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1.

Premières abstractions dites « historiques » viennent d'horizons très différents.


Sources se sont diversifiées en Europe via expositions universelles et personelles (estampe
japonaise, peinture chinoise, entrée des arts océniens et africains dans le musée imaginaire...)
Certains peintres (ex de Delaunay) ont dans une même période peint des oeuvres abstraites et des
oeuvres figuratives. Montre bien que si cela apparaît comme une rupture radicale, le passage à
l'abstraction est bien dans un mouvement propre à l'artiste.
Grande importance du discours théorique : aide l'artiste à systématiser son travail, émergence à un
moment où les artistes ressentent le besoin d'une critique sur les éléments non mimétiques...
Apparition à la suite de la querelle de l'ornement avec Loos. Les artistes cherchaient à se justifier et
à contre carrer la critique d'un art « décoratif ».
Thèse de Tshudi Madsen dans l'Art nouveau, 1967, Paris : Lien direct avec l'art nouveau. Van de
Velede et composition végétale « où nature est réduite à une telle abstraction que l'on ne peut à vrai
dire, la reconnaître ».
L'ornement y prendrait une fonction particulière: structurer. « les rapports entre cet ornement
structurel et dynamographique, et la forme ou les surfaces, doivent apparaître si intimes que
l'ornement semble avoir déterminé la forme »

2.

Dora Vallier, L'art abstrait, 1967, Paris : distinction entre les abstraits « occasionels » et ceux qui
systématisent l'abstraction comme recherche créatrice.
Monet, La meule de foin (1890) par Kandinsky à Moscou en 1895 in Regards sur le passé
// expérience de Malécitch et La Cathédrale de Rouen.
= Emblématisation de 2 tableaux de Monet. Référence légitimante puisque K. écrit 15 ans après
l'aquarelle à la tâche rouge... Plus loin il louera « l'expérience d'oeuvres étrangères » « semblable à
l'expérience de la nature au sens le plus large ».
Constat devant Monet « L'objet en tant qu'élément indispensable du tableau en fut discrédité »a un
écho dans « maintenant, j'étais fixé, l'objet nuisait à mes tableaux ».
Expériene de la Meule de foin: rapport émotionnel « mon Moscou enchanté existait déjà sur la
toile »= tentative de ses toiles 1903->1905.
« Je compris que l'extérieur [se développe à partir de l'intérieur, ou qu'alors] il est mort né ».
Malévitch devait connaître plusieurs éléments de la série des cathédrales. Il comprend donc que le
sujet est la transformation du thème.
Une seule oeuvre prend diverses significations suivant la manière dont elle est investie par les
artistes... Ex de la référence à Cézanne qui s'incarne différememnt chez Braque ou Marisse;
Kandisnsky ou Delaunay:
Une même oeuvre est constituée d'éléments formels et polysémiques.

3.

Examen de la notion de « coupure cézanienne ».


Existe comme origine fondatrice d'une séquence de l'art du Xxème. Ex: le futurisme italien en est
séparé, sources plutôt dans Symbolisme et Art décadent (en inverse toutes les données) et
divisionnisme.
Symbolisme nécessite un examen: avec figures de Gauguin et Moreau = ré-évaluation du
Surréalisme et 1960 par l'expo Antagonismes aux Arts décos.
Problème= celui des critères d'une novation reconnue.
Critère qui se substitue à celui de valeur artisitique vu la mouvance et l'absence de stabilité des
systèmes picturaux. Crise des valeurs (cf. Nietzsche) avec prise de conscience dans le Symbolisme,
le Décadentisme et toutes les formes de l'Art Nouveau.
Apparition // à celle de la notion de progrès scientifique, lié à la théorie Hegelienne de la fin de
l'histoire= on envisage une mort de l'art.
Critère de novation qui s'est élaboré dans fin du XIXème. Baudelaire « Au fond de l'inconnu pour
trouver du nouveau » (dernier vers de « Le Voyage »)
Environs 1912, monde et sa cohérence se défait, nostalgie et propension aux utopies. Picabia,
Duchamp, Futurisme et Appolinaire font de la « quête du nouveau » LE signe de la modernité.

4.

Reproche de cosmopolitisme. Considéré l'ouverture aux patrimoines populaires. Nouveau répertoire


iconographique pour symbolisme, + recherche formelle à partir d'arts « populaires ».
20 dernières années du XIXème: importance de la gravure sur bois (Gauguin, Munch). Jarry,
Bruckner, Die Brücke, Kandinsky ont repris le procédé en couleurs.
Mémoire d'ordre émotionnel voire spirituelle. Se souvient de l'émotion en tant qu'elle est en accord
avec le « contenu spirituel ».
K. cherche à entrer dans le tableau, à vivre en son sein.

5.

« maisons magiques » pose le problème hors du décoratif. Arrangement des objets crée un climat
spirituel.
Problème de la datation qui ne confère pas la même valeur à l'œuvre.
1912= Du spirituel dans l'art: n'est pas tourné vers l'avenir.
Première aquarelle reconnue fondatrice qu'une dizaine d'années après, une fois qu'il se soit
réellement engagé dans la voix de l'abstraction. (figuration jusq. 1918)
Création s'enracine dans la trame émotionnelle. 2 points de l'extrait de Regards sur le passé:
Couleur et impression d'être entouré par les formes.
Premières abstractions sont encore à accrocher sur un mur. Ne sont pourtant pas décoratives, elles
visent à fonder un espace spirituel, transformer l'espace du spectateur.
« La forme n'est pour moi qu'un moyen d'atteindre le but et si je m'occupe en théorie aussi,avec tant
de minutie et si abondamment, de la forme, c'est que je veux pénétrer à l'intérieur de la forme »
lettre à Will Grohmann, 3 Nov. 1925.
Chastel: « Le cercle est le cavalier abstrait. Dans cette substitution, accomplie comme une
croissance décisive, K. obéit à son « voeu intérieur » ». K. cherche à être un peintre « du contenu ».
Exposés sont ici légitimants.
Classer les éléments picturaux pour « dilater à l'infini les possibilités formelles », « ne conduit pas à
l'objectivité d'un système, mais intervient […] pour donner une prise irrésistible au « voeu
intérieur » ». Chastel.

6.

Pour la réédition en 1914 de l'almanach du Blaue Reiter, dans un avant-propos, K. dit que la
« question de la forme est en art une question secondaire, que la question de l'art est, avant tout, une
question de contenu ». Forme exprime le contenu spirituel et donc propre à l'artiste; c'est « au
contenu que se reconnaît l'artiste ». Contenu= somme des indescriptibles réalités vécues dont
l'œuvre tire son origine, appartient à un mode inaccessible aux « moyens » littéraires. »
Relation à la littérature= péjorative après que Cézanne ait désigné l'esprit littérateur qui théorise
avant de peindre et « Et tout le reste est littérature » de Verlaine. Matisse: ne « s'expliquer qu'avec
les pinceaux ». Depuis C. et Gau., la peinture veut épuiser tous les cas possibles... ne rélève pas du
« formalisme ».
« Emotion d'abord! Compréhension ensuite! » Gauguin à Charles Morice, 07/1901 <=> recherches
du symbolisme et expressionisme, pensée Matisse, K. = thématique à placer sous le signe du
« subjectivisme ».
Maurice Denis critique envoie de Matisse au Salon 1905 car privilégie l'artificiel à la nature,
« quelque chose de plus absrait encore; […] de la peinture, en soi, l'acte pur de peindre. ».
Recherche de l'absolu limité par la relativité de l'émotion individuelle.
Denis: « Il faut renoncer à reconstruire un art tout neuf avec notre seule raison.[...]Le recours à la
tradition est notre meilleure sauvegarde contre le vertige des raisonnements, contre l'excès des
théories. »
Seule unité du Symbolisme: les refus: du naturalisme, de la démocratie, du capitalisme, du
positivisme => Inscription dans l'histoire contemporaine.
Accent porté sur le « sujet »; envie de rendre visible ce qui n'appartient pas à la peinture. Corbière:
« Il faut peindre uniquement ce qu'on n'a jamais vu et qu'on ne verra jamais. ». Klee: « L'art ne
reproduit pas le visible. Il rend visible. »
Approche de Gauguin de la spécificité du fait pictural : l'idée doit être peinte mais rester une idée.
Aujourd'hui, on comprend toute la novation de ce propos, parce qu'on a vu le but comme celui de
l'autonomie puis de la spécificité du fait pictural.
Dans la phrase de Denis: « avant d'être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque
anecdote, un tableau est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain
ordre assemblées. » L'assemblage des couleurs se doit d'être subordonné à l'image finale. Matisse ne
prend pas cela en compte, ne retient que la seconde partie: créant « des idées de tableaux ».
Débat théorique sur la nécessité de maintenir la présence d'une image signifiante et celles de
l'organisation picturale.

7.

Les propos de K. qui placent la forme comme seconde= suite directe du Symbolisme. + Cézanne:
« peindre les conditions de production de l'effet »; à Léo Larguier: « Peindre ce n'est pas copier
servilement l'objectif ».
Image du cavalier= peintre est porté par sa peinture, mais c'est lui qui l'a conduit.
Certains aspects la feraient apparaître comme un « subjectivisme expressionniste »: car trace
imparfaite d'une émotion au riche contenue, d'un effet subi par le peintre mais extérieur à la
peinture.
Vie intérieure s'élabore dans un processus de connaissance dont les œuvres dont les instruments: se
dé-couvre, se constitue et l'artiste peut ainsi le contrôler. // Rimbaud: « La poésie ne rythmera plus
l'action, elle ira de l'avant ».
K. remarque que dans les œuvres que nous connaissons du passé, il y en a pas ou peu qui sont
factices... « Seules subsistent les créations authentiques de l'art, celles qui possèdent une
âme(contenu) dans leur corps (forme) ».
Dans l'Almanach, exemple anti-historiques. Arts populaires, primitifs: visée d'être art n'est pas
explicite et répondent à déterminations vie psychique collective et industrielle.
Imaginaire des grands artistes de l'époque = fin d'une civilisation.

Rapports avec la musique, l'écriture hyéroglyphique...

10.
Pas très intéressant, détails sur les séries de Cavaliers.
Importance du Temps comme élément constitutif de l'oeuvre.
Peinture pas instinctive, le peintre la maîtrise. « Nécessité intérieure »(instinct et spontanéité) est
bridée. Le cavalier= le peintre.

Coralie Souza Vernay, 2010, LSH C