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Séance 1 - L’organisation

administrative territoriale
Mise à jour : octobre 2017

Lexique
Autonomie financière des collectivités territoriales
La fiscalité locale est le poste le plus important des ressources des collectivités territoriales
devant les dotations de l'Etat et l'emprunt. La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 prévoit
que les collectivités territoriales se voient reconnaître la faculté de recevoir "tout ou
partie des impositions de toute nature". Elles peuvent percevoir des impôts locaux dont
elles fixent le taux et l'assiette dans les limites déterminées par la loi, mais aussi se voir
transférer une partie des impôts nationaux. Les recettes fiscales et autres ressources
propres (revenus des domaines, dotations reçues des autres collectivités) doivent
constituer une part "déterminante" de l'ensemble de leurs ressources.

Chambres régionales et territoriales des comptes


La création de ces juridictions administratives par la loi du 10 juillet 1982 marque la fin de
la tutelle financière de l'Etat sur les collectivités locales. Leur mission est triple :
- elles émettent un avis sur les conditions d'adoption et de mise en œuvre des budgets
(contrôle budgétaire) ;
- elles se prononcent par jugement sur la régularité des comptes du comptable (contrôle
juridictionnel) ;
- elles présentent des observations sur la gestion de l'ordonnateur (contrôle de la gestion)
au travers de lettres d'observations définitives.

Code général des collectivités territoriales


Il vise à regrouper dans un seul document l'ensemble des dispositions législatives et
réglementaires relatives aux collectivités territoriales et groupements intercommunaux.
D'autres textes concernant les collectivités locales se trouvent dans des codes "de
compétences" (Code de l'éducation, Code de la santé...) ou dans des lois ou des
règlements non codifiés.

Collectivité chef de file


La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 permet à une collectivité territoriale de se voir
confier le rôle de "chef de file" "lorsque l'exercice d'une compétence nécessite le
concours de plusieurs collectivités". Cette disposition ne remet cependant pas en cause
l'interdiction de la tutelle d'une collectivité qui est en même temps réaffirmée.

Collectivités locales ou territoriales


Institutions publiques dotées de la personnalité juridique, elles se caractérisent par un
mode d'organisation commun (élection d'une assemblée délibérante et désignation
d'un exécutif local) et une compétence générale sur le territoire dont elles ont la charge.
Inscrites au titre XII de la Constitution du 4 octobre 1958, les collectivités territoriales
jouissent d'une liberté d'administration, d'un pouvoir d'édicter des règlements et d'une
autonomie financière. Les différentes catégories sont, outre les collectivités à statut
particulier, les communes, les départements, les régions et les collectivités d'outre-mer.
Aujourd’hui la Constitution a consacré l’appellation « collectivités territoriales » plutôt que
« collectivités locales ».

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Communes
Elles sont devenues la cellule administrative de base en 1789 et elles ont été dotées d'un
régime juridique par la loi du 5 avril 1884. L'urbanisme, la gestion des écoles primaires, les
infrastructures communales (voirie, réseau d'eau...) et les services aux usagers (état civil,
cimetière...) sont les principales compétences communales.

Contrôle de légalité/tutelle
La tutelle administrative exercée par l'Etat disparaît avec la décentralisation. Sous
réserve d'une transmission au représentant de l'Etat (préfet, sous-préfet), les actes des
collectivités locales sont exécutoires de plein droit. Néanmoins, un contrôle a posteriori
est opéré par les organes chargés du contrôle de légalité (préfets, tribunaux
administratifs). Quant aux contrôles budgétaires, financiers, comptables, ils sont exercés
par les chambres régionales des comptes.

Décentralisation
C’est un processus consistant pour l'Etat à transférer au profit des collectivités territoriales
certaines compétences et les ressources correspondantes. Avec les lois Defferre de 1982-
1983, la première vague de décentralisation a permis :
- la suppression de la tutelle administrative et financière exercée par le préfet ;
- le transfert de l’exécutif du préfet (de région/département) au président (du conseil
régional/conseil général) ;
- d'ériger la région en collectivité territoriale pleine et entière, administrée par un conseil
régional dont les membres sont élus au suffrage universel direct ;
- le transfert de "blocs de compétences" et des ressources correspondantes au bénéfice
des communes, départements et régions.
La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 consacre de manière irréversible le rôle des
collectivités territoriales en inscrivant dans l'article premier de la Constitution le principe
selon lequel "l'organisation de la République est décentralisée" et en décidant que les
régions figureront désormais, aux côtés des communes et des départements et
collectivités d'outre-mer, parmi les collectivités territoriales de la République énumérées
dans la Constitution.

Déconcentration
La déconcentration consiste en la délégation de moyens et de pouvoirs de décision de
l’administration centrale de l’Etat à des services locaux. La déconcentration permet à
ces derniers de prendre le maximum de décisions sur place, au plus près des intérêts en
présence et de chercher, dans le cadre de leur mission générale et des réglementations
nationales, les solutions appropriées aux problèmes qu'ils rencontrent.

Départements
A la fois circonscription administrative de l'Etat et catégorie de collectivité locale, ils ont
été créés en 1789 et ont acquis un statut de collectivité locale par la loi du 10 août 1871.
Au 1er janvier 2015, la France comptait 96 départements en métropole et 5 outre-mer
(Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte). Fin 2015, la Guyane et la
Martinique ont été érigées en deux collectivités uniques cumulant les compétences du
département et de la région. Les conseils départementaux exercent des compétences
essentielles en matière de solidarités et de cohésion territoriale.
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Droit à l'expérimentation
La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 relative à l'organisation décentralisée de la
République prévoit que les collectivités territoriales peuvent être autorisées à déroger, à
titre expérimental, aux dispositions législatives et réglementaires régissant l'exercice de
leurs compétences.
Ce nouveau droit ouvert aux collectivités territoriales est cependant étroitement
encadré : les conditions générales des expérimentations sont précisées par une loi
organique ; il faut une habilitation législative préalable qui ne peut intervenir lorsque sont
en cause les conditions essentielles d'une liberté publique ; les expérimentations doivent
avoir un objet et une durée limités. Après évaluation, ces expérimentations seront soit
abandonnées si elles ne sont pas jugées concluantes, soit généralisées.

Fédéralisme
Le fédéralisme est un système d’organisation, d’administration et de gouvernement dans
lequel l’État fédéral partage les compétences constitutionnelles avec les États membres,
souverains dans leurs propres domaines de compétence.

Intercommunalité
Cette expression désigne les différentes formes de coopération entre les communes.
L'intercommunalité permet aux communes de se regrouper au sein d'un établissement
public de coopération intercommunale (EPCI) pour assurer certaines prestations ou
réaliser des projets de développement économique, d'aménagement ou d'urbanisme
au sein d’un périmètre de solidarité. On compte plusieurs sortes d’EPCI : métropoles,
communautés urbaines, communautés d'agglomération, communautés de communes,
syndicats de communes…

Libre administration des collectivités locales


C’est le principe, notamment posé dans notre pays par l'article 72 de la Constitution du 4
octobre 1958, qui permet, dans les conditions prévues par la loi, aux collectivités de
s'administrer librement par des conseils élus et de disposer d’un pouvoir réglementaire
pour l’exercice de leurs compétences. Il permet de garantir aux collectivités territoriales
un espace de liberté dans lequel elles peuvent agir.

Préfet
Représentant de l'État, nommé par décret du président de la République, il est à la tête
de l'échelon déconcentré des services de l'État. Il assure également le contrôle de
légalité des actes pris par les collectivités locales.

Régions
Etablissements publics créés en 1972, elles ont acquis le statut de collectivité territoriale
par la loi du 2 mars 1982. Les principaux domaines d'intervention de la région sont
l'action économique, l’aménagement du territoire et la formation professionnelle.

Subsidiarité
Il s'agit du principe selon lequel la responsabilité 'une action publique, lorsqu'elle est
nécessaire, revient à l'entité compétente la plus proche de ceux qui sont directement
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concernés par cette action. La décentralisation concrétise ce principe en permettant


aux collectivités territoriales d’assumer une compétence en lieu et place de l'Etat,
lorsque les compétences peuvent être mieux mises en œuvre à l'échelle de leur ressort.

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