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Oil and Gas Institute of Monastir

COURS

de

GEOLOGIE PETROLIERE
FORMATION PETROLEUM ENGINEER
Par

Géologie pétrolière – Prof. Habib


1 BELAYOUNI – OGIM 2009
Prof. Habib BELAYOUNI
2009

Géologie pétrolière – Prof. Habib


2 BELAYOUNI – OGIM 2009
GEOLOGIE PETROLIERE ET GEOLOGIE
GENERALE

INTRODUCTION : LE METIER DU GEOLOGUE

Le Géologue est un homme de Science et de Terrain, qui étudie la Terre en


surface et en profondeur. C’est également un homme de Laboratoire, qui analyse
ses observations, les données recueillies et proposent de nouvelles
interprétations ou théories.

De l’exploration pétrolière au génie civil, en passant par l’extraction minière,


l’identification et la protection des ressources en eau, le stockage de produits
toxiques ou encore l’évaluation des risques sismiques et volcaniques... Le métier
de géologue est au coeur de nombreuses problématiques.

Evidemment, ce ne sont pas les mêmes personnes qui traitent d’une telle
diversité de sujets d’études. C’est la raison pour laquelle les Géologues sont
souvent spécialisés dans une discipline : stratigraphie, structurale,
sédimentologie, géochimie, géophysique, hydrogéologie, géologie des
hydrocarbures, sismologie et volcanologie, cartographie …. Définies par les
objets de leurs investigations (structure des montagnes, fossiles, minéraux,
volcans, etc) ou par les méthodes qu'elles mettent en œuvre, ces disciplines
concourent toutes à étudier la Terre, sa nature et son histoire, ainsi que l'histoire
de la vie qui lui est intimement liée.

Les Géologues peuvent être secondés dans leur travail par des techniciens
géologues, chargés de prélever des échantillons à étudier, de lever des coupes
sur le terrain, d’effectuer des dosages chimiques sur les roches, d’exploiter

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l’outil informatique pour le traitement travailler des données recueillies et
l’interprétation des résultats…... Les observations auxquelles ils se livrent
impliquent de nombreux déplacements, parfois lointains.

En géologie pétrolière, Le géologue contribue à évaluer la structure souterraine,


afin de construire et d'affiner les modèles géologiques et de déterminer la
quantité d'huile ou de gaz qui est prisonnière des roches. Il peut tout aussi bien
être amené à travailler sur des projets pluridisciplinaires en bureau ou au cœur
des opérations sur le terrain.
 En exploration, il conduit l'étude des zones prospectives, et les évaluent
en vue d’aboutir à une proposition de prises de permis.
 Il est également présent sur les forages, où il participe à leur suivi
géologique, à l'identification des réservoirs et à l'interprétation de
subsurface.
 En géologie de gisement, ils travaillent sur la géométrie des horizons
réservoir et sur le calcul des réserves des gisements développés par le
Groupe.
 Enfin, la géologie de laboratoire fait intervenir des spécialistes dans
plusieurs disciplines (sédimentologie, géochimie, stratigraphie…). Leur
rôle consiste à analyser les échantillons de puits, établir des modèles
géologiques, et réaliser des études sur la qualité des roches-réservoir.

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GEOLOGIE PETROLIERE
A. INTRODUCTION GENERALE A LA GEOLOGIE
PETROLIERE

I. DEFINITION DU PETROLE

Du Latin : Petra : Roche ; Oleum : Huile : Huile de roche ou huile de pierre

Le PETROLE est une roche sédimentaire COMBUSTIBLE c'est à dire dont la


combustion fournit de l'ENERGIE.

Le pétrole est un mélange naturel sous forme liquide, gaz, semi-solide ou solide
d'HYDROCARBURES et de COMPOSES HYDROCARBONES (non-
hydrocarbures ou NSO compounds) composés par des atomes de C,H,N,O,S et
parfois des métaux comme le Nickel et le Vanadium).

II. AUTRES DEFINITIONS

Crude Oil : partie liquide non raffinée du pétrole.

Light Naturel Gas : LNG : principalement le méthane (CH4)

Liquid Pétroleum Gas : LPG : Ethane (C2), Propane (C3) et Butane (C4)

Condensat : Hydrocarbures condensables (gazeux dans le réservoir, mais


condensent en liquide à la surface)

Pétrole Semi-solide et solide :

« Asphalt » : Bitumes solides et semi-solide de couleur brun-noir, qui se


liquifient avec la chaleur

« Bitumen » : Communément utilisés comme un terme générique pour le pétrole

« Waxes » : Variété de « bitumen » ayant une odeur et un éclat de cires

« Tar » : Liquide visqueux de couleur brun-noir obtenu par distillation : ce n’est


pas un produit naturel

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A. PROCESSUS D’EVALUATION EN EXPLORATION

RISK
Testing a stabilized
Flow of
Hydrocarbon
ECONOMIC POSTDRILL
ANALYSIS REVIEW

Décision
PLAY CONCEPT ENGINEERING Cash Flow If Success,
Source Rock Conceptual Model and Compare
Reservoir, Trap, Development Plan Value Actual
²²²² Timing and Facilities Costs Measures Parameters to
Migration Production Profile Predicted;
Recovery Factor If Failure
Reason Why

VOLUMETRICS
Volumetric
Distribution
of Hydrocarbons
In Place and
Estimated
Recoverable

Le Processus d’Evaluation de l’Exploration (The Exploration Evaluation


Process ) comprend différentes phases:

 “Specification of Geologic Play Concept”


 “Assessment of Geologic Risk”,
 “Estimation of Hydrocarbon Volumes
 “Conceptual Engineering
 and a “Development Plan for Economic Analysis
Le Processus comprend une phase de valorisation basée sur la comparaison des
résultats prévus avant le forage et ceux obtenus après forage (comparison
between pre-drill and post-drill results).

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Chaque projet d’exploration comprend un nombre de phase qui visent toutes
l’amélioration de ce qui est communément appelé : « Prospect Maturation
Cycle ». Un « Prospect Maturation Cycle” couronné de succès, conduira à une
nouvelle découverte d’huile et de gaz.

I. PLAY CONCEPT

Les hydrocarbures sont concentrés généralement dans un nombre limité de


bassins, et de ce fait, l’exploration n’est pas une opération qui s’accomplit avec
les mêmes chances de réussite.

Généralement on distingue, quatre (4) différents concepts dans la phase


d’exploration, qui sont fonction du degré de connaissance du projet en question :
Basin Framework, Petroleum System Framework, Play, and Prospect.

1. Basin Framework

Existe-t-il un volume de roches sédimentaires capable de contenir les ingrédients


potentiels pour le fonctionnement « de la machine à hydrocarbures » ? : Roche
mère, Réservoir, Piège et Couverture, et un timing et une migration adéquats.
Une telle approche ne prend en compte aucune considération économique.

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2. Petroleum System Framework

Le « Petroleum System Framework » est défini comme le volume de roche


sédimentaire contenant des hydrocarbures chargés à partir d’une ou de plusieurs
roches mères. La définition suppose obligatoirement la présence de
manifestations d’hydrocarbures (indices, suintements, ou puits producteurs).

La reconnaissance d’un système pétrolier actif, n’est pas une donnée suffisante
en soi, parce qu’elle ne prend en considération aucun calcul volumétrique et
donc aucune estimation économique.

Play

Le « Play » est la partie élémentaire d’un système pétrolier ; il est défini comme
le dispositif contenant une ou plusieurs accumulations d’hydrocarbures,
identifiées à partir de données géologiques : « reservoir, trap and seal ; timing
and migration, preservation » ou à partir des données d’ingeniering : position,
environnement, propriétés des fluides et des écoulements ou des deux. Les plays
possèdent donc des caractéristiques géologiques et d’ingeniering, qui peuvent
être utilisées pour la caractérisation économique.

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1

3. Prospect.

représente une accumulation potentielle individuelle. Chaque prospect est perçu


comme appartenant à un play individuel, caractérisé par ses composés à risque
et par une distribution probabilistique des volumes d’hydrocarbures potentiels
au sein du piège

4. Individualisation d’un Prospect (Generation of Prospect ).

Lead: Indication de la présence d’une possible structure piège (geometric


indications of a possible trap.

Prospect: Présence d’une bonne fermeture du piège (4-way closure is


ascertained to some degree).

Drillable Prospect: Autres conditions pré-requises sont favorables (prognosis of

other prerequisites are favourable or risks are acceptable).

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B. Evaluation du Facteur Risque : Risk Assessment
Dans une opération d’évaluation, le risque considéré est le
risque géologique : (Geologic Risk ), le Risque qu’une
accumulation d’hydrocarbures existe réellement.
Le risque géologique est déterminé en précisant quatre (4)
facteurs indépendants :
1. présence d’une Roche mère mature (P source )
2. Présence d’un réservoir (Preservoir)
3. Présence d’une structure piège (P trap)
4. Timing Adéquat : (Ptiming) : ou Play Dynamics: Timing de la
formation du piège en rapport avec le Timing de la
migration vers le réservoir et de la préservation, est
adéquat.
La probabilité d’un succès (Pg) est déterminée en multipliant les
probabilités des quatre facteurs précédents :

Pg = Psource x Preservoir x P trap x Ptiming

C. ROCHES MERES DE PETROLE


I- DEFINITION
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Une roche mère de pétrole désigne toute roche qui a généré ou capable de
générer du pétrole. La présence au sein de cette roche, de matière organique
insoluble (kérogène), est une condition pré requise pour considérer cette roche
comme roche mère potentielle ou active.

Une roche mère est un sédiment renfermant une certaine quantité de matière
organique susceptible de générer des quantités appréciables d'huile et/ou de gaz.

II- POTENTIEL PETROLIGENE ET ROCHES MERES DE


PETROLE:

Une roche mère est caractérisée par sa teneur en C.O.T, son potentiel
pétroligène (S1, S2), son degré de maturation thermique et la nature de la
matière organique.

1. Teneurs en C.O.T.

En général, les niveaux les plus riches en carbone organique total sont les
meilleures roches mères. Cependant, ce paramètre n'est pas suffisant pour
caractériser les roches mères.
En effet, il s'avère qu'à teneur égale en C.O.T, des matières organiques d'origines
différentes n'auront pas la même productivité en hydrocarbures.
D'autre part, les remaniements de la matière organique dans les sédiments, les
phénomènes d'altérations, les états de maturation très avancés (zone à gaz), font
que la teneur en C.O.T n'est pas toujours indicatrice de roches mères
potentielles.
La classification des roches mères suivant le C.O.T dépend de la lithologie:

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Generation TOC in Shales TOC in Carbonates
Potential (%) (%)
Poor <1.0 <0.5
Fair 1.0 – 2.0 0.5 – 1.0
Good 2.0 – 3.0 1.0 – 2.0
Very Good 3.0 – 5.0 2.0 – 3.0
Excellent >5.0 >3.0

Generation TOC
Potential (%)
Inadequate <0.5
Marginal 0.5 –
1.0
Adequate >1.0

Interpretation of TOC values in terms of generation potential.


2. Potentiel pétrolier : Genetic Oil Potential (GOP)

La valeur du potentiel pétrolier d'une roche dépend de la teneur en C.O.T,


du type de kérogène, son degré d'évolution et des effets de la matrice minérale.
Il permet d'identifier aisément, les différents niveaux roche-mères et de les
comparer selon leur productivité. Si les échantillons sont peu matures, le
paramètre S2 (composés hydrocarbonés potentiels) représente leur potentiel
pétrolier total.
Lorsque les échantillons sont plus évolués et qu'ils ont déjà produits des
hydrocarbures, S2 ne représente plus que leur potentiel pétrolier résiduel.

La détermination du potentiel pétrolier total permet de classer les différentes


roches mères entre elles et d'évaluer leurs qualités pétroligènes.
- S2 < 2 mg d'HC/g de roche: P.P faible.
- 2< S2 <6 mg d'HC/g de roche: P.P moyen.
- 6< S2 <10 mg d'HC/g de roche: P.P élevé.
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- S2 > 10 mg d'HC/g de roche: P.P très élevé.
Calcul des quantités d’Hydrocarbures produites et expulsées à partir d’une roche
mère de pétrole/km2

Prenant 5 kg d’HC/tonne comme valeur moyenne du potentiel génétique des


séries de l’Eocène Inférieur (Formation Boudabous) et 100 mètres comme
épaisseur moyenne des niveaux roches mères, le potentiel d’hydrocarbures
libérables puis expulsables sera calculé de la manière suivante :

1km² x 100 m thick = 10 x 107 m3


ρ rock = 2500 kg/m3
Early Eocene = 2.5 103 X 10.107 = 25 x 1010 kg rock = 25 107 t
Genetic potential = 5 kg/t x 25 x107 t = 12.5 108 kg petroleum
Fraction of oil in petroleum = 1/1+GOGI = 0.83
12.5 108 x 0.83 = 10.375 108 kg oil
Assume OEE = 0.8
10.375 108 kg oil x 0.8 = 8.3 108 kg oil
Specific Gravity ρ of Oil for 37° API = 835 kg/m3
 994 000 m3 oil for each km² soit 994 106 dm3
1bbl = 160 dm3
994 106 / 160 = 6 212 500 bbl for each km²
GOGI: Gas to Oil Genetic Index:
OEE: Oil Effectively Expelled
Bbl: Blue baril

3. Nature de la matière organique: TYPE du KEROGENE

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On s'intéresse surtout à la teneur en matière organique sapropellique, en effet, un
C.O.T riche en matière organique sapropellique présente un P.P meilleur que
celui qui est riche en matière organique ligneuse.

Du point de vue qualitatif, la matière organique sédimentaire se définit par


rapport aux quatre types suivants:

TYPE I : matière organique d'origine algaire très riche en


composés lipidiques (Herbaceous organic matter).
Ce type génère surtout des huiles (High oil prone)

TYPE II : matière organique d'origine planctonique marine


riche en composés lipidiques (Amorphous organic
matter).
Ce type génère des huiles et des gaz (Oil and gas
prone).

TYPE III: matière organique d'origine ligneuse continentale


pauvre en composés lipidiques (Humic and woody
organic matter).
Ce type génère surtout des gaz (Gas prone)

TYPE IV : matière organique résiduelle profondément altérée


et oxydée (Residual organic matter).
Ce type ne possède aucun potentiel d'huile ou de
gaz (residual and dead organic matter).

4. Degré de Maturité Thermique

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La maturation thermique représente les changements, physiques et chimiques
progressifs qui affectent la matière organique sédimentaire (Kérogène) durant le
l’enfouissement et le chauffage, et qui se traduisent par la génération
d’hydrocarbures. La maturation est fonction principalement de la température du
sédiment et du temps (en millions d’années) au cours duquel le sédiment reste
soumis à cette température.

Le degré de maturation thermique d’une roche mère peut être mesuré à l’aide de
plusieurs différentes méthodes (méthode optique, méthodes chimiques, méthode
pyrolytiques) ou calculé en intégrant l’histoire de subsidence et le gradient
géothermique de la zone concernée, dans un programme de modélisation
cinétique.
Dépendant de son histoire ultérieure d’enfouissement et de chauffage, une roche
mère peut ne pas avoir commencé à générer du pétrole, ou peut être en cours de
génération, ou peut encore avoir déjà généré du pétrole plusieurs millions
d’années au paravent. C’est la raison pour laquelle nous distingueront, sur cette
base, trois catégories de roches mères :
- Roche mère potentielle (Potential source rock) : Immature
- Roche mère active (Active source rock) : mature et probablement entrain
d’expulser du pétrole
- Roche mère épuisée (Exhausted source rock) : post mature (mature par le
passé) ou encore over mature : Dry Gas Generation

Parce qu’un niveau de roche mère de pétrole peut se trouver à des profondeurs
d’enfouissement différentes suite aux mouvements de structuration du bassin, la
même roche mère peut se trouver en même temps aux trois stades de maturité à
différentes positions. L’effet de la maturation thermique sur les différents types
de kérogène est illustré sur le schéma de la Figure ci-dessous en termes de types
de produits hydrocarbonés générés.

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Maturation et hydrocarbures générés (d’après Dow, 1977)

Dans le détail les différents stades de maturité atteints par la roche mère sont :

- Early mature : génération d’huile lourde (hydrocarbures à haut poids


moléculaires, proportions élevées en composés NSO): very low API
Gravity : < 20.

- Mid mature : zone principale de génération des huiles : huile moyenne à


légère (hydrocarbures à faible poids moléculaire, faibles proportions en
composés NSO compounds) : Medium to high API Gravity : 28 – 40

- Late mature : Zone de génération d’huile légère : High API Gravity : >
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- Gas Generation (Wet) : zone principale de génération des gaz humides
ou condensats (C2-C8) : Very high API Gravity : >55

- Gas generation (Dry) : CH4 only mixed with low amounts of CO 2, N2,
H2S

III- SOURCE ROCK EVALUATION

1. Capacity for Hydrocarbon Charge


1.1. Presence and volume of source rock :
 Thickness
 Areal Extent:
 Number of distinct source rocks:
 Continuity:
 Known HCs in area :
1.2. Organic Richness:
 TOC amounts:
 GOP amounts:
1.3. Kerogen Type:
 Type I
 Type II
 Type III

2. Source Rock Maturity


2.1. Source Rock data:
 Tmax:
 R0:
 TAI:
 Maturity vs Oil and Gas Generation

D. GENERATION DU PETROLE A PARTIR DES ROCHES


MERES

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E. SEDIMENTATION DES ROCHES MERES

Les roches mères de pétrole sont généralement des roches argileuses ou argilo-
carbonatées. Elles sont formées de matériaux très fins, déposés en milieu calme
et confiné (restreint), correspondant à des modèles particuliers dans les
domaines continental et marin. Leur teneur en matière organique est
conditionnée par deux facteurs :
- Une vie aquatique abondante : développement considérable de la
biomasse
- Conditions de dépôt favorable à sa préservation (milieu anoxique et/ou
réducteur).
Il existe plusieurs types de bassins :
1. Domaine Continental : Les lacs

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Dans les grands lacs actuels d’Afrique et de Floride se déposent une vase de
matière organique surtout formée de matière algaire (Type I) très semblable
à celle qui s’était déposée à l’Eocène au Colorado pour former les fameux
schistes bitumineux qui représentent la plus grande réserve potentielle
d’hydrocarbures du monde.
2. Le Domaine mixte : Les lagunes
A la limite du domaine marin et continental, les lagunes à eaux saumâtres tel
que le Coorong en Australie (ayant donné une roche appelée Coorongite),
sont des milieux typiques où se sont déposés les fameux charbons
sapropéliques à très fort potentiel pétrolier.
3. Le Domaine marin
Ce sont les marges continentales. Ils comprennent :
- Les Deltas
Ils sont le siège d’une active sédimentation et d’une importante
productivité organique. Les matières nutritives apportées par les
fleuves entraînent la prolifération des organismes aquatiques qui après
leur mort sédimentent et se préservent pour donner des roches riches
en matière organique sédimentaire.
Les alternances de milieux marins peu profonds, marins saumâtre,
marécageux se répètent dans le temps avec un système de canaux
fluviatiles marqués par des dépôts sableux. La juxtaposition des roches
mères de pétrole et des roches réservoirs dans un tel système constitue
un facteur favorable à la constitution d’accumulations
d’hydrocarbures.
Ex. delta du Niger, Delta de la Mahakam en Indonésie.
- Les Bassins semi-fermés
Certains bassins marginaux sont particulièrement séparés du domaine
marin par un seuil (une barrière physique) limitant les échanges avec la
mer ouverte. Exemple la Mer Noire, la Méditerranée, la mer Baltique

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et certaines parties des Fjords de Norvège. Ces bassins sont
généralement particulièrement favorables à la production et à la
préservation de la matière organique et donc à la constitution des
roches mères de pétrole.
- Les bassins fermés : Les golfes
Lorsqu’il n’existe pas de communication avec le domaine marin ou
d’une manière générale lorsque l’alimentation du bassin est déficitaire
par rapport à l’évaporation, il se forme des dépôts évaporitiques :
carbonates (calcaires, dolomies), sulfates (anhydrite et gypse) et les
chlorures (halite, sylvinite). Les accumulations du pétrole sont souvent
liées à ce type de dépôt. Le golfe de Kara-Bogaz sur la mer Caspienne
fournit un exemple actuel de fonctionnement des ces systèmes
sédimentaires.
- Les milieux récifaux
Ce sont des zones où l’activité biologique est à l’origine des
constructions sédimentaires carbonatées capables de résister aux
vagues. La structure topographique des fonds ainsi créés est telle que
divers types de dépôts carbonatés et organiques se différencient entre
la pleine mer et la côte.
Les milieux les plus favorables à la conservation de la matière
organique et donc à la formation des roches mères de pétrole sont
situés dans les lagunes à l’arrière récif (lagon). Quant à l’huile formée
après enfouissement, elle vient imprégner les niveaux poreux de la
barrière récifale où on la trouve accumulée à notre époque.
- Le talus continental
En différentes régions du monde, une grande quantité de matière
organique s’accumule dans les sédiments actuels (côte occidentale de
l’Afrique, Golfe de Guinée, Côte de Californie, Côtes du Pérou-Chili.
Dans ces zones, Les courants up-wellings, chargés en nutriments (N,P)

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remontant des profondeurs sous marines, entraînent un développement
considérable de la biomasse au niveau du plateau continental et le
dépôt de sédiments riches en matières organiques, et donc de futures
roches mères de pétrole.

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21 BELAYOUNI – OGIM 2009
F. MIGRATION DU PETROLE

Il est très rare qu’une roche mère renferme en même temps des accumulations
exploitables d’hydrocarbures : dans la plupart des cas, les accumulations se
rencontrent dans des réservoirs dont les caractéristiques sont incompatibles avec
celles d’une roche mère. Le plus souvent, les réservoirs sont représentés par des
sables, grès ou des carbonates fracturés, s’étant déposés dans des
environnements à haute énergie et par conséquent, peu ou pas favorables à la
conservation de la matière organique.

Pour ces raisons, l’expulsion des hydrocarbures hors de leurs roches mères
(migration primaire) et leur déplacement sur des distances plus ou moins
importantes vers leurs réservoirs actuels (migration secondaire), sont donc une
certitude.

MIGRATION PRIMAIRE: EXPULSION A PARTIR DE LA ROCHE MERE

Le mécanisme de l’expulsion et du drainage des hydrocarbures générés à partir


des roches mères, est toujours un sujet de débat et de recherche. Un processus

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stipule que c’est la surpression induite par la conversion du kérogène (solide) en
huile et gaz (fluides) entraînant une microfracturation de la roche mère qui aide
à l’expulsion de la phase fluide.

Une autre hypothèse dite La théorie de la porosité de saturation (porosity


saturation theory). Ce concept stipule que dans les roches immatures
(diagenèse), l’eau est expulsée au fur et à mesure de l’augmentation de
l’enfouissement. Au début de la catagénèse (early catagenesis), la matière
organique commence à maturer et donc à générer des huiles. Les huiles générées
remplissent progressivement les espaces poreux créés par la destruction du
kérogène. Au début, l’huile apparaîtra dans des pores isolés, et puis au fur et
mesure de la génération, l’huile envahira tout l’espace poral, et engendrera une
pression qui dépassera la pression capillaire et de ce fait commence à être
expulsée hors de la roche mère.
Le mécanisme d’expulsion en fait, peut être du à l’écoulement de l’huile soit à
travers le réseau d’huile ou de kérogène ou à la surpression et à la
microfracturation résultant de la génération.
Si la roche mère est pauvre en matière organique (TOC>0.5%), ou de Type III, il
n’y aura pas assez d’huile générée pour remplir tout l’espace poral créé, et
former un réseau continu. Avec l’augmentation de l’enfouissement, l’huile
piégée peut alors craquer en gaz et à ce point, créer une surpression suffisante
pour induire la microfracturation et donc l’expulsion.

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Etape 1 de l'évolution du kérogène,
au début de la pyrolyse : chaque Etape 2 de l'évolution du kérogène,
petit filet de kérogène produit de en cours de pyrolyse : chaque petit
l'eau qui est parfois expulsée sous filet de kérogène commence à
l'effet de la pression des couches produire des hydrocarbures
situées au-dessus du sédiment

Etape 3 : de l'évolution du kérogène : chaque petit


filet de kérogène a produit à peu près tous les
hydrocarbures qu'il pouvait produire (il ne reste
quasiment plus d'hydrogène dans le sédiment).
Sous la pression du gaz, "la migration primaire"
commence.

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Migration Secondaire
La migration secondaire est le mouvement des hydrocarbures à travers les pores
et/ou les fractures en sub-surface. Alors que la migration primaire est le
mouvement des huiles et des gaz sur une courte distance à travers une roche
mère très peu poreuse et imperméable (ex.shales), la migration secondaire est le
mouvement des hydrocarbures qui s’effectue sur des distances relativement
longues, à travers une roche au contraire, poreuse et perméable (grains
grossiers, fractures). Plusieurs processus et mécanisme sont invoqués pour
rendre compte de la manière dont cette migration secondaire s’accomplit.

Pour l’explorateur géochimiste, la migration secondaire est perçue comme un


processus qui est contrôlé par la topologie et la perméabilité de la roche-drain
ainsi que par l’extension latérale et la disponibilité des conduits (et des barrières)

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25 BELAYOUNI – OGIM 2009
comme la diagenèse, failles, structures salifères. Le mécanisme en vigueur ici,
est que les hydrocarbures, étant plus légers (moins denses) que l’eau, leur forte
flottabilité (poussée d’Archimède), va les forcer à se mouvoir vers le haut, le
long des chemins les plus perméables et à travers un espace poral saturé en eau
ou à travers des fractures.
Les anomalies dans les gradients de pressions ainsi que les écoulements latéraux
d’eau souterraine, ou le changement de perméabilité, auront pour conséquence
de les dévier de leur chemin. Afin d’établir un chemin de migration réaliste pour
les hydrocarbures, les résultats géochimiques doivent être revus en fonction de
l’évolution structurale, sédimentologique, et tectonique de la zone concernée.

L’estimation des quantités d’hydrocarbures migrés et mis en réservoir peut être


conduite en appliquant les formules suivantes :

Petroleum Generated = Original organic richness x Initial potential (initial


GOP) x percent converted (TR)

Petroleum Expelled = Petroleum generated x expulsion efficiency

Petroleum in Place = petroleum expelled x migration efficiency

Petroleum Reserves = petroleum in place x recovery factor.

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G. ROCHES RESERVOIRS
Réservoir : c'est le terme que les pétroliers, utilisent pour décrire le lieu où du
pétrole et du gaz se concentrent. Ces roches constituent l’objectif principal de la
recherche pétrolière puisqu’elles sont le siège des accumulations
d’hydrocarbures. Les roches réservoirs sont les plus étudiées et donc les mieux
connues des systèmes pétroliers.
Toute roche comportant des vides reliés entre eux, donc capable de contenir et
de laisser circuler un fluide (gaz, pétrole, eau) est un réservoir potentiel.
1. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DES ROCHES
RESERVOIRS
La notion de réservoir exprime une qualité propre à la roche dans laquelle
interviennent deux paramètres : la Porosité et la Perméabilité
a. POROSITE
Les vides de la roche entre les grains minéraux sont en fait toujours
occupés, dans les conditions du sous-sol par un fluide : hydrocarbures
liquides ou gazeux, eau douce ou eau salée. C’est l’espace poreux de la
roche. La propriété correspondante est la POROSITE qui conditionne le
volume du fluide en place ; elle est exprimée en % du volume total de la
roche.
La porosité utile ,qui rend compte des possibilités de drainage de la roche, correspond
aux seuls vides reliés entre eux (par opposition à porosité totale). Pour les roches
réservoirs, nous avons défini l’échelle suivante :
Porosité Appréciati
% on
0–5% négligeabl
e
5 – 10 % faible
10 – 15 moyenne
%
15 – 20 bonne

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%
20 – 25 Très
% bonne

b. PERMEABILITE

La perméabilité est une caractéristique physique qui représente la facilité qu’a


un matériau à permettre le transfert de fluide au travers d’un réseau connecté.
C’est l’aptitude d’une roche à laisser circuler les fluides

La perméabilité d'un milieu poreux correspond à son aptitude à se laisser


traverser par un fluide (liquide ou gaz) sous l'effet d'un gradient de pression. Les
pétroliers mesurent la perméabilité en darcys. Un darcy correspond à la
perméabilité d'un corps assimilé à un milieu continu et isotrope au travers
duquel un fluide homogène de viscosité égale à celle de l'eau à 20°C (une
centipoise) s'y déplace à la vitesse de 1 cm/s sous l'influence d'un gradient de
pression de 1 atm/cm. 1 Darcy = 0,97.10-12 m2.

La loi de Darcy (Henry Darcy, 1856) s’exprime par :

Avec Q le débit, S la section de l’éprouvette qui pour une éprouvette cylindrique


est PR2 avec R le rayon de l’éprouvette, k la perméabilité, h la viscosité
dynamique du fluide et ∆P/∆x, le gradient de pression.

La perméabilité k est donc :

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28 BELAYOUNI – OGIM 2009
La perméabilité k s'exprime en m2. Lorsque les unité suivantes sont utilisées : Q
en cm.s-1, S en cm2, ∆P/∆x en atm.cm-1 et h en poises, la perméabilité k
s’exprime également en Darcy. Ainsi, 1 Darcy = 0,97. 10 -12 m2. Le darcy est
couramment utilisé par les hydrogéologues et par les pétroliers Le m2 est plutôt
utilisé par les physiciens des matériaux.

On distingue la perméabilité horizontale : parallèle au litage et la perméabilité


verticale : perpendiculaire au litage.

La perméabilité verticale est toujours plus faible que la perméabilité horizontale.

Dans les gisements, on observe de grandes variations de ce paramètre. 5 à 1000


millidarcys selon le degré de cimentation des grains et selon le degré de
fissuration. En général, un terrain très poreux est perméable.

Porosité et Perméabilité sont liées à la nature et/ou au calibre des constituants de


la roche mais également aux phénomènes secondaires qui l’ont modifiée :
cimentation, dissolution, fissuration, recristallisation. Il existe 2 méthodes pour
mesurer ces paramètres soit au laboratoire (directement), soit par diagraphies
dans les sondages (indirectement).

Pour les roches réservoirs, nous avons défini l’échelle suivante :

Perméabil Appréciati
ité on
millidarcy
< 10 - faible
1,0 - 10 moyenne
10 - 100 bonne
100 - Très
1000 bonne

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29 BELAYOUNI – OGIM 2009
2. DIFFERENTES CATEGORIES DES ROCHES
RESERVOIRS
Il existe deux types principaux de roches réservoirs :
- Les roches détritiques : sable, grès : ils constituent la majeure partie
des roches réservoirs connues et la plupart des réserves mondiales
d’huiles.
- Les roches carbonatées : calcaire et dolomies qui représentent le
tiers des champs connus et environ 40% des réserves mondiales de
pétrole. C’est le cas de nombreux champs du Moyen Orient.
- Les autres types de réservoirs : cap-rock des dômes de sel, silexite,
roches volcaniques, roches métamorphiques.
a. LES ROCHES DETRITIQUES
Elles sont formées des débris de roche érodés, transportés à l’état plus ou
moins divisé sur des distances variables, sédimentés et plus ou moins
cimentés après enfouissement. La consolidation et la juxtaposition de ces
débris par tassement laisse subsister plus ou moins de porosité. Plusieurs
facteurs interviennent sur la caractéristique du réservoir, ils sont : la taille,
le classement et la forme du grain, la cimentation et le tassement.
- La taille des grains :
La porosité est d’autant plus élevée que le sable est fin (2500 m²/m 3 de
roche pour des grains de 1,6 mm de diamètre et 83000 m²/m 3 de roche
pour des grains de 0,05 mm de diamètre. la perméabilité par contre est
d’autant plus forte que les grains sont plus gros.
- Le classement des grains
Ce caractère est très important. Les sables à classement uniforme (on dit
bien classés), ont la meilleure porosité et la perméabilité est fonction du
diamètre moyen des grains.

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30 BELAYOUNI – OGIM 2009
- La forme des grains
L’arrondi des grains joue un rôle appréciable dans les caractéristiques
physiques des sables. La porosité est d’autant plus élevée que les grains
sont plus anguleux.
- Le Ciment des grès
Une roche sableuse où les grains de sables sont cimentés, s’appelle un
Grès. Les ciments peuvent être siliceux, carbonatés ou argileux. Tous les
ciments contribuent à diminuer, voire annuler à la fois la porosité et la
perméabilité.
- Le Tassement
Les sables atteignent dès leur dépôt leur arrangement le plus compact de
sorte qu’au contraire des argiles, ils demeurent sensiblement
incompressibles au cours de l’enfouissement.

b. LES ROCHES CARBONATEES.


Qu’elles soient des calcaires, dolomies ou calcaires dolomitiques, ces
roches réservoirs comportent de grandes variétés de types différents selon
que la roche est issue :
- D’une précipitation chimique qui donne
une roche à grain très fin ou une structure oolithique
- D’une précipitation biochimique :
calcaire construit par l’action métabolique de certains
organismes dits constructeurs.
- D’une destruction mécanique des
édifices calcaires préexistants : récifs calcaires,
coquilles diverses donnant naissance à des amas de
débris de taille variable plus ou moins dissous, plus ou
moins cimentés

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31 BELAYOUNI – OGIM 2009
- D’une altération physico-chimique des
formations calcaires préexistantes ou en cours de
sédimentation : dissolution, minéralisation et
diagenèse par l’apport de magnésium (dolomitisation)
ou de silice (silicification).
Il résulte de ces phénomènes génétiques et diagénétiques que la plupart
des roches carbonatées sont capables de jouer le rôle de réservoir pour les
hydrocarbures au titre de la porosité et de la perméabilité primaire aussi
bien que secondaire.
Les porosités primaires les plus fortes apparaissent dans les calcaires à
débris de coquilles, les calcaires oolithiques, les calcaires construits à
polypiers et à algues.
Les porosités et perméabilité secondaires les plus fortes dues à des
dissolutions, à la dolomitisation ou à des fractures, font souvent des
roches

RESERVOIR EVALUATION
1. Presence

1.1. Lithology
1.2. Distribution and Continuity
1.3. Depositional Model
2. Quality (Capacity for stabilised flow)
2.1. Lateral continuity and extension
2.2. Thickness and vertical cyclicity
2.3. Heterogeneity
2.4. Porosity ranges and types
2.5. Permeability ranges and types
2.6. Fracture potential and preservation :
2.7. Diagenetic characteristics :

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H. LES ROCHES COUVERTURES : SEAL

L’espace poreux du réservoir doit nécessairement être clos vers l’amont pour
permettre l’accumulation des hydrocarbures. Il faut donc une couche
imperméable pour coiffer la roche réservoir et retenir les hydrocarbures.
Une bonne couverture devra en outre résister à la fracturation, dont être
plastique.
Deux catégories principales :
1. LES COUCHES ARGILEUSES
Les couches argileuses constituent d’excellentes couvertures du fait de leur
imperméabilité. Cela est du au fait que les argiles sont constituées de
structures en feuillets ayant un arrangement compact laissant très peu de
vides entre les minéraux (pores de très petite taille).
Dans le cas de roches réservoirs constituées de sables lenticulaires, les argiles
constituent à la fois la roche mère et la roche couverture.
Une certaine proportion d’argile suffit à assurer l’étanchéité (calcaire
argileux).
2. LES EVAPORITES
Les roches issues de l’évaporation des eaux de mer ( sels, gypse et anhydrite)
sont d’excellentes couvertures très étanches et plastiques.

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I. LES STRUCTURES PIEGES : TRAP
Toutes les fois qu’un réservoir affecte la forme d’un volume fermé par le haut
par une quelconque barrière de perméabilité, on est en présence d’un Piège ou
Trap., c'est-à-dire d’un gisement potentiel d’hydrocarbures.

1. LA FERMETURE D’UN PIEGE


C’est un paramètre de base que l’on peut mesurer et qui intervient
directement dans l’évaluation du volume des hydrocarbures en place dans un
gisement.
- La Fermeture Structurale est la dénivelée comprise entre le sommet
du piège et sa base (courbe de niveau, fermée autour de celui-ci).
- La Fermeture Pratique est inférieure ou égale à la précédente, elle
représente la hauteur de la zone imprégnée d’huile et/ou de gaz.

Gisement Fermetur Surface Réserves en


e fermée bbls
Burgan (Koweit) 400 m 1165 km² 66 milliards
Hassi Messaoud 300 m 1300 km² 35 milliards
(Algérie)

Les pièges comportant plusieurs couches imprégnées de gaz ou d’huile sont des
Champs (Field) par opposition au Gisements qui n’en comportent qu’une.
Les pièges répertoriés, résultent soit de la tectonique (pièges structuraux) soit du
mode et de la nature des dépôts des roches réservoirs (pièges stratigraphiques.
Les premiers sont les plus importants.

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34 BELAYOUNI – OGIM 2009
2. LES PIEGES STRUCTURAUX
Ils sont formés par un pli anticlinal, par une ou plusieurs failles, ou la
combinaison de deux sortes d’accidents structuraux, et par la tectonique salifère.
a. LES ANTICLINAUX
Ce sont des plis allongés, ou très courts (dôme) et convexes vers le haut. La
structure anticlinale est le piège idéal pour les hydrocarbures. Leur forme et leur
dimension dépendent du style tectonique régional. Ils résultent de phénomènes
orogéniques ou liés à l’Halocinèse (montée de dômes de sel). Exemples les
gisements de Hassi Messaoud, les gisements d’Irak et d’Iran.
b. LES FAILLES
Une faille peut déterminer la formation d’un gisement en fermant par son rejet,
une couche réservoir par un terrain imperméable. Le rejet doit être supérieur à
l’épaisseur du réservoir.
Les pièges par failles sont liés à des failles normales ou inverses.
- Les failles normales se traduisent par un éloignement
latéral des strates. Les accumulations se trouvent souvent
dans le compartiment haut mais aussi dans les
compartiments abaissés.
- Les failles inverses marquent une tectonique tangentielle,
les pièges qui leurs sont associés, sont souvent complexes.
Les accumulations liées au compartiment élevé se situent
en général dans un replis de la couche faisant figure
d’anticlinal faillé. Mais il existe aussi des accumulations
dans le compartiment abaissé.
c. LES STRUCTURES INTRUSIVES
Les intrusions susceptibles de produire des pièges concernent les roches
plastiques à basse température, telles que les argiles et surtout le sel.

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La tectonique salifère ou halocinèse est très particulière : le sel s’y comporte
comme une substance plastique de faible densité (d=2,2), subissant en
profondeur sous l’effet de la température et de la pression, d’importantes
déformations conduisant à son éjection dans les séries sus-jacentes. Cette
migration entraîne un retrait du sel sur le pourtour de l’anomalie provoquant un
épaississement périphérique des couches sus-jacentes qui peut atteindre
plusieurs milliers de mètres. L’accroissement de la pression qui en résulte, dès
que l’épaisseur des sédiments est de 600 m, favorise la montée de sel qui
traverse à l’emporte pièce les terrains sus-jacents. La forme en dôme du
DIAPIRS évolue alors en « champignon » ou en « doigt de gant ».
La naissance de ces intrusions jouent un rôle important dans le piégeage des
hydrocarbures. D’une part, les variations des structures sédimentaires au
voisinage des structures salifères ascendantes sont souvent à l’origine des roches
réservoir (corps sableux en particulier), d’autre part, au stade perçant, les dômes
de sel provoquent un système de failles très complexes favorisant la migration.
Au stade final de l’ascension, se forme le « cap rock » qui coiffe certains dômes
de sel formé surtout de gypse, d’anhydrite, de calcaire, de dolomie, résidus
insolubles de la masse saline, qui peut constituer un réservoir.
Les pièges de super-cap se placent dans les couches réservoirs sus-jacentes,
déformées par la tectonique salifère. Exemple les gisements gabonais.
Par ailleurs la croissance des dômes étant en général synsédimentaire, la
variation des épaisseurs et des faciès des sédiments déposés dans les synclinaux
périphériques, entraîne le développement de corps poreux biseautés, relevés sur
les flancs de la structure que l’on doit considérer comme des pièges
stratigraphiques.
Exemples de régions classiques où est observée la tectonique salifère :
- Le Gulf Coast avec des diapirs de plusieurs milliers de
mètres de haut et d’un sel d’âge Jurassique.
- Le bassin côtier du Gabon

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Les gisements de ce type, se caractérisent par une grande variété de pièges, une
production importante, des pressions élevées et huiles généralement lourdes.

3. LES PIEGES STRATIGRAPHIQUES


Lorsque la fermeture permettant une accumulation d’hydrocarbures n’est pas
due à une déformation de la couche réservoir mais à une barrière de perméabilité
d’origine lithologique, le piège est dit Stratigraphique.
On distingue :
a. Les Pièges Stratigraphiques Primaires
Ils sont liés à la nature pétrographique du réservoir. Un corps poreux et
perméable individualisé au sein d’une formation imperméable. Deux types
principaux :
- Les pièges primaires détritiques ou corps sableux
Ces pièges sont constitués par des éléments plus ou moins grossiers et cimentés.
Les lentilles de sables ou de grès immergées dans une formation argileuse,
peuvent affecter des dimensions et des formes variables. Elles correspondent à
des sables éoliens ou à des bancs de sable de plage ou de barres littorales, à des
dépôts profonds dus à des courants de turbidité ou encore à des dépôts formés au
voisinage de reliefs sous-marins. Les formations lenticulaires apparaissent
souvent sur le plateau continental non loin des sources d’apport terrigène.
- Les pièges primaires carbonatés ou formations récifales
Ils sont différents des précédents non seulement par la nature pétrographique des
réservoirs mais surtout par leur processus de formation. Il s’agit ici de
formations construites : constructions récifales (récifs barrière, récifs frangeants,
les atolls).
Dans un complexe récifal fossile on distingue successivement en partant de la
haute mer :
i. Les sédiments marins normaux (argiles plus ou

moins calcaires, sables fins)

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ii. L’Avant récif ou (Fore Reef,) formé de calcaire
clastique à débris plus ou moins grossiers
iii. Le Récif proprement dit (Reef) avec des coraux en
place édifiant le « Mur Récifal ». On n’y distingue
pas de stratifications et le contact est abrupte avec
les formation de l’Avant récif
iv. L’Arrière récif (Back Reef) correspondant aux
sédiments du lagon (calcaire fin oolithique,
évaporites) régulièrement stratifiés et comportant
des épisodes de dépôts terrigènes (sables fins,
argiles, lignites).
Les Pièges récifaux constituent des Prospects de choix. Leur formation en eaux
peu profondes fait qu’ils sont placés en position structurale haute par rapport aux
sédiments contemporains. Les hydrocarbures formés dans les faciès roches
mères associés au lagon, sont aisément drainés dans ces pièges en relief par
rapport à leur entourage. Les sédiments postérieurs viennent alors se mouler sur
cette protubérance assurant sa couverture et pouvant même donner naissance à
des pièges d’origine anticlinale.
Exemples : Récifs du Texas et du Nouveau Mexique. En Moyen Orient : Irak,
Iran, Turquie), URSS, En Afrique : Egypte, Libye.
b. Les Pièges Stratigraphiques Secondaires.
Ne sont pas contemporains de la sédimentation mais post-sédimentaires, telles
que des Transgression et des Discordances.
- Pièges de discordance (biseaux): Exemple :
east Texas, Bassin de Maracaibo vénézuela

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41 BELAYOUNI – OGIM 2009
J. TRAP EVALUATION
1. Trap definition
1.1. Number ad location of seismic lines
1.2. Quality (resolution) of seismic data
1.3. Reliability (velocity complication, misties)
1.4. Lateral velocity gradients
1.5. Integration of Gravity, Magnetic, Seismic and Well log Information
2. Trap Characteristics
2.1. Type of trap
2.2. Amount of four way closure
2.3. Amount and type of closure
2.4. Compartmentalisation by faulting
2.5. Alternate non-closing interpretation
Seal
3.1 Top Seal
 Lithology and ductility
 Thickness
 Continuity
 Curvature over trap
 Degree of fracturing or faulting
3.2 Fault seal :
3.3 Fault type
 Amount of throw
 Time(s) of movement
 Depth and Pressure
 Lithology juxtaposed
 Dip of beds across fault
 Potential of sealing gouge
3.4 Stratigraphic seal :
3.5 Bottom or lateral
3.6 Other seals :

 TIMING AND MIGRATION EVALUATION

1. Timing
1.1. Timing of reservoir, seal and trap development relative :
to that of HC generation and migration (see the Timing Risk Chart ).
1.2. Maturation model (burial history) Paleogeothermal regime :
1.3. Thermal gradient (BHT, Heat flow, lithology) :
2. Migration Pathways
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2.1. Position of trap with respect to kitchen :
2.2. Amount of source rock in the oil window within fetch area :
2.3. Migration style (vertical or lateral) :
2.4. Migration distance required (vertical & lateral ) :
2.5. Migration conduits and barriers/migration style :
2.6. Connection of pathways to reservoir :
3. Preservation/Segregation
3.1. Post entrapment tectonism or faulting :
3.2. Displacement of oil by water or gas :
3.3. Biodegradation :
3.4. Thermal cracking :
3.5. Preferential migration of gas :

K. THE TIMING RISK CHART

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