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UK price £ 1,50

UK price £ 1,50 « Le Monde Education » a Apprend-on à être français à l’école
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« Le Monde Education »

a Apprend-on à être français à l’école ? a Entretien : Jean- François Copé (UMP)

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? a Entretien : Jean- François Copé (UMP) Supplément Marseille Une bonne idée de cadeau «

Marseille

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» : 25 % de réduction sur toutes les offres du « Monde » Mercredi 16

Mercredi 16 décembre 2009 - 65 e année - N˚20184 - 1,40 ¤ -

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www.lemonde.fr -

Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur: Eric Fottorino

- Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur: Eric Fottorino Desmédecinsmobiliséscontre laréformedel’hôpital public

Desmédecinsmobiliséscontre laréformedel’hôpital public

t

Un millier d’emplois devraient être supprimés en 2010 à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP)

t

Près de 900 médecins menacent de démissionner de leurs fonctions administratives

D éjà confronté à une grogne des

médecins généralistes qui criti-

quent sa gestion de la grippe

A(H1N1), le gouvernement doit fait face à un autre foyer de tensions dans le domai- ne de la santé : la puissante Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Les 90 000 salariés qui travaillent dans les 37 hôpitaux publics de Paris et de la petite couronne s’inquiètent de la sup- pression envisagée d’un millier d’emplois en 2010. Mardi 15 décembre, une assem- blée générale devait réunir les personnels médicaux. Près de 900 professionnels,

PERSONNEL DE L’AP-HP Total : 89 859 postes Personnel non médical 69 198 Personnel médical
PERSONNEL DE L’AP-HP
Total : 89 859 postes
Personnel
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Personnel
médical
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dont
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infirmiers
internes et résidents
SOURCE : ASSISTANCE PUBLIQUE-HÔPITAUX DE PARIS
résidents SOURCE : ASSISTANCE PUBLIQUE-HÔPITAUX DE PARIS Pékinnecessed’accroître soninfluenceenAsiecentrale t Un

Pékinnecessed’accroître

soninfluenceenAsiecentrale

t Un nouveau gazoduc relie le Turkménistan à la Chine

Shanghaï

Correspondant

S oucieuse de diversifier ses approvi-

sionnements en énergie et de renfor-

cer son influence en Asie centrale, la

Chinea franchi une étape symboliqueavec l’inauguration, lundi 14 décembre, d’un gazoduc de 1833 kilomètres , qui achemine le gaz turkmène via l’Ouzbékistan et le Kazakhstan jusqu’au Xinjiang, dans l’ouest de la Chine. Là, il sera connecté au réseau chinois, puis rejoindra Shanghaï, à plus 4000 kilomètres à l’est.

Commencéeenjuillet2008,laconstruc-

tion éclair de ce gazoduc trans-Asie centra- le, le premier à ouvrir pour le Turkménis- tan un débouché autre que la Russie, vient couronner une stratégie d’engagement

économique chinois dans la région, qu’a sans doute accélérée la crise économique. Déjà très présente au Kazakhstan, la Chinedistribue des prêtsauxpays touchés par l’effondrement du cours des matières premières, en échange de projets d’exploi- tation énergétique ou d’infrastructures. Brice Pedroletti

a Lire la suite page6

dont plusieurs dizaines de professeurs, menacent de démissionner de leurs fonc- tions administratives. Pour le professeur Albert Bensman (hôpital Armand-Trous- seau) qui est déjà passé à l’acte : « En gar- dant mes fonctions administratives, j’aurais eu l’impression d’être complice d’un énorme gâchis. » Le mouvement semble dépasser le cer-

cle habituel des opposants aux projets de restructuration. Des médecins qui, jus-

qu’ici, ont soutenu les réductions d’effec- tifs, les jugent cette fois inappropriées voi- re dangereuses pour le service public.

Le corps médical n’est pas seul à se mobiliser. Vendredi 18 décembre, les syn- dicatsde l’ensemble des personnels appel- lent à un rassemblement pour protester contre le projet de la direction de l’AP-HP les concernant. Dans le cadre des économies deman- dées à l’ensemble du secteur de la santé, l’AP-HP doit se réorganiser. Les 37 hôpi- taux existants vont se transformer en 11 groupes hospitaliers, en principe d’ici 2011, une source d’économies mais aussi de mutations et de tensions. p

Lire page 12

mais aussi de mutations et de tensions. p Lire page 12 L’essorde Boursesparallèles inquiètelesautorités t Le

L’essorde Boursesparallèles inquiètelesautorités

t Le tiers des transactions transite par ces marchés

A u moment même où les pouvoirs

publics prônent, partout dans le

monde, une régulation plus sévère

de la finance mondiale, les « dark pools », des marchés spécialisés dans l’échange confidentiel d’actions, à côté des séances officielles de Bourse, se multiplient. Ces « Bourses de l’ombre » sont des pla- tes-formes électroniques de transactions détenues et gérées par des banques et les professionnels des marchés. Elles permet- tent aux investisseurs d’échanger des actions de façon anonyme. Ces marchés nereprésenteraient pour lemoment enco-

re que moins de 10 % des volumes globaux en Europe. Mais «la progression des dark pools peut être dangereuse au regard des objectifsdela régulation,etnotamment de l’efficience des marchés », s’inquiète Jean- Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ces Bourses font notamment redouter des manipula- tions de cours : par exemple, un investis- seurpourra vendredes actionssur un mar- ché transparent afin de faire baisser le cours avant de les racheter sur une « dark pool », à bon prix. p

Lire page15

Copenhague Laquestion décisive des forêtstropicales

Copenhague Laquestion décisive des forêtstropicales Charles d’Angleterre T E Z I A N A F A

Charles d’Angleterre TEZIANA FABI/AFP

E lles retiennent d’énormes quantités de carbone. » Cette raison, ajoutée à toutes celles qu’il détaille dans un

point de vue confié au Monde, incite Char- les d’Angleterre, prince de Galles, à renou- veler solennellement son appel à la lutte contre la déforestation. Chaque année, «près de six millions d’hectares » de forêt vierge tropicale «partent en rondins et en fumée », souligne l’héritier de la Couronne britannique. Les émissions massives de gaz à effet de serre qui s’ensuivent « repré- sentent environ un cinquième du total des émissions de la planète ». Cesser les des- tructions massives, accepter de payer «les services rendus au public par les forêts tro- picales » : deux des moyens de «montrer tout ce dont nous sommes capables », en faveur des générations futures. p

Lire Débats page 22

t

Négociation Nord contre Sud. P. 4

t

Activistes Le combat pacifique

des cyclistes du « Bike Block ». P. 4

t Réfugiés Entretien avec Antonio

Guterres (HCR). P. 5

Entretien avec Antonio Guterres (HCR). P . 5 Leregard de Plantu Demaindans 0123 «Le Monde

Leregard de Plantu

avec Antonio Guterres (HCR). P . 5 Leregard de Plantu Demaindans 0123 «Le Monde Associations» La

Demaindans 0123

«Le Monde Associations»

La bataille des loisirs; quand Bruxelles redistribue les cartes

Boxe Le poids lourd Jean-Marc Mormeck s’apprête à remonter sur le ring. Portrait

Mormeck s’apprête à remonter sur le ring. Portrait TonyBlair rattrapépar laguerred’Irak Confession

TonyBlair

rattrapépar

laguerred’Irak

Confession L’interview dans laquelle l’ancien premier ministre britannique a déclaré que l’invasion de 2003 était justifiée, même en l’absence d’armes de destruction massive, déclenche une tempête. P.8 et l’éditorial P.2

AuYémen,

desfeuxmal

éteints

Reportage Près de dix ans après la réunification, la fracture entre le Sud et le Nord du pays le plus pauvre de la péninsule Arabique reste profonde. Une fièvre sécessionniste monte dans la capitale, Aden, et dans les provinces du Sud. P. 19

dans la capitale, Aden, et dans les provinces du Sud. P. 19 « UN OUBLIÉ DE
« UN OUBLIÉ DE CETTE RENTRÉE À DÉCOUVRIR ( ) UNE LECTURE JUBILATOIRE. » PHILIPPE
« UN OUBLIÉ DE CETTE RENTRÉE À DÉCOUVRIR ( )
UNE LECTURE JUBILATOIRE. »
PHILIPPE KIEFFER -
www.carnetsnord.fr

Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane 2,00 ¤, Autriche 2,40 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 500 F CFA, Canada 4,25 $, Côte d’Ivoire 1 500 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 25 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 500 F CFA, Grande-Bretagne 1,50 £, Grèce 2,20 ¤, Hongrie 700 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,20 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Malte 2,50 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 25 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 2,00 ¤, Sénégal 1 500 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 30 KRS, Suisse 3,00 CHF, Tunisie 2,00 DT, Turquie 6,00 TL, USA 3,95 $, Afrique CFA autres 1 500 F CFA,

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0123

Mercredi 16 décembre 2009

Editorial

M.Blairetl’Irak

A ccordons un dernier sursis à Tony Blair: il doit témoigner début 2010, pas avant, sur la décision qu’il a prise, en 2003, d’entraîner la Grande-Breta-

gne aux côtés des Etats-Unis dans la guerre d’Irak. L’ancien premier ministre sera enten- du par une commission gouvernementale chargée de faire la lumière sur cet épisode. Il pourra expliciter en détail ce qui l’a amené à «coller » à l’homme qui était alors à la Maison Blanche, George W.Bush. Mais, M.Blair n’a pu tenir sa langue. Il a déjà parlé. Et ses premiers propos sont accablants. Même s’il s’était avéré à l’époque que le dic- tateur irakiennepossédait pasd’armesdedes- truction massive (ADM), a confié M.Blair à la BBC, «j’aurais continué à penser qu’il était juste de le renverser ». Pour comprendre à quel point cette déclaration a stupéfié les Britanni- ques, il faut revenir en arrière. Fin 2002, début 2003, toute la machine de communication du gouvernement Blair est mobilisée sur un seul thème: Saddam Hussein a constitué un terri- fiant arsenal d’ADM – chimique et peut-être mêmenucléaire –qu’ilpourraitmettre à la dis- position d’Al-Qaida. On estmoins de deux ans après les attentats de New York et la menace irakienne est assénée à l’opinion de manière péremptoire. C’est sur cette seule nécessité de démanteler les ADM que la Chambre des com- munes autorise l’entrée en guerre du pays. Or, les services britanniques avaient de sérieux doutes sur la réalité de ces fameuses ADM, qui se révéleront inexistantes.Mais rien n’en sera dit. C’est sur ce qui ressemble à un très gros mensonge que M. Blair entraîne la Grande-Bretagne dans la guerre ; un de ces mensonges qui devrait conduire un homme public à la retraite et à laméditation silencieu- se sur les conséquences de ses actes. En l’espè- ce, une invasion qui, en mars2003, renversa effectivement un effroyable dictateur, mais provoqua une non moins effroyable guerre civile, responsable de la mort de dizaines de milliers d’Irakiens (et de 179 Britanniques). ADM ou non, argumente M.Blair à la BBC, Saddam représentait «une menace pour l’en- semble de la région » . Rien n’est plus faux. L’Irak était alors un pays exsangue, épuisé, neutralisé, sous embargo international. Bag- dad n’avait rien à voir avec Al-Qaida.M.Blair a suivi M.Bush par obséquiosité, adhérant aux fariboles néoconservatrices sur l’exportation par les armes de la démocratie jeffersonienne dans lemonde arabe… Erreur dramatique, his- torique. Et que l’on paye encore: la guerre en Irak s’est faite au détriment de la priorité qu’il eût fallu accorder à l’Afghanistan. p

priorité qu’il eût fallu accorder à l’Afghanistan. p Société éditrice du « Monde » SA Président

Société éditrice du « Monde » SA Président du directoire, directeur de la publication :

Eric Fottorino Vice-président, directeur général : David Guiraud Secrétaire général du directoire : Pierre-Yves Romain Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer Editeur : Michel Sfeir Directeur de la rédaction : Alain Frachon Directeur éditorial : Gérard Courtois Rédacteurs en chef : Michel Kajman, Frédéric Lemaître, Franck Nouchi,Isabelle Talès, Philippe Le Cœur (numérique), Didier Pourquery (Le Monde Magazine) Chef d’édition : Françoise Tovo Directeur artistique : Quintin Leeds ; Veille de l’information : Eric Azan ; Secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président Gilles van Kote, vice-président

Anciens directeurs : Hubert Beuve-Méry (1944-1969), Jacques Fauvet (1969-1982), André Laurens (1982-1985), André Fontaine (1985-1991), Jacques Lesourne (1991-1994), Jean-Marie Colombani (1994-2007)

Le Monde est édité par la Société éditrice du «Monde » SA Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 15 décembre 2000. Capital social : 149 017 497 ¤. Actionnaire principal : Le Monde SA.

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0123 est édité par la Société Editrice du Monde (SA). La reproduction de tout arti-

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de presse n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037
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L’actualitésur Lemonde.fr

- Fax: 01-57-28-39-26 L’actualitésur Lemonde.fr PETER PARKS/AFP Chine: la longuemarcheverte «La

PETER PARKS/AFP

Chine: la longuemarcheverte

«La transformation des colosses industriels chinois dans un sens plus respectueux de l’environnement s’annonce aussi longue et complexe que nécessaire, la Chine étant désormais le premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète », préviennent les auteurs d’un visuel interactif consacré à la modernisation du

secteur industriel chinois. Intitulé «La Longue Marche verte de l’aciérie Shougong » – «la plus polluante de Chine, [qui] a été déplacée à 200 km de Pékin pour les Jeux olympi- ques», ce visuel propose port- folios, entretiens et vidéos.

Taxationdes bonusà laCity:

unecomédie?

«Avant de se lancer dans un élan de solidarité antibonus, la France aurait peut-être pu uti- lement jeter un coup d’œil sur les conditions de la taxation très médiatique des bonus anglais », ironise le blog

«Démystifier la finance».

Soulignant qu’«avec les Britan- niques, il vaut mieux lire ce qu’ils appellent les “fine prints”, à savoir les détails du document », il relève qu’«une disposition assure que les

bonus 2009 qui n’ont pas été payés avant le 9décembre peu- vent simplement attendre le 6avril 2010 ». «Comme il est signalé qu’il s’agit d’une taxa- tion unique, elle ne sera pas renouvelée après le 5avril 2010. Les banquiers de la City ne toucheront leur bonus qu’en avril, au lieu de février- mars comme ils en ont l’habitu- de. Quel drame!!! », poursuit le blog, qui évoque «une mesure aussi spectaculaire que vide:

on croirait à une comédie, s’il n’était évident que les banques britanniques ne se sentent pas concernées, pas plus que les banques françaises ».

Rendez-vous

Débat en direct, mercredi

16décembre, à 15 heures, avec Eloi Laurent, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE): « La croissance est-elle nuisible à l’environnement? »

« La croissance est-elle nuisible à l’environnement? » M.SarkozyetM.Obama,double «rupture»,doubleméprise? N

M.SarkozyetM.Obama,double

«rupture»,doubleméprise?

N icolas Sarkozy et Barack Obama ont en commun d’avoir voulu «rompre » avec la politique étran-

gère de leur prédécesseur, Jacques Chirac et George W. Bush. Chacun d’eux a fait

campagne dans ce sens, M. Sarkozy en

assurant qu’il préférait « serrer la main de Bush plutôt que celle de Poutine », M. Oba-

ma en indiquant qu’il était prêt à «parler aux ennemis » de l’Amérique. Pour mieux apparaître comme le « rénovateur » de la relation avec les Etats-Unis, M. Sarkozy a dramatisé l’état dans lequel M. Chirac l’avait laissée. Tandis que M.Obama décri- vait M. Bush comme incapable de tra- vailler avec des alliés ou de pratiquer le multilatéralisme. En réalité, après la crise provoquée par l’invasionde l’Irak en 2003, M.Chirac avait

Leurmanque d’atomes crochusestredevenu unsujet d’intérêt depuis l’annoncede renforts américainsenAfghanistan

établi une coopération fructueuse avec l’équipe Bush, notamment sur le Liban. Et lors de son second mandat, M. Bush a mul- tiplié les gestes de « réengagement » aux

côtés des Européens, notamment au sujet de l’Iran. M. Sarkozy a travaillé étroite- ment avec M. Bush pendant plus d’un an et demi, avant l’arrivée au pouvoir de M. Obama. Une période jalonnée de grands moments de rapprochement fran-

discours de M. Sarkozy

devant le Congrès, l’envoi de renforts fran- çais en Afghanistan, les préparatifs du retour dans l’OTAN, sans compter les vacances, de l’été 2007, à Wolfeboro. Quand Barack Obama a été élu, on anti- cipait à l’Elysée qu’il rétablirait «la séduc- tion de l’Occident » dans le monde. M. Sarkozy a cherché à capter l’attention decet «ami». Il l’a mis en gardecontre tou- te mollesse à l’égard de l’Iran. Il espérait

co-américain : le

Analyse Natalie Nougayrède Service International
Analyse
Natalie Nougayrède
Service International

un rôle au Proche-Orient. Il rêvait de faire des commémorations du Débarquement en juin une grande mise en scène franco- américaine – ce que la Maison Blanche refusa. M. Sarkozy espérait que M. Obama

serait plus intéressé par l’Europe, en géné- ral, et par la France et son chef d’Etat, en particulier. La «rupture » d’Obama est-elle là où on l’attendait? Le président américain a sem- blé accorder plus d’importance aux gestes d’ouverture en direction des régimes dits « voyous » qu’au renforcement du lien avec les alliés en Europe. Il a paru rechi- gner à assumer un leadership américain ancré sur la défense des valeurs commu- nes, préférant se montrer «à l’écoute » de tous.

Le 24 septembre, devant le Conseil

sécurité de l’ONU, présidé par M. Obama, M.Sarkozy se livrait à une attaque en règle du projet « virtuel » d’un monde sans armes nucléaires défendu par le président américain, tandis qu’un pays comme l’Iranfaittourner «deplusenplusdecentri- fugeuses ». Quoique passée sous silence par la «communication » de l’Elysée, cette sortie a représenté le moment de tension le plus manifeste et public entre les deux présidents. M.Obama est resté de marbre. Quelques jours plus tard, des médias amé- ricainsconservateurss’emparaient del’in- cident pour le critiquer, sur le thème «même les Français le trouvent faible! » Récemment, des responsables améri- cains ont commencé à s’interroger sur la façon d’améliorer la relation biscornue et distanteentre lesdeuxprésidents. Enréali- té, « en dessous du niveau des deux prési- dents », disent des sources françaises et américaines, « tout sepasse bien,les fonda- mentaux sont bons ». A Washington, un

de

membre de l’administration relativise le problème: «Obama est très contrôlé et dis- cipliné. Voyez-vous un seul dirigeant dans le monde dont il semble personnellement proche? » L’année 2009 s’achève sans que Nicolas Sarkozy ait été reçu à la Maison Blanche par Barack Obama, quand des dirigeants

commeGordonBrownetlepremierminis-

treturc,Recep TayyipErdogan, l’ont été. La chancelière Angela Merkel est, par ailleurs,devenue,le3novembre,le deuxiè- medirigeant allemandàprononcerundis- cours devant le Congrès américain, depuis Konrad Adenauer en 1957. Le manque d’atomes crochus entre les deux présidents est redevenu un sujet d’intérêt depuis l’annonce du renfort de troupes américaines enAfghanistan. Paris suivra-t-il? M. Sarkozy réserve sa réponse.

Des sources américaines assez confiantes pensent qu’elle sera positive, d’une façon ou d’une autre, une fois franchie l’étape de

la conférence de Londres, fin janvier, et en

tenant compte des échéances électorales en France. Dans une inhabituelle tribune, publiéepar LeMonde, l’ambassadeuramé- ricain à Paris, Charles Rivkin, vient de ren- dreunhommageappuyéautravaildes sol- dats français. Pour une administration américaine qui se veut avant tout pragmatique et peu émotive dans ses choix d’appuis exté- rieurs, la France continue d’être décrite comme un partenaire utile. Par exemple pour la lutte contre Al-Qaida dans des

régionscommele Sahel,leMaghreb,laCor- ne de l’Afrique. La France, écrivait ce mois-

ci le commentateur Walter Russell Mead,

est «l’Aretha Franklin de la politique inter- nationale: elle veut avant tout qu’on lui manifeste du R-E-S-P-E-C-T ». Des idées sontàl’étudecôté américain, pour amélio- rer l’ambiance. Il serait question de relan- cer le lien transatlantique par un accord- cadre avec l’Europe, avec à la clé, pour M. Sarkozy, un sommet bilatéral en 2010. Pour dissiper les méprises? p

Courriel: nougayrede@lemonde.fr

dissiper les méprises? p Courriel: nougayrede@lemonde.fr Ilya 50ans dans 0123 Lemalaise atlantique IL Y A donc

Ilya 50ans dans 0123

Lemalaise atlantique

IL Y A donc un malaise atlantique. Ce n’est pas la première fois. Tous les quatre ans la politique américaine est frappée d’une attaque de paralysie. La raison en est tou- jours la même: les élections. L’administra- tion républicaine entend se présenter devant l’opinion les mains nettes. Ce qui signifie: a) qu’elle a fait tout ce qui était humainement possible pour maintenir la paix; b) qu’elle a bien géré les deniers du contribuable. La perspective électorale oblige dès maintenant le président à multiplier les initiatives en faveur de la détente et à se

préoccuper plus que jamais de l’équilibre de l’économie de son pays. C’est ce qui explique l’invitation à M.Khrouchtchev. C’est ce qui explique plus encore le sérieux avec lequel les dirigeants améri- cains considèrent les menaces qui pèsent sur le dollar, le budget et la balance des comptes et dont ils n’ont pas, comme leurs collègues européens, l’habitude. La sincérité du président, dans cette affaire, est hors de question. Il croit à la paix et à l’efficacité de gestes pacifiques. En militaire conservateur, il croit aussi aux finances saines et à l’équilibre du com-

merce extérieur. Mais il faut bien reconnaî-

tre que la détente serait la bienvenue. C’est

ce qui explique que la question d’une

diminution sensible des engagements américains outre-mer ait été discutée. Le mouvement est lancé, et M.Herter a averti ses collègues atlantiques qu’il leur fallait faire entrer en ligne de compte la possibilité d’un allégement dès 1961 de la présence militaire américaine en Europe. L’Europe va devoir apprendre à se débrouiller toute seule. p

A. Fontaine

(16décembre 1959.)

débrouiller toute seule. p A. Fontaine (16décembre 1959.) Chronique Avoirchangé lemonde B ranle-con le baba,

Chronique

Avoirchangé

lemonde

B ranle-con le baba, s’exclama le compissaire de molice, il n’y a plus une pinute à mer-

dre! » (Frédéric Dard), courons donc dare-dare sur «Jeunesump. fr» ! Les «jeunesUmp » en ques- tion y produisent le clip dansé, chanté le plus enchanteur de l’heu- re. Avec, en guest-stars, les stars du gouvernement. Bien entendu, la facilité (mais nous n’avons jamais aimé la facilité) serait de débiner cette délicieuse comédie musicale. Pas parce qu’elle périme

Culture

Francis Marmande

en un clin d’œil l’immensité rui- neuse des efforts de télévision, cinéma, musique de masse et petits romans à la gomme dont on nous rebat les oreilles. Pas parce qu’elle les remise au niveau d’an- xiolytiques culturels à la portée des caniches. Non, non : images, montage, ramage, plumage, musique, cas- ting, fric, et « cherry on the cake », le bon monsieur Darcos en Travol- ta, le long clip onéreux des «jeune- sUmp», Changer le monde, vous a une sacrée gueule. Ce petit film chantant, dansant, le plus cla- quant, le plus craquant depuis La Mélodie du bonheur fait un tabac. Les parodies qu’il suscite ne le cèdent en rien à son génie. Quant aux analyses qu’il inspire, elles prouvent que l’intelligence natio- nale l’emporte aisément sur l’in- trouvable identité du même nom. De Toulouse à Tourcoing, de Tournus à Trouville, on se prépare avec fièvre à toutes sortes de réveillons dont le clou sera, à minuit pile, le visionnage réjoui de ce Changer le monde. Rimbaud peut se rhabiller, nous avons chan- gé tout ça. Règle d’or : éviter la moquerie, l’indignation et la sémiologie. La sémiologie ? L’aigre tentation de dénombrer par exem- ple, dans ce clip digne de Dziga Ver- tov et Jean Yanne, fauteuils rou-

Leclipdansé, chanté, leplus enchanteur del’heure. Avec, en guest-stars,les stars dugouvernement

lants et gens de couleur. Vulgaire. Broutilles. Détails. Non, une seule solution: se pro- jeter dans l’avenir. Jusqu’à ce jour, la philosophie de l’époque se résu- mait à ceci: «C’était mieux avant.» Or, tout ce dont on est cer- tain désormais, tient en un apoph- tegme simple : «De toute façon, ce seramieux après.» Se projeter donc, en 2029, à la maison de retraite de Gouyette, telle que la décrivait en 1960 un prémonitoi- re navet paysan, Les Vieux de la vieille (avec Gabin, Fresnay et Noël- Noël). Imaginer simplement sa propre maison de retraite en 2029. C’est demain. C’est tout. Gouyette, 24décembre 2029, 16h 30, l’adjointe à la maire de la commune vient nous distribuer de petits joints de cannabis à la menthe pour nos douleurs. La législation s’est notablement assouplie. Nous, dans les fauteuils, on attend le clou : la projection du vieux film des « jeunesUmp» mil- lésimé 2009. Nous sirotons de la blanquette de Limoux tiède où trempouillent des boudoirs chimouris. Nous jubilons d’avan- ce. Nous en mettons partout. Nous tirons sur le tarpé. Là, démarre le film ancien. Le monde a vraiment changé. Nous sommes heureux. Notre chef de classe demande une deuxième vision. On nous la refu- se. Le monde ne peut pas changer d’un coup. Il faut comprendre. p

Courriel: marmande@lemonde.fr

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Mercredi 16 décembre 2009

Page trois

0123 Mercredi 16 décembre 2009 Page trois

Crééen1999, lemédiateurde l’éducationreçoit 7000demandes d’interventionparan. Lesfamilles revendiquentun«droit auxcours»

Lemédiateuret «lemammouth»

C mardi 15 décembre, jour de

mobilisation dans l’éducation nationale marque aussi le dixième anniversaire du médiateur. Un poste privilé- gié, s’il en est, pour observer

les récriminations des Français sur l’école. Leur école. Entre juillet et octobre, ses boî- tes aux lettres débordent. Un courrier

digne d’un ministre ! Missives ou courriels,

M me la médiatrice de l’éducation nationale

réceptionne à cette époque les plaintes d’une bonne partie des 7 000mécontents qui l’appellent au secours chaque année. Cela fait tout juste dix ans que «le mam-

mouth», selon l’expression de Claude Allè- gre, dispose de son médiateur, et même, depuis cet été, de sa médiatrice. A 59 ans, après avoir enseigné le français, travaillé au Commissariat du plan et dirigé l’Union nationale des allocations familiales (UNAF), Monique Sassier a été nommée à

ce poste en juillet. Ses piles de courrier, comme celles des

quarante-septmédiateursacadémiquesde

son équipe, lui racontent des gens dému- nis face à un arbitraire administratif qui peut défier l’entendement. C’est le cas de cet étudiant de BTS, collé à son examen

pour avoir effectué un stage de quin-

e

Certainesfamilles n’hésitent plusà pousser ledossierjusqu’autribunal administratif

ze semaines, alors que sa formation en

requérait quatorze. « Il s’est retrouvé noté “zéro” pour dépassement de la durée régle-

mentaire », précise le médiateur académi-

que qui s’est saisi de son cas. C’est celui de

ce lycéen qui obtient 15 sur 20 à une épreu-

vedubacetsevoitofficiellementcréditéde

11. Avec sa véritable note, il aurait eu une mention, mais à sa famille qui demande la révision du dossier, l’administration répond: « Je regrette que votre filsait subi ce problème mais en aucun cas la décision du jury ne peut être remise en cause. » Ni même étudiée ? C’est là que le médiateur intervient, et, dans les trois quarts des cas, arrive à une solution. Un quart des récriminations d’usagers portent sur les concours et les diplômes. Le médiateur n’est pas un magicien qui distri- buerait les points manquants, mais il éclai- re des décisions. A l’élève qui demande le réexamen de son dossier parce qu’il a échouéaubacavec unemoyennede9,9sur 20, il explique le «mystérieux» concept de «jury souverain» avant de faire vérifier les notes. Tendance nouvelle, les adolescents saisissent eux-mêmes la médiatrice ou le médiateur de leur académie. Depuis juillet, Monique Sassier a déjà reçu plusieurs dizaines de lettres de jeunes

a déjà reçu plusieurs dizaines de lettres de jeunes Monique Sassier a été nommée médiatrice de

Monique Sassier a été nommée médiatrice de l’éducation nationale en juillet. STÉPHANE REMAEL POUR « LE MONDE »

«à propos d’examens.Du bac, surtout,mais des BTS aussi. C’est la preuve de l’importan- ce qu’ils accordent au diplôme ». Comme leursparents. Cesdernierssontencoreplus prolixes sur le sujet. Comme sur les redou- blements ou les procédures d’orientation.

«Deuxdécisionsdemoinsenmoinssuppor-

tées », rappelle celle qui, en 2006, a publié un travail sur la réussite des jeunes. «Nous ne revenons pas sur les décisions mais véri- fions qu’il ne s’agit pas d’une sanction disci- plinaire déguisée. Quant au choix des filiè- res, les ministres successifs ont tellement scandé que l’orientation ne devait plus être subie, que les parents ont intégré cette idée

et voudraient bien être entendus.»

Lesfamillesintègrentlediscoursdel’ins-

titution, et leurs courriers en disent plus

long que bien des analyses sociologiques surlesentiment d’amour-hainequi les lieà

l’école. Du haut de son « observatoire du réel », selon son expression, la médiatrice

observe autant qu’elle agit. «Les gens qui nous saisissent sont de tous les milieux, de tous niveaux sociaux et scolaires, si j’en

croislamaîtrisedelalangueetdel’orthogra-

phe », ajoute-t-elle en notant l’émergence d’un tout nouveau sujet de grogne : le choix du collège et du lycée. Un sujet qui pourrait bien faire flamber des saisines qui ont déjà crû de 200% depuis 2000. La confusion du message politique, entre «liberté totale de choix » et « critères pour déroger à son collège », aboutit à une impasse. «Les familles estiment désormais

qu’elles peuvent choisir leur établissement en toute liberté et ne comprennent plus les refus.» Monique Sassier et ses médiateurs académiquesfontdoncofficede pompiers. Dans des conditions difficiles puisque les

rectoratsferment dèsqu’ils ont terminé les affectations. «Les impatiences sont deve- nues tellesqu’une famillenepeutplus rester un été sans établissement », assène-t-elle sans jugement de valeur. Les quarante- sept médiateurs académiques traitent doncauplusvite,tricotantdescompromis. Retraités de l’éducation nationale, ils sont volontaires et bénévoles. Dévoués pourfaire bouger cette lourde machine qui gère 2 millions de personnes et 14 millions d’usagers. Dévoués pour démêler des cas particuliers autant que pour établir des recommandations qu’ils remettent au ministre avec un rapport annuel. Et peut-être, qui sait, faire un peu évo- luer l’image de l’institution. «Les familles reconnaissent aux profs le droit d’être absents, d’être malades. En revanche, ils se focalisent de plus en plus sur la rupture de

l’égalité des chances qu’entraîne une perte d’heures de cours. Ça entre dans le grand paquet des droits personnels. Sur le modèle du droit opposable au logement, est en

traind’émergerundroitauxcours », rappel- le la médiatrice. Certaines familles n’hési-

tentplusàpousserledossierjusqu’autribu-

nal administratif. Sans ces médiations, la judiciarisation de l’école aurait à coup sûr bondi ces dernières années. Monique Sassier juge pourtant que cer- taines plaintes doivent finir au tribunal. «C’estunmoyende se restaurer.Onen sous- estime souventlebénéfice pourles victimes. C’est aussi unlevier pour nouslorsqu’il n’y a pas moyen de faire avancer l’institution de l’intérieur,il faut en passer par là pour faire progresserles textes. Car nousavons parfois besoin de créer du droit. » p Maryline Baumard

Sur dixplaintes,quatre proviennent d’enseignants,six de parents

«L’AVENTURE a commencé en

1999. A 8h55, veille de rentrée, je reçois un appel de Claude Allègre, alorsministre, qui me prévient qu’à 9heures il vame nommermédia- teur de l’éducation nationale», se rappelle Jacky Simon, qui connaît

la maison par cœur pour y avoir

assuré une belle liste de fonctions auprès de plusieurs ministres. Cet instituteur devenu énarque n’ac-

cepte le poste qu’à la condition que les parents puissent le saisir,

et pas seulement les personnels.

«“Vous avez carte blanche”,m’a répondu Claude Allègre.» Sept ans durant, Jacky Simon a inventé le métier et travaillé à ce que la médiation ne soit pas seule- ment un guichet de réclamations, mais fasse évoluer le système. Des situations farfelues, il en a croisées. Comme Monique Sassier qui, en quelques mois de fonction,

a déjà «ses histoires».

Comme celle d’une jeune élève qui étudie le russe et demande les trois lycées de son académie qui proposent l’option. Elle est affec- tée à 130km de chez elle, en inter- nat. Personne ne lui dit que la sec- tion de russe de l’établissement va

fermer. La jeune fille y commence son année, pensant que les cours de russe débuteront plus tard. Quand elle se rend compte de la situation, le médiateur académi- que a beaucoup de mal à la faire

accepter dans un établissement qui lui permet de vraiment suivre cette option. Des histoires où le bon sens n’a pas droit de cité, les médiateurs en croisent tous les jours. Mais au fil des ans, ce ne sont plus les mêmes. Au départ, les personnels dépo- saient plus de dossiers que les parents. En 2005 s’est opéré le bas- culement: «Une petite révolution,

puisque, avant, les parents

n’osaient pas, de peur que leurs enfants soient victimes de rétor- sion», rappelle Jacky Simon. Aujourd’hui, 60% des dossiers concernent les familles, 40% les personnels. Car eux aussi doivent parfois faire face à… un mur. Com- me ce professeur de l’enseigne- ment technique à qui, après tren- teans de service, on demande de «prouver qu’il a bien été admis au concours de recrutement». Il ne dis- posait que d’un formulaire manus- crit l’informant de son admission. Le médiateur obtiendra que la direction des ressources humaines du ministère établisse cette attesta- tion nécessaire à son départ en retraite. p

M. B.

Pour saisir le médiateur :

Madame la médiatrice, 61-65, rue Dutot, 75015 Paris. Ou courriel :

mediateur@education.gouv.fr

rue Dutot, 75015 Paris. Ou courriel : mediateur@education.gouv.fr 129, rue de vaugirard - paris xv -
129, rue de vaugirard - paris xv - tél. 01 47 34 54 85
129, rue de vaugirard - paris xv - tél. 01 47 34 54 85

4 Planète

0123

Mercredi 16 décembre 2009

Le sommet de Copenhague

0123 Mercredi 16 décembre 2009 Le sommet de Copenhague Energiespropres Les Etats-Unis ont dévoilé, lundi 14

Energiespropres

Les Etats-Unis ont dévoilé, lundi 14 décembre, un plan de 239 millions d’euros visant à promou- voir les énergies propres dans les pays en déve- loppement. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Nor- vège, la Suisse mais aussi l’Australie, l’Italie et la Suède se sont engagés à y contribuer également.

et la Suède se sont engagés à y contribuer également. Climatmeurtrier Selon le rapport « Stratégie

Climatmeurtrier

Selon le rapport « Stratégie internationale pour la réduction des désastres » des Nations unies, 245 catastrophes naturelles ont eu lieu en 2009, dont 224 liées au climat. Ces phénomènes ont causé la mort de 8 900 personnes, et provoqué 13milliards d’euros de dégâts.

«Les Etats-Unis doiventfairebeaucoupplus», adéclaréAlGore, lundi 14décembre, lorsd’undébat à Copenhague.Saluantlesavancées réaliséesparBarack Obama,l’ancienvice-président des Etats-Unis afaitvaloirles réticencesduCongrèspourexpliquer lapositiondifficileduprésident américain.

lapositiondifficileduprésident américain. Lanégociationbute surlesdivergencesNord-Sud Les pays en

Lanégociationbute surlesdivergencesNord-Sud

Les pays en développement refusentla disparition des objectifs contraignants d’émissions de CO 2 fixés àKyoto

Copenhague

envoyée spéciale

L a présidente de la conférence

Connie Hedegaard est soup-

çonnée de faire le jeu des pays

développésetl’accordsurlaprotec-

tion des forêts tropicales – peut- être présenté un peu vite comme le plus facile à boucler – montre lui aussi que la défiance entre le Nord etle Sud est telle qu’elle bloque jus- qu’àprésenttoute avancée notable dans les négociations. En se séparant mardi vers une heure du matin, les pays qui négo-

«Sion laisseaux dirigeantsle soin detout régler àla dernièreminute, onrisqued’avoir unaccord faibleou pasd’accorddutout»

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies

cientleprojet demécanismebapti- sé REDD (reducing emissions from deforestation and degradation), destiné à rémunérer les pays qui protègent leurs forêts, consta- taient leur incapacité à s’entendre

forêts, consta- taient leur incapacité à s’entendre Cohue à l’entrée du Bella Center, Copenhague, le 14

Cohue à l’entrée du Bella Center, Copenhague, le 14 décembre. KELD NAVNTOFT/SCANPIX/AFP

Les ONG à la porte du Bella Center

Les Danois avaient annoncé qu’ils n’inscriraient que 15000 participants à la conférence. Ils en ont finalement autorisé près de 45000, d’où l’engorgement permanent du site. Avec l’arrivée des ministres, les organisateurs ont décidé de retirer brutalement plus de la moitié des accrédita- tions. Les 22000 membres d’or- ganisations non gouvernementa- les (ONG) présents seront les pre- mières victimes. Dès mardi, leur nombre devait passer à 7000 puis à 1000 jeudi et à 90 vendre- di, lors du sommet des chefs d’Etat. La délégation deWWF pas- sera de 100 à 20 personnes et peut-être à une le dernier jour. Les ONG dénoncent les risques d’un sommet à huis clos dont la société civile serait exclue. Les journalistes, officiellement pour des raisons de sécurité, pour- raient être cantonnés dans le cen- tre de presse, et seraient donc coupés du contact avec les négo- ciateurs. Les expulsés envisa- gent de poursuivre les négocia- tions dans un contre-sommet à l’extérieur du Bella Center.

sur les différents paramètres de

peutquandmêmepasnousdeman-

pas d’accord du tout », a mis en gar-

représentant du Bangladesh.

pendu brièvement leur participa-

souhaitent que de la même maniè-

que les jours sont comptés, la Fran-

Laurence Caramel

l’accord avant l’entrée en scène des

de lesecrétaire général des Nations

Cette erreur de méthode écorne

tion aux groupes de travail et ont

re, ils inscrivent leursobjectifs d’ici

ce cherche toujours de son côté à

ministres prévue officiellement

unies Ban Ki-moon.

la

légitimité de la présidence alors

refusé de reprendre les négocia-

à 2020 dans une deuxième pério-

créer un axe avec les pays africains

mardi, en fin de journée. « On ne

C’est certainement pour empê- cher ce mauvais scénario que

que sur le fond des discussions, les grandes lignes de fracture entre les

tions jusqu’à ce que la présidence replace le sujet dans les priorités

de d’engagement. La question est pour l’instant

etleBrésil autourdusoutien finan- cier aux pays pauvres et de la forêt.

der d’hypothéquer notre souverai- neté nationale sans aucune contre-

Connie Hedegaard a multiplié les consultations restreintes avec

vieux pays industrialisés et les pays en développement restent

du débat. « Les pays industrialisés voudraient que nous acceptions la

insoluble : les Etats-Unis ne sont pas dans Kyoto et n’y entreront

Mardi, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée le Premier ministre éthio-

partie concrète », constatait un délégué d’un pays africain. La liste des sujets que devront trancherlesministres del’environ- nement voire les chefs d’Etat s’al- longe alors qu’il ne reste plus que

quelques pays dont les ministres sont présents depuis le début de la semaine à Copenhague. Mais cette méthode a été très critiquée par les petits pays laissés à l’écart. «Dans une négociation onusienne, il ne

entières. « Les pays du sud ont une attitudedeplusen plus fermeparce qu’ils jouent leur avenir », assume Pablo Solon, l’ambassadeur de la Bolivie aux Nations unies. Cettefermeté s’estfocalisée lun-

mort du seul instrument existant qui les contraigne à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre », a expliqué Kamel Djemouai, le chef de la délégation algérienne. Les pays industrialisés qui ont

pas, le Japon et l’Australie ne veu- lent plus se lier tant que Washing- ton ne bouge pas. Quand à l’Union européenne, elle ne veut pas aux yeux de ses opinions publiques «être la seule à graver ses engage-

pien Meles Zenawi, chef de file du groupe africain. Puis le lendemain, le chef de l’Etat doit rencontrer les pays forestiers du bassin du Congo. Le Premier ministre britan- nique Gordon Brown, avec qui la

quatre jours de négociations. « Si

peut pas y avoir deux catégories de

di

matin sur l’avenir du protocole

ratifié le protocole se sont engagés

ments dans le marbre quand les

France a fait une proposition sur le

on laisse aux dirigeants le soin de

pays. Les négociations doivent être

de

Kyoto que les pays en dévelop-

à réduire en moyenne de 5 % leurs

autres pays n’offrent que du

financement de REDD, sera pré-

tout régler à la dernière minute, on risque d’avoir un accord faible ou

transparentes et toutlemonde doit pouvoir participer », déplore un

pement ne veulent pas voir dispa- raître. Les 53 pays africains ont sus-

émissions d’ici 2012 par rapport à 1990etles pays endéveloppement

chewing-gum », selon l’ambassa- deur français Brice Lalonde. Alors

sent. p

l’ambassa- deur français Brice Lalonde. Alors sent. p Desactivistesà larecherchede«formesd’actionsqui

Desactivistesà larecherchede«formesd’actionsqui rendentlarésistancedésirable»

Inspirés par des artistes britanniques,les cyclistes du «Bike Block» envisagent d’investirle centre de conférence, de façon non violente

Copenhague

envoyé spécial

I l y a des centaines de vélos dans

l’enceinte de la Candy Factory

(L’usine à bonbons), près de la

garede Norrebro.Ilsont été trouvés en pleine rue dans cette ville où tout le monde roule à vélo et où ils sontsouventabandonnésauterme de leur existence, cabossés, cassés, tordus. Alors les activistes du Bike

cabossés, cassés, tordus. Alors les activistes du Bike Soins et réadaptation   Emploi Habitat et vie

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Block (« le bloc des vélos ») les ont récupérés, et depuis quelques

jours, ils soudent, vissent, frappent, redressent, rustinent, pompent, bref, travaillent d’arrache-pied. Dans la bonne humeur et en musi- que – un volontaire pédale sur une

bicyclettefixequialimenteunebat-

terie animant une chaîne hi-fi. Dans le bâtiment de brique, on

peutse restaurerà la cuisine collec- tive : le prix est libre, une assiette recueille les donations. L’ensem- ble abrite aussi un atelier secret où

se prépare la mystérieuse Machi-

ne, ainsi que des DDT (« double double trouble ») : une plate-for- me est placée entre deux paires de vélos, ceux-ci étant montés l’un sur l’autre, celui du dessus n’ayant pas de roues. Tout cela tient de la cour des miracles, de l’entreprise de fer-

raillage, du camp scout et de l’as- semblée révolutionnaire. Répara- tions et constructions visent à per- mettre à une troupe de cyclistes de former le Bike Block, une des piè- ces maîtresses de l’assaut du « peu- ple » contre le Bella Center, mercre-

di 16décembre, lors desmanifesta-

tionsorganisées par le Climate Jus- tice Action (CJA), avec le soutien de

la coalition Climate.

Le Bike Block est un projet du Laboratory of Insurrectionnary Imagination, un groupe d’artistes

anglais qui veut que l’imagination des artistes féconde l’engagement des activistes, et réciproquement. « Beaucoup d’artistes sont talen- tueux, mais peu engagés, tandis que les activistes recourent sou- vent à des formes d’action tristou- nettes », explique Isa, un des mem- bres du Laboratory. Il faut trouver, dit-elle, « des formes d’action qui rendent la résistance désirable ». Les Bike Block se sont entraînés les jours précédant la manifesta-

Toutcelatientdela

Courdesmiracles,

del’entreprise

deferraillage,ducamp

scoutetdel’assemblée

révolutionnaire

tion. On les retrouve un après- midi, une soixantaine de véloci- pédistes, majoritairement jeunes, sur un grand terrain dégagé. John anime la séance : casquette cubai- ne, barbe, voix forte et chaleureu-

se, gilet jaune fluo. Il rappelle les principes : action directe non vio-

lente,il s’agitde perturber la confé-

rence à l’intérieur du Bella Center. Puis il décrit les « essaims » qu’il

constituer – « On va bouger

faut

sans arrêt comme des papillons » –,

évoque aussi les bandes d’oiseaux, et l’intelligence collective dont elles font preuve durant leurs vols, la même intelligence qu’il s’agit de retrouver dans le groupe. Ensuite, on se forme en groupes de dix, les «essaims », qui s’entraî- nent à aller toucher un mur avant de se regrouper rapidement. Dans unautreexercice, lescyclistestour- nent tous ensemble dans tous les sens, comme des autos tampon- neuses qui veilleraient à ne pas se heurter. Il faut prévoir la confron- tation : une partie de la bande res- te à vélo, l’autre, à pied, joue les policiers. Les cyclistes se serrent

les uns contre les autres, en ligne. La police charge. Les cyclistes lèvent leur vélo sur la roue arrière, etagitentleguidon pourfairetour- ner la roue, ce qui complique incontestablement la tâche du policier – comme on s’en rend compte quand on échange les rôles. Les Bike Block vont-ils investir la conférence ? Sans doute pas. Mais ils symbolisent les formes pacifiques mais déterminées que veut prendre un mouvement de contestation de plus en plus radi- cal dans ses idées. p

Hervé Kempf

de plus en plus radi- cal dans ses idées. p Hervé Kempf T/ 01 49 04
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0123

Mercredi 16 décembre 2009

Planète 5

0123 Mercredi 16 décembre 2009 Planète 5

«Ladistinctionentreréfugiés etdéplacés est dépassée»

Le haut-commissaire aux réfugiés,Antonio Guterres, appelle à définir de nouvelles protections pourles victimes du changement climatique

protections pourles victimes du changement climatique M.Guterres prônela prise en compte du «coût humain» du

M.Guterres prônela prise en compte du «coût humain» du réchauffement. J. B. VERNIER POUR « LE MONDE »

Pour M. Guterres, nul besoin de créer une nouvelle agence pour

ces futurs dispositifs :

«Le HCR est prêt à jouer son rôle, avec d’autres. Et l’Organisation internationale pour lesmigrations (OIM) est là,même si les Etats n’ont jamais voulu lui donner de pou- voir. » L’OIM qui a proposé une définitionlarge des réfugiés clima-

appliquer

tiques et appelé, le 8 décembre, à revoir les conventions existantes. «La communautéinternationa- le est-elle prête à ouvrir ces discus- sions ? », s’interroge M. Guterres. La première étape se joue à Copen- hague. « Le Nord doitmobiliser des fonds pour aider le Sud à atténuer l’impact humain du réchauffe- ment, sachant que la migration

sera une stratégie d’adaptation. » Critiquant les politiques migratoi- res « irrationnelles » des pays industrialisés, le haut-commissai- re conclut: «Les pays richesne peu- vent pas à la fois refuser d’aider les pays pauvres à résister au change- ment climatique et fermer leurs frontières à ses victimes. » p Grégoire Allix

L a communautéinternationa-

le doit inventer de nouveaux

sécheresses a déjà triplé en trente ans. S’y ajoutent la désertification et l’érosion des côtes et des sols. «La plupart des victimes du cli-

mat sont difficiles à protéger car ce sont des déplacés internes, placés sousla seule protection deleurpro-

pre pays. Or, les gouvernements en question font parfoispartie du pro- blème plus que de la solution », relève M. Guterres. Pour le haut-commissaire, « la distinction actuelle entre réfugiés et déplacés est dépassée par les effets du changement climati- que ». D’abord parce que «la raré- faction des ressourcesmultiplie les conflits, donc les réfugiés, même quand l’aspect politique domine, comme au Darfour ». Ensuite car «dans unemême zone, des popula- tions peuvent fuir qui un conflit, qui une sécheresse, comme en Afghanistan ». Enfin, parce qu’il est difficile, face à une dégradation lente de l’environnement, de distinguer un réfugié climatique d’un migrant économique, un exode forcé d’une migration choisie. « Ce qui clair, c’est que de plus en plus de gens vont se déplacer sous l’effetdirect ouindirect du change-

résume

M. Guterres. Comment leur porter assistan- ce et protection ? Pour le haut- commissaire, il n’est pas question de les inclure dans la Convention de 1951 sur les réfugiés : «Dans le contexte actuel, marqué par des débats émotionnels sur les migra-

tions, rouvrir la convention risque- rait de la fragiliser. » Selon M. Guterres, les migra- tions liées au climat seront pour la plupart de courte durée. « Jemilite pourla création d’instrumentsjuri- diquesetdemécanismes deprotec- tion plus flexibles que la conven- tion de 1951,mais quiimposent des obligations aux Etats, comme une convention de protection tempo- raire », explique-t-il. Reste la question des petites îles englouties par les océans, entraînant avec elles des Etats entiers, comme les Maldives. « Il y a là un vide juridique. La conven- tion sur les apatrides est faite pour des individus, pas pour toute une nation. Il faut leur trouver un pays d’accueil, mais aussi organiser la protection collective de leur culture, de leur identité. Les instru- ments actuels ne le permettent pas. »

mécanismes de protection

pourles réfugiés climatiques», esti- me le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Antonio Guter-

res. A l’heure où l’avenir du climat

se négocie à Copenhague, l’ancien

premier ministre portugais a pré- cisé devant quelques journalistes, lundi 14 décembre, à Paris, sa vision de l’assistance à ces nou- veaux réfugiés qu’aucun texte international ne protège : le man- dat du Haut-Commissariat aux

Lescatastrophes climatiques

ontfait20millions

dedéplacés en2008 selonl’ONU.En 2050,

ilsseront200millions

réfugiés (HCR) couvre les person- nes ayant quitté leur pays en rai- son de persécutions, pas les migra- tions liées à l’environnement. Le « patron » du HCR appelle les gouvernements à prendre en compte le « coût humain » du réchauffement, qui sera d’après lui la « première cause de déplace- ments forcés dans les années à venir » , devant les conflits. Les catastrophes climatiques ont fait 20 millions de déplacés en 2008 selon l’ONU. En 2050, ils seront 200 millions. La fréquence des ouragans, des inondations et des

La fréquence des ouragans, des inondations et des PARFUM POUR HOMME cartier.com ment climatique »,
PARFUM POUR HOMME cartier.com
PARFUM POUR HOMME
cartier.com

ment climatique »,

et des PARFUM POUR HOMME cartier.com ment climatique », LebisphénolAprésentdans lesplastiquesagit,même

LebisphénolAprésentdans

lesplastiquesagit,même

àfaibledose,surl’intestin

Une étude surle ratmontre quel’hormone de synthèse altèreles fonctions immunitaires

A u Canada, il est interdit

dans les biberons, mais

aux Etats-Unis et en Euro-

pe, les autorités sanitaires s’inter- rogent encore sur la nocivité du bisphénol A (BPA). Ce composé, qui avait été étudié dans les années 1930 pour ses propriétés hormonales, entre dans la compo- sition de nombreux plastiques alimentaires au point qu’on en retrouve la trace dans les urines de plus de 90 % de la population des pays développés. L’industrie chimique soutient que le plasti- fiant est inoffensif, mais les tra- vaux s’accumulent pour montrer que le composé, assimilé à un per- turbateur endocrinien, a bien des effets biologiques. Dernière en date, une étude conduite par des équipes de l’Insti- tut national de la recherche agro- nomique (INRA) à Toulouse s’est intéressée à l’impact du BPA sur

l’intestin. Publiée dans les comp- tes rendusde l’Académie des scien- ces américaine (PNAS) le 14 décem-

bre, elle montre un impact chez le rat femelle, y compris à très faible dose. « Nous avonsmis en évidence des effets à des doses considérées jusqu’ici comme sans effet sur les fonctions biologiques chez l’ani- mal », explique Eric Houdeau, qui

a dirigé ces travaux. L’intestin

répond à des concentrations mille fois moins importantes que celles définies pour d’autres tissus. L’intestin avait jusqu’à présent été considéré comme une simple voie d’absorption du BPA, «et non comme une cible de ce leurre hor- monal, qui mime les œstrogènes », des hormones sexuelles femelles, explique M. Houdeau. La présence de récepteurs à œstrogènes sur la paroi intestinale avait été mon-

trée dans les années 1990, ce qui a poussé son équipe à tester l’inte- raction éventuelle avec le BPA. Plusieurs effets ont été consta- tés : le BPA réduit la perméabilité de l’intestin, ce qui peut faciliter la rétentiond’eau. Ilaugmente la sen- sibilité à la douleur viscérale, mais montre aussi une activité anti- inflammatoire. En revanche, les rates exposées in utero puis à la naissance voient augmenter le ris- que de développer une maladie inflammatoire sévère à l’âge adul- te. Les chercheurs font l’hypothè- se qu’en réduisant la perméabilité de l’intestin, le BPA freine les échangesavec lesystème immuni- taire et la maturation de celui-ci.

Réviser les normes?

Eric Houdeau se garde bien de transposer ces résultats à l’hom- me. «C’est aux autorités sanitaires de voir s’il y a lieu de réviser les nor- mes d’exposition », dit-il. Après avoir conclu à l’innocuité du BPA aux doses actuelles, l’Agence fran- çaise de sécurité sanitaire des ali- ments a annoncé fin octobre qu’el- le allait réexaminer la littérature scientifiquepourvoir s’il y amatiè- re à revoir sa position. AuxEtats-Unis, l’Agence de l’en- vironnement devait remettre ses

conclusions fin novembre, mais y a renoncé sans explication. Est-ce pour inclure dans ses réflexions une nouvelle étude publiée dans le numéro de décembre de la revue Environmental Health Pers- pective ? Celle-ci montre que des petites filles dont la mère présen- tait du BPA dans les urines durant la grossesse se montrent plus agressives et hyperactives à l’âge de 2 ans. p

Hervé Morin

6 International

0123

Mercredi 16 décembre 2009

6 International 0123 Mercredi 16 décembre 2009

OffensiveénergétiquedePékinenAsiecentrale

LaChine,qui vientd’inaugurerun gazoduc, accroît son influencedansla région, auxdépensdelaRussie

aaa Suite de la première page

La Chine contribue aussi au sou- hait de désenclaver énergétique- mentces paysde plus enplus cour-

tisés,pourcertains,parlesOcciden-

taux. Le Turkménistan, qui expor- te près de 50 milliards de mètres cubes de gaz par an vers la Russie, a en outre vu depuis avril ses livrai- sons suspendues vers l’ancien grand frère soviétique après une explosion sur le réseau de gazo- ducs opéré par le géant russe Gaz- prom en Asie centrale. En visite officielle dans la région, le président Hu Jintao était, lundi, dans le nord-est du Turkmé- nistan en compagnie des prési- dents turkmène, kazakh et ouz- bek, afin d’actionner les valves du tout nouveau gazoduc. « La Chine donne la plus grande priorité à la coopération avec ses voisins et ce gazoduc témoigne de la coopéra- tion ininterrompue qui fleurit entre nos nations », a-t-il déclaré. Son hôte, le président Gourban- guli Berdimukhamedov, a salué la « revitalisation de l’ancienne Route de la soie », en se félicitant que «la Chine, grâce à la sagesse et au recul dontelle faitpreuvedans sonappro- che, est devenue un garant incon- tournable de la sécurité globale ». Les premières livraisons à desti- nation de la Chine porteront sur 6 milliards de mètres cubes en 2010, pour atteindre progressive- ment 40 milliards en 2015, soit près de la moitié de la consomma- tion chinoise actuelle. Le gazoduc est formé de deux conduites paral- lèles, dont une seule est achevée, l’autre étant encore en chantier, et est approvisionné par la conces- sion de Bagtyyarlyk, exploitée depuis 2007 par la China National Petroleum Corporation (CNPC). Pékin et ses géants de l’énergie ont en peu de temps fait de l’Asie centrale une zone clé d’expansion. Au Kazakhstan, la CNPC détient

une zone clé d’expansion. Au Kazakhstan, la CNPC détient Un ouvrier chinois lors del’inauguration,le 14 décembre,

Un ouvrier chinois lors del’inauguration,le 14 décembre, d’un tronçon du nouveau gazoduc trans-Asie centrale. SHAMIL ZHUMATOV/REUTERS

67 % de PetroKazakhstan, et a pris cette année le contrôle de Mangis- tauMunaiGaz, quatrième société kazakhe d’hydrocarbures, en échange d’une ligne de crédit de 10 milliards de dollars (6,8 mil- liards d’euros) à Astana. L’opération a été scellée lors de la visite, en avril, du président kazakh Nursultan Nazarbayev à Pékin. Un oléoduc relie déjà les champs pétrolifères de la Caspien- ne au Xinjiang chinois et transpor- tera près de 20 millions de tonnes de pétrole par an à partir de 2011. Des négociations sont aussi en cours sur des projets concernant

l’exploitation des réserves d’ura- nium kasakhes. LeTurkménistan, lui, abénéficié d’un prêt chinois de 3 milliards de dollars pour prospecter le champ gazier du Yolotan-Osman Sud, près de la frontière afghane, sur lequel lorgnent les Chinois. La Chine est très présente au Kirghizistan, avec plusieurs projets d’infrastructures et d’exploitation minière. Le développement économique est, aux yeux de Pékin, la meilleure garantie que la région restera sta- ble. Il s’agit de préserver le Xinjiang chinois, secoué en juillet par des émeutes interethniques, en élimi- nant toute influence déstabilisatri- ce, mais aussi d’en faire le centre commercial et industriel de la

région,carc’estparlàquetransitent les exportations croissantes de pro- duits chinois vers l’Asie centrale. L’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), l’organe inter-

Lespayssontprêts àcoopérer avecla Chine,mais craignent aussid’êtreenvahis parsesproduits

gouvernemental lancé par Moscou et Pékin en 2001 en partie pour contrer l’influence de l’Occident et de l’OTAN (qui regroupe aussi le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tad-

sion) est l’un des véhicules qui a facilité la montée en puissance de la Chine dans la région. Le développement économique

est devenu partie intégrante de ses objectifs, et c’est paradoxalement

VladimirPoutine,en2007,ausom-

met de Bishkek, qui a bataillé pour la création à terme d’un Club de l’énergie – sorte d’OPEC d’Asie cen- trale –, et une coopération plus approfondiedansce domaine.Sou- cieuse avant tout de tenir à distan- ce l’Occident, et de ménager son monopole sur les réserves de la

régionetleurexportationversl’Oc-

cident, la Russie a sans doute été prise de vitesse par la Chine.

Reprise des livraisons de gaz russe à l’Arménie

Les livraisons de gaz russe à l’Ar- ménie, suspendues pendant une journée après la découverte de deux engins explosifs près d’un gazoduc en Ingouchie, dans le sud de la Russie, ont repris, lundi 14 décembre, nor- malement, a annoncé ArmRos- Gazprom, filiale du géant russe Gazprom. Un tronçon du gazo- duc Mozdok-Tbilissi situé en Ingouchie, théâtre d’une insur- rection islamiste, avait été fer- mé, dimanche soir, après la découverte de deux bombes qui ont été désamorcées. L’Armé- nie importe chaque année envi- ron 2milliards de mètres cubes de gaz russe qui transitent par la Géorgie. – (Reuters.)

Si Pékin et Moscou, qui ont lancé

cette année la construction d’un oléoduc entre la Sibérie orientale et la Chine, financée par celle-ci, se disent sur la même longueur d’on- de, le retour de l’Empire du milieu comme un acteur majeur du «grand jeu» d’Asie centrale met au défi les ambitions russes de lea- dership dans la région. «Objective-

ment,lesavancéeschinoisesn’arran-

tionduTurkménistanestendiscus- gent pas les Russes qui avaient une

jikistanet l’Ouzbékistan –l’intégra-

position de monopole », analyse le

sinologueJean-PierreCabestan,pro-

fesseurdesciencepolitiquedel’Uni-

versité baptiste de Hongkong. La Chine est toutefois reçue avec ambivalence en Asie centrale, les pays sont prêts à coopérer avec la Chine, mais craignent aussi d’être envahis par ses produits. Ce qui amène Pékin à jouer un rôle pru- dent dans la région. Son influence diplomatique et politique se fait

déjà sentir. Lors du conflit russo-

géorgiende2008,laChineavaitral-

lié les autres pays de l’OCS, qui sont restésneutres.Cequi constituaitde fait un désaccord avec la Russie. p Brice Pedroletti

RUSSIE KAZAKHSTAN MONGOLIE Alashankou Pékin OUZBÉKISTAN Almaty TURKMÉNISTAN Urumqi KIRGH. XINGJIANG TADJ.
RUSSIE
KAZAKHSTAN
MONGOLIE
Alashankou
Pékin
OUZBÉKISTAN
Almaty
TURKMÉNISTAN
Urumqi
KIRGH.
XINGJIANG
TADJ.
Xian
CHINE
Saman Depe
Shanghaï
AFGH.
IRAN
PAKISTAN
INDE
1 000 km

Les petitesrépubliques gazièressortent de l’orbite russe

Moscou

vice d’un gazoduc qui approvi- sionnera la Chine. Jusqu’ici, la Russie avait un qua- si-monopole sur les exportations de gaz d’Asie centrale grâce à son réseau de tubes datant de l’URSS. Avec le nouveau gazoduc construit en trois ans par 8000 ouvriers et financé par la Banque chinoise du développe-

Correspondante

D’un tour de vanne, lundi 14 décembre, les Républiques gazières d’Asie centrale – Turkmé- nistan, Ouzbékistan, Kazakhs- tan– se sont affranchies de la tutelle russe sur l’exportation de leur « or bleu » avec la mise en ser-

ment, la donne a changé. Le gazoduc part du champ gazier de Saman Depe à l’est du Turkménistan, traverse l’Ouzbé- kistan et le Kazakhstan pour s’étendre sur 4 500 kilomètres en territoire chinois. Il désenclave les trois Républiques post-soviéti- ques et leur permet de diversifier leurs portefeuilles d’acheteurs.

Une première pour la Chine

Les options du géant russe Gaz- prom s’en trouvent réduites. « Le danger pour Gazprom est que si la demande de gaz de l’Europe et cel- le du marché intérieur russe aug- mentent brusquement dans les années à venir, la firme ne pourra pas recourir aux réserves d’Asie centrale : celles-ci seront peut-être en Chine », écrit l’analyste Chris Weafer, de la banque russe Ural- sib. « L’appétit chinois pour le gaz d’Asie centrale met Gazprom sous pression pour accélérer des projets majeurs comme l’exploitation de la péninsule de Yamal », en Sibé- rie, ajoute cet expert. Pour la Russie, le fait que la Chine dispose désormais d’un accès aux considérables réserves turkmènes, et d’un tracé qui mène droit sur la mer Caspienne, n’est pas une bonne nouvelle. L’entente Chine-Turkménistan a d’ailleurs été scellée sur fond de dispute avec Gazprom. En avril 2009, une explosion sur un gazoduc reliant le Turkménistan à la Russie a jeté un froid entre les deux pays, poussant Achkhabad à chercher des voies d’exportation alternatives. Le numéro un turkmène a accu- sé Gazprom d’avoir provoqué l’ex- plosion pour éviter d’acheter les

volumes convenus. Actuellement, en raison de la baisse de la demande mondiale, Gazprom n’a pas besoin du gaz turkmène pour assurer ses fourni- tures à l’Europe. Le vieux gazoduc Turkménistan-Russie a été réparé, mais il demeure vide. Le nouveau tube, approvision- nement terrestre, est une premiè- re pour la Chine, qui recevait jus- que-là l’essentiel du gaz qu’elle consomme sous forme liquéfiée, par tankers. Et pour les trois Etats d’Asie centrale, touchés par la crise économique et en délicatesse avec Gazprom, les investissements chinois sont plus que bienvenus. Le nouveau gazoduc «n’est pas seulement commercial et économi- que, il est aussi politique », a souli- gné le président turkmène Gour- bangouly Berdimoukhammedov à son homologue chinois Hu Jin- tao. Deuxième producteur de l’es- pace post-soviétique après la Rus- sie, le Turkménistan multiplie les contrats d’exploitation avec des sociétés étrangères. Le Kazakhstan, l’autre grand fournisseur de gaz et de pétrole de la Caspienne, est lié à la Chine par des contrats d’exploitation pétrolière. Partenaire dans l’éner- gie, la Chine et le Kazakhstan se disputent le partage des eaux des fleuves frontaliers Tchiorny Irty- ch et Ili. Les fermiers du Xin- gjiang, la province chinoise qui jouxte le Kazakhstan, puisent dans ces fleuves pour arroser leurs cultures. Sur le Tchiorny Irtych, les Chinois ont créé un vas- te réservoir et contrôlent le débit du fleuve, au grand dam du voi- sin kazakh. p

Marie Jégo

du fleuve, au grand dam du voi- sin kazakh. p Marie Jégo Espace Suffren Crédit Auto
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8 International

8 International Lesmystèresd’unecargaison d’armesnord-coréennes saisieenThaïlande Pyongyang continuerait

Lesmystèresd’unecargaison

d’armesnord-coréennes

saisieenThaïlande

Pyongyang continuerait d’exporter des armes en dépit des résolutions des Nations unies

Tokyo

Correspondant

L a saisie par les autorités thaïlandaises d’une cargai- son de 35 tonnes d’armes de

guerre de fabrication nord- coréenne à bord d’un avion-cargo géorgien à Bangkok est la plus grosse « prise » réalisée à ce jour dans le cadre des sanctions déci- dées en juin par les Nations unies à l’encontre du régime de Pyong- yang, du fait de son programme nucléaire. L’appareil, un Ilyushin 76, avait atterrisamedi 12décembreà l’aéro- port Don Muang pour s’approvi- sionner en carburant. Au cours d’une inspection, les autorités thaïes ont découvert dans ses sou- tes un arsenal d’armes : fusils, gre- nades, roquettes antichars, têtes de missiles, etc. Les cinq membres de l’équipe – quatre Kazakhs et un Biélorusse – ont été inculpés, lun- di, de détention d’armes de guerre et emprisonnés. Ils ont déclaré ne pas savoir ce qu’ils transportaient. La cargaison a été saisie. Les autorités thaïlandaises ont agi sur des indications (fournies par des « services américains », selon les médias thaïlandais) en application de la résolution du Conseil de sécurité du 12 juin sanc- tionnant l’essai nucléaire nord- coréen du 25 mai qui renforce les mesures d’embargo sur les ventes d’armes par la République popu- laire démocratique de Corée (RPDC). Beaucoup de mystère envelop- pe encore cette affaire dans laquel- le un avion enregistré en Géorgie, appartenant à une société Air West Georgia (liée à une compa- gnie aérienne soudanaise, Sun Air), affrétée par un transitaire néo-zélandais avec à son bord un équipage kazakh et biélorusse et transportant des armes nord- coréennes, fait escale à Bangkok… alors qu’il aurait pu choisir dans la régionl’aéroport d’un pays – la Bir- manie par exemple – moins dispo- sé à appliquer les sanctions des Nation unies.

L’avion venait de Pyongyang. Mais quelle était la destination finale de la cargaison d’armes ? Après Bangkok, il devait se rendre àColombo,auSriLanka, pour refai- re le plein. Après ? Au Moyen- Orient, au Soudan, en Asie du Sud? Les spéculations se focalisent sur les clients traditionnels de la RPDC : l’Iran, la Syrie, le Pakistan, l’Egypte et le Yémen. La liste n’est pas exhaustive. Selon les services de renseignement occidentaux, l’Iran est le principal partenaire de la RPDC. Le journal de droite japo- nais Sankei Shimbun assure que desexperts iraniens auraient assis- té au lancement d’une fusée nord- coréenne le 5 avril, ainsi qu’à l’es- sai nucléaire du 25 mai qui a préci- pité les sanctions.

Coopération avec l’Iran

Cette coopération a commencé au moment de la guerre irano-ira- kienne. Les experts du Pentagone font valoir que le développement du missile balistique nord-coréen Taepodong-2 coïncide avec celui de la dernière version des missiles ira- niens Shahab. Le commerce des armes, principale source de devises de la RPDC, se chiffrait à 1,5milliard de dollars, selon Institute for Forei- gn Policy Analysis (Etats-Unis). Il s’agit le plus souvent d’armes conventionnelles. Les sanctions de l’ONU ont rendu les livraisons plus difficiles. Lerisque est cependant fonction de la destination: en 2002, un navi- re battant pavillon cambodgien avait été arraisonné par la marine espagnole avec à bord des missiles de type Scud destinés au Yémen. Ce pays étant bien vu par les Etats- Unis pour son action contre Al-Qai- da de son territoire, Washington ordonna de laisser repartir le cargo avec sa cargaison qui arriva à bon port… mais en Libye. La saisie en août par les Emirats arabes unis d’armes destinées à l’Iran sur un cargo battant pavillon des Bahamas incite semble-t-il les « opérateurs » à privilégier désor- mais le transport aérien. p Philippe Pons

désor- mais le transport aérien. p Philippe Pons Afrique-France Le sommet de 2010 aura lieu en

Afrique-France Le sommet de 2010 aura lieu en France

PARIS. Le sommet Afrique-France qui devait se tenir à la fin de février 2010 en Egypte aura lieu en mai en France, a indiqué l’Elysée à l’issue de la rencontre entre le président Nicolas Sarkozy et son homologue égyp- tien Hosni Moubarak, lundi 14 décembre. L’Egypte insistait pour inviter le président soudanais Omar Al-Bachir, poursuivi par la Cour pénale internationale, ce que refusait la France. Le rapatriement en France contrevient à la règle qui voulait que le sommet ait lieu alternative- ment en France et en Afrique. Le dernier a eu lieu en 2007 à Cannes.

Iran

TroisAméricainsserontjugés

parTéhéran

TÉHÉRAN. L’Iran va juger les trois randonneurs américains arrêtés cet été au Kurdistan iranien après avoir franchi par erreur, selon eux, la frontière depuis l’Irak, a annoncé, lundi 14 décembre, le ministre des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. De son côté, un tribu- nal fédéral du Delaware a condamné, lundi, à 5 ans de prison un Ira- nien, Amir Ardebili, coupable de s’être procuré du matériel militaire sensible au profit de l’Iran. M. Ardebili, qui a plaidé coupable, avait été arrêté lors d’une opération clandestine, en Géorgie, en 2007. – (AFP, Reuters.) p

Chili Un Parlement équilibré entre la gauche et la droite

SANTIAGO. La coalition de centre-gauche au pouvoir depuis 1990 a reconquis une très mince majorité au Sénat, avec 19 sièges contre 17 à la droite, selon les résultats publiés lundi 14 décembre. A la Chambre des députés, en revanche, c’est l’opposition de droite qui est redevenue majoritaire. – (AFP, EFE.)

Etats-Unis Guantanamo : plan de transfert vers l’Illinois

WASHINGTON. L’administration devait présenter, mardi 15 décembre, un plan pour acquérir une prison dans l’Etat de l’Illinois pour y transfé- rer des détenus de Guantanamo. Des officiels ont indiqué que le prési- dent Barack Obama avait demandé au gouvernement fédéral de faire l’acquisition du centre correctionnel de Thomson (ouest de l’Illinois). – (AP, Reuters.)

Afghanistan Attaque près d’un hôtel pour étrangers

KABOUL. Près de huit personnes, des civils, ont été tuées et quarante bles- sées, mardi 15 décembre, lors d’un attentat-suicide dans le centre de Kaboul, à proximité d’un hôtel accueillant de nombreux étrangers. – (AFP.)

0123

Mercredi 16 décembre 2009

étrangers. – (AFP.) 0123 Mercredi 16 décembre 2009 La«confession»deTonyBlair sur l’Irak provoquedes

La«confession»deTonyBlair sur l’Irak provoquedes remousauRoyaume-Uni

Un avocat du dictateur irakien Saddam Hussein envisage des poursuites contre l’ancien premierministre britannique pour s’être engagé dans une guerre nonjustifiée

D iffusée dimanche 13 décem- bre par la BBC, la « confes- sion » de Tony Blair, selon

laquellemêmes’ilavaitsu queSad-

dam Hussein n’avait plus d’armes

dedestructionmassiveàsadisposi-

tion il aurait « développé d’autres

arguments » pour justifier l’inva-

sion de l’Irak en 2003, a déclenché,

au Royaume-Uni et ailleurs, une tempête médiatique. GiovanniDi Stefano, qui fut l’un des avocats de l’ancien dictateur irakien, a adressé dès dimanche au conseiller juridique du gouverne- ment britannique une « demande de consentement à poursuivre » l’ancien premier ministre devant les tribunaux. Motif : Tony Blair, dont beaucoup pensent qu’il savait pertinemment, au moins

dans les semaines qui ont précédé l’invasion, que l’Irak n’avait plus ni nucléaire, ni armes biologiques ou chimiques, ni d’ailleurs aucune fusée ou missile pour transporter lescharges, aurait « violélaConven- tion de Genève de 1957 » en enga- geant son pays dans une guerre «non justifiée par nécessitémilitai- re et menée de manière illégale ». L’aveude M.Blair qui, troisjours encore avant le début de l’invasion le 19 mars 2003, affirmait aux députés des Communes que Sad- dam Hussein pouvait encore «évi- ter la guerre », et même rester au pouvoir, s’il démontrait sa bonne foi en matière de désarmement, « confirme » selon l’avocat italien, «quela véritablemotivationdel’at- taque contre l’Irak était d’en chan- ger le régime » . La charte des Nations unies interdit ce genre de pratique et ne justifie la guerre contre un Etat indépendant qu’en

casdelégitimedéfenseoudemena-

ce claire sur des intérêts natio- naux. On sait aujourd’hui que tel n’était pas le cas. Tony Blair, pourtant, « a com- mencé à évoquer publiquement un changementderégimeàBagdaden

avril2002,aulendemaind’undéjeu-

ner privé chez Georges W. Bush au Texas ». Cette information a été révélée le 30 novembre par Sir David Manning, l’ancien conseiller en politique étrangère du premier

l’ancien conseiller en politique étrangère du premier Le 6 avril 2002 à Crawford au Texas, le

Le 6 avril 2002 à Crawford au Texas, le premier ministre britannique, Tony Blair, et le président américain, George Bush, font état de leur analyse commune sur l’Irak. PAUL BUCK/AFP

ministre, devant la commission Chilcot qui examine depuis trois semaines les conditions dans les- quelles le royaume est entré en guerre. La commission devrait entendrel’ancienpremierministre

«Lavraie motivation del’attaque contre l’Irakétait d’en changerlerégime »

Giovanni Di Stefano ancien avocat de Saddam Hussein

en janvier. Sir Christopher Meyer, qui était alors l’ambassadeur de Sa Majesté à Washington, déplorera pour sa part qu’à partir de ce moment-là les préparatifs militai- res pour la guerre «prennent le pas sur la diplomatie alors que cela aurait dû être le contraire. » En juin 2002, après que l’admi- nistration Bush eut finalement dévoilé, en privé, à ses alliés britan- niques, son intention d’entrer en guerre, Tony Blair donne l’ordre à

ses officiers supérieurs de dresser,

«discrètement », des plans d’inva- sion. Trois mois plus tard, en sep- tembre, le gouvernement rend public un rapport de ses différents services secrets concluant que Sad- dam Hussein « pourrait » encore avoir un programme d’armes de destructionmassive. Dansla préfa- ce plus « politique » de ce docu-

ment,TonyBlairlui-mêmesemon- au pouvoir. » Des mauvaises

treplusaffirmatifetécritqueledic-

tateur irakien pourrait « les déployer en 45minutes. » Ces mots feront beaucoup pour effrayer et convaincre les élus britanniques d’approuver, six mois plus tard, l’entrée en guerre de leur pays.

«Flagornerie vis-à-vis de l’Améri-

que»,commel’adit,lundi,leprocu-

reur Ken Macdonald qui fut un

hautfonctionnairedel’administra-

tion travailliste ?

«La région allait changer, expli- queTony Blair dans son interviewà la BBC, et je ne voyais pas comment elle allait pouvoir changer dans la bonne direction avec lui [Saddam]

lan-

gues londoniennes affirment que le premier ministre était « obsédé par l’idée de bâtir une relation forte et exclusive avec le président des Etats-Unis. Il ne voulait pas , ont écrit des éditorialistes, laisser le moindre espace disponible à ses opposants conservateurs ». La peti- te phrase de M. Blair à la BBC ten- drait à prouver qu’il a en fait été convaincu par le programme des néoconservateurs qui entouraient alors M. Bush et qui rêvaient de créer un «Grand Moyen-Orient » dans une direction plus démocrati- que et plus favorable à Israël. La commissionChilcotpoursuivrases audiences jusqu’en février 2010. p Patrice Claude

CommentGeorgeBush,quiévo-

quait un changement de régime irakien dès «janvier 2001 » selon

Sir John Sawers, l’actuel patron du

MI 6, les services de renseigne-

ments extérieurs, a-t-il convaincu le premier ministre britannique qui,avantlatragédie du11-Septem- bre,ne voulaitpasen entendrepar- ler de la nécessité de renverser le régime par la force, « avec ou sans l’approbation » des Nations unies ?

« avec ou sans l’approbation » des Nations unies ? Lechefdel’oppositioncambodgienne dénonce

Lechefdel’oppositioncambodgienne dénonce ladériveautoritairedurégimedeHunSen

Sam Rainsy déplore un raidissement vis-à-vis dela Thaïlandeet du tribunal international

P our l’instant, je suis l’alibi démocratique de Hun Sen, premier ministre de mon

pays, mais je pense qu’il me tuera avant de quitter le pouvoir. » Le chef de l’opposition cambodgien- ne, Sam Rainsy, a déjà échappé, en 1997 et 1998, à deux tentatives d’assassinat. « Pour Hun Sen, je suis une caution pour les étrangers attestant qu’il respecte les libertés, mais en réalité, ce régime ne cesse de se durcir. » De passage à Paris, où il a vécu dans le passé, il use d’un esprit vif et d’un certain don de la formule pourdécrire l’évolution de la socié- té cambodgienne. Symbole de cet- te élite exilée avant de revenir au pays exercer des fonctions politi- ques, il fait dix ans de moins que ses 60 ans. Ex-ministre des finan- ces entre 1993 et 1994 dans un gou- vernement de coalition, il entend incarner une alternative au régime vieillissant de Hun Sen. Ce dernier est l’un des plus anciens dirigeants au pouvoir au monde et leader du

Parti du peuple cambodgien (PPC), qui prône un modèle communiste d’inspiration vietnamienne tour- né vers l’économie de marché. Le raidissement de la politique du Cambodge s’est traduit, en novembre, par la crise déclenchée

avec son voisin, la Thaïlande. Les relations diplomatiques ont été rompues entre les deux Etats après qu’Hun Sen a décidé d’offrir l’asile à l’ex-premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, condamné dans son pays à deux ans de prison pour malversations financières. Les accords de coopé- ration ont été suspendus après la nomination de Thaksin comme conseiller personnel du premier ministre cambodgien. «Hun Sen jette de l’huile sur le feu avec la Thaïlande pour l’affai- blir au sein de l’ASEAN [l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est], mais aussi pour mas- quer le renforcement de ses rela- tions avec le Vietnam, son autre voisin », estime Sam Rainsy.

Résistances inattendues

Mais, selon le chef de l’opposi- tion cambodgienne, dont la forma- tion politique, le Parti de Sam Rain- sy (PSR) compte vingt-six députés et sept sénateurs, «leplusgrave » se trouve à l’intérieur du pays. «Hun Sen est pris à la gorge » , selon M. Rainsy. Il vient de réduire les salaires des policiers, des militaires et des fonctionnaires, et il a instau- ré un impôt foncier ainsi qu’une taxe sur les motos, moyen de loco-

foncier ainsi qu’une taxe sur les motos, moyen de loco- Sam Rainsy. REUTERS motion très répandu

Sam Rainsy. REUTERS

motion très répandu au Cambod- ge. « Il avait pourtant promis de ne jamais toucher à la terre ou aux transports populaires.» Les libertés publiques, d’après les opposants cambodgiens, seraient également menacées. «La nouveauté, c’est qu’il s’attaque désormais aux militants de base et pas seulement aux chefs, les réu- nions publiques sans autorisation

etlesmanifestationsontétéinterdi-

tes, ce régime se maintient par la peur», assure M.Rainsy. L’équilibre politique tradition-

nel assuré par le poids des royalis-

tes ne fonctionnerait plus. « Avant,

lesroyalistesétaientl’alternativeau

communisme, mais depuis 1995, ils ne sont qu’une caution et ont per- mis à Hun Sen de se maintenir au pouvoir.» De même, les prises de position virulentes de Hun Sen contre le tri- bunal international jugeant actuel- lement, à Phnom Penh, d’ex-chefs khmersrougesdévoileraient,selon Sam Rainsy, «la vraie nature du régime ». « Il critique les nouvelles poursuites engagées par le tribunal

spécial, car il craint que n’apparais- se au grand jour l’emprise des ex-cadres intermédiaires khmers rouges jouant aujourd’hui un rôle de premier plan dans le régime ». Néanmoins,àencroirelechefde l’opposition cambodgienne, «la dérive autoritaire » du régime s’op- poserait à des résistances inatten-

dues.Lamultiplicationdestélépho-

nes portables dans le pays contri- buerait à faire avancer la pluralité dans les campagnes et à diffuser une information alternative à celle donnée par des médias tenus par le régime. L’ouverture à la concurren- ce de certains marchés, comme les télécommunications, desserrerait l’étau imposé sur le pays. «Quand une dictature veut la modernité, elle doit accepter une certaine dose de liberté », estime M. Rainsy. p Jacques Follorou

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(Publicité) Appel contre la répétition d’une catastrophe humanitaire visant 3400 opposants iraniens en Irak A la

Appel contre la répétition d’une catastrophe humanitaire visant 3400 opposants iraniens en Irak

A la demande du régime iranien, les forces irakiennes ont pris d’assaut en juillet le camp d’Achraf, faisant 11 morts, 500 blessés et 36 otages parmi les résidents Le gouvernement irakien envisage un déplacement forcé des résidents d’Achraf, ce qui entrainerait une catastrophe encore plus tragique

ce qui entrainerait une catastrophe encore plus tragique PLUS DE 2000 MAIRES DE FRANCE APPELLENT L’ONU

PLUS DE 2000 MAIRES DE FRANCE APPELLENT L’ONU ET LES ETATS-UNIS À EMPÊCHER LE DÉPLACEMENT FORCÉ DES RÉSIDENTS DU CAMP D’ACHRAF EN IRAK

Les élusappellentlegouvernementirakienàmette enoeuvrela résolution du 24 avril 2009 du Parlement européen sur Achraf. Le Parlement européen demande à l’Irak:

de s’abstenir d’un déplacement forcé des résidents d’Achraf sur le territoire irakien. de respecter, dans le cadre de la 4ème Convention de Genève, les droits des résidents d’Achraf de mettre n au blocus d’Achraf

Déclaration des maires:

Nous sommes très préoccupés par la situation de 3400 membres de l’opposition iranienne, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, résidant au camp d’Achraf en Irak. Le régime iranien s’eorce par l’intermédiaire du gouvernement irakien de les réprimer. L’attaque mortelle des forces irakiennes contre Achraf les 28 et 29 juillet a fait parmi les habitants du camp 11 morts, 500 blessés et 36 otages. Ce n’est qu’après une grève de la faim de 72 jours et trois verdicts de la justice irakienne les remettant en liberté, et une vaste campagne internationale, qu’ils sont retournés à Achraf. Beaucoup à leur retour étaient sur le point de mourir.

Amnesty international, la FIDH, l’OMCT et Human Rights Watch, l’archevêque de Canterbury et le prix Nobel de la Paix l’archevêque Desmond Tutu, ainsi qu’un grand nombre de personnalités politiques et de défense des droits de l’homme ont condamné cette attaque et ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis de la situation des résidents d’Achraf.

La résolution adoptée le 24 avril 2009 par le Parlement européen souligne que les résidents d’Achraf sont des “personnes protégées” dans le cadre de la 4e convention de Genève et le gouvernement irakien doit respecter leurs droits, s’abstenir de les expulser ou de les déplacer à l’intérieur de son territoire et lever le blocus dont ils font l’objet.

Aujourd’hui il y a une inquiétude générale de voir les forces irakiennes s’engager, à la demande du régime iranien et pour le satisfaire, dans un nouveau massacre des résidents d’Achraf. Il faut noter que les forces assaillantes sont présentes à Achraf et dans ses environs. Tout en déclarant notre solidarité avec les résidents d’Achraf et leur famille, nous demandons au gouvernement américain, à l’ONU et au gouvernement irakien :

1- Que le gouvernement américain, sur la base de son engagement international et l’accord mutuel qu’il a signé avec les résidents d’Achraf, de garantir la protection des résidents et de prévenir toute violence à leur encontre et déplacement à l’intérieur du territoire irakien.

2- Que l’ONU installe une équipe permanente d’observateurs à Achraf pour contrôler le respect des droits des résidents et s’assurer qu’ils ne soient pas en danger d’être expulsés ou déplacés. Tout déplacement forcé hors d’Achraf constituera un prélude à leur massacre et à une catastrophe humanitaire.

3- Que le gouvernement irakien mette en oeuvre la résolution du 24 avril 2009 du Parlement européen. Nous demandons également au gouvernement irakien de respecter et mettre en oeuvre les points ci-dessus conformément au droit international, au droit humanitaire international, et au droit international régissant les droits de l’homme. Cela ravivera et renforcera la crédibilité et le prestige de l’Irak en tant que gouvernement indépendant et démocratique, ce qui malheureusement a été remis en question.

Association nationale des universitaires iraniens en Grande-Bretagne

10 Europe

10 Europe Lepremierministregrec veut ramener ledéficitpublic sousles 3% duPIB en 2013 Le socialiste Georges Papandréou

Lepremierministregrec veut ramener ledéficitpublic sousles 3% duPIB en 2013

Le socialiste Georges Papandréou a dévoilé,lundi, son plan de réduction des dépenses del’Etat

Athènes

Correspondance

C oupes dans les dépenses

publiques,miseenplacerapi-

de d’un étau fiscal pour stop-

per l’évasion généralisée et relance des privatisations : en annonçant, lundi14 décembre, son plan desau- vetage de l’économie grecque, le premier ministre, Georges Papan- dréou, s’est voulu à la hauteur des attentes et des inquiétudes susci- tées par le déraillement des finan- ces nationales. « Confronté au risque de som- brer sous le poids de sa dette », le pays va devoir prendre « en trois mois des décisions en souffrance depuis des décennies », a-t-il lancé, dans un discours devant des déci- deurs, des syndicalistes et des res- ponsables politiques. Il a reconnu que le régime préconisé sera «dou-

loureux » mais il a assuré que, com- biné à la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance, il allaitdans le sens de plus de justice.

Il a appelé les Grecs à un « pacte

social » pour soutenir les réformes

et convaincre les marchés, les insti-

tutionsetlesgouvernementsétran-

gers de faire à nouveau crédit, financier et politique, au pays. Continueràobtenir desprêtsest

«une question de vie ou de mort » pour l’économie nationale, avait auparavant mis en garde le numé-

rodeuxdugouvernement,Théodo-

re Pangalos, alors que la cote de sol-

vabilité du pays a été abaissée le

8 décembre par l’agence de nota-

tion Fitch. Après cette sanction, qui

a fait frémir toute la zone euro, le

pays n’avait obtenu un répit auprès de ses partenaires euro- péens qu’en s’engageant à annon- cer sans plus tarder des mesures draconiennes de redressement. La feuille de route prônée par M. Papandréou, dont l’applica- tion doit démarrer en février 2010 à l’issue d’un dialo- gue social, prévoit un retour du déficit en 2013 dans les clous du pacte de stabilité (3 % du produit

2013 dans les clous du pacte de stabilité (3 % du produit M. Papandréou a souligné,

M. Papandréou a souligné, lundi 14décembre à Athènes, que son plan «douloureux» sera accompagné d’une lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance. LOUISA GOULIAMAKI/AFP

intérieur brut, PIB) alors qu’il cara- cole à 12,7 % du PIB, et un recul à

partir de 2012 de la dette, qui frôle actuellement les 300 milliards d’euros, à 113 % du PIB. Parmi les mesures préconisées certainesontété vivement applau- dies, dont la taxation à 90 % des

Ilaappelé lesGrecs

àun«pactesocial» poursoutenir lesréformes

me actuel, beaucoup de gens atten- dent des initiatives. Des intérêts et des corporations vont évidemment être touchés,maisil y a une deman- de sociale », juge ainsi Angelos Tsa- nakakis, chercheur à Iobe, le centre d’études du patronat. Mais sans même attendre d’écouter le premier ministre socialiste, le puissant syndicat de la fonction publique, Adedy, avait sonné la mobilisation : « Les employés et retraités du secteur public ne doivent pas devenir les Iphigénies sacrifiées aux dieux du marché », a lancé leur président, Spyros Papaspyrou, en agitant la menace de grèves. « Il n’est pas question que les travailleurs payent seuls le prix de la crise », a également prévenu la puissante confédération syndicale de Grèce (GSEE), qui rassemble 600 000 adhérents et qui, dans la rue, avait fait reculer le précédent gouverne- ment socialiste (2000-2004) sur une première mouture d’une

bonus bancaires et le contrôle de l’origine des revenus des agents du fisc. Le gel pour les fonctionnai- res des salaires de base supérieurs à 2 000 euros ou le coup de frein

donnéauxembauchesdansunsec-

teur public qui emploie plus de 800000 personnes risquent, eux, de passer plus difficilement. Certains analystes veulent croi- re que les Grecs sont prêts : «Au vu

del’inefficacitéetl’injusticedusystè- réforme des retraites.

Pour faire face sur ce front et dans l’attente des réactions des marchés, dont les pressions ont faitmonteren flèchele coût ducré- dit pour le pays, M. Papandréou

compte appeler à l’union nationa-

le sur le plan politique. Il devait

réunir, mardi 15 décembre, tous les dirigeants de l’opposition pour un conseil présidé par le chef de l’Etat, Carolos Papoulias. Le dernier recoursàcette procédure solennel-

le remonte à 1993, quand le pays

s’était mobilisé face à la Macédoi- ne ex-yougoslave voisine, accusée d’usurper un pan de son identité. Cettefois,les premièresdéclara- tions des invités n’augurent d’aucune cohésion miracle. La droite, accusée par M. Papandréou d’une gestion « criminelle » ces cinq dernières années, critique un manque de cohérence et de rigueur; la gauche communiste et radicale dénonce le placement du pays sous la tutelle de Bruxelles pour une politique « antipopulai- re ». p – (Intérim)

une politique « antipopulai- re » . p – (Intérim) EnFinlande, unpolicierest jugépour n’avoir passudéjouer

EnFinlande, unpolicierest jugépour n’avoir passudéjouer unetuerie dansuneécole

La police avaitété alertée avant queMatti Saari ne tue dixélèves àKauhajoki, en septembre 2008

Stockholm

Correspondance

L e procès d’un policier inculpé dans le cadre du massacre perpétré il y a un an dans une

écolefinlandaise s’estterminé lun-

di 14 décembre. Plus d’une vingtai-

ne de parents s’étaient portés par- tie civiledans ce procès quia soule- vé beaucoup d’émotion dans le pays. Le policier est inculpé pour faute professionnelle et risque, à ce titre, une peine amende. Mais les familles des victimes veulent le

voir condamné pour homicide par

des victimes veulent le voir condamné pour homicide par Le “modèle français” en questions Un débat
Le “modèle français” en questions Un débat présenté par Antoine Cormery LA CULTURE : UNE

Le “modèle français” en questions

Un débat présenté par Antoine Cormery

LA CULTURE : UNE AFFAIRE D'ÉTAT ?

Avec notamment Caroline Fourest, chroniqueuse au journal Le Monde

Mercredi 16 décembre à 19h10

En partenariat avec

Le Monde Mercredi 16 décembre à 19h10 En partenariat avec Retrouvez l’émission en 3 langues sur

Retrouvez l’émission en 3 langues sur CanalSat, Numericable, tous les réseaux ADSL, les mobiles et FRANCE24.com

négligence. Il risquerait alors au minimum quatre mois de prison et la perte de son emploi.

Une vidéo suspecte

feu vert pour retirer l’arme à l’étu- diant. Mais lorsque le commissaire dudistrictconcerné apprendl’opé- ration en cours, il l’interrompt et annonce qu’il convoque l’étudiant

lundi. « Une raison pour

laquelle il a stoppé l’opération est qu’il n’avait pas accepté que le chef du district voisin prenne cette déci- sionquiempiétait sur sesprérogati- ves », estime l’avocat des familles Lasse Vuola. Lundi, veille du massacre, Matti Saari est interrogé par le commis- saire aujourd’hui inculpé. Or celui-

ci ne lui retire pas son arme. Pour-

quoi? «Saari ne riait pas et ne plai-

étaientsensibiliséesàcertainscom- santait pas non plus. Il avait l’air

portements.Etjustement,dansl’af-

faireKauhajoki,lesalertesontfonc-

tionné. C’est l’autre drame de cette affaire: plusieurs proches et même des policiers avaient tiré la sonnet- te d’alarme. Le vendredi, quatre jours avant

la tuerie, une bougie allumée est aperçue devant une fenêtre de l’école. Ce signe inquiète aussitôt de nombreux témoins, d’autant qu’une vidéo suspecte a été repé-

réesurYouTube,danslaquelleMat-

autre école finlandaise, à Jokela, en novembre2007, quand Pekka-Eric Auvinen, un élève de 18 ans, avait assassiné huit personnes avant de se suicider. A cause de ce premier massacre,lesautoritésfinlandaises

ri, étudiant dans une école profes- sionnelle de Kauhajoki, a tué dix élèves avant de se suicider. Cette tuerie était en tous points similaire à celle qui avait eu lieu dans une

Le23septembre2008,MattiSaa- pour le

d’un jeune homme en qui on pou- vait avoir confiance », a répondu le policier pendant le procès, disant que l’étudiant ne montrait aucun signe de nervosité. Les familles sont effondrées par cette affaire et elles ont l’impres-

sionquerienn’aétéfaitpourempê-

cher qu’elle ne se reproduise. Des

mesures ont toutefois été prises en matière de formation, de législa- tion sur les armes, de surveillance

d’Internetetdeluttecontreleharcè-

ti Saari tire plusieurs coups de feu vers la caméra. La police est alertée et démarre immédiatement une enquête. Le chef de la police du dis- trictconcernéest injoignable. Fidè- les à la procédure, les policiers demandent des instructions au chef du district voisin, qui donne le

lement à l’école. Mais pour les familles, l’impression demeure :

trop peu a été fait. «La Finlande est un pays violent, dit l’avocat Lasse Vuola, et rien de sérieux n’a été fait depuis Jokela. » Le verdict est atten- du fin décembre. p

Olivier Truc

0123

Mercredi 16 décembre 2009

décembre. p Olivier Truc 0123 Mercredi 16 décembre 2009 L’agression de SilvioBerlusconi créeunepolémique

L’agression de SilvioBerlusconi créeunepolémique sursaprotection

L’homme qui a attaquéle président du conseil italien s’est excusé dans unelettre

Rome

Correspondant

S ilvio Berlusconi devait rester en observation à l’hôpital San

RaffaeledeMilanaprèsl’agres-

de la Copasir, la commission parle- mentaire de contrôle des services secrets, dont dépendent les gardes du corps de M. Berlusconi. Selon son président, Carmelo Briguglio, «le trèsgraveépisode dont aété vic- time Silvio Berlusconi prouve de manièrepréoccupante quele systè-

medeprotectionduchefdugouver-

nement est inadapté et présente des lacunes ». « Il ne faudrait pas, a-t-il ajouté, que certains imagi- nent qu’il y a, en Italie, un permis de tuer le chef du gouvernement. »

Dans le climat politique italien passionné et envenimé par des polémiques constantes entre pro et anti-Berlusconi, plusieurs aler- tes ont déjà été lancées. L’appari- tion il y a quelques semaines sur le sitedepartageFacebook d’ungrou- pe appelant à « tuer Berlusconi » avait poussé les autorités à exiger sa suppression. Cet été, la publica- tion de photographies du chef du gouvernement et de ses invités dans sa villa de Sardaigne avait soulevé des doutes sur l’efficacité de son service de sécurité. Comme de nombreux hommes politiques, le président du conseil a bâti son succès sur sa capacité à enflammer les foules. Il aime leur contact. Il n’est pas rare de le voir traverser à pied le centre-ville de Rome, suivi d’une nuée de journa- listeset entourédeson serviced’or- dre aux aguets, pour faire des emplettes chez les antiquaires ou acheter des babioles dont il régale ensuite ses proches. C’est au cours d’une de ses bala- des impromptues qu’il a déjà été agressé le 31 décembre 2004 à Rome par un jeune homme qui l’avait frappé à la tête avec le tré- pied de son appareil photo. M. Ber- lusconi lui avait pardonné après avoir reçu des excuses. Lundi, Mas- simo Tartaglia, surveillé chaque minutedans la prison de SanVitto- re à Milan, a demandé un crayon et du papier à ses avocats, pour s’excuser à son tour auprès de M. Berlusconi. p

Philippe Ridet

siondont il aétévictime,dimanche 13décembre, à l’issue d’un meeting

dans la capitale lombarde. Selon son médecin, M. Berlusconi, qui souffre d’une fracture du nez et de traumatismes faciaux, aurait per- du des dents et « un demi-litre de sang ». Il ne pourra reprendre ses activités que «dans une dizaine de

jours».Sonagresseur,MassimoTar- Plusieurs alertes

taglia, un déséquilibré de 42 ans, a

expliqué avoir «agi seul et n’être le tueur de personne». Lundi 14 décembre, le ministre de l’intérieur, Roberto Maroni, a convoqué une réunion pour faire le point sur les conditions de sécu- rité du chef du gouvernement. Selonlui, «lespersonnes quientou- rentle président du conseil sont des

professionnels auxquels il n’y a rien à reprocher » . « On pouvait sûrement faire quelque chose de plus », arépliquéle ministrede l’ac- tualisation du programme, Gian- franco Rotondi.

Selon la presse italienne, plu- sieurs dysfonctionnements se seraient produits dans le système

desécuritédeM.Berlusconi,quidis-

pose d’une escorte d’une vingtaine d’hommespourleprotéger.Ilssont en général disposés en deux cercles autour de lui lorsqu’il va au-devant de ses supporters, comme cela est arrivé dimanche à Milan. Dans ces conditions, comment un homme seul a-t-il pu lancer, quasiment à bout portant, un objet à la figure du premier minis- tre ? Autre question : pourquoi, une fois touché, M. Berlusconi a-t-il pu ressortir de la voiture où il avait été immédiatement mis à l’abri, monter sur le marchepied et montrer son visage tuméfié ? Enfin: pourquoi son véhicule est-il resté stationné plusieurs minutes sur le lieu de l’agression au lieu de filer immédiatement à l’hôpital ? Toutes ces questions devaient être, mardi, au menu de la réunion

ces questions devaient être, mardi, au menu de la réunion Roumanie La réélectiondeM.Basescuentérinée BUCAREST. La

Roumanie

La réélectiondeM.Basescuentérinée

BUCAREST. La Cour constitutionnelle de Roumanie a confirmé, lundi 14décembre, l’élection du président sortant, Traian Basescu (centre droit), pour un nouveau mandat et rejeté la demande d’annulation du scrutin déposée par son rival social-démocrate, Mircea Geoana. Les sociaux-démocrates avaient demandé à la Cour d’annuler le scrutin du 6décembre, remporté de justesse par M.Basescu avec 50,33% des suffra- ges, soit environ 70 000 voix de plus que son rival (49,66 %). Selon eux, l’élection avait été entachée de « fraudes massives ». « J’accepte la déci- sion de la Cour et je souhaite au président Basescu du succès pour son nouveau mandat », a déclaré M. Geoana, lundi soir. – (AFP.) p

Union européenne Les fonctionnaires européens manifestent pour une hausse de leurs salaires

STRASBOURG. Quelque 200 à 300 employés du Parlement européen ont manifesté, lundi 14 décembre, à l’ouverture de la session parlemen- taire, dans le cadre d’un mouvement des fonctionnaires de l’UE en faveur d’une hausse des salaires de 3,7 %. Certains gouvernements s’op- posent à cette hausse, jugée malvenue dans le contexte de crise. – (AFP.)

jugée malvenue dans le contexte de crise. – (AFP.) distribue 20 MARQUES AUTOMOBILES et occasions toutes
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* Sources : Insee 2002, fichiers Acoss, Urssaf et Msa, enquête CSA 2007, enquête CNRS 2005/2006, Le Journal officiel.

CSA 2007, enquête CNRS 2005/2006, Le Journal officiel. sait qu’un des principaux moteurs de notre pays

sait qu’un des principaux moteurs de notre pays est à but non lucratif ?

Ce moteur, c’est le monde associatif.

12 millions de bénévoles. 1,8 million de salariés. 1,1 million d’associations actives en France. Plus de 70 000 associations créées cette année. 83 % des Français font confiance aux associations.*

83 % des Français font confiance aux associations.* Conférence de la vie associative • 17 décembre
83 % des Français font confiance aux associations.* Conférence de la vie associative • 17 décembre

Conférence de la vie associative • 17 décembre 2009

À suivre en direct sur www.jeunesse-vie-associative.gouv.fr

12 France

0123

Mercredi 16 décembre 2009

12 France 0123 Mercredi 16 décembre 2009

L’AP-HPfaitfaceàlacolèredesmédecinshospitaliers

900 responsablesmédicauxmenacent de démissionner aprèsle projet de suppression de 1000 emplois en 2010

F ace à la perspective de sup- pression de plus de 1 000 emplois en 2010 au

seindel’Assistancepublique-Hôpi-

taux de Paris (AP-HP), le personnel hospitalier est inquiet, et les méde- cins tout autant. Mardi 15 décem- bre, plusieurs dizaines de profes- seurs, menaçant de démissionner deleurs fonctions administratives, devaient se retrouver pour une

assembléegénéraleàlaPitié-Salpê-

trière à Paris, à l’appel de syndicats de médecins, de radiologues ou de chirurgiens, et du Mouvement de défense de l’hôpital public

(MDHP).Touss’opposentàdessup-

pressions de postes qu’ils jugent arbitraires et au plafonnement des emplois. Les syndicats de person- nel soignant appellent pour leur

part à un rassemblement devant le siège de l’AP-HP (Paris, 4 e arrondis- sement), vendredi 18 décembre. Pour le professeur Pierre Coriat, président de la commission médi- cale d’établissement (CME) de l’AP- HP, instance de représentation des médecins, «l’institution est mena- cée ». Pourtant modéré et réputé favorable aux restructurations, le professeur Pierre Coriat a fait grand bruit en annonçant en novembre qu’il démissionnerait

delaprésidencedelaCMEsilessup-

pressions d’emplois n’étaient pas

justifiées d’un point de vue médi- cal. Il estime qu’elles font courir des risques sur l’offre et la qualité des soins. Sa décision a été suivie d’un mouvement inédit de menaces de

démissiondeleursfonctionsadmi-

nistratives de 31 présidents de comités consultatifs médicaux (CCM),dans les37 hôpitauxde l’AP- HP. Selon le MDHP, qui a m ené la contestation contre la loi Bachelot au printemps, 118 chefs de pôle (67 % d’entre eux) et 423 chefs de service (plus de 50%) ont signé une menace de démission. Au total,

Les médecins libéraux

sont également critiques

Les relations du ministère de la santé se détériorent également avec les médecins libéraux. Le syndicat MG-France vient de changer de président, le docteur Martial Olivier-Koehret étant remplacé par le docteur Claude Leicher. Les adhérents ont sou- haité « un syndicat plus pugna- ce face aux pouvoirs publics» , a indiqué, lundi 14 décembre, la nouvelle direction, qui fustige des «humiliations répétées à l’égard des médecins généralis- tes». La veille, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) avait annoncé quitter les négociations avec l’assuran- ce-maladie sur la convention médicale, déplorant un «mépris » du gouvernement.

médicale, déplorant un «mépris » du gouvernement. En novembre, à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), une

En novembre, à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), une gréviste opposée à la fermeture annoncée de la maternité. JULIEN MUGUET/IP3

895 professionnels se disent prêts à rendre leur tablier. Difficiledetaxerles pétitionnai- res d’immobilisme. Comme Pierre Coriat,se retrouvent dans l’initiati- ve des professionnels investis dans la gestion des hôpitaux et de tous bords politiques. Ils ne sont opposés ni au principe des écono- mies et des suppressions d’em- plois, ni aux restructurations. Ces médecins sont en revanche très attachés au service public, qu’ils estiment menacé par des réduc-

tions d’effectifs inappropriées, ou par la perspective d’une conver- gence des systèmes de finance- ment entre secteurs hospitaliers public et privé. «La tension actuelle vient del’in- tervention permanenteduministè- redela santé, de son obsessionidéo- logique pour la gestion unique- ment comptable des emplois », juge le député (PS) Jean-Marie Le Guen, président du conseil d’admi- nistration de l’AP-HP. Une critique qu’il n’est pas le seul à formuler.

Le signal d’alarme a déjà été par- tiellement entendu : sur proposi- tiondelaCME,unaccordaété trou-

vé avec la direction de l’AP-HP et le ministèredelasanté, débutdécem- bre,réduisant de138à51, lenombre de postes de médecins supprimés en 2010. Mais les menaces de

démission persistent. « Certes

les

emplois de médecins sont impor- tants,mais pourles soignants, dont nous manquons déjà, ce sont des milliers d’emplois dont la suppres- sion est envisagée dans les prochai-

nes années », relève le professeur Olivier Lyon-Caen, chef du service de neurologie à la Pitié-Salpêtrière. La CME proposera un compromis

enjanvier2010,quiferacorrespon-

dre offre de soins et réduction d’ef-

fectifs. « Je n’envisage pas que nous arrivions à 1000 postes », prévient M.Coriat.

Lessyndicatsdespersonnelssoi-

gnants pointent, eux, le malaise des salariés, confrontés en 2009 à des réductions d’effectifs. «Rendre 1000 postes en 2010, c’est impossi-

Amer,leprofesseurBensmandéploreun«immensegâchis»

LE PROFESSEUR Albert Bensman, chef du service de néphrologie pédiatrique à l’hôpital Armand- Trousseau ne menace pas, comme ses homologues, de démissionner de ses fonctions administratives:

il l’a déjà fait. C’était le 26 octobre, peu avant que le mouvement de contestation contre les suppres- sions d’emplois prévues à l’Assis- tance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ne soit lancé. Il était notamment vice-président du comité consultatif médical et prési- dent de la commission des effec- tifs. Il est resté chef de service. «Depuis quelquesmois, un pro- cessus de destructionmassive et brutale est en route. La plupart des services de spécialités pédiatriques

n’ont plus les lits nécessaires pour faire leur travail et répondre aux demandes», écrit-il dans sa lettre de démission à la directrice de l’éta- blissement. Et il ajoute: « En gar- dantmes fonctions administrati- ves, j’aurais eu l’impression d’être complice d’un énorme gâchis ». De réputation internationale, le professeur dirige un service de pédiatrie spécialisé qui assure des missions de recherche et d’ensei- gnement. Il déplore les fermetures de lits dues au manque de person- nel: «Quand une infirmière part, elle n’est pas remplacée, qu’elle soit indispensable ou non. En trente- cinq ans, je n’ai jamais vu un tel ras- le-bol des équipes, et une telle ruptu- re avec l’administration. »

Partant à la retraite dans six mois, il dit ne pas avoir de pré-car- ré à défendre, mais vouloir alerter sur les dangers qui pèsent sur l’ave- nir de l’hôpital public. Par manque d’infirmières, son service vient d’être regroupé avec celui de pneu- mologie, sans qu’il soit consulté. Désormais, il ne dispose que de huit lits contre treize auparavant. Il est tout aussi amer de ne pas être consulté sur l’avenir de sa spé- cialité, alors que des discussions sont en cours au sujet d’un rappro- chement avec les autres services de néphrologie pédiatrique de l’AP- HP. Une perspective qu’il déplore, car dans le monde médical comme à l’université, «la compétition est un stimulant ».

Si la recherche est menacée, se lon lui, la prise en charge des enfants l’est aussi: «Les infirmières veulent toutes partir, à cause de la charge de travail, du retard des soins, de la peur de l’erreur et du manque de temps pour l’accompa- gnement des familles », déplore t-il. Le professeur dénonce l’évolu- tion de l’AP-HP, qu’il qualifie d’« organisation insidieuse de la pénurie». «Sous Thatcher, on a fait lamême chose outre-Manche, et nous étions fiers en France d’avoir unemeilleure médecine. Je crois que nous prenons lemême chemin, alors que les Anglais reconnaissent qu’il n’aurait pas fallu procéder ain- si», juge t-il, sévère. p

L. Cl.

ble, toutlemonde a déjà des retards de congés », affirme Marie-Hélène

Durieux,déléguéeSud-Santéàl’hô-

pital Tenon (20 e arrondissement deParis). «Lesgenscraquent.Absen- téisme, maladies longue durée… Tous les indicateurs sociaux sont au rouge », explique Olivier Cam-

mas, de l’USAP-CGT. Il observe une montée des actions locales pour

manqued’effectifs,commecesder-

niers jours à Tenon et Ambroise- Paré (Boulogne-Billancourt). Si l’année 2010 fait peur, les sui- vantes également. Il est prévu la réductionannuellede1 000 postes de personnel soignant jusqu’en 2012 et plus. Pour revenir à l’équili- bre, l’AP-HP doit dégager, d’ici à 2012, 300 millions d’euros, soit 100millions par an. 20% pourront

Pourrevenir àl’équilibre,l’AP-HP doitdégager,d’ici

à2012,300millions

venir de recettes supplémentaires,

mais 80 % passeront par une bais- se des dépenses, dans lesquelles les salairesreprésentent70 %.Ladirec- tion s’appuiera sur les départs

naturels.Touslesans,lemastodon-

te AP-HP enregistre 6000 départs, sur un total de 90 000 salariés. Un plan stratégique 2010-2014 est aussi en cours, qui suscite les craintes. Les 37 hôpitaux vont se transformer en 11 groupes hospita- liers. Les rapprochements permet- tront des économies, notamment en supprimant des doublons entre hôpitaux. Mais ils engendreront forcément beaucoup de muta- tions… et certainement des

conflits. « Il va falloir accompagner ces mouvements de personnel. Il y aura une information forte à construire », reconnaît Benoît Leclercq, le directeur général. Chacun sait que la situation est

viteexplosivedanslevaisseauami-

ral des hôpitaux français, qui réali-

se 4 millions de consultations par an, 1 million d’hospitalisations, et qui accueille, en plus de 75 % de Franciliens, de nombreux malades deprovinceetdel’étranger.Malgré

sonstatut,l’AP-HPneserapasépar-

gnéeparlesrestructurationshospi-

talières : le gouvernement pointe

régulièrementlesproblèmesd’effi-

cience de l’hôpital public, y voyant un levier pour réduire le trou de l’assurance-maladie.

Lesujetestpolitiquementsensi-

ble. Dans l’entourage de la minis- tre de la santé, Roselyne Bachelot, onassurequ’iln’yaurapasde «sau- poudragetechnocratique » dessup- pressions de postes. Si restructurer àmarcheforcée paraîtcompromis, l’objectif final demeure néan- moins. p

Laetitia Clavreul

final demeure néan- moins. p Laetitia Clavreul NicolasSarkozyveut réformerl’Etat social dès2010 Le
final demeure néan- moins. p Laetitia Clavreul NicolasSarkozyveut réformerl’Etat social dès2010 Le
final demeure néan- moins. p Laetitia Clavreul NicolasSarkozyveut réformerl’Etat social dès2010 Le

NicolasSarkozyveut réformerl’Etat social dès2010

Le président craint de décrocher del’Allemagne et n’attendra pas un éventuel deuxièmemandat

D usangetdeslarmes?Enpré-

par le grand emprunt « vont être immédiatement gagés par des éco- nomies supplémentaires sur les dépenses courantes de l’Etat ». Le chef de l’Etat ne compte donc pas attendre un second quinquen- nat pour juguler les déficits. Ce serait prendre le même risque que

discrètement énuméré, lundi 14 décembre, la liste des réformes de l’Etat et du système de protec- tion sociale qu’il entend engager

en 2010. La réforme des retraites aura bien lieu l’année prochaine. Et ce n’est pas tout. Le président va aussi s’attaquer aux deux autres

le premier ministre socialiste Lio-

nelJospin(quiavaitreportélaréfor-

me des retraites à l’après-2002),

sourcesdedéficit:lasantéetlescol- alors que les sondages indiquent

lectivités locales. Dès janvier, en pleine campagne pour les élec- tions régionales de mars, le prési- dent de la République organisera «une conférence sur les déficits de la France qui réunira des représen- tants de l’Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales ». Le gouvernement fera des pro- positions au printemps. M. Sarko- zy a assuré que les intérêts générés

grecqueetcraintunkrachobligatai-

re européen qui renchérirait consi- dérablement le service de la dette.

« Les agences de notation et la Commission européenne peuvent

çais sur l’endettement du pays et que l’opposition dénonce le laxis- me budgétaire. Surtout, l’exécutif est particulièrement inquiet des attaques des marchés sur la dette

uneinquiétudecroissantedesFran-

sentant à l’Elysée son grand

emprunt, Nicolas Sarkozy a

être contentes. L’objectif absolu est de maintenir le crédit de la France et de ne pas décrocher de l’Allemagne », indique un proche du président.

Obligation d’équilibre

M. Sarkozy n’a eu de cesse d’in- voquer l’Allemagne, se livrant à des comparaisons approximati- ves pour justifier son bouclier fis- cal et la baisse de la TVA dans la res- tauration.La Courconstitutionnel- le allemande est revenue, elle, en janvier 2006 sur sa jurisprudence qui limite à 50 % l’imposition maximale des revenus tandis que la chancelière Angela Merkel pré- voit de baisser la TVA dans l’hôtel- lerie mais pas dans la restauration. Il n’empêche, l’Etat social est moins généreux en Allemagne et, aux yeux de M. Sarkozy, la France

doit suivre son exemple. « En 2007,ladépensepublique représen- tait 52% du PIB contre 43% en Alle- magne… voilà la situation dont j’ai hérité », a déclaré le président, qui n’exclut pas d’inscrire dans la Constitution l’obligation d’attein- dre l’équilibre budgétaire comme l’ont fait les Allemands. Laréformedesretraitesestjugée

décisive. Dans les salons de l’Elysée, le conseiller social Raymond Sou- bie fait mine de ne pas voir de dur- cissementde la CGTsur le sujet. « Ils n’ont pas demandé un retour aux 37,5 années de cotisations », sourit M.Soubie. Il n’empêche, le dossier sera très complexe. « Il y aura un moment de virilité entre Nicolas

SarkozyetBernardThibault»,secré-

tairegénéraldelaCGT,renchéritun proche du président. p Arnaud Leparmentier

0123

Mercredi 16 décembre 2009

0123 Mercredi 16 décembre 2009 Unebourdecentriste quiresteradans lesannalesduSénat Une erreur de vote a entraîné,lundi

Unebourdecentriste

quiresteradans

lesannalesduSénat

Une erreur de vote a entraîné,lundi 14 décembre, le rejet delaloi surle redécoupage électoral

L ’improbable tuile. Le projet de loi ratifiant l’ordonnance de redécoupage des circons-

criptions législatives, adopté le 20 octobre à l’Assemblée nationa- le, a été victime, lundi 14 décembre au Sénat, d’une bourde centriste. En se trompant de bulletins de vote,lors du scrutin sur la suppres- sion de l’article unique, Jean-Jac- ques Pignard (Union centriste, Rhône), devenu sénateur le 24 juillet en remplacement de MichelMercier, nomméaugouver- nement, est entré dans l’histoire du Sénat. Et apassablement contri- bué à échauffer le climat dans cet- te assemblée d’ordinaire paisible. Letexte devait en principeache- ver son parcours législatif au Sénat par un vote conforme à celui de l’Assemblée nationale. Le projet de loi tient en un article unique, ratifiant le rédecoupage des cir- conscriptions effectué par le gou- vernement.Une formalité,enquel- que sorte. La tradition voulant que les membres d’une assemblée par- lementaire n’interfèrent pas dans un mode de scrutin concernant les membres de l’autre assemblée. L’accident ne serait toutefois pas survenu sans une certaine fébrilité de la majorité sénatoriale. Plusieurs voix critiques s’étaient en effet fait entendre au sein même du groupe UMP – dont celle de l’ancien premier ministre Jean- Pierre Raffarin, qui avait fait connaître son intention de s’abste- nir. L’UMP avait fait ses pointages :

«Ça devait passer ric-rac avecl’abs- tention d’une partie du RDSE [groupe composite dont les radi- caux de gauche forment l’ossature] », assure un responsa- ble du groupe. Résultat, lors des motionsde procédure,une opposi- tion offensive et une majorité empruntée.Et, au moment du pas- sage à la discussion de l’article uni- que, lorsque la sénatrice commu- niste Josiane Mathon-Poinat pré- sente son amendement de sup- pression,la majorité est minoritai- re en séance. Voyant cela, le délé- gué du groupe UMP demande un scrutin public. Le scrutin public au Sénat est une sorte d’assurance tous risques pour la majorité. Chaque groupe désigne un mandataire qui détient les votes de l’ensemble de ses membres. Les bulletins de vote – blanc pour les pour, bleu pour les contre et rouge pour les absten- tions – doivent être déposés dans trois urnes disposées à cet effet de part et d’autre de l’hémicycle et au pied de la tribune.

Et c’est là que survint l’accident. En l’absence du président du grou- pe UC, c’est M. Pignard qui avait la délégation, avec consigne de voter pour… le projet de loi. A l’annonce du scrutin public, il se précipite pour mettre ses bulletins blancs dans l’urne. Quand il veut rectifier son erreur, il est trop tard, le délé- gué du groupe socialiste a déjà déposé ses bulletins dans la même urne. Le résultat est proclamé : 167 pour l’amendement de suppres- sion, 156 contre. Le feu s’est alors propagé au Palais du Luxembourg. Suspen- sion de séance, demande de nou- velle délibération, invectives… La présidentde séance,Catherine Tas- ca (PS) suspend jusqu’à 22 h 30, «le temps que chacun retrouve sa séré- nité ». A la reprise, le gouverne- ment et les présidents des groupes UMP et UC exigent un nouveau vote. « Je prends mes responsabili- tés, annonce M me Tasca. Je considè- re quel’adoption del’amendement

Suspensionde séance, demandede nouvelle délibération, invectives…

de suppression a, de fait, abouti au rejet de l’ensemble du texte. En conséquence, je lève la séance. » Fureur à droite. « C’est une hon- te, un coup de force, c’est de la tri- cherie », hurle M. About. « C’est un abus de pouvoir, tempête le prési- dent du groupe UMP, Gérard Lon- guet. Nous ne siégerons plus en votre présence. » M me Tasca ne scille pas. « Il y a une règle simple au Sénat: lorsqu’un vote a eu lieu, il n’est pas remis en cause. Ce ne sont pas les menaces et la violence des propos qui me feront changer de position », explique la sénatrice des Yvelines, qui précise : « J’ai sou- haité que le président Larcher vien- ne présider cette séance. Il a été contacté mais il a estimé qu’il n’avait pas à venir. J’ai donc assu- mé mes responsabilités. » L’UMP et l’UC devaient deman- der, mardi matin, une réunion du bureau du Sénat. Ils veulent que celui-ci constate la nullité du vote. S’ils n’obtenaient pas gain de cau- se, le gouvernement devrait redéposer le texte pour qu’il recommence un nouveau par- cours dans les deux assemblées. Unesituation quirappelle étrange- ment ce qui s’était passé avec le texte Hadopi. p

Patrick Roger

France 13

passé avec le texte Hadopi. p Patrick Roger France 13 Ladroiteparisiennemènebataillecontre

Ladroiteparisiennemènebataillecontre

leshaussesd’impôtsdeBertrandDelanoë

A troismois des régionales,lemaire (PS) de Paris a dû aussi répondre aux critiques desVerts

(PS) de Paris a dû aussi répondre aux critiques desVerts Le budget en chiffres Le budget

Le budget en chiffres

Le budget de la collectivité pari- sienne s’élève à 7,4 milliards d’eu- ros en 2010 (+2% par rapport à

2009).

Il est composé du budget de la Vil- le : 5,3 milliards d’euros et du bud- get du département, 2,1 milliards euros.

En 2010, les crédits d’investisse- ment (1,6 milliard) sont stables. L’urbanisme et le logement repré- sentent plus de 40% des dépen- ses suivis de la voirie et des trans- ports (17%)

Les crédits de fonctionnement (5,8 milliards) augmentent de 2,4%. Les dépenses sociales représentent plus d’un tiers du budget. 50 millions d’économies sont prévues qui toucheront notamment la voirie et les dépla- cements, la propreté, la culture.

Christine Lagarde au Conseil de Paris, lundi 14 décembre. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/FEDEPHOTO POUR « LE MONDE »

L e maire (PS) de Paris a pris un risque en annonçant, à trois mois des élections régiona-

les, une augmentation d’ impôts de 8 % dans son budget pour 2010. Il a été la cible, lundi 14 décembre, des coups redoublés de la droite parisienne contre son «matraqua- ge fiscal » tandis que les Verts ont déploré la trop lente « conversion de l’économie parisienne » à l’éco- logie, valeur dont se réclame M. Delanoë. Face à cette double attaque, le maire de Paris a défen- du « un budget de combat contre la crise » qui lui impose de « gar- der le cap dans la tourmente » «Votre budget repose sur deux principes, essentiellement plus de dépenses de fonctionnement et plus d’impôts pour les financer », a asséné, lundi, au conseil de Paris, la ministre de l’économie Christi- ne Lagarde, élue du 12 e arrondisse- ment. Le maire, absent, n’a pu bénéficier de cette petite leçon de gestion, écourtée par le chahut des élussocialistesqui, pendantl’inter- vention de Christine Lagarde, ont diffusé la musique du clip vidéo des jeunes UMP dans lequel elle chante et danse. M. Delanoë n’a rien perdu, en revanche, de la diatribe de Jean- François Lamour, qui préside le groupe des 54 élus UMP au conseil de Paris. Le maire lesterait, selon lui, les parisiens d’un « vrai boulet fiscal » en augmentant les impôts de 8%,après 9% cetteannée. «Paris reste la grande ville la moins impo-

sée de France », fait valoir la mairie.

Cet argument «est indécent » s’est

indigné Yves Pozzo di Borgo, prési-

dent du groupe Centre et indépen-

dants « quand on sait que Paris est

lavillelapluschèredeFrance,latroi-

sième plus chère d’Europe ». La droite veut écorner l’image de bon gestionnaire du maire de Paris. M. Lamour a qualifié de « loufoque et boulevardière » la

«Iln’ya pasdetas d’oretiln’y apas d’onclePicsou»

Bernard Gaudillère adjoint (PS) aux finances de M.Delanoë

présentation du budget par M. Delanoë « qui puise dans le manuel du parfait gaspilleur » . Jean-François Legaret, maire (UMP) du 1 er arrondissement, a accusé M. Delanoë de se consti- tuer une « cagnotte sur le dos des contribuables parisiens ». Et d’ex- pliquer : la Ville a bénéficié de recettes de taxe professionnelle plus élevées que prévu en 2009. Elle n’augmente pas ses investisse-

ments en 2010. Par conséquent elle aurait du limiter la hausse fis- cale « à 4,3% » au lieu d’aller à 8%. « Il n’y a pas de tas d’or et il n’y a pasd’oncle Picsou », a répliqué Ber- nard Gaudillère, adjoint (PS) aux finances de M.Delanoë. « Les dépenses de fonctionnement n’ont augmenté que d’un peu plus de 2%», a-t-il souligné : un effort de rigueur « sans exemple dans un passé récent », a-t-il insisté. Pour la première fois la Ville a coupé 50 millions d’euros dans ses cré- dits de fonctionnement en 2010. « Les Parisiens que je rencontre neme posent guère de question sur les augmentations d’impôt. La Vil- le est bien gérée et honorable- ment », s’est défendu M. Delanoë. Il s’est plaint que «la dette de l’Etat envers les parisiens s’élève à 385 millions d’euros » dont 140 mil- lions au titre de la compensation des dépenses du département de Paris pour le RMI et le RSA. Les critiques ne pas venues que de la droite. Même s’ils ont voté le budget, les élus écologistes se sont

En grève, les agents de la Ville réclament plus d’effectifs

Pour la première fois, les sept syndicats de fonctionnaires de la Ville de Paris ont lancé un appel unitaire à la grève, lundi 14décembre, en plein vote du budget. 10% des 49000 agents de la Ville ont cessé le travail dans les crèches, les parcs, les musées, 45% parmi les person- nels de la propreté. Les syndi- cats dénoncent le manque d’ef- fectifs au regard des nouveaux équipements créés par la munici-

palité depuis 2001. En 2009, la Ville a gelé les embauches et pro- cédé par redéploiements ou réaf- fectations. Mais entre 2001 et aujourd’hui, elle affirme avoir titularisé 3 756 agents et embau- ché 5471 fonctionnaires dont 43% pour compenser la loi sur les 35 heures. Les syndicats réclament aussi des revalorisa- tions de salaires et une forma- tion leur permettant une pro- gression de carrière plus rapide.

clairement démarqués des projets emblématiques de M. Delanoë. Comme l’UMP, les Verts qui comptent 9 élus (contre 73 pour le PS) doutent de l’intérêt du projet Autolib’ pour lequel 35 millions d’euros sont prévus l’an prochain. Sur le modèle de Vélib, cette offre de voitures en libre-service devrait, selon la mairie, réduire à terme l’utilisation des voitures particulières dans la capitale et les 26 communes alentour, partenai- res du projet. Ni l’UMP ni les écolo- gistes ne croient à cet effet ver- tueux. « Il y a des limites à la tacti- que, s’est exclamé M.Delanoë. Les Verts parisiens sont contre Autolib’ alorsquecela viseà réduirela voitu- re à Paris, les élus parisiens UMP sontcontre alorsqueplusieurs com- munesUMP sontdéjàdansle dispo- sitif d’Autolib’ », a-t-il souligné. A son tour, Jean-Pierre Caffet, président du groupe PS au conseil de Paris, aqualifié d’«arnaqueélec- torale » la proposition des Verts de lancer un grand emprunt auprès des Parisiens pour développer plus vite les emplois qui contri- buent à réduire les émissions de gaz à effet de serre de Paris. Les Verts « sont très utiles à la majorité. Mais s’ils étaient amenés à dirigerla ville,jeme ferais un peu de souci » , s’est esclaffé le maire de Paris. Cela vaut pour la Région aus- si, a dégainé M. Delanoë. Quant aux élus UMP qui ont présenté de nombreuses propositions pour verdir le budget parisien, ils ont laissé le maire goguenard : « Si la droite est écologiste. Alors moi, je suis le pape. » p

Béatrice Jérôme

ont laissé le maire goguenard : « Si la droite est écologiste. Alors moi, je suis
ont laissé le maire goguenard : « Si la droite est écologiste. Alors moi, je suis

14 France

0123

Mercredi 16 décembre 2009

14 France 0123 Mercredi 16 décembre 2009 Budget Taxeprofessionnelle:lesdéputés revoientlacopiedes sénateurs La

Budget

Taxeprofessionnelle:lesdéputés revoientlacopiedes sénateurs

La commission mixte paritaire composée de 7 députés et de 7 séna-

teurs et chargée d’examiner le projet de loi de finances a modifié, lun-

di 14 décembre, la réforme de la taxe professionnelle telle qu’elle était

sortie du Sénat. Comme le souhaitaient les députés, la territorialisa- tion de la valeur ajoutée a été rétablie à chaque échelon des collectivi- tés territoriales (bloc communal et intercommunalités, départements, régions). La cotisation sera donc calculée à partir de la valeur ajoutée

localisée, c’est-à-dire présente sur les territoires. En revanche, les séna- teurs ont obtenu gain de cause sur l’abattement sur le foncier des entreprises collecté par les communes, mais son taux a été ramené de

35 % à 30 %. p Claire Guélaud

Immigration

LePSdemandeune «protection temporaire»pourlesAfghans

Au nom des groupes socialistes de l’Assemblée et du Sénat, la sénatrice Bariza Khiari et les députés Sandrine Mazetier et Christophe Caresche ont annoncé, le 14décembre, le dépôt d’une résolution demandant la mise en place d’une «protection temporaire» pour les Afghans fuyant leur pays. Reprenant une proposition de France terre d’asile, les parlementaires PS font valoir que cette protection pourrait être mise en œuvre par l’applica- tion d’une directive européenne de 2001 transposée en 2005 dans la légis- lation française. Alors qu’un nouveau vol groupé à destination de Kaboul

avec des exilés afghans pourrait décoller le 15décembre, la première secré- taire du PS, Martine Aubry, a « condamné vigoureusement » toute nouvel-

le expulsion et appelé le gouvernement à « y renoncer ». Françoise Hos-

talier, député UMP du Nord, a elle-aussi demandé un «moratoire » sur

le renvoi d’Afghans dans leur pays. p Laetitia Van Eeckhout

Education Nouvelles journées d’action contre la réforme de la formation des maîtres

La majorité des organisations syndicales de l’éducation nationale a

appelé, mardi 14 et mercredi 15 décembre, à des mobilisations pour lut-

ter contre la réforme de la formation des enseignants de primaire et du secondaire. Cette réforme doit être présentée au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche le 21 décembre.

Santé Paris vote une subvention d’étude pour des salles de consommation de drogues

La Ville de Paris a voté lundi 14décembre une subvention de

26000euros à l’association Elus, santé publique et territoires (ESPT) pour réaliser une expertise sur les salles de consommation de drogues pour toxicomanes. La mesure a été défendue par le député PS de Paris, Jean-Marie Le Guen. Il existe plus de 80 salles de consommation ou d’in- jection, dite «salles de shoot», dans plus de 25 villes européennes. (–AFP.)

Justice Condamné pour viol, Loïc Sécher a obtenu la sai- sine de la Cour de révision

Loïc Sécher, condamné à 16 ans de réclusion pour le viol d’une adoles- cente, a obtenu lundi 15 décembre la saisine de la Cour de révision. L’an- cien ouvrier agricole, domicilié à La Chapelle-Saint-Sauveur (Loire- Atlantique), pourrait avoir droit à un nouveau procès en 2010, si la Cour fait droit à sa demande de révision. Après neuf années de détention, l’homme clame toujours son innocence. L’affaire a rebondi en avril2008 lorsque son accusatrice s’est rétractée. En attendant la déci- sion de la Cour de révision, Loïc Sécher reste incarcéré.

Social

1million

Lenombredechômeurs arrivant en findedroitsen2010

Selon les calculs de Pôle emploi, un million de chômeurs arriveront en fin de droits en 2010. 17 % d’entre eux basculeront dans l’allocation spé- cifique de solidarité (ASS) et seule une faible partie des 83 % restant pas- seraient au RSA. Pour éviter la réalisation de ce scénario catastrophe, les partenaires sociaux peuvent décider de prolonger de trois mois l’indem- nisation chômage. Coût : 1,342 milliard d’euros. Le gouvernement peut, lui, modifier les conditions d’accès à l’ASS et prolonger les dispositifs de l’allocation équivalent retraite et l’allocation fin de formation qui s’inter- rompent fin 2009. Demandée par les syndicats, cette mesure coûterait 262millions d’euros et concernerait 71 500 personnes. p Rémi Barroux

et concernerait 71 500 personnes. p Rémi Barroux Amar,12ans,mortparballesaprès

Amar,12ans,mortparballesaprès

unefusilladepourdesmotifsfutiles

Prèsde 500personnes ont défilé dansles rues de Lyonenhommage au garçon décédé dimanche

Lyon

Correspondant

P rès de 500 personnes, certai-

nes vêtues de noir, ont défilé

silencieusement, lundi

14 décembre dans la soirée, dans les rues du 8 e arrondissement de Lyon en hommage au jeune Amar, 12 ans, tué la veille au cours d’une fusillade. Habitants du quartier de tous âges et de diverses origines et proches de la famille de la victime ont marché dans le froid pendant une quarantaine de minutes der- rière une banderole proclamant « Non à la vengeance, oui à la jus- tice pour Amar ». Le jeune garçon est tombé sous les balles au cours d’un règlement de comptes, mortellement tou- ché, alors qu’il allait chercher du pain, dimanche 13 décembre en fin d’après-midi. Selon plusieurs témoignages, les tirs sont partis d’unevoiture aux plaques minéra- logiques masquées par du ruban adhésif, à bord de laquelle se trou- vaient quatre à cinq individus,

aux visages cagoulés. Une dizaine d’impacts ont été relevés sur le corps de la jeune victime. Un autre adolescent, âgé de 17 ans, qui reve- nait d’un match de football, a été blessé au mollet. Cedrame semble résulterd’inci- dents qui se sont produits au cours de l’après-midi de dimanche dansle quartier deMermoz,unsec- teur dit « sensible » à l’est de l’ag- glomération lyonnaise, et situé entre le boulevard périphérique et l’autoroute A43 qui part en direc- tion de Grenoble. « Au départ, il s’agit d’une altercation pour des motifs complètement futiles », a résumé la commissaire Marianne Charret-Lassagne, directrice adjointe de la sûreté départemen- tale du Rhône. Vers 15 h 30, une jeune femme avait été prise à partie alors qu’elle sortait d’un bureau de tabac place Latarjet, un des rares commerces ouverts le dimanche dans le quar- tier de Mermoz. Un groupe de jeu- nes gens aurait brocardé cette jeune femme venue de la commu-

ne voisine de Bron, située de

l’autre côté du périphérique, tout en la visant avec un stylo laser.

Vers 16 h 15, trois individus sont

revenus dans ce secteur à bord d’une Peugeot 306, visiblement

avec la volonté de réparer l’offen-

se faite à la jeune fille. Une violen-

te bagarre a éclaté, avec bâtons,

«Ils’agitd’une bagarredérisoire quia prisdes proportions insensées »

Jean Varaldi procureur adjoint au parquet de Lyon.

pierres,marteaux et battesdebase- ball selon certains témoins. Le groupe venu de Bron, en nombre inférieur, a alors fait demi-tour. A 17h 30, une Citroën grisea sur-

gi à vive allure dans le quartier. Les

coups de feu ont claqué, nom- breux, comme par rafales tirées de la voiture. Les premiers constats

de la police scientifique mention- nent deux types de munitions : du calibre 12 de fusil à chevrotine et du 7,62 de fusil-mitrailleur. Tout laisse penser qu’un groupe serait revenu en découdre, sévèrement armé. « Il ne s’agit pas d’une guerre

entre bandes comme on peut en voir en région parisienne, il s’agit d’une bagarre dérisoire qui a pris des proportions insensées », préci- se Jean Varaldi, procureur adjoint au parquet de Lyon. « La violence a explosé aveuglément, sans aucune mesure. » Un homme âgé d’une vingtaine d’années, considéré comme « un témoinimportant », selon leprocu- reur adjoint a été interpellé et pla- cé en garde à vue lundi. Propriétai- re de la Peugeot 306 apparue en début de ce funeste après-midi, il est suspecté d’avoir pris part àl’en- chaînement des événements, sans que son rôle exact ne soit encore

défini. L’enquête est confiée à la brigade criminelle de la sûreté départementale. p Richard Schittly

de la sûreté départementale. p Richard Schittly UndescendantdeGeorgeWashingtonjugépouravoir

UndescendantdeGeorgeWashingtonjugépouravoir

assomméunbanquierdansuneboîtedenuittropézienne

Un ami dela victime et proche de Nicolas Sarkozy, RobertAgostinelli, auraitmenacéle prévenu

Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) Envoyé spécial

A près le dossier d’un père et de son fils qui ont assommé un homme à coups de barre

de fer pour une histoirede 35 euros, après l’histoire d’un trafiquant de

drogue et celle d’un détenu violent,

leprésidentappelle«l’affaireWash-

ington ». Quatrième dossier du jour, ce lundi 14 décembre, devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence où l’on expédie les dossiers selon un rite bien établi. Pourtant, à cet instant, l’audience bascule. JohnAugustin Washington, «est né le 15juillet 1963 à Washington », indique le président, sans préciser que le prévenu est un descendant du premier président des Etats- Unis, George Washington. Ce reje- ton de belle lignée, étudiant attardé à Oxford (Grande-Bretagne), com- parait pour «violence ayant entraî- né une interruption temporaire de travail (ITT) supérieure à 8 jours », avec cette circonstance aggravante de s’être servi d’une arme pour accomplir son forfait. Une bou- teille de vodka, en l’occurrence.

Le 20 mars, le tribunal correc-

tionnel de Draguignan l’a condam- né en première instance à quinze

moisdeprisonferme.Niluinilavic-

time, Colin Hall, également améri- cain, n’ont fait le déplacement. Leurs avocats respectifs, M e Jean Tamalet pour John Washington et M e Pierre-Olivier Sur pour Colin Hall, les représentent.

«Sacheque leschiens dechasse sont derrièretoiet ilssont trèsencolère»

Robert Agostinelli menaçant John Washington par téléphone

Colin Hall, lui, n’a pas d’ancêtre

illustre. Banquier, il dispose cepen- dant d’un richissime protecteur. Son patron, Robert Agostinelli, homme d’affaires italo-américain, président d’un fonds d’investisse- ment new-yorkais, est un proche de Nicolas Sarkozy. Il figurait, avec son ex-épouse Mathilde, parmi les invités du Fouquet’s, en mai 2007

ausoirdel’électiondunouveaupré-

sident de la République. C’est lui

qui,deuxmoisetdemiplustard,en août2007, a offert au chef de l’Etat

etàsafamille,accompagnéedel’an-

cienne garde des sceaux, Rachida Dati, ses premières vacances prési- dentielles, dans le luxueux lieu de villégiature de Wolfeboro (New Hampshire). Les faits remontent au 24 juillet 2006. Histoire de finir en beauté un dimanche festif, une bande d’Anglo-Américains se retrouvent aux Caves du roy, l’une des boîtes de nuit les plus huppées de Saint- Tropez (Var). On danse, on rit, on boit jusqu’à ce que Colin Hall s’ef- fondre dans un grand fracas. Il est près de 4 heures du matin, il vient de prendre un coup de bouteille sur la tête. Bagarre, bousculade, les chaudes nuits estivales de la cité varoise ne sont pas réputées pour leur quiétude. Dans un premier temps, Colin Hall se relève. Puis il retombe et plonge dans le coma. Evacué par hélicoptère vers l’hôpi- tal de Nice, il s’en tire avec deux fractures du crâne et cinq semai- nes de convalescence. Aussitôtinterpelléparlesagents

de sécurité de l’établissement, son agresseur présumé, John Washing- ton, est livré aux gendarmes qui le

John Washing- ton, est livré aux gendarmes qui le relâchent quelques heures plus tard, sans dresser

relâchent quelques heures plus tard, sans dresser le moindre pro- cès-verbal d’audition. Tout juste consignent-ils qu’au cours d’une conversation menée dans un vague «franglais », John Washing-

tonaavouéêtrel’auteurducoup de bouteille, même s’il ne se souvient pas de grand-chose. Procédure clas- sique qui, comme l’a souligné,

M e Sur, «aurait pu se terminer dans

une audience de flagrant délit». Las. Alerté de l’hospitalisation

desoncollaborateur,RobertAgosti-

nelli affrète un jet et s’envole vers Nice. A peine descendu d’avion, on lui désigne le nom de l’agresseur.

Dès lors, John Washington et son avocat, M e Tamalet, en sont convaincus, Robert Agostinelli va

multiplierles démarches auprès de ses relations gouvernementales. Le parquet de Draguignan ouvre une information judiciaire et lance un mandat d’arrêt international contre John Washington. Au même moment, celui-ci

reçoitdesmenacessursontélépho-

ne portable, enregistrements ver- sés au dossier. «Mon cher John, je veux que tu te souviennes de mon

nom parce que tu vas t’en rappeler toute ta vie. C’est Robert Agostinel- li », dit la voix. Et de poursuivre :

«Sache queles chiens de chasse sont derrière toi et ils sont très en colère, et ils sont infatigables et ils vont transformertavieenuneboufféede fumée. Réfléchis à cemessage parce

que l’horloge fait tic-tac, elle fait tic- tac sur toi.»

plaide la

relaxe – John Washington est reve- nu sur ses aveux et assure désor- mais ne plus se souvenir de rien –, ce sont ces menaces qui ont provo- qué,le26 juillet2006,le départpré- cipité de son client pour les Etats-

Unis. « Une fuite », a dénoncé le représentant du ministère public qui, s’il n’a pas nié les menaces d’A- gostinelli, a constaté qu’elles

n’avaientfaitl’objetd’aucuneplain-

te. Arrêté en décembre 2006 non loin de Buffalo (Etat de New York)

parlapoliceaméricaine,JohnWash-

ington a déjà effectué huit mois de détention provisoire. Le parquet a requis une confirmation de la pei- ne infligée en première instance. Jugement le 25 janvier 2010. p Yves Bordenave

A croire M e Tamalet, qui

2010. p Yves Bordenave A croire M e Tamalet, qui l e s questions du mercredi

les questions dumercredi

l e s questions du mercredi JEAN-MARIE LE PEN président du Front national Mercredi 16 décembre

JEAN-MARIE LE PEN

président du Front national

Mercredi 16 décembre à 19h20

sur France Inter interviewé par Jean-François Achilli (France Inter) et Françoise Fressoz (Le Monde)

Retrouvez l'intégralité de l'émission sur Dailymotion

(France Inter) et Françoise Fressoz (Le Monde) Retrouvez l'intégralité de l'émission sur Dailymotion
(France Inter) et Françoise Fressoz (Le Monde) Retrouvez l'intégralité de l'émission sur Dailymotion
(France Inter) et Françoise Fressoz (Le Monde) Retrouvez l'intégralité de l'émission sur Dailymotion

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Mercredi 16 décembre 2009

0123 Mercredi 16 décembre 2009 Enhausse SergeWeinberg L’ex-patron de PPR et ancien président d’Accor va succéder

Enhausse

SergeWeinberg

L’ex-patron de PPR et ancien président d’Accor va succéder à Jean-François Dehecq à la présidence de Sanofi-Aventis, à la suite d’un vote du comité des nominations du groupe pharmaceutique.

vote du comité des nominations du groupe pharmaceutique. Enbaisse LaRATP Le trafic de la ligneA du

Enbaisse

LaRATP

Le trafic de la ligneA du RER était toujours perturbé, mardi 15 décembre, avec un train sur deux aux heures de pointe et un trafic quasi-nul aux heures creuses.

Economie 15

70%

C’estlaproportion desconsom- mateursqui envisagent d’ache- terleurs cadeauxen ligne, selon

laFédérationdue-commerce etde laventeàdistance (Fevad).Labarre descinq milliardsd’euros dépensés devraitêtre franchie, soit25%de plusqu’à Noël2008.

devraitêtre franchie, soit25%de plusqu’à Noël2008. Bourses:l’essor des«darkpools»inquiète

Bourses:l’essor des«darkpools»inquiète

Cesplates-formesélectroniquespermettent d’effectuer des transactionsde façon confidentielle

D ans son souci de tirer les leçons de la crise et de mieux réguler le système

financier, l’Europe a-t-elle oublié une « zone grise » de la finance ?

Depuis quelques mois, les « dark pools », des marchés spécialisés dans l’échange confidentiel d’ac-

tionsse multiplient,soulevantl’in- quiétude des régulateurs et de la Commission européenne. Les « dark pools » sont en quel- que sorte des « Bourses de l’om-

plates-formes permet-

bre », des

Ces«marchés del’ombre» font notammentredouter desmanipulations decours

tant à un investisseur de vendre ou d’acheter des actions de façon anonyme. Le principe en soi n’est pas contestable. Les investisseurs ont toujours échangé entre eux

des gros blocs de titres, hors mar-

ché,ens’entendantsurleprix.L’ob-

jectif est de ne pas chahuter la Bourse, de ne pas faire chuter ou flamber les prix avec une quantité trop importante de titres.

Maisdepuis2007,lamiseenpla-

ce de la directive Marchés d’instru- ments financiers (MIF) a ouvert à la concurrence le marché boursier et mis fin au monopole des opéra- teurs historiques (Euronext, Lon-

rieur et aux services financiers. Il ne restequ’à définir lamanière. Or, danscedossierpersonne n’estd’ac- cord. L’AMF prône de suivre l’exem- ple américain. Les Etats-Unis, eux aussi soumis à ce phénomène, ont mis en place une « centrale » char- gée de collecter l’ensemble des ordres opérés par les « dark pools».Il s’agitd’obtenirune trans- parence globale des ordres exécu- tés afin d’avoir une vision centrali- sée des prix, d’observer les éven- tuels écarts, et de détenir les noms de tous les établissements qui les ont passés. Mais les opérateurs de Bourses traditionnels, ancien monopoles, ne veulent pas de cela. «On vamet-

tre en place une organisation bureaucratique », estime Burcak Inel, secrétaire générale adjointe de la Fédération des Bourses euro- péennes (FESE). « Le problème va bien au-delà de celui de la transpa- rence », explique-t-elle. Pour ces Bourses, le sujet n’est pas tant celui des « dark pools » que celui d’une concurrence déloyale des banques dans ce domaine. De fait, depuis 2007, les Bourses historiques ont dévelop- pé leurs propres « dark pools ». Nyse-Euronext, la Bourse transat- lantiquea crééSmartPool etle Lon- don Stock exchange (LSE), de Lon- dres, s’apprête à mettre sur pieds « très prochainement » la sienne, Baikal. Et selon eux, il y a des « bon-

nes » et des « mauvaises » « dark pools ». Celles qui obéissent à des règles de transparence et de sur- veillance, car elles sont gérées par des opérateurs de Bourse comme eux et leurs nouveaux concur-

Liquidnet, EuroMillenium et Smartpool

don Stock Exchange etc

).

Les ban-

«Dark pool» Plate-forme d’échanges de gros blocs d’ac- tions opérés de façon confiden- tielle.

ques et les opérateurs de marché s’y sont engouffrés pour créer les « dark pools » et se procurer ainsi des sources de revenus complé- mentaires. Aujourd’hui ce marché électro- nique et ultra-sophistiqué repré- senterait moins de 10 % des échan- ges totaux. Mais «la progression

rents, les plates-formes alternati- ves telles Turquoise ou Chi-X. Et puis il y a les autres, celles mises en place en interne par les banques qui n’ont pas les mêmes exigen- ces. Les banques ont en effet déve-

En Europe Les grandes Dark Pools sont Liquidnet, EuroMille- nium, Smartpool (gérée par Nyse- Euronext) et bientôt Baikal (gérée par la Bourse de Londres). Ces pla- tes-formes se sont développée à partir de 2007 après la directive «MIF» sur la libéralisation du mar- ché des opérateurs de Bourse.

loppé des

« dark pools » appelées network », comme un

« crossing

des “dark pools” peut être dange- reuse au regard des objectifs de la régulation, et notamment de l’effi- cience des marchés », s’inquiète Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ces marchés de l’ombre

service complémentaire offert à leurs clients. Mais n’ayant pas le statut d’opérateur de marché, mais celui de banques, elles ne sont pas soumises aux mêmes règles. Elles ne doivent pas assu- mer une surveillance des ordres. Le prix est fixé plus librement. Et les ordres ne transitent pas par une chambre de compensation. En cas de problème (faillite de la ban- que, etc.), les investisseurs suppor- tent seuls le risque de contrepar- tie. Enfin, elles peuvent être discré- tionnaires et refuser l’accès de leurs « dark pools » à des clients extérieurs. Pour les Bourses historiques, déjàsévèrement ébranlées par l’ar- rivée de plates-formes alternatives qui ont rogné leurs parts de mar-

ché, c’en est trop. « Nous sommes favorables à la concurrence mais cette concurrence n’est pas loyale », dénonce Roland Bellegarde, vice président exécutif chez Nyse Euro- next. «LesBoursessontambiguës, esti- me pour sa part un banquier. Si le message est d’exiger plus de trans- parence, il faut aller plus loin. Ici elles ne réclament que le droit pour tout le monde de dissimuler la même chose! ». Entre ces deux camps, la Commission va rapide- ment devoir arbitrer. p Claire Gatinois

Les Etats-Unis tentent de freiner l’essor de ces marchés

font notamment redouter des manipulations de cours : on vend

Aux Etats-Unis le phénomène des «dark pools » inquiète aussi le régulateur. La présidente de la Securities and Exchange Com- mission (SEC), Mary Schapiro, a été la première à s’en alarmer. «Ce manque de transparence a le potentiel de saper la confiance du public dans les marchés actions », a-t-elle déclaré en août. Aux Etats-Unis, les dark pools ont émergé au début des années

1990. Mais leur nombre a crû ces récemment, avec la sophistica- tion des systèmes informati- ques. Aussi le système, de « consolidated tape» mis en pla- ce il y a trente ans, afin d’agré- ger l’ensemble des ordres enre- gistrés sur les différents mar- chés réglementés, semble ne plus suffire. En octobre, la SEC a annoncé des mesures plus stric- tes pour limiter l’essor de ces plates-formes opaques.

desactionssuruneBoursetranspa-

rente pour faire baisser le cours officiel et l’on en achète ensuite sur une dark pool, à bon prix. Un peu dépassée et consciente de n’avoir pas anticipé ce phéno- mène, la Commission européenne compte réviser en 2010 la directive « MIF » pour résoudre ce problè- me. Le chantier est sur le bureau de Michel Barnier, nouveau commis-

saire européen au marché inté-

nouveau commis- saire européen au marché inté- Accor veutsecouper en deux sous

Accor veutsecouper en deux sous lapressiond’EurazeoetdeColonyCapital

Une fois séparés,l’hôtellerie etles tickets restaurants serontmieux valorisésen Bourse. Les salariés s’inquiètent pourl’emploi

L e conseil d’administration dugroupe Accor, réuni mardi 15 décembre, devait se pro-

noncer sur la « pertinence » d’une prochaine scission de l’entreprise

en deux entités : l’une regroupant

l’hôtellerie; l’autreles services arti- culés autour des titres prépayés comme le ticket restaurant. Sauf coup de théâtre, une majo- rité des douze membres du conseil devaient voter en faveur de cette scission. Gilles Pélisson, le PDG d’Accor, en tête. Ainsi qu’au moins les quatre administrateurs repré- sentantla société d’investissement Eurazeo et le fonds américain Colo- ny Capital, principaux actionnai- res du groupe avec 30% du capital, et deux autres administrateurs indépendants. Seul le Fonds straté-

giqued’investissement(FSI),déten-

teur de 7,5 % du capital d’Accor, s’était publiquement déclaré défa- vorable à ce projet, le jugeant « ris-

qué». Une démarche qui serait par- tagée par au moins deux des six administrateurs indépendants. Cette scission devra faire l’objet d’un vote en assemblée générale

Un groupe, deux activités

Chiffre d’affaires En 2008, il a atteint 7,74milliards d’euros. Les trois quarts ont été réalisés dans l’hôtellerie. Environ 13% dans les services prépayés et 12% sont le fruit d’autres activités (restaura- tion, etc.)

Résultat d’exploitation Accor a réalisé, en 2008, 941millions d’eu- ros de résultat. Les services pré- prépayés ont représenté 40% de ce chiffre, l’hôtellerie le reste. En 2009, il devrait atteindre entre 400 et 450millions d’euros

Effectifs Plus de 150000 person- nes y sont employées, dont 91% dans l’hôtellerie.

extraordinaire (AGE) à la majorité des deux tiers, qui devra se tenir au premier semestre 2010. La séparation de ces deux métiers de base chez Accor est un vieux « serpent de mer » évoquée depuis plusieurs années. Mais les fondateurs, Paul Dubrule et Gérard Pélisson, n’y ont jamais été favorables. Le neveu de Gérard, Gilles, nommé en janvier 2006, non plus. Ce dernier expliquait encore en début d’année que le groupe marchait mieux « sur deux

Lesactivités services d’Accorpeuvent désormais intéresser ungrand acteur, commeVisapar exemple

jambes ». Jusqu’à ce qu’il change d’avis, en août, sous la pression d’Eurazeo et Colony Capital. Un grand nombre d’observa- teurs restent convaincus que la scission en deux métiers est extrê- mementpertinente etqu’elle com- porte largement plus d’avantages que d’inconvénients. D’autant, qu’il n’y a aucune synergie entre ces deux métiers . « Il n’y a rien entrelesmétiers, rienentreles équi- pes, confirme un banquier, spécia- liste du secteur hôtelier. La seule synergie est une synergie de bilan et de trésorerie où le cash du ticket restaurant aide l’hôtellerie. » L’opération a aussi du sens du côté industriel : chaque métier va ainsi gagner en lisibilité. «Le grou- pe Accor était un ensemble incom- préhensible et inaccessible pour un grand groupe hôtelier, poursuit ce banquier. Une fois scindé en deux, il va pouvoir entrer de plain-pied dans une compétition ouverte. » Avant, il y avait en effet une sorte

de « poison pill » (pilule empoison- née) permanente : l’hôtellerie jouait ce rôle pour les services et vice versa. Ce ne sera plus le cas. Mais l’objectif est surtout de mieux valoriser ces deux activités en Bourse. C’est ce que veulent les deux actionnaires majoritaires du groupe, le duo Colony Capital- Eurazeo, qui souffrent de la sous- évaluationactuelledutitre parrap- port à leur cours d’achat (entre 42 et 50 euros). Le titre cote aujour- d’hui sous la barre des 40 euros. La capitalisation du groupe atteint les 8,7 milliards d’euros, selon les estimations, elle pourrait attein- dre les 11 milliards d’euros, voire 12 milliards, si les deux activités étaient séparées. En isolant l’hôtellerie, cette acti- vité deviendra en effet une cible potentielle – alors qu’auparavant elle ne pouvait qu’acheter –, ce qui lui donne une dimension spécula- tive. De même, les activités servi- ces d’Accor peuvent désormais intéresser un grand acteur, com- me Visa par exemple. Pour Guillaume Rascoussier, spécialiste de l’hôtellerie chez Oddo securities, la scission du groupe en deux activités distinc- tes va le conduire à ne plus acheter de murs d’hôtel. «Accor va pouvoir se recentrer sur son vrai métier: la gestion d’hôtels et ne plus s’endet- ter pour acquérir de l’immobilier. Pour les activités services, c’est une bonne nouvelle. Car avant, elles finançaient à perte le développe- mentimmobilierdu groupe.Désor- mais, elles pourront réellement optimiser la gestion de leur cash. » Les salariés sont inquiets. Les cinq organisations syndicales (FO, CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC) se sont d’ores et déjà déclarées hostiles au projet de scission craignant qu’il y ait d’importantes conséquences sur l’emploi. p François Bostnavaron

conséquences sur l’emploi. p François Bostnavaron COMMUNIQUÉ Pourladéfensedes territoires

COMMUNIQUÉ

Pourladéfensedes territoires etladémocratielocale, leDépartementdel’Héraultagit.

Comme un grand nombre de départements en France, l’Hérault est à l’initiative d’une campagne «Non à la réforme territoriale». L’objectif est d’informer les citoyens du devenir de leur territoire. Dès 2008, l’Assemblée desDépartements de France avait pointé les risques du projet de loi. Au-delà des clivages politi- ques, n’est-on pas aujourd’hui devant un choix de société ?

n’est-on pas aujourd’hui devant un choix de société ? André Vezinhet, député et président du Conseil

André Vezinhet, député et président du Conseil général de l’Hérault.

Vous avezlancé unmouvement «Non àla réforme territoriale». Est-ce votre rôle de vous opposer à un projet gouvernemental ? André Vezinhet : Nous avons un devoir d’informer. Un grand nombre de départements fran- çaisaprislesmêmesdispositions. L’opposition à cette réforme dépasse d’ailleurs largement les appartenances politiques. En effet, dès 2008, l’Assemblée des Départements de France, qui regroupe les Conseils généraux de droite comme de gauche, s’est inquiétée des conséquences gra- ves engendrées par ce projet de loi. Alain Juppé, Edouard Balladur, Jean-Pierre Raffarin ont pris publi- quement position contre tout ou partie de cette réforme qui va avoir des impacts considérables surlaviequotidiennedescitoyens.

A travers la défense des services publics et dela démocratielocale, c’est un choix de société que nous faisons.

Quelles serontles conséquen- ces de cette réforme ? AndréVezinhet: LeDépartement

est aujourd’hui le premier parte- naire des communes. Si la ré- forme est votée en l’état, nos n’aurons plus le droit de financer la construction d’une école,

d’unecrèche,d’unestationd’épu-

ration, d’un équipement sportif ou culturel. Notre soutien au monde associatif est également

remisencause.Noussubvention-

nons aujourd’hui 6000 d’entre elles partout dans l’Hérault. Là, c’est le lien social qui est directement menacé.

La réforme veut que vous interveniez uniquement dans vos compétences obligatoires :

les routes,les collèges,l’action sociale. En quoi est-ce problé- matique ? André Vezinhet : C’est la fin de l’initiative locale. Vous savez, quand Gaston Deferre a imaginé laDécentralisation,ill’expliquait comme ceci : «Permettre aux collectivités d’être pleinement responsables».Onnousprésente cette réforme comme un simple réaménagement technique, un petit toilettage alors que c’est une remise en cause totale du principe d’autonomie financière des collectivités.

On reproche aux collectivités une trop grande complexité,le citoyen a du mal à s’y retrouver dansle « qui fait quoi ». André Vezinhet : C’est forcément complexe puisque nous nous occupons de pratiquement tous les aspects de la vie des citoyens, du nouveau-néjusqu’àla person- ne âgée dépendante. Et on vou- drait que chacun connaisse cha- que rouage ?Estcequ’onseplaint de la complexité du moteur à injection ? Les citoyens nous de- mandent simplement que le tra- vail soit bien fait, au plus proche deleurs préoccupations.

Vous avez récemment demandé à uninstitut de sondage d’enquêter surles aspirations des Héraultais. Ces résultats sont-ils parlants dansle contexte dela réforme territoriale ? André Vezinhet : Les Héraultais nous demandent d’accentuer nos efforts dans trois domaines :

le soutien aux entreprises et à l’emploi, la préservation des paysages et du littoral, l’accès au logement. Et ce sont justement ces politiques publiques que le Conseil général ne serait plus autorisé à conduire ! Cette réforme est donc un com- plet contresens. En plein maras- me économique, elle va couper les ailes des collectivités qui sou- tiennent l’emploi par leurs inves- tissements et qui protègent les plus fragiles de la brutalité de cette crise.

16 Economie

0123

Mercredi 16 décembre 2009

16 Economie 0123 Mercredi 16 décembre 2009 Letravail illégal est de plusen plus souventsanctionnéparla justice Plus

Letravail illégal est de plusen plus souventsanctionnéparla justice

Plus de 7000 condamnations ont été prononcées en 2008, contremoins de 5000 en 2004. Une hausse qui s’explique principalement par unemobilisation accrue des services del’Etat

E n France, le travail illégal est

de plus en plus souvent puni

par les tribunaux. En 2008,

7 478 condamnations ont été pro-

noncées à ce titre, contre 4 847 en 2004, soit une progression de

54,2%surlapériode,d’aprèslesser-

vices du ministère de la justice. Dans près de neuf affaires sur

dix,letravaildissimulé(non-décla-

ration de salariés, par exemple) constitue «l’infraction principale » – d’autres délits pouvant par ailleurs être reprochés aux person- nes mises en cause. Le recours à de la main-d’œuvre étrangère sans titre de travail demeure marginal (6,4% des dossiers). En règle générale, les magis- trats expliquent cette hausse des sanctions par une mobilisation plus forte des services de l’Etat et des organes de contrôle (Urssaf, inspection du travail, Mutualité sociale agricole, police, gendarme- rie, parquets, etc.). « La masse des affaires qui est portée à notre connaissance a aug- menté » , témoigne Marianne Domenach, substitut du procu- reur de la République à Bordeaux. Le fait d’avoir intégré la répression du travail illégal dans une action plus globale contre les fraudes a permis de gagner en efficacité, ajoute Jacques Pin, procureur de la République de Saint-Etienne : «La coordination des différents services concernés s’est améliorée », dit-il. Sur le terrain, le nombre de pro- cès-verbaux dressés pour travail illégal n’a cessé de s’accroître :

8 764 en 2008, contre environ 6 300 en 2005. En revanche, les contrôles ont diminué depuis 2006 dans les entreprises des sec- teurs que l’Etat cible en priorité (bâtiment, hôtellerie-restauration, etc.) mais ils restent plus élevés qu’en 2005. Désireux de promou- voir une culture du résultat, le ministre du travail, Xavier Darcos, a récemment indiqué qu’il souhai- tait augmenter les procédures pour travail illégal de 5% par an, en 2010 et en 2011.

pour travail illégal de 5% par an, en 2010 et en 2011. Ce volontarisme est proclamé

Ce volontarisme est proclamé depuis plusieurs années par l’Etat. Des consignes de fermeté ont été régulièrement données, notam- ment dans une « circulaire généra- le de politique pénale » adressée en novembre aux procureurs géné- raux, souligne Arthur Dreyfuss, l’undesporte-parole dela ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie. La chancellerie demande en parti- culierquedes «poursuitessystéma- tiques » soient engagées contre les entreprises employant des étran- gers en situation irrégulière.

Donneurs d’ordre

Toutefois, plusieurs inspec- teurs du travail regrettent qu’une nette majorité des procès-verbaux transmis aux parquets ne débou- chent sur rien. C’est exagéré, rétor- que-t-on à la direction générale du travail: en 2004, près d’une procé- dure sur deux a donné lieu à des poursuites. Mais il est vrai qu’un peu plus du tiers ont subi un sort

indéfini « ou ne sont pas rensei- gnées». «C’est incroyable que nous ne disposions pas de remontées fia- bles et régulières », commente Luc Béal-Rainaldy, du SNU-TEF. L’Etat a mis l’accent sur la lutte contre le travail illégal au détri- ment d’autres infractions, estime Pierre Joanny, secrétaire national de SUD-Travail. D’après lui, les manquements à la législation sur

la santé au travail ou sur le rôle des institutions représentatives du personnel dans les entreprises sont « sous-traités ».

Si les décisions judiciaires pour

travail illégal se sont accrues, il ne faut toutefois pas perdre de vue

qu’elles restent, pour l’heure, assez peu dissuasives, remarque Karim Abed, représentant de la CFDT au ministère du travail. Selon Michel Zeau, président de l’UNSA-ITEFA, les peines infligées n’atteignent quasiment jamais le quantum maximum prévu par les textes. De même, la justice est considé-

rée comme trop timide face aux irrégularités qui ont cours dans la sous-traitance. Des entreprises du BTP ou de la confection font appel àd’autres sociétéspas toujoursres- pectueusesducode dutravail(sala- riés non déclarés, règles de sécurité foulées au pied…). « Les véritables responsables et bénéficiaires de ces

pratiques sont les donneurs d’or- dre », considére M. Béal-Rainaldy. Mais d’après lui, il est difficile de les impliquer dans une procédure, car les éléments de preuve sont, eux-mêmes, compliqués à réunir.

De plus, certains magistrats font montre d’un «laxisme évident » dans ce type de dossiers. M.Darcos a récemment déclaré

qu’ilcomptaits’attaquerauproblè-

me. Les donneurs d’ordre qui n’auront pas agréé leurs sous-trai- tants (comme la loi les y oblige) s’exposeront à des sanctions péna- les et pourront être exclus d’appels d’offres, a précisé le ministre. p Bertrand Bissuel

d’offres, a précisé le ministre. p Bertrand Bissuel FranceTélécom: lessalariésexpriment unprofondmalaise Un

FranceTélécom:

lessalariésexpriment

unprofondmalaise

Un questionnaire rempli parle personnel indique un fort recul du sentiment de fierté

T echnologia, le cabinet d’ex- pertise a présenté, lundi 14décembre, à la direction et

aux syndicats de France Télécom les premiers résultats du question-

naire sur le stress au travail, auquel 80 000 des 102 000 salariés de l’opérateur ont répondu. Il en res- sort que seuls 39 % d’entre eux se disent « fiersd’appartenir» augrou- pe, contre 96 % auparavant ; 65 % estiment que leurs conditions de

depuis

quelques années » ; et 39 % jugent que leur santé s’est « dégradée au cours des cinq dernières années en raison de leur activité». Pour illustrer ce malaise, nous

avons donné la parole à deux sala- riés, qui racontent leur quotidien ces dernièresannées.Paule (les pré-

nomsontétémodifiés),32ansd’an-

cienneté, travaille dans un centre d’appel 10-14 (service commercial). « Nous sommes bien conscients qu’il faut nous adapter en perma- nence aux nouveaux produits, dit- elle. Mais l’entreprise est allée trop loin. Elle veut tout contrôler dans notre environnement: murs gris sur lesquels on a mis des slogans, interdiction de parler à son voisin, phrases types à dire au client etc.» Elle note aussi que son travail a été « saucissonné: il y a quelques années, quand un client demandait où en était sa demande d’Internet, j’appelais une collègue pour le savoir. Aujourd’hui, je prends son dossier,j’yinscrisdes commentaires etjel’envoieau service techniqueou à un sous-traitant. C’est beaucoup moins intéressant et j’ai l’impres- sion de laisser le client en plan ». Déboussolée, elle s’est rendue à une consultation de souffrance au travail en région parisienne: « Je ne pouvais plus jouer le jeu de la vente à tout prix, je ne supportais plus la passivité de mes collègues, qui acceptaient tout comme des ser- pillières.» Elle a finalement obtenu un poste dans un service factura- tion, mais se souvient des anima- tions dans l’open space du 10-14.

travail se sont « dégradées

Parfois, un but était installé : « Si vous vendiez un service Internet, vous étiez autorisé à tirer un ballon dans le but. Si vous réussissiez, vous gagniez quelques euros. Le pire, c’est que les gens jouaient le jeu. On ne peut pas descendre plus bas. » Jeannie, 30 ans d’ancienneté, a été gestionnaire des marchés publics, avant de connaître la valse des mobilités subies. Elle a dû cher-

cher un emploi en interne durant huitmois, restant «seule face àl’or- dinateur, sans activité.» Puis, elle a postulé au 10-14 dans sa région, en Aquitaine. « J’étais bien contente de retrouver une activité, mais j’ai

désapprouvélesméthodesdemana-

gement: mise en concurrence per- manentedesvendeurs, flicageconti- nu, ordres et contre-ordres dans la même journée, ventes abusives, etc. Pour obtenir des congés, il fallait se mettre à genoux », dit-elle. Elle fait une dépression. A son retour, elle obtient un poste administratif, puis son service ferme.

« Je suis désinvestie »

Tout le monde est muté chez Orange. « Là, il y avait beaucoup

d’arrêts de travail, desmalaises car- diaques, d’accidents vasculaires

cérébraux,etc.».Nouvelarrêtdetra-

vail (deux mois et demi). « J’avais des idées noires », dit-elle, puis elle retrouve un poste de gestionnaire. Maisdans son esprit, touta changé. « Jeme sens comme une rescapée. Je suis totalement désinvestiemais ça va beaucoup mieux. » Elle a fait le deuil du France Télécom d’avant :

« C’était ma boîte, on était une famille. Aujourd’hui, il n’en reste plus rien. C’est une prison. » Paule aussi a tiré un trait :

« J’étais fière de travailler à France Télécom. Aujourd’hui, je suis fière de résister au rouleau compres- seur. » Jeannie ajoute : « Bizarre- ment, cette série de suicides m’a ouvert les yeux. J’ai compris que je n’étais pas seule à souffrir, mais on n’ose pas se le dire. » p Francine Aizicovici

mais on n’ose pas se le dire. » p Francine Aizicovici Aprèscinqretardsencinqansdedéveloppement, le Boeing787,ou
mais on n’ose pas se le dire. » p Francine Aizicovici Aprèscinqretardsencinqansdedéveloppement, le Boeing787,ou
mais on n’ose pas se le dire. » p Francine Aizicovici Aprèscinqretardsencinqansdedéveloppement, le Boeing787,ou

Aprèscinqretardsencinqansdedéveloppement, le Boeing787,ou Dreamliner, prend enfinson envol

Le constructeur aéronautique s’est heurté à des difficultésliées à une conception révolutionnaire

L a fin d’un mauvais rêve. Tel devait être sans doute le vœu des dirigeants de Boeing en

voyant le 787 Dreamliner prendre son envol pour la première fois, mardi 15décembre.

A moins d’un aléa climatique,

l’avion devait décoller de Everett,

près de Seattle (Washington), avec

deux ans et demi de retard sur le calendrier initial. Si les dépasse- ments de délais ne sont pas rares dans l’industrie aéronautique, cet- te fois, l’enjeu est beaucoup plus important pour Boeing. Le 787 est l’aboutissement d’une évolution stratégique majeure àla foisindus- trielle et technologique, engagée au début des années 2000.

A l’époque, rattrapé par Airbus,