille, qu'il meurt estant picqué d'viie manière d'espine que les Droguistesappellent com- 11- Plin. li.i 1.
munément Bois d'aloé de RhodéSi Mais ceéi pëàlt bien ertèoíë se peindre autrement, &C pour ch.
ur 14. *
autrefubject, si l'on pourtrait trois ou plusieurs Cerfs nagêan^àíafile &'meít;áns leurs tèstès fur úr
les crouppes les vns des autres, &c premier deítoUrïiaritpour s'aller mettre au dernier rang.
le se g-
Car ils s'entraident &: soulagent ainsi quand ils traieétent eii àèsté de Sicile en Calabre acaiísc se
de la paisson. &c ce communément auprès de Rliege ^póurce que ne póuuans qu'aucc peine ie
jbustenir le fardeau de leurs ramures qui surnagent ils appuyent eii nageant chascun leur ur
^
teste fur les flancs de celuy qui precede. & quand le premierest las, il range la queue des au-
se à u-
tres; &: ainsi communiquants à leur tour le trauast des vns áuec lerepos dès autres, outrepassent Llt
en
sauueté. Si toutésfois Thieroglyphique cy^dêssus allégué aggrée plus, chacun en a son libre te
arbitre;-" :-',;-''' " v-:. ..' <. ">-.;•- ;...;:::••., ,.,- -u v. .: .-'r:\:'-\
:' - E s p 0 Vv À NT Ê!:"' ': " CH1P. 'VI. :/, ', ^;Lv/.'.J

EN-outre, que parle Cerf & des plumes rouges plantées au-deuant de ses brisées, on signifie
iç Hiéroglyphi-
estonnemêtòc crâinte,chacunle sçait tant par ceux qui ont escrit les histoires des animaux, \que île la
™J crainte.
le
que par vers de Virgile,accompárant Turrius surpris &c frappé d'espduuante, au Cerf -;.
gue U frayeursurprend avoirdes plumes rouges. :
- Li.j'.
^ Je.S'.-,-
Or veux-ieicy reciter l'histoire'des plumes inuentees pour faire peur aux: . Cerfs, laquéUe-non <3Íò'1g- '
,11 '
seulement expliquera le vers de Virgile, mais aûssi donnera beaucoup de lumière àce- subject:
hiéroglyphique.lan Antoine Pollio, seigneur Siciliens mieii çontubernal en la maison du Pa- a-
pe, me contoit vn iour que ceste ancienne manière de courre le Cerf se practicque encore en ?n
Sicile. Lés Gentils-hommesaduettis que;les Cerfs sont en trouppe en quelque endroit, s'as-
semblent, & apportent quant & eux vn scorpionpu chacun vn arc, auec vn.trouiïeau deítoussi-r ì-r
nés ou baguettes ferrées d'vn vireton en vn bout^ &: de l'autre percées & toutes enlacées d'vne ie
fiscelle,longuesde quatre pieds,ouenuirom Paruenusqu'ils-sont lieu.où ils sçauentiies Cerfs se
au
estre a la bauge, ils mettent des gens de pied & de cheual alentour dudiít lieu autant qu'il cn :n
faut pour l'enclorre, & demeurent là de pied çoy à guetter par certains interualles : ou .chascun m
desplic son trousseau de houslìnes,qu'il plante en terre, liant la première des siennes à la dernie-
e-
re de celles de son voisin,à la distance l'vne de l'autre d'enuiron dix pieds.ee que fait l'vn, & puis i.is
l'autre iusquesà ce que les Cerfs soyent enclos de toutes parts. Ils attachent en âpres aux cordes es
où les houísines sont enfilées des pàquetsjie plumes
rouges qui font pendues çà& là, & baleuo- 0-
tent à la moindrehalene de vent qui face. Ceux qui guettent se retirent âpres, & se mussent de-
è-
dans les prochains buissons auec Tare à lâ main, attendans de
guet à pans ôc fans bruitqueleses
Cerfs se descouureiit. Dedans cè parc &c closttire entre tant seulement vn Veneur, auec les li- li-
miers & aboy<Étrs,lcquelils nomment le Maistre de chasse. Quand il a trouué les Cerfs àîaboy >y
des Chiens, il approche tout bellement, &c
commenceà les chasser deuant luy. Alors ils s'en- n-
fuyenten trouppe : mais estans paruenus à ces plumes pendillantes, ils sont incontinentsaisis Ss
d'espouuente, &n'osent passer plus outre ains craignans leur mouuement&i:tueur, scdestour-
5 r-
nent à gauche, & auisaiis ces trousseauxqui reluisent, tournoyenttout alentour de ceste clostu- u-
re. Le Maistre marche âpres, appellant par nom chascun de ceux qui sont aux escoutes ,^u prix ix
qu'illes rencontre, & donne charge à l'vn de tirer premier
au ou au second : à l'autre,de viser au
1U
troisiesme,aucinquiesme ou au septiesme,selo sa volonté. & l'atcher qui ne frappe celuy qui luy !y
a esté nommé, ou s'il en prend vn autre, celaluy tourne à honte & ignominie. Ainsile Maistre re
chasseur marche & enuironne tousiours
ce trouppeau tant que tout le gibier soit à bas, chascun m
endroit soy. Voila donc que c'est de
ces plumes,dont la frayeurdonne l'espouuâtc aux Gerfs,& &:
îes abbat de tel estonnement
que s'ils estoyent esgarez de leurs sens. Car ils n'en ont pas moins lis
de peur,
que les Eléphants de lá couleur blanche : lès Taureaux,de la rouge : les Tigres, du son >n
des tambours les Ours & Lions de quelquelinge mouchoir dessus la teste,dequoyi'ay parlé lé
: ou
en lieu commode. Quant au Cerf,aucunsattribuent cela à la bestise & naturel estourdissement lit Pourquoyles
de cest animal, qui luy vient
pour la moindre occasion du monde. II est entièrement peureux, Cerfs font
x' timides.
pour ce qu'il est froid. Car les Philosophes tiennent que plus les animaux sont froids, pins sont lit
us craintifs,&l'esprcuue s'en void les iours. Or que les Cerfs soyent de complexionfroide,
îcur larme douce fait foy,
tous Le,

en qui se trouue salée aux Sangliers, à raison de leur grande chaleur. ìr.
Ue là vient que ccstuy-làfuit, cestuy-ci fus l'ennemy,&de toutes ses forces tasche de ven-
court n-
ger 1 outrage qu'on luy fait. Mais
pourquoy n allcguerois-ie à ce propos les beaux vers de Lu- u-
t-i'ccc Philosophe Latin,lcquel
pour ceste cause il me fautsouuent citer?
Mais les Cerfs ont le coeurplusfroid ejrpltts venteux,
Xtíi
lui
84 Hiéroglyphiques du Cer£
gui luy caujè aurdedans v» airplusfroidureux, ^
Etfatmouuoirfon corps d'vn tremblementexterne.
Et luy mesme auoit dict: vnpeu plus haut:
Remcoup defroide bitmeur est compagnede crainte>
guifait mouuoir le corps d'vne tremblante attainte,
Horace mesmesuyuant ceste dòctrinçì
Deuant lequel à toute haleine
Tu t'enfuiras, tomme en la plaine
guand vn Cerfvoid de l'autrepart
: Vn Loup approcherprés,ilpart^
.
Et n'a plus nefouetIpie cure
JDebroutterniprendreposture.
Les.Greçs aussi ypulans taxer vn.homme craintif& couard, l'ont appelle Cerf. Aristophane
blasmepareillement Cleonymed'extrême crainte, lequel les Nuées representoyent par la figure
d'vn Cerf. Or ay-ie trouué tout-autre chose enEuthymeque ce que les Philosophes discourent
couchantla froideur de cest animal,

\ VEHEMENT DESIR. CHAP. VIL B

.
Pfai.41.ou
9U /""^Ar l'Escriture sainctenous apprend que le Cerf qui
selon les'.
Hebr. 41.
| v^regarde l'eau d'vne fontaine, est signe d'vn extrême
I& véhément désir, disant \ Comme le Cerf dejire tesfontaines
des
t eaux ': ainsite dejire mon ame, o Dieu. Car le Cerf ( au dire
<
des saincts Docteurs ) est si chaud de son natutel, qu'il
!
prend vn singulierplaisir, & se trouue merueillcusement
1
recréé quand il mange des plus froids animaux qui ram-
pent
]
fur la terre. Pour ce les recercherilfort affectionné-
1ment : & les ayant deuorez, ceste chaleur qui luy est natu-
relle
]
estant par vne certaine antipathie &: contrariété
,
.<
d'humeur eschauffée de plus en plus, il pourchasse auec
1vn tref-ardent appetiç la fraischeurdes fontaines,
CRAINTE LEVEE. CHAP, VIII.
QVant à ce que plusieurs ouurages d'artisans font Hercule tuant vn Cerf, le subject en est
pris des fables poétiques, en quoy neantmoinYestle sens caché d'vne signification hiéro-
glyphique monstrant que la peur est leuée d'entre les hommes, comme Heraclite l'interpretc,
,
Scruiteurs
* lequel mesme a exposé plusieurs autres fables en semblables termes hiéroglyphiques.Mais quat
timides. à la peur, attendu que les scruiteurs en sont principallement attaints, pour ce (Qu'ils ne sont du
rang de ceux qui sont de Ubre &; franche çondition,les Poètes, notammentComiques, appellét
íes fugitifs(ce qui est le propre des timides)Cerfs.A raison dequoy Achille reproche en Homère
Jfod.li.i.
•i à Agamemnon qu'il est çouard,n'ayantnpn plus de coeur qu vn Cerf. Pompon. Festus dit qu'on
appelloitles serfs fugití£s,Cerfs en changeantseulement vne lettre. Mais la seule fuite ne fut pas
cause qu'on les nomast corne cela, l'histoire en est le principal motif. Car on dit q le Roy Seruius
Tullus dédia à Diane vn temple fus le mont Auentin, duquella solemnitéfut mise au treiziesinc
iour d'Aoust,auquel iour il nasquit d'vne femme scrue,- or estoit la coustumç de faire de cornes
l'autel de la Deessç,& de ficher aux portaux & murailles du téple les testes de Cerfs qu'on tuoit.
iusques là mesme que l'image d'icelle estoit accompagnée d'vn Cerf, comme on remarque en D
plusieurs monoyes,pour çe qu'on cròyoit ces animaux estre en fa protectio & sauuegarde. Ainsi
de la similitudedes choses sulciictcs,& de ceste quasi bouffonnefque plaisanterie contre le RoY
Scruius,on commença dés lors en auant d'appeller les serfs fuyards,Cerfs. I'ádiousteray,qucces
animaux sont nommez Cerfs, comme qui diroit Gerss, du verbe Gero, dont nous faisons mesme-s
nostre Gérer, c'està dire porter ; par ce qu'ils gèrent ou portent'si grandes cornes. Aussi dient les
Etymologiques,que Cerés se nomme ainsi au lieu de Gérés\ pour ce qu'estant Déessedes bleds,
elle en facilite & bénit le rapport. C'est d'ailleurs vne chosescruile, que les Cerfs portent vne
si pelante charge fur leur teste, d'.uitantque c'est le propre des serfs de porter fardeaux.

OVYE & SVRDITE'. CHAP. IX.


,4uriilk< de
.jfeJ3
Cerfdressée, s~*\ Ve les aurciîlcs du Cerf dressées signifient vne bonne & subtile ouye, le prouerbç Grec,
V^Zquc seS Latins se sont rendus familier en leur langue, L'aureilfe droìtte, ou Dresser l'aureilh
signe de bon-
btr'~
^^ le mon
Liure- VIL 85
assez." Au contraire on a coustume/de les peindre baissées pour signifiersurdité, d'ali-
A le monstre
tant que les Cerfs oyent fort clair, quand ils tendét les aureilles dtóictes ou bandée$:mais quand
ils les baissentou rauallent,à peine entendentils le plus prochain bruit.Car comme ainsi soit que
l'ouye ( comme veult Empedocle) se fait par lâ reuerberation de la parole òuVóiX:ènia partie
des aureilles qui est percée en forme d'vne vis, laquelle il dit seruir corne de cloche, assise qu'el-
le est en lieu haut, &expofeeàla rencontre du poulsuladuientque n'ayant moyen d'entrerl'au- «(
reille estant abbaissée,ilssont par consequent & de nécessitésourds. Les Médecins en donnent
d'autres raisons, mais elles ne font rien a nostre-propos ; attendu que ceste significationestprise
du geste de raureille,qui s'ouure quand elleest dressee,&;boufche l'ouye quand on la{ baisse., Car,
mesme Aristotedit que quand les Cerfs ont l'aureille baissée on les prend aisen^eiit j par ce qu'ils,
n'ont pas senti les embusehes. & que quand ils la portent bandée,ils sont incontinent aduertis,
L" H O M M E A D D ONNE' A V X F E MJM E;S..
. ï^l^
CH Á P. X, ";'' '''-'• ""'^; '''
ON ' '. '
denotoit austl l'homme addonné aux femmes,-&: qui désire
- - ' d'auoir -." ''.:."-
..
'"snp ";;p
la compagnie ^êj,
plusieurs,par yn Cerf ayant le génital bandé. Car quand Venus le presse & qu'il est en ruj^ ;
B il ne.s'arrestepas à vne seule Bifche, ains va souuent
au change en peu de temps de ívrìeà £aurf,
tre. Or dit oh que le coït des Cerfs ne se fait pas à requoy, comme des autres animauxim^jSr
bien qu'auslî-tost que la Bisehe a receu le mafle selle se prend àicourir, &: traîne fût son do$,,lç;
Cerf attaché qui ne laisse pourtant d'accomplir sa besongne.queluy; la suit obstinémentsuppp£fí
téséuletoent des deUx pieds de derrière, ôc ne se desprend point qu'il n'ait paraçheué^ :t !
;.. ;; t r, j
: REPENTANCE DE L ASCIVETE'.V ', VCH AP./XX". \:'^'s!\
"TTOicy vn notable exemple de probité, que voulanssignifier l'homme touché d'vne•iiïgex
y nue & naifue repencance de l-impudique & desbordée vie qu'il aura mène, ils reprcièni-,
toyent vn Cerftapi dansvne fosse. Car quand il a; empreigne1 la Bifche, il-áut de luy - me^rreì
quartier à part, & hontéuxl de la puanteur de fa luxure, se fouit vne fosse,dans1aqiaelle il scdoge
en solitude. Car il put alors comme vn Bouc ; fa face mesme se noircit du saflgiqui luy monte>
comme aux Boucs. II vit doncques en ce propos iufqu'à ce qu'il pleuue,& lors estatìs lauez ilí
reuont au viandis.
HONTE ,
'
DE
••
REBVT.
.
' !
,
;
••' 'V
« '
'>

CHAP. XII.
'
c
LEs anciens ayans d'ailleurs obscrué que le Cerf se
rhusse pour vn autre subject s'ils vouloyent mon-
strer vn homme qui briguant vn ,estât eh eust esté hon-
teusement rebuté, ou bien eust perdu'son office, fláistri
de quelque ignominie Vàtinienne & pourtant tout
; cou-
uert de honte & de vergongne, si qu'il n'osait se trou-
uer és compagnies ne lieux publics ; ils soulòyent pein-
dre vn Cerf fans branches qui se cachoit parmi desbtos-
sailles,, halliers & buissons. Caries mafles seuls ont des
cornes, lesquelles ayans perdues, ils se retirent de hon-
te a Tescart iufqu'à ce que d'autres luy soyent reuenues.
, Autres dient que le Cerf ne le fait
pas de honte, mais
86 Hiéroglyphiques du Cerf.
fois qu'on voye à Tceil ( comme l'a de faict remarqué Amytian ) que les femelles de ceste esoece A
n'ont point de dents ©n Indie.
L'APPAREIL DE GVERRE SANS VN GRAND COEVR
est vain. CHAP. XIII.

laBMet fétu L*On


' a trouue de freschcmémoirecertains arguments hiéroglyphiques que ie n'ay point
vaillance, faict difficulté de mettre en auant, selon qu'ils sont venus à propos, comme celuy par le-«
inutile.
quel
I ils monstrent au moyen du Cerf s eíleuant & se glorifiant de ses branches, que l'appareil
de
< guerre ne sert de rien sans vn bon coeur & grand courage. Car ils disent que riaturç a baillé
au Cerf, animal couard & timide, des cornes de merueilleusegrandeurs & d'vne hideuse aspre-
4 te,
1 pour monstrerqu'en vain ceux qui n'ont point de hardiesse ni de coeur, font de grands pré-
paratifs
1 & dressent de riches equippages pour la guerre. Antisthenesouloit dire qu'il faut sou-
haitter
1 tout bien aux ennemis, excepté la seule vertu & prouesse : disant que les biens, en quel-
que
t
quantité qu'ils puissent estre, ne sont à ceux qui les possèdent, mais bien aux belliqueux &
qui
*
excellent au faict des armes. Car si* auec les biens & richesses l'homme n'est pourueu de "
magnanimité
] & courage, la vertu mesme s'esbraníle & se rompt facilement. De là ce beau
Tropes 1*
ChabrUu ; ]propos de Çhabrias chefdes Athéniens, que Philippe auoit tousiours en la bouche, qu'vne ar-
notable. mée
j de Cerfs, soubs la conduitte d'vn Lion,est plus redoutable,que de Lions soubs la condui-
& d'vn Cerf; tant il faisoit cas de la grándeu r de courage, dont il estoit deuëment prouueu : ce
te
1
qui
<
est notoire par plusieurs stratagèmes & ruses de guerre par luy pratticquées, dont les au-
VeXkmadis[ font foy. Demadés voulant flatter Philippe, qui auoit vaincu les Athéniens, dict à ce
fiatant Phi- teurs
tifft. propos,
]
Vomeufsiez,, Sire, cogneu la valeurérforce des Athéniens }st Philippe leur eust commandé ,ejr
Chares aux Macédoniens., Ce qu'il disoit pour ce que Chares estoit General des Athéniens. Ie
i

geuxdiTtr-. he
Tropot cour*
! veux icy obmettre, que Tertullian dit auoir cogneu quelques pasteurs du trouppeauChre^
uMrni. stien,
\ qui font en temps de paix courageux comme Lions, & timides comme Cerfs en la guer-
\re : pour autant que ce
personnage n'appréhendant iamais les souffrances du martyre tous-
,
iours appareillé pour endurer tous les tourmens du corps,plein de zèle & de semeur pour
tollirles
I inepties des Gentils,ne pouuoit endurer la pusillanimité ni couardise d'aucuns de
son temps.
AC*TiEON. CHAP. XIV.
C
lm**vfret*~
l'undelafa-
hie A'játí. M Ais l'intcrpretation d'Anaximene touchant la fable d'Actaeon me semble friuolé, de la-
quelle i'ay cy-dessus faict mention. Car on feind Actaeon auoir esté conuerti cn Cerf,
fcdèuòré par ses Chiens, pour ce que considérantfur ses dernieres années les hasards & dan-
gers qu'il auoit encourusen fa ieunefle àl'exercicede la chasse, il deueint si apprehensif, qu'on
•f

>
prid subjectde dire qu'il auoit esté transformé en Cerf. maiscomme il ne laissa pas de nour-
rir force Chiens, il y consuma son patrimoine,& fut dict alors que ses Chiens l'auoyent des?
Plin.li.u.[* chiré. Car l'histoire a plustost donné subject à cestefeinte qu'aucune fabulosité. Qu'ainsi
soit, Pline tesmoingne qu*Actaeon & Cippe nasquirent cornus. Auslî lisons nous en Maxi-
ine de Tyr, le crime commis en la personne d*Actaeon Dorique ieune homme desmembre
par les Bacchiadcsà Corinthe ; attentat pareil à celuy de Bceoce, auquel Actaeon fut réelle-
ment & de faict deipecé par des Chiens. Quant à ce qu'Homère dit, que Diane brossant
par les montagnes s'esbat à porter Tare & le carquois, & prend plaisir à la chasse aux Che- p
ureuls & Cerfs fuyards ; aucuns rappliquent à la fable d'Actaeon : autres fuyuants Pancien^
he Philosophie, veulent que les fleíches qui atteingnent le Cerf, signifient hieroglyphique-
ment les rayons du Soleil, par la répercussion desquels les cornes paroissent & disparóis-
sent, selon l'assictte & condition du lieu où la Lune se trouue. Car mesme Lucrèce interprè-
te ainsi ces flèfches;
Non les raiz, du Soleil, ni les beaux traits du iour.
Au demeurant Homère escrit que Diane ne prend plaisir qu'aux Chcureuls & aux Cerfs, non
point aux Lions. C'est pour ce qu'il dit qu'elle chasse vers la montagnede Taygete & d'Eri-
manthe, où les Lions ne hantent point. De faict les Eliensappellent Diane d'vn nom qui vaut
autant que chassmt aux Cerfs, comme recite Pausanias ; bien qu'autres exposent ce nom au-
trement. Si void on toutesfois ordinairementle simulacre de Diane accompagné d'vn Cerf
qu'elle court, quelle est principallement l'image qui se void cn la monoye de Hadrian, auec
ceste inscription
,
A'PTÏMIÏ E * E 2 I' A. Diane etEphefe. Aussi trouue-on cn
d'autres monoyes dudit Hadrian l'image de ceste Diane d'Ephesc scant.sur les crouppes
,
de deux Cerfs à bécheuet, & en d'autres: autrement. Encore se trouue - il plusieurs pièces de
Galieo
Liure VIL 87
A Galien auec telle inscription
,
DI AN£ CONS. A V G. que l'on expose, A
piane pouruoyant a l'Estât d'Auguste. Car il auoit bien ceste ambition Prince autrement de
tres-sale & des-honneste complexion, de se vanter que tous les Dieux, estoyent occupez à le
garantir& conseruer entiers &c contre tous. Pour ce fit il grauer en ses monoyes auec le mes-
me dictum presque toutes les feres que l'antiquité auoit dédiées à ses Dieux ; desquelles il s'en
est trouue grand nombre autour de Bellun despuis quelques années. Or le Cerf n'estoit pas
seulement dédié à Diane, mais auísi aux Héros Milanion & Atalance, desquels Pausanias tes-,
moigne que les images estoyent en Olympie auec vn petit Bischot. Et quant à ce qu'on dit,
qu'Iphigenie desia tendant la gorge pour estre sacrifiée sur l'autel de Diane, par le commande-
ment de son père, fut transmuée en Bifche, &c par Diane mesme transportée en la Tauride ; Ni-
candre dit en Génisse Phaeodime en Ourse ; tant sont les Grecs variables en leurs fictions, aus-
*
quelles est bien répugnant cequenous lisons en Lycophron & ses Interprètes.

VIVACITE'. CHAP. XV.


p
QVc la a viuacité soit signifiée par la figure du Cerf suiuant la tradition des égyptiens,'' .
* Ange du
Cerf'd'ou fe
ie croy qu'il est si notoire que ie n'ay que faire d'en discourir, car nature a octroyé aui cognoist.
Cerfde viure bien long temps. Ce que les prestres voulans de-monstrer, faisoyent des cornesS
auec force ramures, attendu qu'elles croissent tous les ans d'vn b cornichon iufqu'à six ans,' h On fois
a tau-
comme aucuns ont remarqué, & ainsi ne peut on par là discerner leur aage, mais bien par lesS tes -veu
des Cerfs qui
dents, qu'ils ont ou point ou peu quand ils sont vieils. Mais l'on a expérimenté des Cerfs, marqutiyent
que plus ils vieillissent, plus aspres &£ plus longues deuiennent leurs branches tous les ans, &C
produisent plus de bossetes eflcuées en poinctes fur leurs brunis. On dit qu'AgathocleRoy dee
Syracuse tua vn Cerf à la chaise, lequel auoit vn collier de cuiure encharné desia dans fa chair,
& tout couuert de fa peau c auquel estroit graué A 1 o M H' A H S A'ÎTE'MIAI, >
\} c ^fwsifitlt
, ,
Dìomedes a Diane, &: que ce Prince l'cut en si grande reuerence, que soudain il le dédia à Dia=- collier d'or
~ du Cerfd'A
ne, lequel a longuement esté gardé par les Peucetiens,peuplesd'Italie, en vn temple fort excel- lexandre le
-
lent & renommé de ceste Déesse, duquel Aristote a faict mention. Plusieurs efcriuent que A les Grand, qui
Cerfs viuent par delà trois cents ans, aucuns plus, aucuns moins, Quoy que soit, il est fut pris plus
cer-- de cent ans
tain qu'ils sont d'vne grande vie, à raison dequoy les auteurs Latins & Grecs leur donnent le âpres la mort
tiltre &: renom de viuacité. dudicì Prin-
ce.
a Cerfs de
C
L'HOMME ACCOMPLI DE TOVS POINCTS. grande vie.

CHAP. XVI.
IL est temps d'expliquer la signification du ruminer,
mais que i'aye espluché vn passage de Pline, où il fait
mention du ruminer du Cerf,&: dit qu'il semble estrec seul e Cerf rn-
:t)ine seul
entre les bestes sauuages qui-rumine, quand 011 le nourrit
priuément. comme si la nourriture domestiqueestoit cau- ntre les be*
tics sauna-'
se de le faire ruminer. Mais, à
mon aduis,ou quelque chose TÏS.

y manque, ou (ce que ie ne peux croire ) il n'a pas bien ex-


primé Aristote, prouuant par cest argument que les Cerfs
ruminent,pource qu'ils le font aúflì quand nous les nour-
rissons : & dit, que des bestes saunages,
nous sçauons que
celles là ruminent seulement, qui demeurent quelques
fois auec les hommes,
comme le Cerf, car 011 sçait au vray
qu'il rumine. Or me fiut-il tirer la signification de ceci de
ia ìaincte hlcriture, laquelle nous apprend que les animauxqui ruminent, 6C diiuient 1 ongle, neQ Leuit.ch.11
font reputez profanes. Ce qui demonstre
couuertcmentque celuy qui se veult rendre profez,
doit vacquer
aux exercices de pieté, & exceller cn iugement & doctrine, car l'onglc diuisée de-
monstrela science de discerner & d'examiner toutes choses, laquelle nous apprenons par la di-
stinction d'icelles, sçauoir est
cn diuisant & séparant le droict du tort, la lèpre de ce qui ne lest
pas. Mais la rumination, comme i'ay dict, est symbole de la pieté & de la méditationdes cho-
ses diuines. &í celuy
qui manque de l'vn ou de l'autre, doit estre rcietté comme incapable des
sainsts ordres,
car
L'vne requiert la main de l'autre, ejr la coniure
D'amitié, comme dit Horace, nous en dirons toutesfois d'auantage au traicté du Porc, par
k tesmoignage de Philon. Et c'est possible là qu'il faut rapporter ceste parole du X X IX. Psal-
m^, La voix du Seigneur quiparfait les Cerfs, ou, selon les autres, qui çrepare. car le mot Grec du-
H 1
88 Hiéroglyphiques du Cerf,
quel vscrtt les Septante, signifie instruire quclqu'vn en l'affaire ou besongne qu'il a entrepris. À
Ainsi doncques la voix du Seigneurqui instruíct les Cerfs, c'est à dire ceux qui sont dignes &
capables d'estre admis aux choses sainctes, & les induit à vne certaine manière de viure, est celle
qui se manifeste à nous par les escrits des Prophetes,par la doctrine de l'Euangile, par les prédi-
cations des Apostres, & par l'interpretation des bons Docteurs. Adamance, duquel Euthyme
semble suiure l'opini5,entendpar ceci,que le Seigneurfait profiter en sagesse ceux qui sont pour
faire vne assiduelle guerre aux Serpents (propos tout hiéroglyphique)c'est à dire aux hérétiques
&:auteursde fausses doctrines,&surmonter toutes les tentations, tous les efforts du diable, à ce
qu'ayans remporté ceste glorieuse victoire, ils puissent triumpher en chantant ceci du X L I.
Psalme : Comme le Cerfdejire lesfontaines des eaux : ainsi te deflre mon a.r;e, ò Dieu. Mon ame a eusoif
âpres Dieu, Dieufort, ejr viuant. Or telle manière de Cerfs ont les plus hautes montagnes libres,
c'est à dire que lalumière d'enhaut les illumine, Sc les fait monter au faiste de la suprême doctri-
ne, qui surmonte toutes les nuées , où si tost que les persécutionssuruiennent, &c qu'ils sont tra-
uaillez par les abbois des Chiens, ils se peuuent retirer à fauueté,&: viure fans trouble. Mais çe
que nous lisons en l'Escrituresaincte,scauoirest aux Prouerbes de Salomon, .Que le Cerfd'amitié,
Ó
tjr lepoulfinde grâces deuifent auec toy ; on l'expose hieroglyphiquement, ce dit Euchere,qu il faille
D
prendre
P1 le Cerf d'amitié pour Iesus Christ,maistre de toute dilection Sc charité. Car ailleurs, Sc
Cant. ch.8. principallement
pj au Cantique,IesusChrist est exprimé soubs limage du Cerf: Mon bien-aiméfuy,
é (}sfoissemblable au Cheureau, ejr aufaon des Cerfs fur les montagnes der chfes aromatiques. Et qui pren-
drons nous pour le poulsin de graces,sinon la Colombe, c'est à dire le sainct Esprit qui donne Sc
di
di
distribuetoutes sortes de grâces ? Ainsi doncques Salomon nous admoneste de recercher touf-
iours la consolation du Seigneur Iesus, ou du sainctEsprit. Mais deuant que sortir hors du trait-
io
Voy« Pli. téte des cornes deCerf,il faut noter que l'Escriture sainctc,commcremarque Euchcre, appelle les
li.8.çh.3}. C
Cerfs qui ont les cornes larges, T<agelaphes,comme qui diroit Bouc-cerfs.I'ay quelques-fois pris
garde
g£ qu'aubout des branches du fresne s'engendre ie ne fçay quoy de semblable à ces cornes,
íçauoir est qu'ayanttaillé quelque rameau de cest arbre,la gumme qui distille de l'escorce, croist
ÍÇ
er ceste formeà la façon du guy de Virgile, Sc par diuers entortillcmens s'entrelace & flesch.it
en
comme la branche vrsine à guise des replis & sinuositez des serpents* Quoy que soit c'est du
cc
bois en effect,voirebiensolide,maisde forme largc,& tracé de plusieursrides ou rayes alentour.
FEROCITE' TOVRNEE EN TIMIDITE'. CHAP. XVII.
c
IMAis puisque nous sommes tumbez fur le propos du Tragclaphc, ou Bouc-ceruicr,&: Cerf
barbu,auquel on a donné ce nom acause de ses cornes, qui pour estre larges Sc rayonnées
comme cy-dessus , ressemblent fort à celles du Bouc, branchucs toutesfois, mais qui n'aboutis-
C(
sent pas en poincte : que dirons nous du Cheual-ceruier qu'on a veu de nostre temps, Cheual
Cheual Ctr- se
uier.
„Ppar deuant, Sc Cerf par derrière,endurantSc la selle Sc l'escuyer, neantmoins auec vne desmar-
che
C;
incommode, comme trauaillant son homme quelquefois en sc cabrant, Sc quelque fois luy

faisantperdre les estricrs par vne brusque Sc bien rude secousse ? Frideric premier Duc de Man-
Présenté au' touë
j-( en fit présent au Roy François I.l'an de nostre salut.Mil cinq cëts trentequatre.Que si nous
Koy François
J.
voulons
V pourtraire quelque chose de semblable, ce ne sera point mal à propos que l'hieroglv-
phique
P de cest animal signifie l'homme brusque &: hardi de prim sault, qui s'abastardit en fuite,
change
C toutes ses boutées cn timidité,&tourne en fin honteusement le dos.

DES CORNES.
INCONSTANCE DE FORTVNE BELLE EN APPARENCE.
CHAP. XVIII.
WIÊj^* T par ce que le Cerfores perd ses cornes ou bennes, Sc ores les rccouure à la similitude.

Cornes de
ÉlÉÉl ^C^a Lune (car il semble qu'elles luy tumbent,& recroissent en fuite ) aucuns signifient
Cerf, kiero- \t?
vtífc^ï par les cornes de Cerf l'homme efleué de petite Sc basse condition en dignité, puis de
ie ]
glyphique de
l'homme /. ì
if-
leuéiiepcu. ceste
• (
hautessede grade retumbe en son premier estât, par vne alsiduclle rcuolution de Fortune
&
& diuerses aduentures. car Aristotedit qu'il n'y a que les Cerfs d'Achaïe qui perdent tous les
ans leurs cornes ; donc ils font tant honteux qu'ils sc vont cacher, &c le retirent aux barricaucs &
lieux de difficile accez, iufqu'à ce qu'il leur en soit reuenu d'autres, comme i'ay dit cy deuant:
bien que Ion tienne qu'elles ne turnbentpas aux Cerfs chastrcz;& que tumbées deuant qua-
uoir esté chastrez,elles ne renaissent point.Les cornes en íomme í ont indices de dignité,puiflan-
ce,forcc,autorité Sc empire,comme ie monstre par l'entier progrez de ceíle ccuurc.
TRES-
Liure VIL M.
A TRES-SACREE RIGNITE', CH-A^. XIX.
D'Icy naist vn autre hiéroglyphique,parle quel l'yne Sc l'autre corne signifie la saciosj mctc Prises peur
dignité; comme ìl appert par les píusancicnnes traditions. CaF&les Gctttils,&: les Chre- 'ninarqtte d'ha
ne:<r j.;- tl:<
ihens,& les Hebrieux qui les ont précédés, one-pris les cornes pour marque d'hôneur Sc de puis-- puiffe-.nc?. p
sance, comme nous venons de dire. Ettíe faict nous tdbuuons la corne souuent mise en la sain-
cteEscriture pour la dignité Royale,,, comme auflì k bastonuQja sceptre, le raypn, &:|a couronne,
p^^uelcjae mnjïitulâe q^'ilsputeníem|ile| Pou/ce l'ojjji pdnd^|ysc|uec^§uxc<f:nc|, duquel1
li-facestirpriscp»ar laluiïfierédu.Solèildiuíh, futWetò4slancer comrríe de# rliz de feu si-luisant
que le peuple d'Iíráel n'en pOuuant supporter la splendeur, leurs yeux s'esblouïssans comme S ils
»

le pensoyent enuifager,le priatres-instammei^ttáefrjiettre vn voile sur son chefpour parler à eux.


Au reste vne mesme diction signifie Sc la corne Sc la couronne en Hebrieu. Pour ce trouuonsS
nous souuentJ.e-mot dcsGprne.misppur couronne en la^version Latine-dela faincte Escriture. &:
maintes fois, suáiant les vz ^fcoustumejs de| ânciejM, lps" éourónnjs']R!..oya:lô|sontjfaictes eh fa-
çon de rayons.de forte que non fans cause les posoit: on anciennement fur le chef <£AppUon,en-
,' richies dedoUzëspierre^pîé'cièuscsîquipar lé brillant de leuif-eselât éfeluìîiihoyënt toute fa teste.
B Or que les couronnes des Rois constassent &fussent estoffees d'aiftant de
rayons, nous rappre-
nons tant par des medalles anciennes , qu'autres monunients de bronze ou cizelez en marbre,
& par le tesmoignagede Virgile, où le Roy Latin voulant arrester les articles Sc conditions du1
5

combat entre iíìnee&:Tûrrms, -'\\


\ \V '\/\''û\ \".-A'":. :'""Ï\ 'U* ",."' M .-''','
Porté dans (bncarroce a quatreforts roustins, ' ".
jEneid.
À
Deux fòtsstxraiz dorez brillent au 4aurjà temple, • :
íi.8.
J
Et foaïqU'afònayeulle Soleil'il ûffembíet
En faict mesmement a aduentures Sc prodiges les cornes signifioyent dignité &: praeeminence,
comme ces cornes pourprihesaueoleiqáelìesnáfquît àncMihèmént crBceuf blanc à la naissan-
ce d'AlbinusClodius. car on se fit accroire qu'elles luy prefageoyentla couronne Impériale. Sc
lespendit autemple d'Apollon de Çumessi tost,qu'il .^ cesté
prédiction: i 'ï
Cestuyraffermira.d'vheffroyt"tumulte.'V'"'"'V, ".' .'.'", ,.' i^.'<''
-<'j
'
^'jt'Èstat Romain troublé, renuerfantles Pienoìis'
A'forci<decheuaux,ejrle mutin Gaullois. v.V.:
''';''•'v'?" -''; ' ,"'.
' .tëneid.
'•. lib.6.
,.
ll

Mais
-->
peult-estreauràyie esté plus long de rai^^
' :\\; ,'v \
£ que
pations. Vous sçauez toutesfois que les cornes de Çerssonjt fort brançhues,Sc qu'on les affichee,
aux parois des chambres à guise de paisscaux, ausqùélles tous les hpstes&^domestiqjjestîendent t
ordinairementleurs bagues^rnoufehoirs,manteaux, GÌtó
en'sc mettaÁtà table; C'est úé qui nous A faict insister si lònguemêritrsuf le difcòtìrs dés
armes
du Cçrfl Que si vous n'y trouùez dequoy.cqntentervqstreattente,à qqel propos mexcuseray-ie
enuers vous, qui mieux quo tous autres sçauez quelles sont mes affaire? ? Or fuiuant vòstre sin-
gulière érudition, vous donnprcz ordre que ce mien Cerf soit estoffé áe colliers d'or, &: de ri-

cte amitié. '---• ;- -" ;' •:" ;-<


ches cárquants, à ce qu'il rêste à la postérité quelquemarqué & tesmoignagede nostre treffain-
,--.•. -.. .,---.

; H ?.
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HIE R O G L Y P HIQY E S>
...•';•, ou,
C O M ME .
Nt A I R ES DE S
LETTRÉS ET FIGVKES SACREES B
des égyptiens & autres nations.

*De ce qui estsignifie par la Formi, l'EfcharbottS l'HertJJon.

LIVRE HVICTIESME.
A ROMVtO AMAS£G.
L ne sautpoint trouuer estrange (tres doòJeRomule) quèntre tous les ani*
maux,deux notammentvous rauijsenten admiration,la Formh&> tE/charbot;
tvn desquels est thiéroglyphiquede la vie qui s'occupeen aSfian l'autrede celle
,
quijèpajfe en la contemplation de nature (gs des Dieux, attendu qu'ils ont tet-
tétoui les anciens Philosophes en débat,ftauoir-monfi leur nature estbrute,^
humaine oudiútnest^Jtééijuenotes enditCtceronau liure de la 3%dttire des Dieux est véritable,
qu'enla Ëormísè trouue nonseulementdusens,mais aufstde hnìendement, d^l^ptifòn &:dê la
mémoire* Çartespytft^fjens(comme voussçaue'xjret-bien) afferment, quejoutçorne dwéc
desens <y de mémoire, aparaëemtnt tvsagc de raison @s £oraxson,cest à dire"dupdrlírivoire
nonseulementintérieurMM'S anfji extefteu^par lequeltoutesJattes (tammaHxbëwdHtqu'ils en
ombepnn^ûrleitt^se^M
nons. lesparoles de cettx ifue nous appeuons Brutes,puisquecela ne nous est pas donne mesme, alen-
droit de plusieurs estrangers, desquels
nous nepouuonsà dire vray bonnement iuger s'ilsparlent
ou iargonnehtfeulement. Bien qu'on escriue qu'il s'en est trouueparmi les anciens qui ont entendu
remarquez., fi
le langage de tous animaux, entre lesquels Melampe (§jr Tireste,fontnotamment
ce tant renommépar les escrits de plufìeurs,nApoUoine Tyaneejequel on dit auoir en la compagnie p
deplusteurssiensamis
ouy & entendu vne HtrundeUe annonçantaux autres, qu'vn Jfhe chargé
degrain estoit verséprés de la villes le.grain essandusur U chemin. Vhilostrate racontant ceste
hiHoire,dit que cefut vn ^Moineau quApaìloint entenditainsiparler. J>)uoy quesoit tous escri-
uent d'vn mesmeconsentement,qi**iilentendit'ce'qUfpouloyent direpar leur gazj)uil^ les oi-
seaux £$* les brutes. Mais c'estpeu (te mesemble,pour ne rien dire des autres) que les Formis &
les Efcharbotsparlent entr
eux s veu que nous leur voyons faire d'autres aéJtons, lesquelles tes
moïgnent qu'ils ont de la prudence,delapieté ,dtià iustice en l'obseruation des lotx ,<&*àela co~
gnoijjancedes choses qit'ilfaut faire y sçauoir^ esqueUes Us Philosophes mefmesse trouuent au-
cunessoisbien embesongne\;
comme ayans ces tels quels animaux donnéde bons enseignemens
pourplusieurs commoditez^delavie humaine, voire appris par manière de dire aux créatures rai-
sonnables, lafaçon & manière de bienfat desdire tels discours à Rom-
<-vmre. Mais certes iesuis
Âmafieo tres doble & tres éloquentpersonnage. Domiez.toutessois ceci à nostre amitié,que mcsmt
il tm
Liure VIL 91
A// me soitpermù desatre le fat envottn endroit \ & traitterde cequevoMeïtes coufíumier
Renseigner dix soù par an auec beaucoup plus d'éloquence fg) de jjauoir en chaire publique.
Si ne sault'tlpas neantmoins qu'aucun rauallenoHre diligence, entant que nous nous amusons
àstchétifinfère i attendu que st grands miracles de naturey font cachez, lesquels soigneuse-
ment considérez.,par lespreííresetjEgypte, ils les ont voulu stgnifìer par la Vormy inféréeentre
leurs Hiéroglyphiques.

— — " ! ——II» I !I III,


R EC ERG HE.
II II. -.. ...., - .... —JL, __-.. ..-

CHAP.
,_,
I.
. .

gÊggfjf R exprimoyentils en premierlieu par l'hieroglyphiquede cest animal, vne bien soin- .11- Hierogljphi- *
(|JH«)J| gneuserecercheScdiligente industrie à faire prouision des choses requises pour l'vsa7 r' " ques de la
^ÊSSw ge de la vie. Et de faict: la Formi deseóuure mesme ce qu'on aura bien soigneuse- Vermy.
le- Soing & in-
ment caché;esgale en diligenceau Soleil, qui par sa iournaliere visite esclaire tous les ouurages
r*
rf,ç
dnïlrie,
B 4e la
terre, pour ce auoit-on accoustumé de sacrifieren l'Isthme la Formi au Soleil.
P RO V ID-ENCE. .: CHAP. II.
EN-suite ils en signisioyent aussi la prouidence.parce que se souuenantde l'hyuer elle se Brouithme,
pouruoid de viures, & les estuye, en fait des magazins,ronge par le bout les grains de peur ur
qu'ils ne germent, les serre sèchement, fin qu'ils ne
à pourrissent &: ne sortent derechef hors de
terre, $ç que par conséquent ils luy soyent inutiles à se nourriture. Qui plus est, apperceúant .nt
qu'ils soyent mouillez de pluyc,elle,les met dehors, pour les sécher, & ce seulement âpres aiíoir ?ir
prxsenti le ciel tranquille & serein. Aussi ne verrez vous iamais que Pair nous menace de jplùye, fe,
quandlesFormis estaient leur bled.,, Ce que personnene niera surpasser laeapaçité de Tintelìj- íï-
gence humaine : horsmis de peu qu'on pluuie pour auoir esté treAexperts àproeíagirtëile aduén- n-
ture. quel on tient auoir esté Democrit, lequel commanda cedit-on à son frère, le eiel estant
nt
clair & serein, de mettre, à couucrt-le.plus habilementqu'il pourroit les grains de íbn Aòust,í& 'Sc
que peu de temps âpres il tumba vne grosse rauine d'eaux. D'auantage , ^Elian parie la Formilî
$
Q
prudente, & practiçquc en la cognoissance des choses célestes, que lçachant le neusicíme ioiïr lïr
d'âpres le coït de la Lune estre malencontreux pour elle,on ne la void iamais sortir de sa tafiaicre :re
ce iour là.Maispour reuenir à fa pouruoyanceenmatière de viures ; si l'hoinmeen auoit yjn peu eu
plus,pu pour le moins en égaie portion que la Formi, Phalaris roy d'Agrigenton'eust pris auec ec
si peu de peine plusieurs tres-íbrtçs places en Sicile. Car ayant faict: vne paix fourrée auec lés lés
citadins-, il leur fit mener les bledsqu'il sc disojt. auoir de reste pour les luy serrer au eçles leurs:
r?:
mais donna malicieusementordre, que les greniers auíquels on les mettroit,^uflerít deícpu^- i*-
uerts en certains endrpicts, Sc que par ce moyen la pluye les fist pourrir. Ainsi abuses par leurs irs
prouisions qu'ils auoyent de bonne foy serrées auec les sienneSjilles assaillit furl'arriere siùson,& ,&
surprins qu'ils furent, les contraignit de sc rendre par famine. Or à fin que cela nous férue cVç- C— Sapicce. <..
xcmplc, la saincte Escripture mesme exhorte les paresseux Sc nonchalants, de se conformer au «., Pioncrb. 6.
patron de la Formi, & tafeher d'estre aussi bien aduiscz qu'elle. Salomon afferme que la Formi, li,
le moindreanimal de la terre, est plus sage que les Sages ; pource qu'elle amasse durant l'Aoust ist
dequoy viure en hyuer. Et Dicu( comme dit Adamance )a donné ceste industrie,du similitude de
de prouuoyance aux r òrmis,pour estre vn visible exemple aux hommes, à cc que contemplants its
rj le trauail des Formis,ìls missent aussi la main à labcsongne, sc pourueussentdes choses neceslai- xi-
res à leur vsage, & qu'ainsi pourucuz ils apprmsent à les mesnager.

TRAVAIL I N D E F ATI G A BLE. CHAP. III.


OVtre-plus ils denotoyent par la figure de ía Formi, la perseucrance au trauaii. car elle s'y
;'y Terfcuercmst-
tratmil.
prendSc de iour Sc de nu ici. Mais de quelle diligence pietonnc-cllct'ousiours par vn mcí- au .'-

me chemin,sans se destracqueriamais de l'cndròitauquel elle a pose son fardeau ? de quel effort Ht


roule-eìleauec les pieds les grains qu'elle ne pcult porter ? combien sont elles officieuses a-so'c-
c-
ceder les fraisches aux lasses, &s'entr- secourir ? tellement qu'à bon droit
Nousfera U Formi patron d'vn grand tMtiail.
íûffimî de faict: elle affina finement ceste chanterellede Cigalç,au dire de Ja fcble,!uy respodant,
1 oy qui nos fuies que chanteren <tstc, danse cn hyuer. ÂLncc Platom'quc réfute cn Thcophraste par
,
^ discours d'Ëuxithee,l'opiniode ceux qui dient que les ames des defuncts suyucnt les animaux
dont ils imitoyent la vie quand ils estoyent au mondc,S£ accommode à la ronn i ceitc tant iom-
Çncuse recerche Sc trauaux indefatigabks Vlvsse doncques,à cc conre, eust esté contrainct 4*
H A
9 i Hiéroglyphiques de la Formi,
suyure la Formi âpres fa mort,puisqu'Homerenous le donne pour vn patron auquel nous, peuf- A
fions voir
-.> -.-
Ce que peuuent, vertu, trauail ejr patience : Sc que mesmement tpus, les Ppçtes luy baillent

lare
la réputation d'auoir esté laborieux. Mais Platon eseript au Phazdon, que les âmes de ceux qui
auront exercé la vertu populaire Sc ciuile fans Philosophie, sc faisants forts de l'vsagë & de l'e-
aurc
Kft
Voyez la xercitation
xerc ordinaire, passent en des corps de Formis âpres leur deceds. Car quant à 4a fable des
Myrmidons,Theagene en l'oeuure qu'il a faicte touchant l'ifle d'^gine, cité par-rínterpretede
My
Pindare,dit que les Jì,ginctes se tenoyent iadis en des grottes sousterraines, &: rangeoyentcon-
Pilli
trel
tre les pieds des arbres la terre qu'ils fouissoyent ; puis ayants recueilly leurs fruictr,iesserroyent
enl
en leurs loges : Sc furent en fuite nommez Myrmidons, pour sc tàpiriainsi dedans terre à la fa-
.
çon des Formis. Au demeuranton nous conte vne vieille fable touchant les Myrmidons ( à fin
que les Grecs ne mettent; iamais fin à leurs niaiseries)*; que Iup'ìtër tránsforméjen;FcírrÉÌ^ejS|
que
gro Eurymeduse fille d'Àrchelaus, d'où nafquit Myfmidòn, chef de ceste manière d?Notóuïtéf;
grossa

PI ET EV ' -/•C H^AI-P^LV. .,-. rí-.;;


.
'^ùuo^..'--^
tieié é-d*-- A
A Vssi pourrez'vous fort bien exprimer par la Formi, la pieté &íe deuoir dès hommes
i~
ueirs mu~
tmls.
«iLjLles
«*- vns entiers les autres, si vous les regardez marcher en trpuppes quand elles em-
portent en leur formilliere. le cadauer d'vne autre Formi. les vnes sortent de leur creux, Sc
poi
fa
la ;rencontrants rebroussent chemin comme surprises* d'estonnément ; pùis reuiennent, &:
s'en reuont derechef deiix & trois fois, les autres attrainent des vermisseaux comme pour ra-
s'ei
chepter leur mort, d'autres encore essayent de reioindre celles qui soiit brisées, Sc les fàire re-
ch<
prendre
pre :
les pòulsent mèsmémeritSc n esparghent aucun dèuoir pòuír sonder si elles pourront
reuiùre.
rev. Que si quelqu'vn, comme disoit Cleanthe selon le tesmoignage d'^EliányVòuloit
<&
dire que ces animaux n'eívssentde la raison, la seule contemplationdëcecy seroit capable d'a-
mender
me Terreur en l'admirant. Quant aux magazins de viures qu'elles font, nostre Pétrarque
eui mieux aimé qu'on eust dict: cela de l'Ábeille que de là Formi pour he semblércóríriiúer au
eust
larcin.. Car les fables dient, que les Formis d'auiourd'huyfiìrent autrésfois des hommesïaúùa>
lar
ges, quasi dé.mesme naturel duquel ohblasmepresque tous les paysans, sçauoir est larrons &
gei
rauisseurs,
rai qui, bien que transmuez en telle espèce d'animaux, retiehnènè neahtmòinis leur an-
ciehne epustume d'entasser leurs pilleries, Sc' viure de larcin. Au reste il fault no'tër- qu'au „
cie
x:
XXIL du Leuitìque, où le Seigneur défend d'offrir aucun rompu ni ayant cicÀtrice, les Séptantéau
jië
jièii du dernier mettent vn mot, qUe nouspoúùons tourner'strmillièr,par lèquël ferme hiéro-
glyphique les Interprètes Veulent entendrel'homme qui met tous ses perisers Sc soucis; aux cho-
%*
ses terriennes Sc séculières,Sc n'a autre soing que de saouler sòh ventre, attendu que c'est lë pro-
ses
pre des Formis., de recueillirSi ramasser de toutes parts ce qui duit a leur nourriture',-comme le
pr«
remarqueHesyche.Sc ce précepte de Salomon, 0 paresseux,\>a au Formi ,ejr considère fis voyes, il
rei
l'entend
l'e de sorte qije le paresseux Sc fainéant est exhorté àtrauailler, non point à faire ce que la
Formi fait, sçauoirest en viuant de rapines,mais bien à suyure le trauail, lá diligence Sc la pour-
Fc
uòyançe
uc d'icçllç en oeuures louables.
INE G ALITE'. CHAP. V.
i T^Our signifier deux compagnons d'office inegaux,ou quelque inégalité en moeurs, dignitez,
Inégalité *¥
X reuenus, Sc toutes autres sortes de qualitez, aucuns peingnent vn (Miameau Sc vne Formi;
,<se I
d'office onde
moeurs.
tous deux laborieux,maisbien dissemblables de face, de taille & de naturel ; tellement qu'on ne
to
les sçauroit renfermer dans les bornes d'aucunecomparaison, l'aduouë que cest hieroglyphi- "
le:
que ne se trouue point parmy ceux des ./Egyptiens ; mais cc vaudeville si commun, VneFormy
ejr vn Chameau, fait que ie ne k puis obmettre.
Ò

* OPVLENCE. CHAP. VI.


Affluence>de /AN
/4Vk^y sçait assez, que non tant les ^Egyptiens que les Arufpices aussi, dénotentîopulence par
tiebeffet. ses Formis, ou nostres, ou Indiennes.dontcelles-là ne font amas que de viures nécessaires,
Sc les Indiennes entassent mesmement l'or Sc telles précieuses denrées,de manicreque non fans
cause dit-on vne Formilliere de biens, pour exprimer vne grande affluence de richesses, que les
Augures afferment estre prognostiquées à ceux chez qui elles les assemblent, comme elles
auionccllcrent des grains de bled en la bouche de Midas Phrygien cependant qu'il dormoit en
son enfance, dont luy fut predict qu'il seroit vn iour tres-riche, comme il aduciht de faict.
TRÒYPPE
-v
Liure VIIL 93
A
TROVPPE ENNEMIE. CHAP. VIL
AVtrement, les Aruspiees prenoyent les Formis pour signe d'vne multitude d'ennemis; Multitude
&
estoit d'tnnemií.
comme celles qui praesagiret à Néron la mort qui le talonnoit. lequel songea qu'il sous- *Signe de
couuert d'vne grande quantité de Formis volants. Car peu de temps âpres la Commune mort.
m
leuee contre luy, le contraignit de s'auancer la mort. Elles furent aussi funestes à Tibère, luy
rongeants sonserpent tout-vif lequel il nourrissoitmignardement.car les Aruspiees
l'aduerti-
malencontreuses à cause de leur
rent qu'il se gardastde la Commune. On tient qu'elles sont
couleur qui tient fort du mortuaire : iaçoit qu'en l'iste de Pephne elles soyent blaffardes.
T R E S P A S. CHAP. VIIL
M Ais en gênerai les Deuins soustiennentque les Formis sont indice de mort, pour estre fil- fArcetnid.li.
les de la terre, Sc habiter és creux sousterrains, où Ion enterre ordinairement les cadauers 3.
chap. 6.

des trefpassez.
CONCOVRS D'AVDITEVRS. CHAP. IX.
B /TEst neantmoins, íuyuant la tradition des Onirocrites,vn signe de bon-heuraux gents de Multitude
t
d'efeoliers.
Volettes, quand ils songent que les Formis leur trottent dans l'oreille. car ils tiennent que ce- *Aitemid.li.
la leur signifie vne nombreuse multitude d'cscholiers qui viendront pour les efeouter à grand' 1.
i ch.ztí.
foule. Pour ce Martial plaisantantsur vn Grammairien fort attaché à son proufit,dit;
K^iinfì les cheuelttz t'ejcoutent à vrand presse.
VAINE-GLOIRE. C H A P. X.
QVelques bien approuuez& sages Docteurs, de la Philosophie morale, ont exprimé par Vaine gloire
l'hieroglyphiquede laFormy ceile vainc gloire par laquelle nous nous priions par delàl & < venttric.
,
toute mesure Sc mérite, Sc nous applaudissons fans dire mot. Car cc vice fait volontiers fa re-
traitte és plus intimes cabinets du coeur, &: s'entretient des délices de ses pensées. Pareillement
la Formy se tapit volontiers aux cauernes, Sc n'en sort point qu'en cas de nécessité ; sçauoirest
quand elle va descouurir ou espier,ou qu'elle veult faire butin Sc se prbuuoir de viures, du soingr
desquelles nous auons discouru cy-dessus. Or a cllccccy de conforme auec k vaine-gloire,>
>

qu'elle efpie Sc enuie : labeur Sc proufit d'autruy, comme dangereusepeste qu'elle est. Elle tas-
^ che larronnesquement „
de ruiner ou du-moins peruertir toutes nos plus belles &: meilleures
actios,toutes les prouisions que nous aurós recueillies auec peine. Elle destruit les biés que nous
auons acquis ; celle- cy, nos vertus Sc bonne réputation. Auons nous signalé nostre valeur lal
à
guerre ? nous y a-t'on mesme honoré de quelque couronneou guirlande de mcritc?elle suruientt
cn tapinois,& nous en ronge toutes les feuilles, quand nous venons à prefeher nos vaillances, Scr
,
faisons comme le glorieux gendarme des comeedies. Auons nous prudemment dcscouucrtt
quelque menec?ccstevaine-gloire flaistrit tout,&: par vanterie le change en imprudence. Auonss
nousbien-faictàquclqu'vn?nous gastonstout par iactance,&: faisons que celuy que nousauonss
obligé vsc tient offensé de nous. Sc ainsi perdons nous temps Sc peine. Auons nous employé/
beaucoup de temps en ieusnes, en veilles, en oraisons & prières,en continence, en modération1
d'esprit Sc de corps fans aucun destourbier ? voicy venir la vaine-gloire,qui nous pille Sc rauitt
tout le fruict que nous auions amassé par tant de trauaux. Nous sommes nous csgaycz à com-
poser quelque ceuurc ingénieuse, docte Sc galanteîmaistandis que nous la hault-loiions,& nouss
plaignonsque nos labeurs ne paroissent point, ou que parvne fascheuse Sc sordide vente nous
en affectons de lalouange, ceste vainc-gloire obscurcitaussi-tost ce qui nous deuoit autrementt
estre honorable. Sc au lieu de galantisc nous obiectefottisejau lieu de scaupir,ignorancc ; au lieu1
D d'estude, négligence. II fault doncques mettre peine à faire choses louables,qui d'elles mesmess
nous apportent de la gloire : mais quand nous penserons l'auoir acquise, négligeons la plustostt
que de la recercher. car ainsi s'angmentera-cllcde plus en plus, Sc s'aiguillonnant elle mesme
nous fuyura comme à la piste, attendu que la Vertu
Se prisé d'elle-mefme,& ne veuh qu'on la loué, comme dit Claudian.l'honncur neantmoinss
&' la recommandation raccompagnent vucillc ou non.

DESOLATION ET SACCAGE MENT.


CHAP. XI.
M Ais pour retourner aux /Egyptiens, les prestres de cc pays là fignifioyent par la Formi Sc
C Vays dc~
struici &
vn petk faisceau d'Origan , vn pays destruict Sc dcíolc, qui naguercs estoit populeux Sc>.*~ dtjoli.
!licn habité entendants
: par la Formi, l'hieroglyphique du peuple , comme nous en parlions IS
cy-deisus:
S:
94 Hiéroglyphiques de la Foi mi.
cy-dessus : Sc par l'Origan, la désolation du pays despeuplé. Car ceste herbe pouldree d'vn peu
de sel Sc de soulphre puluerisé, mise sur le chemin par où les Formis passent, ou bien au trou de .
leur Formilliere, leur fait quitter leur ròutte,& prendre autre quartier. Et de faict l'Agriculture
ou Maison rustiquede Sotion nous apprend de parsemer d'Origan sauuage les tas de bleds de-
peur que les Formis n'en facent degaíL Mais pour les estranger auec plus d'effect, on a veu par
expérience que le plus expédient est d'en brufler quelques-vnes,Sc d'en ietter les cendres de-
i
dans la Formilliere; ou bien aux champs, fourrer Vn fer tout-chauld dedans la motte où elles
i
Flin.ti.io.°- nichent.
:
Au reste l'Origan est vne herbe commune en Italie, que les Latins appellent Cunila bu-
ehaj>. 17.
bula $ Sc ceux de la Riuiere de Gènes, où elle croist en grande quantité Cornabulia, propre ce dit
empeseher ,
on pour
1 que les saulmures se
ne corrompent. Or comme ainsi soit qu'il y en a plu-
sieurs espèces, Sc qu'on l'appelle de diuers noms ; il suffit d'attester que la Cunila bubuU est celle
que les Grecs appellent -Origan, laquelleAristote &: Plutarque dient que la Tortue prend pour sc
1

^garantir âpres auoir mangé d'vne vipère. Pline nous apprend, que la Cunila bubula s'applique
,. 1

contre les serpents. Sc Aristote, que les Cicognes estans blessées ( car on íçait bien qu'elles font
{

vne perpétuelle guerre aux serpents )bouttent de l'Origan à leur playe. Théodore Gaza,person-
nage qui ne dit rien fans l'auoir soingneusement pourpensé, toutes les fois qu'il veult interpre- T,
ter le mot d'Origan,lerend par CuniU.Sc nous a falu citer leurs tesmoignages,pource qu'aucuns
1

nient obstinémentque la CuniLi bubula. soit la mesme que l'Origan. I'adiousteraycecy,qu atten-
du qu'on met l'Onites entre les trois principales espèces d'Origan, ie m'estonne que les plus do-
1

ctes de nostre siécle en doubtent fert, Sc confessent franchementqu'ils ne la cognoissent point.


1

Nos Bellunoisappellent Poulliot d'AJhevnc espèce d'Origan fort communeen nostre pays,ayant
le tige, les feuilles Sc la fleur plus grandes, qui me fait croire que les Latins ont ainsi traduict le
mot d'Onites, comme venant de ónos, qui signifie Asne. or ceste herbe n'est autre que la Cunila.
Mais à ce qu'aucun ne s'esbahisse qu'vne herbe si vulgaire ait vne si grande force, que de faire
fuyr les Formis : S. Ambroise fait mention d'vne herbe nommée Cilla, dont la Touterelle ayant
esclos ses petits parsemé ses feuilles fur son nid, Sc par ce moyen garantit ses poulsins contre
1

l'incursion & brigandage des Loups.çarle Loup abhorre tellement ceste feuille qu'il s'enfuit des
qu'il |a sent. Le Léopard aussi trouue que l'Ail luy est si abominable Sc contraire, que si Ion eu
frotte le lieu de fa demeure, il est çontrainctd'en sortir Sc l'abandonner. vElianau premier de la
nature des animaux, escriptque les Cicognes chassent les Cheuefches de leurs nids, y portants
des feuilles de Plane, qu'elles craignentde toucher, dautant qu'elles en sont eílourdiës, & ainsi £
sauuent leurs Cicognats,aufquels les Cheuefchesfont vne perpétuelleguerre.de l'inimitié des-
quels oiseaux nous traitions ailleurs. Or les Cicognes,les Tourtes Sc Tortues ne sont seules qui
par la guide de nature trouuentremède contre ce qui leur nuit : mais aussi les Chiens,lesPorcs,
,& plusieurs aurres bestes terrestres. Quand les Chiens ont mal au fiel, ils ont recours à l'herbe
qui de leur nom s'appelle Chien-dent. Quand les Porcs sont trauaillez de leur migraine ou mal
de teste,ils cerchentdes esereuicesde riuiere. Les Beletes prennent de la rue,si d'aduentureelles
ont mangé d'vne coleuure. Quand les Serpents ont la chassie, elles se purgent les yeux auec
du fenouil. Et non fans raison demandentaucuns la cause de cecy;attendu que tels animaux ne
peuuet l'auoir appris des autres,& ne peult-on aussi leur auoir enseigné les drogues qui sont dui-
siblesàleursmaulx. Ce que nous laissons à disputer Stresouldrc à d'autres, Sc nous contentons
pour le présent de çe qui semble faire pour declairer les peintures des anciens.
SANTE'. C H A p, X I I.

Gutrifoti-
ren. TE trouue ceux auoir esté fort heureux en leur inuention, qui pour donner à cognoistre vn
Xhomme affligé d'vne griefue maladie, guéri toutefois au moyen de quelque leger remède, ^
pourtraioyenthieroglyphiquementvn Qurs tirant la langue pour attrapper des Formis. Car on
àit que l'Ours ayant mangé lës Formis qu'il aura prinses auec fa langue, puis beu pour les aual-
ler, trouue guérison à son mal. cc qu'il fait lors principallement qu'il sort de fa tafnerie apres
auoir passé l'hyuer àieun.car il mange premièrement de l'Aron sauuage ( les Medcs cn font
Serpentari*
.
j,
minor. ou,
vneefpecc de serpentaire) dont l'acrimonie eílargit l'intestin estreci à fauíte de mangcr,& si cela
''
Tes vituli, ne luy sertde rien, il recourue fa première santé, mangeant des Formis comme nous venons
vulgaire- de dire.
tnçnr.
CACHETES. CHAP. XIII.
Cnchttti.
'"'-
s~^ ^ant aux cactìetcs ou quelqu'vnse tient musse, signifiées par l'aile de la Chauuesouris,^
V- -%,Par *a F°rmi, nous en traitions parmi les autres significations de la Chauuesouris.
DE
Liure VHI- 95
_—. __
. . . _ ; r—
DE UESCHARIOT,
A .
*CHAP. XIV.
fftfij|| R ce que dessussuffise quant à. laForjmi IMaispour l'Escharbot,plusieursseiout moc- ftitiond'JE-
Sotte fuper-
MBSI ^u^^Appion Grammairien ( que Tibère appelloit ordinairementCimbaledu mon- gyptiens.
%âM» de)de.cejque par vne trop curieuse recerche il trouuoit quelque corresoondançedes
cejiurcs du Soleil auec celles d'vn si chétif & si brute
vermisseau, pour excuser la superstition des
gents de son pays. Caries égyptiensont pour la plus part
adoré l'Escharbot pilulaireparmy
leurs autres Dieux.& les autres l'ont eu mesme en si grande reuerenceen leurs fables,qu'iísn'ont
point faict de conscience 4'eserire comme l'Escharbot se monstra inexorable, se roidissant con-
treles prières de Iupster, qui le supplioitbien instamment de rentrer en grâce auec 1'Aigle:&que
lepauure Iupiter futcontrainctde procéder autrement pour obuier à Vne si grande inimitié.
Aureste si ce qu'on dit de l'Escharbotestvéritable ( or non seulement l'autorite d'Appion,mais
auflìle consentement Sc d'Aristote & de Plutarque,&d'autres excellents Auteurs,fait que nous
le croyons véritable ) Sc quand mesme ceux-cy n'en auroyent rien escriptjCe seroit à faire à gents
d'humeur acariastre,soustenirn'estrevray ce que nous mesmes pouuons apperceuoir àToeilad*
* uenir ordinairement. Puis donc qu'il sc trouue des choses tant admirables touchant les oeuures
de cest animal ; tant s'en fault qu'il sc faille rire ni d'Appion, ni des autres Religieux d'iEgypte,
qui les ont si curieusement remarquées, que mesme il ne fault pas frauder leur inuentionde
son mérite,c'est à dired'vne grande Sc signalée louange.
* L E M O N D E. CHAP. XV.
Cl Ar ie nc voy pas bonnement pourquoy Ion sc gausserades prestres d'iEgypte,poUrauoir si-
l'Escharbot, puisque mottucmUt
Forme &>J
ygnifié la forme & les mouucments mesmes du monde par nous sca^- du mondefi-
uons au vray, que ces pilules ou bouletes, eíquelles il enferme premièrement fa semence, td'où 'tEfcburbtt.
gtpjfitK g*r

s'engendredu commencementvn vermisseau, qui reçoit en fuite vne certaine sonne, sc sont a
l'image 6csemblance du monde. Car ayant l'Escharbot en certaine saison cserannee recouurë
de la fientede vache, il se prend à trauaillcr âpres ( ce qu'Aristophanepince dés le premier vers
de fa Paix, auquel il prend le mot âcm*z,a pour excrément ) en façonne premièrementdes pe-
tites boules qui ressemblent à la figure du monde, puis tourné du Leuant versle Couchant, les
roule auec ses pieds de derriere,& les toumeboule fans cesse à reculons regardant tousióurs PG-
Q
rient;cornmeà desseing de contrefairela forme du ciel en contemplantle modelé ou patron d'i-
celuy. Mais que dirons nous qu'en poussant Sc roulant fa besongne il marche de l'Oest au Sud,
côme s'il vouloit aller au deúát du cours des astres,qui de leur propre mouuementtirent du Sud
vers l'Oest ? Ie sçay bien qu'aucuns estimentqu'il choisit pour cest ouurage du fient non de va-
che,maisbien d'asne,& sc font accroire qu'en boule-virant ainsi il espanchesa semencegénitale
par-dessusle fient,dont la matière conçoit puis âpres. Et dssent en-outre, pour rendre l'histoire
plus vraisemblable, que le nom y est formel, dautant que Canthon signifie Asne, d'oifc cest insecte
d'Escharbot est nommé Canthâtas. Mais ceste variété nenous importe en rien, attendu qu'il est
question de ceste boule que l'Escharbot paistrit de fiente,puisla poulie Sc roule dans l'eau.

GENERATION. CHAP. XVI.


EN-aprcs par l'image de ce mesmeanimal on signifie la génération Sc le commencementdes 'Hiéroglyphi-
*

créatures. Car les Escharbots sortent des eaux en lumiere,selon qu'aucuns Philosophes que de géné-
non ration.
des derniers rangs tiennet
que les eaux sont la cause efficientede Ja generatio des choscs,suyuát
D la doctrine d'Homcre,quisouuent qualifie l'Oceá père de toutes creatures.Car qui nc void tous
les iours à l'oeil,queles
eaux montentau cielsee dit Pline)& qu'elles mesmes tumbants sont cau-
íe de tout ce querapportela terre ? que les bleds sc nourrissentde là, que les arbres & plantes en
viuent,qu'clles donnent ame vitale aux herbes,& qu'en somme toutes les forces de la terre pro-
uienncnc du bénéfice des eaux ? Or quant à cc que nous auons dict que les Escharbots prennent
des eaux le commencement de leur vie, l'histoire en fait foy.car si tost que ces boules sont fabri-
quées de fient,l'Escharbot fait vn trou das terrc,& les y tict enscuelies l'espace de vingt Sc luiict*I
iours, termeegal à celuy qu'il fault à la Lune pour sc promener par les douzesignes du Zodia-
ques cela'se fait principallcmçntau plus fort de l'hyuer. Et tandis que ces pilules couuertes de
îerre sc fomenten^elles s'animent premièrement en figures de vermisseaux,puissc forment peu
a peu en ceste espece d'inscctcs,cnclosneantmoins dedans leur fient encrousté.& au vingtneuf-
Kime iour le perc sort de fa niche,tirçles boules au iour, Sc l'vne âpres l'autre, comme nous ve-
xons de dire,les poulfe & roule dedans l'eaujcommcn'ignorant pas qu'en ceste iournee se fait la
1Ponction du Soleil auec la Lune;& par conséquent représentecomme quelque génération du
monde,
6g Hierogi^píiiquesde l'Escharbot.
monde,vnenouuelleface de Lune commençant à se monstrer.Lesboules estans mollifiees dans
les eaux,puis creúasseespeu de tëps âfpres,les Escharbots desia formez viennent à efclorre,&lors
Patent aux champsles bandesnoires. Que si paryn consentement gênerai laFormi mérite
le titré de prouuoyantei par cç qu'on la voidfortáctiue à voicturer, & d'vn soingneux mesnage.
ment conscruerses prouisions;qúels honneurs s'aduiscra-onde rendre à l'Escharbot,le voyants
ifi bien practic non seulement és choses humaines, màis aussi és célestes, Sc par manière de dire
1non ignorant des diurnes ? Certes non fans cause ceux qui ont remarqué là singulière sagesse de
ce vermisseau,ont'faictvn prouerbe de ces paroles,P/#í/Sgïque l'Escharbot.
<

3 ,-Jk S E V L-N E'. C H A P. X V I L


S- if~*\
teul-ni et- Vant à ce que les ./Egyptiens escripuent, que par la figure de l'Escharbot est hieroglyphi-
mètfedoibt*' 'V^^quement signifié lescul-né;ilnele fault pas prendre en la scuse manière que nous áuons
entendre. accousttimé d'appeller lèsils
vnique, scul-né ; mais aussi parce qu'il ne recoghoist qu'vn seul
auteurdè
í son estre; voire que luy seul s'est donné semence à soymesme. Car estants engendrez
chascun
í de chascuné boulete, ils n'ont proprement à qui rapporter l'origine de leur race ; ains
i aucune souche ni prouin, sans opération de maste, fans conception de femelle, sont venus B
fans
au monde aîn^ formez à guise des vers qui naissent deux-mesmes.
9

DIEV EN CORPS H V M AI N. CHAP. XVIII.


ìft /"-^(E lieu semble requérir, que pour nous monstrer plus équitables que les égyptiens, hous
leffH-Chift
'|
pourquoydiit (V_^facions
semblable à
.
voir que fuyuant la doctrine des Théologiens, Dieuçput-bon Sc tout-puissant
/, 2ayant pris chair humaine s'est faict semblable à TEscharbot.Que neantmoins aucun ne se pren-
PBfcharbet,
& Ver. neà
j crier.que c'est chose trop indigne de faire Dieu mesme, admirable par-delà toute admira-
tion,
1
semblable au plus chétif, plus laid Sc plus puant insecte qui soit.la raison est, que S. Augu-
In soliloq. istin parlant de Pincomparablehumanité de lefm-ChtiíìiCehon Efeharbotmië{ç\it-iÌ)nonfeulement
iq.
isource qu'estantseul-nê, qu'estant auteurde soy mesme, il a vestu la forme humaine : mais, pourcc qu'il s'est
tantouillé
1 en ceste nostre ordures d'elle a voulu naistrehomme. Or ce bon père & dpcteur,soustien de
.]
pieté & d'intégrité, n'a point faict difficulté,contemplant la tres-pure Sc treknette lumière de
Dieu, Sc d'autre part considérant l'infecte cloaque de la puanteur humaine, d'vser d'vn terme
aucunement sale, dont la nouueauté pourroit offencer l'estomach& le coeur de quelque déli-
I
cat , qui se trouueroit estrange & letourneroit en risée. II sçáuoit bien que Dieu mesme s'est ap- C
pelle Ver par la bouchedu Prophète5 & que partant ceux qui auroyent cognôissance d'vnsi
grand mystere,& sçauroyentd'ailleurs comme l'Escharbots'engendre d'vn sale excrément, ap-
«. prouueroyentson dire fans contreroolle. Et quant à la prophétie du Pfalmiste, le fuis vn ver, ejr
Psal.li.6.
non p.fs homme ; aucuns en lieu de lefuis vn verjorxctraduict, lefuis vn Estharbot .covamcs'ïì disoit,
Ie fuis la plus contemptible chose du monde. Euthyme dit que Dauid s'humilieainsi en la per-
I.Sam.14.
14.
sonne de Iesus-Christ, bien qu'il fust & Prophète Sc Roy.comme ailleurs il s'appelle aussi Chien
mort, ainsi quenous lisons au liure des Rois. Mais ceux qui pensent que cela soit dict à cause de
la génération humaine de Iesus-Christ, qui s'est faicte fans aucune conionction d'homme ; sem-
blent vouloirmonstrer,que corne le Ver s'engendrede la pluye qui tumbe d'en-hault fur la ter-
re : ainsi Iesus-Christ a esté conceu par la supernelle venue du S. Esprit au ventre de la Vierge.&
pour ceste cause Iesus-Christest nommé Ver, Le surplus sc peult voir en Adamance au XIIII.
sermon fur S.Luc qu'il a faict touchant la Circumcisionde nostre Seigneur. Aussi peult-on tirer
* Jà le
propos de S.Augustin, que nostre Seigneur dit, Iesuis vn ver, & nonpu homme, comme s'il
disoit,l'homme naist de malle & de femellej mais ie ne fuis pas né de malle Sc de femelle à la fa-
çon des hommes,ni selon l'vsage de la nature:ainsfuis né à l'exemple du Ver,qui prend son ori- D
gine non-pointd'ailleurs,mais des corps mesmes esquels il se forme. Nous auons vn traitté tel
quel par S. Clément soubs le titre de Recognoissances,non seulement vitié de vocables, mais
aussi depraué de sentences : dans lequel aucuns esprits malings ont fourré plusieurs choses pour
tourner en risee la doctrine de nostreReligion, mais ie laisse à d'autres la charge de le corriger. &
toucheray seulement ce qu'il dit sur la fin du sixiesmeliure : Nous nms roulerions volontiers en l'or-
dure comme les Escharbots. là où quelqu'vn glosant ie ne sçay quoy veult qu'on lise non-pas C/7/7-
paf tharij,c\v\ signifie Escharbots,mais bien Cantherij, Cheuaux hongres; cuidant comme il est à pre-
Rapporté't**
T. Lille.
Dccad.j. sumer,que le prouerbe de la Terre de Labour seruist à ce propos, Le
jC/ hongre aufossé. Au cas pareil,
!i.j. ce bon-hommeidecenseurquel qu'il soit, mais non assez docte, change hardiment aux Epistrcs
lemotdeÇ>»//^«,qui est fans doute lavraye&: légitime lecture, en celuy de C<wthertjy falsifie
fi-
comme il appert de l'histoire naturelle que nous auons récitée. Mais pour nc rien oublier qui
ée au propos de nostre Ver,entát que la mémoire le me pourra fourninil signifie par-foisd'Esaye- hiero-
s.v. glyphiquemcnt Pinquictude d'vne mauuaisc
Ch». 66,v. pensée, que Enchère approprie à la parole
»4- JLeur ver ne mourra-point,
L'HOMME
>
«1
Liure VIII- 97
A L'H O M M E E T PE RE. CHAP. XIX.
OR comme ainsi soit que l'Escharbot naist ainsi sans aucune aide de femelle,& prend vie ÍÊ Pere designí'

par le soing, labeur Sc diligence-du père seul ( car il n'y a point de sexe féminin entr'eux \) pardelal'Ef-
figf*-
c'est pourquoy les prestres d'Egypte voulants designer vn pere,le faisoyent par la figure de l'Es-r~ chadot.
re
charbor.& toutes les fois qu'ilsvoulóyent exprimer l'office du mafle &: la force ou vertu mascu-l-
line , ils ne se scruoyent point d'autrehiéroglyphique. Car tout ainsi que pour symbole du sexe e
masculinSc féminin ils peingnoyentvnVaultour, parce qu'il est engendré fans aide du mafle, *>

comme nous en discourons au traitsé d'iceluy ; ainsi ont ils entendu par cest insecte, l'homme, '%
pour semblable raison que nous auons alléguée.
VAILLANT GVERRIER. CHAP. XX.
ET dautant que les courages des gents de guerre sont principalement recomandezSc loua-
Vertu ma-
bles en ceste qualité, s'ils sont virils Sc fermes, & que c'est aux hommes à porter les armes,>, feuline ex-
selon l'authorité d'Homeré notamment Sc de Virgile : ces
prestres ont exprimé la fougue la
Sc Q primée par
l'Escharbot.
vertu masculine par l'Escharbot, dont ^Elian dit que les gendarmes portoyent l'image graueee
en leurs anneaux, dequoy Plutarque discourt amplement au liure d'Isis Sc d'Osiris.L'Escharbott
B

estoit aussi l'enscigne des soldats Romains ; pour leur faire entendre qu'ils se deuoyent faire si-
gnaler pour gents de mise Sc de valeur, Sc ne rien entreprendre ni faire mollement à guise dee
femmes. Pour ce dit Horace;
Tyrthoee par ses vers aigu/soit les coeuts mafles De l'arc
Csfux combats Martiaux. poëtiq.
Au contraire Virgile Sc Homère appellent les Phrygiens Sc les Achatcs,Porcs ,-cn opprobre deq JEneid.ìi.
leur mollesse & lasche poltronic, comme n'ayants point