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La Définition du Métamorphisme -

Lorsque les roches sont portées à des profondeurs différentes de celles où elles se
trouvaient initialement, elles recristallisent. Une telle situation est commune dans la
croûte et le manteau terrestre. Cette recristallisation, qui se fait à l'état solide, les
"métamorphose" en roches métamorphiques. Cette transformation dépend des
modifications de la pression, de la température et de la nature des fluides lorsque la
profondeur change.
Quelques exemples de textures coronitiques ...

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Les Diagrammes AFM d'un Gradient
métamorphique de MP-HT -
Les différentes paragenèses photographiées le long du gradient
métamorphique de MP-HT de l'exercice "Tracé du gradient métamorphique"
ne sont pas les seules possibles, loin de là ! En fonction de faibles variations
de la composition chimique de ces roches, il est possible d'observer d'autres
paragenèses. C'est le but des représentations graphiques (décrites ici) qui
sont proposées pour représenter les paragenèses des roches métamorphiques.
Les diagrammes A'KF et AFM sont utilisés pour représenter les paragenèses
des roches pélitiques, les métapélites.

Les diagrammes AFM d'un gradient métamorphique de


MP
La figure ci-dessous représente les diagrammes AFM qui résument les
paragenèses possibles dans les métapélites d'une série affectée par un
métamorphisme de gradient de MP-HT qui est illustrée par la succession de lames
minces . Chaque paragenèse contient 5 minéraux au maximum (+ la phase vapeur
d'eau V) : quartz, muscovite (qui sert de pôle de projection) et 3 phases au sommet
des triangles blancs. Dans les domaines gris, les minéraux qui interviennent sous
des solutions solides et ce ne sont que 2 minéraux qui sont représentés dans le
triangle AFM : la paragenèse de roches dans ces domaines gris ne contient donc
que 4 minéraux.
Evolution Rétrograde d'une Eclogite

Dans cette ancienne éclogite, le grenat (rouge, Gt) et le clinopyroxène (brun, Cpx)
ne sont plus en équilibre, comme en témoigne la couronne noire autour du grenat.
L'observation au microscope montre que cette bordure est constituée de hornblende
(Hbl) et de plagioclase (Pl) ...
... et provient de la déstabilisation de l'assemblage Gt + Cpx, en présence de vapeur
d'eau (V), conformément à la réaction Gt + Cpx + Q + V = Hbl + Pl. (Observation
en LN)

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Successions de triangles A - F - M représentatifs des paragenèses de métapélites affectées
par un métamorphisme de gradient métamorphique de Moyennes Pressions - Hautes
Températures. De 1 à 3-4 : faciès Schistes Verts ; les suivants : faciès Amphibolite. Le
triangle entre les "isogrades grt1+ et st1+ n'est pas représenté. L'ellipse rouge indique la
majorité des compositions des métapélites.
cld : chloritoïde, st : staurotide, bt : biotite, chl : chlorite, qtz : quartz, grt : grenat, ky :
disthène, sill : sillimanite, ms : muscovite , V : vapeur d'eau

La paragenèse Chl + Bt + Ms + Qtz, stable dans toutes


les conditions du gradient de MP
Cette série de triangles, qui correspond aux conditions des faciès Schistes Verts
(les 3 premiers) et Amphibolite, permet d'apprécier la diversité de ces paragenèses
dans un même intervalle de conditions P-T (1 triangle) et lorsque les conditions
du métamorphisme augmentent (succession de triangles). La composition
chimique d'une roche peut se placer n'importe où à l'intérieur du triangle ;
cependant, l'ellipse rouge correspond à la majorité des compositions des roches
des séries (gréso-)pélitiques : celles-ci sont relativement peu alumineuses. En
conséquence, on remarque que la paragenèse Chl + Bt + Ms + Qtz est la plus
commune dans les conditions du faciès Schistes Verts. Rarement, il s'y ajoute du
grenat ou du chloritoïde. Cette rareté du chloritoïde est discutée.
ci-dessous et ici.

Cette paragenèse persiste également dans les conditions du faciès Amphibolite.


Vers les hautes T, elle devient plus rare en se cantonnant dans les compositions
les plus magnésiennes. Cette paragenèse peut coexister avec des paragenèses
contenant des minéraux diagnostics (st, ky, sill). Ainsi, dans le triangle 6 par
exemple, les paragenèses possibles pour les compositions de roches
correspondant à l'ellipse rouge sont : Bt + Grt ; St + Bt + Grt ; St + Bt ; Ky + St
+ Bt ; Ky + Bt ; Ky + Chl +Bt ; Chl +Bt (sans oublier de rajouter Ms + Qtz à
chaque paragenèse).

On comprend donc que les 5 échantillons de l'exercice « tracé du gradient » n'ont


pas été recueillis au hasard. En fait, la caractérisation d'un gradient
métamorphique sur le terrain nécessite l'analyse d'un grand nombre de lames
minces d'échantillons judicieusement sélectionnés sur le terrain !

La rareté des silicates alumineux dans le faciès Schistes


Verts
On remarque que les paragenèses des métapélites dans le faciès Schistes Verts
d'un gradient de MP sont extrêmement monotones (triangles 1 à 3-4). Il s'agit
essentiellement de micaschistes à Chl + Bt + Ms + Qtz auquel s'ajoute, à la
transition avec le faciès Amphibolite, le grenat : Chl + Bt + Ms + Grt + Qtz.
Pourtant, plusieurs minéraux alumineux sont stables dès le début des conditions
du faciès Schistes Verts (chloritoïde, disthène, staurotide), mais ils restent rares
avant le faciès Amphibolite, car ils sont cantonnés dans la partie alumineuse du
diagramme AFM. Pour trouver les paragenèses contenant ces minéraux
alumineux, et ainsi caractériser de manière plus fine l'évolution métamorphique
de la région, il est nécessaire de chercher des roches sans biotite. Ces remarques
sont illustrées par l'animation « rareté du chloritoïde ».

Signification des « isogrades » et des limites d'apparition


d'un minéral
Chaque triangle (champ divariant = paragenèses) est séparé du suivant par une
ligne de réaction (dont les minéraux intervenants sont indiqués ou non sur la
figure) libellée comme un isograde d'apparition (+) ou disparition d'un minéral (-
). On remarque ainsi qu'il n'y a pas moins de 3 isogrades (+) de la staurotide !
Généralement, la staurotide devient abondante au début du faciès Amphibolite et
la réaction st3+ est l'isograde communément reconnu. Cette réaction autorise
l'association Biot – St et, de ce fait, la présence de ce dernier minéral dans des
métapélites peu alumineuses (ellipse rouge sur la figure) Mais la staurotide peut
exister dans les roches du faciès Schistes Verts, pour des compositions chimiques
alumineuses, relativement rares. Il en est de même en ce qui concerne l'isograde
Ky + qui se situe généralement au début du faciès Amphibolite (il s'agit de Ky2+
sur la figure ci-dessus), mais qui ne correspond en aucun cas à la première
apparition possible de ce minéral, laquelle est restreinte à des compositions
alumineuses, dans les conditions du début du faciès Schistes Verts. On voit donc
que la notion d'isograde d'apparition (ou de disparition) d'un minéral est une
notion statistique qui est fonction des compositions chimiques les plus abondantes
et les plus communes de la série métamorphique considérée.

Aussi, il est souhaitable de distinguer un « isograde » par la réaction


minéralogique précise qui produit (ou fait disparaitre) un minéral ou une
association de minéraux et d'utiliser le terme « limite d'apparition de ... » lorsque
la réaction isograde n'est pas reconnue.

Voir aussi l'exercice cartographique des isogrades de disparition de la


muscovite dans les conditions de haut degré de ce gradient de MP.