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Conception mécanique

Dimensionnement des arbres

Prof. Éric Béchet

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Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Intro

Éléments de conception

Méthodes de calcul générales – arbres de manège

Prise en compte de géométries complexes – arbres de
commande – SER

Vibration transversales et vitesses critiques

Exercices d’application

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Conception mécanique

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Conception mécanique

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Conception mécanique

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Conception mécanique

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Conception mécanique

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Dimensionnement des arbres


Intro
Un arbre est un élément de machine, tournant ou fixe, supportant
engrenages, poulies, pignons, etc. Il a généralement une géométrie de
révolution. C’est le cas que l’on considère dans la suite.
Il sert à transmettre une puissance, mais peut aussi servir à positionner
des éléments entre eux.
Selon son usage, il peut porter plusieurs noms :
- Arbre de transmission : transmet un couple, généralement d’un
élément moteur vers un autre élément de machine
- Essieu ou axe : rotatif ou non, ne transmet pas de couple mais
seulement des efforts liés au positionnement.

C’est l’élément de machine - de loin - le plus courant !


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Un arbre en rotation est soumis à plusieurs
sollicitations :

Certaines sont imposées par la fonction assurée par l’arbre
dans le mécanisme, ce sont des sollicitations externes
- Transmettre un couple
- Supporter/positionner un élément interne au mécanisme
- Reprise d’efforts externes au mécanisme

D’autres sont des conséquences non voulues dues à la
conception du mécanisme : sollicitations internes
- Efforts dues aux éléments participant à/aux la fonctions – engrenages
(forces générées par le contact), poulies (tension de la courroie) etc.
- Efforts dus aux liaisons (frettage, clavettes), paliers (en particulier paliers à
rouleaux coniques)

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Arbre = poutre : 6 sollicitations « macroscopiques »
indépendantes qui se traduisent, en chaque point, par
trois états de contraintes locaux indépendants :

Efforts normaux → Traction/compression σ zz dans l’axe de
l’arbre

Exemple de cause : poids propre d’un arbre de turbine vertical

Sous les hypothèses de Saint Venant → les efforts sont constants dans chaque
la section.

Ils ne varieront pas en fonction de la rotation (sauf mécanisme complexe e.g.
arbre de perceuse à percussion)

r
V H
θ
x
σ xx
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Flexion (deux directions possibles) → Moment fléchissant →
Traction/compression σ zz dans l’axe de l’arbre

Exemple de cause : poids propre d’un arbre de turbine horizontal, couples
exercés sur l’arbre dans un plan parallèle à l’axe

La répartition des efforts dépend de la section, mais ils sont globalement de
signe opposés de part et d’autre du plan contenant la fibre neutre et
perpendiculaire aux efforts (et parallèle à l’axe du couple induit !)

Si l’orientation des efforts est fixe et que l’arbre tourne, les efforts vus du
point de vue matériau seront modulés par la rotation : ils varieront de façon
sinusoïdale dans le temps : on parle de flexion rotative.

Moment fléchissant

σ xx
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Torsion → couple de torsion → efforts de cisaillement τ θ z
dans chaque section

Exemple de cause : couple moteur transmis.

La répartition des efforts de cisaillement dépend de la section. Elle est
proportionnelle à la distance à l’axe de torsion (qui est confondu avec l’axe
de révolution pour une géométrie de révolution…)

Si la section est mince (arbre creux), c’est donc quasiment constant.

En principe, ne varie pas avec l’angle de rotation de l’arbre, sauf
mécanismes complexes e.g. moteur à pistons qui génèrent des à-coups.

τθ x
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Efforts tranchant → cisaillements τ xz et τ yz dans chaque
section.

Exemple de cause : efforts provenant des liaisons, tout comme pour le
moment fléchissant (sauf couples !)

La répartition des efforts dépend de la section, mais ils sont paraboliques
dans la section.

Si l’orientation des efforts est fixe et que l’arbre tourne, les efforts vus du
point de vue matériau seront modulés par la rotation au même titre que pour
la flexion.

Effort tranchant

τ Hx
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Matériaux les plus courants

Aciers au carbone, laminés à chaud si pas de besoins de
résistance particuliers : 0.15 à 0.30 % de carbone : EN32B,
DIN CK15, AISI 1015 …

Pour des arbres rapides ou fortement sollicités, aciers
autorisant des traitements thermiques 0.30 à 0.60 %C ou
aciers alliés type DIN CK35, 30CrNiMo16

Autres matériaux :

Titane (aéronautique) TA6V : usinage plus difficile, coût élevé

Aluminium : faible limite d’endurance → pas fait pour les fortes sollicitations
cycliques, donc plutôt pour du positionnement avec de faibles charges.

Plus rarement composites

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La rigidité d’un matériau ne dépend en pratique presque pas
de la sa nuance : Aciers ~ 200-220 GPa ; seule la limite
d’élasticité est fortement variable : de 235 à 1450 MPa

Même constat pour la masse volumique (aciers 7,8 g/cm³ )

Par conséquent, les caractéristiques d’élasticité des arbres
en acier (rigidité de torsion/flexion etc.) ne dépendent que de
la géométrie.

Possibilité d’arbres creux si la rigidité est un paramètre
important… à capacités de transmission égales, un arbre
creux est bien plus rigide, pour un poids plus faible

Fréquent en aéronautique

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Éléments de conception

But – construction la plus économique possible et la plus
sûre → arbre de diamètre le plus faible possible.

Le facteur dimensionnant d’un arbre est un des 3 éléments
suivant :
- Résistance (en fatigue ou ultime)
- Rigidité (pour diminuer la flèche)
- Stabilité (augmenter la vitesse critique)

Quelque soit le critère dimensionnant advenant en premier,
le diamètre de l’arbre est grandement influencé par les
moments fléchissants… or ceux ci dépendent directement
du positionnement des éléments le long de l’arbre.

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Positionnement des éléments le long de l’arbre
Poulie
Roue dentée
Palier
Palier

L1 L2 L3

Mauvais positionnement !


Il est généralement préférable de positionner les éléments
de machine près des liaisons... 17
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Bon positionnement

Ou...

(mais plus faible raideur en torsion!) 18


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Diagramme de corps libre (DCL)

Tout comme pour une poutre, il faut déterminer les efforts
internes à partir des éléments extérieurs

Premièrement, faire un calcul des efforts extérieurs – c’est
un calcul similaire à ce qui se fait en résistance des
matériaux…

Cas isostatique → les efforts sont déterminés directement (statique).

Cas hyperstatique → utiliser les méthodes énergétiques pour s’en sortir
(Castigliano / Menabrea)

On essaie habituellement de se retrouver dans le cas isostatique – plus
fiable par rapport à des variations de paramètres (e.g. dilatation thermique)

Quand ce n’est pas possible, l’introduction de jeux permet de s’en sortir...

Une fois ceci calculé, toutes les interactions de l’arbre avec
l’extérieur est résumé par un ensemble de forces Fi et de
couples Ci, réduits à la fibre neutre de l’arbre. 19
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Exemple de diagramme de corps libre

FaH Fa’H
H Ccx Crx

x
FcH FrH
FaV Fa’V
V

x FrV

La Lc Lr 20
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Diagrammes Mfx(z), Mfy(z),N(z),Tx(z),Ty(z), C(z)

Correspondent aux efforts nécessaires pour maintenir l’arbre
à l’équilibre, si une coupure est faite à l’abscisse z

Ici, N(x)=0

Tx(x) : FaV Fa’V

x
FrV

Ty(x)
FaH Fa’H

21
FcH FrH
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MfV(x) FaV Fa’V

FrV


MfH(x) FaH Fa’H


C(x) Ccx Crx 22
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Méthodes de calcul en prédimensionnement

Arbre long (parfois appelé « arbre de manège »)
On va se mettre dans un cas le plus défavorable, soit un
arbre relativement long, transmettant un couple moteur,
associé à une force radiale.

Arbre court de section variable (tronçon de commande)
On devra tenir compte des éléments ajoutés à l’arbre et
calculer plus précisément un état de contraintes section par
section.

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Arbre long (parfois appelé « arbre de manège »)

Soit une puissance P à transmettre (en kW), à une vitesse
de rotation N (en tr/min). La configuration la plus défavorable
est qu’il existe une charge centrale pour un arbre en appui
sur ses extrémités.

Cette charge peut être due à la tension d’une courroie, à
l’angle de pression d’une roue dentée etc.

Les normes DIN proposent un entraxe maximal :
L<300 √ d [ unités en mm ]
R
C
d

R/2 L R/2 24
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Arbre long : trois critères sont à valider !

Résistance en torsion-flexion combinée

Raideur en flexion (flèche limitée)

Raideur en torsion (stabilité de la chaîne cinématique)

La combinaison des trois critères nous donne la
formule des arbres de manèges.

Cette formule est un outil de pré-dimensionnement.

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Critère de résistance aux efforts

Bilan des efforts :
 Moment fléchissant Mf , contraintes normales de valeur maximale au droit du
point d’application de la force F
 Moment de torsion Mt , contrainte de cisaillement de valeur maximale à la
périphérie du profil.

Il existe dans la quasi-totalité des cas un facteur de
proportionnalité k entre ces efforts !

Pour une roue dentée, le pression de contact est proportionnelle au couple à
transmettre, et l’angle de pression est constant ~ 20°

Pour une courroie, idem, la tension est calculée pour éviter le glissement, et
dépend donc du couple transmis

Sabot de freinage, même raisonnement ...

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En pratique : P=M t⋅ω kW
6 60⋅P
N.mm M t =10
2 π⋅N tr/min
avec Mf=kMt et 0.5<k<0.7 : ces valeurs sont issues de
l’expérience !

Dans la suite on va prendre k=0.7 par précaution.

Unités pour la suite : mm, kW, MPa , etc...

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Il s’agit donc d’une sollicitation composée. On va se
ramener à une sollicitation équivalente simple...
En combinant les deux moments, flexion et torsion, on
obtient un moment « idéal », qui nous permettra de
comparer les contraintes avec une valeur issue d’essais
expérimentaux (habituellement la contrainte limite en
traction).

L’objectif est de simplifier le dimensionnement, même si
l’état de contrainte est complexe.

On peut toujours revenir sur le calcul par la suite et affiner -
par exemple avec des outils numériques tels que les
éléments finis.

Ceux ci sont des outils de validation d’un design plus que des outils de
conception !
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Critère utilisé pour les matériaux métalliques, et donc
l’acier en général : rester dans le domaine élastique
ET éviter la fatigue.

Calcul des contraintes dans la section (RDM) 4
πd
h⋅M f h⋅M f r⋅M t r⋅M t I f=
h 64
σ= = 4
τ= = 4
If πd I0 πd
64 32

Les contraintes sont maximales au même
endroit : en h=d/2 (r=d/2) ! 4
πd
Mf Mt r I 0=
σ max = τ max = 32
3 3
πd πd
32 16
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La notion de contrainte équivalente (cf cours RDM) permet
de comparer avec un essai de traction simple ...
2 2
σ t =√ σ + 4 τ Critère de Tresca (cisaillement max)
2 2
σ vm=√ σ +3 τ Critère de von Mises (énergie de déformation)

On va essayer de trouver un moment composé tenant
compte des deux sollicitations (flexion et torsion) …

Prenons le cas de Tresca (plus conservatif que von Mises )

Mf 2 2
Mf 4⋅1 Mt 32

√(
σ max = 2 2
πd
3 → σt = 3 2
+ 2 3 2
= 3 √ M f + M t
πd 2 πd πd
32
Mt 1 Mt
32 ) ( )
32
τ max = 3
=
πd 2 πd3
→ 2 2
M i=√ M f + M t
16 32 30
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Avec von Mises, on obtient un critère plus faible (et donc
moins sécurisant)

2 2
Mf 3⋅1 Mt 32 3 2

√( √
2
σ vm= + = M f + Mt
πd
3 2 2
2 πd 3 2
πd
3
4
32 ) ( )
32

3 2

√ 2
M ivm= M + M t
4f


On constate que la formule utilisée pour définir le moment
idéal dépend du matériau et in fine, du modèle utilisé pour
ce matériau : ce n’est pas juste une question géométrique !

D’autres modèles existent…
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Critère de Mohr-Caquot
Correspond à la tangence du cercle de Mohr avec une courbe
caractéristique (c.c.) du matériau. Si le cercle de Mohr dépasse,
il y a rupture. La courbe limite dépend du genre de matériau.

Cela reste un critère simple
qui permet également un c.c. mat.
réel c.c. mat.
pré-dimensionnement raisonnable c.c. mat. fragile
intermed.
τ

Les modèles les plus simples
utilisent des droites. Rpg
On peut caractériser ces Cercle de Mohr c.c. mat.
droites par deux (cisaillement pur) ductile
paramètres : σ
Rpg : résistance pratique au cisaillement
Cercle de Mohr
Rpe : résistance pratique à la traction Rpe
(traction uniaxiale)
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Le calcul du moment idéal donne dans ce cas la
Formule de Mohr-Caquot

1 1
(
M i = 1−
2λ)M f+

M
2
√ f t+M
2


Dans cette formule,
R pg
λ= est un paramètre dépendant du matériau avec
R pe
Rpg : résistance pratique au cisaillement (Mpa)
Rpe : résistance pratique à la traction (Mpa).

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R pg 1

Matériaux métalliques ductiles (e.g. acier) λ= =
R pe 2
1 1
(
M i = 1−
2λ )
M f+

√ M
2
f +M
2
t = √ M
2
f + M
2
t
: Formule de Coulomb
(ou Tresca !)

Fontes (classe de matériaux fragiles) λ=1
1 1 2 2
M i = M f + √ M f + M t : Formule de Rankine
2 2
4

Matériaux moulés (e.g. Zamak ) λ=
5
3 5 2 2
M i = M f + √ M f + M t : Formule de Saint-Venant
8 8

Rappel : matériaux obéissant au critère de von Mises :
3 2
√ 2
M i= M + M t
f
4
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Les arbres de machines sont généralement en acier, donc
on utilisera ici la formule de Coulomb/Tresca, qui donne :
1 2
M i =M f
√ 1+( )
0.7
2
≈1.75 M f ou M i =M t √ 1+0.7 ≈1.225 M t


Calcul de la contrainte max : on suppose une section
circulaire. On a donc 4
πd
- un moment quadratique : I =
- une distance de la fibre 64
d
la plus éloignée de l’axe neutre : v=
Mi Mi 2 d/2
d’où σ (h)=h⋅ → σ max =v⋅
I I
M i I π d3

Donc,
σ max = v = 32

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Calcul d’un diamètre acceptable à la contrainte maximale :
6
M i π d3 3 32 M i 3 32⋅10 ⋅60⋅P⋅1.225
σ max < 32 √
d > πσ
max
d>
√ 2 π 2⋅N⋅σ max

d’où d >500 3 P ⋅ σ1 mm

√ √N
3

max

avec N en tr/min, P en kW et σ max en Mpa.


Pour un acier avec une limite de 50 Mpa, cela donne :
P
d >135

3
N
avec les mêmes unités.

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Critère basé sur la flèche maximale

Souvent, on ne peut accepter des écarts trop importants
(p.ex. les dentures doivent s’engrener correctement…)
On ne tient compte que du moment de flexion...
60⋅P
Mf=kMt avec M t =103 et k=0.7 .
2 π⋅N

2
MfL R L3
R f= =
12 E I 48 E I

f
R/2 L R/2
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f

Tentons de trouver une relation entre la flèche relative et
σ max admissible … L

M f L2 πd
4
4 f
f= I= → M f =12 E π d 2
12 E I 64 64 L
Mi πd
3
On a également M f = = σ max
1.75 32⋅1.75
d’où
3
4 f πd f d
12 E π d = σ max → max
σ =1.75⋅6⋅E⋅ ⋅
64 L 32⋅1.75
2
L L
Pour σ max = 50 MPa et E =217500 MPa, L=300 √ d on a :
−3
f 6.57⋅10 , soit de l’ordre de 10 -4 à 10-3 pour des
=
L √d
diamètres compris entre 50 et 200 mm
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Une flèche relative de 10-3 est assez significative - on ne peut
donc pas dépasser cette valeur.

Pour des diamètres inférieurs à 50mm, c’est même au-delà.

Il est en pratique inutile de considérer des résistances σ max
supérieures à 50 Mpa pour l’acier servant à fabriquer l’arbre.
Si l’on se base sur un acier plus résistant, le dimensionnement
ne sera pas correct car la flexion trop prononcée

N’oublions pas que le moment de flexion est supposé proportionnel au moment
de torsion… et que le module de Young ne varie pas avec σ max !

On peut également noter que la contrainte admissible pour une durée de vie
supérieure à 10⁶ cycles d’un acier mi-dur en flexion rotative vaut
approximativement 50 MPa :
R0=500 MPa (contrainte ultime) Re = 280 MPa (limite élastique)
d’où R1 ~ 1/3*280/1.8 = 52 MPa , avec un facteur de sécurité K=1.8 (méthode
de Seefehlner pour la flexion alternée)

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Critère basé sur la raideur en torsion

L’objectif est de garantir un fonctionnement hors fréquences
propres de la chaîne cinématique, donc que celles-ci soient
assez élevées

On estime que la torsion ne doit pas dépasser environ 1/4
de degré d’angle par mètre de longueur d’arbre.
θ= π 10 rad/mm
−3
4⋅180
Mt E πd
4
60⋅P
or, θ= avec G= , I p= et M t =106
GIp 2(1+ ν) 32 2 π⋅N

60⋅32(1+ ν) P 60⋅32(1+ ν) 4 P
θ=10
6
2 4
Eπ d N


4
d = 10
6
2
Eπ θ √ N
40
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Avec les valeurs numériques choisies, le critère donne :

60⋅32(1+ ν) 4 P π 10−3 rad/mm



4
d = 10
6
2
Eπ θ √ N
θ=
4⋅180
E =217500 MPa
P ν=0.3
d >128

N
4

3 P
à comparer avec d >135
critères. N √
pour les deux précédents


On choisit globalement la formule « composite » suivante :
n P n=3 si P N P en kW
d >130

N
avec
{ / ≥1
N en tr/min
n=4 si P / N ≤1 d en mm
Formule dite des « arbres de manèges ».
41
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Que signifie cette formule ?
P P en kW
avec n=3 si P / N ≥1
d >130

n
N {
n=4 si P / N ≤1
N en tr/min
d en mm
L<300 √ d (en mm )

Elle n’est valable que pour des arbres pleins en acier.


Si on l’utilise,
- elle limite la contrainte équivalente σ max ≤55 MPa
−3
- elle limite la flèche relative à f 6.57⋅10

L √d
1162 P
- elle limite l’angle de torsion à θ≤ 4 (rad/mm)
d N

En outre, connaissant les dimensions d’un arbre, le couple
maximal transmissible est :
n
d
( ) N.mm avec n=3 si d /130≥1
M tmax ≤10 7
130 {
n=4 si d /130≤1 42
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Cas des arbres courts de section variable (tronçons de
commande)

Ils sont munis de poulies, roues, de ce fait le couple n’est
pas constant le long de l’arbre.

Ils sont courts !

Les effets de flexion ne sont pas dominants, et le critère de la flèche n’est
pas pertinent dans un premier temps*.

Démarche :

Calcul des résultantes des efforts extérieurs (immédiat si isostatique, par
itérations si hyperstatique)

Calcul des moments de torsions (constants) dans chaque tronçon

Calcul des moments fléchissants

Calcul du moment idéal (idem arbre de manège)

Calcul du diamètre local (même formule que arbres de manège, mais n=3 *)
43
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En pratique :

On calcule les efforts extérieurs :

Poulies : tension brin tendu T, brin mou t, effort périphérique Q
 Roue dentées : efforts tangentiel Ft, radial Fr, axial Fx (si denture hélicoïdale)

On projette ces efforts dans deux plans perpendiculaires, notés V et H
 Ensuite, calcul des réactions des appuis RV, RH (Rx axial n’est pas considéré car
peu susceptible d’influence sur la géométrie de l’arbre, sauf cas particuliers)
 Calcul des moments de flexion MfV, MfH
2 2

Calcul du moment résultant Mf = √ Mf V +Mf H

Calcul du moment de torsion (constant par tronçons) Mt = ωP
Mt = F⋅D /2 F =T −t (poulie) F= Ft (roue dentée)
2 2 2 2

Calcul du moment idéal Mi = √ Mf + Mt (tresca) ou Mi = √ Mf +3/ 4 Mt v.mises

3 32 Mi

Calcul du diamètre caractéristique du solide d’égale résistance : d SER = π
Ce diamètre varie en fonction de la position ! √ R
On choisit souvent R=50 MPa comme point de départ. 44
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


On obtient alors un SER, Solide d’Égale Résistance, de
diamètre variable le long de l’arbre.

Ce SER est le noyau sur lequel vont se greffer les éléments
de liaison aux roues, poulies, portées cylindriques ou
coniques imposées par les roulements etc.

Il faut y rajouter un habillage…

Le SER ne doit jamais être entamé (e.g. par une rainure de clavette) !
Cale dormante Trou de lubrification
Gorge pour Épaulement radial et collet
rondelle frein
Entretoise Saignée pour
Portée conique
jonc d’arrêt

Filet 45
Portées cylindriques
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Dimensionnement des arbres


Cas de l’arbre hyperstatique

Obligation d’itérer !

Considérer un arbre de section constante, puis calculer les
réactions aux appuis (hyperstatiques)

Méthodes vues en RDM (théorème de réciprocité de Maxwell-Betti par
exemple)

Utiliser les réactions d’appui ainsi calculées pour déterminer le
premier SER, constitué de sections de diamètre non constant

Ce SER conduit alors à des réactions hyperstatiques
différentes (car sa raideur est différente ...)

On calcule donc ces réactions, qui mènent à un second SER,
déjà très proche de la solution.

Toutes ces étapes peuvent être assez facilement
automatisées 46
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Vitesse(s) critique d’un arbre

Comme tout élément de machine, les arbres sont soumis à
des sollicitations cycliques. Celles ci sont susceptibles
d’exciter un ou plusieurs modes vibratoires, et par
conséquent, d’induire des niveaux de vibrations tels que la
fonction de l’arbre n’est plus assurée, voire la destruction de
l’arbre par fatigue.

Nous allons étudier cela en partant d’un cas simple, puis
étendre aux cas plus courants.

47
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Cas simple : arbre sans masse pourvu d’un disque,
tournant à vitesse constante
M

L/2 L/2


Soit I le moment d’inertie de l’arbre, M la masse du disque.

Supposons qu’une flèche y apparaisse fortuitement
(perturbation infinitésimale)

48
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Dimensionnement des arbres

y
G
M

Supposons qu’une flèche y apparaisse fortuitement
(perturbation infinitésimale), on a alors une force centrifuge :
2
F=M ω ⋅y

Pour que cette flèche soit due à F, il faut que :
3
F L (théorie des poutres)
y=
48 EI 48 EI 48 EI

2
Éliminons F, il vient M ω = 3 , d’où ω=
L √
ML
3 .


Il existe donc une vitesse unique, pour laquelle il y a
équilibre entre la force centrifuge et la force de rappel
élastique. 49
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Vitesse critique, pour laquelle il y a équilibre entre
48 EI
la force centrifuge et la force de rappel élastique : ω c =
Que se passe-t-il si ω<ω c ?
ML
3


La force de rappel élastique est plus grande, donc l’arbre revient dans sa
position initiale, sans déformation, après amortissement des oscillations.
Et si ω≥ωc ?

Divergence et destruction de l’arbre… ou autocentrage !

Introduisons un léger balourd, ce qui revient à décaler le
centre de gravité d’une distance e (excentricité) :
M
e

50
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres
3
2 FL

Avec un balourd : F=M ω ⋅( y+e) et y=
d’où : 2 48 EI
ω e
y=
48 EI 2
−ω
M L3
2
48 EI ω e

Posons ω c =

ML
3
, il vient y= 2
ω c −ω
2


Ici, gros changement : à chaque valeur de vitesse ω<ω c
correspond une valeur de flèche positive, proportionnelle à
l’excentricité e.

Pour ω=ωc , le dénominateur s’annule et la flèche diverge.

Pour ω>ω c , la flèche à l’équilibre est négative tend vers … -e !
(On parle d’autocentrage - c’est stable grâce aux effets
gyroscopiques ) 51
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Force centrifuge : F=M ω2⋅( y+e)
48 EI

Force de rappel : F= 3 y
L

52
Conception mécanique
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Deux possibilités de design pour une application pratique:
1- Soit ω c est très grand

Dans ce cas on peut supposer que ω≪ωc …

Aucun risque d’instabilité, mais les efforts sont directement transmis au
bâti (pour le bonheur des voisins !)
- Cas le plus courant dans l’industrie
2- Soit ω c est faible (liaison flexible)

Dans ce cas, ω≫ωc - mais grâce à l’autocentrage les efforts transmis au
bâti sont quasiment éliminés (et les voisins sont contents)

Problème : avant d’atteindre cette vitesse, on passe par ω=ωc …

La seconde solution est parfois retenue malgré tout

Mais il faut accélérer vite, et/ou s’assurer d’un amortissement suffisant.

On retrouve parfois ce cas de figure sur de grandes installations industrielles
pour lesquelles les puissances en jeu font que l’on a ω≫ωc .

C’est le cas des machines à laver le linge en phase d’essorage !
53
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Analogie avec le comportement vibratoire…
Écartons l’arbre au repos de l’équilibre, on a alors :
Force de rappel élastique : F k =48 EI / L3⋅y=ky
Force due à l’amortissement : F a =C ẏ
Force d’inertie : F i=M ÿ

Équilibre : M ÿ+C ẏ+k y=0 soit ÿ+2n ẏ+ p 2 y=0
C 2k 48 EI
avec 2 n= et p= =
M M ML3 Déterminés
par les

Solution générale : y 1 (t)= A e−nt sin ( √ p 2−n2⋅t−ϕ) conditions
initiales

54
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres

2 2
sin ( √ p −n ⋅t−ϕ)
−nt
y 1 (t)= A e

Supposons l’amortissement très faible : n → 0, alors on a :


y 1 (t)= A sin ( p⋅t−ϕ)
3
2π ML
et le mouvement est périodique de période τ= =2 π
48 EI
p 48 EI √
et de pulsation p=
ML
3


On constate que p=ω c !

55
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Cas des vibrations forcées
2
ÿ+2n ẏ+ p y=E sin ω t
2 2
Une solution particulière est : p −ω

C 1=E 2 2 2 2
( p −ω ) +(2 n ω)
y 2 (t)=C 1 sin ω t +C 2 cos ω t
2nω
C 2 =−E 2 2 2 2
( p −ω ) +(2n ω)
E 2 2
y 2 (t)= 2 2 2 2
[( p −ω )sin ω t−2 n ω cos ω t ]
( p −ω ) +(2 n ω)
La solution générale s’amortit, ne reste que la solution
particulière après un certain temps. L’amplitude est alors
E
|y max|= 2 2 2 2
( p −ω ) +(2 n ω)

56
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Si de plus l’amortissement est très faible, alors on a n → 0
donc |y max|= E = E
2 2 2 2
p −ω ωc −ω

Si on pose E=ω2 e (c’est un choix arbitraire!), alors on
ω2 e
retombe exactement sur 2 2
ω c −ω

On voit donc une grande analogie entre le phénomène
vibratoire et les phénomènes de stabilité en rotation de
l’arbre.

L’analogie n’est pas totale : les contraintes générées ne sont pas identiques
(flexion alternée vs. flexion ordinaire)

L’arbre doit être un solide de révolution ! (problème unidimensionnel)

57
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


La recherche des pulsations critiques peut donc se
faire de trois façons différentes :
1- Équilibre dynamique indifférent, par imposition d’une
déformation et vérification de l’égalité des force d’inertie et
élastiques
2- Utilisation d’une excentricité due à un balourd, et
recherche de la pulsation pour laquelle les déformations
tendent vers l’infini
3- Recherche des pulsations propres du problème vibratoire
associé

La condition habituellement choisie est que la raideur de
l’arbre soit suffisante pour que la vitesse critique soit au
moins 1,5 fois plus élevée que la vitesse de rotation prévue.
58
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Cas utiles

Vitesse critique d’un arbre sans masse portant un seul
disque au milieu :
1


ici,
L
3

48 EI
ωc =
√ 48 EI
M L √
3
=
ML
3

48 EI
=a 11 est la flèche résultante de l’application d’une
force unitaire au droit du disque. C’est aussi le coefficient
d’influence de la force.
1
ωc=

M a 11
La formule est valable pour n’importe quel cas comportant
un seul disque, pour autant que la masse de l’arbre soit
négligeable. 59
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres

2 appuis simples, disque centré


3
L L/2 L/2
a 11=
48 EI

2 appuis simples, disque excentré


2 2
4 L1 L 2 L1 L2
πd a 11=
( I=
64 ) 3 EI ( L1 + L2 )

2 appuis encastrés, disque centré


3
L L/2 L/2
a 11=
192 EI

Console, disque à l’extrémité


3
L L
a 11=
3 EI 60
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Arbre réel : la masse est répartie !
L
Prenons le cas d’un arbre simplement appuyé
La force centrifuge (répartie) vaut : f ( x)=mdx ω2 y ∂T 2
=m ω y
∂x
2
∂ y M

L’équation de la déformée est : =
∂x
2
EI
3
Dérivons une fois : ∂ y ∂M 1 T
= =
∂x
3
∂ x EI EI
4 4
∂ y ∂T 1 ∂ y ω
2
Puis encore : = =m y
∂x
4
∂ x EI ∂x
4
EI
4 2
∂ y 4 4 mω

D’ou l’éq. diff. −a y=0 avec a =
∂x
4
EI

61
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres
4 2
∂ y 4 4 m ω
4
−a y=0 avec a =
∂x EI L


Solution générale :
y ( x)=C 1 f 1 (a x)+C 2 f 2 (a x)+C 3 f 3 (a x)+C 4 f 4 (a x)
avec f 1 (ξ)=sinh ξ+sin ξ
f 2 ( ξ)=sinh ξ−sin ξ Fonctions
f 3 (ξ)=cosh ξ+cos ξ de Duncan
f 4 (ξ)=cosh ξ−cos ξ

Conditions aux limites :
Ici, on a y (0)=0 et y ( L)=0 d’une part (position fixée)
y "(0)=0 et y "( L)=0 d’autre part (moment nul)

On obtient un système linéaire homogène, pour lequel la
solution triviale est toujours C n =0 sauf dans le cas ou le
déterminant est nul. C’est ce qui nous intéresse ici. 62
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Conditions aux limites y (0)=0 y ( L)=0
y "(0)=0 y "( L)=0 L

y ( x)=C 1 f 1 (a x)+C 2 f 2 (a x)+C 3 f 3 (a x)+C 4 f 4 (a x)


f 1 (ξ)=sinh ξ+sin ξ f 1 "(ξ)=sinh ξ−sin ξ=f 2 (ξ)
f 2 (ξ)=sinh ξ−sin ξ f 2 "(ξ)=sinh ξ+sin ξ=f 1 (ξ)
f 3 (ξ)=cosh ξ+cos ξ f 3 "(ξ)=cosh ξ−cos ξ=f 4 (ξ)
f 4 (ξ)=cosh ξ−cos ξ f 4 "(ξ)=cosh ξ+cos ξ=f 3 (ξ)
2
y "( x)/a =C 1 f 2 (a x)+C 2 f 1 (a x)+C 3 f 4 (a x)+C 4 f 3 (a x)
y (0)=0 C 3 =0
y "(0)=0 C 4 =0
y ( L)=0 C 1 f 1 (a L)+C 2 f 2 (a L)+C 3 f 3 (a L)+C 4 f 4 (a L)=0
y "( L)=0 C 1 f 2 (a L)+C 2 f 1 (a L)+C 3 f 4 (a L)+C 4 f 3 (a L)=0
63
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres
2
4 mω
y (0)=0 C 3 =0 a =
EI
y "(0)=0 C 4 =0 L

y ( L)=0 C 1 f 1 (a L)+C 2 f 2 (a L)+C 3 f 3 (a L)+C 4 f 4 (a L)=0


y "( L)=0 C 1 f 2 (a L)+C 2 f 1 (a L)+C 3 f 4 (a L)+C 4 f 3 (a L)=0
(C 1 +C 2 )(f 1 + f 2 )=0 C 1 +C 2=0
0 0 1 0
det
(0 0 0 1
f1 f2 f3 f4
f2 f1 f4 f3
=0

2
) f f
(
det 1 2 =0
f2 f1

2
)
2
f 1 −f 2 =0
2

(sinh a L+sin a L) −(sinh a L−sin a L) =0


2 2 2 2
sinh +sin +2sinh sin−sinh −sin +2sinh sin=0 2
(n π) EI
sinh sin=0 a L=n π
mω 2 2 2
2
ω cn = 2
L √ m

sin a L=0
(n>0)
√ EI
L =n π 64
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


En définitive, on retrouve une infinité de vitesses critiques,
correspondant à l’infinité de degrés de liberté dans le
problème …
2
2 2
n π EI m ω nπ


ω cn= 2
L √ m
(n>0)
4
a =
EI
Ces vitesses critiques correspondent à des modes de
a=
L

déformation particuliers (v. modes propres) :


y ( x)=C 1 f 1 (a x)+C 2 f 2 (a x)+C 3 f 3 (a x)+C 4 f 4 (a x)


y ( x)=K sin( ) car C 1 +C 2=0; C 3 =C 4 =0
L

On peut encore montrer que ces modes propres sont
identiques aux modes propres vibratoires « habituels »
d’une poutre (avec symétrie de révolution) en flexion...
65
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Cas utiles
2
(μn ) EI
ω cn =
L
2
√ m

libre – aucun déplacement


imposé
M=0, T=0

guidée – orientation fixée


mais position libre
y’=0, T=0

articulée – position fixée


mais orientation libre
y=0, M=0

encastrée – position et
orientation fixées
y=0, y’=0

66
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Méthodes approchées de détermination des
pulsations propres

Les géométries complexes empêchent de calculer
analytiquement ces valeurs : en fait on n’a habituellement
besoin de ne connaître que la première pulsation propre.
Il existe plusieurs approches :
Éléments finis
Méthode de Dunkerley ( généralement par défaut )
( Méthode de Rayleigh ( généralement par excès) )
( Méthode de Stodola )
...

67
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Éléments finis

Pour une détermination exhaustive et relativement précise, à
condition de connaître précisément la géométrie.
Pour le dimensionnement préliminaire, on ne peut se baser
sur cette technique car :
- Elle est bien trop coûteuse.
- On ne connaît pas précisément la forme de l’arbre et la
position des roues
- Elle nous donne une analyse « ponctuelle » : pour une
tendance, il faut faire plusieurs calculs en variant la
géométrie !

68
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Approche de Dunkerley
Méthode « légère » donnant les tendances

Vieille comme le monde : publiée en 1894, sur des bases expérimentales
Principe : déterminer la première pulsation propre du système complexe
connaissant les 1ères pulsations propres d’éléments plus simples…
m

M1 M2 Mn

Le cas typique : arbre de section constante portant des masses ponctuelles
correspondant à des poulies.

Il convient de calculer les (premières) pulsations propres de chaque cas
indépendamment :
Arbre seul m Poulie n Mn

2 2
2
EI 1 L1 n L 2 n
ωc I = π 2
L √ m
ω cn =
√ M n a1 n
avec a1 n =
3 EI ( L1 n + L2 n ) 69
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Formule de Dunkerley
n n
1 1 1 1 1
2
= 2 ∑
+ 2
soit 2
= 2 ∑
+ M n a1 n
Ω c 1 ωc I 1 ω cn Ω c 1 ωc I 1

Approximation d’autant plus précise que les pulsations


propres d’indice 2 et 3 suivantes de l’ensemble du
système sont éloignées de Ωc 1 (première p.p.)


L’erreur est commise par défaut : Ωc 1 <Ωexact
c1
et est de l’ordre de 3 à 4 % pour les applications envisagées
→ c’est donc une approche conservatrice (sécuritaire) si le
but est de travailler en deçà de la valeur calculée.

Permet une estimation rapide et donne des indices sur ce
qu’il faut faire pour atteindre un objectif donné... 70
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Que faire si l’arbre envisagé a une forme plus complexe ?
Déterminer les modes propres (et autres grandeurs) à l’aide
d’un logiciel de calcul par éléments finis …

71
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Cas des arbres courts (pas de torsion)

Arbre courts, points d’application des efforts proches des
appuis : deux cas selon le type d’assemblage !
F
Cas 1 jeu jeu
l Cas 2
dimensionnement
Dimensionnement
à la flexion
en cisaillement

Effort Moment
tranchant

d
fléchissant
maxi maxi
point de FL
F contact M f= bi-appuyé
T= 4
2 reel FL
L M f= bi-encastré
8
F/2 F/2 M f=
3 FL encastrement
16 imparfait
72
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Cas 1 : encastrement et cisaillement prépondérant
On calcule l’effort de cisaillement maxi m( y)
b(y)

Formule de Jourawski → répartition parabolique des
containtes
y max
m( y)T
τ( x , y)= m( y)= ∫ t b(t)dt y
I x b( y ) y
πd
4
2 2
G x

Pour une section circulaire : I x = b( y )= √ d −4 y
64 3
y max 2 2 2
2 2 (d −4 y )
m( y)= ∫ t √ d −4 t dt m( y)=
y
12
3
2 2 2 2 2
(d −4 y ) T d −4 y
τ( x , y )= =
2
12 I x √ d −4 y
2 12 I x
2 2
16(d y
τ( x , y)=
2
16(d −4 y )
3 πd
4
2
τ max =
3 π
−4
d
4
)
|y =0
=
16 T
3πd
2

73
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Si l’on connaît la contrainte de cisaillement limite, on peut alors déterminer le
diamètre mini :

16T
d min >
√ *
3 π τ max
*

En général, τmax est déterminée à l’aide d’essais en traction en utilisant la
formule des contraintes équivalentes (e.g. von Mises):
2 2 * σ*max
σ eq= √ σ +3 τ τ max =
√3

16 T
d min >
√ √ 3 π σ *max

*

Comme dans la formule des arbres de manège, σ max dépend de la fatigue,
du coefficient de sécurité etc. Dans les mèmes conditions, il vaut environ 50
Mpa - efforts alternés (bielle), 100 Mpa (efforts non alternés), 150 Mpa
(statique)...ou plus si les alliages utilisés le permettent.
74
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Cas 2 : Flexion dominante

Contraintes telles que :

y⋅M f y⋅M f y⋅M f 32 M f


σ=
If
=
πd
64
4 σ max =
πd
64
4

|
y=
d
2
=
πd
3


D’où le diamètre minimal :

32 M

d min > 3 π * f
σ max

75
Conception mécanique
Dimensionnement des arbres


Vérification : pression de contact aux appuis

Cas 1
16T 2 16 T √ 3 π d 2 σ *max
T
dl
*
p= <σ max d=

√ 3 π σ *max
d =
√ 3 π σ *max T=
16

l √3 π
> =0.34 En général vérifié : l > d pour des raisons pratiques
d 16


Cas 2
3 *
F 3 32 M f
32 F L 4 π d σ max
p=
2d l
*
<σ max d= π *
√σ max
3
d =π *
4 σ max
F=
32 L

Ll π
> =0.19 En général vérifié : l > d (cf plus haut)
d 2 16
L > d (même raisonnement)

76
Conception mécanique
M=100 Kg
Dimensionnement des arbres
50 mm
N=1000 tr/min
P=20 kW

Exercice

100 mm
V
x
H
L=200 mm 100 mm

Un arbre transmet un mouvement d’une poulie vers une roue dentée droite ( α :
20° ). La roue dentée en entraîne une autre située en dessous (non dessinée).
1) Calculer le diamètre de l’arbre à l’aide de la formule des arbres de manèges.
2) Calculer toutes les réactions, les moments fléchissants, les couples, et en
déduire un SER (calculer les diamètres pour x=25,50,100,150,200,250). Qu’en
concluez vous par rapport à la formule des arbres de manèges ?
3) En considérant un diamètre de l’arbre constant = 40mm, calculer les pulsations
propres des éléments séparés (arbre sans masse + engrenage, puis poulie,
enfin arbre pesant sans les éléments de machine. Calculer la pulsation de
l’ensemble. Conclusion ?
( 4) Calculer les flèches au droit de la roue et de la poulie )
Note : tous les éléments sont en acier, ρ=7,8 g/cm³, contrainte limite 50 Mpa,
77
g=9.81 m.s-2 selon V