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MINSTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEURE ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE HADJ-LAKHDAR BATNA


INSTITUT D’ARCHITECTURE ET D’URBANISME

Nom : FANTOUS Nom : NACEUR


Prénom : Amina Prénom : Farida
Grade : Maître-assistant classe B Grade : Professeur
Institution : université El Hadj Institution : université El Hadj
Lakhdar. Batna Lakhdar. Batna
Fonction : Enseignant chercheur Fonction : Enseignant chercheur
Téléphone/Fax : 0696464046 Téléphone/Fax :
E-mail : ammina7@yahoo.fr E-mail : naceur.farida@yahoo.fr

JOURNEES DE FORMATION DOCTORALE INTERNATIONALES

Communicant par : Voie Orale

Axe choisi : L’HABITAT EN ALGERIE

Intitulé de la communication :

LES ESPACES DE PROXIMITE RESIDENTIEL : INADEQUATION ET DIFFICULTE D’USAGE

CAS DES QUARTIERS D’HABITAT A BATNA

INTRODUCTION :
« L’action sur les grands ensembles en difficultés n’est pas d’abord une question
de façades, et ne le devient pas davantage ensuite. C’est une question d’architecture, qui permet
de redéfinir le statut des lieux… » Panerai
Dans les dernières décennies, plusieurs sociologues, urbanistes et psychologues ont
souligné l’augmentation du trafic, la réduction des places publiques et la perte du sens de la
communauté à l’intérieur de nos villes. Pour eux, les milieux urbains sont de plus en plus
difficiles à vivre.
La diversité des espaces collectifs, le traitement des seuils et des espaces de
distribution participent à la qualité d’usage du logement, les qualités spatiales des espaces
communs de la rue à la porte du logement permettent leur appropriation par les habitants. Les
espaces collectifs constituent des espaces de transition entre le public et le privé. Ils sont de
plusieurs natures : il peut s’agir d’une cour, d’un jardin collectif, mais aussi d’un palier, d’un
hall, d’un couloir... Ces lieux sont trop souvent considérés comme secondaires par rapport à
l’espace domestique (celui du logement). L’espace extérieur est caractérisé par sa pluralité, tant
du point de vue de la diversité des lieux qu’il occupe, des formes qu’il prend et des usages qu’il
accueille ; au regard de ces enjeux extrêmement divers et importants.

1
L’Algérie Depuis l’indépendance est entrée dans une phase d'intense urbanisation.
Le taux d'accroissement des villes a été très rapide car durant cette période, l'Algérie a connue
en plus de la poussée démographique un important exode rural. Cette urbanisation ne fut
malheureusement pas accompagnée à temps par une planification adéquate de manière à
maîtriser cette croissance galopante. Le développement extrêmement rapide des villes et la
croissance de la population ont longtemps cantonné la conception des espaces extérieurs à une
approche essentiellement fonctionnelle, au détriment de la vie locale et du cadre urbain.
Ces cités donc, sont le résultat de la pensée progressiste qui s’appuie essentiellement sur les
notions de « modèles urbains » et de « plans types ».
Lorsqu’on parle de qualité de vie, de propreté, de sécurité ou de confort, c’est
souvent l’espace extérieur de ces logements qui est désigné du doigt. Alors que cet espace
présente le lieu des innombrables pratiques de la vie urbaine : commerce, détente, rencontre…,
un lieu qui affiche aisément son rôle social et économique. C’est encore le lieu où s’exercent
les fonctionnalités de la cité : déplacements, réseaux techniques, ... au fait c’est aussi une vitrine
où la cité forge son image et son identité.
De ce fait plusieurs questions peuvent être posées :

• Est-ce-que ces cités d’habitat sont adéquate et répond aux besoins de ses habitants ?
• Comment s’approprient-ils l’espace ?
• Y-a-t-il consensus dans les pratiques tendent à attribuer l’espace à un groupe ?
• Où est la place de l’habitant et surtout de l’enfant dans ces espaces ?
• Le mélange social apparaît-il comme source de conflits pour l’utilisation de ces espaces
extérieurs ?
Autant que questions se posent à nous à travers le cas de Batna, à partir de
l’observation des comportements, des pratiques repérées sur terrain.
Afin de mieux comprendre ce phénomène et de pouvoir y apporter des réponses, il
nous a paru utile d'essayer de préciser la difficulté d’usage et l’inadéquation des espaces
extérieurs (espace de proximité) dans les cités d’habitat collectif et individuel.
C’est à partir d’un état des lieux raisonné, d’une lecture et d’une analyse, que nous
interrogeons ces lieux denses et complexes : ils relèvent du domaine de l’habitat.
ESPACE INTERMEDIAIRE QUELLE DEFINITION ?
Ce sont ainsi ces espaces entre rue et habitation qui motivent cette recherche, non
pas en tant qu’objet en soi, mais dans la mesure où ils mettent en scène et nous informent sur
la façon dont la société envisage le rapport entre individuel et collectif. Nous nous proposons

2
ainsi de présenter ici un état des lieux raisonné sur la question de ces espaces entre rue et
logement.
Il s’agit de mettre en évidence les étapes de la formation de la notion « espace
intermédiaire », la construction du regard sur ces entre-deux et de mettre à jour les idéologies
et théories sous-jacentes. Les seules questions de vocabulaire, de dénomination et de
terminologie, mettent en lumière le caractère flou, incertain et complexe de ces espaces, tant du
point de vue des pratiques que des analyses qui en sont faites. L’emploi du concept d’« espace
intermédiaire » ou « espace de proximité » est relativement récent et reste encore limité à un
cadre restreint de spécialistes de la ville.
Ainsi, les espaces intermédiaires sont évoqués dans le cours de l’article « espace
public » dans les termes suivants : « Entre l’espace public et l’espace privé proprement dits,
l’architecture et l’urbanisme distinguent en outre, souvent, des espaces "intermédiaires ",
surtout en matière d’habitat.
Ainsi, dans Espace urbain, vocabulaire et morphologie, la définition proposée fait
explicitement référence aux qualités architecturales de cet espace de transition, puisqu’il s’agit
de « l’espace aménagé de façon à répondre aux exigences du rapport public-privé. Il s’agit
généralement d’espaces privés visibles de l’espace public (balcons, couvertures en terrasse,
etc.) ou d’espaces de distribution intérieure comme les parties communes des immeubles, situés
entre l’espace privé de l’appartement et l’espace public. »1
Alors que la définition proposée dans le Dictionnaire de l’habitat et du logement
s’attache à une lecture plus anthropologique et sociologique de ces lieux, « Zone "entre-deux"
qui donne sens et qualités à l’espace du logement » invoquant comme grille d’analyse
«l’analyse des seuils et des rituels de passage »
Ainsi, la terminologie « espaces intermédiaires » n’apparaissant que de façon
récente et non systématique, on trouve pour évoquer ces lieux de transition une multitude de
termes, de qualificatifs et d’expressions qui tentent de désigner ces espaces ambigus,
soulignant, tour à tour, leur statut juridique, leur spécificité formelle ou leur qualité d’usage.
Les espaces intermédiaires deviennent au fil des écrits, des articles, des rapports,
des recherches, des programmes et projets d’architectes, les parties communes, les espaces
collectifs, les espaces extérieurs, les espaces extérieurs collectifs, les espaces libres, les espaces
libres collectifs, les espaces hors logement, les dégagements, les extérieurs du logement, les
espaces verts, les espaces publics de proximité, les espaces semi-privés semi-publics, les
espaces de transition, les articulations, les annexes du logement, l’interface ville-logement, les

1
GAUTHIER (Bernard). Espace urbain, vocabulaire et morphologie. Paris : Editions du Patrimoine, 2003, p.449
3
abords du logement, le sas, ou bien encore les prolongements du logis (on reconnaîtra ici le
vocabulaire corbuséen).
ETAT DES ESPACES DE PROXIMITE A BATNA
La crise actuelle de nos cités réside plus particulièrement dans leurs espaces
extérieurs, que l’architecture moderne en a négligé les valeurs ; d’où leur dysfonctionnement,
qui est dû généralement :
• Au manque d’espaces de jeux, de détente et de rencontre ainsi que l’absence de leur
aménagement et traitement
• Les espaces extérieurs sont souvent mal définis, leurs rôle est ambigu, ils sont en effet partout
et nulle part et servent généralement de dépotoir.
• L’absence de gestion et d’appropriation de ces espaces qui sont complètement délaissés de
la part des pouvoirs publics ainsi que des habitants.

La crise des cités d’habitat dans la ville de Batna, réside plus particulièrement dans
la gestion de leurs abords, et révèle le caractère problématique de l’organisation de ces espaces.
Ce sont ainsi les espaces entre rue et logement qui motivent cette recherche ; ils mettent en
scène et nous informent sur la façon dont la société envisage le rapport entre individu et
collectif. Les espaces extérieurs sont inappropriés, la vie collective est illusoire et le cadre de
vie est désagréable, de ce fait, spatialement on vit collectivement par contre socialement on vit
individuellement.
Aujourd’hui, de nombreux quartiers d’habitat présentent des difficultés au niveau
de l’utilisation de leurs espaces extérieurs une grande difficulté, alors que des symptômes
précurseurs émergeaient déjà dans les premières années de leur mise en exploitation. Cette
situation chaotique réside dans :

• Le non achèvement des aménagements extérieurs en raison des besoins en logement sans
cesse croissant et l’insuffisance des enveloppes attribuées.
• La mauvaise conception de ces espaces extérieurs
• L’absence des programmes de planification et l’inappropriation des espaces extérieurs par
les habitants,
• Le défaut de coordination dans la gestion de ces espaces.
• La faible participation des spécialistes dans l’étude architecturale et urbaine

PRATIQUES ET SYMBOLIQUES DES ESPACES INTERMEDIAIRES

4
Ainsi, ce sont moins les formes architecturales, l’esthétique et les injonctions
éducatives qui priment dans cette perspective, que les pratiques des habitants, la représentation
qu’ils s’en font, et leurs dimensions symboliques.
On s’attache certes à des lieux, mais surtout peut-être à des dispositifs, de fermeture
(clôture), de mise en scène (nains de jardin), de marquage de l’espace (paillasson). Dans
l’ensemble des travaux consacrés à ce processus de construction du chez-soi et des « territoires
de l’intimité »2
Il s’agit de ce fait d’observer les rapports établis entre un individu et son espace :
les espaces intermédiaires, et du grand ensemble en particulier, n’apparaissent que comme des
espaces définis par défaut, défaut d’appropriation et d’individualisation.
De même, les « espaces de renvoi », lieux du sale, du bricolage, et du désordre, sont
principalement analysés comme des espaces définis par défaut dans le logement collectif ; trop
peu nombreux, trop petits, mal conçus, les espaces de renvoi nécessitent de la part des habitants
une capacité d’adaptation et de détournement de l’espace donné. Le parking est ainsi un espace
de renvoi symptomatique ; lieu de « squat », de bricolage, il accueille un ensemble de pratiques
non prévues, participant, de façon inattendue à le transformer en un terrain potentiel
d’appropriation3.
Mais les espaces intermédiaires ne permettent pas seulement l’élaboration de la
relation de l’habitant à son espace de l’habiter, ils apparaissent également comme le cadre et le
support d’une sociabilité particulière : les relations de voisinage.
Les espaces extérieurs dans la ville de Batna, à cause de l’absence d’un
aménagement adéquat on trouve une difficulté pour le définir, on trouve que l’espace change
de fonction et peut accueillir plusieurs fonctions en même temps ou alternativement :
- l’espace est utilisé comme lieu de commerce : vente temporaire
- l’espace est utilisé comme parking et cela à cause du manque d’espaces de stationnement.
- l’espace est utilisé comme espace de jeu pour les petits enfants ainsi que pour les jeunes, à
cause de l’absence des espaces de jeux pour les tranches d’ages et les espaces existants sont
utilisé par un groupe ou deux.
- Les espaces à proximité de l’habitation juste devant l’entrée ou sur la façade sont devenus
des espaces verts ou un parking personnel qui joue le rôle d’un écran évitant que l’espace
soit accessible aux jeunes ou aux enfants.
- Ou qu’il ne porte aucune signification, et ne joue aucun rôle

2
SERFATY-GARZON (Perla). Chez soi. Les territoires de l’intimité. Paris : Armand Colin, 2003.

3
LEFRAN‫ا‬OIS (Dominique). L’auto immobile. Représentations, usages et économies de la voiture dans un
grand ensemble. Les quartiers Nord d’Aulnay-sous-Bois. Mémoire de DEA, IUP, septembre 1998
5
LES ESPACES DE PROXIMITE DANS L’HABITAT INDIVIDUEL

PHOTO : CENTRE-VILLE
L’ESPACE DE PROXIMITE EST COMPLETEMENT

ABSENT,LES HABITATIONS DONNENT DIRECTEMENT

SUR LA VOIE, ET LE TISSU DU QUARTIER EST SERRE

ET NE PRESENTE AUCUN VIDE

PHOTO : CENTRE-VILLE (HABITAT INDIVIDUEL)


L’ESPACE DE PROXIMITE EST COMPLETEMENT

ABSENTS, LES HABITATIONS DONNENT

DIRECTEMENT SUR LA VOIE, ET LE TISSU DU

QUARTIER EST SERRE ET NE PRESENTE AUCUN VIDE

6
PHOTO : Z’MALA (HABITAT INDIVIDUEL)
L’ESPACE DE PROXIMITE NON AMENAGE, NON

DEFINI ET DELAISSE

LES ESPACES DE PROXIMITE DANS L’HABITAT COLLECTIF

PHOTO : CITE SAE


L’ESPACE DE PROXIMITE APPROPRIE COMME

ESPACE DE STATIONNEMENT

PHOTO : CITE 1200


L’ESPACE DE PROXIMITE NON AMENAGE ET

DELAISSE

PHOTO : CITE ECOTEC


L’ESPACE DE PROXIMITE N’EST PAS DEFINI ET
UTILISE COMME ESPACE DE JEU

DIFFICULTE D’UTILISATION DES ESPACES DE PROXIMITE RESIDENTIELS A BATNA :


7
Ainsi, bien souvent la crise de l’habitat à Batna semble contenue et résumée dans
la crise des espaces de proximité. En effet, les diagnostics de dysfonctionnement de cette forme
urbaine et architecturale font bien souvent état de ces espaces définis et présentés par défaut :
 Défaut de dénomination (espace public, libre ou vert, espaces semi-publics),
 De délimitation (où commence l’espace public à proprement dit,
l’inconsistance du processus de gradation du plus public au plus privé en
l’absence de rue),
 De propriétaire de sens,
 De fonction, de rôle, qui rendent difficile, voire impossible, pour certains
tout processus d’appropriation menant parfois à l’anomie.
On y recense alors les détournements et pratiques illicites et illégales : squats de
jeunes dans les halls, agressions dans les caves, trafics en tous genres dans les parkings.
Les espaces de proximité dans l’habitat à Batna, quels qu’ils soient, sont toujours
très peu accueillants et confortables. Pourtant, ces espaces intermédiaires peuvent être de hauts
lieux de citadinité, de plaisir de la ville : un jardin collectif bien aménagé est un espace de
respiration, de détente, de vie familiale, de calme, de nature. Il participe d’un confort inattendu
dans un grand centre urbain.
Les tours et les barres des grands ensembles n’ont eu que faire du vide qu’elles
laissent entre elles : ces vides, souvent peu aménagés, se sont progressivement révélés être
générateurs de maux sociaux très importants, et dans le cas des tissus d’habitat individuel, un
tissu dense et compacte qui présente l’absence de ce type d’espace, et s’il existe, ils manquent
d’identité, de délimitation et sont pas aménagé, ne présentent que des espaces vides.

Photo : Cité d’Habitat collectif Ecotec au centre- Photo : Cité d’Habitat collectif SAE
ville Auteur 2014
Auteur 2014

8
« Pour qu’un espace résidentiel existe, il est important qu’il ne puisse être traversé par des flux
publics. Or la conception des quartiers s’est ingéniée à produire des espaces où, faute de rue, les cheminements
publics se font partout au petit bonheur. »4
L’ENFANT ET L’ESPACE DE PROXIMITE :
La relation entre l’enfant et la ville suscite un grand intérêt. S’intéresser à la relation
entre l’enfant et la ville, c’est donc se pencher sur un phénomène dont l’importance est de plus
en plus reconnue : on y voit des opportunités pour mieux comprendre les villes et les sociétés
qui les habitent, mais aussi pour aménager des milieux de vie plus adéquats permettant aux
enfants d’y grandir et à leur famille de s’y épanouir.
En effet, les nombreux travaux menés au cours de ces dernières décennies indiquent
que l'autonomie de déplacement des enfants en ville ne cesse de diminuer. Ce phénomène
affecte en particulier les enfants, qui voient leur liberté de mouvement et de déplacement à
l’intérieur des milieux urbains compromis. Comme Piaget et d’autres l’ont suggéré,
l’exploration dès le plus jeune âge de l’enfant, joue un rôle important dans leur compréhension
du monde qui les entoure. Les enfants ont besoin d’être actifs afin d’être stimulés à
l’apprentissage.
«Il faut repenser la ville en fonction des enfants, avec une vision à un mètre dix de
hauteur.» Walter Veltroni, maire de Rome
L’urbanisation inachevée (dû entre autres à l’absence d’espaces équipés et réservés
aux activités enfantines) n’a pas empêché la réappropriation traditionnelle de l’environnement
immédiat. Imposée de fait aux pouvoirs publics la présence massive d’enfants dans la rue, est
la forme que prend la contestation d’une politique faite sans eux et contre eux. L’espace de
proximité, transformé en espace-jeu par les enfants est le signe de l’échec d’une certaine
politique urbaine. Elle préserve cependant toutes les activités essentielles au développement de
l’enfant, dans son triple aspect, moteur cognitif et social.
Ainsi la connaissance du contexte local
est le préalable à toute politique sociale urbaine et
pose par là même, le problème à résoudre de la
place à accorder à l’enfant dans la ville.
L’observation et les entretiens avec les
enfants ont abouti au repérage de pratiques de jeux
spécifiquement masculin ou féminin dans les
espaces de proximité utilisé comme espace de
stationnement.

4
Patrice SECHET, Ibid., p. 5.
9
RECOMMANDATION
« Nous voulons nous lier et rompre, nous attacher et être libres, nous enraciner et
circuler. Nous désirons la proximité et la distance […] la ville que nous souhaitons doit être
notre ville et celle des autres […]. Elle doit porter le passé et le futur, l’enracinement et le
déracinement, l’inconnu et le familier, le semblable et le cosmopolite, le calme et l’agitation.»5
A Batna, l'espace de proximité est valorisé pour des raisons diverses alors que
d'autres espaces supportent des représentations négatives lors même qu'ils seraient, en théorie
au moins, mieux adaptés au jeu. L'enfant circule dans un espace qui implique un imaginaire
social.
L’espace de proximité apparait avant tout comme un espace de rencontre et de
convivialité, mais cela dans l’habitat collectif. I1 n'est pas propriété de l'un des enfants ou de
ses parents, donc il permet la rencontre informelle, aléatoire. I1 devient de ce fait espace semi-
privé sans perdre son caractère public, approprié par un groupe d'enfants qui s'y reconnait. Dans
le cas des quartiers d’habitat individuel présentent tout à fait le contraire, une absence des
espaces de proximité oblige les enfants à se mettre dans la rue ce qui leurs expose à plusieurs
dangers.
C’est à partir de ces aspirations des citadins d’aujourd’hui qu’il faut « penser » notre
rapport aux espaces publics, aux espaces privés, aux espaces multiples d’appropriation.
« Il y a beaucoup de fantasmes liés à l’espace public. Au sens strict, l’espace public
est un espace de libre accessibilité, de rencontre fortuite, qui, d’une certaine manière, est le
contraire de l’espace approprié, de l’espace d’ancrage, de l’espace de proximité. D’une
conception supposée convenable des espaces publics, on attend des outils pour favoriser le
développement du lien social. Or, dans l’espace public, ce qui se produit, ce sont des
interactions : l’espace public ne fabrique pas en tant que tel de liens pérennes et de l’ancrage.»6

5
Didier LAPEYRONNIE, Revue du MAUSS n°14, Villes bonnes à vivre, villes invivables.
6
Yves GRAFMEYER, entretien du 14 mai 2007 recueilli par Thomas FAILLEBIN pour la DPSA.
10
Réaménager le rapport public/privé : Il s’agit tout d’abord de redéfinir plus précisément les
limites du privé et du public, en référence bien souvent à la ville.
Eviter les rassemblements de jeunes dans poches vides, diminuer le trafic de drogue et des
nuisances pour les habitants (sécurité)
Dessiner des parcours entre les différentes ambiances urbaines avec des espaces de
ponctuations, de respirations, des interstices, des lieux de croisements et de rencontres, pour
ménager l'attente de singularité et le besoin du collectif.
Développer une offre d’habitat adaptée aux aspirations d’intimité et de nature des
citadins.
BIBLIOGRAPHIE :
 APUR . Juin 2012 « L’ESPACE PUBLIC PARISIEN, NOUVELLES PRATIQUES NOUVEAUX USAGES »,
 CAUE : « LIMITES ENTRE ESPACE PRIVE ET ESPACE PUBLIC DANS L’HABITAT EN SEINE-SAINT-DENIS »,
outil de conseil à destination des communes du département
 Cottereau A., Quere L. (2003), « Postface », in Barril C., Carrel M., Guererro J-C, Marquez
 A., « LE PUBLIC EN ACTION. USAGES ET LIMITES DE LA NOTION D’ESPACE PUBLIC EN SCIENCES
SOCIALES », l’Harmattan, Logiques politiques, Paris
 Didier LAPEYRONNIE, Revue du MAUSS n°14, VILLES BONNES A VIVRE, VILLES INVIVABLES.
 FAILLEBIN Thomas : « LES ESPACES INTERMEDIAIRES COMME PROJET D’URBANITE ». Millénaire ;
le centre ressources prospective du grand Lyon, de février au juin 2007.
 FLAMAND Amélie : « LES ESPACES INTERMEDIAIRES, UN ETAT DES LIEUX RAISONNE », Institut
d’Urbanisme de Paris - université de Paris XII Centre de Recherche sur l’Habitat – UMR LOUEST
 FLAMAND A. (2008), « L'INVENTION DES ESPACES INTERMEDIAIRES DANS L'HABITAT », Thèse de
doctorat en Urbanisme et Aménagement, Institut d'Urbanisme de Paris-Université Paris-Est, juin.
 FLAMAND Amélie : « LES ESPACES INTERMEDIAIRES DANS L’HABITAT : ESPACES-ENJEUX, ESPACES
PUBLICS ? ». Institut d’Urbanisme de Paris - université de Paris XII Centre de Recherche sur l’Habitat
– UMR LOUEST
 Fijalkow Y (1998), « LA CONSTRUCTION DES ILOTS INSALUBRES », Paris 1850-1945, l’Harmattan,
Paris
 GRAFMEYER Yves. (1995), « Sociologie urbaine », Nathan, collection 128, Paris
 GRAFMEYER Yves, entretien du 14 mai 2007 recueilli par Thomas FAILLEBIN pour la DPSA.
 LEBOIS Valérie : « ENJEUX DES ESPACES INTERMEDIAIRES DANS L’HABITAT COLLECTIF
CONTEMPORAIN », Université de Paris 8, Ecole doctorale Ville et Environnement
 LEFRAN‫ا‬OIS (Dominique). « L’AUTO IMMOBILE. REPRESENTATIONS, USAGES ET ECONOMIES DE LA
VOITURE DANS UN GRAND ENSEMBLE. LES QUARTIERS NORD D’AULNAY-SOUS-BOIS ». Mémoire de
DEA, IUP, septembre 1998

11
 M. NAHAL Ahmed : « L’INSECURITE URBAINE DANS LES ESPACES DE L’HABITAT SOCIAL COLLECTIF
EN ALGERIE CAS DE LA VILLE DE ANNABA ». MEMOIRE DE MAGISTER ; JUIN 2012
 SAW-B. 2007 analyse : « REGAIN DES FORMES D’HABITAT COLLECTIF : NOUVELLES
UTOPIES SOCIALES ? », Numéro 4
 SERFATY-GARZON (Perla). CHEZ SOI. LES TERRITOIRES DE L’INTIMITE. Paris : Armand Colin,
2003.

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